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Bien l’bonjour, les herboristes en herbes !

J’espère que la quarantaine se passe bien pour


vous et que vous en profitez pour passer du bon
temps et vous reposer. De mon côté, j’ai décidé de
sortir quelques minutes de mon ermitage pour vous
partager certaines astuces naturelles qui pourraient
vous aider à faire face à l’infection virale qui sévit actuellement.
Inspirée par plusieurs herboristes de renom (notamment Dre Aviva Romm et
Mathew Wood), j’ai sélectionné quelques stratégies qui vous rappelleront sans
doute les aspects abordés lors de l’atelier sur le rhume et la grippe (« Face aux
maladies de l’hiver : créer son bouclier végétal ») offert à l’automne 2017 et 2018.
Mais pour commencer, je tiens à rappeler que l’infection au covid-19 est sans
précédent dans l’histoire, ce qui signifie que l’herboristerie traditionnelle n’a jamais
eu à lui faire face. D’ailleurs, à l’instant où j’écris ces lignes, il n’y a pas de plantes
médicinales ou de suppléments connus et approuvés pour prévenir ou traiter la
maladie. Il ne s’agira donc ici que d’extrapolations et de bon sens.

Avertissement : Si vous êtes âgé, enceinte, souffrez d’asthme, de diabète, d’une maladie
auto-immune ou immunosuppressive ou tout autre ennui de santé majeur, consultez
votre médecin et/ou votre pharmacien avant de tenter de vous soigner avec des remèdes
naturels. Pour les enfants, n’hésitez pas à fouiller le net pour vous assurer que ces
éléments sont sécuritaires pour eux. Mais surtout, ne lésinez pas sur les mesures
préventives recommandées (lavage des mains, éviter de toucher bouche/nez/visage,
distanciation sociale, etc.) et consultez votre médecin à la moindre détérioration de vos
symptômes.

À mon humble avis, le « nerf de la guerre » pour se protéger des infections -tous
microbes confondus – reste d’optimiser son style de vie. Avant de penser
« booster » votre système immunitaire ou sortir votre arsenal de plantes
antivirales, pensez plutôt à faire de votre corps un endroit inhospitalier pour les
virus et autres intrus. Quels qu’ils soient, ces envahisseurs ne se plaisent pas trop
dans un environnement équilibré, bien nourri et reposé. Voici les grandes lignes
que je vous propose d’explorer :

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Une alimentation riche en nutriments : Pensez à garder vos repas simples, légers
et diversifiés, pour permettre à vos fonctions vitales de fonctionner à leur meilleur
(je pense tout particulièrement au système digestif et au système immunitaire). Le
régime méditerranéen semble avoir la cote, avec son abondance de légumes verts
feuillus, de légumes colorés, de noix et de graines, de céréales entières, de
légumineuses, de poissons, d’œufs et de bonnes huiles végétales. N’oubliez pas de
cuisiner avec des épices ! La cannelle, le gingembre, le cari, le curcuma, et une foule
d’autres poudres qui traînent au fond de votre dépense, sont réchauffantes. Elles
soutiendront donc votre corps à mieux combattre les envahisseurs. Et si vous le
tolérez bien, abusez de l’ail, encore et encore !

Recette de soupe immunitaire


20-30 morceaux de racines d’astragale séchées
3/4 tasse de champignons shiitake séchés
2 c. à soupe de feuilles d’ortie séchées
3 c. à soupe d’huile végétale
3 oignons jaunes coupés en lamelles
5 gousses d’ail écrasées
1 tasse de vin blanc sec
5 brins de thym et 2 tiges de romarin
Sel et poivre au goût

Déposer les morceaux de racines d’astragale et les champignons shiitakes séchés dans une
casserole et couvrir de 1,5 L d’eau froide. Amener doucement à ébullition, puis laisser frémir
environ 20 minutes en évitant les gros bouillons. Éteindre l’élément chauffant, ajouter les
feuilles d’ortie séchées et les tiges de fines herbes, et laisser infuser à couvert pendant 10 autres
minutes. Retirer les morceaux d’astragale ainsi que les brins de thym et de romarin et réserver.
Dans une poêle, faire sauter l’huile, les oignons et l’ail, jusqu’à ce que les oignons soient
transparents. Transvider dans le mélangeur avec la décoction pour obtenir un mélange
homogène, puis ajouter le vin blanc. Assaisonner au goût et déguster chaud. On peut y ajouter
de l’orge ou du riz brun cuit si désiré.

Version simplifiée : Préparer un bouillon tout simple avec de l’ail, des oignons, du gingembre
frais et de la pâte de miso rouge.

Un sommeil récupérateur : Idéalement, on vise entre 7 et 9 heures de sommeil. Dans le cas d’insomnie,
eh bien on en profite pour compenser les heures de sommeil perdues en se reposant un peu pendant la
journée, en lisant un bon livre, en riant devant la télé ou en méditant ! Toutes les excuses sont bonnes
pour se détendre (j’en sais quelque chose…).

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Un corps bien au chaud : En avril, ne te découvre pas d’un fil. Outre ce conseil typique de nos contrées,
pensez à prendre de bons bains chauds et/ou à boire des infusions (thé vert ou thym ou menthe poivrée,
avec du miel et du citron) et autres breuvages chauds à base de plantes réchauffantes (gingembre,
cannelle, épices chai, etc.).

Un cœur heureux : Gardez contact avec vos proches pour vous sentir aimé, entouré, réconforté. C’est
essentiel pour la santé. Le confinement est une mesure d’isolement physique et non pas psychologique.
Aujourd’hui, en plus de pouvoir compter sur de nombreuses applications comme skype et facetime, en
plus des médias sociaux, on a toujours le bon vieux téléphone pour rejoindre les gens qu’on aime.

Gargarismes : Un truc de grand-mère qui a fait ses preuves pour prévenir les infections des voies
respiratoires supérieures. Vous connaissez la chanson : on utilise de l’eau avec du sel ou du vinaigre de
cidre dilué, qu’on garde en bouche pendant 15 à 30 secondes, puis on répète 2-3 fois par jour.

Les incontournables de la pharmacie verte : En prévention, voici quelques plantes médicinales indiquées
en temps de grippe : échinacée, sureau, astragale, ail, thé vert, champignons médicinaux (reishi, tout
particulièrement), molène (surtout si vos poumons sont vulnérables), gingembre, thym, plantes
adaptogènes (rhodiola, ashwaghanda, basilic sacré) et épices chai. Mise en garde : Il est recommandé de
cesser la consommation d’échinacée et de champignons médicinaux dès l’apparition des premiers
symptômes.

Quelques suppléments à envisager : La vitamine C (généralement 2000 mg/jr ou plus, selon la tolérance
de vos intestins…), la vitamine D (1000-2000 IU/jr, mieux absorbé si consommé avec un repas gras, par
exemple avec un avocat, de la truite ou une vinaigrette), le zinc (privilégier les losanges d’acétate de zinc,
à raison de 5-10 mg/jr – jusqu’à 45 mg/jr pendant quelques semaines -, à prendre avec un repas pour
éviter les nausées) et enfin, des probiotiques (mais attention en cas de côlon irritable ou maladie
immunosuppressive).

À éviter : Le sucre raffiné (attention, il se cache dans presque tous les aliments transformés sous de
multiples noms…), les jus de fruits (maximum 175 ml/jr, même si 100% naturel), et surtout, évitez le stress
inutile ! Vous savez, celui-là qu’on nourrit avec des pensées qui tournent en boucles ? Même chose pour
celui qui est généré par le bulletin de nouvelles et les émissions/films stressants. En situation de crise,
privilégiez l’humour et les actualités à la radio ou sur papier (le Devoir présente des articles d’une qualité
exceptionnelle et sans psychodrame à la « Journal de Mourial »…).

Pour terminer ce tour d’horizon, je vous partage quelques recettes de remèdes traditionnels, pigés ici et
là dans la « littérature herboristique » :

Recette de thé chai


1 cuillère à thé de gingembre déshydraté en copeaux
1 bâton de cannelle coupé en fragments
2 gousses entières de cardamome
1 anis étoilé
2 clous de girofle entiers
5 grains de poivre noir
Miel et lait de soya au goût

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Combiner les 6 épices dans une casserole et verser 2 ½ tasses d’eau. Laisser mijoter à feu doux
pendant 20 minutes (pas besoin d’amener à ébullition), puis filtrer au tamis. On peut boire ce
chai tel quel ou le servir dans une tasse remplie au tiers de lait de soya avec un soupçon de miel.

Recette de tisane traditionnelle pour combattre la fièvre


½ c. à soupe de fleurs d’achillée,
½ c. à soupe de fleurs de sureau
½ c. à soupe de feuilles de menthe poivrée
½ c. à soupe de feuilles de cataire

Verser 2 tasses d’eau bouillante et laisser infuser pendant 10 minutes avant de filtrer. Ça goûte
un peu mauvais, alors libre à vous d’ajouter un peu de miel ou de sirop d’érable. Boire chaud,
environ 1 tasse à chaque heure au cours de la journée. Ne pas utiliser pendant la grossesse.

Recette de Casse-grippe de la Métisse (remède amérindien)


Un demi-bras de sapin
Une main de cèdre
Une bonne poignée d’usnée barbue

Déposer les ingrédients dans un chaudron, couvrir d’eau et faire bouillir. Retirer le chaudron du
feu, déposer sur une surface qui supporte la chaleur, qui est sécuritaire et stable, et respirer en
petit bain de vapeur. Pour ce faire, on peut couvrir notre tête avec une serviette pour faire une
espèce de tente (pas trop étanche) qui conservera la vapeur tout en permettant de respirer un
peu d’air frais pour éviter de se bruler le visage avec des vapeurs trop chaudes…. On répète
l’opération autant que nécessaire : bouillir, puis respirer en bain de vapeur. Quand l’eau aura
réduit à peu près de moitié et qu’elle sera devenue brune, filtrer puis boire au complet en
dedans de 24 heures.

L’usnée a des propriétés antibiotiques, le cèdre s’attaque aux virus et le sapin fournit de la
vitamine C. Pour les estomacs fragiles, éviter de boire ou sinon ajouter de la poudre de racines
de guimauve pour protéger les muqueuses digestives.

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Recette de remède passe-partout
2 c. à thé de jus de gingembre fait-maison (ou 1 c. à soupe de racine de gingembre fraîchement
râpée)
1 c. à thé de feuilles de menthe poivrée
1 c. à thé de thym (à éviter durant la grossesse)
1-2 c. à soupe de jus de citron frais
2 c. à thé de miel

Verser 1 tasse d’eau bouillante et laisser infuser pendant 10 minutes avant de filtrer. Boire
chaud.

Recette de sirop pour la toux de Dre Aviva Romm


½ c. à soupe de feuilles de molène
½ c. à soupe de racines de guimauve
½ c. à soupe de racine de réglisse
½ c. à soupe de thym
½ c. à soupe de graines d’anis
½ c. à soupe d’écorce interne de cerisier (de Virginie ou tardif, les 2 sont interchangeables)

Mélanger tous les ingrédients dans un pot sec. Déposer l’équivalent d’une cuillère à soupe de
mélange dans un pot Mason de 500ml, remplir d’eau bouillante et laisser infuser pendant au
moins 2 heures avant de filtrer. Verser l’infusion dans une casserole et laisser mijoter à feu doux
jusqu’à ce que le liquide ait réduit à 1 tasse. À ce moment, ajouter ½ tasse de miel, puis laisser
refroidir à température pièce. Se conserve maximum 5 jours au réfrigérateur.
Grossesse : éviter la réglisse et l’écorce de cerisier.
Enfants de 1 à 3 ans : 1 c. à thé à la fois (plusieurs fois par jour).
Enfants de + de 3 ans : 1 c. à soupe à la fois.
Adultes : 2 c. à soupe autant que désiré.

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