Vous êtes sur la page 1sur 18

Droit international privé

Thomas Kadner Graziano


Genève Automne 2018
Cours 1
Examen : QCM+ cas pratique (on peut amener tout, des polycopiés annotés etc. sauf des
téléphones, ordinateur).
Il faut de l’intérêt pour des scénarios transfrontières avec plusieurs ordres juridiques.
Matériel : Il faut le livre rouge + le polycopié bleu.
Nous aurons une approche pratique du cours, en commençant un nouveau chapitre à l’aide
d’un cas pratique issu de la JP. Et ensuite on apprend le contenu du droit à l’aide de ce cas
pratique.
Sujet cours 1 :A quoi cela sert le droit international privé ?
On va voir des relations contractuels économiques ou extracontractuels.
Le droit international privé est le même dans tous les pays de l’UE, donc pas besoin de
comparer entre les différents pays de l’UE. Nous nous interrogerons ainsi sur le droit
international privé suisse et européen.
Devoirs de l’étudiant :
-Réviser le cours : travailler et résoudre les cas pratiques
-Poser des questions

***
En droit privé, le juge suisse applique le droit suisse. Mais il ne l’applique pas toujours,
plusieurs droits peuvent entrer en considération.
S’il y a un lien avec d’autres pays, avec un élément de droit appelé l’extranéité, cela peut
poser des problèmes...
Du coup, on va faire un choice of law, mais aussi les partis peuvent elles-mêmes décider le
droit applicable (élection de droit), de même on peut appliquer un droit uniforme (ventes,
accidents aériens par exemple)
***
Introduction : Des cas transfrontaliers
Cas n°1 :
Dans les alpes suisses, deux skieurs rentrent en collision, les deux ont leur résidence en
France. Un des deux est blessé, le skieur blessé réclame d’être indemnisé en responsabilité,
mais ici, on ne peut pas savoir qui été fautif.
-Si les deux étaient domiciliés en suisse, et comme les montagnes sont en suisse, c’est une
situation interne, applicabilité du droit suisse, pas de droit international privé.
Si les deux sont domiciliés en France, des questions se posent :
-Quel droit va s’appliquer ? Suisse ou Français ? (droit applicable)
-Quel est le lieu ou le cas sera jugé ou pourra être jugé ? En suisse ou en France (compétence
internationale)
-Ou le jugement sera exécuté ? Le jugement va-t-il être reconnu ?
Article 1er  LDIP : « la présente loi régit, en matière internationale :
a. la compétence des autorités judiciaires ou administratives suisses :
b. le droit applicable
c. les conditions de la reconnaissance et de l’exécution des décisions étrangères ; … »

Pour déterminer de quoi on parle, il faut voir :


-les faits
-la qualification des fait (de quoi parle-t-on ? )
-sur la qualification des faits en suisse, on trouve la réponse dans le code des obligations

Ici il faut savoir, s’il y a une relation contractuelle entre les deux, pour savoir si la
responsabilité est contractuelle ou extracontractuelle, en l’espèce on dira qu’ils ne se
connaissaient pas, donc responsabilité délictuelle : extracontractuelle.
Ici quel critère choisir pour savoir quel droit est le plus approprié, le plus juste pour juger :
Lieu de l’accident ? Domicile ? Nationalité ?
Ici on cherche un critère de rattachement (le droit le plus approprié ? le plus favorable à la
victime ?) :
On peut supposer retenir le critère du lieu mais comme, il y a deux résidents en France, c’est
plus facile de juger en France pour des raisons de responsabilité civile française plus
facilement applicable (environnement commun).
C’est le demandeur qui choisit où il va actionner.
Devant les tribunaux français, on appliquerait le droit du lieu de l’accident donc le droit
suisse (article 41 (I) du CO). Mais ici on ne pourrait pas prouver la faute donc cette demande
est vouée à l’échec.
Dans les tribunaux suisses on appliquerait le droit de leur domicile commun, donc ici on
appliquerait le droit français (article ancien 1382 (1240)); on exige aussi la faute cependant
on arrive pas à la prouver, mais ici avec l’article 1241 (chose que l’on a sous sa garde), le
skieur a causé un dommage avec une chose qu’il a sous sa garde. Donc il pourra être
condamné.
Il faut donc agir devant les tribunaux suisses si l’on veut obtenir réparation. On choisit le
tribunal selon l’issue la plus favorable.
Mais l’UE pour contrer cela, a créer des règlements de DIP pour uniformiser le droit (sécurité
juridique).
-La solution serait alors (les deux domiciliés en France= droit français ; sinon lieu de
l’accident= droit suisse). Donc si on agit devant un tribunal français ou étranger, on
appliquerait le même droit.
Aujourd’hui peu importe si on actionne en France ou en suisse, le droit applicable sera le
droit français, cette modernisation (harmonisation) mène a beaucoup plus de cohérences en
DIP.
Aujourd’hui peu importe si on actionne en France ou en suisse, le droit applicable sera le
droit français, cette modernisation (harmonisation) mène a beaucoup plus de cohérences en
DIP. Ainsi :
-Pour les états membres de l’UE, cela facilite les choses car ils ont le même DIP.
-Ce DIP européen est en harmonie avec le DIP Suisse.
Il ont introduit un DIP communautaire en 2009 (européen) : ils ont introduit un règlement
européen (Rome 2).
Cours 2
La LDIP (article 1) couvre la compétence, le droit applicable et les conditions d’exécution.
Donc en principe en trouve la réponse dans la LDIP.
Pourquoi une avocate devrait-elle pour conseiller son client concentré ses recherches sur la
compétence internationale des tribunaux avant de se pencher sur le droit applicable ?
Si les tribunaux suisses ne sont pas compétents, la LDIP ne s’appliquera pas, il faut donc
rechercher le tribunal compétent avant de rechercher le droit applicable.
Quels sont les instruments qui déterminent la compétence dans l’UE ? dans la Suisse ?
On a conclu dans l’UE, la Convention de Bruxelles (1968), pour créer un espace juridique
communautaire, afin d’avoir des règles uniforme sur la compétence des tribunaux.
Mais la Convention de Bruxelles a été remplacé par un règlement de Bruxelles (Bruxelles I).
Ainsi il peut être changé plus rapidement que la convention. C’est une loi européenne qui
peut être modifiée, mise à jour rapidement, par les organes de l’union européenne.
Les tribunaux déterminément ainsi leur compétence selon ce règlement de Bruxelles I.
Ce règlement était bien fait, du coup des Etats comme la Suisse voulait participer à l’espace
juridique européen. A été négociée une convention, puisque Bruxelles I n’est pas applicable
en Suisse. A été négociée une convention (Suisse, Norvège, Danemark, Islande et Etats
membres de l’UE) de Lugano qui copie les règles de Bruxelles I. Donc on élargit cette espace
juridique européen.
Les Etats européens ont donc la possibilité d’invoquer Bruxelles I et Lugano.
La Suisse elle, ne peut invoquer que Lugano, pas Bruxelles I.
Ainsi dans tous ces pays, on a créé un espace juridique européen, plus grand que l’UE.
La grande différence c’est la numérotation des articles.
***
Pour la question de la compétence, on regarde d’abord la LDIP
Mais article 1 (II) LDIP « Les traités internationaux sont réservés » ainsi la Convention de
Lugano> LDIP
Quelles sont les matières couvertes par la CDL et Bruxelles 1  ?
 page 54 du Livre Rouge
Les articles 2 et suivants portent sur la compétence internationale en matière civile, l’article
32 ; 33 et suivants (la reconnaissance des jugements étrangers) et l’article 38 et suivants
(l’exécution des jugements étrangers).
Une fois que le tribunal a déterminé sa compétence, la procédure sera réglée par la loi de
procédure du pays dont le droit est applicable.
Champ d’application :
Sur le champ matériel, la convention de Lugano, s’applique en matière civile et commerciale
(article 1 (I)). Il y a quelques exclusions (l’état, capacité, testament, succession, faillite)
(article 1 (II)). La convention de Lugano ne s’applique pas en matière de droit de la famille.
Pour régler le droit de la famille, on s’aidera de la LDIP.
Sur le champ temporel (article 63 CDL), pour toute action intentée après le 1er janvier 2011
Sur le champ personnel (article 2 à 4 CDL). Ce qui détermine ce champ d’application c’est le
domicile du défendeur qui vit dans un état « contractant ». Si le défendeur n’est pas
domicilié dans un Etat contractant, la compétence est réglé par la loi de cet état.
Si un demandeur canadien actionne une action en Belgique, Bruxelles I s’applique car ce qui
compte c’est le domicile du défendeur. Il n’y a pas besoin d’un lien entre deux Etats
contractants.
Si la Suisse actionne un canadien, la Convention en principe ne s’applique pas car le
défendeur n’est pas domicilié dans un Etat contractant MAIS l’article 23 CDL prévoit que si
une des deux parties est domiciliée dans un Etat contractant et qu’ils ont prévu qu’en cas de
litige les tribunaux d’un Etat contractant sont compétents alors la convention de Lugano est
applicable.
Alors que Bruxelles I s’applique peu importe où les partis sont domiciliés s’ils ont prévus
qu’un tribunal européen serait compétent. Dans la CDL il faut qu’au moins un des états soit
domicilié dans un des Etats contractants.

Cours 3
Comment interpréter le droit communautaire en DIP ?
A l’article 267 du TFUE « La CJUE est compétente pour statuer à titre préjudiciel
a Sur l’interprétation des traités
b Sur la validité et l’interprétation des actes pris par les institutions, organes ou
organismes de l’UE … »
Ainsi si on est juge de 1ère instance dans un Etat membre de l’UE, on doit appliquer un
règlement en matière de DIP, on a une question d’interprétation non-résolu, on peut
stopper l’affaire et soumettre la question à la CJUE. Et on tient compte de la réponse pour
poursuivre le jugement. En dernière instance cela est obligatoire.
Le but de cette procédure est de garantir l’interprétation uniforme du droit européen dans
l’espace juridique de l’UE.
Pourquoi cela nous intéresse en Suisse ?
Comme la convention de Lugano copie Bruxelles I ; il est logique de voir l’interprétation de
ce règlement ; car sinon le droit ne resterait pas uniforme. De plus, il y a une obligation de
suivre le droit communautaire, dans la CDL, dans le protocole II (page 81 du livre rouge).
A l’article 1 du protocole II de la CDL « Tout tribunal appliquant et interprétant la présente
Convention tient dûment compte des principes définis par toute décision pertinente rendue
par les tribunaux des Etats liés par la présente Convention et par la Cour de justice des
Communautés européennes concernant la ou les dispositions en cause ou toute disposition
similaire de la convention de Lugano de 1988 et des instruments visés à l'art. 64, par. 1, de la
présente Convention. »
On doit prendre en considération l’interprétation de la CDL dans les autres Etats
contractants (UE+ Islande+ Norvège+ Danemark) et des interprétations de la CJUE de la
convention de Lugano et du règlement Bruxelles I (par l’article 64).
Mais on a pas de juges suisses à la CJUE, donc la Suisse suit sans influence ?
Non car l’article 2 du protocole II de la CDL « Tout Etat lié par la présente Convention qui
n'est pas un Etat membre de la Communauté européenne a le droit de déposer devant la
Cour des mémoires ou des observations écrites, conformément à l'art. 23 du protocole sur le
statut de la Cour de justice des Communautés européennes, lorsqu'une juridiction d'un Etat
membre de la Communauté européenne demande à la Cour de justice de statuer à titre
préjudiciel sur une question portant sur l'interprétation de la présente Convention ou des
instruments visés à son art. 64, par. 1. »
Normalement quand un cas est soumis à la CJUE, ce cas est publié sur le site de la CJUE. Le
Gouvernement Suisse peut donc soumettre une proposition d’interprétation pour répondre
à cette question comme tous les Etats membres.
Ainsi tout est fait pour que le droit reste uniforme dans l’espace juridique européen.
***
En France et en Belgique certaines dispositions du Code civil sont identiques mais
interprétées différemment. Pour éviter ces différentes interprétations, et dans le but
d’uniformiser on a ces dispositions dans Bruxelles I et Lugano.
Exemple :
Un fabriquant d’un système d’aspiration produit des systèmes d’aspiration, il les vend à
Strasbourg qui les revend en France. Le système ne fonctionne pas comme attendu, TMCS va
devant les tribunaux de Bonneville pour agir devant les tribunaux allemands, le tribunal de
Bonneville se demande s’il est compétent .
Ici il y a une chaîne de contrat, en droit français, tous les membres de la chaîne sont en
relations contractuelles, le fabriquant lui dit « mais il n’y a rien de contractuel ». Ainsi la Cour
de Bonneville peut soumettre une question préjudicielle à la CJUE« contractuel ou
extracontractuel ? »
Qu’est-ce qui est contractuel dans le sens de Bruxelles 1 ? Comment la CJUE va s’en sortir sur
cette question ? Comment va-t-elle procéder ?
Le droit français dit chaîne de contrat donc contractuel et le droit allemand dit chaîne de
contrat mais pas contractuel. Alors comment la CJUE va-t-elle procéder pour décider ?
Ici ils vont chercher une définition de ce terme « contractuel », qui soit autonome, détachée
d’un certain droit national. Ils vont faire une interprétation littéral, systématique (Bruxelles
I), historique ou téléologique. S’il n’y a pas de résultats ils vont procéder à une interprétation
comparative (comment ce terme est-il compris dans les Etats membres de l’UE ?)
Le résultat comparatif est qu’on considère que le 1er et le 3ème sont dans une relation
contractuelle en droit français, luxembourgeois et belge. Mais dans le reste de l’Europe, cela
est une relation extracontractuelle.
Ainsi la CJUE a décidé que le premier et le troisième d’une chaîne de contrat étaient dans
une relation extracontractuelle.
***
Ainsi tout tribunal interprétant la CDL est obligé de suivre l’interprétation de la CDL par les
autres tribunaux et surtout toute interprétation de la CJUE de la CDL et du règlement
Bruxelles I.
Si on est juge de la CJUE et que l’on a une question préjudiciel. On cherche une définition
autonome d’un terme détachée d’un droit international. L’interprétation littérale et
systématique.
L’article 2 CDL (article 4 Bruxelles 1) « Sous réserve des dispositions de la présente
Convention, les personnes domiciliées sur le territoire d'un Etat lié par la présente Convention
sont attraites, quelle que soit leur nationalité, devant les juridictions de cet Etat. »
Pour le « domicile » il faut que l’on cherche une définition autonome car ce terme varie d’un
pays à l’autre.
A-t-on une définition autonome de ce terme ?

Il faut voir les dispositions générales de la CDL article 59 «  Pour déterminer si une partie a
un domicile sur le territoire de l'Etat lié par la présente Convention dont les tribunaux sont
saisis, le juge applique sa loi interne. »
Ce n’est pas une définition autonome, on renvoie juste à la loi interne d’un Etat donc (Code
civil, JP, LDIP).
A l’article 20 LDIP on a une définition spéciale, loi spéciale sur le domicile.
A l’article 60 de la CDL par exemple, on a une définition autonome du domicile pour des
sociétés.

Cours 4
On a vu comment passer du chef de compétence au droit applicable désormais il faut
regarder comment déterminer ce chef de compétence. LDIPCDL
L’article 2 CDL « Sous réserve des dispositions de la présente Convention, les personnes
domiciliées sur le territoire d'un Etat lié par la présente Convention sont attraites, quelle que
soit leur nationalité, devant les juridictions de cet Etat. »
Donc en principe c’est le domicile du défendeur qui détermine la compétence.
Mais il y a un fors contractuel spécial qui peut aussi jouer
Article 5 CDL : « Une personne domiciliée sur le territoire d'un Etat lié par la présente
Convention peut être attraite, dans un autre Etat lié par la présente convention:
1.
a) en matière contractuelle, devant le tribunal du lieu où l'obligation qui sert de base
à la demande a été ou doit être exécutée »

Qui doit choisir en pratique entre ces deux ?

Le demandeur

De plus avec l’article 15 CDL, des dispositions de compétence concernant les contrats de
consommation. On les protège avec des règles car ce sont des parties faibles les
consommateurs
De même, avec l’article 18 CDL, concernant les travailleurs.
A l’article 5 CDL, aussi, en matière délictuelle, dans l’Etat du lieu où le dommage s’est
produit.
A l’article 23 CDL, « Si les parties, dont l'une au moins a son domicile sur le territoire d'un Etat
lié par la présente Convention, sont convenues d'un tribunal ou de tribunaux d'un Etat lié par
la présente Convention pour connaître des différends nés ou à naître à l'occasion d'un
rapport de droit déterminé, ce tribunal ou les tribunaux de cet Etat sont compétents. » Les
parties peuvent convenir des tribunaux qui seront compétents pour juger un litige entre
elles. C’est une prorogation de fors.
***
Si on représente un client et une action est portée devant ce client devant un tribunal que je
considère comme pas compétent, je recevrais une convocation pour paraitre devant ce
tribunal.
Que se passe-t-il si on conteste le bien-fondé de cette action (incompétence du tribunal)  ?
A l’article 24 CDL « Outre les cas où sa compétence résulte d'autres dispositions de la
présente Convention, le juge d'un Etat lié par la présente Convention devant lequel le
défendeur comparaît est compétent. Cette règle n'est pas applicable si la comparution a pour
objet de contester la compétence ou s'il existe une autre juridiction exclusivement
compétente en vertu de l'art. 22. »
Si on s’adresse devant un juge et qu’on commence à vouloir argumenter, alors on reconnait
la compétence de ce juge. C’est une prorogation de fors tacite.
Donc que faut-il faire ? Se taire ?
Il faut donc contester la compétence de ce tribunal. Et à titre subsidiaire on peut se défendre
ensuite, comme pour former des commentaires. Il faut donc contester la compétence du
tribunal TOT.
Ce n’est pas le travail du juge de savoir s’il est compétent, mais si les partis ne contestent pas
sa compétence il devient ainsi compétent.
L’article 25 CDL prévoit que le juge doit cependant se déclarer incompétent s’il n’a pas la
compétence, pour des compétentes exclusives (droits réels immobiliers).
***
On a donc un système de règles de compétences qui est le même de la Finlande jusqu’au
Portugal.
***
Ensuite sur la reconnaissance et l’exécution.
Article 33 CDL « Les décisions rendues dans un Etat lié par la présente Convention sont
reconnues dans les autres Etats liés par la présente Convention, sans qu'il soit nécessaire de
recourir à aucune procédure. »
Ici c’est l’idée de confiance mutuelle.
Toutefois l’article 34 CDL présente les limites de cette disposition, toutefois cela est très
rare.
Article 34 CDL « Une décision n'est pas reconnue si:
1.
la reconnaissance est manifestement contraire à l'ordre public de l'Etat requis; »

En principe on reconnait toute décision rendue par les tribunaux d’un autre Etat. On ne
reconnait pas que des décisions appuyées sur Bruxelles I ou Lugano on reconnait tout.
Si jamais on veut faire valoir une corruption, ce n’est pas au juge de soulever cet argument,
c’est aux parties.
***
Cas pratique ski :
Si on est juge en France, est-ce que j’ai la compétence internationale pour juger l’affaire ?
Est-ce que je suis compétent en vertu de Bruxelles I ? Pourquoi pas Lugano ? Comment
décider entre Lugano et Bruxelles I ?
Une disposition doit faire primer tel ou tel instrument. Dans la CDL, à l’article 64, il est dit
que Bruxelles I prime.
Article 1er de Bruxelles I « Le présent règlement s'applique en matière civile et commerciale
et quelle que soit la nature de la juridiction . Il ne recouvre notamment pas les matières
fiscales, douanières ou administratives. ». Champ d’application matérielle
En l’espèce on est bien face à une matière civile.

Article 81 de Bruxelles I « Le présent règlement entre en vigueur le vingtième jour suivant
celui de sa publication au Journal officiel de l’Union européenne.
Il est applicable à partir du 10 janvier 2015, à l’exception des articles 75 et 76, qui sont
applicables à partir du 10 janvier 2014. » Champ d’application temporel
Article 4 de Bruxelles I « Sous réserve du présent règlement, les personnes domiciliées sur le
territoire d’un État membre sont attraites, quelle que soit leur nationalité, devant les
juridictions de cet État membre. »Champ d’application personnel

Donc en l’espèce Bruxelles I s’applique pour savoir si le juge français est compétent.
Maintenant il faut savoir si le juge français possède un chef de compétence.
Avec l’article 4 (I) de Bruxelles I le juge français est compétent (cet article sert à déterminer
le champ d’application personnel et le chef de compétence).
***
Est-ce que les juges suisses eux sont-ils compétents ?
LDIPConvention de Lugano car l’article 1 LDIP dispose « 2. Les traités internationaux sont
réservés »
Dans Lugano, le critère matériel et temporel est respecté, le critère personnel est aussi
respecté car la France est un contractant de Lugano.
Donc la Convention de Lugano s’applique.
Maintenant on cherche le chef de compétence.
***
Ici on peut avoir un for en France (article 4 (I) Bruxelles I) ou en Suisse (article 5 (III) CDL).
C’est le défendeur qui décide où le cas va atterrir.
Ici le législateur considère qu’on peut ouvrir un for ailleurs pour de bonnes raisons, en
l’espèce, pour des questions de faits (témoins proches).

Bruxelles I ne s’applique pas car les deux skieurs sont domiciliés en France, seulement car le
défendeur est domicilié en France.
***
Polycopié 5 page 35 :
Un vendeur et un acheteur, ils prévoient un accréditif, la livraison a lieu, le banque
allemande paie mais entre temps la banque suisse a dit ne payez pas.
1) LDIPCDL (article 1 (II)), p 30 le litige est de nature commerciale, compétence
temporelle oui, le défendeur est domicilié en Allemagne, donc le juge Suisse va
déterminer sa compétence en vertu de Lugano, y a-t-il n chef de compétence pour le
juge suisse ? Article 2 CDL

Cours 5
Si les tribunaux suisses à Zurich sont compétents, quels droits vont-ils appliquer ?
2) Article 1 LDIP « en principe on détermine le droit applicable avec la LDIP » sauf que
article 1 (II) les traités sont réservés, on pourrait par exemple penser à la CVIM.
Est-ce que la CVIM prime sur la LDIP ?
Ici pas de CVIM, car il n’y a pas un contrat de vente, c’est un litige entre deux banques. En
l’espèce on a un contrat de mandat si on se place sous le droit suisse.
Du coup on cherche le droit applicable dans la LDIP. En cherchant sur les dispositions
concernant le droit des obligations.
Article 116 LDIP permet aux parties de choisir le droit applicable. Donc le droit suisse est
applicable en vertu de l’article 116 LDIP.
3)
a) On peut dire que les parties ont implicitement accepté que le droit suisse soit applicable.
Article 116 (II) LDIP, permet d’affirmer que les parties ont élu le droit suisse. Mais il ne l’ont
pas choisi, il faut une certitude qu’il l’ait choisi (volonté). L’élément de volonté n’est pas
présent.
b) Non car la prorogation de for est un indice, seul cela ne suffit pas (dixit le TF)
c)

4)page 181 du polycopié, avec le règlement européen qui détermine le droit applicable
(article 3). Mais page 36 du polycopie , quel est la différence avec la loi polonaise ? La loi
polonaise exige un lien entre le droit choisi et l’affaire mais depuis Rome I cette
disposition a été écartée. En revanche aux Etats Unis, on exige encore le lien, le
problème de cette exigence, c’est quel empêche de choisir un droit neutre (suisse). Le
tribunal de La Haye lui dit non plus qu’il n’y a pas besoin de relations (source
d’inspiration).

Prochain cas page 43 : tuyaux pour l’Iran


Cours 5 11/10
Cas n°6  du fascicule page 43
Un ressortissant iranien domicilié à Téhéran agit comme intermédiaire, avec une entreprise
Suisse pour la livraison de gros tuyaux.
La correspondance entre les parties se fait en français et l’entreprise Suisse paye la provision
en CHF et en Suisse. La partie iranienne demande un paiement de 250 000 CHF.
L’entreprise Suisse refuse de payer et que le droit suisse soit applicable, ils veulent que le
droit iranien soit invoqué.
Pourquoi les parties invoquent les droits de l’autre ?
Conclusion du contrat en Iran= seulement écrit
Conclusion du contrat en Suisse= de toute manière
Chaque partie veut appliquer le droit qui lui est favorable.
1 ère question : Les tribunaux suisses sont-ils compétents internationalement et
nationalement ?
On va suivre l’approche habituelle :
 LDIP article 1 Ia sauf convention contraire (art 1 II)
 C’est la LDIP qui régit la compétence des Etats suisses sauf convention contraire
(article 1 II LDIP)
Est-ce que la convention de Lugano est applicable ?
Ici, le défendeur est-il domicilié dans un état ayant ratifié Lugano ?
Oui, l’entreprise est domiciliée en Suisse.
Du coup, peu importe si L’Iran n’a pas ratifié Lugano puisque le défendeur (Suisse) a ratifié
Lugano.
Donc les tribunaux suisses déterminent leur compétence en fonction de la convention de
Lugano.

Ensuite, il y a-t-il un chef de compétence pour les tribunaux suisses  ?


Article 2 I CDL donne la compétence aux tribunaux du pays domicile du défendeur, ce
domicile est définit aux articles 59 (personnes physiques) et 60 CDL (entreprises)
Pour l’action de la partie iranienne, la compétence internationale des tribunaux suisses est
applicable par l’article 2 CDL.
Mais quel juge en Suisse est compétent ?
Il faut regarder la LDIP (compétence interne), la CDL donne seulement la compétence
internationale, la compétence interne se cherche dans la LDIP, in casu, on a un contrat donc
on cherche dans la partie des contrats (article 112 LDIP), ici il donne la compétence interne
aux tribunaux suisses du domicile du défendeur, ce domicile est définit à l’article 20-21 LDIP.

Pourquoi n’applique-t-on pas l’article 5 CDL ? Ne peut-on pas donner la compétence aux
tribunaux suisses avec cet article ?
Cet article permet d’ouvrir un for dans un autre état contractant de Lugano, donc dans notre
cas l’article 2 nous suffit
La partie iranienne peut-elle actionner la partie Suisse en Iran avec l’article 5  ?
NON, car le juge iranien n’applique jamais la CDL, il a sa propre LDIP.
***

Le droit applicable :
Article 1 Ib LDIP sauf convention contraire (article 1 II). On cherche ainsi d’autres traités.
Est-ce que la CVIM peut s’appliquer ?
Pour savoir si la CVIM s’applique, il faut d’abord qualifier le litige.
La CVIM s’applique pour des contrats de vente, in casu, on a un contrat d’agence
commerciale. Donc elle ne s’applique pas.
A-t-on une autre convention internationale ?
Non, dans le livre il n’y a rien donc on détermine le droit applicable avec la LDIP.
In casu, on a un litige contractuel, alors on regarde (Droit des obligations>Contrat) avec
l’article 116 LDIP.
Les parties ont-elles choisies en l’espèce le droit applicable  ?
Article 116 II « L’élection de droit doit être expresse, ou ressortir de façon certaine des
dispositions du contrat ou des circonstances. »
Une élection de droit tacite ressort-elle de façon certaine des circonstances  ?
Ici les parties ont prévu paiement par la partie suisse, sur un compte suisse, en
communiquant en français.
Mais cela ne veut pas dire qu’il ait choisi tacitement le droit suisse.
Il n’y a donc pas d’élection de droit en l’espèce.
***
Exemples d’indices élection de droit : référence à la loi (articles) d’un pays ou des anciens
contrats ; utilisation des termes spécifiques à certains droits, clause de prorogation de
compétence, établis dans le même pays, anciens contrats régis par le même droit.
***
Ici on a rien de tout cela, donc pas d’élection de droit, on ne fait pas d’élection hypothétique.
On n’a pas non plus de rattachement subjectif donc il faut donc un rattachement objectif
(autre critère de la volonté des parties), on passe de l’article 116 à 117 LDIP.
Quel critère objectif choisir pour trouver le droit applicable?
Souvent on choisissait le lieu de la conclusion du contrat, mais le problème c’est que le
contrat peut être conclu dans un pays tiers. De même, beaucoup de contrats sont
maintenant conclus à distance. Ce critère est dépassé en Europe
On pouvait aussi choisir le lieu d’exécution du contrat. Mais ce lieu peut être difficile à
déterminer, notamment pour les contrats faits à distance. Ce critère est aussi dépassé.
De même, il y a très longtemps, on comparait les droits des pays.
Puis, Savigny avait proposé de chercher le siège de l’affaire. Le lien le plus étroit entre
l’affaire et un certain droit.
A l’article 117 LDIP (I) et (II), on trouve une nouvelle méthode (liens étroits et prestations
caractéristiques). Le contrat est régie par le droit du pays dans lequel est fourni la prestation
caractéristique.
Seul type de contrat ou un paiement est une prestation caractéristique (échange)
Qui fournit la prestation caractéristique dans un contrat de vente  ?
 Le vendeur
Nous, on a un contrat d’agence commerciale, donc l’agent commercial fournit la prestation
caractéristique.
Avec ce critère on a une quasi-certitude de sécurité juridique. De même, la prestation
caractéristique est l’élément essentiel du contrat, contrairement au paiement du prix et
enfin le prestataire a le même droit qui s’applique pour toutes ses prestations, il n’a à
connaître qu’un seul droit et pas à connaître tous les droits des pays de ses clients.
Dans notre scénario, la prestation caractéristique est fourni par la partie iranienne, donc en
principe on devrait appliquer la loi iranienne.
En droit iranien, on a une exigence écrite pour les contrats, du coup le contrat est-il nul pour
vice de forme ?
A l’article 124 I et II, on a un rattachement spécial (alternatif), qui permet de maintenir la
validité du contrat (favor negotii).
Comme on ne connait pas les exigences de forme des autres droit internationaux, on a prévu
cet article pour maintenir la validité du contrat.
3ème question :
Ce contrat est donc valable par la forme selon l’article 124 LDIP
***
4ème question :
Le juge belge détermine sa compétence dans le règlement Bruxelles I, sinon dans la LDIP
belge.
Ici les conditions d’application p30 (matériel, temps et personnel) sont remplies, on peut
appliquer Bruxelles I
Peut-on à agir devant les tribunaux belges ?
Selon l’article 4 I RB, on a un chef de compétence internationale, pour le chef de compétence
interne pour savoir quel juge en Belgique, on regarde dans la LDIP belge.
Pour savoir le droit applicable, on regarde Rome I (page 181), le droit applicable est prévu à
l’article 3 Rome I, comme in casu, il n’y a pas d’élection de droit, on a besoin d’un
rattachement objectif.
Il faut regarder l’article 4 Rome I (II).
Devant le juge belge, le litige sera donc réglé par le droit iranien en vertu de l’article 4 (Ib).
De même, le contrat serait valable, en principe selon l’article 11 Bruxelles I
Que se passe-t-il si la loi belge existe aussi la forme écrite  ?
Dans cette hypothèse, le contrat est nul pour vice de forme.
***
Cours 6 12/10
1ère question :
Oui, ils sont compétents, en vertu de LDIPCDL, elle est applicable (3 conditions remplies),
le domicile du contrat, donc CDL s’applique. Chef de compétence : tribunaux Suisse (art 2
CDL).
2ème question :
C’est un litige contractuel, avec un contrat de transport maritime international, il n’y a pas
de convention régissant ces contrats, donc on reste dans le cadre de la LDIP.
On cherche un droit applicable à ce contrat de transport, l’article 116 LDIP, mais in casu, on a
pas une élection expresse, ni une élection tacite. Il nous faut donc un attachement objectif.
A l’article 117 (III), on a un contrat de prestation de service (transport) avec le domicile de la
société (article 20 et 21 LDIP). C’est donc le siège qui nous intéresse. Du coup sa résidence
habituelle est en Belgique, donc on applique le droit belge en principe.
Les deux premières instances en Suisse se sont donc trompées.
Le Tribunal fédéral va donc dire que le contrat est régit par le droit belge, avec l’article 16
LDIP.
3ème question :
Devant les tribunaux belges, le juge cherche le droit applicable selon le règlement Rome I.
 Article 1 Rome I
 Article 3 Rome I
Ici il n’y a pas d’élection de droit donc on applique l’article 4 Rome I.
En vertu de l’alinéa 1b, le droit applicable serait le droit belge.
Dans un contrat de transport, s’il n’y a pas d’élection de droit, c’est le droit du transporteur
qui s’applique (logique)
 Article 5 Rome 1 relatif aux contrats de transports confirme cela pourvu que le lieu de
chargement ou le lieu de livraison ou la résidence habituelle de l’expéditeur se situe
dans ce pays.
In casu, le lieu de chargement = France, lieu de livraison= Angola, résidence habituelle de
l’expéditeur (=/transporteur)= Belgique.
Aucun de ces critères nous rattache vers un même pays, donc on a pas encore de
solutions. Il faut donc un rattachement subsidiaire. (Article (I) 2e hypothèse), le droit
applicable serait le droit de l’Angola.
Quoi faire ?
Condition de la clause d’exception article 5 (III) sont-elles remplies ?
Souvent le juge invite à reconsidérer aux parties de faire une élection de droit sinon c’est
le droit de l’Angola (article 3 (II) Rome I)

***
Cours 7 18/10
Pour l’examen, on a le droit à tout sauf des outils électroniques.
Différence compétence internationale et compétence interne
Compétence internationale : Les juges de quel pays sont compétents pour trancher le litige ?
Compétence interne : Quel juge dans ce pays est compétent ?
La Convention de Lugano donne uniquement la compétence internationale (article 2 (I) CDL).
L’article 5 (III) CDL lui donne la compétence internationale et interne.
La compétence interne se fait grâce à la LDIP (article 112 LDIP).

Droit applicable/ compétence ?


On nous dit de déterminer compétence avant droit applicable, mais pour déterminer la
compétence, on doit regarder le droit applicable (confus).
Quel juge est compétent ?
Quel droit va-t-il appliquer ?
Mais s’il y a une partie en Chine et l’autre en Suisses. On va faire une analyse pour savoir si le
juge suisse sera compétent, et on va regarder de même si le juge chinois est compétent. On
va faire un choix stratégique.

***
La vente internationale de marchandise :
C’est le contrat le plus fréquemment formé et conclu.
Cas n° 8 :
Problème entre le droit suisse et anglais ?
Qui a raison dans cette affaire ? Il faut se fixer sur le moment de la révocation.
Pour conclure un contrat, il faut offre, acceptation, accord de volonté. In casu, on a l’offre, la
révocation dans ce cas est-elle valable ?
La partie anglaise invoque le droit anglais, la partie suisse invoque le droit anglais.
1ère question :
1A Le juge suisse consulte la LDIP (art 1 (I) ou art 1 (II)) ou il peut se demander s’il n’y a pas
un droit matériel uniforme qui s’applique (CVIM), cette convention est comparable au CO
mais international car c’est du droit matériel suisse. Mais sous conditions que ce droit
matériel uniforme s’applique ?
Y’a-t-il un droit matériel uniforme qui s’applique  ? La CVIM s’applique à la question de
formation du contrat de vente ?
Oui, à l’article 1 CVIM, contrat de vente oui, la marchandise sont les caisses de vin, mais
l’Angleterre n’est pas un état contractant.
Selon mon DIP, quel droit est applicable à ce contrat  ?
Le juge suisse va consulter la LDIP en se demandant où me mènera la LDIP. Article 116 et
suivants LDIP, à l’article 118, la convention de la Haye c’est une convention au sens de
l’article 1 (II).
Devant les tribunaux Suisses, la CVIM est applicable sous notre scénario. Donc la partie
anglaise aurait raison.
Question 1b :
Voir page 51, on applique Rome 1 pour le droit applicable et Bruxelles I pour la compétence.
Le contrat est régie par le droit suisse, et la CVIM est applicable.
Question 2b :
Il y a une réserve à l’article 95 concernant l’article 1b qui permet d’appliquer la CVIM
seulement si la CVIM a été ratifié par les deux parties.
Il ne va donc pas appliquer la CVIM car le RU n’a pas ratifié la CVIM,
3ème question :
Voir page 54 55