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Votre Argent

Indemnités, intérêts et cotisations déductibles... ,


dopez votre salaire net
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Les indemnités permettent de payer moins d'impôts et de charges sociales,


pourvu qu'elles soient justifiées et raisonnables.
Pensez à déduire les intérêts de vos prêts immobiliers et les cotisations de vos
plans d'épargne.
On peut profiter intégralement de sa prime si elle est investie dans des formules
déductibles telles que la formation ou l'épargne retraite.

Lors des entretiens d’embauche et des négociations pour augmentation de salaire, les employés ne
se soucient majoritairement que de leur rémunération nette. Ils sont peu nombreux à s’intéresser à
la structure de leur revenu, ce qu’ils perçoivent comme indemnités et ce qu’ils paient comme
charges sociales et fiscales. Or, maîtriser les éléments composant sa paie peut être très profitable.
La loi permet en effet aux personnes percevant des revenus salariaux de déduire un certain
nombre de dépenses et de mieux structurer leurs rétributions pour augmenter leur rémunération
nette. Le plus souvent, cela arrange en même temps les employeurs étant donné que ces derniers
vont payer moins de charges. Cela dit, ils peuvent refuser d’accéder à certaines revendications.
Dans ce cas, et s’il y a consensus des salariés, faire appel aux représentants syndicaux ou du
personnel pour des négociations peut faire avancer les choses. L’important est de rester dans le
respect de la loi et chercher à satisfaire les intérêts de toutes les parties.

Les indemnités de représentation et de transport déductibles mais


sous conditions

Commençons d’abord par la composition du salaire qui peut permettre des économies de charges.
Certes, «le champ d’action des salariés dans ce domaine est limité au Maroc», précise Bouchaïb
Serhani, directeur général de Gesper Services. Mais il reste que la loi autorise à défalquer du
salaire de base certaines indemnités qui ne sont pas imposables et qui ne rentrent pas non plus
dans la base de calcul des charges sociales. Les employeurs le font généralement de façon
systématique, dans la mesure où cela fait baisser également les charges patronales. Mais si la
structure de votre salaire est trop simple ou si aucune indemnité déductible n’est prévue, vous
pouvez l’exiger ou faire part de cette situation aux représentants du personnel.
Les indemnités déductibles les plus courantes sont celles liées à la représentation et au transport.
Pour la première, il s’agit d’une compensation pour les frais que supportent les salariés exerçant un
certain type de fonction ou occupant un certain rang dans la hiérarchie de l’entreprise, tels que les
directeurs généraux et commerciaux. Quant à la seconde, elle est attribuée aux salariés en raison
de l’éloignement du lieu de travail de leur domicile.
Ces indemnités ne sont déductibles que si elles respectent un certain nombre de conditions. Pour
qu’elle ne soit pas soumise à la cotisation patronale de la CNSS, l’indemnité de représentation ne
doit pas dépasser 10% du salaire de base. La partie qui excède ce montant reste en effet soumise
à cotisation. En plus, le bénéficiaire de cette indemnité doit obligatoirement assurer la fonction de
PDG, DG ou de directeur ou chef d’un département (commercial, financier, ressources
humaines...).
Quant à la déduction de cette indemnité de l’IR, il faut savoir qu’il n’y a aucune limite de montant
et que les fonctions qui peuvent en bénéficier ne sont pas précisées par l’administration des
impôts. «Il existe un flou en matière de déductibilité fiscale de cette indemnité et cela pose un
problème à beaucoup d’entreprises», affirme Bouchaïb Serhani.
Les fiscalistes expliquent que les inspecteurs des impôts jugent au cas par cas et peuvent accepter
la déductibilité de l’indemnité de représentation, lors des contrôles, s’ils trouvent son montant
raisonnable et son attribution au salarié justifiée. «L’administration fiscale n’acceptera pas par
exemple que cette indemnité soit octroyée à un informaticien ou que son niveau dépasse 25% du
salaire de base», précise un expert comptable.

L'indemnité de logement n'est plus déductible, l'indemnité de


transport est plafonnée à 500 DH par mois

Le flou existe également en ce qui concerne l’indemnité de transport. En effet, aucun texte fiscal ne
dit que cette compensation est déductible du salaire imposable. «La direction des impôts a des fois
tendance à refuser la déductibilité de l’indemnité de transport car elle estime que cette dernière fait
double emploi avec l’abattement forfaitaire pour frais professionnels», explique Hamid Errida, tax
manager au cabinet de conseil Garriguès Maroc. Rappelons que l’abattement pour frais
professionnels est égal à 20% du salaire brut imposable, plafonné à 30 000 DH par an (2 500 DH
par mois).
Il n’empêche que, d’une manière générale, la déduction de cette indemnité est toujours tolérée.
Pour éviter toute réintégration, et en l’absence de précisions de la part du fisc, les employeurs
s’alignent sur les niveaux fixés par la CNSS. Pour qu’elle ne soit pas soumise à cotisation,
l’indemnité ne doit pas dépasser 500 DH par mois si le lieu du travail se situe dans le périmètre
urbain des villes et 750 DH s’il se situe en dehors de ce périmètre.
Outre ces compensations, les indemnités de déplacement peuvent aussi être déductibles du salaire
imposable et de la base des cotisations de la CNSS. Seulement, elles ne doivent pas être octroyées
de façon forfaitaire (obligation de justifier les frais par des factures). Si c’est le cas, l’indemnité est
imposable au titre de l’IR et soumise à la cotisation CNSS (sauf pour les représentants
commerciaux et les agents itinérants).

10% du montant des intérêts sur prêts et les cotisations retraite


complémentaire sont déductibles

Mis à part ce qui précède, toutes les autres indemnités qui peuvent figurer dans vos bulletins de
paie ne sont pas déductibles, sauf pour la CNSS qui prévoit une série d’autres revenus non soumis
à cotisation, tels que les indemnités de déménagement, les primes de panier et l’indemnité
kilométrique (consulter la circulaire d’assiette de cotisation de la CNSS). L’indemnité de logement,
en particulier, n’est plus déductible depuis 1990. Pourtant, certains employeurs continuent de
l’utiliser, alors qu’elle ne fait que diminuer le niveau des augmentations et des primes d’ancienneté
pour les salariés (les primes et augmentations sont calculées sur la base du salaire de base). Si elle
figure actuellement dans vos bulletins de paie, exigez sa réintégration dans le salaire de base.
Pour ce qui est des dépenses que les salariés peuvent déduire de leur revenu imposable, il y a
principalement les intérêts des prêts immobiliers. En effet, les intérêts normaux, TVA comprise, des
crédits immobiliers destinés à financer des logemens à usage d’habitation principale sont
déductibles à hauteur de 10% du salaire net imposable. Dans la même limite, la marge des
banques appliquée aux contrats de financement «Mourabaha» est également déductible de la base
imposable. Cet avantage peut vous faire économiser une somme non négligeable sur votre salaire
si vous faites les démarches nécessaires (voir encadré ci-haut).
Autre avantage : les cotisations dans les plans d’épargne retraite. Pour les salariés, les primes
versées aux compagnies d’assurance dans le cadre de ces formules d’épargne sont totalement
déductibles du salaire brut imposable. Cela peut se traduire par une économie de taille, surtout si
vous fixez votre cotisation à un niveau optimal.
Un exemple chiffré pour comprendre. Considérons le cas d’un salarié percevant 200 000 DH
annuellement. Selon le barème actuel de l’IR, 20 000 DH seront soumis au taux marginal de 38%.
Si ce même montant est cotisé dans une assurance retraite, c’est 20 000 DH qui échappent à la
taxation au taux marginal.
Par ailleurs, en ce qui concerne les primes, soumises elles aussi à l’IR, sachez que vous pouvez en
profiter intégralement si vous les investissez dans certaines formules déductibles telles que la
formation et la retraite complémentaire.
Prenons là aussi un exemple chiffré. Considérons un bonus versé fin décembre à un salarié et
s’élevant à 30 000 DH bruts. Ce revenu sera taxé au taux marginal de 38% et subira les mêmes
prélèvements sociaux qu’un salaire ordinaire. En tout, pour passer du brut au net, la prime sera
allégée de plus de 14 000 DH pour ne peser au final que 16 000 DH, montant qui sera
effectivement versé au salarié. Or, si ce dernier fait le choix de ne pas encaisser sa prime en cash,
et qu’il demande à son employeur de s’en servir pour lui financer une formation ou un plan
d’assurance retraite complémentaire, c’est de l’intégralité de la prime qu’il pourra profiter car elle
ne sera pas grevée des prélèvements fiscaux et sociaux. Notez que l’employeur y trouvera
également son compte, vu qu’il ne paiera pas de charges patronales sur la prime, et que la
dépense dans la formation ou l’assurance retraite est déductible de l’impôt sur les sociétés.

Procédures Déductions fiscales sur l'IR, comment s'y prendre pour en bénéficier

Les salariés ont la possibilité de déduire, dans la limite de 10% du salaire net imposable, les
intérêts des prêts qu'ils ont contractés pour financer un logement de standing à usage d'habitation
principale. Pour pouvoir bénéficier de cet avantage, il faut justifier que le prêt finance bien une
habitation et que les échéances sont bien versées.
Dans la pratique, le salarié doit fournir un certain nombre de documents à son employeur qui se
chargera de déduire l'intérêt supporté. Les documents demandés sont le tableau d'amortissement
du prêt, le contrat d'acquisition du logement, un certificat de résidence et une copie de la CIN, un
engagement sur l'honneur mentionnant que l'habitation est occupée à titre principal et, enfin, une
attestation de la banque précisant le montant des intérêts effectivement prélevés. L'engagement
sur l'honneur et le certificat de résidence doivent être fournis chaque année à l'employeur.
Les salariés ont également le droit de déduire de leur revenu imposable le montant total des
cotisations versées dans le cadre des plans d'épargne retraite. Pour faire jouer cette déduction, il
faut fournir à l'employeur une copie certifiée du contrat d'assurance-retraite et des justificatifs de
versement des primes.

Légal Assiette de la CNSS : ce qui est déductible et à quelle hauteur

Prime de panier : deux fois le Smig horaire par jour.

Dépenses de téléphone : 50% des frais téléphoniques des postes fixes ou mobiles des cadres
dirigeants.

Indemnité de déménagement : 10 DH par kilomètre séparant l'habitation initiale du salarié du


lieu d'affectation.

Indemnité de licenciement : de 96 heures de salaire pour 5 premières années travaillées à 240


heures de salaire pour 15 ans de travail et plus. L'existence d'une convention collective ou d'un
jugement du tribunal prime.

Frais de déplacement : déduction totale sur pièces justificatives. En cas de forfait : application du
barème kilométrique pour le transport, 10 fois le Smig horaire par jour pour la nourriture et 30 fois
le Smig horaire par jour pour le logement.

Indemnité de transport : 500 DH par mois si l'entreprise est dans le périmètre urbain, 750 DH
sinon.

Indemnité de représentation : 10% du salaire de base pour les PDG, DG, directeurs et chefs de
département.

Indemnité kilométrique : de 1,9 à 5,2 DH par kilomètre selon la puissance fiscale du véhicule.

Allocation de rentrée scolaire : 400 DH par an et par enfant, sans dépasser un total de 1 600
DH (4 enfants max.).

Prime de Hajj : prix du billet d'avion aller-retour + dotation autorisée.

N.B : liste non exhaustive

Souhaïl Nhaïli
www.lavieeco.com

2010-01-18