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Chapitre 1 : Modes de transfert de chaleur

CHAPITRE 1

MODES DE TRANSFERT DE CHALEUR

1. Introduction

L’énergie thermique se transmet d’un point à un autre, dans un même corps, à chaque fois
qu’il existe un gradient de température. Ce phénomène est aussi valable lorsque 2 systèmes, à
températures différentes se mettent en contact. La théorie qui étudie le processus de propagation
de la chaleur porte le nom de transfert ou transmission de chaleur. La chaleur transmise ne peut
être mesurée ou observée directement. Mais les effets qu’elle produit sont observables et
mesurables.
La science qui étudie les relations entre la chaleur et les autres formes d’énergie
s’appelle : thermodynamique. Elle gouverne toutes les transformations d’énergie
quantitativement. Mais ne place pas de restrictions quant à la direction de la transformation.
Tous les processus de transfert de chaleur impliquent la transmission et la conversion
d’énergie. Ils doivent, alors obéir aux premier et deuxième principes de la thermodynamique.
 Premier principe : L’énergie ne peut être ni créée ni détruite.
 Deuxième principe : La chaleur ne peut être transmise d’une zone à température moins
élevée vers une zone à température plus élevée.
Mais cela ne peut, pour autant, dire que la théorie de transfert de chaleur est dérivée de la
thermodynamique. Car la thermodynamique classique a pour but principal d’étudier les états
d’équilibre mécanique, chimique et même thermique. Alors que le transfert de chaleur est le
résultat de non équilibre de température. Son traitement quantitatif doit se baser sur une autre
branche de la science. Le même raisonnement s’applique aux autres types de processus de
transport tel que celui de masse ou de diffusion.

La thermodynamique classique traite des états de système d’un point de vue


macroscopique et ne fait pas d’hypothèses au sujet de la structure de la matière. L’analyse
thermodynamique permet de décrire l’état d’un système en terme de caractéristiques grossières,
tels que la pression, volume et température qui peuvent être mesurer directement et n’implique
aucune supposition concernant la structure de la matière. Ces variables ou propriétés
thermodynamiques ne sont pas significatives pour le système seulement si elles sont uniformes
durant les transformations. Ainsi, la thermodynamique classique n’est pas concerné par le détail
du processus, mais plutôt, par les états d’équilibre et leurs relations. D’un point de vue
thermodynamique, la quantité de chaleur transmise au cours d’un processus est simplement égale
à la différence des énergies échangées du système et le travail effectué. Il est évident que ce type
d’analyse ne considère ni le mécanisme de l’écoulement de la chaleur ni le temps nécessaire au
transfert de la chaleur. Elle décrit simplement quelle quantité de chaleur faut-il fournir au
système ou la céder durant le processus entre des états spécifiques finaux, sans considérer quand
ni comment ceci peut être accompli. Le fait que cette information ne peut pas être obtenue de
l’analyse thermodynamique résulte de l’absence du temps en tant que variable. La question de
combien de temps va durer le transfert d’une certaine quantité spécifique de chaleur qui malgré
son importance, ne rentre habituellement pas dans l’analyse thermodynamique.

Dans le domaine d’engineering la clef des problèmes consiste à la détermination du taux


de transfert de chaleur correspondant à une différence de température bien spécifique. Pour
estimer le coût, la faisabilité et les dimensions de l’équipement nécessaires à la transmission
d’une certaine quantité de chaleur pour un temps donné, une analyse détaillée du mécanisme de

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transfert de chaleur doit être réalisée. Les dimensions d’un évaporateur, d’un réchauffeur, d’un
réfrigérateur ou d’un échangeur de chaleur ne dépendent pas seulement de la quantité de chaleur
à transmettre, mais encore du taux auquel cette chaleur sera transférée dans les conditions
données. Le fonctionnement réussi des systèmes de machines tels que les aubes d’une turbine ou
bien les parois d’une chambre de combustion dépend des possibilités de refroidissement de
certaines parties des matériaux par évacuation continue de la chaleur à des taux rapides.
L’analyse de transfert de chaleur doit être aussi réalisée pour le design des machines électriques,
transformateurs et les paliers de roulement afin d’éviter les conditions qui peuvent conduire à
une surchauffe et la détérioration des équipements. Ces exemples montrent que la plupart des
branches d’engineering rencontrent les problèmes de transfert de chaleur dont les solutions ne
proviennent pas du raisonnement thermodynamique seul mais exige une analyse basée sur la
théorie de transfert de chaleur.
En transfert de chaleur, comme dans d’autres branches d’engineering, les solutions
réussies des problèmes nécessitent des suppositions et idéalisations. Il est presque impossible de
décrire exactement un phénomène physique. Ainsi, pour exprimer un problème sous forme
d’équations qui peuvent être résolues il est nécessaire d’introduire des approximations. Dans les
calculs des circuits électriques, par exemple, il est usuel d’assumer que les valeurs de résistances,
capacités et inductances sont indépendantes du courant qui les traverse. Cette supposition
simplifie l’analyse, mais dans certains cas elle peut sérieusement affecté la précision des
résultats. Des approximations similaires sont prises en compte dans les problèmes de transfert de
chaleur. En réalité les propriétés physiques telles que : chaleur spécifique ou la viscosité
changent avec la température. Mais si une valeur moyenne adéquate est choisie, le calcul peut
être considérablement simplifier sans faire d’erreur appréciable dans les résultats finaux.

Le transfert de chaleur peut être défini comme étant le phénomène de transmission de la


chaleur d’une zone à une autre à la base de la différence de température qui existe entre elles.
Etant donné que la différence de température existe dans tout l’univers, le phénomène de
l’écoulement de la chaleur est universel comme ceux associés à l’attraction terrestre. Ce
phénomène étant différent de la gravité terrestre, il n’est pas gouverné par une unique relation,
mais plutôt par une combinaison varié de lois physiques indépendantes.
Généralement dans la littérature sur le transfert de chaleur il est reconnu trois modes de
transmission de la chaleur : Conduction, Rayonnement et Convection. Mais, proprement dit, seul
la conduction et le rayonnement doivent être classés en tant que processus de transfert de
chaleur. Parce que c’est les deux seuls mécanismes, qui pour leur opération dépendent
uniquement de l’existence d’une différence de température. L’autre mode qui est la convection
n’est pas tout à fait compatible avec la définition du transfert de chaleur, parce que son opération
dépend aussi du transport mécanique de masse. Mais parce que la convection assure aussi la
transmission d’énergie d’une zone à température élevée vers une autre à faible température, que
l’expression « de transfert de chaleur par convection » est acceptée.

Dans les paragraphes suivants nous passerons en revue les équations de base gouvernant
chaque mode de transfert de chaleur. Le but principal est de faire connaissance de manière
superficielle sans donner trop de détails. Nous commençons par considérer des cas simples. Puis
mettre l’accent sur le cas naturel des transferts de chaleur combinés ou simultanés.

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1.1 Conduction

Dans un même corps (solide, liquide ou gazeux) si on soumet l’une de ses parties à une
température plus élevée, par exemple, l’équilibre thermique (même température partout) dans
lequel se trouvait ce corps sera rompu et la différence de température (gradient de température)
qui s’installe va engendrer une propagation de la chaleur vers les parties les moins chaudes. Ce
phénomène porte le nom de transfert de chaleur par conduction. L’agitation moléculaire élevée
de la zone chaude communiquera de l’énergie cinétique aux zones plus froides par interactions
de ces dernières. Ce phénomène a lieu sans déplacement de la matière. C’est pour cette raison
que, généralement, la conduction concerne les corps solides. Il en est de même pour les liquides
et gaz, mais dès que le milieu se mets en mouvement ça devient un autre mode de transfert de
chaleur qui est la convection. La conduction est un phénomène de diffusion qui permet donc à la
chaleur de se propager à l’intérieur d’un corps solide. La propagation de la chaleur par
conduction à l’intérieur d’un corps s’effectue selon deux mécanismes distincts : une transmission
par les vibrations des atomes ou molécules et une transmission par la diffusion des électrons
libres.

1.1.1Quelques définitions
Pour bien comprendre les définitions qui suivent prenons un exemple concret de
transfert de chaleur. Considérons le cas d’une barre.
t1>t2
z
t1 t2
x
y
Fig. 1.1 : Conduction dans une barre

1.1.1.1 Champ de température


Le processus de transfert de chaleur par conduction, comme d’autre modes
d’échange de chaleur, peut avoir lieu uniquement dans le cas où il y a une
différence de température entre les points de ce corps (fig.1). Ce phénomène
s’accompagne d’une variation de température dans l’espace et dans le temps.
L’étude analytique de la conduction conduit à la résolution de l’équation :
t = f(x, y, z, ) (1.1)
Cette équation représente l’expression mathématique du champ de température.
Ainsi, nous définissons le champ de température comme étant l’ensemble des
valeurs de température de tous les points de l’espace étudié dans le temps.

1.1.1.2 Régime temporel


Du point de vue temporel on peut citer les 2 cas possibles de type de
conduction.
 La conduction en régime stationnaire appelé aussi régime permanent,
lorsque le température ne dépend pas du temps. Dans ce cas là l’équation
(1.1) s’écrit :
t
t = f(x, y, z), 0

Exemple : Si on maintient les extrémités de la barre (fig.1) à des
températures différentes et constantes tout en isolant les surfaces latérales,

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on peut constater la stabilité des températures de tous les points de la barre.


Ces températures deviennent constantes et ne varient pas dans le temps.
On peut réaliser cela facilement expérimentalement en plaçant l’extrémité
gauche de la barre dans un récipient d’eau en ébullition (100°C) et
l’extrémité droite dans un autre récipient contenant de la glace fondante
(0°C).
 Dans le cas contraire, lorsque la température dépend du facteur temps, on
dit que le régime est instationnaire ou variable (défini par l’équation
(1.1))
Exemple : Dans le cas de la barre (fig.1), entre l’instant initial où la
température de tous les points est la même (équilibre thermique) et l’état
de stabilité des températures de tout ces points et les extrémités à T1 et T2,
il y a eu évolution des températures dans le temps.

Pour la résolution des problèmes thermiques on est souvent appeler à rechercher


l’équation de la distribution de la température qui est elle-même celle du champ
de température.
Selon les exigences une étude thermique peut être considérée dans l’un des cas
suivants :
- Unidimensionnelle :
t t t
- Stationnaire : t = f(x),   0; 0 ;
y z 
t t
- ou instationnaire : t = f(x, ),  0 ;
y z
- Bidimensionnelle :
t t
-Stationnaire : t = f(x, y),  0; 0
z 
t
- Instationnaire : t = f(x, y, ), 0 ;
z
- Tridimensionnelle :
t
-Stationnaire : t = f(x, y, z), 0

- Instationnaire : t = f(x, y, z, )

1.1.1.3 Gradient de température


Dans le cas de la barre (fig. 1), certains points peuvent avoir la même
température. La liaison de ces points donne une surface isotherme. Si on suppose
que les surfaces latérales sont soumises à un échange de chaleur avec le milieu
ambiant et que les points du centre ont des températures plus élevées, on peut
représenter schématiquement les surfaces isothermes dans la barre. Comme un
point ne peut avoir 2 températures différentes, les surfaces isothermes ne se
coupent pas.
La coupe des surfaces isothermes par un plan perpendiculaire à l’une des surfaces
latérales donne un ensemble d’isothermes (fig. 2).
Isotherme
t1>t2
y
t1 t2

x
Fig. 1.2 : Surfaces isothermes

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Le plus grand accroissement de température entre des isothermes voisines a lieu


dans la direction normale aux isothermes (fig.3).

t+∆t ∆t t-∆t
t1>t2

t1 n ∆n t2

Fig. 1.3 : Gradient de température

Cet accroissement est caractérisé par le gradient de température qui est défini par
la relation mathématique suivante :
t  t
lim grad t ; g r a d t = n0
 n 0  n n

où n 0 est le vecteur unitaire normal à l’isotherme.
∆n : distance entre 2 isothermes voisines.
Le gradient de température est un vecteur dirigé suivant la normale à l’isotherme
dans le sens de l’augmentation de la température. Ainsi, il est opposé au sens de
propagation de la chaleur.
La valeur scalaire du gradient de température  t /  n n’est pas la même pour les
différents points d’une isotherme. Cette valeur est plus grande là où ∆n est plus
petite.
La valeur de  t /  n dans le sens de la propagation de chaleur est négative.

1.1.2 Loi de Fourier (1822)


Le transfert de chaleur spontané dans un corps solide, d’une zone de
température élevée vers une autre zone de température plus basse obéit à la loi
dite de Fourier (établie mathématiquement par Jean Baptiste Biot en 1804 puis
expérimentalement par Fourier en 1822)
Expérience
Considérons l’expérience de la figure 3. Une paroi plane d’un matériau connu est
soumise à 2 sources de chaleur. Le côté gauche est en contact avec l’eau en
ébullition pour maintenir sa température constante à t1=100°C. Le côté droit en
contact de l’eau contenant de la glace permet de maintenir sa température
constante à t2=0°C. Les surfaces en contact avec les liquides sont égales à S. Pour
ne considérer que la propagation de chaleur unidimensionnelle suivant l’axe X,
nous prévoyons une isolation thermique des surfaces latérales suivant Y et Z. Le
transfert de chaleur dans la paroi étant en régime stationnaire, en mesurant les
températures à différents points suivant X et en les portant dans un graphe t=f(x),
nous constatons que la distribution de température est linéaire. La pente de la

S
t1=100°C
Q
t2=0°C
x
Fig. 1.4 : Schéma de l’expérience

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droite obtenue est égale à dt/dx. Si cette expérience est répétée pour d’autres
parois de matériau différent, les données de résultats nous conduisent à en déduire
que la quantité de chaleur transmise entre les 2 surfaces S, au cours du temps ,
est proportionnel au gradient de température et au coefficient caractérisant le
matériau de la paroi.
dt
d Q   .d S.d  (1.2)
dx
dQ : quantité de chaleur, [Joule]
dt/dx : gradient de température
S : surface perpendiculaire au passage de la chaleur
 : temps
L’expérience a montré que le coefficient  de proportionnalité caractérisant le
matériau de la paroi est un paramètre physique du matériau ; on l’appelle:
Coefficient de conductivité thermique

La loi de Fourier (1.2) est une loi qui a été observée expérimentalement. Dans la
théorie de transfert de chaleur on utilise souvent la notion de flux de chaleur, noté
par : «  », qui exprime le taux de transfert de chaleur [J/s]. C’est aussi la
puissance thermique.

dQ/d= d [Joule/s=Watt] (1.3)

Le flux thermique transmis par unité de surface qui représente la puissance


thermique par unité de surface porte le nom de densité de flux de chaleur, noté
par : « q ».

d dQ dt
q    [W/m2] (1.4)
d s d S.d  dx

La densité de flux thermique est un vecteur dirigé suivant la normale à la surface


isotherme, mais de sens contraire au vecteur gradient de température. Son sens
positif coïncide avec celui de l’accroissement de la température. Ce qui explique
la présence du signe moins (-) dans la formule (1.2).

t+∆t ∆t t-∆t
t1>t2

t1 t2
grad t q

Fig. 1.5 : Représentation des vecteurs q et grad

Ce signe moins exprime aussi que la chaleur se propage dans le sens de la


diminution de la température (de la zone chaude vers la zone froide). Ainsi, si la
température dans la paroi diminue avec l’augmentation de la coordonnée X le
gradient de température est négatif (comme défini précédemment), le signe moins
assure que la densité de flux thermique soit positif. Inversement, si la température
augmente avec l’augmentation de X, dt/dx est positif et q négative.

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Les figures suivantes montrent bien le rôle du signe moins de la loi de Fourier
(1.2).

q q q q
t1 t2 t1 t2

t2 t1 t2 t1
x x
x x x
x x x

dt dt dt dt
q   q   q   q  
dx dx dx dx
q0 ; q0 ; q0 ; q0
d t t 2  t1 d t t 2  t1 d t t 2  t1 d t t 2  t1
 0  0  0  0
dx x dx x dx x dx x

1.1.3 Conduction à travers une paroi plane


Déterminons La quantité de chaleur transmise à travers une paroi d’épaisseur « e »
et de coefficient de conductivité thermique «  ». Les températures aux surfaces
étant t1 et t2 constantes (t1>t2).
dt
D’après la loi de Fourier : q  
dx
La séparation de variables donne : q.d x  .d t
L’intégration de x=0 à x=e pour la partie gauche et de t1 à t2 pour la partie
e t2
droite donne :  q.d x   .d t
0 t1

 q.e   (t 2  t1 )

 q  (t1  t 2 ) [ w / m 2 ] (1.5)
e

   q.s  (t1  t 2 )s [ w] (1.6)
e

 Q  .  q.s.  (t1  t 2 )s. [ J] (1.7)
e

Application 1.1
Calculer la densité de flux, le flux et la quantité de chaleur transmise,
pendant 3 heures, à travers un mur de béton de longueur 5m, de hauteur 4m et
d’épaisseur 250 mm. Les surfaces interne et externe sont aux températures 40°C
et 15°C respectivement. Le coefficient de conductivité thermique du béton est
égal à 1,1 W / m  C .

Solution : Appliquons la relation (1.5) pour calculer la densité de flux.


q   (t1  t 2 ) 
1,1
3 
40 15 110 W/m2 
e 250.10

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Pour le flux, appliquons la formule (1.6).


  q.s  110  5x4   2200 [W]
La quantité de chaleur est calculé à partir de (1.7).
Q  .  2200  3x3600  23760 [kJ]

1.1.4 Analogie électrique


Etant donné la similitude dans le mécanisme de passage du courant électrique et
du transfert de chaleur dans les corps solide, nous pouvons faire une analogie.
Après arrangement de l’équation du flux thermique donnée par la loi de Fourier, nous
pouvons l’écrire sous la forme suivante :
t t
s ;  (1.8)
x x
s
Cette équation ressemble à la loi d’Ohm de la conduction électrique qui a pour
expression :
V
I
R
Avec : I=courant électrique (A) ;
∆V=différence de potentiel (V) ;
R= résistance électrique () ;
On peut remarquer qu’il y a une analogie mathématique directe entre la conduction de la
chaleur (loi de Fourier) et la conduction de l’électricité (loi d’Ohm). La résistance
analogue dans la loi de Fourier s’appelle résistance thermique, notée par Rt et défini par:
x
Rt  (1.9)
s
t t
d’où l’équation (1.5) s’écrit sous la forme :   =
 x Rt
 s
q
 t t1  t 2
 =
t1 t2 R Rt t1
Rt t

t2
I x
 V V1  V2 x
I =
Re Re
V1 V2
Re t1 t2
Rt

1.1.5 Coeficient de conductivité themique


Le coefficient de conductivité est un paramètre physique du matériau. Il
caractérise la capacité d’un matériau à transmettre de la chaleur. D’après la loi de
Fourier, le coefficient de conductivité thermique est numériquement égal à la
quantité de chaleur qui est transmise par unité de temps à travers une unité de
surface isotherme et un gradient de température égal à l’unité.

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q q  w 
  m . K (1.10)
grad t d t/d x  

Etant donné, que dans le système international l’unité de la quantité de chaleur est
Joule [J], le temps en seconde [s], la surface en mètre carré [m2] et la température
en Kelvin [K], l’unité du coefficient de conductivité thermique est : [w/m.K].
En raison de la différence des interactions moléculaires, notamment l’espacement
entre molécules, dans les corps solides , liquides et gazeux, le coefficient de
conductivité thermique diffère d’un état à un autre. Un matériau ayant une bonne
conductivité thermique conduit la chaleur plus rapidement qu’un autre à faible
conductivité, comme les plastiques. Les matériaux qui présentent une grande
résistance à la propagation de la chaleur sont appelés matériaux isolants. La laine
de verre, le polystirène et la scorie sont ds isolants thermiques très utilisés dans
l’industrie. La figure 6 donne une idée générale sur les valeurs moyennes du
coefficient de conductivité des différents corps.

La conductivité thermique, comme tout autre propriété thermique, doit être


déterminée expérimentalement pour l’ensemble des matériaux.

Dans l’introduction de la loi de Fourier nous avons considéré le coefficient de


conductivité comme étant constant. Alors qu’en réalité, comme toutes les
propriétés mécaniques et thermiques de la matière, il dépend de la température. La
figures 7, illustre la variation du coefficient de conductivité thermique des
différents corps (solides, liquides et gaz) en fonction de la température.

Zinc Argent
Métaux purs
Nickel Aluminium
Alliages
Plastiques Glace Oxydes
Solides non métalliques
Huiles Eau Mercure
Liquides
Mousses Fibres
Isolants
CO2 H2
Gaz

0,01 0,1 1 10 100 1000


Conductivité thermique, [w/m.K]

Fig. 1.6 : Valeurs du coefficient de conductivité thermique


pour différents corps aux conditions normales [1]

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Figure 1.7 : Varistion du coefficient de conductivité en fonction de la température

Lors du transfert de chaleur dans un même corps, lorsque ses points sont à
différente température, il est important de connaître la dépendance du coefficient
de conductivité en fonction de la température. Dans un intervalle de température
limité, on peut adopter par approximation une loi linéaire de variation de la
conductivité on fonction de la température.
  t   0 1  b(t  t 0 ) (1.11)
où 0 est la valeur de la conductivité à la température t0 ;
et b est une constante empirique.

1.2 Convection
La convection est le mode de transfert de chaleur lié au mécanisme de propagation
de la chaleur entre une surface solide et un fluide (gaz ou liquide) en mouvement en
contact de cette surface. Ce phénomène est omniprésent dans notre vie quotidienne. Les
enfants ont toujours appris que pour refroidir un aliment chaud, il faut lui souffler dessus.
En hivers, pour réchauffer les mains froides on souffle dessus. Pour refroidir un verre de
lait chaud on le verse dans un autre verre. Pour faire sécher des cheveux mouillés on
utilise un séchoir qui envoie de l’air chaud. Dans l’industrie on utilise des équipements
appelés échangeurs de chaleurs qui fonctionnent sur le principe de la convection pour
chauffer ou refroidir des fluides. Les deux fluides (l’un chauffant et l’autre chauffé)
s’échangent de la chaleur à travers une paroi. On peut citer le radiateur de la voiture qui
constitue l’un des meilleurs exemples des échangeurs de chaleur.
La convection peut être forcée ou naturelle (libre). Dans le cas où le mouvement du fluide
est provoqué par une force extérieure : pompes pour les liquides ; ventilateurs et

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compresseurs pour les gaz, on est en présence de la convection forcée (fig.1.8a). Et dans
le cas contraire, quand le mouvement du fluide se fait naturellement sous l’effet de la
différence de masse volumique des particules du fluide, on l’appelle naturelle (fig.1.8b).
Dans ce cas les particules qui ont reçu une énergie thermique de la part de la paroi leur
masse volumique diminue, et sous l’effet de la poussée d’Archimède un écoulement
ascendant est crée au sein du fluide.

b) Convection naturelle
a) Convection forcée x
uy
y u y t

Ecoulement y
forcé de Paroi
fluide chauffée q
q ty
uy
tp
y
x ty
Paroi chauffée
tp
uy : distribution de la vitesse
ty : distribution de la température
Ecoulement ascendant naturel
Fig. 1.8 : Couche limite en convection forcée et naturelle

Dans les deux cas de la figure 1.8 (forcée ou naturelle) au contact de la surface de
la paroi la vitesse des particules du fluide est nulle, en raison des effets de la viscosité. On
sait aussi, d’après la mécanique des fluides, que la vitesse augmente de plus en plus en
s’éloignant de la paroi, jusqu’à une certaine distance de la surface, où la vitesse devient
constante et égale à u. La couche de fluide à coté de la paroi dans laquelle la vitesse
varie de zéro à la valeur u porte le nom de couche limite dynamique. Dans cette couche
l’écoulement peut être aussi bien laminaire que turbulent.
Dans le cas de la convection naturelle, la vitesse croit de zéro jusqu’à une valeur
maximale, correspondant à un maximum de la poussée d’archimède. Puis décroît jusqu’à
s’annuler en raison de la perte d’énergie thermique en s’éloignant de la parois.
La paroi étant chauffée et maintenue à la température tp supérieure à celle du fluide, elle
provoque la variation de la température dans une certaine couche du fluide de tp à t.
Cette couche dans laquelle la température varie de tp à t s’appelle couche limite
thermique. Au-delà de cette couche la température du fluide reste constante à t.
Le transfert de chaleur par convection est proportionnel à l’écart de température existant
entre la paroi et le fluide. Mathématiquement ceci peut être exprimé par la relation
suivante :
  S(t p  t  )
Avec S : surface de contact du fluide
En introduisant une constante proportionnelle, on obtient :
  hS(t p  t  ) (1.12)
  h.S. t
L’équation (1.9) est connue sous le nom de loi de Newton. La constante de
proportionnalité « h » s’appelle coefficient de transfert de chaleur par convection. Il

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dépend d’un grand nombre de paramètres caractérisant le fluide, l’écoulement, la


géométrie de la paroi, etc. Son unité est : W/m2.K ou bien :W/m2.°C
La différence de température ∆t de l’expression (1.20) peut s’écrire de deux façons :
Dans le cas où l’échange de la chaleur se fait de la paroi vers le fluide :  t  (t p  t  ) , et
dans le cas contraire :  t  (t   t p ) . Dans la suite du cours le symbole « ∞ » sera
remplacé par l’indice «fl » qui veut dire fluide.

1.2.1 Valeurs typiques du coefficient de transfert de chaleur par convection [2]

1. Convection naturelle
 Paroi verticale H=0,25 m (hauteur), à l’air libre :  h = 5,0 w/m2.K
 Cylindre horizontale, =5 cm (extérieur), à l’air libre  h = 8,0 w/m2.K
 Cylindre horizontale, =2 cm (extérieur), dans l’eau  h = 800 w/m2.K
 Sphère,  = 2 cm, dans l’huile moteur :  h = 60 w/m2.K

2. Convection forcée
 Ecoulement d’air à u=10m/s et t=25°C sur paroi plane de longueur :
L = 10 cm  h = 40 w/m2.K
L = 50 cm  h = 17 w/m2.K
 Ecoulement : u=5m/s à travers cylindre: =1 cm (extérieur)
Air atmosphérique  h = 85 w/m2.K
Huile moteur :  h = 1800 w/m2.K
 Ecoulement d’eau à l’intérieur d’un tube : =2,5 cm (intérieur) à un débit de:
0,5 kg/s  h = 3500 w/m2.K
1,0 kg/s  h = 11000 w/m2.K
3. Convection avec changement de phase
 Eau en ébullition :
Bassin ou récipient  h = 2500 à 35000 w/m2.K
Ecoulement dans un tube  h = 5000 à 100000 w/m2.K
 Condensation de la vapeur d’eau :
Surfaces verticales  h = 4000 à 11000 w/m2.K
A l’extérieur de tube horizontal  h = 9500 à 25000 w/m2.K

1.2.2 Analogie électrique

De même que nous avons procédé Fluide en écoulement


pour la conduction, la notion de résistance
thermique est aussi valable pour le cas t1
du transfert de chaleur par convection. conv
Ainsi, si nous considérons que la résistance t2

thermique est égale à : R = 1/h, la formule
(1.9) s’écrit alors : () tfl

(t p  t  ) x x
S
R
t2 Rt tfl

Fig. 1.9 :Résistance thermique de convection

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Chapitre 1 : Modes de transfert de chaleur

Application 1.2
Calculer le taux de chaleur (flux de chaleur) transmis par convection entre le toit
d’une maison et l’air ambiant. La surface du toit étant égale à 20m x 20m. La température
du toit est de 27°C et celle de l’air -3°C. Le coefficient de transfert de chaleur par
convection entre le toit et l’air est égal à 10 W / m 2  C .

Solution : Le flux recherché peut être obtenu en appliquant l’équation (1.12).


  hS(t p  t fl )  10 20x20 27  ( 3)  120 kW

1.3 Rayonnement
La conduction et la convection sont des mécanismes de transfert de chaleur qui
nécessitent des milieux matériels pour la propagation de la chaleur. Alors que la chaleur peut
aussi bien être transmise sans la présence de ce milieu matériel. L’exemple le plus connu de
tous est celui de l’échauffement de la terre par le soleil. Effectivement c’est grâce aux ondes
électromagnétiques, qu’on appelle rayonnement, que la chaleur est transmise entre les corps.
D’après la théorie des ondes électromagnétiques, on sait que leur vitesse de propagation dans
le vide est de 3.108m/s (vitesse de la lumière dans le vide). Pour faire la part des choses, il
faut dire que ce n’est pas toutes les ondes électromagnétiques qui transportent de la chaleur.
Parmi la variété d’ondes électromagnétiques les plus connues telles que : rayon de
transmission de radio et télévision, téléphonie, micro-ondes, infrarouge, Lumière visible,
ultraviolet, rayon X, rayon cosmiques  et , seules les rayons infrarouge, lumière visible et
l’ultraviolet transportent la chaleur.

1.3.1 Lois du rayonnement


D’après la théorie du rayonnement, tout corps rayonne quelque soit sa
température. Considérons une paroi plane telle que représentée sur la figure 10. Etant à
une température différente de celle des corps avoisinant, elle reçoit et émet du
rayonnement thermique.

G E

Fig. 1.10 : Emittance et Eclairement

Le rayonnement émit par la paroi, appelé aussi Emittance, est défini comme suit.
 Emittance : noté par la lettre "E", correspond à l’énergie émise par la paroi.
D’après la loi de Stefan-Boltzman, on peut calculer l’ Emittance d’ un corps
noir :
E n   T 4 [w/m 2 ] (1.13)
Avec  : constante de Stefan-Boltzman, = 5,67.10-8 [w/m2.K4] ;
T : température de la surface de la paroi en Kelvin ;
L’ indice « n » indique que le corps est noir ;

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Chapitre 1 : Modes de transfert de chaleur

Connaissant l’ Emittance d’ un corps noir, on peut calculer le flux de


chaleur émit par ce corps.
  E n .S  S  T 4 [W] (1.14)
Avec S : surface émettant le rayonnement.

 Emittance d’un corps réel :


E   T 4 [w/m 2 ] et   S  T 4 [W] (1.15)
Avec  : coefficient d’émissivité thermique, caractérisant l’état de surface ;
  1, pour les corps noir  = 1

D’après cette loi, on en déduit qu’un corps noir émet plus que tous les
corps réels.

Le rayonnement reçu par la paroi, appelé aussi rayonnement incident ou


éclairement, est défini comme suit.
 Eclairement : noté par la lettre "G", est défini comme étant le rayonnement
parvenant de l’extérieur à la surface de la paroi. Selon les caractéristiques
radiatives de cette surface, une partie ou la totalité de ce rayonnement incident
peut être absorbée. L’énergie thermique du rayonnement absorbée par la paroi
peut être calculé d’après la relation suivante :
G abs  a.G (1.16)
Avec a : coefficient d’absorption de la paroi
Pour certains corps a = .

1.3.2 Echange de chaleur entre surfaces


Le phénomène de rayonnement implique toujours l’échange de chaleur entre deux
ou plusieurs surfaces. Dans ces conditions on s’intéresse à la connaissance du flux
net résultant de cet échange de chaleur. Ainsi, le flux net est égal à la différence
entre les flux de chaleur émit et absorbé par une surface. En général, le calcul du
flux net est compliqué, car il dépend des propriétés radiatives des surfaces en
interaction, de l’orientation de ces surfaces et du milieu qui les sépare. Parfois Les
surfaces sont séparées par un milieu participant au rayonnement (absorbant,
émettant et même diffusant) appelé milieu semi transparent.
Considérons le cas simple d’un corps de surface S1 et un coefficient d’émissivité
1, à la température absolue T1 qui se trouve complètement entouré par un autre
corps noir (2 =1) de surface plus grande S2 à la température T2 (T1>T2) (fig. 1.11).
Le milieu séparant les 2 corps étant un milieu transparent (milieu non absorbant,
non émettant et non diffusant), l’air par exemple, le flux net échangé est calculé de
la manière suivante.
S2 (surfaces environnantes),
2=1, T2
E
E
G
G
S1, 1, T1

Fig. 1.11:Flux net échangé entre surfaces

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Chapitre 1 : Modes de transfert de chaleur

En appliquant la définition du flux net échangé entre ces 2 surfaces, il en résulte :


 net  12   21
1 2  S11 T14
 21  S1G abs et G abs  a1G  a1 T24
 21  S1a1 T24
d’où  net  S11T14  a1T24 
et pour   a ,
 net  S1T14  T24  [W] (1.17)

Pour plus de commodité, nous écrivons l’expression précédente du flux net


sous la même forme que celle de la convection. Au lieu du coefficient de
convection h nous introduisons le coefficient de rayonnement hr. Ainsi, nous
aurons la relation suivante :
 net  S1h r T1  T2  (1.18)
avec h r  T1  T2 T12  T22 

Application 1.3
Calculer le flux de chaleur, par unité de surface, émis par le soleil si sa
température est égale à 5700°C et les conditions de rayonnement sont proches de celles
d’un corps noir.

Solution : En considérant le soleil comme étant un corps noir (=1), appliquons


l’équation (1.15). Le flux par unité de surface correspond à la densité de flux (q).

q   T 4  15,67.10 8 5700+273  72,2.106 W/m 2 


4

1.4 Modes de transfert de chaleur combinés


De manière générale, il est rare de trouver un processus de transmission de chaleur réalisé
sous un seul mode de transfert de chaleur (conduction, convection ou rayonnement). Dans la
plupart des cas pratiques les modes de transfert de chaleur sont combinés et associés à 2 ou 3
modes en même temps.
Exemple : pour un corps chaud en contact d’un fluide, sa chaleur est transmise au milieu ambiant
par convection et rayonnement. Dans ce cas 3 situations peuvent se présenter.
 Si le corps est en contact de liquide c’est la convection qui est dominante ;
 Si le corps est à haute température et est en contact de gaz, c’est le
rayonnement qui est dominant ;
 Si aucun mode n’est dominant, on doit considérer la convection et la
rayonnement.
Exemple d’application : Si on considère une paroi plane soumise à un flux de chaleur 1 d’un
côté et de l’autre côté à un écoulement (fig. 1.12). Ce flux sera transmis à travers la paroi par
conduction et à partir de la surface en contact avec le fluide le transfert de chaleur se fait par
convection et rayonnement.

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Chapitre 1 : Modes de transfert de chaleur

Fluide en écoulement

cond
t1
ray
1 t2
conv
() tfl
x
e

Fig. 1.12: Transfert combiné


D’après le premier principe de la thermodynamique, la loi de conservation d’énergie pour le cas
stationnaire (sans considération du facteur temps) est la suivante.
1   cond   conv   ray

1.4.1 Conservation d’énergie d’un volume de contrôle


En thermodynamique on utilise la notion de système thermodynamique. Et on
défini le système thermodynamique fermé comme étant le système qui n’échange ni
énergie (chaleur ou travail) ni matière avec le milieu extérieur. Et un système ouvert par
la possibilité d’échanger de l’énergie.
En transfert de chaleur on utilise la notion de volume de contrôle pour caractériser
la zone du corps étudié, limitée par les surfaces à travers desquelles il y a lieu les
échanges d’énergies (chaleur).
Considérons un volume de contrôle représenté par sa surface limite (ligne en
pointillées (fig. 1.13).

Eg Es
Ee
Est

Fig. 1.13 : Energies dans un volume de contrôle

En appliquant la loi de conservation d’énergie à ce volume de contrôle on obtient


l’expression suivante :
E e  E g  E s  E st (1.19)
Avec :
Ee : énergie entrante
Es : énergie sortante
Ces 2 types d’énergie correspondent aux échanges d’énergie au niveau des
surfaces du volume de contrôle (conduction, convection et rayonnement). Dans
certains cas, il arrive que même la matière soit échangée au niveau des surfaces du
volume de contrôle (énergie interne, cinétique et potentielle).
Eg : énergie générée
L’énergie générée à lieu à l’intérieur du volume de contrôle. Elle est due à la
transformation d’énergie d’origine électrique, chimique, électromagnétique, ou
nucléaire en énergie thermique. L’exemple le plus connu est celui de
l’échauffement par effet joule des circuits électrique lors du passage de courant

Enseignant : A. Benbrik 16
Chapitre 1 : Modes de transfert de chaleur

dans ces circuits. L’énergie générée est volumique car elle concerne tout le
volume du corps étudié. Son unité est : w/m3.
Est : énergie stockée
L’énergie stockée est relative au changement des énergies : interne, cinétique et
potentielle dans le volume de contrôle. Mais souvent dans les applications on
néglige la variation des énergies cinétique et potentielle. Et on ne considère que la
variation de l’énergie interne comme pour le cas du changement de phase d’un
corps où l’énergie stockée est égale à la variation de l’énergie latente. L’énergie
stockée est elle aussi volumique.

Selon l’importance de chacun de ces énergies, se présente les cas suivants :


Si E e  E g  E s  Accumulation d’énergie dans le volume de contrôle ;
Si E e  E g  E s  Diminution d’énergie dans le volume de contrôle ;
Si E e  E g  E s  E st  0 c’est le cas stationnaire (pas de changement de
quantité d’énergie stockée dans le volume de contrôle).

Application 1.4
Une surface dont la température est maintenue constante à 400°C est séparée d’un
écoulement d’air par une couche d’isolant de 25mm d’épaisseur et de coefficient de
conductivité égal à 0,1 W / m  C . Si la température de l’air est à 35°C et le coefficient de
convection entre l’air et la surface externe de l’isolant est égal à 500 W / m 2  C , quelle est
la température de cette surface externe.

Solution :

En considérant le volume de contrôle autour de la


Isolant
couche d’isolant (figure 1.14), nous pouvons voir
Volume de contrôle qu’il y a une énergie entrante (Ee=q1) et une énergie
q2 sortante (Es=q2). Appliquons l’équation 1.19 pour
q1 établir le bilan d’énergie.
t1 Fluide Comme il n’y a pas de source de chaleur à l’intérieur
t2 de l’isolant l’énergie générée est nulle. Aussi, parce
que le régime est stationnaire, l’énergie stockée est
tfl nulle.
λ
E e  E g  Es  Est
x
 Ee  Es
Figure 1.14 : Volume de contrôle
 q1  q 2 ;

avec q1   t1  t 2  et q 2  h  t 2  t fl 
e

  t1  t 2   h  t 2  t fl 
e
 t2 
 /e t1  ht fl  37,9 C
 /e  h

Enseignant : A. Benbrik 17

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