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De l’occlusion croisée aux bras croisés

Je voudrai vous parler d’un petit garçon qui dès lors de son premier rendez-vous, c’est tout de
suite fait remarquer. En effet, au bout d’une dizaine de minutes dans la salle d’attente, la maman
est ressortie en demandant à l’assistante de l’accueil d’intervenir auprès de son fils, afin de le
raisonner car elle n’arrivait pas à ce qu’il joue tranquillement sans retourner toute la pièce.
Ce garçon de 4 ans et demi, vient d’arriver dans le village après un déménagement et sa maman
l’amène pour un contrôle de routine.
Une fois dans la salle de soins, la maman nous dit qu’il est en bonne santé, n’a jamais été
hospitalisé, par contre il fait facilement des infections respiratoires et se plaint de douleurs
quand il fait froid. La naissance a été normale, par voie basse, nourri au sein jusqu’à 6 mois.
Du point de vue dentaire, pas de problème, pas de traumatisme, un épisode de bruxisme vers 3
ans et un épisode de muguet en étant nourrisson.
Pendant ce temps, l’assistante passe son temps à contre carrer les tentatives de l’enfant à toucher
à tout. Malgré tout au moment de passer aux choses sérieuses, il se laisse faire sans trop de
problèmes. Je pense que le collègue d’avant avait du bien le motiver.
Notre petit patient n’est pas obèse mais presque. L’examen extraoral, montre une légère
asymétrie faciale en position d’intercuspidie maximale avec une déviation du menton et de la
lèvre inférieure vers le côté gauche. L’examen fonctionnel montre une déviation vers la gauche.
Les lèvres ont une tonicité normale. La respiration est à prédominance buccale, les voies nasales
sont malgré tout perméables.
L’examen intraoral, les dents sont soignées et l’hygiène est correct. On note une gencive un peu
œdématiée mais pas de saignement et une langue plutôt rouge. Dans le plan sagittal le plan de
Chapman (plan terminal) a une marche mésiale à droite et est plan à gauche.
On note un overbite de 4mm et un overjet de 1mm

La ligne du milieu mandibulaire est déviée à gauche.


Dans le plan transversal, on note une occlusion croisée latérale et postérieure gauche.
J’émet le diagnostic d’endognatie maxillaire bilatérale avec une déviation induite par un contact
prématuré sur la 63 avec occlusion croisée latérale et postérieure gauche en intercuspidie
maximum.
Traitement classique : Quadhélix et basta !
Mais ce boisseau de puces me titillait et je continu de discuter avec la maman.
Ce petit bonhomme ne tient pas en place depuis environ l’âge de 2 ans, il touche à tout. Répond
effrontément, est parfois violent. Il donne des coups de pieds à ses parents s’ils n’abondent pas
en son sens et qu’ils ne font ce qu’il veut.
Et surtout il passe son temps à manger des sucreries et autres chips, sans parler des sodas et des
jus de fruits (il n’aime pas l’eau dit sa maman). Il ne veut même pas manger normalement,
uniquement du sucre, du sucre, du sucre. Et même mieux, le soir, les parents pour avoir la paix,
c’est tablette avec paquet de chips ou boite de gâteaux !
Mon premier ressenti est d’avoir un petit garçon qui manque de cadre, de parents qui ne
s’occupent pas suffisamment de lui, d’autant qu’un petit frère est arrivé (il est gentil avec lui
mais on sent bien un peu de jalousie quand il en parle) et en plus la famille vient de déménager.
Tout cela l’emprisonne dans un carcan, tout ce qu’il veut c’est en sortir et que quelqu’un fasse
attention à lui. D’où la recherche de câlins par l’intermédiaire du sucre.
On essaye de faire comprendre à la maman qu’il serait bien de lui donner plus de place dans le
groupe familiale, de jouer physiquement avec lui, de diminuer drastiquement la consommation
de sucre et que nous, parallèlement, on s’occupera de l’occlusion croisée.
Tout ce discours se fait en présence de l’enfant, qui acquiesce et qui est d’accord pour faire
l’expérience au moins sur 2 mois. La maman est pour et on décide de se revoir dans 2 mois. On
est fin mars, les journées commence à bien rallonger et on peut encore jouer dehors avant d’aller
au lit. Je propose à la maman d’activer le processus en faisant prendre à notre bonhomme un
traitement en échelle de Lycopodium 5 CH, 7 jours après 9 CH et 21 jours après 15 CH.
(Lycopodium étant assez lent dans sa dynamique d’action).
Je revois notre petit bonhomme deux mois plus tard. La maman est restée dans la salle d’attente.
On discute un peu, d’après lui il est moins excité mais il a toujours envie de manger des
sucreries bien que les chips et autres curlys ont disparu du paysage. Papa et maman sont plus
présent dans son univers. Le petit frère l’ennui encore un peu mais il est là, alors on fait avec.
Voyant l’évolution enclenchée, je lui propose une gouttière qui devrait l’aider à mieux respirer
et aider ses mâchoires à se mettre dans une bonne position. Il est d’accord avec la proposition
et on appelle maman. Elle confirme le mieux de l’enfant bien que ce ne soit pas encore l’idéal.
On remotive tout le monde et explique le principe de la gouttière et on se donne rendez-vous
dans 2 mois.
La gouttière est du type Myobrace® J1. C’est une gouttière souple et flexible qui permet une
rééducation de la respiration nasale. Elle sera portée jusqu’à ce que la respiration soit acquise.

On reste sur Lycopodium une dose par mois en 15 CH, et surtout on continue la guerre au sucre
et on se bouge !
Deux mois plus tard (on est début aout), notre petit bonhomme respire déjà beaucoup mieux. Il
n’a pas fait d’infection ORL et physiquement il semble plus reposé (je me demande s’il ne
ronflait pas). La maman est contente de l’évolution. Mais dans la discussion on voit toujours
un rapport au sucre qui n’a pas vraiment cédé.
Alors je reprends l’interrogatoire comme vous savez le faire lors d’une deuxième consultation
(en fait la plus difficile pour moi) et je me rappelle d’une remarque de Marc Brunson qui nous
disait de regarder vers les soi-disant « petits » remèdes. Chose facile avec Novomeo®. Je
regarde ma grille et je vois apparaitre un remède que je ne prescris jamais, va savoir pourquoi,
tant il est au cœur de notre problématique de dentiste. De plus, en prenant le filtre symptômes
et degrés il sort également devant. Je prescris de nouveau en échèle une dose de 7 CH, 15 CH
une semaine après et 30 CH deux semaine après. Le port de la gouttière est continué pour 1
mois afin de bien ancrer la respiration nasale.
Un mois se passe et avant de rentrer dans la salle de soin mon assistante me glisse à l’oreille
que notre pitchoun jouait tranquillement dans la salle d’attente avec le petit train en bois quand
elle est venue le chercher. Je me dis qu’ils l’ont mis sous Ritalin® (bien que ce soit CI avant
6ans la pression des parents et des institutions comme les crèches est parfois si pesante que
certains praticiens succombent). Effectivement notre bonhomme est assis tranquillement dans
le fauteuil à nous attendre. La maman est présente car elle voulait absolument nous raconter des
choses, elle plus excitée que le gamin !
Alors non, il n’est pas sous Ritalin®, il ne réclame plus de bonbons même s’il en mange de
temps en temps quand on lui en propose, mais ça ne lui manque pas. Les chips et autres ont
complètement disparu de la carte des menus, ce qui faisait râler un peu papa qui en mangeait
pas mal, mais finalement c’est très bien ainsi car par voie de conséquence il également maigri
et la maman est ravie. Et moi dont !
Je félicite notre petit garçon et on décide de passer à l’acte deux avec une nouvelle gouttière, la
J2. Celle-ci est un peu plus rigide et va nous permettre de bien positionner la langue et de
pérenniser la déglutition et de stimuler le développement des arcades et le positionnement des
joues.

Je ne represcris pas. À dans 4 mois.


Nouvelle consultation. Rien n’a changé, notre petit bonhomme est toujours aussi calme,
attention quand je dis calme c’est comme un môme de son âge et qui a besoin de s’exprimer.
Mais les crises de violence et autres explosions ont disparues. Papa fait de plus en plus
d’activités avec lui (piscine, vélo, foot) entre parenthèses il a encore maigri !
Du point de vue buccal tout va bien, l’occlusion croisée a sautée (j’avais légèrement meulé la
pointe de la 63 en plus) et on passe à la troisième gouttière, la J3. Qui elle est beaucoup plus
rigide et a donc un appui plus puissant sur les arcades dentaires et les joues. Ce qui devrait
l’articulé et favoriser l’éruption des dents définitives en bonne place.

Alors quel remède. Il existe en Allemagne un complexe homéo que l’on donne communément
aux enfants hyperactifs, c’est du Zappelin®. Ce sont des globules dont la composition est
Chamomilla D12, Kalium phos D6, Staphysagria D12, Valeriana D6. La posologie est en
général de 5 globules 3 fois par jour. Cette préparation est bien belle, mais elle n’a de but que
de calmer le patient et non pas d’entrer dans cette problématique sucrière qui, pour moi, était la
clé de voute de notre problème.
Alors, en gros costaud j’avais tout de suite pensé à Lycopodium, sans répertoriser, trop fort le
Vincent et bien pas du tout ! Reprends ton ordi et réfléchi un peu pour une fois. En effet
plusieurs remèdes connus viennent à l’esprit : Calcium carb, Sulfur, Belladonna, Causticum,
Chamomilla, Ignatia, Nux vomica, Phosphor, Silicea.
Alors effectivement Lycopodium a ce désir de sucre, les problèmes respiratoires et la jalousie.
Mais on a bien vue que l’on n’était pas au top lors de la 2ème consultation. Cette fameuse 2ème
consultation, que fait-on on represcrit, on change de dilution, de remède ? C’est le nouvel
interrogatoire qui m’a fait chercher et donc changer de remède, car il manquait des rubriques.
Comme refuse de manger normalement, la nostalgie, le mal du pays (déménagement), la
douleur au froid.
Alors qu’a-t-on donné ? Et bien tout bêtement du sucre - Saccharum officinale albus - la douce
énergie de la nature.
Comme beaucoup d'autres substances, le sucre peut être un médicament, un poison ou un
composant nutritionnel. Quand on parle de sucre blanc, on pense généralement à la canne à
sucre blanche ou à la betterave à sucre. Nous parlerons de la canne à sucre.

• Zones d'impact de saccharum officinale


Cerveau, nerfs, esprit,
Gestion de l’énergie : organes digestifs, pancréas, foie, tractus gastro-intestinal et glandes
sécrétoires. (Constipation, fermentation, hyperacidité).
Rein, voies urinaires "urine riche en sucre" ou "diabète sucré".
Femmes : organes féminins (tonique utérin à la naissance et en prolapsus).
Enfants : comportement, satisfaction.
Yeux : Amblyopie - Faiblesse.
Muscle, Cœur : tonique.
Plaies par voie externe comme antiseptique.
« La vie est courte, la technique longue à acquérir, le moment propice fugitif, l’expérience
personnelle trompeuse, la décision difficile » (Hippocrate, Les Aphorismes, 1, 1)