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Bulletin Economique

LE SYSTEME ECONOMIQUE CAPITALISTE

"Théorie et analyse économique"

-8 Septembre 2014-

L'ECONOMISTE

France

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LE SYSTEME ECONOMIQUE CAPITALISTE 8 Septembre 2014

- THEORIE ET ANALYSE ECONOMIQUE -

La notion de "Capitalisme" réfère à un système économique particulier caractérisé par (1) le


droit de propriété et la détention des biens de production par des personnes physiques, (2) une
régulation du système qui passe par le marché grâce au mécanisme des prix, et enfin (3) la
recherche du profit qui est la recherche d'un gain légitime lié à l'exercice d'une profession.

LA NOTION DE SYSTEME ECONOMIQUE

Un système est un ensemble d'éléments interdépendants. Tous ces éléments ne sont pas
simplement juxtaposés, le système est doté d'un mécanisme de régulation qui tend, sauf crise
majeure, à assurer sa reproduction, c'est-à-dire à la fois sa stabilité et son dynamisme. Un
système est tel que, si un des éléments ou une des relations entre les éléments est modifié,
alors c'est l'ensemble du fonctionnement qui est affecté.

Un système économique concerne les relations entre la production, la répartition et la


consommation des biens et des services. Dans ce cadre, il est possible de distinguer différentes
typologies des systèmes économiques : "économie de troc", "économie monétaire" ou encore
"économie de crédit". Le concept de "mode de production" de Karl MARX (1818-1883) est assez
proche de celui de système économique. En effet il distingue le "mode de production
esclavagiste", le "mode de production féodal", le "mode de production capitaliste", mais il prend
aussi en compte la spécificité de ce qu'il appelle un "mode de production asiatique".

Il existe trois grands principes de fonctionnement des systèmes économiques : la tradition,


l'autorité et le marché. En effet, lorsque les agents économiques (ménages, entreprises...) sont
soumis à la tradition, ils ont des comportements routiniers et se soumettent aux normes en
vigueur. Lorsque l'autorité prévaut (ex : civilisation Inca, système soviétique...), il est alors
question d'une économie de commandement gérée centralement. Enfin, la régulation par le
marché1 assure la compatibilité de décisions individuelles librement consenties et
décentralisées.

Un système économique n'est pas séparable de l'ensemble plus vaste que constitue le
système social. Un système social renvoie aux relations de parenté ou de pouvoir, ainsi que les
croyances et les pratiques religieuses qui ne sont jamais totalement séparables de la sphère
économique. Dans certains cas, ces structures sociales jouent même un rôle essentiel dans la
régulation des activités économiques.

Un système économique est donc une construction théorique censée représenter le plus
fidèlement possible un idéal de fonctionnement. Toutefois, dans la réalité, il est des
économies concrètes qui sont souvent des combinaisons de divers systèmes économiques ou des
formes singulières d'un système économique. Il est alors question de "régime économique".

LES DIFFERENTES APPROCHES DU CAPITALISME

La définition du capitalisme est problématique. En effet, comme l'écrivait l'économiste


français François PERROUX (1903-1987) : "Le Capitalisme est un mot de combat", sous-entendant
ainsi que cette notion détient intrinsèquement les germes de la confrontation intellectuelle. En
outre, ce n'est que tardivement (1902) avec l'ouvrage "Le capitalisme moderne", de l'économiste
allemand Werner SOMBART, que le terme de capitalisme commence à se répandre.

Trois grandes approches du capitalisme en tant que système économique peuvent néanmoins
être distinguées :

 La première approche, inspirée de K. MARX, considère que le capitalisme est un mode de


production dont le rapport social fondamental est le salariat. Dans ce cadre, une société est
en présence du capitalisme lorsqu'une partie de la population (les prolétaires) ne peut
subsister qu'en vendant sa force de travail sur le marché. Ainsi, c'est la transformation de la
force de travail en marchandise (contre un salaire) qui est au cœur du capitalisme. Toutefois
pour Marx, toute économie n'est pas capitaliste : il peut en effet y avoir échange marchand

1
Diffusion de l'information et libre confrontation des offres et des demandes de biens et de services rares.
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entre des producteurs individuels indépendants qui mettent en œuvre leur force de travail
pour leur propre compte. Le capitalisme est généralement caractérisé par la domination de
rapports marchands, mais il est possible de concevoir une économie fondée sur le salariat
dans laquelle les rapports marchands ne joueraient qu'un rôle mineur.
Pour Marx, le capitalisme est donc un mode de production (au sens de "système
économique") qui assure un développement important des forces productives et qui est le
meilleur moyen d'accroître la richesse, mais dont l'existence est menacée à long terme en
raison de ses contradictions (baisse tendancielle du taux de profit notamment).

 La deuxième approche est libérale et identifie le capitalisme à l'économie de marché. En


économie internationale, les pays que certains caractérisent de "capitalistes" sont désignés
par le terme de "Pays Développés à Economie de Marché" (PDEM). Dans ce cadre, les
économistes libéraux définissent le capitalisme par la propriété du capital et de l'ensemble
des instruments de production, la liberté d'entreprise, le droit de transmettre son patrimoine
et la régulation par le marché. Le Capitalisme (ou "économie de marché" en l'occurrence) est
donc caractérisé par son aspect décentralisé (chaque agent décide librement de sa
contribution à la production, de ses choix de consommateur, etc) et ce sont les mécanismes
automatiques du marché qui assurent la compatibilité des décisions individuelles,
notamment à travers les informations véhiculées par le système des prix.
Dans cette perspective, la liberté et l'émancipation individuelle, l'efficacité et
l'efficience sont simultanément assurées si l'Etat limite son intervention à son champ de
compétence propre (police, justice, armée...) et s'il fait confiance aux agents
économiques. Dès lors, plus l'intervention de l'Etat est systématique (fiscalité, normes,
règles) et autoritaire (usage de la loi et de la force) moins l'économie se développe.

 La troisième approche met davantage l'accent sur les facteurs culturels et politiques. En
effet ces derniers sont considérés comme premiers par rapport aux facteurs économiques.
Cette approche est notamment développée par Jean BAECHLER pour qui les expressions
"développement économique" et "capitalisme" sont équivalentes. En effet, c'est le régime
politique démocratique (ou en voie de démocratisation) qui explique le capitalisme, car ce
sont les mêmes principes qui sous-tendent les deux modes d'organisation : liberté
individuelle, respect des droits (et en particulier du droit de propriété), etc.
Dans ce cadre, le libéralisme politique et le libéralisme économique sont indissociables ;
ils sont au fondement du capitalisme et permettent le développement économique.

PRINCIPES ESSENTIELS DU CAPITALISME

Le système capitaliste repose sur quelques principes essentiels :

1) Le droit de propriété et la détention des biens de production par des personnes privées.
Considéré comme essentiel, le droit de propriété donne à tout titulaire d'un bien le pouvoir
d'en user et d'en retirer ce qu'il est susceptible de procurer (argent, bien-être, satisfaction
personnelle, échange contre un autre bien ou un service...). Le droit de propriété permet
aux individus d'exploiter les biens de production qu'ils possèdent. Interdire le droit de
propriété empêche l'accumulation de capital, et donc la création de richesses. En outre, le
simple fait de restreindre le droit de propriété da façon autoritaire par l'Etat (fiscalité,
réglementations...) limite le potentiel de développement économique car la confiance
disparait ou s'étiole, et avec elle la prise de risque et la volonté de projection dans le temps.
2) L'efficacité des mécanismes de marché.
L'adaptation de la production à la consommation est assurée grâce au mécanisme des prix,
c'est-à-dire par le marché qui réalise l'allocation optimale des ressources et de la "rareté".
Toutefois, pour que le mécanisme des prix puisse pleinement fonctionner, il est nécessaire
qu'il existe une libre concurrence (pas de situations oligopolistiques ou monopolistiques, non
intervention de l'Etat dans la fixation des prix) et une flexibilité des prix, notamment à la
baisse afin d'éviter les phénomènes de sous-emploi (c'est-à-dire le chômage).
3) L'individualisme, le libéralisme et la recherche du profit.
La satisfaction de l'intérêt individuel constitue l'objectif essentiel de la vie économique et
tout individu est guidé par la recherche de son intérêt personnel. L'individu apparaît
également comme suffisamment rationnel pour assumer son propre destin en atteignant lui-
même son optimum de satisfaction individuelle ; ce comportement individuel aboutissant
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aussi à une situation optimale pour la collectivité. Par ailleurs, une liberté totale est donnée
dans le choix et l'exercice de la profession ainsi que dans l'établissement des contrats.
La libre entreprise et la propriété des moyens de production donnent naissance à un revenu
(le profit) élément caractéristique du système capitaliste à l'origine des "capitalistes" : toute
personne réalisant un profit est dite capitaliste. Toutefois, la plus grande part des profits est
en fait réinvestie dans les entreprises pour assurer l'accroissement des moyens de
production, et ainsi perpétuer l'accumulation de richesses nécessaire au développement de
sociétés dont la taille et les besoins s'accroissent.

TENDANCES DES ECONOMIES CAPITALISTES CONTEMPORAINES

Concentration et multinationalisation des entreprises


La constitution de très grandes entreprises à vocation internationale dans la plupart des secteurs
modifie l'environnement économique et social :
 La baisse du nombre de producteurs, l'accroissement de la dimension des firmes et la
tendance de certains Etats à multiplier les législations et les contraintes ont pour effet de
diminuer la concurrence et accroître les phénomènes de concentration. Dès lors, à une
structure de marché à tendance concurrentielle succède une structure plus oligopolistique.
 Dans certains pays, le fonctionnement des grandes firmes entraîne des revendications de la
part de groupes sociaux organisés (syndicats de salariés et de fonctionnaires) qui accroissent
les rigidités (salariales et réglementaires) avec des conséquences économiques et sociales
(hausse de la fiscalité et des charges, ainsi que la surprotection d'employés à statut ou bien
intégrés sur le marché du travail au détriment des personnes exclues du marché du travail).

Dissociation de la propriété et du pouvoir, et émergence de la technostructure


L'essor des marchés boursiers ouvre aux actionnaires le capital des sociétés. La propriété des
entreprises a ainsi tendance à se disperser de plus en plus. Dans la plupart des grandes
entreprises, aucun actionnaire ne possède suffisamment de parts pour exercer la direction ; ce
sont alors des cadres, disposant du savoir et non de la propriété du capital, qui détiennent le
pouvoir de direction. Dès lors que la direction de l'entreprise appartient à l'ensemble des cadres
2
supérieurs constituant un système complexe, il est possible de parler de "technostructure" .

Rôle de l'Etat plus ou moins accentué selon les économies capitalistes


Bien que toujours présente, l'intervention économique et sociale des pouvoirs publics est
cependant variable selon les pays capitalistes. Elle varie sur l'importance des dépenses
publiques, le poids des entreprises publiques, l'étendue de la réglementation, l'existence d'une
éventuelle planification, l'organisation du système de protection sociale, etc.

TYPOLOGIE DES CAPITALISMES

Il n'existe donc pas UN capitalisme mais DES capitalismes. A partir de cinq critères
(concurrence, système financier, gouvernance d'entreprise, protection sociale et système
éducatif), il est possible de distinguer quatre principales formes de capitalismes :

 Modèle fondé sur le marché (Etats-Unis, Australie, Canada, Royaume-Uni, Japon)


 Modèle européen continental (Allemagne, Pays-Bas, Belgique, Autriche) ;
 Modèle social-démocrate (Danemark, Finlande, Suède) ;
 Modèle méditerranéen (France, Grèce, Italie, Espagne, Portugal) ;

Chaque modèle de capitalisme présente une configuration particulière des divers critères.
Par exemple, le modèle de marché (pays anglo-saxons) est caractérisé par un marché des
produits dérégulé, une flexibilité du marché du travail, un système financier fondé sur le
marché, un modèle libéral de protection sociale et un système éducatif concurrentiel. A
l'inverse, le système social-démocrate (pays scandinaves) se caractérise par des marchés des
produits et du travail réglementés, un système financier à base de banques, une protection
sociale universelle et un système éducatif public.

2
Ensemble de groupes de décisions composés de spécialistes possédant le savoir technique et dont le
pouvoir tend à se substituer à celui de l'entrepreneur capitaliste au sein de l'entreprise (ou du
gouvernement élu au sein de l'Etat).
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