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Projet

éducation des Roms | Histoire


Council Conseil
enfants roms
of Europe de l´Europe
en Europe politique de l’état dans
6.1
les pays Communistes

Politique de l’État Elena Marushiakova, Veselin Popov

dans les pays communistes


Cadre général et caractéristiques spécifiques | Sedentarisation des Roms itinérants | Accélération de
l’intégration | Héritage culturel et historique | Organisations : le « mouvement rom » en Yougoslavie |
Intégration publique et/ou assimilation

La fin de la seconde guerre mondiale voit l’émergence de ce que l’on appelle officiellement le
« Bloc socialiste » sur une bonne partie de l’Europe, dans des régions comptant de nombreux Roms. Les
changements sociaux et économiques introduits dans ces pays, conformément à la nouvelle idéologie
communiste, affectent l’ensemble de la population, y compris les Roms. Malgré des paramètres
idéologiques communs, les politiques respectives de chaque État à l’égard des « Tsiganes » ne sont
pas identiques : il existe des différences liées à des modèles hérités du passé ou à des stratégies
nationales. Leur principal objectif est l’intégration à la société : une approche qui, dans certains
pays, va jusqu’à prôner une lutte active en faveur de l’assimilation.

Introduction L’EUROPE COMMUNISTE Ill. 1


Allemagne de l’est
La fin de la seconde guerre mondiale et Pologne U.R.S.S.
les années qui suivent sont le théâtre
d’un changement radical dans les pays
d’Europe de l’Est. Les partis communistes T ch é c o s l o va q uie
locaux accèdent au pouvoir en Pologne,
Tchécoslovaquie, Hongrie, Roumanie, Hongrie

Bulgarie, Yougoslavie et Albanie avec Roumanie


le concours actif de l’Union soviétique Y o u g o s lavie
et contrôlent intégralement toutes les
sphères de la vie publique. Un nouveau Bulgarie
Pays ayant été entièrement
type de système politique est instauré et Albanie gouvernés par des principes communistes
défini, en vertu de sa propre phraséologie,
comme « socialiste ». Des changements
sociaux et économiques globaux sont directement les « Tsiganes », lesquels différentes selon les pays — font l’objet
introduits ; certains d’entre eux affectent — à des degrés divers et à des époques d’une politique gouvernementale active.

que pays présentait de nombreuses carac- même tendance émergera au fil du temps,
cadre Général et téristiques spécifiques et différences par avec des nuances, dans les autres pays
caractéristiques rapport aux autres. L’unité monolithique d’Europe de l’Est. [Ill. 1]
spécifiques des pays d’Europe de l’Est gouvernés par En fait, on ne saurait parler de
les partis communistes se brise dès la fin l’existence d’une espèce de modèle gé-
Le terme « Bloc socialiste » en Europe de des années 1940 en Yougoslavie. Dans néral pour les pays d’Europe de l’Est,
l’Est évoque pour beaucoup un système les années 1950, l’Albanie choisit elle surtout dans la sphère de la politique
monolithique totalitaire, placé directe- aussi sa propre voie. Bien qu’elle soit re- intérieure nationale. En apparence, au
ment sous les ordres de Moscou, et au sein stée membre du Traité de Varsovie et du niveau idéologique, l’unité affichée
duquel une seule et même politique domi- Comecon, la Roumanie sous bien des as- est totale et chaque pays déclare que
ne dans toutes les sphères. Cela est vrai pects fait montre (dans une moindre me- sa politique nationale se fonde sur les
dans une certaine mesure, même si cha- sure) d’une certaine « indépendance ». La « principes du marxisme-léninisme » ;
Cadre Général et caractéristiques spécifiques
Sedentarisation des Roms itinérants

Ill. 2 Ill. 3 Ill. 4


Chaudronnier, Roumanie, 1956. Ursari (montreur d’ours), Bulgarie. Charbonniers, Bulgarie.
(par G. Lükö, d’après Fraser 1992, p. 280) (par Rolf Bauerdick, d’après Guy 2001, p. 328) (par Rolf Bauerdick, d’après Guy 2001, p. 328)

Ill. 5 Ill. 6 Ill. 7


Marchands de ferraille de Meteol, Roumanie. Marchand de chevaux, Roumanie. Briquetiers de Craiova, Roumanie.
(d’après Djurić/Becken/Bengsch 1996, p. 184b) (d’après Djurić/Becken/Bengsch 1996, p. 184b) (d’après Djurić/Becken/Bengsch 1996, p. 184b)

néanmoins, en pratique, il en va tout au- Yougoslavie. Ici, du moins officiellement, guerre mondiale au début de la période
trement. on ne distingue pas entre une nation « prin- de changements dans les années 1980).
Très globalement, on peut distin- cipale » et des minorités et l’on a construit
guer en Europe de l’Est entre deux modèles une structure hiérarchique compliquée de
de politique nationale, qualifiés respective- communautés nationales/ethniques — do- SédentariSation
ment d’« ethno-national » et de « post-im- tées ou pas de leurs propres organismes des roms itinérants
périal ». Le premier prévaut en Pologne, en étatiques/administratifs — unifiées dans
Hongrie, en Roumanie, en Bulgarie et en un nouveau type d’entité « supérieure » : le La sédentarisation des Roms est un ex-
Albanie (la Tchécoslovaquie pourrait aus- « peuple soviétique » et « les Yougoslaves ». emple typique de la combinaison de poli-
si être incluse dans ce groupe moyennant Les différentes approches natio- tiques officielles communes et spécifiques
certaines réserves, dans la mesure où il nales relatives aux Roms suivies en Europe dans les pays d’Europe de l’Est. L’élément
s’agissait d’un État fédéral constitué de de l’Est, cependant, ne signifient pas qu’il commun, en l’occurrence, tient au proces-
deux entités nationales). Ces pays sont est impossible d’identifier des principes, sus de sédentarisation (ou, du moins, à une
constitués d’une nation (deux en Tché- réglementations et modèles communs. Ces limitation importante du nomadisme) des
coslovaquie) servant de fondement à la for- caractéristiques communes — quelles que Roms itinérants observé pendant la pério-
mation d’un « État nation » d’une part, et soient par ailleurs les différences et les spé- de pertinente dans l’ensemble de ces pays.
de « minorités » (les autres communautés cificités dans la mise en œuvre de chaque Les processus observés dans chaque pays
plus petites, quel que soit le terme retenu politique nationale — sont généralement présentent cependant leurs caractéristiques
pour les désigner selon les pays) d’autre révélatrices de la situation faite aux Roms propres, sous l’angle de la politique offi-
part. Le second modèle (« post-impérial ») en Europe de l’Est pendant une période cielle dans laquelle ils s’inscrivent et du
est typique de l’Union soviétique et de la déterminée (allant de la fin de la seconde calendrier de leur mise en œuvre.


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Dans certaines régions d’Europe de l’Est, les Roms travaillent encore dans des professions n’exigeant pas de domicile fixe. Les métiers ambu-
lants ont, dans une certaine mesure, survécu aux mesures adoptées par les régimes communistes en vue de sédentariser les Roms, ainsi qu’à la
tendance générale à la sédentarisation. Jusqu’à présent, par exemple, on peut rencontrer des montreurs d’ours exhibant leurs animaux devant les
touristes sur les bords de la mer Noire, ainsi que des marchands de chevaux dans les campagnes. (traduit de Gronemeyer/Rakelmann 1988, p. 138)

Sédentarisation des nomades :


répression ou assistance ?

L’intérêt de l’analyse de la perception actuelle de la question de la sédentarisation des


nomades en Europe de l’Est est évident. Nombre de publications scientifiques et de dé-
fenseurs des droits de l’homme considèrent cette politique comme l’apogée des mesures
répressives des partis communistes à l’égard des Roms : un point de vue partagé égale-
ment aujourd’hui par certains activistes roms (émanant, il est vrai, de groupes roms
sédentarisés depuis des siècles). Généralement parlant, en Europe de l’Est, les Roms
eux-mêmes et plus particulièrement les anciens Roms voyageurs ont une attitude posi-
tive à l’égard des mesures encourageant la sédentarisation. Le point de vue est d’autant
plus tranché que les personnes interrogées ont personnellement vécu des événements
dramatiques. L’attitude positive est donc plus marquée en Bulgarie ou dans les pays de
l’ex-Union soviétique qu’en Tchécoslovaquie et en Pologne où la sédentarisation s’est
accompagnée de mesures répressives (confiscation de chevaux et de biens).
Un autre facteur est beaucoup plus important lorsqu’il s’agit d’évaluer la po-
Ill. 9 litique de sédentarisation des Roms nomades. Durant la période 1950-1975, une grave
« En Hongrie, on compte quelques coopéra- crise a secoué les pays d’Europe de l’Est et commencé à affecter le mode de vie noma-
tives de forgerons autogérées par des Roms. de. En raison de l’évolution des conditions sociales et économiques, les nomades eux-
Celle de Nogradmegyer, par exemple, existe mêmes étaient à l’affût de possibilités de se fixer (ou de passer à une vie semi-nomade)
depuis 1951. Le village était habité par des et de nouvelles stratégies économiques. L’ingérence active de l’État s’est simplement
cloutiers et des musiciens tsiganes, lesquels produite à un moment opportun (une circonstance assez rare dans l’histoire des poli-
ont — à l’issue d’un long processus — établi tiques gouvernementales visant les Roms) et a grandement facilité — par exemple sous
une coopérative produisant aujourd’hui tou- forme de prêts et de subventions pour la construction d’habitations — le développe-
te une gamme de produits. » ment naturel de la communauté et son intégration. Ill. 10
(traduit de Gronemeyer/Rakelmann 1988, p. 121f)

Le point de départ du processus mades répond à un acte du gouvernement ment dans les territoires libres de l’Ouest
de sédentarisation diffère aussi d’un ou à une décision du parti (ces deux entités (après la déportation de la population alle-
pays à l’autre. Même s’il est impossible, se confondant). L’Union soviétique — où mande) en 1952, le ministère de l’Intérieur
bien entendu, de citer des données pré- une loi spéciale interdit le mode de vie iti- promulgue une résolution sur la sédenta-
cises, nous pouvons supposer que plus nérant — est le premier pays à lancer une risation obligatoire des « Tsiganes » itiné-
des trois quarts des Roms de Pologne politique active en faveur de la résoluti- rants en 1964. En Roumanie, des mesures
et au moins deux tiers de l’ensemble de on du « problème » des Roms nomades. spéciales en faveur de la sédentarisation
la population rom d’Union soviétique Le 5 octobre 1956, le présidium du soviet des « Tsiganes » itinérants sont introduites
étaient (semi-)nomades. À l’autre extré- suprême de l’URSS promulgue un décret à compter de 1977, date à laquelle le co-
mité de cet éventail, en Bulgarie et en sur « la participation des Tsiganes nomades mité central du parti communiste roumain
Tchécoslovaquie, les Roms itinérants aux activités laborieuses ». Le même mo- adopte un programme en faveur de leur
représentent, en raison de la politique dèle est appliqué en Bulgarie, où un décret intégration sociale. Dans ce programme,
officielle, moins de 5 % du total de la sur « La résolution des problèmes de la mi- la sédentarisation est, sinon l’objectif es-
population rom. Dans les autres pays, la norité tsigane en Bulgarie » est adopté par sentiel, du moins l’un des buts poursuivis.
part relative des Roms nomades varie : le Conseil des ministres en 1958. En Tché- Dans les autres pays d’Europe de
en Roumanie et en Yougoslavie, ils ne coslovaquie, une loi « sur la sédentarisati- l’Est, la sédentarisation des Roms no-
représentent pas plus d’un tiers et, en on des personnes itinérantes » — presque mades n’est pas réglementée dans le cadre
Hongrie et en Albanie, pas plus d’un similaire en substance — est adoptée la d’une quelconque politique spéciale à
quart de la population rom. même année. En Pologne, après la tentative l’égard des intéressés ; ces deniers sont
Dans la plupart des pays d’Europe manquée du gouvernement de persuader les simplement soumis à la législation géné-
de l’Est, la sédentarisation des Roms no- Roms itinérants de s’installer volontaire- rale (laquelle exige un domicile et un lieu


Accélération de l’intégration
Héritage culturel et historique

Pologne : Effets de la sédentarisation obligatoire

« Au moment de la mise en œuvre de la politique de sédentarisation [en 1964],


les autorités ont simplement négligé de préparer le moindre plan permettant
aux Roms de commencer une nouvelle vie. Aucun logement décent ne leur a été
proposé, aucun emploi et rien qui puisse permettre aux intéressés de s’adapter
progressivement à une société plus large et à modifier leurs modes de vie anté-
rieurs. Lorsqu’ils se voyaient attribuer des appartements sociaux au milieu de
« gens ordinaires », des conflits ne tardaient pas à surgir. [...] Pendant les an-
nées qui ont suivi, une fois les Roms suffisamment dissuadés de reprendre leurs
pérégrinations, les autorités n’ont quasiment plus témoigné le moindre intérêt à
leur égard. C’est à cette époque que les schémas roms d’adaptation à cette nou-
velle vie ont été établis. Les Roms se sont tournés vers le commerce des devises
et des objets de valeur : principalement l’or, les voitures, les antiquités et les ta- Ill. 12
pis. Ceux qui avaient de la famille à l’étranger avaient davantage l’occasion de « Meilleurs ouvriers tsiganes de la main-d’œuvre
gagner leur vie en faisant de la contrebande ou en vendant des voitures volées socialiste ». Sofia, fin des années 1940 (on reconnaît
en Europe de l’Ouest. » Ill. 11 (d’après Mróz 2001, pages 257 et suivantes) au centre Shakir Pashov, à l’époque député bulgare).
(d’après les archives de Studii Romani, Sofia, Bulgarie)

de travail fixes, etc.). C’est le cas en Hon- pays d’Europe de l’Est, sa mise en œuvre similaire en Yougoslavie, grâce à l’aide
grie durant la seconde moitié des années peut revêtir diverses formes. On peut di- active de l’État, et analogue en Pologne
1950, et en Albanie et en Yougoslavie dans stinguer deux approches différentes qui quoiqu’à une échelle plus modeste. [Ill. 11]
les années 1960 et 1970. s’affrontent jusqu’à aujourd’hui et qui Dans les quatre autres pays (Tché-
Il convient de noter que les poli- sont qualifiées respectivement de « globa- coslovaquie, Hongrie, Roumanie et Bul-
tiques d’État en matière de sédentarisation lisante » et de « spéciale ». La première ne garie), une approche « spéciale » prévaut
des Roms nomades ne mènent pas toujours prévoit pas de mesures gouvernementales dans la politique gouvernementale en
aux résultats désirés. En Union soviétique, particulières en faveur de l’intégration matière d’intégration publique des Roms.
une partie des Roms — officiellement sé- sociale des Roms, lesquels sont traités La présence d’une telle approche n’exclut
dentarisés — maintient son ancien mode dans le cadre de la politique générale en d’ailleurs pas le recours occasionnel à une
de vie jusque dans les années 1960, épo- vigueur pour l’ensemble de la population. approche « globalisante », de sorte que
que à laquelle ils commencent à se tourner L’« approche spéciale », par contre, traite l’intégration publique des Roms se fait
vers de nouvelles activités économiques. les Roms comme une communauté sépa- souvent dans le cadre de la législation gé-
Le mode de vie itinérant des Roms de rée confrontée à des problèmes particuliers nérale. Toutefois, l’État considère que les
Yougoslavie est généralement en voie ne pouvant être résolus que par le biais de problèmes spéciaux exigent des mesures
d’extinction (sans pour autant avoir en- mesures spécifiques. particulières en faveur des Roms, con-
tièrement disparu). En Bulgarie, plusieurs La première approche a été essen- cernant par exemple la sédentarisation des
groupes de Roms, bien qu’ils possèdent tiellement appliquée en Union soviétique, intéressés. [Ill. 14]
une habitation et — théoriquement — un en Yougoslavie, en Pologne et en Albanie En Bulgarie, un texte sur la « Réso-
emploi fixe, continuent à voyager pen- où aucun programme gouvernemental spé- lution des problèmes de la minorité tsigane
dant les saisons chaudes (selon le mode cial ne s’applique aux Roms (à l’exception, en Bulgarie » est adopté en 1958 et suivi,
traditionnel de vie nomade dans les Bal- concernant l’URSS et la Pologne, du pro- en 1978, d’un décret intitulé « Améliorati-
kans). C’est en Roumanie que l’échec de gramme de sédentarisation des itinérants). on du travail mené auprès des Tsiganes bul-
la politique de sédentarisation est le plus La seule sphère de la vie publique où le gares afin de favoriser plus activement leur
évident : en 1977, on y recensait officielle- principe de globalisation n’est pas appli- participation à la construction de la société
ment 66 500 Roms nomades et le modèle qué est celui de la préservation et du ren- socialiste développée » ; le parti commu-
de nomadisme saisonnier y a toujours forcement de leur identité ethnoculturelle. niste roumain prépare un « Programme
cours dans divers groupes roms. [Ills. 2-10] Le Théâtre Romen en URSS constitue pour l’intégration sociale des Tsiganes ».
l’une des attractions majeures à Moscou En Tchécoslovaquie — à la suite des
et le pays compte plus de 100 ensembles événements de 1968 et de l’adoption d’une
accélération musicaux et troupes de ballet regroupés nouvelle Constitution — une politique in-
de l’Intégration au sein de diverses institutions : les dis- titulée « Conception de l’intégration cul-
ques de musique rom sont nombreux et turelle et globale publique des Tsiganes »
Si la politique tendant à l’intégration pu- connaissent une large diffusion, de même est adoptée en 1972, puis renforcée et mo-
blique des Roms prédomine dans tous les que le folklore « tsigane ». La situation est difiée en 1976. Dans l’ensemble, tous ces


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« chevaux, vaches Politiques « globalisantes » et effets « spéciaux » :


et Tsiganes » StériliSation en tchécoslovaquie

« [Le] Décret du Gouvernement n° 502/ La stérilisation en Tchécoslovaquie est généralement perçue comme un exemple dra-
1965 avait introduit un programme stique de politique « spéciale » à l’égard des Roms en Europe de l’Est ; en l’occurrence,
planifié de transfert des Roms depuis les le document pertinent est le décret promulgué par le ministère de la Santé le 29 févri-
habitats bondés de Slovaquie et de er 1972 et autorisant la stérilisation volontaire des femmes ayant donné naissance à
dispersion des intéressés vers des endroits plus de quatre enfants retardés. Des incitations financières étaient également prévues.
appropriés en terre tchèque. Le Ce décret, compatible théoriquement avec les principes « globalisants » des politiques
pourcentage maximal de Roms par (c’est-à-dire ne visant pas directement les Roms), a eu des équivalents (sous une forme
communauté avait été fixé à 5 pour cent édulcorée) en Suisse et dans les pays scandinaves. L’exemple, toutefois, illustre le fait
[...]. Un porte-parole rom n’a pas manqué que des politiques théoriquement « globalisantes » peuvent conduire à des résultats
de faire remarquer sardoniquement : ‘Ils « spéciaux » et souvent discriminatoires en pratique. Au lieu d’être appliquées aux
ont tout planifié et prévu pour chaque membres privilégiés d’une société donnée, les restrictions tendent à frapper sélective-
village un nombre de chevaux, de vaches ment des personnes faisant déjà l’objet de restrictions. Concernant le cas de la stérili-
et de Tsiganes.’ [...]. » sation « volontaire » en Tchécoslovaquie, plus de la moitié des femmes soumises à ce
Ill. 13 (d’après Guy 2001, p. 291) traitement dans les années 1970 étaient des Roms. Ill. 14

textes du parti et du gouvernement énon- rés. En Tchécoslovaquie, un décret gou- Dans l’empire ottoman (c’est-à-dire en
cent plusieurs objectifs essentiels censés vernemental de 1965 envisage aussi la de- Bulgarie, en Albanie, ainsi que dans la plus
être repris par la politique spéciale con- struction des quartiers roms, surtout dans grande partie de la Yougoslavie et la Rou-
cernant les « Tsiganes ». Ils prévoient des l’Est de la Slovaquie, et la dispersion des manie), les Roms vivaient — à l’intérieur
emplois stables à plein temps, la solution Roms concernés dans les villes et villages de la zone de résidence — dans leur propre
des problèmes de logement et de santé, slovaques ou les régions industrielles de quartier (délimité ethniquement et appelé
l’intégration des enfants roms dans le sy- la République socialiste tchèque. [Ill. 13] mahala) comme tous les autres groupes
stème éducatif ordinaire et l’amélioration ethniques. Dans l’empire austro-hongrois
de leur niveau d’instruction, la promotion (c’est-à-dire en Hongrie, en Tchécoslova-
de la culture rom, etc. [Ill. 12] Héritage Culturel quie, dans de grandes parties de la Rou-
Néanmoins, les politiques offi- et Historique manie et dans des zones plus réduites de
cielles respectives des différents pays la Yougoslavie et de la Pologne), les Roms
comportent également des particularités, Les différences des politiques gouverne- vivaient, au-delà des limites des villes
notamment sous l’angle des modalités de mentales entre pays sont fréquemment et villages et parfois à des kilomètres de
mise en œuvre des grandes lignes menti- déterminées ou du moins influencées par ces derniers, dans ce qu’il était convenu
onnées. En Bulgarie, des internats sont des modèles culturels et historiques hérités d’appeler un ciganytelep en Hongrie, un
créés à compter de 1961 et, à partir de du passé. En fait, les pays de l’Europe de osada ou une kolonia en Slovaquie, une
1966, certaines écoles fréquentées aupa- l’Est en question ont pris forme aux XIX kolonia ou une tigania en Roumanie, une
ravant uniquement par des enfants roms et XXe siècles dans le cadre d’empires osada dans le Sud de la Pologne, etc. Dans
sont transformées en « établissements se- — l’empire ottoman, l’empire austro-hon- l’empire russe (c’est-à-dire dans les terri-
condaires d’enseignement général mettant grois et l’empire russe — ayant opté cha- toires correspondant à l’ex-URSS et à une
l’accent sur la formation professionnelle ». cun pour un type différent de politiques à partie de la Pologne), les Roms vivaient le
En Roumanie, des mesures spéciales vi- l’égard des Roms. Les particularités des plus souvent avec le reste de la population,
sent à réduire le nombre d’enfants dans trois principaux modèles et leur influence généralement dans une ou plusieurs dou-
les familles roms (les allocations fami- sur les phases historiques postérieures zaines de maisons situées à proximité les
liales ne sont versées qu’aux familles ne sont illustrées par l’exemple des politiques unes des autres (sauf en Transcarpathie où
comptant pas plus de cinq enfants), en rai- d’habitat respectives des différents pays le modèle austro-hongrois prévalait).
son du nombre important de petits Roms d’Europe de l’Est. Les politiques respectives des États
abandonnés dans des maternités ou des Les anciens traits impériaux, cultu- à l’égard des Roms dans les pays d’Europe
orphelinats. En Hongrie en 1961, des me- rels et historiques des trois empires se ref- de l’Est correspondent à ces circonstances
sures spéciales sont envisagées pour lutter lètent directement dans les divers modèles historiquement déterminées. En Hongrie et
contre la discrimination des Roms dans de réinstallation des Roms sédentarisés en Slovaquie, la tendance est à une liquida-
la société hongroise et le programme de (lesquels étaient bien plus nombreux que tion totale des habitats séparés des Roms :
logement de 1964 envisage la suppression leurs congénères nomades dans l’empire une politique qui s’est avérée relativement
de 2 500 quartiers ou villages roms sépa- ottoman et l’empire austro-hongrois). efficace en Hongrie où la plupart des quel-


Organisations : le « mouvement rom » en Yougoslavie
Intégration publique et/ou assimilation

émancipation en yougoslavie Bulgarie : masquage des Roms

« En dépit des tensions interéthniques et politiques ayant La Bulgarie se proclame État unitaire (composé d’une seule nation)
suivi la mort de Tito en 1980, les premiers Roms sont sans aucune autre nationalité que bulgare ; les « Turcs bulgares »
élus pendant cette période dans des conseils munici- se voient attribuer une origine bulgare. Aucune autre justification
paux et Sait Balić (de la ville de Niš) est élu membre du « scientifique » du même type n’ayant pu être trouvée pour les Roms
Parlement national serbe. Quatre années plus tard, on afin d’établir leurs origines bulgares, ce peuple a officiellement ces-
comptait déjà cinquante-trois membres roms élus dans sé d’exister. Il n’est jamais mentionné dans les endroits publics, la
les conseils municipaux ou provinciaux en plus du député presse et les publications académiques. Dans plusieurs endroi-
déjà mentionné [...]. ts bordant les lignes de chemin de fer et les autoroutes, les campe-
En 1981, le premier programme radio bilingue en romani ments ou quartiers roms sont dissimulés derrière des murs en béton.
et en serbe est diffusé depuis Belgrade. Il s’intitule ‘A šunen Cette politique absurde n’a abouti à aucun résultat et n’a pas fa-
romalen’ [écoute Rom] et sera maintenu jusqu’en 1987. » cilité l’intégration des Roms dans la nation bulgare ; au contraire,
Ill. 15 (d’après Kenrick 2001, p. 406) c’est l’effet contraire qui a été atteint. Ill. 16

que 2 500 ciganytelep ont été détruits. En Tchécoslovaquie. En Hongrie, un nombre (au Kosovo). En 1986, les associations roms
Roumanie, la politique gouvernementale considérable d’activités culturelles sont existantes s’unissent au sein d’une Union
en matière d’habitat est variée et incohé- organisées. des associations roms en Yougoslavie.
rente, de même que l’héritage historique La situation en Yougoslavie est
de diverses régions du pays. En Bulgarie, un cas particulier. Dans un article paru en
les décrets appelant à la suppression des 1969 dans le bulletin Vecherni Novosti pu- intégration Publique
quartiers roms ne sont suivis d’aucune blié à Belgrade, Slobodan Berberski — un et/ou assimilation
mesure sérieuse d’application, alors qu’en Rom communiste exerçant de longue
Yougoslavie et en Albanie — de même date des fonctions publiques après avoir Jusqu’à aujourd’hui, l’évaluation des po-
qu’en Union soviétique et en Pologne — été successivement prisonnier politique, litiques gouvernementales roms menées
le gouvernement ne juge pas opportun combattant de la résistance pendant la se- en Europe de l’Est pendant ce qu’il est
de définir une politique gouvernemen- conde guerre mondiale et membre du co- convenu d’appeler « la période socia-
tale spéciale qui soit propre aux Roms. mité central de l’Union des Communistes liste » reste influencée par l’esprit de la
yougoslaves (UCY) — annonce que les « Guerre froide ». Lesdites politiques,
Roms yougoslaves vont créer leur propre dans l’ensemble et dans leurs manifesta-
Organisations : organisation chargée principalement de tions concrètes, sont perçues comme sy-
le « mouvement rom » permettre aux intéressés d’obtenir le statut nonymes de l’un des nombreux crimes
en yougoslavie de « nationalité » ; à l’époque, en effet, la perpétrés par des régimes totalitaires.
Yougoslavie était dotée d’une législation Il est difficile aujourd’hui, sans verser
L’attitude à l’égard des organisations roms et d’une structure hiérarchique compliquée dans des clichés idéologiques, de trou-
constitue une caractéristique importante de dans le cadre desquelles les communautés ver une analyse objective et globales des
la politique gouvernementale visant cette étaient réparties en différentes catégories : dites politiques sous tous leurs aspects.
population dans les pays d’Europe de l’Est. groupes ethniques, nationalités et nations. Le principal problème en
En fait, l’établissement et le renforcement de Après la création de l’« Association l’occurrence est de parvenir à une di-
telles organisations n’auraient pas été pos- rom » en 1969, le processus de création stinction précise et à établir les relations
sibles sans l’approbation et le soutien actif des branches dans diverses républiques entre deux processus interdépendants et
de l’État et des structures du parti. [Ill. 15] (et plus tard dans les villes) s’amorce, se chevauchant parfois partiellement :
Dans ce contexte, l’élan en faveur en même temps que la création d’autres l’intégration sociale et l’assimilation. Au
de l’auto-organisation et de l’émancipation associations roms (culturelles, sportives, cours de l’histoire, nombre de peuples
— apparu progressivement au sein des etc.). Dans les années 1970, plus de vivant au sein de nations étrangères sont
communautés roms d’Europe de l’Ouest 60 organisations roms existent et leur passés de l’étape de l’intégration sociale à
et qui conduira à la fondation de diverses nombre ne cesse de s’accroître. Diverses celle de l’assimilation (soit dans le cadre
organisations, puis au début de ce qu’il est initiatives, généralement des événements d’un processus naturel, soit en raison d’une
convenu d’appeler « le mouvement rom » culturels (avec la participation d’ensembles certaine politique gouvernementale). Sui-
à compter des années 1970 — n’a pas pro- et de festivals roms), sont soutenues par vant la logique de ce modèle (lequel ne
duit de résultats comparables à l’Est. Et ce, l’État yougoslave : publication de livres saurait en aucun cas être considéré comme
malgré des initiatives à court terme — plus en romani ou radiodiffusion d’émission de universel), chaque mesure — visant les
ou moins singulières — en Bulgarie et en radio et de télévision destinées aux Roms Roms — prise par les autorités en Europe


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Ill. 17
Maisons roms (au premier plan) et
barres d’immeubles à Filákovo au
Sud-Est de la Slovaquie. Dans les
années 1970, les cabanes roms sont
rasées et leurs occupants contraints
de déménager dans les nouveaux
immeubles. Les aciéries (dont on
voit les cheminées à l’arrière-
plan) employaient 8 000 personnes
— dont des centaines de Roms —
jusqu’en 1989.

Après le changement, l’usine a


été vendue à une multinationale,
laquelle aujourd’hui compte
800 salariés dont aucun n’est
d’origine rom.
(d’après dROMa 1/2004, p. 10)

de l’Est pourrait être considérée comme tive » pour employer une terminologie qu’à leur appartenance ethnique. [Ill. 18]
une étape en direction de l’assimilation. contemporaine. L’état hongrois commence Il serait injustifié de parler
La Bulgarie est le seul pays à soutenir l’intégration des Roms dans la d’attitudes et de tendances assimilationni-
d’Europe de l’Est dans lequel la politique société, ainsi que la préservation et le ren- stes dans les politiques roms officielles
d’intégration des Roms aboutit à une poli- forcement de leur culture ethnique, sans des autres pays d’Europe de l’Est. En fait,
tique directe d’assimilation complète et in- pour autant leur accorder le statut de mino- en Pologne et en Albanie — des pays bâtis
conditionnelle. Les attitudes à l’égard des rité nationale (octroyé pourtant à d’autres sur le modèle « d’une seule nation » — la
Roms y sont subordonnées à la politique à communautés minoritaires). La conclusi- politique gouvernementale à l’égard des
l’égard de la minorité turque. Une décisi- on logique de cette approche est également Roms est si insignifiante qu’elle ne peut
on du « Politburo », datée de 1962, relève l’assimilation, mais à plus long terme. même pas être décrite dans ce contexte.
« les tendances négatives de la turcifica- La politique rom de la Tchécoslo- Certes, les Roms de Yougoslavie ont sou-
tion » parmi les Musulmans bulgares, les vaquie s’inspire de quatre principes très levé la question de l’obtention d’un sta-
« Tsiganes » et les Tatars ; elle est suivie semblables. Dans ce pays — selon le tut officiel égal à celui octroyé à d’autres
du lancement d’une politique visant à discours officiel — les Roms sont défi- peuples, mais leur échec ne saurait être
« encourager » progressivement le chan- nis comme une communauté d’une na- interprété comme la preuve d’une po-
gement des noms patronymiques ou des ture différente (« citoyens d’origine tsi- litique assimilationniste (en fait, ils
prénoms arabo-turcs en noms bulgares. La gane »), laquelle ne saurait être comparée parviendront à obtenir ledit statut peu
phase ultime de cette politique est liée à ce à d’autres minorités dotées d’un statut avant la désintégration de la Yougosla-
qu’il est convenu d’appeler « le processus dissemblable. La politique à l’égard des vie). Le concept de « Yougoslavisme »
de reprise » lancé pendant l’hiver 1984- Roms est définie comme propice à une présuppose la transformation de tous les
1985 : une action de masse, impliquant les « intégration sociale » et à une « accultu- citoyens en un nouveau type de commu-
services de sécurité, contraignant tous les ration » ; en pratique, toutefois, elle se tra- nauté (« les Yougoslaves »), ce qui ne si-
Turcs, Musulmans bulgares (Pomaks) et duit par des mesures qui (sans être directe- gnifie pas que les Roms doivent préala-
Musulmans roms à changer de nom. En ment formulées comme telles dans les blement s’assimiler aux autres nations.
fait, ce « processus de reprise » correspon- documents du parti et de l’administration) La situation est analogue en
dait à l’ultime phase d’une assimilation conduisent à une future assimilation. URSS où les Roms, de toute façon, rep-
contrainte appliquée de force. [Ills. 16, 17] La situation en Roumanie est as- résentent une communauté insignifiante
Des tendances assimilatrices sez semblable. L’assimilation des Roms (par rapport à l’ordre de grandeur des
peuvent également être identifiées dans les dans la société roumaine y a provoqué autres ethnies de l’Union soviétique),
politiques gouvernementales de la Hon- l’émergence de groupes importants de de sorte qu’il serait naïf de parler d’une
grie, de la Tchécoslovaquie et — dans une personnes d’origine rom ayant (entière- politique spéciale d’assimilation. L’idée
certaine mesure — de la Roumanie. Dans ment ou partiellement) perdu leur identité maîtresse dans ce pays est le concept
les années 1950 et 1960, on évoque plus rom et leurs caractéristiques ethniques et officiel du futur « peuple soviétique »
ou moins ouvertement l’« assimilation na- culturelles. L’état roumain tient ce pro- (une métaphore, analogue au concept
turelle de Tsiganes » dans la société hon- cessus pour acquis et n’accorde donc pas contemporain de « famille européen-
groise. Dans les années 1970, la logique beaucoup d’attention aux Roms, considé- ne commune »), lequel présuppose
de la politique rom est déjà différente et rant que les problèmes de ces derniers l’unification de tous les peuples en une
s’inscrit dans une « démarche construc- tiennent davantage à leur statut social formation qualitativement nouvelle.


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Roumanie : les Roms en tant qu’objectifs tions internes de Roms à l’intérieur des frontières de la Rou-
secondaires de la « systématisation » manie. Cependant, cette politique ne visait pas principalement
les Roms, comme d’aucuns l’ont cru parfois : inspirée par des
La politique bien connue de « systématisation » lancée par Ni- motifs nationalistes, elle ambitionnait davantage de réduire la
colae Ceausescu dans les années 1970 et 1980 incluait la de- taille de la minorité hongroise ; en l’occurrence les Roms étaient
struction massive de certaines zones urbaines et rurales — voire perçus comme des représentants de la majorité — c’est-à-dire
de villages entiers — et la réinstallation des ocupants dans de de la nation roumaine — de sorte que leur assimilation n’était
nouveaux habitats. Ces mesures ont été essentiellement mises en envisagée qu’à long terme et à l’issue d’une évolution naturelle.
œuvre en Transylvanie, ce qui a également entraîné des migra- Ill. 18

Conclusion progressé par rapport aux périodes an- la République tchèque et la Slovaquie,
térieures, leur degré d’intégration a la Hongrie, la Roumanie et la Bulga-
Tout en admettant que nous analy- évolué et une couche sociale de Roms rie) et sont moins perceptibles dans les
sons un résultat final selon les normes dotés d’une instruction relativement so- pays dépourvus d’une telle politique
d’aujourd’hui et que le critère essentiel lide a émergé. D’autre part, cependant, ou bien dotés d’une politique beauco-
tient à l’atteinte d’un niveau supérieur le prix payé pour cette intégration est up moins ambitieuse. En définitive, le
d’intégration tout en préservant les ca- très élevé. Nombre de Roms en Europe résultat final des politiques roms dans
ractéristiques ethniques et culturelles, de l’Est sont engagés dans un processus les pays d’Europe de l’Est dépend
nous pouvons conclure en résumé que, de dégradation sociale et de marginali- avant tout du développement social gé-
dans l’ensemble, les politiques gouver- sation, lequel s’accélère et s’amplifie néral et de la politique « globalisante »
nementales (et non pas telle ou telle po- depuis le « vent de changement ». À menée à l’égard des Roms (c’est-à-
litique), quels que soient par ailleurs les ce titre, il est révélateur que ces pro- dire une politique identique à celle vi-
buts énoncés, ont abouti à des résultats cessus s’expriment le mieux et sont sant les autres citoyens) et, dans une
très divers en Europe de l’est. D’une davantage perçus dans les pays dotés moindre mesure, des politiques « spé-
part, les conditions de vie et le niveau d’une politique spécifique et clairement cifiques » aux Roms en leur qualité de
d’instruction des Roms ont rapidement formulée à l’égard des Roms (à savoir communauté séparée.

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