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1) Comment se présente la loi des finances ?

« Les lois de finances déterminent, pour un exercice, la nature, le montant et l’affectation des
ressources et des charges de l’Etat, ainsi que l’équilibre budgétaire et financier qui en résulte.
Elles tiennent compte d’un équilibre économique défini, ainsi que des objectifs et des résultats
des programmes qu’elles déterminent ». Il découle, alors, de cet article d’une part que les lois
de finances ne peuvent contenir que des dispositions qui relèvent de cet objet, et d’autre part
que toutes les dispositions liées à l’objet ainsi défini ne peuvent figurer que dans une loi de
finances, ces lois bénéficiant d’un domaine réservé.
Pour autant, la loi des finances se présente sous trois grande catégorie :
L’on trouve, en premier lieu, la loi de finances initiale qui se composent de deux grandes
parties : la première détermine l’équilibre général du budget, au travers de l’autorisation de
percevoir les recettes et de leur évaluation, d’un plafond global de dépenses et de l’article
d’équilibre qui définit le niveau du solde budgétaire annuel, tandis que la seconde décrit de
façon plus détaillée les grandes masses de dépenses par mission. La loi de finances de l’année
peut aussi être appréhendée au niveau des comptes qui la composent. En effet, outre le budget
général de l’Etat, ce texte comprend des budgets annexes et des comptes spéciaux du Trésor.
Dès lors, loi de finances de l’année et budget sont deux notions devant être distinguées :
concrètement, la première est l'acte juridique par lequel le Parlement autorise la levée de
l'impôt et l'exécution de la dépense, tandis que le second constitue un document comptable
retraçant l'ensemble des prévisions de recettes et de dépenses. D’une certaine façon, la notion
de loi de finances est plus large que celle de budget.
Ensuite, les lois de finances rectificatives dont l’objet est de modifier les autorisations initiales
en fonction de nouvelles prévisions économiques, ce qui arrive fréquemment de nos jours,
l’évolution de la conjoncture économique étant de plus en plus difficilement prévisible. Enfin,
la loi de finances de règlement dont l’objet est de permettre au Parlement de contrôler
l'exécution de la loi de finances de l’année N-1 en constatant les résultats financiers de
l'exercice écoulé, tant du point de vue des recettes que des dépenses.

2) Quels principes guident l’élaboration de la loi des finances ?


On note d’abord la fixation des grands équilibres budgétaires qui donne lieu à l’envoi à
chaque ministre d’une lettre de cadrage qui fixe les grandes orientations budgétaires pour
l'année à venir. Puis, a lieu l’instruction des demandes de crédits : concrètement, se déroulent
des réunions entre les ministres et le ministre des finances au cours desquelles les premiers
présentent au second l'intégralité de leurs demandes en empois et en crédits. A l'issue de ces
réunions, un compte rendu commun est transmis au Premier ministre qui tranche les
désaccords et adresse les lettres de plafond qui sont spécifiques à chaque ministre. Puis, avant
la fin du mois de juin, a lieu au Parlement un débat d'orientation budgétaire dans lequel le
gouvernement présente un rapport sur l'évolution de l'économie et sur les orientations des
finances publiques.  Le projet de loi de finances est, ensuite, finalisé de Juin à Septembre : il
s’agit principalement de répartir les crédits et les emplois entre les différents programmes et
actions d’une mission, d’arrêter le montant définitif des recettes et de finaliser les projets
annuels de performance de chaque programme.
3) La loi des finances peut-elle être modifiée après son vote ou pendant
son application ?
Cette loi initiale peut être modifiée au cours de son année d'application en fonction de la
conjoncture économique et des événements. Ces modifications consistent à élaborer et à voter
une loi de finances rectificative.
Au cours de l'année concernée par la loi de finances initiale, la loi de finances rectificative
peut être votée pour modifier des dispositions prévues dans la loi initiale.
En fonction des événements qui interviennent, la loi de finances rectificative permet :
 D’augmenter, réduire, modifier les recettes prévues de l'État ;
 D’augmenter, diminuer, changer la nature et l'affectation des crédits de paiement
accordés par l'État.

4) Comment le budget local est-il appliqué ?


L’application du budget est gouvernée par un principe fondamental : la séparation des
ordonnateurs et des comptables.

L’ordonnateur, qui est l’exécutif des collectivités (maire, président du conseil départemental
ou régional), donne l’ordre d’engager les dépenses et de recouvrer les recettes, mais ne peut
pas manipuler les fonds publics. Il tient le compte administratif.

Le comptable public est chargé d’exécuter les dépenses et les recettes selon les indications de
l’ordonnateur, mais il ne lui est pas subordonné. Il est responsable personnellement et sur son
propre argent de ces opérations. C’est un fonctionnaire de l’État dépendant du corps des
comptables du Trésor. Il tient le compte de gestion de la collectivité.

L’application du budget obéit à des règles précises faisant intervenir successivement


l’ordonnateur et le comptable public.

5) Les citoyens et les élus peuvent-ils contrôler les finances publiques?


La Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 évoque déjà, dans ses articles 14
et 15, le droit des citoyens et de la société de contrôler les finances publiques.
Aujourd'hui, les citoyens peuvent d’abord exercer un contrôle politique sur la gestion
financière des collectivités par leur vote lors des élections locales, en sanctionnant ou en
validant l’action des élus.
Ils disposent aussi d’un droit à l’information et à la communication de documents
budgétaires affirmé par la loi du 6 février 1992 "comme un principe essentiel de la démocratie
locale".
Le Code général des collectivités territoriales précise qu’en cas de non-respect de certaines
règles d’élaboration, d’adoption ou de présentation des actes budgétaires, les administrés
peuvent, sous certaines conditions, saisir le juge administratif.
Les élus, quant à eux, disposent de moyens de contrôle qui ont été renforcés par la loi du 6
février 1992. Ils peuvent contrôler les finances locales :
 lors du débat d’orientation budgétaire, qui doit avoir lieu obligatoirement dans les
deux mois précédant le vote du budget (dans les collectivités de 3500 habitants et
plus) ;
 au moyen des questions orales, qu’ils peuvent poser à l’exécutif local en cours
d’année ;
 au moyen des documents budgétaires et de leurs annexes, qui leur sont communiqués
au moins cinq jours avant le vote du budget ;
 lors de l’adoption des budgets modificatifs ;
 lors de l’adoption du compte administratif, qui peut donner lieu à un débat et qui
permet de comparer le budget voté au budget effectivement réalisé ;
 par les délibérations, qu’ils adoptent en cours d’année engageant financièrement la
collectivité, et par les communications de l’exécutif sur la situation de trésorerie ;
 par la communication par l’exécutif des lettres définitives des chambres régionales des
comptes.

6) Quels sont les contrôles exercés par les services de l'Etat?


La fonction de contrôle est essentielle pour une bonne exécution du budget. Pour protéger les deniers
de l'Etat, plusieurs formes de contrôle ont été mis en oeuvre: le contrôle à priori, le contrôle à postéri,
et si l'on s'intéresse aux autorités chargées du contrôle, les contrôles peuvent se diviser entre les
contrôles internes et externes.
 le contrôle à priori : il repose sur une intervention préalable à tout acte engageant les finances
publiques. Il est préventif et s'efforce de prévenir les irrégularités. Son but est d'empêché
qu'une irrégularité soit commise.
 le contrôle à postéri : il intervient alors que la procédure de recette et de dépense est
totalement réalisée, en sanctionnant les irrégularités commises.
 le contrôle interne est effectué par l'administration chargée d'exécuter la loi de finances. La
trésorerie générale composée de la cour des comptes exerçant la procédure écrite et
contradictoire qui prononce par arrêt définitif s'il n'existe aucune irrégularité. Si non, elle se
prononce par arrêt provisoire incitant le comptable à restituer les sommes qui manquent. Et la
chambre des représentants votant la loi de règlement intervenant à la fin de la 2éme année qui
suit l'année d'exécution du budget.

 le contrôle externe est exercé par des instances extérieures à l'administration


chargée d'exécuter la loi de finances. La trésorerie générale est composée du contrôle des
engagements des dépenses(CED) suivant l'engagement effectué par l'ordonnateur pour
apposer son visa, de l'inspection général des finances(IGF) effectuant la vérification sur
place, sanctionnant aussi par un rapport contradictoire transmis au supérieur hiérarchique
de l'agent contrôlé et enfin le contrôle comptable mettant le focus sur l'action ou le refus
du visa comptable lors du paiement. Et si le refus n'est pas fondé sur l'absence de crédits
ou du visa ou du service fait ou le caractère non libératoire du paiement de l'ordonnateur
exerce son droit de réquisition.