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PROGRAMME DE DÉVELOPPEMENT DES EXPORTATIONS POUR LA CREATION

DE  L’EMPLOI  POUR  LE  ROYAUME  DU  MAROC

Cartographie des Institutions marocaines d’appui au commerce des


secteurs de l’Agroalimentaire, du Cuir et de la Pêche

Rapport Préliminaire, Octobre 2014

Consultant National
Mr Mohammed BENSOUDA

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SOMMAIRE

I- INTRODUCTION

1- Rappel du contexte et des objectifs de la cartographie institutionnelle.

2- Brève  description  de  l’environnement  général  du  commerce  national  et  des  
secteurs ciblés par la cartographie.

II- OBSERVATIONS ET RESULTATS

1- Méthodologie

2- Architecture  du  dispositif  institutionnel  marocain  d’appui  au  commerce.

3- Matrice « Forces, Faiblesses, Opportunités et Menaces » SWOT

3.1 Analyse SWOT par IAC

3.2 Analyse SWOT par secteur

4- Cartographie  des  services  d’appui  existants.

4.1 Services effectivement disponibles

4.2 Identification des services à renforcer

III- CONCLUSION DU RAPPORT PRELIMINAIRE

IV- ANNEXES

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Abréviations et acronymes :

AB2C : Association des Biscuitiers, Chocolatiers et Confiseurs


AFD : Agence française de développement

AFEM : Association des femmes chefs d'entreprise du Maroc

ANPME : Agence nationale pour la promotion de la petite et moyenne entreprise

ASMEX : Association marocaine des exportateurs

CCG : Caisse Centrale de Garantie

CCIS : Chambre  de  Commerce,  d’Industrie  et  de  Services

CGEM : Confédération générale des entreprises du Maroc

CJD : Centre des Jeunes Dirigeants

CMPE : Centre Marocain De Promotion Des Exportations

CNCE : Conseil National du Commerce Extérieur


CNUCED : Conférence des Nations Unies pour le Commerce et le Développement

CRM : « Customer Relationship Management »

DFATD : Département Canadien des Affaires étrangères, commerce et développement

EACCE : Etablissement Autonome de Contrôle et de Coordination des Exportations.

EDEC : Programme de Développement des Exportations  pour  la  Création  de  l’Emploi

FEDIC : Fédération Marocaine des Industries du Cuir

FENAGRI : Fédération Nationale de l'Agroalimentaire

FENIP : Fédération des Industries de Transformation et de Valorisation des Produits de la Pêche

FICOPAM : Fédération des industries de la conserve de produits agricoles

GIZ : Agence de coopération internationale allemande pour le développement.

IAC : Institutions Nationales  d’Appui  au  Commerce

IMANOR : Institut Marocain de Normalisation

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ISO : Organisation Internationale de Normalisation

ITC : Centre du Commerce International

OCE : Office de Commercialisation et d'Exportation

OFEC : Office des Foires et Expositions de Casablanca


OMC : Organisation Mondiale du Commerce

ONP : Office national des pêches

PFI : Prélèvement Fiscal à l'Importation

PME : Petites et Moyennes Entreprises

PNUD : Programme des Nations Unies pour le développement

TIC : Technologies de l'information et de la communication

TPE : Très Petites Entreprises

UNIDO : Organisation des Nations unies pour le développement industriel

USAID : Agence des États-Unis pour le développement international

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I- INTRODUCTION

Le Ministère marocain chargé du commerce extérieur, est engagé dans la mise en  œuvre  d’un
Programme de Développement des Exportations pour la Création de l’Emploi  (EDEC).  Ce  programme  
est financé par le Département canadien des affaires étrangères, commerce et développement
(DFATD), et exécuté par le Centre du commerce international (ITC).
Le programme EDEC est mis en place pour trois secteurs industriels identifiés par les autorités
marocaines comme étant porteurs, à savoir le cuir, la pêche et  l’agroalimentaire  et  vise  essentiellement
à  accroitre  les  capacités  d’exportations  des  Petites  et  Moyennes  Entreprises  (PME)  et  celles  de   Très
Petites Entreprises (TPE) actives dans ces secteurs.
Ce programme a également pour objectif de contribuer au renforcement des capacités des
institutions   nationales   d’appui   au   commerce   (IAC). Notamment les associations sectorielles et
professionnelles à pourvoir leurs membres des  services  d’appui  de  qualité,  ainsi  qu’à  élargir leur base
de bénéficiaires.
Dans cette perspective le programme EDEC vise à atteindre deux résultats :

D’une   part, l’amélioration   de   l’accès   aux   marchés   d’exportation   pour   les   PME   gérées   ou  
employant des femmes et des jeunes dans les trois secteurs prioritaires susmentionnés.
D’autre part  l’amélioration des prestations fournies par les IAC aux PME et TPE opérant dans
les   trois   secteurs   à   fort   potentiel   d’exportation   privilégiés   par   le   programme   EDEC,   en  
accordant une attention toute particulière aux PME et TPE employant des femmes et des
jeunes.
Dans le cadre du deuxième résultat escompté, une   mission   de   l’ITC,   en étroite coopération avec le
Ministère marocain chargé du commerce extérieur a été chargée d’élaborer   une   Cartographie   des  
Institutions  d’Appui  au  Commerce  marocaines  (IAC)  fournissant  des  services  d’appui  au  développement
et à la promotion des exportations des PME et TPE opérant dans les trois filières prioritaires ciblées.
Le lancement du projet de cartographie institutionnelle a eu lieu le 4 juin 2014 au siège de l’ASMEX  lors  
d’une  table  ronde réunissant  l’ensemble  des  Institutions  d’appui  au  commerce  (IAC)  concernées,  ainsi  
que le Chef de Division du Ministère marocain chargé du commerce extérieur.. Cette réunion a permis
d’exposer  les  enjeux  et  les  objectifs  de  la  mission ITC  et  a  été  suivie  d’entretiens  individuels  avec les
responsables  de  toutes  les  IAC  ciblées  sur  la  base  des  questionnaires  élaborés  par  l’ITC.
Cette cartographie permettra   d’obtenir   dans   un   premier   temps   une   vue   d’ensemble   du   cadre
institutionnel  national  et  du  dispositif  d’appui  au  commerce  en  vigueur par un recensement exhaustif de
toutes   les   IAC   actives,   ainsi   que   par   la   description   et   l’évaluation   de   leurs domaines respectifs et
spécifiques   d’action.   Dans   un   second   temps,   la   cartographie   a   également   pour   objectif   de   mettre   en  
évidence les forces et les faiblesses au niveau de chaque IAC grâce à une évaluation des capacités
des IAC et de la gamme de services d’appui  disponible  aux  entreprises.  
Les décideurs politiques seront donc à même de définir et de soutenir des catégories spécifiques
d’institutions  d’appui ;;  les  milieux  d’affaires,  industriels  et  commerciaux  pourront  plus  aisément  identifier  
les institutions à même de leur fournir les services  d’appui  dont  ils  ont  besoin.  Enfin,  à  travers ce travail

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il sera également possible de déterminer les institutions partenaires ayant des objectifs communs et
susceptibles de nouer des partenariats favorisant une coopération interinstitutionnelle pour le bénéfice
des entreprises.
Concernant les trois secteurs ciblés par le programme EDEC :
Le secteur agroalimentaire est  l’un  des  secteurs  industriels  moteurs  de  l’économie  marocaine.  Il  est  le  
premier  secteur  industriel  du  pays  bénéficiant  d’une  forte  demande  intérieure  et  internationale.  Ainsi  la  
filière   contribue   à environ 35% au PIB industriel (8% du PIB national) et a réalisé en 2013 une
production, exprimée en MAD, de 79,4 Milliards, ce qui représente près de 29% du PIB industriel au
Maroc.   Ce   secteur   regroupe   2048   entreprises,   soit   27%   de   l’ensemble   des   unités   industrielles   et  
emploie  plus  de  143.000  personnes,  soit  25%  de  l’effectif  industriel  global.  Par  ailleurs, les exportations
réalisées par le secteur agro-alimentaire représentent 12% des exportations industrielles. Ces
exportations ont atteint en 2012 la valeur den 13.4 Milliards de DHS.
Le secteur de la pêche qui englobe l’industrie  de  transformation  et de valorisation des produits de la
pêche  occupe  une  place  importante  dans  l’économie  marocaine.  Le  secteur  représente  2  à  3%  du  PIB  
marocain avec un grand potentiel de croissance. Il représente plus de 55% des exportations
alimentaires et 16% des exportations totales et fournit plus de 660.000 emplois directs et indirects. Ce
secteur traite près de 70% des captures de la pêche côtière et exporte environ 85% de sa production
sur une centaine de pays dans les cinq continents. En 2012, cette industrie a réalisé un tonnage à
l’export  de  471  249  tonnes  pour  une  valeur  de  13,23  milliards  de  Dirhams.
Le secteur du cuir contribue   massivement   à   l’emploi   et   à   l’économie,   notamment   à   l’export.   Les  
exportations globales de la filière cuir ont enregistré en 2013 une valeur de 3 milliards de dhs soit une
évolution  de  3,6%  par  rapport  à  l’année  précédente.  Ce  secteur,  qui  occupe  une  place  majeure  dans  les  
exportations, est dominé par la branche de la chaussure qui représente 80% de la part des exportations
du secteur générant un montant de 2804 millions de dhs. Cependant, le secteur souffre   d’une  
problématique socio-économique et environnementale où les enjeux majeurs de développement
économique durable se retrouvent tout au long des filières du secteur. Par ailleurs, la filière emploie
17700  personnes,  avec  un  nombre  d’artisans  beaucoup  plus  important.

De   nombreuses   mesures   ont   été   menées   par   les   pouvoirs   publics   pour   renforcer   l’environnement  
général du commerce au Maroc. Dans cette perspective le Royaume a fait le choix de la libéralisation
de   son   économie   moyennant   l’adhésion   à   l’OMC   ainsi   que   la   signature   d’Accords   de   Libre   Echange  
avec ses principaux partenaires. Ces accords, ont   permis   de   renforcer   l’intégration   du   pays   à  
l’économie   mondiale   et   à   son   environnement. Ces réformes volontaristes se sont traduites par
l’élimination   des   mesures   non   tarifaires   tant   à   l’importation   qu’à   l’exportation,   la   simplification   du  
système de taxation des importations, la rationalisation du tarif douanier. Cette démarche a entrainé
une nette amélioration du cadre macroéconomique et du climat des affaires au Maroc. De plus, il existe
de nombreux projets de renforcement des capacités  des  institutions  d’appui au commerce à travers des
contrats   programme,   une   refonte   des   statuts…   ainsi   qu’une   assistance   financière   et   technique  
provenant de bailleurs de fonds entrainant le développement des exportations du Royaume.
En 2013, le Maroc a enregistré une valeur de 22 milliard USD soit 189 milliard de DHS des exportations
totales vers le Monde tandis  qu’en  2012  le  Royaume  avait  enregistré  une  valeur  de  21  milliard  USD  soit  

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180 milliard de DHS, ce qui représente une augmentation en 2013 de 4,5% des exportations par
rapport à 2012. Cependant, ces exportations restent inférieures par rapport à leur potentiel, aux
opportunités du marché mondial et aux nombreux accords de libre-échange signés par le Maroc. Cette
situation est due essentiellement   à   l’insuffisance   de   l’offre   exportable,   aux   irrégularités   du   cadre  
réglementaire  et  fiscal  actuel  qui  empêche  l’émergence  des  secteurs,  à  l’offre  marocaine  qui  demeure  
basique, les capacités  d’innovation  sont  faibles tant sur le plan de la formation des compétences que
sur le plan des appuis financiers. Aussi, il existe une   faible   capacité   d’adaptation aux conditions de
l’offre   et   de   la   demande   des   marchés   internationaux   ainsi   qu’aux   exigences   de   ces   marchés.   Enfin,  
malgré les efforts réalisés au cours des  dernières  années,  les  appuis  à  l’export  restent  insuffisants  par  
rapport à des pays similaires et concurrents.

II- OBSERVATIONS ET RESULTATS

1- Méthodologie

En vue de mener à bien cette mission de renforcement institutionnel, une sélection des Institutions
d’appui   au   commerce communément impliquées dans des   activités   et   services   d’appui   au  
développement et à la promotion des exportations a été effectuée conjointement par le Ministère
marocain  du  commerce  extérieur  et  l’ITC.
21 IAC ont été retenues selon leurs représentativités aux trois secteurs ciblés par la mission de
cartographie,   à   savoir   l’agroalimentaire,   la   pêche   et   le   cuir.   Ces   IAC   sont   ainsi   constituées   des  
Chambres   de   Commerce   de   Casablanca,   de   Fès,   d’Agadir,   d’une   Confédération,   de   Fédérations,
Associations sectorielles et Agences gouvernementales. Une fois ces considérations préliminaires
établies, le lancement officiel du projet, permettant de présenter les grandes lignes de la cartographie
institutionnelle,   s’est   déroulé   autour   d’une table ronde au   siège   de   l’ASMEX avec la participation de
certaines  IAC  retenues,  de  l’équipe  ITC  ainsi  que  le  Chef  de  Division du Ministère marocain chargé du
commerce extérieur.
Ceci a été suivi des consultations directes avec chacune des IAC, ainsi que   d’entretiens   avec   leurs  
responsables  et  décideurs  au  plus  haut  niveau,  sur  la  base  d’un  questionnaire  développé  par  l’ITC  (voir  
en annexe 1 la liste des IAC couvertes et le planning des rencontres).
Il  est  à  signaler  que  lors  de  cette  série  d’entrevues,  certains obstacles ont été relevés tels que le refus
de certaines IAC à répondre à des questions relatives au budget (la Caisse Centrale de Garantie…) ou
encore   l’impossibilité   de   rencontrer l’Etablissement Autonome de Contrôle et de Coordination des
Exportations (EACCE),  ramenant  ainsi  le  nombre  d’IAC  couvertes  à  20.
Ces entretiens ont permis :

d’avoir   une   vue   d’ensemble   sur   la   perception   de   l’environnement général du commerce


marocain ;

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de pouvoir identifier et évaluer les capacités institutionnelles, structures et compétences
existantes ;
examiner le portefeuille de services offerts et le potentiel de coopération interinstitutionnelle,
facilitant  l’échange  d’information  et  d’expertise,  entre  les  IAC.  
Sur la base des informations collectées, une analyse complète des réponses au questionnaire a été
réalisée, ce qui a permis de mettre en exergue,   pour   chaque   IAC,   l’analyse   des   forces,   faiblesses,  
opportunités  et  menaces  (SWOT),  les  manquements  en  termes  de  services  d’appui fournis ainsi que les
besoins  en  termes  d’assistance  technique  en  vue  de  renforcer  le  dispositif  institutionnel.  
Afin  d’étayer  cette  analyse,  des recherches ont été effectuées à partir des études sectorielles récentes
(réalisées  à  la  demande  de  l’ITC), des sites web des différentes IAC rencontrées, ainsi que de  l’Oxford
Business Group Report 2013 (voir en annexe 2 les sources bibliographiques utilisées).

2- Architecture du dispositif institutionnel marocain d’appui au commerce pour les IAC


retenues.

Le     dispositif   institutionnel   marocain   d’appui   au   commerce   recouvre   des   aspects   protéiformes   qu’il  
convient de détailler :
- Des Ministères pour penser la politique commerciale.
- Des Chambres de commerce, d’industrie et de services, établissements à statut public et
chargés  du  développement  économique  d’une  région.
- Des   Agences   créées   par   l’Etat   pour   promouvoir   le   développement   et   la   promotion   des  
exportations tels  que  le  CMPE  ou  encore  l’ANPME  pour  la  mise  à  niveau  des  entreprises.
- Des Fédérations sectorielles  qui  fédèrent  en  général  un  secteur  d’activité  avec  l’ensemble  des  
associations de ce secteur tels que la FENAGRI ou encore la FEDIC.
- Des Associations se  regroupant  sur  des  activités  de  type  transversal  tel  que  l’ASMEX.
- Des Associations se regroupant sur des caractéristiques socio-économiques (PME, PMI /
Jeunes  entrepreneur)  tels  que  le  CJD  ou  encore  l’AFEM.
- Des Associations sectorielles qui  regroupent  des  entreprises  de  même  secteur  tel  que  l’AB2C.

Toutes ces institutions recouvrent une même réalité :   celle   d’une   volonté   de   regrouper  des   membres  
pour leur procurer des réponses à leurs besoins, pouvant être obtenues dans de meilleures conditions
par une action collective.

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Niveau Institutions Spécialisation

• Commerce Extérieur
• Industrie
• Agriculture
• Pêches
Ministères

CMPE
Agences  créées  par  l’Etat
CNCE

OFEC

OCE

CCG

ONP
Central
ANPME

Chambre  de  Commerce  d’Industries  et  de  services  de  


Casablanca.

Chambre  de  Commerce  d’Industries  et de services de


Fès

Chambre  de  Commerce  d’Industries  et  de  services  


d’Agadir

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• CGEM
Institutions et groupements • Ficopam
d’entreprises  dans  les  diverses   • Fenip
filières  et  branches  d’activité • Fenagri
Sectoriel • Fedic
• AB2C
• ASMEX

• IMANOR

Fonctionnel Institutions • EACCE

• CJD

Transversal Institutions • AFEM

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Interactions entre les diverses parties prenantes à l’exportation

Les liens fonctionnels et/ou structurels entre ces   Institutions   d’appui au commerce avec leur
environnement et en particulier avec les fédérations et confédérations auxquelles elles sont elles-
mêmes adhérentes, ont également été analysés.
La   FENIP,   la   FICOPAM   et   l’AB2C   sont   toutes   les trois membres de la FENAGRI, fédération
représentant le secteur de  l’agroalimentaire. Cette dernière, ainsi que la FEDIC, Fédération du secteur
du cuir sont toute deux membres de la CGEM et de l’ASMEX une association à caractère transversal
(les flèches rouges sur le schéma indiquent la relation de membre).
L’ensemble de ces IAC sont reliées  d’une  façon  ou  d’une  autre  à  la  CGEM,  confédération  patronale  qui  
joue un rôle fédérateur sur les grands dossiers transversaux et internationaux et respectent les
particularités sectorielles et régionales. L’OFEC servant d’outil   d’organisation de foires et de salons
sectoriels.
Le CMPE, quant à lui, dispose d’une place centrale au sein du dispositif institutionnel de
développement et de promotion des exportations marocaines et représente le bras promotionnel du
milieu des exportations et ainsi toutes  les  IAC  d’appui  à  l’export bénéficient des services de promotion à
l’exportation   tels   que l’organisation   de   foires,   de   salons internationaux, ou encore de missions BtoB
(Les  flèches  bleus  sur  le  schéma  indiquent  la  relation  d’échange et de coopération interinstitutionnel).
La partie inférieure du schéma représente la tutelle ministérielle des agences gouvernementales et des
Chambres de commerce  d’industrie  et  de  services.

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3- Matrice « Forces, Faiblesses, Opportunités et Menaces » SWOT

Sur la base des questionnaires fournis par le Centre du Commerce International, les analyses SWOT
ont été construites suite aux entretiens menés avec les IAC répondant à un questionnaire identique.
Ont été mis en exergue les différents facteurs qui conditionnent leurs capabilités à développer et fournir
des  services  d’appui  répondant  aux  besoins  et  attentes de leurs bénéficiaires cibles. Une considération
particulière a été portée à divers facteurs,  aussi  bien  endogènes  qu’exogènes  tels  que : mandat officiel
des institutions, appui gouvernemental, audience-cible, réseau et coopération interinstitutionnelle, de
communication, d’information,   de   ressources principales, portefeuille de services d’appui, alliance et
partenariats stratégiques ainsi  qu’évaluation  et  mesure  d’impact.                  

Concernant  les  services  d’appui  susceptibles  d’être  offerts,  l’absence  de  service  n’est  pas  en   soi une
faiblesse car la majorité des membres perçoit l’utilité  de   l’association   ou   de   la   fédération   à   travers  le  
« Service Plaidoyer »   en   terme   d’initiatives   visant   à   faciliter   le   dialogue   public/privé   et   la   défense   de  
dossiers sur des questions de politique commerciale.

Dans un premier temps, des analyses SWOT ont été établies pour chaque IAC. Pour cela, ont été mis
en lumière les critères mentionnés ci-dessus présentant une force ou une faiblesse puis leur évaluation
afin de les positionner par rapport à la matrice SWOT ne retenant ainsi que les plus pertinents pour
l’IAC   concernée. Dans un deuxième temps, un regroupement des IAC par secteur   d’activité a été
effectué afin de ressortir une analyse SWOT par   groupe   d’institutions   opérant dans la même filière.
Ainsi, seules les forces, faiblesses, opportunités et menaces qui se confirment et se renforcent dans les
SWOT des IAC correspondant à chaque secteur ont été retenues.

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3.1 Analyse SWOT par IAC

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3.2 Analyse SWOT par secteur

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4- Cartographie des services d’appui existants.

Le  défi  des  Institutions  d’appui  au  commerce  est  de  développer  et  fournir  une  gamme  assez  complète  
de  services  d’appui  au  commerce  répondant  aux  besoins  et  attentes  de  leurs  bénéficiaires  cibles.  Ces  
services peuvent être classifiés en quatre catégories principales :

- Les   services   d’information   et   d’intelligence   commerciale, tels   que   l’amélioration   de   l’accès   à  


l’information  permettant  la  compréhension  des  attentes  des  marchés  cibles  et  la  sensibilisation  
des entreprises aux opportunités commerciales.

- Les   services   d’appui   au   développement   à   l’exportation, tels que   l’accompagnement   des  


entreprises (permettant   d’améliorer   leur   productivité,   performance   et   compétitivité   sur   les  
marchés internationaux),  la  mise  en  œuvre  de  programmes de mise à niveau développant les
capacités entrepreneuriales des PME, ou encore la mise en place de formation en
développement  de  produit  et  innovation  et  de  formation  sur  les  conditions  d’accès  aux  marchés  
internationaux (leur fonctionnement, leurs exigences).

- Les services de promotion des exportations,  tels  que  l’aide  à  la  mise  en  relation  d’affaires  des  
PME  et  l’organisation  d’évènements promotionnels nationaux et internationaux.

- Les  services  liés  à  l’amélioration  de  l’environnement  général  du  commerce, tels  que  l’accès  au  
financement  à  l’export  pour  les  PME  ou  encore  le  renforcement  du  dialogue  et  du  partenariat  
public-privé et le plaidoyer en faveur de la simplification des procédures du commerce.

Ces activités offertes par les institutions marocaines présentent chacune un niveau de pertinence par
rapport au portefeuille global de services de chaque institution. Autrement dit, le service peut être offert
selon trois niveaux :
- Régulier :  Le  service  constitue  une  activité  de  base  de  l’institution. Il est offert de façon à la fois
proactive  mais  aussi  sur  demande  spécifique  d’un  utilisateur.
- Sur demande : Le service, non régulier, est offert en réponse à une demande spécifique du
client.
- Ponctuel/ Ad-hoc :   S’applique   à   un   service   fourni   à   l’initiative même de   l’institution mais de
façon ponctuelle, sans généralisation nécessaire.

4.1 Services effectivement disponibles


Les entretiens avec les responsables des IAC visitées ont permis de passer en revue les services
offerts à leurs membres et clients. Pour chaque service, le questionnaire utilisé fait ressortir le degré de
pertinence du service rendu, à savoir si le service est offert régulièrement, à la demande, ou de façon
ponctuelle.
Dans un deuxième temps, sur  la  base  d’une  matrice  transmise  par  l’ITC,  une cartographie des services
d’appui  au  commerce  a été réalisée (voir en annexe 4 la cartographie des services) regroupant les 20

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IAC visitées et précisant les différents types de services et la fréquence des services fournis par chaque
IAC. A savoir la lettre « R », pour les services fournis de manière régulière, la lettre « D », pour les
services fournis sur demande et enfin la lettre « P » pour les services fournis de façon ponctuelle. Cela
a   permis   d’avoir une lecture globale et comparative de « qui offre quoi ? » avec quel degré de
pertinence.  Cette  vue  d’ensemble  est  un  indicateur  pour  les  PME  marocaines  qui  souhaitent recevoir un
service répondant à leurs besoins et permet  d’identifier la ou les IAC qui sont outillées pour satisfaire au
mieux les attentes des PME en terme :
1.  D’information  et  d’intelligence  commerciale
2.  D’appui  au  développement  à  l’exportation
3. De promotion des exportations
4.  D’amélioration  de  l’environnement  général  du  commerce
L’analyse  de la cartographie, révèle que sur les 58 services identifiés, il y a au moins une IAC pour offrir
le service demandé par les entreprises. Le service le plus offert parmi les 20 IAC est le plaidoyer qui
permet l’amélioration  de  l’environnement  général  du  commerce.  En  effet, à  l’instar  du  CMPE,  l’OFEC,  
l’OCE,  l’IMANOR,  la  CCG  et  l’AFEM,  le  dénominateur  commun  des  IAC  rencontrées  est  la  défense  des  
intérêts des opérateurs économiques du secteur. Les   services   d’information   et   d’intelligence  
commerciale quant eux sont  les  moins  fournis  en  termes  de  pertinence  car  les  services  d’information  
rendus représentent uniquement des services de collecte et de diffusion. La partie cruciale de ce
service qui est le volet traitement  et  analyse  de  l’information  est  inexistante  à  l’exception  du  CNCE  qui  
en est à ses tout débuts et  mériterait  d’être  renforcé.  De  plus,  l’information  commerciale  concernant  les  
différents  répertoires  d’entreprises  exportatrices  ou  importatrices  des  pays ciblés manquent de mise à
jour régulière.
Les   services   d’appui  au   développement   à   l’exportation   sont   offerts   par   l’ANPME   et   les   Chambres   de  
commerce. Les services de promotion des exportations sont offerts, à différents niveaux, par 13 des 20
IAC. Le CMPE joue pleinement son rôle de support de la promotion des exportations pour la PME. On
peut   déduire   de   cette   cartographie   que   l’essentiel   des   services   d’appui   au   développement   des  
exportations   est   couvert   par   l’ANPME   qui   assure   un   accompagnement   des   PME,   afin de les aider à
renforcer la productivité et la performance commerciale et à accroitre la compétitivité sur les marchés
internationaux.   La   plupart   des   services   fournis   par   l’Agence   sont   liés   au   développement   des  
exportations, en adéquation avec son mandat. Contrairement au CMPE, dont le mandat couvre aussi
bien le développement que la promotion des exportations et qui privilégie les services de promotion des
exportations au détriment du développement des exportations. Les   services   liés   à   l’amélioration   de  
l’environnement  général  du  commerce  est  l’affaire  de  toutes  les  IAC  à  l’instar  de  la  CCG  et  d’IMANOR.  
Enfin,  les  services  d’information  et  d’intelligence  commerciale  sont  disponibles  chez  les  IAC  mais  avec  
peu de pertinence.

4.2 Identification des services à renforcer


Si  tous  les  services  sont  plus  ou  moins  offerts,  il  n’en  demeure  pas  moins  que  certains  services  sont  à  
renforcer.  Les  services  dépendent  de  l’identification   et des attentes des PME ainsi que des membres

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des différentes  Fédérations  et  Associations.  Ce  volet  d’identification  se  doit  d’être professionnellement
mené et ce de  façon  dynamique  et  régulière.  Ce  prérequis  permettrait  aux  IAC  de  s’assurer  que  leurs  
services répondent à des attentes réelles de leurs bénéficiaires cibles.
Concernant   les   services   d’information   et   d’intelligence   commerciale,   l’analyse   des marchés ainsi que
les contacts commerciaux  se  doivent  d’être  renforcés  en  termes  d’analyse  de  l’information commerciale
mais aussi d’identification  de  l’offre  exportable  et des importateurs des pays cibles intéressés par cette
offre. Seul  le  service  couvrant  les  conditions  d’accès  aux  marchés  en  termes  de  collecte  et  de  diffusion  
aux entreprises est offert par la majorité des IAC sectorielles. Il est à noter que les services informatifs
se limitent à la collecte et à la diffusion sans traitement et analyse des données qui serait une valeur
ajoutée  pertinente  pour  les  bénéficiaires.  La  majorité  des  IAC  n’offrent  pas  ce  type  de  service  « Analyse
des marchés et Contacts commerciaux » qui semblerait être la mission du CNCE qui doit jouer son rôle
d’observatoire  du  commerce  extérieur.  
Les  services  d’appui  au  développement  à  l’exportation  qui  ont  pour  objectif  principal  l’amélioration  de  la
compétitivité sont essentiellement couverts par   l’ANPME   qui   propose   des   programmes   de   mise   à  
niveau aussi   bien   aux   TPE   qu’aux   PME.   Des   programmes   tels   que   « Imtiaz » qui aide les PME à
renforcer leurs actifs corporels et incorporel et prévoit d’accompagner   50   entreprises   à   fort   potentiel  
chaque année sur la période 2009-2015   en   leur   attribuant   une   prime   à   l’investissement matériel et
immatériel   qui   couvre   20%   du   montant   total   de   l’investissement.   Ou   encore   le   programme  
« Moussanada », un programme   d’accompagnement   des   entreprises   dans   leur   démarche   de  
modernisation  et  d’amélioration  de  leur  compétitivité.  Il  vise  à  accompagner  500  entreprises  par  an  à  
améliorer  leurs  systèmes  d’information  sur  les  cadences  de  production  et  de  commercialisation  et peut,
par ailleurs, couvrir des domaines variés, tels que la qualité, la logistique et le marketing. Ces produits
sont diversifiés et adaptés mais insuffisants compte tenu de la concurrence géographique. En  d’autres
termes,   l’ANPME   gagnerait   à   créer   et renforcer des relais régionaux pour permettre à un plus grand
nombre  de  TPE  et  PME  de  profiter  des  services  d’appui  au  développement  à  l’exportation.
Les services de promotion des exportations sont plus ou moins offerts par 13 IAC dont la principale est
le  CMPE.  Cette  promotion  mériterait  d’être  mieux  canalisée en  augmentant  les  échanges  d’expériences
entre les différentes IAC en termes de promotion des exportations, particulièrement entre les CCIS et le
CMPE. En termes de couverture géographique, ce qui est   valable   pour   l’ANPME   est   valable pour le
CMPE. En effet, le CMPE gagnerait à offrir des services de proximité pour permettre à tout le potentiel
exportable  de  s’exprimer  et  de  bénéficier  de  la  promotion  des  exportations  offertes par le CMPE.
Les services  liés  à  l’amélioration  de  l’environnement  général du commerce sont les mieux fournis grâce
au service de plaidoyer qui semble être le cheval de bataille de toutes les IAC. Surtout des services en
termes  d’initiatives visant à faciliter le dialogue public/privé et la défense de dossiers sur des questions
de politique commerciale.
Parmi  les  58  services  d’appui,  56%  sont  offerts  de  manière  ponctuelle  et/ou  à la demande, les renforcer
se traduirait par des services réguliers qui démontreraient la proactivité des IAC.

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III- CONCLUSION DU RAPPORT PRELIMINAIRE

Ce   rapport   préliminaire   se   concentre   sur   un   diagnostic   des   capacités   des   IAC   ainsi   qu’une  
analyse des  services  d’appui  au  commerce  existants.  Cette  première  étape  sera  suivie  d’un  rapport  où  
nous nous focaliserons sur les recommandations en vue de renforcer les capacités des IAC et le
renforcement de la coopération interinstitutionnelle. Sur ce dernier point, il est à noter que certains IAC
ont  compris  l’intérêt  de  renforcer  les  synergies  entre  elles  à  travers  des  conventions  et  des  accords  de  
coopération en vue de répondre aux problématiques de la PME marocaine qui est la bénéficiaire de
toutes les IAC.

Le   meilleur   exemple  de   convention  est   celle   signée   entre   la   FICOPAM   et   l’OCE   (le   25   Juillet  
2014)   où   la   problématique   des   approvisionnements   des   industries   de   l’agroalimentaire   peut   être
solutionnée   à   travers   l’agrégation des productions des agriculteurs   facilitée   par   l’OCE   dont   c’est   la  
mission  principale.  De  l’autre  côté de la chaine de valeur, les industriels à travers la FICOPAM pourront
assurer   un   approvisionnement   régulier   avec   un   minimum   d’intermédiation   et   ainsi   améliorer   leur  
compétitivité. Jusqu’à  présent,  l’industriel  du  secteur  de  l’agroalimentaire  avait  du  mal  à  regrouper  ses  
achats auprès de petits agriculteurs qui fournissaient des petites quantités à des endroits dispersés.
En 2014, plusieurs accords de conventions ont été signés ou sont sur  le  point  de  l’être.  Afin  que  ces  
derniers soient effectivement mis en   œuvre,   il   faudrait   désigner   au sein des parties signataires, des
responsables  de  suivi  de  mise  en  œuvre  des  conventions  signées  dont  les  objectifs  sont  louables.
Les entretiens avec les IAC ont mis en lumière des problèmes communs dont les principaux sont :
1- La faiblesse des ressources financières due à des montants de cotisations dérisoires et des
taxes de recouvrement très bas. De plus, certaines Associations ne règlent pas leurs
cotisations   à   leurs   Fédérations   prétextant   que   les   PME   membres   de   l’Association   cotisent  
directement au niveau de la Fédération sectorielle. Seul le secteur de la pêche ne connait pas
cette  cacophonie  car  l’amont  de  la  filière  à  travers  l’ONP  verse  à  la  FENIP  10  dh/t  de  poisson  
vendu aux industriels. La FENIP reversant à chaque association sa quote-part.
2- Méconnaissance   de   l’offre   exportable   qui   est   essentielle   due   à   un   manque   d’identification   de  
qui produit quoi ? Pour quel marché ? avec quelles capacités et quel potentiel ?
3- Les services rendus par les IAC ne sont pas forcément les services attendus par les PME.
Dans  le  cas  de  la  promotion  des  exportations,  les  IAC    les  plus  impliquées  dont  le  CMPE  n’ont  
pas   de   système   d’information   pour la gestion de la relation clientèle (CRM : Customer
Relationship Management).
En termes de mandat des IAC et Agences gouvernementales, le législateur a permis un développement
d’activités  qui  semblent  être  dupliqués  au  niveau  des  différentes  parties  prenantes  à  l’exportation.  Mais  
les IAC rencontrées reconnaissent que certaines institutions ont plus ou moins de crédibilité et de
notoriété à offrir certains services. Le meilleur exemple étant la convention de partenariat signée entre
le   CMPE   et   l’OFEC   en   Juillet     2014   où   les   rôles   de   chaque   institution   sont   clarifiés   en   plus   d’une  
mutualisation des moyens.

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