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Sommaire :

Introduction

Chapitre1 : Approche conceptuelle de la criminalité


d’affaires
Section1 : Le concept et les caractéristiques de la criminalité
d’affaires
 Paragraphe1 : Le concept de la criminalité d’affaires
 Paragraphe 2: Les caractéristiques de la criminalité d’affaires

Section2 : des théories sur la criminalité d’affaire et le profil du


délinquant

 Paragraphe1 : des théories sur la criminalité d’affaire


 Paragraphe 2: Le profil du délinquant

Chapitre2 : Les facteurs de la criminalité d’affaire et la


réglementation de cette dernière dans la législation
marocaine
Section1 : Les facteurs de la criminalité d’affaires
 Paragraphe1 : Les facteurs endogènes
 Paragraphe2 : Les facteurs exogènes

Section2 : Le droit pénal des affaires face à la criminalité


d’affaires

 Paragraphe1 : Le droit pénal marocain des affaires


 Paragraphe 2: Les infractions de droit commun appliquées aux droits des
affaires

Conclusion 

Introduction :
À côté du crime traditionnel, généralement considéré comme un phénomène
d'inadaptation sociale propre à des individus tarés, peu instruits, ayant des difficultés
matérielles, il existe une autre sorte de délits que l'on classe depuis quelque temps
sous des étiquettes diverses (crime en col blanc, crime d'affaires), bien qu'ils
désignent finalement une réalité unique.

La criminalité en col blanc est une catégorie de criminalité


financière introduite par E. Sutherland en 1939, Sa théorie a connu un succès
considérable, qui dépassa les frontières des Etats-Unis, et qui a définit la criminalité
d’affaire comme « un crime commis par une personne respectable et de haut rang
social dans le cadre de sa fonction ».

D’un point de vue criminologique, la criminalité d’affaire ou crime en col


blanc, est « l’acte d’une personne d’un statut socio-économique élevé respectable et
respecté, qui viole une règle légale ou pas relative à ses activités professionnelles, cet
acte est réalisé d’une manière ingénieuse, excluant presque sa découverte ».

D’un point de vue juridique, une notion donnée par le congrès de l’association
internationale du droit pénal : « la criminalité d’affaire englobe toutes les infractions
qui violent les normes légales faites par l’Etat pour réglementer la vie des affaires ».

Le problème de la criminalité d'affaires est certes n’est pas neuf, Il s'agit en premier
lieu, d'un domaine mal exploré, où le chiffre noir semble extrêmement élevé,
considérable et d'énormes bénéfices sont obtenus illégalement. Par ailleurs, une des
principales difficultés pour l'étude de cette forme de criminalité consiste dans le
caractère secret ou astucieux de cette criminalité, Il présente, par ailleurs, à cause de
ses liens étroits avec les problèmes sociaux contemporains, une profondeur d'une telle
importance qu'il risque de mener à des généralisations abusives.

L’intérêt de ce sujet est capital réside dans l’étude de la criminalité d’affaire comme
une forme particulière de criminalité, et de la réaction du législateur marocains face à
cette criminalité.

D’après ce qui précède, en quoi consiste la criminalité d’affaire ? Quelle gravité


présente cette criminalité par rapport à la criminalité du droit commun ?et est ce
que le Maroc dépend d’un arsenal juridique compétent pour lutter contre la
criminalité en col blanc ?

Afin de répondre à cette problématique, on a opté pour le plan suivant :

Chapitre1 : Approche conceptuelle de la criminalité d’affaires

Chapitre2 : Les facteurs de la criminalité d’affaire et la réglementation


se cette dernière dans la législation marocaine
Chapitre1 : Approche conceptuelle sur la criminalité
d’affaire
Dans ce chapitre on va traiter dans une première section le cadre
conceptuel et les caractéristiques de la criminalité d’affaires, et dans une
seconde section des théories sur la criminalité d’affaire ainsi que le profil
du délinquant en col blanc.

Section1 : Le concept et les caractéristiques de la criminalité


d’affaires
 Paragraphe1 : Le concept de la criminalité d’affaires

A côté de certaines infractions (abus de biens sociaux, et en général les


délits de société), qui caractérisent la criminalité en droit commun et
pourraient fournir des critères utiles de sélection, il existe d'autres
infractions (escroqueries, abus de confiance, fraude fiscale, etc.) qui
appartiennent aussi bien à la criminalité d'affaires qu'à la délinquance «
ordinaire » contre les biens.

En ce qui concerne l'auteur, deux facteurs, apparemment opposés,


semblent jouer un rôle criminogène. On devient criminel d'affaires soit
parce que l'on a fait des mauvaises affaires soit parce que les affaires
étaient trop fructueuses.

La criminalité économique représente un abus de confiance et de bonne


foi dans les relations d'affaires et porte ainsi atteinte à la crédibilité et à la
sécurité de certains secteurs d'activité économiques, voire de l'ordre
économique et financier dans son ensemble. Elle provoque des
dommages ou des préjudices considérables, non seulement sur un plan
strictement patrimonial, mais également à divers niveaux économiques et
sociaux.

 Paragraphe 2: Les caractéristiques de la criminalité d’affaires


La criminalité d’affaire présente de nombreuses caractéristiques :

La criminalité en col blanc est une criminalité commise par des


professionnels :

Il s’agit des délinquants d’affaire qui agissent illicitement dans le cadre de leur
activité au sein d’une entreprise, en se servent des mécanismes de fonctionnement
pour atteindre un intérêt économique, soit pour leur compte, soit pour le compte de
l’entreprise.

C’est une délinquance astucieuse :

Cette caractéristique s’explique par le fait qu’on est dans un domaine d’infractions
invisibles, caractérisées par l’usage des manœuvres frauduleuses faites pour tromper
et rester inconnu. Parmi ces infractions on peut citer : l’abus de confiance, fraude
fiscale, escroquerie… c’est pourquoi le chiffre noir de la criminalité d’affaire est plus
important par rapport à la criminalité ordinaire.

C’est une criminalité difficile à prouver :

la preuve est difficile à rapporter.

C’est une criminalité couteuse pour la société.

Section2 : Les théories sur la criminalité d’affaires et le


profil du délinquant
  Paragraphe1 : Des théories sur la criminalité d’affaires
Sutherland est un sociologue, criminologue et théoricien américain ; c’est le fondateur
de la théorie de la Criminalité d’affaire « criminalité en col blanc ».

Suivant la célèbre définition de Sutherland, le «crime en col blanc» est


l'activité illégale déployée par des personnes respectables et de classe
sociale élevée en relation avec leurs occupations professionnelles.

Les éléments constitutifs du crime en col blanc apparaissent donc


clairement:

1. - Il faut un « crime », ce mot étant pris dans le sens large


d'activité proclamée illégale par un corps législatif, et punissable d'une
peine ;

2. - Il faut que ce «crime» soit commis par une personne


respectable et de classe sociale élevée;

3. - Il faut qu'il ait un rapport direct avec les activités


professionnelles de cette personne.

Se situant dans la continuité de Sutherland, certains auteurs ont souligné


la nécessité d’étudier séparément la délinquance d’entreprise et la
délinquance individuelle ou occupationnelle.
Il s’agit alors de distinguer les activités délinquantes commises en
faveur de l’entreprise ou de l’employeur, et celles qui profitent à l’auteur
de l’infraction.

Émile Durkheim disait que la société sans criminalité n'existe pas, et ne


peut pas exister. Selon lui, le crime est un mal nécessaire pour faire
évoluer le droit mais il permet également à la société d'être en cohésion.

 Paragraphe 2: Le profil du délinquant

Le «crime en col blanc» est l'activité illégale déployée par des personnes
respectables et de classe sociale élevée en relation avec leurs occupations
professionnelles

Enrico Ferri, l’ un des fondateurs de l’école de criminologie positiviste


italienne, divise la société en considérant que tout en haut se trouve une
classe dominante « qui ne commet pas de crimes, organiquement
honnête », alors que tout en bas se trouvent des personnes « réfractaires à
tout sentiment d’honnêteté ».

La classe dominante, est définie comme l’ensemble des agents disposant


d’un pouvoir sur le fonctionnement d’un champ (politique, économique,
bureaucratique ou culturel) et sur les conditions de sa reproduction.

Alors que, Sutherland développe l’idée que des crimes peuvent aussi être
commis par les classes supérieures de la population.

Jusque-là̀ , selon la conception des positivistes italiens, la délinquance


était réservée aux seules classes défavorisées. Alors que Sutherland réfute
cette opinion en parlant d’une criminalité́ d’élite, commise par les
membres des secteurs économiques, lesquels profitent de leur pouvoir et
de leurs relations sociales pour commettre des infractions. « criminalité
d’affaire ».
Chapitre2 : Les causes et les facteurs de la criminalité
d’affaires et sa position au niveau national
Section1 : Les facteurs de la criminalité d’affaires
Les facteurs criminogènes sont les causes qui poussent le délinquant à
commettre des infractions, les criminologues les répartissent en
2catégories : les facteurs endogènes (prg1), et les facteurs exogènes
(prg2).

 Paragraphe1 : Les facteurs endogènes

La vraie question qu’il faut se poser est de savoir s’il existerait un gêne
du crime. Les premières analyses criminologiques ont essayé de
démontrer que certains facteurs criminogènes pouvaient se situer au
niveau du corps et ont donc fait des études scientifiques en ce sens. Leur
objectif était de combattre l’idée selon laquelle la délinquance
proviendrait d’un problème d’éducation. Pour eux, la délinquance doit
être recherchée au niv

eau des caractéristiques biologiques. Ces analyses ont été critiquées.

 Paragraphe 2 : Les facteurs exogènes

Les facteurs exogènes sont considérés comme des facteurs criminogènes


de nature individuelle car ils s’intéressent à l’environnement proche du
délinquant.

Cet environnement n’est pas statique. Il va être ponctué de divers


évènements qui vont le faire évoluer et qui peuvent s’inscrire dans une
certaines dynamique.
La famille joue indéniablement un rôle structurant sur la personnalité du
jeune et les criminologues ont pour habitude de mesurer l’influence
familiale à deux niveaux :

Le premier : l’influence directe, elle La deuxième : influence relevée


énonce que le comportement par les criminologues, c’est que le milieu
délinquanciel d’un proche parent va se familial va avoir une influence indirecte au
reporter sur le jeune ou sur le descendant point de bouleverser complètement le
dont la construction de la personnalité va jeune.
être perturbée, car les règles familiales
qu’on lui inculque sont en décalage par
rapport aux règles sociales qu’il est censé
respecter.

Le facteur professionnel peut également se révéler un facteur


criminogène car c’est lui qui va conditionner le milieu social de
l’individu.

Section2 : Le droit pénal des affaires face à la criminalité


d’affaires

Le droit pénal des affaires  est la branche du droit pénal qui sanctionne les
atteintes à l’ordre financier, économique et social et à la qualité de la vie,
mais aussi les atteintes à la propriété,

 Paragraphe1: Le droit pénal marocain des affaires

En droit pénal marocain des affaires, « La criminalité d’affaires


s’entend de toutes les infractions qui violent les normes légales faites par
l’Etat pour réglementer la vie des affaires ».

Le Maroc a adopté un projet de loi n°145-12 qui modifie et complète le


Code pénal et la loi n° 43-05 relative au blanchiment d’argent. Il s’est
investi dans l’amélioration des lois relatives à la lutte contre le terrorisme
et le blanchiment d’argent.

Le droit pénal des affaires incrimine et réprime certains comportements


lorsque: leur auteur a agi dans le cadre d’une entreprise. En se servant de
ses mécanismes de fonctionnement soit pour son propre compte soit pour
le compte de l’entreprise. Les infractions d’affaires sont des délits
professionnels.
 Paragraphe2 : Les infractions de droit commun appliquées aux droits des
affaires

Le crime en col blanc doit être rétabli dans son sens précis de délit
commis par une personne respectable et de classe sociale non inférieure
dans le cadre de ses affaires. Le droit pénal des affaires tend à sanctionner
la délinquance astucieuse c'est-à-dire des auteurs « homme d'affaire »,
« en col blanc ».

Le code pénal de 1962 prescrit des infractions de droit commun


applicable aux affaires: Vol, abus de confiance, escroquerie, faux et
usage de faux, corruption, recel, blanchiment de capitaux, etc.…

Le nouveau droit pénal mis en place se présente comme un instrument de


prévention et de répression, ses objectifs:

 La transparence;
 La protection des associés;
 La modernisation du droit des affaires ;

Le vol : Ce délit n'échappe pas au monde des affaires. Qu'il s'agisse des
affaires ou du droit commun. La peine encourue pour le délit de vol est la
même. Au même titre que l’escroquerie et l’abus de confiance.

Ce sont les infractions de droit commun qui ne relèvent pas du


DPA et pouvant être accomplies par un professionnel dans le cadre d’une
entreprise.