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Introduction au Théâtre négro-africain contemporain

I. Historique
Selon Aristote : « le théâtre est une imitation de la vie par des moyens (la parole, la
musique, le spectacle), par des objets( l’action, les caractères et les sentiments) pour un
but : la catharsis, l’effet de purification, de libération du spectateur »

Le Théâtre africain d’expression française est né à l’Ecole William Ponty.

De 1934 à 1949, les élèves de Ponty créent des spectacles colorés qui mêlent la musique,
les chants, les danses, les épopées etc. Les élèves regroupés par régions, rassemblent des
informations sur les coutumes ancestrales pour les faire revivre sur scène. L’objectif
était de faire revivre…. Mettant en scène les coutumes africaines, la rencontre de la
culture africaine et de la civilisation occidentale sans jamais remettre en cause la
légitimité du pouvoir coloniale.

Les trois grands axes thématiques exploités : la légende, l’Histoire, les coutumes. Ces
anciennes créations collectives seront reprises à titre personnel par d’anciens élèves
devenus auteurs, et formeront le premier contingent des pièces africaines
francophones. 

En 1938, un groupe d’anciens élèves ivoiriens fonde le Théâtre Indigène de la Côte


d’Ivoire.

Au lendemain des indépendances, le théâtre africain prendra 3 directions principales:

1. Le théâtre historique ou l’exaltation du passé négro-africain:

Elle se fait souvent par le truchement des pièces historiques qui ont pour fonction de
restituer au passé africain, son prestige et sa grandeur, restaurer dans leur dignité
des sociétés et les personnages du passé précolonial. Jean Pliya évoque la fin du
royaume de Dahomey dans Kondo, le requin 1967. Bernard Zadi Zaourou la fin de
l’Almamy Samory dans les Sofas, Cheik Aliou Ndao la fin de Albouri le roi du Djolloff,
La tragédie du Roi Christophe Cesaire

Le recours à l’histoire a donc pour but comme l’écrit Cheik Ndao « d’aider à la
création de mythes qui galvanisent le peuple et le portent en avant ».

2. La Comédie des mœurs ou théâtre satirique :

Ce second courant analyse les conflits qui résultent de l’affrontement de la tradition


et du modernisme, le problème de dot, de la polygamie etc. Parmi les pièces de ce
courant nous pouvons citer : Le Lion et la perle Wollé Soyinka, ‘’Trois prétendants…
un Mari de G.O MBIA.
Les dramaturges s’attachent à décrire les conséquences négatives de l’argent sur les
coutumes et traditions. Celles-ci deviennent risibles en ce sens qu’elles n’ont plus
d’autre fondement que de servir de prétexte à la course à l’argent et au pouvoir (cf.
La Marmite de Koka-Mbala 1966 du congolais Guy Menga. L’autorité des anciens se
décrédibilise lorsqu’elle utilise la dot comme un moyen d’enrichissement personnel
‘’Trois prétendants…Un mari (1964). Une bonne partie de ce Théâtre va faire de la
coutume un obstacle à l’épanouissement de la civilisation dont les jeunes sont
porteurs.

3. Le théâtre politique (critique des mœurs politiques ) :

Ce courant s’attaque à la corruption, à l’incivisme et à l’appétit de pouvoir de la


nouvelle classe politique africaine née après les indépendances. Parmi ces pièces :
Monsieur Thôgô-gnini B. Dadié, Une Saison au Congo Cesaire. Par ailleurs, les
dramaturges de ce courant développent l’idée de résistance à l’oppression et à
l’impérialisme occidentale à tout prix. A titre indicatif, le théâtre de l’ivoirien Charles
Nokan est particulièrement illustratif : Les Malheurs de Tchakô 1962, Abraha Pokou
ou une grande africaine 1972.

N.B La préoccupation fondamentale du théâtre africain moderne est de s’inscrire


dans la lutte pour l’émancipation de l’Afrique. Ce qu’il faut, c’est présenter au public
des thèmes répondants à ces aspirations.

« Transposer la réalité sociale, produire « des images, des pensées de formes et de


fonds populaires dont tout un peuple pourrait tirer enseignements et faire sa
nourriture spirituelle » Jean Copeau

 Le Kotéba : théâtre villageois, dont une des fonctions est de résoudre par
l’humour les problèmes familiaux ou communautaires