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Pourquoi stimuler la culture

entrepreneuriale et
l’entrepreneuriat dans nos
collectivités?

Centre de recherche et de vigie sur la culture entrepreneuriale

Fondation de l'entrepreneurship

Avril 2009
Table des matières

1. L’importance de développer une culture entrepreneuriale dans nos communautés................3


1.1. Définition de la culture entrepreneuriale............................................................................................3
1.2. Importance de la culture entrepreneuriale .......................................................................................4
2. L’importance de supporter l’entrepreneuriat dans nos communautés 5
2.1. Définition de l’entrepreneuriat..............................................................................................................6
2.2. L’importance de miser sur l’entrepreneuriat pour assurer le développement
économique et social de nos communautés...........................................................................................6
2.2.1. L’importance de la sensibilisation à l’entrepreneuriat à l’école et de la réalisation de
projets entrepreneuriaux ...............................................................................................................................7
2.2.2. L’importance du démarrage d’entreprises pour nos économies locales ................................7
2.2.3. L’entrepreneuriat local versus l’accueil et le support aux entreprises « étrangères » ............8
2.2.4. Le développement local par l’entrepreneuriat versus le développement économique.....8
2.2.5. Pourquoi entreprendre ? En rafale ! ...............................................................................................10
2.2.6. Quelques témoignages en faveur de l’entrepreneuriat ............................................................11
Conclusion......................................................................................................................................................12
Bibliographie ..................................................................................................................................................14
Annexe ............................................................................................................................................................16

2
Vous trouverez, dans ce document, un bref argumentaire justifiant, d’une part, l’importance
de développer une culture entrepreneuriale et, d’autre part, de supporter l’entrepreneuriat
pour assurer, à nos collectivités, régions et localités, prospérité, richesse et pérennité.

1. L’importance de développer une culture entrepreneuriale dans nos communautés


Afin de démontrer l’importance du développement d’une culture entrepreneuriale pour
assurer le développement et la prospérité de nos régions et localités, nous présenterons tout
d’abord notre définition de la culture entrepreneuriale, pour ensuite poursuivre avec les
raisons justifiant son importance pour générer des entrepreneurs et des entreprises. Nos dires
seront par la suite appuyés par le fruit des recherches de M. Paul-Arthur Fortin, dirigeant,
chercheur et auteur émérite en entrepreneuriat.

1.1. Définition de la culture entrepreneuriale


La culture entrepreneuriale représente l’ensemble des valeurs et des convictions
partagées, des savoir-être, des savoir-faire et des savoir-agir qui orientent plus ou moins
consciemment le comportement des personnes, des institutions et de la population à
l’égard de l’entrepreneuriat.

En ce sens, la culture entrepreneuriale peut être assimilée à un environnement propice à


l’émergence de l’entrepreneuriat et des valeurs entrepreneuriales (autonomie, créativité,
responsabilité, solidarité, innovation, etc.) ainsi qu’à la reconnaissance de la contribution
des entrepreneurs à leur milieu1.

La culture entrepreneuriale touche l’ensemble de la population et des institutions d’un


territoire.

Les défis de l’entrepreneuriat

1) Stimuler la culture entrepreneuriale


Défis: légitimité sociale et crédibilité de l’entrepreneuriat

2) Générer des entrepreneurs


Défis: attitudes et valeurs entrepreneuriales

3) Générer des entreprises


Défis: compétences et capacités entrepreneuriales

4) Supporter les 3-4 premières années de


création
Défis: Savoir faire et savoir être en affaires

1Ministère de L’Éducation, du Loisir et du Sport, Défi de l’entrepreneuriat jeunesse. Le Portfolio de l’entrepreneuriat


au secondaire. 2008, p.11.

3
1.2. Importance de la culture entrepreneuriale
Tel qu’illustré par la pyramide inversée précédente2, la stimulation de la culture
entrepreneuriale constitue la base pour générer des entrepreneurs et des entreprises au
sein de nos localités. Ce travail nous permettra d’assoir, dans la localité ou la région, la
légitimité sociale du métier d’entrepreneur et de développer la crédibilité des gens
d’affaires et des individus en manifestant les valeurs. Cette valorisation de la carrière
entrepreneuriale est donc essentielle pour pousser les citoyens à considérer cette avenue
comme mode de vie et comme gagne-pain. Dans la même optique, cela permettra
d’atteindre la clientèle plus jeune des localités et régions en leur permettant, très tôt, de
rêver à devenir entrepreneur, cette profession étant dorénavant respectée et valorisée
dans la société comme l’est, par exemple, un joueur de hockey, un médecin, un
pompier…

Bref, un milieu plus entrepreneurial permet de générer des entrepreneurs (des personnes
ayant foi en l’avenir, qui aiment prendre des risques, des gens créatifs et des innovateurs
qui voient dans les problématiques dessinant le portrait de nos localités des défis à
relever, des opportunités à saisir !). Ces caractéristiques deviendront véhiculées par le
milieu lui-même et intégré aux différentes sphères le composant (école, politique, médias,
social, communautaire, économique, etc.). De cette façon seront développées des
entreprises, intégrées dans le milieu, et créées pour répondre aux besoins perçus dans ce
même environnement.

Pour ce faire, les organismes socioéconomiques de soutien à l’entrepreneuriat seront


d’une aide capitale, autant pour les dimensions technique que financière, et à la fois
pour les entreprises nouvellement créées que pour celles ayant déjà à leur actif quelques
années d’activité. Cela permettra au milieu de contribuer au développement et à la
croissance d’entreprises pérennes, fournissant emplois et richesse à la région ou à la
localité. Ces entreprises s’impliqueront également dans leur milieu, que ce soit sous la
forme de mentorat, de formation de stagiaires, de participation à des causes sociales,
d’attrait d’autres entreprises ou d’activités d’exportation faisant connaître la localité ou
la région dans d’autres lieux.

En côtoyant la population au quotidien, ces entrepreneurs deviendront moins mystiques,


plus accessibles, et différents modèles d’entrepreneurs à succès créeront une
« contamination positive entrepreneuriale ». Ils pourront faire des tournées dans les écoles,
pour parler aux enfants de la beauté du métier d’entrepreneur, de la grande liberté qu’il
entraîne, de la fierté qu’il procure. Votre voisin entrepreneur vous permettra de réaliser à
quel point il redonne à la collectivité, par exemple en embauchant votre fils, en
fournissant des fonds pour le développement d’une entreprise qui lui est complémentaire,
en investissant dans des causes communautaires, etc.

Voilà également pourquoi ces entreprises, bien enracinées dans la région ou dans la
localité, auront plus de difficultés, contrairement aux grandes entreprises étrangères, à
congédier massivement leur personnel ou à prendre la décision stratégique de déplacer
leur siège social vers des endroits moins coûteux en main-d’œuvre…En effet, ce sont leurs
voisins qu’ils emploient, et l’avenir de leur localité qui repose sur leurs épaules…

Voilà donc pourquoi il est important de travailler sur la culture, et ce, à tout moment ! Il
n’est jamais trop tard pour y travailler, mais il est toujours urgent d’y investir les efforts.
Quand devons-nous nous y consacrer ? Dès maintenant ! Pourquoi ? Les régions du
Québec enregistrent des résultats préoccupants quant à l’entrepreneuriat, et ce portrait
risque fort de perdurer, si l’on se fie aux faibles intentions entrepreneuriales mesurées en
janvier 2009 par la Fondation de l’entrepreneurship grâce à l’indice entrepreneurial.

2Riverin, Nathaly. Centre de vigie et de recherche sur la culture entrepreneuriale. Fondation de l’entrepreneurship,
Conférence “Mobilisez le potentiel entrepreneuriale de votre collectivité », 2008.

4
Le mieux serait évidemment d’être proactif…mais nous avons malheureusement dépassé
ce stade…Il faut donc travailler sur la culture entrepreneuriale dès que l’on constate un
problème au niveau des performances entrepreneuriales (peu de démarrages
d’entreprises, fermetures d’entreprises établies) ou de la relève entrepreneuriale (encore
faut-il avoir des jeunes intéressés par ce métier et ayant développé les compétences
nécessaires qui s’acquièrent par l’école, mais aussi par l’essai et la pratique…). La très
grande majorité des régions québécoises correspondent d’ailleurs à ce portrait
problématique…

Mentionnons d’emblée que le développement d’une culture entrepreneuriale et,


conséquemment, la génération d’entrepreneurs et d’entreprises, est un excellent moyen,
maintenant prouvé comme « réunificateur » d’une collectivité. Comme il est bien connu,
la plupart des régions du Québec ont une histoire qu’il leur est propre…empreinte de
conflits internes et d’égos à satisfaire…Chaque région a évidemment des petites guerres
internes, freinant les efforts de mobilisation du milieu en faveur de l’entrepreneuriat et
décourageant plusieurs acteurs socioéconomiques…Vous trouverez, en annexe, un fait
vécu démontrant, au contraire, les bienfaits de l’entrepreneuriat pour faire tomber ces
barrières culturelles et réunifier, concrètement et non seulement dans les divisions
territoriales ou politiques, l’ensemble de la population autour d’exemples positifs
partagés…Cet exemple démontre que nos conflits ne devraient pas freiner nos efforts car
l’entrepreneuriat se veut un important moteur de réconciliation, donnant à chacun des
groupes en conflit, avoué ou non, un objectif commun.

Avant d’enchaîner avec l’entrepreneuriat proprement dit, voici, dans les lignes qui
suivent, les dires de M. Paul-Arthur Fortin3, témoignant de l’importance, pour nos localités
et nos régions, de travailler à développer la culture entrepreneuriale.

 « La culture entrepreneuriale d’un milieu est garante de la venue et du


développement d’entrepreneurs dans ce milieu, et partant, de la création
d’entreprises, d’emplois et de richesse pour ce milieu4.».
 « Cette culture dite entrepreneuriale assure aux milieux une récolte de nombreux
candidats à l’entrepreneuriat, récolte non seulement abondante mais aussi
compétente et de qualité puisqu’un milieu valorisant la culture entrepreneuriale
développe progressivement des formations et perfectionnements adaptés5
 « De plus en plus de témoignages et d’expériences me confirment que la culture
entrepreneuriale est un antidote à la pauvreté6 »
 « Toute culture qui n’est pas appuyée par une certaine création de richesse par les
gens concernés risque de disparaître à plus ou moins long terme ».

2. L’importance de supporter l’entrepreneuriat dans nos communautés


Après avoir constaté que l’entrepreneuriat prend assise dans un milieu arborant une culture
entrepreneuriale forte, poursuivons cette réflexion en définissant, d’abord, ce qu’est
l’entrepreneuriat pour enchaîner dès lors sur les raisons justifiant que les localités et les régions
prennent le virage entrepreneurial pour assurer leur croissance économique et leur
développement durable. Dans la même optique que la section précédente, nos affirmations
seront tour à tour appuyés par les faits démontrés par différents chercheurs, sommités et
auteurs en entrepreneuriat.

3 Paul-Arthur Fortin est un grand chercheur et auteur en entrepreneuriat et ancien directeur général du Cégep de
Jonquière. Il a reçu notamment, en 2008, le prix Hermès, la plus prestigieuse distinction que décerne la Faculté des
Sciences de l'Administration de l'Université Laval».
4 Paul-Arthur Fortin. Entreprendre pour contrer la pauvreté. Centre de vigie et de recherche sur la culture

entrepreneuriale, Fondation de l’entrepreneurship, bulletin no.9, décembre 2005.


5 Ibid.
6 Ibid.

5
2.1. Définition de l’entrepreneuriat
Par entrepreneuriat, il est entendu l’appropriation et la gestion des ressources humaines
et matérielles dans le but de trouver, de proposer et d’implanter des solutions qui
répondent aux besoins des groupes ou des individus. L’entrepreneuriat comporte une
attitude qui pousse une ou des personnes à se lancer dans une nouvelle activité et à
prendre les moyens pour réaliser un rêve ou un désir, tout en tenant compte des risques
de l’aventure.

À la base de l’entrepreneuriat, il y a toujours un entrepreneur, défini comme un


réalisateur de projets et, dans un sens plus strict, comme une personne capable de
transformer un rêve, une idée, un problème ou une occasion en une entreprise7. Il s’agit
donc d’une attitude générale qui peut constituer un atout précieux dans la vie
quotidienne et professionnelle de tout citoyen.

Un entrepreneur a comme caractéristique prédominante l’innovation. Ainsi, il observe son


milieu, ses faiblesses, ses forces, mais aussi les menaces et les opportunités qui se dessinent
dans l’avenir. Il visualise ensuite son projet et le développe, en utilisant son imagination et
l’innovation, venant ainsi répondre à un besoin de son environnement. Les entrepreneurs
sont les créateurs indispensables à l'animation, au dynamisme et à la réussite de nos villes,
de nos régions et de notre pays. Ils sont les organisateurs des processus de création de
richesse économique. Ils poursuivent des opportunités et s’efforcent de les concrétiser en
utilisant des techniques appropriées de gestion et de management.

2.2. L’importance de miser sur l’entrepreneuriat pour assurer le développement


économique et social de nos communautés
L’Organisation canadienne de développement économique (OCDE) a identifié 4
facteurs prioritaires pour favoriser la croissance et le développement local8 :
 l’innovation ;
 la présence de travailleurs qualifiés ;
 l’entrepreneuriat ;
 la cohésion sociale.

Tel que mentionné précédemment, l’entrepreneur est à la base synonyme d’innovation,


et la cohésion sociale s’obtient également en développant une culture entrepreneuriale
dans laquelle les entrepreneurs se sentiront valorisés, appuyés et, conséquemment, pour
laquelle ils auront envie de « redonner au suivant », par exemple par le mentorat, par
l’employabilité ou en s’investissant dans des causes locales.

Quant à la présence de travailleurs qualifiés, il a été observé, dans le cadre du Concours


québécois en entrepreneuriat, qu’un impact direct du développement du goût
d’entreprendre par l’école réside en l’enracinement et en la rétention des jeunes dans la
collectivité, contrant ainsi l’exode de même que le décrochage scolaire.

Conséquemment, l’entrepreneuriat permet, combiné à la présence de bonnes


institutions d’enseignement, d’atteindre les quatre facteurs prioritaires garants de la
croissance et du développement local.

7 Op.Cit. Ministère de L’Éducation, du Loisir et du Sport. Le Portfolio de l’entrepreneuriat au secondaire. 2008, p.11.
8 OCDE, « Local governance and the drivers of growth », 2005.

6
2.2.1. L’importance de la sensibilisation à l’entrepreneuriat à l’école et de la réalisation de
projets entrepreneuriaux

Pour poursuivre avec le monde scolaire, différents impacts ont déjà été observés par le
Concours québécois en entrepreneuriat, qui a comme mission de favoriser le
développement de l’entrepreneuriat au Québec en récompensant les initiatives
entrepreneuriales en milieu scolaire ainsi que la création d’entreprises. Ses interventions se
situent donc davantage à l’étape du démarrage, dont nous argumenterons d’ailleurs
l’importance après la présentation des principales retombées observées et mesurées par
le Concours.

En somme, on observe qu’entreprendre à l’école permet :

• « d’augmenter la persévérance scolaire ;


• de diminuer les troubles de langage et d’apprentissage ;
• d’atténuer les troubles de comportement et d’inattention ;
• de renforcer le sentiment d’appartenance à l’école ;
• de renforcer la motivation des enseignants ;
• d’augmenter le sentiment de fierté des directions ;
• de positionner positivement l’école dans la communauté ;
• de favoriser l’arrimage entre l’école et son milieu ;
• de favoriser l’enracinement des jeunes dans leur collectivité 9».

Voilà donc des résultats concrets qui permettront aux jeunes, qui sont en fait les citoyens,
les agents de changement de nos collectivités de demain, de prendre leur avenir en
mains et d’apporter des solutions créatives aux défis prévalant dans nos collectivités. Ils
auront déjà appris, mais surtout expérimenté, la créativité, l’innovation, la responsabilité,
la liberté, l’autonomie, le goût de relever des défis, et l’appropriation de ces valeurs
permettra aux régions et localités du Québec de relever les enjeux de leur collectivité et
d’y voir des opportunités plutôt que des problèmes et des impasses. Entreprendre, c’est
s’investir, prendre des risques et croire en l’avenir. Qui ne voudrait pas de citoyens ayant
ces caractéristiques pour dynamiser leur région ?

2.2.2. L’importance du démarrage d’entreprises pour nos économies locales


Pour revenir à l’étape du démarrage d’entreprises, encouragée et soutenue notamment
par le Concours québécois en entrepreneuriat et par combien d’autres organismes de
soutien à l’entrepreneuriat dans les différentes régions du Québec, diverses sources nous
montrent l’importance, au-delà de pérenniser les entreprises existantes, de créer de
nouvelles entreprises. Voici donc les propos d’Armington et al à ce sujet.

Depuis les années 80, suite aux travaux de David Birch (1979; 1987), il est reconnu que les
PME créent la majorité des emplois. Le travail autonome est en croissance depuis les vingt
dernières années et a permis de générer près de 80,0 % de la création nette d’emplois
pendant les années 1990.

9 Concours québécois en entrepreneuriat. Présentation de Natacha Jean, présidente directrice générale du

Concours, à l’Université Laval.


http://www5.fsa.ulaval.ca/webdav/site/fsa/shared/fichiers/Congres_conferences/cfe2008/atelier6_jean.pdf

7
Par contre, les études d’Armington et al. démontrent que :

«Ce sont plutôt les nouvelles entreprises (de zéro à un an) qui génèrent
les nouveaux emplois. Étant donné que la très grande majorité des
entreprises qui démarrent leurs activités sont de petite taille, il était
logique de dire que les PME créaient les nouveaux emplois, mais ce
n’est toutefois pas exact. La création nette d’emplois varie de façon
significative en fonction de l’âge des entreprises et non pas de leur
taille10 ».

Ainsi, les nouvelles franchises, les nouveaux dépanneurs ou ces fameux Wal-Mart génèrent
les nouveaux emplois. « Les entreprises plus anciennes (deux ans ou plus) affichent, pour
leur part, des pertes nettes d’emplois. Le roulement d’entreprises déplace les emplois des
entreprises établies vers les nouvelles entreprises11 ».

Toujours sceptique quant à l’importance ce générer des entrepreneurs et des entreprises


dans nos localités? Peut-être est-ce la présence, dans nos villes et régions, de grandes
entreprises dont nous ne sommes pas propriétaires qui vous semble porteuse d’avenir ?

2.2.3. L’entrepreneuriat local versus l’accueil et le support aux entreprises « étrangères »


Attaquons maintenant sans plus tarder ce grand paradoxe posé par l’entrepreneuriat
endogène (issu d’initiatives du milieu) versus l’entrepreneuriat exogène (ex : venue de
grandes entreprises étrangères dans nos localités). Les études d’Armington et al.,
commentées par Nathaly Riverin, démontrent également que « les entreprises à
localisations multiples embaucheraient une plus forte proportion de la main-d’œuvre
(57,0% vs 43 %) mais qu’à long terme, les entreprises établies et locales ont un taux de
rétention d’emplois supérieurs ». Conséquemment, la venue de grandes entreprises dans
nos localités contribue effectivement à la création de richesse, d’emplois bien rémunérés,
mais se situe davantage dans un horizon de court terme.

Acculée à ce constat, il va sans dire qu’une localité, une région a tout intérêt à miser sur
l’avenir et agir comme tout stratège, soit d’avoir une pensée à moyen et à long termes.
Bref, le mieux est sans contredit d’être accueillant envers ces grands pourvoyeurs de
richesse et d’emplois, mais de constituer, au même moment, un « plan b », une solution de
rechange, comme le ferait tout bon entrepreneur. Dire oui au court terme (s’il ne détruit
pas notre potentiel), mais en construisant parallèlement l’avenir…En d’autres termes, il faut
assurer ses arrières, créer localement et régionalement, faire preuve d’indépendance,
d’autonomie et de créativité afin d’assurer un avenir prospère à nos économies et rester
maîtres de notre avenir collectif. L’entrepreneuriat consiste à prendre son futur en mains ;
conséquemment, une région qui choisit l’entrepreneuriat choisit de se prendre en mains et
de dessiner sa destinée par ses réalisations entrepreneuriales…qui lui appartiendront
encore à moyen et à long termes !

2.2.4. Le développement local par l’entrepreneuriat versus le développement


économique
La dimension que nous abordons à présent vise, d’une part, à préciser l’importance de
l’entrepreneuriat pour le développement, la croissance et la prospérité de nos localités
et, d’autre part, à faire une différenciation entre entrepreneuriat et développement
économique. Nous vous présenterons ensuite, en rafale, différentes conclusions émises sur

10Armington, Catherine et ACS, Zoltan J. Job creation and persistence in services and manufacturing, Jena
(Germany), Group Entrepreneurship, Growth and public policy, Max Planck Institute, 2003, 28 p.

11Riverin, Nathaly. Centre de vigie et de recherche sur la culture entrepreneuriale. Fondation de l’entrepreneurship,
bulletin no. 17, mars 2005.

8
les retombées de l’entrepreneuriat pour permettre aux indécis de capitaliser, par eux-
mêmes, sur l’importance de miser sur l’entrepreneuriat pour assurer la prospérité, mais
aussi la pérennité, de nos collectivités.

L’entrepreneuriat est maintenant reconnu comme un puissant moteur de


développement économique pour nos économies, locales ou mondiales. En effet, une
étude de la CIBC révèle que l’entrepreneuriat et le travail autonome ont généré les deux
tiers des nouveaux emplois créés en 2005 au Canada12.

Paul-Arthur Fortin mentionne d’ailleurs à cet effet que :


«Les faits permettant de prouver une relation étroite entre le niveau
d’activités entrepreneuriales et le niveau subséquent de croissance
économique ne font que s’accumuler. Par conséquent, une carence de la
culture entrepreneuriale nuit à contrer les effets pervers de la forte
concurrence liée à la mondialisation, à la fermeture d’une usine, au
déménagement d’un employeur. Dans un tel contexte, il est possible
d’affirmer que la culture entrepreneuriale se répercute sur le niveau de
développement économique13 »

L’entrepreneuriat entraîne donc le développement économique, mais ces deux réalités


sont trop souvent confondues dans les discours et actions.

Le tableau qui suit, inspiré de cet important agent de changement qu’est Paul-Arthur
Fortin, et synthétisé et présenté par madame Nathaly Riverin, expose les principales
différenciations à considérer dans ces deux approches.

Le développement par Le développement économique


l’entrepreneuriat
Focus sur les personnes et leur Focus sur les entreprises et leur
croissance croissance
Outils : Outils :
Information et sensibilisation Fiscalité
Éducation Lois du travail
Formation & coaching Loi sur l’environnement
Aide au démarrage
Mentorat
Cherche le bénéfice à moyen terme Cherche le bénéfice à court terme

L’entrepreneuriat est la force motrice de la croissance, du développement durable et de


l’innovation ; ce constat est maintenant un fait observé par nombre d’auteurs,
chercheurs et sommités en entrepreneuriat (l’ensemble des références listées en
bibliographie admettent ce fait). Les entreprises, petites et moyennes, sont la source de la
richesse, de l'emploi, de l'innovation, et les premiers partenaires pour le développement
de nos régions.

Tel que le démontre le tableau précédent, l’entrepreneuriat met l’accent sur les
personnes…Il s’agit donc de valoriser les caractéristiques définissant les entrepreneurs et
en faire des valeurs partagées par nos collectivités. Avant de créer des entreprises, nous
devons créer des entrepreneurs ! Évidemment, le développement économique peut se
réaliser par d’autres sources, par exemple l’investissement du public, l’accueil
d’entreprises étrangères…Ces initiatives stimuleront l’économie…mais davantage à court
terme ! En combinant ces actions au développement de la culture entrepreneuriale et

12 Riverin, Nathaly. Centre de vigie et de recherche sur la culture entrepreneuriale, Fondation de l’entrepreneurship,
bulletin no.58, février 2006.
13 Paul-Arthur Fortin. Déclaration pour un Québec entrepreneurial. Centre de vigie et de recherche sur la culture

entrepreneuriale, Fondation de l’entrepreneurship, bulletin no.57, février 2006.

9
de l’entrepreneuriat, nous assurons à nos collectivités un bénéfice à moyen terme ; nous
construisons sur l’avenir en développant des personnes plus entrepreneuriales, plus
créatives, plus porteuses de solutions et, surtout, plus enracinées et attachées à nos
milieux respectifs. Nous investissons dans le capital humain de nos régions, dans
l’ingéniosité humaine, une ressource inépuisable…Le moyen terme se transforme alors en
long terme et ces entrepreneurs sauront, tel que démontré par l’Organisation
canadienne de développement économique, prendre en charge le développement
économique de nos régions.

2.2.5. Pourquoi entreprendre ? En rafale14 !


Pourquoi entreprendre et supporter l’entrepreneuriat dans nos communautés ?
 Parce que des besoins sont non satisfaits et que de nouveaux produits ou services
sont à imaginer pour améliorer notre confort quotidien, pour répondre à nos désirs ;
 Parce que réaliser son rêve en créant une entreprise est un bon motif
d’épanouissement personnel ;
 Parce que cela favorise la diffusion des innovations ;
 Parce que cela permet le développement économique, augmente l’offre d’emplois,
revitalise des régions ;
 Parce que c’est souvent une belle aventure collective, où naissent des amitiés, où
s’affrontent des volontés ;
 Parce qu’une société d’entrepreneurs est plus ouverte, plus réactive, moins stratifiée ;
 Parce que l’entreprise, en créant de l’emploi, contribue à la création de richesse et
au recul de la pauvreté, l’entrepreneur étant le pivot de l’opération.
 Parce que le développement d’une culture entrepreneuriale crée, à la fois, des
entrepreneurs et des intrapreneurs. Les intrapreneurs font partie des organisations
existantes et développent des projets pour ces mêmes organisations, les rendant du
coup plus compétitives et procurant de la richesse pour nos régions.
 Pour créer des modèles d’entrepreneurs à succès que nos citoyens ont le goût
d’imiter ;
 Pour garder possession de nos ressources régionales afin que celles-ci soient gérées
par des entrepreneurs vivant dans nos localités et pour qui le développement local et
régional est important puisque impliquant nécessairement des retombées positives
pour eux et leur entreprise ;
 Pour donner l’occasion à nos jeunes de prendre leur avenir en mains en devenant
leur propre patron et de façonner la réalité locale de demain ;
 Pour garder nos jeunes dans nos régions et contrer l’exode ;
 Pour que nos régions carburent à l’autonomie, à la liberté, à la prise de risques
contrôlés, au positivisme ;
 Pour trouver des solutions innovatrices aux problématiques qui nous freinent en tant
qu’individus et collectivités ;
 Pour attirer des gens des autres régions, provinces et pays dans nos localités parce
qu’il est reconnu qu’ici le milieu est ouvert, prospère, que tout est possible ;
 Pour développer des créneaux et des expertises particulières, pour devenir reconnu
grâce à ces expertises ;
 Pour que nos régions nous permettent d’acquérir de l’expérience en affaires, qu’il soit
accepté socialement de faillir afin de s’assurer de préserver ces expériences, si
importantes à la réussite, dans nos régions ;
 Pour créer de l’emploi dans nos régions ;
 Pour créer de la richesse dans nos régions ;
 Pour bâtir une relève entrepreneuriale pour les entreprises existantes dans nos
collectivités, afin qu’une plus petite portion de celles-ci deviennent la possession
d’intérêts étrangers ;

14Les justifications faisant partie intégrante de cette section sont des phrases clés tirées des ouvrages mentionnées
en bibliographie.

10
 Pour changer la mentalité québécoise qu’il est douteux de faire de l’argent…l’argent
doit être engendré si nous désirons le redistribuer !

Terminons maintenant avec quelques témoignages de personnalités ou d’organisations


importantes dans le monde de l’entrepreneuriat, affirmant à nouveau l’importance, pour
la prospérité économique et sociale de nos régions, de travailler à développer la culture
entrepreneuriale et l’entrepreneuriat.

2.2.6. Quelques témoignages en faveur de l’entrepreneuriat


Yvon Gasse, professeur au département d’administration de l’Université Laval
 Les PME dynamisent le milieu par la création d’emplois, l’exploitation des ressources,
l’utilisation des talents et de la créativité des personnes, l’émulation au sein de la
population-surtout chez les jeunes- et aussi par la diversification et la complémentarité
des entreprises, petites et grandes. Elles assurent ainsi une certaine stabilité et une
meilleure pérennité des économies locales et régionales.

Louis-Jacques Fillion, Chaire d’entrepreneuriat Rogers-J.-A.-Bombardier


 La création d’entreprises est la principale activité permettant de combattre la
pauvreté et d’assurer le développement d’une société. La ressource la plus importante
d’une société, c’est le potentiel entrepreneurial de ses membres.

Nathaly Riverin, Vice-présidente, Recherche, vigie et développement à la Fondation de


l’entrepreneurship
 Le niveau d’activité entrepreneuriale d’une région et d’un pays influe sur leur
développement économique respectif. La corrélation entre l’activité entrepreneuriale
d’une année et la croissance du PIB, deux ans plus tard, est positive et significative.

Secrétariat à la jeunesse, Défi de l’entrepreneuriat jeunesse


 Le développement endogène garantit une meilleure stabilité et une plus grande
pérennité des économies locales et régionales ; ainsi, l’entrepreneuriat facilite
l’accroissement de la richesse des individus et de la collectivité sur un territoire donné.

On peut conclure de ces témoignages que la promotion de la culture entrepreneuriale


et le soutien à la création d’entreprises constituent des facteurs essentiels au
développement socioéconomique du Québec. Il est donc souhaitable que
l’entrepreneuriat devienne une priorité politique du Québec.

11
Conclusion
Nous avons tenté, dans ce bref argumentaire, de défendre la cause entrepreneuriale et
de prouver à quel point le développement de nos localités et de nos régions doit
nécessairement passer, du moins en partie, par le développement d’une culture
entrepreneuriale pour en faire des milieux où les entrepreneurs, ces agents de
changement et ces porteurs de solutions innovatrices aux problématiques ressenties dans
nos environnements respectifs, peuvent donner libre cours à leur potentiel pour être
garants de nos succès de demain.

Il va sans dire que des témoignages d’entrepreneurs, ces êtres contagieux par leur
positivisme, leur dynamisme et leur créativité, auraient bonifié grandement ce discours, à
la fois théorique et vulgarisateur, de l’importance de miser sur l’entrepreneuriat pour
assurer la compétitivité de nos localités et régions, mais aussi du Québec et du Canda
tout entier.

De nombreuses pratiques à succès sont instaurées dans nos localités et régions, et la


Fondation de l’entrepreneurship s’est donnée comme défi de les répertorier, les faire
connaître et les exporter, pour renverser le portrait alarmant de la situation de
l’entrepreneuriat au Québec, et ce, à la fois au niveau des intentions plus faibles, des
créations moins nombreuses et moins expérimentées que des fermetures plus présentes
que dans les autres régions canadiennes.

Et nous nous limitons ici à l’échelle canadienne…quand nous savons que 28,5 % de la
population chinoise (376 485 000 personnes !) a manifesté le désir de créer une entreprise
au cours des trois prochaines années, ou, plus près de nous, 12 284 600 Vénézuéliens ont
témoigné du même dessein, il s’avère primordial et urgent de développer notre culture
entrepreneuriale et de prendre le virage de l’entrepreneuriat dans nos localités et
régions.

En terminant, arborons nos yeux d’entrepreneurs et tentons de déceler les opportunités,


multiples et diversifiées, que cache la crise économique actuelle. Une des périodes de
l’histoire qui a été la plus prolifique en termes de démarrages d’entreprises a été la crise
de 1929. En effet, il est maintenant prouvé qu’une importante source d’entrepreneuriat
réside dans l’entrepreneuriat dit de nécessité, se manifestant quand les individus perdent
leur emploi, se retrouvent avec des situations d’employabilité qui ne leur conviennent
plus, positionnant ainsi chaque individu devant la question fondamentale, sous-jacente à
toute création d’entreprise, du « Pourquoi pas moi ? ».

« En ce qui concerne les motivations, on trouve, dans la littérature, une


corrélation positive entre l’entrepreneuriat par nécessité et la croissance
économique subséquente d’une économie. À tout le moins, on démontre
que la pérennité des entreprises créées par des chômeurs est comparable à
celle des entreprises créées par des non-chômeurs. Entreprendre par
nécessité est donc loin d’être synonyme d’échec et de faillite. Force est donc
de constater que toutes les initiatives entrepreneuriales sont importantes et
qu’aucune ne devrait être négligée. 15»

15
Riverin, Nathaly. Centre de vigie et de recherché de la Fondation de l’entrepreneurship. « Y-a-t-il un bon et un
mauvais entrepreneuriat ? », bulletin no.3, novembre 2004.

12
Les opportunités proviennent du chaos, du changement et nous envisageons fortement,
dans la situation actuelle, que bouleversements il y aura ! Le moment se prête à merveille
pour stimuler la culture entrepreneuriale dans nos collectivités afin de permettre à nos
entrepreneurs, en devenir et actuels, de déceler des opportunités dans cette période
d’inconfort globale et de transformer ces défis en projets concrets, garants d’un avenir
meilleur.

Marie-Eve Proulx, Chargée de projets


Centre de vigie et de recherche sur la culture entrepreneuriale,
Fondation de l'entrepreneurship

13
Bibliographie

ARMINGTON, Catherine et ACS, Zoltan J. Diffferences in job growth and persistences in


services and manufacturing, DC, Center of economic studies, 2000, 49 p.

ARMINGTON, Catherine et ACS, Zoltan J. Job creation and persistence in services and
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BIRCH, David. Job creation in America: how our smallest companies put the most people
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BIRCH, David. The job generation process ,Cambridge, MA, MIT, Program on
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http://www.idrc.ca/fr/ev-131944-201-1-DO_TOPIC.html

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l’Université Laval.
http://www5.fsa.ulaval.ca/webdav/site/fsa/shared/fichiers/Congres_conferences/cfe200
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Centre de vigie et de recherche sur la culture entrepreneuriale, volume 1, octobre 2004-
avril 2006.

Fortin, Paul-Arthur. Déclaration pour un Québec entrepreneurial. Centre de vigie et de


recherche sur la culture entrepreneuriale, Fondation de l’entrepreneurship, bulletin no.57,
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Fortin, Paul-Arthur. Entreprendre pour contrer la pauvreté. Centre de vigie et de


recherche sur la culture entrepreneuriale, Fondation de l’entrepreneurship, bulletin no.9,
décembre 2005.

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http://www.ic.gc.ca/eic/site/sbrp-rppe.nsf/fra/rd00118.html

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http://www.agoonchangelemonde.qc.ca/content/view/18/38/

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http://www.journees-entrepreneur.com/lyon_ville-de-lentrepreneuriat-a-le-plaisir-de-
sassocier-aux-journees-de-lentrepreneur/

Ministère de L’Éducation, du Loisir et du Sport, Défi de l’entrepreneuriat jeunesse. Le


Portfolio de l’entrepreneuriat au secondaire. 2008, 610 p.

OCDE, « Local governance and the drivers of growth », 2005.

Riverin, Nathaly. Centre de vigie et de recherche sur la culture entrepreneuriale.


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14
Riverin, Nathaly. Centre de vigie et de recherche sur la culture entrepreneuriale,
Fondation de l’entrepreneurship, bulletin no.58, février 2006.

Riverin, Nathaly. Centre de vigie et de recherche sur la culture entrepreneuriale.


Fondation de l’entrepreneurship, Conférence “Mobilisez le potentiel entrepreneuriale de
votre collectivité », 2008.

Riverin, Nathaly. Centre de vigie et de recherché de la Fondation de l’entrepreneurship.


« Y-a-t-il un bon et un mauvais entrepreneuriat ? », bulletin no.3, novembre 2004.

Riverin, Nathaly. World entrepreneurship forum et l’entreprise.com. Site Internet officiel.


http://blogs.lentreprise.com/world_entrepreneurship_forum/2008/09/bon-ou-mauvais-
entrepreneur.php

15
Annexe

Nos régions sont empreintes de guerres de clocher…l’entrepreneuriat peut-il s’y


développer, malgré les fossés culturels existants ?

Le succès d’une coopérative de forgerons au Soudan, pays déchiré par la guerre, a


donné du poids à une étude visant à évaluer le pouvoir du développement d’entreprises
dans les régions ravagées par la pauvreté et les conflits. Combien de fois entendons-
nous, dans les diverses régions administratives du Québec, des propos témoignant de la
difficulté de mobiliser la population en raison de guerres de clochers historiques, qui
perdurent dans le temps malgré les nouvelles divisions territoriales ou politiques réalisées,
mais souvent imposées ? Ce témoignage se veut un discours d’espoir…quand on se
compare on se console ! Certains ont réussi à faire tomber ces barrières…qui prenaient
pourtant l’ampleur de véritables murs de Berlin et qui étaient profondément ancrées
dans la conscience collective…Commet y sont-ils parvenus ? Par l’entrepreneuriat et le
développement d’une culture plus entrepreneuriale, par la diffusion d’un message
commun, résolument tourné vers l’avenir et porteur d’espoir…

La recherche que mène actuellement la professeure Oana Branzei de la Richard Ivey


School of Business, en collaboration avec le candidat au doctorat Samer Abdelnour,
repose sur la conviction que dans les régions en proie à la pauvreté et aux conflits,
l’entrepreneuriat peut donner aux habitants et aux collectivités les moyens de participer
à la reconstruction de leur société une fois la guerre terminée.

Les travaux de ces chercheurs montrent que :

« L’entreprise a effectivement du ressort dans les zones de conflit. La


participation d’anciens combattants à des initiatives d’entrepreneuriat
peut même faciliter l’insertion sociale de ces derniers et réduire les
risques qu’ils reprennent les armes pour assurer leur survie.

Il est assez paradoxal qu’une entreprise puisse se développer dans un


contexte de conflit et de rareté des ressources extrême; or, ce faisant,
elle contribue à reconstituer le tissu social des collectivités et à donner
aux gens non seulement une raison d’être, mais aussi un sentiment
d’espoir en l’avenir, affirme Mme Branzei.

La recherche a permis de constater que les activités commerciales


peuvent jouer un rôle important au chapitre du développement et de
la consolidation de la paix. Cette initiative a favorisé l’établissement de
liens étroits entre des collectivités déplacées par la guerre, des
entrepreneurs, des établissements universitaires et de formation, des
citoyens, des responsables gouvernementaux, des bailleurs de fonds et
des acteurs du milieu du développement international.

D’après M. Abdelnour, leur réussite en tant qu’entrepreneurs a


provoqué un changement social qui favorisera l’autonomisation des
générations futures. Il s’agit d’un parfait exemple de la façon dont une
riche expérience commerciale acquise avant un conflit peut être mise
à profit et devenir un puissant outil d’intégration et de réduction de la
pauvreté, ajoute-t-il.16 »

16CDRI. L'entrepreneuriat, levier d'atténuation de la pauvreté et des conflits : un nouveau modèle d'entreprise
contribue au progrès social Site internet officiel. http://www.idrc.ca/fr/ev-131944-201-1-DO_TOPIC.html

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