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Principe des méthodes numériques

◼ Objectif : fournir une solution approchée du comportement réel d’un phénomène


physique.
◼ On parle ainsi de « modèles numériques »

◼ La physique possède un caractère:


 Tridimensionnel
 Temporel
 Non linéaire

Le rôle du modélisateur est de simplifier suffisamment le problème tout en conservant


l’essentiel de la physique à l’origine du phénomène étudié

Donc : Approchée = simplifiée

Mais chaque hypothèse simplificatrice doit être justifiée, d’où une remise en
cause possible des modèles numériques !

2
Généralités Équilibre  K U  = F 

Stationnaire
Valeurs propres  K U  =   M U 

 M U  + C U  +  K U  = F 


Discret

Instationnaire
U (t0 ) ,U (t0 ) connus.

Système physique
Différences finies
L ( u ) + fv = 0 sur V
•Linéaire
•Non linéaire Éléments finis Équilibre
C (u ) = fs sur S

Stationnaire
L 1 ( u ) = L 2 ( u ) sur V
Valeurs propres
C 1 ( u ) = C 2 ( u ) sur S

Continu
mu + cu + L ( u ) = f v
Instationnaire C (u ) = fs sur S

u (t0 ), u (t0 ) connus.


3
Exemples d’hypothèses simplificatrices (1/2)

◼ Dimension du problème : 1, 2 ou 3 dimensions


 Existence ou non de dimensions négligeables devant les autres ?

Hauban : 1D Tablier : 2D

Pile de pont : 3D

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Exemples d’hypothèses simplificatrices (2/2)

◼ Problème temporel ou non :


 Réponse liée aux échelles de temps caractéristiques :
◼ … des sollicitations externes
Air environnant (très affecté) :
analyse instationnaire
◼ … du fluide, du matériaux …

ensoleillement

Sol (peu affecté) :


analyse quasi-statique
Source : ldeo.columbia
 Solution recherchée sur une courte ou longue période ?

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Complexité : multi compétences
Intérieur: Fluide:
•Capacité transport •Aérodynamique
•Confort passagers •Traînée
•… •Acoustique
•…

Structure:
•Tenue
•Fatigue
•Aéroélasticité
•Fréquences
Moteurs:
•Commandes
•Combustion
•…
•Poussée
•Acoustique environmentale Source : futura-sciences
•…

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Chaîne de conception « industrielle »

Aérodynamique

Aéroélasticité

Tenue mécanique

Conception Simulation Expérimental Production

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« Boucle de modélisation »

Démarche en 4 étapes (ou modèles) distinctes :

Modèle Modèle Modèle Modèle


physique mathématique numérique informatique
(continu) (algébrique)

Sources = Écart entre solution + Écart entre solution exacte + Écart entre solution exacte
d’erreurs réelle et solution exacte du problème mathématique du système discret et solution
du problème mathématique et solution du système discret informatique

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« Boucle de modélisation »

•Observation du u u  k11 k12 k13   u1   f1 


L(u , , ...) + f = 0
k    
phénomène x t
 21 k22 k23  u2  =  f 2 
•Définition des Conditions auxlimites
 k31 k32 k33  u3   f 3 
objectifs et initiales

Modèle physique Modèle mathématique Modèle discret Modèle informatique

◼ L’idéal est d’avoir une approche indépendante :


▪ de la physique étudiée ;
▪ de la dimension géométrique du problème ;
▪ du régime (stationnaire ou non) ;
▪ de la méthode de discrétisation et des schémas employés.

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Analyse des sources d’erreurs
 Mathématique :
 3D 1D, 2D?
 temporel ?

 grands déplacements et grandes rotations ?

 loi de comportement du matériaux

 absence de couplage ?

 Algébrique :
 choix du découpage, de l’élément

 choix de l’algorithme de résolution …

 Informatique :
 précision machine

 programmation …
estime et contrôle
Question : qu’est-ce qu’un bon modélisateur ? il annule les erreurs

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exemple …
« Isolation thermique d’un mur »

◼ Objectif :
 Réduire les pertes caloriques par une meilleure isolation : il nous faut donc
connaître le profil de température au travers du mur et en déduire le flux.
◼ Méthode :
 Différences finies
◼ Simplifications du modèle :
 Stationnaire : à justifier !
 Un seul isolant
 Rayonnement négligeable : à justifier ! Source : www.isover.be - Saint Gobain

 Monodimensionnel : à justifier !

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Modèle physique

◼ Pertes caloriques = flux thermique : q(x) (W/m2)


 Fonction des matériaux employés
◼ Conductivité thermique : k (W/°C-m)
 Fonction du champ de température : T(x) (°C)
◼ Loi de comportement entre flux et température (Fourier)

 Fonction des échanges avec l’extérieur : h (W/°C-m2) et Text

◼ Objectifs :
 Calculer la température en tout point
 En déduire les valeurs de flux pour déterminer les pertes

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Modèle mathématique L

◼ Définition du domaine d’étude : x   0, L 

◼ Équilibre thermique régi par : .q ( x ) − fv = 0,  x  0, L 

◼ Loi de comportement : q ( x ) = −k T ( x )

d 2T ( x )
soit à résoudre: k + f v = 0,  x   0, L 
dx 2

◼ Conditions aux limites (CL) :


 Température imposée en x=0 (CL type Dirichlet) : T ( 0 ) = 30 C
 Condition en flux en x=L (CL type Cauchy) : q ( L ) = h (T ( L ) − Text )

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Modèle numérique (1/4)

◼ Discrétisation du domaine d’étude :


 Notion de discrétisation : nombre fini de nœuds de calcul

1 2 3 4 5 6

T1 T2 T3 T4 T5 T6

 Nœud fictif pour traiter la condition à la limite en dérivée en x=L

◼ On associe une variable inconnue par nœud : soient 5+1=6 inconnues

◼ Objectif suivant : trouver 6 équations !

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Modèle numérique (2/4)

◼ Discrétisation des termes de dérivées (démonstration au prochains


diapos) : Précision du schéma

dT T −T
(1) →  i +1 i +x (...) Décentré droit
dx i x
dT T −T
(2) →  i i −1 +x (...) Décentré gauche
dx i x
d 2T T − 2Ti + Ti +1
(1) + ( 2 ) → 2  i −1 +x 2 (...) Centré
dx i x 2
dT T −T
(1) − ( 2 ) →  i+1 i−1 +x 2 (...) Centré
dx i 2x

Type

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Modèle numérique (3/4)

◼ L’équation d’équilibre devient :


d 2T
k 2 + f vi = 0  i = 2,..,5 4 eq.
dx i

Ti−1 − 2Ti + Ti +1
k + f vi  0
x 2
◼ Les conditions aux limites deviennent : 6 inconnues

 T1 = 30
dT T5+1 − T5−1
−k  −k = h (T5 − Text )
 dx i =5 2x
2hx
→ T6 = T4 + (Text − T5 ) 2 eq.
k

Au total : 6 équations pour 6 inconnues

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Modèle numérique (4/4)
◼ Réorganisation matricielle

 1 0 0 0 0  T   30 
  1  
 k 2k k    
 2 − 0 0  T   −f 
 x x 2 x 2  2  
2

 k 2k k    
 0 − 0  T  =  −f 
 x 2 x 2 x 2  3  
3

    
 0 0
k

2k k    −f

 x 2 x 2 x 2
 T4   3 
    
 0 2h  k h     2h 
0 0 −2  2 +  −f − Text 
 x 2  x x   T5   N −2
x 

Astuce : on a éliminé T6
◼ Plus qu’à résoudre ce système ….

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Modèle informatique (langage Matlab)

◼ clear all
close
%----- Paramètres géométriques et physiques
L = 1; % longueur m
k=2; % coeff. de conductivité W/°C-m
h=3; % coeff. d’échange convectif W/°C-m2
◼ f0=10; % production W/m3
T0=30; Text=10; % conditions aux limites
%----- Paramètres numériques
nnt=input('entrer le nombre de points: ');
dx = L / (nnt - 1); % pas de discrétisation
vkg=zeros(nnt,nnt); % initialisation de la matrice
vfg=zeros(nnt,1); % initialisation du second membre
c=k/dx^2;
% Schéma aux différences finies [-1 2 -1]*k/dx^2
for i=2:nnt-1
◼ vfg(i) = -f0;
vkg(i,[i-1 i i+1])=[c -2*c c];
end
%---- Condition de Dirichlet
vkg(1,1)=1;
vfg(1)=T0;

◼ %---- Condition de Cauchy


vkg(nnt,[nnt-1 nnt])=[2*h/dx^2 –2*(k/dx^2+h/dx)];
vfg(nnt)=-f0-2*h*Text/dx;
%----- Résolution
vsol = vkg\vfg
%---- Affichage
vcorg = 0:dx:L; % Coordonnées des noeuds Post-traitement des résultats
plot(vcorg,vsol,'b -o') % trace solution calculée

Puis analyse …

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Méthode des différences finies

Objectif : transformer une équation « continue » valable sur un domaine


continu en un système à N équations pour N inconnues associées
à un domaine discret appelé maillage

 k11 k12 k13   u1   f1 


u  2u k    
L(u, , 2 ...) + f = 0
 21 k22 k23  u2  =  f 2 
x x
+ conditions aux limites  k31 k32 k33  u3   f 3 

Méthode : écrire sous forme discrète (i-1, i, i+1 …) tous les termes de
dérivées présents dans l’équation d’équilibre appliquée en i
ainsi que dans les C.L.

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Différences finies 1D : méthode générale
d 2T ( x )
Reprenons l’exemple de thermique 1D régi par : k 2
+ f = 0,  x   0, L 
dx
T ( x = 0) = 30
( L) = h (T ( L ) − Text )
dT
q ( L ) = −k
dx
1. On discrétise le domaine en « N » nœuds (maillage) :

domaine discret, équation « discrète » !

d 2T
2. On applique alors cette équation au nœud « i » : k 2 + fi = 0  i = 1,..., N
dx i

A ce stade, il nous faut donc discrétiser le terme de dérivée seconde !

20
Discrétisation des termes de dérivées

◼ Utilisation des développements limités :

notation indicielle

d T x d T x
2 2 3 3
dT
T ( x + x ) = T ( i + 1) = T (i ) + x + + + x (...)
4
2 3
(1)
dx i dx i
2 dx i
6
d T x d T x
2 2 3 3
dT
T ( x − x ) = T ( i − 1) = T (i ) − x + − + x (...)
4
2 3
(2)
dx i dx i
2 dx i
6

◼ On combine ces deux équations. Par exemple, la somme de (1) et de (2) :

d T x
2 2

T ( i + 1) + T ( i − 1) = 2 T (i ) + 2 2
+ x (...)
4
(1) + ( 2 )
dx i
2

permet d’isoler : dT
2
T ( i + 1) − 2 T (i ) + T ( i − 1)
= + x (...)
2

dx
2
i
x 2
représentatif de l’ordre de tous les termes tronqués

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Principales formes discrètes à connaître

En combinant de différentes manières, on obtient ainsi les approximations


discrètes suivantes : Précision du schéma

dT T −T
(1) →  i +1 i +x (...) Décentré droit
dx i x
dT T −T
(2) →  i i −1 +x (...) Décentré gauche
dx i x
d 2T T − 2Ti + Ti +1
(1) + ( 2 ) → 2  i −1 +x 2 (...) Centré
dx i x 2
dT T −T
(1) − ( 2 ) →  i +1 i −1 +x 2 (...) Centré
dx i 2x

Nouvelle notation : T(i+1)=Ti+1 Type

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Interprétation graphique

Discrétisation centrée :
relation dans laquelle les contributions des valeurs nodales de part et d'autre du point considéré
(noeud i) sont équivalentes.

Discrétisation décentrée :
relation dans laquelle les contributions des valeurs nodales de part et d'autre du point considéré
(noeud i) ne sont pas équivalentes.

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Construction globale du système
Ti −1 − 2Ti + Ti +1
◼ La relation discrète finalement obtenue s’écrit : k + fi = 0
x 2

x 2
ou encore : Ti −1 − 2Ti + Ti +1 = − fi
k
◼ Elle est applicable seulement aux nœuds i=2, …, N-1 :

0 0 0 0 ... 0 0  T
0 1   0 
x 2     
i = 2: T1 − 2T2 + T3 = − f2 1 −2 1 0 ... 0 0 0  T  −f x  2

2 2
k
k     
0 0   T x 
0 1 −2   − f
2

x 2 1 ... 0
k
i = 3: T2 − 2T3 + T4 = − f3  
3

=
3


k
    
    
x 2 0 0 0 0 ... 1 −2 1  T  − f x  2

i = N − 1: TN − 2 − 2TN −1 + TN = −  
N −1 N −1
k
f ( N −1)   
k 0 0 0 0 ... 0 0 0   T N
  0 

Écriture sous forme matricielle


24
Condition à la limite de type DIRICHLET
On a la condition suivante : T ( x = 0) = T = 30
1

Méthode : on ajoute :
1. un terme unité « 1 » sur la diagonale du nœud concerné
2. la valeur connue dans le 2nd membre

1 0 0 0 ... 0 0 0  T 1   30 
    
1 −2 1 0 ... 0 0 0  T  −f  x 2

2 2
k
    
0 0   T x 
0 1 −2   − f
2
1 ... 0
 
3
k
=
3


    
    
0 0 0 −2 1  T  − f  x 2

k
0 ... 1
 
N −1 N −1

  
0 0 0 0 ... 0 0 0   T N
  0 

25
Condition à la limite de type CAUCHY (1/2)
avec noeud fictif !
( L) = h (T ( L ) − Text )
dT
On a la condition suivante : q ( L ) = −k
dx

Méthode : on discrétise le terme de dérivée présent dans la condition à la


limite (aussi appelée condition de type « flux »).

◼ Avec noeud fictif : plus long mais précis !


T −T On applique la relation d’équilibre
−k N +1 N −1 = h (TN − Text ) discrète en N car le nœud N+1
2x
existe :
hx x 2
 TN +1 = TN −1 − 2 (TN − Text ) i = N : TN −1 − 2TN + TN +1 = − fN
k k
 hx  x 2
x
 2TN −1 −  2 + 2  N
T = − f N − 2 h Text
 k  k k
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Condition à la limite de type CAUCHY (2/2)
sans noeud fictif !

◼ Sans noeud fictif : rapide mais perte en précision !

TN − TN −1
On a recours à une formule décentrée pour la CL : −k = h (TN − Text ) (précis ordre 1)
x
conduisant ainsi à :
 x  x
TN −1 − 1 + h  TN = −h Text
 k  k

+ : rapide à mettre en oeuvre

- : on diminue la précision globale du schéma

27
Système final à résoudre

1 0 0 0 ... 0 0 0   30 
  T 1   
1 −2 1    − f x
2
0 ... 0 0 0 
  T   k
2
2 
0 1 −2    − f x 
2
1 ... 0 0 0
   T   k 
3
3

  = 
    
0 0 0 0 ... 1 −2 1    − f x
2

  T N −1   N −1
k 
  hx      x 2
x 
0 0 0 0 ... 0 2 − 2 + 2    T  − f − 2h T 
  k  
N
 k
N
k
ext

Rem : ce système est basé sur le traitement de la CL avec nœud fictif

28
Affichage et post-traitement de la solution

Pour des systèmes de tailles supérieures à 3-4, on a généralement


recours à des outils informatiques dédiés à la résolution et l’affichage.

29
Extension à 2 dimensions (2D)
Thermique : exemple d’une plaque rectangulaire soumises à différentes
conditions aux limites.

Définition du contour du domaine et génération d’un maillage quadrillé :

q.n = −h (T − Text ) W / m 2  (Cauchy)

T = T0  K  (Dirichlet)

x y

q.n =  W / m2  (Neumann)

Rem : q.n est le flux normal à la paroi (normale vers l’extérieur)


30
Différences finies 2D : T  x, y  =Ti, j
L’équation de la chaleur 2D est la suivante : .q − f = 0,  ( x, y )  S (1)
Divergence

La loi de comportement est : q = − k grad T = − k T ( x, y ) (2)


Flux thermique

Insertion de éq.(2) dans éq.(1) :


  2T ( x, y )  2T ( x, y ) 
k +  + f = 0,  x   0, L 
 x y
2 2

 2T Ti −1, j − 2Ti , j + Ti +1, j  2T Ti , j −1 − 2Ti , j + Ti , j +1


 + x 2
(...)  + y 2 ( ...)
x 2 i, j
x 2
y 2 i, j
y 2

 T − 2Ti , j + Ti +1, j Ti , j −1 − 2Ti , j + Ti , j +1 


k  i −1, j +  + fi , j = 0,
 x 2
y 2

 i = 2,..., N − 1,  j = 2,..., M − 1
31
Construction du système

◼ Balayer les lignes les unes après les


autres et appliquer l’équation    T1,1   
discrète si possible     
   T1,2   
    
   T1,3   
◼ Appliquer les conditions aux limites  K   = F
discrètes     
    
  TN , M −1   
    
   TN , M   
◼ Résoudre et post-traiter les
solutions

32

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