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Université Hassan II Faculté des Sciences Juridiques,


De Casablanca Économiques Et Sociales - Aïn Chock

Droit des sociétés


ème
2 année de droit section française

Thématique :

La Société À Responsabilité
Limitée

Préparé par : Encadré par le Professeur :

EL BELOUI HAMID ZOUHRY LEILA

. ANNÉE UNIVERSITAIRE 2019-2020 .


SOMMAIRE.

INTRODUCTION. 3

TITRE I: LA CONSTITUTION DE LA SARL. 5

Chapitre 1: Conditions de fond. 5


(a) Les conditions générales de droit commun. 5
(b) Les conditions spécifiques à la SARL. 6

Chapitre 2: Conditions de forme et publicité. 10


(a) Les conditions de forme. 10
(b) Les conditions de publicité. 11

Chapitre 3: Sanctions des irrégularités de constitution. 11

TITRE II: L’ORGANISATION ET LE FONCTIONNEMENT DE LA SARL. 12

Chapitre 1: La gérance. 12
(a) Nomination et révocation. 12
(b) Les pouvoirs du ou des gérants. 14
(c) La responsabilité des gérants de SARL. 14

Chapitre 2: Les associés de la SARL. 19


(a) Les droits politiques. 19
(b) Les droits financiers. 21
(c) Les droits patrimoniaux. 22

Chapitre 3: Le Commissaire Aux Comptes. 23

TITRE III: LES MUTATIONS DE LA SARL. 24

Chapitre 1: Les variations du capital. 24

Chapitre 2: La transformation. 25

Chapitre 3: La dissolution et la fusion. 25

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INTRODUCTION.

La Société À Responsabilité Limitée (« SARL ») est une société commerciale par la forme
(art. 2 de la loi n°5-96), qui est constituée par une ou plusieurs personnes (art. 44 de la loi
précitée). La SARL est particulièrement adaptée aux entreprises tant en phase de création que
de développement, et arrive à accrocher l’intérêt des dirigeants de très petites, petites et
moyennes entreprises, en raison de sa simplicité de fonctionnement et de son cadre juridique
efficient.

Ce cadre offre aux associés le bénéfice de la responsabilité limitée, de telle sorte qu’en créant
une telle société ou en transformant une entreprise individuelle en SARL, ses associés sont en
principe à l’abri des poursuites des créanciers sociaux sur leur patrimoine. Son second atout
réside dans son assez grande souplesse de fonctionnement, qui contraste avec la rigidité de la
Société Anonyme (« SA »), et par les nombreuses options qu’offrent les statuts aux associés,
grâce auxquelles la SARL est adaptée à des situations très différentes.

Depuis 1997, la loi n°5-96 sur les sociétés en nom collectif (« SNC »), en commandite simple,
en commandite par actions, à responsabilité limitée et en participation a fait l’objet, au cours
de ces dernières années, d’un certain nombre de modifications. Nous pouvons en citer quatre
(4) :
- la loi n°82-99 du Dahir n°1-99-328 du 30 décembre 1999, qui modifie le premier
alinéa des articles 121, 128 et 129 de la loi n°5-96 ;
- la loi n°21-05 du Dahir n°1-06-21 du 14 février 2006, qui (a) modifie et complète les
dispositions des articles 46, 50, 51, 68, 86, 96 et 101 de la loi précitée ;
(b) et abroge les dispositions de l’article 102 de la loi précitée ;
- la loi n°24-10 du Dahir n°1-11-39 du 2 juin 2011, qui (a) modifie et complète les
dispositions des articles 51, 52, 95 et 96 de la loi précitée ;
(b) abroge et remplace les dispositions des articles 46 et 77 de la loi précitée ;
(c) abroge les dispositions de l’article 125 de la loi précitée ;
- la loi n° 21-19 du Dahir n° 1-19-79 du 26 avril 2019, qui (a) modifie et complète les
dispositions des articles 71 et 75 ;
(b) et ajoute l’article 83 bis.

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La SARL présente une nature « hybride », « mixte », qui constitue un type intermédiaire entre
les sociétés de personnes et les sociétés de capitaux. Il convient d’analyser, de manière
succincte, de quelle manière la SARL présente des caractéristiques communes à l’une (i) ou
l’autre (ii) catégorie :

i. Comme les sociétés de personnes, la SARL est traditionnellement constituée entre


un petit nombre d’associés, au maximum cinquante (50), qui se connaissent en
principe.
Comme dans les sociétés de personnes, les associés sont titulaires de parts sociales
et non d’actions. Parts qui ne peuvent être cédées à des tiers qu'avec le
consentement de la majorité des associés, représentant au moins les trois quarts
(3/4) des parts sociales (art. 58 de la loi précitée).
Le capital social de la SARL peut être faible. Avant que la loi n°24-10 ne dispose
que le montant du capital est librement fixé par les associés dans les statuts (art. 46
de la loi n°5-96), entre 2006 et 2011, il était au minimum de dix mille (10.000)
dirhams au moins.
En outre, les formalités de constitution de la SARL sont moins complexes que
celles exigées des SA, et l’essentiel des pouvoirs est dévolu à la gérance.
Enfin, et contrairement aux SA, la SARL ne peut émettre de valeurs mobilières.

ii. Comme pour les sociétés de capitaux, les associés n’ont pas la qualité de
commerçant et, à la différence des associés des SNC, ils ne sont responsables des
dettes sociales que jusqu’à concurrence de leurs apports (art. 44 de la loi précitée).
Comme dans les SA, le commissaire aux apports tient un rôle important par
rapport à l’évaluation des apports en nature (dernier alinéa de l’art. 53 de la loi
précitée).
Enfin, les événements affectant la situation juridique personnelle des associés tels
que le décès, l’incapacité ou la faillite n’ont, en principe, pas de grandes
répercussions sur la vie de la société (art. 85 de la loi précitée).

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TITRE I: LA CONSTITUTION DE LA SARL.

Pour acquérir la personnalité morale, la SARL doit être immatriculée au Registre du


Commerce (« RC »). Pour cela, la SARL doit respecter des conditions de fond (Chapitre 1),
de forme et publicité (Chapitre 2).

Chapitre 1: Conditions de fond.

Nous pouvons distinguer entre les conditions générales de droit commun (a) et les conditions
spécifiques à la SARL (b).

(a) Les conditions générales de droit commun.

Consentement : Comme pour toute autre forme de société, le consentement des associés doit
être réel et exempt de vice (dol, erreur, violence).

Capacité : Il n’est pas nécessaire que les associés d’une SARL aient la capacité requise pour
être commerçants ou pour faire un acte de commerce isolé.

Objet : L’objet du contrat de société est, conformément à l’article 982 du DOC, la mise en
commun de biens ou d’activité en vue de partager le bénéfice. L’objet du contrat de société ne
présente guère d’intérêt sur le plan pratique, et n’est à confondre ni avec l’objet social, ni avec
l’intérêt social de la société.

Cause : Toute société constituée dans un but illicite est nulle. Pour exemple, sont prohibées
les manifestations du consentement des associés en vue de la poursuite d'une fin illicite ou
contraire à l'intérêt des tiers ; afin de poursuivre un but illicite ou frauduleux.

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(b) Les conditions spécifiques à la SARL.

Objet social : Les statuts doivent obligatoirement définir l’objet social, c’est-à-dire les
activités que la SARL se propose d’accomplir. Bien que commerciale par la forme, la SARL
peut en principe exercer toute activité permise par la loi. Cependant, il existe certaines
activités dont l’exercice, notamment sous forme de SARL est prohibé. L’article 44 de la loi
n°5-96 interdit aux sociétés de banque, de crédit, d’investissement, d’assurance, de
capitalisation et d’épargne d’adopter cette forme de société.

Il est à noter que l’objet social, qui doit être réalisable, marque une limite du champ d’action
de la société. C’est la raison pour laquelle il devra être défini avec soin par les associés dans
les statuts. Il ne doit pas être trop étroit, pour ne pas trop brider la liberté de manœuvre du
gérant et sous peine de devoir modifier trop souvent les statuts si la société souhaite
régulièrement faire évoluer son activité.

Nombre d’associés : La loi n°5-96 parle « d’acte constitutif » pour désigner, tantôt l’acte
juridique unilatéral lorsque la SARL est constituée avec un seul associé (auquel cas on parle
d’une SARL à Associé Unique, une « SARL-AU »), tantôt le contrat de société lorsque la
SARL est constituée par deux ou plusieurs associés, au maximum cinquante (50).

Si, au cours de la vie sociale, le nombre d’associés devient supérieur à cinquante (50), la
SARL dispose d’un délai de deux (2) ans pour faire cesser cette situation. Au terme de ce
délai, il faut :
- ou bien que le nombre des associés ait été ramené au plus à cinquante (50) ;
- ou bien que la société ait été transformée en SA.

A défaut de régularisation dans le délai prescrit, la société se trouve automatiquement dissoute


(art. 47 de la loi précitée).

La SARL-AU est la seule entreprise sociétaire unipersonnelle au Maroc. C’est une exception
au principe d’unicité du patrimoine ainsi qu’une dérogation de l’article 982 du DOC.

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Capital social : Le montant du capital d’une SARL est librement fixé par les statuts. Il n’est
donc pas possible de constituer une SARL sans capital social. L’indication du montant du
capital doit figurer dans les statuts de la société (art. 2 de la loi n°17-95 applicable en vertu de
l’article 1 de la loi n°5-96).

Apports : En vertu de l’article 51 de la loi n°5-96, et pour ce qui concerne, les trois types
d’apport, il convient de les analyser de manière succincte.

i. Les apports en numéraire : les associés sont tenus de libérer seulement une
fraction correspondant au moins au quart (1/4) du montant des apports en
numéraire. La libération du surplus doit intervenir, en une ou plusieurs fois, sur
décision du gérant et dans un délai qui ne peut excéder cinq (5) ans à compter de
l’immatriculation de la société au RC.
Les fonds correspondant aux apports en numéraire doivent être déposés pour le
compte de la société en formation dans un compte bancaire bloqué. Lorsque le
capital social dépasse cent mille (100.000) dirhams, le délai légal est de huit (8)
jours pour sa réception par les personnes qui les ont reçus.
Nous pouvons également mentionner que la fictivité d’une société peut notamment
provenir de l’absence ou de la fictivité de l’apport, ce qui est par exemple le cas
lorsque l’apport souscrit par un prête-nom est financé par un prêt consenti par le
maître de l’affaire.

ii. Les apports en nature : tout bien, meuble ou immeuble, corporel ou incorporel
(immeuble, droit au bail, fonds de commerce, brevet, créance, etc.), peut être
apporté, soit en toute propriété, soit en jouissance.
Chaque apport en nature doit faire l’objet d’une évaluation dans les statuts.
Toutefois, les associés peuvent décider à l’unanimité que le recours à un
commissaire aux apports ne sera pas obligatoire dans les cas énumérés à l’article
53 de la loi précitée (des biens de faible valeur, etc.).
L’absence de recours à un commissaire aux apports rend les associés solidairement
responsables pendant cinq (5) ans, à l’égard des tiers, de la valeur attribuée aux
apports en nature lors de la constitution de la société.

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Des sanctions pénales frappent les gérants qui, frauduleusement, auront fait
attribuer à un apport en nature une évaluation supérieure à sa valeur réelle (art.
106 de la loi précitée).

iii. Les apports en industrie : s’il peut être procédé, dans les SARL, à des apports en
industrie, c’est-à-dire ceux consistant en une simple mise à disposition de
connaissances techniques, de travail ou de services, les parts sociales ne peuvent
cependant pas représenter des apports en industrie sauf dans les cas prévus à
l’article 51 précité.

Parts sociales : Le capital doit être divisé en parts sociales égales (art. 46 de la loi précitée).
Les parts sociales doivent être souscrites en totalité par les associés, et doivent être
intégralement libérées lorsqu’elles représentent des apports en nature. La répartition des parts
entre les associés doit être mentionnée dans les statuts (art. 51).

La loi n’exige aucune valeur nominale minimale. Cette valeur nominale est donc librement
fixée par les associés qui peuvent aussi convenir qu’elle ne sera pas exprimée dans les statuts
(entre 2006 et 2011, le minimum légal était fixé à dix dirhams).

Participation aux résultats de l’exploitation : Comme dans toute société, les associés doivent
tous participer aux bénéfices et aux pertes, étant entendu que cette participation n’est pas
obligatoirement proportionnelle aux apports.

Cependant, la contribution de chaque associé aux pertes sociales est limitée au montant de ses
apports.

Affectio societatis : Conformément à la règle générale, les associés de SARL doivent être
animés par l’affectio societatis.
Le plus souvent, la fictivité d’une société résulte du défaut d’affectio societatis d’un ou de
plusieurs associés, mais l’existence de liens familiaux entre les associés n’est pas de nature à
donner un caractère fictif à la société.

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Dans les SARL-AU, il n'y a plus contrat mais acte unilatéral de volonté d'instituer une société.
Il n'est plus possible de parler d'intérêt commun, ni d'un véritable affectio societatis, mais la
personne morale créée n'est pas fictive dans la mesure où l'associé unique se comporte comme
le membre d'une personne morale.

Dénomination sociale : La société doit être désignée par une dénomination sociale. La
dénomination sociale doit être précédée ou suivie, selon les cas, immédiatement des mots «
société à responsabilité limitée » ou des initiales « SARL », ou encore « société à
responsabilité limitée d’associé unique », ainsi que de l’énonciation du capital social (art. 45).

Durée : La durée de la société peut être fixée à quatre-vingt-dix-neuf (99) ans, maximum
autorisé par la loi (art. 2 de la loi n°17-95 applicable en vertu de l’article 1 de la loi n°5-96).

Elle doit être indiquée dans les statuts (art. 50 de la loi n°5-96). Elle court à compter de
l’immatriculation de la société au RC (art. 3 de la loi n°17-95).

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Chapitre 2: Conditions de forme et publicité.

La doctrine juridique classique opère une distinction entre les conditions de forme (a), des
conditions de publicité (b).

(a) Les conditions de forme.

Statuts : Les statuts doivent être établis par écrit (art. 11 de la loi n°17-95 applicable en vertu
de l’article 1 de la loi n°5-96). L’acte peut être sous signature privée ou notarié. Toutefois,
dans certains cas, la forme notariée est obligatoire ; dans d’autres, elle est à conseiller.

Les statuts sont plus ou moins détaillés selon le désir des associés. Cependant, les mentions
suivantes sont obligatoires (art. 50 de la loi n°5-96) :
1) les prénom, nom, domicile ou, le cas échéant, s'il s'agit de personnes morales les
dénomination, forme et siège de chacun des associés ;
2) la constitution en forme de SARL ;
3) l'objet social ;
4) la dénomination sociale ;
5) le siège social ;
6) le montant du capital social ;
7) l'apport de chaque associé et, s'il s'agit d'un apport en nature, l'évaluation qui lui a
été donnée ;
8) la répartition des parts entre les associés ;
9) la durée pour laquelle la société a été constituée ;
10) les prénom, nom, domicile des associés ou des tiers pouvant engager la société, le cas
échéant ;
11) le greffe du tribunal où les statuts seront déposés ;
12) la signature de tous les associés.

Outre les mentions obligatoires rappelées ci-dessus, les statuts doivent contenir toutes les
autres clauses nécessaires pour assurer le bon fonctionnement de la société, notamment celles
concernant :
- le choix du ou des gérants ;

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- la détermination des pouvoirs des gérants ;
- la transmission des parts sociales ;
- le mode de consultation des associés ;
- les dates d’ouverture et de clôture des exercices sociaux ;
- les modalités de liquidation de la société, etc.

S'ils sont établis par acte sous seing privé, il en est dressé autant d'originaux qu'il est
nécessaire pour le dépôt d'un exemplaire au siège social et l'exécution des diverses formalités
requises (art. 11 précité).

Tout associé a le droit, à toute époque, d’obtenir au siège social la délivrance d’une copie
certifiée conforme par le gérant, des statuts en vigueur au jour de la demande. La société doit
annexer à ce document la liste des gérants et, le cas échéant, des Commissaires Aux Comptes
(« CAC ») en exercice, etc. Il s’agit du droit à l’information financière que tout associé
possède.

(b) Les conditions de publicité.

Publicité : La SARL est soumise aux mêmes formalités de publicité que les autres sociétés, à
savoir :
- le dépôt au greffe du tribunal d’un exemplaire des statuts ;
- la publication d’un extrait dans un journal d’annonces légales et au bulletin officiel
(toute modification apportée à un statut, doit être soumise aux mêmes formalités de
dépôt et de publication) ;
- l’immatriculation au RC (toute société commerciale doit être immatriculée au RC).

Chapitre 3: Sanctions des irrégularités de constitution.

Les irrégularités qui entachent la constitution de la SARL sont soumises au même régime
juridique que celui applicable aux SA. À lire notamment les dispositions des articles 337 à
348 de la loi n°17-95 qui sont applicables à la SARL.

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TITRE II: L’ORGANISATION ET LE FONCTIONNEMENT DE LA
SARL.

Il y a lieu de noter que d’une part, et qu’à l’instar des sociétés de personnes, la SARL se
distingue par la simplicité de son organisation, puisqu’il n’y a qu’un seul organe qui assure
l’administration et la direction de la société : le ou les gérants (Chapitre 1).

D’autre part, et comme dans les SA, les associés non gérants ont un rôle important à jouer en
ce qui concerne la SARL (Chapitre 2). De même que pour les CAC pour les SARL les plus
importantes (Chapitre 3).

Chapitre 1: La gérance.

Nous allons analyser succinctement, les modalités de nomination et de révocation du gérant


unique ou des gérants (a), avant d’analyser les pouvoirs du gérant (b) ainsi que sa
responsabilité (c).

(a) Nomination et révocation.

Conditions d’éligibilité : La loi n°5-96 n’exige aucune condition particulière pour l’exercice
des fonctions de gérant ; elle se borne à indiquer, sous son article 62, que les SARL sont
gérées par une ou plusieurs personnes physiques (dans les SA, les administrateurs peuvent
être des personnes physiques ou morales, voir l’art. 41 de la loi n°17-95). Un gérant peut être
associé ou non (contrairement à la SA, voir l’art. 44 de la loi n°17-95). Lorsqu’il est nommé
par les statuts, le gérant est dit « statutaire », mais il peut également être nommé par un acte
postérieur.

Seulement, divers textes tendent à limiter, en droit ou en fait, l’exercice des fonctions de
gérant d’une SARL. La profession d’avocat est par exemple incompatible avec la fonction de
gérant d’une société commerciale (art. 7 de la loi n°28-08), de même que pour la profession
de notaire (art. 4 de la loi n°32-09). Quant aux fonctionnaires, il leur est interdit d’exercer à

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titre professionnel une activité lucrative de quelque nature que ce soit (art. 15 du Dahir n°1-
58-008 portant statut général de la fonction publique, modifié par la loi n°50-05).

En outre, il y a lieu de mentionner la situation de l’interdit judiciaire (perte de certains droits


d’exercice prononcée par un tribunal) en général, et pour ce qui nous intéresse, la déchéance
commerciale qui emporte notamment l’interdiction de diriger, gérer, administrer ou contrôler,
directement ou indirectement, toute entreprise commerciale (art. 750 du Code de commerce
modifié par la loi n°73-17).

Enfin, les statuts peuvent prévoir des règles particulières d’éligibilité des gérants. On pourra
notamment stipuler :
- que les gérants devront être associés ;
- qu’ils devront être choisi parmi les membres de telle famille ou de tel groupement ou
encore, parmi les personnes exerçant tel métier ou telle profession ;
- ou encore qu’ils devront être propriétaires d’un nombre déterminé de parts sociales.

Nomination : Le ou les gérants sont nommés par les associés, dans les statuts ou par acte
postérieur (art. 62 de la loi n°5-96). Les gérants peuvent être nommés pour une durée limitée
ou pour la durée de la société. Dans le silence des statuts, ils sont nommés pour une durée de
trois (3) ans.

Ici, par « acte postérieur », la loi entend une décision collective prise après l’adoption des
statuts. Cet acte postérieur est pris « dans les conditions prévues au deuxième alinéa de
l’article 75 ». La décision doit donc être prise par les associés représentant au moins les trois
quarts (3/4) du capital social, et toute clause exigeant une majorité plus élevée est réputée non
écrite.

L’acceptation de ses fonctions par le gérant peut être expresse ou tacite et résulter,
notamment, de l’exercice de ses fonctions.

Cessation de fonctions : En premier lieu, il est à noter que même lorsqu’ils sont nommés
dans les statuts, les gérants restent révocables.
En second lieu, les fonctions de gérant peuvent prendre fin part la démission ou par la
révocation. Cette révocation peut se faire de deux manières :

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- par une décision des associés représentant au moins les trois quarts du capital. La
révocation doit être fondée sur un juste motif, à défaut, le gérant révoqué est en droit
de demander des dommages-intérêts ;
- ou par décision de justice à la demande de tout associé, si le gérant possède plus de
25% du capital et est donc à l’abri de toute révocation par les associés.

(b) Les pouvoirs du ou des gérants.

L’article 63 de la loi n°5-96 opère une distinction entre les rapports avec les associés (ordre
interne) et les rapports avec les tiers (ordre externe).

Dans les rapports entre Dans les rapports avec les tiers, le ou les gérants peuvent
associés, les pouvoirs du accomplir tout acte d’administration (des actes qui relèvent
ou des gérants sont de la gestion normale d'un patrimoine en vue d'en conserver
déterminés par les statuts. la valeur ou de le faire fructifier) et de disposition (des actes
entraînant une transmission de droits pouvant avoir pour
effet de diminuer la valeur d'un patrimoine).

(c) La responsabilité des gérants de SARL.

Le ou les gérants occupent une place particulière dans l’organisation de chaque SARL. Les
gérants, étant nommés par les associés dans le but de gérer la société au quotidien et dans
celui de la représenter ainsi que de l’incarner aux yeux des tiers, peuvent notamment engager
leur responsabilité civile [1] ou pénale [2].

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[1]. Responsabilité civile : Les gérants sont responsables selon les cas, individuellement ou
solidairement (art. 67 de la loi n°5-96) envers la société ou envers les tiers, soit des
infractions aux dispositions légales applicables aux SARL (i), de la violation des statuts (ii),
ou encore, des fautes commises dans leur gestion (iii).

i. Infractions aux dispositions législatives ou réglementaires applicables aux SARL :


Les formalités de publicité sont effectuées à la diligence et sous la responsabilité
des représentants légaux des sociétés (alinéa premier de l’art. 94 de la loi
précitée).
En outre, et selon l’article 92 de la loi précitée, « les premiers gérants et les
associés auxquels la nullité de la société ou de l'une de ses décisions est
imputable, sont solidairement responsables, envers les autres associés et les tiers
du dommage résultant de la nullité. L'action se prescrit par cinq ans à compter du
jour où la décision d'annulation est passée en force de chose jugée ».
Enfin, la responsabilité civile des gérants peut également se trouver engagée par
suite d’une infraction à l’une des nombreuses dispositions législatives ou
réglementaires (par exemple, l’émission de valeurs mobilières quelconques pour le
compte de la société).

ii. Violation des statuts : Tout acte du gérant fait au-delà de ses pouvoirs statutaires
ou légaux l’expose à une action en responsabilité de la part de ses associés.
L’excès de pouvoir peut constituer, au sens de l’article 69 de la loi, un « juste
motif » de révocation ou une « cause légitime » de révocation judiciaire.

iii. Faute de gestion : Citée par l’article 67 précité, la notion de faute est vaste et
imprécise. Elle évolue en fonction de la jurisprudence, qui est riche en ce qui
concerne les procédures de liquidation judiciaire.
D’après un arrêt de la Cour d’appel de commerce de Marrakech, la faute de
gestion peut être une action ou une omission (notamment une négligence). Ainsi,
la faute de gestion peut résulter non seulement d’une erreur dans la gestion ou
d’une négligence, comme elle peut résulter de la continuation abusive d’une
exploitation déficitaire (CA. de Marrakech, arrêt n° 08/2002 du 06/02/2002).

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L’action engageant la responsabilité du gérant pour faute de gestion exercée par un
tiers n’est pas soumise à la suspension des poursuites individuelles qu’entraîne
l’ouverture à l’encontre de la société d’une procédure de liquidation judiciaire.

Action en responsabilité : On reconnaît, en général, que l’action en responsabilité intentée


contre les gérants pour inobservation de la loi ou des statuts, ou pour fautes commises dans
leur gestion, est une action dite « sociale », car elle a pour objet de réparer le préjudice causé à
la société elle-même.

Mais, lorsque les associés ou des tiers ont, par la faute des gérants, subi un préjudice
personnel, ils peuvent en demander la réparation, par application des articles 77 et 78 du
DOC.

Outre l'action en réparation du préjudice subi personnellement, les associés peuvent, soit
individuellement, soit en se groupant intenter l'action sociale en responsabilité contre les
gérants. Les demandeurs sont habilités à poursuivre la réparation de l'entier préjudice subi par
la société à laquelle, le cas échéant, les dommage-intérêts sont alloués (extrait de l’art. 67 de
la loi n°5-96).

Exercice de l’action : Il y a (i) l’exercice de l’action par la société ; (ii) l’exercice de l’action
par un ou plusieurs associés ; et (iii) l’exercice de l’action par les créanciers sociaux.

i. Exercice de l’action par la société : Si l’action doit être exercée contre tous les
gérants en fonction, c’est à la collectivité des associés qu’il appartient de l’intenter,
en révoquant ces gérants et en nommant d’autres gérants chargés d’engager les
poursuites.
Si, au contraire, l’action doit être exercée contre quelques gérants seulement, les
autres gérants en exercice ou l’un d’eux ont, à notre sens, qualité pour l’intenter, si
les statuts leur ont conféré le droit d’agir individuellement. Si, au regard des
associés, les gérants ne peuvent agir que collectivement, la collectivité devrait
révoquer les gérants en cause et, si elle l’estime bon, désigner de nouveaux
gérants.
Lorsque la société est en liquidation amiable ou judiciaire, l’action est exercée par
le liquidateur ou par le mandataire-liquidateur.

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La société bénéficie seule du montant des condamnations prononcées.

ii. Exercice de l’action par un ou plusieurs associés : Chaque associé peut


personnellement intenter l’action sociale en réparation du préjudice subi par la
société.
S’ils représentent au moins le quart (1/4) du capital, les associés peuvent dans un
intérêt commun, charger, à leurs frais, un ou plusieurs d'entre eux de les
représenter pour soutenir, tant en demande qu'en défense, l'action sociale contre les
gérants. Le retrait en cours d'instance d'un ou plusieurs associés, soit qu'ils aient
perdu la qualité d'associé, soit qu'ils se soient volontairement désistés, est sans
effet sur la poursuite de ladite instance (alinéa 4 de l’art. 67 précité).

iii. Exercice de l’action par les créanciers sociaux : Les créanciers sociaux peuvent
exercer l’action sociale qui n’aurait pas été intentée par la société et à laquelle la
collectivité des associés n’aurait pas renoncé.

Inefficacité du quitus et des causes entravant l’exercice de l’action : Aucune décision de


l'assemblée générale des associés ne peut avoir pour effet d'éteindre une action en
responsabilité contre les gérants pour faute commise dans l'accomplissement de leur mandat.
Tout quitus est donc inopérant.
Également, est réputée non écrite, toute clause des statuts ayant pour effet de subordonner
l'exercice de l'action sociale à l'avis préalable ou à l'autorisation de l'assemblée générale, ou
qui comporterait par avance renonciation à l'exercice de cette action (deux derniers alinéas de
l’art. précité).

Mode d’exercice de l’action individuelle : L’action en responsabilité, fondée sur les articles
77 et 78 du DOC, appartient seulement à celui, associé ou tiers, qui subi le préjudice.

L’action individuelle peut être intentée indépendamment de l’action sociale et, dans les deux
cas, si plusieurs gérants ont coopéré aux faits dommageables, le tribunal détermine la part
contributive de chacun dans la réparation du préjudice.

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Prescription de l’action en responsabilité : Les actions en responsabilité prévues à l’article
67 se prescrivent par cinq (5) ans à compter du fait dommageable ou, s’il a été dissimulé, de
sa révélation. Toutefois, lorsque le fait est qualifié crime, l’action se prescrit par vingt (20)
ans (art. 68 de la loi précitée).

[2]. Responsabilité pénale : La responsabilité pénale est l'obligation de répondre des


infractions commises et de subir la peine prévue par le texte qui les réprime. Le gérant de
SARL est susceptible d’engager sa responsabilité si on peut lui imputer une infraction prévue
par un texte de loi.

Seulement, nous pouvons uniquement analyser les dispositions du titre VIII de la loi n°5-96.
Celui-ci contient quatre (4) chapitres, dont deux (2) nous intéressent : les infractions et
sanctions communes contenues dans son Chapitre II (i), ainsi que les infractions et sanctions
propres aux SARL au Chapitre III (ii).

Ces dispositions, qui visent principalement les gérants, sanctionnent :

i. L’absence de désignation de CAC lorsque la loi l’exige ;


Le fait pour eux de faire sciemment obstacle aux vérifications et contrôles effectués
par les CAC ou les experts désignés ;
L’attribution frauduleuse, par les gérants, d’une évaluation supérieure par rapport à un
apport en nature ;
La répartition de dividendes fictifs, la présentation aux associés de faux, états de
synthèse ou tout abus de biens sociaux ;
Le fait pour eux de ne pas avoir procédé à une ou plusieurs formalités de dépôt ou de
publicité prévues par la loi, de ne pas avoir dressé pour chaque exercice l’inventaire,
les états de synthèse et un rapport de gestion, qui n’auront pas accomplis certaines de
leurs obligations d’information financière, que l’on aura l’occasion de voir ci-dessous.

ii. Les fausses déclarations concernant la répartition des parts sociales, la libération des
parts ou le dépôt des fonds, ou l'omission volontaire de faire cette déclaration dans
l’acte de société (art. 113).
L’émission de valeurs mobilières (art. 114).

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Lorsque la situation nette de la société l’oblige, la non-consultation des associés pour
une éventuelle dissolution anticipée de la société ou l’absence d’accomplissement de
certaines formalités édictées à l’article 115 de la loi.
L’absence de mise à disposition à toute époque de l'année au siège social, des
documents suivants concernant les trois (3) derniers exercices soumis aux assemblées
générales : états de synthèse, inventaires, rapports des gérants et, le cas échéant, celui
du ou des CAC et procès-verbaux des assemblées générales (art. 117).

Chapitre 2: Les associés de la SARL.

Dans l’ensemble, les droits des associés sont comparables à ceux des actionnaires d’une SA,
qu’il s’agisse des droits politiques (a), des droits financiers (b) ou des droits patrimoniaux
(c) ; on procédera donc par larges renvois, sauf à mettre en relief les particularités propres à la
SARL.

(a) Les droits politiques.

Le droit à l’information : Le droit à l’information d’une SARL pluripersonnelle ressemble


quelque peu à celui reconnu aux actionnaires d’une SA dont les actions ne sont pas inscrites à
la cote de la bourse des valeurs :
- information permanente portant sur les livres, l’inventaire, les états de synthèse, le
rapport des gérants (ou celui du ou des CAC le cas échéant), et les procès-verbaux des
assemblées concernant les trois (3) derniers exercices.
- information occasionnelle préalable à toute assemblée ; ainsi le gérant est tenu
d’adresser à chaque associé au moins quinze (15) jours avant la tenue de l’assemblée
générale les documents suivants : le rapport de gestion, l’inventaire, les états de
synthèse, le texte des résolutions proposées (ou le rapport du ou des CAC le cas
échéant) ;
- droit de poser des questions écrites (alinéa 3 de l’art. 70 de la loi n°5-96) ;

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- droit de demander la désignation d’un expert de gestion par un ou plusieurs associés
représentant au moins le quart (1/4) du capital social (art. 82 de la loi précitée).

Le droit de vote : On signalera de façon liminaire que chaque associé dispose d’un nombre de
voix égal à celui des parts qu’il possède ; ce principe d’égalité est d’ordre public (art. 72 de la
loi précitée) ; il n’est donc pas possible de créer des parts sociales à vote double ou des parts
sociales sans droit de vote. Pour le reste, il convient d’examiner les modalités d’exercice de
droit de vote (i) et les modalités de calcul des majorités (ii).

i. Les modalités d’exercice du droit de vote : Comme dans les SA, le droit de vote
s’exerce par principe dans les assemblées où sont convoqués les associés. Mais il
ne s’agit pas du seul mode possible ; les statuts peuvent en effet prévoir que les
décisions, ou certaines seulement, pourront être prises par consultation écrite ou
par signature d’un acte unanime (premier alinéa de l’art. 71 de la loi précitée).
Dans cette hypothèse, la tenue d’une assemblée reste obligatoire dans les cas
édictés par la loi.
Comme dans les SA, les assemblées sont réglementées (aux articles 71 à 76 de la
loi précitée pour la SARL). Il faut respecter scrupuleusement le rituel légal, car
toute mauvaise manœuvre fournirait une arme inespérée à un associé retors
cherchant à faire annuler une décision qu’il n’apprécie pas. Toute assemblée
irrégulièrement convoquée peut être annulée. Toutefois, l'action en nullité n'est pas
recevable lorsque tous les associés étaient présents ou représentés (dernier alinéa
de l’art. 71 précité).
L’initiative de la convocation revient en principe au gérant ou, en cas de carence,
au CAC s’il en existe un ; les associés ne peuvent jamais procéder eux-mêmes à la
convocation, cependant ils peuvent demander la réunion d’une assemblée générale
s’ils remplissent les conditions décrites à l’article 71 de la loi. Également, en cas
de défaillance des organes légaux et si l’intérêt social le justifie, tout associé, après
avoir vainement demandé au gérant la tenue d'une assemblée générale, peut
demander au président du tribunal, statuant en référé, la désignation d’un
mandataire chargé de convoquer l’assemblée.
Les associés doivent être convoqués par lettre recommandée avec accusé de
réception (« LRAR »).

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Un associé peut se faire représenter par son conjoint à moins que la société ne
comprenne que les deux époux. Sauf si les associés sont au nombre de deux, un
associé peut se faire représenter par un autre associé ; si les statuts le permettent,
un associé peut se faire représenter par un tiers non associé.
Enfin, le procès-verbal, qui est établi et signé par le président de l’assemblée (il
s’agit généralement du gérant), doit mentionner les décisions prises.

ii. Les modalités de calcul des majorités : Les règles de majorité dans les assemblées
ou lors des consultations écrites obéissent à une mathématique différente de celle
qui a cours dans les SA ; les calculs se font à partir des parts sociales, chacune
donnant droit à une voix :
- pour les décisions ordinaires (les décisions prises dans les assemblées
générales ou lors des consultations écrites, ou encore, ce qui concerne
l'augmentation du capital par incorporation de bénéfices ou de réserves qui
est une dérogation légale, etc.), la majorité absolue est exigée, c’est-à-dire
plus de la moitié de l’ensemble des parts sociales.
- pour les décisions extraordinaires (cession de parts sociales à des tiers,
désignation ou révocation des gérants, nomination des CAC, toute
modification des statuts, etc.), la majorité exigée est celle des trois quarts des
parts sociales.

Pour la SARL-AU, il faut notamment se référer à l’article 76 de la loi n°5-96.

(b) Les droits financiers.

Comme les actionnaires d’une SA, les associés de la SARL ont droit aux dividendes, aux
réserves et au boni de liquidation. Les droits financiers des associés sont en principe égaux.
La vie financière de la SARL est comparable à celle de la SA. En principe, elle est soumise à
l’impôt sur les sociétés. Les états de synthèse doivent être déposés au greffe du tribunal dans
le mois qui suit leur approbation par l’assemblée générale : les esprits curieux peuvent de la
sorte se renseigner sur les résultats financiers de la SARL.

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(c) Les droits patrimoniaux.

C’est sur ce point que la situation de l’associé d’une SARL se sépare plus nettement de la
situation de l’actionnaire, qu’il s’agisse du mode de cession des droits sociaux (i), de
l’exigence d’un agrément (ii) ou du nantissement des parts sociales (iii).

i. Le mode de cession des droits sociaux : N’étant pas des valeurs mobilières, les
parts sociales ne sont pas négociables selon les modes simplifiés du virement de
compte à compte comme les actions. Il faut tenir compte le cas échéant des
régimes matrimoniaux mentionné à l’article 56 de la loi n°5-96. Les parts sociales
ne sont pas matérialisées par un titre, mais résultent de la répartition prévue dans
les statuts. Elles se transmettent comme des créances, d’où les règles suivantes :
- la cession doit être constatée par écrit à peine de nullité : (dernier al. de l’art.
61 de la loi n°5-96 qui renvoie à l’art. 16 de la même loi) ;
- la cession doit être portée officiellement à la connaissance de la SARL : on a
le choix entre un mode peu formaliste et peu coûteux, à savoir le dépôt de
l’original de l’acte de cession au siège de la société, et les modes solennels
prévus à l'article 195 du DOC ;
- l’opposabilité aux tiers résulte de la publicité faite au RC après
accomplissement des formalités décrites ci-dessus ;
- fiscalement, la cession doit être enregistrée, ce qui est une formalité fiscale
entraînant l’exigibilité de certains droits. Voir notamment les articles 67 et
73-II du Code Général des Impôts (« CGI »).

ii. La nécessité d’un agrément : La nécessité d’un agrément témoigne du caractère


hybride de la SARL qui, sur ce plan, cousine avec les sociétés de personnes.
L’intuitu personae qui préside à sa constitution et à son fonctionnement, interdit
qu’un étranger puisse entrer dans la société sans l’accord d'une majorité
représentant trois quarts des parts sociales. Signalons que le cédant n’est pas
interdit de vote, ce qui souvent simplifie les choses.
Il y a lieu de distinguer les cas où l’obtention de l’agrément des associés est
obligatoire, des cas où ledit agrément est facultatif :

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- l’agrément est obligatoire, lorsqu’il est question de céder de parts à un tiers,
et devra notamment répondre à l’exigence de la majorité des trois
quarts précitée ;
- l’agrément est facultatif, dans les cas de transmission par voie de succession
ou de cession entre conjoints – parents – et alliés jusqu’au deuxième degré
inclusivement, ainsi que dans la situation de cession entre les associés.
Néanmoins, la loi permet l’insertion de clauses statutaires limitant la
cessibilité dans ces cas-là, auxquels cas un agrément deviendrait obligatoire.

iii. Le nantissement des parts sociales : Le nantissement (tout court) est un contrat qui
affecte un bien incorporel à la garantie d'un emprunt ou d'une dette (voir les
articles 336 et suivants du Code de commerce).
Quant au nantissement des parts sociales, celui-ci est encore plus aléatoire que
celui des actions et n’inspire guère confiance aux prêteurs. La loi n°5-96 en fait
vaguement mention à l’article 59, qui dispose que tout projet de nantissement de
parts sociales devra répondre aux conditions prévues pour la cession de parts aux
tiers. Cela vaut agrément anticipé du cessionnaire.

Chapitre 3: Le Commissaire Aux Comptes.

Si la nomination d’un commissaire aux comptes n’est – en principe – pas obligatoire, la loi
prévoit cette nomination du commissaire aux comptes dans trois (3) cas :

- par décision des associés prises à une majorité qui est celle des trois quarts des parts
sociales ;
- pour les SARL dont le chiffre d'affaires dépasse le montant de cinquante (50) millions
de dirhams, il faut obligatoirement désigner au moins un CAC (art. 80 de la loi
précitée) ;
- par décision de justice à la demande d’un ou de plusieurs associés représentant au
moins le quart (1/4) du capital.

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TITRE III: LES MUTATIONS DE LA SARL.

Ici encore, le corpus législatif de la SA nous servira de point de comparaison pour les besoins
de ce dernier titre. C’est ainsi que nous analyserons, de manière succincte, les différentes
« mutations », qui est un terme qui peut tantôt désigner tout changement, toute transformation
ou altération et qui, en l’espèce, nous permettra de traiter des variations du capital (Chapitre
1), de la transformation (Chapitre 2), de la dissolution de la société et accessoirement de la
fusion de celle-ci (Chapitre 3).

Chapitre 1: Les variations du capital.

L’augmentation de capital : L’impossibilité pour une SARL d’émettre des valeurs mobilières
réduit l’éventail des modes de financement.

La décision d’augmenter le capital entraîne une modification des statuts dans les conditions
évoquées ci-dessus (majorité des trois quart) ; l’incorporation de bénéfices ou de réserves peut
cependant être décidée à la majorité absolue (plus de la moitié de l’ensemble des parts
sociales). En outre, rappelons qu’il est dans l’esprit de la SARL le fait que l’entrée de
nouveaux associés soit soumise à agrément.

L’augmentation par apport en numéraire n’est possible que si le capital a été intégralement
libéré (art. 77 de la loi n°5-96 qui renvoie à l’art. 51 de la même loi).

La réduction de capital et la perte de la moitié du capital : La réduction peut servir à éponger


des pertes ou un excès de liquidités (art. 79 de la loi précitée) ; si les capitaux propres
représentent moins de la moitié du quart du capital social, le gérant doit convoquer les
associés afin de décider s’il convient de dissoudre la société ou de continuer l’exploitation en
reconstituant les capitaux propres (art. 86 de la loi précitée).

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Chapitre 2: La transformation.

La transformation en SA : C’est l’hypothèse la plus fréquente. Semblable mue exige, à peine


de nullité (dernier alinéa de l’art. 87 de la loi n°5-96), qu’un commissaire à la transformation
soit désigné afin d’apprécier la valeur des biens composant l’actif social ; il doit également
attester que le montant des capitaux propres est au moins égal à celui du capital social
(l’article précité renvoie à l’art. 36 de la loi n°17-95).

La décision de transformation est prise par les associés à la majorité des trois quarts des parts
sociales.

La transformation en un autre type de société : La transformation de la SARL en société en


nom collectif exige l’accord unanime des associés, puisqu’elle entraîne une augmentation de
leurs engagements. Le consentement unanime des futurs commandités est de même requis en
cas de transformation en commandite (premier et deuxième alinéas de l’art. 87 précité).

Chapitre 3: La dissolution et la fusion.

La dissolution de la SARL ne présente aucune originalité par rapport à celle de la SA.


Rappelons seulement que la société est dissoute automatiquement au bout de deux (2) ans si le
nombre des associés excède cinquante (50). Malgré l’intuitu personae de la société, le décès,
l’incapacité ou la faillite personnelle d’un associé ne provoquent pas la dissolution de la
SARL. Les statuts peuvent prévoir le contraire pour ce qui concerne le décès éventuel d’un
associé (art. 85 de la loi n°5-96).

Quant à la fusion, elle est soumise au même régime que celui des SA (articles 222 à 229 de la
loi n°17-95).

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