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Biographie de balzac

Après des études classiques dans sa Touraine natale, dès seize ans, il poursuit sa formation à Paris, et
apprend le droit en étant clerc chez un avoué puis chez un notaire. À vingt ans, d'accord avec sa
famille, qui lui donne deux ans pour faire ses preuves, il abandonne le droit pour la littérature. Ces
deux années constituent l'apprentissage du romancier. Il s'agit d'observer la nature humaine qu'il
ambitionne de dépeindre et d'apprendre la technique de l'écriture romanesque. Ses premiers essais,
dont il n'est pas satisfait, sont publiés sous des pseudonymes. De retour dans sa famille au bout des
deux ans imposés, il obtient de nouveaux délais, et continue, jusqu'en 1825, à publier sous de faux
noms. La protection mondaine et financière de Madame de Berny, de quinze ans son aînée, avec qui il
entretient pendant dix ans (1823 - 1833) une liaison qui lui fait une position dans le monde, le lance
dans l'édition et l'imprimerie, aventures qui le laissent lourdement endetté.
Toute sa vie, malgré les énormes gains que lui vaut la publication de ses œuvres, Balzac reste en butte
aux poursuites de ses créanciers, qu'une gestion désordonnée et un goût immodéré pour le luxe
multiplient à ses trousses. La production forcenée de romans, entretenue par une imagination et une
énergie prodigieuses, et soutenue par une consommation massive de café, maintient seule l'équilibre
précaire de ses ressources.
C'est en 1829 qu'il publie enfin sous son nom deux œuvres qui contiennent déjà ses principaux thèmes
romanesques : La Physiologie du Mariage, essai psychologique et social, et Le Dernier Chouan...,
roman historique. Pendant vingt ans, il produit sans interruption une œuvre qu'il regroupe dès 1830
sous un premier titre générique, Études sociales, réparties en Scènes de la vie privée, Études de
mœurs, etc. À l'intérieur du monde romanesque qu'il crée, le retour de certains personnages donne
l'impression d'un monde exactement calqué sur le milieu social où vit l'homme réel. Il bâtit roman
après roman cet ensemble qui prend en 1841 le nom de Comédie humaine. Les premiers succès de
Balzac auprès du grand public sont, en 1831, La Peau de chagrin et, en 1834, Le Père Goriot, qui
présentent une image de la société telle que la voit l'auteur, dominée par l'argent et l'ambition sociale,
régie par l'appartenance à telle ou telle classe, et traversée par l'influence occulte de rapports
mystérieux unissant le physique au moral. Qu'il peigne Paris (Splendeurs et misères des courtisanes,
Les Illusions perdues, La Peau de chagrin, Le Père Goriot,...) ou la province (Le Curé de Tours, Le
Lys dans la vallée, Eugénie Grandet,..), ou encore qu'il plonge dans l'histoire récente (Les Chouans,
L'Histoire des Treize,...), il crée un univers dynamique dont les individus constituent, par l'addition de
caractères psychologiquement déterminés, une architecture sociale complexe dans laquelle le lecteur
est plongé par approches successives.
Il vient d'épouser Madame Hanska, riche veuve polonaise avec qui il entretient depuis plusieurs
années une correspondance amoureuse, lorsqu'il disparaît, à peine âgé de cinquante ans, à la tête d'une
œuvre colossale, compte tenu de la brièveté de sa carrière.
Le théâtre n'est pas, pour Balzac, l'expression littéraire la plus naturelle, mais, au XIXe siècle, le genre
dramatique est celui qui permet le plus rapidement de se faire de l'argent. Aussi l'éternel endetté se
lance-t-il avec ardeur dans l'écriture dramatique. Dès son plus jeune âge, il a commis, sept ans avant
Victor Hugo, un Cromwell en cinq actes et en vers qui est irrémédiablement condamné par les
autorités consultées. Après plusieurs tentatives avortées — esquisses inachevées, projets refusés
(L'École des ménages, en 1839), ou représentation interdite (Vautrin, en 1840) — Les Ressources de
Quinola sont enfin créées à l'Odéon, en 1842, échec mémorable qui limite à 19 le nombre des
représentations. Suivent néanmoins Paméla Giraud (Théâtre de la Gaîté, 1843, 21 représentations), La
Marâtre (Théâtre Historique, 1848). C'est à la Comédie-Française que Balzac destine Le Faiseur, reçu
par le Comité de lecture en décembre 1848, mais c'est au Théâtre du Gymnase que la pièce est créée,
sous le titre de Mercadet, un an après la mort de l'auteur.
La Comédie-Française met enfin la pièce au répertoire en 1868, avec succès. Mercadet, repris en 1879,
en 1887, en 1899, en 1918, puis, sous son titre original, Le Faiseur, en 1993, fait aussi au XXe siècle
une belle carrière sur d'autres scènes. À la Comédie-Française, c'est également sous forme
d'adaptations que Balzac trouve sa place au répertoire, avec Vautrin d'Émile Guiraud, en 1922, et
surtout La Rabouilleuse d'Émile Fabre (d'après Un Ménage de garçons, entrée au répertoire en 1936)
qui connaît de nombreuses reprises.

En 1943, pour le centenaire de la Comédie humaine, Émile Fabre met en scène Vidocq chez Balzac,
avec André Brunot dans le rôle du romancier.