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COURS 1

Les Outils Mathématiques pour l’Électromagnétisme


1. INTRODUCTION
Avec la mécanique et la thermodynamique, l’électromagnétisme constitue les bases
scientifiques de la technologie moderne1. Ces trois disciplines ne sont pas complètement
déconnectées : la mécanique portant sur le comportement (i.e. la dynamique) des objets
soumis à des forces (condition d’équilibre mécanique, les contacts, les roulements,…),
l’électromagnétisme est la science qui intervient lorsque ces interactions sont de nature
électrique. Il faut évidement partir de l’observation (fondamentale et vieille de plus de
4000 ans!) que la matière possède des propriétés qui engendrent des interactions à
distance qu’on ne saurait expliquer par leur simple masse. En fait, ces observations ont
rapidement classé les différents types d’interactions que la matière manifestait :
gravitationnelle (avec la masse), électromagnétique (avec la charge électrique), nucléaire
(avec les ‘charges’ dites hadroniques…). On parle aujourd’hui des 3 grandes forces de la
Nature …
Aujourd’hui, l’électromagnétisme est sans aucun doute la théorie la plus élaborée. Elle
est présente dans le comportement de la matière sur plusieurs ordres de grandeur en
échelle : de l’atome (les électrons autour du noyau) à l’échelle de l’univers (le
rayonnement électromagnétique fossile). Entre ces deux extrêmes, on trouve une
multitude d’applications et de technologies dont le fonctionnement repose
essentiellement sur l’existence (et la maîtrise) des propriétés électromagnétiques de la
matière. Tous les dispositifs de communication (téléphones, radio, télévision,
ordinateurs), la plupart des instruments de diagnostic en médecine (radiologie,
stimulateur, scanner), les véhicules modernes, les équipements domestiques, le transport
et le stockage de l’energie … sont autant d’exemples où les principes et les lois de
l’électromagnétisme sont mis en œuvre.
A l’instar des autres disciplines du génie, l’électromagnétisme a son ‘langage
mathématique’. Ce langage doit d’abord être vu comme un outil qui permet de manipuler
les principes de base et de calculer les quantités pratiques dans les réalisations
technologiques. On ne peut faire ni l’économie ni même une approximation vague de ce
langage : il est efficace et permet de comprendre et d’appliquer l’électromagnétisme.

Quels sont les domaines des mathématiques à visiter pour ce cours ?

- les vecteurs car nous aurons besoin de représenter des forces, des vitesses…
- les repères et les systèmes de coordonnées car nous étudierons des ensembles d’objets
qu’il faudra repérer les uns par rapport aux autres;
- le calcul différentiel et intégrale car nous aurons des lois exprimées à de petites
échelles qu’il faudra appliquer sur des systèmes plus grands.

Dans ce premier document, on revoit des notions de mathématiques qui seront utilisées
tout au long de ce cours.

1
On pourrait ajouter la théorie de l’information (et la mécanique quantique) à cette liste.

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2. VECTEURS ET CHAMP DE VECTEURS

Un vecteur est une longueur


(qu’on désigne par norme,
module ou amplitude, il s’agit
toujours d’un nombre positif) et
une direction. On peut toujours

écrire un vecteur a en
identifiant ces deux quantités :
 
a = au

où u est un vecteur de norme
1 (vecteur dit unitaire) et a un
nombre positif.

Les vecteurs forment un espace vectoriel.


On peut multiplier un vecteur par un
nombre, λ u : on multiplie ainsi l’amplitude


de u par λ . La direction change de signe
si λ est négatif.

On peut aussi additionner les vecteurs :


  
c = a +b

Notion de repère : on peut toujours


trouver un nombre (minimal) de vecteurs
dits linéairement indépendants qui
servent de repère (on parle de base). Le
choix d’un repère n’est pas unique. Dans
un espace de dimension 2, la figure de
gauche vous montre un choix de repère
 
(i , j ) qui permet d’exprimer le vecteur
en termes de composantes (x,y) :
  
a=x i +y j

Notez que le vecteur a est unique. Par contre, un repère est choisi et donne lieu à une

paire de composantes (x,y) pour écrire le vecteur a en fonction de ce choix :
Vecteur colonne des composantes (en 2 dimensions) :
x    
a =   ↔ a = xi + y j
 y

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Produit scalaire : produit défini sur deux vecteurs, cette opération donne un nombre
 
réel. Notation habituelle : a ⋅ b .

Notion de repère orthonormal:


Repère pour lequel le produit scalaire est
 
a ⋅ b = aT b
où :
   x '
b = x' i + y' j → b =  
 y '
a = x i + y j → a = [ x y]
   T

 
⇒ a ⋅ b = aT b = x x '+ y y ' (1)
     
On a i ⋅ i = 1, i ⋅ j = 0, j ⋅ j = 1

Norme, angle et produit scalaire :

La norme d’un vecteur est donnée par


 
a = a ⋅ a = x2 + y 2 (2)
et le produit scalaire entre deux vecteurs
peut s’écrire sous la forme
 
a ⋅ b = a b cos θ (3)
où a et b sont les normes des deux vecteurs

et θ l’angle entre a et b .


Un champ de vecteur :
On parle d’un champ de vecteurs
lorsque le vecteur est défini
comme une fonction du point de
l’espace :
a ( P)


Le vecteur ‘vitesse’ dans un


fluide en mouvement est un
champ de vecteur : chaque
‘élément de fluide’ possède son
vecteur vitesse à l’endroit où il
se trouve.

On ne peut faire des opérations entre des vecteurs d’un champ de vecteurs que si cette
opération concerne des vecteurs en un même point.

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NB : on peut bien sûr parler de ‘champs scalaires’ pour désigner les fonctions habituelles.
Par exemple, la température dans la pièce où vous êtes est une fonction (un champ
scalaire) définie en chaque point de son volume.

3. SYSTÈMES DE COORDONNÉES

Cartésien en 2 d :

Système associé aux axes orthogonaux


habituels. Le point P est repéré par les
coordonnées x et y.

Ce sont aussi les composantes du vecteur



OP si O est l’origine du système de
 
coordonnées et (i , j ) un repère
orthonormal (associé aux axes) :
  
OP = x i + y j

Polaire en 2d :
Système de coordonnées avec lequel on
repère le point P avec un nombre positif
( ρ ) et un angle ( ϕ ) :

0 ≤ ρ < ∞ et 0 ≤ ϕ < 2π (4)


On a les relations suivantes :
 ρ = x2 + y 2
 x = ρ cos ϕ 
 y = ρ sin ϕ et  y
  tan ϕ =
x

Cartésienne en 3d :
Système associé aux axes orthogonaux
habituels. Le point P est repéré par les
coordonnées x, y et z.

Ce sont aussi les composantes du vecteur



OP si O est l’origine du système de
  
coordonnées et (i , j , k ) un repère
orthonormal (associé aux axes) :
   
OP = x i + y j + z k

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Cylindrique (3d) :
Système de coordonnées avec lequel on
repère le point P avec un nombre positif
( ρ ), un angle ( ϕ ) et une coordonnée (z) :
0 ≤ ρ < ∞, 0 ≤ ϕ < 2π et − ∞ < z < ∞

On a les relations suivantes :


 x = ρ cos ϕ  ρ = x2 + y 2
 y = ρ sin ϕ et  (5)
  tan ϕ = y
 z = z  x

Sphérique (3d) :
Système de coordonnées avec lequel on
repère le point P avec un nombre positif
( r ) et deux angles ( ϕ et θ ) :

0 ≤ ρ < ∞, 0 ≤ ϕ < 2π et 0 ≤ θ < π


On a les relations suivantes :

 x = r sin θ cos ϕ
 y = r sin θ sin ϕ et r = x 2 + y 2 + z 2

 z = r cos θ
(6)

Le choix d’un système de coordonnées est toujours dicté par la symétrie du problème : le
système cartésien (ou rectangulaire) est le plus général. La symétrie axiale (ou ponctuelle
en 2d) en 3d suggère les coordonnées polaire (ou cylindrique) alors qu’une symétrie
sphérique en 3d sera facilement gérée dans un système de coordonnées sphérique.

4. VARIATIONS INFINITÉSIMALES DE LA POSITION D’UN POINT

Un point sur la ligne est repéré par une


coordonnée x. Le déplacement
infinitésimal de ce point consiste à faire
varier cette coordonnée d’une quantité
petite, dx :
  
P → P + dl avec dl = dx i

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Cartésien en deux dimensions

Le point P est repéré par les coordonnées x


et y :
   
P → P + dl avec dl = dx i + dy j
 
Les vecteurs i et j sont unitaires (et
orthogonaux). Ils constituent un repère
identique en chaque point. Un champ de

vecteur A ( P ) s’exprimera en termes de ce
repère avec des composantes qui
dépendront du point P :

A ( P ) = a x ( x, y ) i + a y ( x , y ) j
 

Polaire en deux dimensions


Le point P est repéré
 par les coordonnées ρ
et ϕ : P → P + dl avec
  
dl = d ρ u ρ + ρ dϕ uϕ (7)

 
u ρ et uϕ sont des vecteurs unitaires et
orthogonaux. Ils constituent un repère
mobile car il dépend du point auquel il est
attaché. Un champ peut s’écrire en termes
de ce repère :
  
A ( P ) = aρ ( ρ , ϕ ) u ρ + aϕ ( ρ , ϕ ) uϕ

Cartésien en trois dimensions


Le point P est
 repéré par les coordonnées x, y et
z : P → P + dl avec
   
dl = dx i + dy j + dz k
  
Les vecteurs i , j et k sont unitaires (et
orthogonaux). Ils constituent un repère identique

en chaque point. Un champ de vecteur A ( P )
s’exprimera en termes de ce repère avec des
composantes qui dépendront du point P :
 
A ( P ) = a x ( x, y , z ) i + a y ( x, y , z ) j + a z ( x, y , z ) k
 

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Cylindrique (3d)
Le point P est repéré par les coordonnées ρ,

ϕ et z : P → P + dl avec
   
dl = d ρ u ρ + ρ dϕ uϕ + dz k (8)

  
u ρ , uϕ et k sont des vecteurs unitaires et
orthogonaux. Ils constituent un repère
mobile avec le point auquel ils sont
attachés.

Sphérique (3d)

Le point P est repéré par les coordonnées



r, θ et ϕ : P → P + dl avec
   
dl = dr ur + r sin θ dϕ uϕ + r dθ uθ (9)

  


ur , uϕ et uθ sont des vecteurs unitaires
et orthogonaux. Ils constituent un repère
mobile avec le point auquel ils sont
attachés.

4. VARIATIONS, DÉRIVÉES ET GRADIENT

En 1 dimension : variation
En prenant le point voisin de x
repéré par x + ∆x, la fonction f
passe de f(x) à f(x+∆x). La
variation de la fonction est
f ( x + ∆x ) − f ( x )
et le taux de variation est défini
par
f ( x + ∆x ) − f ( x )
∆x
C’est aussi la pente de la droite
(1).

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Que se passe-t-il lorsque ∆x tend vers 0 ? la droite (1) devient la droite (2), tangente à f
au point (x, f(x)) :
f ( x + ∆dx ) − f ( x ) df ( x )

dx  0
→ (10)
dx dx
Pour la plupart des fonctions f(x) , vous savez calculer la fonction dérivée (terme de
droite dans l’équation (10), notée aussi f’(x)) qui lui est associée.
Exemples :
f ( x ) = x2 + x → f ' ( x ) = 2x + 1
f ( x ) = ek x → f ' ( x ) = k ek x (k est une constante)

f ( x ) = (1 − x 3 ) → f ' ( x ) = 6 x (1 − x 3 )
−2 −3

1
f ( x ) = ln ( x ) → f '( x) =
x
En 1 dimension : la dérivée

On peut interpréter l’équation (2) sous la


forme
df ( x )
f ( x + dx ) ≈ f ( x ) + dx (11)
dx
Cette équation signifie qu’on obtient une
approximation de f au point voisin x+dx en
corrigeant la valeur prise en x en utilisant la
tangente en ce point.

Notion de variation :
On considère ici une fonction à
deux variables indépendantes :
f(x,y).
Dans le graphe de gauche, cette
fonction est montrée comme une
surface z = f(x,y). Les variables
indépendantes étant x et y, on peut
déplacer arbitrairement un point P
de coordonnées (x,y) vers un point
voisin P’ de coordonnées (x+dx,
y+dy). Noté
  
dl = dx i + dy j
ce déplacement entraîne une
variation df de la fonction :
( )

df = f P + dl − f ( P )

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Considérons un déplacement selon i : dl = dx i . Dans ce cas y reste constant et on peut
écrire, de la même façon qu’en 1 dimension :
∂f
( )

f P + dl = f ( x + dx, y ) = f ( x, y ) + dx (12)
∂x y constant

De la même façon, un petit déplacement à x constant (seul y varie autour du point P) :


 
dl = dy j modifie la valeur de la fonction f :
∂f
( )

f P + dl = f ( x, y + dy ) = f ( x, y ) + dy (13)
∂y x constant

Note : on utilise une notation différente pour représenter la dérivée partielle pour bien
signifier qu’il y a variation sur une variable (les autres étant ‘gelées’).

La combinaison des deux déplacements, en x et en y, donne donc le résultat suivant

∂f ∂f
( )

f P + dl = f ( x + dx, y + dy ) = f ( x, y ) + dx + dy (14)
∂x y constant ∂y x constant

ou, en utilisant une notation vectorielle

 ∂f 
 ∂x y constant 
( )
f P + dl = f ( x, y ) + [ dx dy ]   = f ( x, y ) + dl T ∇
 
f (15)
 ∂f 
 
 ∂y x constant 
  

GRADIANT ∇f


Le vecteur dl est le vecteur déplacement (ses composantes sont des petites distances).
Ce vecteur a une unité de distance.

Remarque : le développement de Taylor d’une fonction à plusieurs variables

∂f ∂f ∂f
f ( c1 + dc1 , c2 + dc2 , c3 + dc3 ,) = f ( c1 , c2 , c3 ,) + dc1 + dc2 + dc3 +
∂c1 ∂c2 ∂c3

Dans cette expression classique de l’analyse des fonctions à plusieurs variables, les ci
sont les variables indépendantes de la fonction f : il peut s’agir de positions, de temps, de
pression, d’un angle …. Il n’y a pas forcément d’unité commune !

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T
Exemple : considérons la fonction f (T , V ) = R où R est une constante.
V
On a les expressions suivantes :
∂f 1 ∂f T
=R et = −R 2
∂T V ∂V V
Ce qui permet d’écrire
R RT
f (T + δ T , V + δ T ) = f (T , V ) + δ T − δ V 2
V V
Prenons T=273 et V=10 (avec R = 10-23) :
273
f ( 273,10 ) = 10−23 = 2.7300 10−22
10
On considère une petite variation des variables T et V :
273.01
f ( 273.01,9.992 ) = 10−23 = 2, 732285 10−22
9.992
R RT
f ( 273,10 ) + δ T − δ V 2
= 2, 7300 10−22 + 0.000110−22 + 0.02184 10−22 = 2.7519 10−22
0.01 V
−0.008 V
10−23 10−23 273
10 102

Le vecteur gradient en 2d
Le vecteur gradient est un vecteur
localisé au point où il est calculé (le
gradient forme un champ de vecteurs).
En deux dimensions (x,y), comme dans
le graphique

à gauche, le gradient est le
vecteur ∇f de dimension 2 qui permet
d’écrire :
( )
 
f P + dl = f ( P ) + dl T ∇f

où dl est un déplacement quelconque
dans le plan (x,y). Supposons que l’on
trace en un point P(x,y) la courbe ‘iso-f’,
courbe qui relie tous les points du plan
qui donnent la même valeur z=f(x,y).

Si on déplace légèrement le point P tangentiellement à cette courbe, la valeur de f ne


changera donc pas! Autrement dit,
( )

f P + dl = f ( P )

et par conséquent dl T ∇f = 0. Le gradient est donc orthogonal au déplacement tangent à
la courbe ‘iso-f ’.

Sauriez-vous dire pourquoi il pointe vers l’intérieur de la courbe dans la figure en haut ?

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Expression du gradient 2d :
 ∂f 
∂f ∂f  ∂x    ∂f 
df = dx + dy = [ dx dy ]     ∂x 
∂x ∂y     ∂f     gradient cartésien
 ∂y    ∂f 
dl

   ∂y 

(1)
donc ∇f =  (16)
 ∂f    ∂f 
∂f ∂f  ∂ρ    ∂ρ 
= dρ + dϕ = [ d ρ ρ dϕ ]      gradient polaire
∂ρ ∂ϕ   1 ∂f    1 ∂f 
dl
 ρ ∂ϕ    ρ ∂ϕ 

 
(2 )

Dans les expressions précédentes, nous avons exprimé la même quantité ( df ) en utilisant
deux systèmes de coordonnées différents : cartésien (1) et polaire (2). Dans les deux cas,
la fonction f doit être exprimée avec les coordonnées (variables) appropriées.

Expression du gradient 3d : même raisonnement qu’en 2d. On exprime la variation


d’une fonction en utilisant différents systèmes de coordonnées : cartésien (1), polaire
cylindrique (2) et sphérique (3) .

 ∂f 
 ∂x 
 
∂f ∂f ∂f ∂f
df = dx + dy + dz = [ dx dy dz ]  
∂x ∂y ∂z    ∂y
dl  
 ∂f 
 ∂z 

(1)

 ∂f 
 ∂ρ 
 
∂f ∂f ∂f  1 ∂f 
= dρ + dϕ + dz = [ d ρ ρ dϕ dz ]
∂ρ ∂ϕ ∂z   ρ ∂ϕ 
dl  
 ∂f 
 ∂z 

 
(2 )

 ∂f 
 ∂r 
 
∂f ∂f ∂f  1 ∂f 
= dr + dϕ + dθ = [ dr r sin θ dϕ rdθ ]
∂r ∂ϕ ∂θ   r sin θ ∂ϕ 
dl  
 1 ∂f 
 r ∂θ 
 
(3)

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donc

 ∂f   ∂f   ∂f 
 ∂x   ∂ρ   ∂r 
     
  ∂f   1 ∂f   1 ∂f  gradient sphérique
∇f =   gradient cartésien,  ρ ∂ϕ  gradient polaire,  r sin θ ∂ϕ 
∂y
     
 ∂f   ∂f   1 ∂f 
 ∂z   ∂z   r ∂θ 
(17)

4. ÉLÉMENTS DE LONGUEUR, DE SURFACE ET DE VOLUME

Un morceau de longueur sur un objet


unidimensionnel peut être représenté par
la variation petite de la coordonnée (x) du
point. On note dx cette variation : c’est
aussi un élément de longueur
infinitésimalement petit.

Si f(x) est une fonction de la variable x, f(x) dx est la surface du ruban d’épaisseur dx et de
hauteur f(x). Ce ruban est au point de coordonnée x. La somme de tous les rubans lorsque
x va de a à b, est la surface sous la courbe y=f(x). Cette somme est notée
b

∫ f ( x ) dx
a

Élément de surface

Un morceau de surface peut être obtenu de la


même façon que le morceau de longueur. Cette
fois ci, il faut faire varier les deux variables qui
permettent de repérer le point dans le plan.
Dans le cas cartésien, on obtient donc

dS = dx dy

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Dans le cas polaire, les variables (coordonnées)
sont définies à l’équation (4) et les
déplacements sont donnés à l’équation (7). La
surface définie par ces variations est donc

dS = ρ d ρ dϕ

Sauriez-vous vérifier qu’il s’agit bien d’une


surface ?

Élément de volume

Les coordonnées cartésiennes


définissent naturellement le volume
élémentaire
dV = dx dy dz
En coordonnées cylindriques, l’élément
de volume défini par les variations
petites des coordonnées est donné par

dV = ρ d ρ dϕ dz

Sauriez-vous vérifier qu’il s’agit bien


d’un volume ?

En coordonnées sphériques, la
variation des coordonnées donne
l’élément de volume

dV = r 2 sin θ dr dϕ dθ

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5. DIVERGENCE
La divergence d’un champ de vecteur est le champ de scalaire (donc des nombres en
chaque point de l’espace) défini par le produit scalaire
 
div A = ∇ ⋅ A

Dans cette définition, ∇ est le vecteur gradient qu’on peut reconnaître dans les
expressions précédentes du gradient d’une fonction
 
∇f = ∇ f

mais attention, son expression dépend du système de coordonnées. Ainsi :


∂  ∂   ∂ 
 ∂x   ∂ρ   ∂r 
     
  ∂    1 ∂    1 ∂ 
∇ =   (cart.), ∇ =  (pol.), ∇ =  (sph.)
∂y ρ ∂ϕ  r sin θ ∂ϕ 
     
∂  ∂   1 ∂ 
 ∂z   ∂z   r ∂θ 

De la même facon, un champ de vecteur aura des composantes qui dépendra du système
de coordonnées (et du repère associé) :

A ( P ) = ax i + a y j + az k
 

= aρ u ρ + aϕ uϕ + az k
= ar ur + aϕ uϕ + aθ uθ
On obtient les expressions suivantes :
∂a ∂a y ∂az
Cartésien : ∇⋅ A = x + +
∂x ∂y ∂z
1 ∂ ( ρ aρ ) 1 ∂aϕ ∂az
Cylindrique : ∇ ⋅ A = + +
ρ ∂ρ ρ ∂ϕ ∂z
1 ∂ ( r ar ) 1 ∂aϕ 1 ∂ ( sin θ aθ )
2

Sphérique : ∇⋅ A = 2 + +
r ∂r r sin θ ∂ϕ r sin θ ∂θ

Théorème de la divergence :
 

surf . S
A ⋅ dS = ∫
volume V
div A dV

La surface fermée S enferme le volume V.

Ce théorème est important car il relie deux


quantités : l’une est globale (sur la surface
qui englobe le volume V), l’autre est locale
(dans le volume enfermé par S).

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6. PRODUIT VECTORIEL ET ROTATIONEL

Le produit vectoriel est uniquement défini


en 3 dimension : il s’agit d’une opération
 
entre deux vecteurs (ici a et b ) qui a pour
 
résultat un autre vecteur noté a × b : ce
vecteur est
 
- perpendiculaire au plan défini par a et b ,
- orienté selon la ‘règle de la vis’ lorsqu’on

tourne de a (premier vecteur du produit)

vers b (second vecteur du produit).
- d’amplitude a b sin θ (où θ est l’angle
entre les deux vecteur du produit).

On a les relations
  suivantes

a ×b = −b × a
(
  
)
a ⋅ a ×b = 0

(
  
) ( )
     
a ⋅ b × c = b ⋅(c × a ) = c ⋅ a × b

Le Rotationel est une opération définie sur un champ de vecteur, qui donne comme
résultat un autre champ de vecteur. La définition est
  
Rot A = ∇ × A
Les expressions utiles du rotationel, en fonction du système de coordonnées utilisé, sont
les suivantes
 ∂az ∂a y 
 − 
 ∂y ∂z 
  ∂a ∂a    
∇ × A =  x − z  avec le repère i , j , k (cartésien)
 ∂z ∂x 
 ∂a y ∂ax 
 ∂x − ∂y 
 

 1 ∂a z ∂aϕ 
 − 
 ρ ∂ϕ ∂z 
  ∂aρ ∂a z    
∇× A =  −  avec le repère u ρ , uϕ , k (cylindrique)
 ∂z ∂ρ 
 
1 ∂ ( ρ aϕ ) ∂aρ 
 ρ −
∂ρ ∂ϕ 

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Le Théorème de Stokes :

C est un contour fermé et S est une surface dont le bord est C : cette surface n’est pas
unique, il y en a une infinité. Quelque soit la surface choisie, on a la relation suivante
   

C
A ⋅ dl =
S
∫∫ ⋅ dS
rot A

La Classification des champs de vecteurs



Un champ de vecteur A est dit Solénoïde si sa divergence est partout nulle; il est
irrotationel si son rotationel est partout nul.

Le résultat de Helmotz : On connaît parfaitement un champ de vecteur à partir de la


spécification de sa divergence et de son rotationel partout dans l’espace.

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7. EXERCICES

EX.1
 
Dans le plan muni d’un repère orthonormé (i , j ) , on considère le vecteur
  
a = 3i −2j
a) Quelle est l’amplitude de ce vecteur ?
   
b) Exprimez le vecteur unitaire b qui est orthogonal à a et vérifiant b ⋅ i > 0 .
  
c) calculez l’angle entre a et a + b .

EX.2
a) Donnez les coordonnées cartésiennes (rectangulaires) des trois points suivants :
 π   π π
P1  3, , −1 , P2  3, − ,  et P3 (1,35o , −75o )
 6   6 5
 
b) Exprimer les composantes cartésiennes (rectangulaires) des vecteurs P3 P1 et P1 P2 .
b) Calculez l’angle (en radiant) défini par les points P1,P2,P3 (P2 étant le sommet).

EX.3

La carte à gauche montre les lignes de


niveau de la région du Mont-Royal :
chaque courbe de niveau est une
information sur l’élévation du relief.

a) En choisissant des points sur cette


carte, tracez le vecteur gradient de la
fonction ‘élévation’.

b) Identifiez des points où


- le gradient est nul
- le gradient pointe vers le nord
- le gradient est maximal (en
norme)

(source : la carte est disponible sur le site


www.uqam.ca)

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EX.4
On considère la fonction V définie dans le plan muni du système de coordonnées
cartésiennes (x,y) par l’expression suivante :
V ( x, y ) = x 2 − 3 xy + 2 y 2
a) exprimez cette fonction à l’aide des coordonnées polaire.
b) on note P le point de coordonnées polaires (1,π/3). Calculez la variation dV causée par
un déplacement de P décrit par dx = 0.001 et dy = 0.002.
c) tracez le vecteur gradient de V au point P en utilisant les deux systèmes de
coordonnées, cartésiennes et polaires.

EX.5
Dans le plan muni d’un repère polaire, tracez et calculez la surface de la région (appelée
D) définie par
π 2π
1 ≤ ρ ≤ 2, ≤ϕ ≤
4 3
Calculez l’intégrale suivante :
∫∫ r dS
2

EX.6
Calculez le volume d’un cylindre creux dont les caractéristiques sont les suivantes :
Rayon externe : 2 cm
Rayon interne : 0.7 mm
Hauteur : 3 m

Calculez la masse de ce cylindre sachant que la densité de masse est radiale et qu’elle
varie comme k ρ−1 où k est une constante dont on précisera les unités.

Réponses :
2  3
EX1. a) 7 , b) i+ j , c) 0.36 rd (20.7 o)
7 7
EX2. a) P1 = [ 2.59 1.5 −1] , P2 = [1.52 −0.29 2.42] , P3 = [ −0.79 0.55 0.25]
 1.8   −1.07 
b)  0.95  ,  −1.79 
 
 −1.25  3.42 
c) 1.21 rd.

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