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Zalán NÉMET (ZPZTP3)

Littérature française du 20e siècle TD (12h)


Jean-Paul Sartre : La nausée
Trouvez une phrase philosophique dans chaque texte qui décrit la philosophie existentielle :
1. « Trois heures, c’est toujours trop tard ou trop tôt pour tout ce qu’on veut faire. Un drôle de
moment dans l’après-midi. Aujourd’hui, c’est toujours intolérable. Un soleil froid blanchit la poussière
des vitres. Ciel pâle, brouillé de blanc. Les ruisseaux étaient gelés ce matin. Je digère lourdement,
près du calorifère, je sais d'avance que la journée est perdue. » (p.30)
2. « Voici ce que j’ai pensé : pour que l’événement le plus banal devienne une aventure, il faut et il
suffit qu’on se mette à le raconter. C’est ce qui dupe les gens : un homme, c’est toujours un conteur
d’histoires, il vit entouré de ses histoires et des histoires d’autrui, il voit tout ce qui lui arrive à
travers elles ; et il cherche à vivre sa vie comme s’il l’a racontait. » (p.64)
3. « Je jetai un regard anxieux autour de moi : du présent, rien d’autre que du présent. Des meubles
légers et solides, encroûté dans leur présent, une table, un lit, une armoire à glace – et moi-même. La
vraie nature du présent se dévoilait : il était ce qui existe, et tout ce qui n’était pas présent
n’existait pas. Le passé n’existait pas. Pas du tout. » (p.139)
4. « Il faut que je fini… J’ex… Mort… M. de Roll est mort... Je ne suis pas… J’ex… » Ça va, ça va…
et ça ne finit jamais. C’est pis que le reste parce que je me sens responsable et complice. Par exemple,
cette espèce de rumination douloureuse : j’existe, c’est moi qui l’entretiens. Moi. Le corps, ça vit tout
seul, une fois que ça a commencé. Mais la pensée, c’est moi qui la continue, qui la déroule.
J’existe. Je pense que j’existe. Oh, le long serpentin, ce sentiment d’exister –et je le déroule, tout
doucement… Si je pouvais m’empêcher de penser !» (p.144-145)
5. « Trente ans ! Et les 14400 francs de rentre. Des coupons à toucher tous les mois, Je ne suis pourtant
pas un vieillard ! Qu’on me donne quelque chose à faire, n’importe quoi… Il vaudrait mieux que je
pense à autre chose, parce que, en ce moment, je suis en train de me jouer la comédie. Je sais très
bien que je ne veux rien faire : faire quelque chose, c’est créer de l’existence – et il y a bien assez
d’existence comme ça. » (p.243)