Vous êtes sur la page 1sur 11

12 –

L’ORGANISATION DE LA PRODUCTION DANS L’ENTREPRISE

A – Quels sont les facteurs mobilisés par l’entreprise pour produire ?

1 –

La mesure de la richesse produite par les entreprises

Produire consiste à transformer des biens et des services intermédiaires en produits finis. Pour cela l'entreprise doit mobiliser des travailleurs et des équipements. Cette production peut être évaluées en quantités physiques (nombre de produits réalisés) ou en valeur (valeur monétaire de la production). Etant donné qu'il est impossible d'additionner des tonnes de blé et des milliers de voitures, les économistes mesurent la production en valeur.

1. La valeur de la production d’une entreprise correspond donc au nombre de produits réalisés évalués à leur prix de vente hors taxe.

Valeur de la production = Quantités produites x Prix de vente unitaire (HT)

2. Le chiffre d’affaires correspond à la production vendue, qui est différente de la production réalisée.

Chiffre d’affaires = Quantités vendues x Prix de vente unitaire (HT)

Si le chiffres d’affaires est inférieur à la production totale, l’entreprise a du stocker une partie de sa production ;

Si le chiffre d’affaires est supérieur à la production totale, la firme a puisé dans ses stocks pour répondre à la demande.

Valeur de la production = CA +/- Stocks

3. La valeur ajoutée mesure la valeur que l’entreprise a ajouté à celle des consommations intermédiaires achetées, en les transformant en un produit fini. En effet, l’entreprise n’a pas fabriqué tous les composants du produit qu’elle a vendu. La valeur ajoutée mesure la richesse créée par l’entreprise, sa production réelle.

Valeur de la production = VA + CI

Valeur ajoutée = Production – consommations intermédiaires

Les consommations intermédiaires sont tous les biens et services non durables (moins d’1 an) achetés par l’entreprise, qui vont être détruits ou transformés au cours de la production. Les biens d’équipements n’en font pas partie car ils restent présents au cours de plusieurs cycles de production. Ainsi, pour élever du bétail, l’agriculteur doit acheter du foin mais aussi les services d’un vétérinaire qui sont des consommations intermédiaires indispensables pour obtenir du lait ou de la viande.

2 –

Les facteurs de production de la richesse produite

1. La combinaison des facteurs de production = pour produire, l’entreprise doit se procurer deux facteurs de production – le travail et le capital – qu’elle va combiner de telle façon que cela lui coûte le moins cher.

Facteur

Travail

Facteur

Capital

Production

réalisée

a) –

Le facteur travail

2. Le facteur travail comprend :

Le nombre de travailleurs présent dans l’entreprise :

La durée annuelle du travail effectuée par ces travailleurs ;

L’efficacité ou la productivité du travail des travailleurs qui dépend de leur qualification, de leur expérience et de leur motivation.

3. Pour augmenter la production d’une entreprise avec le seul facteur travail, on peut augmenter soit la quantité de travail soit augmenter l’efficacité des travailleurs.

Quantité de travail = Nombre de travailleurs x Durée annuelle du travail

Il s’agit du nombre total d’heures de travail fournies par tous les salariés dans l’année. Ainsi, en France, en 2007, 25 620 000 travailleurs, travaillant 1 650 heures dans l’année en moyenne, ont fourni 42 milliards d’heures de travail.

La productivité du travail correspond au nombre de produits ou à la valeur monétaire créés par un travailleur en un temps donné (une heure ou une année).

Rendement par tête = Nombre de produits réalisés/Nombre de travailleurs

Rendement horaire = Nombre de produits réalisés /Quantité de travail

Le rendement ou productivité physique correspond au nombre de produits réalisés par un travailleur en un an (rendement par tête) ou en une heure (rendement horaire) de travail.

Productivité par tête = Valeur ajoutée/Nombre de travailleurs

Productivité horaire = Valeur ajoutée/Quantité de travail

La productivité correspond à la valeur ajoutée créée par un travailleur en un an (productivité par tête) ou en une heure (productivité horaire) de travail.

Productivité du travail
Productivité du travail

Productivité du travail

Productivité du travail
Productivité du travail
Productivité du travail
(productivité horaire) de travail. Productivité du travail Productivité physique ou rendement Productivité Par tête

Productivité physique ou rendement

Productivité

Par tête
Par tête
Horaire
Horaire
Par tête
Par tête
Horaire
Horaire

Rendement horaire = 3 paires de chaussettes en une heure de travail, par exemple.

Rendement par tête = 10,3 voitures par an et par travailleur, par exemple.

Productivité horaire = 60 € de valeur créée par un travailleur en une heure, par exemple.

Productivité par tête = Chaque travailleur a créé une valeur ajoutée de 25 000€ en moyenne dans l’année, par exemple.

4.

Cette productivité ou ce rendement dépendent :

De la technique utilisée. Des machines plus performantes vont permettre au travailleur de réaliser le

produit en moins de temps. De la qualification et de l’expérience du travailleur. A force de réaliser le même produit, le travailleur va s’épargner des gestes inutiles et va mettre moins de temps pour réaliser sa tâche.

De sa motivation. Un travailleur qui aime son métier ou qui est incité à être plus efficace (primes,

salaire au rendement, bonnes conditions de travail, salaire élevé) est plus performant que celui qui subit son travail. De la division du travail. En partageant les tâches, en spécialisant les travailleurs, on élimine les temps morts dus au changement de tâche et on simplifie l’exécution des tâches ce qui rend plus efficace les travailleurs.

b) –

Le facteur capital

5. Le facteur capital = Il ne faut pas confondre le capital physique, qui comprend
5.
Le facteur capital = Il ne faut pas confondre le capital physique, qui comprend tous les biens et les
services qui servent à produire, et le capital financier (monnaie, titres financiers) qui peut servir à
l’acheter. Seul le capital physique est considéré comme un facteur de production.
Capital
Physique
Financier
Capital
Capital fixe
Monnaie
Titres
circulant
Le capital fixe = tous les biens d’équipement durables (> 1 an), les logiciels et les bâtiments.

Le capital circulant = les consommations intermédiaires détruites ou transformées au cours de la

production. Pour augmenter la production en utilisant uniquement le facteur capital, il faut donc investir c’est-à- dire acheter de nouveaux biens d’équipement et de nouveaux bâtiments ce qui va augmenter les

capacités de production.

6.

Le choix de la combinaison des facteurs = pour produire, la firme doit combiner les deux facteurs de production. La proportion de capital et de travail dépend, tout d’abord, de la technique.

Dans certains cas, les facteurs de production sont complémentaires c’est-à-dire que l’un ne va pas sans l’autre : un bus (facteur capital) a besoin d’un chauffeur (facteur travail).

Dans d’autres cas, les facteurs de production sont substituables, c’est-à-dire que l’on peut remplacer une certaine quantité d’un facteur par une quantité d’un autre facteur. On peut remplacer les travailleurs par des machines (le composteur s’est substitué au poinçonneur sur les quais de gare par exemple). On peut donc avoir deux types de combinaisons :

Une combinaison très capitalistique qui utilise beaucoup de capital et peu de travail (une plateforme pétrolière par exemple) ;

Une combinaison peu capitalistique qui utilise beaucoup de travail et peu de capital (le ramassage des olives par exemple).

Le choix de la combinaison dépend du coût des facteurs. Dans un pays en développement, la main- d’œuvre coûte peu. On choisira une combinaison peu capitalistique. Dans un pays développé, le coût du travail est de plus en plus élevé (salaires + cotisations sociales). On choisira une combinaison qui remplace les hommes par des machines.

3 –

La répartition de la richesse produite

a) –

Le partage de la valeur ajoutée entre salaires et profit brut

 

1.

La valeur ajoutée est une richesse qui va être partagée entre les différents acteurs qui ont contribué, directement ou indirectement, à sa création :

Les salariés : ils ont droit à une partie de la richesse créée car ils ont participé à sa création en apportant leur travail. Pour la firme, la part des salariés représente la masse salariale.

Masse salariale = Salaires nets + cotisations salariales + cotisations patronales x nombre de salariés

Coût salarial = Salaires nets + Cotisations sociales

Salaire net = Salaires bruts – cotisations sociales salariales

Le coût salarial : il s’agit du total des dépenses de rémunération des travailleurs (les salaires, les primes, les cotisations sociales). Le salaire brut : il s’agit du salaire que l’employeur doit à son salarié avant le prélèvement des cotisations sociales du salarié. Salaire net : il s’agit du salaire mensuel que va réellement toucher le travailleur à la fin du mois. Les cotisations sociales : ce sont des prélèvements obligatoires que l’employeur doit verser à la Sécurité sociale pour assurer la protection sociale du salarié (maladie, chômage, retraite…).

L’Etat : il prélève des impôts sur la production car il considère qu’il contribue à la réalisation de la valeur ajoutée en offrant aux entreprises des services collectifs non marchands (routes, police, formation des salariés…).

Les entreprises : il leur reste un profit brut appelé « excédent brut d’exploitation ».

EBE = VA – (Masse salariale + Impôts sur la production)

Valeur ajoutée

Impôts sur la production
Impôts
sur la
production
la production) Valeur ajoutée Impôts sur la production Salaires net + cotisations sociales EBE 1 –

Salaires net + cotisations sociales

EBE
EBE

1 – Part de la rémunération des salariés et de l’EBE dans la valeur ajoutée brute en France (en %)

et de l’EBE dans la valeur ajoutée brute en France (en %) 2. En France, et

2. En France, et dans la plupart des pays développés, le partage de la valeur ajoutée entre les salaires bruts et les profits bruts a connu plusieurs périodes :

Dans les années 1950-1973, le partage est relativement stable : en gros, les 2/3 de la VA pour les salariés et un peu moins d’1/3 pour les profits bruts. Ceci signifie que le pouvoir d’achat des salaires

(salaires réels) a augmenté au même rythme que le PIB à la suite d’un « compromis fordiste » passé entre les syndicats et les entrepreneurs. Des années 1973 au début des années 1980, le partage devient favorable aux salariés : la part de la rémunération salariale augmente pour atteindre pas loin des ¾ de la VA et celle des profits tombe à un quart. A cette époque, le « compromis fordiste » est remis en cause et les syndicats sont suffisamment forts pour arracher des augmentations de salaires réels supérieurs à la hausse de la valeur ajoutée. Des années 1980 au début des années 1990, le partage devient nettement favorable aux profits : la

la valeur ajoutée. Des années 1980 au début des années 1990, le partage devient nettement favorable

montée du chômage et les politiques de rigueur salariale empêchent les salariés de défendre leur part du gâteau. La part des salariés diminue de 9 points du PIB. La part des profits bruts atteint près du 1/3 de la valeur ajoutée. Depuis les années 1990, le partage s’est relativement stabilisé en faveur des entreprises. La part de la rémunération des salariés n’a pas retrouvé son niveau des « trente glorieuses » et représente moins des 2/3 de la VA. Le chômage, la précarité de l’emploi, l’individualisation des salaires, la faiblesse des syndicats, ont pesé en faveur d’un taux de marge élevé.

b) –

Le partage de l’excédent brut d’exploitation ou bénéfice brut

3.

L’EBE va être lui aussi partagé entre ceux qui ont droit à une partie du profit brut.

Les banques ont droit à des intérêts parce qu’elles ont prêté de l’argent à l’entreprise ;

L’Etat prélève un impôt sur le bénéfice car il considère que celui-ci constitue le revenu de l’entreprise ;

Les propriétaires de l’entreprise ont droit aux bénéfices distribués parce qu’ils ont apporté leurs capitaux pour fonder ou agrandir leur entreprise. Dans le cas des sociétés, il s’agira d’une distribution de dividendes.

L’entreprise va conserver le bénéfice non distribué auquel s’ajoute les dotations aux amortissements c’est-à-dire les sommes qu’elle met de côté pour remplacer son équipement usé ou démodé.

Excédent brut d’exploitation

Intérêts versés
Intérêts
versés
Dividendes versés
Dividendes
versés
Impôt sur le bénéfice Profit non distribué
Impôt sur le
bénéfice
Profit non
distribué
Amortissement
Amortissement
Investissement net
Investissement
net
Placement
Placement

4. Le bénéfice non distribué va servir à trois opérations :

L’amortissement = remplacement du capital fixe ou de l’équipement usé ou obsolète (démodé).

Amortissement = Valeur d’achat de l’équipement/Durée de vie prévue de l’équipement

L’amortissement mesure la perte de valeur de l’équipement chaque année. Ainsi, une machine qui vaut à l’achat 100 000 € et dont la durée de vie prévue est de 10 ans, ne vaut plus au bout d’un an que 90 000 €, au bout de deux ans 80 000 €…

L’amortissement mesure le coût annuel de l’équipement. Ainsi, dans l’exemple cité, la machine « coûte » (coût fixe) chaque année 10 000 €.

L’amortissement est une « dotation » en argent que la firme met chaque année de côté pour financer le remplacement de l’équipement. Ainsi, chaque année la firme va prélever 10 000 € sur son EBE pour avoir 100 000 € et pouvoir racheter un équipement neuf (on suppose ici qu’il n’y a pas d’inflation).

L’investissement net = il s’agit de l’achat de biens d’équipements et de bâtiments supplémentaires pour produire davantage ou pour augmenter la productivité de l’entreprise.

Le placement = achat de titres financiers (actions, obligations…) pour contrôler d’autres sociétés ou pour gagner des dividendes et des intérêts.

Ce calcul a trois significations :

5.

Bénéfices non distribués + Dotations aux amortissements
Bénéfices non distribués + Dotations aux amortissements
Amortissement ou investissement de remplacement
Amortissement
ou
investissement
de
remplacement
Amortissement ou investissement de remplacement Investissements nets Placements La valeur ajoutée est donc

Investissements nets

Placements
Placements

La valeur ajoutée est donc une sorte de gâteau qui va être partagé ou redistribué aux différents agents économiques :

Rémunération des salariés
Rémunération
des salariés
Profits restant à l’entreprise
Profits restant
à l’entreprise
Valeur Ajoutée Rémunération de l’Etat Rémunération des banques
Valeur
Ajoutée
Rémunération
de l’Etat
Rémunération
des banques
Rémunération des propriétaires
Rémunération
des
propriétaires

B – Comment les entreprises mobilisent-elles les salariés ?

a) –

1. Il existe deux modes d’organisation de la production dans l’industrie et les services :

La division technique (ou simple) du travail

Le mode de production artisanal : lorsqu’il n’y a pas de division technique du travail, le travailleur fait la totalité du produit. Il passe beaucoup de temps aux différentes phases de la production. Dans ce cas, il s’agit d’un travail caractérisé par un « savoir faire », un produit de qualité, réalisé en petite série, coûteux et réservé aux plus riches.

Le mode de production industriel : la division technique du travail, qui se développe au moment de la Révolution industrielle, se caractérise par une décomposition de la fabrication d’un produit en de nombreuses tâches spécialisées. Le travailleur n’accomplit plus qu’une seule tâche. Il est incapable de réaliser la totalité du produit.

Ada m Smith, dès la fin du XVIIIe siècle, souligne l'effet positif de la division technique du travail sur les gains de productivité :

En répétant sans cesse les mêmes gestes, les salariés acquièrent de l'habilité (« effet d'apprentissage »), et réalisent le produit en moins de temps ;

En se spécialisant, les travailleurs réduisent les temps morts dus au passage d’une opération à l’autre (changement d'outils, déplacements…). Le travail devient ainsi plus « intense » ;

La simplicité des opérations permet d'inventer des machines qui aideront le travailleur à être plus rapide. La « parcellisation » des tâches rend le travail mécanisable.

Division technique du travail

b) –

travail mécanisable. Division technique du travail b) – Habileté plus grande Diminution des temps morts

Habileté plus

grande

Division technique du travail b) – Habileté plus grande Diminution des temps morts Mécanisation des tâches

Diminution des

temps morts

b) – Habileté plus grande Diminution des temps morts Mécanisation des tâches simples Hausse de la

Mécanisation des

tâches simples

des temps morts Mécanisation des tâches simples Hausse de la productivité Baisse du temps de travail
des temps morts Mécanisation des tâches simples Hausse de la productivité Baisse du temps de travail
des temps morts Mécanisation des tâches simples Hausse de la productivité Baisse du temps de travail

Hausse de la productivité

des tâches simples Hausse de la productivité Baisse du temps de travail pour faire le produit

Baisse du temps de travail pour faire le produit

Baisse du temps de travail pour faire le produit Baisse du coût unitaire Le Taylorisme et

Baisse du coût unitaire

Le Taylorisme et l’organisation scientifique du travail (OST)

1. F.W.Taylor, ingénieur à la fin du XIXe siècle, va mettre en place une « organisation scientifique du travail » (OST) qui est censée résoudre un double problème :

Les ouvriers professionnels ont tendance à cacher à la direction leur savoir faire pour maîtriser le rythme de leur travail ;

L'arrivée dans les usines américaines d'un grand nombre de travailleurs migrants peu qualifiés ;

2. Pour discipliner ces ouvriers et augmenter leur productivité, F.W.Taylor met en place une double division du travail :

Une division verticale du travail entre les tâches de conception et les tâches d'exécution. L'élaboration des méthodes de travail est désormais confiée à des ingénieurs du « bureau des méthodes » qui :

Etudient scientifiquement tous les gestes des ouvriers ;

les simplifient en adoptant les outils au geste à accomplir ;

imposent la bonne façon de faire (the one best way) aux ouvriers qui ne sont « pas là pour penser » ;

chronomètrent le temps nécessaire à l’accomplissement de la tâche pour déterminer le niveau de productivité.

Une division horizontale du travail qui consiste à parcelliser les tâches en opérations élémentaires qui pourront être confiées à des « ouvriers spécialisés » ne nécessitant aucune qualification.

3.

Pour faire adhérer les ouvriers à sa méthode rationnellement pensée, F.W.Taylor impose le salaire au rendement qui lie, de façon non proportionnelle, l'augmentation des salaires aux gains de productivité.

c) –

 

Le Fordisme et le partage des gains de productivité

 

1.

Henry Ford, au début du XXe siècle, va prolonger le taylorisme en imposant, à partir de l'exemple des abattoirs de Chicago, le travail à la chaîne qui présente les caractéristiques suivantes :

Les pièces et le produit à faire sont amenés par un convoyeur qui élimine les temps morts dus au déplacement ;

La productivité des ouvriers de l’usine est unifiée par la cadence du convoyeur qui relie tous les postes de travail ;

La parcellisation des tâches est ramenée à un seul geste répété des milliers de fois ;

Les pièces et le produit sont standardisés (le modèle unique de la Ford T de couleur noire) ;

2.

Au début les travailleurs contestent cette nouvelle organisation et manifestent leur refus de différentes façons :

Par un absentéisme élevé qui oblige l’entreprise à recruter des remplaçants ;

Par des malfaçons qui obligent l’entreprise à refaire les produits ou à les mettre au rebut ;

Par une rotation du personnel importante appelée « turn-over », due aux départs volontaires, ce qui augmente les coûts d'embauche ;

Par des grèves des ouvriers spécialisés (OS) qui freinent la production et augmentent les coûts de production.

3.

Pour stabiliser les effectifs salariés, Henry Ford va utiliser les gains de productivité dégagés par sa méthode de trois façons différentes :

En augmentant le pouvoir d’achat des salaires, moins vite cependant, que les gains de productivité (le « Five dollars Day ») ;

En diminuant la durée du travail (de 9 h par jour à 8 h) ;

En diminuant le prix de sa Ford T afin de la rendre accessible aux classes populaires.

4.

Le Fordisme parvient ainsi à concilier production de masse et consommation de masse, réservée toutefois à une élite ouvrière sélectionnée.

Standardisation des

pièces

ouvrière sélectionnée. Standardisation des pièces Travail à la chaîne Gains de productivité Baisse du coût

Travail à la chaîne

Standardisation des pièces Travail à la chaîne Gains de productivité Baisse du coût unitaire Baisse des

Gains de productivité

Gains de productivité
des pièces Travail à la chaîne Gains de productivité Baisse du coût unitaire Baisse des prix
Baisse du coût unitaire
Baisse du coût unitaire
Baisse du coût unitaire

Baisse du coût unitaire

la chaîne Gains de productivité Baisse du coût unitaire Baisse des prix Hausse des profits Investissements

Baisse des prix

Hausse des profits

Baisse du coût unitaire Baisse des prix Hausse des profits Investissements nets Hausse des salaires réels
Investissements

Investissements

nets

nets

Investissements nets
Investissements nets

Hausse des salaires réels

Hausse des profits Investissements nets Hausse des salaires réels Hausse de la consommation Hausse de la
Hausse de la consommation

Hausse de la consommation

Hausse de la consommation
Hausse de la consommation
Hausse des profits Investissements nets Hausse des salaires réels Hausse de la consommation Hausse de la

Hausse de la production

Hausse des profits Investissements nets Hausse des salaires réels Hausse de la consommation Hausse de la
Hausse des profits Investissements nets Hausse des salaires réels Hausse de la consommation Hausse de la

d) –

Le Toyotisme et l’adaptation à la demande

1.

Taïchi Ohno, ingénieur chez Toyota dans la deuxième moitié du XXe siècle, constate que les méthodes américaines ne vont pas jusqu'au bout de leur raisonnement dans la chasse aux coûts de production inutiles.

D'une part, elles entretiennent, en amont, au cœur et en aval du processus de production, des stocks très importants qui coûtent cher à organiser : coût des matières premières immobilisées, coût de la main d'œuvre spécialisée dans le stockage, coût de l'emplacement des stocks,

D'autre part, la demande doit s'adapter à l'offre des entreprises sans que les consommateurs puissent se faire entendre.

2.

Toyota va donc expérimenter une nouvelle organisation de la production fondée sur quatre grands principes :

Désormais, l’offre doit s'adapter à la demande et non l'inverse. Une production différenciée, en petite série, va ainsi être mise en place pour répondre aux goûts variés des consommateurs. Le changement doit donc être permanent (le « Kaizen »)

Le « juste à temps » ou « flux tendus » ou « Lean production » : On ne met en production que les biens qui ont été commandés. L'ensemble des pièces, nécessaires pour réaliser le produit final, arrivent au moment précis où elles doivent être transformées et le consommateur reçoit le produit qu'il a commandé dans le délai le plus bref possible. L'ensemble de l'information circulant grâce à la méthode Kanban (code barre sur les pièces, information informatisée). Cette méthode a cinq avantages :

Les stocks de matières premières et de produits finis sont considérablement réduits (zéro stock) ;

L'attente des produits pour la firme et pour le consommateur est limitée (zéro délai) ;

La circulation de l'information ne passe plus par le papier (zéro papier) ;

Les ouvriers sont obligés de vérifier le bon fonctionnement des machines pour que la production ne soit pas interrompue (zéro panne) ;

Les ouvriers sont obligés de surveiller la bonne réalisation du produit pour que la qualité soit totale (zéro défaut).

3.

La polyvalence des travailleurs : aux tâches de fabrication, s’ajoutent les tâches de programmation, d’entretien, de surveillance des machines et du produit. Ceci se traduit par une recomposition des tâches qui donne plus de responsabilités aux ouvriers, ce qui qui devrait les motiver davantage. On a donc :

Une rotation des tâches : l'ouvrier change de poste de travail pour éviter la répétition des tâches ;

L’élargissement des tâches : le salarié fait plusieurs opérations au lieu d'une ;

L’enrichissement des tâches : aux tâches d'exécution s'ajoutent des tâches de préparation et de contrôle ;

Le travail en groupe semi-autonome les ouvriers s’organisent entre eux pour se répartir les tâches à condition de remplir les objectifs de production.

4.

Les cercles de qualité ou de productivité réunissent ouvriers et cadres pour réfléchir ensemble sur les innovations possibles. La bonne idée sera récompensée par des primes ou un bonus.

5.

Ce Toyotisme se traduit à la fois par une plus grande reconnaissance du savoir-faire ouvrier et par une plus grande intensité de son travail : fatigue nerveuse, hausse des cadences

D'un côté, le Toyotisme semble s'opposer au taylorisme : recomposition des tâches, qualification et responsabilisation des ouvriers, priorité à la demande et flexibilité de l'offre

D'une autre côté, le Toyotisme semble être le prolongement du taylorisme : recherches de gains de productivité, cadences des machines automatiques, diminution des temps morts…

Le toyotisme est plus un néo-taylorisme qu’un post-taylorisme.

C – Que fait l’entreprise de ses capitaux ?

a) –

Investissements matériels et investissements immatériels

1.

Lorsqu'une entreprise achète des biens d'équipements durables (+1 an) et des bâtiments, c'est à dire du capital fixe, elle réalise un investissement matériel. Cet investissement a trois objectifs :

Répondre à l'augmentation de la demande : l'entreprise achète des biens d'équipement supplémentaires parce que ceux qu'elle utilise ne suffisent pas à satisfaire toute la demande. Il s'agit d'un investissement de capacité ou d'extension. Cet investissement se traduit par l'embauche de travailleurs pour faire fonctionner les nouvelles machines. Il crée des emplois.

Augmenter la productivité du travail : l’entreprise achète des biens d'équipement (machines automatiques ou plus performantes) qui substituent le capital au travail et permettent aux travailleurs de produire autant en moins de temps. Il s'agit d'un investissement de productivité ou de modernisation. Cet investissement détruit des emplois si la demande n'augmente pas.

Remplacer l'équipement usé ou obsolète : l'entreprise remplace l'équipement usé ou démodé par un équipement techniquement équivalent pour maintenir ses capacités de production inchangées. Il s'agit d'un investissement de remplacement ou de renouvellement appelé encore amortissement. Cet investissement est neutre vis à vis de l'emploi.

Investissement matériel
Investissement matériel

Investissement

matériel

Investissement matériel
Investissement matériel
vis à vis de l'emploi. Investissement matériel Investissement net I n v e s t i
vis à vis de l'emploi. Investissement matériel Investissement net I n v e s t i

Investissement net

Investissement matériel Investissement net I n v e s t i s s e m e
Investissement matériel Investissement net I n v e s t i s s e m e

Investissement de

remplacement

De capacité

De productivité

2.

Cependant, dans la réalité, il est difficile de distinguer ces trois types d’investissements matériels car les nouveaux équipements ont intégrés le progrès technique ce qui fait que la production et la productivité augmentent à la fois.

L'investissement matériel affecte la croissance du stock de capital fixe d'une entreprise appelée encore « accumulation du capital ».

Investissement brut = Investissement net + Amortissement

Investissement net = Augmentation du stock de capital fixe

3.

Lorsque l'entreprise dépense de l'argent pour acheter des services intermédiaires qui permettent une augmentation à long terme de la production, elle fait un investissement immatériel. On en distingue quatre grands types :

Les dépenses en formation du personnel qui augmentent la qualification et l'efficacité des salariés ;

Les dépenses de recherche et développement qui débouchent sur des innovations ;

Les dépenses commerciales (publicité,…) qui vont augmenter la demande du produit ;

L’achat de logiciels qui augmentent l'efficacité des ordinateurs et des machines automatiques.

Investissements immatériels
Investissements immatériels

Investissements

immatériels

Investissements immatériels
Investissements immatériels
des machines automatiques. Investissements immatériels Dépenses de recherche Dépenses commerciales Dépenses

Dépenses de

recherche

Investissements immatériels Dépenses de recherche Dépenses commerciales Dépenses de formation Dépenses

Dépenses

commerciales

Dépenses de

formation

Dépenses en

logiciels

b) –

Investissements productifs et investissements financiers ou placements

1.

L’investissement financier ou placement consiste à acheter des titres financiers ou monétaires et à prêter de la monnaie pour recevoir à court à long terme des revenus (intérêts, dividendes). Il se distingue de l’investissement productif qui permet une augmentation de la production.

2.

L’entreprise qui dispose de capitaux a le choix entre investir ou placer. Ce choix sera déterminé par plusieurs éléments :

Le profit attendu de l’investissement qui sera comparé aux revenus que l’on peut percevoir avec un

placement. Ainsi, si le taux de rentabilité de l’investissement (profit attendu/coûts de l’investissement) est supérieur au taux d’intérêt, l’entreprise préférera investir. La croissance de la demande prévue : l’entreprise n’achètera des équipements supplémentaires que

si elle sait que la demande pour ses produits va augmenter et que ses équipements vont être insuffisants pour répondre à cette augmentation. Le niveau d’endettement de l’entreprise : l’entreprise ne va pas investir si son niveau d’endettement est élevé et si les perspectives de profits futurs sont incertaines. Elle préférera utiliser ses capitaux pour rembourser ses dettes.