Vous êtes sur la page 1sur 38

C E N T R E DE COORDINATION D S C H Ô P I T A L DL' SAINT-SACREMENT

DSC HÔPITAL D E L ' E N F A N T - J É S US


DE LA SANTÉ PUBLIQUE
DSC C E N T R E H O S P I T A L I E R
D E LA R É G I O N DE QUÉBEC DE L ' U N I V E R S I T E L A V A L

S A N T É AU T R AVA I L

LES EFFETS DU PLOMB SUR LA SANTÉ ASSOCIÉS


À UNE EXPOSITION PROFESSIONNELLE

MARC DESROCHES
DSC CENTRE HOSPITALIER
DE L'UNIVERSITÉ LAVAL
•QV
2 92
D473
1992 1 U L ET-CYRILLE O.. 3' E T A G E . S T t - F O V . G1V 2KB TEL.. (418) 66 7-10 90 FAX: (118) 6 fl I - 5 6 3 5
fl 0 0 C H S T E - F O Y . s l."l T E 2 0 1. NSPJ
M3 6 FAX: MIS) 6 8 3•45 23
|D E L'ATRIUM. SU IT E 101. C H 1)8) 6 2 3-1010 FAX: MIS) 623-7513
; L.. Dl COMPOSTÉ. LA M A L B A I) 665-6413 FAX. (418) 6 63.7207
3 5567
C UN TRI. DE COORDINATION n S C H Ô l> I 1 A I Dl S M \ T -S \( RL Mf \ [

dm uôm \ l ni i hNhwi-if-i i
Hl. LA SAN'I I. P U B L I Q U I: D S C C i N T R h M O S I' 1 I A L I 1 R

ni LA Ri:G1 O N DE Ql'IiBEC D I L L \ I Y Y K S I T L I \ \ I

SANTÉ AU TRAVAIL

LES EFFETS DU PLOMB ASSOCIÉS À UNE EXPOSITION


PROFESSIONELLE FAIBLE OU MODÉRÉE

Dion*»
M
MOSTP- - M *TC
MARC DESROCHES

Essai
présenté
pour l'obtention
du grade de maître ès science (M.Sc.)

DSC CENTRE HOSPITALIER


DE L'UNIVERSITÉ LAVAL

AOÛT 1992

• j 0 s 0 lu i l ! S I ( > If I I I | O i I I \ c., | -ï I I I . > \ (. I \ .'ko I I I I 4 I 8 ) (I 8 7 • 1 ( M ) (I r A \ l4 I K ) hH !-5O 5 >


• ! ,1 11 ^ ;
J I LI v I , ! ! [ S III . -i I s i 6 8 1 0 » ) 1\\ i 4 1 h 1 6 M i 4 "> 2 5
• . I- i- i I" I i \ I N I i M - , : | ! I i II M. • ! - h . 1 I i- i i III " H ' I I I i 4 1 S .fi1 $ 1 iM t> I \ \ I 4 1 « i fi 2 5 7 î 1 >
• o 0 I, (I , ! I> I I i n i p u m i I \ M \ I Il \ 11 IM I li 1 . i, ï \ : i f I I I ( 4 1 H i t> t> 5 <i 4 I $ I \ \ < 4 1 K ) (> h } 7 J >1 7
® Droits réservés 1992
Dépôt légal
Bibliothèque nationale du Québec
Bibliothèque nationale du Canada
ISBN : 2-921304-34-1
I

AVANT-PROPOS

Je tiens à remercier tout particulièrement mon directeur de stage et d'essai, Monsieur


Robert Plante, médecin-conseil au D.S.C. du C.H.U. L. pour son appui constant ainsi que
son aide considérable.

J'adresse aussi mes remerciements :

À Benoît Lévesque et Marc Rhainds, médecins-conseil, ainsi qu'à Reine Roy,


hygiéniste industrielle pour leurs conseils et leurs commentaires sur le contenu de
l'essai.

À Sylvie Bélanger, documentaliste, pour son dévouement et son soutien au niveau


de l'acquisition de la documentation.

À Lyne Poiré et Danie Poulin pour leur travail de traitement de texte et de révision.

Mon appréciation toute sincère aux membres des équipes de Santé au Travail, Santé
Environnementale et du Projet Nord du D.S.C. du C.H.U.L., qui m'ont accueilli, soutenu
et encouragé tout au long de mon projet.
III

TABLE DES MATIÈRES

AVANT-PROPOS i
TABLE DES MATIÈRES Il
LISTE DES TABLEAUX ET DES FIGURES IV
INTRODUCTION 1

CHAPITRE I LE PLOMB : UN CONTAMINANT FAMILIER ENCORE TRÈS PRÉSENT

1. Historique 2
2. Propriétés physico-chimiques 3
3. Sources d'exposition 4
3.1 professionnelles 4
3.2 domestiques 5
3.3 récréatives 6
4. Absorption, métabolisme et excrétion 6

CHAPITRE 11 LES PRINCIPAUX EFFETS DU PLOMB SUR LA SANTÉ

1. Effets sur le système sanguin 8


1.1 biosynthèse de l'hème 8
1.2 biosynthèse de la globine 9
2. Effets sur le système nerveux 11
2.1 système nerveux central 11
2.1.1 troubles cognitifs 11
2.1.2 troubles neuro-comportementaux 12
2.2 système nerveux périphérique 13
3. Effets sur la tension artérielle 14
IV

4. Effets sur la fonction rénale 16


5. Effets sur le système reproducteur 16
5.1 homme 16
5.2 femme 17
5.3 contamination parent-enfant 17

CHAPITRE III LA RÉGLEMENTATION

1. Revue des règlements et des recommandations canadiennes 19


1.1 limites d'exposition environnementale 19
1.2 retrait préventif 19
1.3 réintégration 20
1.4 protection des femmes 20
2. Ailleurs dans le monde 20
2.1 limites d'exposition environnementale 20
2.2 retrait préventif 22
2.3 réintégration 22
2.4 protection des femmes 22

SYNTHÈSE 24
TABLEAU SYNTHÈSE 25
BIBLIOGRAPHIE 26
LISTE DES FIGURES ET TABLEAUX

FIGURE 1 : Interférence du plomb sur la biosynthèse de l'hème 10


TABLEAU 1 : Étude de la relation entre le plomb et la tension artérielle 15
TABLEAU 2 : Réglementations canadiennes - limites 21
TABLEAU 3 ; Réglementations dans d'autres pays - limites 23
INTRODUCTION

L'utilisation du plomb est répandue et il est même possible qu'elle augmente encore. En
effet, la demande pour les accumulateurs, la fabrication de contenants pour déchets
nucléaires, le développement des marchés pour des petits véhicules à piles (chariots
élévateurs, équipement de soutien au sol dans les aéroports, tracteurs domestiques) et
l'utilisation du plomb dans l'asphalte, dans les stabilisants du PVC ainsi que dans les
composants de revêtements de toitures vont multiplier le nombre des sources
d'exposition.

En même temps que les usages du plomb augmentent et se diversifient, on met en


évidence ses effets sur la santé à des niveaux de plus en plus bas.

Cet essai traite des effets de l'exposition chronique au plomb à des niveaux faibles ou
modérées.

Le contenu de ce travail est divisé en quatre chapitres. Le premier chapitre décrit le


plomb comme contaminant (historique, propriétés physico-chimiques, sources
d'exposition, etc.). Le second chapitre traite des principaux effets du plomb sur la santé;
seront plus spécifiquement revus, ses effets sur les systèmes hématologique et nerveux,
son influence sur la tension artérielle et la fonction rénale de même que son action sur
la fonction reproductrice. Finalement, le dernier chapitre décrit les normes
environnementales d'exposition et les normes biologiques au Québec, au Canada ainsi
que dans d'autres pays pour protéger la santé des travailleurs.
CHAPITRE I LE PLOMB

1. HISTORIQUE

Le plomb est l'un des premiers produits utilisé par l'homme, qui s'est révélé
neurotoxiques; ses effets sur la santé sont connus depuis des siècles. Des colliers
de plomb ont été découverts en Asie datant de 6 500 avant J.-C. (Wedeen, 1984).
Les Romains étaient de très grands utilisateurs de plomb; leur production annuelle
est estimée à 80 000 tonnes. Parmi les différents emplois dans l'antiquité, notons :

- ia fabrication de pigments de peinture, de maquillage et de matériaux de


plomberie. (Le terme plomberie est d'ailleurs tiré du latin Plumbus signifiant
plomb1);

- la fabrication de contenants dans lesquels on faisait bouillir le vin afin d'en


augmenter le goût sucré et accroître la fermentation; de nombreux cas
d'empoisonnement découlèrent de cette pratique;

- le recrouvrement du col de leur utérus comme moyen de contraception chez les


femmes; des malformations à la naissance, des développements anormaux ainsi
que de très hauts niveaux de stérilité auraient été engendrés par cette pratique.

1
Lévesque, B., Le plomb inorganique. DSC du Centre Hospitalier Régional de la Beauce,
Beauceville, 30p., 1986
2. PROPRIÉTÉS PHYSICO-CHIMIQUES

Encore de nos jours, les multiples applications du plomb sont reliés à ses propriétés
physico-chimiques idéales, (Centre Régional de Toxicologie, 1977) soit:

1- son point de fusion très bas ( 327° C) qui le rend très utile pour ia soudure, la
joaillerie ainsi que pour l'association avec certains alliages;

2- son inertie chimique et son activité électrochimique qui expliquent l'usage


considérable qui en est fait pour la production de batteries et d'accumulateurs;

3- sa densité élevée de 11,3 qui en fait une matière de choix dans la fabrication de
lests de toutes sortes ( quilles de bateaux, pesées de pêche et munitions pour
la chasse sportive); le plomb est également utilisé sur une grande échelle dans
la construction de parois ou de revêtements servant à protéger les gens contre
les rayonnements (salles de rayons-x, centrales nucléaires, etc.);

4- son élasticité qui le rend utile comme additif dans certains lubrifiants, ou associé
à d'autres métaux, pour réduire les problèmes de friction et de grippage.
3. SOURCES D'EXPOSITION

Les sources d'exposition dans les domaines professionnel, domestique et récréatif


sont fort nombreux :

3.1 Professionnelle

Plusieurs activités industrielles sont suceptibles d'entrainer des expositions


professionelles au plomb (Lauwerys, 1990). Parmi les principales notons :

1- industrie de première fusion : extraction et traitement du minerai du plomb;

2- métallurgie du plomb : fabrication de feuilles de plomb, tuyaux, etc.;

3- industrie de deuxième fusion : recyclage du plomb;

4- fabrication de munitions;

5- fabrication d'accumulateurs (batteries au plomb : le plomb représente


environ 70% du poids d'une batterie);

6- industrie des matières plastiques : utilisation de sels et d'oxydes de plomb


comme stabilisants (par ex. stéarate de plomb);

7- fabrication de pièces diverses composées de plomb et de ses alliages


(étain, antimoine, cuivre);

8- fabrication de barrières anti-bruits et anti-vibrations (mélange plomb-


plastique);
9- production d'écrans anti-radiations (corpusculaires et électromagnétiques);

10- soudures et découpages au chalumeau ou à l'arc électrique de pièces


métalliques à base de plomb ou peintes au plomb;

11- sablage de pièces métalliques à base de plomb ou peintes au plomb;

12- recouvrement des câbles et des fils pour qu'ils demeurent flexibles et qu'ils
résistent à la corrosion;

13- polissage des soudures (alliages plomb-étain) dans l'industrie automobile;

14- tailleries de diamants;

15- exposition aux poussières et fumées de plomb dans les salles de tir
(moniteurs de tir et policiers);

16- utilisation de lubrifiants contenant des sels organiques de plomb.

3.2 Domestique

Des poussières de plomb aéroportées se retrouvent souvent dans la poussière


domestique. La peinture fabriquée avant l'adoption de la réglementation
actuelle, les conduites de plomb, les soudures dans la tuyauterie résidentielle
et des aqueducs municipaux peuvent contribuer à l'exposition au plomb. Le
décapage ou le sablage de la vieille peinture, la réfection de la plomberie des
maisons ainsi que l'utilisation de l'eau de premier jet ou de l'eau chaude pour
la consommation peuvent représenter des sources d'exposition au plomb.
3.3 Récréative

L'exposition au plomb peut aussi découler des habitudes de vie de l'homme et


de ses loisirs. Ainsi, la fumée de chaque cigarette renferme 1 /xg de plomb. De
plus," les loisirs tels que la peinture, le tir à la cible, la céramique et le vitrail sont
des activités susceptibles d'augmenter l'exposition2" au plomb.

4. ABSORPTION, MÉTABOLISME ET EXCRÉTION

Absorption

Les principales voies d'entrée du plomb dans l'organisme sont l'inhalation et


l'ingestion. Les deux processus coexistent souvent; les poussières inhalées
sont expulsées des voies respiratoires par le processus ciliaire des bronches,
puis elles sont avalées. L'absorption cutanée lorsque la peau est intacte est
rare, sauf lors de l'exposition au tétraéthyle de plomb.

Métabolisme

De 90 à 95% du plomb que l'on retrouve dans le sang est lié aux érythrocytes
et transporté par ces derniers dans l'ensemble du corps. Du sang, le plomb
diffuse dans les tissus mous et, principalement, dans les tissus osseux; si bien,
qu'à l'état d'équilibre, plus de 90% du plomb de l'organisme se retrouve au
niveau des os. Dans le tissu osseux compact, la demi-vie du plomb est de
l'ordre de plusieurs décennies alors que la demi-vie du plomb sanguin peut être
aussi courte que 2 à 3 semaines.

2
Lévesque, B„ Le plomb inorganique. DSC du Centre Hospitalier Régional de la Beauce,
Beaucevitle, 30p., 1986
Excrétion

Le plomb est principalement éliminé par la voie urinaire (80%). Une certaine
quantité peut cependant être éliminée par la bile, les sécrétions gastro-
intestinales, la sueur et les phanères. Comme ia concentration du plomb dans
la bile est environ dix fois supérieure à celle de l'urine, il est probable que le
plomb excrété par les voies biliaires soit en grande partie réabsorbé au niveau
intestinal pour être finalement excrété par la voie urinaire (Lauwerys, 1990).
Cette élimination urinaire varie considérablement selon le taux sanguin et la
mobilisation du plomb à partir des tissus.
CHAPITRE U LES PRINCIPAUX EFFETS DU PLOMB SUR LA SANTÉ

1. EFFETS SUR LE SYSTÈME SANGUIN

Selon la Commission d'étude du plomb dans l'environnement, (1986), le plomb a des


effets sur la production de l'hémoglobine en entravant la biosynthèse de ses deux
fractions soit :
Thème
et

la globine.

1.1 Biosynthèse de I ' hème

À l'aide de l'enzyme acide-amino lévulinique synthétase (AAL-S), les précurseurs


de Thème sont transformés en acide delta aminolévulinique (5AAL), un
intermédiaire neurotoxique. La condensation de deux de ces molécules de 5AAL
par de l'AAL-Déshydratase (AAL-D) donne la porphobilinogène. Par la suite, une
cascade de réactions enzymatiques découlant de la porphobilinogène produisent
la protoporphyrine qui est finalement transformée par la ferrachélatase en hème.

Le plomb interfère dans cette biosynthèse à trois étapes (voir figure 1) :

Lors de la transformation de &AAL en porphobiiine :

À des concentrations de 0,48 /im/L, le plomb inhibe l'AAL-Déshydratase; entre


0,87 et 0,97 fim/L, cinquante pourcent des personnes adultes ressentent cette
inhibition.
Lors de la transformation des précurseurs de f'hème en SAAL :

À des concentrations de 1,93 ^m/L, le plomb active l'AAL-Synthétase. Ces


réactions d'inhibition et d'activation entraînent une augmentation du 6AAL, qui a
des propriétés neurotoxiques.

Lors de l'insertion du fer dans l'anneau de porphyrine :

Le plomb inhibe l'enzyme ferrachelatase en empêchant l'insertion du fer dans


l'anneau de porphyrine. Ceci permet au zinc de pénétrer dans l'anneau en
formant un composé stable et biologiquement inactif appelé protoporphyrine de
zinc. Ce dernier persiste pendant toute l'existence de la cellule (+ 120 jours).

Ces réactions mentionnées précédemment entraînent une diminution de Thème


pouvant causer des dommages dans les tissus nerveux; en effet, une diminution
des taux d'hème dans le foie provoque une augmentation du tryptophane, de la
sératonine et de l'acide 5-hydroxy indoleacétique dans le cerveau où ces
substances peuvent causer des dommages neurologiques importants.

1.2 Biosynthèse de la globine

La biosynthèse de la globine semble entravée par l'exposition de l'organisme au


plomb (Dresner et coll., 1982); en général, à des concentrations d'environ 2,41
jum/L, on remarque une carence en hémoglobine.
11
Figure 1
Interférence du plomb sur ia biosynthèse de Thème

Précurseurs de l'hème

I
AAL-Synthétase * Pb a c t i v e
( 1 , 9 3 fJum/L)

S AAL Excrétion du surplus


par voie u r i n a i r e
( 1 , 4 5 /LOTI/L)

AAL-Déshydratase Pb i n h i b e
( 0 , 4 8 fAjm/U

Porphobilinogène

Protoporphyrine

/ Pb i n h i b e la
Fer
Ferrachélatase

Globine Pb i n h i b e
(2,41 ptm/L)

Hème
I
Hémoglobine
2. EFFETS SUR LE SYSTÈME NERVEUX

Les effets d'une exposition chronique au plomb, sur les systèmes nerveux centrai et
périphérique, ne se traduisent pas toujours par des atteintes franches et facilement
diagnosticables. De nombreux auteurs tels que : Arika et coll. (1987), Baker et coll.
(1984), Chen et coll. (1985), Grandjean et coll. (1978), Johnson et coll. (1980), Repko
et coll. (1975), ont mis en évidence des symptômes tels que; plaintes
gastrointestinales, fatigue, modification de l'humeur ainsi qu'une réduction des
performances psychologiques et motrices à des niveaux considérés inoffensifs il y a
pas très longtemps.

2.1 Système nerveux central

2.1.1 Troubles cognitifs

Baker, suite à ses études, conclut que les signes initiaux de la toxicité du
plomb chez l'adulte se manifestent au niveau du système nerveux central.
Ceci est attribuable à la capacité limitée de regénération du système
nerveux central et à la vulnérabilité particulière de ses cellules.

Chez les travailleurs dont la plombémie se situe entre 1,45 et 2,70 jum/L,
on peut déceler les atteintes suivantes :

à partir de 1,45 jum/L une détérioration des performances psy-


chologiques et une réduction au niveau de
l'intelligence et de l'attention (Arika et coll.,
1987);
à partir de 1,93 Mm/L apparition de problèmes au niveau de la
mémoire visuelle (agnosie visuelle), et de la
formation de concepts visuels. Bien que Baker
et coli. (1984), ainsi que Williamson et coll.
(1986), en soient venus aux mêmes
conclusions, les taux auxquels ils ont observé
ces effets diffèrent, avec respectivement 1,93 et
2,36 /im/L;

à partir de 2,17/LOTI/L les mémoires sensorielle (Williamson et coll.,


1986) et verbale (Pastenak et coll., 1989), sont
à leur tour atteintes.

Des troubles de l'orientation visuo-spatiale (autre signe de l'agnosie


visuelle), une diminution du temps de réaction (Williamson et coll., 1986 et
Johnson et coll., 1983), ainsi que des troubles de l'apprentissage (Ryan et
coll., 1987) sont aussi susceptibles d'apparaître.

2.1.2 Troubles neuro-comportementaux

Les signes avant-coureurs d'une intoxication sont, trop souvent, confondus


avec des manifestations de la personnalité. Au cours des années quatre-
vingts, des chercheurs ont étudié les effets du plomb sur le comportement
humain. Leurs terrains d'étude ont été des fonderies de première et
deuxième fusions ainsi que des usines de production de composantes
électroniques utilisant du verre à base de plomb.
Ces études ont démontré que la toxicité du plomb se manifeste d'abord par
une modification du comportement. À partir de 1,93Mm/L, l'augmentation
du niveau de fatigue, de tension, d'agressivité, de dépression et de
confusion est franche (Baker, 1983,1984).

D'autres auteurs ont démontré, en plus de ces atteintes, que des


plombémies variant entre 1,88 et 2,70 ^m/L avaient des effets sur le degré
d'anxiété (Pastenak, 1989), d'hostilité face au travail et aux autres
travailleurs (Johnson, 1983) et une réduction de la sociabilité en générai
(Cassitto, 1989).

2.2 Système nerveux périphérique

Le plomb agit sur le système nerveux périphérique en s'attaquant à la gaine de


myéline autour de la fibre nerveuse (axone), ce qui provoque leur dégénérescence.
Selon certains auteurs, ces atteintes neurologiques périphériques se manifestent
déjà à des niveaux de plombémies de Tordre de 1,45 /*m/L (Seppalainen et coll.,
1983 et Hânninen et coll., 1978).

Les principales atteintes sont :

Une réduction de la dexérité (Baker et coll., 1984, Pastenak et coll., 1989


et Hânninen et coll., 1978)
Une diminution de la vitesse psycho-motrice (Baker et coll., 1984, Pastenak
et coll., 1989 et Ryan et coll., 1987)
Une perte de (a force musculaire (Pastenak et coll., 1989).

Toutes ces atteintes surviennent à des niveaux de plombémie de 1,54 à 2,41


jim/L
Baker a noté dans ses études, qu'à des concentrations de 1,93 à 2,85 Atm/L, le
plomb s'attaque aux neurones moteurs, ce qui entraîne une faiblesse au niveau
des muscles extenseurs, notamment les extenseurs du poignet. Montoya, (1977)
précise qu'au delà des muscles extenseurs du poignet, le nerf radial est touché.

Des perturbations occulo-motrices, (précision de mouvements saccadiques)


peuvent aussi être décelées (Baloh et coll., 1979). Cavalleri et coll., (1982) ont
suggéré qu'une atteinte infraclinique du nerf optique, (présence de scotomes à
l'examen du champ visuel) serait engendrée par une exposition au plomb inférieure
à 2,90 jum/L.

3. EFFETS SUR LA TENSION ARTÉRIELLE

Pocock et coll. (1984), Harlan et coll. (1985), Pirkle et coll. (1985), et Schwartz (1985
a, b; 1986 a, b) ont analysé les effets du plomb sur la tension artérielle à partir des
données du National Health and Nutrition Examination Survey (NHNES II) recueillies
dans la population américaine de 1976 à 1980 et des données du British Regional
Heart Study (BRHS) tirées de l'évaluation de l'état de santé des hommes âgés de 40
à 59 ans habitant 24 villes d'Angleterre. Ces études figurent parmi les plus
significatives.

Ces études sont particulièrement intéressantes parce qu'il s'agit d'études


longitudinales et qu'elles sont réalisées auprès d'un très grand nombre de sujets. Le
tableau 1 en présente les principales conlusions.
16

TABLEAU 1 : ÉTUDES DES EFFETS DU PLOMB SUR LA TENSION ARTÉRIELLE

NOMS SOURCES RÉSULTATS

Pocock et BRHS - Pas d'hypertension significative dans l'ensemble de la population.


coll.
(1985) - Chez les hommes ayant une plombémie de 1.79 /*m/L:

• une augmentation de la prévalence d'hypertension systolique 30 %


comparée à 21 % pour l'ensemble des hommes.

• une augmentation de la prévalence d'hypertension diastolique 15 %


comparée à 9 % pour l'ensemble des hommes.

Hartan et coll. NHNES II - Les hommes du groupe d'âge 21 -55 ans ayant une pression sanguine diastoli-
(1984) que élevée ont un niveau de plombémie significativement plus haut que les
Pirkle et coll. sujets masculins dont la tension est normale.
(1985)
Schwartz - Des résultats similaires ont été obtenue chez les femmes du même groupe
(1985 a,b) d'âge ayant une pression sanguine diastolique élevée.
(1986 a,b)

Harian et coll. NHNES II - Présence d'une association linéaire statistiquement significative entre les
(1984) concentrations de plomb sanguines et la pression sanguine (systolique et
diastolique) parmi les hommes et les femmes âgés de 12 à 74 ans.

- Après régression multiple, contrôlée pour plusieurs facteurs confondant,


l'association entre le plomb sanguin et la pression sanguine s'est avérée
significative pour les hommes mais pas pour les femmes.

Pirkle et coll. NHNES 11 - L'étude d'un sous-groupe du NHNES II a démontré une association significa-
(1984) tive entre la plombémie et la pression sanguine.

- La relation dose-réponse indique qu'une croissance rapide de ia pression


sanguine apparaît à un niveau de plombémie sanguine relativement bas.
Cette hausse est suivie d'un nivellement de la pression sanguine à un niveau
de plombémie sanguine élevé.
17

4. EFFETS SUR LA FONCTION RÉNALE

Les études épidémiologiques ne permettent pas de conclure définitivement que le


plomb a des effets sur la fonction rénale. On ne peut démontrer avec certitude si la
diminution de la filtration du rein est la cause ou le résultat de l'augmentation de la
plombémie. En effet, une capacité réduite de concentrer l'urine, attribuable à
différentes pathologies, entraîne une diminution de l'élimination des toxiques et résulte
en une augmentation du niveau de plombémie.

Par contre, des chercheurs ont démontré que l'exposition au plomb peut provoquer
certaines modifications fonctionnelles et morphologiques du rein. À un stade
précoce, ces changements se limitent aux tubules rénaux et sont plus prononcés au
niveau des cellules tubulaires proximales. L'exposition chronique au plomb entraîne
des changements graduels de la morphologie débutant avec l'apparition de fibrose
péritubulaires et périglomérulaire, particulièrement dans le cortex profond ou la zone
juxtamédullaire (Goyer, 1971a).

5. EFFETS SUR LE SYSTÈME REPRODUCTEUR

L'exposition au plomb peut avoir de sérieux effets sur la fonction reproductrice


humaine. ,

5.1 Chez l'homme

Le plomb peut engendrer l'impuissance, la stérilité, une diminution de la production


de spermatozoïdes en santé, ainsi qu'une baisse de libido. Il peut produire des
malformations au niveau des spermatozoïdes (tératospermie), une diminution de leur
nombre (hypospermie) et de leur mobilité (asthénospermie).
La United State Occupational Safety and Health Administration mentionne qu'à 1,98
jug/dLsurvinent l'hypospermie et l'asthénospermie, et à 2,56 Mg/dL, latératospermie.

5.2 Chez la femme

Peu de chercheurs se sont intéressés aux effets du plomb sur la fonction sexuelle et
reproductrice des femmes en dehors du cours de la grossesse. Les recherches
réalisées à ce jour ont démontré que la plombémie du cordon ombilical est la même
que celle de la mère; ceci confirme que le plomb traverse la barrière placentaire.
Hamilton et Hardy (1974), ainsi que Needleman et coll. (1984), rapportent que ce
phénomène augmente le risque de fausse-couche, de mortinatalité et d'anomalies
congénitales.

Des anomalies congénitales et des altérations des performances psychomotrices


chez les nouveau-nés, ont été associées à un niveau de plombémie sanguine dans
le cordon ombilical aussi bas que 0,29 à 0,48 jum/L (Needleman, 1984).

Rockway et coll., (1984), Kovar et coll., (1984), ainsi que Rabinowitz et coll., (1985),
ont établi une corrélation entre la plombémie de la mère et le niveau de plomb dans
le lait maternel. Cependant, ils n'ont pu démontrer que le lait maternel représentait
un danger plus grand que le lait commercial pour le nouveau-né puisque le taux de
plomb dans le lait maternel oscillait entre 0,08 et 0,10 Atm/L, ce qui est en deçà du
niveau obtenu dans certains laits commerciaux.

5.3 Contamination parent - enfant

Watson et coll., (1978) ainsi que Morton et coll., (1982), ont démontré l'existence
d'une relation significative entre la plombémie des enfants et les poussières
plombifères transportées par l'un des parents du milieu de travail à la maison.
De nombreuses études ont démontré que les effets du plomb sur l'enfant s'observent
à des niveaux plus bas que chez l'adulte. Ces effets sont aussi plus sévères en
raison du phénomène de croissance chez l'enfant.

Lorsque les parents adoptent des mesures de décontamination avant de retourner


à la maison, les plombémies de leurs enfants sont comparables à celles d'un groupe
témoin d'enfants dont les parents n'étaient pas exposés au plomb.
CHAPITRE III LA RÉGLEMENTATION

Ce chapitre décrit les différentes normes précisant les limites d'exposition


environnementale et biologique, ainsi que les niveaux biologiques de réintrégration au
travail édictées au Québec, au Canada ainsi que dans d'autres pays afin de protéger la
santé des travailleurs exposés au plomb.

1. REVUE DES RÈGLEMENTS ET DES RECOMMANDATIONS CANADIENNES

Le tableau 2 tiré de l'étude intitulée "Recherche, Validation et Mesure de certains


indicateurs pouvant permettre l'amendement du projet de règlement pour le retrait
préventif des travailleurs exposés au plomb3" présente les informations les plus
récentes concernant les règlements au Canada.

1.1 Limites d'exposition environnementale

Toutes les provinces ont retenu la même limite de concentration de plomb dans
l'air de 0,15 jig/m 3 pour 8h/jour, 40h/semaine).

1.2 Retrait préventif

Le retrait préventif est basé, dans toutes les provinces qui ont adopté de tels
règlements, sur la plombémie comme indicateur biologique. Les limites varient
cependant de 500 à 800 mç/L ( 2 > 41 à 3,86 fim/L)

3
réalisée par Ada Vyskocil, Claude Viau et Jules Brodeur du Département de médecine du travail
et d'hygiène du milieu de l'Université de Montréal
1.3 Réintégration

La réintégration, comme le retrait préventif, est basée sur la plombémie. Les


limites varient entre 400 et 700 /xg/L (1,93 à 3,38 /*m/L); le Québec utilise aussi
comme critère permettant le retour au travail, une valeur de ZPP égale ou
inférieure à 3,6 /xg/g Hb.

1.4 Protection des femmes

L'Alberta, l'Ontario et la Nouvelle-Écosse ont fixé un niveau de plombémie maximal


spécifique pour les femmes enceintes ou en âge de procréer. Il varie de 300 à
400 jug/L (1,45 à 1,93 /xm/L).

2. AILLEURS DANS LE MONDE

Ce chapitre présente les réglementations et les recommandations dans le monde à


l'égard du plomb en milieu de travail. Le tableau 3, tiré lui aussi de "Viskocil, Viau et
Brodeur", décrit la réglementation actuelle ailleurs qu'au Canada.

2.1 Limites d'exposition environnementale

La majorité des pays fixent la limite de la concentration du plomb dans l'air dans
les milieux de travail à 0,15 /xg/nn3 pour 8h/jour et 40h/semaine. L'OMS, les
États-Unis et l'Allemagne ont les limites les plus basses.
TABLEAU 2. RÉGLEMENTATIONS CANADIENNES - LIMITES

PROVINCES PLOMB DANS L'AIR NIVEAU DE NIVEAU DE LIMITE POUR LES FEMMES
(P9/m3) RETRAIT RÉINTÉGRATION ENCEINTES OU EN ÂGE DE
(PLOMBÉMIE) (PLOMBÉMIE) PROCRÉER

QUÉBEC 0,15 (8il) 600 400


0,45 (15 min) et PPZ < 3,60
pg/gHb
COLOMBIE-BRITANNIQUE 0,15 (8h) 800 700
0,45 (15 min)
ALBERTA 0,15 (8h) 500 400 300
0,45 (15 min)
SASKATCHEWAN 0,15 (8h) Le nombre de cas connus où les plombémies ont dépassé
0,45 (15 min) l'indice d'exposition de l'ACGIH (500 ^g/L) est si faible que
chaque cas a été pris en charge individuellement
MANITOBA 0,05 700 600
Dépassement autorisé Transféré dans une
sur recommandation zone d'exposition
d'un ingénieur qualifié plus faible jusqu'à
selon le contexte < 500

ONTARIO 0,15 (40h/sem) 700 500 400


0,45 (15 min)
NOUVELLE-ÉCOSSE Les limites ACGIH 800 300

NOUVEAU-BRUNSWICK Les limites ACGIH AUCUNE LOI EXISTANTE


TERRE-NEUVE ET LABRADOR Les limites ACGIH PAS D'INFORMATION
ILE DU PRINCE-EDWOUARD AUCUN PROGRAMME GOUVERNEMENTAL
TERRITOIRES DU NORD- 0,15 (8h) AUCUN PROGRAMME GOUVERNEMENTAL
OUEST 0,45 (15 min)
YUKON 0,15 (8h) 800 700
et disparition des
symptômes

Plombémie exprimée en jug/L


2.2 Retrait préventif

Le retrait préventif est basé dans tous les pays sur la plombémie. Les limites
varient de 500 à 700 h q / L (2,41 à 3,38 i i m / L ) . Aucun pays ne s'est encore
conformé aux recommandations de l'OMS de 1980 de 400 mg/L (1,93/im/L). Aux
États-Unis et à la CEE la décision de retirer une travailleuse peut être basée sur
le jugement médical, même à des niveaux de plombémie inférieurs à la normes.

2.3 Réintégration

Les niveaux de plombémie auxquels la réintégration au travail est autorisée n'est


pas mentionnée, sauf aux États-Unis où cette norme est de 400 ng/L (1,93 ^m/L).
Habituellement, c'est le jugement médical qui prévaut.

2.4 Protection des femmes

Les femmes enceintes ou en âge de procréer sont spécifiquement visées dans


tous les pays, à l'exception du Canada et de la Belgique, par des limites
biologiques d'exposition plus basses. Elles sont de l'ordre de 300 à 400 mg/L
(1,45 à 1,93 ^m/L). En France la grossesse et l'allaitement constituent une contre-
indication pour le travail dans les milieux où il y a exposition au plomb. En
Australie la loi interdit de faire travailler une femme dans des milieux contaminés
par le plomb.
TABLEAU 3. RÉGLEMENTATIONS DANS LE MONDE - LIMITES

PAYS ou PLOMB DANS L'AIR NIVEAU DE RETRAIT NIVEAU DE LIMITE POUR LES FEMMES
ORGANISATIONS <«9/ma) (PLOMBÉMIE) RÉINTÉGRATION ENCEINTES OU EN ÂGE DE
(PLOMBÉMIE) PROCRÉER

CANADA (Gouvernement du) Les limites de l'ACGIH 500 400 300


OMS 0,03-0,06 400 300

CÉE 0,15 (40h/sem) 700 ou Sur discrétion médicale 400


700-600 si
(AAL-U <20 ou ZPP <20
ou AAL-D >60)
ou
possible sur discrétion
médicale
ÉTATS-UNIS 0,05 (8h) 500 ou 400 ou 300
sur discrétion médicale sur discrétion médicale
BELGIQUE 0,15 (8h) 700 ou
800 si (AAL-U <20 ou
ZPP <20 ou AAL-U >6)
FRANCE 0,15 (40h/sem) 800 Sur discrétion médicale La grossesse et l'allaitement
(si >600 + AAL-U >20 constituent une contre-indication
ou ZPP >20, mutation à l'exposition
à un poste moins exposé
ALLEMAGNE 0,10 (8h) 700 300
1 (30 min)
15 (AAL-U) 6

ROYAUME-UNIS 0,15 (8h) 700 400

AUSTRALIE 700 Sur discrétion médicale Interdiction pour toutes les femmes
de travailler dans les milieux où l'on
retrouve la présence du plomb

Plombémie exprimée en /^g/L, ZPP en jug/g Hb, AAL-U en /^g/g créatinine et AAL-D en Ul/L
(O
27

SYNTHÈSE

Les connaissances actuelles sont à l'effet que des atteintes significatives à la santé sur
diverses fonctions métaboliques s'observent à des niveaux de plombémie se situant entre
0,48 et 2,90 jum/L. Il est à noter que ces niveaux se situent de façon générale en deçà
des normes régissant le retrait préventif des travailleurs.

En étant attentifs afin d'identifier les signes précurseurs et les atteintes précoces résultant
d'une exposition professionnelle faible ou modérée les practiciens pourront contribuer à
la prévention des cas d'intoxication. L'importance de corriger avec beaucoup plus de
vigueur les milieux de travail pour réduire ces dégâts.
29

TABLEAU SYNTHÈSE

La revue de la littérature permet de dégager le portrait suivant.

LES EFFETS DU PLOMB SUR LA SANTÉ SELON LE NIVEAU DE PLOMBÉMIE


PLOMBÉMIE ATTEINTES

0,29 Altération des performances psychomotrices chez les nouveau-nés.


(cordon ombilipal)
0,48 Inhibition de l'AAL-Déshydratase.
1,46 Détérioration des performances psychomotrices et réduction du niveau
de l'intelligence.

Atteinte du système nerveux périphérique.


1,54 Réduction de la dextérité, de la vitesse psychomotrice et de la force
musculaire.
1,79 Augmentation de la prévaience d'hypertension systolique et diastolique.
1,88 Hausse du niveau d'anxiété et d'hostilité.

Réduction de la sociabilité.
1,93 Activation de l'AAL-Synthétase.

Apparition de problèmes au niveau de la mémoire visuelle (agnosie


visuelle) et de la formation de concepts visuels.

Modification du comportement : augmentation du niveau de fatigue de


tension, d'agressivité, de dépression et de confusion.

2,17 Atteinte des mémoires sensorielle et verbale.


2,41 Carence en hémoglobine.
2,90 Atteinte infraclinique du nerf optique (présence de scotomes à l'examen
du champ visuel).
31

BIBLIOGRAPHIE

Araki, S., K. Murata, et H. Aono. (1987) Central and peripheral nervous system
dysfunction in workers exposed to lead, zinc and copper. A follow-up study of visual
somatosensory evoked potentials. Int. Arch. Occup. Environ. health, Vol. 59 (2), 177-187.

Baloh, R.W., et al. (1975) Subclinical effect of chronic increased lead absorption. A
propospective study. II. Results of baseline neurologica testing. J. Occup. Med., Vol. 21,
490 -.

Baker, E.L., et al. (1979) Occupational lead poisoning in the United States: clinical and
Biochemical findings related to blood lead levels. Bureau of epidemiology, center for
disease control, Atlanta, Georgia, 32 p.

Baker, E.L., et al. (1983) The role of occupational lead exposure in the genesis of
psychiatric and behavioral disturbances. Acta psychiatr. ScandVol. 67. Supplement
303, 38-48.

Baker, E.L, et al. (1984) Occupational lead neurotoxicity: a behavioural and electrophy-
siological evaluation. Study design and year one results. Br. J. Ind. Med., Vol. 41. (3),
352-361.

Baker, E.L., et al. (1985) Occupational lead neurotoxicity: improvement in behavioural


effects after reduction of exposure. Br. Ind. Med.r Vol. 42. (8), 507-516.

Cassitto, M.G., R. Gilioli, et D. Camerino. (1989) Experience with the Milan automated
neurobehavioral system (MANS) in occupational neurotoxic exposure. Neurotoxicol.
Teratoi, Vol. 11. (6), 571-574.
Cavalleri, A., et al. (1982) Effects of lead on the visual system of occupational^ exposed
subjects. Scand. J. Environ. Health Suppl. 1, 148 -.

Chen, Z.-Q., et al. (1985) Peripheral nerve conduction velocity in workers occupationally
exposed to lead. Scand. J. Work. Environ. Health, Vol. 11. Supplement 4, 26-28.

Dresner, D.L., et al. (1982) Modulation of bone marrow heme and protein synthesis by
trace elements. Environ. Res., Vol. 28, 55-66.

Goyer, R.A., (1971) Lead and the kidney. Curr. Top. Pathol., Vol. 55, 147-176.

Grandjean, P., E. Arnivg, J. Beckmann. (1978) Psychological dysfunctions in lead-


exposed workers: relation to biological parameters of exposure. Scand. J. Work Environ.
Health, Vol. 4, 284 -.

Hamilton, A., et H.L. Hardy. (1974) Hereditary lead poisoning. Industrial toxicology
publishing science group, Acton, May, p. 119.

Haenninen, H., et al. (1978) Psychological performance of subjects with low exposure
to lead. J. Occup. Med., Vol. 20, (10) 683-689.

Haenninen, H. (1988) The psychological performance profile in occupational intoxica-


tions. Neurotoxico. Teratol., Vol. 10, (5) 485-488.

Harlan, W.R. (1988) The relationship of blood lead levels to blood pressure in the U.S.
population. In: Victery, W. ed. Symposium on lead-blood pressure relationships; April
1987; Chapel Hill, NC. EHP. Environ. Health Prespect., Vol. 78, 9-13.
Johnson, B.L., et W.K. Anger. (1983) Behavioral toxicology. Environ. Occup, Med., 329-

Kovar, I.Z., et al. (1984) Perinatal lead and cadmium burden in a British urban population.
Arch. Dis. Child., Vol. 59, 36

Lauwerys, R. (1990) Toxicologie industrielle et intoxications professionnelles. Paris:


Masson. 693 p.

Lévesque, B. (1986) Le plomb inorganique. Beauceville: DSC Beauceville. 30 p.

Montaya, C.M.A., et V.O. Cano. (1977) Arch. Invest Med. (MEX.), Vol. 8, 193

Morton, D.E. et al. (1982) Lead absorption in children of employees in a lead-related


industry. Am. J. Epidemiol., Vol. 115 (4), 549-555.

Needleman, H.L. et al. (1984) The relationship between prenatal exposure to lead and
congenital anomalies. J. Am. Med. Assoc., Vol. 251, 2956

Pasternak, G. etal. (1989) Cross-sectional neurotoxicology study of lead-exposed cohort.


J. Toxicol. Clin. ToxicolVol. 27 (1/2), 37-51.

Pirkle, J.L. et al. (1985) The relationship between blood lead levels and blood pressure
and its cardiovascular risk implications. Am. J. Epidemiol., Vol. 121, 246-258.

Pocock, S.J. et al. (1984) Blood lead concentration, blood pressure, and renal function.
Br. Med. J., Vol. 289, 872-874.
Rabinowitz, M., Leviton, A. et Needleman, H. (1985) Lead in milk and infant blood: A
dose-response model. Arch. Environ. Health, Vol. 40, 283-.

Repko, J. (1976) Behavioral toxicology of inorganic lead exposure. Health effects of


occupational lead and arsenic exposure, a symposium, division of surveillance, hazard
evaluation and field studies, NIOSH, contract No. 210-75-0026, Hew publication No.
(NIOSH) 76-134, 59-72.

Rockway, S.W. et al. (1984) Lead concentrations of milk, blood, and hair in lactating
women. Int. Arch. Occup. Environ. Health, Vol. 53, 181-.

Ryan, C.M. et at. (1987) Low level exposure and neuropsychological functioning in blue
collar males. Int. NeuroscL, Vol. 36 (1/2), 29-39.

Schwartz, J. (1985a) Evidence for a blood lead-blood pressure relationship [memoran-


dum to the clean air science advisory committee]. Washington, DC: U.S. environmental
protection agency, office of policy analysis. Available for inspection at: U.S. environmen-
tal protection agency, central docket section, Washington, DC; docket no. ECAO-CD-81-2
IIA.F.60.

Schwartz, J. (1985a) Response to Richard Royall's questions on the blood lead-blood


pressure relationships in NHANESII [memorandun to Dr. David Weil]. Washington. DC:
U.S. Environmental protection agency, office of policy analysis. Available for inspection
at: U.S. environmental protection agency, central docket section, Washington, DC;
docket no. ECAO-CD-81-2 IIA.C.5.

Schwartz, J. (1986a) NHANES II blood pressure analysis [memorandum to Dr. Lester


Grant]. Washington, DC: U.S. environmental protection agency, office of policy analysis.
Available for inspection at: U.S. environmental protection agency, central docket section,
Washington, DC; docket no. ECAO-CD-81-2 IIA.C.110.
Schwartz, J. (1986b) Blood head and blood pressure (again) [memorandum to Dr. Lester
Grant]. Washington, DC: U.S. environmental protection agency, office of policy analysis.
Available for inspection at: U.S. environmental protection agency, central docket section,
Washington, DC; docket no. ECAO-CD-81-2 IIA.C.11.

Seppalainen, A.M. et al. (1983) Early neurotoxic effects of occupational lead exposure:
a proespective study. Neurotoxicology, Vol. 4 (2), 181-192.

Société Royale du Canada (1986) Le plomb dans l'environnement au Canada, science


et réglementation. Ottawa. Ministère des Approvisionnements et services, 469 p.

Surveillance des travailleurs exposés au plomb. (1977) Québec : Centre régional de


toxicologie du Québec. 69 p.

Watson, W. N., Witherell, LE. et Giguère G.C. (1978) Increased lead absorption in
children of workers in a lead storage battery plant. J. Occup. Med., Vol. 20 (11 ), 759-761.

Wedeen, R.P. (1983) Lead, mercury and cadmium nephropathy. Neurotoxicology, Vol.
4 (3), 134-146.

Williamson, A.M. et Teo, R.K.C. (1986) Neurobehavioural effects of occupational


exposure to lead. Br. J. Ind. Med., Vol. 43 (6), 374-380.
F 8612
Desroches, Marc
AUï^ï EfStTCHUL-

Les e f f e t s du plomb sur la santé


mirjaï-i Ar "H likû. A^.urti- ï j-ié"l'"Flvn-fût _.

F §612