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Covid-19 : quelles leçons pour l’Afrique ?

L’histoire d’un peuple est l’étude du passé, ayant pour but de comprendre le
présent et penser l’avenir. Cependant, il semble que l’Afrique et des Africains ne
lisent pas subjectivement leur histoire et cela fait que les préjugés du XIXe et XXe que
des scientifiques blancs ont fait calquer dans le cerveau noir trouvent toute leur
justification. Dans mes plusieurs publications, j’ai longuement parlé sur les
conséquences d’ignorer son histoire et surtout la volonté d’éterniser les conceptions
issues de la colonisation telle que, les frontières coloniales, le système éducatif sans
reforme depuis les années 1960 car nos programmes scolaires sont rédigés, corrigés,
imprimés, financés par des Européens et dans les plupart de cas, imprimés en
Europe, l’institution politique : en Afrique on avait de rois sous contrôle des ministres
et surtout, le pouvoir commençait à bas vers le haut, et non ce système actuel qui
commence à haut vers à bas, cela provoque l’incompréhension de la majorité
d’Africain qui restent encore attaché à leur tribu, la sociologie aujourd’hui des enfants
Africains apprennent la sociologie de Carl Marx au détriment de la sociologie de
Professeur W.B. Du Bois et au détriment de la sociologie africaine que des enfants
pouvaient comprendre facilement grâce aux contes, fables etc… et la science dure
empruntée de l’homme blanc. Le refus de refonder l’Afrique ancestrale, c’est-à-dire
une Afrique dont les institutions politiques, démocratiques, valeurs culturelles sont
des institutions ancestrales et l’économie africaine est soit distributive soit
communaliste comme le prônait le Président Kwame Nkrumah.
Aujourd’hui, tout le monde est d’accord sur le fait qu’on est à l’heure de choix.
L’Afrique doit choisir entre affirmation de sa renaissance ou continuer à jouer à la
victime de la colonisation. Je pense qu’il est temps que l’Afrique arrête ses discours
de jeter la faute de son retard sur le passé douloureux. Point de chanter le passé
glorieux de l’Afrique, oh l’Egypte, oh tel empire…cette période est résolue. C’est dans
cette optique que j’aimerais parler des leçons que le Covid-19, peut nous apprendre
pour la prise de conscience :
1er point : le communautarisme : traditionnellement, les Africains sont des
peuples communautaires et non pas individualistes comme l’est les autres (Europe,
Amérique et l’Asie). Mais l’adoption non préparée de l’individualisme par des
Africains a fait qu’en Afrique, des gens vivent d’une manière très inconsciente. Vous
avez un riche, qui sort de chez lui chaque jour et qui prend son avenue non bitumée
ou goudronnée. Ce riche ne peut pas se sacrifier pour goudronner ne reste cinq
kilomètre de cette avenue ou quelques mètres de sa porte. Vous avez des hôpitaux
mal équipés mais aucun riche ne prend la peine d’y acheter ne reste un équipement,
pas même un scanneur de deuxième main.
Si aujourd’hui nos routes, nos hôpitaux, nos écoles sont dans des états
déplorables c’est à cause de l’individualisme. Ce n’est pas que l’Afrique ne peut pas se
prendre à charge. Il suffit d’avoir un esprit communautaire. Or qu’est-ce font nos
riches lorsqu’ils sont malade ? Pour un petit signe de maladie, le monsieur prend son
vol pour Londres, Paris, Singapour, Washington, Montréal, Pékin…aujourd’hui cela
n’est plus possible car les frontières sont partout fermées. Maintenant les soins
insuffisants que ces riches africains fuyaient seront leur remède si ce virus atteint
grandement toute l’Afrique. Aucun pays ne prêt à leur accueillir. Pour la simple
raison est que lorsque l’Italie a été déclarée deuxième pays le plus touché au monde,
c’est le pays de l’Union Européenne qui a été premier à fermer ses frontières avec
l’Italie. La France et l’Allemagne ont refusé à l’Italie des équipements médicaux au
moment où la situation était encore contrôlable.
La leçon est que riche comme pauvre sont contraint de vivre ensemble et
mourir ensemble en Afrique. A nos jours, il n’y a plus Singapour, Londres, Paris,
Séoul ou Tokyo et d’autres capitales du monde. Avant ces mesures, la chose qui
choquait était qu’on envoyait les fonctionnaires de l’Etat, la famille du président, la
famille de première dame, les amis des amis du président, des riches et des amis des
riches allaient se soigner à l’étranger : en Afrique du Sud, au Maroc, en Europe, aux
Etats-Unis, et partout au monde. Les dépenses s’évaluaient souvent à 50 000 millions
de francs, dans des pays dit pauvre. Or ces 50 000 millions pouvaient être utilisés
pour soigner plus 500 000 citoyens ou cette somme pouvait servir de construction,
pas mal des hôpitaux allant de cinquante à cent hôpitaux. Ou encore si ces riches
Africains prenaient la peine d’investir dans les hôpitaux, on ne serait pas à l’état
actuel à l’entente indéterminable d’une aide internationale qui nous conduit
directement dans le néocolonialisme.
2ème point : le financement de la recherche scientifique : en Afrique vous avez
des pays ou des ONG qui donnent plus de trois millions Cfa, cedis, naira etc… aux
miss africaines, joueurs, musiciens et que sais-je encore ? Ils organisent de festivals
qui coûtent des millions de francs mais à même moment vous avez des jeunes
africains scientifiques qui croupissent dans l’impossibilité de développer leur savoir-
faire et scientifique à cause de manquement de financement. Des riches africains
s’enfichent complètement pour des raisons qu’on ne sait pas on ne peut pas expliquer
scientifiquement. Souvent on a pris une habitude en Afrique de tout reposer sur
l’Etat. On pense que tout doit être fait par les actions gouvernementales. C’est faux.
Contrairement à ce qu’on croit, dans le monde occidental, la science est
financée par des financements privés et non pas étatiques. L’Etat joue seulement le
rôle de protecteur, d’avocat de ces inventions scientifiques et d’autres rôles sur la
scène internationale de leur scientifique. Dans les pays occidentaux vous avez deux
catégories de scientifiques : d’une part vous avez le conseil scientifique attaché au
gouvernement, tel cas en France, aux Etats-Unis, au Canada, en Australie, en Chine
etc. qui travail pour le gouvernement et d’autre part vous avez des scientifiques
particuliers qui travaillent indépendamment ou financé par des riches.
Malheureusement cela ne pas le cas en Afrique. Il n’y a pas ni le véritable
conseil scientifique attaché au gouvernement, en échange il y’a seulement de la
photocopie scientifique qui ne fait que suivre ce que leurs amis blancs leur disent de
faire, ni non plus des scientifiques privés qui travaillent pour leur compte.
Aujourd’hui la survie des Africains est enjeux. Mais personne ne foute rien. On
attend que des blancs viennent nous sauver. Vraiment ! Un peuple qui vous a nié
pendant cinq siècles et continuer à vous nier comme Peuple, peut venir vous sauver ?
Le plus ridicule dans cette question épidémique est la joie qu’expriment certains
intellectuels africains lorsque Donald Trump ou autre disent publiquement qu’ils ont
trouvés de vaccins. Les Africains rient jusqu’à leur canine de cette annonce alors qu’il
y’a de cela deux ans Donald Trump insultait l’Afrique des « excréments » ou « shit »
en anglais. Des Africains devaient avoir honte de se réjouir car on prouve par cet acte
qu’on n’a pas honte de nous et non plus du respect pour nos ancêtres et notre dignité.
Le Covid-19 est une leçon pour l’Afrique de s’interroger sur la priorité du
continent et de notre peuple. En vérité je pense ce n’est pas la miss africaine, le
joueur, le musicien…ou tout amusement qui est la priorité et l’objectif de notre
continent qui veut affirmer son existence et protéger cette existence dans l’équilibre
de force à l’heure des rapports de force dans les Relations Internationales. La priorité
c’est la science. L’Afrique doit investir dans la science. Nos forces vitales doivent être
concentrées à la recherche scientifique et ça sur toutes les échelles militaires et
civiles. Nous devons s’intéresser à la biochimie médicale ou même à la pharmacopée.
Le plus déplorable et une honte pour nous entant qu’Africain est le fait que
depuis 1950, l’Afrique n’a pas pu mettre en place un Centre de Recherche Scientifique
digne de ce nom. Les pays jadis pauvres (Chine, Singapour, Corée du Sud, Corée du
Nord) ce sont fait la place au soleil car leur dirigeant et leur peuple ont fait de la
science leur priorité. Avez-vous déjà entendu parle d’un chinois meilleur joueur du
monde du football ? Meilleur basketteur du monde ? Meilleur rappeur du monde ?
Nulle part ailleurs à Chine. Les meilleurs joueurs de foot, de basket, coureur, rappeur,
jazz c’est soit un noir, soit un sud américain et s’il est sud-américain, il y’a forte
chance qu’il soit à 89% de la communauté noire. L’individualisme a fait de l’Africain
un produit broyé dans le moulin blanc pour son plaisir. Prenez l’exemple comme on
traite les noirs dans le monde occidental : quand il est joueur on lui finance car il va
faire leur divertissement. Mais si le noir est scientifique on met de bêton sur son
chemin s’il s’avère que ce noir est nationaliste. On lui refuse de laboratoire etc… Mais
si ce noir décidait de mettre à leur service son savoir on lui donne tout le lux qui lui
fait oublier ses origines. Et pour faire semble, ces noirs qui ont vendus leur âme pour
le lux viennent en Afrique pour tromper nos jeunesses avec des phrases universitaires
et plein de rhétoriques. Ils utilisent un langage codifié que nos jeunes étudiants ne
comprennent. Le plus important ce n’est pas de comprendre mais un message qu’on
n’a pas oublier l’Afrique. Tant que cela ne change pas le salut de l’Afrique sera à la
merci de ceux qui ont nié notre identité. Le professeur Anta Diop disait : « votre
ennemi vous tue culturellement, mentalement avant de vous tuer physiquement ».
Aujourd’hui les chinois sont meilleurs en informatique, biochimie, astronomie
nucléaire, physique-chimie, mathématique et dans toutes les sciences dures. Mais
cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas des noirs scientifiques qui peuvent concurrencer
les blancs et les rouges. Ils sont là plein en Afrique mais ils n’ont aucun soutien ni de
l’Etat ni de la classe bourgeoise africaine. Et à la réalité la classe bourgeoise africaine
fondée sur l’individualisme ne veut pas de changement de l’Afrique car l’état actuel de
l’Afrique leur est favorable. Ils ne veulent pas à faire à leur propre frère. Ils
soutiennent l’insoutenable : le néocolonialisme dans le sens où cette classe
s’abandonne à l’export et l’import sans penser à l’industrialisation de leur patrie.
3ème point : consommation à la place de production : l’Afrique a été enseignée à
consommer qu’à produire. L’esprit de consommer et non jamais produire a réduit
l’Afrique à l’état d’infantilisation. Etant donné que l’Afrique ne produit rien, on ne
tient pas compte de ses opinions. On ne pense pas qu’elle est à mesure de discuter
égal à égal. On lui prend pour l’inconscient ou pire encore pour être irrationnel. Y-a-t-
il pas du vrai dans cette croyance ? Pour comprendre cela prenons un cas concret :
donnez 100 000 dollars un blanc et 100 000 dollars à un noir. Ne leur dit pas ce
qu’ils doivent faire de cet argent. Vous allez voir que le blanc va penser à créer sa
propre entreprise avec un fond de 50 000 dollars. Alors que le noir va penser à
l’export ou l’import avec un fond de 25 000 dollars. Le reste, il va s’adonner aux
plaisirs de la vie. La différence est que ces deux hommes ayant le même capital, l’un
deviendra maître de lui-même (blanc) et l’autre esclave de l’autre (noir).
Le noir sera dépendant de l’industrie de producteur. Pire encore c’est
l’affectation de résultat, lorsque le blanc arrive à avoir un millions, il en crée une
autre entreprise, tandis-que le noir va s’acheter un Mercedes de nouvelle génération,
une montre en or et tout le lux qui s’ensuivra. Et des consommateurs de deux
entreprises : vous verrez que les consommateurs blancs achèteront chez les blancs,
tandis-que les noirs censés acheter chez leur frère de peau, ils iront acheter chez
l’étranger pour des raisons de rancune, de haine ou tout simplement pour la jalousie
de se faire surpasser par un autre noir. Cela contribue à l’appauvrissement de la
société noire partout où elle se trouve. Aux Etats-Unis, les afro-américaines
dépensent chaque année plus de 20 millions de dollars dans l’achat de leurs
maquillages, habillement, ou le versement à l’Eglise. Ces 20 millions de dollars
enrichissent la communauté blanche et la communauté noire reste marginalisée et
pour trouver une échappatoire ou explication on évoque l’esclavagisme. Certes, que
ce passé pèse sur notre mentalité, mais je pense que l’heure est venue de tourner la
page et de refuser que le monde nous prenne pour l’objet de l’histoire et pas comme
acteur de l’histoire. Un seul fait qui a trop réussi est le fait que les blancs ont
convaincre les noirs que pour être riche il faut une star, un joueur, un
comédien…jamais un docteur, un philosophe. Le peu des noirs qui ont échappés à ce
lavage de cerveau sont tombé dans un autre piège : l’individualisme à l’occidental et
la jalousie de la prospérité d’un autre noir, ou encore le fait de considérer tout le
monde de sorcier. Cette croyance est devenue transcontinentaux. Le noir riche
s’enferme dans sa coquille, il voit mal partout et le pauvre africain lui accuse de
contracter de gris-gris pour devenir riche. La complexité de richesse tue l’Afrique.
La leçon de Covid-19 est qu’aujourd’hui l’Afrique est contrainte d’acheter des
masques déjà utilisées dans les pays asiatiques, car elle ne peut pas en produire. Nous
devons apprendre à produire qu’à consommer. Cette épidémie nous a montré qu’on
ne doit à jamais compte sur l’autre. Et ça prouve que la fameuse mondialisation n’est
pas l’ouverture pour tout le monde. Nos économies qui dépendant de déficit
étrangère se trouve étranglé car les décideurs ou soit disant investisseurs sont
bloqués chez eux. Le Covid-19 est un signe de menace sur l’Afrique car si cette
épidémie se propage dans le pays tel que le Mali, Niger, République Démocratique du
Congo, Conakry où des habitants de ces pays n’ont pas une notion claire d’hygiène, la
mort videra ces pays. Même si vous demandez aux Maliens ou pire encore aux
nigériens de se laver les mains. Oui ils vont faire ça. La question où vont-ils trouver
l’eau propre pour se laver les mains, si l’eau à boire un chancre pour eux ou dans le
terme économique : si l’eau potable au Mali est lux que tout le monde ne peut pas se
donner facilement ? Vous demandez les gens à être propre, mais à même temps vous
les poussez dans d’autres problèmes. Vous demandez aux Congolais de la RDC de se
confiner mais comment vont-ils manger si pendant des années ces gens ont pris
habitude de manger une fois par jour et selon ce que le père gagne par jour.
Aujourd’hui la montée de prix de sac de farine est de pas moins 800 dollars dans le
pays où les gens ne gagnent même pas un 3 dollars par jour. Vous le demandez de se
confiner pour les protéger contre la mort de Coronavirus mais vous les exposez à la
mort de famine. Car beaucoup mourront de faim lorsqu’il y’aura plus quoi manger
etc… Ainsi la leçon est que l’Afrique est à l’heure de choix.
Le malheur de l’Afrique est qu’on est toujours à la recherche des partenaires.
Or l’histoire humaine nous montre aucun partenaire ne prêt à laisser son partenaire
devenir riche plus que lui. Souvent j’entends mes amis dire incessamment l’Afrique a
besoin des partenaires étrangers. Je trouve ça une stupidité. Qui sont les partenaires
de l’Allemagne, de l’Inde, du Brésil, de la Corée du Nord et des autres pour la
réalisation de leur programme économique ou industriel ? Personne. Ils ont des
scientifiques et dans les relations internationales, ils viennent négocier et pas
chercher des partenaires.
Le Covid-19 à trois points positif :

- L’heure de tout remettre à cause est arrivé. Malcolm X disait : “la


révolution renverse les systèmes, si votre révolution n’est pas contre les
systèmes, qui vous tiennent dans l’ignorance, alors ce n’est pas une
révolution, mais plutôt une manipulation”. Malcolm a raison. Nos soit
disant “INDEPENDANCES” ont été de manipulation orchestrées par
l’homme blanc pour continuer à nous exploiter. Maintenant l’heure d’une
véritable révolution africaine. Et cette révolution doit se faire seulement sur
trois éléments : 1. Renverser les Systèmes Politiques à vigueur en Afrique,
en mettant à place un roi, un peuple une nation, 2. Réformer le Système
Educatif : enseigner la philosophie, sociologie, la science noire aux enfants
noirs et enseigner l’histoire de l’Europe selon la conception Africaine. 3. La
mise en place d’une Economie Distributive Africaine et suppression des
frontières économiques sur l’ensemble de l’Afrique.
- Deuxième point l’Afrique doit abandonner l’individualisme à l’européen
pour le communautarisme africain.
- Troisième point, l’Afrique doit faire de la recherche scientifique sa priorité.

NSUNGU NSANZA WHILQUIN

Rabat, le 26. 03. 2020