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Chapitre introductif

3 réponses a 3 questions en guise d’introduction


1ere question : Qu’es que le droit administratif ?
2eme question : Pourquoi avoir un droit administratif ?
3eme question : Quand s’applique le droit administratif ?

Pour la première question qu'es que le droit administratif ? La réponse tient en deux temps, une
première vue de la notion en proposant une définition et dans un second temps il s’agira de
préciser cette définition umpe sommaire en exposant les principaux caractères du droit
administratif.

A- Définition

Il n’y a aucune définition complète du droit administratif ou aucune des définitions soit disant
complète n’a pu être imposer. En effet aucune définition ne fait l’unanimité et requiert le
sentiment de la majorité certes il y a eut des tentatives. Une définition complète ferait ressortir la
substance de ce droit, son essence, sa matière, son contenu mais aussi sa finalité, une définition
qui dirait tout par rapport au droit administratif. Ça n'existe pas, aucune définition s'est imposer.

La seule définition est une définition a minima ( a minimum ou a base commune ) non parfaite
mais a un intérêt et son principal intérêt c'est de distinguer ce droit d'autre branche du droit,
d’isoler cette branche du droit parmi les nombreuses branches du droit qui existent. Si on réduit
le droit administratif a sa simple définition c'est le droit spécifique de l'administration. C'est la
définition a minima.

1) La notion d'administration

L’administration dont il est question c’est évidemment l’administration publique et non au sens
comme on l’entend dans le vocabulaire courant : le conseil d'administration. Quand on dit
administration on pense tout de suite au public. Mais l'administration n'est pas réservée au seul
secteur public, n’importe qu'elle structure importante est composée d’une administration, les
banques, les services administratifs. Donc l’administration publique est visée ici.

L'administration publique : un écrivain français a la fin du 19eme siècle Courteline connu pour
un ouvrage : Messieurs les ronciers satires des fonctionnaires et il disait que l’administration c'est
le lieu ou les gens qui arrivent en retard croisent dans l’escalier ceux qui partent en avance : il
s'agit de l’une des principales critiques : les gens travaillent peu.

Qu'es qu’en droit ça signifie l’administration publique, on l’entend dans quel sens ?
l'administration en droit on peut l'entendre de deux façons différentes :
1) Dans un sens organique : vocabulaire courant mais n’est pas étranger au droit.
2) Dans un sens fonctionnel
3) Lien entre les deux sens mais pas de parfaite coïncidence entre les deux.
Sens organique :

Au sens organique l’administration on l’écrit en majuscule ca désigne l’ensemble des organes


qui au sein de l’etat sont placer sous le contrôle du gouvernement ainsi que l’ensemble des
personnes morale en droit public non étatique, ex : municipalité ou collectivité territoriale.
Un ministère ou une municipalité (personne morale distincte de l’etat) fait partie de
l’administration au sens organique.
Une personne morale de droit prive non étatique rentre dans la deuxième categorie comme
l’électricité du Liban.
Le parlement ne fait pas partie de l'administration dans son sens organique car ce n'est pas un
organe placée sous le contrôle du gouvernement, la justice non plus c'est bien un organe de l'état
mais n'est pas placée sous le contrôle du gouvernement. La justice est censer être un organe
indépendant, c’est un fait au Liban cet organe n'est pas indépendant. La justice théoriquement ne
fait pas partie de l’administration dans son sens organique.

Au sens organique c'est généralement dans ce sens que le citoyen entend cette notion, quand il
pense administration il pense la sécurité sociale le facteur un bâtiment. C'est dans ce sens que le
citoyen imagine l'administration pour désigner une réalité physique des agents des bâtiments des
bureaux.
Mais c'est un sens qui n'est pas tout a fait absent du doit. C'est un sens qui n'est pas
complètement étranger au droit : Pourquoi ?

- Article 12 de la constitution libanaise dispose que « tous les citoyens sont également
admissibles au emplois publiques suivant les conditions fixées par la loi.  Un statut
spécial régit les fonctionnaires de l'état suivant les administrations auquel ils
appartiennent »: c'est le sens organique qui est viser ici on pense au municipalité par
exemple.

- Article 65 de la constitution libanaise dans cet article aussi l’administration qui est visée
est l’administration au sens organique aussi cet article ressemble a l'article 20 de la
constitution française qui dispose que « le gouvernement est celui qui détermine la
politique de la nation et dispose de l'administration et de la force armée. »
L’administration désigne dans son sens organique l’ensemble des moyens matériels.

Le sens fonctionnel :

- Au sens fonctionnel l’administration sans majuscule désigne négativement les fonctions


d’intérêt général l’activité qui n’est ni législative ni juridictionnelle ni gouvernementale.
L’activité qui consiste a voter la loi ou celle de rendre la justice ne fait pas partie de la
fonction administrative.

- Cependant ce qui est plus complexe c’est la distinction entre la fonction administrative et
la fonction gouvernementale. Schématiquement on peut dire que gouverner ca consiste a
décider des grands choix politiques alors que administrer ca consiste a mette en œuvre
concrètement ces choix politiques.
- ORYU disait que l'administration a pour objet de gérer les affaires courantes du public en
ce qui concerne l’intérêt général. Le pouvoir politique est la tête, l’administration est
le bras.

- Au sens fonctionnel l'administration est une notion qu'on retrouve dans le vocabulaire
juridique. Il y a un célèbre article de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de
1789 l’article 15 ou on peut lire que « la société a le droit de demander des comptes a tout
agent public de son administration » dans cet article l’administration visée est celle au
sens fonctionnel.

Nb : Un ministre ou les membres du gouvernement a deux casquettes :

-Il est chef d’administration centrale, c'est a dire le supérieur hiérarchique des agents qui
dépendent de son ministère. Chef administratif
-Membre du gouvernement
Quand un ministre prend des décisions dans le travail au seins du ministère il agit non pas en tant
qu'autorité gouvernementale mais en tant qu'autorité administrative.

S’agissant de la fonction, le gouvernement en tant qu'organe a aussi deux fonctions en tant qu'
organe collégiale il a une fonction gouvernementale évidement et il revient a lui de faire des
choix politiques délicats avec l armée ou l'économie. Mais il a aussi une fonction
administrative c’est l’exécution des lois qui fixent les grandes lignes, et l’application des
décrets pris par le premier ministre. C'est en conseil des ministres que se fait la nomination
des hauts fonctionnaires.

Ce qui brouille les frontières en France c’est la conséquence de l’une des premières décisions
prise par le président Macron qui consiste à limiter le nombre des membres dans les cabinets
ministériels. Un ministre prend la tête d'un ministère et d’une administration et s’entoure de
conseillers proches politiquement. L'usage en France c’été que chaque ministre ait des cabinets
ministériels assez pléthorique 20 conseillers en plus de l'administration. Macron a souhaite que le
nb de conseil ministériel soit réduit entre 5 et 10 le nb varie. Autrement dit quand le ministre ne
peut plus s’appuyer sur son équipe il va le faire chez son administration il est de plus en plus
amener a le faire vu que le nombre des cabinets s’est réduit.
La limitation du nb de conseil ministériel : technique favorable au niveau économique. Mais une
conséquence en découle et c’est la politisation de la haute fonction publique : spoil system. En
Amérique tout les agents qui ne font pas parti du corps politique du nouveau président se font
chasser, les agents qui ne font pas partie de sont pt de vue politique. Le lien entre
l’administration et la politique en Amérique est très fort et ce lien est connu mais en France la
situation autrement dit le rapport entre les deux commence a changer.
Les liens et les différences entre les deux sens :

La distinction entre ces deux sens implique qui n'y a pas de coïncidence parfaite entre ces
deux sens.
- L’administration au sens organique exerce des fonctions administratives mais pas
toujours, il arrive d’abord que l’administration avec un grand A au sens organique exerce
des activités non administratives.
- Par exemple, les personnes morales de droit public l'état ou les collectivités territoriales
sont propriétaires de biens, des immeubles, bâtiments et des meubles. Ces biens ne sont
pas soumis au régime de la propriété privée tel qu'il découle du code civil ils sont soumis
à un régime particulier qui varie selon que le bien fait partie du domaine public ou selon
que le bien fait partie du domaine prive. Lorsque la ville gère son domaine public la
circulation, la ville et sa municipalité elle exerce une fonction administrative mais lorsque
la ville et l’administration de la ville au sens organique gère son domaine prive elle
n’exerce pas de fonction administrative d'intérêt général mais une fonction de propriétaire
comme n'importe quel propriétaire privé qui a pour but de faire du profit notamment ce
n'est pas une fonction administrative. Ce qui fait que ce contentieux qui oppose un
particulier et l'administration va relever du juge judiciaire car l'administration dans
cette situation est une personne prive.

- Parallèlement la fonction administrative au sens fonctionnel n'est pas toujours exercer par
des administrations au sens organique : sukklen entreprise prive et non administrative au
sens organique car ce n'est pas une personne de l’etat c'est une entreprise privée, pourtant
sukleen est charger d’une fonction administrative c'est le service public d’enlèvement des
déchets pour l'intérêt public. Donc il y a des fonctions administratives exercer par des
autorités qui ne font pas partie de l'administration au sens organique.

- Donc la coïncidence entre les deux sens est très loin d'être parfaite.

- Sur quoi porte l’administration objet de ce cour ?

L’administration dont il est question dans ce cour c'est l'administration prise dans ces
deux sens autant l'administration organique que fonctionnel.
La définition renvoie au deux sens. Pour des raisons pédagogiques il est important de tout
voir raison pour laquelle les différents aspects de ces deux sens sont diviser, les questions
sur l'administration organique seront vu dans un autre cour. Ici dans ce cours il s’agit de
l'administration fonctionnelle : c'est a dire l’exercice des activités administratives. L'objet
de ce cour c'est l'administration au sens fonctionnel plus qu'organique.

- Droit spécifique de l’administration 

- L'idée de droit spécifique signifie que le droit administratif n'est pas tout le droit de
l'administration ni au sens organique ni au sens fonctionnel. L'administration n'est pas
soumise que au droit administratif, au sens fonctionnel l’activité administrative distincte
est tantôt accomplie selon des regles privées tantôt accomplie selon des regles spécifiques
de droit administratif. Ce sont seulement ces regles distinctes du droit privé qui forment
ce que l'on peut appeler droit administratif au sens stricte. Donc le droit administratif ce
n’est pas tout c'est une partie du droit de l’administration.

- Un exemple d’activité administrative régit par des regles de droit privé : la poste c'est
incontestablement une activité administrative c'est un service public mais ce service
public est dans une large mesure soumis a des regles non pas de droit administratif mais
de droit prive. C'est plus généralement le cas de tous les services publics industriels et
commerciaux (SPIC) comme l’électricité, la poste comme les transports en commun ces
services publics et leur fonctionnement sont soumis plus généralement au droit prive
qu'au droit public.

- Il faut donc comprendre que l’administration, cette activité n’est pas soumise que
au droit public mais s’exerce selon des regles privées parfois.

- Ce qui est plus compliquer c'est de savoir lorsqu'on a affaire a telle ou telle activité
administrative c'est savoir quand il faut appliquer le droit administratif et quand il faut
appliquer le droit prive en cas de contentieux. En effet en cas de contentieux la difficulté
est de savoir quel juge saisir le juge judiciaire ou administratif : a ce stade il y a un
principe de la liaison de la compétence et du fond lorsque c'est le droit administratif on
saisit le juge administratif et lorsque c'est le droit prive on saisit le juge judiciaire. Mais
ce principe ne résout pas tout car il renvoi a la question de savoir quand appliquer
le droit administratif et quand appliquer le droit prive. Il ne faut pas croire que dès
qu'il y a administration, le contentieux la concernant sera soumis au droit administratif et
au juge administratif, en effet, elle n'est pas forcement soumise au droit administratif.

B- Les caractères du droit administratif :

Les caractères du droit administratif sont au nombre de deux il y a le caractère jurisprudentiel de


ce droit et le caractère autonome.

1) Caractère jurisprudentiel

- Dire que le droit administratif présenterait la particularité d'être jurisprudentiel sans en


dire plus se serait inexact. On peut trouver parfois que c'est un droit prétorien le droit qui
se fait dans le prétoire devant le juge dans une salle d’audience. Ce n'est pas exacte de
dire qu'il a un caractère jurisprudentiel car le dire de cette façon signifie que la
jurisprudence est la seule source du droit administratif. En disant que le droit
administratif présente la caractéristique d'être jurisprudentiel sans en dire plus se serait
une faute, en effet c’est faux ce droit a aussi de multiple source et notamment des sources
textuelles.

- Par exemple au Liban, il y a des textes qui constituent l’une des sources du droit
administratif libanais :
- Arrêté du 10 juin 1925 sur le domaine public soit affecter a l'usage direct soit un service
public. 

- Le décret du 24 juin 1966 sur l’occupation du domaine public maritime régit une partie
du domaine public notamment les plages.

- Le décret loi du 30 juin 1977 sur les municipalités.

- Et il y a 162 décret loi adopter le 12 juin 1959 notamment on trouve celui relatif au
conseil d'Etat libanais décret loi constitue au Liban l’équivalent du code de justice
administrative qui fixe la procédure administrative.

- Donc il y a des textes au Liban comme source de ce droit. Les sources textuelles en
France se multiplient.

- Quand on dit qu'il a un caractère jurisprudentiel sa veut pas dire que la


jurisprudence est la seule source du droit que se soit au Liban ou en France c'est
faux et c'est de plus en plus faux en France.

- Le droit administratif a défaut d'être totalement jurisprudentiel serait partiellement


jurisprudentiel cela n'est pas faux mais ce n'est pas une caractéristique du droit
administratif. Toutes les branches du droit sont en partie jurisprudentiel, donc ce n'est pas
faux mais ce qui est faux c'est d’en faire une caractéristique car c'est le cas pour toute
les branches du droit : le cas du droit civil notamment.

- La jurisprudence complète le texte donne un sens en complétant les lacunes et en


adaptant le texte a l’évolution de la société. Contrairement a ce qui a pu être l’image
véhiculée par les révolutionnaires, le juge n'est jamais la bouche de la loi le juge n'est
jamais que la bouche de la loi il ne fait pas que répéter ce que dit la loi il va toujours plus
loin il a pour fonction de compléter la regle de droit et adapter la loi.

- Qu’es que sa veut dire que le droit est jurisprudentiel ?

 Le critère jurisprudentiel n'est pas une caractéristique au droit administratif. En disant que
le droit administratif est jurisprudentiel cela voudrait dire que ce droit est
fondamentalement jurisprudentiel. Cette expression de droit fondamentalement
jurisprudentiel est celle de René Chaput. C'est ce qui le distingue des autres droits.

 C'est un droit qui historiquement a été créé non pas par le législateur comme le droit civil
mais par le juge et plus précisément par le conseil d’État. Dire que ce droit est
fondamentalement jurisprudentiel c'est dire que ces fondements historiques sont
jurisprudentiels. Les fondements historiques sont la jurisprudence du conseil d'Etat.
 Le caractère fondamentalement jurisprudentiel signifie aussi que les notions de base du
droit administratif ces principes structurants, son esprit sont aujourd’hui encore
jurisprudentiels.
 Ces fondements historiques et actuels a savoir l’essence de la matière, les grands
principes restent jurisprudentiels. La notion de service public crée par le conseil d'Etat
aujourd'hui c'est une notion créée par le juge et est toujours définit par le juge
aujourd'hui. Même les grands principes du régime : les actes de police administrative sont
soumis au principe qui concilie l'ordre et la liberté, le conseil d'Etat veille qu'il y ait un
équilibre entre les deux et cet élément central du régime de la police administrative, cet
élément de proportionnalité a été créé par la jurisprudence et est encore régit par ce
dernier.

 Même en droit administratif dans certains secteurs il y a désormais en France des codes
comme le code des relations entre le public de l'administration ou le code général de la
propriété administrative. Certes ces codes ne changent rien, ces codes ils sont très partiels
et l’essentiel des principes structurant ce droit reste jurisprudentiel. On constate que
même quand un code intervient, dans le fond le législateur ne fait que codifier la
jurisprudence passer du conseil d'Etat qui par la suite va appliquer ce code et va
interpréter le code de la même façon qu'il aurait fait développer ce droit. L’équivalent
du code civil en droit administratif c'est le GAJA c'est a dire les grands arrêts de la
jurisprudence administrative qui dans le fond pose les principes de base de la matière a
travers les arrêts du GAJA.

Les deux qualités qu'on peut retirer de ce caractère jurisprudentiel du droit administratif :

1) Droit qui a la souplesse nécessaire pour s’adapter

La souplesse est l’une des qualités de ce droit c'est un droit moins rigide car c'est un droit
jurisprudentiel et non un droit textuel.

Lorsque le législateur intervient il fait du pré a portait. Le juge administratif lui il fait du
sur mesure et est confronter à un cas concret va poser une regle et s’il s'est tromper il y a un
autre cas qui va intervenir fasciner la regle et faire vivre la regle. Le juge administratif va par la
suite évoluer cette regle nuance par nuance au gré des affaires qui lui sont soumises.
Un juge administratif peut l’adapter la nuancer, la préciser en fonction des circonstances
différentes.

C'est un droit qui est plus souple car jurisprudentiel dans la mesure ou la procédure est différente
c'est plus solennel que lorsque on vote une loi quand on rend un arrêt c'est moins procédurale,
cette procédure suppose moins de débat et est plus rapide et plus courte et permet de modifier la
regle émise par le juge plus fréquemment que si cette regle se trouvait dans un texte.

2) Ce droit est l’œuvre d'un spécialiste (le juge).

Le fait que c'est un droit fondamentalement jurisprudentiel cela mène a dire que c'est un
droit créé par celui qui connaît le mieux la loi. La loi est votée par des personnes qui ne sont
pas forcement spécialiste en droit. Le droit administratif est l’œuvre d'un technicien, d'un
spécialiste et ca explique le rayonnement international du droit administratif français.
Le fait que le droit administratif s'applique au Liban notamment ce n'est pas la propre de sa
qualité, des raisons historiques mais ce droit est reconnu dans une bonne partie du monde dans la
mesure ou beaucoup de pays sans lien avec la France ont copier ce droit comme l'Italie l'Espagne
les Pays bas Turquie Portugal Grèce Égypte. Ce sont des pays qui n’ont pas été placer sous
mandat français et ont quand même choisi de le reprendre, c'est vrai pour le code civil français
idem pour le droit administratif.

Donc les deux qualités qui résultent du caractère jurisprudentiel du droit administratif sont sa
souplesse et le fait que c’est l’œuvre d’un spécialiste.

Les deux défauts qu'on peut retirer de ce caractère jurisprudentiel du droit administratif :

Un droit moins accessible que d’autre et moins immédiatement intelligible que d’autres.

1) Un droit difficilement accessible

Moins accessible : plus difficile d'avoir accès a la regle, au principe ou a la définition en droit
administratif qu’en droit civil. En droit administratif la recherche est plus complique et moins
facile, il faut chercher dans un arrêt et trouver dans cet arrêt le principe. Pour rendre les choses
plus accessible les éditeurs ont créé le GAJA pour faciliter la vie des étudiants et des citoyens et
des hommes de droit mais ce classement n’a pas de valeur officiel. C'est un droit plus
difficilement accessible que les autres droits.

2)Un droit difficilement intelligible

Moins intelligible car la regle est plus difficile a comprendre, une fois trouver c'est compliquer
de la comprendre car elle est noyer dans des faits d’espèce, autrement dit le contexte. En
effet, il est plus difficile de comprendre une regle posée dans un arrêt que dans un code.
On dit que la jurisprudence et la doctrine sont un chœur a deux vois c'est vrai en droit
administratif, plus qu'ailleurs la jurisprudence et la doctrine sont un chœur en deux vois.
Ce droit existe car les fonctionnaires et le juge l’applique mais il est ou ? La source primaire c'est
les arrêts qui ne sont pas publier en ligne. Le dernier arrêt publié date de 2009, c'est a dire entre
2009 et 2017 il est impossible d'avoir accès a la jurisprudence. Avant 2009 il y a des recueils
chaque année.
Lorsque le droit est publié et connu, la conséquence consiste a ce que n’importe qui peut lire et
avoir accès a ce droit, c'est autrement un moyen de limiter la corruption et mettre tout le monde
au courant de ce que le juge dit. Pourtant, ce n'est pas le cas en droit administratif d’ou la lacune
de ce droit.

 Il est inévitable que le juge face a un cas concret qu'il soit amené a interpréter la loi et
faire évoluer le texte sauf a défaut de tomber dans un déni de justice, la loi elle même
l’invite a rendre la justice même quand il n y a pas de loi applicable.
 Tomber dans un déni de justice a défaut de trouver le texte applicable dans un cas
d’espèce est moins évitable en droit administratif. Le juge civil doit combler les vides du
texte alors que le juge administratif doit appliquer un droit spécifique fait par
l'administration, un droit qui n'existe pas. Il faut appliquer quelque chose qui n’existe pas
donc c'est une sorte d’invitation a créé ce droit.
 Ainsi le juge a pour rôle de créé ce droit et de le faire vivre, cependant une question se
pose ici, question relative a la légitimité de ce processus. La légitimité c’est bien
important mais elle a plusieurs facettes, s’agissant de la légitime démocratique, le juge
n'est pas élu, il n’est pas soumis au pouvoir politique il ne procède pas directement ou
indirectement par un contrôle, il n'est pas élu au suffrage universel pourtant il créé le
droit. Il s’agit ici de la légitime démocratique l’une des facettes de la légitimé.
 Le juge en créant le droit administratif n’a pas de réelle légitimité démocratique.
Cependant, la légitimé n’a pas que cette facette car cette légitimé en droit administratif
est compenser par une autre légitimité : le juge est légitime car il est bon et il a réussi a
concilier l’inconciliable et a trouver un subtile équilibre entre l'ordre et la liberté la
protection du citoyen et l'intérêt général.

 L'intérêt général doit primer sur les égoïsmes particuliers notamment le droit civil est fait
sur le concept de l’égalité et l'échange du consentement, l’autonomie de la volonté. Le
droit administratif quand a lui procède d'une logique inégalitaire il faut que ceux qui
présentent la collectivité fassent prévaloir l'intérêt général sur la volonté particulière en
imposant la volonté générale au particulier. C’est un droit inégalitaire toute la vertu de
ce droit c'est qu'il n'est pas qu’inégalitaire dans la mesure ou c'est un droit équilibré.
Le conseil d’etat a pu créé un droit inégalitaire mais équilibrer, et cet équilibre consiste
en un équilibre entre ordre et liberté et entre intérêt général et la protection des
administres.

2 Le caractère autonome 

- Le droit administratif libanais et français ne sont pas seulement des droits spécifiques, ils
sont plus que cela ils sont autonomes. Ces droits administratifs français et libanais
constituent un corps de regle quasiment autosuffisant distinct du droit prive.

- Un droit peut être spécifique sans être forcement autonome. Si le droit administratif ce
n'est que cette collection de regle spéciale c’est certes un droit spéciale certes spécifique
mais ca ne veut pas pour autant dire qu'il est autonome c'est a dire un droit qui se suffit a
lui même. Pourtant c'est le cas, cette branche du droit est autonome dans la mesure ou
lorsque le juge administratif tranche un litige il tranche et son droit administratif lui
suffit pour trancher un litige.

- L’arrêt Blanco est à l’origine du caractère autonome du droit administratif.

L’arrêt Blanco rendu par le tribunal des conflits le 8 février 1873 le premier arrêt qu'on trouve
dans le GAJA.
Cet arrêt donne naissance au droit administratif, et il est à l'origine de son caractère autonome.
Les faits de l'affaire Blanco :
- Une petite fille qui se promenait avec son père a bordeaux sur le bord du fleuve ou il y
avait des ouvriers qui travaillaient, un des ouvriers blaisent la fille, le père cherche à
trouver réparation au préjudicie subi par sa fille.
- Quel été le régime de responsabilité qui été applicable dans ce cas ? régime de la
responsabilité civile ou un autre régime de responsabilité ?
- Dans ce cas, le code civil ne s’applique pas, la responsabilité incombée a l'état n'est pas
régit par le code civil c'est a dire le code civil ne régit pas les rapports entre un particulier
et l’etat. Donc pour cette question on n'applique pas le code civil qui régit les rapports
entre particuliers.
- Si on n’applique pas le code civil alors qu'es qu'on applique ?
On applique un droit spécifique des regles spéciales qui vont permettre de concilier la
nécessaire protection des particuliers et la contrainte de l’etat.
- Dans le fond le conseil d’etat a inciter a créé le droit administratif. Au moment ou le
tribunal des conflits parler de regle spéciale ces regles la n’existaient pas encore :
invitation de créé ce droit spécial qui permet de concilier entre les contraintes
particulières de l’etat et la protection des particuliers.

NB : Il ne faut pas confondre droit autonome et original.

- Dans la construction du droit administratif il est arrivé assez fréquemment au conseil


d'Etat de s’inspirer des principes du droit prive. L’exemple de la responsabilité, du
dommage, du préjudice, de la force majeure rien n'empêche de s’inspirer de ces notions et
de ces principes. C'est sur une affaire de responsabilité qu'a été créé l’autonomie du
droit administratif. Le conseil d'Etat a créé le régime qui régit les contrats lier avec
l’administration et s'est influencer de la notion du consentement, vice du consentement.
Donc ce dernier s’inspire du principe de droit civil notamment au niveau de la
responsabilité civile.

- C'est un droit avec des sources qui tendent à s’internationaliser et à se privatiser :

 Autrement il arrive plus fréquemment au juge administratif de faire application de texte


internationaux de la convention européenne des droits de l’homme. Le conseil d'Etat a intégrer
dans le bloc de la légalité administrative les conventions internationales qui ne sont pas propre au
droit administratif c’est les mêmes conventions que la cour de cassation va appliquer.
L’internationalisation des sources du droit administratif c’est un élément qui fait qu'il perd
de son originalité.

 La privatisation : on a intégré dans les regles qui vont s’imposer et être utiliser pour trancher
le litige des textes de loi comme celui du droit de la concurrence codifier dans le code commerce
en France. Le juge administratif à considérer que le droit de la concurrence fait partie du bloc
de la légalité administrative.

Internationalisation et privatisation des sources qui font qu'il perd de son originalité et non de
son autonomie car il reste libre de faire rentrer sa au sein de ces sources ces textes ou non.
Paragraphe 2 : Pourquoi avoir un droit administratif ?

Poser la question c'est sous entendre que ce n'est pas une évidence d’avoir un droit
administratif, d’ou la possibilité de se passer du droit administratif (A) ; les raisons de
l’existence de ce droit au Liban et en France (B).

A- Possibilité de se passer du droit administratif

On peut imaginer deux fonds :

L'administration soumise a aucun droit ce n'est pas qu'une hypothèse c'est une réalité historique
qui a disparu aujourd'hui mais fut un temps qui a bien durer jusqu'à la fin du 19e siècle ou
l’administration été soumise au respect d’aucune regles impératives : l'état de police (1).

On peut imaginer de soumettre l'administration au droit sans pour autant la soumettre a un droit
spécifique en tout cas autonome. C'est une hypothèse que pratique les pays Anglo-Saxon dans
laquelle l'administration est soumise au droit mais ces pays ont fait le choix de la soumettre au
droit commun (2).

1) Etat de police

La notion de l’Etat de police, est apparue dans la doctrine allemande de la fin du 19e siècle.
L’état de police est alors opposé à l’état de droit (sens allemand) Reichstett.
Qu’est-ce qu’ils entendent ses auteurs : en prenant la définition d’un auteur français et non
allemand mais qui a synthétiser la pensée allemande sur ce sujet. C’est une définition classique
que donne Malberg dans son ouvrage « la loi expression de la volonté général ».

«  L’état de police est celui dans lequel l’autorité administrative peut d’une façon
discrétionnaire régler une liberté de décision complète, appliquer aux citoyens toutes les
mesures dont elle juge utile de prendre l’initiative en vue de faire face aux circonstances et
d’atteindre à chaque moment les fins qu’elle se propose ».

Ca correspond à la situation de l’administration sous l’ancien régime avant la révolution. Un


professeur au 20e siècle a dit: l’administration de l’ancienne monarchie française était
essentiellement discrétionnaire, elle était contenu par aucune règle juridique, c’est très
improprement qu’on aurait pu parler dans ce temps de droit administratif puisqu’il n’existait
aucune limite précise au pouvoir des agents du roi. Aucune liberté que les sujets peuvent faire
prévaloir sur les commandements, ça correspond à un état ou l’administration n’est pas soumise
au droit ou presque pas. On s’est passé du droit administratif pour des siècles. Depuis que l’idée
d’Etat de droit s’est imposé, cette idée devient intolérable.

- Etat d’urgence :
L’etat d’urgence désigne la situation au sein de l’etat ou l’équilibre est perdu et ou la liberté
individuelle est rompue. Policiers mobilisés en nombre pour protéger la population, dans le cas
d’Etat d’urgence, l’administration va pouvoir faire des choses qu’elle ne peut pas faire dans un
temps normal. Par exemple pratiquer les perquisitions de nuit, normalement les perquisitions
sont décidés par un juge et se font que durant la journée(16h-21h), dans l’état d’urgence,
L’administration sans l’autorisation d’un juge peut perquisitionner la maison de qqn sans
l’autorisation du juge. Ça permet à l’administration de faire plus, par ex un préfet décide que les
bars vont fermer, même si elle va faire plus, elle reste encadrée par un texte qui va lui permettre
de faire certaines choses et lui interdire d’en faire d’autres. Et tout cela se fait sous le contrôle
d’un juge, l’administration ne peut pas déroger aux textes.

2) Le model Anglos saxon

Dans les pays anglo-saxon s’applique la théorie de la « rule of Law » on la traduit par le règne
du droit. Cette théorie a été exposé par un auteur anglais extrêmement célèbre qui s’appelle
Ducey dans un ouvrage qui a publié en 1885 qui s’appelle « introduction à l’étude du droit
constitutionnel ». Cette théorie postule 2 choses,
- D’abord la primauté absolue du droit. Tout le monde doit respecter le droit y compris les
plus puissant
- 2e chose : l’égalité de tous devant la loi cette égalité est très profonde ; au point
qu’inadmissible de donner à l’administration un privilège juridique (droit à elle) et
juridictionnel (juridiction à elle).

Au nom de cette Egalite de tous devant la loi il a paru inadmissible aux anglais de donner a
l’administration un privilège juridique et juridictionnel, juridique en la soumettant à un droit
différents aux autres, et juridictionnels, en créant une juridiction sur mesure.

En vertu de cette théorie l’administration en Angleterre est soumise en Angleterre et aux pays
anglo-saxon au droit commun, au même droit que les simples administrés, et son contentieux
relève des juridictions ordinaires.

Néanmoins même en Angleterre et même dans les pays anglo-saxons mêmes dans ses pays-
là il y a du droit administratif mais ce qu’il n’y a pas c’est un droit administratif autonome.
Même en Angleterre il faut que l’administration puisse vaincre les particuliers. Il y a des règles
particulières applicable à l’administration mais ce n’est pas un droit autonome, le principe
qu’on applique à l’administration c’est que les justiciables et que dans certain cas elle va
disposer face à un idéal des revirements.

L’expropriation existe dans tous les pays du monde, prérogative exorbitante du droit commun.
EU, Afrique du sud, Australie, Liban, France. Pouvoir exorbitant de l’administration oui mais il
faut qu’il y ait en face des garanties, elle doit être équilibre, garantie des droits d’expropriation.
Elle ne doit pas intervenir a une juste indemnité. On peut contraindre a céder, Il faut qu’il y’ai
des garanties pour l’administrer, de recevoir la juste valeur, de manière équilibré.
L’expropriation ne doit pas intervenir avant qu’une juste indemnité soit versé. On peut
contraindre à céder mais la personne doit recevoir la juste somme.

Il n’existe pas en Angleterre un ordre juridictionnel stable comme en France et au Liban, il


n’existe pas 2 ordres de juridiction avec chacun une cour suprême a leur tète (cour de
cassation/conseil d’Etat). S’il y a un droit administratif en Angleterre et au EU, ce sont des
juridictions de première instance place sous le droit commun on parle d’unité de juridiction et
non pas de dualisme juridictionnel.

- Dans le passé on a pu se passait du droit administratif et de tout droit , ce n’est pas


satisfaisant du point de vu de l’Etat de droit, du point de vu de la protection des liberté,
de la sécurité juridique, ça s’est fait. A l’échelle de l’histoire c’est plutôt l’arbitraire ou
le discrétionnaire qui a marqué les époques plutôt que l’administration, et même en
soumettant l’administration a des règles, le droit de l’administration n’est pas
obligatoirement autonome. Même en Angleterre il y a des juridictions spécialisées dans
les contentieux. Mais Il n’y a pas d’ordre juridictionnel distinct.

Mais pourquoi en France et au Liban on a choisi de soumettre l’administration au respect


d’un droit si spécial qu’il en est autonome, le droit administratif ?

B- Les raisons de l’existence de ce droit au Liban et en France

1) Raisons historiques

Les raisons historiques sont différentes en France et au Liban mais elles ne sont pas sans lien car
l’histoire de la France a produit des effets historiques au Liban.

a) Fondement historique du droit administratif français

- Historiquement le droit administratif moderne et autonome en France tire son origine d’un
vieux texte qui date de l’époque révolutionnaire de l'article 13 de la loi des 16 et 24 aout
1790 loi sur l'organisation judiciaire.
- Cet article 13 dit que « les fonctions judicaires sont distinctes et demeurons séparer des
fonctions administratives, les juges ne pourront à peine de fortitude troubler de quelque
manière que se soit les opérations des corps législatifs »

- A priori il n'y a aucun lien entre cet article et la naissance du droit administratif moderne
dans la mesure ou la lettre de ce texte et même si on se tient à l’esprit du texte visait
seulement à interdire au juge judiciaire de faire œuvre d’administrateur. Autrement dit ce
texte ne viser qu’a rappeler une conséquence de la séparation des pouvoir, le juge est
compétent pour juger et non administrer, exercer la fonction juridictionnelle avec les litiges
dans l'administration c'est juste mais s’incliner dans la fonction administrative qui relève de
l'exécutif n'est pas juste. Ce texte vise à éviter certain excès du passé : Les parlements dans
l’ancien régime partait au delà de leur fonction de juger et ils étaient entrain de faire œuvre
de législateur et en outre passer leur fonction juridictionnelle, c’est ceux contre quoi les
révolutionnaires voulaient lutter. Ils ne voulaient pas que le passe ne se reproduise. Ce texte
vise au fond à rappeler la séparation des pouvoirs. C'est impérieux pour les révolutionnaires
qui entendaient changer les choses et les révolutionnaires avaient peur de cette fonction
judiciaire qui en effet est le poste rêvé pour limiter la mise en œuvre des reformes. Voila
noire sur blanc ce que le texte dit, donc jusque-là il n'a aucun rapport entre ce texte et la
création du droit administratif français. Si on se tient à la lettre du texte il n’y a pas de lien
avec la naissance du droit administratif.

- Mais pourquoi alors on considère ce texte comme l’origine fondamental de ce droit, pourquoi
reprendre cette loi qui est perçu comme la loi salique de notre droit administratif ?

- En raison de l’interprétation extensive qui a été donner a posteriori de ce texte, on a fait dire
par la suite a ce texte des choses qui ne disait pas que ces auteurs n’avaient pas entendu dire.
Ce texte a été interpréter comme interdisant au tribunaux et juridictions judiciaires non
seulement de faire œuvre d’administrateur mais plus largement comme interdisant au
juridiction judiciaire de juger le contentieux administratif.

- L’administration relève du pouvoir exécutif, l'article 20 de la constitution française dispose


que le gouvernement dispose de l’administration et de l’arme, l’administration est donc une
branche du pouvoir exécutif. L’administration relève de ce pouvoir et la juger se serait
s’insérer dans le pouvoir exécutif. On fait prévaloir la conception extensive a l'époque de la
séparation des pouvoirs.

- On disait a l'époque que « juger l’administration c’est encore administrer » c'est une
formule qu'on doit au baron pierre henrion de Pansey dans un ouvrage qui s’intitule de
l’autorité judiciaire en France. Formule discutable dans la mesure ou juger ce n'est pas
administrer, la formule « juger l’administration c'est encore administrer » c'est une formule
excessive et une conception éloigner de la conception de la séparation des pouvoirs de
Montesquieu qui serait que dans tout etat il devrait y avoir 3 fonctions séparées exercer par 3
organes différents. Ce que l’on oubli dans cette séparation de Montesquieu c'est que
Montesquieu ne propose pas de spécialisation fonctionnelle CAD que le pouvoir exécutif soit
exercer par l’organe exécutif seul. Montesquieu disait que « par la disposition des choses le
pouvoir arrête le pouvoir » et donc que chaque pouvoir est le minime de s’attifer dans le
pouvoir de l'autre pour arrêter son pouvoir comme le pouvoir du juge de juger la
constitutionnalité des lois et pourquoi pas le pouvoir du juge de juger l’administration. Cet
adage est excessif car juger ce n'est pas administrer et c'est une conception éloigné et séparé
de la théorie de Montesquieu.

- C'est ainsi que le texte a été interpréter on a fait dire à ce texte quelque chose qui ne disait pas
c'est à dire que le juge est interdit de juger le contentieux administratif.

- Et alors ? En quoi le fait que ce texte soit interprété ainsi explique la naissance du droit
administratif ?
Si cette interprétation est à l'origine du droit administratif c'est simplement parce que
l’incompétence du juge judiciaire pour connaître le contentieux administratif à entrainer
la naissance du juge administratif et parce que le juge administratif est née il a ensuite
donner naissance au droit administratif. L’incompétence de juge judiciaire pour connaître
le contentieux administratif à engendrer la naissance de la juridiction administrative qui elle a
créé le droit administratif.

- Dans un premier temps l’incompétence du juge judiciaire de connaître le contentieux


administratif, le fait d'avoir interpréter la loi en tant quelle interdit cela a entrainer la
soustraction de l'administration a tout contrôle juridictionnel, on interdit au juge judicaire de
connaître le contentieux administratif mais a l’époque ces juridictions été unique donc aucun
juge ne pouvait connaître le contentieux administratif cete le temps ou on appeler
l’administrateur juge dans la mesure ou l’administrateur est devenu son propre juge.
Mais, nul ne peut être juge et parti dans sa propre cause mais au fur et a mesure de
l’évolution des mœurs ce système est devenu de plus en plus inacceptable par les
administrés.
Au fur et a mesure il y a eu au sein de l'administration une séparation entre ce qu’on peut
appeler l’administration active et les organes administratifs charger du contentieux
administratif a un point ou ces organes ce sont tellement séparer qu’ils sont devenu des
véritables juges, de véritable juridiction avec un pouvoir de juridiction et une indépendance.

- La deuxième étape, l'interprétation de cette loi est a l'origine de la naissance du droit


administratif on arrive au dualisme juridictionnel d'un cote les juridictions judiciaires et de
l'autre cote les juridictions administratives. Reste la deuxième étape comment on est passer
du dualisme juridictionnel au dualisme juridique ? dans la mesure ou on est passer a deux
droits autonomes suffisants, d’un cote le droit prive ou civil et d’un autre cote le droit
public.
- C'était concevable que ce nouvel ordre de juridiction applique le droit prive et ne crée pas un
droit a part entière. C'est envisageable et c’est d’ailleurs ce que le conseil d’etat en France a
fait c’est appliquer le droit civil il n’a pas créé un droit administratif mais à appliquer des
regles dérogatoires fondés sur des textes particuliers.
- L'idée des révolutionnaires ce n’été pas de mettre l'administration a l’abri du droit prive.
L'idée de départ c'est de mettre l'administration a l’abri des ingérences des juridictions
judiciaires, laisser quelqu’un d'autre que le juge judicaire appliquer le droit prive sur
l’administratif n’aurait pas été choquant.

- Pourquoi notamment a partir de l’arrêt Blanco le conseil d’Etat s'est engager dans une autre
voie pourquoi a t il considérer que le privilège juridictionnel devait se doubler d'un privilège
juridique c'est a dire ne pas être juger du même droit ?

- Il y a des raisons pratiques et des raisons stratégiques :

 Le droit administratif est un accident de l’histoire historiquement ce qui a donner


naissance a tout ca, la raison pratique c'est que les textes a l’époque qui permettaient au juge
administratif de déroger au droit commun, il faut un minimum de regle dérogatoire dans
l'administration mais en France ces regles manquaient et il a fallut que le conseil d'Etat créé
du droit applicable a l’administration. On manquer en France de regle dérogatoire et il a bien
fallu de ce droit. Si le conseil d'Etat a crée ce droit administratif c'est pour survivre et ne pas
disparaître c'est la science de l’administration.

 Pourquoi en 1790 a t-on interdit au tribunaux judiciaires de connaître le contentieux de


l’administration ? car on avait peur que les excès des parlements de l'ancien régime ne se
reproduise c'est pour cela et le temps passant on s'est vite rendu compte que les révolutions
judiciaire n'avait rien avoir avec les parlement des ancien régime autrement di la naissance
s'explique par la crainte des excès du parlement de l'ancien régime mais cette crainte avait
disparu donc pourquoi donner a l'administration un privilège juridictionnel ? Si ce n’est plus
le souvenir du passé qui justifie l'existence du conseil d’etat il fallait trouver une autre
justification et c'est en créant le droit administratif que le conseil d'Etat a trouver sa
justification pour son existence dans l’avenir.

 Ce qui justifie encore aujourd’hui l'existence du conseil d'Etat c'est parce que ce juge a
créé un droit qu'on s’accorde à considérer un droit comme bon qu'il maitrise mieux que tout
autre et qu'il est au sein de laisser le juge qui a créé ce droit de continuer de l’appliquer. C'est
dans la création de ce droit adapter au besoin administratif, dans la maitrise de ce droit que le
jeu administratif a trouver les conditions de son application. Il fallait que le juge administratif
sache faire ce que le juge judiciaire ne savait pas faire.

C'est un double accident de l’histoire :


- Dire à un texte ce qu'il ne disait pas
- Des raisons stratégiques a la place de disparaître il a fallu créé un droit.

Il y a quelque part une belle ironie de l’histoire au final l’histoire de la loi des 16 et 24 aout
1790 est paradoxale, dans la mesure ou les auteurs veulent éviter l’ingérence des juges dans
l'action administrative et éviter que les juges ne fassent plus que juger et fassent œuvre
d’administrateur dans la fonction administrative. Cete loi a produit un juge créant un droit de
toute pièce.

b) Fondement historique du droit administratif libanais

- C’est en raison de l’influence française pendant la période du mandat (mandat de type A).
Avec la chute de l’empire ottoman, mandat de la France obtenu par la SDN sur la Syrie et Liban.
C’était un mandat de classe A « certaines communautés qui appartenaient à l’empire ottoman…
provisoirement...guident leur administration jusqu’au moment où elles seront capables de se
conduire seules ».

- Le Liban a été reconnu comme nation indépendante mais manquante de structure.


Pour doter le Liban de structure, la France a importé au Liban ses propres structures
administratives : un conseil d’état né au Liban le 6 sept 1924. C’est ce jour-là que le
gouvernement du grand Liban à édicter la décision n’2668 portant création du conseil d’état
libanais. Le conseil d’etat a une histoire mouvementée mais enfin réapparu en 1953. Ce
Conseil d’État libanais va disparaître sous l’effet d’une loi votée le 24 mars 1928 et puis va
renaitre sous l’effet d’une décision le 23 avril 1941, et disparaître à nouveau en 1950 pour
réapparaitre définitivement sur la base d’un décret-loi du 9 janvier 1953.

- Ces soubresauts montrent que l’existence d’une juridiction administrative à part


entière au Liban ne s’est pas imposée immédiatement comme une évidence. Le dualisme
juridique n’est pas une évidence, on pouvait s’en passer. Avoir deux ordres de juridiction
distincts chacun avec deux cours suprêmes n’est pas une évidence, ça peut marcher
autrement et ça a marché autrement.

- Il y a toujours eu du droit administratif au Liban mais ce qu’il n’y avait plus c’était une
juridiction administrative autonome : il y a eu une chambre administrative an sein de la Cour
de Cassation. Il y a un Conseil d’État libanais parce qu’il y a un Conseil d’État français.

- Le conseil d’état libanais supprime et réinstauré est dans la filiation du conseil d’état
français. Les juges libanais de ce conseil d’état ont eu naturellement tendance à copier la
jurisprudence du conseil d’Etat français. Ce Conseil d’État libanais s’est trop largement
inspirer de la jurisprudence du Conseil d’État français. Les juges libanais ont eu tendance
naturellement a copier la jurisprudence du conseil d’Etat français dans la mesure ou il s’est
nécessairement inspirer de ce dernier. si il y a du droit administratif au Liban c'est car il y a
eu l’influence française.

- C'est le mandat français qui est a l’origine de ce droit au Liban.

L’histoire est importante pour le présent mais ce n'est pas tout mais ce n'est pas parce que a un
moment on a fait cela qu’on est obligé de faire cela toute notre vie. On ne veut que rien ne
change : poids du traditionalisme.

Il y a d'autre raison qui ont pris le relais de la justification historique et peuvent justifier
l’existence du dualisme juridictionnel et juridique en France et au Liban.

2) Les raisons idéologiques

- A la base du droit administratif il y a une conception idéologique de l’administration : un


rapport au pouvoir : Dans les pays anglo-saxons l’admin est perçue comme une nécessite
dangereuse. C’est dangereux car l’administration a tendance à aller trop loin dans la vie de
l’individu. Par conséquent, ce qu’il faut faire c’est limiter au maximum les pouvoirs de
l’administration afin de protéger les libertés (individuelles) : elle a tendance à s’immiscer
dans la vie des individus : il y a une méfiance vis-à-vis des pouvoirs publics. On la retrouve
chez les républicains et américains.

- Il faut limiter les pouvoirs de l’administration au maximum et dans ce cas assez logique de
soumettre l’admin au droit commun, droit prive dans la mesure ou ce droit est
fondamentalement égalitaire sous réserve de certaines dérogations nécessaires, quelques
aménagements indispensables pour permettre à l’administration de mener à bien ses
missions. Mais le principe c’est que l’administration n’a pas plus de pouvoir qu’un particulier
(ceci vient du sceptisme vis-à-vis de l’admin)
- En France et au Liban, l’administration est perçue comme le moyen de la réalisation de
l’intérêt général, ce n’est pas un mal nécessaire mais une chance pour faire prévaloir un
intérêt général transcendantal qui devrait permettre la vie ensemble et qui prévale sur les
égoïsmes et l’intérêt privé. Cette conception est différente de celle de la conception libérale
des EU, pour nous cette procédure est un moyen pouvant permettre de vivre ensemble. Il y a
des intérêts individuels des uns et des autres et une autorité publique chargée de faire
prévaloir l’intérêt général. En France l’intérêt général c'est autre chose que la somme des
intérêts individuels. Ça transcende les intérêts individuels.

- Si on considère que l’administration c’est d’abord ça, dans ce cas on aura tendance a la
soumettre à un autre droit que le droit prive, le droit prive qui est fait pour l’égalité des
pouvoirs, il n’est pas fait pour les rapports verticaux (particulier / état), de pouvoir, mais
horizontaux, entre égaux, entre des personnes qui poursuivent chacun des intérêts. Ce droit
est adapté pour limiter le pouvoir mais pas pour faire prévaloir le pouvoir. Raison pour
laquelle on considère en France que si l’administration protège l’intérêt général, elle doit être
soumise à un droit transcendantal. Donc on considère en France qu’il faut soumettre
l’administration à un autre droit pour qu’elle atteint son objectif de faire primer l’intérêt
général. Il faut soumettre l’administration à un droit respectueux de sa finalité ; qui vise à
donner les moyens à l’administration de faire prévaloir l’intérêt général sur les intérêts des
particuliers, droit inégalitaire, qui lui confère à elle seule des privilèges dont ne bénéficieront
pas les administrés. Prévaloir l’intérêt général sur les intérêts privés. C’est un droit qui
repose sur l’idée d’inégalité.

- La difficulté a été en partant de cette conception de bâtir un droit applicable à l’admin qui lui
donne les moyens de son action sans trop être attentatoire au droit des administres : c’est
toute l’histoire du droit administratif : un droit qui donne à l’administration le moyen d’agir
mais ne lui permet pas d’aller très loin dans l’atteinte des droits des administres. Le défi a été
de bâtir un droit à la fois inégalitaire et équilibré.

- Ex : au début avant à l’arrêt Blanco le droit administratif était très déséquilibre, Jusqu’à
Blanco, si l’Etat commet un préjudice, il n’est jamais responsable de le réparer. Au début
c’était un droit excessif de l’administration. Blanco met fin au principe d’irresponsabilité de
l’état. Les critiques des auteurs reposaient sur le fait qu'il estimait qu’il ne fallait pas qu’il y
ait un droit administratif en Angleterre : car caractère antilibéral, il ne protégeait pas aussi les
libertés, des administrés et donnait trop de privilèges à l’administration. Critique basée sur le
libéralisme politique.

- L’idée du droit administratif en France, à la base était noble mais le contenu était très
insatisfaisant. Cette critique n’a plus tellement lieu d’être aujourd’hui le droit
administratif est devenu plus équilibré. Droit administratif : Droit inégalitaire (c’est sa
raison d’être) mais pas déséquilibré entre les privilèges qu’on reconnait à l’administration et
les droits qu’on reconnait aux administrés, aux sujétions qui pèsent à l’administration.
Mais au fil des ans le droit administratif s’est équilibré par petites touches successives de
juges, comment ?
- On a réduit les privilèges de l’administration
 Le juge administratif en faisant évoluer le droit administratif a imposer de plus en plus de
sujétion exorbitante à l’administration comme la passation des marchés publics : Exemple :
Je veux acheter une imprimante, j’achète celle que je veux au prix que je veux.
L’administration elle lorsqu’elle doit acheter des fournitures, elle doit passer un marché
public qui est un contrat soumis à certaines règles. L’administration doit lancer un appel
d’offre et pratiquer une mise en concurrence à l’achat et aura l’obligation de choisir la
meilleure offre. Ce n’est pas son argent à elle, c’est l’argent public et on n’en fait pas ce
qu’on veut.

 Des droits de plus en plus nombreux ont été reconnus aux administres (mais il restera
toujours inégalitaire, mais est de moins en moins déséquilibre). Ex : droit à la participation
aux décisions environnementales.

Bilan :
Ce droit qui était excessif et est devenu un droit équilibré. Il reste inégalitaire, c’est sa raison
d’être fondamentale, et il le restera, c’est dans la conception de l’administration même. Mais il
est de moins en moins déséquilibre. Il est même bien équilibre. Il a atteint un degré de
maturation qui justifie son maintien, équilibre entre protection administrés et moyens donnes à
l’admin : c’est un droit beau et bon pour les administrés, un juste milieu.

Le droit administratif continue de faire objet de critiques virulentes (doctrinale, politique,


scientifique). Mais ces critiques ont changé de nature : En 1885, la critique se faisait au nom du
libéralisme politique, au nom de la protection des libertés. Aujourd’hui plus personne ne
reproche au droit administratif d’être liberticide, la critique qui a prit la relève est technique
(droit difficilement accessible) mais aussi sous l’angle du libéralisme économique : c’est une
critique néo-libérale : l’admin dans un soucis d’efficacité, de rentabilité doit être gérée comme
une entreprise (donc la soumettre au droit prive) Il devient plus adapté de soumettre
l’administration aux droits de l’entreprise qui est le droit privé. Cette logique va dans le sens du
droit privé.
Truchet « Avons nous encore besoin du droit administratif ? ».
Le droit administratif c’est « le seul corps de règles qui puisse faire prévaloir démocratiquement
l’intérêt général en mettant la puissance publique au service de la sécurité et de la solidarité ».