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Algèbre linéaire

Correction du contrôle continu 3

Ceci est une correction possible, mais il n'y a pas unicité dans la façon de rédiger.
Exercice 1. [Diagonalisation, 12 pts] Dans chacun des trois cas suivants, dire si la matrice
est diagonalisable. Si oui, expliciter une matrice diagonale D et une matrice inversible P telles
que qu'elle soit égale à P DP −1 (on pourra calculer leur polynôme caractéristique, en déduire
les valeurs propres et chercher des bases des sous-espaces propres ; pour B on doit trouver 1
et −2 comme valeurs propres.).
   
  2 −8 6 1 0 0
0 1
A= , B =  2 −6 3  , C =  0 2 0 .
2 1
3 −6 1 0 0 3
Réponse :
En notant χM le polynôme caractéristique d'une matrice M on a χA (λ) = λ2 − λ − 2 =
(λ + 1)(λ − 2) qu'on a factorisé grâce à la racine évidente −1. Ainsi A est diagonalisable car les
racines de χA sont toutes distinctes et pour trouver des vecteurs propres associés, il  sut de
−1
résoudre les deux systèmes (A + I2 )X = 0 et (A − 2I2 )X = 0. On trouve par exemple
1
 
1
et . Par suite A = P DP −1 avec
2
   
−1 0 −1 1
D= et P = .
0 2 1 2
De manière similaire,
χB = (2 − λ)[(−6 − λ)(1 − λ) + 18] − 2[−8(1 − λ) + 36] + 3[−24 − 6(−6 − λ)]
= (2 − λ)(λ2 + 5λ + 12) − 2(8λ + 28) + 3(6λ + 12)
= −λ3 − 3λ2 + 4
= (λ − 1)(−λ2 − 4λ − 4)
= −(λ − 1)(λ + 2)2

Et pour le moment on ne peut rien conclure sur la  diagonalisabilité  de B à cause de


l'exposant 2 sur la valeur propre −2. On commence donc par résoudre (B+2I3 )X = 0 et comme
on trouve un espace de dimension uniquement 1, on conclut que B n'est pas diagonalisable.
Pour C il sut de constater que D = C et P = I3 conviennent pour la diagonaliser.
Exercice 2. [une variante de la suite de Fibonacci, 4 pts] Soit (un )n la suite réelle dénie
par la relation de récurrence suivante : un+2 = 2un + un+1 et les termes initiaux u0 = u1 = 1.
Le but de l'exercice est de trouver une formule  fermée  pour un .
1. Donner les valeurs de u2 , u3 , u4 , u5 .

un+1 = un+1
2. A l'aide du système , trouver une matrice carrée A telle que pour
un+2 = 2un + un+1
   
un+1 un
tout n ∈ N on ait =A .
un+2 un+1
   
un u0
3. Etablir la relation =A n pour tout n ≥ 1 (on pourra commencer par
un+1 u1
des petites valeurs de n).
4. En diagonalisant A (on pourra penser à l'exercice 1) calculer An . En déduire un =
(−1)n + 2n+1
pour tout n ≥ 0. Retrouver la valeur de u5 par cette formule.
3
Réponse :

1. On calcule successivement u2 = 2 + 1 = 3u3 = 2 + 3 = 5, u4 = 2 × 3 + 5 = 11 et


u5 = 2 × 5 + 11 = 21.
      
0 1 un un+1 un+1
2. Remarquons que pour tout n ∈ N, = = .
2 1 un+1 un+2 2un + un+1
 
u0
3. Ainsi une récurrence évidente permet de montrer que pour tout n ∈ N, An =
u1
 
un
car en eet c'est évident pour n = 0 et si l'on suppose le résultat vrai pour
un+1
n ∈ N alors il vient d'après la question précédente et l'hypothèse de récurrence
       
un+1 un n u0 n+1 u0
=A = AA =A .
un+2 un+1 u1 u1
 
u0
4. Ainsi pour connaitre un il sut de calculer le premier coecient de qu'on An
u1
   
−1 0 −1 1
obtient en utilisant A = P DP −1 avec D = et P = et donc
0 2 1 2
 
2 −1
P −1 = −1
3 en utilisant la comatrice : on trouve alors
−1 −1

(−1)n 0
    
n n −1 1 −1 1 −2 1
A = PD P =
1 2 0 2n 3 1 1
n n
  
1 −1 1 −2(−1) (−1)
=
3 1 2 2n 2n
2(−1)n + 2n (−1)n+1 + 2n
 
1
=
3 −2(−1)n + 2n+1 (−1)n + 2n+1
 
1 (−1)n +2n+1
et nalement un = An = 13 (2(−1)n + 2n + (−1)n+1 + 2n ) = 3 comme
1
(−1)5 +25+1
voulu. On peut retrouver u5 = 3= 21. = 63
3

−X 1
[Un determinant classique, 4 pts] Etablir = X2 − aX − b. Calculer

Exercice 3.
b a−X
les déterminants suivants en développant suivant la première colonne :


−X 1 0



−X 1 0 0


0 −X 1

,

0 −X 1 0
.
0 0 −X 1
c b a−X
d c b a−X

Conjecturer (et prouver cette conjecture) à propos du déterminant p × p suivant :



−X 1 0 ... 0
... ..

.

0 −X 1
.. ... ... ...

.
.


0


0 ... 0 −X 1

a0 a1 ... ap−2 ap−1 − X

(question bonus) En déduire (en s'inspirant de l'exercice 2) que si une suite (un )n vérie la
relation de récurrence

un+p = a0 un + a1 un+1 + · · · + ap−1 un+p−1


et que le polynôme Xp − ap−1 Xp−1 − ap−2 Xp−2 − · · · − a0 est à racines simples λ1 , . . . , λp alors
p
il existe des coecients c1 , . . . , cp tels que un = ci λni pour tout n ∈ N.
X

i=1

Réponse :
−X 1
Clairement = −X(a − X) − b = X2 − aX − b. On développe alors suivant la

b a−X
première colonne les deux déterminants suivants (en remarquant qu'on retrouve les précédents)

−X 1 0
= −X −X 1 − c 1 0

0 −X 1
b a−X −X 1
c b a−X
= −X(X2 − aX − b) − c
= (−1)3 (X3 − aX2 − bX − c)

et

−X 1 0 0
−X 1 0

1

0 0

0 −X 1 0
= −X 0 −X 1

+ d −X 1 0
0 0 −X 1
c b a−X 0 −X 1
d c b a−X
= −X((−1)3 (X3 − aX2 − bX − c)) + d
= X4 − aX3 − bX2 − cX − d

Ceci amène à conjecturer que



−X 1 0 ... 0
... ..

.

0 −X 1
.. ... ... ... = (−1)p (Xp − ap−1 Xp−1 − ap−2 Xp−2 − · · · − a0 )

.


0


0 ... 0 −X 1

a0 a1 ... ap−2 ap−1 − X

ce qu'on prouve par récurrence sur p > 1. On vient de traiter les cas de p = 3, 4 et 5  les cas
p = 1 et 2 sont triviaux  et supposant le résultat vrai pour p ∈ N, un développement sur la
première colonne permet d'utiliser l'hypothèse de récurrence :

−X 1 0 ... 0
... ..

.

0 −X 1
.. ... ... ...

.


0


0 ... 0 −X 1

a0 a1 ... ap−1 ap − X

−X 1 0 ... 1
0 0 0 ... 0
. . . .. . . . ..

. .

0 −X 1 −X 1 0
.. ... ... ... p+1+1
a0 .. ... ... ...

= − X + (−1)
. .

0




0 ... 0 −X 1


0
a1
a2 . . . ap−1 ap − X 0 ... 0 −X 1
= − X (−1)p (Xp − ap Xp−1 − ap−1 Xp−2 − · · · − a1 ) − (−1)p+1 a0


=(−1)p+1 Xp+1 − ap Xp − ap−1 Xp−1 − · · · − a0




On en vient maintenant à l'étude d'une suite vériant

un+p = a0 un + a1 un+1 + · · · + ap−1 un+p−1


ce qu'on réécrit matriciellement
      
un+1 0 1 0 ... 0 un u0
 un+2   ... ..   un+1   u1
.

 ..   0 0 1
..  ..
      
 . = .. ... ... ... .  .
n+1 
  
.  = ··· = A
  
 ..   0
..  ..
    
 .   .  .
  
0 ... 0 0 1   
un+p a0 a1 . . . ap−2 ap−1 un+p−1 up−1
| {z }
=:A

par une récurrence évidente. Or le polynôme supposé à racines simples n'est autre que le
polynôme caractéristique de cette matrice A qui est donc diagonalisable
  : A = P DP . On
−1

u0
peut alors calculer un comme premier coecient de ..
P Dn P −1 .  qu'on voit clairement
 

up−1
être une combinaison linéaire des λni , combinaison indépendante de n ∈ N: les coecients
 sont

b1 u0
.   . 
 ..  = P −1  .. .
précisément les ai bi où (a1 , a2 , . . . , an ) est la première ligne de P et 
bp up−1