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Base raisonnée d’exercices de mathématiques (Braise) Algèbre linéaire

Méthodes et techniques des exercices

Déterminer l’image d’une application linéaire


Soit f une application linéaire d’un espace vectoriel E dans un espace vectoriel F .
Déterminer l’image de f consiste à déterminer le sous-espace vectoriel de F décrit par
les f (x) quand x décrit E. On note Im(f ) l’image de f . Rappellons qu’il y a plusieurs
manières de caractériser un sous-espace vectoriel.
1. En utilisant une base
Si E est de dimension finie et si une base de E est connue, on utilise le fait que
la famille des images des vecteurs de cette base forme un système générateur de
l’image de f. En particulier, si f est donnée sous forme matricielle, le système
des vecteurs-colonnes de la matrice forme un système générateur de Im(f ).
La technique d’extraction d’une base lorsque l’on connaı̂t un système générateur
d’un espace vectoriel permet alors de déterminer une base de l’image de f.
Exemple 1 : soit f : R3 → R3 définie par f (x, y, z) = (x + y, x − z, y + z). On
note (−
→e 1, →
−e 2, −→e 3 ) la base canonique de R3 . D’après ce qui précéde, Im(f ) =
Vect(f (−→e 1 ), f (−
→e 2 ), f (−

e 3 )). Or

f (−

e 1 ) = (1, 1, 0) = −

e1+−

e 2,

f (−

e 2 ) = (1, 0, 1) = − →e1+− →
e3
et f (−→e 3 ) = (0, −1, 1) = − →e3−− →e 2.
On remarque que f (−

e 2 ) = f (−→e 1 )+f (−

e 3 ) ; donc Im(f ) = Vect(f (−

e 1 ), f (−

e 3 )) =
Vect(−

e +−1
→e ,−
→e −−
2 3
→e ). Or le système générateur trouvé est libre ; on a alors
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trouvé une base de Im(f ).
2. Autres cas
Si on n’a pas déterminé de base de E (ce qui est souvent le cas en dimension
infinie), on revient à la définition d’une image.
Exemple 2 : pour f définie dans l’exemple 1, on résout le système

 x+y = X
x−z = Y
y+z = Z

En retranchant la deuxième équation à la première et en comparant à la troisième,


on obtient que, si (X, Y, Z) est dans Im(f ), alors X − Y = Z. Réciproquement,
si (X, Y, Z) vérifie X − Y = Z, alors f (0, X, −Y ) = (X, Y, Z). On en déduit
que Im(f ) est le plan d’équation cartésienne X − Y = Z.
Exemple 3 : soit E l’espace vectoriel des fonctions de classe C ∞ sur R à valeurs
dans R. Soit L : E → E l’application linéaire qui, à f ∈ E associe la fonction g

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Rx
définie sur R par g(x) = 0 f (t) dt. Si g est dans l’image de L, alors g(0) = 0,
d’où Im(L) ⊂ {g ∈ E ; g(0) = 0}. Réciproquement, soit g une fonction de E
telle que g(0) = 0. CommeR x g′ est C , sa fonction ′dérivée g l’est aussi. On écrit
∞ ′

alors que g(x) − g(0) = 0 g (t) dt ; d’où g = L(g ). Donc g est dans l’image de
f. On a montré que Im(L) = {g ∈ E ; g(0) = 0}

Remarque :
Si l’espace de départ est de dimension finie, le théorème du rang permet de déterminer la
dimension de l’image de f si celle du noyau est connue. Ne pas oublier que la dimension
de l’image d’une application linéaire est inférieure ou égale à celle de l’ensemble de
départ.

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