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LES NORMES COMPTABLES INTERNATIONALES IFRS

Master spécialisé : Monnaie Finance Banque


Module : Droit – Gestion I
Matière : Analyse Financière

THEME :

Encadré par : Mr BALAFREJ Préparé par : IMANE OURAHOU


MERYEM SEGHIOUAR
HASNAA BENANI

Année universitaire 2009 / 2010

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LES NORMES COMPTABLES INTERNATIONALES IFRS

INTRODUCTION........................................................- 4 -
CHAPITRE 1: Passage aux normes IFRS....................................................- 5 -
Section 1 : Enjeux de l’harmonisation comptable internationale................................- 6 -
A. le référentiel comptable européen :................................................................- 6 -
B. le référentiel comptable Américain :................................................................- 6 -
C. le référentiel international : les IFRS................................................................- 7 -
Section 2 : la mise en place des IFRS..........................................................................- 8 -
A. le fonctionnement de l’IASB............................................................................- 8 -
B. l’élaboration des normes.................................................................................- 9 -
C. le cadre conceptuel de l’IASB........................................................................- 10 -
a. Hypothèses de base :................................................................................- 10 -
b. Caractéristiques qualitatives des états financiers :....................................- 10 -
c. Contraintes à respecter pour que l’information soit pertinente et fiable :..- 11 -

CHAPITRE 2 : Les instruments financiers selon les normes internationales..- 12 -


Section 1 : Les textes de référence...........................................................................- 13 -
A. Présentation des normes :.............................................................................- 13 -
a. La norme IAS 32 :......................................................................................- 13 -
b. La norme IAS 39 :......................................................................................- 13 -
c. La norme IFRS 7 :.......................................................................................- 13 -
B. Champ d’application des normes :................................................................- 14 -
Section 2 : Classification et évaluation des instruments financiers..........................- 15 -
A. Classification des instruments financiers :.....................................................- 15 -
a. Selon la norme IAS 39 :..............................................................................- 15 -
b. Classification selon la comptabilité de couverture :...................................- 17 -
B. Evaluation des instruments financiers :.........................................................- 17 -
a. Par la méthode de la juste valeur :............................................................- 17 -
b. Par la méthode du coût amortis :...............................................................- 18 -

CHAPITRE 3 : Le passage aux normes IFRS Avantages et limites.............- 19 -


Section 1 : L’impact sur l’activité financière au sein d’une économie.......................- 19 -
Section 1 : L’impact sur l’activité financière au sein d’une économie.......................- 20 -
A. La comparabilité des comptes :.....................................................................- 20 -
B. L’amélioration de la valorisation des actifs et de la transparence :...............- 20 -
C. Les coûts de la conversion............................................................................- 20 -
Section 2: l’impact sur le secteur bancaire et la stabilité financière.........................- 21 -
A. L’impact sur le secteur bancaire....................................................................- 21 -
a. Les conditions d’exercices de l’activité bancaire.......................................- 21 -
b. Le regard de la supervision prudentielle....................................................- 21 -
B. L’impact sur la stabilité financière :...............................................................- 22 -
a. Comptabilisation en juste valeur:..............................................................- 22 -
b. La volatilité sur les marchés :....................................................................- 22 -

CONCLUSION..........................................................- 23 -

ANNEXE N°1...........................................................- 24 -

ANNEXE N°2...........................................................- 26 -

2
LES NORMES COMPTABLES INTERNATIONALES IFRS

BIBLIOGRAPHIE......................................................- 28 -

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LES NORMES COMPTABLES INTERNATIONALES IFRS

INTRODUCTION

L’introduction des normes IAS/IFRS a souvent été décrite comme


entraînant une révolution de l’information financière.

Les marchés financiers internationaux revêtent de plus en plus


d’importance pour les entreprises cherchant à accéder à des sources de
financement à l’échelle international.
Le nombre des transactions menées sur les marchés monétaires et
financiers internationaux enregistrent une croissance sans précédent. La
transparence devient alors un facteur-clé de l’efficacité des marchés de
capitaux. C’est précisément pour cette raison qu’il est indispensable de
pouvoir comparer les états et les résultats financiers des différentes
entreprises du monde entier d’où l’idée de l’uniformisation des normes
IAS/IFRS.

Dans le contexte actuel de mondialisation, l'harmonisation


internationale ; ou encore la réduction des différences entre les
réglementations comptables nationales, est devenue un enjeu pour les
entreprises. Cette harmonisation leur permettra notamment d'accéder à
tous les marchés financiers sans avoir à établir un jeu de comptes
particuliers pour chaque place financière.
Parallèlement, les investisseurs pourront plus facilement évaluer la
performance de toute entreprise sans avoir à connaître les spécificités de
chaque comptabilité locale.

Ce travail s’articule autour du processus du passage aux normes IFRS


et son impact sur l’analyse financière des entreprises et la stabilité des
systèmes financiers.

4
LES NORMES COMPTABLES INTERNATIONALES IFRS

Dans un premier lieu, nous allons traiter le processus du passage aux


normes IFRS. Puis, nous allons analyser les apports des normes IAS 32,
IAS 39 et IFRS 7 concernant les instruments financiers. Et en dernier
lieu, nous examinerons l’impact de ce passage d’une part sur l’activité
financière en son ensemble, et d’autre part sur les établissements de
crédits et la stabilité financière.

5
LES NORMES COMPTABLES INTERNATIONALES IFRS

CHAPITRE 1: PASSAGE AUX NORMES


IFRS

D’une harmonisation vers une normalisation comptable

1
Selon Colasse « On entend par harmonisation comptable, un
processus institutionnel, ayant pour objectif de mettre en
convergence les normes et les pratiques comptables nationales
et, par conséquent, de faciliter la comparaison des états
comptables produits par les entreprises de pays différents. On
peut distinguer l'harmonisation de la normalisation en
considérant que cette dernière a pour objet d'application des
normes identiques dans le même espace géographique et vise à
l'uniformité des pratiques comptables au sein de cet espace.
L'harmonisation, au contraire, est censée autoriser une certaine
diversité des pratiques comptables et vise seulement à établir
des équivalences entre elles; elle est en principe moins
contraignante que la normalisation, cela dit, on peut aussi
considérer que l'harmonisation est une forme atténuée de la
normalisation et une première étape vers celle-ci ».

Même si les normes IFRS ne constituent pas la panacée 2, elles


ont l’avantage de se placer au niveau international, voire
supranational.

Ce chapitre aborde dans une première section l’environnement


comptable international dans lequel opère la comptabilité, puis
dans une deuxième section le processus de la mise en place des
normes IFRS.
6
LES NORMES COMPTABLES INTERNATIONALES IFRS

Nb : voir1 et 2

Section 1 : Enjeux de l’harmonisation comptable


internationale

Les trois référentiels les plus connus et utilisés sont, depuis le début
des années 1990, le référentiel européen, le référentiel américain et le
référentiel international (IAS / IFRS).

A. le référentiel comptable européen :

La 4ème directive européenne relative aux comptes individuels (1978) et


la 7ème directive européenne relative aux comptes consolidés (1983) ont
pour objet d’harmoniser les comptabilités financières des entreprises des
Etats de l’Union Européenne. Elles ont entraîné une nette amélioration de
la qualité des états financiers individuels et consolidés mais elles n’ont
pas permis la comparaison des performances des entreprises. La raison
en est connue : ces deux directives comportaient (et comportent encore)
de nombreuses options, c'est-à-dire la possibilité de comptabiliser ou
d’évaluer une même opération de manières différentes.

B.le référentiel comptable Américain :

C’est d’abord aux Etats-Unis qu’une harmonisation comptable a été


mise en place par la profession comptable en 1939 sous l’égide du
Commitee on Accounting procedures (CAP) de l’AICPA (American Institut
of Certified Public Accountants). Cette organisation a pris ensuite vis à
vis de la profession comptable son indépendance en devenant le Financial
Accounting Standards Board (FASB).

Aux Etats-Unis les règles comptables ne sont pas définies dans des
textes législatifs ou réglementaires. La SEC (Security and Exchange
Commission) a délégué la responsabilité de la définition des règles
comptables à l’AICPA qui a ensuite elle-même désigné en 1973 le FASB
(Financial Accounting Standards Board) pour accomplir cette tâche.

1
B. Colasse, contrôle de gestion et audit, Encyclopédie, 2000, partie «Harmonisation comptable
internationale ».
2
M. Nahmias, L’essentiel des normes IAS/IFRS, éditions d’organisation, 2004, p 26

7
LES NORMES COMPTABLES INTERNATIONALES IFRS

Le FASB est généralement considéré comme l’organisme le plus


important du monde anglo-saxon en matière de recommandations
concernant la publication des états financiers. Les deux premiers mots de
FASB (financial accounting) font référence à l’information financière
publiée par une organisation et destinée à un public qui ne participe pas
à sa gestion.

Le FASB publie un ensemble de textes qui constituent les US-GAAP


(generally accepted accounting principles), parmi lesquels :
- SFAS (statements of financial accounting standards);
- SFAC (statements of financial accounting concepts) ;
- Les interprétations (commentaries ou extensions des SFAS).

C. le référentiel international : les IFRS3

C’est sur le modèle de l’organisme américain ( le FASB) , et aussi de


l’organisme britannique ( l’ASC : Accounting Standard Commitee) que
s’est bâti depuis 1973 ; l’International Accounting Standard Commitee
(IASC) autant qu’organisme non gouvernemental à la suite d’un accord
entre les organisations comptables d’Australie, du Canada, de France,
d’Allemagne, du Japon, du Mexique, des Pays-Bas, du Royaume-Uni,
d’Irlande et des Etats-Unis.
L’IASC a modifié son nom en IASB (B pour Board) en 2001, à la suite
de la modification de ses structures qui donne une importance nettement
plus importante au Board 4.
Le rôle de l’IASB est de contribuer au développement et à l’adoption
des principes comptables pertinents, équilibrés et comparables
internationalement, et d’encourager leur observance dans la présentation
des états financiers.
Les IFRS n’empiètent pas sur le droit souverain des Etats à percevoir
des impôts : L’IASB étant un organisme privé à but non lucratif,
indépendant et d’intérêt international.

3
La comparaison des normes ifrs et normes marocaines figure sur annexe n°1
4
Dans la traduction française, devient « conseil »

8
LES NORMES COMPTABLES INTERNATIONALES IFRS

Section 2 : la mise en place des IFRS

L’objectif de l’IASB (IASC avant 2001) est d’élaborer, dans l’intérêt


général, un jeu unique de normes comptables 5 de haute qualité,
compréhensibles et applicables dans le monde entier.

A. le fonctionnement de l’IASB

L’IASB est structuré de façon à respecter un équilibre entre, d’une part


la légitimité des différentes instances et comités, basée sur la
représentativité en termes de nationalité et professionnel de leurs
membres et, d’autre part, la compétence technique et l’indépendance de
ces derniers. L’IASB est ainsi composé :

- d’un conseil da surveillance IASCF ;


- comité exécutif BOARD ;
- comité permanent d’interprétation des normes IFRIC ;
- comité consultatif de normalisation SAC.

Source : Guide de référence sur les IFRS, publié par Deloitte, 2008
5
Une liste des normes comptables internationales figure dans l’annexe N°2

9
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B. l’élaboration des normes6

Groupe de travail Comité consultatif et Public


Conseil autre organisation
.

Constitution Etude des


d’un groupe problèmes
de travail

Approbation
Projet de déclaration de
principes

Approbatio
n
Commentaires

Déclaration de
Principes

Approbation

Exposé - sondage

Approbation
(majorité 2/3)
Commentaires

Projet de norme

Approbation
(majorité 3/4)

6
NORME
Pour plus de détail: S.Brun, les normes comptables internationales IAS/IFRS, édition Broché, 2006, p28

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LES NORMES COMPTABLES INTERNATIONALES IFRS

D. le cadre conceptuel de l’IASB

Le Cadre de Préparation et de Présentation des Etats Financiers


(Framework for the Preparation and Presentation of Financial
Statements) a été élaboré par l'IASC en avril 1988 et publié en juillet
1989. Il constitue un "système cohérent d'objectifs interdépendants et de
concepts qui permettent d'aboutir à une comptabilité et des systèmes
d'information uniformes".

a. Hypothèses de base :
 Comptabilité d’engagement :
Les effets des transactions et autres événements sont comptabilisés
quand ces transactions ou événements se produisent, et ils sont
enregistrés dans les livres comptables et présentés dans les états
financiers des exercices auxquels ils se rattachent.

 Continuité d’exploitation :
L’entité doit établir ses états financiers sur la base de continuité
d’exploitation, en cas de doute elle doit l’indiquer.

b. Caractéristiques qualitatives des états financiers :


 Les Caractéristiques qualitatives fondamentales :

 L’image fidèle : Elle requiert la juste représentation des effets des


transactions et autres événements et conditions conformément aux
définitions et critères de constatation relatifs aux actifs, passifs,
produits et charges définis par le cadre conceptuel pour la
préparation et la présentation des états financiers.
 La prééminence de la substance sur la forme : C’est un concept qui signifie
qu’il faut s’attacher plutôt à la réalité financière et économique de
l’opération qu’à sa forme juridique.

 Les caractéristiques qualitatives dérivées :

 Prudence : C’est la prise en compte d’un certain degré de précaution


dans l’exercice des jugements nécessaires pour préparer les
estimations dans des conditions d’incertitude, pour faire en sorte
que les actifs et produits ne soient pas surévalués et que les passifs
et les charges ne soient pas sous –évalués.

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LES NORMES COMPTABLES INTERNATIONALES IFRS

 Neutralité : L’information contenue dans les états financiers doit être


neutre pour ne pas influencer les prises de décisions ou jugements
afin d’obtenir un résultat prédéterminé.
 Exhaustivité : Pour qu’une information soit exhaustive, il faudrait
qu’elle soit vraie, réelle par conséquent fiable et suffisamment
pertinente.

 Non compensation : Les actifs et les passifs ou produits charges ne


doivent pas être compensés sauf si la compensation est imposée ou
autorisée par une autre norme.
 Importance relative : Une information est considérée comme
significative si son omission ou son inexactitude peut influencer les
décisions économiques que les utilisateurs prennent sur la base des
états financiers.

 Les Caractéristiques qualitatives de base :

 Intelligibilité : Une qualité essentielle de l’information est d’être


compréhensible immédiatement par les utilisateurs. Cependant,
une information relevant d’un sujet complexe ne doit pas être
exclue au seul motif qu’elle est trop difficile à comprendre.
 Pertinence : L’information possède la qualité de pertinence lorsqu’elle
influence les décisions économiques des utilisateurs en les aidant à
évaluer des événements passés, présents ou futurs ou en corrigeant
leurs évaluations passées.
 Fiabilité : L’information est fiable lorsqu’elle est exemptée d’erreur et
de biais significatifs et que les utilisateurs peuvent lui faire
confiance pour présenter une image fidèle de ce qu’elle est censée
présenter.
 Comparabilité : L’évaluation et la présentation de l’effet financier des
transactions et d’événements semblables doivent être effectuées de
façon cohérente et permanente pour une ou plusieurs entités.

c. Contraintes à respecter pour que l’information soit


pertinente et fiable :

 Célérité :

L’information peut perdre sa pertinence si elle est fournie avec un


retard indu. la direction peut avoir à trouver un équilibre entre les
métiers relatifs d’une information prompte et ceux d’une information

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LES NORMES COMPTABLES INTERNATIONALES IFRS

fiable. Pour atteindre l’équilibre entre pertinence et fiabilité, la


considération dominante doit être de satisfaire au mieux les besoins des
utilisateurs en matière de prise de décisions économiques.

 Rapport coût/ avantage :


Les avantages obtenus de l’information doivent être supérieurs au coût
qu’il a fallu consentir pour la produire.
 Equilibre entre les caractéristiques qualitatives :
Des informations qualitatives doivent être données dans le respect
d’une certaine mesure tournée vers la satisfaction des lecteurs des
comptes.

CHAPITRE 2 : LES INSTRUMENTS


FINANCIERS SELON LES NORMES
Les IAS/IFRS sont donc un ensemble de normes
INTERNATIONALES
comptables internationales qui ont pour but d’uniformiser
les principes comptables utilisés, afin de fournir aux
investisseurs des informations plus claires et plus
comparables.
Dans le cadre de ces normes, on comptabilise
différemment, un certain nombre d’opérations (sans pour
autant modifier la comptabilisation légale et fiscale du
pays). Ce sont donc surtout les pratiques comptables qui
vont changer soit par des imputations, soit par des jeux
d’écritures différents. La gestion des instruments
financiers est par ailleurs très touchée : elle nécessite une
modification radicale des modes d’organisation et des
façons d’évaluation.

Le présent chapitre sera donc consacré à présenter dans


13
une première section les normes relatives aux instruments
financiers en précisant leur champ d’application. Et dans
financiers (selon la norme IAS 39 et selon la comptabilité
de couverture), et leurs différentes méthodes d’évaluation
(juste valeur et coût amortis).
LES NORMES COMPTABLES INTERNATIONALES IFRS

pkj

14
LES NORMES COMPTABLES INTERNATIONALES IFRS

Section 1 : Les textes de référence

A. Présentation des normes :

Dès 1989, l’IASB s’était engagée dans l’élaboration de normes globales


régissant les instruments financiers. C’est alors que fut l’approbation de
trois normes ; notamment l’IAS 32, l’IAS 39 et l’IFRS 7 .

a. La norme IAS 32 :

Cette norme, intitulée « Instruments financiers : informations à fournir


et présentation », a été élaborée en 1995. Selon l’IAS 32 un instrument
financier est « tout contrat qui donne lieu à un actif financier d'une entité
et à un passif financier ou à un instrument de capitaux propres d'une
autre entité »7. Cette norme a pour objectif de présenter les définitions
des différentes catégories des instruments financiers et de clarifier leur
classification, ainsi qu’elle établie une distinction entre dette et capitaux
propres. Un instrument de capitaux propres d’après cette norme est
« tout contrat mettant en évidence un intérêt résiduel dans les actifs
d'une entité après déduction de tous ses passifs » 6.

b. La norme IAS 39 :

La norme IAS 39 « instruments financiers : comptabilisation et


évaluation », a été élaborée en 1998 et a été révisée en 2003 et puis en
2004. Cette norme présente les principes de comptabilisation et de
classification des différentes formes des instruments financiers, ainsi que
leurs modes d’évaluation. Elle expose aussi les méthodes spécifiques de
comptabilisation des instruments financiers dits de couverture.

c. La norme IFRS 7 :

L’IFRS 7 est une norme qui est nommée « Instruments financiers :


informations à fournir », elle est publiée en 2005 et mise en application
en 2007. Cette norme amendent la partie de la norme IAS 32 consacrée
aux informations à fournir, et remplace la norme IAS 30 : « Informations à
fournir dans les états financiers des banques et institutions financières
assimilées ». La présente norme a pour objectif d’imposer aux entités de
fournir des informations dans leurs états financiers de façon à permettre
aux utilisateurs d’évaluer l'importance des instruments financiers au
7
: Norme comptable internationale 32 : Instruments financiers: présentation ; Journal officiel de l'Union
européenne 29.11.2008

15
LES NORMES COMPTABLES INTERNATIONALES IFRS

regard de la situation financière et de la performance financière de


l'entité ainsi que la nature et l’ampleur des risques découlant de ces
instruments financiers.

E. Champ d’application des normes :

Les normes relatives aux instruments financiers doivent être


appliquées à tous les types d’instruments financiers excepté ceux
couvertes par une autre norme. On peut alors schématiser le champ
d’application comme suit :

Titres consolidés Avantages au


(IAS 27, IAS 28 personnel
et IAS 31) (IAS 19,
IFRS2)
Instruments financiers
non dérivés :
Titres, Prêts, Créances…..

Instruments financiers
dérivés :
Contrat de Swaps de taux, de devises,
location Achats/ventes de devises…..
(IAS 17) Immobilisatio
ns
incorporelles
(IAS 38)
Contrats
d’assurance
(IFRS 4)

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LES NORMES COMPTABLES INTERNATIONALES IFRS

Section 2 : Classification et évaluation des instruments


financiers

A. Classification des instruments financiers :

La norme IAS 39 prévoit une double classification des instruments


financiers : la première selon qu’il s’agit d’actif financier, de passif
financier ou d’un instrument dérivé, et la deuxième liée à la comptabilité
de couverture.

a. Selon la norme IAS 39 :


La norme IAS 39 distingue pour chaque instrument financier plusieurs
catégories :

 Les actifs financiers :


Se définissent comme de la trésorerie, ou droits contractuels à recevoir
d'autres actifs financiers (exemple : titres de dette, prêts, créances), ou
comme le droit d'échanger d'autres instruments financiers dans des
conditions potentiellement favorables (exemple : primes d’option) et enfin
comme des instruments de capitaux propres d'une autre entreprise
(exemple : actions à l’exception des titres de filiales, entreprises
associées et coentreprises compris dans le champ de la consolidation).
On distingue quatre catégories d’actifs financiers :
 Actifs de transaction : Se sont des actifs détenus en vue de réaliser un
bénéfice à court terme. Une entité peut désigner tout instrument
financier comme détenu à des fins de transaction, lors de la
comptabilisation initiale, mais ce choix est irrévocable à
l'acquisition ou à l'émission et il n’y a pas de reclassement ultérieur
possible.

 Actifs disponibles à la vente : Il s’agit d’une catégorie par défaut


comprenant notamment, les titres de participation non consolidés,
les autres titres détenus à long terme et certaines opérations
exclues des autres catégories.

 Prêts et créances émis par l'entreprise : Il s’agit d’actifs financiers à revenu


déterminable émis du fait de la remise directe à un débiteur
d'argent, de biens ou de services, sauf s’ils sont émis dans
l'intention de les vendre à court terme. Il existe une possibilité de
classer des prêts et créances émis par l'entreprise en actifs
disponibles à la vente ou dans le portefeuille de transaction.

17
LES NORMES COMPTABLES INTERNATIONALES IFRS

 Titres détenus jusqu'à l'échéance : Cette catégorie est ouverte aux


instruments à revenu déterminable et maturité fixée (obligations,
TCN…) dont l’entreprise a l’intention expresse et la capacité de les
conserver jusqu'à l'échéance. En cas de cession ou de transfert, il y
aura requalification de la totalité du portefeuille et interdiction de
la catégorie pendant deux ans. Cependant, quelques exceptions
sont permises telles une vente proche de l'échéance/après le
remboursement quasi-intégral de l'investissement initial (plus de
90%), ou une vente en réponse à un évènement externe, isolé ou
imprévisible (exemple : dégradation significative du risque de crédit
de l'émetteur).

 Les passifs financiers :

Un passif financier est défini par l’IAS 32 comme étant une obligation
contractuelle de remettre à une autre entreprise de la trésorerie ou un
autre actif financier (exemples : une dette fournisseurs, un emprunt…..),
et une obligation contractuelle d’échanger des instruments financiers à
des conditions potentiellement défavorables.
La norme IAS 39 distingue alors deux catégories de passifs financiers :

 Passifs comptabilisés à la juste valeur 8 par le résultat : Cette catégorie comprenne les
passifs détenus par l’entreprise à des fins de transaction c'est-à-dire les passifs qui ont
été assumés dans le but de dégager des profits à court terme grâce aux fluctuations de
marché ou à la réalisation d’une marge sur la transaction. Elle comprenne aussi les
passifs évalués à la juste valeur par option ; c'est-à-dire les passifs qui répondent à
l’amendement apporté en juin 2005 à l’IAS 39 précisant les conditions que doivent
remplir les instruments financiers pour être ainsi classés (par exemple un instrument
financier hybride9 doit avoir un impact significatif sur les flux de trésorerie pour faire
part de cette catégorie).
 Autres passifs : Il s’agit des instruments qui figurent par défaut dans la catégorie passif
comme les fournisseurs, les garanties financières émises…..

 Les instruments dérivés :

Un dérivé est un instrument financier qui varie en fonction de la valeur


d’un sous-jacent tel que les taux d’intérêts ou le cours d’une action. Ce
sont généralement des instruments avec un effet de levier important et
une mise de départ nulle ou faible, et qui sont réglés à une date future.
Les instruments dérivés usuels sont les swaps, les options et les
opérations à terme.

8
La notion de juste valeur sera expliquée au niveau du paragraphe traitant l’évaluation des instruments
financiers.
9
C’est un instrument financier qui comprend un dérivé incorporé. Ce dernier doit être lié étroitement au contrat
hôte sinon il doit être évalué à la juste valeur comme un dérivé autonome.

18
LES NORMES COMPTABLES INTERNATIONALES IFRS

Il existe plusieurs cas où l’instrument dérivé est considéré dans le


champ d’application de l’IAS 39 ou hors champs d’application. On peut
résumer ces cas dans le schéma suivant :

b. Classification selon la comptabilité de couverture :

La relation de couverture établit un lien entre trois éléments :


 L’élément couvert :
C’est un actif ou un passif financier ou non financier ( ex : créance client,
stock de marchandises), une transaction quasi certaine ( ex : d’une
commande client), ou une transaction future hautement probable ( ex : un
budget de vente en devise), qui exposent l’entreprise à un risque de
variation de flux de trésorerie futur.

 L’instrument de couverture :
Il peut être un ou plusieurs instruments dérivés désignés par l’entreprise, ou
un actif ou passif financier non dérivé (mais c’est uniquement pour le cas
d’un risque de change), dont on s’attend à ce que les flux de trésorerie
compensent les variations de flux de trésorerie d’un élément couvert
désigné.

 Le risque couvert :
Ça peut être un risque de change, risque de taux d’intérêt, risque sur
actions, risque de crédit, risque de prix de marchandises pouvant impacter
le résultat consolidé de l’entité. A ce niveau on peut prétendre deux cas :
 Si l’élément couvert est un instrument financier : Il est possible de désigner un,
plusieurs ou tous les risques attachés à cet élément : exemple
d’obligation à taux fixe en devise dont l’entité peut couvrir le risque
de taux et/ou de change et/ou de crédit.

 Si l’élément couvert est un instrument non financier : Il est possible de désigner


soit la totalité des risques attachés, soit le risque de change

19
LES NORMES COMPTABLES INTERNATIONALES IFRS

uniquement : exemple des stocks dont l’entité ne peut désigner que


le risque de prix.

F. Evaluation des instruments financiers :

a. Par la méthode de la juste valeur :

La notion de la juste valeur a été introduite par la norme IAS 32, et elle
est définie comme « le montant pour lequel un actif pourrait être
échangé, ou un passif éteint, entre parties bien informées, consentantes
et agissant dans des conditions de concurrence normale »10. Pour un
instrument financier dont il existe une cotation sur un marché organisé,
l’entité utilisera cette cotation pour établir la juste valeur de l’instrument
financier. Si le marché de l’instrument financier n’est pas actif, l’entité
établira la juste valeur en utilisant une technique d’évaluation.

L’objectif d’une technique d’évaluation est d’établir quel aurait été le


prix de transaction dans un marché concurrentiel, à la date d’évaluation,
motivés par des raisons normales d’activité. Pour cela, l’entité utilisera
les estimations et les hypothèses cohérentes avec les informations
disponibles que les participants du marché utiliseraient en établissant le
prix de l’instrument financier.

Ils sont alors évalué à la juste valeur :


- Les actifs de transaction ;
- Les actifs disponibles à la vente ;
- Les passifs à la juste valeur par le résultat (les passifs de
transaction et les passifs à la juste valeur sur option).

b. Par la méthode du coût amortis :

Le coût amorti est le montant actualisé, au taux d’intérêt effectif, des


flux futurs générés par l’instrument financier, restant jusqu’à l’échéance.
Le taux d’intérêt effectif (TIE) est le taux qui permet d’égaliser les flux
futurs attendus, au montant d’origine, c'est-à-dire comprenant le cas
échéant les sur cotes/décotes et les frais de transaction. Pour calculer le
taux d'intérêt effectif, une entité doit estimer les flux de trésorerie en
10
Norme comptable internationale 32 : Instruments financiers: présentation ; Journal officiel de l'Union
européenne 29.11.2008

20
LES NORMES COMPTABLES INTERNATIONALES IFRS

prenant en considération toutes les modalités contractuelles de


l'instrument financier (par exemple, options de paiement anticipé, de
rachat et assimilé) mais ne doit pas tenir compte des pertes sur crédit
futures.

Ils sont alors évalués au coût amortis :


- Les prêts et créances ;
- Les actifs détenus jusqu’à l’échéance ;
- Les autres passifs ( autres que ceux comptabilisés à la juste
valeur par le résultat.

21
LES NORMES COMPTABLES INTERNATIONALES IFRS

CHAPITRE 3 : LE PASSAGE AUX


NORMES IFRS AVANTAGES ET
LIMITES

Après avoir présenté le processus du passage aux normes


IFRS, les organes responsables de l’élaboration de ces
dernières, leurs apports en termes d’évaluation des actifs
financiers et leur classification. On a pu remarquer qu’elles
se caractérisent par un recours accru à la notion de juste
valeur, susceptible d’introduire une plus grande volatilité
dans les bilans et les comptes de résultat. Ceci met en
reliefs le rôle des normes IFRS en termes d’évaluation des
actifs des entreprises et plus particulièrement des
établissements de crédit dans un environnement de plus en
plus harmonisé, mais aussi la question de la stabilité
financière du point de vue de la supervision bancaire.
Avant de présenter l’impact des IFRS sur l’activité
bancaire et la stabilité financière, on ne peut se passer des
avantages et des limites de ces normes internationales en
matière de l’activité financière dans son ensemble.

22
LES NORMES COMPTABLES INTERNATIONALES IFRS

Section 1 : L’impact sur l’activité financière au sein d’une


économie

A. La comparabilité des comptes :

En effet, le passage aux normes IFRS est supposé faciliter la


comparabilité des comptes pour un fonctionnement efficient des marchés
de capitaux. Il renforce leur compétitivité dans la mesure où
transparence des comptes aide les sociétés à affronter leurs concurrents
à armes égales. Ce développement de la compétitivité se matérialise
autant pour les opérations transfrontalières et les cotations sur d’autres
bourses que la place locale.
Certes le passage aux normes IFRS est un « nouveau langage », mais le
travail des analystes financiers ne changera pas ; il sera tout de même
plus facile et plus complet du fait que les données financières fournies
seront plus abordables puisque l’information comptable est supposée
« intelligible » avec les IFRS. De plus, ils pourront consacrer plus de
temps sur des analyses plus approfondies en utilisant la masse
d’information qui sera disponible sur chaque valeur. Et enfin, ils
pourraient s’intéresser davantage à l’analyse des performances et aux
aspects stratégiques d’un groupe.

G. L’amélioration de la valorisation des actifs et de la


transparence :

La communication financière est indispensable pour promouvoir


l’image des sociétés cotées. Son amélioration à travers la présentation
des comptes d’une manière plus claire augmentera la valeur des titres
des sociétés.
Cependant, contrairement à ce que pensait beaucoup d’analystes, le
recours accrus à la comptabilisation en juste valeur n’est pas uniquement
source de volatilité. Certainement, elle reflète mieux la réalité
économique (principe de prépondérance de l’aspect économique sur
l’aspect juridique dans la valorisation) et prendra plus en compte des
risques. C’est le cas des produits dérivés, inscrits en hors bilan et donc
échappant à tout contrôle qui représentent une source majeure d’effet de
levier ; puisqu’ils permettent de prendre de grosses expositions mais avec
de petites sommes déboursées. Les produits dérivés sont en fait une
énorme bulle spéculative alors qu’ils sont censés être utilisé à des fins de
couverture, raison pour laquelle ils sont réintégrés dans les bilans avec
les IFRS.

23
LES NORMES COMPTABLES INTERNATIONALES IFRS

H. Les coûts de la conversion

Tous ces avantages ne peuvent se faire sans de grandes


transformations au niveau du système de comptabilisation d’une
entreprise. Il faut savoir que tous les logiciels qu’utilise une entreprise
doivent être ajustés aux nouveaux modes de comptabilisation voire même
les changer, former le personnel afin de les adapter aux mutations
suscitées par le passage aux nouvelles normes.
Ces frais peuvent varier entre 300.000 et 400.000 dirhams, estime
GERALDINE LEYMARIE, directeur associé du Cabinet « Scacchi Maroc ».
Selon des sources du Cabinet « Masnaoui & Mazars », ce coût peut
atteindre 1 million de dirhams pour les grandes Entreprises.11
A dénombrer ces chiffres, les PME ne peuvent même pas y penser.
Malheureusement, c’est une grande perte pour l’objectif principal de
l’IASB notamment la comparabilité des informations comptables au
niveau international. Ceci peut se présenter plus sensible dans les pays
qui ne généralisent pas encore ce processus du passage aux IFRS pour
tout type d’entreprises et pas justes pour les banques comme c’est le cas
pour le Maroc.

Section 2: l’impact sur le secteur bancaire et la stabilité


financière

A. L’impact sur le secteur bancaire

a. Les conditions d’exercices de l’activité bancaire

Certaines normes IFRS peuvent ne pas prendre en compte les


conditions d’exercices de certaines activités, l’exemple le plus typique est
l’IAS 39 sur la comptabilisation des instruments financiers qui a été jugée
inacceptable par les banquiers, les assurances, de nombreuses grandes
entreprises et même des autorités publiques comme la commission
européenne.
En effet, la norme IAS 39 serait inadaptée à l’activité bancaire en
Europe caractérisée par la prédominance de l’activité de transformation
et d’intermédiation de ressources stables (dépôts) dans des crédits à taux
fixe à l’économie. L’IASB ne tiens pas compte de la stabilité des dépôts à
vue, historiquement démontrée selon les banquiers.12
11
Economie entreprises : Le magazine du Maroc en mouvement ( http://www.economie-entreprises.com/adr.php?
n=14)
12
M. Nahmias « L’essentiel des normes IAS/ IFRS » Edition d’Organisation, 2004, p56.

24
LES NORMES COMPTABLES INTERNATIONALES IFRS

b. Le regard de la supervision prudentielle

Si on prend un autre angle de vision, du coté de la supervision


prudentielle des établissements de crédit ou de leur compétitivité, les
données comptables constituent, entre autres, la base de calcul des
exigences prudentielles, notamment pour le ratio de solvabilité 13. Leur
influence s’exerce directement d’une part sur le calcul de leur exposition
au risque (le dénominateur du ratio de solvabilité), d’autre part sur le
montant et la qualité de leurs fonds propres prudentiels (le numérateur
du ratio de solvabilité).

Du point de vue prudentiel, la détérioration de la qualité des crédits de


la banque entraînerait elle-même une baisse de valeur de ses propres
obligations émises, ce qui augmenterait les capitaux propres, si la valeur
des actifs (surtout les prêts octroyés) devait rester inchangée. En effet,
« cette amélioration de la solvabilité liée à la détérioration du risque de
crédit de la banque est illogique et très controversée, en particulier du
point de vue surveillance bancaire », écrivait la Banque Centrale
Européenne dans son bulletin mensuel14.
La différence fondamentale tient que, pour les IFRS, les capitaux
propres sont un poste d’ajustement des variations de juste valeur, alors
que dans la réglementation prudentielle bancaire, les fonds propres
constituent les réserves pour couvrir les risques de perte sur engagement
des banques.
Les normes comptables ont donc une influence directe sur le
comportement des établissements de crédit qui recherchent les moyens
d’optimiser le respect des exigences prudentielles et de maximiser la
rentabilité de leurs capitaux propres.

I. L’impact sur la stabilité financière :

Du fait de leur impact potentiel sur le comportement des entreprises


et, tout particulièrement, des établissements de crédit et du système
financier dans son ensemble, les normes comptables internationales se
caractérisent en effet par un recours accru à la notion de juste valeur,
susceptible d’introduire une plus grande volatilité dans les bilans et les
comptes de résultat. Or, une partie de la volatilité ainsi suscitée peut être
de nature artificielle. Ces normes compliquent en outre la mise en oeuvre
des techniques de gestion des risques habituellement utilisés et tendent
souvent à s’écarter significativement du principe de prudence.

13
Ratio de solvabilité = Fonds propres / Risques de crédit opérationnel et de marché.
14
M. Nahmias « L’essentiel des normes IAS/ IFRS » Edition d’Organisation, 2004, p57.

25
LES NORMES COMPTABLES INTERNATIONALES IFRS

a. Comptabilisation en juste valeur:

La comptabilisation en juste valeur (élément central du référentiel


IAS/IFRS) n’est pas forcement la méthode la plus fiable pour tous les
instruments financiers, notamment pour ceux qui ne sont négociés sur un
marché actif et liquide (exemple : les prêts bancaires). La prise en
compte des plus-values potentielles peut devenir une source de volatilité
et surtout contraire au principe de prudence, et finalement trompeur
pour les investisseurs.

b. La volatilité sur les marchés :

La liberté de choix ouverte par l’option juste valeur (« fair value option
») pour quelques actifs réduit la comparabilité des états financiers. Ces
différents éléments prennent d’autant plus d’importance du point de vue
des superviseurs bancaires que l’introduction des IFRS a un impact direct
sur le calcul des ratios de gestion prudentiels auxquels sont soumis les
établissements de crédit.15
L’IASB a rappelé que la notion de la juste valeur a vocation à
s’appliquer, à terme, à l’intégralité des valeurs enregistrées au bilan des
entreprises (modèle dit de juste valeur totale « full fair value »). En
effet, valoriser tous les titres et instruments financiers, hors titres
d’investissement, quelles que soient leur liquidité, leur négociabilité ou
l’intention des établissements, à leurs valeurs de marché contrevient au
principe de prudence dans la mesure où certaines plus-values potentielles
ainsi calculées peuvent s’avérer totalement illusoires.16

CONCLUSION

Malgré les critiques des analystes sur les fondements des normes
internationales IAS/IFRS, surtout en termes de comptabilisation par la
juste valeur, l’harmonisation de tous les référentiels comptables vers un
15
PATRICK AMIS & ÉRIC ROSPARS Secrétariat général de la Commission bancaire, Direction de la
Surveillance générale du système bancaire, Service des Études comptables ; « Surveillance prudentielle et
évolution des normes comptables : un enjeu de stabilité financière »
Banque de France • Revue de la stabilité financière • Novembre 2005

16
SYLVIE MATHERAT Secrétariat général de la Commission bancaire Service des Études bancaires ; « Normalisation
comptable internationale et stabilité financière »
Banque de France • Revue de la stabilité financière • Juin 2003

26
LES NORMES COMPTABLES INTERNATIONALES IFRS

seul référentiel bien structuré ne sera que bénéfique pour la


comparabilité des comptes à l’échelle internationale. L’harmonisation de
l’information comptable permettra donc de passer à d’autres étapes en
faveur de la mondialisation.

En effet, une transparence de la comptabilité et une information


comptable plus pointue est en soi un gage de l’amélioration de la
compétitivité des entreprises voire même un approchement vers
l’efficience des marchés.

La notion de la comptabilisation par la juste valeur a été mise à


l’évidence plus particulièrement dans ce contexte de crise, où les
marchés eux-mêmes sont perturbés par une volatilité excessive sans que
celle-ci ne soit justifiée, ce qui pourrait aggraver la confusion actuelle des
marchés.

Pour lisser les « lacunes » observées par les analystes concernant


l’adaptation des normes aux exigences de chaque métier, l’IASB et la
Banque Centrale Européenne sont entrain d’étudier des solutions (en
améliorant les normes existantes ou en ajoutant d’autres) pour mieux
ajuster les normes d’information comptable internationales aux besoins
des entreprises et surtout afin de limiter l’utilisation du la notion de la
juste valeur pour les seuls cas des actifs économiquement et
financièrement justifiés (opérations de marché essentiellement).

27
LES NORMES COMPTABLES INTERNATIONALES IFRS

ANNEXE N°1

Tableau comparatif des termes comptables selon le CGNC et les normes IAS/IFRS :

Normes Marocaines Normes IAS/IFRS Divergences

- Série des "emplois nets" du -Au niveau des IFRS : se sont d


bilan à la disposition de l'E/se ressources par lesquels on s'atte
Actif à la date considérée. Une ressource contrôlée par à des avantages futurs.
- Des éléments du patrimoine l'E/se du fait d'événements -Au niveau du CGNC : se sont
ayant une valeur économique passés et dont des avantages emplois (ayant une valeur
positive pour l'E/se. économiques futurs sont économique positive pour l'E/se
attendus par l'E/se. Mais les 2 définitions converge
vers la même interprétation.
Décrit les ressources ou -Au niveau des IAS/IFRS se so
origines de financement (en des
CP Une obligation actuelle de obligations
et capitaux d'emprunt ou l'E/se, résultant d'événements -Au niveau du CGNC : se sont
Passif dettes) passés et dont l'extinction ressources ou origines de
à la disposition de l'E/se à la
devrait se traduire pour l'E/se financement
date considérée. par une sortie de ressources
représentatives d'avantages
économiques.
Capitaux mis ou laissés L'intérêt résiduel dans les
Capitaux durablement à la disposition de actifs après déduction de tous
Propres l'E/se, par les associés ou ses passifs La même interprétation.
l'entrepreneur, autrement qu'à
titre de dettes, y compris le
résultat de l'exercice
-Désigne l'ensemble des Augmentation d'avantages
ressources génératrices de économiques au cours de l'Ex
Produits bénéfices que se crée l'E/se sous forme d'intérêts ou
et qui figurent aux crédits du d'accroissements d'actifs, ou
CPC. de diminutions du passif qui
-Désigne également les B/S ont pour résultat une
créés par l'E/se et destinés à augmentation des
être vendus ou cédés au stade CP autres que les Au niveau de la définition :
final d'élaboration. augmentations provenant Les produits et les charges selo
des apports des participants les
aux CP. normes IAS/IFRS ont un impac

28
LES NORMES COMPTABLES INTERNATIONALES IFRS

Formées des achats


consommés Diminution d'avantages éco
de B/S utilisés dans le cycle au cours de l'ex, sous forme de
d'exp. sortie ou de diminution d'actifs,
de l'E/se, ainsi que la ou de direct
rémunération survenance de passifs, qui ont sur le bilan, or selon les normes
Charges des divers facteurs de pour résultat une diminution marocaines c'est plutôt le résult
production. des CP
autrement que par des
distributions
aux participants au capitaux.

ANNEXE N°2

29
LES NORMES COMPTABLES INTERNATIONALES IFRS

NORMES COMPTABLES INTERNATIONALES

IAS 1 Présentation des états financiers


IAS 2 Stocks
IAS 7 Tableaux des flux de trésorerie
IAS 8 Méthodes comptables, changements d'estimations comptables et
erreurs
IAS 10 événements postérieurs à la date de
IAS 11 Contrats de construction
IAS 12 Impôts sur le résultat
IAS 16 Immobilisations corporelles
IAS 17 Contrats de location
IAS 18 Produits des activités ordinaires
IAS 19 Avantages du personnel
IAS 20 Comptabilisation des subventions publiques et informations à
fournir sur l'aide publique
IAS 21 Effets des variations des cours des monnaies étrangères
IAS 23 Coûts d'emprunt
IAS 24 Information relative aux parties liées
IAS 26 Comptabilité et rapports financiers des régimes de retraite
IAS 27 états financiers consolidés et individuels
IAS 28 Participations dans des entreprises associées
IAS 29 Information financière dans les économies hyperinflationnistes
IAS 31 Participations dans des coentreprises
IAS 32 Instruments financiers: présentation
IAS 33 Résultat par action
IAS 34 Information financière intermédiaire
IAS 36 Dépréciation d'actifs
IAS 37 Provisions, passifs éventuels et actifs éventuels
IAS 38 Immobilisations incorporelles
IAS 39 Instruments financiers: comptabilisation et évaluation
IAS 40 Immeubles de placement
IAS 41 Agriculture

IFRS 1 Première adoption des normes internationales d'information


financière
IFRS 2 Paiement fondé sur des actions
IFRS 3 Regroupements d'entreprises
IFRS 4 Contrats d'assurance
IFRS 5 Actifs non courants détenus en vue de la vente et activités
abandonnées
IFRS 6 Prospection et évaluation de ressources minérales
IFRS 7 Instruments financiers: informations à fournir
IFRS 8 Secteurs opérationnels

30
LES NORMES COMPTABLES INTERNATIONALES IFRS

IFRIC 1 Variation des passifs existants relatifs au démantèlement, à la


remise en état et similaires
IFRIC 2 Parts sociales des entités coopératives et instruments similaires
IFRIC 4 Déterminer si un accord contient un contrat de location
IFRIC 5 Droits aux intérêts émanant de fonds de gestion dédiés au
démantèlement, à la remise en état et à la réhabilitation de
l'environnement
IFRIC 6 Passifs découlant de la participation à un marché spécifique —
déchets d'équipements électriques et électroniques
IFRIC 7 Application de l'approche du retraitement dans le cadre d'IAS 29
IFRIC 8 Champ d'application d'IFRS 2
IFRIC 9 Réexamen de dérivés incorporés
IFRIC 10 Information financière intermédiaire et dépréciation
IFRIC 11 IFRS 2 — actions propres et transactions intra-groupe
SIC-7 Introduction de l'euro
SIC-10 Aide publique — absence de relation spécifique avec des activités
opérationnelles
SIC-12 Consolidation — entités ad hoc
SIC-13 Entités contrôlées en commun — apports non monétaires par des
coentrepreneurs
SIC-15 Avantages dans les contrats de location simple
SIC-21 Impôt sur le résultat — recouvrement des actifs non amortissables
réévalués
SIC-25 Impôt sur le résultat — changements de statut fiscal d'une entité
ou de ses actionnaires
SIC-27 évaluation de la substance des transactions impliquant la forme
juridique d'un contrat de location
SIC-29 Informations à fournir — accords de concession de services
SIC-31 Produits des activités ordinaires — opérations de troc portant sur
des services de publicité
SIC-32 Immobilisations incorporelles — coûts liés aux sites web

31
LES NORMES COMPTABLES INTERNATIONALES IFRS

BIBLIOGRAPHIE

OUVRAGES :

- B. COLASSE, contrôle de gestion et audit, Edition ENCYCLOPEDIE, 2000

- S.BRUN, les normes comptables internationales IAS/IFRS, Edition BROCHÉ,


2006

- ROBERT OBERK, « Pratique des normes IFRS »comparaison avec les règles
françaises et les US-GAAP »17 , édition DUNOD 2006

- MURIEL NAHMIAS, « L’essentiel des normes IAS/IFRS » , Éditions d’Organisation,


2004

- HUBERT DE LA BRUSLERIE, « Analyse Financière, information financière et


diagnostic » , 3èm édition DUNOD, 2006

17
Ouvrage de référence.

32
LES NORMES COMPTABLES INTERNATIONALES IFRS

- DENIS CORMIER, « Comptabilité anglo-saxonne et internationale » , 2ème


édition ECONOMICA, 2007

- ELISABETH BERTIN, « Les états financiers consolidés IAS/IFRS » , Edition


Gualino, paris 2007

- GRÉGORY HEEM, « Lire les états financiers en IFRS » , Éditions


d’Organisation, 2004

- GRÉGORY HEEM & PHILIPPE AONZO ; « La normalisation comptable


internationale : quelle légitime pour des organismes privés »

- Ouvrage collectif d’un groupe de travail de l’Association nationale des Directeurs


Financiers et de Contrôle de Gestion ; « Normes IAS/IFRS, Que faut-il faire ? ,
Comment s’y prendre ? » ; Éditions d’Organisation, 2004 ( 1ère édition , 2ème
édition)

REVUES :

- ODILE DANDON & LAUREN DIDELOT, « Spécial IAS/IFRS » Septembre 2005 ;

- ANTOINE SARDI, « Instruments financiers aux IFRS », Séminaire du 18-19 avril


2007, Casablanca ;

- JEAN-GUY DEGOS , « Diagnostic des performances financières en normes


IAS/IFRS », (IAE - © Cahier 15 – 2005)

- PATRICK AMIS & ÉRIC ROSPARS, « Surveillance prudentielle et évolution des


normes comptables : un enjeu de stabilité financière », Banque de France,
Revue de la stabilité financière • N° 7 • Novembre 2005.

- Francis Lefebvre Formation, Dossier pratique « Normes IAS/IFRS ».18

- Gilbert GÉLARD (Membre de l’IASB), « Synthèse sur l’Elaboration des Normes


ifrs ».

18

33
LES NORMES COMPTABLES INTERNATIONALES IFRS

MEMOIRES :

- Sako Sadou Oumar, « Les normes IFRS : Quels impacts sur les états de
synthèse des entreprises Marocaines ».

- Patrick GRINSPAN &Yona HADDAD, « un état des lieux sur les normes ifrs »,

SITES WEB :

Etats unis :
http://www.iasb.org/Home.htm
http://www.ifac.org/
https://www.iosco.org/library/

France :
http://www.efrag.org/homepage.asp
http://www.amf-france.org/documents/general/5271_1.pdf
http://www.focusifrs.com/

Cabinet d’audit et de conseil présentant des informations sur les normes IFRS :

http://www.ey.com/SearchResults?query=ifrs&search_option=country_name
http://www.iasplus.com/index.htm
http://www.kpmg.com/Global/Pages/Results.aspx?k=ifrs
http://fre.mazars.com/content/search
http://www.pwc.com/gx/en/ifrs-reporting-services/index.jhtml

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