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La théorie de l’acte anormal de gestion

La gestion de l’entreprise est dominée par le principe de non-immixtion de l’administration fiscale.


Cela signifie qu’elle n’a pas à se substituer au dirigeant quant à ses prises de décision dans la
conduite des affaires de l’entreprise.

Quoi?: un acte est qualifié d’acte anormal de gestion lorsque l’entreprise renonce à une recette
qu’elle aurait normalement dû percevoir ou engage des dépenses qu’elle n’aurait pas dû accomplir,
le tout en favorisant un tiers et ce sans contrepartie.

Acte anormal de gestion= dépense non nécessaire ou renonciation à une recette qu’on a du
percevoir + Absence de contre partie + non existence de motif valable

Dans le cas où l’acte accompli est qualifié d’un acte anormal de gestion, l’administration fiscal obtient
le droit de s’immiscer dans la gestion de l’entreprise et par voie de conséquence a le droit de refuser
la déductibilité des charges relevant des actes anormaux de gestion (ex : renoncer à une créance,
renoncer aux loyers à percevoir…)

QUELLES SONT LES CONSÉQUENCES D’UN ACTE ANORMAL DE GESTION POUR L’ENTREPRISE?

Pour l’entreprise, l’administration fiscale procède au rehaussement de la base d’imposition. Elle


procède ainsi à la réintégration des recettes non perçues et des dépenses non justifiées.

Pour le bénéficiaire, deux situations peuvent se poser : lorsque le bénéficiaire est un particulier, ce
dernier sera imposé à l’IR dans la catégorie des bénéfices non commerciaux. lorsque le bénéficiaire
est une entreprise soumise à l’IS.

COMMENT LE DIRIGEANT PEUT IL SE PRÉMUNIR CONTRE L’ACTE ANORMAL DE GESTION ?

L’acte anormal de gestion reste fondé sur l’intention du contribuable d’éluder l’impôt. La notion
abstraite de normalité est donc primordiale dans sa caractérisation. Dès lors que l’opération apparaît
anormale pour le dirigeant, ce dernier doit s’interroger sur sa cause afin de pouvoir la justifier. Le
pourquoi de l’acte est donc essentiel.

Dès lors qu’une opération apparaît « anormale » pour le dirigeant, ce dernier doit chercher à
formaliser un maximum de justificatifs susceptibles de faire entrer l’opération dans l’intérêt de
l’entreprise.

Exemple : Une entreprise entend favoriser un tiers car ce dernier va lui consentir un prêt.
L’entreprise a intérêt à produire des justificatifs (promesse…) susceptible de prouver à
l’administration fiscale le caractère bien-fondé de l’acte.

La théorie de l’acte anormal de gestion, de par son aspect subjectif, représente un risque pour
chaque dirigeant. Il convient donc toujours, en amont, de se rattacher à l’intérêt de l’entreprise pour
pouvoir justifier un tel acte.