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II.

Le rôle central des institutions financières internationales


C. La banque des règlements internationaux (BRI)
La Banque des règlements internationaux est une organisation financière
internationale créée en 1930 sous la forme juridique d'une société anonyme, dont
les actionnaires sont des banques centrales1. Située à Bâle en Suisse, elle se définit
comme étant la « banque des banques centrales » dans son rapport annuel ou,
par abus de langage, la « banque centrale des banques centrales ». Sa principale
mission est la coopération entre banques centrales, elle joue un rôle déterminant
dans la gestion des réserves de devises de ces institutions.

Aujourd’hui, le principal rôle de la BRI est de favoriser la coopération monétaire et


financière internationale et d’agir en tant que banque des banques centrales. Pour
remplir cette mission, elle dispose de moyens financiers propres et d’une
organisation spécifique.

Le comité de Bâle

Le comité le plus connu est le comité de régulation financière internationale


dénommé « comité de Bâle pour le contrôle bancaire ». Créé en 1974, il a pour
mission de renforcer la régulation des banques et de promouvoir et diffuser de
meilleures pratiques bancaires. Son principal objectif est toutefois d’assurer la
stabilité du système financier à l’échelle mondiale. À cet effet, il établit des
normes internationales dans le domaine du contrôle prudentiel des banques et
constitue une instance de coopération internationale sur ces questions.
C’est en 1988 que naissent les premiers accords de Bâle, communément appelés
« Bâle I ». Son dispositif principal (ratio de Bâle I, dit ratio « Cooke » du nom du
premier Président du Comité de Bâle) oblige les banques actives à l’international à
détenir un minimum de fonds propres au regard du montant de leurs engagements,
l’objectif étant de réduire le risque systémique.
Face à la complexification des produits financiers dans les années 1990, les
membres du Comité de Bâle ont été amenés à redéfinir, enrichir et améliorer les
normes de régulation. Ces initiatives ont débouché sur la signature d’un deuxième
accord, appelé « Bâle II », en 2004 puis, avant même la mise en œuvre complète
des accords de Bâle II, d’un troisième (les accords de Bâle III) en novembre 2010 en
raison du déclenchement de la crise financière de 2007/2008.

Le cas de la BRI est un peu particulier, puisque sa création est antérieure à Bretton
Woods, qui a légitimé l’action des Institutions Financières Internationales (IFI).
Mise en place en 1930 pour gérer la question des réparations allemandes issues
de la première guerre mondiale, elle est progressivement devenue le superviseur
international des banques. Son objectif premier était de développer la coopération
entre les banques centrales. Son statut reflète d’ailleurs cette mission puisqu’il
s’agit d’une société anonyme par action dont le capital est en grande partie détenu
par ces banques centrales. La BRI possède en outre la qualité de banque des
banques centrales nationales. C’est grâce à cette qualité qu’elle a contribué dans
les années 60 à aider les banques centrales à défendre la parité de leur monnaie,
puis les a soutenues lors de leur confrontation aux crises bancaires et monétaires
des années 80.
Cependant, le vrai tournant de son action se situe en 1971, où la BRI crée le
Comité de Bâle sur le contrôle bancaire et financier, avec pour objectif
d’harmoniser les règles prudentielles s’appliquant aux établissements financiers.
Le ratio Cook est le premier aboutissement de cette action et sa réforme en
préparation fait partie des activités principales de la BRI.
La création en son sein du Comité sur le système financier mondial (CSFM) reflète
l’extension de son rôle vers la garantie des normes prudentielles s’appliquant au
système financier mondial, rejoignant par-là même des préoccupations propres au
FMI.
III. La Remise en cause des institutions financières
internationale
A. La critique des actions des IFI
3.La banque des règlements internationaux (BRI)
La BRI n’est pas en reste, bien que son statut puisse en faire un prêteur en dernier
ressort idéal, elle n’est pas assez influente pour s’impliquer dans la résolution de
crises financières. De plus, elle reste assez fermée aux pays en développement,
restant le centre de concertation des Banques Centrales des pays riches malgré le
poids croissant des pays émergents dans le système financier international. Le
ratio Cook provient en grande partie de la volonté du secrétaire d’état américain au
Trésor dans les années 80 de prémunir les banques américaines contre des
risques trop importants. La BRI a donc fondé son ratio de solvabilité sur les
attentes des banques américaines en la matière. De même, les normes
prudentielles adoptées à la fin des années 90 ont été directement influencées par
les grandes banques d’affaires américaines, en particulier JP Morgan
(Chavagneux, Nicolas, 1997).

Tout ceci amène donc naturellement à poser la question des réformes des
Institutions Financières Internationales afin qu’elles puissent efficacement remplir
leurs missions.

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