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La ville, c’est d’abord coexister, croiser, rencontrer, accueillir.

Mais comment
parler de ce que l’autre nous apporte, nous apprend, en quoi il nous bouscule, ce
qu’en nous il déplace ?

L’autre, c’est avant tout une retrouvaille c’est alors une image imprégnée dans
notre mémoire, une image immuable que l’on ne veut pas changer mais qui se
redessine avec les mots. La rencontre c’est donc ensuite la parole. Quand bien
même on aura échangé très peu : l’autre c’est une voix et la rencontre une voix qui
nous aura rejoints. Les souvenirs se mêlent dans l’imaginaire formant une nouvelle
vision…

Je suis sorti-e plus tôt ce matin afin de me rendre à un rendez-vous amicale.


En chemin donc pour le parc de la tête d’or je fis une rencontre fortuite qui allait
bouleverser ma journée voire ma vie…

Sur les colonies de vacances écriture, les ateliers permettent de faire découvrir des
techniques de production littéraire aux jeunes. Comment distiller du suspens dans
un récit ? comment écrire une scène d’amour ? Comment décrire un personnage ?
Les animateurs s’appuient souvent sur des œuvres originales pour organiser ces
ateliers. Exemples…

A chaque fois, l’atelier se déroule en plusieurs temps :

 Une lecture de texte


 Une discussion entre l’animateur et les jeunes autour de ce texte (on amène alors les
jeunes au point clé de l’atelier)
 Plusieurs autres lectures pour comparer ce que font les auteurs
 Un travail d’écriture
 Une mise en commun

Atelier écriture : la temporalité du récit


Savoir situer correctement son récit est primordial pour écrire une nouvelle. Quels éléments se
situent dans le passé ? Dans le présent ? Quels personnages apparaissent à quel moment ? Cet
atelier amène notamment à travailler sur le « flash back littéraire », un phénomène notamment
utilisé dans les polars.

La lecture initiale :

- La Tour sombre de Stephen King (Tome 1, 1er chapitre) : la description de Roland de Gilead,
Pistolero qui traverse le désert.
Eléments de discussion :

- Que se passe-t-il ? Que s’est-il passé avant ? Qu’apprend-on sur ce personnage, sur sa
quête ?

- On prend la nouvelle au milieu d’une action : c’est autorisé, il y a eu des choses avant, et il y
a eu des choses après, on peut enchaîner les actions, revenir en arrière grâce au flash back…
mais il faut que le lecteur comprenne et s’y retrouve.

- Pourquoi est-il intéressant de prendre un récit « en cours de route » ? Dans quels types de
romans peut-on trouver ce procédé ?

Extraits suivants :

- Les Misérables (l’arrivée de Jean Valjean chez l’Evêque) : il s’est visiblement passé des
choses avant pour Jean Valjean. On devine que l’on va en savoir plus sur lui, sur son histoire
à lui, mais le cadre est bien fixé : on comprend la situation, le quand.

Truc : se servir d’un autre personnage peut être une astuce pour introduire le héros et fixer
la structure du récit : une vie bien rangée… et l’arrivée de quelqu’un ou d’un élément
perturbateur. Le lecteur a un point de repère : il sait quand le récit commence.

Autre truc : Stephen King est un maître du « flash back littéraire » : il sait vous emmener,
vous ramener où il veut, sans que vous perdiez le fil à aucun moment…

Exercice d’écriture : une histoire d’heures…

- Marie se lève le matin. Elle habite à Paris, dans le quinzième arrondissement. Elle est venue
attendre Luc à l’aéroport Roissy : il revient des Etats-Unis. Tous deux ne se sont pas vus
depuis deux ans. Marie a peur de le revoir… Précision : Marie s’est levée à 8h, elle arrive à
l’aéroport à 10h, et l’avion de Luc atterrit à 11h. Racontez cette histoire… mais en
commençant au moins à 10h.

- Ou alors : Marc habite Paris. Il était au chômage depuis plusieurs mois. Il vient d’apprendre
qu’il est convoqué pour un entretien très important à La Défense par une compagnie
d’assurance très prestigieuse. Mais on l’a appelé à 9h15 pour un entretien… à 9h45. Il doit
traverser une grande partie de Paris. Racontez l’histoire à partir du moment où Marc
raccroche le téléphone.

Atelier écriture : la description des personnages


Il n’est pas si simple de créer des personnages originaux, ni de les présenter correctement au
lecteur. Ils peuvent être décrits hors de tout contexte, mais également être présentés dans le
cadre d’une action.

La lecture initiale :

- Dix Petits Nègres d’Agatha Christie (arrêt sur chaque personnage au début : on découvre qui
ils sont)
Discussion :

- Qui sont ces personnes ? Qu’apprend-on sur elles ? En quoi sont-elles intéressantes ?

- Que peut-on deviner sur leurs relations futures s’ils se rencontrent ? Qui pourrait apprécier
(ou ne pas apprécier) qui ? Pensez-vous important d’avoir des personnages aux caractères
différents ?

- Pouvez-vous cerner des « bons » et des « mauvais » ou est-ce plus subtile que cela ?

Autres extraits :

- La description de Jean-Baptiste Grenouille : pourquoi est-il intéressant ? Vous avez envie


de le rencontrer ?

- La description de Quasimodo : mêmes questions…

- … et des exemples de personnages emblématiques, avec des fonctions différentes dans le


récit : Sherlock Holmes, Randall Flagg, Benjamin Malaussène, Hermione Granger…

Truc : on peut décrire un personnage tout ou partie dans le feu de l’action. Cela permet de ne
pas s’arrêter dans le récit. Exemple du premier Harry Potter avec Dumbledore qui emmène
Harry chez son oncle et sa tante.

Truc : il peut être bon d’utiliser des « couples » de personnages pour faire ressortir les
qualités ou les défauts de l’un ou de l’autre. Exemple de Holmes et Watson dans « Une étude
en rouge ».

Exercice : votre personnage à vous…

- Chacun aura amené un livre et devra présenter un personnage : pourquoi lui plaît-il ? Un
adjectif pour le décrire…

- Un sportif / une sportive sur le point de participer à une épreuve ou une compétition
(footballeur, nageur, judoka…). Décrivez-le.

- Ou alors : Andrew MacGuire est Irlandais. Son pays subit une terrible famine, il a tout fait
pour faire survivre sa petite exploitation agricole, mais en vain. Il doit émigrer pour survivre
et choisit de s’embarquer pour les Etats-Unis. Décrivez-le, sur le point d’embarquer…

Atelier écriture : les émotions, le sordide, le glauque…


Les jeunes cherchent souvent à glisser des moments d’émotion, forte dans leur récit. Ils usent
(et abusent…) du sordide et du glauque. Cela fait partie de la littérature, mais il existe
plusieurs manière de communiquer des émotions fortes ou violentes.

La lecture initiale :

- La chute de Frolo dans Notre-Dame de Paris


Discussion :

- Sur quoi se concentre Victor Hugo ? Que dit-il ? Que ne dit-il pas ? Est-on « dans » l’esprit
de Frolo ? Cela aurait-il été possible ? De quel point de vue vit-on la chute ? Aurait-on pu en
choisir un autre ?

- Qu’est-ce qui frappe dans ce récit ? Quel ton utilise Victor Hugo ?

Extraits suivants :

- Stephen King : la mort de Georges dans « Ca ». Pourquoi s’arrête-t-il au moment où


l’enfant meurt ? Que devine-t-on ?

Truc : il n’y a pas besoin de faire du sanglant pour que l’on croit à la violence d’une scène
ou à l’intensité de sentiments, quels qu’ils soient. On peut laisser suggérer, comme au
cinéma, quand on ne voit pas la scène du crime, mais que l’on lit l’horreur sur le visage des
témoins.

Exercice : une chute… ou une poursuite

- Un homme, voyageur égaré, court dans les bois, la nuit. Il est poursuivi par quelque chose
ou quelqu’un. Trouvez quoi et racontez la suite avec une fin heureuse… ou pas. De même,
prenez le point de vue du coureur, de ce qui le poursuit, ou d’un témoin annexe ou
omniscient.

A découvrir aussi : quelques exercices d’écriture proposés sur un autre site !