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Le guide de la

création
d’entreprise

Sociétés,
démarches,
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d’entreprise
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Auteurs : MM. Charleuf-Calmet, Denis et Huet


© Fine Media, 2014
ISBN : 978-2-36212-181-4
Ooreka.fr est une marque de Fine Media, filiale de Solocal Group.
204, rond-point du Pont de Sèvres - 92649 Boulogne-Billancourt cedex

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Table des matières
La création d’entreprise en un coup d’œil 8
Les types d’entreprises 9
L’implantation de l’entreprise : la domiciliation 9
Les formalités 10
Le financement et les aides à la création 10
La franchise 11
I. Le projet de création d’entreprise 12
L’idée 13
L’étude de marché 14
Le business plan 16
L’objet social d’une société 17
La dénomination sociale 19
Le nom commercial 20
Le statut juridique d’une entreprise 22
Que faire selon son statut ? 25
Les cas particuliers 28
AA Pour aller plus loin 31
Astuces 31
Questions/réponses de pro 34
II. Entreprendre seul 36
La micro-entreprise 37
L’entreprise individuelle 39
L’auto-entreprise 40
L’EIRL 42
L’EURL 44
La SASU 46
AA Pour aller plus loin 48
Astuces 48
Questions/réponses de pro 50
III. Les sociétés commerciales 53
La SARL 54
La SA 56
La SAS 58
La SCS 60
La SCA 62
La SNC 64
La SE 65
AA Pour aller plus loin 68
Astuces 68
Questions/réponses de pro 69

IV. Les sociétés civiles 72


La SCI 73
La SCM 75
La SCP 76
La SELARL 78
La SEP 79
La SCEA 81
AA Pour aller plus loin 82
Astuces 82
Questions/réponses de pro 83

V. Les coopératives et les exploitations agricoles 89


Les sociétés coopératives 90
Coopérative agricole 94
Les exploitations agricoles 96
GAEC 98
AA Pour aller plus loin 100
Astuce 100
Questions/réponses de pro 101

VI. L’implantation de l’entreprise : domiciliation et pépinière d’entreprises 103


Synthèse 104
La domiciliation d’entreprise 105
Les types de domiciliation 110
Les modalités de la domiciliation 121
La pépinière d’entreprises 126
AA Pour aller plus loin 128
Questions/réponses de pro 128

VII. Les formalités 130


Le centre de formalités des entreprises 131
Le Registre du commerce et des sociétés 133
L’Institut national de la propriété industrielle 134
Les activités réglementées 136
Les statuts de l’entreprise 137
Le créateur d’entreprise 138
Le régime fiscal de l’entreprise 142

6
Le commissaire aux comptes 144
Le commissaire aux apports 145
Les assurances d’entreprise 147
AA Pour aller plus loin 148
Astuces 148
Questions/réponses de pro 149

VIII. Le financement et les aides à la création 153


L’apport en capital 154
Les prêts 156
Créer son entreprise sans apport 158
Les aides à la création d’entreprise 160
Le NACRE 163
L’ACCRE 164
Les jeunes entreprises innovantes 166
Les aides aux chômeurs 168
Le conseil pour la création d’entreprise 170
AA Pour aller plus loin 172
Astuces 172
Questions/réponses de pro 173

IX. La franchise 176


Le principe 177
Les secteurs d’activité 181
La localisation 187
AA Pour aller plus loin 192
Astuce 192
Questions/réponses de pro 194

X. La gestion d’une franchise 196


Ouvrir une franchise 197
Acheter une franchise 206
Vendre une franchise 208
Devenir franchiseur 210
AA Pour aller plus loin 214
Astuces 214
Questions/réponses de pro 215
Index des questions et des astuces 218
Les professionnels et experts cités dans cet ouvrage 220
Trouver des professionnels près de chez vous 224

7
La création d’entreprise
en un coup d’œil

Pour créer son entreprise, il convient, en


premier lieu, de choisir sa forme juridique,
en fonction de la taille de la structure, de
l’importance du capital social, du nombre
d’associés, du régime fiscal ou encore du sta-
tut social du dirigeant.

La définition du projet, la réalisation d’une


étude de marché, l’établissement d’un busi-
ness plan, l’objet social, le choix d’un nom
commercial, du statut juridique, la recherche
d’un financement, la domiciliation, les forma-
lités, etc. sont aussi des étapes essentielles.

Être salarié et créer son entreprise est égale-


ment une option envisageable. Pour cela, on
peut demander un congé spécifique ou bien se mettre à temps partiel. Ce sta-
tut permet de bénéficier de certains avantages. Il en va de même si l’on est au
chômage. Le choix de la domiciliation de son entreprise est aussi un élément
important. Afin de faciliter l’implantation au début de son activité, il est d’ail-
leurs parfois possible de se tourner vers une pépinière d’entreprises.

8
La création d’entreprise en un coup d’œil

Les types d’entreprises


Un entrepreneur qui souhaite créer son entreprise seul peut choisir entre
différents statuts : micro-entreprise (avec par exemple le statut d’auto-entre-
preneur), entreprise individuelle ou EIRL, société commerciale (EURL ou SASU).
Pour ne pas entreprendre seul, il peut également être utile de rechercher un
associé. Il existe alors un grand choix d’options, la plupart demandant au
minimum deux associés : les sociétés commerciales (SARL, SA, SAS, SCS,
SCA, SNC, SE), les coopératives (société coopérative, SCOP, SCIC, coopéra-
tive agricole), les sociétés civiles (SCI, SCM, SCP, SELARL, SEP, SCEA) et les
exploitations agricoles (EARL, GAEC).

L’implantation de l’entreprise : la domiciliation


La domiciliation revient à donner une adresse à sa société, on parle également
de domiciliation du siège social. La domiciliation fiscale est habituellement la
même. En outre, la domiciliation peut être différente du lieu de l’exercice de
l’activité. Il existe alors plusieurs possibilités :

ππla domiciliation commerciale dans


une société ou un centre d’affaires,
qui donnent accès à de nombreux
services complémentaires ;
ππla domiciliation d’entreprise, avec
location de bureaux ;
ππla domiciliation à domicile, une solu-
tion confortable, mais avec certaines
règles ;
ππla boîte de domiciliation, alternative à la boîte postale idéale pour les par-
ticuliers qui n’ont pas de domicile stable ou qui voyagent beaucoup.
Le contrat de domiciliation est un document écrit qui notifie l’installation
du siège d’une entreprise dans des locaux occupés par d’autres sociétés. Il
doit contenir de nombreuses mentions obligatoires. L’attestation, elle, est
demandée lors de l’enregistrement de la société. Elle justifie que celle-ci est
domiciliée à l’adresse personnelle du dirigeant.

9
La création d’entreprise en un coup d’œil

Les tarifs sont variables et extensibles d’un prestataire à un autre. Les prix
dépendent de plusieurs critères : l’adresse, les services complémentaires, la
location de bureaux pour organiser ses réunions, etc.

Les formalités
Lorsque l’on crée son entreprise, on doit faire face à certaines formalités,
qui varient selon le type de société. Il conviendra donc de se rendre auprès
d’un centre de formalités des entreprises et de se faire immatriculer dans la
plupart des cas auprès du Registre du commerce et des sociétés.

Il faut aussi penser à se renseigner auprès de l’INPI pour les droits et devoirs
concernant la propriété industrielle et à vérifier que l’activité choisie ne fait
pas partie des activités réglementées. Il convient également de rédiger des
statuts de création d’entreprise et de choisir un régime fiscal approprié.
Enfin, il est impératif de contacter un commissaire aux comptes et/ou un
commissaire aux apports si cela est nécessaire (parfois obligatoire) et de
souscrire une assurance en création d’entreprise.

Le financement et les aides à la création


Il existe différents moyens de financer
une entreprise : l’apport personnel ou
en capital, ainsi que les prêts (PCE,
prêt bancaire, prêt d’honneur, etc.).
Un entrepreneur peut également
créer son entreprise sans apport, cer-
taines formes juridiques et sociétés le
permettant.

Vous pouvez aussi, sous certaines conditions, bénéficier d’une aide. Celle-ci
peut se faire sous différentes formes : aide financière à la création d’entre-
prise octroyée par les collectivités ou certains organismes, NACRE, ACCRE,
jeune entreprise innovante, conseil à la création d’entreprise, aide pour
les chômeurs.

10
La création d’entreprise en un coup d’œil

La franchise
La franchise est un système de commercialisation de divers produits ou ser-
vices basé sur une collaboration étroite et continue entre le franchiseur et
le franchisé. Elle entre dans le cadre légal de la loi Doubin qui impose aux
entreprises développant une franchise ou d’autres formes de partenariats de
fournir un Document d’Information Préalable (DIP). Cette loi permet d’appor-
ter plus de transparence au candidat.

Il est possible de choisir sa franchise


dans de nombreux secteurs d’activité
comme la restauration, l’alimen-
taire (boulangerie, glacier, supérette,
bio, etc.), les commerces (coiffure,
automobile, informatique, fleuriste,
vêtements, optique, etc.). Toutefois,
créer une franchise ou en reprendre
une existante implique différentes
démarches : bien sélectionner son
franchiseur et son type de fran-
chise, prendre connaissance du DIP,
signer un contrat, prévoir un apport personnel et le versement de royalties au
franchiseur. En ce qui concerne la transmission, une franchise peut être soit
achetée soit vendue. Dans les deux cas, un certain nombre d’aspects sont à
vérifier et à valider préalablement : aspects comptables et juridiques, perspec-
tives d’évolution, avantages et inconvénients, fiabilité de votre interlocuteur…

Devenir franchiseur est un projet d’envergure qui nécessite de la réflexion


ainsi qu’un canevas très bien ficelé. Après avoir correctement choisi un
secteur d’activité porteur, il sera nécessaire d’établir un business plan, de
travailler sur sa faisabilité et sur son développement stratégique. Que vous
souhaitiez devenir franchiseur, en créant votre propre réseau, ou franchisé,
des cabinets spécialisés sont à votre disposition et vous donnent les moyens
de mener à bien votre projet.

11
I.
Le projet de création d’entreprise

Lorsque l’on souhaite créer


son entreprise, il s’agit de pas-
ser d’une idée à un projet.
Cela demande de nombreuses
démarches, dont la première
consiste à définir l’entreprise.
Il est alors indispensable de le
mettre par écrit afin de le cla-
rifier, de pouvoir le présenter
à l’entourage et aux éventuels
investisseurs, et de demander
des aides et financements.

À cette étape de la création, le futur dirigeant doit définir les actions à


effectuer pour mettre en place son projet, son cadre et les différentes
étapes de création : réalisation d’une étude de marché, établissement d’un
business plan pour chiffrer le projet, objet social, choix du nom commercial
et du statut juridique, financement, domiciliation, formalités, date de début
d’activité souhaitée.

12
I. Le projet de création d’entreprise

Lorsque le projet est défini, il convient d’étudier sa cohérence – réalisme, fai-


sabilité et cohérence économique –, mais aussi son adéquation avec votre
profil (contraintes, compétences, expérience professionnelle et formations…).
Pour le tester, il est intéressant d’en discuter avec des professionnels, notam-
ment dans les salons, afin d’obtenir un avis extérieur. Si le projet ne semble
pas cohérent, il faudra le modifier ou le différer avant de débuter les diffé-
rentes formalités.

Il est aussi possible de créer son entreprise lorsque l’on est salarié grâce
au congé pour création ou au temps partiel, et à l’exonération de charges
sociales. Il en est de même en cas de chômage, grâce à diverses prestations et
aides.

L’idée
Avant de se lancer dans la création de son entreprise, il faut d’abord trouver
une idée. Ensuite seulement, on pourra passer au projet de création sans en
oublier les étapes essentielles.

Trouver une idée


Une bonne idée de projet n’est pas obligatoi-
rement une idée innovante. Dans la plupart
des cas, l’entreprise fera le métier de son créa-
teur. La première idée consiste à faire ce que
l’on sait faire, mais en indépendant et non plus
en salarié. Il est également possible d’apporter
une valeur ajoutée à quelque chose d’exis-
tant, de reprendre une idée déjà exploitée, de
trouver une activité de service répondant à un
besoin ou à un manque.

On recommande souvent de choisir un domaine qui est en corrélation avec


ses passions ou que l’on apprécie particulièrement : un loisir peut devenir une
véritable activité. Ce sera une excellente solution pour se sentir à l’aise et s’in-
vestir pleinement.

13
I. Le projet de création d’entreprise

Une fois l’idée d’entreprise trouvée, il est important de la définir. Pour cela,
il convient de la mettre par écrit et de préciser les caractéristiques, l’utilité et
l’usage, le principe et le fonctionnement de cette dernière.

Vérifier la pertinence du projet


S’assurer de la viabilité d’une idée d’entreprise est un point indispensable.
Pour ce faire, il ne faut pas hésiter à en parler à son entourage et à la tes-
ter sur ses proches. Attention toutefois à ne pas s’arrêter suite à quelques
remarques ou critiques !

Pour savoir si votre idée est intéressante ou non, il sera aussi nécessaire de
réaliser une étude de marché : selon les résultats, il sera ensuite possible de
la modifier ou de l’améliorer. Dans un second temps, un business plan sera
nécessaire pour valider cette idée.

L’étude de marché
Pour savoir si un projet de création d’entreprise est viable ou pour savoir
comment repenser une idée de création d’entreprise, il est essentiel de réaliser
une étude de marché.

Une étape parfois négligée


L’étude de marché est une étape incon-
tournable dans tout projet de création
d’entreprise. Même si elle ne permet
pas de garantir qu’une idée est 100 %
bonne, elle aide à mieux s’orienter et à
réduire les risques en ayant une certaine
connaissance du marché dans lequel on
souhaite s’implanter.

Elle sert à évaluer la faisabilité commer-


ciale du projet en étudiant les acteurs
déjà présents, les tendances, la clientèle
et ses besoins.

14
I. Le projet de création d’entreprise

Réalisation de l’étude
L’étude de marché consiste à collecter des infor-
mations pertinentes selon différents moyens. C’est
le futur entrepreneur lui-même ou une entreprise
spécialisée qui est en charge de la réaliser. Dans
les deux cas, afin d’avoir une bonne visibilité sur
son projet, il est important d’être impliqué dans la
réalisation de cette étude.

Dans l’idéal, elle est effectuée quelques mois


avant le début d’activité prévu, le délai variant
selon la nature et la complexité du projet.

Une étude de marché se doit d’être méthodique,


elle répond à plusieurs étapes : la collecte d’in-
formations (recherche documentaire et statistique auprès d’organismes et
médias), une enquête auprès de son entourage, mais aussi d’un échantillon
du public visé, l’observation des différents acteurs du marché, la synthèse et
l’analyse des informations et des résultats obtenus et enfin, la rédaction d’un
rapport.

Comprendre et exploiter les résultats


L’étude de marché permet de défi-
nir l’existence ou non d’un marché
correspondant à l’activité prévue, ses
évolutions possibles, les attentes des
clients, le chiffre d’affaires réalisable
et sur quel délai. En fonction des
résultats, le créateur pourra définir la
cohérence de son projet, positionner
son produit ou son service par rap-
port à l’offre existante, trouver comment se différencier de ses concurrents,
valider, modifier ou abandonner son projet. Si l’étude de marché confirme la
faisabilité du projet, le créateur pourra alors établir son business plan.

15
I. Le projet de création d’entreprise

Le business plan
Le business plan est un document de référence tant pour l’entrepreneur que
pour les investisseurs.

Un document essentiel
L’écriture du business plan est un travail de fond
nécessaire. Il permet au créateur d’organiser son
idée, de mettre en évidence ses différents atouts,
de chiffrer ses besoins, de présenter son projet à
d’éventuels investisseurs ou banquiers dans le cadre
du financement de la création d’entreprise.

Ce dossier de présentation doit donc être irrépro-


chable et répondre aux attentes des investisseurs.
Il oblige à être exhaustif sur la définition du projet.
En effet, grâce à ce dernier, les investisseurs auront
connaissance de la spécificité du projet et de l’activité de l’entreprise, de
la projection financière du projet, de ce que l’investissement apportera au
projet.

Contenu
Bien plus qu’un exercice de style, le
business plan se découpe en diffé-
rentes parties : l’executive summary,
la présentation de l’offre, le marché
et la concurrence, le financement et
bien sûr l’équipe.

L’executive summary est le résumé


du dossier en deux pages. Il per-
met de se faire une idée globale du projet. Vient ensuite la présentation de
l’offre : il est alors indispensable que le lecteur comprenne très vite le produit
ou le service proposé par la société ainsi que sa particularité et son avantage
concurrentiel. Un business plan doit être le plus complet possible, tout en

16
I. Le projet de création d’entreprise

étant clair et concis. Il peut être rédigé par le


créateur d’entreprise ou par une société spé-
cialisée. Il est également possible de trouver
des modèles, mais, dans tous les cas, il doit
contenir des informations propres au projet.

Le business plan rassemble les informa-


tions suivantes : activité envisagée, clients
potentiels, concurrence, valeur ajoutée par
rapport aux concurrents ou aux activités
déjà existantes et objectifs fixés. Il doit aussi faire état des moyens mis en
œuvre pour permettre au créateur d’atteindre les objectifs fixés, qu’ils soient
humains (effectifs prévus), matériels ou de communication.

Plan de trésorerie et d’exploitation, il doit également permettre de connaître


le prix de vente des produits ou services, fixé en comparaison de ceux pra-
tiqués par les concurrents, les dépenses et recettes estimées mensuellement
sur plusieurs années, les variations en fonction des saisons, le chiffre d’affaires
prévisible.

L’objet social d’une société


Pour créer son entreprise, il faut définir l’objet social de sa société afin de fixer
juridiquement l’activité que l’on souhaite exercer.

Définir son activité


L’objet social d’une société correspond
au type d’activité qu’elle a l’intention
d’exercer. Selon l’article 1833 du
Code civil, il ne doit pas avoir un
caractère illicite ni être contraire aux
bonnes mœurs.

Si la forme juridique choisie pour la


société nécessite la rédaction de sta-
tuts, l’objet social doit alors être fixé

17
I. Le projet de création d’entreprise

dans ces derniers : on parle parfois d’« objet statutaire ». L’objet social déli-
mite la capacité d’action de la société : en principe, une entreprise ne peut
pas exercer une activité qui ne correspond pas à son objet social.

Choisir l’objet social d’une société


Il est important de choisir l’objet social de façon à ne pas avoir à apporter
de modifications ultérieures, car tout changement implique des coûts. Il doit
donc être défini le plus clairement possible, sans pour autant limiter l’activité
de la société. On peut par exemple indiquer le type d’activité pratiqué par la
société, tout en précisant qu’elle pourra réaliser des opérations directement
ou indirectement liées à l’activité principale.

Important : l’objet social doit correspondre à l’activité réelle exercée par la


société.

Attribution du code APE


Le code APE – Activité Principale
Exercée – d’une entreprise est valable
pendant toute la durée de son activité. Il
est attribué au moment de son enregis-
trement auprès de l’INSEE. Il concerne
toutes les entreprises, quel que soit leur
statut juridique, et permet leur classe-
ment par secteur d’activité. Il doit être
mentionné sur de nombreux documents
administratifs, notamment les bulletins
de salaire.

L’INSEE définit le code APE de chaque société en fonction de la Nomenclature


des Activités Françaises (NAF) ; c’est l’objet social d’une société qui permet
de le déterminer. Si une entreprise exerce plusieurs activités, il sera défini en
fonction de son activité principale, notée dans l’objet social.

Bon à savoir : le dossier de l’entreprise est transmis par le centre de formalités


des entreprises compétent lors de l’enregistrement de sa création.

18
I. Le projet de création d’entreprise

La dénomination sociale
Afin qu’une société puisse être identifiée, il convient de choisir et enregistrer
une dénomination sociale.

Identité de l’entreprise
La dénomination sociale permet d’identifier une
société en tant que personne morale : c’est un
peu comme le nom de famille d’une personne
physique. Elle est utilisée pour l’ensemble de
l’existence sociale et administrative de l’entre-
prise, mais aussi pour toutes ses activités. Elle
figure dans de nombreux documents adminis-
tratifs et commerciaux, tels que les statuts, les
bilans, les bulletins de salaire, les factures, les
devis, les lettres, etc.
Bon à savoir : pour les sociétés civiles, on parle
de « raison sociale ».

Dénomination sociale et nom commercial


La dénomination sociale peut également servir de nom commercial, c’est-
à-dire de marque. Si la société vend uniquement sous une marque, il est
conseillé d’en choisir une qui servira de nom commercial. En revanche, si elle
a besoin de plusieurs marques, la dénomination sociale sera nécessairement
différente du nom commercial.
Quoi qu’il en soit, on recommande de choisir une dénomination simple qui
reflétera l’esprit de la société.

Bien choisir sa dénomination sociale


La dénomination sociale peut être librement choisie et reprendre le statut juri-
dique d’une entreprise, cependant, il convient d’être vigilant quant au respect
de quelques règles.

19
I. Le projet de création d’entreprise

Lorsque l’on choisit sa dénomination sociale, il faut notamment veiller à


ne pas utiliser un nom déjà employé par une autre société. Pour cela, il est
nécessaire de vérifier auprès de l’INPI – Institut national de la propriété indus-
trielle – ou d’Infogreffe (l’information légale sur les entreprises). Pour être
certain de ne pas avoir de problème avec une autre société, il sera également
possible de faire une recherche de similarité auprès de ces organismes.

Par ailleurs, certains caractères et termes sont exclus


de la dénomination sociale : on peut insérer des
caractères spéciaux tels que « @ », « * », « / »,
mais on ne peut pas utiliser le symbole « € » ni des
termes illicites, contraires aux bonnes mœurs et à
l’ordre public.

La société est enregistrée auprès du Registre du


commerce et des sociétés (RCS) avec sa dénomi-
nation sociale ; dès lors, sa propriété sera acquise.
On peut aussi l’enregistrer auprès de l’INPI pour la
protéger.

Le nom commercial
Lorsque l’on crée sa société, choisir un nom commercial permet aux clients
d’identifier facilement l’entreprise.

Un nom différent de la dénomination sociale


Le nom commercial n’est pas obligatoire, il sert à identifier une société et peut
être utilisé pour se faire connaître du public. Il est différent de la dénomina-
tion sociale, qui correspond au nom légal de la société.

Il figure également sur les documents commerciaux et sur certains documents


légaux, en plus des mentions obligatoires telles que la dénomination sociale, le
siège social, le numéro SIREN, etc. Il peut figurer dans les statuts de la société.

Bon à savoir : le nom commercial a une valeur patrimoniale, il pourra donc


être cédé en même temps que le fonds de commerce.

20
I. Le projet de création d’entreprise

Choisir un nom commercial


Le créateur peut choisir librement son
nom commercial, qui peut alors être
identique à la dénomination sociale ou
au nom patronymique. Mais il peut éga-
lement s’agir d’un pseudonyme, nom de
fantaisie, nom patronymique (nom de
l’entrepreneur ou d’autrui si la société
est autorisée à l’utiliser), prénom.

En revanche, il convient de respecter certaines règles lors de la dénomination.


Ainsi, le nom commercial ne doit pas être contraire aux bonnes mœurs et à
l’ordre public ni porter atteinte à des noms déjà protégés, que ce soit pour un
nom commercial, une marque, une dénomination sociale, une enseigne, un
nom de domaine, etc.

S’il est identique ou similaire à un nom bénéficiant d’un droit antérieur, le


créateur pourra être attaqué ; il est donc prudent de faire une recherche d’an-
tériorité et de similarité auprès de l’INPI.

Protéger son nom commercial


Le nom commercial choisi doit être enregis-
tré auprès du Registre du commerce et des
sociétés (RCS), sa protection naît de son
premier usage.

Si une autre société veut utiliser le même


nom, il sera alors possible de l’en empê-
cher s’il s’avère qu’il existe une utilisation
postérieure, que cette société a une activité
similaire, que son activité a lieu dans la même zone d’attraction, et donc, qu’un
risque de confusion dans l’esprit du public est possible. Même si cela n’est pas
obligatoire, une société a également la possibilité de déposer son nom commer-
cial auprès de l’INPI.

21
I. Le projet de création d’entreprise

Le statut juridique d’une entreprise


Lorsque l’on a un projet de création d’entreprise, il est nécessaire de choisir
son statut juridique.

Cadre légal
Le statut juridique doit correspondre au projet, c’est le cadre qui permet à un
entrepreneur d’exercer son activité en toute légalité. Les statuts juridiques
varient selon si vous entreprenez seul ou à plusieurs, mais il est possible de
démarrer avec une petite structure, puis de la faire évoluer.

Récapitulatif
Pour ne pas vous tromper dans le choix du statut juridique de votre entre-
prise, reportez-vous au tableau ci-dessous.

Nombre
Statut Capital Statut social
min. Dirigeant Régime fiscal
juridique min. du dirigeant
d’associés
Régime des
Entreprise Pas de Impôt sur le
Un Entrepreneur travailleurs
individuelle capital revenu
non-salariés
Impôt sur le
Régime des
Pas de revenu ou
EIRL Un Entrepreneur travailleurs
capital impôt sur les
non-salariés
sociétés
Régime des
Auto- Pas de Impôt sur le
Un Entrepreneur travailleurs
entrepreneur capital revenu
non-salariés
• Si gérant
associé :
régime des
Impôt sur le
travailleurs
Pas de revenu ou
EURL Un Gérant non-salariés
minimum impôt sur les
• Si gérant
sociétés
non asso-
cié : assimilé
salarié

22
I. Le projet de création d’entreprise

Nombre
Statut Capital Statut social
min. Dirigeant Régime fiscal
juridique min. du dirigeant
d’associés
Pas de Impôt sur les
SASU Un Président Assimilé salarié
minimum sociétés
• Si gérant
minoritaire
ou égali-
taire : assi-
Pas de Un ou plusieurs milé salarié Impôt sur les
SARL Deux
minimum gérants • Si gérant sociétés
majoritaire :
régime des
travailleurs
non-salariés
Président et
possibilité Impôt sur les
SA Sept 37 000 € Assimilé salarié
de Directeur sociétés
général
Pas de Impôt sur les
SAS Un Président Assimilé salarié
minimum sociétés
Impôt sur les
sociétés pour
les associés
Régime des comman-
Pas de Un ou plusieurs
SCS Deux travailleurs ditaires et
minimum gérants
non-salariés impôt sur le
revenu pour
les associés
commandités
• Gérant com-
manditaire :
régime des
travailleurs
Un ou plusieurs Impôt sur les
SCA Quatre 37 000 € non-salariés
gérants sociétés
• Gérant non
associé :
assimilé
salarié
Régime des
Pas de Un ou plusieurs Impôt sur le
SNC Deux travailleurs
minimum gérants revenu
non-salariés

23
I. Le projet de création d’entreprise

Nombre
Statut Capital Statut social
min. Dirigeant Régime fiscal
juridique min. du dirigeant
d’associés
Impôts et
taxes des
États dans
SE Deux 120 000 € Président Assimilé salarié lesquels la
société dis-
pose d’une
structure
• Si titulaire
d’un contrat
• SARL : de travail :
30 € Mandataire salarié Impôt sur les
SCOP Deux
• SA : social • Sinon, sociétés
18 500 € régime des
travailleurs
non-salariés
• Si titulaire
d’un contrat
Trois pour • SARL :
de travail :
une pas de
Un ou plusieurs salarié Impôt sur les
SCIC SARL, et minimum
gérants • Sinon, sociétés
sept pour • SA :
régime des
une SA 18 500 €
travailleurs
non-salariés
Coopérative Pas de Impôt sur les
Sept Président Assimilé salarié
agricole minimum sociétés
• Si gérant
minoritaire
ou égali-
taire : assi- Impôt sur les
Pas de Un ou plusieurs milé salarié sociétés ou
SCI Deux
minimum gérants • Si gérant impôt sur le
majoritaire : revenu
régime des
travailleurs
non-salariés
Régime des Impôt sur
Pas de
SCM Deux Gérant travailleurs les sociétés
minimum
non-salariés possible

24
I. Le projet de création d’entreprise

Nombre
Statut Capital Statut social
min. Dirigeant Régime fiscal
juridique min. du dirigeant
d’associés
Régime des
Pas de Un ou plusieurs Impôt sur le
SCP Deux travailleurs
minimum gérants revenu
non-salariés
• Si gérant
minoritaire
ou égali-
taire : assi-
Pas de Un ou plusieurs milé salarié Impôt sur les
SELARL Deux
minimum gérants • Si gérant sociétés
majoritaire :
régime des
travailleurs
non-salariés
Régime des
Pas de Un ou plusieurs Impôt sur le
SEP Deux travailleurs
minimum gérants revenu
non-salariés
Régime des
Pas de Un ou plusieurs Impôt sur le
SCEA Deux travailleurs
minimum gérants revenu
non-salariés
Régime des Impôt sur le
Un ou plusieurs travailleurs revenu ou
EARL Un 7 500 €
gérants. non-salariés impôt sur les
agricoles sociétés
Régime des
Un ou plusieurs travailleurs Impôt sur le
GAEC Deux 1 500 €
gérants non-salariés revenu
agricoles

Que faire selon son statut ?


Que l’on soit salarié ou bien au chômage, il existe des solutions et des aides
pour créer son entreprise.

Salariat et création d’entreprise


La création d’entreprise par un salarié est favorisée par le congé pour création,
le temps partiel et l’exonération de charges sociales. Tout salarié a une obliga-
tion de loyauté envers son employeur, que ce soit en matière de discrétion ou de

25
I. Le projet de création d’entreprise

non-concurrence, l’activité exercée dans le cadre de la création d’entreprise


ne doit donc pas porter atteinte à ce dernier. Le statut d’auto-entrepreneur
est particulièrement adapté aux salariés qui veulent créer une entreprise pour
exercer une activité complémentaire à leur métier.

Lorsqu’un salarié a pour projet de


créer son entreprise, il peut deman-
der un congé pour création à son
employeur, afin de s’absenter pour
une durée d’un an maximum, renou-
velable une fois, pour créer sa propre
entreprise ou pour assurer des fonc-
tions de direction dans une entreprise
innovante. Le contrat de travail du
salarié est alors suspendu et il ne touche plus de salaire, mais à l’issue du
congé, il a la possibilité de retrouver son poste. Un salarié peut aussi deman-
der à son employeur de travailler à temps partiel afin de se consacrer à son
projet ; cela lui permet de réduire son temps de travail tout en continuant à
travailler pour un nombre d’heures défini et à percevoir un salaire.

Le congé ou le temps partiel pour création d’entreprise est également acces-


sible aux salariés des entreprises privées, à condition qu’ils aient au moins
24 mois d’ancienneté, consécutifs ou non, dans la société ou dans une société
du même groupe.

Le salarié qui souhaite disposer de l’un de ces deux dispositifs doit en informer


son employeur au moins deux mois à l’avance par lettre recommandée avec
accusé de réception ou lettre remise en
main propre contre décharge. Il doit
notamment y préciser la date souhai-
tée pour la mise en place du dispositif,
la durée, la réduction de temps de tra-
vail désirée en cas de temps partiel, et la nature de l’activité de l’entreprise
créée. L’employeur dispose ensuite de trente jours pour donner sa réponse ; il
peut aussi demander le report du congé ou du temps partiel, mais ne peut le
refuser que si l’activité de l’entreprise créée n’est pas assez explicite.

26
I. Le projet de création d’entreprise

Enfin, lorsqu’un salarié crée son entreprise, il peut bénéficier d’une exonéra-
tion de charges sociales pendant la première année de son activité. Celle-ci
comprend les cotisations de l’assurance maladie et maternité, des allocations
familiales, de la retraite de base.

Pour en bénéficier, il doit en faire la demande auprès de l’organisme social


auquel il est rattaché au titre de son entreprise. Il doit également répondre à
certaines conditions : avoir effectué un minimum de 910 h en tant que salarié
au cours des 12 mois précédant la création d’entreprise, effectuer un mini-
mum de 455 h en tant que salarié les 12 mois suivant la création d’entreprise,
ne pas dépasser un plafond de revenu supérieur à 120 % du SMIC.

Chômage et création d’entreprise


Lorsqu’un chômeur a pour projet de
créer une entreprise, il doit en informer
son conseiller Pôle-emploi. Ce dernier
organise alors un accompagnement spé-
cifique avec la possibilité d’accéder à
de nombreuses prestations. Les futurs
créateurs ou repreneurs d’entreprise
peuvent suivre des ateliers afin de mettre
en place leur projet tout en bénéficiant de conseils de professionnels. Selon
l’avancement, ils portent sur la réflexion, l’idée, la structuration du projet. En
compléments, des documents sont mis à la disposition de chacun.

En outre, lorsque le projet est avancé, les chômeurs peuvent bénéficier d’une
Évaluation Préalable à la Création d’Entreprise (EPCE). Elle prend la forme
d’entretiens individuels sur plusieurs semaines, le demandeur d’emploi fait le
point sur la faisabilité du projet.

Les chômeurs peuvent également bénéficier d’une Évaluation en Milieu de


Travail (EMT) : ils sont accueillis dans une entreprise afin de valider leur projet.
Cela permet de découvrir les conditions d’exercice d’un métier, la durée maxi-
mum étant de 80 h. Dans ce cas, un contrat est établi entre Pôle-emploi, le
futur créateur et l’entreprise.

27
I. Le projet de création d’entreprise

Enfin, créer une entreprise lorsque l’on est au chômage donne droit à de
nombreuses aides : le chômeur inscrit à Pôle-emploi continue de bénéficier de
l’ARE (Aide au Retour à l’Emploi) pendant toute la phase de création ; il peut
aussi obtenir le maintien d’une partie de l’ARE ou le versement de la moitié
restante sous forme de capital. Il bénéficie également d’un accompagnement
personnalisé pendant les premiers mois d’activité avec le dispositif NACRE,
ainsi que d’une exonération de charges sociales avec l’ACCRE.

Les cas particuliers


Lorsque l’on souhaite créer son entreprise, il est également possible de
reprendre une entreprise existante, ou de créer son entreprise à l’étranger.

Reprise d’entreprise
Comme pour la création d’entreprise, la reprise
nécessite de bien définir son projet et de réali-
ser un certain nombre de démarches. Pour ce
faire, il est nécessaire de signer un protocole
d’accord avec le ou les cédants, un acte de
cession sous seing privé (s’il n’y a pas cession
d’immeuble) ou sous forme d’acte authentique devant un notaire.

Les formalités administratives varient ensuite selon le type d’entreprise


reprise, elles vous sont présentées dans le tableau ci-dessous.

Entreprise reprise Formalités


• Publication de la vente auprès d’un journal d’annonces légales
• Publication d’un avis au BODACC (Bulletin officiel des annonces
Fonds de commerce
civiles et commerciales)
ou fonds artisanal
• Immatriculation auprès du Registre du commerce et des sociétés
ou du répertoire des métiers
• Modification des statuts
• Publication d’un avis au BODACC (bulletin officiel des annonces
Société civiles et commerciales)
• Enregistrement des nouveaux statuts et de l’acte de cession
auprès du service des impôts

28
I. Le projet de création d’entreprise

Un repreneur doit choisir l’entreprise à reprendre en fonction de ses attentes,


de ses compétences, mais aussi de ses capacités financières. Il doit également
prendre en compte l’activité qu’il souhaite exercer, la localisation, ses compé-
tences personnelles, la taille de l’entreprise, le prix de cession et les modalités
de reprise. Par ailleurs, il faut nécessairement prendre connaissance du mar-
ché et être en mesure de se situer par rapport à l’offre. Plusieurs options
sont envisageables : rechercher dans son réseau professionnel, familial ou
encore amical, s’adresser à un intermédiaire, prospecter, consulter les petites
annonces spécialisées. On peut aussi reprendre une entreprise familiale ou
celle de son patron.

Créer son entreprise à l’étranger


Il est possible de créer son entreprise à l’étranger, que ce soit pour y instal-
ler son siège social ou y développer son activité. On peut alors avoir recours
à différentes structures, selon le type d’implantation envisagé. Le tableau ci-
après récapitule les options qui s’offrent à vous.

Structures Projet Caractéristiques


Avec un siège social à
l’étranger, l’entrepreneur
n’est pas obligé d’avoir une
Si un entrepreneur sou-
structure en France, mais il
Siège social haite exercer son activité à
est entièrement soumis aux
l’étranger
conditions de création d’en-
treprise et aux législations
du pays
A un rôle de relais, mais ne
permet pas d’exercer une
Si une entreprise souhaite
activité en tant que telle :
Bureau de liaison uniquement établir un lien
sa gestion administrative
avec des acteurs d’un pays
est assurée par la société
mère
Se présente comme un
Si une société souhaite établissement secondaire :
Succursale étendre ses activités à sa gestion est indépen-
l’étranger dante, tout en étant sous le
contrôle de la société mère

29
I. Le projet de création d’entreprise

Structures Projet Caractéristiques


Structure permanente avec
Une filiale dépend de la
une personnalité juridique
Filiale législation en vigueur dans
indépendante de la société
le pays d’implantation
française
Si l’entreprise souhaite
exercer son activité dans
Société européenne N/A
différents pays de l’Union
européenne

Les démarches de création d’entreprise varient d’un pays à l’autre : il faut


prendre en compte la législation et la réglementation de chacun. De plus, le
créateur doit prendre en considération la langue, les habitudes de consom-
mation, les besoins des populations, les perspectives d’évolution, la législation
économique, sociale et fiscale en vigueur. Il est possible de s’informer auprès
d’organismes français tels que les centres de formalités des entreprises.

30
I. Le projet de création d’entreprise

AA Pour aller plus loin


Astuces

Création d’un e-commerce : comment éviter les pièges ?

Monter une boutique en ligne quand on n’y connaît pas grand-chose à la création
de site Internet, c’est possible en passant par des prestataires. Mais attention,
entre ceux qui profitent de l’ignorance des entrepreneurs pour les emprisonner
dans un contrat peu avantageux, et l’imprudence de certains commerçants, il est
compliqué d’éviter les faux pas.
Certains prestataires vendent des boutiques en ligne toutes faites avec nom de
domaine. Ce qu’ils ne précisent pas directement à leurs clients, c’est que les
noms de domaine leur appartiennent à eux, et non pas aux clients. Si l’entrepre-
neur souhaite se détacher de son prestataire, il est obligé de lui racheter le nom
de domaine. Le même raisonnement s’applique pour les adresses de messagerie
électronique. Il est donc essentiel que l’entrepreneur ait le total contrôle des
e-mails. Or, cela ne peut se faire que s’il est propriétaire du nom de domaine.
Par ailleurs, on peut très bien créer un site Web sans graphisme, uniquement
en y implantant des fonctions de base. Le coût de création restera alors relati-
vement réduit. Or, pour qu’une boutique en ligne se détache de la concurrence,
elle doit comporter un graphisme attractif et des fonctionnalités efficaces. Avant
de choisir un prestataire, vérifiez bien que son offre comprend des prestations
de graphisme, et déchiffrez les conditions générales de vente afin de mettre en
avant ce qui est inclus dans le prix et ce qui ne l’est pas (maintenance, coût d’une
résolution de bug, numéro d’appel surtaxé, etc.). Pour un ensemble cohérent, il
est préférable de réaliser la conception graphique une fois les contenus rédigés.
Certains prestataires font miroiter la réalisation d’un site Web entier en un temps
record. Fuyez ces solutions : elles ne prennent absolument pas en compte cer-
tains éléments essentiels comme le référencement naturel, les statistiques, etc.
D’autre part, croire que créer une plateforme en ligne suffira à « gérer » vos clients
est une grossière erreur. Ne misez pas tout sur l’aspect graphique : le client n’est
pas dupe et se rendra compte très vite que le suivi, la navigation ou encore la
mise à jour du catalogue n’est pas à la hauteur. Lorsque vous vous absentez pour
congés, ne croyez pas que votre absence de réponse au téléphone ou par mail sera
suffisante. Au contraire, celle-ci peut donner une image très négative à l’internaute

31
I. Le projet de création d’entreprise

cherchant à vous contacter, qui peut se sentir abandonné et aller voir la concur-
rence. Prévoyez aussi un message indiquant l’objet de votre absence et votre date
de retour prévue.
Votre site est très visité ? C’est bien ! Mais si ce trafic ne se transforme pas en
chiffre d’affaires, votre vitrine e-commerce n’aura pas rempli son objectif princi-
pal. La fraction de visiteurs qui réalise un achat par rapport au nombre de visiteurs
total s’appelle le « taux de conversion », ou « taux de transformation ». Gardez à
l’esprit que celui-ci est encore plus important que le trafic lui-même. En effet, si
vous avez un fort trafic, mais un taux de conversion faible, l’augmentation de vos
revenus par une hausse supplémentaire de votre trafic aura des résultats aléatoires.
En revanche, si vous avez relativement peu de visiteurs, mais un taux de conver-
sion conséquent, vous disposerez d’un levier important de chiffre d’affaires à partir
du moment où vous parvenez à augmenter votre trafic par de la visibilité. L’idée
est donc d’optimiser ce taux, en suivant certaines règles :
ππles trois clics : pour trouver le produit qui l’intéresse, l’internaute ne doit
pas avoir à faire plus de trois clics (règle parfois difficile à appliquer).
ππLoi de Miller, ou « principe du 7 plus ou moins 2 », selon lequel le cerveau
humain peut traiter simultanément un maximum de 7 éléments (entre 5
et 9 tout du moins) ; en pratique, cela implique qu’un menu de navigation
compte un maximum de 7 éléments pour que le tout soit compréhensible
par le lecteur.
En outre, certains « néo-e-commerçants » pensent qu’il leur suffit de mettre leur
site en ligne pour qu’il soit visible par tous. Or, il n’en est rien, et pour être visible,
un site, même très bien fait, doit faire l’objet d’un référencement sur les moteurs
de recherche. Le credo de beaucoup de créateurs de sites Internet est de proposer
une prestation de référencement dans les moteurs de recherche. Mais de quel réfé-
rencement s’agit-il ?
Avant de choisir un prestataire, l’entrepreneur doit demander un détail précis des
actions qui seront entreprises : type (naturel – SEO –, ou payant – SEA), adresse des
blogs destinés à diffuser l’information, nombre de soumissions aux annuaires et
de soumission d’articles sur des blogs… Le référencement s’inscrit dans la durée.
L’entrepreneur doit avoir la possibilité de casser le contrat si les résultats ne lui
conviennent pas.
Enfin, lors du choix de votre nom de domaine, vous pouvez être tenté de faire
apparaître le nom d’un concurrent pour drainer une part du trafic et tenter de can-
nibaliser la notoriété de l’entreprise adverse. Ne jouez pas à ce jeu : cette forme de

32
I. Le projet de création d’entreprise

parasitisme (le cybersquattage), qui peut aller jusqu’à être qualifié de contrefaçon,
peut être très lourdement sanctionnée par des dommages-intérêts (dépassant par-
fois le million d’euros, selon la taille de l’entreprise et le préjudice causé).

Une idée de business qui fonctionne ?


Bien sûr, une bonne idée n’assurera en rien votre succès. Il n’en reste pas moins
que la réunion d’une bonne idée et d’une forte volonté de réussir constitue les clés
de la réussite.
Dans un premier temps, suivez le mouvement et choisissez les tendances du
moment. À l’heure actuelle, c’est la socialisation sur Internet qui a le vent en
poupe.
Lorsque la ville nous donne des murs, Internet nous offre un monde où l’on peut
observer autrui à travers une paroi transparente. Recherchez donc les exemples de
réussite via une plateforme sociale, et inspirez-vous de leur façon de faire. À noter
que suivre une tendance n’est pas tout, l’idéal est de l’anticiper !
Comment trouver le créneau, la « niche » ? En faisant le tour des meilleures ventes
des géants du commerce en ligne, et en effectuant une recherche sur l’analyseur
de mots-clés d’un moteur de recherche. À l’aide d’une recherche sur Internet,
déterminez quels sont les produits qui se vendent le mieux chez les plus grandes
enseignes françaises en ligne.
En outre, ce qui vous intéresse, ce n’est pas précisément le produit, mais le thème
qui tourne autour de ce dernier. Si vous constatez par exemple que les meilleures
ventes de livres concernent la diététique, c’est que ce secteur intéresse le consom-
mateur. Ouvrez aussi un compte sur un moteur de recherche, et rendez-vous sur
son générateur de mots-clés : entrez plusieurs thèmes, et voyez quels sont ceux qui
engendrent le plus de requêtes de la part des internautes. Ce que vous avez recher-
ché, c’est donc un créneau et non pas un produit. À partir de cela, vous pourrez
trouver une idée qui fonctionne.
Enfin, la plupart des innovations Internet, et même d’ailleurs Internet lui-même,
viennent d’Amérique. Une bonne idée naissant et se développant outre-Atlantique
rencontrera certainement le succès dans quelques années en France. Connectez-
vous sur les sites d’auto-entrepreneurs américains pour vous inspirer de leurs
success-stories.

33
I. Le projet de création d’entreprise

Questions/réponses de pro

Quel statut choisir ?


Je souhaite créer seule une entreprise de coaching en vente, quel statut choisir
et pourquoi ?
Question de Sanphi

ΔΔ Réponse de Nandou
Le choix du statut juridique dépend de plusieurs problématiques : la
protection de son patrimoine, assujettissement ou non à la TVA, le CA pré-
visionnel… Je vous conseille de vous tourner vers un conseiller à la création
d’entreprise afin d’entamer une réflexion avec l’ensemble des éléments de
votre projet.
Je vous rappelle cependant que le choix du statut juridique fait suite à
l’étude de marché et l’étude financière, et non l’inverse.

Création d’entreprise avec un diplôme ADVF

Je voudrais savoir si, avec un diplôme ADVF (assistante de vie familiale), je peux
créer une entreprise ou une association.
Question de Boudha

ΔΔ Réponse de Pm
En deux mots, une société de services à la personne se crée comme toute
entreprise de services, sauf qu’au lieu de vendre un service, vous vous occu-
pez de personnes âgées, handicapées, etc.
Donc, une fois diplômé, il faudra vous faire agréer par les services de l’État
afin de pouvoir développer votre entreprise en toute légalité dans ce secteur
très particulier.

Création d’une micro-entreprise

Puis-je créer une micro-entreprise d’entretien intérieur et extérieur de maisons


sans diplôme, tout en conservant mon emploi actuel ?
Question de JP

34
I. Le projet de création d’entreprise

ΔΔ Réponse de Patbig34
Cela s’appelle soit l’auto-entreprise, soit l’entreprise individuelle. Attention
les obligations et cotisations ne sont pas les mêmes.
Si vous n’êtes pas fonctionnaire et que vous n’avez pas un contrat à plein
temps qui stipule que vous devez consacrer l’intégralité de votre travail à
votre employeur, c’est possible. Dans le cas contraire, ce serait déloyal et
pourrait constituer une cause de rupture de votre contrat de travail.
Enfin si votre employeur exerce la même activité, alors attention, il peut
y avoir conflit d’intérêts. Le contrat de travail inclut la notion de loyauté
intrinsèquement attachée à votre lien de subordination.
En gros, il est peu concevable de faire concurrence à son employeur. En
revanche, s’il signe une autorisation qui vous libère de ce risque de recours,
alors vous serez de bonne foi et il ne pourra invoquer le manque de loyauté
pour vous renvoyer.
ΔΔ Réponse de Sandra
Quelle est votre activité actuelle ? Y a-t-il une concurrence avec votre
employeur ? Si vous travaillez déjà 35 h ou plus, quand travaillerez-vous à
votre compte ? Vous souhaitez vous faire rémunérer de vos prestations de
quelle manière ? Avez-vous déjà le gros matériel ? Etc.
Une fois que vous aurez répondu à toutes ces questions, vous pourrez choi-
sir votre statut fiscal (auto-entrepreneur, micro-entreprise, etc.), et votre
statut juridique (entreprise individuelle pour les AE et micro-entreprises,
SARL, EURL, EIRL, SA, etc.).

35
II.
Entreprendre seul

Si l’on souhaite créer son entre-


prise seul et avec une petite
structure, il est possible de
s’orienter vers la micro-entre-
prise. Il en existe différents
types : l’entreprise individuelle,
le statut d’auto-entrepreneur,
l’EIRL (entreprise individuelle à
responsabilité limitée), l’EURL
(entreprise unipersonnelle à res-
ponsabilité limitée) et la SASU
(société par actions simplifiée
unipersonnelle).

Une entreprise individuelle n’a qu’un seul dirigeant. Elle convient particulière-
ment aux petites structures et aux entrepreneurs réalisant un chiffre d’affaires
annuel peu élevé. À l’inverse, avec l’EIRL, le patrimoine personnel de l’entre-
preneur est protégé. Le régime de l’auto-entrepreneur présente, quant à lui,
de nombreuses spécificités, aussi bien au niveau de sa création que de sa ges-
tion. Enfin, l’EURL (entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée) est une
société commerciale qui peut être créée par un seul entrepreneur.

36
II. Entreprendre seul

La micro-entreprise
La micro-entreprise est un régime simplifié adapté aux petites structures. La
création en est donc simplifiée.

Entrepreneurs concernés
Les entrepreneurs individuels qui
pensent que leur chiffre d’affaires
n’excédera pas un certain plafond
peuvent s’orienter vers le régime
de la micro-entreprise. Cependant,
certaines activités sont exclues de
ce système. Pour pouvoir bénéficier
de ce régime, l’entrepreneur ne doit
toutefois pas réaliser un chiffre d’af-
faires annuel supérieur à :

ππ82 200 € pour les activités commerciales ;


ππ32 900 € pour les prestations de services ;
ππ82 200 € au total et 32 600 € pour la part des prestations de services, en
cas d’activité mixte.
Ne peuvent pas être considérés comme micro-entreprise les sociétés, les orga-
nismes sans but lucratif et les offices publics ou ministériels. Par ailleurs, on ne
peut pas choisir le statut de micro-entreprise si l’activité consiste à vendre, ache-
ter et lotir des biens immobiliers, réaliser des opérations de location de matériels
ou de biens de consommation durables (sauf lorsqu’elles présentent un carac-
tère accessoire et que cela est en rapport), intervenir sur les marchés financiers.

Régime social, TVA et fiscalité


Le régime de la micro-entreprise présente des spécificités tant au niveau du
régime social, que de la TVA et de la fiscalité. Les entreprises créées sous ce
statut relèvent du régime social des indépendants (RSI). Elles peuvent être,
au choix, sous le régime micro-social (le montant des cotisations sociales est

37
II. Entreprendre seul

calculé selon un taux global qui varie selon l’activité exercée et qui s’applique
au CA mensuel ou trimestriel), ou sous le régime de droit commun (l’assiette
de calcul des cotisations est définie selon l’imposition des bénéfices). Une
micro-entreprise n’est pas assujettie à la TVA. Elle ne la facture donc pas, mais
ne peut pas non plus la récupérer sur ses achats et investissements.

Les entreprises créées sous ce régime


bénéficient de deux types de régimes
fiscaux : classique ou versement libé-
ratoire. Le premier cas correspond
au régime attribué de plein droit. Le
micro-entrepreneur n’a pas à éta-
blir de déclaration fiscale au titre des
bénéfices industriels et commerciaux
(BIC) ou des bénéfices non commer-
ciaux (BNC) ; il suffit de porter son CA annuel sur la déclaration de revenu
no 2042. Dans le second cas, le micro-entrepreneur qui veut en bénéficier
doit en faire la demande auprès du RSI. Il règle l’impôt sur le revenu corres-
pondant à son chiffre d’affaires en même temps que les cotisations sociales,
chaque trimestre ou chaque mois ; le taux appliqué varie en fonction de l’acti-
vité exercée.

Formalités
Le régime de la micro-entreprise a été mis en place afin d’être adapté aux
petites structures. Il présente donc certains avantages : un accompagne-
ment et une aide à la création d’entreprise spécifiques, une simplification des
démarches de création et de la gestion d’entreprise, un régime fiscal simplifié.

Les formalités de création d’entreprise sont réduites au maximum pour les


micro-entreprises. Ces dernières doivent uniquement déclarer leur activité
auprès d’un centre de formalités des entreprises (CFE). Celui-ci est différent
selon l’activité : il peut s’agir de la Chambre de commerce et d’industrie (CCI)
pour les commerçants, de la Chambre des métiers et de l’artisanat pour les
artisans, de l’URSSAF pour les professions libérales ou encore du greffe du tri-
bunal de commerce pour les agents commerciaux.

38
II. Entreprendre seul

L’entreprise individuelle
Lorsque l’on souhaite créer son entreprise seul, on peut créer une entreprise
individuelle, qui fait partie des micro-entreprises.

Spécificités
L’entreprise individuelle se distingue des autres entreprises sur de nombreux
aspects.

Tout d’abord, elle suppose un faible


engagement financier à la création :
lorsqu’un entrepreneur souhaite créer
une entreprise individuelle, il n’a pas
besoin de mettre à disposition un
capital. Cette notion n’existe pas dans
ce type d’entreprise. L’engagement
financier du créateur se limite donc
à l’investissement nécessaire pour la
création, et aux éventuels fonds de
roulement dont il aura besoin.

Ensuite, il s’agit d’un régime social particulier : l’entrepreneur individuel est


considéré comme un travailleur indépendant pour l’assurance maladie, les
allocations familiales et la retraite. Il ne cotise pas à l’assurance chômage et
n’acquiert donc pas de droit. Ses cotisations sont basées sur son bénéfice
imposable. Il peut en revanche bénéficier du régime de droit commun ou du
régime micro-social, ce qui est propre à la micro-entreprise.

L’entreprise individuelle n’est pas soumise à l’impôt sur les sociétés. L’entre-
preneur est donc imposé au titre de l’impôt sur le revenu, que ce soit au titre
des bénéfices non commerciaux, des bénéfices industriels et commerciaux,
ou des bénéfices agricoles. L’entrepreneur a aussi la possibilité d’opter pour
le versement libératoire afin de payer ses impôts mensuellement ou trimes-
triellement sur la base du chiffre d’affaires réalisé sur la période concernée. La
constitution d’une entreprise individuelle se fait simplement auprès d’un centre
de formalités des entreprises et a un coût très faible. Le dirigeant dispose

39
II. Entreprendre seul

d’une grande liberté d’action, car il détient les pleins pouvoirs pour gérer son
entreprise et prend donc seul les décisions. Mais l’entreprise individuelle a éga-
lement un fonctionnement simplifié : nul besoin de rédiger des statuts ni de
faire un bilan annuel ou une assemblée générale.

Votre responsabilité engagée


L’entrepreneur a une responsabilité totale : l’ensemble de son patrimoine per-
sonnel peut être mis en péril en cas de dettes professionnelles. Il a cependant
la possibilité de protéger ses biens fonciers en effectuant une déclaration d’in-
saisissabilité devant le notaire.

Il peut également limiter sa responsabilité financière à un patrimoine profes-


sionnel défini en créant son entreprise sous le régime de l’EIRL (entreprise
individuelle à responsabilité limitée).

Bon à savoir : le système d’impôt sur le revenu limite les capacités d’autofinan-
cement de l’entreprise.

L’auto-entreprise
En vigueur depuis 2009, le régime de l’auto-entrepreneur a été mis en place
pour faciliter encore plus la création d’une micro-entreprise. En effet, les for-
malités de création et de gestion sont simplifiées au maximum.

Création et gestion
Pour créer son entreprise, un auto-
entrepreneur doit se rendre auprès
d’un centre de formalités des
entreprises (CFE) ou effectuer les
démarches de création en ligne.
Dans tous les cas, il remplit unique-
ment un formulaire de déclaration
d’activité. Après l’enregistrement
auprès du CFE, l’auto-entrepreneur

40
II. Entreprendre seul

reçoit un certificat d’inscription adressé par l’INSEE. Ce certificat comprend un


numéro SIREN (numéro attribué à l’entreprise), un SIRET (numéro d’établisse-
ment) et un code APE (correspondant à la classification de l’activité exercée).

L’auto-entrepreneur est rattaché au régime des tra-


vailleurs non-salariés, sous le régime micro-social. Le
montant de ses cotisations est calculé selon un pourcen-
tage de son chiffre d’affaires qui varie en fonction de
l’activité exercée. Ce pourcentage est de 14 % pour les
activités d’achat et de vente et de 24,6 % pour les pres-
tations de service. Les créateurs bénéficiant de l’aide aux
chômeurs créateurs ou repreneurs d’entreprise ont droit
à certaines déductions.

Bon à savoir : au moment de la création, l’auto-entrepreneur peut choisir de


déclarer son chiffre d’affaires mensuellement ou trimestriellement.
L’auto-entrepreneur bénéficie du même régime fiscal simplifié que la micro-
entreprise : c’est un régime attribué de plein droit. Il n’a pas besoin d’établir
une déclaration fiscale au titre des bénéfices industriels et commerciaux ou au
titre des bénéfices non commerciaux ; il lui suffit de porter son CA annuel sur
la déclaration de revenu no 2042.

Conditions
Ce dispositif est ouvert à la plupart des personnes et des activités, cependant,
il faut respecter certaines conditions.

Il permet à de nombreuses personnes d’exercer une activité professionnelle


indépendante. On peut donc devenir auto-entrepreneur que l’on soit étudiant,
salarié, fonctionnaire, retraité ou demandeur d’emploi. Cependant, il ne convient
pas à toutes les situations et notamment à ceux qui souhaitent embaucher des
salariés, entreprendre avec un ou plusieurs associés, ou créer une activité deman-
dant un gros investissement. Sont également exclus de ce régime les parents qui
bénéficient d’un congé maternité, paternité ou parental d’éducation, les per-
sonnes en congé maladie, les activités relevant de la TVA immobilière telles que
les agences immobilières, les marchands de biens ou encore les lotisseurs, les

41
II. Entreprendre seul

activités concernant la location ou la vente de biens de consommation durable.


Pour en bénéficier, l’entreprise doit également respecter un plafond de chiffre
d’affaires annuel qui est de 82 200 € pour les activités d’achat et de vente, de
32 900 € pour les activités de prestation de service, et de 82 200 € pour les acti-
vités mixtes, avec un plafond de 32 900 € pour les prestations de service.

L’EIRL
L’EIRL – Entreprise Individuelle à Responsabilité Limitée – est un statut
juridique d’entreprise apparu début 2011 qui complète le statut d’auto-entre-
preneur et qui limite les risques liés à la création d’entreprise.

Protection du patrimoine personnel


À la création de l’entreprise, un patri-
moine d’affectation est créé et pourra
être saisi en cas de difficultés : il doit
faire l’objet d’une déclaration avec l’ob-
jet de l’activité à laquelle le patrimoine
est affecté, il comprend l’ensemble des
biens matériels et immatériels, dont
l’entrepreneur est titulaire ou proprié-
taire, nécessaires à l’activité. Chaque
élément du patrimoine d’affectation
doit être évalué par l’entrepreneur, mais les biens immobiliers doivent faire
l’objet d’un acte notarié publié au bureau des hypothèques. Tout bien de plus
de 30 000 € doit également être évalué par un commissaire aux comptes, un
expert-comptable, ou une association de gestion de comptabilité.

Fonctionnement
L’EIRL protège mieux l’entrepreneur, mais les frais de fonctionnement ne
sont pas négligeables (gestion, comptabilité et déclaration du patrimoine
d’affectation). Le tableau page suivante synthétise les différents principes de
fonctionnement d’une EIRL.

42
II. Entreprendre seul

Fonctionnement d’une EIRL

Fonctionnement Détails
Capital social minimum Aucun
• Le régime fiscal par défaut est celui de l’impôt sur le
revenu, mais les règles sont différentes selon l’activité :
bénéfices industriels et commerciaux, bénéfices non com-
merciaux et bénéfices agricoles
Régime fiscal
• L’EIRL a également la possibilité d’opter pour l’impôt sur
les sociétés, mais cette option est irrévocable (option qui
n’est pas possible pour l’entrepreneur individuel qui relève
du régime de la micro-entreprise)
• L’entrepreneur dépend du régime social des travailleurs
non-salariés, il n’est donc pas soumis aux cotisations de
droits à l’assurance chômage
• Les cotisations sont calculées en fonction du régime fis-
Régime social cal, dont dépend l’EIRL : impôt sur le revenu (cotisations
calculées sur le bénéfice imposable, ou sur le CA si l’EIRL
a opté pour le régime micro-social) et impôt sur les socié-
tés (cotisations calculées sur la rémunération nette de
l’entrepreneur)
Doit comporter le nom de l’entreprise, suivi de la men-
Dénomination sociale tion « entrepreneur individuel à responsabilité limitée » ou
« EIRL »
• L’entrepreneur doit ouvrir un compte bancaire dédié à
l’activité professionnelle
• Il est également soumis aux règles de la comptabilité com-
Comptabilité merciale et doit avoir une comptabilité autonome ; il doit
publier ses comptes auprès du Registre du commerce et
des sociétés dont il dépend
• Frais importants liés à la comptabilité

Formalités
L’EIRL peut être créée par les nouveaux créateurs d’entreprise qui souhaitent
entreprendre seuls, les entrepreneurs individuels et les auto-entrepreneurs. Elle
s’adresse à ceux qui souhaitent créer différents types d’activités : commerce,
agence commerciale, artisanat, exploitation agricole, profession libérale. Les
démarches de création d’une EIRL sont presque identiques à celles d’une
entreprise individuelle : déclaration d’activité auprès du centre de formalités
des entreprises compétent (coût très faible), pas besoin de rédiger des statuts,

43
II. Entreprendre seul

pas de bilan annuel, pas d’assemblée générale, le chef d’entreprise détient les
pleins pouvoirs pour diriger son entreprise et prend donc seul les décisions.
Mais il faudra en plus déposer auprès du centre de formalités des entreprises
la déclaration d’affectation du patrimoine professionnel en même temps que
la déclaration d’activité. Au moment de la création de l’EIRL, l’entrepreneur
doit également choisir son régime fiscal : régime de l’impôt sur les sociétés
(choix irrévocable) ou régime de l’impôt sur le revenu.

L’EURL
L’EURL – Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée – est une société
constituée d’un associé unique, qui peut être une personne physique ou
morale ; elle se distingue de la personne de l’entrepreneur. Comme son nom
l’indique, elle vise à limiter la responsabilité de l’entrepreneur à ses seuls
apports. Ses biens personnels pourront être mis en danger uniquement en cas
de faute de gestion.

Fonctionnement
Le fonctionnement est encore plus simplifié quand le dirigeant est l’associé
unique. L’EURL a un fonctionnement qui se rapproche de celui de la SARL,
mais qui est adapté au fait qu’elle ait un seul associé.

Le tableau ci-dessous synthétise ses différents principes de fonctionnement.

Fonctionnement Détails
• L’EURL doit disposer d’un capital social : son montant est
librement fixé par l’associé selon l’importance de l’activité de
l’entreprise et de ses besoins en capitaux
Capital social
• Le capital peut être constitué d’apports en numéraire ou en
minimum
nature ; en cas d’apport numéraire, un cinquième doit être
versé à la constitution de l’entreprise tandis que le solde doit
être versé au plus tard dans les 5 ans
• L’EURL est dirigée par un gérant qui peut être une personne
physique, un associé ou un tiers
Dirigeant
• La nomination du gérant et ses pouvoirs d’action peuvent être
fixés dans les statuts de la société ou dans un acte séparé

44
II. Entreprendre seul

Fonctionnement Détails
• Personne physique : régime de l’impôt sur le revenu, que ce
soit au titre des BIC ou des BNC, l’entrepreneur a cependant
Régime fiscal la possibilité d’opter pour l’impôt sur les sociétés à la création
de l’EURL
• Personne morale : impôt sur les sociétés
Le régime social du gérant n’est pas le même selon les situa-
tions : associé unique (rattaché au régime des travailleurs
non-salariés puisqu’il ne peut pas être titulaire d’un contrat de
Régime social du travail), tiers rémunéré au titre de son mandat social (assimilé
gérant salarié), gérant tiers (statut de salarié) si la fonction de gérant est
cumulée avec un contrat de travail pour une fonction technique
distincte et s’il est possible d’établir un lien de subordination
entre le gérant et l’associé

Formalités
La création d’une EURL s’effectue en
plusieurs étapes. L’entrepreneur doit
choisir la domiciliation de son entre-
prise et sa dénomination sociale. Il
procède ensuite à la rédaction des
statuts, à la nomination du gérant et
au dépôt du capital sur un compte
bloqué.

Il est ensuite nécessaire de décla-


rer l’activité auprès d’un centre de
formalités des entreprises (qui lui remet un récépissé de dépôt et transmet le
dossier au Registre du commerce et des sociétés).

L’enregistrement des statuts a lieu le mois suivant leur signature auprès du ser-
vice des impôts des entreprises.

Enfin, l’avis de constitution est publié auprès d’un journal d’annonces


légales. La société naît officiellement lorsqu’elle est immatriculée auprès du
Registre du commerce et des sociétés.

45
II. Entreprendre seul

La SASU
Pour ceux qui veulent entreprendre seuls, il est possible de créer une SASU –
Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle –, l’équivalent de la SAS avec un
associé unique.

Entreprises concernées
La SASU est une SAS (société par actions simplifiée) avec un seul associé. Elle
est dirigée par un président. La responsabilité financière de l’associé unique
est limitée au montant de son apport : il ne peut pas être poursuivi sur son
patrimoine personnel pour des dettes de sa société.

La SASU est surtout créée dans le cadre de projets de création d’entreprise


d’une taille importante et avec un fort potentiel de développement, en raison
de son mode de gestion et de son coût de fonctionnement plus important
que pour une entreprise individuelle, un auto-entrepreneur, une EIRL ou une
EURL.

Fonctionnement
La SASU a un type de fonctionnement semblable à celui d’une SAS, mais il est
allégé, car il n’y a qu’un seul associé.

Fonctionnement Détails
• Pas de capital minimum : librement fixé
Capital par les statuts
• Vente : cession libre des actions
• Un associé unique : personne physique
Associés ou morale
• Possibilité d’accueillir un nouvel associé
• Président (nommé par le conseil
Dirigeant d’administration)
• Responsabilité civile et pénale
Statuts Liberté de rédaction des statuts

46
II. Entreprendre seul

Fonctionnement Détails
• La SASU est soumise à l’impôt sur les
sociétés (IS) : elle peut être soumise à
l’impôt sur le revenu (IR) sous certaines
Régime fiscal
conditions
• Le dirigeant est soumis à l’impôt sur le
revenu (catégorie traitements et salaires)
Régime social Le dirigeant est assimilé salarié
Grande souplesse :
• pas de rapport de gestion annuel si
l’activité de la SASU ne dépasse pas
1 000 000 € pour le total du bilan,
2 000 000 € pour le CA hors taxes,
20 salariés permanents
• pas de rapport de gestion à dépo-
ser auprès des greffes du tribunal de
Comptabilité/gestion
commerce
• pas besoin d’approuver les comptes
sociaux
• pas besoin de noter sur le registre de la
société le récépissé délivré par le greffe
lors du dépôt des comptes annuels
Dans certains cas, il faudra faire appel aux
services d’un commissaire aux comptes

Formalités
Pour créer une SASU, il convient de déposer un dos-
sier d’inscription auprès du centre de formalités des
entreprises compétent, ou du greffe du tribunal de
commerce.

Un récépissé sera alors fourni au créateur lui per-


mettant d’effectuer certaines démarches en
attendant de recevoir l’attestation d’immatriculation
par le RCS.

47
II. Entreprendre seul

AA Pour aller plus loin


Astuces

Auto-entrepreneur : la télédéclaration du CA

Les auto-entrepreneurs sont soumis à peu d’obligations. Néanmoins, parmi elles,


on trouve la déclaration mensuelle du chiffre d’affaires. Pour éviter les papiers,
vous pouvez la télédéclarer. Pour cela, il vous suffit de vous inscrire sur le portail
officiel du gouvernement, puis de suivre les différentes étapes. Vous devrez éga-
lement fournir vos coordonnées professionnelles : numéro de SIRET (identifiant
d’entreprise), nom et prénom, numéro de téléphone et adresse mail.
Vous devez ensuite vérifier si les informations de votre établissement enregis-
trées sont correctes. Il vous faut également choisir entre les différents types de
déclarations proposés : dans votre cas, celle de l’auto-entrepreneur. Renseignez
le nom de l’organisme de protection sociale qui recevra vos futures cotisations,
et indiquez le centre RSI ou l’URSSAF de votre département. Pour finir, précisez
les coordonnées bancaires du compte sur lequel vous souhaitez que les prélè-
vements automatiques soient effectués. La dernière étape de cette inscription
consiste à envoyer le formulaire d’adhésion au télérèglement, complété et signé,
à l’adresse mentionnée dans la case dédiée au créancier.
Vous pouvez ensuite effectuer votre déclaration en ligne en indiquant le montant
du chiffre d’affaires que vous avez réalisé, tous les mois ou tous les trimestres, au
30 avril, 31 juillet, 31 octobre et 31 janvier, à midi. Les prélèvements pour vos
cotisations sociales et fiscales seront automatiquement effectués sur le compte
en banque dont vous aurez fourni les coordonnées. La démarche ne vous prend
que quelques minutes. Il est conseillé d’imprimer l’accusé de réception ou justi-
ficatif qui vous est proposé à la fin de la démarche, afin de conserver une preuve
papier de votre télédéclaration et du paiement.
La déclaration du chiffre d’affaires de l’entreprise fait partie des obligations
comptables et fiscales. Pour beaucoup d’entrepreneurs, celles-ci n’ont rien à voir
avec leur métier (boulangers, médecins, plombiers, par exemple). Il n’est donc
pas toujours facile d’assurer cette tâche. Ainsi, pour être toujours en règle, mieux
vaut avoir recours à un expert-comptable pour la tenue régulière des comptes et
les différentes déclarations. Le rôle de l’expert-comptable ne s’arrête néanmoins

48
II. Entreprendre seul

pas là. En effet, il est également un conseiller privilégié du chef d’entreprise. Son
expertise et sa mission lui permettent d’être bien placé pour avoir une idée des
moyens d’optimiser les finances de l’entreprise : comment financer les innova-
tions, comment réaliser des économies ?

Pour protéger votre patrimoine, pensez à l’EIRL

La souscription d’une assurance professionnelle sert à protéger les composantes


d’une activité, mais le choix de la forme de l’entreprise peut également jouer ce
rôle. Dans ce cas, le gros atout du statut d’entrepreneur individuel à responsa-
bilité limitée est qu’il permet de mettre à l’abri son patrimoine personnel en cas
de faillite en affectant à l’activité professionnelle un patrimoine bien distinct
du patrimoine personnel ; le tout, sans avoir à créer de société. On parle de
patrimoine affecté (celui de l’entreprise) et de patrimoine non affecté (les biens
personnels).
Dans le patrimoine affecté, on compte les biens (immobilier, équipement, etc.),
les droits (fonds de commerce, brevets, etc.), les obligations et sûretés (hypo-
thèque, nantissement, etc.).
À noter toutefois qu’il n’est possible d’affecter dans le patrimoine professionnel
que les biens utilisés pour l’activité professionnelle ou à usage mixte.
Si vous exercez plusieurs activités, vous pouvez affecter un patrimoine spécifique
à chacune d’entre elles. Vous pouvez déterminer les revenus à verser dans votre
patrimoine personnel non affecté. Ces revenus seront alors protégés, comme le
reste de votre patrimoine personnel.
En outre, seul le patrimoine affecté est exposé aux poursuites éventuelles des
créanciers, et ce, même en cas de liquidation judiciaire. La distinction entre patri-
moine personnel et professionnel ne prend effet que pour les créanciers dont les
droits sont apparus après la déclaration d’affectation. Concrètement, si avant de
passer au statut d’EIRL, vous aviez des dettes, en cas de défaut de paiement, les
créanciers pourront se retourner contre votre patrimoine personnel.
Cela dit, en cas de manquement aux obligations fiscales, sociales ou comptables,
ou de fraude, la responsabilité personnelle du dirigeant sera alors engagée ; s’il
s’en suit un redressement fiscal ou social, le remboursement des sommes dues
s’appliquera à la totalité du patrimoine : personnel et professionnel.

49
II. Entreprendre seul

Questions/réponses de pro

Micro-entreprise multi-services
Je voudrais créer ma micro-entreprise multi-services (électricité, carrelage,
maçonnerie, jardinage…). Je possède un bac pro en électricité et j’ai toujours
exercé ces différentes tâches chez moi. Est-il obligatoire, comme j’en ai entendu
parler, de passer des diplômes de carreleur, maçon, peintre, etc., pour m’installer ?
Question de Nicolas

ΔΔ Réponse d’Association AIATPE


Votre information n’est pas tout à fait vraie. Certains métiers de l’artisanat
ont l’obligation d’un diplôme, d’autres non. Pour les carreleurs, les maçons,
peintres, poseurs, rien n’est obligatoire.
Vous, en ayant un bac pro en électricité (bâtiment), vous n’aurez aucun
souci puisque c’est un diplôme supérieur au CAP et BEP. Des métiers comme
plombier avec spécialité gaz ou climatisation demandent, en revanche, un
diplôme avec une qualification pour le gaz.
Seuls les activités alimentaires et les soins du corps demandent un diplôme
CAP ou BEP plus quatre années d’expérience professionnelle.

Retraite et auto-entreprise
Un retraité peut-il perdre ses indemnités de retraite s’il devient auto-entrepreneur ?
Question de Chery

ΔΔ Réponse d’Association AIATPE


Je puis vous répondre avec assurance, car je suis auto-entrepreneur et je
suis à la retraite. Par contre, vous ne devez pas dépasser un revenu supérieur
à 1 200 € par mois sur l’année. Sinon, votre pension sera suspendue (mais
non perdue).
ΔΔ Réponse de LBC Compta
Depuis le 1er janvier 2009, si vous êtes retraité du régime général (salarié),
vous pouvez cumuler sans restriction revenu complémentaire et pension
de retraite, sous réserve d’avoir liquidé l’ensemble de vos pensions. Si vous
êtes retraité d’activité indépendante, il existe certains critères.

50
II. Entreprendre seul

Micro-entreprise : changement de statut

Je suis en micro-entreprise et je désire entreprendre seul avec la possibilité


d’embaucher par la suite. Le statut de SAS est-il le mieux adapté ? Sinon, lequel
choisir ?
À qui puis-je m’adresser pour les formalités ?
Question de Christophe

ΔΔ Réponse de Cameliafiona

Le statut de la SAS (ou SASU) est une forme juridique assez complexe, mais
qui donne la possibilité au dirigeant d’être couvert par le régime social des
salariés. Il est difficile de savoir si ce statut est le mieux adapté à votre situa-
tion, car tout dépend du chiffre d’affaires réalisé, des charges, du potentiel
de votre développement, etc.
Pour la créer, il vous faudra établir des statuts avec l’aide d’un avocat. Sa
création et son fonctionnement ont donc un coût. Il conviendra de radier
la première activité pour créer la société avec l’apport d’un capital (avec
transfert ou non des immobilisations existantes).
Prenez contact avec la chambre de commerce de votre département qui
pourra vous aider dans vos démarches et vous mettre en relation avec un
avocat le cas échéant.
ΔΔ Réponse de GDB Consulting

Avant de choisir le statut, il faut déjà renseigner votre activité et vos objec-
tifs. Ceci peut être résumé dans un business plan. Vous aurez donc une
visibilité sur votre projet et saurez pourquoi choisir SASU, SAS ou EURL.
Vous pouvez vous faire accompagner par un cabinet de conseil, la CCI, un
expert-comptable, etc.

Régime social d’une SASU

J’envisage de créer une SASU et de ne percevoir aucun salaire.


Pouvez-vous me confirmer que, dans ce contexte, je ne devrai payer ni cotisation
sociale ni protection sociale liées à cette activité ?
Question de Sherpa

51
II. Entreprendre seul

ΔΔ Réponse de Mouton Expert Sarlu

Il faudrait d’abord savoir quelles sont vos fonctions au sein de la SASU ?


Actionnaire ou président. Dans le second cas, vous avez le statut de salarié
et, par conséquent, vous n’avez aucune cotisation à payer si vous ne perce-
vez pas de salaire.
Toutefois, il me semble opportun de connaitre la position de l’URSSAF dans
cette situation et vos possibles sources de revenus (il me semble qu’être
bénévole avec d’autres revenus semble justifiable), même si vous récupé-
rez simplement des dividendes qui sont, à ce jour, non soumis à cotisation
sociale.
Mais aussi à voir en cas de maladie (arrêt maladie non indemnisable) et
pour votre future retraite.

52
III.
Les sociétés commerciales

Pour ne pas entreprendre seul, il peut être


utile de rechercher un associé pour créer
une société. Les possibilités sont alors nom-
breuses, et parmi elles, on trouve les sociétés
commerciales (les associés sont principale-
ment les apporteurs de capitaux).

Il n’existe pas de règle spécifique pour


trouver un associé, cependant, quelques
conseils peuvent parfois être utiles. Lorsqu’on
recherche un associé pour la création d’une
entreprise, on peut d’abord s’adresser à son
réseau familial, amical, professionnel. Sans
oublier les réseaux et sites professionnels
spécialisés dans la mise en relation de futurs
associés. Un associé doit être attiré par le
projet de création, avoir la même vision de
ce dernier, partager les mêmes valeurs de management, et posséder des quali-
tés et compétences complémentaires aux vôtres.

53
III. Les sociétés commerciales

N’oubliez pas qu’il s’agit d’une association à long terme. Il faut donc défi-
nir l’investissement de chacun, et bien répartir les parts sociales. Ensuite, il est
important de rédiger un pacte entre associés qui mentionnera la répartition des
parts sociales, le partage des pouvoirs, les moyens de contrôle, les règles de
répartition des résultats de la société, les modalités de règlement des litiges, une
clause de non-concurrence, les modalités de cessions des parts sociales.

La SARL
Lorsque l’on souhaite entreprendre à plusieurs, il est possible de créer une
SARL, Société Anonyme à Responsabilité Limitée. Adaptée à de nombreuses
activités et situations, elle est souvent appelée société « passe-partout »…
C’est l’une des structures juridiques les plus répandues. Elle offre plusieurs
avantages : un fonctionnement adapté à de nombreuses activités et situa-
tions, une responsabilité des associés limitée aux apports, la couverture sociale
des salariés pour le dirigeant, une structure non figée et évolutive.

Formalités
Pour créer une SARL, il convient de déposer un
dossier de déclaration de création d’entreprise
auprès du centre de formalités des entreprises
compétent, ou du greffe du tribunal de commerce.
Ce dossier doit comprendre deux exemplaires
des statuts datés et signés par les associés, deux
exemplaires du rapport du commissaire aux
apports datés et signés (si besoin), le formulaire
de déclaration de création d’entreprise (appelé
formulaire MO), l’attestation de parution de l’avis
de création dans un journal d’annonces légales
et, en cas d’activités réglementées, l’autorisation
d’exercer. Il faudra également fournir un cer-
tain nombre de justificatifs pour le ou les gérants : photocopie de la pièce
d’identité, déclaration sur l’honneur de non-condamnation datée et signée,
attestation de filiation, etc.

54
III. Les sociétés commerciales

Associés et capitaux
Une SARL doit comporter au moins
deux associés dans la limite de cent
maximum. Ces derniers doivent, de
plus, être des personnes physiques
ou morales, sachant que leur respon-
sabilité est limitée à leur apport dans
le capital de la société. La SARL, elle,
est considérée comme une personne
morale à part entière, son patrimoine
est donc distinct de celui des associés.

Par ailleurs, le capital social est fixé librement par les associés en fonction de
la taille de la société, l’activité exercée et les besoins en capitaux, et peut être
composé d’apports en numéraire et en nature. Pour les apports en numéraire,
au moins un cinquième doit être déposé au moment de la constitution de la
société, et le solde doit être déposé au plus tard dans les 5 ans. Une SARL
peut disposer d’un capital variable, qui doit cependant respecter un minimum
et un maximum fixé dans les statuts.

Direction et gestion
La SARL peut être dirigée par un
ou plusieurs gérants, associés ou
non, à condition que ce soient des
personnes physiques (une per-
sonne morale associée ne peut
pas occuper un poste de gérant).
Les gérants peuvent avoir tous
les pouvoirs pour agir au nom et
pour le compte de la société, ils
sont néanmoins fixés et peuvent
être limités dans les statuts ou un acte séparé. De manière générale, les associés
doivent se réunir au moins une fois par an en assemblée générale ordinaire et
donner leur approbation pour les comptes annuels en assemblée générale à

55
III. Les sociétés commerciales

majorité simple. Les comptes annuels sont ensuite déposés au greffe du tribu-
nal de commerce au plus tard un mois après l’approbation par les associés. La
SARL n’est pas obligée d’avoir un commissaire aux comptes et un suppléant,
sauf si son CA annuel est supérieur à 3 100 000 €, si son bilan est supérieur à
1 550 000 € ou si elle emploie plus de 50 salariés.

Régimes fiscal et social


S’agissant du régime fiscal, la SARL
est soumise à l’impôt sur les sociétés ;
les bénéfices se calculent déduction
faite des rémunérations des dirigeants.
Dans certains cas, elle peut être sou-
mise à l’impôt sur le revenu : SARL
créée par des membres de la même
famille, ou société de moins de 5 ans
(non cotée, moins de 50 salariés, CA
annuel ou bilan inférieur à 1 000 000 €, droits de vote détenus à au moins
50 % par une personne physique et à au moins 34 % par le ou les diri-
geants). Pour qu’une SARL puisse opter pour l’impôt sur le revenu, elle doit
obtenir l’accord de tous les associés.

S’agissant du régime social du dirigeant, le gérant majoritaire (plus de 50 %


du capital) est considéré comme un travailleur non salarié, tandis que le
gérant minoritaire ou égalitaire (moins de 50 % du capital) est assimilé à un
salarié et bénéficie de la Sécurité sociale et du régime de retraite des salariés,
mais pas de l’assurance chômage. Il peut également avoir accès au régime
social des salariés s’il bénéficie d’un contrat de travail relatif à des fonctions
techniques et qu’un lien de subordination est démontré entre lui et la société.

La SA
Pour une création d’entreprise importante à plusieurs, il est possible de créer
une SA, Société Anonyme, pour les projets importants. Ce type de struc-
ture a tendance à rassurer les investisseurs et les banques. La constitution
d’une société anonyme nécessite plusieurs associés ainsi que des capitaux

56
III. Les sociétés commerciales

importants. L’ampleur de la structure nécessite aussi de passer par des pro-


fessionnels au moment de la constitution (juriste), et pour la gestion et la
comptabilité (commissaire aux comptes). Cela engendre des frais importants
de gestion et de fonctionnement.

Actionnaires et capitaux
La société anonyme est une société de capitaux qui concerne les projets
importants : elle est constituée d’actionnaires et non d’associés. Une SA doit
comporter au moins sept actionnaires, personnes physiques ou morales,
sachant que leur responsabilité est limitée à leur apport. Par ailleurs, le capital
social est d’au moins 37 000 € et se compose d’apports en numéraire et en
nature. Pour les apports en numéraire, au moins la moitié doit être versée à
la constitution de la société, et le solde doit être déposé au plus tard dans les
5 ans. Le capital social de la société ne pourra pas être composé d’un apport
en industrie.

Direction et gestion
La SA est dirigée par un conseil d’admi-
nistration de 3 à 18 membres, qui désigne
un président parmi ces derniers. La gestion
courante de la société et sa représenta-
tion peuvent être assurées par un directeur
général, également nommé par le conseil
d’administration. Les actionnaires possé-
dant au moins un cinquième des actions
doivent, quant à eux, se réunir au moins une fois par an en assemblée géné-
rale ordinaire.

De manière générale, une société anonyme doit disposer d’un commissaire


aux comptes et d’un suppléant. L’approbation annuelle des comptes et les
décisions ordinaires se prennent en assemblée générale ordinaire à la majorité
des voix. Les comptes annuels doivent aussi être déposés au greffe du tribu-
nal de commerce, un mois maximum après l’approbation lors de l’assemblée
générale ordinaire.

57
III. Les sociétés commerciales

Régimes fiscal et social


S’agissant du régime fiscal de l’impôt sur les sociétés, les bénéfices se cal-
culent déduction faite des rémunérations des dirigeants. Si la société anonyme
a été créée depuis moins de 5 ans, il est possible d’opter pour l’impôt sur le
revenu si elle emploie moins de 50 sala-
riés, a un CA annuel ou bilan inférieur
à 1 000 000 €, et que les droits de vote
sont détenus à au moins 50 % par une
personne physique et à au moins 34 %
par le ou les dirigeants. Les dirigeants
sont rémunérés et soumis à l’impôt sur le revenu : ils déclarent leurs reve-
nus au titre des traitements et salaires, et peuvent bénéficier d’une déduction
forfaitaire pour leurs frais professionnels ou d’une déduction de leurs frais
réels et justifiés. Les administrateurs de la SA titulaires d’un contrat de travail
répondent aux mêmes règles que les dirigeants.

S’agissant du régime social, les dirigeants dépendent du régime des assimilés


salariés. Ils bénéficient du régime de la Sécurité sociale et de la retraite des
salariés, mais pas de l’assurance chômage, sauf s’ils font l’objet d’un contrat
de travail pour une fonction technique distincte et qu’un lien de subordina-
tion existe entre eux et la société.

La SAS
La Société par Actions Simplifiée (SAS) est une forme juridique intéressante
pour les sociétés de grande envergure, au même titre que la société anonyme.

Actionnaires et capitaux
La constitution d’une SAS est un peu plus complexe que pour une SARL, mais
son fonctionnement reste assez souple. Les associés ont une grande liberté
pour déterminer ses modalités.

Elle doit comporter au moins deux actionnaires, personnes physiques ou


morales, sachant que leur responsabilité est limitée à leur apport. Le capital
social est fixé librement par les actionnaires ; il peut être composé d’apports

58
III. Les sociétés commerciales

en numéraire et en nature. En cas d’apports en numéraire, la moitié du capi-


tal doit être versée à la constitution et le reste au plus tard dans les 5 ans qui
suivent. Les apports peuvent être déposés à la banque, chez un notaire, à la
Caisse des Dépôts, ils sont débloqués lors de l’immatriculation de la société.
En cas d’apports en nature, l’intervention d’un commissaire aux apports est
obligatoire. Les actionnaires peuvent aussi réaliser des apports en indus-
trie, mais uniquement en échange d’actions qui ne peuvent être cédées ou
vendues.

Direction et gestion
Les statuts ayant un rôle très
important dans une SAS, ils
doivent être rédigés rapidement
afin de définir une bonne gestion
et organisation de la société. Les
associés peuvent avoir recours à
un notaire ou à un avocat pour ce
faire.

De manière générale, les fonda-


teurs peuvent fixer librement les
règles de direction, à condition de nommer un président ou un organe col-
légial de direction, du type conseil d’administration avec désignation d’un
président qui peut être une personne physique ou morale, actionnaire ou non
de la société. Le président peut déléguer certains pouvoirs à des comités spé-
ciaux. Les statuts peuvent également prévoir la nomination d’un directeur
général et d’un directeur général délégué.

Régimes fiscal et social


S’agissant du régime fiscal, l’entreprise est considérée séparément de ses
dirigeants en matière d’impôt. Le président et les éventuels directeur géné-
ral et directeur général délégué sont rémunérés et donc soumis à l’impôt sur
le revenu pour leurs salaires et les éventuels dividendes perçus. Lors de la

59
III. Les sociétés commerciales

constitution de la SAS, il est possible de se soumettre à l’impôt sur le revenu,


à condition que :

ππles titres ne soient pas admis aux


négociations sur un marché d’instru-
ments financiers ;
ππla société exerce une activité com-
merciale, industrielle, artisanale,
agricole ou libérale, à l’exclusion de
la gestion de son propre patrimoine
mobilier ou immobilier ;
ππle capital et les droits de vote soient détenus à hauteur de 50 % au moins
par une ou des personnes physiques et à hauteur de 34 % au moins par
une ou plusieurs personnes ayant un rôle de dirigeant ;
ππla société emploie moins de 50 salariés ;
ππque le CA ou le bilan soit inférieur à 10 000 000 €.
S’agissant du régime social, le président d’une SAS est considéré comme assi-
milé salarié : il bénéficie donc de la protection sociale et du régime de retraite
des salariés, mais pas de l’assurance chômage, sauf s’il dispose d’un contrat
de travail pour des fonctions techniques distinctes et qu’il est possible d’éta-
blir un lien de subordination entre lui et la SAS.

Formalités
Pour être constituée, la SAS doit être immatriculée auprès du Registre du
commerce et des sociétés. Pour cela, il faut déposer un dossier de création
d’entreprise auprès du centre de formalités des entreprises compétent pour
l’activité visée.

La SCS
Lorsque l’on souhaite créer ou reprendre une entreprise à plusieurs et que
tous les associés ne souhaitent pas avoir une part active, il est possible de
créer une Société en Commandite Simple (SCS).

60
III. Les sociétés commerciales

Fonctionnement
On distingue deux catégories d’associés. Il peut s’agir, d’une part, des
« commandités » – associés qui ont le statut d’associés en nom collectif,
sont considérés comme des commerçants et sont responsables indéfiniment
et solidairement des dettes sociales – ou, d’autre part, des « commandi-
taires », qui apportent uniquement les capitaux. La responsabilité de ces
derniers est limitée à leur apport. Il faut au minimum deux associés, avec au
moins un commandité et un commanditaire, sachant que ces derniers, per-
sonnes morales ou physiques, ne peuvent pas être à la fois commandités et
commanditaires. Seuls les associés commandités sont déclarés au RCS.

En outre, les associés doivent se réunir en assemblée générale au moins une


fois par an.

Une société en commandite simple est dirigée par


un ou plusieurs gérants, choisi(s) parmi les associés
commandités ou des personnes non associées. Par
défaut, tous les associés commandités sont gérants.
Il est toutefois possible de préciser dans les statuts ou
dans un acte séparé qui est gérant.

Lors de la création, les associés peuvent fixer libre-


ment le capital social. Il peut être constitué d’apports
en numéraire et en nature. La société en comman-
dite simple peut avoir un capital variable, cependant,
le minimum fixé par les associés doit être déclaré au
RCS.

La SCS permet une association simplifiée entre les associés qui souhaitent
participer activement à la vie de la société (commandités) et ceux qui pré-
fèrent apporter des capitaux tout en ayant un certain contrôle sur la gestion
(commanditaires).

De plus, les dirigeants n’ont pas besoin de déposer de comptes annuels


auprès du greffe du tribunal de commerce. Il y a cependant une exception si
tous les associés commandités sont des personnes morales. Il n’est pas non
plus obligatoire de faire appel à un commissaire aux comptes.

61
III. Les sociétés commerciales

Fiscalité
Avant de se lancer dans la création d’une société en commandite simple, il
faut également prendre en compte ses différents inconvénients.

S’agissant du régime fiscal, les bénéfices sont répartis


entre les associés selon le nombre de parts qu’ils ont dans
le capital. Ensuite, la part des associés commandités est
soumise à l’impôt sur le revenu, et la part des associés
commanditaires à l’impôt sur les sociétés. Chaque asso-
cié commandité doit donc déclarer sa part séparément au
titre de l’impôt sur le revenu.

Par ailleurs, les associés commandités sont assimilés au régime social des tra-
vailleurs non-salariés. Ils cotisent au régime social des entrepreneurs, et ne
bénéficient pas de l’assurance chômage. Les associés commanditaires peuvent
bénéficier du régime des salariés seulement s’ils bénéficient d’un contrat de
travail pour des fonctions techniques.

Les associés commandités ont également une responsabilité indéfinie et soli-


daire pour les dettes sociales de la SCS. Ils peuvent être responsables sur leur
patrimoine personnel en cas de difficultés financières. Enfin, une fois l’entre-
prise créée, les associés peuvent difficilement céder leurs parts sociales.

La SCA
Si de nombreux associés souhaitent créer une société commerciale avec une
implication plus ou moins importante, ils ont la possibilité de créer une Société
en Commandite par Actions (SCA) : complexe et lourde, elle autorise toute-
fois une liberté de définition du pouvoir des dirigeants.

Associés et capitaux
Une société en commandite par actions a des caractéristiques spécifiques au
niveau de ses associés, de la constitution de son capital social ou encore de
sa dénomination sociale. Tout comme pour la SCS, on recense deux caté-
gories d’associés : les commanditaires (actionnaires de la société) et les

62
III. Les sociétés commerciales

commandités, nommés par les premiers (statut de commerçant). Une SCA


doit ainsi comprendre au moins un associé commandité et trois associés com-
manditaires, sachant qu’un associé peut être à la fois associé commanditaire
et commandité.

Le capital social de la SCA ne peut être


constitué que par l’apport des associés
commanditaires. Il peut être composé
d’apports en numéraire et en nature ; il
est aussi possible de faire un appel public
à l’épargne. Les actions doivent être sous-
crites en intégralité lors de la constitution
de la société. On peut prévoir un capital
social variable ; cependant, le minimum
doit être déclaré auprès du Registre du commerce et des sociétés et ne doit pas
être inférieur à un dixième du capital social indiqué dans les statuts ni être infé-
rieur à 37 000 €, ou 225 000 € en cas d’appel public à l’épargne.

Par ailleurs, la dénomination sociale d’une SCA est libre. On peut reprendre
le nom d’un ou plusieurs associés commandités, si la SCA ne se constitue pas
uniquement de celui-ci ou ceux-ci. En revanche, le nom d’un commanditaire
ne peut pas figurer dans la dénomination sociale.

Direction et gestion
La SCA est dirigée par un ou plusieurs gérants (personnes morales ou phy-
siques) choisis parmi des associés commandités ou des non-associés. Toutefois,
un associé commanditaire ne peut pas également être gérant. Les gérants,
quant à eux, sont contrôlés par un conseil de surveillance composé de com-
manditaires responsables civilement et pénalement des activités de la société
selon le droit des sociétés. Seuls le ou les premiers gérants doivent figurer dans
les statuts. Une SCA doit en outre disposer d’un commissaire aux comptes et
d’un suppléant, désignés dans les statuts. Une assemblée générale ordinaire
a lieu six mois après la clôture de l’exercice social chaque année. Les comptes
doivent également être déposés au greffe du tribunal de commerce au plus
tard un mois après leur approbation en assemblée générale.

63
III. Les sociétés commerciales

Régimes fiscal et social


La SCA dépend de l’impôt sur les sociétés, que ce soit pour la part des béné-
fices revenant aux commanditaires ou pour celle revenant aux commandités.

D’autre part, le statut social du dirigeant varie selon les situations : s’il est un
associé commandité, il s’agit du régime des travailleurs non-salariés, sinon, il
est assimilé salarié.

La SNC
Si l’on veut créer une société commerciale à plusieurs entrepreneurs, il est
possible d’opter pour la création d’une Société en Nom Collectif (SNC), soit
une société fermée entre associés qui se connaissent bien.

Associés et capitaux
La SNC est une société principalement utilisée par des entrepreneurs qui
veulent agir ensemble et qui se connaissent bien.

Pour constituer une SNC, il faut au


moins deux associés, qui peuvent être
des personnes physiques ou morales ;
il n’y a pas de limite. Les associés pos-
sèdent tous une responsabilité indéfinie
et solidaire, et ont aussi l’obligation de
se réunir au minimum une fois par an
en assemblée générale. Chaque déci-
sion doit être prise à l’unanimité.

Par ailleurs, aucun capital social n’est fixé, les associés peuvent le défi-
nir librement en fonction des besoins. Il peut être constitué d’apports en
numéraire et en nature et n’est pas obligatoirement versé au moment de la
création de la société. Il est possible d’opter pour un capital social variable,
mais son montant minimum doit être déclaré auprès du Registre du com-
merce et des sociétés. Si un associé souhaite céder ses parts sociales, tous les
associés doivent donner leur accord, ce qui n’est pas toujours évident.

64
III. Les sociétés commerciales

Direction et gestion
Une SNC est dirigée par un ou plusieurs gérants qui peuvent être associés ou
non, des personnes physiques ou morales. Par défaut, tous les associés sont
gérants sauf précision particulière dans les statuts ou dans un acte séparé.

D’autre part, il n’est pas obligatoire de déposer les comptes annuels auprès
du greffe du tribunal de commerce, sauf si tous les associés sont des per-
sonnes morales, mais aussi d’avoir un commissaire aux comptes, sauf si la
société emploie plus de 50 salariés, réalise un CA supérieur à 3 000 000 € et a
un bilan supérieur à 1 500 000 €

Régimes fiscal et social


Par défaut, la SNC n’est pas imposée. Le
régime de l’impôt sur le revenu est appliqué à
chacun des associés, qui doit alors déclarer les
bénéfices qui lui reviennent en fonction de ses
parts sociales, dans la catégorie des bénéfices
industriels et commerciaux ou des bénéfices
non commerciaux. S’ils sont salariés au sein
de la SNC, ils devront également déclarer leurs
salaires. Si tous les associés le souhaitent, ils
peuvent opter pour l’impôt sur les sociétés.

La SE
Les sociétés déjà existantes, comme les sociétés anonymes, qui souhaitent
exercer leur activité dans plusieurs États membres de l’Union européenne
peuvent créer une Société Européenne (SE).

Définition
Une société européenne, également appelée « entreprise européenne »
ou « societas europaea », permet d’exercer ses activités dans tous les États
membres de l’UE. Ce statut juridique d’entreprise, entré en vigueur en 2004,

65
III. Les sociétés commerciales

est régi par le droit communautaire. Il permet aussi de transférer le siège


social d’une entreprise dans un autre État membre de l’UE sans avoir besoin
de créer une nouvelle structure.

Constitution
La constitution d’une SE impose un capi-
tal social de 120 000 € minimum, avec
des apports en numéraire ou en nature.
Elle se compose également d’au moins
deux sociétés, situées dans deux États
membres de l’Union européenne. Elle peut
ainsi être constituée suite à une fusion
d’au moins deux sociétés anonymes, la
création d’une holding de deux SA ou de deux SARL, la création d’une filiale
commune, ou encore la transformation d’une SA ayant une filiale dans un
autre État membre depuis au moins deux ans.

La constitution d’une SE nécessite, en outre, plusieurs formalités : rédaction


de statuts, immatriculation dans l’État où se situe son siège social (en France,
il est possible de s’adresser au CFE) et publication auprès du Journal officiel
des communautés européennes.

Fonctionnement
Au sein d’une SE, on distingue deux types
de fonctionnement s’agissant de la direction.
Il peut s’agir d’une part, d’un système dua-
liste : la société est dirigée par un organe de
direction qui la gère, et un organe de sur-
veillance qui nomme et révoque l’organe de
direction. Certaines décisions nécessitent
l’approbation de l’organe de surveillance. On peut opter, d’autre part, pour
un système moniste, où la gestion et la direction de la société sont assurées
par un organe d’administration.

66
III. Les sociétés commerciales

Par ailleurs, la SE doit établir des comptes annuels avec un


bilan, le compte des profits et des pertes, une annexe et un
rapport de gestion contenant un exposé sur l’évolution des
affaires, une situation de la société et, éventuellement, des
comptes consolidés.

Enfin, une SE est redevable des impôts et taxes des États


dans lesquels elle dispose d’une structure. Si elle a été
constituée suite à une fusion, elle pourra cependant n’être
imposée que dans l’État où est établi son siège social.

67
III. Les sociétés commerciales

AA Pour aller plus loin


Astuces

Financer la prospection à l’international


Vous vous lancez dans l’export, mais vous avez peur des risques commerciaux ?
Notez que certains dispositifs peuvent vous aider dans le financement de la
prospection. Il existe des produits spécifiques pour vous protéger quand vous
prospectez à l’international.
L’assurance prospection couvre les échecs de la prospection et les succès trop
insuffisants pour amortir l’investissement de départ. Elle a donc pour avantage de
diminuer la charge financière que représente l’effort de prospection, puisqu’elle
prend en charge les différents frais (déplacement, pub, création de site Internet,
etc.) dans les deux cas cités précédemment.
Peuvent en bénéficier toutes les entreprises françaises réalisant un chiffre
d’affaires inférieur ou égal à 500 millions d’euros, quel que soit leur domaine
d’activité ; ainsi que toutes les banques françaises ou antennes de banques
étrangères basées en France. L’avance prospection est un complément de l’assu-
rance. Il s’agit d’un prêt spécifique permettant de faire financer par sa banque les
démarches de prospection couvertes par l’assurance correspondante.
Pour profiter de l’assurance et de l’avance prospection, il est préférable de faire
appel à des compagnies d’assurance ou des banques spécialisées dans l’export.
Il existe des contrats sur-mesure et des contrats types.

Gérant : majoritaire, égalitaire ou minoritaire ?


Le fait d’être gérant majoritaire permet d’asseoir sa position dans la société et de
prendre certaines décisions seul. Cependant, cette faculté se paye, notamment à
travers des cotisations élevées. De plus, le gérant majoritaire n’est pas un salarié,
il ne bénéficie donc pas du régime de l’assurance-chômage.
Dans un premier temps, le gérant majoritaire peut prendre toutes les décisions
de gestion seul, notamment décider de la manière dont seront utilisés les résul-
tats de la société. Cependant, s’il souhaite modifier les statuts à sa guise, il devra
détenir au moins les deux tiers des parts. En revanche, s’il est minoritaire ou

68
III. Les sociétés commerciales

égalitaire, son pouvoir de décision est proportionnel au nombre de parts qu’il


détient. C’est pourquoi il est déconseillé de répartir le nombre d’actions de façon
égale. Cela limite les impasses décisionnelles.
Ensuite, le gérant a le pouvoir d’administrer l’entreprise conformément à son
objet social. Quel que soit le nombre de parts qu’il détient, il doit rédiger un
rapport à l’attention des autres associés en fin d’exercice. Ce point ne change pas
beaucoup que le gérant soit majoritaire ou minoritaire. Toutefois, les associés ne
pourront pas révoquer un gérant pour faute de gestion si celui-ci détient la majo-
rité des parts. La révocation devra faire suite à un vote de l’assemblée générale.
En outre, le gérant égalitaire ne peut perdre sa place que sur une décision de
justice, les autres associés doivent justifier de leur demande auprès du tribunal,
tandis que le gérant minoritaire peut être révoqué sur vote de l’assemblée géné-
rale. Cependant, si aucune justification n’est apportée, la société devra lui verser
des dommages et intérêts.
Enfin, les gérants minoritaires et égalitaires peuvent être salariés. Ils sont donc
imposés sur le revenu, et leurs dividendes sont taxés à titre de revenus des
valeurs mobilières. Pour les gérants majoritaires, la situation est un peu plus
compliquée : ils sont toujours imposés sur le revenu, mais les dividendes entrent
dans leur déclaration d’ensemble. De plus, le gérant majoritaire n’est pas salarié,
il n’a donc pas droit à l’assurance-chômage ; à l’inverse, le gérant minoritaire ou
égalitaire peut être salarié et peut donc percevoir des allocations au cas où la
société cesse son activité.

Questions/réponses de pro
SARL : taxes et impôts
Je suis sur le point d’ouvrir une SARL dans le secteur du bâtiment (couverture)
avec deux amis. Il est prévu qu’un ami détienne 50 % des parts, et les deux autres
25 % chacun. Nous comptons par contre partager le salaire en trois parts égales.
Sachant que je suis actuellement indemnisé par Pôle-emploi, dois-je faire une
demande d’ACCRE et, dans le cas contraire, pourrais-je tout de même bénéficier
des exonérations que celle-ci propose ? Sachant que nous aurons la même rému-
nération, mais pas le même pourcentage de parts, devrions-nous aussi partager
les taxes et impôts en trois ou serons-nous indépendants à ce niveau ?
Question de Guillaume

69
III. Les sociétés commerciales

ΔΔ Réponse de LBC Compta


La demande de l’ACCRE sera faite uniquement si vous êtes gérant de cette
SARL, car l’ACCRE est réservée aux dirigeants de l’entreprise. Dans le cas
contraire (statut d’associé/salarié), aucune démarche ne sera à entamer, et
vous ne pourrez bénéficier d’aucune aide spécifique.
En ce qui concerne les impôts et taxes, c’est la SARL seule qui sera rede-
vable, puisque les impositions seront établies à son nom. Les associés en
sont donc indépendants.

Salarié et création d’entreprise de bâtiment


Je suis cadre technique dans l’hôtellerie et je souhaite ouvrir mon entreprise de
bâtiment tous corps d’états parallèlement à mon emploi. Puis-je le faire et quel
statut d’entreprise privilégier ? Je ne souhaite pas devenir auto-entrepreneur.
Question de Vinkinger26

ΔΔ Réponse d’Association AIATPE


Dans le cadre de votre emploi salarié et cadre d’une entreprise hôtelière,
vous pouvez créer une auto-entreprise sans autorisation spéciale, sauf être
accrédité par les chambres de certains métiers tels que la menuiserie, l’élec-
tricité, la plomberie, par exemple. Il vous faut aussi avoir une assurance
RC et décennale. Si vous ne voulez pas d’auto-entreprise, vous devez avoir
l’accord écrit de votre patron avec la condition obligatoire de non-concur-
rence. Vous devrez aussi suivre un stage de gestion proposé par la Chambre
des métiers, et avoir toutes les assurances, dont la décennale.
Le choix du statut est assez large et, suivant votre projet, pourra aller de
l’entreprise individuelle à la société anonyme, en passant par l’EURL si vous
êtes seul dirigeant, ou à la SARL si vous avez des associés.
Dans le choix d’avoir des salariés, je tiens à vous préciser qu’il vous sera très
difficile de concilier votre emploi salarial et la tâche de dirigeant d’entreprise.

Associés et période d’essai


Lors de la création d’une entreprise, est-il possible de s’associer en prévoyant
une période d’essai ? Si oui, quelles sont les formalités à remplir ?
Question de Terene

70
III. Les sociétés commerciales

ΔΔ Réponse de Costes
Non. S’associer, c’est conclure un partenariat actionnarial (chacun détient
une partie de la société). La notion de période d’essai est une notion salariale.
Vous pouvez néanmoins convenir, dans vos statuts, de procédures libéra-
toires facilitées qui détermineront les modalités de cessation de l’association
et de départ d’un des associés.

Régime social de gérant SARL


Je souhaite créer une SARL avec mon concubin, mais nous sommes officielle-
ment célibataires (ni PACS ni mariage).
Dans le cas où nous sommes co-gérants égalitaires (50/50 sur les parts), pou-
vons-nous relever du régime social des assimilés salariés ou TNS ?
Question de Mapetitesarl

ΔΔ Réponse de Mouton Expert Sarlu


Comme vous êtes tous les deux gérants et associés, vous constituez un col-
lège de gérants majoritaires, et vous serez tous les deux affiliés au régime
des travailleurs indépendants RSI.
Toutefois, la proportion 50/50 peut être dangereuse juridiquement, car en
cas de conflit entre les associés, la société peut être bloquée par une impos-
sibilité de prise de décision (majorité requise lors des assemblées générales)
et vous devrez avoir recours à un tiers auprès du tribunal de commerce.

71
IV.
Les sociétés civiles

Lorsqu’on ne souhaite pas


entreprendre seul, il peut être
intéressant d’opter pour une
société civile, qui sera plus
adaptée à son type d’activité.
Il en existe différents types :
société civile immobilière, de
moyens, professionnelle, d’exer-
cice libéral, en participation ou
encore d’exploitation agricole.

La SCI permet de financer l’achat d’un bien immobilier à plusieurs et d’en


faciliter sa transmission, tandis qu’une SCM est une société civile réservée aux
professions libérales. En créant une SCP, les professions libérales ont la possi-
bilité de s’associer dans le but d’exercer une activité réglementée ; il en est de
même de la SELARL.

D’autre part, ceux qui souhaitent lancer rapidement et facilement leur projet de
création d’entreprise peuvent s’orienter vers une SEP, Société En Participation.
Enfin, une SCEA est une société civile qui a pour objet l’exploitation d’un
domaine agricole ou forestier ou la gestion de terres bâties ou non bâties.

72
IV. Les sociétés civiles

La SCI
La Société Civile Immobilière (SCI) est un outil privilégié de gestion du patri-
moine immobilier. Subordonnée à des formalités d’immatriculation et de
statuts, elle possède une existence juridique propre. À ce titre, elle est dotée
d’un objet social déterminé par les associés, en rapport avec un bien immobilier.
La SCI permet le développement du patrimoine immobilier et sa bonne gestion.

Présentation
Une Société Civile Immobilière (SCI) est une personne morale ayant une exis-
tence juridique spécifique, et qui fait l’objet d’une immatriculation et d’un
enregistrement. Créée par au moins deux associés, elle doit répondre à leurs
besoins, définis dans les statuts par l’objet social.

Le choix du type de SCI immobilière se fera


donc en fonction de la nature des associés
et de l’objectif recherché. En cas de société
unissant les membres d’une même famille
devenus propriétaires indivis d’un bien, on
parle de SCI familiale, visant à faciliter la
gestion du bien, mais également sa trans-
mission entre membres, et donc à éviter la
vente de ce patrimoine. La SCI d’attribution a pour but de permettre la réa-
lisation d’une opération immobilière, telle l’achat à plusieurs pour se diviser
un immeuble par la suite. Les statuts devront alors être très précis quant à la
répartition des différents lots. Enfin, la SCI à capital variable est intéressante
par sa souplesse de gestion. En effet, elle facilite la sortie des associés et l’évo-
lution du capital social en fonction des besoins des associés et de la gestion
immobilière. Le coût de fonctionnement en est également diminué, toutes les
modifications ne faisant pas nécessairement l’objet de publications.

La constitution d’une société civile immobilière présente certains avantages.


Tout d’abord, une facilité de transmission du patrimoine immobilier aux héri-
tiers en évitant la succession en indivision. Ensuite, des avantages fiscaux : la
transmission peut être exonérée d’impôts, il y a la possibilité de déduire les
loyers et charges du bénéfice fiscal et d’opter pour l’impôt sur les sociétés et

73
IV. Les sociétés civiles

pour le régime de la TVA, etc. C’est aussi une bonne alternative à l’indivision
qui entraîne souvent des blocages : même si les associés ne sont pas d’accord
entre eux, le gérant peut prendre une décision nécessaire à la bonne gestion
du patrimoine immobilier.

Associés et capitaux
La première étape de la création d’une
SCI est la rédaction de ses statuts,
ceux-ci pouvant préciser l’identité du
gérant et surtout le mode de fonc-
tionnement et de gestion. Une fois les
statuts établis, ils doivent être enregis-
trés auprès des services fiscaux et une
demande d’immatriculation doit être
déposée au centre de formalités des
entreprises. L’immatriculation au RCS sanctionne l’existence juridique de la
société civile immobilière. Par ailleurs, une SCI doit être composée d’au moins
deux associés, qui peuvent être des personnes morales ou physiques. Ils sont
responsables des dettes indéfiniment, leur patrimoine personnel peut donc
être engagé, mais proportionnellement à leur apport dans la société.

D’autre part, une SCI ne dispose pas d’un capital social minimal, mais ce der-
nier correspond en général à la valeur du bien immobilier pour lequel elle a
été créée. Les associés peuvent constituer le capital social à partir d’apports
en numéraire ou en nature, et ils n’ont pas obligation de verser le montant du
capital social au moment de la création. Ils peuvent donc en fixer librement
les modalités de versement.

Direction et gestion
Une fois créée, il reste à la gérer ; pour cela, la nomination d’un gérant est
nécessaire. Celui-ci se chargera des actes de la vie courante, ce qui procure un
gros avantage sur l’indivision où le désaccord peut bloquer même les travaux
les plus anodins. Le gérant de la SCI immobilière veillera également à la pré-
paration de la comptabilité, qui sera par la suite utilisée pour faire approuver

74
IV. Les sociétés civiles

les comptes par les associés et servira à établir l’imposition de chacun. Le diri-
geant peut être rémunéré ou non selon ce qui est prévu dans les statuts ou
dans un acte séparé.

Par ailleurs, chaque associé doit pouvoir quitter la SCI s’il le désire. Pour ce
faire, il pourra décider de vendre ses parts selon les conditions fixées dans les
statuts (agrément sur le futur associé). La cession de parts devra ensuite être
acceptée par les associés. Toutefois, dans le cas des SCI à capital variable, la
procédure est simplifiée.

Régimes fiscal et social


Généralement, la SCI est soumise au régime de l’im-
pôt sur le revenu : les associés doivent donc déclarer
les revenus au titre des revenus fonciers ; mais il est
également possible d’opter pour le régime de l’impôt
sur les sociétés (décision irrévocable).

Si le gérant est rémunéré au titre de son mandat, il


dépend du régime social des travailleurs non salariés s’il est gérant associé et
des assimilés salariés s’il est gérant non associé.

La SCM
La SCM (Société Civile de Moyens) permet aux professions libérales de s’as-
socier tout en continuant à exercer leur propre activité.

Associés et capitaux
Une société civile de moyens a un fonctionnement similaire aux autres
sociétés civiles. Il est nécessaire d’avoir au moins deux associés exerçant des
activités semblables ou voisines, qui peuvent être une personne physique ou
morale. Chacun d’entre eux a une responsabilité indéfinie et conjointe. Par
ailleurs, il n’est pas obligatoire de disposer d’un capital social minimum : les
associés peuvent librement le définir et il peut être composé d’apports en
nature et en numéraire.

75
IV. Les sociétés civiles

Direction et gestion
Une SCM peut être dirigée par un ou plusieurs gérants responsables civile-
ment et pénalement, habituellement désignés dans les statuts. Les gérants,
personnes physiques ou morales, peuvent être associés ou non ; et si aucun
gérant n’est désigné, tous les associés sont réputés être gérants.

Régimes fiscal et social


La SCM n’est pas imposable au niveau de la société, les résultats sont répar-
tis entre les associés qui sont imposables selon la nature des résultats au titre
des BNC ou BIC. Ils peuvent déduire les sommes versées à la SCM au titre des
dépenses engagées de leur bénéfice imposable. La SCM est en principe rede-
vable de la TVA (sauf exception). Enfin, les gérants, qu’ils soient associés ou
non, dépendent du régime social des travailleurs non-salariés.

Frais des professions libérales


Une SCM est une société civile réservée
aux professions libérales. Ces dernières
ont alors la possibilité de s’associer pour
faciliter l’exercice de leur activité avec la
mise en commun de leurs moyens d’ex-
ploitation : matériel, locaux, personnel,
etc., leur permettant de réduire leurs coûts
d’activité. Comme son nom l’indique,
la SCM est dédiée aux moyens et non à l’exercice d’une activité : chaque
associé continue indépendamment son activité en tant que professionnel
libéral.

La SCP
En créant une société civile professionnelle, les professions libérales ont la
possibilité de s’associer dans le but d’exercer une activité réglementée. Une
profession libérale réglementée est soumise à un statut législatif ou régle-
mentaire, ou possède un titre protégé. Une SCP peut donc être créée pour

76
IV. Les sociétés civiles

l’exercice de professions telles qu’expert, architecte, géomètre, avocat,


huissier de justice, notaire, commissaire aux comptes, infirmier, médecin,
chirurgien, dentiste, kinésithérapeute, vétérinaire, etc.

Associés et capitaux
Une SCP doit comprendre au moins deux asso-
ciés, qui doivent être des personnes physiques
exerçant la même profession libérale. Dans
certains cas, selon l’activité exercée, le nombre
d’associés peut être limité. Chaque associé
est responsable indéfiniment, ce qui signifie
que ses biens personnels peuvent être mis en
danger en cas de dettes professionnelles. En
principe, ils ne peuvent pas être associés d’une
autre SCP et ne peuvent pas non plus exercer
la même activité à titre individuel.

Une SCP pourra obtenir son immatriculation auprès du Registre du commerce


et des sociétés uniquement si elle a obtenu un agrément de l’autorité com-
pétente, ou si elle est inscrite à un ordre professionnel. Elle doit également
déposer un dossier de création auprès d’un centre de formalités des entreprises.

D’autre part, une SCP ne nécessite pas de capital social minimum. Les asso-
ciés peuvent donc le définir librement. Il peut être constitué d’apports en
numéraire versés partiellement ou en intégralité à la constitution de la société
et/ou d’apports en nature, qui doivent être intégralement versés à la constitu-
tion de la société.

Direction et gestion
Une SCP peut être dirigée par un ou plusieurs gérants. Par défaut, tous
les associés sont gérants, mais il est possible d’en choisir uniquement un
ou plusieurs parmi les associés et de les désigner dans les statuts ou dans
un acte séparé. Les décisions concernant la gestion de la SCP sont prises en
assemblée générale.

77
IV. Les sociétés civiles

Régimes fiscal et social


Il n’y a, par défaut, pas d’imposition au niveau de la société. Ainsi, les associés
sont soumis à l’impôt sur le revenu et doivent déclarer les bénéfices qui leur
reviennent au titre des bénéfices non commerciaux. Une SCP peut opter pour
le régime fiscal de l’impôt sur les sociétés, mais cette option est irrévocable.

D’autre part, les dirigeants d’une SCP sont soumis au régime des travailleurs
non-salariés. Ils cotisent ainsi à l’assurance maladie, aux allocations familiales
et à une caisse d’assurance vieillesse, mais pas à l’assurance chômage.

La SELARL
La SELARL (Société d’Exercice Libéral À Responsabilité Limitée) permet
d’exercer une profession libérale sous forme de société à responsabilité
limitée. Ainsi, les entrepreneurs peuvent se constituer un patrimoine pro-
fessionnel différent de leur patrimoine personnel, et faire appel à un capital
extérieur sans pour autant perdre leur indépendance professionnelle.

Associés et capitaux
La SELARL est inspirée de la SARL, elle a
donc un fonctionnement similaire, mais
avec quelques caractéristiques propres. Elle
exige au moins deux associés ; au-delà de
100, elle se transforme en SELAFA : Société
d’Exercice Libéral À Forme Anonyme. Les
associés peuvent être une personne phy-
sique ou morale. Ils disposent d’une liberté
professionnelle et leur responsabilité est
limitée à leur apport dans le capital.

Aucun capital social minimum n’est imposé, il peut être constitué d’apports
en numéraire ou en nature. Les apports en nature d’un montant supérieur
à 7 500 € ou d’une valeur supérieure à 50 % du capital social doivent faire
l’objet d’une évaluation par un commissaire aux apports, annexée aux statuts.

78
IV. Les sociétés civiles

Direction et gestion
La SELARL peut être dirigée par un ou plusieurs gérants qui sont choisis parmi
les associés et qui doivent exercer une profession au sein de celle-ci. Les déci-
sions importantes sont prises en assemblée générale, à la majorité de trois
quarts des associés.

L’immatriculation d’une SELARL ne pourra être effective qu’après l’inscription


de celle-ci au tableau des ordres de l’activité exercée. Un dossier de création
doit également être déposé auprès d’un centre de formalités des entreprises.

La SEP
Une société en participation est une forme de statut juridique d’entreprise
peu connue et cependant idéale pour lancer un projet. Elle permet d’exercer
tout type d’activité civile ou commerciale à l’exception des activités régle-
mentées. Il s’agit d’un contrat de coopération entre plusieurs associés. Elle
peut être créée pour le long terme, mais aussi pour une durée déterminée,
par exemple pour la réalisation d’un projet précis.

Une SEP présente de nombreuses caractéristiques propres : elle n’est pas


inscrite auprès du Registre du commerce et des sociétés et n’a donc pas de
personnalité morale, elle n’a pas de dénomination sociale, ne dispose pas
d’un patrimoine propre, et n’a pas besoin d’avoir un siège social défini.

Associés et capitaux
Pour créer une SEP, il faut au moins deux asso-
ciés (sans maximum imposé), qui peuvent être des
personnes physiques ou morales. Leur responsabi-
lité est en outre illimitée par rapport à la société.

Les associés peuvent effectuer des apports en


numéraire, nature, industrie, mais aucun capital
minimum n’est imposé. En principe, les apports
en nature demeurent la propriété de l’apporteur.
Les associés définissent le fonctionnement interne

79
IV. Les sociétés civiles

de la société ainsi que la répartition de ses bénéfices. La rédaction de statuts


n’est pas obligatoire, mais conseillée pour définir les modalités de fonctionne-
ment et de gestion.

Direction et gestion
Une société en participation peut être dirigée par un ou plusieurs gérants ; à
défaut, tous les associés sont gérants. Il est possible que les associés en nom-
ment explicitement un ou plusieurs dans les statuts ou dans un acte séparé.

Le ou les gérants agissent en leur nom propre et s’engagent vis-à-vis des


tiers. Les associés n’ont pas besoin de se réunir en assemblée générale pour
prendre leurs décisions.

Les associés exerçant une activité au sein de la société doivent demander une
immatriculation auprès de l’URSSAF. La SEP n’est pas immatriculée auprès du
RCS.

Régimes fiscal et social


La société en participation dépend du
service des impôts des entreprises, elle
doit donc déclarer ses résultats chaque
année lorsque tous les associés sont
connus des administrations. Les béné-
fices réalisés sont imposés au niveau
des associés au titre de l’impôt sur le
revenu ; et si les associés ne sont pas
identifiés, les bénéfices seront impo-
sables au titre de l’impôt sur les sociétés au nom des gérants. Dans tous les
cas, il est possible d’opter pour l’impôt sur les sociétés de façon irrévocable. La
répartition des bénéfices est ensuite définie librement par les associés.

En outre, les associés qui exercent une activité au sein de la SEP ainsi que les
gérants sont affiliés au régime social des travailleurs non-salariés.

80
IV. Les sociétés civiles

La SCEA
Une SCEA est une société civile qui a pour
objet l’exploitation d’un domaine agricole
ou forestier, ou la gestion de terres bâties
ou non. Elle permet d’exercer une activité
à plusieurs sans limite de la surface d’ex-
ploitation. Ce type de société civile doit
obtenir une autorisation d’exploitation
avant de pouvoir être immatriculée auprès
du Registre du commerce et des sociétés.
Les règles de fonctionnement d’une société civile d’exploitation agricole sont
fixées librement dans les statuts. Le principal inconvénient est la responsabilité
des dettes sur le patrimoine personnel de chaque associé.

Associés et capitaux
Pour créer une SCEA, il faut au moins deux associés, personnes physiques
ou morales, qui peuvent être mineurs. Ils sont responsables des dettes de la
société sur leur patrimoine personnel, mais proportionnellement au nombre
de parts sociales que chacun détient. D’autre part, le capital social peut être
choisi librement par les associés sans minimum légal obligatoire. Les apports
peuvent être faits en nature, en argent ou en industrie. Le capital social peut
être variable, c’est-à-dire qu’il peut être augmenté ou diminué.

Direction et gestion
Une SCEA est dirigée par un ou plusieurs gérants, qui peuvent être associés
ou non. Les gérants peuvent être nommés dans les statuts ou dans un acte
séparé. En général, les dirigeants ne perçoivent pas de salaire.

Régimes fiscal et social


La SCEA n’est pas soumise au régime fiscal de l’impôt sur les sociétés. Chaque
associé est imposé au titre de l’impôt sur le revenu pour la quote-part des béné-
fices qui lui reviennent. Ils doivent être déclarés comme des bénéfices agricoles.

81
IV. Les sociétés civiles

AA Pour aller plus loin


Astuces
Placement immobilier : monter une SCI familiale
Pour un placement dans l’immobilier locatif, la SCI familiale est très intéressante.
En effet, elle vous permet de bénéficier d’un complément de revenu, ce qui est
particulièrement recherché en temps de crise ou au moment de la retraite.
De plus, l’immobilier locatif est supposé tourner en circuit fermé : cela signifie
que le montant des loyers doit couvrir le prêt immobilier ainsi que les charges et
taxes liées à l’immeuble. Une fois le prêt soldé, la partie des revenus fonciers qui
lui était dédiée peut servir au foyer.
Enfin, une SCI familiale permet de transmettre à ses enfants un patrimoine
immobilier sans frais de succession. Pour cela, les parents doivent régulièrement
transmettre des parts en nue-propriété à leurs enfants. Usufruitiers, les parents
peuvent cependant continuer à administrer le bien comme bon leur semble et
à toucher les loyers. À leur décès, leurs enfants récupèrent automatiquement et
sans taxation la pleine propriété du bien.

Bien choisir ses associés


Trouver un associé pour réaliser un projet d’entreprise est un atout, à partir du
moment où il vous est complémentaire. Deux entrepreneurs associés doivent
être le miroir de l’un de l’autre, les faiblesses de l’un devant être compensées
par les qualités de l’autre. S’il y a conflit, le projet n’avancera pas : il est donc
primordial de bien choisir ses associés.
Il n’est pas nécessaire de trouver un associé capable de faire la même chose que
soi. Pour cela, il est plus simple et moins coûteux d’employer du personnel. Au
contraire, un associé doit être capable de faire ce que l’on ne sait pas faire. Par
exemple, un ingénieur en informatique est capable de développer un logiciel,
mais ne sait pas comment trouver les marchés. Il devra chercher à s’associer avec
un commercial, et non pas avec un autre informaticien.
Le but d’une association est d’apporter une force nouvelle à un projet. Un créa-
teur de start-up au tempérament fonceur pourrait avoir beaucoup à gagner à
s’associer avec une personne calme et réfléchie. La combinaison de ces deux

82
IV. Les sociétés civiles

personnalités pourrait permettre l’élaboration de stratégies audacieuses mais au


risque calculé. Sans forcément parler d’amitié, il est bien évident que les associés
doivent avoir une certaine complicité. Cette affinité se met en avant au cours du
premier entretien, au cours duquel on dit souvent que deux personnes ont un
bon « feeling ». C’est pourquoi le créateur d’un projet doit y réfléchir à deux fois
avant de choisir pour associé quelqu’un de complémentaire et compétent, mais
dont la personnalité ne lui plaît guère.
Toutefois, cela ne veut pas dire qu’il faille forcément s’associer avec un ami : en
effet, travail et amitié ne font pas toujours bon ménage, et il pourra être plus
difficile de donner un coup de poing sur la table et de changer les pratiques
défaillantes lorsque des liens affectifs existent.
Par ailleurs, si dans une entreprise, l’un des associés veut grandir alors que l’autre
ne recherche que la pérennité, le projet n’aboutira pas. Lorsqu’un créateur de
start-up recherche un associé, il doit choisir une personne ayant la même vision
d’entreprise que lui.
Enfin, certaines sociétés se sont spécialisées dans la recherche d’associés. Elles
étudient le profil de l’entrepreneur, ses ambitions et ses attentes, et recherchent
des personnalités complémentaires dans leur base de données. Utiliser ce type de
service peut faire gagner beaucoup de temps et éviter les mauvaises expériences.

Questions/réponses de pro

Choisir une SCI d’attribution ou en indivision ?


Nous sommes deux couples et envisageons d’acheter un terrain pour y construire
deux maisons afin d’en faire nos résidences principales. Deux possibilités s’offrent
alors à nous : réaliser cet achat en indivision, puis à la fin des travaux procéder à
une division du terrain via une mise en copropriété, ou réaliser cet achat via une
SCI d’attribution.
Le projet global est aux alentours de 700 k€ (400 k€ le terrain + 2 × 150 k€ pour
les maisons), mais quels seront les frais annexes (notaire, etc.) ?
Dans le cas de l’indivision, le coût de l’opération est d’environ 30 k€ à l’achat du
terrain, puis de 3 k€ à 5 k€ pour la mise en copropriété comprenant un nouveau
passage chez le notaire à la fin du projet, soit un total de 35 k€. Quel est le coût
d’une SCI familiale : création, frais sur l’achat du terrain, frais sur l’attribution

83
IV. Les sociétés civiles

des lots et frais de dissolution ? Doit-on payer deux fois les frais de mutation
(une première fois pour l’achat du terrain, puis une seconde fois lors de l’attri-
bution des lots) ?
Question de Dodo

ΔΔ Réponse de Gestiondepatrimoine.com

Effectivement, ces deux solutions s’offrent à vous, cependant, il faut prendre


en compte les possibilités et obligations de chacune de ces mesures.
Tout d’abord, l’indivision est une formule qui peut être contraignante, car
d’une part, « nul n’est obligé de rester dans l’indivision » (article 815), donc
chaque propriétaire peut demander de vendre sa part à tout moment. Il existe
néanmoins un droit de préemption que peuvent exercer les indivisaires.
D’autre part, les indivisaires sont solidaires des dettes. Si l’un d’entre eux
ne peut pas payer son crédit, la banque se réserve le droit de demander la
vente du bien pour le règlement de ladite dette.
L’indivision présente aussi un problème au moment de la succession, car les
héritiers peuvent demander la vente de leur part et il n’est pas possible de
s’y opposer (article 815). Vous pouvez donc être obligé de racheter les parts
des cessionnaires afin de conserver le bien, ou le cas échéant, vendre le bien
pour payer cette part.
En résumé, l’indivision peut être source de nombreuses tensions, dans la
mesure où les décisions importantes doivent être prises à l’unanimité des
indivisaires. Une certaine souplesse a néanmoins été prévue par la loi en
offrant la possibilité aux indivisaires de nommer un décisionnaire qui pourra
effectuer seul les actions de gestion courante.
Il peut donc être préférable pour vous de constituer une SCIA, car cette
formule est bien plus souple dans son fonctionnement que l’indivision. Le
principe de la SCIA est de permettre la constitution ou l’acquisition d’un
immeuble, en vue de l’attribution de lots entre les associés. Une fois l’opé-
ration effectuée, la SCI peut être dissoute.
Concrètement, il s’agit d’acheter un bien à plusieurs et ensuite de se répartir
les parts suivant ses besoins. Comme pour tout contrat, ce sont les associés
qui définissent les statuts, à eux donc de définir de façon exhaustive les
différentes répartitions. L’avantage avec ce mode d’acquisition est que vous
pouvez utiliser votre Plan d’épargne logement ou contracter un prêt à taux

84
IV. Les sociétés civiles

zéro pour acquérir des parts. De plus, vous ne revalorisez que votre part, il
n’est donc pas nécessaire de demander l’autorisation des autres membres
si vous voulez effectuer des travaux dans votre logement, par exemple. La
valeur des parts peut ainsi varier selon chaque associé. Il est également pos-
sible de prévoir une clause selon laquelle des parts ne pourront être cédées
qu’à d’autres associés. Par ailleurs, si l’un des associés entend céder ses
parts, mais qu’aucun des co-associés ne souhaite les racheter, une faculté de
rachat par la société existe, en vue de leur annulation.
Enfin, il convient de mentionner l’existence de clauses d’agrément, qui
permettent notamment de limiter l’entrée dans la société de membres
indésirables. L’associé qui ne répondrait pas aux appels de fonds ou qui ne
participerait pas aux charges ne peut ni entrer en jouissance de la fraction de
l’immeuble à laquelle il a vocation, ni se maintenir dans cette jouissance, ni
obtenir l’attribution en propriété de cette fraction. L’associé s’expose éga-
lement à la vente forcée de ses parts dans la société, à la double condition
qu’il n’ait pas régularisé sa situation dans un délai d’un mois suivant une
sommation de payer, et que l’assemblée générale autorise cette vente forcée
à la majorité des deux tiers des droits sociaux, dont les titulaires sont présents
ou représentés (art. L. 212-4 CCH). Sachez en outre que les parts de l’associé
défaillant ne sont pas prises en compte pour le calcul de ces majorités.
Pour répondre plus précisément à votre question, le coût de création d’une
telle structure varie généralement entre 1 000 et 2 000 €, il en va de même
pour la dissolution. Les sociétés civiles d’attribution bénéficient du système
dit de la transparence fiscale. En conséquence, elles sont réputées pour ne
pas avoir d’existence distincte de celle de leurs membres (art. 1655 ter CGI).
Cette transparence fiscale, particulièrement marquée en matière de société
civile d’attribution, s’applique non seulement aux impôts directs et aux
droits d’enregistrement, mais également à la taxe de publicité foncière et
aux taxes assimilées (art. 1655 ter CGI).
Pour les associés, ce principe entraîne les conséquences fiscales suivantes :
les cessions de parts sont assimilées à des ventes d’immeubles, ainsi la ces-
sion est soumise aux droits de mutation applicables aux ventes d’immeubles.
Elle peut également être soumise à la TVA s’il s’agit de la première vente
dans un délai de cinq ans suivant l’achèvement de l’immeuble. La cession
est aussi soumise au régime des plus-values immobilières. Enfin, les réduc-
tions d’impôts applicables à l’habitation principale ou aux investissements
locatifs sont, le cas échéant, applicables.

85
IV. Les sociétés civiles

EURL et SCM
Je gère une EURL et souhaite la liquider et m’associer à la création d’une SCM,
dont je serais la gérante. Est-ce possible ?
Nous serions deux dans la SCM, une mandataire judiciaire et l’autre secrétaire.
Les professions sont-elles compatibles ?
Question de Sophie89

ΔΔ Réponse de LBC Compta

Une SCM est une société civile de moyens, dont l’objet principal est la mise
en commun de frais de fonctionnement entre professionnels libéraux afin
de faciliter l’exercice de leur profession. La répartition de ces charges se fait
généralement selon le nombre de parts sociales détenues dans la société,
et c’est chaque associé qui finance la SCM par apports de trésorerie selon
cette clé de répartition. Il est à noter que chaque professionnel est lui-même
inscrit à titre indépendant, c’est-à-dire qu’il encaisse ses propres recettes, et
décaisse ses propres charges.
Ainsi, si vous êtes seule à exercer une activité libérale (en l’occurrence, une
activité de mandataire judiciaire), la création d’une SCM ne semble pas
appropriée. En effet, à mon avis, l’exercice d’une activité de secrétariat ne
présente pas le caractère d’une profession libérale au sens strict du terme.
Cependant, si vous souhaitez « mutualiser » des frais de structure avec une
autre activité indépendante, il peut exister d’autres possibilités juridiques
plus appropriées.

Assemblée générale ordinaire de SCI


Quelles sont les missions confiées au gérant d’une SCI ? Quel est son rôle par
rapport aux autres associés ?
Question de Delodz

ΔΔ Réponse de Gestiondepatrimoine.com
Le gérant d’une SCI à un certain nombre d’obligations liées à sa fonction : la
gestion courante des affaires de la société, la convocation des associés aux
assemblées générales, l’établissement des procès-verbaux de ces assem-
blées et d’un rapport sur l’activité de la société (au moins une fois par an), la
réponse aux questions écrites des associés, la remise des comptes annuels.

86
IV. Les sociétés civiles

En cas de manquement à certains de ces actes de gestion, les associés


peuvent demander au président du Tribunal de grande instance de décider
de la désignation ou non d’un mandataire chargé de provoquer cette assem-
blée des associés.

Changer d’associé
Je suis actionnaire majoritaire de ma SCI et je souhaiterais que mon unique asso-
cié cède gracieusement ses parts à un tiers. Celui-ci est enclin à le faire, mais je
m’interroge sur les modalités.
Existe-t-il un document type ? Comment enregistrer cette modification ?
Question de Messant

ΔΔ Réponse de Patrimoine Prestige Antilles


L’acte de cession de parts sociales d’une SCI doit être rédigé sous seing privé
ou par acte authentique (donc par-devant notaire). Vous ne sauriez le faire
vous-même, car cela demande des compétences spécifiques.
L’acte doit aussi être enregistré auprès des services fiscaux, et bien sûr, des
frais seront à prévoir. Leur montant est fonction de la valeur des actifs de la
SCI.
Par ailleurs, une expertise en valeur vénale sera probablement nécessaire,
sauf si les biens ont fait l’objet d’une valorisation récente, soit par expertise
ou tout simplement par acquisition.

Conseils sur la création d’une SCI familiale


Avec les membres de ma famille, nous avons pour projet d’acheter une maison
via une SCI familiale, dans laquelle nous vivrons tous. Nous serons également
tous garants. Je voudrais savoir quels peuvent être les risques d’une SCI familiale.
Quelle est la meilleure façon d’optimiser cette transaction ?
Question de Liloum

ΔΔ Réponse de Ingefi Conseil


Une SCI est un outil patrimonial intéressant, mais qui doit être manié avec
discernement, notamment en raison de la responsabilité solidaire et indivi-
sible des associés.

87
IV. Les sociétés civiles

Cet outil permet généralement d’augmenter sa capacité d’achat pour une


acquisition non possible seul. Mais sachez qu’il n’est pas forcément néces-
saire de passer par une SCI pour se porter garant dans un prêt, vous pourriez
le faire autrement.
Par contre, cet outil peut être utilisé pour préparer une transmission future.

Statut du gérant dans une SCI


Doit-on avoir nécessairement la majorité des parts sociales pour être gérant
d’une SCI ?
Question de BLR Expert Conseil

ΔΔ Réponse d’Étude patrimoniale – Louiset


Non, cela n’est pas une obligation. Il est même possible d’être gérant salarié
non associé. Donc peu importe le nombre de parts.
Les statuts d’une société civile sont très intéressants dans la mesure où la
rédaction offre beaucoup de flexibilité. La règle de révocation du gérant
peut aussi très bien être modifiée dans les statuts.
Réponse de Gestiondepatrimoine.com
La gestion est assurée par un seul ou plusieurs gérants (peu importe le
nombre de parts qu’il/ils détient/détiennent), rémunérés ou non, qui, en
fonction des statuts, peuvent agir seuls ou conjointement.
Leurs pouvoirs sont librement déterminés par les statuts, et les décisions
importantes sont prises en assemblée selon les règles de majorité fixées par
les statuts.
En outre, le gérant peut être révoqué par simple décision des associés à par-
tir du moment où ceux-ci représentent plus de la moitié des parts sociales.
À défaut de nomination d’un ou plusieurs gérants, tous les associés sont
considérés comme les gérants.

88
V.
Les coopératives et les exploitations agricoles

Plusieurs entrepreneurs
ont la possibilité de se ras-
sembler pour mutualiser
leur savoir-faire, mais aussi
pour partager certains
avantages en créant une
société coopérative. Selon
le type d’activité, on peut
opter pour la coopéra-
tive ou pour l’exploitation
agricole.

Outre les coopératives classiques, on recense la société coopérative ouvrière


de production, la société coopérative d’intérêt collectif et la coopérative agri-
cole. Les entrepreneurs qui souhaitent créer une société liée à une exploitation
peuvent aussi opter pour l’exploitation agricole à responsabilité limitée ou le
groupement agricole d’exploitation en commun. Une société coopérative peut

89
V. Les coopératives et les exploitations agricoles

avoir un objet civil ou commercial. Elle est créée par des indépendants qui
souhaitent se réunir et bénéficier d’une même enseigne, de services mutuali-
sés, d’une centrale d’achats commune avec des coûts réduits ainsi que de la
mise en commun de leurs services ou produits.

Les associés de la société coopérative peuvent librement choisir leur statut


juridique, qui est le plus souvent une SA (société anonyme), une SAS (société
par actions simplifiée) ou bien une SARL (société à responsabilité limitée).

Les sociétés coopératives


Les associés d’une société coopérative sont tous solidaires en cas de dette.
Ils possèdent également les mêmes droits, peu importe le nombre de parts
sociales dont ils disposent. En principe, les bénéfices ne sont pas distribués
aux associés, mais les excédents de gestion peuvent être répartis sous forme
de ristourne, en fonction de l’activité des associés dans la société.

Formes
Une société coopérative (SC) peut prendre la forme d’une SC européenne,
d’une SA coopérative, d’une SC à responsabilité limitée ou à capital variable.

Société coopérative : les différentes formes

Sociétés coopératives Caractéristiques

• Si des associés souhaitent exercer leur activité dans


différents États membres de l’Union européenne, ils
ont la possibilité de créer une société coopérative
européenne proche de la SE et qui peut opérer dans
les États membres, tout en ayant une seule person-
Société coopérative européenne
nalité juridique, une réglementation et une structure
unique
• Dans chaque État, la société coopérative euro-
péenne sera traitée comme une société coopérative
nationale

90
V. Les coopératives et les exploitations agricoles

Sociétés coopératives Caractéristiques


• Elle reprend les grands principes de la SA qui en
influence son fonctionnement, que ce soit pour le
nombre minimum d’associés, le mode de direction et
le capital social minimum
Société anonyme coopérative
• Sous forme de société anonyme coopérative, on
peut créer une société coopérative ouvrière de pro-
duction, une société coopérative d’intérêt collectif
ou une coopérative agricole
• Cette forme reprend les grands principes de la
SARL : les associés ne sont responsables des dettes
sociales de la société qu’à hauteur de leurs apports ;
Société coopérative à responsa-
la société coopérative doit dans ce cas être consti-
bilité limitée
tuée par un acte authentique devant un notaire
• Les SCIC ou SCOP peuvent être créées sous forme
de société coopérative à responsabilité limitée
• Dans le cas d’un SC à capital variable, le capital est
susceptible d’être augmenté par le versement de
nouveaux apports des associés présents ou par l’arri-
Société coopérative à capital
vée de nouveaux associés, ou diminué, notamment
variable
si des associés souhaitent se retirer de la société
• Même si la société coopérative bénéficie d’un capital
variable, un capital social minimum peut être exigé

SCOP
Parmi les différentes sociétés coopéra-
tives, l’une des plus répandues est la SCOP
(société coopérative ouvrière de produc-
tion). Elle se constitue de salariés désireux
de créer une société ensemble, quel que
soit leur domaine d’activité ; ils y sont les
associés majoritaires. Une SCOP possède
des spécificités, tant au point de vue de
ses associés que de sa constitution et de son partage des profits. Les associés
d’une SCOP (100 au maximum) doivent majoritairement être les salariés de
la société et être au minimum deux pour une SARL et sept pour une SA. Tous
les salariés peuvent devenir associés, mais il est également possible de s’asso-
cier sans être salarié. De plus, chacun dispose d’une voix lors des décisions,

91
V. Les coopératives et les exploitations agricoles

peu importe son apport dans le capital social, et est responsable dans la limite
de son apport. Un associé ne peut pas détenir plus de 50 % du capital.Une
SCOP peut être constituée du moment que la société est basée sur un fonc-
tionnement coopératif.

Lors de sa constitution, elle sera inscrite sur la liste établie par le ministère
du Travail. Ensuite, une expertise périodique est réalisée par un intervenant
extérieur pour s’assurer de son bon fonctionnement : on parle de révision
coopérative.

La SCOP est basée sur un partage du profit équitable : une partie des bénéfices
est attribuée aux salariés sous forme de participation et d’intéressement, une
autre est versée aux salariés associés sous forme de dividende, et une autre est
destinée aux réserves de l’entreprise pour contribuer à son développement.

Ainsi, une SCOP est une société coopérative qui peut être constituée sous
la forme d’une société anonyme (SA) ou d’une SARL : son fonctionnement
dépend de ce choix.

SARL Société anonyme En commun


• Capital social mini-
• Capital social mini- mum pour pou-
mum pour pouvoir voir la constituer :
Une SCOP peut
la constituer : 30 € 18 500 €
Capital social avoir un capital social
• Il doit être entiè- • Un quart doit être
variable
rement libéré à la libéré à la constitu-
constitution tion et le solde dans
les 3 ans
• Le dirigeant de la
SCOP est élu par les
salariés
Président et éven-
• Les associés se réu-
tuellement directeur
nissent en assemblée
Gérant élu pour 4 ans général élus pour
Direction générale au moins
maximum 6 ans, avec des
une fois par an
membres du directoire
• Lors de cette AG, ils
élus pour 4 ans
décident des choix
stratégiques de
l’entreprise

92
V. Les coopératives et les exploitations agricoles

SARL Société anonyme En commun


La SCOP dispose d’un patrimoine qui lui est propre, elle est assujettie à
l’impôt sur les sociétés et est exonérée pour :
Régime fiscal • les bénéfices distribués aux salariés
• les réserves, si un accord de participation dérogatoire a été signé (le
montant équivalent doit alors être investi dans les 4 ans)
Salariés, associés-salariés, dirigeants et mandataires sociaux bénéficient
Régime social tous du régime social des salariés : ils répondent aux mêmes cotisations
et couvertures sociales

SCIC
Lorsque différents acteurs souhaitent créer un projet qui a un intérêt collectif
et un caractère d’utilité sociale, il est possible de constituer une SCIC, société
coopérative d’intérêt collectif. Il s’agit
d’une SC qui permet de réunir de
nombreux acteurs autour d’un même
projet. Elle peut concerner la produc-
tion de biens et services dans tous
les domaines d’activités, du moment
qu’elle a un intérêt collectif justifié.
Une société coopérative d’intérêt collectif permet de mobiliser des ressources
économiques et des compétences sociales sur un territoire ou une filière don-
née. Elle peut être créée sous deux statuts juridiques : la société anonyme ou
la SARL, société à responsabilité limitée. La SCIC reprend donc le fonctionne-
ment du statut d’entreprise sous lequel elle a été créée.

La SCIC a des caractéristiques qui lui sont propres sur de nombreux aspects :
ses associés, son principe coopératif, son régime fiscal et social et son mode
de répartition des excédents. Elle doit avoir trois types d’associés avec au
moins un salarié de la coopérative, un bénéficiaire des biens et services propo-
sés et un autre associé contribuant à son activité. Le nombre d’associés varie
selon le statut juridique : trois associés et maximum cent en SARL, sept asso-
ciés et pas de maximum fixé en SA. Ces derniers sont responsables dans la
limite de leur apport. Par ailleurs, le capital social peut être variable : si la SCIC
est constituée sous forme de SA, il ne peut pas être inférieur à 18 500 €.

93
V. Les coopératives et les exploitations agricoles

La SCIC fonctionne sur le principe coopératif, toutes les décisions sont contrô-
lées lors de l’assemblée générale où chaque associé dispose d’une voix, peu
importe son nombre de parts. Si elle réalise des excédents, ceux-ci doivent
être distribués à hauteur d’au moins 57,50 % pour la constitution de réserves
impartageables. Le solde des excédents restants peut être attribué à la rému-
nération plafonnée des parts sociales, déduction faite des éventuelles aides
publiques et associatives. En cas d’aides publiques, l’équivalent de celles-ci et
le dernier solde doivent également être affectés aux réserves impartageables.
Enfin, la SCIC est soumise à l’impôt sur les sociétés, mais les sommes affec-
tées à la constitution des réserves impartageables sont déductibles.

Les dirigeants dépendent du régime des assimilés salariés, sauf s’ils étaient
titulaires d’un contrat de travail au sein de la SCIC avant d’être nommés
dirigeants.

Une SCIC doit être agréée par la pré-


fecture du département où se situe son
siège social. L’agrément est valable 5 ans
et peut être renouvelé. Pour l’obtenir, la
SCIC doit justifier de sa conformité et de
son caractère d’utilité sociale. Ainsi, la
préfecture vérifie si son activité répond à
des besoins émergents ou non satisfaits,
à l’accessibilité des biens et services et à la condition d’exercice de l’activité
déclarée. L’agrément doit être demandé après la rédaction des statuts et le
dépôt du dossier de création auprès d’un centre de formalités des entreprises.

Coopérative agricole
La coopérative agricole est une société coopérative pour les agriculteurs, qui
se regroupent pour bénéficier de services et d’avantages. Elle peut être créée
par des personnes physiques ou morales et pour tout type de production. La
seule restriction : son activité économique doit correspondre à la circonscrip-
tion territoriale dans laquelle elle est agréée. L’objectif n’est pas le profit ni
l’association de capitaux. En se regroupant, les agriculteurs utilisent en com-
mun de nombreux moyens permettant de développer et faciliter leur activité

94
V. Les coopératives et les exploitations agricoles

économique comprenant l’approvisionnement, les outils de production, le


conditionnement de leur production, le stockage des marchandises, la trans-
formation et la commercialisation de leurs produits.

La coopérative agricole fonctionne selon un certain nombre de principes,


et il faut au minimum sept associés. Elle repose sur le principe de la libre
adhésion, ainsi, chaque individu dont
l’activité ou la territorialité correspond
à celle de la coopérative peut devenir
associé. Les agriculteurs sont à la fois
associés, fournisseurs de production et
utilisateurs des services de la coopéra-
tive. C’est aussi une société à capital variable : à tout moment, le capital peut
être augmenté ou diminué par la souscription de nouveaux sociétaires ou le
retrait de certains. Les associés souscrivent à un capital qui est proportionnel
à leur activité avec la coopérative agricole. Si un associé souhaite se retirer, il
ne bénéficie pas d’une valorisation de son capital : il ne touche pas une par-
tie des réserves. En outre, la coopérative agricole est dirigée par un conseil
d’administration et les décisions sont prises lors des assemblées générales. Un
homme = une voix : chaque associé dispose du même droit de vote lors des
assemblées générales.

Les indemnités versées aux membres


du conseil d’administration sont votées
en assemblée générale. Par ailleurs, en
adhérant à une coopérative agricole, les
agriculteurs s’engagent à apporter une
partie ou la totalité de leur production à
la coopérative, qui, en retour, s’engage
à commercialiser celle-ci. Chaque asso-
cié reçoit des ristournes en fonction du
CA réalisé. Enfin, elle est exonérée de l’impôt sur les sociétés si elle respecte
l’objet de son activité et qu’elle ne travaille qu’avec les associés de la coopé-
rative. Si elle travaille avec des personnes extérieures, elle est alors soumise
à l’impôt sur les sociétés (sauf si ces activités n’excèdent pas 20 % de son
chiffre d’affaires).

95
V. Les coopératives et les exploitations agricoles

Pour constituer une coopérative agricole, il convient de rédiger des statuts


homologués par le ministère de l’Agriculture. La coopérative doit également
faire l’objet d’un agrément par le Haut Conseil de la coopération agricole, après
dépôt du dossier de création auprès d’un centre de formalités des entreprises.

Les exploitations agricoles


L’EARL est une société civile qui permet de créer une entreprise pour exercer
son activité agricole tout en limitant ses responsabilités, tandis qu’un grou-
pement agricole d’exploitation en commun (GAEC) est une société civile qui
permet de s’associer pour réaliser des travaux agricoles en commun.

EARL
L’EARL peut être unipersonnelle,
c’est-à-dire avec un seul associé,
ou pluripersonnelle, c’est-à-dire
avec plusieurs associés. Quoi qu’il
en soit, elle est considérée comme
une seule exploitation agricole.
Unipersonnelle, elle permet à un
exploitant d’isoler son activité de
son patrimoine personnel : cela
protège donc ses biens personnels
en cas de problème.

L’EARL se compose d’un à dix associés, qui doivent être des personnes phy-
siques et majeures. On trouve alors deux types d’associés : les exploitants qui
participent aux travaux de l’exploitation et doivent détenir plus de 50 % des
parts sociales du capital, et les non-exploitants qui contribuent uniquement à la
formation du capital social. En outre, il convient de disposer d’un capital social
de 7 500 € minimum, avec des apports qui peuvent être effectués en nature ou
en numéraire. Les apports en nature doivent de plus faire l’objet d’une évalua-
tion par un commissaire aux comptes, sauf si aucun d’entre eux n’est supérieur
à 7 500 € ou si les associés en ont décidé autrement. Chaque associé n’est res-
ponsable des pertes qu’à concurrence du montant de ses apports.

96
V. Les coopératives et les exploitations agricoles

Une EARL peut être dirigée par un ou plu-


sieurs gérants, qui doivent être des associés
exploitants.

Pour les décisions importantes, les asso-


ciés se réunissent en assemblée générale et
détiennent un droit de vote proportionnel au
nombre de parts sociales détenues.

Les terrains agricoles servant à l’EARL peuvent


être, quant à eux, loués à la société elle-même
ou à un associé exploitant, apportés en capital
social ou mis à disposition par un ou plusieurs
associés exploitants.

Dans tous les cas, ils ne peuvent pas dépasser


dix fois la surface minimum d’installation fixée
au niveau du département.

S’agissant du régime fiscal, tout dépend du nombre d’associés et de leur


qualité. Avec un seul associé ou plusieurs associés de la même famille, il est
nécessaire de payer l’impôt sur le revenu de l’associé au titre des bénéfices agri-
coles (BA) ; en revanche, en cas de plusieurs associés, c’est l’impôt des sociétés
qui s’applique.

S’agissant du régime social, les associés exploitants d’une EARL, qu’ils soient
gérants ou non, sont assujettis au régime des non-salariés agricoles (MSA). Les
cotisations concernent donc l’assurance maladie, l’invalidité et la retraite. Les
conjoints des associés exploitants peuvent également bénéficier de ce régime
social.

La création d’une EARL passe par la constitution d’un dossier auprès d’une
association départementale pour l’aménagement des structures des exploita-
tions agricoles.

Après acceptation du dossier, celle-ci le transmet au centre de formalités des


entreprises compétent, qui s’occupe ensuite de l’immatriculation auprès du
Registre du commerce et des sociétés.

97
V. Les coopératives et les exploitations agricoles

GAEC
Le groupement agricole d’exploitation en commun (GAEC) a pour objet la mise
en commun des exploitations agricoles, et, parfois, la vente en commun de
leurs productions. Tous les agriculteurs associés dans le GAEC doivent se mettre
d’accord pour choisir un GAEC soit total (les agriculteurs regroupent la totalité
de leurs exploitations agricoles), soit partiel (les agriculteurs regroupent seule-
ment une partie de leurs exploitations agricoles).

Un GAEC doit être géré comme l’est habituellement une exploitation familiale.
Elle comporte de deux à dix associés, qui doivent être des personnes physiques
et qui doivent exercer la profession d’agriculteur à titre principal. Ils doivent
également effectuer soit un apport en capital, soit un apport en industrie et
peuvent mettre des terrains à disposition. Les associés conservent leur statut de
chef d’exploitation à titre principal. Leur responsabilité est limitée à deux fois la
part du capital social qu’ils possèdent.

D’autre part, un capital social d’au moins 1 500 € (divisé en parts sociales d’une
valeur minimale de 7,50 €) est nécessaire ; il peut être constitué d’apports
en nature ou en numéraire. Les apports en industrie sont possibles, mais ne
peuvent pas constituer le capital social.

Un ou plusieurs gérants sont choisis


parmi les associés : ils peuvent être nom-
més dans les statuts ou dans un acte
séparé. Les décisions importantes sont
prises en assemblée générale, lors des-
quelles tous les associés ont un droit de
vote. Tous les bénéfices du GAEC sont
partagés entre les associés, qui en défi-
nissent les conditions de répartition.
La répartition des bénéfices peut donc
être inégalitaire et prendre en compte
la participation des associés aux travaux ou leurs apports en capitaux. Chaque
associé est imposé au titre de l’impôt sur le revenu pour la part des bénéfices
qui lui revient. Les associés d’un GAEC, qu’ils soient gérants ou non, sont ratta-
chés au régime social des non-salariés agricoles, ils cotisent à la MSA.

98
V. Les coopératives et les exploitations agricoles

La constitution d’un GAEC nécessite de rem-


plir plusieurs formalités : dépôt d’un dossier
auprès d’une association départementale pour
l’aménagement des structures des exploita-
tions agricoles, demande d’agrément auprès
du comité départemental, rédaction de statuts,
intervention d’un notaire s’il y a un apport en
immobilier, publication auprès d’un journal
d’annonces légales, immatriculation auprès du
RCS après transmission par l’ADASEA du dos-
sier au CFE compétent.

99
V. Les coopératives et les exploitations agricoles

AA Pour aller plus loin


Astuce

Passer du statut d’association à celui de société

Si une association de type loi 1901 n’a pas de but lucratif, elle a tout de même la
possibilité de créer une société ou de prendre part à une entité commerciale, mais
en aucun cas elle ne peut se transformer en société sans entraîner sa dissolution.
Une association peut participer au sein d’une société, voire en créer une en
charge de l’exploitation de ses activités rémunératrices. Ainsi, une association
peut créer une entreprise pour assurer la distribution commerciale de produits
portant son nom, ce qui est notamment le cas des clubs sportifs professionnels ;
ou encore parce qu’elle souhaite acquérir un immeuble, dont une partie sera
mise en location.
Une association peut créer ou s’associer à la plupart des types de société (SA,
SCV, SRL, etc.), à l’exception de celles imposant, dans leur participation, une
activité de commerçant : par exemple, la société en nom collectif.
En ce qui concerne les revenus tirés de cette participation ou création, les divi-
dendes versés par une société à une association sont imposés sur un taux de
15 % ; ce n’est cependant pas le cas des loyers versés par une société civile
immobilière (SCI), qui, eux, ne donnent pas lieu à une imposition.
À noter qu’une association peut diriger une société, sauf si ce rôle est réservé aux
personnes physiques, comme dans les SARL.
Sauf cas rare, une association ne peut pas devenir une entreprise. Si vous tenez
à le faire, cela entraînera sa dissolution et le reversement de tout son actif à une
autre association. Cela dit, il existe des exceptions à cette règle.
En effet, si l’association souhaite se transformer en un groupement d’intérêt
économique (GIE) dont l’objet est de développer l’activité économique de ses
membres et/ou d’améliorer leurs résultats, les dirigeants peuvent choisir de lui
donner la forme morale d’une société coopérative, destinée à améliorer l’activité
économique de ses adhérents.

100
V. Les coopératives et les exploitations agricoles

Questions/réponses de pro

Auto-entrepreneur possible ?
Peut-on se mettre en auto-entrepreneur pour cultiver et commercialiser du
safran ?
Question de Pol26240

ΔΔ Réponse de Lapibole
Non, on ne peut pas, car cette activité est agricole. Vous n’avez donc d’autre
choix que de vous inscrire à la MSA.

Associé d’une entreprise agricole


Je suis salarié et associé à 49 % de l’entreprise agricole de mon père. J’aimerais
savoir comment m’y prendre pour cesser d’être associé et ne rester que salarié.
Question de Smysy

ΔΔ Réponse d’Association AIATPE


Deux solutions possibles : soit vos parts d’associé (49 %) vous rapportent
et vous font dépasser des tranches d’imposition qui sont trop lourdes, soit
elles ne vous rapportent rien et vous avez le risque de grosses difficultés et
de devoir répondre de 49 % des dettes. Dans ce deuxième cas, vos parts
ne valent pas grand-chose, cédez-les pour une somme dérisoire. Pour le
premier cas, vous pouvez les vendre au plus offrant ou à votre père. Il vous
reste à évaluer la valeur de la part.

SAS Coopérative
Je m’intéresse aux SAS coopératives, plus particulièrement dans le cadre d’Habitat
coopératif où les habitants sont actionnaires. Je voudrais savoir si les spécificités
d’une SAS classique s’appliquent aux SAS coopératives.
Question de Calypso

ΔΔ Réponse de Cameliafiona
Il faut dissocier la responsabilité des associés qui restent limités à leur apport,
de la gestion quotidienne qui impliquera effectivement 1 associé = 1 voix.
Pour créer une SCOP SA, il faudra un capital de 18 500 € minimum avec au

101
V. Les coopératives et les exploitations agricoles

moins sept associés. En cas de liquidation de la structure, les associés voient


leurs responsabilités limitées à leur apport (sauf faute de gestion reconnue).
Lorsque chaque année, le gérant présentera son bilan devant les associés,
chacun votera à voix égale.
L’Union régionale des SCOP pourra vous répondre et vous accompagner, si
besoin.

Reprise d’une coopérative


Une coopérative agricole actuellement en liquidation peut-elle être reprise par
une partie des adhérents et des administrateurs responsables de sa liquidation ?
Question de Liloudu33

ΔΔ Réponse de Graal
On peut toujours faire une proposition de reprise de société dont on est res-
ponsable de la liquidation, mais je ne crois pas que le liquidateur l’accepte
facilement (ce type de pratique est devenu courant).
Bien sûr, s’il n’y a pas d’autres propositions que la vôtre et selon plusieurs
paramètres (type d’activité et dimension de la société, nombre d’emplois
directs et indirects, tissu économique régional, axes de développement
conformes à la couleur politique des élus, prévisions des vainqueurs des
prochaines élections, etc.), cela peut marcher.

102
VI.
L’implantation de l’entreprise 

Lorsque l’on crée sa société,


il est important de penser à
son implantation et, notam-
ment, à sa domiciliation.
Elle correspond à l’adresse
administrative choisie pour
l’entreprise et peut donc
être différente de celle où
l’activité est exercée. Cette
adresse doit être déclarée
au centre de formalités des
entreprises et figurer sur les
différents documents administratifs et commerciaux. Il existe des prestataires
qui permettent de domicilier facilement sa société, mais les pépinières d’en-
treprises sont aussi une option.

La domiciliation peut être différente du lieu d’exercice de l’activité. Il en


existe d’ailleurs différents types : domiciliation commerciale dans une société
ou un centre d’affaires donnant accès à de multiples services, domiciliation
avec location de bureaux (où vous pourrez également utiliser des salles de

103
VI. L’implantation de l’entreprise 

réunion), domiciliation à domicile ou encore boîte de domiciliation, solu-


tion intéressante pour les particuliers qui n’ont pas de domicile stable ou qui
voyagent beaucoup.

Synthèse
De la domiciliation commerciale en passant par une société de domicilia-
tion, la domiciliation chez soi ou la domiciliation dans des bureaux loués, les
possibilités sont multiples. Le particulier, quant à lui, aura une boîte de domi-
ciliation si cela s’avère nécessaire.

Pour connaître les conditions de mise en application de chaque forme de


domiciliation, reportez-vous au tableau ci-dessous.

Lieux Conditions Plus d’infos


• Si l’entrepreneur a l’intention d’y
exercer également son activité,
il devra veiller à ce que le règle-
ment ou bail ne l’interdise pas,
que l’activité soit exercée par les
occupants du logement exclu-
sivement et qu’elle n’engendre
Si le bail de location, le
pas le passage de clientèle ou
règlement de copropriété
À son domicile de marchandise ; dans tous
ou encore la mairie ne s’y
les autres cas, il conviendra de
oppose pas
demander les autorisations si
nécessaire
• En cas d’interdiction de domi-
cilier son entreprise chez soi, il
est tout de même possible de le
faire, mais pour une durée maxi-
male de 5 ans
Être titulaire d’un bail cor- Si l’entreprise est propriétaire
respondant à l’activité du local, vérifier au moment de
exercée : l’achat :
Dans un local à
• activité commerciale, arti- • qu’il s’agit d’un local dédié
usage commercial ou
sanale ou industrielle : bail à l’exercice commercial ou
professionnel
commercial professionnel
• activité libérale : bail • que l’activité exercée est bien
professionnel autorisée

104
VI. L’implantation de l’entreprise 

Lieux Conditions Plus d’infos


Conclure un contrat de
Contrat conclu pour une durée
Dans les locaux d’une domiciliation qui doit être
de 3 mois minimum, renouvelable
autre entreprise inscrit au RCS avec l’identité
avec tacite reconduction
de l’entreprise domiciliataire
• Contrat conclu pour une durée
de 3 mois minimum, renouve-
Conclure un contrat de lable avec tacite reconduction
Dans un centre
domiciliation qui doit être • L’entreprise pourra également
d’affaires et de
inscrit au RCS avec l’identité bénéficier de bureaux et de ser-
domiciliation
de l’entreprise domiciliataire vices divers tels que secrétariat,
réseau, salle de réunion, mobi-
lier, etc.
Dans une pépinière Pendant les premiers mois
N/A
d’entreprises de l’activité de l’entreprise

La domiciliation d’entreprise
Toute domiciliation d’entreprise fait l’objet d’un enregistrement au Registre du
commerce et des sociétés, au répertoire des métiers ou au centre de formalités
des entreprises. Cette opération justifie l’adresse fiscale et juridique de la société.

Réglementation
La domiciliation permet d’obtenir
une adresse pour une société tout
en offrant de nombreux services
complémentaires. Des mesures
datant du 23 juin 2003 (art. 6)
permettent de simplifier les règles
relatives à la domiciliation des
entreprises. L’adresse administrative
se dénommera « siège social » pour
les sociétés comme les SARL, EURL, SAS, SA, tandis que pour les entreprises
individuelles, cette notion est supprimée. L’adresse de domiciliation figure,
en outre, sur tous les documents de l’entreprise : papier à en-tête, devis, fac-
tures, cartes de visite, bons de commande, plaquettes de communication,
etc. Elle justifie son adresse fiscale et juridique, ainsi que sa nationalité.

105
VI. L’implantation de l’entreprise 

La domiciliation est indispensable pour effectuer les différentes formalités


relatives à l’enregistrement et l’inscription de la société au RCS ou au réper-
toire des métiers pour les commerçants, les artisans, les personnes physiques
et les sociétés (SARL, SA, SNC, SAS, etc.), et au CFE pour les professions
libérales et les entreprises individuelles.

Plusieurs solutions sont envisageables pour domicilier son entreprise : dans


un local commercial acheté ou loué (bail 3/6/9), dans des locaux loués à
un centre d’affaires (domiciliation de location de bureau), dans une domi-
ciliation commerciale – c’est-à-dire une société qui propose des adresses
stratégiques et/ou prestigieuses et qui offre en même temps de nombreux
services (mise à disposition de courrier, standard téléphonique, secrétariat,
etc.) –, ou une domiciliation collective dans les locaux d’une autre entre-
prise. Enfin, il est également possible de se servir du domicile personnel du
représentant légal : un certain nombre de règles sont néanmoins à respecter.

En France, le coût de la création d’entreprise est le moins élevé d’Europe.


Plusieurs formules existent pour domicilier sa société, elles sont soumises à
différentes règles.

Le tableau ci-dessous récapitule les différentes possibilités.

Entreprises Domiciliations

Dans une entreprise de domiciliation ou centre


d’affaires qui a pour activité de servir de siège aux
autres entreprises : cette entreprise offre de nom-
breux services, mais doit obéir à des règles strictes
En règle générale, le siège
social d’une entreprise est
établi dans un local commer- • Dans des locaux occupés par une autre entre-
Sociétés prise, on parle de domiciliation administrative :
cial, mais il existe différentes
possibilités, selon certaines elle ne peut en aucun cas entraîner le change-
réglementations ment de destination de l’immeuble ni l’applica-
tion du statut des baux commerciaux
• Si cette dernière n’est pas propriétaire des
locaux, l’entreprise domiciliataire devra avoir
obtenu l’accord du bailleur avant la signature du
contrat de domiciliation

106
VI. L’implantation de l’entreprise 

Entreprises Domiciliations

• À son domicile dans les villes de moins de


200 000 habitants : le chef d’entreprise peut
domicilier sa société chez lui si aucune disposition
contractuelle ou législative ne s’y oppose ; dans
le cas contraire, la domiciliation ne sera autorisée
que pour une durée de 5 ans à compter de l’imma-
triculation de la société au RCS et sans pouvoir
dépasser le terme légal, contractuel ou judiciaire de
l’occupation des locaux
En règle générale, le siège • Le chef d’entreprise peut exercer son activité pro-
social d’une entreprise est fessionnelle à son domicile si aucune disposition
établi dans un local commer- contractuelle ou législative ne s’y oppose
Sociétés
cial, mais il existe différentes
possibilités, selon certaines • À son domicile dans les villes de plus de
réglementations 200 000 habitants et dans les départements
du 92, 93, 94 : le dirigeant peut domicilier son
entreprise à son domicile, si aucune disposition
contractuelle ou législative ne s’y oppose
• Il ne peut exercer son activité que si les condi-
tions ci-dessous sont réunies : il s’agit de sa
résidence principale, l’activité est exercée exclu-
sivement par lui et les autres occupants du lieu,
l’activité ne nécessite pas le passage de la clien-
tèle ou de marchandise

• Domicilier son entreprise à son local d’habitation : si aucune disposition législa-


tive ou contractuelle ne s’y oppose
• Leur profession pourra y être exercée également si le bail ou règlement de
copropriété ne s’y oppose pas, et si le local est situé dans une ville de plus de
Entreprises
200 000 habitants et/ou dans les départements du 92, 93, 94 ; dans ce cas, ils
indivi-
doivent respecter certaines conditions : il s’agit de leur résidence principale, l’ac-
duelles tivité est exclusivement exercée par les occupants du logement et ne nécessite
pas le passage de clientèle ou de marchandise
• Pour ceux qui ne disposent pas d’un établissement fixe, comme les ambulan-
ciers, ils pourront domicilier leur entreprise chez eux

• Il est possible de fixer le siège social de la société à son domicile, sans limitation
de durée, si aucune disposition législative ou stipulation du bail ne s’y oppose ;
Création de dans le cas contraire, la société sera autorisée à installer son siège au domicile
société de son représentant pour une durée de 5 ans
• L’activité pourra y être exercée également dans les mêmes conditions que celles
concernant les entreprises individuelles

107
VI. L’implantation de l’entreprise 

Siège social
Le siège social d’une entreprise est nécessaire pour effectuer toutes les for-
malités d’enregistrement de la société, et il justifie aussi son adresse fiscale
et juridique. L’adresse est choisie en France ou à l’étranger, selon des choix
stratégiques. On ne travaille pas forcément à l’adresse de son siège social :
l’activité de production, les bureaux et services peuvent être affectés ailleurs.

Pour domicilier sa société, il faut choisir un lieu adapté à cette dernière. Ce der-
nier sera mentionné sur tous les papiers : en-tête, bons de commande, factures,
plaquettes de présentation et statuts si celle-ci en possède. Le siège social peut
en outre être situé en France (grande ville ou petite agglomération ou com-
mune) ou à l’étranger pour les sociétés offshore. Le pays de domiciliation a toute
son importance : il définit la nationalité de l’entreprise, qui est alors soumise aux
lois du pays dans lequel elle est domiciliée. Le siège social correspond générale-
ment à la domiciliation fiscale qui est régie par le droit du pays concerné.

Toute société faisant de l’import-


export ou ayant besoin d’une
implantation dans un autre pays que
la France peut domicilier son entre-
prise à l’étranger. Tout d’abord, cela
permet d’éviter de remonter une
structure dans le pays avec lequel la
société travaille, qui en plus s’avére-
rait onéreuse, mais aussi de faciliter
l’organisation. Celle-ci peut en outre être implantée en France et posséder
des domiciliations à l’étranger (centre d’affaires). Ensuite, pour diminuer les
taxes et protéger leurs actifs, certains dirigeants établissent leur domiciliation
à l’étranger dans des centres offshore (Royaume-Uni, Seychelles, Bahamas,
Hong Kong, etc.).

Bon à savoir : le décret n° 85-1280 du 5 décembre 1985 concernant la domi-


ciliation permet de disposer d’une adresse commerciale pour le siège social
d’une entreprise, d’un établissement secondaire ou d’une succursale pour une
entreprise étrangère. La société de domiciliation apporte des services complé-
mentaires et administratifs pour aider l’entreprise à se développer.

108
VI. L’implantation de l’entreprise 

Comme pour une personne qui déménage, le siège social peut être transféré.
Cela s’effectue après une assemblée générale extraordinaire dans les condi-
tions de vote concernant les modifications des statuts. Pour une décision de
transfert de siège à l’étranger, c’est à l’unanimité des actionnaires et/ou des
associés que la décision de transfert doit être obtenue. Dans tous les cas, il
faut remplir certaines formalités.

Domiciliation fiscale
La domiciliation fiscale, qui peut s’effectuer en France ou à l’étranger, est
régie par le droit du pays concerné et obéit à certaines règles importantes et
précises. Elle détermine la nationalité de l’entreprise, car le siège social de la
société bénéficie de la nationalité de ce dernier. Ainsi, il est soumis aux lois du
pays concerné, à sa fiscalité et aux compétences territoriales des tribunaux
en cas de litige. Pour avoir une domiciliation fiscale en France, il faut exercer
une activité professionnelle sur le territoire. Toutefois, la domiciliation fiscale
ne correspond pas forcément au lieu où est installée l’activité (production de
marchandises).

Bon à savoir : les professions non commerciales et certaines activités regrou-


pées sous forme d’association ne peuvent pas bénéficier de ce dispositif.

La domiciliation fiscale détermine la domi-


ciliation du siège social, c’est-à-dire le lieu
où l’entreprise est implantée. Elle est offi-
cielle et sera retenue et reconnue auprès
de l’administration fiscale et des différentes
administrations. Elle est indiquée dans les
statuts de la société et doit figurer sur tous
ses documents officiels (papier à en-tête,
factures, etc.). Son choix se doit donc d’être mûrement réfléchi, car il permet
de faire la distinction juridique de son entreprise et de son domicile. Elle peut
consister soit en une domiciliation commerciale dans une société de domi-
ciliation ou un centre d’affaires qui proposent des bureaux en France ou à
l’étranger et des services complémentaires (permanence téléphonique, secré-
tariat, location de bureaux), soit en une domiciliation de l’activité chez soi

109
VI. L’implantation de l’entreprise 

pour laquelle il faudra fournir une attestation de domicile sur laquelle figurent
le nom, le prénom et l’adresse de l’entrepreneur, le siège social de la société
et le numéro d’identification.

Le fait de domicilier son entreprise à


l’étranger permet à un chef d’entreprise de
réduire ses taxes et protéger ses actifs tout
en limitant ses responsabilités. Certains
prestataires sont spécialisés dans la consti-
tution de sociétés offshore et onshore.
Ils peuvent vous proposer des domicilia-
tions fiscales aux Seychelles, à Chypre, l’Île
Maurice, le Royaume-Uni, Gibraltar, etc. Les principaux atouts de ces sociétés
de domiciliation sont leur professionnalisme et leur expertise, leur conseil et
leur expérience, leur discrétion et leur éthique.

Bon à savoir : choisir une société de domiciliation bénéficiant d’un label de


qualité évitera de signer des contrats avec des sociétés douteuses.

Les types de domiciliation


Pour les formalités d’enregistrement d’une société, il est indispensable de pos-
séder une domiciliation d’entreprise. Le siège social d’une société a en effet
une importance juridique et fiscale.

Domiciliation commerciale
L’adresse de domiciliation de l’entreprise est bien souvent un véritable choix
stratégique. Le plus important vis-à-vis de ses clients, c’est que la société
obtienne une domiciliation commerciale professionnelle : l’image renvoyée est
essentielle. Le but étant également de pouvoir recevoir ses partenaires dans
des lieux appropriés et adaptés. Le principe de la domiciliation commerciale
est régi par le décret n° 85-1280 du 5 juillet 1985.

Passer par une société de domiciliation offre de nombreux avantages : le prestige


d’une adresse, des services complémentaires comme la récupération de cour-
rier, l’accueil, le secrétariat, le standard, la location de bureau, etc. ; cela rassure

110
VI. L’implantation de l’entreprise 

les organismes financiers, et offre un grand sérieux et une meilleure pérennité à


l’entreprise. Il est vivement conseillé de choisir une société qui porte le label de
qualité du SNCAED (Syndicat national des centres d’affaires et de domiciliation) :
ces dernières ont signé un engagement lié à une charte de qualité.

Bon à savoir : l’ancienneté de l’entreprise de domiciliation est un point essen-


tiel à ne pas négliger.
Une entreprise qui a recours à une société de domiciliation doit signer un
contrat avec celle qui « l’héberge ». Les obligations sont liées à l’article 26-1
du décret n° 85-1280 du 5 décembre 1985 : « Toute personne qui s’installe
dans les locaux occupés en commun par une ou plusieurs entreprises, le siège
de son entreprise ou, lorsque ce siège est situé à l’étranger, une agence, une
succursale ou une représentation, présente à l’appui de sa demande d’imma-
triculation, le contrat de domiciliation conclu à cet effet, avec le propriétaire
ou le titulaire du bail de ces locaux. » Ce contrat de domiciliation commer-
ciale est écrit et doit mentionner qu’il est conclu pour une durée d’au moins
trois mois, renouvelable par tacite reconduction, sauf préavis de résiliation, et
que les parties s’engagent à respecter certaines conditions. Pour connaître les
obligations de chacun des acteurs, reportez-vous au tableau ci-dessous.

Ainsi, la société de domiciliation a l’obligation d’être immatriculée au Registre


du commerce et des sociétés ou au répertoire des métiers ; ce n’est toute-
fois pas obligatoire si le domiciliataire est une personne morale française de
droit public. Elle doit aussi mettre à la disposition de la personne domiciliée
(société) des locaux lui permettant d’effectuer des réunions régulières des
organes chargés de la direction, de l’administration ou de la surveillance de
l’entreprise, ainsi que l’installation des services nécessaires à la tenue, à la
conservation et à la consultation des livres, registres et documents prescrits
par les lois et règlements. Le domiciliataire s’engage et s’oblige également à
informer le greffier du tribunal, à l’expiration du contrat ou en cas de résilia-
tion, de la cessation de la domiciliation de l’entreprise dans ses locaux. Enfin,
selon l’article L-561-2 du Code monétaire et financier, les sociétés de domi-
ciliation se doivent d’avoir une obligation de vigilance et d’effectuer une
déclaration de soupçons vis-à-vis de leurs clients (les entreprises domiciliées) :
c’est un système d’évaluation de la gestion et de la classification des risques
selon le profil du client (pour la lutte contre le blanchiment des capitaux, les

111
VI. L’implantation de l’entreprise 

financements terroristes et les fraudes fiscales). Ces identifications du profil


du client doivent être faites avant l’entrée en relation d’affaires, c’est-à-dire
avant la signature du contrat de domiciliation.

Quant à l’entreprise cliente, elle a aussi des impératifs. Elle s’engage notam-
ment à utiliser effectivement et exclusivement les locaux soit comme siège de
l’entreprise, soit comme agence, succursale ou représentation si le siège est
situé à l’étranger. Elle prend aussi l’engagement d’informer le domiciliataire
de tout changement relatif à sa forme juridique et son objet ainsi qu’au nom
et au domicile personnel des personnes ayant le pouvoir général de l’enga-
ger. Enfin, elle donne mandat au domiciliataire qui accepte de recevoir en son
nom toute notification.

Bon à savoir : les entreprises et leurs filiales qui installent leur siège dans le
même local, dont l’une a la jouissance, ne sont pas obligées de conclure entre
elles un contrat de domiciliation.

La domiciliation commerciale dans une société


de domiciliation possède ses avantages et ses
inconvénients. Elle facilite d’abord l’accès (habi-
tuellement) et permet de s’installer à moindres
frais en évitant de louer des bureaux en perma-
nence. Elle est idéale pour un créateur d’entreprise
qui n’a pas besoin de bureaux dans l’immédiat.
Elle limite aussi ses charges incompressibles, car
dans la société de domiciliation, les coûts fixes
se transforment en coûts variables, les dépenses
sont proportionnelles au besoin en mètres carrés,
l’entrepreneur est exonéré d’un bail commer-
cial (3/6/9) et des charges d’un local. Pas besoin
non plus d’embaucher pour les besoins en service bureautique et en secré-
tariat. En outre, elle préserve la vie privée ; en effet, il est plus prudent de ne
pas mentionner une adresse personnelle, par exemple en cas de litige avec
un client. Cette adresse apparaît sur tous les documents administratifs de la
société, tels que les fiches de paie, les factures, le papier à en-tête…, mais
elle préserve également l’entrepreneur de démarches administratives en cas

112
VI. L’implantation de l’entreprise 

de changement de domicile du chef d’entreprise (qui obligerait un transfert


de siège de la société). Enfin, il existe un vrai aspect stratégique, puisqu’op-
ter pour une adresse prestigieuse dans une grande ville ou sur une grande
avenue contribue à la crédibilité de l’entreprise.

En revanche, l’entreprise n’est pas dans ses propres bureaux ou locaux, il


peut y avoir une crainte de détérioration du matériel. La domiciliation a aussi
un coût plus ou moins élevé selon l’adresse et les services complémentaires.
Enfin, la société sélectionnée doit avoir une certaine notoriété et un grand
sérieux : en cas de doute, un banquier sera moins confiant pour ouvrir un
compte bancaire.

Les tarifs sont donnés à titre indicatif et varient selon l’adresse. Ils peuvent
aller de 15 € à 100 € par mois pour une domiciliation simple avec réexpédi-
tion du courrier. Il faut ensuite ajouter les services complémentaires.

Location de bureaux
Une entreprise peut être domiciliée
dans des bureaux qu’elle loue dans
une société de domiciliation ou dans
un centre d’affaires, en France ou à
l’étranger. Tout est « clé en main »
pour favoriser l’efficacité d’une
entreprise en perpétuelle évolution :
services de qualité, espaces pro-
fessionnels dédiés (à la carte ou en
longue durée). Les espaces affaires permettent de travailler dans un cadre valo-
risant, de recevoir des visiteurs dans des bureaux très bien équipés, de bénéficier
d’une équipe de professionnels à l’écoute. Ces bureaux sont généralement très
bien situés et faciles d’accès (gare, aéroports, accès routiers, parking).

Les sociétés de domiciliation ou centres d’affaires offrent en outre plusieurs


formules pour travailler ou recevoir des clients : bureaux privatifs ou partagés,
location de courte durée (à l’heure, à la demi-journée, à la journée) ou de
salles de réunion équipées pour certaines de visioconférence.

113
VI. L’implantation de l’entreprise 

Ce tableau synthétise les différentes caractéristiques et services des bureaux


mis à disposition.

Services Explications
Les bureaux sont souvent accessibles 7 j/7 et
Accès
24 h/24
• Équipés au souhait du client
• Des accès Internet haut débit et des lignes
téléphoniques (certains ont même des lignes
téléphoniques avec numéros personnali-
sés, des assistantes répondent au nom de
Équipement
l’entreprise)
• Des agencements high-tech, avec un ou
Bureaux plusieurs bureaux, bureau de direction avec
table de réunion ou espace paysager avec
plusieurs postes de travail
• Les clients ont accès à tous les services du
centre d’affaires ou de la société de domici-
liation, à savoir : photocopieur, fax, scanner,
Services espace de détente et de restauration
• Les hôtesses enregistrent les consignes
d’accueil et accompagnent les visiteurs si
nécessaire
• Accès Internet haut débit et lignes télépho-
niques (conférence téléphonique)
• Rétroprojecteur, vidéoprojecteur,
Équipement et paper-board
aménagement • Grandes tables de réunion
• Visioconférence : d’une grande qualité de
communication et de haute technologie
(communication sur deux ou plusieurs sites)
• Les clients ont accès à tous les services du
centre d’affaires
• Des équipes spécialisées s’occupent de
Salles de réunion l’aménagement et de l’équipement de la salle
de réunion
• Visioconférence : des spécialistes veillent
à son bon déroulement (mise en œuvre et
Services heure prévue)
• Hôtesses d’accueil et secrétaires disponibles
pour accompagner les visiteurs selon les
consignes données et prendre les messages
téléphoniques
• Services de pause et de repas (plateaux-
repas) sont à disposition, les espaces détente
(jardin, patio) et restauration sont à proximité

114
VI. L’implantation de l’entreprise 

Les tarifs sont habituellement établis sur devis selon la durée, la superficie, le
lieu (adresse prestigieuse), les services (pause, visioconférence). Ci-dessous,
des prix à titre indicatif pour des sociétés étant déjà clientes de l’entreprise de
domiciliation.

Durée 1 heure 2 heures ½ journée Journée


Location d’un bureau (accès ponctuel) 20 à 30 € 30 à 50 € 30 à 50 € 50 à 75 €
Location d’une salle de réunion (accès
18 à 30 € 25 à 50 € 40 à 70 € 60 à 100 €
ponctuel)

Pour une location de bureau de longue durée : comptez de 300 à 1 000 € par mois.

Société de domiciliation
Une société de domiciliation héberge dans
ses bureaux une entreprise : l’entreprise
cliente utilise son adresse comme siège
social. Elle offre une véritable alternative à
la location de bureaux (bail 3/6/9), souvent
onéreuse, ou à la domiciliation de son entre-
prise chez soi, qui n’est pas toujours possible.
Ce type de prestataires apporte donc un service « clé en main » qui permet
de travailler dans un cadre valorisant. Pour louer des bureaux aux sociétés,
l’entreprise de domiciliation est liée à son client par un contrat, rédigé par
le domiciliataire et le domicilié ; le client est dans l’obligation de transmettre
beaucoup de garanties et quelques documents.

Bon à savoir : il est important que la société de domiciliation porte le label de


qualité SNCAED (Syndicat national des centres d’affaires et de domiciliation)
qui garantit son sérieux et son professionnalisme.
Par ailleurs, on peut utiliser une société de domiciliation dans plusieurs cas :
elle est idéale pour disposer d’une adresse commerciale lorsque l’entreprise est
encore récente, ou encore lorsqu’un entrepreneur souhaite ouvrir un nouveau
bureau dans une autre région ou à l’étranger. C’est une solution optimale qui
apporte, en plus d’une adresse, des services adaptés au besoin de l’entreprise.
Elle propose une adresse prestigieuse, réputée et/ou stratégique vis-à-vis des

115
VI. L’implantation de l’entreprise 

partenaires, ainsi que des bureaux géné-


ralement situés dans des grandes villes
avec une véritable facilité d’accès (axes
routiers, gares, aéroports, parking). Elle
fournit tout un panel de services comme
la domiciliation commerciale postale
simple : elle fournit une adresse postale,
reçoit le courrier et le réexpédie, sauf
demande contraire. Elle propose éga-
lement un standard téléphonique : la
standardiste prend alors le message au nom de l’entreprise, l’envoie par mail
et effectue un transfert d’appel sur la ligne personnelle de l’entrepreneur.
L’assistance administrative (secrétariat) est un autre des services disponibles :
mailing, traitement de texte, tableaux, etc., ainsi que l’assistance juridique
(constitution de société, etc.). En outre, il est possible d’utiliser des bureaux
tout équipés pour s’installer ou organiser des réunions.

Bon à savoir : vous pouvez commencer par une domiciliation simple et ajouter
des prestations de services (à la carte) au fur et à mesure que vos besoins gran-
dissent.
La société de domiciliation permet d’avoir
une adresse de référence pour son entre-
prise et de recevoir ses clients dans des
bureaux adaptés, bien équipés et faciles
d’accès. Elle permet l’accès à de nombreux
services complémentaires. Vous avez la
possibilité d’ouvrir d’autres bureaux en
France (région) ou à l’étranger et cela
limite les lourds investissements de location de bureau avec les contraintes des
baux. En revanche, l’entreprise ne possède pas ses propres bureaux. Le coût
peut aussi devenir important selon les services recherchés, et certaines socié-
tés de domiciliation ne sont pas très professionnelles, il faut rester vigilant.

Les tarifs varient en fonction des prestataires et des services recherchés ;


l’adresse de domiciliation joue un rôle très important dans la détermination du
tarif. Les prix indiqués ci-après sont fournis à titre indicatif.

116
VI. L’implantation de l’entreprise 

Tarifs des sociétés de domiciliation

Services de domiciliation Coûts


• SARL, SA, SNC : 40 €
• Professions libérales : 35 €
Domiciliation commerciale 15 à 100 €
• Associations : 40 €
• Auto-entrepreneurs : 30 €
Permanence téléphonique 30 à 200 € selon le nombre d’appel par mois
• Coût horaire pour du traitement de texte : 50 €
• Télécopie, abonnement trimestriel : 25 €
Secrétariat
• E-mail, abonnement trimestriel : 25 €
• Sauvegarde de données informatiques : sur devis
Assistance juridique Aide aux formalités de constitution de société : 140 €

Bon à savoir : la loi du 4/08/2008 et le décret d’application 2008-1488 du


30/12/2008 autorisent l’auto-entrepreneur à se domicilier dans un centre d’af-
faires ou une société de domiciliation.

Domicilier son entreprise chez soi


Il existe une différence entre domici-
lier son entreprise chez soi et exercer
son activité à domicile. D’une part, la
domiciliation correspond à l’adresse
administrative de l’entreprise, elle ne
modifie aucunement le local destiné
à l’habitation ; d’autre part, l’exercice
de son activité à domicile exige, le
plus souvent, une autorisation préa-
lable délivrée par le maire, car il suppose un changement partiel d’usage du
local destiné à l’habitation. Pour les entreprises individuelles et les sociétés,
il est toutefois possible d’exercer une activité chez soi sans avoir à solliciter
d’autorisation ; on considère que ce sont des règles de tolérance prévues par
la loi. Elles concernent les villes de moins de 200 000 habitants, les ZFU de
plus de 200 000 habitants et les départements du 92, 93 et 94.

117
VI. L’implantation de l’entreprise 

L’auto-entrepreneur, quant à lui, peut fixer le siège social de son entreprise à


son domicile pour une durée indéterminée si aucune interdiction ou disposi-
tion contractuelle ne s’y oppose sur le bail ou par la mairie. La domiciliation
peut s’effectuer dans un logement appartenant à l’auto-entrepreneur ou loué
à cet effet. Il peut aussi domicilier son entreprise dans une société de domici-
liation, un centre d’affaires comme pour les autres sociétés (SA, SARL, SNC),
ou encore une pépinière qui propose des locaux à des prix inférieurs à ceux
du marché.

Travailler chez soi est un confort qui apporte une


vraie valeur ajoutée tant sur la qualité du travail
que du point de vue économique. Toutefois, il
faut que cette activité n’engendre pas de nuisance
ni de danger pour les voisins et que le bail ou le
règlement de copropriété de l’immeuble n’interdise
pas l’exercice d’une activité professionnelle dans
le logement. Les contraintes sont les mêmes que
pour les entreprises individuelles ou les sociétés :
dans les villes de plus de 200 000 habitants, l’auto-
entrepreneur doit obtenir l’autorisation du maire
s’il reçoit des clients ou des marchandises à son
domicile.

Boîte de domiciliation
Le droit à la domiciliation est évoqué par l’article 51 de la loi instituant le
droit au logement opposable (DALO) codifié par les articles L.264-1 et sui-
vants du Code de l’action sociale et des familles (CASF). C’est une très bonne
alternative à la boîte postale pour assurer sa domiciliation : il est très difficile
d’obtenir des services postaux l’autorisation d’avoir une BP pour différentes
raisons (BP non disponible, il faut que La Poste possède un service spécial,
etc.). Les sociétés de domiciliation proposent des boîtes de domiciliation qui
permettent de recevoir du courrier et de rester en contact avec les proches
et les administrations. Elle permet aux personnes de conserver leurs droits et
d’avoir accès à différentes prestations comme la couverture maladie, les ins-
criptions sur les listes électorales, les minimas sociaux, le logement social, etc.

118
VI. L’implantation de l’entreprise 

La boîte de domiciliation est destinée


aux particuliers et aux individus connais-
sant des situations plus spécifiques. Elle
convient aux particuliers qui voyagent
régulièrement, n’ont pas toujours un
domicile fixe et peuvent posséder plu-
sieurs résidences, ou doivent s’expatrier
pour diverses raisons professionnelles
et/ou personnelles.

Pour être domiciliées, les personnes en situation plus spécifique doivent


faire appel à l’UNCCAS (Union nationale des centres communaux et inter-
communaux d’action sociale), aux CCAS/CIAS (Centres communaux et
intercommunaux d’action sociale), et à la FNARS (Fédération nationale des
associations d’accueil et de réinsertion sociale). Ces interlocuteurs permettent
d’ouvrir certains droits pour :

ππles gens du voyage qui n’ont pas de domicile stable ;


ππles ressortissants étrangers (demandeurs d’asile et personnes en situation
irrégulière qui peuvent se faire délivrer l’attestation Cerfa pour certaines
prestations relevant de l’article L 264-1 – circulaire du 25/02/2008 – cor-
respondant à l’allocation temporaire d’attente, la CMU, l’aide juridique) ;
ππles mineurs ;
ππles personnes placées sous cura-
telle, qui peuvent faire appel à une
société de domiciliation selon cer-
taines règles du droit commun ;
ππles détenus (la domiciliation
« dite de secours » pourra avoir
lieu au sein de l’établissement
pénitentiaire) ;
ππles personnes hospitalisées.
En outre, des sociétés de domiciliation, plus spécialisées dans le service aux
particuliers, pourront proposer différentes prestations.

119
VI. L’implantation de l’entreprise 

Quelques exemples vous sont présentés dans le tableau ci-dessous.

Types de service Caractéristiques


• La société réceptionne et traite le courrier, qui peut
être réexpédié ou conservé
Gestion du courrier par Internet • Il est possible de consulter son courrier postal sur
Internet grâce à une boîte postale en ligne sécurisée
et gérée à distance, le courrier étant numérisé
La société de domiciliation numérise vos documents
Coffre-fort virtuel importants tels que les pièces d’identité, les contrats,
les bulletins de paie, les actes notariés, etc.
Concerne plus particulièrement le droit du travail, le
Assistance juridique expatrié domicile fiscal, la protection sociale, la couverture assu-
rance maladie ou un divorce à l’étranger
• Paiement des factures : se charge du paiement et
débite votre compte de la société de domiciliation,
du montant correspondant
Assistance administrative
• Démarches administratives : médicales, fiscales, assu-
rances, caisses de retraite
• Scolarité à distance pour les enfants

Lors de votre domicilia-


tion en ligne, vous signez
un contrat dans lequel vous
acceptez les conditions géné-
rales de vente et d’utilisation
(article 226-15 du Code pénal
et article 1, alinéa 1 de la loi
du 10/07/1991 et de la direc-
tion européenne 97/66 du
15/12/1997). La société de domiciliation est tenue au secret absolu de vos
correspondances, à une sécurité maximale des connexions et consultations,
au respect et secret des coordonnées personnelles (loi informatique et liber-
tés du 6 janvier 1978).

Le tarif varie ensuite selon les prestations de service. Globalement, il faut


compter entre 10 et 150 €/mois.

120
VI. L’implantation de l’entreprise 

Les modalités de la domiciliation


Une fois le type de domiciliation choisi, vous devrez signer un contrat avec
une société ou bien serez domicilié chez vous.

Domiciliation en ligne
L’inscription en ligne est rapide et flexible,
elle concerne les personnes physiques et
morales : les sociétés (plus particulièrement
pour la domiciliation de leur siège social),
les associations, les professions libérales
ou encore les auto-entrepreneurs. Elle per-
met aux entrepreneurs de gagner un temps
précieux, car elle évite tout déplacement et
peut se faire à tout moment de la journée.
Il suffit de se connecter sur le site Internet d’une société de domiciliation et
de remplir le formulaire en ligne en complétant toutes les demandes d’infor-
mations nécessaires à l’établissement du contrat : raison sociale, statut de
l’entreprise, numéro du RC, responsable, nationalité, adresse, e-mail, paie-
ment, etc. La société de domiciliation proposera alors de nombreuses adresses
légales en France ou à l’étranger, un pack de services incluant notamment
une permanence téléphonique, la réexpédition du courrier, etc.

Bon à savoir : la domiciliation en ligne permet également d’effectuer l’immatri-


culation juridique de l’entreprise.

Les prix varient ensuite selon le prestige de l’adresse (de 20 à 70 €/mois) et


l’option « pack services » (de 15 à 50 /mois). Ces prix sont donnés à titre
indicatif.

Contrat de domiciliation
Le contrat est signé entre une société de domiciliation et un domicilié (entre-
prise cliente). Ce document écrit notifie l’installation du siège d’une entreprise
dans des locaux occupés par d’autres sociétés. Il doit être mentionné au

121
VI. L’implantation de l’entreprise 

Registre du commerce et des sociétés en indiquant l’identité de l’entreprise


domiciliataire. Mais avant d’établir le contrat, le domiciliataire et le domicilié
doivent répondre à certaines obligations et engagements.

Certaines sociétés de domiciliation exigent différents documents avant d’éta-


blir le contrat, notamment le K-bis (à remettre sous trois semaines, sachant
que le contrat de domiciliation est nécessaire pour immatriculer une société
au RCS). Il peut aussi s’agir d’une déclaration sur l’honneur, ou encore d’un
RIB pour effectuer un prélèvement bancaire correspondant au règlement
des prestations, sachant que les sociétés de domiciliation n’acceptent pas les
espèces. Il est toutefois possible de payer par chèque.

Le contrat doit être formalisé par


écrit avec un exemplaire des-
tiné à chacune des parties : il est
daté et signé par les deux parties.
Il est conclu au minimum pour
une durée de trois mois, renou-
velable par tacite reconduction
sauf préavis de résiliation (des
clauses suspensives peuvent aussi
être ajoutées). Le contrat doit
contenir des mentions obligatoires : raisons sociales ou noms des deux par-
ties avec leurs coordonnées, numéro de RCS et représentant légal, adresse
de domiciliation de l’entreprise, définition exacte et mode de fonctionnement
des prestations fournies, obligations du domicilié, durée du contrat, tarif des
services, périodicité des règlements et raisons de surfacturation, mention du
dépôt de garantie, modalités de rupture du contrat par l’une ou l’autre des
parties, clauses résolutoires et déclaration sur l’honneur si besoin.

Attestation de domiciliation
L’attestation de domiciliation est souvent établie lorsque la société est domi-
ciliée à l’adresse personnelle du dirigeant. Elle contient plusieurs mentions
obligatoires, propres à l’entreprise. En effet, selon l’application de l’ar-
ticle L-123-11-1 du Code de commerce, elle doit contenir les informations

122
VI. L’implantation de l’entreprise 

suivantes : nom, prénom, adresse du représentant légal de la société, dénomi-


nation sociale, siège social, numéro unique d’identification, le cas échéant. En
outre, l’entrepreneur déclare, au choix :

ππrecourir aux dispositions de l’alinéa 2 de l’article L-123-11-1 du Code de


commerce et installer provisoirement le siège social de sa société à son
domicile pour une durée ne pouvant ni excéder 5 ans à compter de la
création ni dépasser le terme légal, contractuel ou judiciaire relatif à l’oc-
cupation des locaux
ππinstaller le siège social de la société à son domicile sans limitation de
durée, aucune disposition législative ou stipulation contractuelle contraire
relative à l’occupation de ses locaux ne s’y opposant.
Cette déclaration est établie en vue de l’immatriculation ou de l’inscription
modificative de la société susvisée au Registre du commerce et des sociétés.

Rappel : il ne peut résulter de ces dispositions ni le changement de destination


de l’immeuble ni l’application du statut des baux commerciaux.
Concernant les formalités, l’attestation est signée et datée en indiquant le
lieu. Il faut y joindre un justificatif de domicile de moins de trois mois libellé
au nom et adresse du chef d’entreprise.

Transfert du siège social


Parmi les formalités liées à la domici-
liation, il est possible d’effectuer un
transfert du siège social, en France
ou à l’étranger, notamment dans le
cas d’un déménagement dans un lieu
dépendant du même tribunal ou d’un
autre tribunal.

En revanche, la décision ne revient


pas à la même entité pour une SARL
ou une SA, elle dépend donc de la forme juridique de l’entreprise. Pour une
SARL, le transfert doit être accepté par les associés représentant au moins
trois quarts des parts sociales de la société ; si le déménagement a lieu dans la

123
VI. L’implantation de l’entreprise 

même ville, le gérant peut prendre seul la décision. En revanche, pour une SA,
c’est le conseil d’administration qui valide la décision qui sera ensuite entéri-
née lors de la prochaine assemblée générale. Pour un transfert à l’étranger, la
décision doit être validée à l’unanimité des associés, car la société change de
nationalité et donc de législation.

En outre, le transfert de siège social nécessite une modification des statuts de


la société. Il y a donc un certain nombre de démarches à effectuer, celles-ci
devant faire l’objet d’une publicité.

Pour connaître ces différentes formalités selon les situations, reportez-vous au


tableau ci-dessous.

Situations Modalités
• L’avis de transfert est publié dans un journal d’an-
nonces légales du lieu du siège social
Transfert du siège social dépen-
• Demande de modification auprès du RCS
dant du même tribunal de
• Document relatif à la décision de transfert
commerce
• Statuts mis à jour et certifiés conformes : à déposer
en double exemplaire auprès du tribunal

• L’information est diffusée dans le journal d’an-


nonces légales de l’ancien tribunal tandis qu’une
autre annonce sera publiée dans le secteur du nou-
veau tribunal dont dépend l’entreprise
• Cette annonce doit préciser la raison ou la déno-
mination sociale de l’entreprise, la forme juridique
de la société, le montant du capital social, l’objet
social, le nom des personnes ayant le pouvoir
Transfert du siège social dépen- d’engager la société envers les tiers, le numéro
dant d’un autre tribunal de unique d’identification de l’entreprise, le lieu et le
commerce numéro d’immatriculation au RCS de l’ancien tri-
bunal, le lieu où elle sera dorénavant enregistrée
• D’autres informations seront également fournies,
en double exemplaire, auprès du nouveau tribunal
de commerce, à savoir la demande de modification
auprès du RCS, le document relatif à la décision de
transfert du siège social de la société, les statuts
mis à jour et certifiés conformes, les documents
précisant les sièges sociaux antérieurs

124
VI. L’implantation de l’entreprise 

Tarifs
Les tarifs de la domiciliation sont variables et extensibles
d’une société à l’autre. Les prix dépendent en outre de
plusieurs critères : l’adresse, les services complémentaires,
la location de bureaux, etc.

Le tableau ci-dessous récapitule les tarifs communément


pratiqués pour les différents services proposés par les
sociétés de domiciliation.

Critères Tarifs Plus d’infos


• Une adresse prestigieuse sera plus
onéreuse qu’une adresse située dans
un quartier « moyen » ou dans une
petite agglomération
Domiciliation • L’accès est déterminant (gares, auto-
simple avec routes, aéroports, parking)
15 à 100 € par mois
réexpédition du • Les centres d’affaires proposant de
courrier grandes salles de réunion ou des
bureaux high-tech avec pour la
détente des patios, jardins, restau-
rants à proximité, sont eux aussi
beaucoup plus coûteux

Permanence 30 à 200 €/mois selon le


téléphonique nombre d’appels
• Coût horaire pour du
traitement de texte :
50 €
• Télécopie, abonnement
Secrétariat trimestriel : 25 €
N/A
• E-mail, abonnement tri-
mestriel : 25 €
• Sauvegarde des données
informatiques : sur devis
Aide aux formalités de
Assistance
constitution de société :
juridique
150 €

125
VI. L’implantation de l’entreprise 

Critères Tarifs Plus d’infos


• Location de bureau
longue durée : 300 à
1 000 €/mois
• Location de bureau avec
un accès ponctuel : 20
La location de bureaux ou de salles de
à 30 € (1 h), 30 à 50 €
réunion s’effectue en général sur devis,
Location de (2 h), 30 à 50 € (½ jour-
car tout dépend de la durée, de la
bureau née), 50 à 75 € (journée)
superficie, de l’adresse et des services
• Location de salle de réu-
(pauses, visioconférence)
nion avec accès ponc-
tuel : 20 à 30 € (1 h), 25
à 50 € (2 h), 40 à 70 €
(½ journée), 60 à 100 €
(journée)
• Domiciliation simple : 20
à 70 €/mois selon le pres- Le coût de l’inscription à une domicilia-
Domiciliation en
tige de l’adresse tion en ligne est en général gratuit
ligne
• Pack services : 15 à 50 €/
mois

Avant de signer un contrat de domiciliation, il ne faut pas hésiter à effectuer


des comparaisons à prestations égales, et à faire jouer la concurrence. Sachez
également que beaucoup de sociétés privilégient le paiement par prélèvement
bancaire et refusent les espèces.

La pépinière d’entreprises
Les créateurs d’entreprise qui cherchent un lieu pour s’implanter peuvent,
sous certaines conditions, domicilier leur société dans une pépinière d’en-
treprises. En raison des aides et services apportés, on parle aussi parfois
d’« incubateurs d’entreprise ».

Services pour jeunes entreprises


Une pépinière d’entreprises est une structure qui peut apporter son aide aux
créateurs d’entreprise et aux jeunes entreprises afin de réduire les difficultés
liées au démarrage.

126
VI. L’implantation de l’entreprise 

Elle propose de nombreux services :

ππSolutions d’hébergement : domiciliation, bureaux équipés d’une superfi-


cie variable ;
ππServices : secrétariat, salle de réunion, matériel divers, accès à Internet,
réseau, etc.
ππAccompagnement : conseil, formation, documentation, mise en relation
avec un réseau partenaire, etc.
Les locaux, équipements et services sont partagés entre les différentes entre-
prises, ce qui permet une réduction des charges. Les entreprises bénéficient
ainsi de loyers à conditions avantageuses.

Conditions pour en bénéficier


La pépinière d’entreprises est des-
tinée aux entreprises qui ont un
projet innovant, aux individus qui
ont un projet de création d’entre-
prise, aux créateurs d’entreprise
qui en sont au stade des formali-
tés de création ainsi qu’aux jeunes
entreprises.

Pour s’implanter dans une pépi-


nière, une entreprise doit être
sélectionnée selon des critères qui
varient d’une structure à l’autre. De manière générale, les pépinières prennent
en compte la pertinence du projet, la qualité de l’étude de marché et du busi-
ness plan, le caractère particulier de l’entreprise.

Lorsqu’une entreprise est retenue par une pépinière d’entreprises, elle signe
un contrat de bail précaire qui prend fin lorsqu’elle arrive à maturité. À l’issue
du bail, la pépinière peut proposer d’autres solutions d’hébergement.

127
VI. L’implantation de l’entreprise 

AA Pour aller plus loin


Questions/réponses de pro

Siège de l’entreprise

Je dispose d’une EIRL à Montpellier. Je dois déménager pour raisons person-


nelles dans la région de Bayonne. Puis-je domicilier le siège social de ma petite
entreprise de services chez mes parents à Carcassonne, observation faite que
mon travail produit essentiellement sur ordinateur sera réalisé par mes soins à
mon domicile dans la région bayonnaise ?
Question de Synthea Recherche

ΔΔ Réponse de Mouton Expert Sarlu


À voir quel intérêt il y a à conserver le siège en dehors du lieu de tra-
vail effectif. De toute façon, votre changement d’adresse vous coûtera les
mêmes frais que ce soit le déménagement au domicile de vos parents ou à
Bayonne.
À voir en pratique, car juridiquement, il est nécessaire d’avoir son siège
dans le lieu effectif de prise de décision.

Formalités de domiciliation
Je n’ai pas encore créé mon entreprise. J’ai noté que sur les feuilles Cerfa pour
déclarer une entreprise individuelle, il était demandé l’adresse de domiciliation
de l’entreprise. J’aimerais inscrire la future adresse de la société de domiciliation
qui m’intéresse, toutefois, j’ai lu qu’il fallait déjà être immatriculé pour signer un
contrat avec ce type de société ! Alors, comment faire ?
Question d’Eudée

ΔΔ Réponse de Bleu Voyelle


Je suis domiciliataire et la démarche est de prendre contact avec la société
de domiciliation, déjà pour se mettre d’accord sur les possibilités et services
proposés. Il faut aussi penser à demander l’agrément de ladite société, car
il serait dommageable pour vous de ne pas être immatriculé pour ce non-
agrément du prestataire.

128
VI. L’implantation de l’entreprise 

Une fois le contrat signé, vous pouvez vous immatriculer et notifier l’adresse
de votre domiciliataire. D’ailleurs, vous devrez joindre une copie de votre
contrat de domiciliation.
Si vous procédez différemment, vous devrez refaire des formalités pour
changer d’adresse. Dans le cadre d’une société, c’est payant et il faut publier
une nouvelle annonce légale pour le transfert.
En tout état de cause, votre domiciliataire vous donnera un délai pour four-
nir les justificatifs obligatoires de votre immatriculation.

Différence entre domiciliation et exercice de l’activité


J’ai le projet d’ouvrir une auto-entreprise, dont le but sera d’offrir des conseils à
distance. Mon bail interdit l’exercice d’une activité professionnelle.
Ai-je le droit de domicilier mon auto-entreprise à mon domicile si je ne reçois
aucune clientèle ?
Question de Saeren

ΔΔ Réponse de Bleu Voyelle


Un auto-entrepreneur est par définition domicilié à son domicile, car pour
une domiciliation commerciale, il faut avoir un numéro RCS.
De plus, il n’est plus obligatoire de demander à son propriétaire une auto-
risation, il suffit d’attester installer son entreprise à son domicile pour
l’immatriculation d’une société. Bien sûr, il demeure qu’on ne reçoit pas de
clientèle et qu’on ne nuit pas au voisinage (bruit de machines).
Cela est la règle générale et, comme partout, il peut y avoir un « vide juri-
dique » ; un juriste vous aidera à situer votre auto-entreprise.

129
VII.
Les formalités

Lorsque l’on crée son entreprise,


on doit entreprendre plusieurs
démarches et remplir un cer-
tain nombre de formalités, qui
varient selon le type de société.
Il conviendra donc de se rendre
auprès d’un centre de formali-
tés des entreprises et de se faire
immatriculer dans la plupart des
cas auprès du Registre du com-
merce et des sociétés.

Le Registre du commerce et des sociétés rassemble toutes les informations


légales sur les entreprises et s’occupe de leur immatriculation. Il dépend du
greffe de chaque tribunal de commerce : une société est donc immatriculée
au greffe du tribunal de commerce dont dépend son siège social.

Parmi les autres démarches nécessaires à la création d’entreprise, il faut aussi


penser à vérifier que l’activité créée n’est pas réglementée, s’assurer auprès
de l’INPI que le nom déposé n’existe pas, se renseigner sur le régime fiscal et

130
VII. Les formalités

social du statut juridique choisi, rédiger des statuts, contracter une assurance,
et, éventuellement, contacter un commissaire aux comptes et/ou un commis-
saire aux apports, etc.

Le centre de formalités des entreprises


Pour créer son entreprise, l’entrepreneur doit s’adresser au centre de formali-
tés des entreprises compétent selon son activité.

Présentation
Le centre de formalités des entreprises est un interlocuteur unique qui centra-
lise les démarches de création d’entreprise, de modification ou de cessation
d’activité. Son rôle est de rassembler les pièces du dossier, de les traiter et
enfin de les transmettre aux organismes et administrations concernés. Chaque
créateur d’entreprise doit s’adresser au CFE dont dépend son lieu d’activité.
Ce dernier est également fonction du type d’entreprise.

CFE compétent Type d’entreprise


• Entreprise individuelle avec une activité
commerciale
• Auto-entrepreneur avec une activité
Chambre de commerce et d’indus-
commerciale
trie (CCI)
• Société commerciale : SARL, SA, SAS, société en
commandite simple, société en commandite par
actions, SE
• Entreprise individuelle avec une activité
Chambre des métiers et de
artisanale
l’artisanat
• Auto-entrepreneur avec une activité artisanale
Chambre nationale de la batellerie Entreprise immatriculée au Registre de la batellerie
artisanale (CNBA) artisanale
• Société civile : SCI, société civile de moyens,
société civile professionnelle, SELARL, société
en participation, société civile d’exploitation
Greffe du tribunal de commerce agricole
• Société d’exercice libéral
• Agents commerciaux
• Groupement d’intérêt économique

131

VII. Les formalités

CFE compétent Type d’entreprise


Urssaf Entreprise individuelle de profession libérale
• Artiste-auteur
Service des impôts • Société en participation
• Association
Exploitation agricole : exploitation agricole à res-
Chambre de l’agriculture
ponsabilité limitée, GAEC

Documents à fournir
Les documents à fournir lors de la création d’entreprise varient d’un statut
juridique à l’autre. Ils vous sont détaillés dans le tableau ci-dessous.

Statuts Documents
• Imprimé MO correspondant au type de société créé
• Pièces justificatives : statuts, copie ou attestation de parution au jour-
nal d’annonces légales, rapport du commissaire aux apports si néces-
saire, acte de nomination du dirigeant s’il n’apparaît pas dans les sta-
Société
tuts, justificatif de siège social de la société, documents relatifs au diri-
commerciale
geant tels que papiers d’identité, déclaration de non-condamnation,
etc., autorisation d’exercer dans le cas d’une activité réglementée
• Attention : les pièces justificatives peuvent varier d’un type de société
commerciale à l’autre
• Formulaire de déclaration d’activité
Entreprise • Pièces justificatives sur l’entrepreneur : pièce d’identité, déclaration de
individuelle non-condamnation, jouissance locale, autorisation d’exercer dans le
cas d’une activité réglementée
Les démarches de création sont simplifiées au maximum pour un
auto-entrepreneur, celui-ci doit uniquement fournir le formulaire de
Auto-entrepreneur déclaration d’activité, une copie recto verso de la carte d’identité, du
passeport ou du titre de séjour en cours de validité, et une autorisation
d’exercer dans le cas d’une activité réglementée
• Formulaire FO correspondant au type de société civile créé
• Statuts et acte de désignation du dirigeant s’il n’apparaît pas dans les
statuts
• Copie ou attestation de parution au journal d’annonces légales
Société civile • Justificatif de siège social de la société
• Fiche d’état civil du dirigeant avec des justificatifs tels que les papiers
d’identité, la déclaration de non-condamnation, etc.
• Pour certains types de sociétés, il convient de régler des frais d’imma-
triculation au CFE

132
VII. Les formalités

Le Registre du commerce et des sociétés


Après leur création auprès du centre des formalités des entreprises, la plupart
des sociétés sont immatriculées auprès du RCS.

Présentation
L’immatriculation a lieu par transfert du
dossier de création par le centre de for-
malités des entreprises compétent. Sont
immatriculées auprès du RCS les SARL,
sociétés anonymes, EURL, etc. (l’inscrip-
tion au RCS leur attribue leur personnalité
morale), ainsi que les personnes physiques
dont l’activité professionnelle correspond
à des actes de commerce.

L’immatriculation d’une entreprise se


présente comme suit : RCS + ville +
numéro SIREN (le SIREN, délivré par
l’INSEE, se compose de trois groupes de
trois chiffres).

Pour justifier de l’immatriculation auprès du RCS, le greffe du tribunal de


commerce délivre un extrait Kbis pour les sociétés et donc les personnes
morales, ainsi qu’un extrait K pour les personnes physiques. Ils reprennent
l’ensemble des mentions enregistrées auprès du RCS : c’est un document
légal qui atteste de l’existence juridique de l’entreprise.

Dans de nombreuses situations, il peut être demandé à une société de fournir


un extrait Kbis de moins de trois mois, qu’elle peut obtenir auprès du greffe
du tribunal de commerce.

Bon à savoir : les entreprises ayant une activité artisanale sont, quant à elles,
inscrites au répertoire des métiers (RM). Il existe également un registre spéci-
fique pour les EIRL, le RSEIRL.

133
VII. Les formalités

Dispenses
Les entreprises dépendant du régime micro-social, comme les auto-entrepre-
neurs, sont dispensées d’immatriculation auprès du RCS. Les commerçants et
artisans doivent alors mentionner sur différents documents administratifs et
commerciaux :

ππArtisans : SIREN + « dispensé d’immatriculation en application du V de


l’article 19 de la loi n° 96-603 du 5 juillet 1996 relative au développe-
ment du commerce et de l’artisanat » ;
ππCommerçants : SIREN + « dispensé d’immatriculation en application de
l’article L.123-1-1 du Code du commerce ».
Si un entrepreneur dépasse les plafonds de la micro-entreprise, il devra alors
être immatriculé auprès du RCS. Par ailleurs, il a la possibilité de demander
son immatriculation à tout moment s’il juge que cela est préférable pour lui.

L’Institut national de la propriété industrielle


Lorsque l’on a un projet de création d’entreprise, il est important de penser
aux risques de la propriété intellectuelle et d’effectuer des démarches de véri-
fication et de protection auprès de l’INPI.

Présentation
L’Institut national de la propriété industrielle per-
met d’accéder à toutes les informations sur la
propriété industrielle et la propriété des entre-
prises. Elle tient le Registre national du commerce
et des sociétés (RNCS) et centralise donc toutes les
informations utiles concernant les sociétés fran-
çaises. L’INPI intervient dans différents aspects
de la propriété intellectuelle : elle est chargée de
délivrer les brevets, marques, dessins et modèles,
elle aide les entreprises à protéger et valoriser leurs innovations, elle permet
d’accéder à une base de données gratuite et donne accès à des recherches
sur-mesure.

134
VII. Les formalités

Vérifier la disponibilité d’un nom


Lorsqu’une entreprise choisit sa dénomination sociale, son nom commercial
ou encore son enseigne, elle doit vérifier que celui-ci ne reproduit ou n’imite
pas un nom qui bénéficie d’un droit antérieur, pour une activité identique ou
similaire à la sienne. De plus, si elle crée un logo, il faut également vérifier
l’éventuel droit d’antériorité sur celui-ci. Qui dispose d’un droit antérieur ?
Les marques déposées auprès de l’INPI, les marques notoires non déposées et
les dénominations sociales, noms commerciaux ou enseignes connus sur l’en-
semble du territoire national.

L’INPI permet de s’assurer de la non-existence d’un droit d’antériorité par une


recherche de nom identique dans la base de données, et ce, gratuitement.
Pour éviter tout risque de poursuites, il peut également être intéressant d’effec-
tuer une recherche de similarité : ressemblances orthographiques, phonétiques
ou encore intellectuelles pouvant exister (recherche payante). Lorsque les
recherches ne permettent pas de trouver un droit d’antériorité, il est possible
d’immatriculer l’entreprise.

Important : l’INPI donne des résultats, mais ne les interprète pas. Le créateur
est donc seul juge pour déterminer s’il peut ou non utiliser le nom souhaité.

Protéger sa société
Une entreprise peut avoir besoin de protéger son
nom, ses innovations, ses idées et ses créations.

La dénomination sociale, le nom commercial et


l’enseigne n’ont pas besoin d’être enregistrés
auprès de l’INPI : la propriété de la dénomi-
nation s’acquiert dès l’immatriculation auprès
du Registre du commerce et des sociétés. La
propriété du nom commercial et de l’enseigne
s’acquiert, elle, dès le premier usage public et se
conserve par son utilisation : ces noms peuvent également être mentionnés
au RCS. Mais l’INPI est nécessaire pour protéger la propriété intellectuelle des
autres éléments. Il peut s’agir d’innovations techniques (dépôt de brevets),

135
VII. Les formalités

d’idées esthétiques (dépôts de dessins et modèles), de sigles, marques ou


noms de produits (dépôt de marques) ou encore d’œuvres artistiques ou litté-
raires (droit d’auteur).

Les activités réglementées


Lorsque l’on souhaite créer une entreprise dont l’activité est réglementée, il
existe des conditions d’exercice à respecter. Selon le décret exécutif n° 97-40
du 18/01/1997, est définie comme activité réglementée « toute activité ou
profession soumise à inscription au Registre du commerce et requérant par
sa nature, son contenu, son objet et les moyens mis en œuvre, la réunion de
conditions particulières pour autoriser son exercice ».

Conditions pour exercer des activités réglementées


Pour exercer ces activités, il faut justifier d’un diplôme reconnu par l’État,
d’une licence, d’une carte professionnelle, d’un
agrément administratif, d’une autorisation, d’une
homologation, d’un accord préalable ou encore
d’une expérience professionnelle minimum, etc.
Pour obtenir ces documents, il convient de pré-
senter des justificatifs aux administrations concernées. Avec ces documents,
on peut ensuite faire sa déclaration de création d’entreprise auprès du centre
compétent.

Liste non exhaustive


Les activités et professions réglementées sont nombreuses, notamment dans
les métiers de la restauration, de l’hôtellerie, du tourisme et des loisirs, du ser-
vice à la personne, du transport et des activités connexes, de la sécurité, de
la finance, du commerce, de la presse, du médical et paramédical et de l’art.
Pour vérifier que l’activité que l’on souhaite exercer n’est pas réglementée, on
peut se renseigner auprès d’un CFE, d’une organisation professionnelle, des
services d’actions économiques de la préfecture ou de la direction générale de
la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes.

136
VII. Les formalités

Les statuts de l’entreprise


Pour de nombreuses formes juridiques de sociétés, il est nécessaire de rédi-
ger des statuts à la création de l’entreprise, qui définissent ses règles de
fonctionnement.

Règles
Les statuts se présentent un peu comme un contrat qui définit les règles de
fonctionnement d’une société. Ils régissent les relations entre les associés, entre
les associés et la société, entre la société et les tiers. Ils sont obligatoires pour la
plupart des sociétés telles que les EURL, SA, SASU, SARL, SCA, SEP, etc.

Contenu
Les statuts contiennent un certain nombre de mentions obligatoires, mais
aussi des clauses supplémentaires et spécifiques en fonction de chaque type
de société. Pour connaître celles devant figurer dans les statuts de votre
entreprise, reportez-vous au tableau ci-dessous.

Mentions Détails
• Forme de la société, objet social, dénomination sociale, siège
social
• Durée (quel que soit le type de société, celle-ci ne peut pas
être supérieure à 99 ans)
• Montant du capital social
• Différentes catégories de l’apport et identité des apporteurs et
Mentions obligatoires leur apport
• Droits et obligations attachés aux parts sociales ou actions
• Modalités de convocation et d’information des actionnaires ou
associés
• Modalités de répartition des résultats, de la constitution des
réserves et des comptes annuels
• Conditions de dissolution, transformation…
En fonction du type de société, il est possible d’ajouter des men-
Mentions tions supplémentaires, concernant notamment la nomination
supplémentaires d’un commissaire aux comptes, les conditions de cession des
parts sociales ou actions, les dirigeants

* Attention : il est important d’adapter les statuts en fonction de chaque entreprise.

137
VII. Les formalités

En privé ou devant le notaire


Les statuts peuvent être rédigés sous seing
privé, c’est-à-dire être établis en privé
par les différentes parties, sans interven-
tion d’un notaire, ou sous forme d’acte
authentique devant notaire. Ils doivent
être fournis avec le dossier de création
au centre de formalités des entreprises
(nombre variable selon l’entreprise créée).

Les associés ou actionnaires ont ensuite la possibilité de modifier les statuts, à


condition que la décision soit votée à la majorité.

Le créateur d’entreprise
Un créateur d’entreprise doit penser à son futur statut social et à la façon
dont sera dirigée sa société.

Statut de salarié ou pas


Selon la façon dont il dirige sa société et selon le statut juridique choisi, le
créateur d’entreprise ou dirigeant aura un statut social différent. Il peut
dépendre du régime social des travailleurs non salariés (ou régime social des
indépendants) ou du régime social des assimilés salariés.

Dans le premier cas, toutes les cotisations sociales sont versées au RSI qui les
répartit ensuite aux organismes concernés :

ππSanté : organisme conventionné par la


caisse d’assurance maladie régionale, per-
cevant les cotisations, il gère les feuilles
de soins et assure la couverture maladie
et maternité ; le créateur d’entreprise doit
choisir son organisme au moment de la
création d’entreprise auprès du centre de
formalités des entreprises ;

138
VII. Les formalités

ππAllocations chômage : les travailleurs non-salariés cotisent pour la CSG,


CRDS et CFP, perçues par l’URSSAF.
ππRetraite : l’AVA s’occupe des cotisations des artisans et l’ORGANIC des
commerçants et industriels.

Bon à savoir : les cotisations du régime social des travailleurs non-salariés sont
inférieures à celles des salariés, mais le régime ne comprend pas d’assurance
chômage.

Dans le cas de dirigeants dépendant du régime social des assimilés salariés, ce


dernier reprend les mêmes conditions de couverture et de cotisations que le
précédent, mais sans l’assurance chômage. Sous certaines conditions, les diri-
geants peuvent néanmoins en bénéficier : avoir un contrat de travail pour des
fonctions techniques et prouver l’existence d’un lien de subordination dans la
société.

Créateur d’entreprise : quel régime social ?

Type de société Type de dirigeant Statut social


Entreprise individuelle Entrepreneur Travailleur non-salarié (TNS)
Auto-entrepreneur Entrepreneur TNS
EIRL Entrepreneur TNS
Gérant associé TNS
EURL
Gérant non associé Assimilé salarié
SASU Président Assimilé salarié
Gérant minoritaire ou
Assimilé salarié
SARL égalitaire
Gérant majoritaire TNS
SA Président Assimilé salarié
Président ou directeur
SAS Assimilé salarié
général
SCS Gérant TNS
Gérant commanditaire TNS
SCA
Gérant non associé Assimilé salarié

139
VII. Les formalités

Type de société Type de dirigeant Statut social


SNC Gérant TNS
SE Président Assimilé salarié
Mandataire social avec
Salarié
contrat de travail
SCOP
Mandataire social sans
TNS
contrat de travail
Gérant avec contrat de
Salarié
SCIC travail
Gérant TNS
Coopérative agricole Président Assimilé salarié
Gérant minoritaire ou
Assimilé salarié
SCI égalitaire
Gérant majoritaire TNS
SCM Gérant TNS
SCP Gérant TNS
Gérant minoritaire ou
Assimilé salarié
SELARL égalitaire
Gérant majoritaire TNS
SEP Gérant TNS
SCEA Gérant TNS
EARL Gérant TNS agricole
GAEC Gérant TNS agricole

Mode de direction
En fonction du type de société, le mode de direction diffère : entrepreneur
seul, gérant, conseil d’administration, conseil de surveillance et directoire.

Lorsqu’un entrepreneur crée seul son entreprise, il est en général le seul à


prendre les décisions et peut donc gérer sa société comme bon lui semble,
c’est lui le « gérant ». On note toutefois deux exceptions : l’EURL, où l’asso-
cié peut choisir un gérant pour administrer la société à sa place, et la SASU,
où il est possible de choisir un président. Concernant une société avec gérant,

140
VII. Les formalités

sauf exception, celui-ci est une personne physique, associée ou non. De


nombreuses entreprises peuvent être dirigées par un ou plusieurs gérants,
nommés par les associés. Ce dernier a le pouvoir d’agir au nom et pour le
compte de la société : sa nomination et ses pouvoirs sont fixés dans les sta-
tuts ou un acte séparé. Les décisions importantes, et notamment la validation
des comptes annuels, ont lieu en assemblée générale ordinaire. Par ailleurs,
on distingue trois types de gérant : le gérant majoritaire qui détient à lui seul
ou avec son conjoint plus de 50 % du capital, le gérant égalitaire qui détient
à parts égales le même pourcentage de capital que les autres associés, et le
gérant minoritaire qui détient, au plus, 50 % du capital.

Dans les sociétés dirigées par un


conseil d’administration, ce dernier
détermine l’orientation des activités
et veille à leur mise en œuvre. Il se
compose de membres nommés par
les actionnaires en assemblée géné-
rale et désigne un président parmi ses
membres ; il peut également nommer
un directeur général. Le président ou
le directeur général assure la gestion courante de la société et la représente.
Pour les grandes décisions, comme les comptes annuels, les actionnaires se
réunissent en assemblée générale extraordinaire. Cela concerne notamment
les SA, SAS, SE, coopératives agricoles, etc.

Enfin, certaines sociétés peuvent être dirigées par un conseil de surveillance


et un directoire, qui permet une séparation nette des organes de direction :
le conseil de surveillance contrôle et oriente la gestion, tandis que le direc-
toire assume la fonction de gestion et de surveillance, représente et engage
également la société. Les membres du directoire et son président sont
nommés par le conseil de surveillance, et ceux du conseil de surveillance
par les actionnaires lors d’une assemblée générale ; le conseil de surveil-
lance élit ensuite, parmi ses membres, un président et un vice-président.
Les membres du directoire ne peuvent donc pas faire partie du conseil de
surveillance et vice versa. Les SA, SAS, SCOP peuvent, par exemple, être
dirigées de cette manière.

141
VII. Les formalités

Le régime fiscal de l’entreprise


Le régime fiscal d’une entreprise diverge selon son statut juridique, et, par-
fois, le chiffre d’affaires réalisé et les choix du créateur. La décision doit être
prise lors de la déclaration d’existence de l’entreprise, le choix se faisant parmi
quatre options : micro-entreprise, régime réel simplifié ou normal, déclaration
contrôlée. Elle implique le mode de calcul du bénéfice imposable de la société,
la fréquence de paiement de l’impôt et des déclarations.

Régime fiscal de la micro-entreprise


Certaines entreprises ne sont pas imposées au titre de la société : les associés
ou l’entrepreneur sont imposés de façon individuelle au titre de l’impôt sur
le revenu. Dans ce cas, les bénéfices de l’entreprise sont à déclarer, en fonc-
tion de l’activité, dans les catégories des bénéfices industriels et commerciaux
(BIC), des bénéfices non commerciaux (BNC) et des bénéfices agricoles (BA).

Le régime fiscal micro-social est cepen-


dant sous conditions : il est adapté aux
petites entreprises individuelles dont le
chiffre d’affaires hors taxes ne dépasse
pas 82 200 € pour les activités de vente
de marchandises et de fourniture de
logement, et 32 900 € pour les activités
relevant des BIC et des BNC. De plus,
les entreprises bénéficient d’un abat-
tement forfaitaire de 71 % lorsqu’elles
exercent des activités de vente de marchandise et de fourniture de logement,
50 % lorsqu’elles relèvent des BIC et 34 % lorsqu’elles relèvent des BNC.
Dans tous les cas, cet abattement ne peut pas être inférieur à 305 €.

Bon à savoir : les entreprises rattachées au régime micro-social ne sont pas


assujetties à la TVA.
Depuis le 1  janvier 2009, les auto-entrepreneurs imposés au titre de leur acti-
vité à l’impôt sur le revenu peuvent opter pour le versement libératoire. Il
s’agit de verser un pourcentage du chiffre d’affaires réalisé pour le paiement
de l’impôt sur le revenu. Chaque mois ou chaque trimestre (selon l’option

142
VII. Les formalités

choisie), l’entrepreneur déclare son CA hors taxes. Cela apporte une facilité
de gestion : l’entrepreneur paie en même temps ses cotisations et l’impôt sur
le revenu. Le versement libératoire est calculé en fonction du barème suivant :
1 % pour les activités de ventes de marchandises et de fourniture de loge-
ment, 1,7 % pour les activités relevant des BIC, et 2,2 % pour les activités
libérales.

Régime fiscal réel simplifié ou normal


Les associés ou actionnaires sont imposés au titre de l’impôt sur le revenu sur
les dividendes et les salaires éventuellement perçus.

On distingue alors le régime réel simplifié et le régime normal, mais dans les
deux cas, les entreprises sont imposées sur les bénéfices en fonction de leur
résultat réel.

Avec le régime réel simpli-


fié, l’activité est assujettie à la
TVA ; les entreprises doivent
effectuer une déclaration
annuelle avec un paiement
exigé chaque trimestre sous
forme d’acomptes prévision-
nels. Cela concerne les sociétés
dont le CA hors taxes est inférieur à 777 000 € pour les activités de vente ou de
fourniture de logement, et à 234 000 € pour les activités de prestation de ser-
vices. En cas de dépassement, les entreprises sont automatiquement rattachées
au régime normal à compter du 1er janvier de l’année suivante.

Avec le régime réel normal, les sociétés doivent déclarer et payer la TVA
chaque mois. Cela concerne les entreprises dont le CA annuel hors taxes est
supérieur à 777 000 € pour les activités de vente de marchandises, objets,
fournitures et denrées à emporter ou à consommer sur place, ou encore de
fourniture de logement ; et 234 000 € pour les autres activités.

Ce régime est donc plus contraignant, car les entreprises doivent tenir une
comptabilité respectant le plan comptable et publier les comptes annuels.

143
VII. Les formalités

Régime fiscal des professions libérales


Il s’agit d’un régime réel d’imposition sous forme de déclaration contrôlée. Il
concerne les professions libérales imposées au titre des bénéfices non com-
merciaux (BNC) et exclues du régime micro-social : leur chiffre d’affaires est
supérieur à 32 600 € HT.

Le bénéfice imposable est calculé en fonction du résultat réel, c’est-à-dire


avec déduction des frais payés. Les professions libérales qui dépendent de
la déclaration contrôlée sont assujetties à la TVA. Elles ont aussi des obliga-
tions comptables : tenir un livre-journal chronologique avec les recettes et
dépenses, ainsi qu’un registre des immobilisations et amortissements.

Le commissaire aux comptes


Selon le type d’entreprise, il peut être utile de nommer un commissaire aux
comptes : pour certaines sociétés, cela est d’ailleurs obligatoire.

Comptabilité de l’entreprise
Le commissaire aux comptes assume
son rôle sans s’immiscer dans la gestion
de la société. C’est un acteur extérieur
qui intervient au niveau des éléments
comptables de l’entreprise. Son rôle est
de vérifier la bonne tenue et la véra-
cité des comptes sur le plan légal, de
valider les écritures comptables, de
certifier la bonne tenue des comptes,
de formuler des observations sur certaines informations, de prévenir l’entre-
prise de certaines difficultés, d’assurer un second regard sur les comptes après
l’expert-comptable pour certaines entreprises, de livrer les résultats au conseil
d’administration ou de surveillance, de révéler les éventuels problèmes au
Procureur de la République et, enfin, d’émettre les attestations nécessaires. Il
doit également veiller à ce que l’égalité soit respectée entre les associés et que
les conventions réglementaires soient appliquées.

144
VII. Les formalités

Bon à savoir : le commissaire aux comptes peut procéder à des vérifications à


n’importe quel moment de l’année si cela lui semble nécessaire.

Nomination
Selon le type d’entreprise, la nomination d’un commissaire aux comptes peut
être facultative ou obligatoire.

Elle est obligatoire pour les SA et SCA, mais aussi


pour les SARL et SNC qui dépassent deux des
trois seuils ci-après : bilan supérieur à 1 550 000 €,
chiffre d’affaires hors taxes supérieur à 3 100 000 €,
et nombre moyen de salariés au cours de l’exercice
d’au moins 50 personnes. Il en est de même des SAS
ayant un bilan supérieur à 1 000 000 €, un chiffre
d’affaires hors taxes supérieur à 2 000 000 €, ou
un nombre moyen de salariés au cours de l’exer-
cice d’au moins 20 personnes (remplir deux conditions sur trois). Enfin, un
commissaire aux comptes est nécessaire pour les SAS qui contrôlent une ou
plusieurs sociétés ainsi que pour les entreprises qui ont l’obligation de publier
des comptes consolidés.

En cas d’obligation pour l’entreprise, le commissaire aux comptes est nommé


lors de l’assemblée générale, il doit figurer dans les statuts avec un ou plu-
sieurs commissaires aux comptes suppléants.

Le commissaire aux apports


Lors de la constitution du capital, il peut être obligatoire de faire appel à un
commissaire aux apports afin de faire apprécier la valeur des apports en nature.

Constitution du capital
Le commissaire aux apports est un expert indépendant et extérieur qui est
chargé d’assurer l’égalité des associés en matière d’apport en nature. Il
apprécie la valeur des biens apportés lors de la constitution du capital ou de
son augmentation.

145
VII. Les formalités

Les apports en nature peuvent être des


biens mobiliers ou immobiliers, un fonds
de commerce, du matériel, des brevets,
des marchandises, etc. Leur évaluation
permet de définir le nombre de parts ou
d’actions attribuées aux associés ou
actionnaires.

Le commissaire aux apports peut aussi


apprécier les avantages particuliers accordés à des associés, actionnaires ou
tiers par la société. Il réalise ensuite un rapport d’évaluation qui est annexé
aux statuts et déposé au Registre du commerce et des sociétés.

Désignation
La désignation d’un commissaire aux apports est
nécessaire pour les apports en nature des SARL et
sociétés en actions telles que SAS.

Il peut être choisi par des commissaires aux


comptes (le commissaire aux comptes d’une
société ne pourra pas exercer le rôle de commis-
saire aux apports pour son compte) ou des experts
judiciaires.

Il est désigné par le tribunal de commerce suite à la


requête des associés ou actionnaires. Ces derniers
ont la possibilité de suggérer un commissaire aux
apports au tribunal.

À noter que pour les SARL, la désignation du commissaire aux comptes peut
être faite à l’unanimité des associés et n’est pas obligatoire si l’apport en
nature est inférieur à 7 500 € ou si l’ensemble des apports en nature est infé-
rieur ou égal à la moitié du capital social.

Dans ce cas, les associés sont solidairement responsables à l’égard des tiers
pour les valeurs choisies pendant 5 ans.

146
VII. Les formalités

Les assurances d’entreprise


Une entreprise peut être confrontée à différents risques, il peut donc être
important de souscrire à une assurance.

Protection de l’entreprise
Lorsque l’on crée une entreprise, il est indis-
pensable de la protéger, ainsi que son dirigeant
et ses collaborateurs, des différents risques qui
peuvent être subis ou causés. Pour exercer
certaines activités, les assurances sont parfois
obligatoires, comme c’est le cas des activités
réglementées. Il existe différents types d’assu-
rances professionnelles : perte d’exploitation (en
cas d’arrêt d’activité suite à un sinistre), multi-
risque (dommages causés aux locaux, au matériel ou encore aux marchandises),
locaux professionnels (tout ce qui concerne les locaux utilisés pour exercer l’acti-
vité) ou automobile (dommages causés aux véhicules de l’entreprise).

Responsabilité civile
L’entrepreneur doit aussi s’assurer en cas de dommages causés à des tiers
dans le cadre de son activité, car il sera tenu de dédommager les victimes, ce
qui peut avoir des conséquences financières importantes. Il est donc indis-
pensable de souscrire à une assurance de responsabilité civile. Celle-ci est
d’ailleurs obligatoire pour de nombreuses activités, et si l’entreprise détient
des locaux ou des véhicules.

Autres assurances : créateur et collaborateurs


Lorsque l’on crée une entreprise, il ne faut pas oublier de protéger l’entrepre-
neur et ses collaborateurs, que ce soit en matière de complémentaire santé,
d’assurance chômage, d’assurance homme-clé. Le créateur pourra également
être amené à régler des litiges avec des tiers et des collaborateurs : pour cela,
il a tout intérêt à souscrire à une assurance de protection juridique.

147
VII. Les formalités

AA Pour aller plus loin

Astuces

Les couveuses d’entreprise

Vous avez pour projet de créer votre entreprise, mais hésitez à vous lancer ?
Sachez qu’une couveuse d’entreprise peut vous aider à tester votre projet, c’est
un dispositif d’accompagnement.
La couveuse d’entreprise est un outil permettant de tester son idée avant de
prendre la décision de créer ou non une entreprise. Elle offre à tout futur entre-
preneur un cadre en lui donnant la possibilité de débuter. Il peut ainsi apprendre
son métier de chef d’entreprise et vérifier la viabilité économique de son pro-
jet. En outre, elle apporte tous les dispositifs pratiques, juridiques et humains
nécessaires à ce processus. Ainsi, l’entrepreneur à l’essai signe un contrat CAPE
(Contrat d’Appui au Projet d’Entreprise) pour commencer à exercer son activité,
et évite l’immatriculation et l’endettement pendant les premiers mois de mise
en place.
D’autre part, avec les couveuses, les entrepreneurs à l’essai bénéficient d’un coa-
ching et d’une mise en relation avec les acteurs de la création d’entreprise. Au
terme de cette période d’essai, 80 % des personnes créent leur entreprise ou
trouvent un emploi. C’est donc une bonne solution pour donner un nouveau
souffle à son activité professionnelle. À noter que sur la cinquantaine de cou-
veuses réparties en France, la plupart sont généralistes et accueillent des projets
très variés, mais d’autres sont plus spécialisées. Il est peut-être intéressant de se
renseigner auprès de l’Union des Couveuses d’Entreprises, afin de savoir si l’une
d’elles est spécialisée dans un domaine particulier.
Enfin, lorsque l’on crée sa société, il peut être utile de penser à sa dissolution,
en prévoyant, par exemple, dans les statuts (contrat définissant les règles de
fonctionnement de l’entreprise), sa dissolution après un temps donné ou la réa-
lisation d’un objectif spécifique. Il est alors possible de choisir la forme de son
entreprise pour que la dissolution soit peu onéreuse. Les frais sont notamment
moins élevés s’il n’y a qu’un seul associé (EURL ou SASU) et si le capital est infé-
rieur à 225 000 €.

148
VII. Les formalités

L’assurance pro des auto-entrepreneurs


Pour les auto-entrepreneurs, l’assurance professionnelle n’est obligatoire qu’en
fonction de la nature de leur activité (secteurs réglementés, artisans du bâti-
ment, professions libérales, etc.). Néanmoins, il est vivement recommandé d’en
contracter une, quelle que soit l’activité pratiquée. Pour cela, il est important de
suivre les bonnes démarches.
Le statut d’auto-entrepreneur n’est pas soumis à un régime réel d’imposition
(régime tenant compte du montant réel des charges). Il correspond à celui d’une
micro-entreprise, qui prévoit un abattement de 34, 50 ou 71 % du chiffre d’af-
faires (selon l’activité) pour la déduction des frais professionnels. Il n’est donc
pas possible de déduire les primes d’assurance professionnelle de ses charges
puisqu’elles sont prévues dans l’abattement forfaitaire. Il est donc important
de vérifier que la prime demandée par l’assureur est bien en cohérence avec le
chiffre d’affaires et les bénéfices. Si la société ne génère que de faibles reve-
nus, il est recommandé d’opter seulement pour les assurances essentielles, voire
obligatoires : assurance des locaux et responsabilité civile professionnelle. La
souscription des assurances facultatives (chômage, homme-clé, etc.) pourra
attendre des jours meilleurs.

Questions/réponses de pro

Droit d’image
Puis-je utiliser une image issue d’un film pour la publicité de mon entreprise ?
Question de Cyclone

ΔΔ Réponse de Costes
Sans licence d’exploitation par l’ayant droit, ce serait du vol de propriété
intellectuelle.

Auto-entrepreneur et carence
Existe-t-il des dérogations afin d’accéder au statut d’auto-entreprise sans attendre
le délai de carence (je suis gérante d’une société en cours de radiation) ? En effet,
je souhaite travailler dans l’immobilier et le statut d’auto-entrepreneur me cor-
respond tout à fait (sinon, agent commercial, mais ce statut ne me convient pas).
Question de Nathe001

149
VII. Les formalités

ΔΔ Réponse d’Association AIATPE


À mon avis, vous êtes dans une branche qui ne peut, pour diverses raisons
réglementées, être sous le statut d’auto-entrepreneur. Tout ce qui touche à
l’immobilier est réglementé. Même en agent commercial, vous ne pouvez
agir commercialement dans l’immobilier sans autorisations spécifiques à ce
métier.
De plus, aucune dérogation n’est possible. S’inscrire pendant la période
de carence vous attirerait de très gros problèmes avec l’administration qui
n’hésitera pas à dénoncer l’illégalité de votre inscription.
Renseignez-vous avant de faire quelque chose qui vous nuirait.

Ouverture d’un compte bancaire


Je viens de créer ma micro-entreprise et je voudrais savoir si je peux ouvrir un
compte au nom de ma société même si ce n’est pas mon activité principale.
Question de Sylvestre

ΔΔ Réponse de Pm
En micro-entreprise, votre compte personnel suffit. Si vous voulez ajouter
le nom commercial de votre entreprise sur votre carnet de chèques, ouvrez
un compte pro auprès de n’importe quelle banque avec vos documents de
création d’entreprise.

Capital de départ d’une SARL


Y a-t-il un montant minimum fixé pour le capital de départ lors de la création
d’une SARL ?
De façon générale, comment décider de la somme à investir lors de la création
d’une entreprise de services ?
Question de Duzz

ΔΔ Réponse de Pm
Le capital des SARL est de 1 euro minimum (depuis le 6 aout 2003). Toutefois,
ce capital peut être plus important si vous le décidez et vous pouvez ne libé-
rer que 20 % de ce dernier lors de la création. Vous pouvez aussi faire des
apports en nature jusqu’à 50 % du montant du capital social.

150
VII. Les formalités

Micro-entreprise et fonctionnariat
Je suis titulaire dans la fonction publique hospitalière (CHU). J’aimerais savoir si
je peux créer une micro-entreprise en parallèle.
Question de Hekla

ΔΔ Réponse de Cabinet Montazeaud


Il faut poser la question à votre employeur par écrit. La FPH a un formulaire
spécifique pour cela.Cela devrait être possible si la nouvelle activité est
éloignée de votre poste principal.

Documents à fournir pour une SASU


Je souhaiterais savoir quels sont les documents à fournir pour ouvrir une SASU.
Question d’Happi-ness

ΔΔ Réponse d’Optima Croissance


Le guichet unique électronique, destiné à faciliter la création d’entreprises
sur Internet, est entré en service au début de l’année 2010. Il permet à
chaque entrepreneur d’accéder aux informations nécessaires à la réalisation
de son projet, mais également de déposer en ligne son dossier sans qu’il soit
nécessaire de déterminer au préalable quel CFE le traitera.
La procédure de dépôt est ensuite la suivante : description du projet (nature
de l’activité, forme sociale, localisation), détermination automatique du
CFE compétent, création d’un espace personnel permettant de suivre à tout
moment l’état d’avancement du dossier, déclaration de création d’entre-
prise. Une fois cette procédure achevée, le CFE traite le dossier dans les
mêmes conditions que s’il avait été déposé par les voies habituelles.
Pour constituer, puis immatriculer une SASU, vous devez réunir les éléments
suivants : un exemplaire original (ou copie) de l’acte constitutif, une copie
du titre d’occupation des locaux ou du bail (étant précisé que la société,
une fois immatriculée, sera installée, à titre provisoire, au domicile de son
représentant légal), l’indication de l’origine de l’activité exercée, une copie
de la demande d’insertion de l’avis de constitution à un journal d’annonces
légales, un imprimé MO, et un exemplaire de la décision de nomination des
dirigeants sociaux. Il faudra aussi fournir une copie du contrat d’appui au
projet d’entreprise.

151
VII. Les formalités

Si le Président est une personne physique, une déclaration sur l’honneur de


non-condamnation sera nécessaire. S’il est de nationalité française, il fau-
dra joindre une copie d’un document officiel d’identité (carte d’identité ou
passeport accompagné d’une déclaration de filiation si celle-ci ne figure pas
sur les documents fournis) ou un extrait d’acte de naissance accompagné, le
cas échéant, d’un document justifiant la nationalité.
Si le Président est de nationalité étrangère et titulaire de la carte d’identité
spéciale de commerçant étranger, il devra en joindre une copie accompagnée
de son titre de séjour. Pour les personnes non astreintes à la carte d’identité
spéciale (Espace économique européen ou état avec lequel ont été conclus
des accords particuliers – Principautés d’Andorre et de Monaco, République
populaire d’Algérie), un document officiel établissant leur identité et une
déclaration faisant connaître leur filiation seront demandés. S’agissant des
personnes non astreintes à la carte d’identité spéciale et titulaires de la carte
de résident, seule une copie de la carte de résident accompagnée d’une
déclaration faisant connaître leur filiation sera nécessaire.
S’agissant des commissaires aux comptes, il est demandé de fournir une
lettre d’acceptation du mandat et une justification de l’inscription sur la liste
des Commissaires aux comptes. Quant aux directeurs généraux et directeurs
généraux délégués, une liste indiquant l’identité, la date et le lieu de nais-
sance, ainsi que leur nationalité est obligatoire.

152
VIII.
Le financement et les aides à la création

Pour assurer la pérennité de son entre-


prise, il est nécessaire de penser à son
financement. Un entrepreneur doit
effectivement calculer ses besoins,
c’est-à-dire la trésorerie nécessaire au
lancement de sa société. Il doit alors
prendre en compte les dépenses à
venir ainsi que les aides dont il pourra
bénéficier. Pour effectuer ce calcul, il
peut reprendre des éléments de son
business plan, étape essentielle du
projet.

En outre, à sa création, une entreprise ne permet pas de dégager de l’argent.


Il faut donc prévoir de quoi avancer les frais de création et d’installation
(dépôt et cautions nécessaires, droit au bail), les investissements inévitables
(achat de matériel), et les besoins en fonds de roulement (stock, périodes
avant la réception des premiers paiements, etc.).

153
VIII. Le financement et les aides à la création

Un créateur d’entreprise peut ainsi faire appel à différents types de finance-


ments : apport personnel, prêt, aide financière, investisseurs (entreprises ou
particuliers qui s’intéressent au projet et qui investissent en retour de plus-
values ou de dividendes, etc.). Par ailleurs, il est possible de bénéficier d’aides,
qu’elles soient fiscales ou sociales, voire financières. Il en existe différents
types : l’aide financière à la création d’entreprise, le NACRE, l’ACCRE, les
aides aux jeunes entreprises innovantes, l’aide à la création d’entreprise pour
les chômeurs, le conseil pour la création d’entreprise.

L’apport en capital
Lorsque l’on souhaite créer son entreprise, l’apport en capital est très souvent
indispensable.

Moyennes et grandes entreprises


Pour les sociétés de type entreprise individuelle ou auto-entreprise, l’utilité de
l’apport en capital est moins importante que pour les moyennes et grandes
entreprises.

Pour les sociétés au fort potentiel de croissance, et


dont l’apport en capital demande la mise en jeu de
sommes importantes, on parle de « levée de fonds ».
Cela comprend la notion de « capital-risque » avec :

ππle capital d’amorçage, qui correspond à l’apport


de capital avant ou au début de l’activité ;
ππle capital de création, qui correspond à l’apport
de capital au démarrage et dans les premières
étapes du développement de l’entreprise.

Apport numéraire, en nature ou en industrie ?


L’apport en capital peut être effectué sous trois formes : en numéraire, en
nature ou en industrie. L’apport en numéraire correspond à des sommes
d’argent apportées par les associés ou actionnaires ; cet apport fait partie du

154
VIII. Le financement et les aides à la création

capital social. Selon les sociétés, il doit être versé en partie ou en totalité lors
de la constitution de l’entreprise ; les sommes sont ensuite débloquées après
immatriculation auprès du RCS, sur présentation d’un extrait Kbis.

Lorsque seulement une partie est versée à la constitution de la société, la


somme restante est nommée « capital souscrit non appelé ».

L’apport en nature correspond à des biens divers


tels que du matériel, du mobilier, des biens immo-
biliers, un fonds de commerce, un portefeuille de
clientèle, etc. Il peut être réalisé en pleine propriété
(la propriété du bien est transférée à la société),
en jouissance (le bien est mis à la disposition de la
société pour une durée déterminée), en usufruit
(l’apporteur conserve la propriété du bien, mais la
société peut bénéficier des revenus qu’il rapporte),
ou en nue-propriété (la société bénéficie de la pro-
priété du bien, mais dépouillée de son « usus » et
de son « fructus » ; elle ne peut donc ni l’utiliser ni
en percevoir les revenus).

L’apport en nature peut entrer dans le capital social de la société et doit être
évalué dans les statuts avec un maximum de précision. Les différents biens
doivent également être libérés lors de la constitution de la société.

L’apport en industrie correspond à des compétences ou connaissances tech-


niques, des services rendus ou un travail au sein de la société, etc.

Pour certaines entreprises comme les


SA ou SCA, les associés ou actionnaires
peuvent effectuer un apport en indus-
trie, mais celui-ci ne peut pas entrer dans
le capital social. Même s’il n’en fait pas
partie, il permet toutefois de toucher une
partie des bénéfices, mais aussi d’avoir
un droit de vote lors des assemblées
générales.

155
VIII. Le financement et les aides à la création

Les prêts
Les prêts pour la création d’entreprise peuvent prendre plusieurs formes : le
prêt à la création d’entreprise, le prêt d’honneur, un crédit classique.

Prêt à la création d’entreprise


Les entrepreneurs qui ont un projet de création
d’entreprise ou qui ont créé ou repris une entre-
prise depuis moins de 3 ans peuvent faire appel
au PCE.

Il vise à aider les jeunes structures à trouver un


financement. Il aide notamment à financer les
frais de démarrage, le besoin en fonds de roule-
ment (BFR), etc.

Il est accordé sans garantie ni caution per-


sonnelle et est proposé par la plupart des
organismes bancaires.

Le PCE est accordé en complément d’un prêt


bancaire, souscrit pour un montant au moins
deux fois supérieur à celui du PCE, sauf si l’entreprise est située en zone
urbaine sensible et, dans ce cas, il doit être au moins égal.

Les montants accordés s’échelonnent habituellement de 2 000 € à 7 000 €.


La durée est de 5 ans, avec des mensualités constantes, les taux d’intérêt
étant semblables à ceux proposés pour les autres prêts bancaires d’entreprise.

Prêt d’honneur
Les créateurs d’entreprise peuvent également faire appel à un prêt d’hon-
neur, qui ne coûte quasiment rien : il est accordé à un créateur ou repreneur
d’entreprise pour l’aider à financer ses investissements de départ, mais aussi
ses besoins en fonds de roulement. Souvent proposé à un taux d’intérêt nul
ou inférieur à celui des prêts bancaires, il est accordé sur le moyen terme,

156
VIII. Le financement et les aides à la création

généralement entre 2 et 5 ans, pour un montant généralement compris entre


3 000 et 15 000 € (parfois jusqu’à plus de 30 000 €). Le créateur n’a pas
besoin de fournir des garanties réelles ou personnelles pour l’obtenir.

De nombreux organismes proposent le prêt d’honneur aux créateurs d’entre-


prise, comme le réseau Entreprendre, France Active ou l’Association pour le
droit à l’initiative économique.

Il peut également être proposé par des collectivités locales, des fondations,
des plateformes d’initiative locale, etc.

Prêt bancaire
Pour leur besoin de financement, les
entrepreneurs peuvent également
souscrire un prêt bancaire. En général,
celui-ci sert au financement de biens
durables.

Les entrepreneurs peuvent alors opter


pour un prêt à moyen ou long terme
(crédit d’une durée moyenne de 2 à
15 ans souscrit pour l’acquisition de matériel, mobilier, locaux, etc.) ou pour
un crédit-bail afin de financer l’achat de biens immobiliers ou mobiliers, mais
la banque reste propriétaire du bien financé jusqu’à ce que l’entrepreneur le
rachète.

Les organismes financiers demandent en général un certain nombre de garan-


ties à l’entrepreneur, notamment un apport (si l’entrepreneur n’en a pas, il peut
demander un prêt d’honneur pour le constituer), ses capacités de rembour-
sement (chiffre d’affaires prévu, bénéfices estimés, etc.), des garanties sur les
capacités du chef d’entreprise à gérer son entreprise (expériences, compétences,
diplômes, etc.) et le détail des risques liés à l’activité.

Dans tous les cas, un prêt bancaire est accordé dans la limite de la capacité
d’autofinancement de l’entreprise : le montant et la durée varient donc d’une
entreprise à l’autre.

157
VIII. Le financement et les aides à la création

Créer son entreprise sans apport


Lorsque l’on souhaite créer son entreprise, il est nécessaire de faire le point
sur ses besoins de financement et de définir si l’on peut disposer d’un apport
ou non. Dans la négative, des solutions existent !

Sociétés sans obligation liée au capital social


Pour certains types d’entreprises et d’activités, il est possible de créer sa
société sans apport. En effet, certains statuts juridiques n’exigent pas l’apport
d’un capital social ou n’imposent pas de minimum légal. Le tableau ci-dessous
fait un état des lieux des statuts juridiques et de leurs exigences en la matière.

Statut juridique Capital social


Entreprise individuelle Pas de capital social
Entreprise individuelle à responsabilité limitée
Pas de capital social
(EIRL)
Auto-entrepreneur Pas de capital social
Entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée
Pas de minimum imposé
(EURL)
Société par actions simplifiée unipersonnelle
Pas de minimum imposé
(SASU)
Société par actions simplifiée (SAS) Pas de minimum imposé
Société en commandite simple (SCS) Pas de minimum imposé
Société en nom collectif (SNC) Pas de minimum imposé
Coopérative agricole Pas de minimum imposé
Société civile immobilière (SCI) Pas de minimum imposé
Société civile de moyens (SCM) Pas de minimum imposé
Société civile professionnelle (SCP) Pas de minimum imposé
Société d’exercice libéral à responsabilité limitée
Pas de minimum imposé
(SELARL)
Société en participation (SEP) Pas de minimum imposé
Société civile d’exploitation agricole (SCEA) Pas de minimum imposé

158
VIII. Le financement et les aides à la création

Important : il faut cependant être prudent, même si la création d’une entre-


prise ne nécessite pas la mobilisation d’un capital social ou n’en impose pas un
montant minimum, un apport peut toutefois être indispensable pour faire face
à d’autres charges et investissements.

En outre, il est difficile de trouver un financement pour créer son entreprise


si l’on n’a pas d’apport personnel. Cependant, certaines solutions sont pos-
sibles : s’associer, demander un prêt (PCE ou prêt d’honneur) ou une aide
financière à la création d’entreprise sans apport.

Auto-entrepreneur
Le statut d’auto-entrepreneur a été mis en place afin de réduire au maximum
les coûts de création d’une entreprise et de permettre à des créateurs de débu-
ter leur activité sans apport. C’est donc le statut idéal dans cette situation.

Ce statut est très avantageux financièrement : pas de capital social, pas de


frais de constitution, pas de charges sociales à payer si l’entrepreneur ne réa-
lise pas de chiffre d’affaires.

Il n’est donc pas nécessaire de prévoir d’apport relatif au règlement des


charges sociales.

Activités possibles
Les activités les plus appropriées sont celles pour les-
quelles le créateur n’a pas besoin de gros moyens
pour débuter son activité. Il s’agit surtout des
entreprises de prestations de services telles que
les services informatiques, l’aide à la personne, le
conseil, etc.

Toutes les activités ne permettent pas de créer son


entreprise sans financement. De nombreuses néces-
sitent l’achat de matériel, la constitution d’un stock,
l’équipement de locaux, etc.

159
VIII. Le financement et les aides à la création

Les aides à la création d’entreprise


Lorsque vous souhaitez créer votre entreprise, vous pouvez, sous certaines
conditions, bénéficier d’une aide financière. De plus, au lancement et pendant
les premières années d’activité, certaines entreprises peuvent bénéficier, sous
conditions, d’aides fiscales et sociales.

Aides financières
Accordées pour financer des investissements, créer des emplois et encourager
la création d’entreprise, elles varient en fonction de la situation du créateur, la
domiciliation de l’entreprise et l’investissement réalisé.

Aides financières Principe

Subventionnement des investissements productifs


Aide à la finalité régionale
ou de la création d’emploi liée à l’investissement

Prime d’aménagement du Aides directes à l’investissement des entreprises au


territoire niveau national
Aide pour les demandeurs d’emploi handicapés qui
Aide à la création
souhaitent créer leur entreprise
Bourses et concours organisés par des collectivités
Bourses et concours locales, régionales pour différents types d’entre-
prises et de créateurs

Participation d’instituts régionaux, de collectivités


locales, de sociétés à capital risque, de société de
Prise de participation
développement régional, etc., dans le financement
de l’entreprise

Primes attribuées par la région ou les collectivités


Primes à la création d’emploi
territoriales
Aide à l’innovation Aide attribuée aux entreprises innovantes
Aide attribuée aux entreprises dont l’activité est
Aide à l’exportation
dédiée à l’exportation

Aide permettant de faire appel à des spécialistes pour


Fonds régional d’aide au conseil
améliorer sa compétitivité et accroître les emplois

160
VIII. Le financement et les aides à la création

Aides fiscales
À leur création et pendant les premières années de leurs activités, certaines
entreprises peuvent bénéficier d’exonérations ou d’allègements fiscaux. Le
tableau ci-dessous fait le point sur les avantages fiscaux dont peuvent bénéfi-
cier les jeunes entreprises.

Aides à la création Condition de


Bénéficiaires Principe
d’entreprise domiciliation
Entreprises nouvelles • Exonération de 100 % les
ayant une activité 2 premières années, puis
AFR : zones
industrielle, commer- 75 % la 3e, 50 % la 4e et
d’aides à la fina-
ciale ou artisanale 25 % la 5e
lité régionale
et sous certaines • Le montant de cette aide
conditions est plafonné

Entreprises nouvelles
• Exonération de 100 % les
5 premières années puis
ou reprises ayant une ZRR : zone de
75 % la 6e, 50 % la 7e et
activité industrielle, revitalisation
25 % la 8e
Exonération d’impôt commerciale, artisa- rurale
• Le montant de cette aide
sur les bénéfices nale ou libérale
est plafonné
• Exonération de 100 %
pendant 5 ans, puis pro-
ZFU : zone
Toutes les entreprises gressive pendant 9 ans
franche urbaine
• Le montant de cette aide
est plafonné
• Exonération de 100 %
BER : bas-
pendant 7 ans
Toutes les entreprises sin d’emploi à
redynamiser
• Le montant de cette
aide est plafonné
Toutes les entreprises
répondant aux cri-
Exonération d’im- Exonération totale pendant
tères des collectivités Aucune
pôts locaux 2 ans
locales et organismes
concernés
• Entreprises indi-
viduelles bénéfi-
ciant du régime
micro-social, et Exonération totale l’année
Exonération de la
auto-entrepreneurs Aucune de la création et pendant les
cotisation foncière • L’entrepreneur ne 2 années suivantes
doit pas déjà avoir
exercé une activité
similaire

161
VIII. Le financement et les aides à la création

Aides à la création Condition de


Bénéficiaires Principe
d’entreprise domiciliation
Nouvelles entreprises
Exonération d’impo- soumises à l’impôt sur
Exonération totale pendant
sition forfaitaire les sociétés avec au Aucune
3 ans
annuelle moins 50 % d’apports
en numéraire
• Exonération totale de
l’impôt sur les bénéfices
les trois premières années,
puis 50 % les deux
Jeunes entreprises années suivantes
innovantes utilisant • Exonération totale de
au moins 15 % de l’imposition forfaitaire
Allègements fiscaux Aucune
leurs dépenses totales annuelle
pour la recherche et le • Exonération pendant
développement 7 ans de la cotisation
foncière des entreprises,
sur la valeur ajoutée des
entreprises ou de taxe
foncière

Aides sociales
Lors de la création d’une entreprise et pendant les premières années d’ac-
tivité, il est possible de bénéficier d’aides sociales. Le tableau ci-dessous
présente les différentes aides sociales pouvant être accordées.
Aides à la création Condition de
Bénéficiaires Principe
d’entreprise domiciliation
Exonération de 100 %
Exonération des pendant un an dans la
Salariés créateurs Aucune limite d’un plafond de
cotisations sociales revenus correspondant
à 120 % du SMIC
Exonération des Entreprises ayant une
cotisations d’assu- activité industrielle, ZFU : zone franche Exonération de 100 %
rance maladie et commerciale, artisa- urbaine pendant 5 ans
maternité nale ou libérale
Entreprises ayant une
Exonération activité industrielle,
• ZRR : zone de revi-
talisation rurale Exonération de 100 %
des cotisations artisanale ou commer-
• ZRU : zone de redy- pendant 5 ans
patronales ciale embauchant des
namisation urbaine
salariés
* Les demandeurs d’emploi ou bénéficiaires du RSA peuvent bénéficier de l’ACCRE.

162
VIII. Le financement et les aides à la création

Le NACRE
Le NACRE – Nouvel Accompagnement pour la Création et la Reprise d’Acti-
vité – aide les personnes sans emploi qui souhaitent créer une entreprise.

Présentation
Le NACRE est un dispositif d’aides qui permet aux personnes sans emploi ou
rencontrant des difficultés d’insertion de bénéficier d’un accompagnement
durable pour la création ou la reprise d’entreprise.

Ces personnes sont accompagnées pendant toutes les phases de la création


sur une durée pouvant aller jusqu’à 3 ans. Elles bénéficient d’un accompagne-
ment adapté à leurs besoins et à l’avancement de leur projet.

Une aide multiple


L’aide comprend un accompagnement,
mais aussi une aide financière avec le
prêt à taux 0. Dans un premier temps,
l’accompagnement se concentre sur
plusieurs aspects, comme l’aide au
montage, à la finalisation du projet et
à la structuration financière (durée de 4 mois maximum pour une création
d’entreprise et 6 mois pour une reprise), ainsi qu’au démarrage et au déve-
loppement de l’entreprise pendant une durée maximale de 36 mois.

L’aide financière proposée dans le cadre du dispositif NACRE est accordée en


fonction des besoins de financement du bénéficiaire. Il s’agit d’un prêt à taux
zéro attribué après expertise du projet dans le cadre de l’accompagnement,
qui est accordé seulement en complément d’un prêt bancaire d’un montant
et d’une durée au moins égale. Le montant varie de 1 000 à 10 000 €, avec
une durée de 5 ans maximum et des mensualités constantes ou progressives.

Important : si un repreneur ou un créateur souscrit au prêt à taux 0, il doit


bénéficier d’un accompagnement de démarrage et de développement.

163
VIII. Le financement et les aides à la création

Modalités
Le dispositif est accessible aux personnes sans emploi ayant des difficultés
pour s’insérer durablement, aux demandeurs d’emploi, aux bénéficiaires des
minima sociaux et aux salariés qui souhaitent reprendre l’entreprise dans
laquelle ils travaillent. Ils doivent toutefois avoir déjà entamé leur projet de
création d’entreprise.

Le NACRE est proposé par des organismes conventionnés par l’État et la Caisse
des Dépôts, mais les bénéficiaires peuvent choisir l’organisme qu’ils souhaitent
pour leur accompagnement. Un contrat est conclu entre les deux parties afin
d’organiser le parcours d’aide et définir les engagements de chacun.

L’ACCRE
L’ACCRE (Aide au Chômeur Créant ou Reprenant une Entreprise) est une
exonération de charges sociales pour les demandeurs d’emploi.

Présentation
L’ACCRE est une aide destinée aux demandeurs d’emploi qui souhaitent créer
ou reprendre une entreprise. Elle s’adresse :

ππaux demandeurs d’emploi bénéficiaires de l’aide


au retour à l’emploi ou susceptibles d’en bénéfi-
cier, et aux demandeurs d’emploi non indemnisés
ayant été inscrits à Pôle-emploi au moins 6 mois
au cours des 18 derniers mois ;
ππaux bénéficiaires de l’allocation temporaire d’at-
tente, de l’allocation de solidarité spécifique ou
du revenu de solidarité active ;
ππaux jeunes de moins de 30 ans éligibles au
contrat « Nouveaux services – Emplois jeunes »
ou ayant été embauchés dans le cadre du
contrat « Nouveaux services – Emplois jeunes »
et dont le contrat a été rompu avant son terme ;

164
VIII. Le financement et les aides à la création

ππaux salariés souhaitant reprendre l’entreprise en difficulté dans laquelle


ils travaillent, aux titulaires d’un contrat d’appui au projet d’entreprise, et
aux bénéficiaires du libre choix d’activité ;
ππaux jeunes de 18 à 25 ans, aux jeunes de moins de 30 ans non indemni-
sés ou handicapés ;
ππaux personnes créant une entreprise dans une ZUS (zone urbaine
franche).
Important : pour bénéficier de l’ACCRE, les personnes concernées doivent créer
ou reprendre une entreprise sous forme d’entreprise individuelle ou de société
et doivent en exercer effectivement le contrôle.

Aides
L’ACCRE est un dispositif comprenant
différentes prestations : l’exonération de
charges sociales, une aide supplémentaire
pour les demandeurs d’emploi indemni-
sés et une aide pour les micro-entreprises.
Elle permet en effet aux personnes éli-
gibles de bénéficier de l’exonération des cotisations sociales pendant un an
(assurance maladie, maternité, décès et invalidité, assurance vieillesse de
base).

Attention : l’exonération de charges sociales ne s’applique pas pour les créateurs


ou repreneurs dont les revenus d’activité sont supérieurs à 120 % du SMIC.

Par ailleurs, les demandeurs d’emploi indemnisés ou susceptibles de l’être


peuvent, dans le cadre de l’ACCRE, bénéficier d’une aide supplémentaire,
à savoir le maintien partiel des allocations chômage pendant 15 mois maxi-
mum, et le versement de la moitié des droits restants, avec une partie au
moment de la création et le reste 6 mois après le début de l’activité.

Enfin, pour les demandeurs d’emploi qui souhaitent créer une micro-
entreprise, par exemple en tant qu’auto-entrepreneur, l’ACCRE permet
de bénéficier d’une exonération de cotisations sociales pendant les trois
premières années d’activité, ou d’un taux de cotisations réduit.

165
VIII. Le financement et les aides à la création

Le tableau ci-dessous récapitule les aides de l’ACCRE mises en place pour les
micro-entreprises.

Taux de cotisa- Taux de cotisations sociales pour les bénéficiaires


Activités tions sociales de l’ACCRE
normal Année 1 Année 2 Année 3
Achat et vente 12,00 % 3,60 % 7,10 % 10,60 %
Prestations de
21,30 % 6,20 % 12,30 % 18,50 %
services
Activités
18,30 % 5,90 % 11,70 % 17,50 %
libérales

Formalités
Pour bénéficier de l’ACCRE, il faut déposer auprès du centre de formalités
des entreprises compétent, au plus tard dans les 45 jours, le formulaire de
demande, le dossier de déclaration ou de reprise d’entreprise et les justificatifs
d’éligibilité.

L’URSSAF statue ensuite sur la demande dans un délai d’un mois et envoie
un courrier au demandeur pour lui signifier son acceptation ou son refus. À
défaut de courrier, la demande est considérée comme acceptée.

Les jeunes entreprises innovantes


Des exonérations intéressantes existent pour les jeunes entreprises ayant des
projets en recherche et développement.

Entreprises concernées
Une entreprise peut être considérée comme Jeune Entreprise Innovante (JEI)
si elle engage au moins 15 % de ses charges dans des dépenses de recherche
et développement. Autres conditions : l’entreprise doit avoir moins de 8 ans
d’ancienneté, employer moins de 250 salariés, réaliser un chiffre d’affaires
de moins de 50 000 000 € ou un bilan de moins de 43 000 000 €, être indé-
pendante (ce qui signifie qu’au moins 50 % de son capital doit être détenu

166
VIII. Le financement et les aides à la création

par des personnes physiques, une association ou


une fondation reconnue d’utilité publique avec
un caractère scientifique, un établissement de
recherche et d’enseignement, une société elle-
même qualifiée de jeune entreprise innovante ou
une société de capital-risque), ne pas avoir été
créée dans le cadre d’une concentration, restruc-
turation, extension d’activités préexistantes, ou
une reprise d’activité.

Bon à savoir : les entrepreneurs ont la possibilité de


s’adresser aux services fiscaux pour savoir si leur entreprise répond aux critères.

Aides accordées
Une jeune entreprise innovante peut bénéficier d’une exonération de ses
charges sociales patronales pour les salariés et mandataires sociaux qui par-
ticipent au projet de recherche et de développement de l’entreprise à titre
principal. Cette exonération concerne les cotisations patronales au titre de
l’assurance sociale et de l’assurance d’allocations familiales.

Comme le montre le tableau ci-dessous, il s’agit d’une exonération dégressive


sur les sept premières années d’activité.

Années d’activité Taux d’exonération


3 premières années 100 %
4e année 75 %
5e année 50 %
6e année 30 %
7e année 10 %

En outre, elle bénéficie d’une exonération sur ses bénéfices, quel que soit
son régime fiscal. Cette exonération est de 100 % pendant les trois pre-
mières années d’activité, et 50 % pendant les deux années suivantes. Elle
jouit également d’une exonération de l’imposition forfaitaire annuelle (IFA)
pendant toute la durée où elle est sous ce statut, et d’une exonération de

167
VIII. Le financement et les aides à la création

la taxe foncière et de la cotisation foncière des entreprises pendant 7 ans, sur


décision des collectivités locales concernées. Enfin, les associés ou actionnaires
qui souhaitent céder leurs parts peuvent bénéficier d’une exonération de
l’imposition sur les plus-values pour la cession de leurs titres. Sous condition
qu’ils aient conservé ces titres pendant au moins 3 ans, et que le cédant, son
conjoint, ses descendants ou ascendants n’aient pas détenu ensemble plus de
25 % des droits sociaux depuis la création de l’entreprise.
Important : les cédants restent soumis aux prélèvements sociaux redevables
pour la cession de titres.

Les aides aux chômeurs


Afin de favoriser la création d’entre-
prise pour ceux qui ont du mal à
trouver un emploi, l’État a mis en
place une aide à la création d’entre-
prise. Elle peut se présenter sous la
forme d’une aide financière et d’un
accompagnement, d’une exoné-
ration ou encore d’un maintien de
certaines allocations.

NACRE
Les chômeurs qui souhaitent créer leur entreprise peuvent bénéficier d’une
aide financière et d’un accompagnement tout au long de leur projet. Cette
aide financière, accordée dans le cadre du dispositif NACRE, permet de
financer la constitution du capital de la société, ou encore les besoins de
financement liés au fonctionnement de l’entreprise. Ce dispositif permet aussi
de bénéficier d’un accompagnement en trois phases, jusqu’à 3 ans après le
démarrage de l’entreprise.

ACCRE
Afin d’aider les chômeurs dans les premières années d’activité de leur entre-
prise, une exonération de charges sociales a également été mise en place.
Cette dernière est proposée dans le cadre du dispositif ACCRE.

168
VIII. Le financement et les aides à la création

Elle concerne les cotisations pour l’assurance maladie, maternité, décès et


invalidité, mais aussi pour l’assurance vieillesse de base. Pour en bénéficier, les
chômeurs doivent faire une demande spécifique.

Allocations
Les chômeurs bénéficiant de certaines allocations peuvent continuer à les per-
cevoir après la création de leur entreprise pendant des durées définies selon le
type d’aide :

ππallocation de solidarité spécifique (ASS) : 12 mois ;


ππallocation veuvage : 12 mois ;
ππallocation d’insertion : 6 mois ;
ππrevenu de solidarité active (RSA) : jusqu’à la troisième révision
trimestrielle ;
ππallocation de parent isolé : jusqu’à la troisième révision trimestrielle.
Les chômeurs bénéficiant de l’aide au retour
à l’emploi peuvent, par ailleurs, continuer
à en percevoir une partie après le début de
leur activité en cas de création ou reprise
d’entreprise. Pour que cette allocation soit
maintenue, il faut que la rémunération tou-
chée au titre de l’activité de l’entreprise
créée soit inférieure ou égale à 70 % du
salaire sur lequel l’ARE a été calculée, et que
le créateur ou repreneur s’actualise tous les mois auprès de Pôle-emploi en
tant que demandeur d’emploi. Le maintien partiel de l’ARE peut être assuré
pour une période de 15 mois maximum, sauf pour les créateurs ou repreneurs
de plus de 50 ans.

De même, les chômeurs percevant l’aide au retour à l’emploi peuvent choisir


de percevoir la moitié des droits restants dus sous la forme d’un capital lors de
la création ou de la reprise d’une entreprise. Le chômeur qui souhaite béné-
ficier de cette aide doit signaler son projet auprès de Pôle-emploi. Cette aide

169
VIII. Le financement et les aides à la création

est toutefois accordée sous condition d’obtention de l’ACCRE : elle sera donc
perçue après l’envoi de l’attestation d’acceptation du dossier de l’URSSAF et
du justificatif de déclaration d’activité fourni par le centre de formalités des
entreprises compétent.

Après création de son entreprise, le chômeur doit informer Pôle-emploi de


son changement de situation.

Ensuite, le capital est versé en deux fois : à la création de l’entreprise, puis


6 mois après par demande écrite auprès de Pôle-emploi avec un justificatif d’ac-
tivité (extrait Kbis ou avis de situation d’entreprise INSEE de moins de 3 mois).

Le conseil pour la création d’entreprise


Quel que soit le type de société que l’on souhaite créer, il peut être utile de
bénéficier d’un conseil en création d’entreprise.

Présentation
Se faire conseiller pendant la phase de lan-
cement de son entreprise est primordial
pour mener à bien son projet.

Le conseil pourra porter sur l’étude de


marché, le business plan, le choix du sta-
tut juridique, la recherche de financement,
l’installation de l’entreprise, les formalités
de création, etc.

Il peut également être important de se faire


conseiller pendant les premiers mois d’acti-
vité afin de garantir le bon fonctionnement
de la société.

L’entrepreneur pourra se faire conseiller pour le développement de son entre-


prise, la gestion, le management, la stratégie de communication, etc.

170
VIII. Le financement et les aides à la création

Moyens
Les créateurs d’entreprise peuvent se faire conseiller par différentes structures
et organismes, en fonction de leur activité, mais aussi de leur situation. Le
tableau ci-après présente les moyens mis à leur disposition.

Qui ? Quoi ? Pour qui ?


Documentation, ateliers et
APCE Toutes entreprises
formation
Entreprises ayant une
Chambre de commerce et Documentation, ateliers et
activité commerciale et
d’industrie formation
industrielle
Chambre des métiers et de Documentation, ateliers et Entreprises ayant une acti-
l’artisanat formation vité artisanale
Documentation, ateliers et Entreprises ayant une acti-
Chambre d’agriculture
formation vité agricole
Documentation, ateliers,
Pôle-emploi formation et dispositif Demandeurs d’emploi
NACCRE
Programme de préparation
Contrat d’appui au projet à la création ou à la reprise
Tout type d’entreprise
d’entreprise d’entreprise et à la gestion
d’une activité économique
Personnes en difficulté
Association pour le droit à
Conseil et aide qui souhaitent créer leur
l’initiative économique
entreprise
Conseil apporté par une
entreprise : information,
Salariés de l’entreprise
accompagnement métho-
Essaimage qui souhaitent créer ou
dologique et technique,
reprendre une entreprise
formation, appui logistique,
soutien financier
Accompagnement per-
sonnalisé, hébergement,
Incubateur Entreprises innovantes
mise en relation et
documentation

171
VIII. Le financement et les aides à la création

AA Pour aller plus loin

Astuces

Allocation de solidarité spécifique et autres revenus


L’allocation de solidarité spécifique permet d’assurer un minimum de ressources
à certaines personnes. Si vous reprenez une activité, vous pouvez néanmoins
cumuler vos revenus avec votre ASS.
Tout d’abord, si vous devenez salarié, tout dépend du nombre d’heures de travail
réalisées. Si vous effectuez moins de 78 heures par mois, pendant les six premiers
mois, soit votre ASS est intégralement maintenue, soit vous percevez une indem-
nité journalière de 16,11 €. Puis, à partir du septième mois, une somme égale à
40 % du salaire brut est déduite du montant de l’allocation. Si votre salaire brut
mensuel est supérieur à 722,69 €, votre ASS est proportionnellement diminuée.
Au-delà de 78 heures, pendant les trois premiers mois d’activité, l’ASS est main-
tenue sous forme de primes forfaitaires. Puis, du quatrième au douzième mois,
votre salaire mensuel est déduit du montant de l’ASS. Cependant, une prime
forfaitaire de 150 € vous est versée chaque mois. Dans les deux cas, l’ASS prend
fin au terme des 12 mois.
Ensuite, si vous créez votre entreprise, devenez travailleur indépendant, etc.,
vous pouvez continuer à bénéficier de l’ASS durant les trois premiers mois d’acti-
vité, au cours desquels l’allocation sera maintenue dans son intégralité. Puis, du
quatrième au douzième mois, le montant de vos revenus sera déduit de l’ASS.
Cependant, vous pourrez prétendre à une prime mensuelle de 150 € ou à l’aide
aux demandeurs d’emploi créant ou reprenant une entreprise, qui consiste en
une exonération de charges sociales durant 1 an.

La télédéclaration obligatoire
Dans certains cas, les professionnels sont obligés d’avoir recours à la télédécla-
ration. Cette obligation dépend de chaque type d’impôt, ainsi que du chiffre
d’affaires de la société. À noter que dans un souci de réduction des coûts admi-
nistratifs, la télédéclaration sera progressivement rendue obligatoire au cours
des prochaines années.

172
VIII. Le financement et les aides à la création

En effet, certaines entreprises ont l’obligation de déclarer leur TVA en ligne, mais
également d’en demander le remboursement. Cela concerne toutes les entreprises
soumises à l’impôt sur les sociétés (IS), ainsi que celles non soumises à l’IS, mais
dont le chiffre d’affaires hors taxes dépasse 80 000 €. Dès octobre 2014, toutes
les entreprises devront télédéclarer leur TVA, quel que soit leur chiffre d’affaires.
D’autre part, toutes les sociétés ayant un chiffre d’affaires hors taxes dépassant
les 230 000 € ont l’obligation de déclarer la cotisation foncière des entreprises
en ligne. Elles doivent également utiliser la télédéclaration de taxes foncières en
ligne si le montant à payer dépasse 30 000 €.
Par ailleurs, les entreprises soumises à l’IS ont l’obligation de déclarer leur CVAE en
ligne, et ce, aussi bien pour les acomptes que pour le solde. En mai 2014, les entre-
prises non soumises à l’impôt sur les sociétés ayant un chiffre d’affaires supérieur à
80 000 € devront aussi déclarer leur CVAE en ligne. En mai 2015, cette obligation
sera étendue à l’ensemble des sociétés. Enfin, les entrepreneurs ont l’obligation de
déclarer l’impôt sur les sociétés ainsi que la taxe sur les salaires en ligne.

Questions/réponses de pro

Racheter un garage
Mon fils est mécanicien et désirerait reprendre le garage où il travaille, mais il
n’a pas d’apport personnel. Peut-il obtenir un prêt pour couvrir 100 % de la
vente ou peut-il prétendre à des prêts pour création d’entreprise ?
Question de Jujunita

ΔΔ Réponse d’Association AIATPE


Il y a la solution du prêt notarié par le vendeur (donc son patron), qui peut être
considéré comme un apport personnel vis-à-vis de la banque. Ce prêt peut être
de 30 à 50 % du prix global. Cela lui permettrait d’obtenir un prêt bancaire.

Création d’entreprise sans apport


Je désirerais savoir si, sans apport personnel et actuellement en interdit bancaire
suite à la séparation avec mon mari, j’ai le pouvoir de créer une entreprise pour
sortir de cette situation. Je suis actuellement demandeuse d’emploi, âgée de
35 ans, mère de cinq enfants et je ne touche que la CAF alors que j’ai toujours
travaillé.
Question de Cécile86

173
VIII. Le financement et les aides à la création

ΔΔ Réponse d’Association AIATPE


Effectivement, l’ARCE, l’ACCRE et le dispositif NACRE devraient pouvoir
vous aider. Je pense que l’ADIE peut également vous aider.

Aide au financement
Je souhaite créer mon auto-entreprise, mais je n’ai pas de financement. J’aurais
pour cela besoin de 30 000 euros.
Je voudrais savoir comment obtenir cette somme. Dois-je faire un prêt ou deman-
der une aide ?
Question de Papa84300

ΔΔ Réponse de L. Finance
Si c’est pour une création d’entreprise, il faut prendre un prêt professionnel.
Pour cela, préparez un business plan et un CV pour montrer à la banque que
vous savez ce que vous faites, que vous pourrez rembourser.
Pour un tel montant, il faut absolument justifier la preuve de votre rem-
boursement et, si possible, avoir un apport.

Financement d’un projet professionnel


Pour mon projet professionnel, j’ai besoin de 200 000 euros. Je souhaite faire un
prêt de 180 000 euros (apport de 20 000 euros). Je suis propriétaire d’une villa
estimée à 350 000 euros, mais je dois encore payer 100 000 euros.
Si j’hypothèque mon bien immobilier, un organisme financier acceptera-t-il de
m’octroyer un prêt ?
Question de Jmn

ΔΔ Réponse d’Association ARC, rachat de crédits


Il faudrait avoir une certitude sur la valeur future de votre projet profession-
nel, car en cas d’échec (toujours possible), vous perdrez l’affaire et votre
bien immobilier.
Ensuite, on ne fait pas un financement en fonction de la garantie, mais de la
faculté de remboursement de la dette.
Enfin, les banques de dépôt avec OSEO peuvent intervenir dans des projets
professionnels, mais faites attention aux garanties demandées.

174
VIII. Le financement et les aides à la création

Dossier de reprise d’entreprise


Je suis demandeur d’emploi, je n’ai aucun apport personnel, mais je voudrais
reprendre un commerce (un bar) en restauration. Ai-je la possibilité de monter
un dossier ? Les banques m’accorderont-elles un prêt ?
Question de Nana24160

ΔΔ Réponse d’Autexy
En effet, cela risque d’être difficile ! Il faudrait se renseigner auprès des
structures qui font des prêts sur l’honneur. Ces montants sont généralement
considérés comme des apports par les banques. Ensuite, il est nécessaire de
préparer un bon dossier avec un business plan afin de démontrer que, mal-
gré l’absence d’apport, le projet est viable.
ΔΔ Réponse de Roche & Hedia
Effectivement, dans le cadre de la reprise d’un bar, il faut d’abord acqué-
rir les parts sociales du vendeur, et cela suppose un certain prix, donc un
investissement. Ce que je vous conseille de faire, c’est d’abord d’étudier la
stabilité financière de la société. Par ailleurs, s’il s’avère que la société va
mal, il faudra plutôt acquérir le fonds de commerce, et créer une société à
part entière. Cette deuxième proposition vous permettra de ne pas assumer
la mauvaise gestion de l’ancien propriétaire.
Concernant les banques, ces dernières peuvent vous financer des « immo-
bilisations », un fonds de commerce par exemple, car dans ce type de
financement, il y a toujours moins de risque, car vous apportez en garantie
un fonds de commerce.

Emprunt des seniors


Je voudrais savoir, pour une création d’entreprise avec l’accord des prêts d’hon-
neur et NACRE, si une banque peut refuser un prêt du fait que le demandeur est
senior. Je n’ai aucun antécédent à la banque de France.
Question d’AIATPE

ΔΔ Réponse de Quadriel
Une banque peut toujours vous refuser votre prêt pour de bonnes ou de
mauvaises raisons, qu’elle ne vous donnera pas toujours, surtout en période
de crise. Si vous avez un réel souci, vous pouvez essayer de faire appel au
médiateur du crédit.

175
IX.
La franchise

Vos talents reconnus de mana-


ger vous amènent à créer votre
propre entreprise ? Pour limiter les
risques, vous pouvez faire appel à
un franchiseur. En tant que futur
franchisé, il est indispensable de
connaître vos capacités finan-
cières, de lister les franchises qui
correspondent à vos attentes et de
valider certains points importants
avant de vous lancer dans cette
expérience passionnante.

Une franchise permet à un entrepreneur de créer son entreprise en étant pro-


priétaire de celle-ci et juridiquement indépendant, tout en bénéficiant du
savoir-faire, de la marque, de l’enseigne et des méthodes commerciales d’une
société existante. Le franchiseur assure un accompagnement technique et com-
mercial pendant les étapes de la création d’entreprise, mais aussi tout au long de
l’activité. En contrepartie, le franchisé doit exploiter son entreprise en conformité
avec le concept du franchiseur, et en respectant les normes qui lui sont propres.

176
IX. La franchise

Beaucoup de démarches sont similaires à celles de la création d’une entreprise


classique : définition du projet, étude de marché, business plan, dénomination
sociale et statut juridique, financement, démarches auprès d’un centre de for-
malités des entreprises, etc.

Le principe
La franchise est un contrat de distribution. C’est un accord (droit d’exploi-
tation) passé entre deux parties : le franchiseur, qui dispose d’une marque/
enseigne et d’un réel savoir-faire transmissible, et le franchisé, commerçant
indépendant, qui devra posséder des qualités de chef d’entreprise.

Définition
Le franchisé, en échange d’une compensation directe
ou indirecte, exploite une franchise dans le but de
commercialiser certains produits et/ou services spéci-
fiques. Ce système de commercialisation repose sur la
collaboration étroite et continue entre le franchiseur
et le franchisé.

La franchise n’a pas de statut juridique particulier.


Pour fonctionner normalement, elle doit être consti-
tuée d’un nom, commun à des fins d’utilisation (marque de fabrique, de
commerce ou de service, raison sociale, logos, sigles, symboles), et d’une
présentation des locaux et/ou moyens de transport visés au contrat. Le
franchiseur communique son expérience et son savoir-faire, ainsi qu’une
assistance commerciale ou technique pendant toute la durée de l’accord. Il
existe en outre trois types de franchise :

ππLa franchise de service : le franchisé offre un service sous l’enseigne, voire


la marque du franchiseur en se conformant à ses directives.
ππLa franchise de production : le franchisé fabrique lui-même, avec les indi-
cations du franchiseur, des produits qu’il vend sous la marque de celui-ci.
ππLa franchise de distribution : le franchisé vend simplement les produits
dans un magasin qui porte l’enseigne du franchiseur.

177
IX. La franchise

De plus, les localisations – en magasin, à domicile, à l’international – et sec-


teurs d’activité concernés (restauration, alimentaire, commerces, etc.) peuvent
diverger. La franchise rentre dans le cadre légal de la loi Doubin qui impose
aux entreprises qui développent une franchise ou d’autres formes de partena-
riat de fournir un document d’information préalable, nommé DIP.

Il existe deux moyens d’obtenir une franchise : l’ouvrir ou l’acheter. Toutefois,


il est important de faire appel, dans un premier temps, à un conseiller, et
d’avoir un bon apport personnel pour financer l’investissement global ainsi
que les droits d’entrée.

Franchisé
Le franchisé est une personne qui
passe un accord avec une entreprise
(franchiseur) pour avoir le droit d’ex-
ploiter une franchise dans le but de
commercialiser des produits ou des
services bien déterminés. Le fran-
chisé, en échange d’une contribution
financière directe ou indirecte, utilise
l’enseigne et/ou la marque, le savoir-
faire, les méthodes commerciales et techniques, ainsi que les procédures du
franchiseur. S’adosser à une enseigne limite les risques : le franchisé devient
un chef d’entreprise, qui s’entoure de diverses compétences et bénéficie de
l’aide du franchiseur pour faire marcher son entreprise. Avant de s’engager
et de signer un contrat, le candidat doit toutefois s’assurer de la solidité du
franchiseur potentiel. De plus, il doit être motivé, avoir le goût du métier de
l’enseigne choisie, avoir des talents de manager et être un bon commercial.

La franchise permet de mettre ses talents de chef d’entreprise au service


d’un franchiseur tout en étant autonome et en limitant les risques. En effet,
le franchisé bénéficie du savoir-faire du franchiseur et de son assistance com-
merciale et technique, des services et des conseils de spécialistes (achats,
marketing, publicité), et d’investissements et de compétences partagés qui
permettent d’obtenir un développement plus rapide. Toutefois, le franchisé a

178
IX. La franchise

l’obligation de respecter les normes propres à l’enseigne et la promesse faite


aux consommateurs, de suivre l’évolution du concept et du savoir-faire, de
respecter les règles d’approvisionnement et, enfin, les obligations contrac-
tuelles et financières.

Pour vous aider, vous pouvez, dans


un premier temps, faire appel à un
conseil en franchise. Celui-ci véri-
fiera l’adéquation de votre projet
avec les spécificités requises par
le franchiseur comme la disponi-
bilité géographique, vos goûts et
vos motivations, et l’investissement
personnel et financier nécessaire.
Après avoir ouvert sa franchise, le franchisé aura comme missions de partici-
per aux programmes de formation permanente, aux actions publicitaires du
franchiseur, aux réunions, séminaires, commissions, etc., mais aussi de gérer
l’entreprise en parfaite autonomie, de respecter le droit de visite du franchi-
seur, de lui faire remonter les informations, et de défendre l’enseigne.

Franchiseur
Le franchiseur est une entreprise qui passe un accord avec un franchisé. Il
permet à ce dernier d’exploiter sa marque/enseigne afin de commercialiser
différents produits et/ou services bien déterminés. En retour, le franchisé res-
pecte les normes établies par son franchiseur.

Le franchiseur développe ainsi un réseau à partir de son savoir-faire et du


concept qui a été testé et approuvé dans un des sites pilotes. Il cherche donc
un partenaire (franchisé) capable de développer son affaire et de participer
activement à l’évolution du réseau. L’implantation géographique du franchisé
est importante et doit parfaitement convenir au concept, aux normes édic-
tées, aux produits, à la clientèle et, enfin, à la politique de développement
de la franchise. Le franchiseur peut ainsi bénéficier des connaissances locales
du franchisé sur un territoire qui est éloigné de son siège, ce qui lui reviendra
beaucoup moins cher que le développement de succursales.

179
IX. La franchise

Le rôle du franchiseur est de mettre à


la disposition du franchisé son savoir-
faire transmissible et duplicable qui
lui a permis de réussir dans le secteur
d’activité concerné, pour un dévelop-
pement plus rapide de son réseau. Ses
autres missions sont d’épauler, aider
et assister le franchisé (avant, pendant
et après l’ouverture), d’apporter en
continu une assistance commerciale et/ou technique, et de transmettre, avant
la signature du contrat définitif, le document d’information préalable. Pour
devenir franchiseur et développer sa propre enseigne et/ou marque, on ne
peut toutefois pas compter que sur l’argent des franchisés. Le franchiseur doit
donc disposer d’un bon capital de départ pour financer son étude de faisabi-
lité, la publicité, l’animation du réseau, ainsi que le recrutement des franchisés.

Loi Doubin
La loi Doubin n° 89-1008 du 31/12/1989, initiée par François Doubin, ancien
ministre du Commerce et de l’Artisanat, apporte plus de transparence au
candidat à la franchise, notamment sur les informations précontractuelles
remises par le franchiseur. Elle stipule qu’avant la signature du contrat, le
franchiseur doit fournir à l’autre partie
un document donnant des informations
sincères lui permettant de s’engager en
connaissance de cause. Ce document
d’information préalable, aussi appelé
DIP, précise notamment l’ancienneté et
l’expérience de l’entreprise, l’état et les perspectives de développement du
marché concerné, l’importance du réseau d’exploitants, la durée, les condi-
tions de renouvellement, de résiliation et de cession du contrat, ainsi que les
champs des exclusivités, l’identité des dirigeants, etc. La loi Doubin stipule
également que lorsque le versement d’une somme est exigé préalablement
à la signature du contrat, les prestations assurées en contrepartie de cette
somme sont précisées par écrit, ainsi que les obligations réciproques des par-
ties en cas de délit.

180
IX. La franchise

Le document concernant la loi Doubin doit être mis à jour chaque année,


c’est une obligation légale. Le DIP ainsi que le projet de contrat doivent
être communiqués au franchisé 20 jours au minimum avant la signature du
contrat de franchise ou, le cas échéant, avant le versement de la somme exi-
gée. Le franchiseur, ainsi que les sociétés imposant par contrat une marque
et un référencement de produits doivent respecter la loi Doubin. En outre,
toute personne vendant des produits ou fournissant des services, et liée par
un accord de franchise à un franchiseur, doit informer le consommateur de sa
qualité d’entreprise indépendante, de manière lisible et visible, sur l’ensemble
des documents d’information, qu’ils soient de nature publicitaire, à l’intérieur
ou à l’extérieur du lieu de vente.

Les secteurs d’activité


Lorsque l’on souhaite devenir franchisé, la première chose à faire consiste
à lister les franchises qui correspondent à ses attentes. Puis, il convient de
valider certains points : solidité du franchiseur, chiffrage des coûts d’investis-
sement (droit d’entrée, apport personnel, achat ou location du local), étude
de marché, zone de chalandise, comptes prévisionnels, goûts et motivations.
Sachez qu’il est également possible de reprendre une franchise existante.

Choisir sa franchise
Au moment de choisir une franchise, il convient
de se poser un certain nombre de questions :
quelle est la notoriété du franchiseur ? Quelle
est sa capacité d’innovation ? Sa santé écono-
mique (niveau d’endettement, rentabilité) ?
De combien d’établissements dispose-t-il ?
Appartient-il à un groupe ? Combien de fran-
chisés ont quitté le réseau et quelles en sont
les raisons ? Le franchiseur est-il récent sur le
secteur ? Peut-il concurrencer les acteurs déjà
fortement implantés localement ? Ensuite, chiffrer le coût d’investissement est
essentiel. Il englobe d’abord les frais de démarrage : l’investissement initial

181
IX. La franchise

(apport personnel) et le droit d’entrée, la redevance (royalties) correspondant


à la somme qui sera consacrée pour démarrer l’affaire du franchisé, les frais
de lancement (frais de constitution de la société, frais de publicité et fonds
de roulement), etc. Mais il prend aussi en compte les stocks, la formation,
l’agencement et les équipements nécessaires pour respecter le concept du
franchiseur, ainsi que le droit au bail si l’on opte pour une franchise en maga-
sin plutôt qu’à domicile.

Dans un autre temps, il convient de


réaliser une étude de marché, soit
un état général du marché natio-
nal, voire local. Le futur franchisé
ne doit pas se contenter de l’étude
réalisée par le franchiseur, qui est
bien souvent succincte. Il a tout inté-
rêt à mener ses propres recherches,
c’est-à-dire récolter de nombreuses
informations sur la population d’une ville ou d’un quartier auprès de l’Insee,
des chambres de commerce (CCI) ou des métiers et de la municipalité concer-
née, et à évaluer l’état de la concurrence en étudiant les lieux au plus près.
Le franchisé pourra faire une comparaison des chiffres d’affaires prévision-
nels obtenus par lui-même et ceux annoncés par le franchiseur. Il peut aussi
faire réaliser cette étude par une société spécialisée, le coût allant de 2 000
à 10 000 € selon les cas. De même, la zone de chalandise est primordiale :
elle correspond au potentiel de clientèle d’un magasin ou d’une entreprise de
services. Pour les réseaux qui s’adressent au grand public, elle s’exprime en
nombre d’habitants (les chalands) ; pour le secteur de l’habitat et de l’auto-
mobile, cette dernière s’exprime en nombre de propriétaires immobiliers ou
en automobilistes. L’investissement doit être rentabilisé grâce à la zone de
chalandise, indiquée par le franchiseur pour une unité.

Par ailleurs, le franchiseur remet au franchisé un bilan et un compte de


résultat prévisionnels « types », rarement des comptes prévisionnels « person-
nalisés ». Ils contiennent le chiffre d’affaires, les charges et résultats projetés
sur l’avenir et généralement fondés sur la comparaison avec d’autres unités
de l’enseigne. Pour avoir plus de crédibilité, il est important d’apporter à son

182
IX. La franchise

banquier ses propres comptes prévisionnels qu’il convient de préparer avec


son comptable à partir des éléments transmis par le franchiseur. Pour cela,
le franchiseur a l’obligation de remettre au franchisé un document d’infor-
mation préalable (DIP franchise) précisant les investissements qui seront
incontournables, comme l’achat ou la location d’un local, le matériel néces-
saire à l’exploitation, le mobilier aux couleurs de l’enseigne, etc., et indiquant
la durée du contrat ainsi que les conditions de renouvellement, de résilia-
tion et de cession et les champs d’exclusivité. C’est ce document qui permet
d’établir un compte d’exploitation prévisionnel, une étape capitale dans le
choix de sa franchise.

Enfin, un franchiseur sérieux choisit les candidats qui correspondent le plus


à ses critères, à savoir un profil « type » (personnalité, expérience, motiva-
tions), des critères géographiques et économiques d’implantation, le montant
de l’apport personnel et des capacités d’emprunt du franchisé, son esprit
d’équipe et ses capacités managériales, sa capacité à participer à l’évolution
rapide du réseau et ses motivations.

Franchise en restauration
Le secteur de la restauration fait partie des poids
lourds de la franchise. Il existe un grand panel
d’enseignes, beaucoup étant de véritables réfé-
rences pour l’ensemble des intervenants du
secteur.

Pour ouvrir une franchise de ce type, le franchiseur


doit remettre le document d’information préa-
lable (DIP) avant la signature du contrat définitif.
Ce dernier permet également d’établir le compte
d’exploitation prévisionnel. Le DIP contient aussi
la durée du contrat, les conditions de renouvel-
lement, de résiliation et de cession, ainsi que les
champs d’exclusivité. Par ailleurs, en restauration,
il existe de nombreuses formes de franchise : la restauration traditionnelle
et / ou gastronomique (cuisine raffinée du terroir et régionale), la restauration

183
IX. La franchise

rapide et sandwicherie (cuisine à emporter ou à déguster sur place), la res-


tauration à thème (fondues, avec spectacle, espagnole, etc.), les cavistes et la
livraison à domicile (particulier ou professionnel). Chacune impose des coûts
de départ et de gestion plus au moins variables. Tarifs, CA et investissements,
les chiffres ci-dessous sont donnés à titre indicatif, et suivant l’importance de
l’enseigne.

Restauration
Restauration rapide, sand- Livraison à
Investissements Cavistes Traiteur
traditionnelle wicherie ou à domicile
thème
Droit d’entrée 17 à 35 K€ 12 à 50 K€ 15 K€ 15 K€ 15 K€
Apport personnel 50 à 100 K€ 40 à 200 K€ 50 K€ 15 K€ 50 K€
Royalties 2 à 5 % 4 à 5 % 0 à 3 % 0 à 3 % 5 %
Redevance
1 % 1 à 2 % 2 à 5 % NC 1,50 %
publicitaire
Investissement 120 à
200 à 400 K€ 150 à 600 K€ 300 K€ 150 K€
global 180 K€
CA réalisable
400 à 650 K€ 300 à 2 000 K€ NC 100 K€ NC
après 2 ans

En plus de ces postes d’investissement, il faut parfois prévoir une aide au


financement pour certaines enseignes (restauration rapide, sandwicherie), des
travaux d’agencement avec pas-de-porte variable ou encore hors droit au bail,
des contrats de 5 à 7 ans avec ou sans royalties, des redevances spectacles, etc.

Franchise alimentaire
La franchise alimentaire s’appuie sur une marque ou une enseigne alimen-
taire. Elle couvre un large secteur d’activités et de nombreux métiers. Ce peut
être une franchise internationale : ce créneau est très porteur à l’étranger,
comme la boulangerie-pâtisserie aux Pays-Bas ou en Allemagne. Les fran-
chises alimentaires sont ainsi réparties en six catégories :

ππBoulangeries, pâtisseries, chocolateries : viennoiseries surgelées, tartes,


produits de qualité artisanale, vente à emporter. Ces dernières demandent
des terminaux de cuisson pour travailler les produits.

184
IX. La franchise

ππCuisines du monde : concerne les traiteurs et prend en compte la livraison


à domicile.
ππFranchises de glace : glaces de fabrication artisa-
nale avec une grande diversité des parfums.
ππSupérettes et supermarchés : magasins alimen-
taires de proximité ou locaux pouvant proposer,
en plus des produits alimentaires, la livraison à
domicile et des points de poste.
ππAlimentation biologique : spécialisation alimen-
taire bio et naturelle (produits alimentaires,
d’hygiène et diététiques), le bio dans le monde
agricole et le fast-food bio en restauration à
emporter.
Pour ouvrir une franchise et avant la signature du contrat, le franchiseur doit
remettre un document d’information préalable permettant au franchisé d’éta-
blir son compte d’exploitation prévisionnel. Ce document contient, entre
autres, l’indication de la durée du contrat, les conditions de renouvellement,
de résiliation et de cession, et les champs d’exclusivité.

Les capacités financières demandées par un franchiseur sont très variées. Il est
possible d’intégrer une enseigne porteuse avec environ 30 000 € ; pour des
investissements plus importants concernant des enseignes et/ou marques de
grande envergure, le capital minimal est de 300 000 €. Ci-dessous, quelques
chiffres indicatifs sur les investissements à prévoir dans le cadre d’une fran-
chise alimentaire.

Investissement
Franchises Observations
minimum
Soutien du franchiseur sur le mon-
tage financier, formation assurée,
Boulangerie, pâtisserie,
50 à 100 K€ recherche de locaux ou d’un empla-
chocolaterie
cement, animations commerciales et
techniques
Formation, aide financière par l’in-
Cuisine du monde 50 à 220 K€ termédiaire d’un tiers, franchise
disponible en France et à l’étranger

185
IX. La franchise

Investissement
Franchises Observations
minimum
Formation, pas de licence particulière
Franchise de glaces 50 à 80 K€ pour certaines, franchise disponible
en France et à l’étranger
Formation, certaines bénéficient
Supérettes et supermarchés 15 à 300 K€ d’une centrale d’achats et d’une
logistique de pointe
Franchise bio 10 à 100 K€ Alimentaire ou non alimentaire

* Attention : certaines enseignes ne sont pas en contrat de franchise, mais en concession


ou en licence de marque.

Franchise commerciale
La franchise commerciale couvre un très large
secteur d’activités et de nombreux métiers.
C’est un contrat temporaire et exclusif de com-
mercialisation de produits ou de services bien
déterminés. Le franchiseur concède au franchisé,
sur une zone géographique définie, un droit
exclusif pour utiliser certains droits de propriété
industrielle comme l’enseigne commerciale,
la marque, le logo, etc. La franchise commer-
ciale peut se situer en France ou à l’étranger. En
outre, on recense différents types de franchise
commerciale : la coiffure (brevet professionnel
nécessaire), l’automobile (location de véhicules,
vente et réparation, cycles et motos), la mode
et l’équipement (bijouterie, chaussures, maroquinerie, vêtements), les com-
merces spécialisés (cadeaux, sports, fleurs), la beauté et la santé (institut,
parfumerie, remise en forme, onglerie, etc.).

Le franchisé est un commerçant indépendant qui gère son propre fonds de


commerce. Cependant, il a quelques obligations. Il doit d’abord financer la
création du point de vente (apport personnel, droit d’entrée, frais de com-
mercialisation, etc.), mais aussi veiller aux intérêts et à l’image de la marque.

186
IX. La franchise

Ensuite, il est dans l’obligation de respecter la politique commerciale, et de s’ap-


provisionner exclusivement auprès du franchiseur ou des fournisseurs agréés.
Il doit aussi rechercher, peut-être avec l’aide du franchiseur, un local à l’image
du réseau concerné (implantation, charte géographique). Le franchiseur, lui,
approvisionne le marché et épaule le franchisé, avant, pendant et après l’ouver-
ture (formation, assistance dans la recherche et l’aménagement du point de
vente, conseils en montage de dossier financier, aide à la vente, etc.). Tous ces
éléments doivent être notés dans le document préalable à l’information remis
par le franchiseur avant la signature du contrat. Ce document, appelé DIF,
comporte également l’indication et la durée du contrat, les conditions de renou-
vellement, de résiliation et de cession, ainsi que les champs d’exclusivité.

Les capacités financières exigées par un franchiseur sont très variées.


L’investissement global peut aller de 75 000 € à 900 000 € pour les grosses
enseignes. Tout dépend également de la superficie du magasin, du nombre
de clients, etc. Certains investissements globaux sont comptés hors pas-de-
porte et hors formation : pensez à bien vous renseigner. Ci-dessous, quelques
chiffres fournis à titre indicatif.

Franchises commerciales Apport personnel Droit d’entrée


Coiffure 40 000 €, voire plus 10 000 €
Automobile 100 000 à 150 000 € 2 000 à 30 000 €
Mode et équipements 70 000 à 100 000 € 12 000 à 20 000 €
70 000 à 100 000 €, voire
Commerces spécialisés Environ 20 000 €
plus
Beauté et remise en
30 000 à 150 000 € 15 000 à 25 000 €, voire plus
forme

La localisation
Une franchise peut être localisée en magasin, à domicile ou à l’international.

Franchise en magasin
Avec la franchise en magasin, le franchisé installe son activité dans un magasin
ou une boutique dont les locaux sont loués ou achetés. Cette localisation est
plus contraignante et demande plus d’investissement qu’à domicile, puisque

187
IX. La franchise

le franchisé doit rechercher un fonds de commerce pour exercer son activité.


Un fonds de commerce regroupe des éléments corporels (mobilier, stock,
installations diverses correspondant à l’image de la franchise) et incorporels
(valeur de la clientèle, nom commercial de l’enseigne et droit au bail ou bail
commercial).

Plusieurs cas peuvent toutefois se


présenter lors de l’acquisition d’un
fonds de commerce. Tout d’abord,
si le fonds de commerce correspond
à l’activité franchisée, il sera valo-
risé par le vendeur qui intégrera la
valeur de la clientèle de son point de
vente ; en revanche, s’il ne corres-
pond pas, le vendeur proposera un
droit au bail. Enfin, si le local est libre et n’a jamais fait l’objet d’une activité
commerciale, le vendeur peut demander un pas-de-porte ou droit d’entrée,
à verser au propriétaire des murs ; cette somme sera définitivement acquise à
ce dernier.

Par ailleurs, si le franchisé n’est pas propriétaire des murs de son local, il
devra les louer. Dans ce cas, le propriétaire établit un bail commercial, ce
qui implique un contrat pouvant aller jusqu’à 9 ans ; au-delà, le bailleur ne
sera plus contraint de respecter la clause de plafonnement des loyers. Le bail
« 3-6-9 » permet au franchisé (commerçant) de sortir tous les 3 ans. Si le
bailleur souhaite l’interrompre, il devra verser une indemnité d’éviction égale
à la valeur du fonds, majorée des frais engendrés par le déménagement.
Enfin, pour bénéficier de la propriété commerciale, il faut attendre 3 ans mini-
mum d’exploitation.

D’autre part, le bail n’est pas reconductible par tacite reconduction : lors de
son renouvellement, on conseille donc de ne pas s’engager au cours de la
dernière période triennale, et de demander des garanties écrites au bailleur.
La valeur du droit au bail varie fortement d’une boutique à une autre : il est
indispensable de se faire aider par le franchiseur, qui dispose de l’expérience
en recherche de locaux pour bien choisir son emplacement.

188
IX. La franchise

Important : le droit au bail ainsi que les mises aux normes vis-à-vis du franchi-
seur viendront s’ajouter à l’investissement global, il devra être mentionné dans
le budget prévisionnel du franchisé. Le bailleur peut demander au franchisé un
dépôt de garantie qui représente bien souvent trois mois de loyer si ces der-
niers sont payables d’avance, ou six mois de loyer si ces derniers sont réglés à
terme échu.

Franchise à domicile
La franchise à domicile est sou-
vent une franchise clés en main,
qui permet à un franchisé de
créer sa propre entreprise avec
un investissement minimum
tout en travaillant à son domi-
cile. Le franchiseur, quant à lui,
est à sa disposition pour l’aider
à être opérationnel très rapide-
ment grâce à une formation sur
la fabrication des produits ou sur les services, et à une connaissance des pro-
cédés de commercialisation comme le dépôt-vente, la prospection directe et
Internet. Elle peut prévoir un contrat de franchise ou avoir une autre formule
d’association comme le contrat de licence de marque. Ce type de franchise
concerne différents secteurs d’activité, à savoir la photographie, la décoration,
les cadeaux, la communication par l’image, l’édition, la publicité, mais aussi
les travaux (mise en relation des professionnels du bâtiment avec des clients
particuliers ou professionnels), les services à domicile (ménage, repassage,
livraison de repas, maintient à domicile des personnes âgées) et l’immobilier
(opportunités d’affaires spécialisées dans l’immobilier, etc.).

La franchise à domicile implique certains avantages pour le franchisé :


une limitation des charges fixes (connexion Internet, ligne téléphonique
et micro), la possibilité de déduire son loyer et ses dépenses liées à l’acti-
vité commerciale, une organisation personnelle dans son travail (pas de
contrainte journalière, possibilité de travailler à temps partiel ou complet),
l’absence d’un local commercial ou d’employés. Par ailleurs, l’investissement

189
IX. La franchise

est beaucoup moins important que pour une autre franchise : il faut comp-
ter environ 10 000 € minimum. Ci-dessous, quelques chiffres indicatifs sur les
investissements à prévoir.

Types de franchise Investissement minimum> Apport personnel minimum


Cadeaux 10 000 € 5 000 €
Photo 9 000 € 2 500 à 3 000 €
Édition : dessins animés et
2 000 à 5 000 € 1 500 à 3 000 €
livres personnalisés
Événementiel 11 000 € 6 000 €
Travaux NC 15 000 €
Services à domicile NC 12 500 €
Immobilier NC 550 €

Certaines de ces franchises peuvent se situer à l’étranger, comme c’est parfois


le cas dans l’immobilier ou les travaux.

Franchise internationale
La « master franchise » est une technique qui per-
met l’exportation de franchiseurs français à l’étranger :
cela consiste à céder à un partenaire les droits qui lui
permettent d’implanter une enseigne sur un territoire
déterminé. Le contrat met en relation trois personnes :
le franchiseur, le master franchisé et le sous-franchisé
local. « Master franchisé » signifie « franchisé princi-
pal ». Ce dernier bénéficie donc de l’exclusivité du pays.
Il est chargé, bien souvent pour 20 ans, de développer
le concept dans le pays cible. Il peut alors l’adapter aux
spécificités du pays et aux exigences du marché, et il
bénéficie d’une licence pour le lancement du réseau.
En contrepartie, il paie un « master fee » (« droit d’entrée ») et des royalties :
la maison-mère et le master franchisé pourront se partager les royalties, ce qui
augmente parfois le coût de la franchise. Il doit toutefois s’engager dans le lan-
cement du réseau, mais aussi assister ses membres (franchisés locaux).

190
IX. La franchise

La franchise internationale modifie le


concept de la franchise, car le master
franchisé peut avoir deux casquettes : il
est franchiseur à l’égard de ses franchi-
sés, mais il est franchisé à l’égard de la
maison-mère. C’est un avantage certain
pour l’enseigne et/ou la marque, car il
met à la disposition de cette dernière
ses connaissances des us et coutumes
locales, ses grandes qualités linguistiques, ainsi que ses diverses compé-
tences administratives, juridiques, commerciales, etc. concernant le pays
cible. Avec l’appui d’un conseil en franchise, le futur master franchisé vérifie
que le réseau national de la franchise permet un développement à l’étranger,
conduit une étude de marché pour savoir si le concept peut fonctionner dans
le pays visé, et étudie avec un soin tout particulier la réglementation du pays
dans le secteur d’activité choisi.

En revanche, le master franchisé doit prévoir un investissement financier très


important pour réussir son projet. Signer un contrat avec une enseigne pour
représenter cette dernière à l’étranger représente un coût très important,
surtout si c’est une marque de grande notoriété. Comptez environ jusqu’à
1 million d’euros pour certaines franchises. Alors, pour éviter d’engager une
somme d’argent considérable, le master franchisé peut, dans un premier
temps, tester le concept à ses propres frais. Ensuite, il pourra recruter des
franchisés du pays.

Bon à savoir : le master franchisé partage les droits d’entrée et les royalties
avec la maison-mère selon des pourcentages variables qu’il peut négocier lors
de l’établissement du contrat.

191
IX. La franchise

AA Pour aller plus loin


Astuce

Les frais d’ouverture d’une franchise


Choisir une franchise qui vous convient ne doit pas se limiter à prendre ce qui
est disponible dans votre secteur d’activité. Vous devez surtout calculer les frais
d’ouverture de cette dernière. En premier lieu, il s’agit de déterminer le coût
d’investissement et de le rapporter au chiffre d’affaires espéré. Une fois cette
sélection effectuée, il faudra se pencher sur l’expérience et la taille du groupe.
La première étape consiste à déterminer le montant de l’investissement. Les
conditions des franchises sont regroupées au sein du DIP. Selon ce dernier, addi-
tionnez tous les éléments cités ci-dessous et vous obtiendrez le montant de
l’investissement. Le droit d’entrée d’une franchise porte bien son nom, il cor-
respond au montant à payer pour avoir le droit de devenir franchisé. Certaines
sociétés demandent également un dépôt de garantie, notamment lorsqu’elles
mettent du matériel à disposition ; il peut prendre la forme d’une garantie ban-
caire. En outre, non seulement un apport personnel sera nécessaire pour obtenir
un prêt professionnel, mais une société de franchise peut aussi l’exiger. Leur
objectif est de ne sélectionner que les entrepreneurs les plus motivés. Il vous sera
également nécessaire de louer un pas-de-porte, des bureaux, un entrepôt ou un
magasin. Certaines franchises vont vous demander d’acheter le local, d’autres
vous permettront de le louer, d’autres encore vous procureront elles-mêmes les
locaux. En tout état de cause, il s’agit d’ajouter ces frais au droit d’entrée et à
l’apport personnel. Enfin, prenez en compte les frais de matériel. C’est l’avan-
tage des franchises, elles vous livrent votre outil de travail clés en main. Par
exemple, s’il s’agit d’une franchise dans la pâtisserie, on vous remettra les fours,
réfrigérateurs et autres appareils de cuisine professionnels. Consultez le DIP afin
de voir quel en sera le montant, car il n’est pas compris dans les frais ci-dessus.
La seconde étape consiste à évaluer le montant de vos frais. Pour cela, il convient
de calculer les charges fixes, les frais d’exploitations et de formation. Toute acti-
vité économique, quelle qu’elle soit, présente des charges fixes. Ces dernières
sont ce que vous devrez impérativement réaliser pour ne pas faire faillite. Pour
les calculer, additionnez les salaires – c’est-à-dire les salaires bruts (y compris
le vôtre) plus les cotisations sociales à payer par l’entreprise –, les loyers s’il y

192
IX. La franchise

en a, les taxes fixes (sur les véhicules, impôts locaux…), les mensualités du prêt
professionnel si vous en avez un, et les autres charges fixes indissociables. Un
franchisé peut aussi avoir à participer à diverses dépenses engagées par la société
mère. Consultez bien votre DIP, il doit préciser le montant de la participation
aux frais publicitaires, des frais d’enseigne éventuels ainsi qu’une redevance sur
le chiffre d’affaires réalisé. Enfin, la formation est un élément essentiel dans le
choix d’une franchise. Le dossier d’information pré-contractuel vous fera savoir
si le montant est à votre charge ou à celui de la maison mère.
La troisième étape consiste à estimer la rentabilité potentielle de la franchise.
En tant que franchisé, vous devrez donc vous fournir exclusivement auprès de la
maison mère. Pour déterminer précisément quelle sera votre marge brute, faites
l’opération suivante :

Marge brute = Prix de vente - Prix d’achat

Bien sûr, vous ne connaîtrez le retour sur investissement qu’après une année
d’activité. Prenez le DIP et utilisez les prévisions de chiffre d’affaires qui s’y
trouvent, puis réalisez l’opération suivante :

Bénéfice potentiel = Chiffre d’affaires espéré - Prix d’achat - Charges fixes -


Charges d’exploitation - Impôt sur les sociétés - Impôts locaux

L’impôt sur les sociétés dépend de vos bénéfices. Pour déterminer le bénéfice
potentiel net, c’est-à-dire ce qui vous restera en poche, il est préférable de vous
adjoindre les services d’un expert-comptable.
Dernière étape : comparez l’expérience et la taille des franchises. N’oubliez pas
qu’en tant que franchisé, vous allez investir. Cependant, votre retour sur investis-
sement dépendra en grande partie de la compétence de la maison mère. Vérifiez
le nombre d’années d’existence de toutes les solutions retenues : la logique vou-
drait qu’une franchise avec peu d’expérience demande un faible investissement
afin de couvrir le risque de fermeture.
Par ailleurs, si une société de franchise est sûre d’elle, elle devrait avoir un cer-
tain nombre d’unités en nom propre. Ne retenez donc que celles ayant des unités
en nom propre, afin de tester leurs propres motivations. Enfin, les franchiseurs
vous parleront certainement du nombre d’ouvertures, mais pas du nombre de
fermetures. Une société de franchise ne présentant aucune fermeture est bien
entendue préférable.

193
IX. La franchise

Questions/réponses de pro
Devenir franchiseur
Je suis chef d’entreprise en restauration rapide. Mon concept fonctionne bien et
je souhaite l’exporter sous forme de franchises. Comment faire ?
Question de Les Snackeurs

ΔΔ Réponse de Franchise
Tenir une idée, c’est souvent ce que l’on croit ! Or, la franchise sous-entend
avoir un savoir-faire transmissible et identifié, est-ce votre cas ? Je ne peux
que vous inviter à vous faire accompagner par un consultant, rompu aux
problématiques de mise en place, d’ingénierie et de développement, ainsi
que d’un avocat spécialisé. Vous aurez toutes les chances de pérenniser
votre marque et réseau !

Investissement global pour une franchise


Quel est l’investissement global à prévoir pour ouvrir une franchise ?
Question de Chris7

ΔΔ Réponse de Telephonator
Selon la franchise que vous aurez choisie, l’investissement global sera plus
ou moins important. En règle générale, le capital engagé couvre l’inves-
tissement de départ pour la formation, l’agencement, l’équipement, la
constitution de la société, le bail si nécessaire, etc. Il couvre aussi l’apport
personnel (au minimum 30 % de l’investissement global), les droits d’en-
trée, le fonds de roulement et les royalties à prévoir lors du fonctionnement
de la franchise. Il faut donc disposer d’un minimum de moyens financiers
qu’il faudra compléter par un emprunt bancaire.
ΔΔ Réponse d’AC Franchise
La franchise a la réputation d’être un peu plus chère que la création en solo,
ce qui paraît logique. On peut diviser le coût d’une franchise en deux types
de frais : les frais habituels liés à l’ouverture d’un commerce, quel qu’il
soit (implantation, investissements matériels, BFR, etc.) et les frais plus
spécifiques relatifs à l’entrée dans un réseau de franchise (droit d’entrée,
redevance, etc.). Sachez qu’environ 80 % des nouveaux franchisés ont eu
recours au crédit bancaire.

194
IX. La franchise

Le DPI
Qu’est-ce que le DIP ?
Question de Laurie

ΔΔ Réponse de Telephonator
Le DIP (document d’information préalable) est imposé, dans le cadre de la
loi Doubin, aux entreprises qui développent des franchises ou autres formes
de partenariat. C’est un document précontractuel qui comporte des infor-
mations indispensables et importantes pour ouvrir une franchise comme
l’historique du franchiseur, les comptes annuels, les conditions financières,
la présentation de l’état général du marché des produits ou services devant
faire l’objet du contrat, etc.
Ce document, ainsi que le projet de contrat doivent être remis au candidat
à la franchise, 20 jours avant la signature du contrat ou avant le versement
d’une somme exigée, comme la réservation d’une zone.

195
X.
La gestion d’une franchise

Créer ou reprendre une franchise


implique différentes démarches :
bien choisir son franchiseur et
le type de franchise, prendre
connaissance du DIP, signer un
contrat, prévoir un apport per-
sonnel, ainsi que le versement
de royalties. En ce qui concerne
la transmission de franchise,
on observe deux cas de figure :
l’achat et la vente. Dans les deux cas, un certain nombre d’aspects sont
à vérifier et à valider avant de faire un choix : aspects comptables et juri-
diques, perspectives d’évolution, avantages et inconvénients, fiabilité de son
interlocuteur.

Devenir franchiseur est un projet d’envergure qui nécessite de la réflexion


ainsi qu’un concept très bien ficelé. Il existe toutefois des cabinets spécialisés
en conseil en franchise, qui pourront vous épauler et vous donner les moyens
de mener à bien votre projet.

196
X. La gestion d’une franchise

Ouvrir une franchise


La franchise est une stratégie d’entreprise dans laquelle le franchiseur déve-
loppe un réseau de franchisés à partir d’un concept et de son savoir-faire.

Démarches
Ouvrir une franchise, c’est d’abord choisir son franchiseur. Dans un premier
temps, ce dernier doit répondre à différents critères : être talentueux, sérieux
et posséder de nombreuses compétences (savoir-faire, assistance commer-
ciale). Il doit également faire preuve d’une excellente organisation pour
apporter de nombreux services, ainsi que d’une bonne logistique pour livrer
dans les délais et servir les clients dans les meilleures conditions. Enfin, il est
important de rencontrer plusieurs franchisés de la marque et/ou de l’enseigne
cible pour se faire sa propre opinion. Le franchiseur ne doit pas être défaillant,
c’est-à-dire manquer de fonds propres, car son enseigne ne doit pas se déve-
lopper qu’avec le capital de ses premiers franchisés. Il doit être en mesure de
fournir un encadrement suffisant et posséder les structures adéquates. Enfin,
un réel savoir-faire est indispensable pour maintenir son réseau, le faire évo-
luer constamment et l’adapter à la demande. En conclusion, il ne faut pas,
une fois le contrat signé, que le franchisé soit livré à lui-même, sans assistance
ni animation de réseau.

Plusieurs secteurs d’activité et de


nombreux métiers permettent au
franchisé de mener à bien son
projet. Les critères géographiques
et économiques d’implanta-
tion doivent correspondre à ses
attentes. Dans tous les cas et
pour ne pas prendre de risques
inutiles, le franchiseur opte pour
les meilleurs candidats qui se présentent à lui. Le futur franchisé va donc
passer des tests et des entretiens ; pour être sélectionné, il devra disposer
d’un investissement global nécessaire à l’ouverture de la franchise. Le fran-
chiseur posera donc des questions qui sembleront indiscrètes sur le capital

197
X. La gestion d’une franchise

engagé, le patrimoine et la situation familiale du candidat. Il souhaitera


aussi connaître ses expériences en vente, publicité, assistance commerciale,
management, gestion, finances, etc.

De même, il cherchera à savoir si le bilan prévisionnel a été établi par le


candidat, s’il a fait des recherches ciblées sur la franchise concernée et pris
contact avec son banquier. Lors de ces divers entretiens, le candidat est tenu
au secret sur ce qu’il peut apprendre de l’activité du franchiseur. Le franchi-
seur peut également proposer au candidat de reprendre une entreprise déjà
franchisée.

En outre, pour ouvrir une


franchise, un investisse-
ment global plus ou moins
important est exigé. Le capi-
tal engagé comprend entre
autres l’investissement de
départ pour la formation,
l’agencement, les équipe-
ments, l’apport personnel,
les droits d’entrée, les rede-
vances et les royalties. Pour calculer la rentabilité, le principal ratio à prendre
en compte est le résultat réalisé par l’entreprise franchisée une fois les charges
payées (c’est-à-dire marchandises, personnel, loyers, emprunt), déduction
faite d’une rémunération « technique » correspondant au salaire du mana-
ger. Ce résultat net avant impôt peut aller de 0 à 25 % du CA. Ces sommes
ont pour objectif de permettre au franchisé, au bout de quelques années,
de récupérer son investissement de départ (apport personnel), mais aussi de
dégager un profit.

Si le franchisé décide de revendre son entreprise, il pourra aussi y ajouter une


plus-value. Le retour sur investissement est différent selon le secteur d’acti-
vité, il faut donc se renseigner auprès des franchisés. Enfin, les missions du
franchisé sont différentes selon qu’elles se situent avant, pendant ou après
l’ouverture de la franchise. Dans tous les cas, il sera fortement épaulé par le
franchiseur qui peut se charger lui-même de cette tâche ardue.

198
X. La gestion d’une franchise

Démarches pour ouvrir une franchise

Quand ? Missions du franchisé


• Rechercher l’emplacement et prévoir l’aménagement du point de
vente
• Apporter un capital et des garanties et négocier un emprunt avec
son banquier
Avant l’ouverture • Participer aux diverses formations proposées et/ou imposées par
le franchiseur
• Recruter et former son équipe
• Effectuer les démarches administratives nécessaires à la constitu-
tion de son entreprise
• Organiser la publicité de lancement de son entreprise
• Ouvrir son point de vente
Pour l’ouverture
• Mettre en œuvre le concept concernant l’enseigne et/ou la
marque
• Participer aux formations permanentes, actions publicitaires, réu-
nions, commissions, etc.
• Gérer au mieux son entreprise
Après l’ouverture • Respecter le droit de visite du franchiseur et remonter toutes les
informations nécessaires à la bonne marche de sa franchise
• Respecter ses engagements contractuels et financiers et défendre
son enseigne

DIP franchise
Dans le cadre de la loi Doubin, le document d’information préalable, obli-
gatoire, a pour objectif de permettre à un futur franchisé de s’engager avec
une marque et/ou une enseigne en toute connaissance de cause. Ce docu-
ment, ainsi que le projet de contrat sont remis par le franchiseur au futur
franchisé 20 jours avant la signature du contrat définitif ou avant le verse-
ment d’une somme exigée (réservation d’une zone). Selon l’extrait du décret
n° 91-337 du 4 avril 1991 portant application de la loi Doubin n° 89-1008
du 31 décembre 1989, le DIP doit contenir des éléments bien précis :

ππl’historique de l’entreprise du franchiseur ;


ππl’identité de l’entreprise (informations légales et bancaires, propriété de la
marque) et des dirigeants, ainsi que leur parcours professionnel afin d’ap-
précier leur expérience ;

199
X. La gestion d’une franchise

ππles comptes annuels des deux derniers exercices,


ainsi qu’une présentation de l’état général et
local du marché des produits ou services devant
faire l’objet du contrat et des perspectives de
développement de ce marché ;
ππla liste des franchisés en activité ainsi que ceux
ayant quitté le réseau depuis 12 mois ;
ππla durée du contrat proposée, les conditions de
renouvellement, de résiliation et de cession ainsi
que les champs d’exclusivité ;
ππles conditions financières (redevance initiale,
droit d’entrée, dépenses et investissements à engager avant le commence-
ment de l’exploitation) ;
ππla nature et le montant des dépenses et investissements spécifiques à
l’enseigne ou à la marque que la personne destinataire du projet devra
engager avant de commencer l’exploitation.

Bon à savoir : sera punie d’amendes prévues par les contraventions de la cin-
quième classe toute personne qui met un nom commercial, une marque ou une
enseigne à la disposition d’une autre personne en exigeant d’elle un engage-
ment d’exclusivité ou de quasi-exclusivité pour l’exercice de son activité sans
lui avoir communiqué dans les délais impartis le DIP.

Le DIP doit être considéré par le franchisé comme un document de travail, ce


dernier contenant des données brutes qu’il serait judicieux d’approfondir en
compagnie d’un conseil en franchise.

Il faut savoir qu’ouvrir une franchise implique pour le futur franchisé cinq
à dix années de sa vie, et une bonne partie de ses économies, voire de son
patrimoine. Pour valider la véracité des informations et vérifier la viabilité et
la fiabilité du projet, il est vivement conseillé de contacter les autres membres
du réseau, dont la liste est fournie dans ce document, et de recueillir les
témoignages du terrain sur la zone de chalandise concernée. Le franchisé doit
s’intéresser plus particulièrement à la marge brute par rapport au chiffre d’af-
faires. Pour cela, il ne faut pas hésiter à réaliser des études complémentaires

200
X. La gestion d’une franchise

et ne pas se contenter des chiffres énoncés dans le DIP ; il est nécessaire d’ef-
fectuer soi-même les bilans prévisionnels avec l’aide d’un expert-comptable,
si possible. Enfin, le franchisé doit bien comprendre ce que sont les clauses
particulières (non-concurrence post-contractuelle…). Il est conseillé de se rap-
procher d’un avocat spécialisé dans ce domaine. Tout ce travail en amont lui
permettra d’ouvrir sa franchise en toute connaissance de cause et de mener à
bien son projet.

Contrats
Le contrat de franchise lie le
franchiseur et le franchisé, il est
encadré par la loi Doubin. Il dépend
ensuite du domaine d’activité de
l’enseigne / marque. On recense
en outre trois types de contrat :
service, production et distribution.
Avant de signer la version définitive,
le franchiseur doit remettre au
franchisé le DIP ainsi que le projet de contrat ; le futur franchisé ne pourra
pas s’engager avant l’expiration d’un délai de réflexion maximum de 20 jours.
En signant le contrat, la société dénommée « franchiseur » concède un droit
d’utilisation de son enseigne, de sa marque et de ses procédés commerciaux
aux franchisés, qui sont des entités juridiquement indépendantes ; cette
concession se fait contre le reversement de royalties généralement
accompagné d’un droit d’entrée.

Le pré-contrat est soumis à l’obligation d’information préalable. Il est égale-


ment appelé « projet de contrat » ou « contrat de réservation ». Il est établi
lorsqu’une somme est exigée avant la signature du contrat définitif, dans le
cas par exemple de la réservation d’une zone géographique. Les prestations
assurées en contrepartie sont précisées par écrit ainsi que les obligations des
deux parties en cas de dédit. N’hésitez pas à faire insérer une clause pré-
voyant le remboursement total ou partiel du franchisé dans le cas où l’affaire
ne pourrait pas se réaliser pour une raison indépendante de sa volonté.

201
X. La gestion d’une franchise

Il n’existe pas de contrat de franchise type, car on observe des variantes selon
les secteurs d’activité et les métiers. Le contrat n’est pas non plus soumis à
une réglementation particulière. Il est souvent calqué sur le droit commun des
contrats commerciaux, les règles dégagées par la jurisprudence, les textes de
droit européen et de droit de la concurrence et le Code de la déontologie de
la franchise. Il contient toutefois des informations obligatoires : les conditions
générales, les obligations des deux parties, les conditions financières, la trans-
mission et la fin de contrat.

Le tableau ci-dessous récapitule ces mentions.

Mentions obligatoires Détails

• Objet, localisation du magasin et exclusivité territoriale


d’enseigne
• Intuitu personae : caractérise un contrat conclu en consi-
dération de la personne avec laquelle il a été passé
Conditions générales • Responsabilité et indépendance des parties
• Durée : le contrat n’est presque jamais à durée indéter-
minée, mais il faut qu’elle soit assez longue pour que le
franchisé amortisse son investissement
• Conditions de renouvellement
• Mise à disposition des signes distinctifs de la franchise,
définition et transmission des normes, méthodes et
techniques
• Modalités de transmission du savoir-faire : celui-ci doit
être secret, écrit et apporter véritablement quelque chose
au franchisé
Obligations du franchiseur
• Communication de l’enseigne, formation et assistance
• Référencement des fournisseurs et approvisionnements
du franchisé en produits
• La marque a-t-elle été déposée et enregistrée ? Le fran-
chiseur est-il propriétaire de la marque ou titulaire d’une
licence de marque ?
• Respect du savoir-faire
• Information du franchiseur et contrôles (visite du
franchiseur)
Obligations du franchisé
• Comptes sociaux
• Concurrence
• Confidentialité

202
X. La gestion d’une franchise

Mentions obligatoires Détails


• Rémunération du franchiseur, frais et modalités de
paiement
• Droits d’entrée, redevance mensuelle de marque et TVA
• Formation
Conditions financières
• Frais de transport, stockage, logistique et frais de
déplacement
• Conditions générales de vente
• Autres prestations
• Cession du contrat
Transmission du contrat
• Droit de préemption ou droit de préférence
• Causes de fin de contrat et modalités de résiliation
• Conséquences : durée de la clause de non-concurrence
et clause de non-affiliation empêchant le franchisé de
Fin du contrat rejoindre ou de créer une chaîne concurrente de son
ancien franchiseur pour un délai donné
• Règlement des litiges
• Documents contractuels

La licence de marque peut être privilégiée, notamment dans la franchise


à domicile. C’est une autre formule d’association qui comporte moins de
contraintes, surtout en termes de droits et d’obligations. En pratique, le titu-
laire d’une marque confère à un licencié le droit d’apposer ladite marque sur
ses propres produits et/ou d’en faire un usage commercial. Elle peut apporter
certains avantages, à savoir l’absence de royalties, la liberté dans le choix des
fournisseurs en matières premières, mais aussi en matière politique de com-
mercialisation et de politique tarifaire et l’absence de contrainte quant au CA
minimum.

Apport personnel
Pour ouvrir une franchise, le franchisé a besoin d’un investissement glo-
bal afin de mener à bien son projet : il doit donc disposer d’un minimum
de moyens financiers, à compléter si besoin par un emprunt bancaire.
Bénéficier d’un apport personnel facilite bien sûr le recours aux emprunts,
mais ce dernier détermine aussi le type de franchise accessible : à partir de
10 000 € et jusqu’à 1,5 million d’euros. Les franchises les plus chères sont
celles qui demandent des locaux d’une grande superficie ou très bien situés

203
X. La gestion d’une franchise

(centre-ville, zones commerciales). Le niveau d’investissement dépend égale-


ment des chaînes et de l’importance du projet. Il ne faut pas non plus négliger
les stocks, qui sont souvent très élevés et qui ont un coût…

L’apport personnel représente habituelle-


ment 30 à 50 % de l’investissement global
pour démarrer une activité. L’investissement
de départ s’entend bien souvent « hors droit
au bail », qui est également un poste impor-
tant. L’apport personnel pour une franchise
couvre habituellement les droits d’entrée,
le coût d’aménagement, les équipements,
les stocks, les frais d’établissement (frais de
constitution de la société), de publicité et de
démarrage, ainsi que le fonds de roulement.
Il ne faudra pas omettre les redevances dues
au franchiseur.

Le droit d’entrée, aussi appelé Redevance Initiale Forfaitaire (RIF), corres-


pond au « visa d’entrée » dans le réseau. C’est une redevance qui rétribue
les services rendus par le franchiseur avant l’ouverture d’exploitation. Il se
distingue donc des royalties qui sont dues au franchiseur pour les services
rendus pendant la durée du contrat. Il peut s’exprimer proportionnellement
au CA ou forfaitairement. La somme à régler correspond en général au droit
d’enseigne, à diverses prestations (formation, recherche de l’emplacement ou
d’un financement, assistance), à l’exclusivité accordée par le franchiseur, à sa
clientèle, au recrutement ou à la mise à disposition de personnel pour la pré-
ouverture, à ses méthodes de travail et son savoir-faire. Certaines enseignes
ne demandent pas de droits d’entrée, mais elles peuvent se rémunérer sur les
produits qu’elles vendent aux franchisés.
Important : soyez attentif aux réseaux de service qui demandent des droits
d’entrée importants alors qu’il n’y a ni formation ni marque apportant une
vraie valeur ajoutée.
Le montant du droit d’entrée est assez complexe à évaluer, en revanche,
ce dernier ne se verse pas à n’importe quel moment. Dans tous les cas,
les modalités de paiement sont précisées par écrit dans le contrat. Le droit

204
X. La gestion d’une franchise

d’entrée ne doit donc pas être payé avant la signature. En outre, en cas de
renouvellement, vous n’avez pas à payer de droit d’entrée aussi élevé qu’à
l’ouverture ; toutefois, il peut vous être demandé une contribution. Pour
l’ouverture d’un autre point de vente, vous devrez acquitter une nouvelle
fois cette redevance. N’hésitez pas à négocier ce montant, car le franchiseur
n’aura pas à vous former.

Royalties
Les royalties sont une redevance et/ou une rétribution du franchiseur par
ses franchisés. Il s’agit de rémunérer le franchiseur pour les services rendus
sur toute la durée du contrat, contrairement au droit d’entrée qui concerne
les services rendus avant l’ouverture de la franchise. Parmi ces services, on
peut citer l’assistance technique et/ou commerciale permanente, la centrale
d’achat, le développement du réseau, le droit à exploiter l’enseigne, le savoir-
faire et la notoriété de la marque.

Les royalties peuvent être fixes ou variables


en fonction du chiffre d’affaires. La rede-
vance fixe permet l’anticipation de la
trésorerie, tandis que les royalties variables
sont un pourcentage du chiffre d’affaires.
Contrairement au droit d’entrée, elles sont
payées pendant toute la durée du contrat.
Le montant s’exprime principalement sur le
CA annuel : il peut varier entre 2 et 10 %
du CA HT réalisé, selon les réseaux.

Certaines enseignes peuvent aussi demander une redevance supplémentaire


dite de communication, car elles ont recours à des médias onéreux.

Les royalties peuvent être modifiées en cours de contrat, mais elles doivent
être inscrites dans le contrat de franchise, qui mentionne alors le montant à
verser et son mode de calcul, les modalités de versement, les délais, les éche-
lonnements et/ou les pénalités de retard s’il y a lieu. Il n’est pas obligatoire de
verser des provisions de royalties.

205
X. La gestion d’une franchise

Acheter une franchise


Si vous souhaitez acheter une franchise, vous avez le choix entre plusieurs
secteurs d’activité : la restauration, alimentaire et commerces. La localisation
est également un point important : à l’international ou en France, à domicile
ou bien en magasin. Dans tous les cas, vous aurez besoin d’un investissement
plus ou moins important pour mener à bien votre projet.

Avantages et inconvénients
Avec la franchise, le repreneur a une vision de
l’existant (rentabilité de l’affaire ainsi que de sa
réalité), il peut donc plus facilement établir son
business plan et obtenir ses crédits. La franchise
représente, en outre, moins de risques sur une
structure existante en bonne santé, à charge de
la faire évoluer dans de bonnes conditions.

En revanche, le coût de l’opération est sou-


vent beaucoup plus élevé pour une entreprise
saine que la création d’une franchise où tout reste à faire (étude de marché,
recherche de financement et de locaux, publicité, aménagement, recrutement
de personnel, etc.). De plus, il persiste de nombreuses incertitudes et inquié-
tudes si l’entreprise n’est pas très performante, voire en difficulté.

Localisation
Acheter une franchise peut être une opportunité intéressante pour lancer
une entreprise. Pour ce faire, deux situations sont envisageables : être can-
didat sur tout le réseau de franchisés ou opter pour un magasin spécifique.
Dans le premier cas, le franchiseur reçoit le franchisé pour évoquer son pro-
jet, puis lui propose de reprendre une entité déjà membre du réseau, ce qui
implique, dans certains cas, une mobilité géographique. Dans le second cas,
le franchisé choisit une ville, un secteur d’activité et un magasin. Il contacte
alors le franchisé, qui se charge de le présenter ainsi que de transmettre son
dossier au franchiseur.

206
X. La gestion d’une franchise

Pour l’achat d’une franchise, l’agrément du franchiseur est indispensable.


Même avec un excellent dossier de reprise, sachez que ce dernier peut s’op-
poser à la vente si le repreneur ne correspond pas à ses critères de sélection.

Points à vérifier
Lorsque l’on souhaite acheter une franchise, la priorité est d’évaluer sa situa-
tion financière ainsi que ses perspectives d’évolution. Il faut s’assurer que le
projet est fiable et viable. Pour cela, il est intéressant de se demander quelles
sont les principales raisons de la vente : problèmes personnels, retraite,
autres ? Mais aussi quels sont les points faibles de l’affaire : des travaux sont-
ils à prévoir ? Des modifications d’urbanisme sont-elles à venir ? Quel est
l’état des stocks ? Le portefeuille de clientèle est-il repris ? Qu’en est-il de sa
fidélisation ? Peut-on compter sur les compétences du personnel en place ?
Une formation est-elle à prévoir ?

Il convient également de se pencher sur


les éléments comptables : en règle géné-
rale, c’est le franchiseur qui communique
au repreneur toutes les informations rela-
tives au point de vente à céder : compte
de bilan, résultat net, CA réalisé ainsi
que sa progression, marges, rotation des
stocks, délai de paiement des clients, car-
net de commandes, structure des charges.
Le repreneur, de son côté, effectue une analyse très détaillée des potentiels à
exploiter, affinée par une étude de marché. Il faut comprendre de qui dépend la
réussite de l’entreprise : du personnel, de la clientèle ou du charisme du cédant ?

Les équipements et la qualité de l’emplacement sont des points importants à


ne pas négliger. Le repreneur doit mettre en confiance le personnel, afin qu’il
ne démissionne pas une fois l’affaire conclue, surtout si ce dernier est le pilier
de la réussite du point de vente. Dans tous les cas, il est indispensable que le
futur repreneur et le cédant s’entourent de leurs propres conseillers : experts-
comptables, avocats, etc. En aucun cas, le franchiseur ne doit intervenir dans
la négociation qui se déroule entre les deux franchisés.

207
X. La gestion d’une franchise

Formalités et coût
Dans le cas d’une reprise, le franchisé et le
repreneur signent un contrat, qui atteste
de la reprise de la franchise. Ce dernier
est obligatoire même si celui du cédant
n’a pas encore expiré. La reprise d’une
franchise est beaucoup plus onéreuse, car
tout est « clé en main » par rapport à une
création. Si le succès du cédant provient
de l’emplacement et/ou de la fidélisation
de la clientèle, le coût sera encore plus
important. De plus, les banques prêtent plus facilement pour une bonne
reprise de franchise que pour une création. La personne qui cède sa franchise
accompagne le repreneur pendant la période de transition : cela permet à ce
dernier de mieux connaître le marché ainsi que toutes les ficelles du métier.

Bien souvent, l’acheteur bénéficie de l’assistance du cédant et du franchiseur.


Mais il peut également négocier des aides au financement auprès d’un éta-
blissement public, qui a pour objectif de financer et d’accompagner les PME
lors des différentes étapes de la reprise ou de la transmission d’entreprise. Les
locations de gérance ou encore de garantie directe des prêts bancaires ou par
portage sont aussi des formules proposées par les franchiseurs.

Vendre une franchise


Un franchisé qui décide de vendre sa franchise peut céder un, voire plusieurs
points de vente. Dans ce dernier cas, on dit que c’est « pluri-franchisé »,
« multi-franchisé » ou que le franchiseur vend son réseau. Le franchisé qui
vend cède également à l’acheteur le contrat de franchise qui comporte la
continuité des clauses au profit du repreneur, les éléments corporels du fonds
de commerce (mobilier, agencements, stock…), ainsi que les éléments incor-
porels du fonds de commerce (droit au bail, nom commercial, clientèle…). Par
définition, quand on cède un fonds de commerce, on n’englobe que l’actif.
Toutefois, il peut y avoir un passif à céder : à voir si cela est intéressant sur un
plan fiscal et social pour le repreneur.

208
X. La gestion d’une franchise

Points à vérifier
Avant de vendre sa franchise et de partir à
la quête du futur repreneur, il est impératif
de s’assurer qu’il est possible de continuer
l’activité du point de vente, qu’il reste plus
de trois ans à courir au bail commercial
pour obtenir un droit de renouvellement
– dans le cas contraire, il sera beaucoup
plus difficile de céder le point de vente
concerné –, et qu’il est possible de renou-
veler le contrat existant.

Dans la majorité des cas, le repreneur signe un nouveau contrat de franchise et a


l’obligation de suivre la formation initiale et de s’acquitter des droits d’entrée.

Il faut également savoir quelle suite le franchiseur souhaite donner à cette


franchise.

Passer par le franchiseur ?


Pour vendre une franchise, il faut trouver un repreneur en informant le franchi-
seur ou en en parlant autour de soi. Dans la plupart des contrats, l’agrément du
franchiseur pour le choix du repreneur est obligatoire. Il est donc plus judicieux
de l’en informer : il pourra proposer des candidats à la reprise de la franchise.

Par ailleurs, si le franchiseur choisit le futur repreneur parmi ses candidats, le


franchisé ne pourra pas s’opposer à son agrément, car cela est prévu au contrat.

Sinon, pour vendre sa franchise, il est possible de publier


une annonce dans un journal local ou dans un espace
spécialisé à la vente des franchises (sites Internet), et/ou
d’utiliser le bouche-à-oreille. Il est cependant préférable de
faire appel à des spécialistes (experts-comptables, avocats,
notaires) qui pourront épauler le cédant sur l’assistance à
la constitution du dossier pour évaluer le prix de vente et
l’aide à la présentation de la franchise.

209
X. La gestion d’une franchise

Devenir franchiseur
Devenir franchiseur est un projet qui nécessite un gros capital initial ainsi
qu’un business plan précis.

Établir un business plan


Le business plan permet de prévoir et de
suivre pas à pas l’évolution du projet :
c’est une analyse approfondie où figurent
les objectifs ainsi que les moyens mis en
œuvre pour les atteindre.

Ce document de référence offre une


vision détaillée du projet sur 3 ans, et sur
les 5 années à venir. Il comporte une pré-
sentation rapide du projet, du produit, du
marché, des moyens humains, ainsi que les principaux chiffres (CA, nombre
de salariés, investissements…), la rentabilité espérée, les besoins financiers, les
moyens de sorties. Le business plan est destiné aux partenaires : les banques
et éventuellement les associés.

Pas à pas
Différentes étapes sont à franchir pour préparer le montage du dossier et le
lancement du réseau. La première consiste en une étude approfondie du pro-
jet : points forts et points faibles, faisabilité, concurrence, développement,
image de marque et notoriété. Il convient ensuite de développer sa stratégie
en précisant le fonctionnement de la franchise, les prestations de services et
obligations du franchiseur, le cadre légal (contrat, DIP), les manuels opéra-
tionnels de référence, le financement et la rentabilité. Il est aussi nécessaire de
définir sa stratégie d’implantation en sélectionnant sa zone de chalandise.

Quant au réseau, il doit être développé avec soin, mais également expé-
rimenté. Pour ce faire, il faut choisir un ou plusieurs sites pilotes, ainsi que
des produits et/ou services avec un fort potentiel. Son développement passe
ensuite par une communication stratégique (brochures de vente, plaquettes

210
X. La gestion d’une franchise

de présentation) et des animations. Il convient aussi de prendre en compte la


logistique et les différentes procédures (comptables, administratives…). Enfin,
pour réussir son projet, il est important de mettre en place une systématisa-
tion du concept.

L’étape suivante consiste en la


recherche de collaborateurs, ce qui
exige une campagne de recrutement
pour trouver des franchisés. Des
formations sont aussi à prévoir afin
de transmettre le savoir-faire tech-
nique et commercial du franchiseur.
Bien sûr, il est nécessaire que le fran-
chisé et le personnel respectent les
procédures mises en œuvre. En outre, l’aspect pratique n’est pas à négliger
puisqu’il est indispensable de rechercher et sélectionner des locaux, puis de
les aménager.

Enfin, une fois la franchise lancée, il faudra faire vivre son réseau. Cela
passera par le suivi des résultats avec les actions à mettre en place, des ani-
mations (réunions, séminaires) et le contrôle du développement et du réseau.

Faire appel à un conseiller


Créer un réseau de franchises demande un savoir-faire pluri-disciplinaire qui
ne s’improvise pas. Il est fortement conseillé de faire appel à des spécialistes
du conseil en franchise comme des consultants, des avocats, des experts-
comptables ou des experts en finance. Ces professionnels sont là pour
accompagner le franchiseur tout au long de son projet et surtout pour lui faire
savoir si son projet est viable et réalisable.

Qui contacter ?
Ouvrir une franchise est une décision importante en termes d’investissement
financier et personnel. Pour un franchisé ou franchiseur, il est indispensable
d’appuyer son projet en se faisant conseiller.

211
X. La gestion d’une franchise

Constitués d’une équipe de professionnels (avocats, experts-comptables,


experts de la finance et agents de communication), les cabinets spécialisés en
conseil en franchise donnent à chacun les moyens de mener à bien son projet.

Multi-compétence
Les cabinets spécialisés en conseil en franchise fournissent différents services
pour remplir au mieux leurs missions.

En matière de finances, ils proposent d’étu-


dier la faisabilité du projet via un audit du
site pilote, une analyse financière, l’esti-
mation du coût de développement, le
montage des dossiers financiers, le suivi
des budgets, etc. De même, les compé-
tences juridiques ne s’improvisant pas, les
conseillers apportent leur expertise sur la
réalisation des contrats et du DIP, la créa-
tion du document indiquant les droits et les
devoirs concernant l’organisation et le fonc-
tionnement détaillé du point de vente. Le recrutement est également un point
important, et ces professionnels aideront le franchisé en lui fournissant un
fichier de candidats et en gérant les candidatures.

De plus, les cabinets en conseil épaulent le franchisé ou le franchiseur dans la


réalisation de plaquettes de communication et du dossier commercial (noto-
riété, image de l’enseigne), mais aussi au niveau de la publicité, la gestion des
médias et la communication locale, voire nationale. Au moment du lance-
ment, l’animation est importante et s’entourer d’experts peut être très utile :
animation, suivi des partenaires, réunions pour rencontrer et rester à l’écoute
des franchisés, visite des points de vente. Les conseillers peuvent aussi aider le
franchiseur à s’étendre à l’international en l’appuyant lors de l’acquisition et
le lancement d’une master franchise. Enfin, le succès d’une franchise dépend
également de son développement commercial. Là encore, il faut savoir s’en-
tourer, notamment pour la réalisation de l’audit du savoir-faire du franchiseur
ou la recherche d’emplacements commerciaux appropriés.

212
X. La gestion d’une franchise

Tarifs
Faire appel à un cabinet en conseil en franchise représente un coût qu’il est
difficile d’évaluer, car il dépend de nombreux critères : l’activité à mettre en
place (création, transmission), le développement à l’international, le suivi, etc.
Les tarifs indiqués ci-dessous sont donc fournis à titre indicatif.

Services Tarifs
Forfait « conseil » 140 € HT/h
Forfait « abonnement conseil » 400 € HT pour 3 h
Forfait « accompagnement en franchise » 800 € HT à 10 000 €, selon les cas
Forfait « évaluation de l’emplacement Sur devis : déplacement, visite du local,
commercial » examen du site, rapport de synthèse
Rédaction d’un contrat de franchise et éla- 8 000 à 12 000 €, voire 30 000 € selon la
boration du DIP nature du projet
Constitution d’une société hors frais de Environ 1 500 € d’honoraires pour un spé-
publication cialiste en droit des affaires
Honoraires pour la protection de la marque Environ 2 000 €

213
X. La gestion d’une franchise

AA Pour aller plus loin


Astuces

Des aides pour ouvrir une franchise ?

Une franchise peut être bien ou mal accueillie dans un territoire en fonction de
sa réputation et de la politique locale. Ainsi, avant de se lancer, il est préférable
de prendre contact avec les élus.
Dans l’hypothèse d’une première impression défavorable, mieux vaut prendre le
temps de faire changer d’avis les responsables locaux avant de se lancer dans le
projet. Sinon, le parcours pourrait être semé d’embûches.
Dans le cas contraire, le soutien des pouvoirs publics pourra s’avérer d’une aide
précieuse : facilités pour obtenir un permis de construire, aides financières à
l’installation, présence du maire à l’inauguration, etc.
Il est également important de savoir vendre les aspects positifs de l’implantation
de sa franchise aux pouvoirs publics, les retombées ne pourront qu’être positives.
Par exemple, certaines villes s’opposent fermement à l’ouverture de fast-foods,
alors que d’autres vivent l’arrivée de ces grandes enseignes comme une évolu-
tion positive : elles positionnent la ville ou le quartier comme un centre urbain
important, elles encouragent d’autres entreprises à s’installer, elles favorisent
l’emploi, elles offrent aux professionnels la possibilité de trouver une « can-
tine » pas chère ou elles permettent aux jeunes et aux familles de sortir, etc.
En outre, il n’existe pas d’aides dédiées aux franchises, mais, comme n’importe
quelle entreprise, vous avez tout de même le droit à certains avantages : exoné-
ration de charges sociales pendant 1 an pour les chômeurs créant ou reprenant
une entreprise (ACCRE), exonération d’impôt sur les bénéfices des jeunes entre-
prises s’implantant dans des zones prioritaires, prêt à la création d’entreprise,
prêt d’honneur, garanties de financement, etc. Et en cas de difficultés financières,
il est également possible de bénéficier d’une avance de trésorerie pour les PME,
d’un échelonnement des versements des charges fiscales et sociales, d’un crédit
régional ou départemental, etc.

214
X. La gestion d’une franchise

Une formation pour ouvrir une franchise ?


Devenir entrepreneur est un défi de taille ! Il faut gérer les aspects commerciaux,
financiers, administratifs et managériaux de sa structure. En optant pour une fran-
chise, il est également nécessaire de veiller à respecter l’identité de l’entreprise.
Il est donc important de choisir un partenaire proposant un cycle de formation
abouti. La formation initiale d’une franchise comprend, le plus souvent, la dispense
de connaissances théoriques dans l’école de l’enseigne ou par des instructeurs
externes, mais aussi la réalisation d’un stage au sein d’un magasin de l’enseigne.
Certaines franchises ne prévoient qu’une formation théorique : pensez à vous ren-
seigner directement auprès du franchiseur. À noter que la Fédération Française de
la Franchise (FFF) préconise une durée de formation initiale de 26 jours. Selon les
enseignes, cette formation court entre 2 et 365 jours.
Grâce à cette formation de base, vous pourrez parfaire vos qualités d’entrepre-
neur et adopter l’identité de la marque (image, savoir-faire, etc.), mais aussi vous
faire des contacts utiles au sein de votre nouveau réseau. Cette formation peut
avoir lieu avant ou après la signature du contrat, notamment si le franchiseur
désire vous tester sur le terrain. Dans la majorité des cas, cependant, elle a lieu
après la signature.
En général, l’offre de formation proposée par le franchisé comprend deux phases :
la formation initiale indispensable à votre installation, mais aussi la formation
continue. Une fois votre franchise installée, vous pouvez assister à des sessions
destinées à actualiser vos connaissances et à vous tenir au courant des évolutions
de la marque. Dans certains cas, le franchiseur met également à la disposition des
franchisés un service d’assistance au lancement : concrètement, des animateurs
sont délégués dans votre local pour vous épauler dans l’ouverture de la franchise.
Les pratiques en termes de formation divergeant selon les franchises, la meil-
leure solution est de demander au franchiseur son plan de formation détaillé.
Les prix sont en général compris dans le montant du droit d’entrée, mais, à titre
informatif, la journée de formation coûte environ 500 €.

Questions/réponses de pro

Conseil en franchise
Pourquoi faire appel à un conseil en franchise ?
Question de Clem93

215
X. La gestion d’une franchise

ΔΔ Réponse de Telephonator
Que vous souhaitiez devenir franchiseur ou franchisé, que ce soit pour l’ou-
verture d’une franchise, une reprise, un développement à l’international,
les cabinets spécialisés en conseil en franchise sont là pour étudier votre
dossier et vous donner les moyens de mener à bien votre projet.

Droits d’entrée et royalties


Quelle différence existe-t-il entre les droits d’entrée et les royalties ?
Question de Chris7

ΔΔ Réponse de Telephonator
Le droit d’entrée est une redevance qui rétribue les services rendus par le
franchiseur avant l’ouverture de l’exploitation, c’est un peu comme un visa
d’entrée dans le réseau.
Les royalties, contrairement aux droits d’entrée, sont une redevance pour
services rendus par le franchiseur au franchisé pendant et sur toute la durée
du contrat (assistance technique ou commerciale, développement du réseau,
savoir-faire, notoriété de la marque).

Frais d’installation
Quand on installe un magasin ou un restaurant franchisé, on doit adopter la
décoration de l’enseigne : équipements, matériaux, accessoires, etc. Quels frais
sont à la charge du franchisé et lesquels sont à la charge du franchiseur ?
Question de LolaS

ΔΔ Réponse de CC
L’ensemble de cet agencement est à la charge du franchisé. En effet, le fran-
chiseur, même s’il impose ses choix en matière de décoration, ne paye pas
la note. Peuvent toutefois rester à sa charge certains éléments particuliers,
comme l’élaboration de l’enseigne ou les décorations murales.
Dans un projet de franchise, le budget lié à l’aménagement du magasin
représente une charge considérable, s’élevant à plusieurs dizaines de mil-
liers d’euros. C’est beaucoup plus que si vous aviez envisagé de créer un
magasin ou un restaurant indépendant, que vous auriez décoré vous-même
en achetant les matériaux et le mobilier dans les magasins de votre choix.

216
X. La gestion d’une franchise

Le coût de l’agencement est indiqué, à titre indicatif, dans le DIP : en


moyenne, comptez 760 €/m² pour aménager votre local selon les exigences
de la franchise. Cette somme est très variable et dépend surtout de l’activité
exercée : à titre d’exemple, le prix d’aménagement peut monter jusqu’à
3 000 €/m² pour les bijouteries (principalement dû aux dispositifs de sécu-
rité). Dans l’ensemble, les secteurs où les prix sont les plus élevés sont la
restauration rapide, la restauration à thème et l’alimentaire en général : rien
à moins de 1 300 €/m². A contrario, l’assistance informatique, le lavage
auto, les activités de conseil, la communication, les services à la personne,
etc. sont moins coûteux (à partir de 50 €/m²).
Ainsi, avant de vous lancer dans un projet de franchise, pensez bien à
prendre en compte ce paramètre dans votre budget prévisionnel. Le prix de
l’agencement dépend également de la zone d’implantation de votre local :
centre ville, zone d’activités commerciales, etc.
Même si le coût de l’aménagement du local peut être un frein à votre projet,
des solutions existent : le franchiseur peut vous aider à trouver un finance-
ment ; il peut aussi vous faire profiter de son carnet d’adresses pour que vous
bénéficiiez des prestations de fournisseurs capables de faire l’agencement au
meilleur prix. Si certaines dépenses vous sont imposées par le franchiseur,
vous pouvez en profiter pour négocier le local commercial : en effet, le fran-
chiseur peut vous aider à trouver un local bien situé et à un bon prix.

217
Index des questions
et des astuces

I.Le projet de création d’entreprise 12


Création d’un e-commerce : comment éviter les pièges ? 31
Une idée de business qui fonctionne ? 33
Quel statut choisir ? 34
Création d’entreprise avec un diplôme ADVF 34
Création d’une micro-entreprise 34
II. Entreprendre seul 36
Auto-entrepreneur : la télédéclaration du CA 48
Pour protéger votre patrimoine, pensez à l’EIRL 49
Micro-entreprise multi-services 50
Retraite et auto-entreprise 50
Micro-entreprise : changement de statut 51
Régime social d’une SASU 51
III. Les sociétés commerciales 53
Financer la prospection à l’international 68
Gérant : majoritaire, égalitaire ou minoritaire ? 68
SARL : taxes et impôts 69
Salarié et création d’entreprise de bâtiment 70
Associés et période d’essai 70
Régime social de gérant SARL 71
IV. Les sociétés civiles 72
Placement immobilier : monter une SCI familiale 82
Bien choisir ses associés 82
Choisir une SCI d’attribution ou en indivision ? 83
EURL et SCM 86
Assemblée générale ordinaire de SCI 86
Changer d’associé 87
Conseils sur la création d’une SCI familiale 87
Statut du gérant dans une SCI 88

218
V. Les coopératives et les exploitations agricoles 89
Passer du statut d’association à celui de société 100
Auto-entrepreneur possible ? 101
Associé d’une entreprise agricole 101
SAS Coopérative 101
Reprise d’une coopérative 102
VI. L’implantation de l’entreprise : domiciliation et pépinière d’entreprises 103
Siège de l’entreprise 128
Formalités de domiciliation 128
Différence entre domiciliation et exercice de l’activité 129
VII. Les formalités 130
Les couveuses d’entreprise 148
L’assurance pro des auto-entrepreneurs 149
Droit d’image 149
Auto-entrepreneur et carence 149
Ouverture d’un compte bancaire 150
Capital de départ d’une SARL 150
Micro-entreprise et fonctionnariat 151
Documents à fournir pour une SASU 151
VIII. Le financement et les aides à la création 153
Allocation de solidarité spécifique et autres revenus 172
La télédéclaration obligatoire 172
Racheter un garage 173
Création d’entreprise sans apport 173
Aide au financement 174
Financement d’un projet professionnel 174
Dossier de reprise d’entreprise 175
Emprunt des seniors 175
IX. La franchise 176
Les frais d’ouverture d’une franchise 192
Devenir franchiseur 194
Investissement global pour une franchise 194
Le DPI 195
X. La gestion d’une franchise 196
Des aides pour ouvrir une franchise ? 214
Une formation pour ouvrir une franchise ? 215
Conseil en franchise 215
Droits d’entrée et royalties 216
Frais d’installation 216

219
Les professionnels et experts
cités dans cet ouvrage
Nos sites permettent aux professionnels et spécialistes de publier et partager
leur savoir-faire (réponses aux questions des internautes, astuces, articles…).
Une sélection de leurs meilleures contributions a été incluse dans cet ouvrage.
Tous les jours, de nouveaux professionnels s’inscrivent et publient sur nos
sites. Faites appel à eux : ces pros savent de quoi ils parlent !

AC Franchise – Membre Pro


Portail spécialisé en franchise (information, conseil et recrutement).
Départements d’intervention : France
Site web : http://ac-franchise.com

Association ARC rachat de crédits – Membre pro, expert


Site d’information sur les crédits immobiliers et le rachat de crédits. Analyse et
recherche auprès des banques pouvant réaliser votre dossier.
Départements d’intervention : France
Adresse : 9 bis avenue de la République, 74 960 Cran-Gevrier
Téléphone fixe : 04 50 67 03 69

Association AIATPE – Membre Pro


Association interprofessionnelle d’aide aux petites entreprises : analyse, orga-
nisation, communication, évolution et représentation.
Départements d’intervention : 84
Adresse : 8C Hameau de Saint-Laurent, 84 800 Isle-sur-la-Sorgue
Téléphone mobile : 06 20 45 76 95

Autexy – Membre Pro


Expert comptable et commissaire aux comptes indépendant : spécialisé en
création d’entreprise, association, audit et consolidation.
Départements d’intervention : 69
Adresse : 969 route du Puy-d’Or, 69 760 Limonest
Téléphone mobile : 07 81 42 41 97

220
Les professionnels et experts cités dans cet ouvrage

Bleu Voyelle – Membre Pro


Société d’aide à la création d’entreprise : accompagnement administratif,
domiciliation, comptabilité, etc.
Départements d’intervention : 91
Adresse : Centre d’affaires, 27 place Victor Schœlcher, 91 300 Massy
Téléphone fixe : 01 60 13 16 06

Cabinet Montazeaud – Membre pro


Cabinet d’expertise comptable : web, BTP, administrateurs de biens, agences
immobilières et sociétés de conseil aux entreprises (TPE et PME de conseil).
Départements d’intervention : 23 | 36 | 75 | 77 | 91 | 92 | 93 | 94 | 95
Adresse : 12 rue Clairaut, 75 017 Paris
Téléphone mobile : 06 10 02 19 86

Étude Patrimoniale, Louiset – Membre pro


Société de gestion de patrimoine pour les professionnels et les particuliers :
conseil patrimonial, conseil financier, conseil en immobilier, courtier en assurance.
Départements d’intervention : 16 | 17 | 24 | 33 | 40
Téléphone fixe : 05 56 66 66 66

Franchise – Membre pro


Média spécialisé en franchise et commerce associé : actualités, informations, lea-
der en visitorat, etc.
Départements d’intervention : France + Export
Téléphone fixe : 04 72 53 17 92
Site web : http://www.toute-la-franchise.com

GDB Consulting – Membre pro


Cabinet de conseil en marketing opérationnel et performance commerciale
des entreprises : réflexion et prise de décision, mise en place d’une stratégie,
accompagnement en gestion, etc.
Départements d’intervention : France + Expor
Adresse : 7 place de la Mairie, 80 370 Cramont
Téléphone fixe : 03 22 29 85 12
Téléphone mobile : 06 45 21 44 45

221
Les professionnels et experts cités dans cet ouvrage

Gestiondepatrimoine.com – Membre pro, expert


Cabinet de conseils en gestion du patrimoine : stratégie patrimoniale, conseils
fiscaux, financiers et juridiques, courtage en placements financiers et assu-
rances, défiscalisation, etc.
Départements d’intervention : France
Adresse : 64 allée Jean Jaurès, 31 000 Toulouse
Téléphone fixe : 08 10 02 00 40

Ingefi Conseil – Membre pro


Conseils juridiques et fiscaux en gestion de patrimoine, investissements finan-
ciers et immobiliers, optimisation de la rémunération du dirigeant, création de
sociétés civiles et commerciales, etc.
Départements d’intervention : France
Adresse : 43 boulevard Vauban, 78 280 Guyancourt
Téléphone mobile : 06 58 14 11 61

LBC Compta – Membre pro


Expertise comptable pour les TPE : simple, efficace, économique.
Départements d’intervention : 09 | 11 | 31 | 82
Adresse : En Magne, 81 700 Garrevaques
Téléphone mobile : 06 77 72 16 67

L. Finance – Membre pro, expert


Courtier financier en rachat de crédit et crédits immobiliers.
Départements d’intervention : 33
Adresse : 18 rue des Cyprès, 33 650 Saint-Médard-d’Eyrans
Téléphone fixe : 09 72 11 16 57 / Téléphone mobile : 06 09 10 73 90

Mouton Expert Sarlu – Membre pro


Expert-comptable : missions comptables (tenue, révision, assistance), sociales
(conseils, assistance, paie), fiscales (comptes annuels, bilan, déclarations) et
juridiques (conseil création, business plan, prévisionnel).
Départements d’intervention : 13
Adresse : 90 boulevard Voltaire, 13 821 La Penne-sur-Huveaune
Téléphone fixe : 09 51 14 04 76

222
Les professionnels et experts cités dans cet ouvrage

Optima Croissance – Membre pro


Ingénierie financière et patrimoniale, optimisation fiscale et sociale : conseil
aux entreprises et actionnaires, et aux particuliers désirant optimiser leur
patrimoine.
Départements d’intervention : France
Adresse : 18 rue Pasquier, 75 008 Paris
Téléphone fixe : 01 34 08 31 10

Patrimoine Prestige Antilles – Membre pro, expert


Conseil en création et gestion de patrimoine : optimisation patrimoniale,
financière et fiscale.
Départements d’intervention : France
Adresse : La Galleria, porte 238, Acajou, 97 232 Le Lamentin
Téléphone fixe : 08 11 74 34 02
Téléphone mobile : 06 96 29 88 05

Quadriel – Membre pro


Études de marchés pour les créateurs d’entreprise : questionnaires, conseils,
aide à la rédaction du business plan, résultats d’études.
Départements d’intervention : France
Adresse : 75 boulevard Marie et Alexandre Oyon, 72 100 Le Mans
Téléphone fixe : 01 84 16 13 21

Roche & Hedia – Membre pro


Cabinet d’expertise comptable et de commissariat aux comptes : accompa-
gnant dans la gestion de la comptabilité d’une entreprise, fiches de paie, bilan
comptable, conseils, assistance juridique.
Départements d’intervention : 69
Adresse : 62 rue de Bonnel, 69 003 Lyon
Téléphone fixe : 04 78 30 01 28
Téléphone mobile : 06 27 66 02 56

223
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