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Fiche Technique n°4


Guide pour l’alimentation du Clarias
gariepinus et de l’Oreochromis niloticus en
élevage intensif, à base de sous-produits
agricoles disponibles au Cameroun
2
Cette fiche technique a été préparée avec l’appui financier du FIDA et du Projet de
Promotion de l’Entreprenariat Aquacole (PPEA) / Ministère de l’Élevage des Pêches et des
Industries Animales (MINEPIA) du Cameroun.
Les opinions exprimées dans cette fiche sont celles des auteurs et ne reflètent pas
nécessairement les opinions du FIDA ou de ses services.

Distribution restreinte au PPEA et MINEPIA


Photo de couverture : les différents types d’aliments : poudre, pressé et extrudé
(Photos C. François)
Guide pour l’alimentation du Clarias gariepinus et de l’Oreochromis niloticus en
élevage intensif, à base de sous-produits agricoles disponibles au Cameroun
FRANÇOIS Christophe
Version : Définitive
Date : 10/01/2018
Nombre de pages : 20

APDRA Pisciculture Paysanne – 9 avenue de France – 91300 MASSY

3
Sommaire
AVANT PROPOS 5

INTRODUCTION 7

LE RÉGIME ALIMENTAIRE DES ESPÈCES 8


Le Tilapia 8
Le Clarias 8
LA COMPOSITION D’UN ALIMENT 8
Qualité des sous-produits 8
Quantité des sous-produits 10
LA FABRICATION DE L’ALIMENT 12
Aliment en poudre 12
Aliment pressé 12
Aliment extrudé 13
LA DISTRIBUTION DE L’ALIMENT 14

LA GESTION DE L’ALIMENT 17

4
AVANT PROPOS

L ’aquaculture camerounaise constitue l’un des secteurs à fort potentiel de croissance


et de création d’emplois du pays en raison de grandes potentialités et de nombreux
atouts favorables au développement au secteur aquacole tels que la forte demande
intérieure pour les produits halieutiques (environ 400 000 tonnes par an, le poisson
représente la première protéine animale consommée avec 14,7 kg/hab./an), le grand
potentiel d’accroissement de la productivité, des conditions agro-écologiques favorables
et la disponibilité des eaux et des terres agricoles. Malgré cela, le pays continue à importer
d’importantes quantités de produits halieutiques (plus de 212 200 tonnes par an) tandis
que la production nationale des pêches de capture est en stagnation depuis plusieurs
décennies (environ 93 000 tonnes pour la pêche artisanale maritime, 7 000 tonnes pour
la pêche industrielle, 75 000 tonnes pour la pêche continentale).

C’est pourquoi sous l’impulsion du Chef de l’État, Son Excellence Paul Biya, le pays s’est
donné pour objectif d’évoluer vers une agriculture de « seconde génération », au sein de
laquelle l’aquaculture occupe une place à part entière (Comice Agropastoral d’Ebolowa,
2011). Poursuivant cette orientation, le Ministre de l’Elevage, des Pêches et des Industries
Animales, Dr TAÏGA, a solennellement déclaré 2015, « Année de l’aquaculture au
Cameroun ».

Concrètement, ceci traduit la volonté du pays de passer d’une aquaculture de subsistance


à une aquaculture commerciale durable et socialement responsable, capable d’assurer
la sécurité alimentaire des populations, de générer des revenus et des emplois pour les
jeunes, de limiter les importations et la sortie des devises du pays tout en respectant
l’environnement. Il s’agit pour l’aquaculture de devenir un levier de transformation agro
économique du pays.

Les axes de travail définis consolident le “Plan de Développement Durable de l’Aquaculture


au Cameroun” (PDDAC) élaboré avec l’appui de la FAO en 2009 et se déclinent comme
suit : i) la levée des contraintes liées à la disponibilité des alevins (quantité et qualité) et
de l’aliment pour poisson (quantité et qualité) à un prix abordable ; ii) le renforcement
des capacités techniques et managériales des acteurs des secteurs public et privé ;
iii) le développement de la chaine de valeur des produits aquacoles ; la mise en place
d’un système efficace d’accompagnement des aquaculteurs ; iv) le renforcement de la
communication ; v) le renforcement de la coopération avec les partenaires techniques et
financiers et de la collaboration avec les autres ministères.

Le Projet de Promotion de l’Entreprenariat Aquacole (PPEA) s’aligne sur ces axes directeurs
et consacre la mise en œuvre à titre pilote de certains objectifs du PDDAC. Il est le fruit de
la coopération entre le Gouvernement camerounais, à travers le Ministre de l’Élevage, des
Pêches et des Industries Animales (MINEPIA) et le Fonds International de Développement
Agricole (FIDA). L’accord de financement pour sa mise en œuvre a été signé le 29 janvier
2016.

5
D’une durée de 3 ans, le PPEA est une initiative pilote menée dans les 3 régions du Centre,
du Sud et du Littoral, dont les leçons apprises doivent permettre la mise en œuvre d’un
programme de développement de l’aquaculture à l’échelle nationale. L’objectif global du
PPEA est de contribuer à l’amélioration durable des conditions de vie et des revenus
des aquaculteurs du Cameroun à travers la promotion des entreprises aquacoles
économiquement rentables et créatrices d’emplois. Plus spécifiquement, il vise à améliorer
l’accès des aquaculteurs à des services de formation et d’appui / accompagnement, à
mettre en place un cadre stratégique et organisationnel favorable au développement de
l’aquaculture et créer des entreprises aquacoles économiquement rentables et créatrices
d’emplois.

Le projet cible les petits producteurs aquacoles potentiels ou déjà installés avec une
priorisation des jeunes de 18 à 35 ans, porteurs de microprojets aquacoles. Au total, 300
petites entreprises aquacoles seront ainsi établies dans les différentes chaines de valeurs
dont 30% gérées par des femmes et 50% par les jeunes.

Dans l’optique de vulgariser l’activité, le PPEA a élaboré, avec l’appui de son partenaire
technique, l’Association APDRA Pisciculture Paysanne, des guides et fiches technico
économiques pour la production des alevins, des aliments et des poissons de table ainsi
que la gestion des fermes aquacoles. Ces manuels permettront aux aquaculteurs, aux
porteurs de projet, aux chercheurs et à toute personne intéressée par l’activité aquacole
d’avoir une connaissance sommaire du domaine. Ces documents n’étant pas exhaustifs,
nous conseillons aux personnes désireuses d’investir dans l’aquaculture de se rapprocher
des services compétents du Ministère de l’Élevage, des Pêches et des Industries Animales
(MINEPIA).

Bonne lecture à tous.

Yaoundé, septembre 2017


Divine NGALA TOMBUH,
Coordonnateur National et Chef de Projet PPEA

6
INTRODUCTION
Ce document est un guide pour l’alimentation du Clarias gariepinus et de l’Oreochromis
niloticus en système d’élevage intensif utilisant des aliments composés. Il permet
d’accompagner les producteurs dans la formulation, la fabrication et la distribution des
aliments, dans les conditions camerounaises.
Devant la diversité des chiffres que l’on trouve, en fonction des fabricants d’aliment
notamment, en ce qui concerne les tables de nourrissage, il est impossible de donner des
« normes » strictes. Ce document se veut donc indicatif. Il doit permettre aux pisciculteurs
de réfléchir pour trouver leurs propres valeurs à appliquer dans leur élevage.
De même, la qualité des sous-produits utilisés dans la fabrication des aliments est très
variable. Les chiffres donnés sont donc aussi indicatifs et n’empêchent pas d’avoir recourir
à des analyses bromatologiques afin de confirmer les différents taux de protéines, lipides,
… contenus dans les sous-produits et les aliments.

7
LE RÉGIME ALIMENTAIRE DES ESPÈCES
Le Tilapia
Le tilapia est omnivore à tendance :
- Zooplanctonophage, voir carnassier pour les fingerlings,
- Phytoplanctonophage pour les adultes
Les besoins en protéines varient de :
- 45 à 42 % (pendant la phase larvaire)
- 37 % (jusqu’à 100 g)
- 32 % (jusqu’à 600 g)
- 28 % (à partir de 600 g)

Le Clarias
Le clarias est Omnivore à tendance détritivore, voire carnassier. Les besoins en protéines
varient de :
- 63 % (pendant la phase larvaire)
- 55 % (jusqu’à 10 g)
- 50 % (entre 10 et 40 g)
- 45 % (entre 40 et 200 g)
- 43 % (à partir de 200g)
On rappelle que si le clarias peut être carnassier, il est avant tout un omnivore à tendance
détritivore et non un prédateur strict. Il ne peut donc pas être considéré comme un bon
prédateur pour réguler une population de tilapia en grossissement. On lui préférera
l’Hemichromis fasciatus ou le Parachana obscura.

LA COMPOSITION D’UN ALIMENT


Les aliments sont composés en fonction des besoins nutritionnels de l’espèce et du stade
de développement du poisson. En effet, comme vu dans la description des espèces, les
besoins, en protéines notamment, diffèrent d’une espèce à l’autre. Si le tilapia et la carpe
peuvent être nourris avec le même aliment, le clarias a un besoin supérieur en protéines,
que nous allons détailler dans les paragraphes ci-dessous.
Il faut noter que, dans la littérature, on trouve des chiffres très variables et qu’il est parfois
difficile de faire un choix. Il existe une multitude d’exemples de formulations d’aliments,
en fonction des auteurs, des sous-produits utilisés et de leur qualité.
Même entre fabricants d’aliments, si les ingrédients sont souvent les mêmes, les tables
de rationnement et les taux de protéine des aliments diffèrent de façon assez importante.

Qualité des sous-produits


Pour cette étape de formulation, il est impératif de répondre aux besoins nutritionnels de
chaque espèce et à son stade de développement.
Dans un premier temps, on commence par répondre aux besoins primaires de protéines,
lipides et glucides (Cf. Tableaux ci-dessous et p.4 : Le régime alimentaire des espèces).

8
Tableau 1 : Besoins nutritionnels des tilapias et clarias durant le cycle d’élevage
Teneur (%) en
Espèce Stade de développement/taille (g)
Protéines Lipides Glucides
Larves (première alimentation) 45-50
Tilapia 0.02-2.0 g 40 10
2.0 - 35 g 35
6-8
35 - récolte 30-32

Clarias 0,02-0,25 63 25 et +


0,25-1,5 58
1,5 – 5,0 55
5,0-40,0 50
40,0- 100,0 45
100 et plus 42 5-6 et +
Source : support de formation Cofrepeche-APDRA

Une fois déterminées les différentes teneurs que nous souhaitons pour notre aliment,
la réflexion va consister à choisir les ingrédients disponibles à un coût acceptable qui
peuvent servir de sources pour les divers éléments : protéine, lipides, glucides … (Cf. Ta-
bleau 2 ci-dessous).
On garde toujours à l’esprit que l’aliment est la charge la plus importante dans le coût
de production de notre poisson et peut représenter jusqu’à 70% dans certains cas. La
formulation en fonction des matières premières représente donc une étape primordiale
dans la rentabilité de l’activité. Il est tout à fait logique de concevoir plusieurs formula-
tions d’aliment en fonction des disponibilités et des coûts de certaines matières premières
(tourteaux, céréales, …), afin de maintenir le coût du kilogramme d’aliment le plus bas
possible toute l’année.

Tableau 2 : Ingrédients utilisables pour la fabrication d’aliment pour poisson
Apports en nutriments majeurs
Sels
Type Forme Produits Protéine Glucide Lipides
minéraux
Maïs X
Produits
Tels quels Mil, millet, sorgho X
agricoles
BIè X

Riz X
Sons BIè X
Maïs X

Poisson X

9
Apports en nutriments majeurs
Sels
Type Forme Produits Protéine Glucide Lipides
minéraux
Coquilles X
Farines
Os X
Sang X
Sous-produits

Agro-
industriels Soja X X
Arachide X X
Tourteaux
Coton X X
Source : support de formation Cofrepeche-APDRA

Quantité des sous-produits
Si la qualité des matières premières, et donc leur taux de protéine notamment, varie
beaucoup en fonction de l’origine, de la technique de fabrication et des conditions de
stockage, il est possible si on ne peut pas faire d’analyse en laboratoire pour déterminer
les différentes teneurs de nos matières premières, d’estimer les teneurs en protéines de
nos sous-produits avec le Tableau 3 ci-dessous. Il est toujours possible de faire analyser
ensuite l’aliment obtenu.

Tableau 3 : Taux de protéines digestibles moyen des matières premières utilisées dans la fabrica-
tion d’aliment
INGRÉDIENTS PROTÉINES DIGESTIBLES (%)
Farine de Manioc 1
Son de riz 5
Maïs broyé 7
Son de Blé 10
Haricot 21
Soja cru 32
Tourteaux de coton 34
Tourteaux d’arachide 39
Farine de poisson 50
Tourteaux de soja 53
Source : FAO
On trouve au Cameroun une grande diversité de matières premières incorporables pour
la fabrication d’un aliment pour poisson, comme on peut le voir dans le Tableau 4 ci-des-
sous.
En fonction de la localisation géographique on aura donc des disponibilités en matières
premières ,différentes.

10
Tableau 4 : Matières premières disponibles au Cameroun pour la fabrication d’aliments
Protéines Végétales Additifs / pré mixtes Huiles Protéines animales
Drèche de brasserie Concentré Belgo ponte Huile de palmiste Farine de crevette
Farine de maïs Concentré Belgo chair Huile de coton Farine de poisson
Farine de rejets 
Farine de maïs Concentré belgo porc Huile de soja
de poisson
Farine de blé Concentré volaille Huile d’arachide
Son de blé Bicarbonate Huile de poisson
Son de riz Lysine Huile de palme
Tourteau d’arachide Méthionine
Tourteau de palmiste DCP
Tourteau de soja Sel
Tourteau de coton Antitoxine Belgotox
Tourteau de riz CMAV
Bagasse de canne à sucre Pré mixtes ponte
Mélasse de canne à sucre Pré mixtes de volailles
Résidus d’arachides Pré mixtes chair
Source : Fall, 2016

Étant donné la disponibilité fluctuante géographiquement et temporellement des ma-


tières premières, il est impossible de donner une formule applicable partout au Came-
roun.
On ne peut donner que des exemples de formulation (Cf. Tableau 5 et 6) pour aider à
composer son aliment, dans lesquels il faudra substituer certains ingrédients en fonction
des disponibilités.

Tableau 5 : exemple de formulations d’aliment pressés pour tilapia (env. 30 % protéine)
Ingrédients Taux(%)
Farine poisson 28,4
Tourteau de coton 20,4
Tourteau de Soja 10,2
Tourteau d’arachide 10,2
Son de Blé 9.4
Mais broyé 9,4
Farine d’os 1
Pré mixtes 0,5
Huile 10
Farine poisson 15
Farine de sang 5
Tourteau de Soja 35

11
Ingrédients Taux(%)
Son de Blé 30
Maïs 10
Pré mixtes 1
Huile de soja 4
Sel 0,5

Tableau 6 : Formulation d’aliment pressé pour clarias (environ 40 % protéine)


Ingrédients Taux(%)
Farine de maïs 32
Farine de poisson 35
Farine de blé 20
Pré mixes (vitamines) 5
Farine d’os 3
Source : FAO

LA FABRICATION DE L’ALIMENT

Aliment en poudre
L’aliment en poudre, est simplement un mélange des sous-produits réduit en farine. Ce-
pendant il est important, puisque ces sous-produits ont un coût, d’équilibrer le mélange
afin qu’il apporte la meilleure alimentation possible aux poissons (protéine, lipides, glu-
cides).
On peut donner comme exemple de formulation équilibré pour un aliment poudre :
- 1/3 son
- 1/3 drêche
- 1/3 tourteaux
La distribution peut se faire à la volée ou en préparant des agglomérats ou des pâtes que
l’on peut donner dans des mangeoires positionnées à différentes profondeurs de l’étang
en fonction des espèces.
Cet aliment à l’inconvénient important de se déliter très vite dans l’eau et ce qui engendre
un gaspillage d’aliment très important. Toutefois, cette perte est en partie compensée par
le fait que ces sous-produits deviennent alors une fertilisation « de luxe ».

Aliment pressé
Dans ce cas, les ingrédients sont :
- Broyés
- Mélangés
- Pressés avec une filière en sortie (grille avec des trous de diamètres dimensionnés en
fonction de la taille du granulé souhaité)
- Découpés et séchés

12
Les ingrédients sont broyés manuellement dans un hachoir à viande ou mécaniquement
dans une granuleuse. Plus la qualité du broyage augmente, plus la digestibilité de l’aliment
augmente.
Un préchauffage des ingrédients augmente aussi la digestibilité de l’aliment. Mais atten-
tion, les acides aminés (qui composent les protéines) et les vitamines peuvent être dégra-
dés par la chaleur. On les incorpore donc après le chauffage.

On peut, avant pressage, mouiller avec de l’eau chaude et incorporer de la farine de ma-
nioc (2 à 5 % du total) pour obtenir un effet de liant. On peut aussi utiliser comme liant de
l’agar agar ou de la farine d’os.
Le séchage se fait à l’ombre mais assez rapidement pour éviter les moisissures.
On enrobe les granulés d’huile la veille de la distribution (il est difficile de le faire plus en
avance car l’huile rancit).

Photo 1: Aliment pressé et granuleuse.

Aliment extradé
Les aliments extrudés sont flottants (pendant 10 à 30 mn minimum), ce qui permet de
laisser le temps aux poissons de tous les consommer. Lorsque des aliments coulent et se
délaitent, ils sont perdus pour les poissons.
Les aliments extrudés importés sont fabriqués avec incorporation de conservateurs, de
stimulateurs d’appétit et de substances facilitant la digestion.
Les fabricants au Cameroun (grandes fermes ou provenderies), qui se lancent dans l’achat
d’une extrudeuse1 pour une fabrication personnelle ou avec objectifs de vente, pourront
tester l’incorporation de :
- Conservateurs (acidifiants, antioxydants) :
o Acide propionique,
o Sorbate de potassium (E 200).

1 Une petite extrudeuse (120/150 kg/h) coute aujourd’hui de l’ordre de 2 millions de Francs CFA TTC sortie au
port de Douala.

13
- Stimulateurs d’appétit, pour une meilleure appétence de l’aliment:
o Farine de crevette,
o Corn Steep Liquor (maïs trempé fermenté),
o Protéine de poisson soluble (pré Mix d’acide aminés),
o Betaïne (dérivé d’acide aminé).
- Améliorateurs de digestibilité des aliments :
o Levure de bière.

Photo 2 : Extrudeuse

LA DISTRIBUTION DE L’ALIMENT

Le suivi d’élevage est réalisé grâce à des pêches de contrôle régulières (pêche d’un échan-
tillon de poissons au moyen d’un filet de type senne). Elles permettent :
- D’estimer le poids moyen individuel des poissons et la biomasse totale en élevage,
afin de déterminer le taux de rationnement et la quantité d’aliment total.
- De calculer la croissance (gain moyen quotidien) et le rendement intermédiaire et
de suivre les performances de son élevage.

14
L’échantillon doit être représentatif, (10 % idéal, minimum 50 à 100 poissons en fonction
du nombre en élevage). Si, par manque d’alevins homogènes, deux classes de poids ont
été empoissonnées en même temps, il faut faire deux classes de poids lors des pêches de
contrôle. S’il y a des alevins, on les pèse à côté.
La ration alimentaire journalière est calculée à partir du poids total des poissons en éle-
vage, lui-même calculé à partir des résultats des pêches de contrôle.

RAJ[kg]= PT [kg] x % Nourrissage


PT [kg]= PM[g] x Nombre de poissons / 1000
RAJ : Ration Alimentaire Journalière, exprimée en kilogrammes
PT : Poids total des poissons en élevage, exprimé en kilogrammes
PM : Poids moyen individuel, exprimé en grammes

Les quantités distribuées dépendent de la taille des poissons : on parle d’un pourcentage
de distribution en fonction de la biomasse en élevage.
Là encore, on va trouver dans la littérature et dans les fiches techniques des fabricants
des chiffres assez variables. C’est pourquoi nous donnons à titre d’exemple et de guide
des taux de rationnements pour le clarias (Tableau 7) et pour le tilapia (Tableaux 8 et 9)

Le pourcentage de distribution :
- Diminue plus le poids du poisson augmente ;
- Augmente avec la température de l’eau jusqu’à un maximum, avant de diminuer
(Tableau 10)

Tableau 7 : Exemple de table de rationnement pour le Clarias à 28 °C


Poids moyen (g) Tx N % biomasse
10 5,5
20 4,5
40 3,5
100 2,9
175 2,3
250 2,15
375 1,9
500 1,75
625 1,2

15
Tableau 8 : Table de nourrissage pour le Tilapia entre 24 et 27 °
Taux de nourrissage Nourrissage
Poids Moyen (g)
(% Biomasse) Nbre/ jour
1 8 4
2 7 4
5 6,5 4
10 6,5 4
15 5,0 4
20 5,0 3
30 4,0 3
60 3,0 3
100 2,0 2
175 1,8 2
300 1,5 2
400+ 1,1 2
Source : McGinty and Racocy, 1995

Tableau 9 : Alimentation du Tilapia à 28°C


Poids Moyen Taille aliments Taux de nourrissage Nourrissage
Type d’aliment
(g) (mm) (% biomasse) Nbre/ jour
<0,5 Miettes <0,6 20 6
0,5 Miettes 0,6-1,0 15 6
1 Miettes 0,6-1,0 11 6
2 Flottant 1,4-2,4 6,5 5
10 Flottant 2,4 6,5 5
15 Flottant 2,4 4,6 5
30 Flottant 3,2 3,6 4
60 Flottant 3,2 3 4
100 Flottant 4,8 2,6 4
175 Flottant 4,8-6,0 2,2 3
300 Flottant 6,0-8,0 1,8 3
400 Flottant 8,0 -10,0 1,5 3
Source : Orachunwong et al. (2001)

Le pourcentage de protéines dans les aliments diminue lui aussi au fur et à mesure que le
poids du poisson augmente.
La distribution se fait en plusieurs fois par jour. Plus les poissons sont petits, plus on donne
souvent.
Le matin, avant de distribuer, on attend que le soleil soit bien levé et que les poissons
soient « en forme » (les tilapias par exemple ne doivent pas être en train de « piper »).

16
Si les poissons ne mangent pas bien, on ne donne pas toute la nourriture. Le taux de nour-
rissage dépend fortement de la température de l’eau (Tableau 10).

Tableau 10 : Exemple de taux de nourrissage du clarias en fonction de la température de l’eau.


°C/g 1-10 10-25 25-50 50-100 100-300 300-800
18 3 1.6 1 0.8 0.6 0.5
20 5 3 2 1.5 1.2 1
22 6.8 4.5 3 2.4 2 1,7
24 8.1 6 4 3 2.5 2.2
26 9.5 6.6 5.1 3.6 3.2 2.8
28 10 7 5.5 4 3.5 3.1
30 9.8 6.8 5.3 3.7 3.2 2.9
Source : Hogendoorn et al. (1983); Hecht, Uys and Britz (1988)

LA GESTION DE L’ALIMENT

La gestion en amont de l’aliment est tout aussi importante afin de ne pas être en rupture
de stock et d’avoir en permanence des produits de qualité :
- Prévisionnel de consommation par cycle (Cf. Tableau 11 ci-dessous) par mois ;
- Gestion des stocks et commande au fournisseur ou achat des matières premières
et fabrication ;
- Stockage dans de bonnes conditions.

Tableau 11 : Exemple de modélisation et de suivi de consommation d’aliment pour un cycle de


clarias hors sol
Bac de 12 m3. Empoissonnement 100 p/m3
Durée Durée Nbre Aliment Total Alim
Sem PMi (g) PMf (g) PT (kg) Nour (%)
cumulée (j) poissons (Kg/j) (Kg)
1 7 7 10,0 13,5 1200 12,0 6,00 0,72 5,0
2 14 7 13,5 17,0 1200 16,2 6,00 0,97 6,8
3 21 7 17,0 20,5 1200 20,4 5,00 1,02 7,1
4 28 7 20,5 31,0 1176 24,1 5,00 1,21 8,4 27,4

5 35 7 31,0 41,5 1176 36,5 5,00 1,82 12,8 63,0


6 42 7 41,5 52,0 1176 48,8 4,00 1,95 13,7
7 49 7 52,0 76,5 1152 59,9 4,00 2,40 16,8
8 56 7 76,5 101,0 1152 88,2 3,20 2,82 19,7
9 63 7 101,0 132,5 1129 114,1 2,65 3,02 21,2

10 70 7 132,5 171,0 1129 149,6 2,65 3,97 27,8


11 77 7 171,0 209,5 1129 193,1 2,65 5,12 35,8
12 84 7 209,5 248,0 1129 236,6 2,65 6,27 43,9 128,6

17
Durée Durée Nbre Aliment Total Alim
Sem PMi (g) PMf (g) PT (kg) Nour (%)
cumulée (j) poissons (Kg/j) (Kg)
13 91 7 248,0 286,5 1107 274,5 2,65 7,27 50,9
14 98 7 286,5 325,0 1107 317,1 2,65 8,40 58,8
15 105 7 325,0 370,5 1107 359,7 2,65 9,53 66,7
16 112 7 370,5 416,0 1085 401,9 2,65 10,65 74,5
17 119 7 416,0 461,5 1085 451,2 2,65 11,96 83,7 334,7

PRODUCTION Aliment
/Cycle / 501 Kg IC 1,11

Sem : Semaine ; Nbre : Nombre ; PT :Poids Total ; IC : Indice de Conversion


PMI : Poids Moyen individuel Initial ; PMf :Poids Moyen individuel final ; Alim : Aliment ;
On utilise des fiches de distribution par étangs/bacs (Cf. Tableau 12 ci-dessous)

Tableau 12 : Exemple de fiche de suivi d’élevage et de nourissage

BAC N° Vol 1 m3 Densité 100 p/m3

PM : Poids Moyen indiv
Jour d’empoissonnement PT Poids Total
duel
Pêche de contrôle Tx Nou-
Nbre de Poids Total Nombre PT rissage
Date Mortalité PM (g) Ration (kg/j
poissons (kg) Poissons (kg) % bio-
masse
100 1 10 5,87% 0,06

Pour un stockage de qualité, il faut un endroit :


- Sec,
- Aéré,
- Protégé des rongeurs.

Et on applique le principe du « Premier entré premier sorti », c’est à dire que l’aliment
qui arrive nouvellement est stocké derrière celui qui était présent pour utiliser le plus
ancien en premier.

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Site web : www.ppea-cameroun.org
Tél : (+237) 675 73 01 00 / 663 33 00 00
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