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Service

des Etudes
et de la Statistique

DISCUSSION PAPERS

N° 0201

ENTREPRENEURIAT ET CREATION
D’ENTREPRISE

REVUE DE LA LITTERATURE ET
ETAT DE LA RECHERCHE

par

Jean-Luc GUYOT et Barbara VAN ROMPAEY

Mai 2002

Ministère de la Région wallonne


Secrétariat général
Division de la Fonction publique
ENTREPRENEURIAT ET CRÉATION D’ENTREPRISE :
REVUE DE LA LITTÉRATURE ET ÉTAT DE LA RECHERCHE

Jean-Luc Guyot1 , Barbara Van Rompaey2

Résumé

Ce texte présente le résultat de l’exploration de la littérature scientifique traitant de l’entrepreneuriat et de la


création d’entreprise. Cette revue bibliographique constitue la première étape d’une recherche sur les nouveaux
créateurs d’entreprise en Région wallonne et sur les dynamiques, notamment sociologiques, participant des
nouveaux projets entrepreneuriaux.

La présentation se structure en deux volets. D’une part, l’évolution du questionnement de chacune des
disciplines intéressées par cette problématique est retracée. Il s’agit d’identifier le moment à partir duquel le
thème de l’entrepreneuriat a été reconnu comme étant d’intérêt scientifique et de comprendre comment les
approches économiques, sociologiques, psychologiques et des sciences de la gestion ont évolué par rapport à cet
objet. Pour ce faire, les principales questions posées par chacune de ces disciplines sont considérées.

D’autre part, une classification des productions scientifiques en matière d’entrepreneuriat et de création
d’entreprise est proposée. Cette classification est axée sur six types d’approches, caractérisées par un objet
privilégié ou une sensibilité particulière par rapport au thème concerné.

Cette revue systématique de la littérature permet de baliser un champ caractérisé par une grande complexité et
un important potentiel de développement.

1
Service des Etudes et de la Statistique (S.E.S.) du Ministère de la Région wallonne
2
Service des Etudes et de la Statistique (S.E.S.) du Ministère de la Région wallonne
1
Table des matières

Introduction…………………………………………………………………………………………………...3

1. L’entrepreneuriat, l’entrepreneur et la création d’entreprise comme objets de réflexions scientifiques :


bref aperçu historique…………………………………………………………………………………….5

1.1. La théorie économique……………………………………………………………………………….6

1.2. La sociologie…………………………………………………………………………………………8

1.3. La psychologie………………………………………………………………………………….…..12

1.4. Les sciences de la gestion…………………………………………………………………………..12

2. Pluralité et relativité des projets de systématisation des cadres théoriques……………………………..13

3. L’approche conceptuelle………………………………………………………………………………...15

4. Les approches centrées sur la caractérisation empirique et la classification des créateurs d’entreprise
et des entrepreneurs……………………………………………………………………………………...17

5. Les approches étudiant la création en tant que processus ou concrétisation de celui-ci………………...19

6. Les approches liées à l’identification des facteurs de développement, de succès ou d’échec…………..21

6.1. Les recherches centrées sur les caractéristiques du dirigeant………………………………………22

6.2. Les recherches centrées sur les caractéristiques de l’entreprise……………………………………22

6.3. Les recherches centrées sur la gestion de l’entreprise……………………………………………...23

6.4. Les recherches centrées sur les variables exogènes à l’entreprise………………………………….25

6.5. Les recherches centrées sur les stades de développement de l’entreprise………………………….26

7. Les approches environnementales………………………………………………………………………27

8. Les approches fonctionnalistes………………………………………………………………………….28

8.1. Les travaux portant sur la définition fonctionnelle de l’entrepreneur……………………………...28

8.2. Les travaux portant sur les fonctions socioéconomiques de l’entrepreneuriat……………………..29

Conclusions………………………………………………………………………………………………….30

Bibliographie………………………………………………………………………………………………...32

2
Introduction

Dans de nombreuses régions dites de « vieille industrialisation », telles que la Wallonie, l’emploi constitue un
des défis les plus importants que les acteurs politiques doivent relever. Du point de vue scientifique, la question
est traitée sous diverses perspectives.

En économie, les travaux sur le sujet sont nombreux. Il y est souvent question d’adéquation entre les
caractéristiques locales de l’offre de force de travail et celles de la demande (e. a. Van Haeperen B., 2001,
Pissarides C. A., 1990 ; Mehta F. et Sneessens H., 1994 ; Sneessens H., 1995), et, fréquemment, de
recommandations politiques portant sur la mise en place de mesures de (re)qualification de la main-d’œuvre.
Tantôt, ce sont les rigidités imposées au marché de l’emploi qui sont stigmatisées (e. a. Freeman R. et Medoff J.
L., 1984) et la réduction du chômage et la stimulation des embauches sont présentées comme devant passer par
l’abolition des entraves au fonctionnement autorégulé du marché, ou, si l’on préfère utiliser d’autres termes, par
la « dérégulation » de celui-ci.

Face à la pléthore d’articles économiques, les recherches sociologiques, si l’on fait abstraction de celles traitant
du thème des qualifications et des compétences des (candidats) travailleurs, sont moins nombreuses. Elles se
centrent principalement sur les mécanismes de rencontre entre offre et demande de travail (e. a. Paradeise C.,
1988) et sur l’insertion professionnelle, notamment chez les jeunes (Dubar, 1992, Claisse et al., 1998).

Les deux disciplines présentent néanmoins une caractéristique commune : c’est l’emploi salarié qui, le plus
fréquemment, retient l’attention des chercheurs et leurs analyses se focalisent généralement sur les mécanismes
de rencontre entre offre et demande de force de travail. Par conséquent, les travaux centrés sur l’offre d’emploi
telle qu’elle est émane des entreprises sont moins répandus. Cette situation est d’autant plus marquée que l’on
considère le point de vue sociologique.

C’est ce constat de « pénurie », pour reprendre un terme très en vogue dans le discours politique et patronal, qui
nous a poussé à considérer la question de l’emploi sous l’angle de l’entreprise et du développement de la
demande de force de travail, et ce dans une perspective sociologique.

De fait, n’est-il pas légitime, d’un point de vue économique, sociologique et politique, de s’interroger sur divers
phénomènes relevant de l’entreprise ? Parmi ceux-ci, on peut notamment envisager les mécanismes de
construction sociale des profils d’embauche et des critères de sélection du personnel. De même, on peut
s’interroger sur le rôle de certains facteurs sociologiques dans l’accroissement de la demande de force de travail,
et, plus précisément, des conditions sociologiques de création d’emplois. Dans cette optique « génétique », un
objet mérite une attention toute particulière : il s’agit de l’identification des dynamiques sociologiques
participant de la création de nouveaux projets entrepreneuriaux.

D’un côté, on peut, à ce sujet, tenter de mettre en évidence les circonstances macro-sociologiques d’apparition de
projets d’entreprise, et s’interroger comme le firent, en leur temps, Max Weber (1920) et Fanfani A. (1935), sur
les liens entre, d’une part, l’apparition et le développement d’une classe d’entrepreneurs, et, d’autre part, le
contexte socio-historique et les cadres macro-culturels. D’un autre côté, il est possible, en adoptant une posture
différente, de se pencher sur les trajectoires individuelles, telles qu’elles s’articulent avec les dynamiques
collectives, les caractéristiques environnementales et l’action des structures économiques et sociales, et de tenter
d’identifier les facteurs sociologiques opérant dans la décision que prennent certains de concevoir et de
concrétiser un projet entrepreneurial.

Cette dernière thématique est particulièrement stimulante. D’un point de vue politique, la lutte contre le sous-
emploi se doit d’explorer les mesures visant la dynamisation de la demande de main-d’œuvre. Cette nécessité
s’exprime d’ailleurs par la voix du Conseil européen lors de la définition des lignes directrices pour l’emploi en
1997.

La création d’entreprises d’initiative privée et le développement du « self-employment » sont sans doute une des
voies alternatives pour atteindre cette dynamisation (OCDE, 1998 ; Bögenhold D., 2000). L’examen
sociologique des nouveaux créateurs d’entreprise, de leur trajectoire et de leur stratégie revêt, par conséquent,
une importance indéniable. D’un point de vue scientifique, l’analyse sociologique de l’innovation
entrepreneuriale a principalement traité de l’entreprise constituée (Alter N., 1996) et, jusqu’à présent, s’est peu

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mobilisée sur la question de l’« entrée en entrepreneuriat » et de la genèse des entreprises. L’exploration de ce
nouveau champ d’investigation constitue un défi que le chercheur se doit de relever.

Néanmoins, les enjeux liés à cette thématique commandent d’élargir la question à celle des facteurs de réussite
des nouveaux entrepreneurs. Dans ce domaine, les théories de la gestion d’entreprise attirent l’attention sur la
multiplicité des dimensions à intégrer à la réflexion (e. a. Chandler A. D., 1972 ; Bidault F., 1988). Parmi celles-
ci, certaines relèvent plus particulièrement du champ de l’analyse sociologique des organisations. Ces
composantes organisationnelles devraient être abordées par toute recherche sociologique concernée par le thème
de l’entrepreneurship et de sa réussite.

Par ailleurs, les recherches actuellement en cours tendent à montrer que la création de nouveaux emplois est
surtout le fait de la création et du développement de nouvelles entreprises, souvent de taille petite ou moyenne.
C’est notamment le cas en Région wallonne, où 95 % des entreprises apparues entre 1993 et 1996 sont des TPE
ou des PE (Service des études et de la statistique, Ministère de la Région wallonne : Annuaire statistique de la
Wallonie, module économique 2002) et où ce type d’entreprise occupe une position centrale (Comblé K. et al.,
2000).

Devant un tel constat, il est crucial de s’interroger sur les conditions d’émergence et de réussite de nouveaux
projets entrepreneuriaux, et plus particulièrement dans notre région. Dans cette optique, se posent un certain
nombre de questions essentielles :
- qui sont les nouveaux entrepreneurs ?
- quels sont les mécanismes économiques, sociaux et culturels qui les ont amenés à se lancer dans le
développement et la réalisation d’un projet d’entreprise ?
- quelles sont leurs motivations ?
- quelles sont les difficultés auxquelles ils ont dû faire face ?
- quels appuis ont-ils rencontrés ?
- quels sont leurs besoins ?
- quels sont les éléments qui, une fois l’entreprise mise sur pied, conduisent à la réussite ou à l’échec
du projet ?
- comment améliorer les conditions de réussite dans le cadre des contraintes juridiques et budgétaires
actuelles ?

L’apport de réponses à de tels questionnements en ce qui concerne notre région permettra, non seulement un
enrichissement de la connaissance des logiques entrepreneuriales en Wallonie, mais aussi la mise en place de
mesures de remédiation assurant, à terme, de meilleures conditions de réussite des nouvelles activités
productives dans cette région et, in fine, la dynamisation de l’offre d’emploi.

C’est pourquoi le Service des études et de la statistique a initié une ligne de recherche sur l’entrepreneuriat en
région wallonne. Ce projet se centre plus particulièrement sur les entrepreneurs œuvrant dans le secteur
marchand de notre région. Il contribuera à affiner la vision du tissu productif wallon et à comprendre la
dynamique de celui-ci.

La première étape de ce projet a consisté en l’examen de la littérature relative à la thématique générale de


l’entrepreneuriat et de la création d’entreprises. D’emblée, nous avons opté, afin d’enrichir la réflexion, pour une
exploration de l’ensemble de la littérature, quels que soient les cadres géographiques ou socio-historiques
concernés par les publications. Il conviendra, lors de la poursuite de notre projet, d’élaborer des cadres de
référence originaux et à la lumière des spécificités de la région wallonne.

Le résultat de cet examen de la littérature est l’objet du présent document.

D’emblée, il faut souligner que l’exploration de cette littérature n’est pas chose aisée. Celle-ci est vaste et très
hétérogène, comme le font remarquer Fucini J. et Fucini S. (1985) et Venkataraman S. (1997). Les concepts qui
s’y rattachent sont légion (Kent C. et al., 1982) et connaissent, depuis ces dernières années, des mutations
profondes (Gould A., 1986 ; Bygrave W. 1993, 1995). Il est, par conséquent, utopique de vouloir établir une
théorie unique de l’entrepreneuriat (Dyer W., 1992, 1994). La multiplicité des approches disciplinaires
(économie, histoire, management, sociologie, psychologie, droit, …), ainsi que la diversité des préoccupations,
sont à la source de la richesse et de la complexité de cette thématique. C’est d’ailleurs cette richesse et cette
complexité qui en rendent l’exploration difficile, notamment lorsqu’on aborde le cas spécifique des petites et
moyennes entreprises (Julien P., 1993, Julien P. et Marchesnay M., 1989).

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Face à cette situation, un risque menace le chercheur désireux d’investiguer la thématique qui est la nôtre : celui
de se perdre dans la multitude de références bibliographiques, dont la pertinence n’est jamais, de prime abord,
évidente. Heureusement, il est possible d’identifier diverses lignes de fond qui parcourent cette imposante
production bibliographique. Celles-ci autorisent une classification des écrits, ce qui en rend l’examen plus aisé.
L’objectif de ce chapitre sera de présenter ce classement. Pour y parvenir, nous nous inspirerons de Bull I. et
Willard G. (1995).

Cette étape du travail a son importance : elle nous assurera un état des lieux de la production scientifique relative
aux sujets qui nous mobilisent dans le cadre de ce projet et, ce faisant, elle nous permettra de choisir les référents
théoriques qu’il s’agira d’opérationnaliser pour l’analyse de notre objet propre, ainsi que d’identifier les
perspectives que nous privilégierons dans celle-ci.

1. L’entrepreneuriat, l’entrepreneur et la création d’entreprise comme objets de réflexions scientifiques :


bref aperçu historique

Avant d’entamer notre revue systématique de la littérature scientifique, nous proposons d’identifier les
principaux repères temporels pour chacune des disciplines qui se sont penchées sur le thème de l’entrepreneuriat.
Nous tenterons d’identifier le moment à partir duquel ce thème a été reconnu comme étant d’intérêt scientifique
et nous essaierons de comprendre comment les approches économiques, sociologiques, psychologiques et des
sciences de la gestion ont évolué depuis le moment où elles s’y sont intéressées jusqu’à aujourd’hui. Nous nous
efforcerons également de retracer la succession des questions principales qu’elles se sont posées. Enfin, nous
évaluerons les conséquences de cette évolution sur leurs conceptions respectives de l’entrepreneur et de
l’entreprise.

Plusieurs disciplines interviennent en effet dans le champ de l’entrepreneuriat, sans pour autant que chacune de
ces interventions soit pertinente ou légitime par rapport à toutes les manifestations du phénomène
entrepreneurial. L’entrepreneuriat est un phénomène multiple, dont la compréhension requiert les éclairages de
différentes disciplines scientifiques, ayant chacune leur spécificité. Les questions se posent à divers niveaux et
les points de vue envisageables sont nombreux. Lorsqu’on prend connaissance de la littérature scientifique
traitant de l’entrepreneuriat, on fait rapidement le constat de l’hétérogénéité des questions, des propos et des
objectifs des uns et des autres. Le lecteur s’intéressant à la problématique risque, au gré de ses lectures, de poser
un jugement et de décréter une hiérarchie entre les disciplines concernées, en fonction de ses propres attentes.

Pour éviter ce piège, il est utile, en préalable, de délimiter et de découper le champ de l’entrepreneuriat. Il s’agit
d’abord de comprendre la structuration du champ de l’entrepreneuriat, d’identifier les registres dans lesquels le
phénomène entrepreneurial s’actualise. Cet exe rcice nous permettra de mieux percevoir l’implication possible de
chaque discipline. Ainsi, on évitera de formuler des attentes identiques par rapport à chaque discipline ; il ne faut
pas vouloir faire dire à chacune ce qui n’est pas nécessairement de son ressort.

On peut, avec Verstraete T. (2000), saisir le phénomène entrepreneurial comme un processus, initié par un
individu, l’entrepreneur, pouvant donner lieu à la création d’une forme organisationnelle (qui peut être une
entreprise, mais pas nécessairement). Pour être complet, il faut également signaler que cette dynamique a un
impact sur l’environnement. L’individu, l’organisation (comme forme et comme action) et l’environnement
constituent donc trois possibilités d’investigation dans le champ de l’entrepreneuriat. Verstraete T. explicite
d’ailleurs la nécessité, pour comprendre l’entrepreneuriat, d’étudier, tant l’entrepreneur que l’organisation et son
contexte socioéconomique. Cette perspective ouvre l’étude de l’entrepreneuriat à plusieurs disciplines, telles que
l’économie, la sociologie, la psychologie, les sciences de la gestion, l’histoire,…

Dans le même ordre d’idée, la conception de l’entreprise présentée par Thuderoz C. (1997 : 24) permet de
distinguer différents registres d’existence de l’entreprise, et deux niveaux de lecture, sans décréter, pour autant,
une hiérarchie entre ceux-ci. Thuderoz évoque l’entreprise comme « un ensemble articulé de trois sous-systèmes
autonomes : le système productif, le système organisationnel, le système institutionnel, en interaction étroite
avec un écosystème, l’environnement de l’entreprise ». L’entreprise s’actualise donc dans trois registres de la
réalité sociale :
a) dans le registre économique, en tant que lieu de production ;
b) dans le registre social, en tant qu’ensemble organisé ;
c) dans le registre du symbolique, en tant qu’institution.

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Par ailleurs, Thuderoz C. distingue deux niveaux de lecture : on peut, d’une part, envisager l’entreprise dans sa
relation à l’ordre social, en tant qu’institution ; d’autre part, on peut l’étudier dans son ordre interne. Les propos
sont bien entendu différents selon qu’on se place dans l’une ou l’autre de ces perspectives.

Venkataraman S. (1997 : 120), constatant que les réflexions scientifiques concernant l’entrepreneuriat ont, en
fait, tendance à faire de l’entrepreneur le centre des préoccupations, soutient que le champ d’investigation
pourrait être beaucoup plus large : « entrepreneurship as a scholarly field seeks to understand how opportunities
to bring into existence future goods and services are discovered, created, and exploited, by whom, and with what
consequences ».

Ainsi défini, l’objet pose questions à divers niveaux qui sont autant d’entrées en matière possibles pour
différentes disciplines : les opportunités de création de nouveaux marchés (futurs), leur exploitation par des
individus et les conséquences économiques, psychologiques, sociales de cette recherche et exploitation de
marchés futurs, tant pour les individus que pour la société tout entière. La relation des intérêts privés
(individuels) et des intérêts sociaux de l’entrepreneuriat intéresse aussi Verstraete T. (2000), pour qui l’ordre
créé par l’entrepreneur, à partir d’une modification partielle de l’ordre existant, n’est profitable à l’entrepreneur
(pas seulement économiquement) que si l’ordre socioéconomique dans lequel il s’insère y trouve également un
intérêt et en tire de la valeur. A un autre niveau, Verstraete évoque aussi le fait que l’étude de l’entrepreneuriat
ne peut se limiter à l’étude de l’entrepreneur pour la simple (et non seule) raison que l’entreprise (ou
l’organisation) qui naît de la dynamique entrepreneuriale peut avoir une existence indépendante de son
« initiateur », échapper à son contrôle.

Les trois auteurs précités argumentent donc en faveur d’une conception élargie de la problématique de
l’entrepreneuriat. Venkataraman S. (1997) soutient que, par ce biais, la recherche en ce domaine trouverait le
moyen de dépasser les problèmes auxquels elle est souvent confrontée, notamment celui posé par l’hétérogénéité
des points de vue et des niveaux d’analyse, l’impossibilité de construire une connaissance cumulative, et un
certain manque de légitimité. Peut-être n’est-il pas nécessaire de rendre impératif cet élargissement du propos
pour chaque discipline, on risquerait de la sorte de mépriser celles dont l’analyse porte essentiellement sur
l’ordre interne de l’entreprise. C’est plutôt sur la complémentarité des unes et des autres (multidisciplinarité) que
l’on doit s’appuyer, et ainsi élargir le champ de vision. L’hétérogénéité des niveaux d’analyse et des objectifs
reste néanmoins, quoi qu’en pense Venkataraman S., un obstacle à la construction d’un corps de connaissances
interdisciplinaire en matière d’entrepreneuriat.

1.1. La théorie économique

En 1982, Casson M. publie son livre consacré à l’entrepreneur (traduit en français en 1991). Il y affirme, de
manière catégorique, l’absence d’une théorie économique bien établie de l’entrepreneur. Cette absence tiendrait
selon lui à deux facteurs. D’une part, la pensée néoclassique a, pendant longtemps, empêché l’émergence de tout
intérêt pour l’étude de l’entrepreneur comme acteur de la prise de décision, en banalisant celle-ci, la réduisant à
l’application mécanique de règles mathématiques d’optimisation. D’autre part, l’école autrichienne (von Wieser,
1914) et son approche subjectiviste (jugée excessive par Casson M.) a, elle aussi, freiné l’élaboration d’une
théorie de l’entrepreneur, en interdisant toute prédiction du comportement individuel.

On constate toutefois que des réflexions sur l’entrepreneur avaient déjà été initiées avant que les théories
classiques et néoclassiques ne relèguent ce sujet à l’arrière-plan. Ces réflexions n’ont pas, pour autant, donné
naissance à une véritable théorie de l’entrepreneur. De fait, certaines d’entre elles étaient encore empreintes de
considérations morales, politiques ou religieuses.

On peut, par exemple, évoquer la pensée des mercantilistes qui s’exprime aux 16ème et 17ème siècles, alors que
l’entreprise privée agricole, industrielle et commerciale connaît ses premiers développements. L’entreprise
apparaît, aux yeux des mercantilistes, comme permettant un certain accroissement des richesses et, dès lors,
prometteuse. Dans cette perspective, l’activité marchande est particulièrement valorisée, considérée comme
activité supérieure, reconnue comme étant d’intérêt public, les intérêts des marchands se confondant avec ceux
de la Nation. Dans son traité d’économie politique publié en 1616, De Montchrétien A. évoque l’entrepreneur
comme « un individu qui passe contrat avec l’autorité publique pour assurer la réalisation de divers travaux ou
d’une mission quelconque » (Boutillier, Uzunidis, 1999 : 23). L’entrepreneur-marchand, travaillant sous la
protection du Prince, est l’une des figures saillantes de cette époque. Sur le plan des idées, le 16ème siècle est
marqué par l’émergence de l’individualisme et de la notion de souveraineté de la personne par rapport à la
collectivité. Le mercantilisme, en particulier, va jusqu’à considérer l’égoïsme comme institution régulatrice de la
société. Idéologiquement, ce climat est plutôt favorable à l’actualisation de projets entrepreneuriaux individuels.
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On verra en effet, dans la suite de nos travaux, que l’acte d’entreprendre comporte une forte dimension
« individualiste », à connotation positive ou négative selon les temps et les lieux.

Le mercantilisme contraste avec la condamnation du profit et de la cupidité, fréquente jusqu’alors, surtout au


Moyen-Âge. D’autres courants suivront cependant, qui attribueront à nouveau une valeur fortement négative à
l’entrepreneur et à ses activités. Tel est le cas des physiocrates, qui fondent leur doctrine sur la connaissance et le
respect des « lois naturelles » et donnent la prépondérance à l’agriculture. Pour les physiocrates, l’entrepreneur
ne fait que superviser le travail d’autrui et appartient dès lors à la « classe stérile » ou « improductive » (Quesnay
F., cité par Boutillier S. et Uzunidis D., 1995 : 15).

Ce n’est qu’au début du 18ème siècle que les notions d’entrepreneur et d’entreprise deviennent des concepts
théoriques, au moment où l’économie devient un champ de réflexion autonome et une discipline scientifique à
part entière (Vérin H., 1982). La réalité socioéconomique, bien qu’encore largement dominée par l’agriculture,
est déjà caractérisée par l’intensification des échanges et le développement de l’entreprise pré-capitaliste.

On doit la première théorie de l’entrepreneur à Cantillon R. (1755). Le terme « entrepreneur » visait, pour cet
auteur, toute personne qui prend le risque de mener une affaire commerciale à son propre compte, les échanges
étant effectués dans un but de profit. Cantillon établit un lien entre entrepreneur, risque et incertitude, sans
toutefois distinguer ces deux dernières notions, comme le fera plus tard Knight F. (1921). La prise de risque par
l’entrepreneur tient au fait qu’il s’engage vis -à-vis d’un tiers de façon ferme, alors qu’il n’a pas de garantie de ce
qu’il peut en attendre. L’entrepreneur fait partie de la classe de ceux qui vivent dans l’incertitude, selon un ordre
réglé par les exigences de la raison. Selon les termes de Cantillon lui-même, cité par Bull (Bull I. et Willard G.,
1995 : 3) : le terme entrepreneur désigne « someone who exercises business judgment in the face of
uncertainty ». L’entreprise était dès lors définie « comme une forme d’intervention économique produite par /
productrice de – un ordre ou une classe d’entrepreneurs » (Vérin H., 1982 : 12).

La reconnaissance du rôle prépondérant de l’entrepreneur dans le processus économique est due à J.B. Say
(1803), économiste français, selon qui « l’entrepreneur déplace les ressources économiques d’un niveau de
productivité et de rendement donné vers un niveau supérieur » (cité par Drucker, 1985 : 45). L’entrepreneur
combine et organise les facteurs de la production pour créer une utilité nouvelle. Il est bien l’agent principal de la
production. Il met en œuvre les facteurs de la production, leur donne une impulsion utile pour en tirer de la
valeur. Il organise, planifie la production, et en supporte tous les risques. J.B. Say prolonge les réflexions de
Cantillon en associant la personne de l’entrepreneur à la prise de risque. Les risques pris par l’entrepreneur de
Say sont toutefois liés à la nouveauté qu’il introduit, alors que ceux auxquels s’expose l’entrepreneur de
Cantillon sont liés aux aléas du marché.

R. Cantillon et J.B. Say restent malgré tout des auteurs relativement marginaux au 18ème siècle, celui-ci étant
principalement marqué par l’émergence de la théorie économique classique. Comme signalé précédemment, la
théorie classique montre très peu d’intérêt pour le rôle de l’entrepreneur. Elle accorde plutôt le primat au rôle du
marché et tend à associer l’entrepreneur-gestionnaire au capitaliste qui met à disposition les capitaux nécessaires.
C’est surtout vrai pour les classiques anglais, tels Smith A. (1723-1790) ou Ricardo D. ( 1772-1823). Il n’y a
effectivement que peu de place pour l’entrepreneur dans un modèle qui suppose que les variables économiques
sont déterminées par les seules décisions d’individus supposés rationnels et disposant d’une information parfaite,
où l’équilibre est atteint par l’application automatique du principe de maximisation. L’entrepreneur est, par
conséquent, relégué comme facteur externe au mécanisme économique. Sa réussite ou son échec sont imputés à
une insuffisance d’information ou un recours à un terme qui échappe aux prévisions humaines. De même,
l’entreprise est réduite à une mécanique simple assurant la production de biens et services et le flux régulier des
échanges. Elle apparaît entièrement guidée par les mécanismes du marché ; sa création même résulte d’un calcul
de prix et de coût dans un contexte donné.

La conception néo-classique de l’entreprise est en effet très restrictive, comme le font remarquer Gabrié H. et
Jacquier J.L. dans leur ouvrage publié en 1994 : « l’entreprise néo-classique est à peine plus qu’une fonction de
production et une courbe de coût qui traduit le coût des facteurs de production en coûts (et donc en courbe
d’offre) des produits » (1994 : 8, préface de Simon A.). Par ailleurs, l’aspect essentiellement déductif de la
méthode néo-classique n’encourage pas la prise en compte de l’entreprise dans sa pluralité : « La firme
néoclassique n’est qu’une ‘unité artificielle’, un simple relais dans la théorie des prix, qui ne connaît d’autre
organisation que les combinaisons de facteurs donnés par la fonction de production, d’autres variables que les
prix et les quantités d’input et d’output, et qui ignore totalement les problèmes d’organisation, de coordination,
de contrôle auxquels sont constamment confrontées les entreprises réelles » (1994 : 15).

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La pensée des marginalistes, dans la lignée de l’école classique, conçoit également l’entreprise comme simple
« fonction de production » et n’attribue pas une place plus grande à l’entrepreneur. Walras L. (1874) considère
par exemple que le rôle de l’entrepreneur réside dans la combinaison simple des facteurs de la production, ce
« service » étant gratuit. Boutillier S. et Uzunidis D. soulignent, à ce propos, la question du profit, que cette
perspective laisse sans réponse (1995 : 21).

Dans les années 1920, certains économistes replacent l’entrepreneur au centre de l’analyse et, dans les années
1930, Schumpeter lui attribue une place centrale au sein de l’activité économique : il est identifié comme étant le
principal acteur du changement. L’équilibre et l’optimisation constituaient la préoccupation principale des
théories classiques ; en rupture par rapport à ce modèle, Schumpeter postule que « le déséquilibre dynamique,
créé par le changement, et non plus l’équilibre optimum, constitue la norme d’une économie en bonne santé et la
réalité centrale de la théorie et de la pratique économique » (cité par Wtterwulghe, 1998 : 41).

Après la deuxième guerre mondiale, de nombreuses analyses se concentrent sur la fonction du manager, œuvrant
au sein de grandes entreprises. L’intérêt porté à la petite entreprise et aux créateurs d’entreprise est alors très
faible.

Les études sur l’entrepreneuriat connaissent un regain d’intérêt après les années 1960, avec une attention
particulière pour la petite entreprise. Cet essor continuera de croître au cours des années 1980, durant lesquelles
le nombre d’études se multiplie. La grande entreprise est largement critiquée, perçue comme incapable de
s’adapter à un nouveau contexte économique où le changement est de plus en plus rapide et la concurrence de
plus en plus forte. L’emploi est, en effet, en recul dans les grands établissements industriels, tandis que dans les
petites et moyennes entreprises, on assiste à des créations d’emplois, ou, tout au moins, au maintien de ceux-ci.
Cet intérêt pour les petites structures dépasse le monde de la production ; des arguments généraux, résumés dans
la formule « small is beautifull », sont en effet de plus en plus fréquemment formulés à cette époque, rejetant le
développement des grands groupes au profit de regroupements moins structurés. Les années 1980 sont
caractérisées, par ailleurs, par la résurgence de l’individualisme (Boutillier S. et Uzunidis D., 1995 : 7) qui
alimente l’intérêt pour des thèmes tels que l’esprit d’entreprise ou l’action d’entreprendre.

La théorie économique de l’entrepreneur semble avoir suivi l’évolution de l’économie et de la société. Ces deux
éléments doivent être mis en parallèle. On verra qu’il en est de même pour les autres approches scientifiques.
Les théoriciens économiques ont successivement privilégié différents aspects de l’entrepreneur : les premiers à
avoir identifié l’entrepreneuriat comme objet d’étude scientifique l’ont lié à la prise de risque ; d’autres suivirent,
qui mirent l’accent sur le rôle innovateur de l’entrepreneur. Plus tard, le rôle de manager mobilis a la réflexion,
et, enfin, dans un contexte de concentration du capital et de renforcement des grands groupes financiers, la
tendance à mettre en avant, à encourager (voire à glorifier) l’initiative individuelle et la liberté d’entreprise,
reprit.

Boutillier et Uzunidis (1999 : 11-12) attirent pertinemment notre attention sur les aspects idéologiques de la
théorie de l’entrepreneur : la mise en avant de l’entrepreneur, de l’esprit d’entreprise, de la création d’entreprise,
de la petite entreprise, etc., n’est-elle pas aussi « une idéologie pour temps de crise, permettant notamment de
pallier les carences de la grande entreprise » ? Ces deux auteurs s’interrogent face à une situation quelque peu
paradoxale où l’initiative individuelle de l’entrepreneur reste glorifiée, encouragée, alors que la tendance est au
renforcement de la grande entreprise (fusions, absorptions,…). C’est que celle-ci n’est plus à même d’apporter
les réponses à des questions d’importance telle que celle des exclusions du marché du travail. On peut aussi
émettre l’hypothèse que le fait de placer tous ses espoirs dans les ressources individuelles (l’acteur-miracle)
plutôt que dans le collectif, se produit lorsque les opérateurs publics et les collectivités apparaissent eux-mêmes
impuissants à résoudre les questions les plus cruciales.

1.2. La sociologie

La sociologie ne s’est que tardivement intéressée aux thématiques liées à l’entrepreneuriat. Parallèlement au
développement des théories sur les organisations, elle a privilégié l’étude de l’entreprise en tant qu’espace
socialement organisé et structuré, plutôt qu’en tant qu’action. Ceci explique une production scientifique
concernant l’entreprise plus abondante que les études sociologiques centrées sur l’entrepreneur, l’esprit
d’entreprise ou la création d’entreprise. Par ailleurs, les sociologues du travail ne sont guère intéressés non plus à
l’entrepreneuriat et à l’entrepreneur. La sociologie francophone des métiers et des professions concentre ses
analyses sur l’emploi salarié, au sens large du terme, et les processus de socialisation au travail (Francq B. et
Maroy C., 1996 ; Dubar C. et Tripier P., 1998). Certaines recherches traitent plus précisément des cadres, telle
celle menées, entre autres, par Aubert N. et de Gaulejac (1991), Alter N. et Dubonnet C. (1994) et Guyot J.L. et
8
Bonami M. (2000), ces derniers abordant le cas particulier des professeurs d’université. D’autres études
envisagent le cas des professions libérales, telles celles réalisées, notamment, par Savatier P. (1947), Arliaud M.
(1987), Herzlich C. et al. (1993) et Karpik L. (1995). Néanmoins les ressources francophones sont très peu
conséquentes quand il s’agit de considérer le métier d’entrepreneur et/ou le patronat (Ganty A. et Hiernaux J.,
1981 ; Gresle F., 1985 ; Amiot M., 1991 ; Scieur P., 2000). La sociologie anglophone présente les mêmes
caractéristiques, avec un intérêt peut-être plus marqué pour les professionnals (professions libérales, cadres à
haut degré de responsabilité et d’autonomie, tels que les professeurs d’université et les médecins, notamment en
milieu hospitalier) et fournit, dès lors, peu de cadres de référence pour l’analyse de l’entrepreneuriat.

Sainsaulieu R. (1992) remarque une tendance générale, manifeste aussi chez les sociologues, qui consis te à
confondre les deux objets, pourtant bien distincts, que sont l’entreprise d’une part, et l’entrepreneur d’autre part.
Il fait le constat de la rareté des travaux sociologiques traitant directement des « dirigeants » et regrette cet état
de fait, car il ne peut y avoir, selon lui, de sociologie de l’entreprise sans sociologie de ses patrons (1992 : 150).
La rareté des études sociologiques concernant l’entrepreneur ou les créateurs d’entreprise tient également au
risque de réductionnisme et de psychologisme présent lorsqu’on aborde ces sujets.

En ce qui concerne l’intérêt porté par la sociologie à l’entreprise proprement dite, il est relativement tardif.
Bernoux P. fournit quelques explications à ce propos. Le développement d’une sociologie des entreprises
nécessitait, selon lui, un pré-requis : le développement de la sociologie des organisations. Celle-ci a fourni les
outils qui ont permis de penser l’entreprise comme « un sujet sociologique, capable d’autonomie et créatrice de
social au sens fort du terme, ce qui lie les individus et fait une société » (Bernoux P., 1999 : 13-14).

Une autre explication tient à la nature des perspectives dégagées par la sociologie, en lien direct avec son objet
principal, défini par Bernoux comme : premièrement, l’étude de la construction des règles que tout groupe
humain se donne pour agir, et deuxièmement, l’analyse de la construction du sens que les individus donnent à
leur action. Or, jusque 1975 environ, le mode d’approche de l’entreprise ne permettait pas de la penser comme
« centre d’autonomie et de capacité à créer des règles » (Bernoux, 1999 : 10). L’entreprise a longtemps été
perçue comme entièrement déterminée par des contraintes externes, sans qu’aucun espace de liberté ne soit
reconnu au groupe humain qui la constitue.

Par ailleurs, le véritable objet sociologique était le travail. Ce dernier était le plus souvent envisagé dans une
perspective instrumentale (l’entreprise n’étant que le lieu de son accomplissement), ou faisait l’objet d’une
interprétation sociopolitique (l’entreprise étant, dans ce cas, considérée comme le lieu d’un rapport de force, de
conflits, d’exploitation, voire d’aliénation, mais aussi comme lieu de médiation, par le biais du syndicalisme).

Spurk J. (2000) établit un constat semblable, qualifiant la sociologie (française) de l’entreprise d’ « enfant
tardif ». Il retrace le chemin et les contingences qui, en France, ont conduit la sociologie à s’intéresser à
l’entreprise « en tant que lieu de création de richesses, d’identité et de lien social » (2000 : 13) et pose la question
des rapports entre l’entreprise et la société au sein de laquelle elle existe (2000 : 13).

Parmi les événements qui ont favorisé le développement d’une sociologie de l’entreprise, après 1975, Bernoux P.
(1999 : 11) évoque tout d’abord la crise économique : face à la montée du chômage, l’entreprise est apparue
comme « acteur capable de sauvegarder l’emploi et, à travers lui, une valeur essentielle de socialisation de notre
société ». Sainsaulieu (1992, 1997) évoque cet épisode comme celui de la « réhabilitation » de l’entreprise dans
la conscience collective. Ce n’est pas sans paradoxe : identifiée comme acteur incontournable pour sauvegarder
l’emploi, l’entreprise est aussi la scène d’exclusions.

Sainsaulieu R. (1992 : 25-26) perçoit dans ces caractéristiques contextuelles les raisons de la légitimité d’une
sociologie de l’entreprise : « Il devenait légitime de s’interroger sur l’entreprise contemporaine autrement qu’en
historien, économiste ou juriste, car les sociologues pouvaient y voir plus qu’un simple appareil de production ou
un territoire de combats sociaux épisodiques. Ils découvraient en l’entreprise contemporaine réhabilitée la
naissance d’une véritable institution fondatrice de lien social et de culture intéressant la société tout entière ».

Ensuite, l’apparition de certaines questions, d’ordre théorique ou pratique, contribuera indirectement à renforcer
l’idée de l’entreprise comme lieu de création sociale autonome. Parmi les thèmes émergents, on retrouve
notamment le thème de la culture d’entreprise, celui des politiques d’intégration et de mobilisation des
travailleurs, celui de la recherche de consensus,… Plus globalement, c’est le débat autour du rapprochement de
l’entreprise et de la société qui est ouvert.

9
Si la sociologie s’est préoccupée de l’entreprise, c’est, d’une part parce qu’elle s’est révélée comme objet
sociologique proprement dit, et, d’autre part, parce que la réflexion sur l’entreprise est au centre de la critique de
la société. Dans sa préface à la seconde édition de « Sociologie de l’entreprise – organisation, culture et
développement », Sainsaulieu évoque les enjeux de l’époque : « il s’agit d’inventer la ou les formes de société
supportables au sein d’une mondialisation de l’économie libérale » (1997 : 16). L’entreprise, en tant que lieu (et
même acteur) de l’invention de la société, est bien au cœur du débat mené autour de cette question, qui touche au
sens du travail : «… la société moderne est (donc) bien douloureusement en question autour d’une régulation
sociale pertinente au cœur même des entreprises et de leurs établissements. Et c’est probablement autour du
problème de l’emploi pour tous que se cherchent des régulations nouvelles au cœur même des rapports de
production » (1997 : 458).

On comprend mieux à présent comment l’entreprise a gagné l’intérêt des sociologues et sa légitimité en tant
qu’objet sociologique. Il s’agit maintenant d’évoquer, dans les grandes lignes, l’évolution des conceptions de
l’entreprise proposées par les différents paradigmes théoriques. De fait, de la même manière que chaque
discipline scientifique permet un éclairage spécifique du phénomène entrepreneurial, chaque théorie
sociologique apporte des éclaircissements de facettes différentes de l’entreprise. On peut considérer que ces
théories constituent « un ensemble d’outils théoriques à adapter aux différents champs d’une totalité unique »
(Bernoux P., 1999 : 14). Ces théories peuvent être regroupées par paradigmes, en fonction de leur type de
questionnement et de leurs référents théoriques. Chacun des paradigmes se constitue autour de questions
centrales que l’on va tâcher d’expliciter brièvement.

Une des premières questions de la sociologie par rapport aux entreprises visait la compréhension des modes de
rationalisation des structures sur lesquelles elles fonctionnent. Max Weber (1920) pose, en effet, la question de la
légitimité de l’exercice de l’autorité, dans le système capitaliste de la fin du 19ème siècle, en Occident. La
domination capitaliste est identifiée comme étant de type rationnel légal et s’incarne dans la bureaucratie.
L’intention de Weber n’était pas d’élaborer une théorie de l’entreprise, mais il est permis d’appliquer sa théorie
de l’action rationnelle à l’entreprise. La première représentation théorique sociologique de l’entreprise transpose
donc à l’entreprise les principes qui régissent les systèmes bureaucratiques (modèle rationnel) ; l’entreprise est,
dès lors, entendue comme un objet structuré par un système de règles posées a priori, un système fondé sur la
formalisation du rationnel dans la définition des fonctions, où la cohérence est assurée par la hiérarchie. De
nombreuses critiques s’attaqueront au modèle rationnel, soulevant les questions non abordées par celui-ci, telles
que la reconnaissance de l’acteur et de son autonomie, l’expression de comportements informels dans
l’entreprise, l’existence de plusieurs rationalités, la prise en compte de l’environnement de l’entreprise, etc.

L’approche par la contingence, initiée par les travaux de Woodward J. (1965) et Chamberlain N. (1968), et
développée, plus tard, par Pfeffer J. et Salancick G. (1978), Aldrich H. (1979), Mintzberg H (1979, 1982, 1990),
intègre, quant à elle, des variables contextuelles pour expliquer comment les organisations se structurent.
Mintzberg H. soutient que cette construction s’opère par ajustement aux contraintes contextuelles, d’une part et
en veillant à préserver la cohérence interne de l’organisation, d’autre part.

On le voit, c’est à partir de nouvelles questions, suscitées par les insuffisances des modèles précédents, que les
sociologues pensent de nouveaux outils théoriques pour aborder l’entreprise. Progressivement, l’entreprise
apparaîtra comme construite par des acteurs, comme un « système social concret » (Crozier M. et Friedberg E.,
1977), lui-même ensemble de sous-systèmes, issu des rapports de pouvoir,… L’idée de « rationalité limitée » est
introduite, on prend en compte les comportements informels dans l’entreprise ; on admet que ceux-ci, bien que
constituant des infractions à la règle (formelle), peuvent s’avérer efficaces. L’analyse stratégique (Crozier M. et
Friedberg E., 1977) permet, par exemple, de rendre compte des rapports de pouvoir, des tensions, au sein de
l’entreprise, entre division du travail et coopération. La question centrale, à la base du développement
des théories qui s’inscrivent dans ce «paradigme de l’acteur et de ses enjeux », pour utiliser l’appellation
générique que lui donne Bernoux P. (1999), est celle de la construction des organisations.

Après la question de la construction des organisations, vient celle de leur permanence, de ce qui fait que le lien
social qui s’actualise, au travers de l’entreprise en particulier, perdure. Cette question ouvre le champ à des
réflexions sur la constitution de sociabilités collectives au sein des entreprises, sur la culture (comme cadre de
pensée, comme système de valeurs, comme système de règles), sur les cultures d’entreprise, sur la construction
de l’identité au travail, sur la confiance,…

La théorie des conventions a, par exemple, donné lieu à d’intéressants apports répondant aux interrogations
suscitées par la coopération (inscrite dans la durée) dans les organisations conçues comme des systèmes de liens
sociaux. L’hypothèse centrale défendue par les auteurs de la théorie des conventions (Boltanski L. et Thévenot
10
L., 1987) tient dans la proposition suivante : « Sinon l’harmonie, tout du moins la possibilité des relations entre
personnes repose (…) sur des systèmes d’équivalences partagées, des grandeurs communes, permettant à chacun
de retrouver les repères (objets, individus, relations) qui vont guider ses relations dans la situation, lui fournir les
éléments de caractérisation de celle-ci. Ces grandeurs, ces systèmes d’équivalences, se déploient dans des
mondes régis par la cohérence des principes qui y sont activés » (Amblard H et al., 1996 : 78).

Cette approche propose donc de comprendre les modalités de construction d’accords, non plus à travers les jeux
des acteurs, mais par les justifications sur lesquelles elles reposent. La coopération n’est, en effet, possible que
grâce à l’existence de cadres communs, de conventions, entendues comme « systèmes d’attentes réciproques sur
les compétences et les comportements, conçus comme allant de soi et pour aller de soi.» (Bernoux, 1999 : 208).
Les auteurs définissent six mondes (sous des formes idéal-typiques) régis par la cohérence des principes qui y
sont activés. Ces mondes sont aussi appelés natures, faisant ainsi allusion à ce qui paraît naturel dans un groupe.
Chaque monde identifie un principe supérieur commun, un ordre de grandeur (de l’état de grand à l’état de petit,
ou de ce qui est le plus valorisé à ce qui l’est moins), un répertoire d’objets qui confortent et matérialisent le
bien commun. Pour brièvement évoquer les six natures identifiées par Boltanski L. et Thévenot L. (1987), on se
réfère à Bernoux P. (1999 : 203-204) : « Il y en a six : inspirée (la créativité), domestique (l’art des relations
familiales, de la tradition), du renom (relations publiques, vedettes, opinion), civique (le fait de tous, l’égalité),
marchande (biens convoités par tous, équivalence monétaire), industrielle (impératif de productivité) ». Une
relative harmonie est, en principe, assurée au sein d’un même monde, notamment par la référence au principe
supérieur commun qui le régit. En réalité, chaque situation concrète est le lieu de friction de différents mondes et,
par conséquent, sujette à controverses. L’entreprise est, par exemple, un lieu caractérisé par la présence de
plusieurs natures qui s’accommodent. La théorie des conventions pose la question des modalités de construction
d’accords en termes d’équivalence entre des natures : dans le cadre de la relation de travail, identifiée comme
nécessairement conflictuelle et coopérative, des équivalences sont à trouver entre le salaire (qui relève de la
nature marchande) et la productivité (qui relève de la nature industrielle ou domestique). La relation de travail
est qualifiée de confiance dans l’ordre domestique, et de production dans l’ordre industriel.

Une autre théorie sociologique nous éclaire sur les conditions de l’accord et de sa permanence, dans les
organisations : il s’agit de la sociologie de la traduction (Callon, 1989 ; Latour B., 1992). Celle-ci est, en outre,
particulièrement intéressante lorsqu’il s’agit d’expliquer le changement et l’innovation dans les organisations et
dans l’entreprise en particulier. Cette dernière question est précisément une des préoccupations de premier plan à
l’heure actuelle, parmi les théoriciens et les acteurs socioéconomiques. Si le questionnement de départ des
auteurs de la sociologie de la traduction est plutôt d’ordre épistémologique (question portant sur la construction
du discours scientifique), les outils qu’ils proposent n’en sont pas moins pertinents pour appréhender l’entreprise
et ce qui s’y passe. On peut notamment étudier l’entreprise à travers le concept de réseau, comme somme
d’entités humaines et non-humaines, articulées entre elles (« méta-organisation » rassemblant des humains et des
non humains, « mis en intermédiaires » les uns avec les autres). Par ailleurs, on peut considérer l’entreprise
comme faisant partie de réseaux, comme entité parmi d’autres, dont la stabilité conditionne celle de l’ensemble.
(Amblard H. et al. : 1996 : 168). Les sociologues de la traduction soutiennent que la mise en œuvre d’une
innovation nécessite une chaîne d’acteurs pour lesquels cette innovation doit devenir un enjeu. Cette chaîne se
constitue à travers un long travail d’intéressement des acteurs, impliqués de près ou de loin. Ce travail
d’intéressement passe par une opération de traduction des intérêts des acteurs dans un langage qui est le leur ou
qu’ils peuvent s’approprier, qui répond à leur logique, qui s’inscrit dans leurs préoccupations et leurs
représentations. C’est l’analyse du cheminement qui mène au changement, ou du changement « en train de se
faire », qui intéresse les sociologues de la traduction.

On le voit, au terme de cet exposé de l’évolution du questionnement sur l’entreprise et des concepts choisis pour
évoquer les problématiques autour de cet objet, la sociologie pose un regard multiple sur l’entreprise. Il est, dès
lors, difficile d’articuler les différents référentiels théoriques dans un paradigme unique. Certains auteurs ont,
néanmoins, tenté cet exercice. Ainsi, Amblard H. et al. (1996) et Bernoux P. (1999) proposent une approche,
centrée sur le concept de logique d’action, qui vise à répondre à la double nécessité, d’une part, de « jeter des
ponts entre théories, écoles, paradigmes » (Amblard H. et al., 1996) et, d’autre part, d’intégrer les outils mis à
disposition par l’analyse stratégique tout en apportant une nuance à sa lecture trop conflictuelle (centrée sur les
jeux de pouvoir). Cette approche est d’un intérêt des plus évident dans la mesure où elle accorde une égale
importance aux situations concrètes d’action, aux variables de contexte et à l’expérience passée des individus et
des collectivités, ainsi qu’à leur histoire.

De fait, elle se préoccupe des composantes biographiques, relationnelles, culturelles et situationnelles, des
stratégies, des attitudes et des comportements des acteurs sociaux, et ce, dans une perspective dynamique.

11
D’autre part, cette approche pluridimensionnelle évite le piège du morcellement de l’objet d’étude et doit
permettre d’appréhender celui-ci dans sa cohérence sociologique globale.

1.3. La psychologie

Tout comme la sociologie, la psychologie ne dispose pas, à notre connaissance, d’un corpus théorique solide en
ce qui concerne l’entrepreneuriat et l’entrepreneur. Cette absence n’est nullement à attribuer à un manque de
questions et de travaux sur le sujet. Nombreux sont les scientifiques qui ont cherché à établir le profil
psychologique de l’entrepreneur et il existe une abondante littérature sur le sujet. De nombreux auteurs ont, par
ailleurs, tenté d’établir des liens entre le type psychologique d’entrepreneur et la performance de l’entreprise. Les
thèmes de la motivation ou de « l’esprit d’entreprise » ont, eux aussi, suscité beaucoup d’intérêt. Certains auteurs
se sont basés sur les observations précitées pour construire des typologies. Enfin, pour être complet, il faut
encore évoquer les interprétations de type psychanalytique. Nous évoquerons les références de quelques-uns uns
de ces travaux par la suite.

Les productions de la psychologie en matière d’entrepreneuriat souffrent de nombreuses critiques. Certains,


sociologues, entre autres, l’ont notamment accusée «d’avoir des buts d’intégration, voire manipulatoires,
éliminant les problèmes de rapports sociaux et de pouvoir » (Bernoux, 1999 : 67). Des critiques d’un autre ordre
visent principalement le manque de confirmation empirique de nombreux modèles proposant des stéréotypes
psychologiques de l’entrepreneur. Ceux-ci décrivent trop souvent les extrêmes d’une population donnée, de sorte
que l’on n’y reconnaît absolument pas la grande majorité des individus qui la composent. C’est une des critiques
formulées par Chell E. (1985) à l’encontre du modèle de Kets de Vries M.F.R. (1977). Pour ce dernier,
l’entrepreneur est caractérisé par une personnalité déviante, incapable de s’intégrer dans toute organisation
préexistante. Cette inadéquation est une source d’angoisse contre laquelle il ne peut lutter qu’en créant lui-même
sa propre organisation, sa propre entreprise.

Parmi les tentatives d’identification d’un (ou de plusieurs) traits psychologiques qui caractériserai(en)t le groupe
des entrepreneurs par rapport au groupe des non-entrepreneurs, on peut citer celle de McClelland (1961), dont
les travaux mettent en avant le besoin d’accomplissement (« the achievement motivation ») comme
caractéristique première de l’entrepreneur. Timmons (Timmons J.A. et al., 1977) liste, quant à lui, pas mo ins de
vingt caractéristiques qui différencient les entrepreneurs des autres. Dans une édition plus récente du même
ouvrage (1999 : 220-225), il retient six thèmes dominants relatifs aux attitudes et comportements (« desirable
and acquirable ») caractérisant l’entrepreneur : « commitment and determination ; leadership ; opportunity
obsession ; tolerance of risk, ambiguity, and uncertainty ; creativity, self-reliance, and ability to adapt,
motivation to excel ». On le voit, la frontière entre les caractéristiques attendues et celles qui sont effectivement
observées n’est pas toujours très claire et la limite entre le discours analytique et le discours prescriptif est
facilement franchie.

Pour terminer, on peut reprendre la suggestion de Venkataraman S. (1997), qui signale que les progrès de la
psychologie cognitive ouvrent des perspectives intéressantes d’investigation autour de questions peu traitées
jusqu’alors. Il s’agit notamment d’identifier les différences entre entrepreneurs et non-entrepreneurs du point de
vue cognitif (importance de l’accès à l’information, les « knowledge corridors » ou connaissances spécifiques,
différences interindividuelles de traitement du risque au niveau cognitif…). On peut aussi étudier les différences
interindividuelles du point de vue comportemental (différence des processus créatifs, des stratégies face au
risque…)

1.4. Les sciences de la gestion

Le management est avant toute chose « un ensemble de pratiques empiriques tâtonnantes, puis systématisées
autour d’une doctrine, le taylorisme, s’efforçant d’établir les bases scientifiques d’un système d’organisation du
travail idéal » (Tapia C., 1991 : 27). A l’origine, le management est bien une pratique : il s’agit de « l’art de
commander, de manier les hommes et les choses, d’articuler les facteurs de production, dont la force de travail,
de maîtriser les situations internes et les événements externes, en vue d’obtenir les meilleurs résultats
économiques possibles » (Tapia C., 1991 : 26). A cette première conception de la gestion comme pratique, est
associée une perception relativement restreinte de l’entreprise comme «cellule du système économique ».
Progressivement cependant, les connaissances acquises de l’expérience seront systématisées et vont constituer un
corps autonome, qui fera l’objet d’un enseignement dans les «business schools » ou à l’université. Le
management tendra vers une visée de plus en plus analytique. Peu à peu, son champ s’élargit, intégrant des
aspects plus complexes de la vie de l’entreprise et des organisations de manière plus générale.
12
Le management est bien à la fois une pratique et un corps de connaissances théoriques, la première de ces
caractéristiques étant aussi celle qui, historiquement, précède la seconde. Drancourt M. fait apparaître ce double
aspect en le définissant comme « la théorie et la pratique des entreprises et plus généralement de toutes les
structures organisées » (1998 : 235). Le management vise l’élaboration de politiques « scientifiques » de
l’organisation et du commandement.

Le management s’est enrichi des préoccupations et avancées des sciences sociales. Grâce aux travaux et
enquêtes de ces dernières décennies, il a été amené à prendre en compte des aspects de la vie de l’entreprise
ignorés jusque là tels que, par exemple, les systèmes de comportements, d’aptitudes, de compétences, ou encore
les mécanismes de la prise de décision, les réseaux de communication et d’information, l’ensemble de règles, les
conventions internes, la hiérarchie, les modes d’intégration des groupes ou des individus dans l’organisation…
Le management des années 1960, développant notamment un intérêt pour l’environnement dans lequel sont
prises des décisions (théorie de la décision) est, en effet, loin du management classique des débuts (Taylor F.W.,
1909 ; Fayol H., 1916), qui avait identifié la planification, l’organisation, la coordination et le contrôle comme
principales fonctions des managers (fonctions normatives ne recouvrant pas l’entièreté de leurs activités
effectives).

Parallèlement à l’élargissement du champ du management, c’est aussi la représentation de l’entreprise qui


évolue : d’abord considérée comme cellule du système économique (principalement orientée vers des objectifs
de production), ensuite comme collectivité, espace social (constitué de relations contractuelles, de systèmes de
comportements, de processus cognitifs et affectifs,…), et enfin, comme réalité sociale et culturelle (créatrice de
social, de symboles, de culture, et investie de responsabilité par rapport à la société). Si cette tendance de fond à
l’élargissement des dimensions prises en compte est bien réelle, il faut cependant mettre un bémol à ce propos.
Que dit vraiment le management de l’entreprise comme collectivité, espace social, réalité sociale et culturelle, et
dans quelle mesure ces considérations l’intéressent-t-il, si ce n’est à titre instrumental, à partir du moment où sa
préoccupation première reste opérationnelle (la gestion efficace des organisations, une mobilisation et une
motivation accrues des travailleurs au service des buts de l’entreprise) ? Un courant critique des années 1970 et
1980 s’est d’ailleurs exprimé, remettant en cause la pensée analytique du point de vue de son efficacité directe
pour l’entreprise.

On pourrait plus longuement réfléchir sur le statut épistémologique des sciences de la gestion, situées au
carrefour de regards disciplinaires et paradigmatiques diversifiés, focalisant sur un même objet mobilisateur, plus
ou moins circonscrit. Le statut de cette discipline est peu clair en raison de la difficulté d’identifier ses référents
théoriques propres, sa méthodologie originale ; elle ne constitue pas un corps de connaissances autonome, du
moins en ce qui concerne une théorie de l’entrepreneur. Face à ses velléités d’autonomie, Tapia C. (1991 : 13) se
montre très critique : l’autonomisation du management par rapport aux sciences humaines mène à la dégradation
des connaissances « par appauvrissement du contexte réflexif et analytique de leur émergence » (1991 : 13). La
« science » du management tend en fait à rompre tout rapport avec les sciences humaines et pêche souvent par
excès de schématisation et de simplification, produisant des théories normatives et dogmatiques, fort appréciées,
du reste, des hommes de terrain.

2. Pluralité et relativité des projets de systématisation des cadres théoriques

Peu d’auteurs ont déjà tenté de proposer un inventaire critique de la production scientifique concernant
l’entrepreneuriat et la création d’entreprise. Dans ce contexte, la démarche de Bull I. et Willard G. (1995) est
originale, dans la mesure où elle est propose une série de critères permettant de structurer cet inventaire. Selon
ces auteurs (1995 : 2), « The existing literature can be grouped into five broad categories. The first, which is not
concerned with theory, focuses on a definition of the word ‘entrepreneur’. A second category might be
considered the trait approach, i. e., the study of psychological traits of people identified as entrepreneurs.
Another is the study of success strategies , reasons offered to explain the success of new and existing business
ventures. A fourth category of papers is the study of the formation of new ventures. And finally, there are papers
that study the effect of environmental factors on entrepreneurial actions ».

Une telle proposition est intéressante, mais comporte quelques limites et peut être critiquée. Ainsi, une des
faiblesses du découpage élaboré par les deux chercheurs américains réside dans le fait que les cinq catégories ne
sont pas parfaitement mutuellement exclusives. Par exemple, les caractéristiques de l’entrepreneur, telles que ses

13
traits de personnalité, pourraient être intégrées à une réflexion sur les facteurs de réussite3 (« reasons offered to
explain the success »). Ceci rendrait caduque la catégorisation proposée, puisque les recherches relevant de la
seconde catégorie pourraient également relever de la troisième. De même, la frontière entre cette dernière et celle
relative à l’environnement de l’entreprise n’est pas toujours évidente. Cette superposition relative des catégories
peut cependant être évitée si l’on considère que la troisième catégorie renvoie exclusivement aux facteurs
stratégiques qui expliquent la réussite ou l’échec de l’entreprise. Dans ce cas, cette catégorie se cantonnerait
strictement aux travaux portant sur les actions organisées et organisatrices menées par l’entrepreneur, analysées
du point de vue de leur impact sur le développement de l’entreprise, abstraction faite des caractéristiques de
l’entrepreneur ou de son entreprise.

Le caractère relatif de la typologie apparaît plus clairement si l’on se réfère à un exemple concret. Prenons celui
de l’article de Janssen F. (2000), qui se préoccupe des déterminants de la croissance des petites et moyennes
entreprises et dont l’étude s’apparente donc au troisième courant circonscrit plus ou moins précisément par Bull
et Willard.

Selon Janssen, il est possible de classifier les recherches sur les déterminants de la croissance en cinq familles
principales : les travaux centrés sur les caractéristiques du dirigeant, ceux portant sur les caractéristiques de
l’entreprise, ceux liés à la gestion de celle-ci, ceux analysant l’influence de variables exogènes et ceux étudiant
les stades de développement de l’entreprise. Dans cette perspective, l’auteur considère donc les catégories 2
(traits) et 5 (environnement) de Bull et Willard comme inscrites dans la catégorie 3 de ces derniers, traitant des
facteurs de succès des entreprises. Ce simple exemple démontre la subordination des typologies élaborées à
l’angle d’approche et à l’objet privilégié.

Le texte de Janssen nous amène également à souligner une autre limite de la typologie de Bull et Willard. En
effet, celle-ci s’avère incomplète : la liste des courants identifiés n’est pas exhaustive. On pourrait y ajouter, en
s’inspirant de Janssen, un courant lié à l’examen des étapes du développement du projet entrepreneurial et/ou de
l’entreprise. En outre, l’examen attentif de la littérature que nous avons mené nous permet de définir encore une
autre piste non indiquée par les deux spécialistes américains. Il s’agit de l’ensemble des analyses portant sur le
rôle et les fonctions, tant économiques que sociales, de l’entrepreneur et de la création d’entreprise4 .

Face aux limites qui viennent d’être énoncées, faut-il pour autant abandonner toute volonté taxonomique ? Nous
ne le pensons pas, dans la mesure où l’identification de différentes tendances et objets spécifiques de recherche
facilitera notre positionnement théorique et méthodologique. Dès lors, nous structurerons la présentation
synthétique de la littérature relative à notre thème de recherche autour des six axes suivants :

1. les approches visant l’élaboration d’un cadre conceptuel ;


2. les approches centrées sur la caractérisation empirique et la classification des créateurs d’entreprise ;
3. les approches étudiant la création en tant que processus ou concrétisation de celui-ci;
4. les approches liées à l’identification des facteurs de développement, de succès ou d’échec ;
5. les approches environnementales, préoccupées par le contexte de l’action entrepreneuriale et les
variables exogènes à l’entreprise ;
6. les approches fonctionnalistes, analysant les rôles et fonctions de cette action.

Plutôt que de parler de paradigmes, ce qui supposerait un certain niveau de structuration et de totalisation, nous
parlerons d’approches, terme qui nous paraît plus adéquat pour désigner un ensemble d’analyses ou de réflexions
ayant la même préoccupation par rapport à un objet donné.

Les recherches et théories qui vont maintenant être survolées relèvent tantôt de la microéconomie, tantôt de la
macroéconomie, tantôt de la sociologie des organisations, tantôt de la sociologie générale, tantôt de la
psychologie, tantôt des sciences du management. Ces travaux sont nombreux et adoptent des perspectives
variées. Il sera, par conséquent, impossible d’en faire un inventaire complet et détaillé. Tout au plus pourrons-
nous présenter ces perspectives de manière concise, sans en développer le contenu. De fait, nous n’avons pas ici
3
La délimitation de la troisième catégorie par Bull et Willard est elle-même relativement floue. Sont-ce uniquement les
stratégies qui sont visées par ces auteurs ou incluent-ils l’ensembles des raisons avancées pour expliquer la réussite ? Dans ce
dernier cas, des éléments d’ordre extérieur à l’action de l’entrepreneur et à sa stratégie pourraient donc également être
considérés. Les propos des auteurs ne permettent pas de répondre à la question.
4
A ce propos, il serait possible d’argumenter, en faisant référence à Casson (1991), qui propose deux types de définitions de
l’entrepreneur, l’un indicatif, l’autre fonctionnel, que cette dernière piste relève en fait du premier courant, centré sur le projet
conceptuel. Néanmoins, nous n’adopterons pas ce point de vue, étant donné l’importance et la spécificité de la littérature
« fonctionnaliste ».
14
l’ambition de réaliser une étude bibliographique exhaustive de la question (plusieurs tomes n’y suffiraient pas)
mais de présenter succinctement les six approches que nous avons isolées, celles-ci devant nous fournir, par la
suite, les éléments nécessaires à la poursuite de l’objectif de notre travail.

La présentation des différentes approches se fera sans a priori quant à leur pertinence par rapport à l’objectif
spécifique de notre recherche. Le lecteur ne doit pas trouver dans l’ordre de présentation l’expression d’une
préférence quelconque de notre part ou d’une progression dans la valeur heuristique des perspectives présentées.
L’intérêt des différentes approches du point de vue de notre problématique propre sera débattu par la suite.

Les travaux qui seront présentés sous la même appellation peuvent être d’origines diverses, mais présentent une
communauté de sensibilité par rapport à l’objet de recherche qui est le nôtre. Remarquons que certains auteurs
combinent parfois, au sein de leurs publications, plusieurs approches et que, dès lors, le découpage que nous
proposons peut paraître artificiel. Il n’en demeure pas moins que celui-ci offre l’avantage de présenter de
manière synthétique et pédagogique un foisonnement de recherches et de théories.

3. L’approche conceptuelle

Une des préoccupations qui structurent le travail des auteurs rencontrés lors de l’exploration de la littérature
porte sur la mise au point du cadre conceptuel scientifique afférent aux notions d’entrepreneur et
d’entrepreneuriat. Cette préoccupation correspond à un enjeu majeur, dans la mesure où c’est de la délimitation
et de la construction de l’objet de recherche dont il s’agit. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle un chapitre
complet de notre travail y sera consacré. Dès lors, nous nous limiterons, dans ce point, à proposer un inventaire
général de ce courant de la production scientifique.

La conceptualisation des notions qui nous intéressent ici est, comme le font remarquer Redlich F. (1949),
Wortman M. (1987), Ireland R. et Van Auken P. (1986), Chell E. et al . (1991), Filion L. J. (1991, 1997) ou
Gartner (1990), rendue malaisée par la multiplicité des points de vue envisageables et la polysémie de ces
mêmes notions. Les difficultés sont d’autant plus grandes que, comme le souligne Wu S. (2000),
l’entrepreneuriat n’est pas une notion stable dans le temps et correspond à un phénomène en proie à une
continuelle évolution. C’est pourquoi, diverses démarches coexistent.

Tout d’abord, il faut souligner l’importance d’une littérature de type normatif et prescriptif concernant
l’entrepreneur. Il y est question des compétences, traits de personnalité, qualités, savoirs, ressources que tout
(candidat) entrepreneur se doit de posséder. A titre d’exemple, nous citerons de Woot P. (1968), White R.
(1977), Kingstone B. (1981), Miner J. (1996a, 1996b), le Cercle Economique de la Fondation Roi Baudouin
(1998), Hisrich R. et Peters M. (1998) et Libecap G. (1998). Ces écrits sont d’un intérêt limité, dans la mesure où
ils relèvent plus du discours idéologique ou du sens commun que de la production scientifique. Leur valeur
heuristique est relativement faible, aussi nous ne nous y attarderons pas. D’autres publications ont un objectif
pragmatique et visent le conseil des candidats entrepreneurs. C’est notamment le cas de Desseigne G. (1996) et
de Basso O. et Bieliczky P. (2001).

Certains auteurs, tels que Braudel F. (1986), Chadeau E. (1988), Boutillier S. et Uzunidis D. (1995, 1996, 1999)
ou Kurgan-van Hentenryck (2000) adoptent une perspective socio-historique en s’intéressant à l’identification et
à la caractérisation des groupes sociaux ou des agents économiques qui, aux divers moments de l’évolution
économique, peuvent être identifiés comme « entrepreneurs ». Le travail de ces auteurs met en évidence le
caractère relatif, du point de vue socio-historique, des notions d’entrepreneur et d’entrepreneuriat, et éclaire leur
dimension idéologique.

D’autres auteurs procèdent par opposition ou par comparaison pour clarifier les concepts. C’est le cas de Carland
J. et al. (1984), qui soulignent notamment les différences entre entrepreneur et propriétaire, ou de Aumont B. et
Mesnier P. M. (1995), préoccupés par les points communs entre entrepreneur et apprenant. Dans cette optique,
plusieurs publications concernent la distinction entre entrepreneur et manager. Nous pensons, entre autres, à
Bellu R. (1988), Miner J. (1990) et Fagenson (1993). Casson M. (1982), quant à lui, s’intéresse à la distinction
entre entrepreneurs et dirigeants de petites et moyennes entreprises. Carrier C. (1997) identifie, pour sa part, les
spécificités de l’« intrapreneur ».

Cette manière d’envisager la question nous amène à considérer les nombreux auteurs qui ont tenté d’élaborer une
définition compréhensive du concept d’entrepreneur et qui se sont donc penchés sur les traits communs des
individus relevant de cette catégorie. Cette littérature, concernée par une définition « indicative » (Casson M.,
15
1991), est, par conséquent, à la frontière entre les deux premiers axes identifiés précédemment (approches
conceptuelles / approches centrées sur la caractérisation empirique et la classification), ce qui démontre, une fois
encore, la relative difficulté de classifier les travaux concernant l’entrepreneuriat. Néanmoins, les définitions
indicatives dont il est question dans le premier axe relèvent plus d’une logique déductive5 , ce qui les distingue
des caractéristiques visées par l’axe deux, plus souvent identifiées dans le cadre d’une démarche inductive. Il
faut néanmoins admettre que celle-ci contribue également à la clarification d’un cadre conceptuel opérationnel.
Nous y reviendrons dans le point suivant.

Parmi les textes proposant une définition indicative, on peut citer celui de Bull I. et Willard G. (1995), dont
l’effort de systématis ation est tout aussi remarquable que celui fourni par Hisrich R. et Peters M. (1998), celui de
Drucker P. (1985a), parfois à la limite du propos prescriptif, celui de Schein E. (1994), celui de Cohen E.
(1994), celui de Miner J. et al. (1992a) et celui de Verbeeren B. (2000), qui met en exergue les traits spécifiques
de l’entrepreneur œuvrant dans le secteur non marchand.

Complémentairement à ces définitions indicatives, et pour reprendre la distinction élaborée par Casson M.
(1991), il convient d’identifier les définitions « fonctionnelles ». Comme le synthétise Wtterwulghe R. (1998 :
37), celles-ci ont pour projet la délimitation des fonctions de l’entrepreneur, alors que les définitions indicatives 6
proposent un inventaire détaillé des caractéristiques des personnes qui remplissent ces fonctions. Ici aussi, la
distinction est parfois factice et ne se justifie qu’à des fins didactiques. De fait, comme le souligne Wtterwulghe
(1998 : 37), les deux points de vue sont indissociables : « l’approche fonctionnelle permet de déterminer les
caractéristiques spécifiques nécessaires à l’entrepreneur pour remplir efficacement sa fonction. Ces mêmes
critères constituent le fondement d’une définition indicative de l’entrepreneur. Chacune des deux approches se
rattache en fait à une discipline scientifique particulière. Ainsi, l’approche fonctionnelle a été privilégiée par les
économistes, pionniers dans le domaine de l’entrepreneuriat. L’école ‘behavioriste’ est à la source de
l’approche indicative. Bien que complémentaires, les deux types d’approches sont chacune tributaires des
prémisses propres à la science qui les a générées ».

On peut prendre distance par rapport aux propos de Wtterwulghe en ce qui concerne les rapports étroits entre
définitions indicatives et école behavioriste en soulignant que les caractéristiques mises en évidences ne sont pas
nécessairement du niveau comportemental ou psychologique, mais peuvent également être d’ordre plus
structurel, comme c’est le cas chez Verbeeren B. (2000) et dans de nomb reux travaux qui seront abordés
ultérieurement, notamment lors de la discussion relative à l’axe 2 de la littérature. Cependant, force est de
reconnaître le besoin d’intégrer les deux perspectives et la relative difficulté de les distinguer de manière
catégorique. Toutefois, étant donné l’ampleur et la spécificité de la littérature adoptant une approche
fonctionnaliste ou fonctionnelle, nous préférons l’aborder de manière spécifique et la considérer comme un axe à
part entière de la production scientifique portant sur l’entrepreneuriat et l’entrepreneur. Ce sera l’objet du point
8.

Les références qui viennent d’être évoquées seront plus amplement abordées lors de l’élaboration du cadre
conceptuel spécifique qui sera utilisé dans notre recherche. C’est pourquoi leur examen a été succinct. Celui-ci
rappelle les limites et la fragilité de toute tentative de catégorisation des travaux portant sur notre champ
d’analyse.

5
Pour rappel, la démarche inductive procède d’un mouvement de généralisation partant du particulier et du factuel vers la
modélisation et la théorisation, alors que la démarche déductive s’initie de la construction abstraite et générale vers l’examen
du spécifique. Dans ce cadre, comme le font remarquer Quivy R. et Van Campenhoudt L. (1995 : 122), à chaque démarche
correspond un type de concept précis : « le concept opératoire isolé est un concept construit empiriquement à partir
d’observations directes ou d’informations rassemblées par d’autres…[par contre,] le concept systémique n’est pas induit par
l’expérience ;il est construit par raisonnement abstrait : déduction, analogie, opposition, implication, etc, même s’il s’inspire
forcément du comportement des objets réels et des connaissances acquises antérieurement sur ces objets. Dans la plupart des
cas, ce travail abstrait s’articule à l’un ou l’autre cadre de pensée plus général, que l’on appelle un paradigme ». A la
démarche déductive correspond donc le concept systémique, tandis que le concept opératoire isolé renvoie à la démarche
inductive.
6
A la lumière des distinctions présentées en note 3, il est possible de positionner les différents apports conceptuels rencontrés
dans la littérature. Les définitions indicatives qui s’inscrivent dans une démarche déductive (concepts systémiques) sont
présentées dans la première catégorie des approches (élaboration d’un cadre conceptuel). Les définitions indicatives élaborées
par une démarche inductive (concepts opératoires isolés) seront détaillées dans les approches centrées sur la caractérisation
empirique des créateurs. Quant aux définitions fonctionnelles, qu’elles soient inductivement ou déductivement élaborées,
nous les aborderons lors de la présentation du dernier point de ce chapitre, consacré aux approches fonctionnalistes.
16
4. Les approches centrées sur la caractérisation empirique et la classification des créateurs
d’entreprise et des entrepreneurs

Nous venons de voir que, parmi les contributions s’inscrivant dans le premier axe de la littérature, certaines ont
pour objet l’identification déductive des spécificités de l’entrepreneur. Complémentairement à celle-ci, d’autres
travaux, qui visent la caractérisation empirique de cet acteur, ont été publiés. Ces textes, issus d’une
méthodologie inductive, tentent d’identifier factuellement les traits typiques des entrepreneurs et, dans certains
cas, la classification de ceux-ci sur la base de leurs attributs. Ceux-ci sont, par ailleurs, parfois mis en relation
avec les facteurs de développement, de succès ou d’échec de l’entreprise. Les travaux abordant cette relation
peuvent également être considérés comme relevant du quatrième axe présenté précédemment, qui sera développé
au point 6 de ce chapitre.

Les références relatives au second axe, qui fait l’objet de ce point, sont particulièrement nombreuses. Une
manière de s’y retrouver est de se focaliser sur le type de traits mis en évidence. Certains auteurs privilégient, par
exemple, les dimensions psychologiques, d’autres les aspects sociologiques, et d’autres encore les composantes
économiques, financières ou managériales.

La perspective psychologique, celle visée par Wtterwulghe sous le vocable d’école behavioriste, est sans doute la
plus répandue. Les monographies et les articles consacrés à la psychologie de l’entrepreneur foisonnent en effet.
Ces écrits sont, le plus fréquemment, d’origine nord-américaine. Il y est question des motivations et de la
personnalité des entrepreneurs. C’est souvent, en filigrane, le thème de l’ « esprit d’entreprise » qui sous-tend
l’analyse, comme c’est explicitement le cas chez Mancuso J. (1973), Timmons J. (1989a), Gilder G. (1984) et
Ponson B. et Schaan J. (1993).

On relèvera, dans cette lignée psychologique, les travaux7 de McClelland D. (1961, 1971), Shapero A. (1975),
Kets de Vries M. (1977), Harris M. (1978), Hull D. et al. (1980), Ritchie J. et al. (1982), Brockhaus R. (1979,
1980b, 1982), Drucker P. (1985a, 1985b), Brockhaus R. et Horwitz P. (1986), Carland J. et al. (1989), Bird B.
(1989), Gartner W. (1989), dont l’article poursuit une finalité plus méthodologique qu’analytique, Gasse Y.
(1990), Sexton D. et Bowmann N. (1990), Caird S. (1993), et Naffziger D. (1995). Bon nombre de ces auteurs
identifient le besoin d’autonomie, le « goût du risque » et la capacité de le gérer, ainsi que celle de développer
des comportements innovants, comme étant les traits saillants de l’esprit d’entreprise.

Parfois, l’identification de traits psychologiques est menée par contraste avec d’autres acteurs, comme, par
exemple, les managers (Kent C. et al., 1982 ; Miner J., 1990 ; Chell et al., 1991). Parfois, elle s’articule avec
l’examen comparatif des entrepreneurs selon leur genre (De Carlo J. et Lyons P., 1979 ; Bowen D. et Hisrich D,
1986 ; Hisrich R. et Brush C., 1984, 1986 ; Hisrich R., 1986 ; Langan-Fox J. et Roth S., 1995).

Plusieurs auteurs ont recours à l’utilisation de tests de personnalité pour mener à bien leurs analyses. C’est le cas
de Palmer M. (1971), Sexton D. et Bowman N. (1986), Johnson B. (1990), Crant J. (1991), Buttner E. (1993),
Spector P. et O’Connell B. (1994) et Koh H. (1996).

Remarquons que certains se montrent critiques face à ce type de recherche. Nous pensons, notamment, à Chell E.
(1985), Shaver K. et Scott L. (1991) et Shaver K. (1995), qui prennent distance par rapport à l’idée de
configurations psychiques et caractérielles propres aux entrepreneurs. En filigrane, c’est le vieux débat entre les
tenants de l’ « acquis » et ceux de l’ « inné » qui transparaît.

Par ailleurs, de multiples tentatives ont été menées afin d’identifier les liens entre la psychologie de
l’entrepreneur, ses motivations et les performances de son entreprise. Parmi celles-ci8 , relevons celles de
McCLelland D. (1961, 1986), de Hornaday J. et Aboud J. (1971), de Durand D. et Shea D. (1974), de Smith N.
et al. (1976), de Kets de Vries M. (1977), de Brockhaus R. (1980a, 1980b), d’Aldrich H. et Wiedenmayer
(1982), de Smith N. et Miner J. (1984, 1985), de Sexton D. et Bowman N. (1984), de Miner et al. (1992b), de
Khan A. (1986), de Miller D. et Toulouse J. (1986), de Begley T. et Boyd D. (1987) , de Gasse (1988), de Perry
C. et al. (1988), de Dubini P. (1989), de Carsrud A. et al. (1989), de Johnson B. (1990), de Kolvereid L. (1990),
de Scherer R. et al. (1991), de Miner J. et al. (1992), de Bellu R. et Sherman H. (1993, 1995), celle de Francoz
D. et Bonneau J. (1995) et celles de Miner J. (1996a, 1996b, 1997a, 1997b).

7
La liste n’a pas la prétention d’être exhaustive.
8
L’attention de ces auteurs s’est parfois également portée sur la personnalité du gestionnaire de l’entreprise.
17
Certaines de ces tentatives ont également été critiquées, notamment par Redlich F. (1963), qui prend position
contre les travaux de McCLelland D. (1961), jugés par cet auteur relever d’un psychologisme évident.

Enfin, la littérature relative aux caractéristiques psychologiques comporte également des analyses typologiques
visant la catégorisation des entrepreneurs sur la base de celles-ci. Nous pensons, par exemple, à Laufer J. (1975)
et à Carland J. et al. (1984). Chez certains chercheurs, ces typologies sont mises en rapport, tantôt avec les
performances de l’entreprise (Miner J., 1996a, 1997a, 1997b ; Rice G. et Lindecamp D., 1989), tantôt avec le
type d’entreprise créée (Smith N., 1967 ; Dunkelberg W. et Cooper A., 1982 ; Smith N. et Miner J., 1983 ;
Davidsson P., 1988), tantôt avec leur logique d’action, celle-ci influençant directement l’évolution de l’entreprise
(Julien P. et Marchesnay M., 1996). Malheureusement, cette mise en relation est rarement étayée empiriquement.

La production scientifique concernant les caractéristiques sociologiques est moins abondante. Certaines
publications traitent de l’effet, sur le développement d’une trajectoire entrepreneuriale, de l’origine sociale et de
la possibilité socialement déterminée de mobiliser divers types de ressources. C’est notamment le cas des écrits
de Lupton T. et Wilson C. (1959), de Granovetter M. (1986), de Bird B. (1993) et de ceux de Boutillier S. et
Uzunidis D. (1995, 1999), qui insistent sur l’importance du capital social mobilisable 9 . Ce faisant, ils contribuent
à la déconstruction du mythe de l’entrepreneur « self-made man », tel qu’il est déjà mis à mal par Le Goff J.
(1992), Shefsky L. (1994) et Kurgan-van Hentenryck G. (1999).

Ces écrits s’inscrivent dans la tradition structuro-fonctionnaliste, à l’instar de ceux de Passeron J. (1989). Celle-
ci est parfois elle-même critiquée, comme le fait Bertaux D. (1977), qui aborde le thème des trajectoires
professionnelles 10 et refuse de souscrire à la conception d’un déterminisme historique et structurel des
biographies à partir de l’appartenance de classe. En se penchant sur les choix et les stratégies de cadres devenus
entrepreneurs, Dyer W. (1992) abonde dans ce sens.

Bragard et al. (1987), tout comme Cohen E. (1988), Stanworth J. (1989), Lefèbvre E. (1990), et Minguet G.
(1993) tentent de cerner le profil sociologique des entrepreneurs ou des dirigeants d’entreprise. Certaines
variables économiques sont également prises en considération dans ces travaux. Dans cette perspective, les
travaux d’Euro PME (1999) et de Aucouturier A. et Mouriaux M. (1994) sont intéressants : on y trouve, d’une
part, une démarche empirique structurée et un exemple d’analyse quantitative à partir d’une collecte
d’informations par questionnaire, et d’autre part, une typologie des créateurs d’entreprise fondée sur les résultats
de ces informations. De même, les travaux empiriques de de Bruyne P. et Herman J. (1982) sont dignes d’intérêt,
dans la mesure où ils tentent d’aborder l’identification, notamment sociologique, des dirigeants des petites et
moyennes entreprises en Wallonie. Katz J. et al. (1993) privilégient l’étude des variables démographiques
pouvant caractériser les entrepreneurs. Quant à Duncan O. (1965), son objet est plus général, mais est intéressant
de notre point de vue : son propos est, en effet, la comparaison de l’origine sociale des professionnels salariés
avec celle des professionnels indépendants.

La dimension familiale est privilégiée dans certaines analyses. Nous pensons notamment à celles de Harvey M.
et Evans E. (1994), Dumas C. (1992) et Bauer M. (1993) qui envisagent les conflits possibles entre sphère
familiale et sphère entrepreneuriale, à celles de Zarca B. (1993), centrées sur la distribution des ressources entre
membres de la famille, et à celles de Lentz B. et Laband D. (1990) et Matthews C. et Moser S. (1995),
concernées par le poids des antécédents familiaux chez les propriétaires de firmes. Quant à Gomolka E. (1977) et
à Aldrich H. et Waldinger R. (1990), ils intègrent également la composante ethnique du profil sociologique des
entrepreneurs à leurs travaux.

D’autres chercheurs adoptent une perspective culturaliste et s’interrogent sur les relations entre entrepreneuriat et
macro-contexte culturel (Weber M., 1920, 1922 ; Somb art W., 1926, 1932) ou entre entrepreneuriat et référents
culturels (Smith N., 1967 ; Fleming W., 1979, Carland et al., 1984 ; Smith N. et Peterson R., 1986 ; Bellu R.,
1988 ; Stimpson D. et al., 1990 ; Sweeney G., 1991 ; Spilling O., 1991 ; Storey D. et Strange A., 1992 ;
Boutillier S. et Uzunidis, 1994 ; Antoine J., 1996 ; Takyi-Asiedu S., 1993) et/ou modèles normatifs (Gilder G.,

9
Le thème de l’accès aux ressources économiques, notamment sous la forme du patrimoine familial, est plus souvent abordé
par les économistes, comme, notamment, Holtz-Eakin D et al. (1994) ou Laferrère (1988, 1998).
10
A ce sujet, il convient de souligner que la littérature sociologique relative aux trajectoires et aux identités
professionnelles, telle qu’elle est notamment développée par Sainsaulieu R. (1977), de Coninck F. et Godard F.
(1989), Desveaux E. (1991), Dubar C. (1991, 1992), Coutrot L. et Dubar C. (1992), Courpasson D. (1994),
Saglio J. (1994), Claisse F. et al (1998), Dubar C. et Tripier P. (1998) et Guillaume J. (1999), n’aborde pas le cas
des trajectoires entrepreneuriales, comme si seul était envisageable le cas des salariés, des employés et des sans-
emplois.
18
1984 ; Peterson R. et Norman R., 1986 ; McGrath R. et al., 1992 ; Fagenson E., 1993), parfois dans une
démarche comparative. Le propos de Cochran T. (1965) est connexe, son objet étant la relation entre facteurs
culturels et développement économique.

Certains auteurs, au croisement des axes 2 et 4 identifiés précédemment, tentent d’identifier les relations entre
les caractéristiques sociales des entrepreneurs, notamment sur le plan éducatif et expérienciel, sur le
développement de leur entreprise. C’est le cas de Dunkelberg W. et Cooper A. (1982, 1990), Wynarczyck P. et
al. (1983), Woo C. et al. (1989), Storey et al. (1987), Kalleberg A. et Leicht K. (1991), Ingham M. (1994), Storey
D. (1994a), Hall G. (1995), Francoz D. et Bonneau J. (1995) et Westhead P. et Birley S. (1995). Les résultats de
ces chercheurs sont cependant parfois contradictoires : certains indiquent l’existence de relations, tantôt
positives, tantôt négatives, selon les auteurs, entre caractéristiques de l’entrepreneur et développement de
l’entreprise, alors que d’autres constatent l’inverse.

La caractérisation, qu’elle porte sur le plan psychologique, économique ou autre, des entrepreneurs et des
créateurs d’entreprise s’accompagne parfois de tentatives de classification suivant ces caractéristiques. On citera,
par exemple, les travaux de Stanworth J. et Curran J. (1976), de Ganty A. et Hiernaux J. (1981), intéressants
notamment parce que centrés sur l’examen empirique de la situation en Belgique francophone à la fin des années
1980, de Lafuente A et Salas V. (1989), de Woo C. et al. (1988, 1991), de Julien P. et Marchesnay M. (1996), de
Simon Y. et Joffre P. (1997), de Hirisch R. et Peters M. (1998), de Wtterwulghe R. (1998), de Wennekers S. et
Thurick R. (1999), et de Dejardin M. (2000). Les résultats de ces différents auteurs sont très diversifiés et
difficilement comparables. De fait, les ancrages disciplinaires sont multiples et les critères de classification ne
sont pas constants d’une recherche à l’autre.

Davidsson P. (1988) tente, quant à lui, d’établir une correspondance entre le type d’entrepreneur et le type
d’entreprise mise sur pied. Son projet général est à rapprocher, dans une certaine mesure, de celui adopté par un
grand nombre de chercheurs dont l’objectif est l’élaboration d’une taxonomie des entreprises. Nous pensons,
entre autres, à Julien P. et Chicha J. (1982), Bernard J. et Ravix J. (1988), Gartner et al. (1989), Birley S. et
Westhead P. (1990), Siegel R. et al. (1993), Cohen E. (1994), Francfort I. et al (1995), et Ketchen D. et Shook C.
(1996).

5. Les approches étudiant la création en tant que processus ou concrétisation de celui-ci

Alors que les deux premiers types d’approche se concentrent sur la personne de l’entrepreneur et du créateur
d’entreprise, le troisième s’attache à l’examen de la création en tant que processus. Cet examen est tantôt mené
au niveau macro (analyses, parfois comparatives, de situations régionales ou nationales), tantôt au niveau micro,
(analyses « stratégiques », analyses en termes de freins et/ou d’opportunités, analyses des ressources mobilisées).

Dans le cas des analyses de niveau macro, certains auteurs envisagent la création en aval du processus créatif. Ils
considèrent donc la concrétisation et le résultat de l’acte créatif plutôt que son cheminement et sa logique
interne. L’objectif de leurs analyses n’est pas de fournir des clefs pour la compréhension du processus de
création ; elles se centrent en effet sur le résultat tangible de celui-ci, à savoir l’apparition de nouvelles
entreprises. Dans ce cadre, plusieurs catégories de travaux peuvent être identifiées.

Parmi ceux-ci, certains se limitent à l’élaboration et à la présentation d’un état des lieux de la création
d’entreprises dans un espace-temps plus ou moins large. C’est notamment le cas de Kumps A. et Taymans M.
(1994), qui se limitent à l’étude de la situation de la région de Bruxelles-capitale, de Julien P. et Marchesnay M.
(1996) qui dressent le tableau de l’évolution quantitative des créations d’entreprises dans les pays industrialisés
de 1975 à 1996, du Bureau d’études Arthur Andersen (1998) et de l’Agence pour la création d’entreprises
(1998), qui dressent des tableaux comparatifs de la situation des différents pays européens en ce qui concerne la
création, de Timmons J. (1990), qui se livre à un travail prospectif sur l’entrepreneuriat dans les années 1990, et
de Storey D. (1982), qui analyse l’évolution de la situation de la Grande-Bretagne. Love J. (1996) réalise
également un travail descriptif sur les nouvelles entreprises de ce pays, en s’attachant à les caractériser du point
de vue de leur taille, de leur secteur d’activité et de certains traits de leur créateur. Albessart C. et Guyot J.L.
(2002) et Guyot J.L. (2002) effectuent le même type d’analyse pour la Région wallonne. D’autres études
nationales ou régionales sont disponibles pour la Grande-Bretagne (Geroski P., 1991), les Etats-Unis (Hudson J.,
1989, Audretsch D., 1995), le Japon (Yamawaki H., 1991), la France (APCE, 1998, 1999 ; Insee, 200a, 2000b,
2001), l’Allemagne (Boeri T. et Cramer U., 1992), la Norvège et le Canada (OCDE, 1994).

19
Par contre, d’autres publications proposent des interprétations relatives à l’influence de facteurs macro-
économiques ou sociétaux sur le processus entrepreneurial en tant que tel. Ces textes relèvent donc plutôt du
cinquième type d’approches identifié antérieurement (approches environnementales ou contextuelles). Dès lors,
nous ne les aborderons pas ici et nous les considérerons lors de la présentation du point 7.

Enfin, d’autres chercheurs ont abordé les composantes macroéconomiques de la création d’entreprises suivant
l’angle des politiques régionales, comme, par exemple, Gibb A. (1993), Capron H. et Hennart F. (2000) et
Maillat D. (2000), suivant celui des conditions offertes par le marché, tel Julien P. et Marchesnay M. (1996), ou
suivant le rôle moteur de certains acteurs socioéconomiques particuliers, comme les universités (Garvin D.,
1983 ; Howells J., 1985 ; Rogers E., 1986, Smilor R et al., 1990, Feldman M., 1994 ; Nlemvo Y. et al., 1999 ;
Pierrard J. et Scieur P., 1999) ou les pouvoirs publics (Brusco S., 1994 ; Semlinger K., 1994 ; Gill J., 1988).

Dans le second cas, celui des recherches focalisées sur le niveau micro, il s’agit en fait d’aborder la création
d’entreprise en tant qu’action initiée et finalisée par un agent isolé ou collectif particulier, sans pour autant nier la
structuration sociale et économique de cette action. Certaines réflexions concernent plutôt la création « ex
nihilo » par des individus isolés, alors que d’autres portent plutôt sur la création initiée par des entreprises déjà
existantes. Nous nous limiterons aux travaux relevant de la première perspective. Dans ce cadre, plusieurs
préoccupations se dégagent.

Tout d’abord, plusieurs auteurs focalisent leur recherche sur le processus de création, et, dans certains cas, du
développement de l’entreprise. C’est le cas de Carrier C. et Fourcade C. (1998), qui adoptent une approche
comparative, basée sur des études de cas, de Fourcade C. (1985), qui adopte une approche similaire, mais au
niveau international, de Gartner W. (1985), Evans D. et Leighton L. (1989), Cooper A. et Gascon F. (1992),
Geroski P. (1991, 1995), King J. et Wicker A. (1993), Baldwin J. (1995) et Bygrave W. (1997), qui tentent de
proposer des modèles descriptifs de la création, notamment basés sur la démographie des entreprises, et de
Hisrich R. et Peters M. (1986), qui articulent étapes de la création et du développement et champs d’activité
managériale. Carter N. et al. (1996), quant à eux, tentent d’établir les temporalités des différentes étapes de la
création et du développement. C’est également le cas de Julien P. et Marchesnay M. (1996) et de Churchill N. et
Lewis V. (1983).

Certains auteurs essaient d’identifier les éléments déclencheurs de la création et leur impact sur le
développement de l’entreprise. Comme le souligne Janssen F. (2000 : 37), ces éléments peuvent être « positifs »,
comme c’est le cas de la perception d’une opportunité de marché (Hakim C., 1989 ; Storey D., 1994b, Kalleberg
A. et Leicht K., 1991 – cités par Janssen F., 2000 – Penrose E., 1959, Gort M. et Klepper S., 1982, Geroski P. et
Schwalbach J., 1991, Bricout J.L. et Colin-Sédillot B., 1993) ou «négatifs », comme la perte d’un emploi
(Wynarczyck P. et al., 1993 ; Storey D., 1982 et 1994b – cités par Janssen F., 2000). Owens R. (1978) adopte
une démarche anthropologique pour l’analyse du processus de création et considère tant les stratégies que les
mobiles des créateurs. Ganty A. et Hiernaux J. (1981) abordent, entre autres, la question des « événements
déclencheurs » d’un point de vue sociologique et articulent ceux-ci avec la trajectoire biographique des
créateurs, sur la base d’entretiens réalisés avec des créateurs francophones belges. Lucas R. (1978), par contre,
adopte une attitude différente et envisage le passage à la création d’entreprise dans une optique micro-
économique : la décision de créer une entreprise résulte d’un calcul rationnel de la part d’agents désireux de
maximiser leur revenu et peut être modélisée suivant une fonction de production et un niveau de talent
managerial.

Henley A. (1999), quant à lui, élabore un modèle économétrique du passage au « self-employment » en fonction
de l’âge, du genre, de la situation ethnique, des revenus, du niveau de formation et de certaines caractéristiques
familiales. Cette démarche n’est pas très éloignée de celle de de Wit G. (1993) ni de celle de Lofstrom, M.
(1999). Pour Kihlstrom R. et Laffont J. (1979), l’origine du passage à la création est à chercher dans la capacité
des créateurs à prendre des risques et dans l’espoir d’obtenir des bénéfices attendus. Ces bénéfices attendus sur
le plan financier sont, par ailleurs, abordés par Davidsson P. (1989). Ces auteurs se différencient de Aronson R.
(1991) et de Earle J. et Sakova S. (1999), qui adoptent une approche plus macroéconomique du self-
employment, notamment développées en termes de barrières à l’entrée.

Kirzner I. (1979), pour sa part, insiste sur les opportunités inexploitées offertes par l’imperfection informative du
marché, comme le fait Kirzner I. (1979), et le progrès technique. Audretsch D. (1995) identifie également le
niveau d’information et les caractéristiques des connaissances impliquées comme facteurs déterminants de la
création d’entreprise.

20
L’article de Henley nous amène à considérer les chercheurs qui privilégient l’examen des ressources mobilisées
lors de la création. Laferrère A. (1988), Desveaux E. (1991), Zarca B. (1993), Holtz-Eakin D. et al. (1994),
Laferrère A. et McEntee P. (1995), Dunn T. et Holtz-Eakin D. (1996) et Toulemon L. (1998) démontrent, à ce
sujet, l’importance des apports familiaux, que ce soit sur le plan financier, sur le plan des réseaux sociaux ou sur
le plan de certaines compétences. L’accès aux ressources financières est souvent identifié comme une étape
cruciale dans la création (Boeker W., 1988 ; Timmons J., 1989b ; Storey D., 1994a ; Verbeeren B., 2000 ; Basso
O. et Bieliczhy P., 2001). Les difficultés et les modalités de cet accès (emprunt, don, loterie, héritage) peuvent
être déterminantes pour la concrétisation du projet de création et pour l’évolution de l’entreprise, comme le
soulignent Lentz B. et Laband D. (1990), Lindh T. et Ohlsson H. (1996), Magnac T. et Robin J. (1996),
Lachmann J. (1996) et Cressy R. (1996).

Pour Jovanovic B. (1994), il faut également intégrer le niveau de capital humain disponible dans le chef du
créateur (compétences professionnelles et managériales) dans l’examen des ressources nécessaires à la création
et au développement de l’entreprise. De même, Ganty A. et Hiernaux J. (1981) mettent en évidence l’importance
de ces divers types de ressources lorsqu’ils analysent la dynamique entrepreneuriale en Belgique francophone.
Ils insistent également sur les ressources sociales (réseaux de relations, notamment) et expériencielles. Quant à
Kao J. (1995), il insiste sur l’importance d’une ressource difficilement quantifiable et monnayable : il s’agit de la
créativité. La question de l’accès à celle-ci n’est, évidemment, pas abordée et l’auteur n’évite pas le risque de
glissement vers une idéologie du don et de l’inné.

Enfin, plusieurs recherches ont comme objectif l’identification des freins au processus de création. Nous
pensons, notamment, aux travaux de Libecap G. (1998), à ceux de l’IFOP et de l’Agence pour la création
d’entreprises (1998, 1999) et à ceux de Verzele F. et Crijns H. (2001). Ces recherches mettent fréquemment en
exergue le rôle des contraintes juridiques et administratives ainsi que celui des taxes. En cela, ils s’inscrivent
souvent dans le courant de la pensée néo-libérale. Quant à Hisrich R., Brush C. et Candida B. (Hisrich R. 1986 ;
Bowen D. et Hisrich D, 1986 ; Hisrich R. et Brush C., 1984, 1986 ; Hisrich R., 1986 ; Hisrich R. et Candida B.,
1985), ils s’intéressent, tout comme White J. (1984) et Johannisson B. (1988), plus particulièrement aux
difficultés spécifiques rencontrées par les femmes créatrices d’entreprise, tant au moment de la création que lors
du développement du projet entrepreneurial.

Complémentairement aux approches macro et micro, il convient de ne pas écarter les travaux portant sur le
niveau « méso ». Ils concernent notamment la diversité des barrières (e. a., intensité capitalistique, économie
d’échelle, différenciation du produit…) et des incitants (au sens le plus large du terme) à la création selon le type
de processus (création « ex nihilo » ou non), comme chez Khemani R. et Shapiro D. (1986), Baldwin J. et Goreki
P. (1987), Kessides I. (1990) ou Baldwin J. (1995), selon l’intensité technologique de l’activité, comme chez
Mukhopadhyay A. (1985), Acs Z. et Audretsch D. (1988) et Winter S. (1994) et selon les secteurs d’activité
économique, comme chez Bain J. (1956), Stigler G. (1968), Orr D. (1974), Gorecki P. (1975), Duestch L. (1975,
1984), Hirschey M. (1981), Austin J. et Rosenbaum D. (1990), Eckard E. (1991), Evans L. et Siegfried J. (1992),
Ferguson P. et Ferguson G. (1994), Audretsch D. (1995), des barrières à la création. Les résultats de ces analyses
ne sont cependant pas toujours congruents.

Comme le lecteur l’aura remarqué, le processus de création est un champ de recherche riche et diversifié. Les
écrits qui y sont consacrés sont, en effet, nombreux et abordent la question suivant des angles très diversifiés.
Bien qu’ils ne soient pas toujours à l’abri des dérapages normatifs et idéologiques, ils mettent bien en évidence,
comme le résument Moati P. et al. (1997 : 24), le triple ressort économique de l’activité créatrice d’entreprise :
- certaines caractéristiques des créateurs
- le contexte macroéconomique
- les caractéristiques sectorielles.

6. Les approches liées à l’identification des facteurs de développement, de succès ou d’échec

Les travaux dont il a été question dans le point précédent concernaient le processus de création de l’entreprise ; il
est compréhensible que d’autres travaux aient été consacrés aux prolongements de ce processus et se soient
attardés à mettre en évidence les éléments pouvant influencer l’évolution de l’entreprise. Comme nous allons le
voir, ces éléments sont nombreux et de nature diversifiée, comme le font remarquer Broom H. et Longenecker J.
(1975), Webb T. et al. (1982), Berryman J. (1983a , 1983b), Gill J. (1985), Gibb A. et Scott M. (1986),
Lawrence P. et Lorsch J. (1986), Bouchikhi H. (1993), G.R.E.P.M.E. (1994) et Cooper A. (1995). Cette diversité
est, notamment, liée au fait que l’évolution de l’entreprise, en termes de croissance, renvoie à plusieurs
modalités, tant internes qu’externes (Parent J., 1979). Il est, dès lors, excessivement difficile de les modéliser.
21
Cette difficulté a été traitée par de nombreux auteurs tels que Penrose E. (1972), Peacock R. (1985), Keats B. et
Bracker J. (1988), Smallbone D. (1990), Hudson J. et Cuthbertson K. (1992) ou Herron L. et Robinson B.
(1993).

Cette diversité et cette complexité constituent la raison pour laquelle certains des textes qui vont être abordés
dans cette section pourraient également relever des autres approches indiquées au point 2 de ce chapitre. Ainsi,
par exemple, les caractéristiques du créateur de l’entreprise, qui font l’objet des travaux du second type
d’approches présenté dans cette liste, sont identifiées par plusieurs auteurs comme exerçant une influence sur la
dynamique de celle-ci.

Au vu de la richesse de la littérature consacrée aux thèmes du développement, du succès et de


l’échec entrepreneurial, et étant donné que notre projet de recherche s’articule en deux volets, l’un relatif à la
création, l’autre à la survie de l’entreprise, il nous semble intéressant d’en présenter dans le détail les principales
composantes. Pour ce faire, nous aurons fréquemment recours au très intéressant article de Janssen F.11 (2000)
consacré aux déterminants de la croissance des petites et moyennes entreprises. En suivant la proposition de cet
auteur (2000 : 35), elle-même inspirée de Gibb A. et Davies L. (1990), d’une part, et de Storey D. (1994b), et
sans envisager la question de la définition et de l’opérationnalisation des termes de croissance et de
développement12 , cinq composantes peuvent être distinguées.

6. 1. Les recherches centrées sur les caractéristiques du dirigeant

Comme le soulignent Stanworth J. et Curran J. (1976), ainsi que Casson M. (1991), le dirigeant de l’entreprise
n’est pas nécessairement son créateur. Cette distinction évidente est à la source de certaines tentatives d’établir
une relation entre type entrepreneurial et type d’évolution. Nous avons déjà présenté ces tentatives dans le point
4 de ce chapitre et il est donc inutile d’y revenir. Il en est de même en ce qui concerne la littérature traitant des
relations entre caractéristiques de l’entrepreneur (psychologiques, sociologiques, familiales…) et performances
de son entreprise. Remarquons cependant que les résultats empiriques des travaux entrepris dans cette optique
sont parfois contradictoires, comme on peut s’en rendre compte, par exemple en ce qui concerne la relation entre
l’âge du créateur ou son capital humain, d’une part, et la probabilité de disparition de l’entreprise, d’autre part, à
la lecture des travaux de Bonneau J. et Francoz D. (1995), de Brüderl J. et al. (1992) ou de Cressy R. (1996).

6. 2. Les recherches centrées sur les caractéristiques de l’entreprise

Si, comme nous l’avons vu, les traits de personnalité, les compétences, l’expérience et les particularités
socioéconomiques de l’entrepreneur sont fréquemment mis en avant pour interpréter le cycle de vie de
l’entreprise, d’autres facteurs doivent également être envisagés. Parmi ceux-ci, ceux relatifs aux particularités de
l’entreprise elle-même ont fait l’objet de plusieurs publications. Celles-ci, de par leur objet, ne permettent pas de
comprendre les processus en amont de la création d’entreprise, mais sont intéressantes pour tout chercheur
désireux d’analyser les étapes ultérieures de la naissance de l’entreprise.

Au nombre de ces facteurs, les plus souvent analysés sont la taille, l’âge, la forme juridique et la structure de la
propriété de l’entreprise.

En ce qui concerne la taille, Lucas R. (1978), Audretsch D. et al. (1999) et Janssen F. (2000) soulignent la
multitude de travaux sur le sujet. Ceux-ci, selon ce dernier auteur (2000 : 38), présentent des résultats souvent
contradictoires : tantôt la loi de Gibrat (Gibrat R., 1931 ; Morvan Y., 1991), qui postule une relation
d’indépendance entre taille et croissance de l’entreprise, semble vérifiée (Hart P. et Prais P., 1956 ; Pashigian P.
et Hymer S., 1962 ; Chesher A., 1979 ; Johnson P, 1989 ; Contini B. et Revelli R., 1989) ; tantôt il apparaît que

11
Le texte de Janssen présente, du point de vue de notre thématique - le créateur et la création d’entreprise -, certaines
limites, dans la mesure où il ne considère, d’une part, que les petites et moyennes entreprises, et, d’autre part, que les facteurs
de développement et de croissance de ces entreprises. Ne sont donc pas abordés la question des plus grandes entreprises, ni
celle des déterminants des autres modalités d’évolution des entreprises (stabilité, décroissance, faillite, rachat, …). La
première limitation n’est guère embarrassante, dans la mesure où on peut poser l’hypothèse que la majorité des entreprises
nouvellement créées sont des unités de taille petite ou moyenne. Les chiffres produits par le Service des études et de la
statistique du Ministère de la Région wallonne (Annuaire statistique de la Wallonie – Module économique 2002) indiquent,
en effet, que sur l’ensemble de la période 1993-1999, 95,1 % des apparitions d’entreprise sont le fait de très petites entités, et
3,9 % de petites entités. Par contre, il conviendra de pallier la seconde lacune et d’intégrer à notre relevé de la littérature les
textes portant sur les divers types d’évolution entrepreneuriale.
12
Le lecteur intéressé par le sujet peut consulter Moati P. et al. (1997 : 13-17), qui présentent un survey de la littérature à ce
propos.
22
les petites unités de production croissent plus rapidement que les autres (Mansfield E., 1962 ; Kumar M., 1985 ;
Evans D., 1987 ; Hall B., 1987 ; Kirchoff B., 1989 ; Dunne, et al., 1989 ; Acs Z. et Audretsch D., 1990 ; Kraybill
D. et Variyal J., 1992 ; Reid G., 1993 ; Dunne P. et Hughes A., 1994 ; Wagner J., 1994 ; Moati P. et Pouquet L.,
1996 ; Hart P. et Oulton N., 1996). Ces contradictions sont sans doute liées au type de méthodes statistiques
utilisées, les articles les plus récents ayant recours à des outils plus sophistiqués, et à l’effet parasite d’autres
variables, telles que l’âge de l’entreprise (Moati P. et al., 1997).

Par ailleurs, certains travaux abordent la question du lien entre classe de taille et probabilité de disparition. Nous
pensons, entre autres, à Gallagher C. et Steward H. (1985), Dunne T. et al. (1988), Phillips B. et Kirchoff B.
(1989), Viennet H. (1991), Wagner J. (1994), Audretsch D. et Mahmood T. (1995), Baldwin J. (1995), et
Bonneau J. et Thirion B. (1997).

En ce qui concerne l’âge de l’entreprise, de nombreuses recherches (Evans D., 1987 ; Hakim, 1989 ; Dunne et
al., 1989 – cités par Janssen F., 2000 : 39, de même que Dunne P. et Hughes A., 1994 et Moati P. et Pouquet L.,
1996) indiquent une relation négative entre cette variable et la croissance. Le rôle de l’âge serait, par ailleurs,
plus déterminant que celui de la taille. Les recherches de Preisendorfer P. et Voss T. (1990) abondent dans ce
sens. De même, les travaux de Storey D. (1985), de Delattre M. (1986), de Cromie S. (1991), de Osborne (1994),
et de Marchesnay M. et Fourcade C. (1997) tendent à prouver l’existence de difficultés propres aux nouvelles
entreprises (pénétration des marchés, accès aux ressources financières, mise en place des modes de gestion et de
production…), qui risquent de compromettre leurs possibilités de croissance, voire de survie. Enfin, plusieurs
auteurs, tels que Jovanovic B. (1982), Bianco M. et Sestito P. (1992), Van der Horst R. (1992), Mata J. et
Portugal P. (1994), Bonneau J. et Thirion B. (1997), Audretsch D. (1991, 1995), portent leur attention sur la
relation entre âge et risque de disparition dans divers contextes nationaux.

Pour ce qui est de la forme juridique, Janssen F. (2000) souligne que les études menées sur le sujet indiquent que
les entreprises caractérisées par une forme de société à responsabilité limitée se distinguent plus souvent par une
croissance plus rapide que les autres. Néanmoins, comme le fait remarquer l’auteur, ces études se basent sur la
forme juridique au moment de l’analyse et non au moment de la création de l’entreprise. Or, il est probable que
la forme juridique évolue au gré du développement de l’entreprise.

Enfin, toujours selon Janssen, certaines recherches, notamment celle de Dunkelberg W. et al. (1987) et celle de
Woo et al. (1989), montrent que les entreprises créées et possédées par une seule personne connaissent un
développement moindre que les autres. Les travaux de Carsrud A. et al. (1989) présentent des conclusions
similaires.

D’autres facteurs sont également avancés par certains auteurs pour « expliquer » la croissance et le
développement des entreprises. Ainsi, Dunne P. et al. (1989), tout comme Kraybill D. et Variyal J. (1992),
démontrent que les firmes « multi-établissements » connaissent une croissance supérieure à celle des firmes
« mono-établissement ». Reid G. (1993) et Moati P. et Pouquet L. (1996), pour leur part, examinent le lien entre
croissance, d’une part, et part et type de marché (local ou non), d’autre part. Leurs conclusions divergent.

Par ailleurs, selon les principes de base de l’école évolutionniste (Nelson R. et Winter S., 1982 ; Iwaï K., 1984 ;
Metcalfe J. et Gibbons M., 1986), «la capacité de croissance des entreprises est directement associée à
l’importance du profit réalisé, qui permet la constitution de nouvelles capacités de production ; le différentiel de
rythme de croissance parmi les entreprises d’un même secteur est ainsi la conséquence directe de l’hétérogénéité
de leur niveau d’efficience et, plus généralement, des différences de compétences » (Moati P. et al.., 1997 : 29-
30). Selon Moati P. et al. (1997), ce principe de base peut être développé dans différentes directions, qui nous
amènent à considérer le point suivant.

6. 3. Les recherches centrées sur la gestion de l’entreprise

De fait, comme le soulignent Moati P. et al. (1997), la compétitivité des entreprises ne repose pas uniquement
sur ses coûts relatifs mais également sur des variables liées à la gestion, telles que les délais de livraison de
l’entreprise (Silverberg G. et al., 1998), sa politique de prix (Dosi G. et Fabiani S., 1994) et l’engagement de
« dépense de vente » pour étendre les débouchés (Steindl J., 1952).

L’intérêt porté aux déterminants de l’évolution de l’entreprise a également concerné la manière dont celle-ci est
gérée sur les plans financier et commercial, d’une part, et sur le plan des ressources humaines, d’autre part. A ce
propos, plusieurs ouvrages ont été publiés, notamment les travaux de Woodruff A. et Alexander T. (1958),
Argenti J. (1976), Bidault F. (1988), Bruce R. (1976), Hornaday R. et Wheatley W. (1986), Vesper K. (1990),
23
Chandler A. (1972, 1992), Evans D. (1987) et de Lumpkin G. (1996), qui abordent les relations entre le
management et les performances de l’entreprise de manière relativement générale et pratique, voire prescriptive.

Parallèlement à ces ouvrages, on trouve également une série d’écrits plus analytiques. Par exemple, Ronchain N.
(1998) examine la relation entre le niveau de connaissance en gestion de l’entrepreneur et la faillite de son
entreprise, et ce en privilégiant les cas des petites et moyennes entreprises. Les préoccupations de Hoad W. et
Roscoe P. (1964) sont du même ordre. Dyke et al. (1992) et Ray D. (1993) adoptent une approche similaire en ce
qui concerne le degré d’expérience de l’entrepreneur. Carson D. et Cromie S. (1989), quant à eux, examinent
l’importance du marketing dans l’évolution de l’entreprise, et ce sur la base de données empiriques. Tout comme
Lewis J. et al. (1984), d’une part, et Scott et al. (1986), d’autre part, Donkels R. (1990) tente d’identifier
l’importance de ces éléments dans le cas particulier des petites et moyennes entreprises. Néanmoins, les travaux
de ces auteurs concernent également d’autres variables, notamment exogènes à l’entreprise. North D. et al.
(1992) examinent le cas particulier des entreprises manufacturières londoniennes dans les années 1980.

Les travaux de Bamberger I. (1983) sont intéressants, notamment parce qu’ils tentent d’établir, pour le secteur
des petites et moyennes entreprises, un lien entre les caractéristiques culturelles de l’entreprise, notamment en
termes de système de valeurs, la stratégie de celle-ci et, enfin, ses performances.

Le positionnement sur le marché des entreprises en croissance est abordé par Janssen F. (2000). En faisant
référence aux travaux de Storey D. et al. (1994), de Hall G. (1995), Woo C. et al. (1989), Dunkelberg W. et al.
(1987), Wynarczyk P. et al. (1993), Kalleberg A. et Leicht K. (1991) et Julien P. et al. (1998), il identifie la
stratégie commerciale de ces entreprises : priorité plus fréquente pour des avantages compétitifs liés à la qualité
plutôt qu’au prix des produits ou services offerts, centrage sur un seul groupe de produits, plus forte probabilité
d’avoir introduit de nouveaux produits et donc d’innovation et de mobilité dans une niche, propension plus
élevée à l’exportation, et mise en place de procédures formelles de planification. Cependant, comme le souligne
Janssen, il demeure malaisé d’identifier empiriquement si ces éléments sont la cause ou la conséquence de la
croissance. En outre les résultats empiriques des diverses recherches ne sont pas toujours congruents.

En ce qui concerne la dimension financière, Storey D. et al. (1994b – cité par Janssen, 2000) démontrent une
relation positive entre croissance et ouverture du capital de l’entreprise. Les entreprises dont le dirigeant est
réticent à cette ouverture, notamment par souhait de sauvegarde de son indépendance, seraient, en effet, moins
susceptibles de prospérer. Les écrits de Ennew C. et Blinks vont dans un sens similaire. Belletante B. et
Desroches J. (1993) explorent cette hypothèse en ce qui concerne les entreprises de taille moyenne en France.
Quant à Walker D. (1989) et Amit R. et al. (1990), ils s’interrogent sur les stratégies des investisseurs face aux
divers types d’entreprises et sur leur impact sur le développement de celles-ci. Hartigan P. (1976), tout comme
Hutchinson P. et Ray G. (1986), Lachmann J. (1996), Bissiriou G. (1989) et Norton E. (1991), par la suite,
soulignent l’importance de l’accès aux ressources financières lors des différents moments de l’évolution de
l’entreprise, notamment lorsqu’elle s’engage dans des processus d’innovation.

Par ailleurs, certains auteurs adoptent une démarche prédictive à propos du développement, positif ou négatif, de
l’entreprise sur la base des caractéristiques financières de celle-ci. Nous pensons notamment à Altman E. (1968,
1984), Beaver W. (1967, 1968), Edmister R. (1972), Blum M. (1974), Libby R. (1975), Deakin E. (1977),
Ohlson J. (1980), Casey C. (1980), Taffler R. (1982), Zavgren C. (1983), Hamer M. (1983), Reynolds P. (1986),
Stuart R. et Abetti P. (1987), De Meza D. et Webb D. (1988), Wood D. et al. (1988), Doukas J. (1986), Malecot
J. (1990, 1991), Bordes C. et Melitz J. (1991), Bardos M. (1993), Reid G. (1993) et Cressy R. (1996).

Quant aux ressources humaines, ce sont généralement les équipes de direction et de management qui font l’objet
de l’attention des chercheurs. Janssen F. (2000) souligne à ce propos, sur la base des études réalisées par
Wynarczyk P. et al. (1993) et par Hambrick D. et Crozier L., que la croissance de l’entreprise s’accompagne
fréquemment d’un développement de ces équipes. Pour ce qui est de la gestion des autres fonctions dans
l’entreprise, Janssen souligne qu’aucune recherche, à sa connaissance, ne démontre l’existence d’une relation
probante entre les programmes de formation du personnel et le développement de l’entreprise. D’autres auteurs,
tels Bates T. (1990), identifient un lien entre apport en capital humain réalisé par l’entrepreneur et survie de
l’entreprise.

24
6. 4. Les recherches centrées sur les variables exogènes à l’entreprise

Les travaux examinant l’impact de l’environnement économique, commercial, social, politique, juridique… sur
la vie de l’entreprise sont légion13 . Ils portent généralement sur l’influence des dynamismes sectoriels, des
politiques gouvernementales, de l’intensité de la concurrence sur les diverses étapes de l’évolution de
l’entreprise. Ils concernent notamment le moment de la création. Dans ce cas, nous les développerons dans le
point 7 de ce chapitre, qui est consacré aux approches environnementales.

Pour ce qui est des étapes de l’évolution subséquente à la création de l’entreprise, les publications consacrées à
l’action des facteurs exogènes à l’entreprise semblent indiquer, du moins pour les petites et moyennes
entreprises, comme le fait remarquer Janssen F. (2000), que les performances de l’entreprise dépendent plutôt
des facteurs endogènes que de l’environnement. Du point de vue des petites et moyennes entreprises, c’est, selon
cet auteur, ce qui ressort des recherches de Julien P. et al. (1998) et de Storey D. (1994b) sur le contexte sectoriel
(absence d’effet d’entraînement entre entreprises d’un même secteur, faiblesse de l’impact de l’intensité de la
concurrence), de Birley S. et Westhead P. (1990) sur l’effet des aides gouvernementales sur la croissance, et de
Westrip A. (1986) et Gibb A. et Davies L. (1990) sur le rôle présumé de la pression fiscale, de la réglementation
et des relations sociales. Dans la même optique, signalons également les travaux de Freeman R. et Meddoff J.
(1984), qui se penchent sur une composante précise de l’environnement des entreprises, à savoir les relations
industrielles et les rapports avec les organisations syndicales, et tentent d’en examiner l’impact sur le
développement des entreprises.

Néanmoins, toujours selon Janssen, certaines études tendent à démontrer l’existence de liens entre
environnement et évolution entrepreneuriale. C’est notamment le cas des analyses de Variyam J. et Kraybill D.
(1992), de Storey D. (1994b), de Davies S. et Geroski P. (1997) et de Kirchoff B. et Phillips B. (1988), qui
traitent des différentiels de croissance entre secteurs d’activité, celles du Stratos Group (1990) et de Hall G.
(1995), qui montrent que les petites et moyennes entreprises actives dans un marché dominé par des grandes
entreprises connaissent un rythme de croissance plus lent. Contini B. et Revelli R. (1989), pour leur part,
étudient les liens entre la croissance de l’entreprise et l’environnement du point de vue du marché de travail : des
tensions sur celui-ci peuvent, selon ces auteurs, être préjudiciable au bon développement des firmes. Torres O.
(1997), quant à lui, suggère que la dépendance des petites et moyennes entreprises vis -à-vis de leur
environnement est plus forte que celle des grandes entreprises. Les travaux de Popkin J. et al. (1991), cités par
Moati P. et al. (1997), mettent en évidence d’importants effets sectoriels dans la détermination du taux de survie,
du moins pour ce qui est de l’échantillon d’entreprises américaines étudié.

Par ailleurs, dans ce cadre, le contexte de l’entreprise a été considéré dans une perspective plus globale par le
biais de l’étude du lien entre conjoncture macro-économique et survie de l’entreprise. Comme le signale Moati
P. et al. (1997 : 46), théoriquement, les périodes de récession devraient réduire les chances de survie des
entreprises : les baisses d’activité augmentent les difficultés commerciales et financières et les entreprises déjà
fragiles en conjoncture normale ne peuvent, dès lors, résister à cet accroissement et finissent par disparaître.
Cependant, plusieurs études empiriques (Geroski P., 1991 ; Marco L. et Rainelli M., 1986 ; Francoz D., 1996)
invitent à la prudence et semblent montrer que l’évolution des disparitions est au moins autant influencée par la
conjoncture passée, qui a un impact sur le nombre de créations, que par la conjoncture présente, qui influence
l’activité économique.

En outre, d’autres auteurs, tels que, entre autres, Sekkat K. (1988), Ganne B. (1991a, 1991b), Cool K et al.
(1992), Benko G. et Lipietz A. (1992), Easton G. (1992), Oberti M. (1993), Carrier B. (1993), OCDE (1996) ou
Euro-Rapport (1999) se sont préoccupés de l’effet pour l’entreprise de son insertion dans une grappe, district
économique ou cluster, c’est-à-dire, comme le définit Surlemont B. (2000 : 117), « un ensemble animé d’acteurs
économiques localisés dans une même région, actifs dans des métiers, technologies, secteurs ou marchés
complémentaires ou similaires et qui, ainsi associés, constituent une masse critique, source de compétitivité,
dans certains maillons essentiels de leurs activités ». Ces travaux ne sont pas sans rapports avec d’autres
développés en sociologie (e. a. Astley W. et Fombrun C., 1987).

Le cluster peut être, selon Surlemont, horizontal (entreprises en concurrence dans des niches de marché similaire
ou complémentaire), vertical (entreprises liées par une relation de type client-fournisseur, cluster actif sur tout ou

13
Ils ne sont pas sans évoquer l’approche par la contingence développée en sociologie des organisations et abordée au point
1. 2.. Pour rappel, cette approche se focalise sur l’étude de l’impact de l’environnement de l’organisation sur la structuration
et le fonctionnement de celle-ci.
25
partie de la chaîne de valeur ajoutée associée à un marché ou à un secteur) ou bien encore concentrique (grandes
entreprises associées avec des petites et moyennes entreprises actives dans leur sillage).

La notion de cluster est intimement liée à celle de synergie (Ansoff H., 1965 - cité par Surlemont B., 2000) : une
entreprise isolée serait moins performante qu’une autre intégrée dans un cluster. De fait, la taille du cluster
autorise ses membres à accéder à des investissements impossibles à effectuer isolément. Il permet parfois le
partage de charges communes (Porter M., 1980, 1990 - cité par Surlemont B., 2000) ou de certains risques, tels
que ceux associés à la pénétration de nouveaux marchés ou à la mise au point de nouveaux produits. Par ailleurs,
l’appartenance à une grappe peut assurer certaines économies d’échelle, par exemple dans le cas de productions
conjointes, ou être à l’origine d’une certaine réputation positive.

L’insertion dans un cluster permet également une division du travail entre ses membres, de telle sorte que chacun
peut se concentrer sur ses points forts (Hamel G. et Prahalad C., 1990 - cité par Surlemont B., 2000). D’autres
avantages du district sont mis en évidence par Surlemont : complémentarité des produits offerts par les
entreprises du cluster, possibilité de mise en place de structures oligopolistiques capables d’influencer
favorablement les coûts des facteurs de production (Baumol W. et al., 1982 ; Scherer F. et Ross D., 1990 ; Burt
R., 1992- cités par Surlemont B., 2000), amélioration de la capacité de réaction face à l’évolution des marchés,
réduction des coûts de transaction et de coordination (Williamson O., 1985- cité par Surlemont B., 2000),
possibilité de développement de formations spécifiques pour une main-d’œuvre spécialisée, plus grande fluidité
de l’information et, par conséquent, plus grande capacité d’innovation et d’adaptation (Von Hippel, 1988 - cité
par Surlemont B., 2000).

Remarquons que le cas des clusters italiens a fait l’objet de nombreuses publications, notamment de la part de
Bagnasco A. (1977), Becattini G. (1989a), Goodman E. et Bamford J. (1989), Pyke F. et al. (1990), Oberti M.
(1993, 1996), Trigilia C. (1994), Batistoni A. (1998) et De Vincenti A. (2000). D’autres auteurs ont considéré les
districts observables dans d’autres pays tels que, par exemple, la Wallonie (Surlemont et al., 1998), l’Espagne
(Castillo J., 1994), les Etats-Unis (Brittain J. et Wholey D., 1988) ou le Canada (Baum J. et al., 2000). On notera
également la comparaison internationale réalisée par Hardill I. et al. (1995).

Signalons également que ce courant de recherche sur les clusters présente certaines similitudes avec d’autres
travaux relevant de la géographie économique et tentant d’identifier les composantes locales à l’origine des
dynamiques industrielles, tels que ceux de Fisher A. (1992), de Veltz P. (1993) ou de Maillat D. (1999). On
retrouve également dans ce courant certaines idées émises par Hägerstrand T. (1967) à propos des processus de
diffusion géographique de l’innovation.

6. 5. Les recherches centrées sur les stades de développement de l’entreprise

Les économistes du développement ont tenté depuis longtemps d’identifier les étapes de la croissance
économique. Ainsi, déjà en 1962, Rostow W. décompose le développement économique en cinq étapes.
Généralement, ces travaux concernent le niveau macroéconomique. En ce qui concerne le niveau
microéconomique, plusieurs tentatives ont été menées, notamment par Galbraith J. (1982) ou Carter et al. (1996),
pour modéliser les stades de développement de l’entreprise. Comme le mentionne Janssen F. (2000), ces
tentatives sont souvent sous-tendues par une analogie avec l’évolution des systèmes physiologiques. On y parlera
de « naissance », de « maturité », de « croissance » et de « déclin ». Mueller D. (1972) utilise le vocable de
« cycle de vie » pour désigner ces stades.

Les différentes étapes de l’évolution de l’entreprise s’articulent les unes aux autres et sont fréquemment
caractérisées par des modifications endogènes concernant la gestion et la structure de celle-ci. Selon Janssen, lors
de la première étape, le rôle de l’entrepreneur est prépondérant. Les étapes suivantes seraient marquées, dans un
premier temps, par la division des tâches managériales, et, ensuite, par la bureaucratisation et la rationalisation
de l’organisation.

Les modèles d’évolution de l’entreprise identifiés par Janssen, tels que ceux de Greiner L. (1972), Churchill N.
et Lewis V. (1983), Scott M. et Bruce R. (1987), partagent certaines caractéristiques avec celui élaboré par
Rostow pour le niveau macroéconomique dans la mesure où, tout comme ce dernier, ils découpent le
développement en cinq étapes, ils offrent une vision mécaniciste et déterministe de la réalité (Saporta B., 1986 -
cité par Janssen F., 2000) et ils sont rarement validés empiriquement (Stanworth J. et Curran J., 1976 - cité par
Janssen F., 2000).

26
Janssen fait remarquer, à juste titre, que ces modèles sont loin de pouvoir rendre compte de la diversité des
modalités d’évolution des entreprises : certaines ne passent pas l’ensemble des stades et certaines peuvent
s’arrêter délibérément à tel ou tel stade.

Abernathy W. et Utterback J. (1975, 1978), Anderson P. et Tuschman M. (1990), Gort M. et Klepper S. (1982),
Foray D. (1994), Jovanovic B. et Mac Donald G. (1994), Suarez F. et Utterback J. (1995), Klepper S. (1996) et
Vernon R. (1996) tentent également d’identifier les étapes du développement des entreprises, mais en étayant
leurs modèles par des analyses empiriques. Les différentes propositions ainsi élaborées ne sont cependant pas
toujours concordantes entre elles.

7. Les approches environnementales

Dans le point 5 de ce chapitre, nous avons fait allusion, sans en développer la présentation, à certains travaux
traitant des éléments macroéconomiques liés au processus de création. Par ailleurs, nous avons considéré, dans le
point 6. 4, les publications envisageant certains éléments contextuels comme facteurs de (non-)développement
des entreprises déjà existantes. Complémentairement à ces différentes recherches, les approches centrées sur les
éléments de l’environnement de l’entreprise et du créateur sont identifiées par certains, tels Bull I. et Willard G.
(1995), comme constituant un courant à part entière de la théorie de l’entrepreneuriat. C’est pourquoi, nous
consacrerons un point spécifique à la présentation de cette littérature.

Au niveau macro, nous avons déjà fait allusion aux productions de Libecap G. (1998), de l’IFOP et de l’Agence
pour la Création d’Entreprises (1998, 1999) concernant l’action contraignante des contextes juridiques, fiscaux et
administratifs sur la création. En ce qui concerne l’impact de variables macro-sociologiques, on peut également
citer les recherches de Belshaw C. (1965), Shapero A. et Sokol L. (1982), Bruno A. et Tyebjee T. (1982),
Jackson J. et Rodkey G. (1994) et Davidsson D. (1995) portant notamment sur le « climat culturel »
(disponibilité à prendre des risques et à accepter l'échec, perception des difficultés liées à la création, importance
et respect portés aux petites entreprises et à leur propriétaire, type de socialisation des enfants dans le système
éducatif, attitudes pro-entrepreneuriales), de Courpasson D. (1994), sur l’influence du contexte local sur la
création des identités professionnelles, ou de Maillat D. (1994) et de Gordon R. (1989), à propos des réseaux
sociaux et de l’innovation.

L’importance de ces réseaux est aussi abordée dans des travaux plus économiques, comme c’est le cas chez
Malecki E. (1997), Stewart A. (1989), Brusco S. (1990), Becattini G. (1989b, 1991, 1992), Birley S. (1985a,
1985b), Schmitz H. (1992), Donckels R. et Lambrechts J. (1995), Ostgaard T. et Birley S. (1996), Baum J et al.
(2000) et Surlemont B. (1998, 2000). Ces publications concernent également, de manière plus ou moins directe,
l’importance des districts économiques et des clusters industriels dans les mécanismes de création. Nous ne
reviendrons pas sur cette thématique, déjà développée dans le point 6. 4, consacré à l’examen des facteurs
exogènes à l’entreprise susceptibles d’influencer son cycle de vie.

Wtterwulghe R. (1998 : 51-53) tente d’identifier de manière systématique et déductive les éléments
environnementaux qui peuvent avoir un impact sur la décision et le moment de la création en réalisant une
synthèse des travaux sur le sujet. Ce faisant, il fait intervenir, sans distinction explicite, des éléments
environnementaux d’ordre macro-socio-historique, tels que ceux mis en évidence par Sombart W. (1926, 1932)
et Weber M. (1920), ainsi que par Belshaw C. (1965) ou Jackson J. et Rodkey G. (1994), déjà cités dans ce
point, à savoir le système de valeur en vigueur dans une société à un moment donné, et des éléments du niveau
microsociologique, tels que ceux avancés par Bowen D. et Hisrich R. (1986), Hisrich R. et O’Cinneide B.
(1986), Filion L. (1991), Saglio J. (1994) ou Casson M. (1991), notamment l’environnement socioculturel, le
contexte familial, l’expérience ou le milieu professionnel. Les recherches relevant de cette dernière perspective
renvoient au champ d’analyse présenté au point 3 de ce chapitre, relatif à la caractérisation empirique et la
classification des créateurs.

Wtterwulghe R. mentionne également que les composantes politiques (abordées également par Carroll G. et al.,
1988 et Carroll G. et Hannan M., 1989), fiscales, législatives (déjà mises en exergue par Storey D., 1994a),
administratives… de l’environnement socioéconomique peuvent également influencer la dynamique
entrepreneuriale. Il en est de même, selon cet auteur, du climat économique général. Enfin, il convient de
souligner, selon lui, l’importance du rôle potentiel du système éducatif et formatif dans le développement de
l’esprit d’entreprise et l’émergence de vocations d’entrepreneur. Les travaux de Gill L. (1988) vont dans le
même sens. Quant aux écrits de Van de Ven (1995), ils soulignent l’importance d’une infrastructure appropriée
pour le développement de l’entrepreneuriat et l’émergence de nouvelles firmes. Une telle infrastructure
27
concerne, selon cet auteur, le cadre institutionnel, les divers types de ressources nécessaires, le marché et
l’industrie. Carsrud A. et al. (1986) insistent, pour leur part, sur le rôle des réseaux de relations et d’échanges de
conseils (mentoring) sur la réussite des nouvelles entreprises.

Ostgaard T. et Birley S. (1996) adoptent une démarche plus empirique et étudient, à partir de l’examen de 159
cas de création d’entreprise en Angleterre, le lien entre réseau personnel de relations du créateur et
aboutissement de son projet. Ce faisant, ils rencontrent les préoccupations de Aldrich H. et al.(1987), qui
analysent une cohorte de nouvelles entreprises américaines, et de Aldrich H et Zimmer C. (1986). Ces auteurs
démontrent l’importance des réseaux de relations lors de la création. Leurs travaux ne sont pas sans évoquer
l’importance de l’intégration de l’entrepreneur dans une grappe ou un district économique, comme il y a déjà été
fait mention dans le point 6. 4. de ce chapitre. On rappellera à ce propos les écrits de Bastioni A. (1998), Baum J.
et al. (2000), Becattini G. (1989a, 1992), Benko G. et Lipietz A. (1992), Pyke F. et al. (1990), Schmitz H.
(1992), Semlinger K. (1994), Surlemont, (1998, 2000), Von Hippel E. (1988), qui abordent cet élément dans
divers contextes régionaux.

En adoptant un point de vue plus théorique et centré sur la thématique plus générale de l’innovation, Akrich M.
et al. (1988), ainsi que Romanelli E. (1989) et Camagni R. (1991), soulignent également l’importance du
contexte sociologique et des réseaux de relations dans l’aboutissement de projets novateurs et originaux. Ce
faisant, ils font écho aux travaux à portée plus générale de Degenne A. et Forsé M. (1994) à propos des réseaux
sociaux et de Grabher G. (1993) sur les composantes sociales des réseaux industriels.

Enfin, d’autres travaux insistent sur la dimension géographique du contexte de la création, notamment en termes
d’infrastructures disponibles et de spécialisation spatiale. Nous pensons notamment à ceux réalisés par Bartik T.
(1989), Veltz P. (1993), par Massey D. (1995) et par Maillat D. (1994, 1999). Par ailleurs, de nombreuses
recherches considèrent la dimension sectorielle de l’environnement du point de vue des barrières à la création.
Nous y avons déjà fait allusion au point 4 aussi n’y reviendrons nous pas.

8. Les approches fonctionnalistes

La dernière ligne de recherche identifiée lors de notre exploration de la littérature relative à l’entrepreneuriat et à
la création d’entreprise concerne les fonctions économiques. Il s’agit, d’une part, d’identifier les fonctions que
remplit le créateur du point de vue de son entreprise et, d’autre part, de comprendre le rôle joué par
l’entrepreneur et la création d’entreprises dans les dynamiques socioéconomiques. Dans la première optique, les
travaux se situent résolument dans la logique des définitions fonctionnelles abordée précédemment, dans le point
3. Nous concentrerons d’abord notre attention sur les écrits s’inscrivant dans cette perspective.

Avant de poursuivre, soulignons que les approches fonctionnalistes sont fréquemment mises en opposition avec
les théories classiques en économie, car elles positionnent l’entrepreneur au cœur même du fonctionnement
économique, alors que, comme le souligne Wtterwulghe R. (1998 : 40), « Selon celles-ci [les théories classiques
et néo-classiques], les entreprises sont virtuellement dépourvues d’entrepreneurs. […] L’entreprise opère un
calcul qui lui permet d’optimiser son profit. La théorie économique postule donc, qu’en toutes circonstances, ce
sont ces valeurs bien précises qui seront choisies par l’entreprise. L’entreprise reproduira ces décisions jusqu’à
ce qu’un choc exogène modifie une des données du problème. Dans un modèle classique de maximisation du
profit, il n’y a donc guère de place pour l’initiative entrepreneuriale. […] Comme le souligne Kirzner I . (1973),
dans le contexte d’un monde de bonne information et de prévision où la prise de décision relève de la mécanique
du calcul, il n’y a pas de champ d’application pour l’élément entrepreneurial. […] La théorie classique ne
fournit guère d’explication quant à la manière dont le système économique s’adapte au changement. Par-là, elle
néglige totalement le rôle joué par l’entrepreneur dans la dynamique de l’économie de marché. […] Il est
essentiel de résoudre la contradiction entre la main visible d’Adam Smith et la main plus que visible de
l’entrepreneur ».

8. 1. Les travaux portant sur la définition fonctionnelle de l’entrepreneur

Wtterwulghe R. (1998) réalise une très bonne synthèse de la littérature tentant de cerner les fonctions de
l’entrepreneur au niveau microéconomique. Les productions de Cantillon R. (1755), Say J. (1841), Thünen J.
(1910), Marshall A. (1920), Knight F. (1921) et, bien sûr, Schumpeter J. (1912, 1942) sont tour à tour abordées.
Le travail de Wtterwulghe démontre que les rôles remplis par l’entrepreneur au niveau, non seulement de
l’entreprise, mais aussi du système économique, sont abordés par plusieurs auteurs, dont Evans G. (1959),
Leibenstein H. (1968, 1979), Penrose E. (1972), Kirzner I. (1973) et Drucker (1985a).
28
Parmi ceux-ci, il convient de relever le cas de Casson M. (1982), qui propose une définition précise des fonctions
microéconomiques de l’entrepreneur : « l’entrepreneur est quelqu’un qui se spécialise dans la prise de décisions
de jugement sur la coordination de ressources rares » (cité par Wtterwulghe R., 1998 : 44). Drucker P. (1985a)
et Gasse Y. (1988) présentent d’autres définitions, qui, selon Wtterwulghe, sont plus complètes. Elles seront
abordées par le détail dans le chapitre suivant. Selon ces définitions, les fonctions essentielles de l’entrepreneur
sont de l’ordre de l’innovation et de la poursuite de l’efficacité. En cela, elles se rapprochent des théories de
Schumpeter J. (1912), pour qui la fonction primordiale de l’entrepreneur est l’innovation, en termes de produits
ou de techniques de production et de diffusion. L’entrepreneur est, selon cet auteur, un réformateur, voire un
révolutionnaire, qui, par son attitude proactive, se positionne en rupture par rapport aux produits et procédés
existants. Son action ne consiste donc pas à assumer les risques financiers de son entreprise, ceux-ci étant
assumés par les opérateurs financiers sur le marché des capitaux.

Leibenstein H. (1968, 1978), quant à lui, distingue, parmi les fonctions microéconomiques de l’entrepreneur,
celles liées à la gestion (entrepreneuriat routinier) de celles de nature exploratoire et innovante. Dans ce cadre,
son travail s’attache à remettre également en cause le concept de rationalité économique, central dans les
productions classiques et néo-classiques.

Par ailleurs, il existe également une série d’ouvrages faisant l’inventaire des fonctions que l’entrepreneur doit
pouvoir remplir au sein de son entreprise. Par exemple, Bull I. et Willard G. (1995) proposent un idéal-type de
l’entrepreneur à des fins heuristiques. Néanmoins, sans assises empiriques robustes, ces travaux sortent
fréquemment du cadre scientifique strict et relèvent souvent d’un projet normatif et idéologique. Ils ont déjà été
évoqués précédemment.

Parallèlement, certains auteurs portent leur attention sur l’entreprise plutôt que sur l’entrepreneur et tentent de
cerner les diverses fonctions de l’entreprise. C’est notamment le cas de Cohen E. (1994) et de Thuderoz C.
(1997). Ce faisant, ces auteurs permettent d’identifier, indirectement, certaines des fonctions microéconomiques
remplies par l’entrepreneur et le créateur d’entreprise. Nous y reviendrons lors du chapitre suivant, consacré à la
construction du cadre conceptuel.

8. 2. Les travaux portant sur les fonctions socioéconomiques de l’entrepreneuriat

L’examen des fonctions remplies par l’entrepreneur au fil de sa pratique amène à considérer le rôle joué par
l’entrepreneuriat au niveau général de la dynamique socioéconomique. De fait, les tâches qu’il est censé mener à
bien (innovation, optimisation, exploration, organisation…) ne sont pas sans effet sur l’économie et les sphères
connexes (Baumol, 1968, d’Iribarne P., 1986). Comme le rappelle Wtterwulghe (1998), c’est dès le 18ème siècle
que certains auteurs mettent en évidence l’importance de la fonction entrepreneuriale pour l’économie, mais
leurs travaux demeurent marginaux par rapport au courant dominant, constitué des approches classiques et
néoclassiques.

Selon Wtterwulghe, la rupture avec ce courant a été amorcée par Schumpeter (1912, 1942) : en posant
l’hypothèse que c’est le déséquilibre dynamique, par opposition à l’équilibre optimum érigé en principe essentiel
par les théoriciens classiques, qui caractérise le bon fonctionnement économique, il est un des premiers à donner
à l’entrepreneuriat une position centrale dans la théorie et la pratique économiques. Dans la pensée
schumpeterienne, l’entrepreneur est en effet l’opérateur privilégié de l’innovation et du changement. Par la suite,
d’autres auteurs, dont certains ont déjà été cités précédemment, s’inscriront dans cette perspective et
démontreront le rôle des entrepreneurs dans le développement économique. Parmi les dernières publications
participant de ce courant, on peut citer notamment celle de Harbison F. (1986), Arocena J. (1986), Sweeney G.
(1987), Kirchoff B. (1991), Julien P. (1993), de Quiles J. (1997), de Aghion P. et Howitt P. (1998), de
Wenneckers S. et Thurick R. (1990) et de Dejardin M. (2000).

Signalons, comme le fait Wtterwulghe (1998), que certains chercheurs sont moins catégoriques quant à l’impact
positif de l’activité entrepreneuriale sur la croissance économique. Ainsi, par exemple, Baumol W. (1990 , 1993)
estime que l’entrepreneur peut développer des stratégies dommageables pour l’économie, telle que la recherche
de situations de rente. Perret B. et Roustang G. (1993) tendent également à tempérer une conception trop
enthousiaste du lien entre entrepreneuriat et développement socioéconomique. Il en est de même quant à Plum
W. (1977), Leff N. (1979) et Hébert R. et Link A. (1988).

Parmi les travaux consacrés à l’examen du rôle de l’entrepreneur dans le développement de l’économie, un
nombre important porte sur l’effet de la création d’entreprises et de l’entrepreneuriat sur l’emploi. C’est le cas
29
des recherches menées par Birch D. (1979), Lilien D. (1982), Birley S. (1986, 1987), Kirchoff B. et Phillips B.
(1988), Libert B. (1999), Begin J. (1991) et l’Agence pour la Création d’Entreprises (1998), Henley A. (1999).
Certaines recherches sur cet effet portent plus particulièrement sur le rôle des petites et moyennes entreprises,
notamment celles de Baroin D. (1984), Greffe X. (1984), Bizaguet A. (1988), Lesage A. et De Falleur M.14
(1992), Bagnasco A. et Sabel C. (1994), et de Ardenti R. et Vrain P. (2000). Verbeeren B. (2000) envisage la
situation spécifique de cet effet dans le secteur non marchand.

Conclusions

L’ensemble des références bibliographiques identifiées et examinées dans le cadre de ce survey de la littérature
atteste de l’ampleur et de la richesse du champ de la recherche sur l’entrepreneuriat et la création d’entreprise. La
multiplicité des préoccupations, la variété des angles d’approche et la diversité des ancrages disciplinaires
rencontrés lors de notre exercice de systématisation sont source de difficultés pour le chercheur désireux de
donner un aperçu d’ensemble des travaux réalisés sur ces thèmes. Nous n’avons d’ailleurs pas la prétention
d’avoir couvert cet ensemble dans sa totalité.

Comme nous l’avons vu, il est possible d’identifier certains courants dominants dans la production scientifique,
ce qui rend l’examen de celle-ci moins malaisé. Ces courants ne doivent pas être considérés comme concurrents.
Ils sont, en fait, complémentaires : ils adoptent des perspectives (fonctionnaliste, stratégique, causaliste,
systémique…) qui se complètent et abordent des sujets (l’entrepreneur, le processus de création, les facteurs de
développement, l’environnement…) différents mais connexes. Ce faisant, ils mettent en évidence la complexité
des phénomènes qu’ils considèrent. Il est d’ailleurs, tout comme en analyse organisationnelle, très intéressant de
pouvoir considérer les apports de cadres de référence théoriques différents et de les combiner en vue d’une
bonne compréhension des phénomènes sous étude (Morgan G., 1999 ; Hatch M., 2000).

Dans la poursuite de nos travaux, il conviendra de prendre cette complexité en compte et d’intégrer les diverses
dynamiques et les multiples points de vue identifiés dans notre survol de la littérature. Cette intégration devra
être poursuivie dès la mise en œuvre de l’étape suivante de notre recherche, qui visera la délimitation précise de
notre objet d’analyse et la définition du cadre conceptuel relatif à l’entrepreneur et à l’entreprise. Cette étape,
dont les résultats guideront et baliseront les développements ultérieurs de nos analyses, tirera profit des deux
premiers courants mis en évidence.

Par la suite, l’intégration des éléments se poursuivra lors de l’élaboration du modèle d’analyse qui présidera à
notre étude empirique. Pour ce faire, nous utiliserons bon nombre des références citées lors de la présentation des
deuxième, troisième et cinquième courants.

Dans un premier temps, et en nous concentrant sur le moment de la création, il s’agira de cerner, d’une part, les
caractéristiques (économiques, sociologiques, culturelles, géographiques…) des nouveaux créateurs d’entreprise
wallons15 . Il conviendra également de s’intéresser aux logiques d’action de ces entrepreneurs et aux déterminants
de celles-ci. Dans cette optique, certaines dimensions sont incontournables et il nous faudra nous pencher sur :
- le profil de l’entrepreneur (en intégrant ses diverses composantes : économiques, sociales,
culturelles, géographiques, expériencielles, compétences développées…) ;
- l’articulation de l’acte créateur avec l’ancrage familial et la trajectoire du créateur, notamment sur
le plan professionnel ;
- les spécificités de contexte sous-régional dans lequel s’inscrit la création et leurs relations
dynamiques avec celle-ci ;

14
Cette publication est plus particulièrement intéressante, dans la mesure où elle concerne la situation de la région wallonne.
15
D’un point de vue théorique, on envisagera différents cadres de référence pour cette identification. Par exemple, en
utilisant la théorie sociologique des champs, on s’interrogera sur la nature des capitaux (économiques, sociaux, culturels,
éducatifs, …) dont la maîtrise est requise pour l’entrée en entreprise et pour la réussite du projet. On s’intéressera également à
l’importance de l’implication du nouvel entrepreneur dans des réseaux sociaux, en s’inspirant des travaux menés sur
l’innovation technologique et scientifique (Callon M., 1988, Latour B. et al., 1990). Cette approche permettra notamment le
développement d’une perspective intégrant les théories relatives aux districts industriels et à l’ancrage « socio-écologique »
des projets de création d’entreprise. Ce faisant, nous dépasserons le niveau individuel de l’analyse pour le compléter par le
niveau contextuel et « environnemental ». Enfin, on tentera, en adoptant une autre perspective, une approche plus structurale
s’efforçant d’appliquer au processus d’entrée dans la «carrière » entrepreneuriale le schéma actantiel, avec, notamment,
l’identification des opposants et des adjuvants, ceux-ci pouvant être de nature financière, institutionnelle, organisationnelle,
juridique, compétencielle… (Piret A. et al., 1996)
30
- les ressources mobilisées lors de la création, et, corrélativement, les stratégies d’accès ou de gestion
développées par l’entrepreneur face à celles-ci.

La prise en compte de ces diverses dimensions permettra la compréhension des conditions de la création de
l’entreprise en apportant un éclairage original sur les mécanismes structurels, institutionnels et personnels qui ont
favorisé celle-ci et sur ceux qui l’ont handicapée.

Elle autorisera également l’élaboration d’une typologie des profils de créateurs sur la base des différents
paramètres observés. Cette typologie pourra être utilisée pour la mise en place d’une approche plus qualitative et
plus intensive, qui viserait l’étude compréhensive des articulations entre les diverses dimensions considérées et
des logiques d’action des entrepreneurs. Cette approche pourrait procéder par entretiens avec un nombre restreint
de créateurs représentatifs des différents types identifiés. Elle autoriserait la reconstruction du sens attribué par
ces entrepreneurs à leur décision d’entreprendre et à leur stratégie, et ce dans une perspective biographique. Ceci
pourra conduire, à titre d’exemple, à la production de récits de vie, voire d’histoires de vie idéale-typiques.

Par la suite, en sortant du cadre strict du moment de la création et en considérant l’évolution de l’entreprise, nous
pourrons tirer parti des travaux relevant du quatrième courant distingué lors de notre survey. Il s’agirait alors de
déterminer et de comprendre les mécanismes qui influencent cette évolution. Pour ce faire, la comparaison des
entrepreneurs toujours « en course » avec ceux dont le projet a failli serait un outil précieux.

Complémentairement, l’étude des motifs déclarés de réussite ou d’échec mis en avant par les entrepreneurs, et
l’examen de certains mécanismes organisationnels susceptibles d’influencer l’issue du projet entrepreneurial
seraient d’un intérêt certain. Cet examen, pour être complet, devrait également aborder la question de la gestion
des ressources humaines, et, plus précisément, celle des modes de gestion de compétences au sein de
l’entreprise. D’autres dimensions devraient également être abordées : les composantes financières,
technologiques et juridiques, les relations industrielles, les contraintes environnementales et les modes de
fonctionnement des réseaux sociaux internes et externes ne pourront être négligés. A cet égard, les travaux
inventoriés devraient nous permettre l’élaboration de grilles d’analyse et des cadres de référence pertinents.

31
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