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D5

Risques et Précautions liés au Matériel

COMPRESSEURS -3/A
TECHNOLOGIE ET FONCTIONNEMENT DES COMPRESSEURS
Ingénieurs en
Sécurité Industrielle

A - PRÉSENTATION DES COMPRESSEURS - LA COMPRESSION DES GAZ.................................... 1

I - PRÉSENTATION DES COMPRESSEURS............................................................................... 1

II - PARAMÈTRES LIÉS À LA COMPRESSION DES GAZ INFLUENÇANT LA CONCEPTION


DES COMPRESSEURS ........................................................................................................... 4

B - TECHNOLOGIE ET FONCTIONNEMENT DES COMPRESSEURS VOLUMÉTRIQUES.................. 8

I - DESCRIPTION ET UTILISATION DES DIFFÉRENTS TYPES................................................. 8

II - LES COMPRESSEURS ALTERNATIFS ................................................................................. 11

C - LES COMPRESSEURS CENTRIFUGES ......................................................................................... 23

I - PRÉSENTATION GÉNÉRALE D'UN COMPRESSEUR CENTRIFUGE ................................. 23

II - FONCTIONNEMENT D'UN COMPRESSEUR CENTRIFUGE................................................ 24

III - ASPECTS MÉCANIQUES PERMETTANT LA ROTATION À HAUTE VITESSE.................... 29

IV - ASPECTS D'ÉTANCHÉITÉ..................................................................................................... 30

V - LES SYSTÈMES D'AUXILIAIRES........................................................................................... 33

PLANCHES :

Compresseur alternatif — 2 étages - 4 cylindres double effet —


Compresseur centrifuge à multiplicateur intégré
Compresseur centrifuge — Type barrel - 1 étage —
Compresseur centrifuge à 2 étages — À plan de joint horizontal —
Compresseur centrifuge barrel — À plan de joint vertical —

Ce document comporte 40 pages


MT COM - 01888_B_F - Rév. 2 11/04/2005

 2005 ENSPM Formation Industrie - IFP Training


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D 5 -3/A

A - PRÉSENTATION DES COMPRESSEURS


LA COMPRESSION DES GAZ

Un compresseur est une machine qui doit assurer un débit de gaz. Il est soumis à des contraintes
notamment de pressions ou liées à la nature du gaz qui influent sur le débit.

I- PRÉSENTATION DES COMPRESSEURS

1- DIFFÉRENTS TYPES
Ce document présente les types de compresseurs les plus couramment rencontrés dans l'industrie
pétrochimique.

Il s'agit :
– de compresseurs volumétriques - Dans cette famille de machines on distingue :
• les compresseurs volumétriques alternatifs à piston, à membrane
• les compresseurs volumétriques rotatifs à palettes, à lobes, à vis, à anneau
liquide

Compresseurs volumétriques

Compresseurs alternatifs Compresseurs rotatifs

À piston À membrane

À palettes Roots À vis À lobes Spirale


D T 727 A

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D 5 -3/A

– de compresseurs centrifuges, depuis le ventilateur ou le surpresseur, qui possèdent


une seule roue, jusqu'au compresseur multiétagé à un ou plusieurs arbres

Compresseurs dynamiques

Centrifuges Axiaux

Ailettes de rotor

Ailettes Ailettes

D T 728 A
statoriques statoriques
orientables

Certains compresseurs ont des appellations particulières : pompes à vide, surpresseurs, ventilateurs,
soufflantes, …, en fonction de l’usage et du type de machine.

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2- DOMAINES D'APPLICATION
Sur le tableau ci-après sont précisés les domaines d'application des machines citées précédemment.
Les limites qui sont indiquées sont d'abord d'origine économique avant d'être technique. La pression
est la pression de refoulement maximale, le débit correspond au débit volume aspiré.
Pression maximum en bars

3500
Volumétriques
2000 Centrifuges et Axiaux

Hypercompresseurs
1000
800
600

400

200 Compresseurs
centrifuges

Compresseurs alternatifs
100
80
Joint vertical
60

40

20 Joint horizontal
Compresseurs à vis

10
8 Compresseurs Axiaux
volumétriques rotatifs
6 (hors vis) Compresseurs centrifuges
multi-étagé à multiplicateur intégré
4

2
D T 429 E

Soufflantes centrifuges monoétagées


1 Compresseurs volumétriques à lobes
0,1 0,2 0,4 0,6 0,8 1 2 4 6 8 10 20 40 60 80 100 200 400 600 1000
Débit aspiré en milliers de m3/h

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D 5 -3/A

II - PARAMÈTRES LIÉS À LA COMPRESSION DES GAZ INFLUENÇANT LA CONCEPTION


DES COMPRESSEURS

1- DÉBIT VOLUME DÉBIT MASSE


Le débit aspiré d'une machine est le principal paramètre qui définit sa dimension.

Le débit masse est généralement utilisé par l'exploitant comme objectif de production.

Pour un même débit volume, donc pour une machine de taille donnée ayant une vitesse fixe, le débit
masse est notamment proportionnel à la pression d'aspiration. La variation de la pression d'aspiration
est un moyen pour modifier le débit masse d'un compresseur.

Applications :

a - Compresseur débitant 3000 m3/h d'air


Condition 1 : Pression d'aspiration = pression atmosphérique ⇒ débit masse 3,6 t/h
Condition 2 : Pression d'aspiration = – 0,5 bar (0,5 bar absolu) ⇒ débit masse 1,8 t/h

b - On utilise ce compresseur pour véhiculer du propane


Pression d'aspiration = pression atmosphérique ⇒ débit masse 5,4 t/h

c - On veut véhiculer 3,6 t/h de propane (P asp + P atm) ; il faut une machine beaucoup plus petite qui
aspire 2000 m3/h

Dans un compresseur à 2 étages, la pression du 2ème étage étant plus élevée que celle du premier, le
débit volume aspiré du 2ème est plus petit que celui du premier. La taille du 2ème étage est en
conséquence plus petite.

Applications :

Compresseur à 2 étages

0 1,5 1,4 5
3,6 t/h

20 20
Qv = 1250 m3/h
Qv = 3000 m3/h
D T 047 D

Pression (bar rel.) Température (°C)

1 er étage : débit : 3000 m3 /h d'air ; Pression d'aspiration = pression atmosphérique ⇒ débit


masse 3,6 t/h

2ème étage : Pression d'aspiration = 1,4 bar (2,4 bar absolu) ⇒ débit volume : 1250 m3/h

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D 5 -3/A

2- TEMPÉRATURE DE REFOULEMENT
La température de refoulement dépend :

– du taux de compression, rapport des pressions absolues de refoulement et d'aspiration :


Prefoulement
τ =
Paspiration

– de la température d'aspiration
– de la nature du gaz, caractérisée par un coefficient k mesurant l'aptitude du gaz à
s'échauffer lors de la compression
– du type de compresseur et notamment s'il est refroidi ou non
– de l'état mécanique du compresseur (usure)

On peut ainsi dire que les compresseurs à piston, presque toujours refroidis, chauffent moins que les
autres types de machines qui, elles, ne sont généralement pas refroidies.

Une machine ayant des fuites internes plus importantes, suite à de l'usure, voit sa température de
refoulement augmenter.

Applications :

a - Influence de la nature du gaz

– compresseur débitant 3000 m3/h d'air;


Pression d'aspiration = pression atmosphérique ; Tasp = 20°C
pression de refoulement 5 bars (6 bars absolus) ⇒ Tref = 216°C

0 5 0 1,5 1,4 5

20 216 20 105 20 105


D T 047 E

Pression (bar rel.) Température (°C)

Compressions d'air - 1er et 2 ème étages

On utilise ce compresseur pour véhiculer du propane.


Mêmes conditions d'aspirations et de refoulement ⇒ Tref = 90°C environ.

b - Influence du taux de compression


La compression d'air ci-dessus est réalisée par un compresseur à 2 étages qui ont le même taux de
compression.
La température de chaque étage est alors de 105°C.

La température de refoulement est généralement le facteur limitant le taux de compression.

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D 5 -3/A

Pour les gaz qui tendent à chauffer (air, H2, CO …) lorsqu'on les comprime, ce taux de compression
est généralement limité à 3 ou 3,5.

Les gaz qui chauffent moins autorisent des taux de compression très supérieurs (5 ou 6). Si, de plus,
la température d'aspiration est particulièrement basse (groupes frigo), le taux de compression peut
dépasser ces valeurs.

Dans les machines aspirant sous vide, le taux de compression peut être très élevé (40-60).

Pour les hydrocarbures, on peut noter que plus le gaz est léger plus il tend à chauffer (on ne pourra
pas avoir un taux de compression aussi élevé sur du méthane que sur du butane).

3- PUISSANCE DE COMPRESSION
La puissance dépend :

– du débit de la machine
_ de la nature du gaz
– des conditions d'aspiration
– de l'échauffement du gaz
– des pertes et fuites de la machine.

Pour une machine donnée à débit volume aspiré constant, la puissance est :

– proportionnelle à l'échauffement du gaz donc au taux de compression et à la nature du


gaz
– proportionnelle à la pression d'aspiration
– inversement proportionnelle à la température d'aspiration (en Kelvin).

Applications : En reprenant les exemples précédents

a - Compresseur d'air débitant 3000 m 3/h ; débit masse 3,6 t/h

Pression d'aspiration = pression atmosphérique ; Tasp = 20°C

Pression de refoulement 5 bars (6 bars absolus) ; Tref = 216°C ⇒ puissance (sans


pertes) = 200 kW

b - La compression d'air ci-dessus est réalisée par un compresseur à 2 étages qui ont le même taux
de compression. Température de refoulement de chaque étage = 105°C ⇒ puissance (sans
pertes) = 170 kW.

c - Compresseur de propane : débit masse 3,6 t/h (compresseur mono étage plus petit que celui du
a) ; mêmes conditions d'aspiration et de refoulement ⇒ Tref = 90°C ⇒ puissance (sans pertes)
= 107 kW.

d - Même compresseur que pour a) mais avec du propane : débit volume aspiré 3000 m3/h (débit
masse 5,4 t/h) mêmes conditions d'aspiration et de refoulement ⇒ Tref = 90°C ⇒ puissance
(sans pertes) = 160 kW.

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On peut constater avec l'exemple du compresseur d'air que l'utilisation d'une machine bi-étagée
permet de réduire la puissance de compression (dans notre exemple de 15 %).

0 5 0 1,5 1,4 5

20 20 20

200 kW 85 kW 85 kW

D T 047 F
Pression (bar rel.) Température (°C) 170 kW

La comparaison entre 2 gaz différents pour une machine donnée montre que l'augmentation de
température est un paramètre essentiel de la puissance requise.

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B - TECHNOLOGIE ET FONCTIONNEMENT
DES COMPRESSEURS VOLUMÉTRIQUES

I- DESCRIPTION ET UTILISATION DES DIFFÉRENTS TYPES

1- LES COMPRESSEURS ALTERNATIFS


Dans ces machines, le gaz est comprimé dans une chambre (ou effet) par une pièce animée d'un
mouvement alternatif qui peut être :

– un piston : compresseur alternatif à piston


– une membrane : compresseur à membrane

La figure ci-dessous montre le schéma d'un compresseur alternatif industriel à double effet où le gaz
est comprimé dans deux chambres, l'une étant à l'avant du piston (effet avant), l'autre à l'arrière (effet
arrière).

Aspiration
Cylindre
Garniture d'étanchéité
Vilebrequin
Bielle
Soupape
d'aspiration
Effet avant

Soupape de
refoulement Crosse ou coulisseau

Piston Effet arrière

Refoulement
D T 729 A

Schéma de principe d'un compresseur alternatif à 2 effets

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D 5 -3/A

Le schéma ci-après représente un compresseur à membrane.

Aspiration Refoulement
Soupape refoulement
Soupape aspiration
Chambre de compression

Membrane déformable
Débattement
de la membrane Chambre à huile
Piston et bielle de
la pompe hydraulique

D T 730 A
Avantages et inconvénients des compresseurs alternatifs à piston.

Ces machines sont :

– bien adaptées aux petits débits (jusqu'à 1000 ou 3000 m3 aspirés par heure) et peuvent
véhiculer du gaz à toutes les pressions (jusqu'à 3000 bar). Toutefois elles donnent un
débit de gaz pulsé, ce qui peut être gênant (vibrations, bruits)
– souples à exploiter
– d'une fiabilité moyenne, au niveau des soupapes en particulier. Ceci oblige
généralement à installer deux machines en parallèle, l'une étant en secours de l'autre

Avantages et inconvénients des compresseurs alternatifs à membrane :

– ces compresseurs ne peuvent véhiculer que de très petits débits de gaz. Ils sont donc
peu utilisés en raffinerie
– grâce à leur membrane qui sépare gaz et huile, ils sont parfaitement adaptés à la
compression de gaz propres ou "secs"

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2- LES COMPRESSEURS VOLUMÉTRIQUES ROTATIFS


Dans les compresseurs volumétriques rotatifs, le gaz est transféré par "paquet" de la zone d'utilisation
vers la zone de refoulement.

On distingue notamment :

– les compresseurs à lobes (compresseur ROOTS)


– les compresseurs à vis
– les compresseurs à palettes

Les compresseurs à lobes et souvent ceux à vis sont tels qu'il n'y a pas contact entre pièces
tournantes et stator. Ils ne sont donc pas lubrifiés, contrairement aux compresseurs à palettes, et
conviennent donc particulièrement à la compression de gaz propres ou "secs". La lubrification est
néanmoins possible dans les compresseurs à vis.

Les compresseurs à rotors hélicoïdaux (à vis) utilisés avec du gaz procédé sont considérés comme
fiables à l'égal des compresseurs centrifuges : il n'est pas nécessaire de les doubler.

Gaz enfermé Stator


Stator Aspiration Palettes
entre 2 filets
Lobes

Aspiration
Aspiration Refoulement
Refoulement

D T 731 A
Refoulement
Rotor
Vis femelle Vis mâle

Compresseur à lobes Compresseur à vis Compresseur à palettes

Avantages et inconvénients des compresseurs volumétriques rotatifs :

– ces machines sont capables de véhiculer du gaz dans une large gamme de débit
(jusqu'à 30000 m3 /h). On notera que leur débit est régulier contrairement aux
compresseurs alternatifs

– toutefois ils sont mal adaptés aux hautes pressions, bien que l'on puisse atteindre
30 bars avec des compresseurs à vis

– on leur reconnaît généralement une fiabilité satisfaisante

– les compresseurs volumétriques rotatifs sont peu utilisés pour le gaz procédé, mais les
compresseurs à vis sont très utilisés pour la fourniture d'air service et d'air instrument

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II - LES COMPRESSEURS ALTERNATIFS

1- PRÉSENTATION GÉNÉRALE
Les compresseurs alternatifs peuvent se présenter sous différentes dispositions. Quelques unes sont
données ci-dessous.

Vilebrequin Crosse
Bielle Tige Piston Cylindre BP Cylindre HP

Cylindre horizontal Cylindres en tandem

Cylindre BP
Cylindre BP
Cylindre HP (vertical)

Cylindre HP
(horizontal)

Bielles articulées
sur le même
maneton

Cylindre en V à 90° Cylindres en équerre


Poulie-volant

Cylindre HP
Cylindre BP

Poulie-
volant Pompe à huile
Bielle

Couronne
Plateau incliné dentée
D T 732 A

Cylindres verticaux Disposition en barillet


(type Girondin)

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Les compresseurs de gaz et les gros compresseurs d'air ont très généralement des cylindres à double
effet disposés horizontalement. Le schéma ci-dessous en est une excellente illustration. Cette
disposition est celle préconisée par l'API.

Vilebrequin
Reniflard Filtres à huile
Volant Bielle
d’inertie

Crosse
Trappe de
Garniture de Tige de piston
visite
tige de l’entretoise
Chemise
Segments Pompe de graissage
des cylindres

Bâti carter
Guide
Pompe à huile
de crosse
Mouvement
Espace mort Entretoise
Garniture Piston Palier de vilebrequin

D T 726 B
additionnel
à volume fixe Soupape racleuse
Lanterne d’huile

2- ASPECTS DE LA COMPRESSION DES GAZ


Les pressions d'aspiration et de refoulement sont en général fixées par le procédé. Le compresseur
refoule à partir du moment où la pression dans le cylindre dépasse légèrement la pression de
refoulement.

Le rapport entre pression de refoulement et pression d'aspiration (taux de compression) et la nature du


gaz conditionnent la température de refoulement. Cette température, si elle est trop élevée, peut
entraîner de nombreux inconvénients :
– explosion du mélange air véhiculé + huile de lubrification au contact d'un point chaud
– encrassement des clapets
– corrosion accrue des pièces
– diminution de la résistance mécanique

Pour ces raisons la température de refoulement est volontairement limitée, par exemple, suivant la
nature des gaz, la présence ou non d'huile ou la nature de certaines pièces.

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D 5 -3/A

Pour assurer une compression donnée et afin de ne pas dépasser la température limite, on peut alors
avoir besoin de plusieurs étages avec un refroidissement interétage des gaz comprimés.

On peut, en outre, noter que :


– toute fuite interne (clapet fuyard, segments usés) a pour effet d'augmenter la
température de refoulement du gaz
– un refroidissement excessif et une mauvaise séparation peuvent entraîner du liquide
dans le cylindre avec des conséquences pouvant être catastrophiques pour le
compresseur

3 - TECHNOLOGIE DES ÉLÉMENTS CONSTITUTIFS AUX COMPRESSEURS


ALTERNATIFS
• Le cylindre et le piston

Le cylindre est conçu pour supporter la pression du gaz, assurer un refroidissement provenant de la
compression, permettre le passage des clapets, supporter le frottement du piston (ou des segments).

Le prix du cylindre conduit à rechercher une diminution de son usure (lubrification) et du coût de sa
réparation (chemises). Si la lubrification par l'huile n'est pas acceptable (problème de sécurité,
pollution du gaz, ...) il est nécessaire d'utiliser des segments autolubrifiants (PTFE chargé ou carbone).

• Les segments d'étanchéité

Suivant la nature du gaz, la lubrification du cylindre ou non, les segments sont en fonte, en carbone,
ou en plastique (PTFE chargé, Celeron, ...). L'usure des segments se traduit par une fuite de gaz d'un
effet à l'autre ou du cylindre dans le carter (simple effet). La conséquence en est une diminution du
débit du compresseur et une augmentation de la température de refoulement du gaz.

Segments porteurs
(téflon)
Demi-piston
arrière Demi-piston
avant
Ecrou de
blocage

Entretoise de piston
D T 320 A

Segments d'étanchéité

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D 5 -3/A

• Les soupapes

Il en existe de nombreux types (disques, lamelles, anneaux, poppets, ...). Les clapets disques sont
largement les plus répandus en Europe. Ils sont constitués d'un siège sur lequel le clapet vient
s'appuyer, de ressort (à disque ou à boudin) pour assurer une légère pression du disque sur son
siège, d'une plaque amortisseuse pour limiter le choc du disque lors de son ouverture et une rondelle
dont l'épaisseur détermine la levée du clapet.

Les pannes des soupapes sont les causes essentielles des interventions mécaniques sur les
compresseurs alternatifs.

Changer une soupape est une opération généralement facilitée par une conception adaptée mais qui
nécessite obligatoirement l'arrêt de la machine.

D T 733 A

Vue éclatée d'une soupape d'aspiration

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D 5 -3/A

• Les étanchéités de tiges de piston par garniture

On les trouve sur les compresseurs à double effet. Les matériaux (PTFE, carbone, bronze et métal
blanc) permettent de résoudre les problèmes essentiels.

Lorsque cela est possible, la garniture est lubrifiée. On peut trouver une conduite de dégazage (vers la
torche) et éventuellement une réfrigération des cuvettes par un circuit d'eau. Un "saut de tige" excessif
est souvent la cause essentielle de la détérioration de ces garnitures.
Chapeau
Cylindre

Lanternes
Graissage
ou
connexion
au collecteur
aspiration

Tirants d'assemblage

Coté cylindre Coté entretoise

Tige de piston

Dégazage

Anneaux d'étanchéité

Chapeau
Anneau 3 segments

Anneau 6 segments

Injection de
gaz de barrage
(N2)

Coté entretoise

Ressorts
D T 734 B

Variante : Injection de gaz de barrage à l'azote (pression N2 = 1 bar)

Certaines garnitures reçoivent un gaz de barrage (N2 en général) dans une hauteur placée entre le
dégazage et l’entretoise. Cette solution évite la présence du gaz comprimé d’aller dans l’entretoise.

• Le mouvement

Constitué par un vilebrequin, monté sur 2 patins (ou plus), par les bielles fixées d'un côté sur les
manetons du vilebrequin et de l'autre sur l'axe du coulisseau (ou crosse), par un coulisseau se
déplaçant sur sa glissière, l'ensemble "Mouvement d'un compresseur" est un ensemble fiable. Une
lubrification efficace ainsi qu'une bonne assise du bâti peuvent assurer un fonctionnement de très
longue durée.

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D 5 -3/A

4- LES AUXILIAIRES
Pour un fonctionnement correct le compresseur doit être équipé d'un certain nombre de circuits
auxiliaires :
– eau de refroidissement
– huile mouvement
– huile en contact avec le gaz
– sécurité, purges, ...

• Eau de refroidissement

Elle sert à limiter la température du cylindre, des fonds de cylindre et éventuellement de la garniture.

Pour les compresseurs de gaz et afin d'éviter des risques de condensation dans le cylindre, la
température de l'eau doit être supérieure à celle d'aspiration du gaz (API 617).

La qualité de l'eau est très importante pour la fiabilité de la machine.

• Huile de mouvement

Un circuit d'huile classique avec pompe attelée et éventuellement pompe auxiliaire électrique, filtre,
réfrigérant et régulateur de pression permet la lubrification des paliers, manetons, axes de coulisseau
et glissières.

Une sécurité de pression basse est généralement prévue qui empêche le démarrage du compresseur
ou l'arrête.

• Huile en contact avec le gaz

Un système de pompes multiples ou de distributeurs permet l'envoi d'une quantité d'huile déterminée
sur chaque point à graisser : cylindre, garniture mécanique.

La nature de cette huile doit être choisie en fonction de la nature du gaz.

• Autres circuits

– Circuit de dégazage vers la torche de la garniture et si elle existe de l'entretoise

– Circuit d'azote pour dégazer les entretoises

– Purge d'huile et de condensats

– Évent de la 2e entretoise vers l'atmosphère

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COMPRESSEUR ALTERNATIF À PISTONS

01888_B_F
TI — Circuit de réfrigération et utilités —
TI
LAL
LG TI
Vers torche Atm. Atm. Vers torche
TI TI

PI
Torche Azote Vers torche
17

Réfrigération d'huile
PAH compresseur
Azote Purge
dPC FG
TI
FG FAL TI

TI FAL

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Réfrigération d'huile
TI
réducteur

Garniture
avec barrage
LG
d'azote
D T 314 E

Eau de
Purge huile réfrigération
TC Réchauffage
D 5 -3/A
COMPRESSEUR ALTERNATIF À PISTONS
— Schéma de lubrification —

01888_B_F
LAL
18

LG

PC
TI

Pompe attelée
Pompe manuelle
PI

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TI
PAL
Réfrigérant d'huile
Voyants PAL

TI PSLL
LAL
Graisseur mécanique
LG Eau de réfrigération Vanne
thermostatique

Lubrification des cylindres Lubrification de


dPI
D T 315 C

et des garnitures l'ensemble en mouvement


D 5 -3/A
19
D 5 -3/A

5- EXPLOITATION D'UN COMPRESSEUR ALTERNATIF

a - Débit aspiré par un compresseur alternatif

3 2
6 2' Travail à fournir en plus Par rapport à
3' l'évolution
isentropique
P en bar abs.

Travail "économisé"
5

2 4' 1'
1

1 4 Volume aspiré réel


Espace Volume aspiré isentropique
mort Volume engendré par le piston
0
0 10 20 30 40 50
Volume en litres

D T 735 A
PMH PMB
Cycle réel d'un compresseur alternatif

Le schéma ci-dessus représente l'évolution de la pression lorsque le piston fait un aller-retour.

Le point 1 situé au point mort bas se trouve à la pression d'aspiration.

Le point 2 correspond à l'ouverture du clapet de refoulement qui se produit lorsque la pression dans le
cylindre est théoriquement égale à la pression de refoulement.

Le point 3 situé au point mort haut et donc à la pression de refoulement.

Le point 4 représente la position du piston lorsque la pression dans l'effet redevient égale à la pression
d'aspiration.

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D 5 -3/A

Le schéma du cycle montre que le débit aspiré par le compresseur est inférieur au débit engendré.
Cette différence provient de la détente de l'espace mort qui réduit la capacité d'aspiration de gaz
"frais".

En fonctionnement dans une installation, dans des conditions d'aspiration et de refoulement données,
les compresseurs alternatifs dont la vitesse ne varie généralement pas, ont un débit fixe. En modifiant
ces conditions le débit peut légèrement changer.

b - Variation de débit d'un compresseur

La variation de débit indispensable pour adapter le débit de la machine au débit exigé par l'installation
peut être réalisée en dehors de la variation de vitesse par différents moyens :

• Recycler les gaz comprimés

Ce recyclage peut être fait :

– soit par un circuit prévu à la construction de l'installation. Ce circuit ramène le gaz en


amont d'un réfrigérant placé sur le circuit aspiration afin de refroidir le gaz comprimé
chaud. C'est une solution consommatrice de puissance bien qu'elle permette la
régulation continue du débit

– soit par le bipasse du compresseur. Cette solution, utilisée au démarrage est à


proscrire en marche normale puisqu'elle amène un réchauffage du gaz aspiré qui est
nuisible au bon fonctionnement mécanique de la machine

Vers utilisation Vers utilisation

C C

M M
D T 736 A

• Rendre inactif des effets de la machine (mise à vide des clapets)

Il est possible de laisser ouvert en permanence les clapets d'aspiration d'un effet afin que celui-ci ne
refoule plus de gaz.

On dit alors que les clapets d'aspiration sont mis à vide. Ceci est généralement réalisé au moyen d'un
petit servomoteur pneumatique relié à une fourchette qui maintient ouvert le système d'obturation du
clapet.

Le tableau ci-après montre les différents réglages de débit obtenus par ce système sur un
compresseur à 2 cylindres double effet.

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D 5 -3/A

y;;y;y;y
EFFET EFFET EFFET EFFET COMPRESSEUR :
DÉBIT 1 2 3 4 2 CYLINDRES, DOUBLE EFFET, 1 ÉTAGE

en en en en 1 2
100 % charge charge charge charge

D T 491 A
3 4

en en en

;y;y;y
75 % à vide 1 2
charge charge charge

D T 491 B
3 4

en en 1 2
50 % à vide à vide
charge charge

D T 491 C
3 4

en 1 2
25 % charge à vide à vide à vide

D T 491 D
3 4

1 2
0% à vide à vide à vide à vide

D T 491 E
3 4

• Réduire la capacité d'aspiration d'un effet par retardement à la fermeture des clapets
d'aspiration (ou plusieurs)

Des servomoteurs spéciaux permettent de refermer le clapet d'aspiration non pas au point mort bas
mais dans la première moitié de la course retour du piston. Cette solution permet par une modulation
du signal envoyé sur le servomoteur de réguler le débit aspiré par le compresseur.

Pression

3 2' 2
P ref.

1 1
P asp.
4
volume
PMH Débit avec PMB
système de retard
D T 737 A

à la fermeture
Débit normal de l'effet
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22
D 5 -3/A

• Réduire la capacité d'aspiration d'un effet par augmentation de l'espace mort


Agrandir l'espace mort permet de détendre, à partir du point mort haut, un volume plus important de
gaz et donc de lui faire occuper dans le cylindre un volume plus grand. Le volume de gaz frais aspiré
est donc par ce moyen diminué.
Cette solution combinée aux mises à vide des clapets permet un bon étagement des capacités de
débit si l'espace mort additionnel est de volume fixe et correctement dimensionné.

Pression

3 2' 2
P ref. Cycle avec espace mort aditionnel

Cycle sans espace mort aditionnel

1
P asp.
4 volume
Débit avec
PMH espace mort PMB
ouvert
D T 737 B

Débit normal de l'effet

ESPACE EFFET EFFET EFFET EFFET COMPRESSEUR :


DÉBIT MORT 1 2 3 4 2 CYLINDRES, DOUBLE EFFET, 1 ÉTAGE

en en en en 1 2
100 % Fermé charge charge charge charge
3 4 D T 491 F

en en en en 1 2
87,5 % Ouvert charge charge charge charge
D T 491 G

3 4

c - Démarrage
Le lancement des pièces en mouvement lors d'un démarrage requiert une forte énergie.
A cause de la puissance du moteur qui n'a pas intérêt à être surdimensionné, il n'est généralement
pas possible d'assurer simultanément la compression et le lancement de la machine. Pour cette
raison, un compresseur alternatif est quasiment toujours démarré à vide, c'est-à-dire soit :
– tous les clapets d'aspiration mis à vide
– le bipasse du compresseur ouvert et la vanne de refoulement fermée
– éventuellement les espaces morts en service

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23
D 5 -3/A

C - LES COMPRESSEURS CENTRIFUGES

I- PRÉSENTATION GÉNÉRALE D'UN COMPRESSEUR CENTRIFUGE


Un compresseur centrifuge est une machine rotative tournant à vitesse élevée (de 6 000 à
30 000 tr/min environ) dans laquelle une ou plusieurs roues fournissent l'énergie nécessaire au transfert du
gaz.

Lorsque cette énergie (de pression) doit être importante, il est nécessaire de prévoir plusieurs roues
(multicellulaire) conduisant parfois à des solutions de machines à plusieurs étages, pour des problèmes de
température de refoulement et de rendement, ou même à plusieurs corps pour résoudre des problèmes de
stabilité mécaniques que créeraient des rotors de trop grande longueur.

On trouve ainsi des compresseurs centrifuges à :

– 1 étage pour des compresseurs de recycle (reformage catalyseur ou recycle


d'ammoniac sur la synthèse)

– 2 étages pour des compresseurs de transfert tels que craquage catalytique,


compression de chlore, ...

– 5 étages et 3 corps pour les compresseurs de synthèse d'ammoniac ou de gaz craqués


de vapocraqueurs

– 2 à 4 étages pour la compression de l'air service ou instrument (réseau entre 6 et 10


bars)

La puissance mise en œuvre dans ces machines (entre 2 et 30 MW) en font de gros consommateurs
d'énergie (plusieurs MF/an). La recherche du rendement optimum fait que la vitesse variable est très souvent
utilisée pour adapter le débit de la machine au procédé. La machine d'entraînement est alors, soit un moteur
électrique à vitesse variable, soit une turbine à vapeur ou à gaz. Selon la vitesse de ces machines
d'entraînement, il est possible qu'il y ait un multiplicateur de vitesse.

Moteur C1 : Corps BP
Multiplicateur C2 : Corps HP
Turbine Compresseur électrique basse vitesse haute vitesse

Mot.
T C M C T C1
M C2
D T 738 A

Multiplicateur
Entraînement par turbine
Entraînement par Entraînement par d'un compresseur à 2 corps
turbine à vapeur moteur électrique de vitesse différentes

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24
D 5 -3/A

Selon le gaz véhiculé et sa pression, la construction du corps de compresseur peut être du type :

– à plan de joint horizontal (P < 35/40 bars, sauf si H2)


– barrel pour les fortes pressions ou s'il y a de l'hydrogène

Côté
Côté
entraînement
entraînement

D T 739 A
Compresseur à plan
Compresseur à barrel
de joint horizontal

II - FONCTIONNEMENT D'UN COMPRESSEUR CENTRIFUGE

1- AUGMENTATION DE PRESSION ET TAUX DE COMPRESSION CRÉÉS PAR UNE


CELLULE
L'augmentation de pression est assurée par les roues, les diffuseurs et les canaux de retour.

La vitesse de rotation de la roue soumet le gaz à une force centrifuge qui se traduit par une
augmentation de vitesse, de pression et de température dans la roue. Le diffuseur puis le canal de
retour permettent de ramener le gaz dans la roue suivante en gagnant encore de la pression par
rapport à celle de sortie de roue par ralentissement de la vitesse du gaz.

Pression
vitesse du gaz Variation de vitesse
3 et de pression au
passage de la cellule
Diffuseur Canal de
retour Roue Diffusseur
Trajet subi
par le gaz Stator

2 6

1 5 Pression

0 4 Vitesse
3

D T 492 D
2

Roue 0 1 2 3 4 5 6
Trajet du gaz

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25
D 5 -3/A

Le taux de compression par cellule est toujours assez faible. Il augmente lorsque :

– la vitesse de rotation augmente


– la masse molaire du gaz augmente
– la caractéristique thermique du gaz (k) augmente
– la température d'aspiration diminue
– le rendement de la machine augmente

Pour comprimer un gaz à un taux de compression donné, il y a toujours intérêt à avoir une vitesse
périphérique élevée

π DN D : diamètre de roue
vp = N : vitesse de rotation en t/min
60

afin de réduire le nombre de cellules et donc le coût.

La vitesse périphérique ne peut cependant dépasser certaines valeurs :

• La résistance mécanique :

roues moulées : ≈ 250 m/s


roues rivées : ≈ 280 à 300 m/s
roues soudées : ≈ 350 m/s
roues usinées ouvertes : ≈ 400 m/s

Le schéma suivant montre la construction d'une roue soudée.

Zone de soudage Trou de fin de soudure

Zone soudée

Ébauche Ébauche
couvercle disque
+ ailes
D T 740 A

Avant assemblage Disposition


Roue soudée
des aubes

Exemple de roue soudée

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26
D 5 -3/A

• La vitesse du son dans le gaz :

Pour des machines stationnaires, la recherche de la réduction de masse n'est pas prioritaire par
rapport à la réduction de rendement. Sans rentrer dans les détails, on peut donc considérer que
pour assurer un rendement acceptable, les machines doivent avoir des vitesses périphériques
inférieures à la vitesse du son dont quelques valeurs sont données ci-après :

H2 ≈ 1200 m/s
méthane ≈ 430 m/s
air ≈ 380 m/s (à 90 C)
propane ≈ 240 m/s
forane ≈ 180 m/s

On peut ainsi atteindre des taux de compression de l'ordre de 1,8 à 2 par roue pour de l'air pris à
20°C. Certaines formes de roue permettent de dépasser légèrement des taux de 2,5.

La compression de chlore ou du forane 22, cas de gaz lourds, ne permet pas de dépasser 1,5 à 1,7 de
taux de compression par roue car la vitesse de rotation est limitée par la vitesse du son.

La compression de l'hydrogène est rendue difficile par la très faible masse molaire. Les roues les plus
rapides dans ce cas ne permettent guère de dépasser 1,1 de taux de compression par roue.

2- ADAPTATION DE LA MACHINE AUX CONTRAINTES DU PROCÉDÉ


• Courbe caractéristique

La vitesse de rotation, la nature du gaz, la pression d'aspiration et la température d'aspiration étant


fixées, un compresseur centrifuge assure un débit en fonction du taux de compression qui lui est
imposé par le procédé. La représentation de toutes les situations de débit, en fonction du taux de
compression, se traduit par la courbe caractéristique.

Courbe caractéristique
D T 741 A

Qmini QV

Une telle courbe est limitée en débit bas par ce que l'on appelle la limite de pompage. Pour des débits
plus faibles que cette valeur on dit que le compresseur pompe.

Le pompage est un phénomène qui peut être très violent qui met en jeu toute ou une partie de la
masse de gaz présente dans la machine. Le gaz ne traverse plus la machine régulièrement mais subit
des mouvements alternatifs dans une partie ou la totalité du compresseur.

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27
D 5 -3/A

Il s'accompagne :

– de vibrations des aubages des roues


– d'inversion de la poussée axiale du rotor
– de vibrations à très basse fréquence de l'ensemble du compresseur (grondements
sourds)

qui sont bien sûr extrêmement préjudiciables à la bonne tenue mécanique de la machine.

À chaque vitesse de rotation (en gardant constantes les conditions d'aspiration et la nature du gaz),
correspond une courbe caractéristique. La limite de pompage est alors représentée par la courbe de
pompage.

τ
ge
mpa
e po
ite d

N
Lim

Courbes caractéristiques
à différentes vitesses

D T 741 B
QV

Lorsque tous les paramètres d'aspiration changent, l'évolution des courbes devient difficile à quantifier.

On peut cependant dire que pour un même débit volume, le taux de compression augmente lorsque :

– la vitesse augmente
– la masse molaire augmente
– la température d'aspiration diminue

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28
D 5 -3/A

P1 Tracées pour
P0
9 Gaz : M = 30
P0 : 1.53 ata 3000
T0 : 313 °K
8
Pression

P1/P0
7

pm
65 r
6 117 2000

5
ge

10740
a
mp
po
de

117
10225 65
it e

4 r
Li m

p
m

1000
8200 107
40
3
102
25 rge
8190 ha
928 s urc
de
2 0 it e
819 Li m
0

D T 644 C
1 5 10 15 20 25 kg/s
20 30 40 50 60 70 80 90 t/h

Courbes caractéristique d'un compresseur centrifuge


Taux de compression et puissance

• Variation du débit

On souhaite toujours que le compresseur fournisse exactement le débit de consigne. Il faut alors que
l'on arrive à régler au mieux ce débit sans avoir à recycler du gaz ayant été comprimé. Les principaux
moyens sont les suivants :

– action sur une vanne placée à l'aspiration dont le rôle est de modifier la masse
volumique du gaz, donc le débit masse du compresseur en modifiant également le taux
de compression et donc la température de refoulement
– variation de la vitesse de rotation (solution optimale)
– modification de la position d'ailettes orientables à l'entrée du compresseur (intéressant
pour les compresseurs ayant 3 roues ou moins)

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29
D 5 -3/A

3- PROTECTION ANTI-POMPAGE
L'exploitation d'un compresseur centrifuge pouvant conduire à des débits très variables,
instantanément ou en marche stabilisée, il est indispensable de concevoir un système qui protège
automatiquement la machine contre le pompage en cas de fonctionnement à bas débit ou à taux de
compression supérieur à celui de la machine (en général à cause d'un allégement du gaz).

La protection anti-pompage est un système qui devrait assurer dans tous les cas un débit minimal
dans le compresseur au moyen d'une régulation commandant une vanne de recyclage dite Vanne Anti
Pompage.

Le schéma ci-dessous représente une régulation anti-pompage relativement classique.

K X XIC

FT dPT

D T 736 B

III - ASPECTS MÉCANIQUES PERMETTANT LA ROTATION À HAUTE VITESSE


Le rotor est composé d'un arbre sur lequel sont montées les roues. Le poids du rotor et sa vitesse de rotation
imposent cependant des paliers spécifiques assurant une rotation sans vibration, ni échauffement excessif,
avec une très grande fiabilité. La butée qui positionne axialement le rotor est prévue pour encaisser des
efforts normaux élevés et des effets supplémentaires sur incidents.

• Les paliers

Dans la grande majorité des cas, les constructeurs utilisent des paliers à patins multiples basculants ou
pivotants pour leur stabilité sur de larges plages de fonctionnement et pour leur possibilité de réglage lors des
interventions d'entretien.

Ce type d'équipement impose une bonne lubrification, en quantité, en qualité et en température pour garantir
son bon fonctionnement.

Afin d'éviter une dégradation importante de la machine, un système électronique mesurant le déplacement du
rotor est généralement installé à proximité de chaque palier.

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30
D 5 -3/A

• La butée

Elle est équipée dans la grande majorité des cas de patins oscillants qui permettent d'optimiser la surface de
portée. Les butées Mitchell sont très répandues. De conception plus évoluée, les butées Kingsbury sont
montées sur certaines machines.

Ces butées sont elles aussi lubrifiées. Leur destruction, pouvant se produire très brusquement, génère des
risques très importants de grippage interne entre roues et stator, avec des conséquences financières très
élevées. Des systèmes de détection d'anomalie (mesure du déplacement axial et de la température des
patins) sont pratiquement toujours installés sur la butée.

On peut signaler la possibilité sur des machines neuves de faire installer des paliers et butées
magnétiques. Cette solution donne d'excellents résultats, tant sur le plan du rendement que sur celui de la
fiabilité. L'investissement est cependant actuellement plus élevé qu'avec des paliers et butées traditionnelles
à patins lubrifiés.

IV - ASPECTS D'ÉTANCHÉITÉ
Il y a deux problèmes d'étanchéité à résoudre :

1- ÉTANCHÉITÉ INTERNE
Il faut limiter les fuites internes entre étages dont l'effet affecte directement le rendement de la
machine.

On limite les fuites en interposant sur le trajet du gaz des labyrinthes, qui peuvent être constitués par :

– des léchettes (ou dummies) qui sont généralement fixées au stator. Parfois sur les
compresseurs lents, les léchettes sont installées sur l'arbre. Le nombre de léchettes
nécessaires dépend de la pression à étancher
– des bagues labyrinthes en 2 parties montées en face d'une portée lisse ou épaulée du
rotor

Bourre Bague labyrinthe Stator


Léchette Léchette
longue courte

Arbre Arbre
D T 743 A

Bourres

Portée éventuellement
chemisée

Dispositifs statoriques Léchettes rotoriques

La crainte de voir un échauffement du rotor (donc sa déformation) suite à un contact avec les
systèmes d'étanchéité conduit à choisir, pour les léchettes ou labyrinthe, des matériaux "mous" tel que
l'aluminium, le nickel, le PTFE ou des matériaux dit "abradables".

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31
D 5 -3/A

2- ÉTANCHÉITÉ DE SORTIE D'ARBRE


Selon la nature du gaz, le problème peut être simple ou délicat à résoudre.

Le gaz ne présente aucun danger et peut être mis à l'atmosphère sans risque. C'est le cas de la
compression d'air, d'azote, etc... La garniture de sortie d'arbre est dans ce cas une garniture à
labyrinthe (léchettes ou bagues labyrinthes).

Si le gaz est dangereux, inflammable ou corrosif, toute fuite vers l'atmosphère est interdite. L'utilisation
de garniture d'étanchéité est alors nécessaire.

Pour les hydrocarbures et quelques autres gaz, les garnitures d'étanchéité utilisent couramment un
système de barrage d'huile à une pression légèrement ou bien supérieure à la pression du gaz à
étancher.
Huile à P gaz + 0,3 à 0,4 bar

Côté gaz Côté atmosphère


(pression P gaz)

Ergot

Fuite côté Fuite côté


gaz atmosphère

D T 744 A

Ressort Douille flottante


(ou bagues flottante)

Le système à bagues flottantes, très couramment utilisés, impose une pression d'huile de 0,3 à 0,4 bar
supérieure à la pression d'aspiration du gaz. Un système d'huile spécifique avec pompe, filtre,
régulateur, etc. est indispensable.

D'autres systèmes sont proposés, soit parce qu'un simple barrage d'azote ou d'air sec est possible,
soit qu'on préfère un équipement plus proche d'une garniture mécanique de pompe.

Injection d'huile (ou gaz) P = P gaz + ∆P Injection d'huile


P P

P gaz
Jeu
P gaz Huile
Passage de l'huile polluée
ou du gaz
Côté atmosphère Côté gaz Côté atmosphère

Huile non Huile polluée Huile non


polluée polluée
Douille
D T 742 A

Garniture à douille fixe Garniture à grain flottant


01888_B_F

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32
D 5 -3/A

Des systèmes particuliers sont également proposés comme la garniture ISO CARBONE (ci-dessous)
ou HYDRODYNE (Rateau).

Arrivée d'huile
étanchéité
Collet tournant
Atmosphère Boîte à ressort Gaz de procédé
Zone sous pression
Côté atmosphère d'aspiration
Côté gaz
Bague fixe

Gaz de barrage
Douille fixe (en option)

Écrou
Retour d'huile
Grain polluée

D T 745 A
Retour d'huile
non polluée

L'évolution technologique permet actuellement de réaliser des étanchéités par garniture mécanique
sans huile. Ces garnitures dites "sèches" sont utilisées systématiquement avec des paliers
magnétiques, ce qui supprime la totalité des circuits d'huile. Elles peuvent être cependant utilisées sur
des machines existantes ou neuves traditionnelles (avec paliers et butée à patins).

01888_B_F

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33
D 5 -3/A

V- LES SYSTÈMES AUXILIAIRES


Des systèmes auxiliaires servent à assurer la lubrification, l'étanchéité et la sécurité du compresseur.

On a vu que la lubrification et l'étanchéité nécessitent de l'huile et donc des caisses à huile et tout un
équipement de pompage, filtration et refroidissement.

– Caisses à huile

On peut rencontrer une caisse commune huile d'étanchéité et huile de lubrification ou des caisses
séparées avec récupération ou non de l'huile polluée par le gaz.

Dans ces caisses à huile on trouve entre autre un système de réchauffage (pour démarrage à froid), un
contrôle du niveau, une purge d'eau, etc...

– Un ensemble de pompage qui comprend dans le cas général :

• des pompes de lubrification

On trouve en général deux pompes centrifuges, l'une étant entraînée par moteur
électrique, l'autre par turbine à vapeur. Chaque pompe peut être en secours de l'autre.

• des pompes d'étanchéité

Doublées comme les pompes de lubrification, elles sont souvent de type volumétrique.
Elles doivent donner une pression supérieure à la pression d'aspiration du gaz.

– Des réfrigérants qui permettent de refroidir l'huile et donc d'évacuer la quantité de chaleur dégagée par
les frottements au niveau des paliers, de la butée et des garnitures d'étanchéité.

– Des filtres placés sur les circuits d'étanchéité et de lubrification. Ces filtres doivent être permutables en
marche pour décolmatage. Le bon état des filtres et un nettoyage régulier sont essentiels pour éviter des
problèmes au niveau des éléments lubrifiés.

– Un ensemble de régulation et de mesures qui permet :

– de contrôler les températures d'huile


– de contrôler visuellement la circulation de l'huile
– de délivrer l'huile de lubrification à la pression convenable, en mettant en route la pompe
en secours si la pression vient à chuter, ou en déclenchant le groupe en cas de très
basse pression
– de contrôler l'encrassement du filtre
– de délivrer l'huile d'étanchéité aux garnitures à la pression requise par le bon
fonctionnement du dispositif d'étanchéité retenu par le constructeur

En cas de mauvais fonctionnement, le système de régulation doit mettre en route la pompe de secours,
voire arrêter la machine. Des réservoirs relais sous pression ou en hauteur permettent une reprise de la
pompe secours avec un risque réduit de déclenchement par pression basse et un approvisionnement de
l'huile aux paliers, butée et garniture pendant le temps nécessaire au ralentissement de la machine,
lorsque celle-ci s'arrête par manque de pression d'huile.

Selon les équipements du groupe de compression, des systèmes auxiliaires peuvent être très différents.
Le circuit ci-après représente les auxiliaires d'un compresseur équipé de bagues flottantes et entraîné par
un moteur électrique.

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34
D 5 -3/A

Ligne de référence (pression gaz)


H
L LG
dPI dPS LC LS
LL LS
Huile d'étanchéité L
LL

5 m env.
Huile de lubrification

Moteur Multipli- Compresseur


électrique cateur

TI TI ARRÊT COMPRESSEUR
TS TI TI TA
H H
FI FI FI FI FI FI FI FI FI
L
PI PS
LL dPC
Ultime secours (US)
Huile polluée + gaz
Torche
ou 10η
retour vers Purgeur dPI dPS
Filtres L
aspiration TS
PC
L PS PI
H TI L
LS 25η
LS
L US TS
M PS PI
L TI T M
Caisse à huile polluée
LG
T L Pompes

D T 752 B
Caisse à huile M dPI dPS
Pompes Réfrigérants Filtres H

Compresseur centrifuge
schéma du système auxilliaire

01888_B_F

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Ballon antipulsatoire d'aspiration COMPRESSEUR ALTERNATIF
Suction pulsation dampener
— 2 étages - 4 cylindres double effet —
RECIPROCATING COMPRESSOR
— 2 stages - 4 double acting cylindres —
Volant d'inertie
Fly wheel

Réfrigération
Water cooling

Dégazage étanchéité tige


Unloader vent to flare
Système de mise à vide du clapet d'aspiration
Valve unloader

Mise à l'air libre servo-moteur


Unloader vent to atmosphere

Ballon antipulsatoire de refoulement


Discharge pulsation dampener Cylindre en acier moulé
Cast steel cylinder
Collecteur d'huile mouvement

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Forced feed lubrification pipe
Espace mort à volume fixe
Graisseur mécanique Crosse Clearance pocket
Lubricator Crosshead

Palier du vilebrequin Racleur d'huile Déflecteur d'huile Soupape d'aspiration


Bearing Oil wiper Oil slinger Suction valve

Garniture d'étanchéité secondaire


Secondary piston rod packing Mise à vide soupape d'aspiration
Garniture d'étanchéité principale
D T 1542 A

Piston Cylindre en acier forgé Discharge valve


Main piston rod packing
Forged steel cylinder
D 5 -3/A
COMPRESSEUR CENTRIFUGE À MULTIPLICATEUR INTÉGRÉ
— Type Centac —
ème
2
Réfrigérant Dévésiculeur étage
Diffuseur er
1 é
tage

3 000 tr/mim

ème
4
étage

ème
3
ASPIR étage
ATION
Impulseur

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REFO
ULEM
ENT
D T 1042 A

D'après documentation INGERSOLL-RAND


D 5 -3/A
COMPRESSEUR CENTRIFUGE
REFOULEMENT ASPIRATION
— Type barrel - 1 étage —
DISCHARGE SUCTION
CENTRIFUGAL COMPRESSOR
Capteur de vibration radiale — Barrel type - 1 stage —
Radial vibration probe
Capteur de vibration radiale
Canal de retour
Radial vibration probe
Température d'huile de palier Return channel
Bearing oil temperature
Température d'huile de palier
Bearing oil temperature
Température d'huile
de butée
Diffuseur Alimentation d'huile d'étanchéité
Thrust bearing oil
Diffuser Seal oil supply
temperature

Butée
Thrust bearing
Capteur de
déplacement axial Roue
Axial displacement impeller
Accouplement
probe Arbre Coupling
Shaft
Collet de butée
Thrust bearing collar
Palier
Bearing

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Retour d'huile vers caisse
Léchettes Retour d'huile vers caisse
Oil return to tank
Dummies Oil return to tank
Huile de lubrification Huile de lubrification
Lube oil Lube oil
Retour huile polluée Retour huile polluée
To contaminated oil trap To contamined oil trap
Système d'étanchéité (bagues flottantes)
Ligne d'équilibrage vers aspiration Piston d'équilibrage Sealing device (floating rings)
D T 1270 B

Balancing line to suction Balance piston


D 5 -3/A
Canal de retour COMPRESSEUR CENTRIFUGE À 2 ÉTAGES
Rotor à 7 roues
— À plan de joint horizontal —
Labyrinthe d'étanchéité du piston d'équilibrage 2 SECTIONS HORIZONTALLY SPLIT
Diffuseur
CENTRIFUGAL COMPRESSOR

Système d'étanchéité à labyrinthe

Palier

Accouplement Butée

Capteur de déplacement axial

age
2è ét

r tage
Volutes de refoulement 1e é Corps de palier et de butée

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Aspiration 2è étage Tubulures de lubrification

Refoulement 1er étage


Refoulement 2è étage Aspiration 1er étage
D T 668 D
D 5 -3/A
COMPRESSEUR
COMPRESSEURCENTRIFUGE
CENTRIFUGEÀ BARREL
2 ÉTAGES
Système d'étanchéité à bagues flottantes ——À Àplan
plandedejoint
jointhorizontal
vertical——
VERTICALLY SPLIT CENTRIFUGAL COMPRESSOR
— Barrel type —

Accouplement Ligne d'équilibre

Capteur de vibration
Palier

Capteur de déplacement axial

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Butée

Palier
Refoulement
Tubulures de lubrification
Aspiration
D T 669 E
D 5 -3/A

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