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Ecole Nationale d’Ingénieurs de Monastir Département de Génie Electrique

UNIVERSITE DE MONASTIR
ECOLE NATIONALE D’INGENIEURS
DE MONASTIR
Département de Génie Electrique

Fascicule de cours

d’ENERGIE
RENOUVELABLE

1ère Année Mastère


Génie Electrique

Préparé par :

Mohamed Néjib MANSOURI

Cours de Mastère de Mansouri Mohamed Nejib 1 Energie renouvelable et système d’exploitation


Ecole Nationale d’Ingénieurs de Monastir Département de Génie Electrique

Année Universitaire : 2006 –


2007
SOMMAIRE
1. Introduction……………………………………………………………………………………..4
2. Génération d’énergie renouvelable……………………………………………………………5
2.1 Génération de la chaleur……………………………………………………………………...7
2.1.1 Thermo solaire………………………………………………………………………………7
2.1.2. Géothermie………………………………………………………………………………….7
2.1.3. Biomasse…………………………………………………………………………………… 8
2.2. Génération d’électricité………………………………………………………………………8
2.2.1 Photovoltaïque……………………………………………………………………………….9
2.2.2. Hydraulique…………………………………………………………………………………9
2.2.3. Energie de la mer…………………………………………………………………………..10
2.2.4. Production éolienne………………………………………………………………………..10
3. Energie photovoltaïque ……………………………………………………………………….11
3.1. Cellule photovoltaïque………………………………………………………………………11
3.1.1. Principe de fonctionnement ………………………………………………………………11
3.1.2. Caractéristiques électriques des photopiles ……………………………………………..12
3.1.2.1. Caractéristique courant tension (I-V) …………………………………………………12
3.1.2.2. Courant de court-circuit ………………………………………………………………..14
3.1.2.3. Tension de circuit ouvert ……………………………………………………………….14
3.1.2.4. Puissance maximale et facteur de forme ………………………………………………14
3.1.2.5. Rendement ………………………………………………………………………………14
3.1.2.6. Influence des résistances série et shunt sur la caractéristique I = f(V)………………15
3.1.2.7. Influence du flux lumineux …………………………………………………………….16
3.1.2.8. Influence de la température ……………………………………………………………17
3.1.3. Technologies des photopiles ………………………………………………………17
a) Le silicium monocristallin……………………………………………………………………18
a) Le silicium multi cristallin …………………………………………………………………..18

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b) Le silicium amorphe …………………………………………………………………………18


3.1.4. Fabrication des cellules mono et multi cristallines……………………………………….19
3.2. Modules photovoltaïques et champs de modules …………………………………………..20
3.2.1. Groupement de cellules en série…………………………………………………………...20
3.2.2. Groupement de cellules en parallèle………………………………………………………21
3.2.3. Panneau photovoltaïque et champ de modules…………………………………………..22
3.3. Encapsulation des modules………………………………………………………………….24
3.4. Test des modules……………………………………………………………………………..25
3.5. Déséquilibres dans les groupements de cellules……………………………………………25
3.5.1. Fonctionnement de La cellule photovoltaïque en récepteur électrique………………...26
3.5.2. Déséquilibres dans un groupement série…………………………………………………27
3.5.3. Protection par diodes dans un groupement série………………………………………..28
3.5.4. Déséquilibres dans un groupement parallèle…………………………………………….28
3.5.5. Protection par diodes dans un groupement parallèle……………………………………30
3.6. Installation sur site d'un champ de modules……………………………………………….32
3.7. Test d'un champ de modules………………………………………………………………..32
3.8. Chaîne de conversion électrique ……………………………………………………………32
3.8.1. Avec système de stockage …………………………………………………………………32
3.7.2. Sans système de stockage et interconnectée au réseau ………………………………….33
4. Etat de l’art, principes et éléments constitutifs de l’éolien…………………………………..33
4.1 Historique de l’éolien…………………………………………………………………………33
4.2 Notions théoriques sur l’éolien……………………………………………………………….34
4.2.1 Loi de Betz – notions théoriques…………………………………………………………...34
4.2.2 Distributions de Weibull……………………………………………………………………35
4.3 Différentes types d’aérogénérateurs – caractéristiques Cp………………………………...37
4.3.1 Axe horizontal (HAWT)…………………………………………………………………….37
4.3.2 Axe vertical (VAWT)………………………………………………………………………..39
4.4 Chaînes de conversion électrique …………………………………………………………….40
4.4.1 Systèmes couplés au réseau alternatif ……………………………………………………...40
4.4.1.1 Génératrices asynchrones à cage (MAS)…………………………………………………40
4.4.1.2 Génératrices asynchrones à double alimentation (MADA)……………………………..41
4.4.1.3 Génératrices asynchrones…………………………………………………………………42

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4.4.2 Modes de couplage au réseau ………………………………………………………………44


Travaux dirigés……………………………………………………………………………………45
Bibliographie……………………………………………………………………………………….52

LES ENERGIES RENOUVELABLES


ET

SYSTÈMES D’EXPLOITATION

1. Introduction

Dans le cadre du développement durable, face au double enjeu planétaire posé par l’épuisement
prochain des ressources énergétiques fossiles et les problèmes posés vis à vis du respect de
l’environnement, de fortes incitations poussent au développement des énergies renouvelables. En
effet, la consommation mondiale d’énergie ne cesse de croître (Figure 1 données 2000) posant des
questions cruciales sur l’effet de serre et l’amenuisement des ressources énergétiques.

Figure 1. Evolution de la consommation d’énergie primaire dans le monde

Aujourd’hui plus de 85% de l’énergie produite est obtenue à partir des matières fossiles comme le
pétrole, le charbon, le gaz naturel ou de l’énergie nucléaire. La Figure 1 montre la répartition en
termes d’énergie primaire dans le monde pour toutes les ressources actuelles.
Les formes de production d’énergie non renouvelables engendrent une forte pollution
environnementale par rejet des gaz à effet de serre, qui provoque un changement climatique

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irréversible ou dans le cas du nucléaire une pollution par radiations de longue durée qui pose le
problème, aujourd’hui non résolu, du stockage des déchets radioactifs.

Figure 2. Répartition des sources primaires d’énergie dans le monde

L’autre argument qui milite à l’avantage des sources renouvelables est lié à la pérennité des
ressources en énergies. Dans le courant de 21ème siècle, le paysage énergétique va radicalement
changer car plusieurs ressources fossiles risquent de disparaître. De nouvelles ressources associées à
des technologies performantes et fiables sont indispensables pour « tenter » de maintenir le niveau de
la production énergétique mondiale.
Il existe plusieurs ressources en énergies renouvelables : l'énergie hydraulique, l'énergie éolienne,
l'énergie solaire thermique et photovoltaïque, l’énergie produite par les vagues et la houle ainsi que
les courants marins, la géothermie et la biomasse. Ces ressources en énergie sont pratiquement
inépuisables et propres.

2. Génération d’énergie renouvelable

Une des propriétés qui limite l’utilisation de l’énergie renouvelable est liée au fait que la matière
première (source de l’énergie) n’est pas transportable dans la majorité des cas contrairement aux
sources traditionnelles comme le pétrole ou l’uranium qui est extrait des gisements respectifs et
acheminé « sans gros problèmes » vers les distributeurs ou les usines qui peuvent être éloignées de
milliers de kilomètres. Par contre, le lieu de «l’extraction» de l’énergie renouvelable est déterminant
pour le lieu de transformation. Seule la biomasse semble avoir les propriétés les moins restrictives.
Par exemple un site éolien doit être précisément déterminé en choisissant les lieux géographiques les
plus régulièrement ventés, les panneaux solaires doivent évidemment être placés dans les zones bien
ensoleillés, les propriétés de la houle ne sont pas favorables partout sur les mers. Dans les zones où le
réseau existe, il est donc pratique et dans la majorité des cas nécessaire de transformer l’énergie
renouvelable sous la forme électrique qui est transportable via les lignes électriques.
La production énergétique est alors centralisée et mise en réseau entre plusieurs sites de production et
de consommation. Cependant, le caractère capricieux des sources renouvelables pose le problème de
la disponibilité énergétique et du stockage de masse, actuellement principalement assuré par
l’hydraulique.

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Parmi les énergies renouvelables, trois grandes familles émergent : l’énergie d’origine mécanique (la
houle, éolien), énergie électrique (panneaux photovoltaïques) ou l’énergie sous forme de la chaleur
(géothermie, solaire thermique,…) en sachant qu’à la racine de toutes ces énergies est l’énergie en
provenance du Soleil transformée ensuite par l’environnement terrestre. Etant donné que l’énergie
mécanique est très difficilement transportable, elle n’est utilisable directement que ponctuellement
(pompage direct de l’eau, moulins,…). Cette énergie est donc majoritairement transformée en énergie
électrique. A l’exception de la biomasse et de l’hydraulique, l’autre inconvénient majeur des énergies
renouvelables vient de la non régularité des ressources. A l’opposé, les fluctuations de demande en
puissance selon les périodes annuelles ou journalières ne sont pas forcément en phase avec les
ressources. Par exemple, en hiver il y a un besoin énergétique plus important pour le chauffage et
l’éclairage mais les journées d’ensoleillement sont plus courts. La solution à retenir est certainement
la diversification voire le couplage entre plusieurs sources, par exemple du solaire avec l’énergie
éolienne.

Le stockage de l’énergie électrique à grande échelle n’est pas pour le moment envisageable même si
l’hydrogène synthétisé par électrolyse de l’eau semble être un débouché privilégié des énergies
renouvelables. Ainsi, la pile à combustible fonctionnant à l’hydrogène d’origine renouvelable
constituerait une filière entièrement propre et disponible. De plus, stocker l’hydrogène en même
temps qu’on produit de l’électricité dans une ferme éolienne ou une centrale solaire permettra
d’absorber les surplus de ces «énergies capricieuses» et d’améliorer considérablement le lissage de la
production d’électricité, aspect critique des énergies renouvelables pour les gestionnaires de réseau.
A l’opposé, un couplage des énergies renouvelables (solaire, éolien) avec la pile à combustible résout
en très grande partie le problème de la disponibilité de l’énergie.
Des travaux au stade Recherche & Développement sont par exemple en cours sur le stockage
d’hydrogène d’origine éolienne en Espagne (Région de Navarre) où la société EHN, premier
promoteur mondial en éolien, s’est associée à la société canadienne ‘Stuart Energy Systems’
spécialisée dans les technologies de l’hydrogène (électrolyseurs,…).

Cependant, cette filière hydrogène, quoique très prometteuse, souffre encore aujourd’hui de sa
rentabilité. La problématique du stockage s’applique différemment dans les sites isolés et de petites
puissances où il est parfaitement envisageable, voire impératif d’associer un élément de stockage de
type accumulateur électrochimique ou volant d’inertie.
Toutes les ressources renouvelables sont en forte croissance (Figure 1). La Figure 3 donne la vue sur
la répartition de la production d’électricité entre les différentes sources renouvelables ainsi que leurs
prévisions pour les années futures.

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Figure 3. Production mondiale de l’électricité


basée sur les énergies renouvelables
2.1 Génération de la chaleur

Une grande partie de l’énergie consommée par l’humanité est sous la forme de chaleur (chauffage,
procédés industriels…). Cette énergie est majoritairement obtenue par la transformation de
l’électricité en provenance du nucléaire, gaz ou du pétrole. Il existe des moyens de remplacer ces
sources conventionnelles par des sources renouvelables. Une description et quelques commentaires
sont proposés ci-dessous.

2.1.1 Thermosolaire

Une des façons de profiter directement de l’énergie des photons émis par le soleil est le chauffage
direct des capteurs thermiques. Ils se comportent comme une serre où les rayons du soleil cèdent leur
énergie à des absorbeurs qui à leur tour réchauffent le fluide circulant dans l’installation de chauffage.
La température du fluide peut atteindre jusqu’à 60 à 80°C. Ce système est totalement écologique, très
peu cher et la durée de vie des capteurs est élevée.
Une autre propriété qui rend ce type des capteurs universels est que l’ensoleillement ne doit pas
forcément être direct ce qui signifie que, même dans les zones couverts de nuages (peu denses
évidemment) le fonctionnement reste correct. Le grand inconvénient est l’impossibilité de transporter
l’énergie ainsi captée à grande distance. Cette source est donc à utilisation locale (principalement
chauffage individuel, piscines). En 2003 environ 14000 m2 de capteurs de ce type ont été en
utilisation en Union Européenne avec une croissance annuelle de 22% et 200.000m 2 environ en
Tunisie.
Une autre application de la technique thermo solaire est la production d’eau douce par distillation qui
est très intéressante du point de vue des pays en voie de développement.
La technologie thermo solaire plus évoluée utilisant des concentrateurs optiques (jeu de miroirs)
permet d’obtenir les températures très élevées du fluide chauffé. Une turbine permet alors de
transformer cette énergie en électricité à l’échelle industrielle. Cette technologie est néanmoins très
peu utilisée et demande un ensoleillement direct et permanent.

2.1.2. Géothermie

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Le principe consiste à extraire l’énergie contenue dans le sol. Partout, la température croît depuis la
surface vers le centre de la Terre. Selon les régions géographiques, l'augmentation de la température
avec la profondeur est plus ou moins forte, et varie de 3 °C par 100 m en moyenne jusqu'à 15 °C ou
même 30 °C. Cette chaleur est produite pour l'essentiel par la radioactivité naturelle des roches
constitutives de la croûte terrestre. Elle provient également, pour une faible part, des échanges
thermiques avec les zones internes de la Terre dont les températures s'étagent de 1 000 °C à 4 300 °C.
Cependant, l'extraction de cette chaleur n'est possible que lorsque les formations géologiques
constituant le sous-sol sont poreuses ou perméables et contiennent des aquifères.
Quatre types de géothermie existent selon la température de gisement : la haute (>180°C), moyenne
(>100°C), basse (>30°C) et très basse énergie. Les deux premiers types favorisent la production de
l’énergie électrique. La géothermie basse énergie permet de couvrir une large gamme d'usages :
chauffage urbain, chauffage de serres, utilisation de chaleur dans les processus industriels... La
géothermie très basse énergie nécessite l’utilisation des pompes à chaleur et donc une installation
particulière.
Par rapport à d'autres énergies renouvelables, la géothermie présente l'avantage de ne pas dépendre
des conditions atmosphériques. C'est donc une énergie fiable et disponible dans le temps. Cependant,
il ne s'agit pas d'une énergie entièrement inépuisable dans le sens où un puits verra un jour son
réservoir calorifique diminuer. Si les installations géothermiques sont technologiquement au point et
que l'énergie qu'elles prélèvent est gratuite, leur coût demeure, dans certains cas, très élevé.
En 1995 la puissance installée dans le monde était de l’ordre de 7000 MW (il s’agit de production de
l’électricité donc de la géothermie grande et moyenne énergie). En 2004 ce chiffre est passé à près de
8500 MW. En Europe, les installations utilisant les pompes à chaleur permettent d’extraire
théoriquement environ 1000MW de puissance sous forme de la chaleur. Ce chiffre augmente chaque
année d’environ 50MW installés.

2.1.3. Biomasse

La biomasse désigne toute la matière vivante d'origine végétale ou animale de la surface terrestre.
Généralement, les dérivés ou déchets sont également classés dans la biomasse.
Différents types sont à considérer : le bois – énergie, les biocarburants, le biogaz.
Le bois – énergie est une ressource très abondante. C’est la ressource la plus utilisée au monde. En
Europe, c’est 51% de la part de l’énergie renouvelable qui appartient à ce mode de production
d’énergie. Elle se concentre sur l’utilisation destinée au chauffage. On peut utiliser toutes les
ressources du bois : les chutes ou déchets de production des industries de transformation du bois (bois
d'élagage, le bois forestier provenant de l'entretien des espaces boisés ou le bois de rebut provenant
d'emballages, de palettes etc.). L’utilisation va de petites chaufferies individuelles jusqu’à la
production de la chaleur industrielle de plus de 15 MW.
Le développement des biocarburants est souvent corrélé aux cycles de variation des prix du baril de
pétrole. Aujourd’hui éthanol (betterave, blé…) et biodiesel (colza, tournesol…) offrent des avantages
environnementaux appréciables dans le contexte de la lutte contre l’effet de serre. L’Union
européenne projette d’atteindre une production de 17 millions de tonnes de biocarburant par an en
2010 par rapport au million produit actuellement.
La principale motivation qui pousse à la production du biogaz est environnementale. La production
de l’énergie, peut être vue seulement comme une méthode d’élimination des gaz polluants, mais elle
représente une ressource renouvelable très importante. Quelle que soit l’origine, le biogaz non
valorisé contribue, du fait de ses fortes teneurs en méthane, à l’effet de serre, mais c’est le bilan
global du cycle qui doit être considéré. Il peut être utilisé comme source brute ou après le processus
d’épuration injecté dans les réseaux de distribution.

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Longtemps, le biogaz ne servait qu’à la production de la chaleur. De nos jours la filière carburant
ainsi que la génération de l’électricité est en pleine expansion. En 1993, 6 millions de m ont été 3

utilisés dans le monde. 80% provenait des décharges d'ordure ménagères.


L’utilisation du biogaz n’est pas encore à son maximum : une croissance de cette technologie est
donc à prévoir.

2.2. Génération d’électricité

Une autre famille d’énergies renouvelables est celle où l’énergie produite est directement sous la
forme électrique. A l’aide des panneaux solaires ou de génératrices hydrauliques et éoliennes, la
puissance électrique peut être récupérée et immédiatement utilisée par un récepteur ou bien
transportée vers les réseaux de distribution. Nous donnons ici une description sommaire de chaque
ressource énergétique et la façon de produire l’énergie électrique.

2.2.1 Photovoltaïque

L’énergie photovoltaïque est obtenue directement à partir du rayonnement du soleil. Les panneaux
photovoltaïques composés des cellules photovoltaïques à base de silicium ont la capacité de
transformer les photons en électrons. L’énergie sous forme de courant continu est ainsi directement
utilisable. Les panneaux solaires actuels sont relativement onéreux à la fabrication malgré la matière
première peu coûteuse et abondante (silice) car une énergie significative est nécessaire à la
production des cellules. Cependant, de nets progrès ont été faits à ce sujet et on considère aujourd’hui
qu’il suffit de 3 à 5 ans pour qu’un panneau produise l’énergie que sa construction a nécessitée. Un
autre inconvénient est celui de la pollution à la production qui est due à la technologie utilisée. Des
progrès technologiques sont en cours pour rendre l’énergie photovoltaïque plus compétitive. En
raison des caractéristiques électriques fortement non linéaires des cellules et de leurs associations, le
rendement des systèmes photovoltaïques peut être augmenté par les solutions utilisant les techniques
de recherche du point de puissance maximale (techniques dites MPPT). Cette dernière caractéristique
est assez commune avec la production d’énergie éolienne.
Les panneaux solaires sont très pratiques d’utilisation. L’intégration dans le bâtiment est facile et
devient même esthétique. Pour les sites isolés et dispersés qui demandent peu d’énergie, c’est une
solution idéale (télécommunication, balises maritimes, etc..).
La technique photovoltaïque malgré sa complexité est aussi en très forte croissance. En 2001, en
Europe, on comptait environ 250 MW installés et en 2003 ce chiffre est monté jusqu’au 560 MW de
puissance installée. La Figure 4 montrent l’évolution mondiale de cette ressource qui est en très nette
progression depuis le début du siècle (la production est équivalente à la puissance installée).

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Figure 4. Evolution de la production mondiale


de cellules photovoltaïques en MW

2.2.2. Hydraulique

L’eau, comme l’air est en perpétuelle circulation. Sa masse importante est un excellent vecteur
d’énergie. Les barrages sur les rivières ont une capacité importante pour les pays riches en cours
d’eau qui bénéficient ainsi d’une source d’énergie propre et « stockable ».
Cette source représentait en 1998 environ 20% de la production mondiale de l’énergie électrique.
Certains pays (dont la France) sont déjà « saturés » en sites hydroélectriques exploitables et ne
peuvent pratiquement plus progresser dans ce domaine. Les sites de petite puissance (inférieures à
10kW) sont des solutions très prisées dans les applications aux petits réseaux isolés. Une forte
stabilité de la source ainsi que les dimensions réduites de ces sites de production sont d’un grand
avantage.
En Europe, en 1999, on comptait environ 10000 MW de puissance hydraulique installée. A l’horizon
2100, cette puissance devrait passer à plus de 13000 MW.

2.2.3. Energie de la mer

L’énergie des vagues est encore une fois une forme particulière de l’énergie solaire. Le soleil chauffe
inégalement les différentes couches atmosphériques ce qui entraîne des vents eux-mêmes
responsables par frottement des mouvements qui animent la surface de la mer (courants, houle,
vagues). Les vagues créées par le vent à la surface des mers et des océans transportent de l’énergie.
Lorsqu’elles arrivent sur un obstacle elles cèdent une partie de cette énergie qui peut être transformée
en courant électrique. Il existe trois grandes familles de systèmes : rampe de déferlement ou
overtropping (Maurice, Maré, Tapchan en Norvège, Wave Dragon en Danemark, FWPV…), colonne
d’eau oscillante ou OWC (Kvaerner en Norvège, Pico en Açores en Portugal, Islay en Ecosse,
Limpet, Osprey…) et puis les flotteurs articulés (Cockerel raft, Pelamis en Ecosse…) ou les flotteurs
sur ancrage (Salter duck, AWS en Portugal…). Des projets de recherche sont aussi en cours.
Un des exemples très innovateur est le projet de Système Electrique Autonome pour la récupération
de l’Energie des Vagues (SEAREV),.
Une autre façon de la récupérer de l’énergie de la mer est la production grâce à la marée qui est due à
l’action de la lune sur les eaux. Les barrages ou des hydroliennes installées dans les endroits
fortement touchés par ce phénomène peuvent être une source de l’énergie substantielle comme c’est
le cas de l’usine de la Rance ou bien celle de Annapolis au Canada.
L’énergie en provenance du mouvement des eaux de la mer est une énergie difficilement récupérable
bien qu’elle représente un potentiel immense. Les investissements sont très lourds dans un
environnement hostile et imprévisible. Cette énergie est à exploiter dans l’avenir et ne représente
qu’une toute petite quantité de l’énergie produite à ce jour par rapport aux autres ressources
exploitées.

2.2.4. Production éolienne

La ressource éolienne provient du déplacement des masses d’air qui est dû indirectement à
l’ensoleillement de la Terre. Par le réchauffement de certaines zones de la planète et le
refroidissement d’autres une différence de pression est créée et les masses d’air sont en perpétuel
déplacement. Après avoir pendant longtemps oublié cette énergie pourtant exploitée depuis

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l’antiquité, elle connaît depuis environ 30 ans un essor sans précédent notamment dû aux premiers
chocs pétroliers. Dans l’échelle mondiale, l’énergie éolienne depuis une dizaine d’années maintient
une croissance de 30% par an. En Europe, principalement sous l’impulsion Allemande, Scandinave et
Espagnole, on comptait en 2000 environ 15000 MW de puissance installée. Ce chiffre a presque
doublé en 2003, soit environ 27000 MW pour 40000 MW de puissance éolienne installée dans le
monde. En prévision, pour l’année 2010, on peut espérer une puissance éolienne installée en Europe
de l’ordre 70000 MW.

Figure 5. Puissance éolienne cumulée dans le monde en MW

3. Energie photovoltaïque
Un système photovoltaïque (SPV) est destiné à satisfaire un besoin d’énergie électrique selon des
conditions spécifiques d’exploitation. Il est généralement constitué d’un générateur photovoltaïque,
d’un système de stockage, de source auxiliaire d’appoint (groupe diesel, aérogénérateur, réseau,
et….), des systèmes d’interface (convertisseurs, réseau, etc..) d’un système de control et de
commande (système de surveillance, armoires électriques, cartes électroniques.) et d’une utilisation
courant un usage déterminé.
Cette usage (éclairage, réfrigération, pompage, communication,…) est exploité dans divers secteurs
(santé, éducation, agriculture, énergie…).
La topologie d’un système PV est déterminée selon d’une part la nature de l’utilisation (nombre de
récepteurs, contrainte d’exploitation, sécurité énergétique,..) et d’autre part des considérations
technico-économiques prenant en compte aussi bien les rendements énergétique que la taille de
l’investissement.
La partie principale dans ces installations est le générateur photovoltaïque. Il est composé de divers
modules formés par une association série-parallèles de cellules élémentaires convertissant l’énergie
solaire (sous formes de rayonnement) en une énergie électrique. Une cellule peut produire 1.5 Wp
pour un ensoleillement de 100W/m2 avec une tension de 0.6V. Un module de 36 cellules produit une
puissance moyenne de 40 à 50W et occupe une surface de 0.5m2 environ. Le rendement énergétique
moyen est de l’ordre de 12 à 15% est atteint pour une phase de recherche 30%.
La durée de vie d’un tel générateur est estimée a plus de 20 ans.

3.1. Cellule photovoltaïque


3.1.1. Principe de fonctionnement

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Une cellule photovoltaïque est assimilable à une diode photo-sensible, son fonctionnement est basé
sur les propriétés des matériaux semi conducteurs. La cellule photovoltaïque permet la conversion
directe de l'énergie lumineuse en énergie électrique. Son principe de fonctionnement repose sur l'effet
photovoltaïque (Bequerelle 1889). Une cellule est constituée de deux couches minces d'un semi
conducteur. Ces deux couches sont dopées différemment. Pour la couche N, c'est un apport
d'électrons périphériques et pour la couche P c'est un déficit d'électrons. Les deux couches présentent
ainsi une différence de potentiel. L'énergie des photons lumineux captés par les électrons
périphériques (couche N), leur permet de franchir la barrière de potentiel et d'engendrer un courant
électrique continu. Pour effectuer la collecte de ce courant, des électrodes sont déposées par
sérigraphie sur les deux couches de semi conducteur (Figure 6). L'électrode supérieure est une grille
permettant le passage des rayons lumineux. Une couche anti-reflet est ensuite déposée sur cette
électrode afin d'accroître la quantité de lumière absorbée.

Les cellules les plus répandues actuellement sont à base de silicium (différence de potentiel de 0,6 V).

Figure 6. Schéma d'une cellule élémentaire

3.1.2. Caractéristiques électriques des photopiles

3.1.2.1. Caractéristique courant tension (I-V)


Dans la littérature, une cellule photovoltaïque est souvent présentée comme un générateur de courant
électrique dont le comportement est équivalent à une source de courant shuntée par une diode.

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Figure 7. Schéma équivalent d'une cellule photovoltaïque réelle

Pour tenir compte des phénomènes physiques au niveau de la cellule, le modèle est complété par
deux résistances série Rs et shunt Rsh comme le montre le schéma électrique équivalent de la figure
7. La résistance série est due au processus de métallisation ou de prise de contact. La résistance shunt
est due à un courant de fuite au niveau de la jonction. Elle dépend de la façon dont cette jonction a été
réalisée. Le courant photopile a pour expression :

I  I ph  I d  I r (1)

avec :
- I ph : Photo-courant de cellule proportionnel à l’éclairement E .
 q (V  Rs I ) 
- I d  I 0  exp( )  1  : Courant traversant la diode. On peut faire apparaître le potentiel
 nKT 
nKT
thermodynamique VT 
q
où :
I 0 : Courant de saturation inverse de la diode
q   : Charge de l'électron (1,6.10-19C)
K : Constante de Boltzmann (1,38.1023 j /  K )
n   : Facteur d'idéalité de la photopile,
T : Température de la jonction en  K ,
V  Rs I
- Ir   : Courant dérivé par la résistance shunt.
Rsh

A partir de ces différentes équations, on peut en tirer l'expression implicite du courant délivré par une
cellule photovoltaïque ainsi que sa caractéristique courant-tension :

 V  Rs I  V  Rs I
I  I ph  I 0  exp( )  1  (2)
 VT  Rsh

On peut ainsi retrouver l'allure des caractéristiques courant-tension I(V) et P(V) d'une cellule à la
figure 8.

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Figure 8. Caractéristiques : courant-tension I(V) et


puissance-tension P(V) d'une photopile

3.1.2.2. Courant de court-circuit


C'est le courant pour lequel la tension aux bornes de la cellule ou du générateur PV est nulle. Pour la
plupart des photopiles (dont la résistance série est faible), l'expression approchée du courant de court-
circuit est alors :

I ph
I cc 
 Rs  (3)
1  
 Rsh 

3.1.2.3. Tension de circuit ouvert


C'est la tension Vco pour laquelle le courant débité par le générateur PV est nul (la tension maximale
d'une photopile ou d'un générateur PV). Son expression est la suivante :

I 
Vco  VT Ln  ph  1 (4)
 I0 

3.1.2.4. Puissance maximale et facteur de forme 


La puissance utile maximale s'obtient en optimisant le produit courant tension, soit :

PM  VM I M (5)

Quant au facteur de forme FF , dit aussi facteur de courbe ou facteur de remplissage, ou full factor, il
est défini par :

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PM
FF  (6)
Vco I cc

La puissance des modules photovoltaïques s'exprime en Watts-crête. Cette dernière représente la


puissance que peut fournir un module lorsqu'il est fermé sur sa charge nominale (optimale), sous un
éclairement de 1000 W / m2 et à une température de 25 °C.

3.1.2.5. Rendement 
Le rendement est :

PM
 (7)
P0

avec P0 est la puissance incidente. Elle est égale au produit de l'éclairement et de la surface totale des
photopiles.

3.1.2.6. Influence des résistances série et shunt sur la caractéristique I = f(V)

La figure 9 montre l'influence de la résistance série. La tension de circuit ouvert n'est pas modifiée,
mais la caractéristique se déforme très rapidement.

Figure 9. Influence de la résistance série

La figure 10 présente l'influence de la résistance shunt : la tension de circuit ouvert est diminuée et la
zone basse tension présente une pente.

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Figure 10. Influence de la résistance shunt

Il faut noter que ces résistances série et shunt sont liées à la technologie d'élaboration des jonctions et
des électrodes. Il faut minimiser Rs et faire en sorte que Rsh ne soit pas trop faible.

3.1.2.7. Influence du flux lumineux 

On traite tout d’abord, les caractéristiques essentielles de ce rayonnement concernant directement le


fonctionnement des cellules photovoltaïques.
La figure 11 présente la gamme de rayonnement électromagnétique entourant le spectre visible ainsi
que les longueurs d'onde correspondantes.
A chaque longueur d’onde  , peut être associé un photon d’énergie E ph  h. f , où h est la constante
de Planck (h = 6,62 10-34 J. S) et f la fréquence correspondant à la longueur d'onde λ (f=c/λ), c étant
la vitesse de propagation de la lumière = 3 10 8 m /s). On rappelle la relation permettant de passer de
la longueur d'onde λ (en µm) à l'énergie E ph du photon associé (en eV).

1.24
E ph (ev)  (8)
 ( m)

Hors atmosphère, l'amplitude et la distribution spectrale du rayonnement solaire sont parfaitement


définies. Il n'en est pas de même au niveau du sol, où en raison de multiples paramètres
atmosphériques, cette amplitude et cette distribution spectrale peuvent varier dans de très grandes
proportions.

Nous verrons ultérieurement que la cellule photovoltaïque n'est sensible que dans un domaine bien
précis de longueurs d'onde. Il est donc nécessaire de définir un spectre standard, appelé spectre de
référence, qui puisse être adopté au niveau international pour que des mesures comparatives soient

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possibles. Le spectre présenté sur la figure 3 a été retenu par la C.E.I. Il donne en fonction de la
longueur d'onde l'irradiance spectrale, c'est à dire la puissance associée au rayonnement par tranche
de longueur d'onde et par unité de surface. Cette grandeur est exprimée en W.m-2.µm-1.

L'intégration de cette irradiante spectrale sur toutes les longueurs d'onde donne l'irradiance de ce
rayonnement de référence exprimée en W.m-2. La valeur qui a été choisie par la C.E.I., et qui
correspond à la figure 11 est égale à 1 kW.m -2. Ce spectre de référence correspond à la traversée par
le rayonnement solaire d'une couche atmosphérique de référence qui sera définie par ailleurs (spectre
A.M. 1,5). Il est à noter que dans la pratique, le spectre que l'on enregistre au sol varie sans cesse et
peut s'écarter notablement de ce spectre de référence.

Figure 11. Spectre du rayonnement solaire


La figure 12 représente les caractéristiques I  f (V ) d'une cellule photovoltaïque sous diverses
valeurs de l’éclairement E. A chacune de ces valeurs du flux lumineux, correspond une puissance
électrique maximale que pourrait fournir la cellule solaire. On remarque également que le courant est
directement proportionnel au flux lumineux à ces niveaux d’éclairement. Notons aussi la légère
diminution de la tension du circuit ouvert Vco suite à une chute du flux lumineux.

Figure 12. Influence du flux lumineux

3.1.2.8. Influence de la température 

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La température est un paramètre très important dans le comportement des photopiles. En effet,
le courant I augmente très rapidement avec T . Il engendre une diminution de la tension du circuit
ouvert Vco (figure 13). L'augmentation de la température se traduit aussi par une diminution de la
puissance maximale disponible.

Figure 13. Influence de la température [16]

3.1.3. Technologies des photopiles


Lorsque on a présenté le fonctionnement des cellules solaires, on a évoqué quelques uns des
matériaux qui les constituent. On peut, à l’heure actuelle, distinguer deux grandes familles de
matériaux photovoltaïques utilisés dans des installations :
 les matériaux cristallisés, d’épaisseur de 0,15 à 0,4 mm.
 les couches minces, d’épaisseur faible de l’ordre du micron.

Le matériau le plus répandu de nos jours est le silicium, semi-conducteur tétravalent. on ne


s’intéresse donc qu’à celui-ci, les autres n’étant pas suffisamment développés et souvent onéreux. Le
silicium est soit cristallin, soit amorphe :
a. Le silicium monocristallin
Les cellules qui en sont composées sont les plus performantes sur le marché : elles présentent un bon
rendement à fort et moyen éclairement. Toutefois, leur prix reste élevé.
-
Rendement électrique des panneaux : 15% STC.
-
Puissance des panneaux : 5 à 150 Wc.
-
Gamme d’éclairement : 100 à 1000 W/m2.
-
Usage : tous usages extérieur de forte et moyenne puissance. (Télécoms, balisage, relais,
habitat…)
b. Le silicium multi cristallin 
Il est le plus répandu actuellement et les caractéristiques électriques des cellules multi cristallines
sont similaires aux monocristallines.
Toutefois, il est un peu moins performant, essentiellement aux éclairements modérés, et
également moins onéreux du fait d’une fabrication moins complexe.

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-
Rendement électrique des panneaux : 12 à 14% STC.
-
Puissance des panneaux : 5 à 150 Wc.
-
Gamme d’éclairement : 200 à 1000 W/m2.
-
Usage : même usage que le silicium monocristallin.

c. Le silicium amorphe
Malgré un gap optique plus élevé que le silicium cristallin et donc une tension plus forte, son courant
est nettement plus faible à cause de sa moins bonne collecte et de sa faible épaisseur. Il est donc
moins puissant que le silicium cristallin. Par contre, en couche très mince, il répond à tous les
éclairements, extérieur et intérieur. Sa technologie de fabrication est moins onéreuse et permet de
réaliser de petits formats de panneaux.
-
Rendement électrique des panneaux : 5 à 7 % STC (jusqu’à 9 % pour les multi jonctions)
-
Puissance des panneaux extérieurs : 0,5 à 60 Wc
-
Gamme d’éclairement : de 20 lux à 1000 W/m2
-
Usage: électronique professionnelle et grand public (montres, calculatrices…), électronique de
faible consommation en extérieur…

La figure 14 représente les caractéristiques courant-tension de deux cellules photovoltaïques,


l’une au silicium cristallin, l’autre au silicium amorphe.

Figure 14. Différence entre une cellule au silicium amorphe


et une cellule monocristalline

3.1.4. Fabrication des cellules mono et multi cristallines


On ne donnera ici que des notions générales et succinctes concernant la fabrication des photopiles
industrielles. Le matériau de base étant un semi-conducteur, son élaboration requiert des techniques
lourdes, et dans une première période (avant 1980 environ) ce sont les techniques liées au silicium et
à l'électronique qui ont été utilisées. Les cellules photovoltaïques étaient donc réalisées sur des
disques de 5 ou 10 cm de diamètre identiques à ceux utilisés en électronique et microélectronique
pour l'élaboration des composants. Depuis, de très gros efforts ont été entrepris pour développer un
matériau spécifique, nécessitant une purification et une mise en forme moins poussées, et donc moins

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onéreux. Ainsi la plaquette de silicium monocristalline issue des techniques électroniques a été petit à
petit abandonnée au profit de substrats multicristallins qui conduisent aujourd'hui à des rendements
de conversion presque équivalents, du moins en ce qui concerne les cellules industrielles.
On appelle produit plat, la plaquette de silicium de départ sur laquelle va être élaborée la cellule
photovoltaïque.

Découpe des lingots Diffusion Dépôt des électrodes

Figure 15. Fabrication des cellules mono et multicristallines

Cette plaquette est obtenue par découpe de lingots de silicium en général de type p, monocristallins
donc cylindriques, ou multicristallins (figure 15). Les lingots monocristallins sont obtenus par tirage
d'un germe qui affleure un bain de silicium fondu, ce tirage se faisant sous atmosphère inerte. Les
lingots multicristallins sont obtenus par recristallisation lente d'un bain de silicium fondu dans un
creuset en graphite. Cette recristallisation qui commence par le fond du creuset est de type colonnaire
et la découpe s'effectue perpendiculairement au plan de croissance (figure 15).

Joins de grain

Jonctio
Grain P n

Figure 16. Jonction P-N

Les cellules multicristallines présentent donc des grains monocristallins continus depuis la face avant
jusqu'à la face arrière de la plaquette et séparés par des joints de grain. Après découpe, on effectue un
polissage mécanique et chimique. Dans le cas des cellules monocristallines une texturisation de la
face avant est possible.
L'opération suivante est la diffusion d'impuretés de type n sur la face avant pour réaliser la jonction
p-n. Cette diffusion se fait dans un four à haute température en présence d'un gaz porteur de
l'impureté correspondante.
Les électrodes sur les faces avant et arrière étaient précédemment obtenues par évaporation sous vide.
Cette technique onéreuse et fastidieuse a été avantageusement remplacée par la sérigraphie : pour
réaliser la grille face avant et le contact continu face arrière, une pâte sérigraphique conductrice est

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étalée à travers un masque puis recuit. Des bandes métalliques étamées sont ensuite soudées par
thermo compression sur les bandes conductrices sérigraphies et sur la face arrière.
La dernière étape est le dépôt de la couche anti-reflet. Les cellules sont ensuite testées
individuellement sous simulateur puis triées.

3.2. Modules photovoltaïques et champs de modules 


La tension générée par une cellule photovoltaïque au silicium mono ou multicristallin, fonctionnant
au point de puissance maximale sous l'éclairement de référence de 1 kW.m-2, est de l'ordre de 0,55 V
et le courant est fonction de la surface de la cellule. Il convient donc de grouper en série et parallèle
des cellules élémentaires pour adapter la tension et le courant en fonction des contraintes de la charge
à alimenter.
Il est important de noter dès à présent que la caractéristique courant tension d'un groupement de
cellules photovoltaïques, sera directement homothétique de la courbe I-V d'une cellule de base. Il en
sera de même pour tout le réseau de caractéristiques. En conséquence, tout ce qui a été dit pour une
cellule individuelle restera valable pour un groupement.

3.2.1. Groupement de cellules en série

La tension générée par une cellule étant très faible, il faudra dans la majorité des cas associer en série
un certain nombre de cellules pour obtenir des tensions compatibles avec les charges à alimenter.
C'est ce qui est réalisé dans un module photovoltaïque, où les cellules sont positionnées sous forme
d'une guirlande dont les deux extrémités sont ramenées vers une boite de connexion. Les électrodes
supérieures d'une cellule sont connectées à la face arrière ce la cellule suivante. La figure donne le
schéma d'un module fermé sur sa résistance optimale R.

Vi 1/R

Ns
Ns.Vi R

Vi Ns.Vi V

(a) (b)

Figure 17. Association de Ns cellules en série

On constate immédiatement sur cette figure, correspondant à la mise en série de Ns générateurs de


courant, que le courant généré par les cellules est le même dans toute la branche ainsi que dans la
charge. Une première règle est donc qu'il ne faudra connecter en série que des cellules identiques. La
figure 17 présente la courbe de puissance (caractéristique courant-tension) du groupement ainsi
réalisé. La première courbe est la caractéristique de l'une des Ns cellules du groupement série. La
caractéristique du groupement (G) est obtenue en multipliant point par point et pour un même
courant, la tension par Ns. Fermé sur l'impédance R', le groupement série délivrera le courant I sous

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la tension NsVi, chacune des Ns cellules générant ce courant I et la tension Vi. La construction
graphique de la figure 16-b suppose que la connexion en série des cellules n'introduit pas de
résistances parasites (série ou shunt) supplémentaires. L'impédance optimale pour le groupement
série est Ns fois plus grande que l'impédance optimale pour une cellule de base.

3.2.2. Groupement de cellules en parallèle

Il est possible d'augmenter le courant fourni à une charge en plaçant en parallèle plusieurs cellules ou
modules photovoltaïques comme indiqué sur la figure 18-a. Sur cette figure, les générateurs de
courant représentent soit des cellules individuelles, soit des cellules en série (modules), soit des
modules en parallèle (branches). On constate dans ce cas que c'est la tension générée qui est la même
pour toutes les cellules (ou tous les modules ou toutes les branches).

Np.Ii
I

Ii Np.Ii
1/R

R
Ii

V
Np
(a) (b)

Figure 18. Association de Np cellules en parallèle

La deuxième règle est donc qu'il ne faudra connecter en parallèle que des cellules, (des modules, ou
des branches) identiques. La figure 18-b présente la courbe de puissance résultante (G) pour le
groupement parallèle considéré. Cette courbe est obtenue en multipliant point par point par Np
(nombre d'éléments en parallèle) et pour chaque valeur de la tension, le courant de la première courbe
correspondant à une cellule élémentaire.
Fermé sur une résistance R, le groupement parallèle délivrera le courant NpIi sous la tension V,
chacune des Np branches en parallèle générant le courant Ii. La construction graphique de la figure
18-b suppose que la connexion en parallèle n'introduit pas des résistances parasites (série ou shunt)
supplémentaires. L'impédance optimale pour le groupement parallèle est Np fois plus faible que
l'impédance optimale pour une branche.

3.2.3. Panneau photovoltaïque et champ de modules

La puissance des modules disponibles sur le marché s'échelonne de quelques Wc à quelques dizaines
de Wc. Pour obtenir des puissances supérieures, il est nécessaire d'associer en série et en parallèle
plusieurs modules. Nous avons vu que la caractéristique I-V d'un module de base (association en série
de cellules individuelles) est une courbe se déduisant théoriquement de la courbe d'une cellule
élémentaire par simple changement d'échelle sur l'axe des abscisses (figure 17). Une association
série-parallèle de modules photovoltaïques aura de même une caractéristique I-V théorique semblable

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à la courbe du module de base, et obtenue en modifiant les échelles sur les deux axes. Il est évident
que, de même que pour les cellules, il ne faudra associer en série -parallèle que des modules
identiques. La figure 19 présente un tel groupement de Nms modules en série dans une branche, et Nbp
branches en parallèles. Si Pm est la puissance crête disponible sur un module, la puissance disponible
aux bornes de ce panneau photovoltaïque sera Nms.Nbp.Pm dans le cas idéal où tous les modules ont
des caractéristiques électriques rigoureusement identiques.

Nbp
+

Figure 17

Nms

-
Figure 19. Association de Nms modules en série et Nbp branches en parallèle

Cette puissance pourra être obtenue sous les conditions de référence (1 kW.m-2 et 25 °C) sur la charge
optimale du groupement Roptg telle que :

N 
Roptg   ms .Roptm (9)
N 
 bp 

Où Roptm est la charge optimale du module de base dans les mêmes conditions.
Tout ce qui a été dit pour une cellule élémentaire, concernant son comportement avec l'irradiante et la
température ou l'influence des résistances série et shunt, est directement transposable au cas du
groupement. Le point de fonctionnement du panneau est déterminé par la valeur de l'impédance de la
charge (au sens large du terme) qu'il alimente.

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Dans la pratique, les modules photovoltaïques d'un panneau ne sont jamais rigoureusement identiques
d'une part, et d'autre part des déséquilibres peuvent survenir générés par exemple par des occultations
parasites de certaines cellules. Il en résulte une perte de puissance et des risques de dégradation pour
les cellules. Il a été proposé des connexions supplémentaires (appelées "lignes d'équilibrage")
correspondant à des liaisons telles que A, B...X, ainsi que l'introduction de diodes de protection. On
présentera les problèmes associés et la validité de ces protections dans un prochain paragraphe.

3.3. Encapsulation des modules


Les cellules photovoltaïques sont généralement mises en série dans des modules dont les tailles
peuvent être très variables. Ces modules sont les éléments de base du panneau photovoltaïque, et pour
les applications de puissance ces modules sont de quelques dizaines de Wc. La taille d'un module a
été en effet volontairement limitée car pour des raisons pratiques, ce module doit pouvoir être
facilement manipulé par une seule personne sur le terrain.
L' encapsulation des cellules à l'intérieur d'un module a deux rôles principaux :
-
la protection des cellules contre la corrosion et leur maintien dans une structure rigide,
-
le contrôle de la température des jonctions via un équilibre thermique entre le matériau semi-
conducteur et l'air ambiant au travers du matériau d'encapsulation.
Plusieurs techniques d'encapsulation ont été utilisées durant la dernière décennie : enrobage résine
transparente, encapsulation bi-verre, encapsulation verre-matériau organique (Tedlar), verre- métal
etc..., avec ou sans structure métallique auto portante. Il est facile de concevoir que la qualité de cette
encapsulation détermine directement la durée de vie des modules photovoltaïques. Dans l'espace le
vieillissement des panneaux suaires est essentiellement lié au rayonnement cosmique perturbant le
matériau semi-conducteur eu éventuellement aux fortes contraintes thermiques subies.
Si l'on excepte le cas des chocs, commun aux conditions spatiales et terrestres, les dégradations des
cellules au sol sont plus directement une conséquence de la dégradation de l'encapsulation. On
commence à avoir un recul suffisant pour porter un jugement sur les diverses techniques
d'encapsulation mentionnées ci-dessus.
Les conclusions générales sont les suivantes :
-
toutes les encapsulations dont la face avant est en matériau organique ont été abandonnées :
délamination, modification chimique du matériau sous la chaleur et le rayonnement
conduisant à une coloration et opacification partielle, abrasion par les vents de sable,
détérioration par les micro-organismes etc... Ce type d'encapsulation n'est conservé que pour
les petites applications mobiles (légèreté).
-
les encapsulation avec race avant en verre sont reconnues comme les plus sûres. Il a été
proposé des verres à surface texturée (léger granité en surface du verre pour augmenter la
collecte du rayonnement diffus (la collecte aux grand angles d'incidence). L'inconvénient est
cependant un piégeage important ces poussières et une difficulté à l'auto nettoyage par la
pluie. Les solutions retenues pour la face arrière sont le verre et le Tedlar avec une préférence
pour le verre, bien que l'encapsulation bi-verre conduise à un module plus lourd.
-
le matériau intermédiaire dans lequel est noyée la guirlande de cellules est en général de PIE.
V. A, matériau organique transparent et relativement stable.

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-
la structure métallique auto-portante permet un montage rapide des modules. Elle est en
général en aluminium anodisé, les trous de fixation étant prévus en usine. Un joint latéral
assure l'étanchéité et une protection mécanique.
-
Les boîtiers de connexion électrique sont en général fixés sous les modules au point de sortie
des deux fils (+) et (-) de la série de cellules. La connexion vers d'autres modules se fait à
l'aide de cosses identiques à celles utilisées dans l'industrie automobile, et le câble de liaison
sort du boîtier par un presse-étoupe. Ces boîtiers sont un point critique du module car un lieu
de prédilection pour l'accumulation de poussières, insectes et surtout humidité. Cette humidité
peut remonter via le gainage des câbles internes au module jusqu'à la cellule et entraîner la
corrosion des contacts ou de l'encapsulant. L'expérience montre qu'une étanchéité complète de
ces boîtiers n'est pas souhaitable et qu'un orifice de "respiration" doit être ménagé au bas de la
botte. La règle de montage est donc un enrobage par de la graisse silicone de tous les points
sensibles à l'intérieur du boîtier de connexion.

3.4. Test des modules


Tous les modules sont testés en usine sous simulateur de rayonnement, et peuvent être classés en
familles. Le client peut demander à ce que les modules satisfassent à une limite en dispersion pour un
certain nombre de paramètres (Icc, Vco, Pmax etc...).
Par ailleurs, la majeure partie des modules du marché a subi un certain nombre de tests d'endurance
permettant de leur attribuer une norme de qualité. Les tests retenus par la Commission
Electrotechnique Internationale (C.E.I.) sont effectués par des laboratoires indépendants sur des
modules prélevés en production. Ils sont les suivants :
 Inspection visuelle.
 Vérification de l'isolation électrique (entre les cellules et l'armature).
-
Tracé de la caractéristique du module sous simulateur dans les conditions de référence.
-
Tracé de la caractéristique du module sous simulateur à la température de travail annoncée par
le constructeur (en anglais NOCT : Normal Operating Cell Température). Cette température
effective de fonctionnement est mesurée pour une encapsulation donnée sous des conditions
de rayonnement et de convection de l'air définies dans les normes.
-
Tracé de la caractéristique du module sous simulateur à faible irradiation.
-
Test de la sensibilité du module à des occultations éventuelles (en anglais hot spot). Ces
occultations accidentelles peuvent en effet induire des élévations locales de la température
dangereux pour les cellules et l'encapsulation..
 Mesure de la résistance mécanique des fils de connexion.
 Mesure de la charge mécanique que peut supporter le centre du module.
 Evaluation de la tenue du module à une torsion de la structure métallique auto-portante.
 Etude de la tenue à l'impact (graviers, grêlons, etc...).
 Etude de la tenue à des cycles de température.
 Etude de la tenue à l'humidité et au givre.
 Analyse de la résistance à un stockage prolongé à haute température en atmosphère humide et
sous ultraviolet.
 Etude de la corrosion en milieu agressif (brouillard salin).
Une normalisation de tous ces tests est en cours d’amélioration, elle est effectuée par les groupes de
travail de la C.E.I. Il est probable que suivant les applications souhaitées, tous les types de modules
ne passeront pas la totalité de ces tests. La catégorie supérieure correspondra à des modules capables
de supporter pendant plus de vingt ans des environnements extrêmement sévères.

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3.5. Déséquilibres dans les groupements de cellules


Dans les paragraphes précédents traitant des groupements, il a été supposé que les caractéristiques I-
V des cellules, puis des modules étaient rigoureusement identiques vis à vis de l'irradiance Ø et de la
température T. Ces conditions idéales ne sont jamais atteintes, et malgré un tri sévère, il existe
toujours une dispersion de ces caractéristiques. II est alors nécessaire d'analyser l'incidence de cette
dispersion sur les propriétés d'un module, ainsi que l'influence d'occultations parasites sur le
fonctionnement d'un panneau. Les problèmes rencontrés sont liés au fait qu'une cellule peut être
amenée à travailler en récepteur électrique au lieu de générer de l'énergie. Elle aura alors à dissiper
cette énergie électrique qui va s'ajouter à l'énergie du rayonnement solaire puisque cette cellule ne
travaillera pas en convertisseur. Des risques d'échauffement puis de dégradation sont alors à redouter.
Pour définir les protections que l'on peut introduire dans un champ de modules il convient de bien
comprendre les phénomènes mis en jeu.

3.5.1. Fonctionnement de La cellule photovoltaïque en récepteur électrique

La figure 20 montre la caractéristique I-V d'une cellule sous illumination pour tous les domaines de
tension et de courant. Cela revient à tracer la caractéristique I-V de la cellule illuminée et polarisée à
l'aide d'un générateur de tension extérieur. Le quadrant 1 correspond au fonctionnement normal en
générateur (I>0, V>0). Si la tension aux bornes de la cellule est, en raison du circuit extérieur,
amenée à dépasser Vco (quadrant 2), la cellule travaillera en récepteur d'énergie électrique en polarité
directe (sens passant de la jonction p-n) (I<0, V>0). Si le point de fonctionnement sur la
caractéristique se trouve dans le quadrant 4, la cellule va également travailler en récepteur (I>0, V<0)
mais cette fois en polarité inverse pour la jonction p-n. Il est à noter qu'en raison de la résistance série
Rs, la jonction n'est polarisée en inverse qu'à partir du point A pour lequel Vj = 0 soit V = -Rs.. En
polarité inverse, la caractéristique I-V de la cellule présente un coude correspondant à un effet
d'avalanche (augmentation brutale du courant) vers des tensions voisines de 30 V pour le silicium
monocristallin.
En résumé si la cellule est forcée à travailler dans les quadrants 2 ou 4 elle sera réceptrice et non
génératrice d'énergie électrique

Courant

A
4 1

Vj=0

Tension
3 2

Figure 20. Fonctionnement d’une cellule PV en récepteur electrique.

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3.5.2. Déséquilibres dans un groupement série

On va raisonner tout d'abord sur deux cellules en série, dont l'une est moins performante (ou moins
illuminée) que l'autre. La figure 21 montre la courbe résultante du groupement formé par ces deux
cellules en série.

Courant

L
R

2 1
Tension

Figure 21. Déséquilibre dans un groupement série de 2 cellules PV

Les courbes ont été déformées pour plus de clarté. La courbe 1 correspond à la cellule la plus
performante et la cellule 2 à la cellule la plus faible. Le courant étant le même dans les deux cellules,
il suffit d'additionner les tensions. Pour une charge dont l'impédance correspond à la droite L, la
cellule 2 n'intervient plus (elle n'est ni génératrice ni réceptrice). Pour une impédance de charge plus
faible, la cellule 2 devient réceptrice en polarité inverse, et pour une charge nulle (court-circuit) les
deux tensions aux bornes des cellules sont identiques mais de polarité opposée. La cellule 1 fournit de
l'énergie à la cellule 2.

Il est très facile d'extrapoler ce qui vient d'être dit à un nombre Ns de cellules en série. La figure 21
présente la construction correspondant au cas de Ns-1 cellules identiques (1) en série avec une cellule
moins performante (2). Pour une impédance inférieure à celle correspondant à la droite L, la cellule 2
passe en récepteur. Pour une charge nulle cette cellule supporte une tension en polarité inverse égale à
(Ns-1) V1 et passe pratiquement le courant de court-circuit du groupement (courbe R). On constate

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que dans ces conditions le courant de court-circuit de l'ensemble est inférieur au courant de court-
circuit des cellules performantes.
Courant
Figure 22. Déséquilibre dans un groupement série de Ns cellule PV.

En résumé, dans un groupement série, les déséquilibres sont d'autant plus critiques que la charge
prend des valeurs faibles, le cas le plus critique correspondant aux Rconditions deL court circuit. Une
cellule faible peut alors avoir à dissiper une puissance électrique telle que l'encapsulation ou la cellule
subissent des dégradations.
1
2
3.5.3. Protection par diodes dans un groupement série
-(N -1).V V V (N -1).V Tension
La tension supportée parS la cellule
1
travaillant en inverse
1
peut2 être très élevée
S 2
si plusieurs modules
sont connectés en série. Une solution est alors de la court-circuiter par une diode pour ramener la
tension à ses bornes à une valeur de quelques centaines de mV. Malheureusement, il serait top
onéreux de doubler toutes les cellules par une diode et la solution retenue est de protéger un certain
nombre de cellules par une seule diode.

En fonctionnement normal, ces diodes de protection sont continuellement soumises à une tension
inverse égale à la tension de travail du module. Elles doivent être choisies en conséquence, et une
baisse anormale de tension dans une branche peut être le signe, soit d'un déséquilibre dans un module
et de la mise en fonctionnement normal de ces diodes parallèles (appelées diodes "by-pass" en
anglais), soit de la défaillance d'une de ces diodes qui s'est mise en court-circuit.

3.5.4. Déséquilibres dans un groupement parallèle

De même que pour les groupements série, on va raisonner tout d'abord sur deux cellules en parallèle,
dont l'une est moins performante (ou moins illuminée) que l'autre. La figure 23 donne la courbe
résultante du groupement formé par ces deux cellules en parallèle. Les courbes ont ici encore été
déformées pour plus de clarté.

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Courant

R
L
1

Tension

Figure 23. Déséquilibre dans un groupement parallèle de 2 cellules PV.

C'est cette fois la tension qui est commune aux deux cellules, et il faut donc additionner les courants.
Pour une charge dont l'impédance correspond à la pente de la droite L, la cellule 2 ne produit aucun
courant. Pour une impédance plus élevée, la cellule 2, passe en récepteur en polarité directe, et pour
une charge infinie (circuit ouvert) la cellule 1 débite le courant I1 dans la cellule 2 .

De même que dans le cas précédent on peut extrapoler au cas de Np cellules (ou modules ou
branches) en parallèle. La figure 24 donne la construction correspondant au cas de Np-1 éléments
identiques (1) connectés en parallèle sur un élément moins performant (2). Pour une impédance de
charge supérieure à celle correspondant à la pente de la droite L, la cellule (ou le module, ou la
branche) 2 passe en récepteur. En condition de circuit ouvert l’élément 2 doit débiter un courant (Np-
1). I1 a la tension Vco. Dans ce cas c'est la tension de circuit ouvert de l'ensemble qui est inférieure à
la tension de circuit ouvert des éléments performants.

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Figure 24. Déséquilibre dans un groupement parallèle de Np cellules PV


En résumé, dans un groupement parallèle, les déséquilibres sont d'autant plus critiques que la charge
prend des valeurs élevées, le cas le plus critique correspondant aux conditions de circuit ouvert. Ici
encore, une cellule (qui reste l'élément de base de la branche quelle que soit sa taille) peut avoir à
dissiper une puissance électrique telle que l'encapsulation ou la cellule subissent des dégradations.

3.5.5. Protection par diodes dans un groupement parallèle

Pour éviter qu'un ensemble de cellules connectées en série ne soit amené à recevoir de l'énergie
électrique, d'autres branches mises en parallèle, il faut installer dans chacune de ces branches des
diodes série comme indiqué sur la figure 25. Les diodes parallèles étudiées précédemment sont
également représentées.
Diode série
+
Diode parallèle

Module

-
Figure 25. Protection par diodes dans un groupement parallèle

En fonctionnement normal, ces diodes série vont supporter le courant débité par la tranche et vont
induire une chute de tension de 0,6 à 0,7 V. Il est alors évident que cette chute de tension doit être
négligeable devant la tension générée par la branche. Dans le cas d'un branchement en parallèle de

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cellules élémentaires, l'introduction de ces diodes, dites diodes anti-retour, n'aurait aucun sens car la
chute de tension des diodes de protection compenserait la tension générée par les cellules.
Il a souvent été dit que le rôle de ces diodes série était d'éviter une décharge des batteries dans le
réseau de cellules durant la nuit. En fait ce courant de fuite est très faible et la perte d'énergie
correspondante est inférieure à la perte d'énergie durant le jour dans ces mêmes diodes. Toutefois il
est impératif de conserver ces diodes car leur rôle essentiel est la protection contre les déséquilibres
comme on vient de le voir.
Le câblage de la figure 25 est le plus courant à l'heure actuelle. Dans certains montages plusieurs
branches sont regroupées pour une seule diode série comme indiquée sur la figure 26 (ici 3 pour une
diode).

+
Diode série Diode série
Diode parallèle

Diode parallèle

-
Figure 26. Plusieurs branches sont regroupées pour une seule diode série

La diode série doit alors être dimensionnée pour supporter la somme des courants de ces 3 branches,
mais on constate alors que les branches en question ne sont plus protégées contre les déséquilibres, de
deux branches pouvant débiter dans la troisième. Si l'on considère les lignes dites "d'équilibrage" (A,
B...X), on constate qu'elles introduisent des groupements parallèles de modules sans protection par
diodes (figure 27). Les quatre modules performants de la deuxième rangée peuvent débiter dans le
cinquième module si ce dernier est moins performant.
En conséquence, ces lignes dites "d'équilibrage", qui conduisent essentiellement à une augmentation
de la complexité du câblage, n'apportent aucune amélioration et peuvent même induire de nouveaux
déséquilibres. Elles sont déconseillées.

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Figure 27. Protection par lignes d’équilibrage.

Le soin apporté au câblage d'un réseau de modules photovoltaïques est primordial pour sa durée de
vie, et nous allons préciser dans le paragraphe suivant les impératifs liés à l'installation sur site d'un
champ de modules.

3.6. Installation sur site d'un champ de modules

L'expérience de ces dix dernières années permet de définir un certain nombre de règles élémentaires :
-
la structure porteuse métallique ne doit pas présenter de couple électrique avec le métal du
module,
-
ne pas repercer cette structure, car l'endommagement de la couche de protection serait une
voie ouverte à la corrosion,
-
tenir compte des dilatations induites par les fortes variations de température,
-
éviter toute occultation parasite d'une partie du champ de modules, - remplir les boîtes de
connexion de graisse silicone protectrice, - attacher les câbles électriques aux structures
métalliques,
-
Protéger le réseau photovoltaïque des surtensions induites pouvant être occasionnées par des
coups indirects de foudre,
-
protéger le champ des dégradations pouvant être causées par les animaux.

3.7. Test d'un champ de modules

Le test d'un champ de modules est une opération délicate si on veut l'effectuer avec précision. Des
procédures de test ont été mises au point par la C.E.I. et nous résumons ci-dessous les points
critiques.
On a introduit au début de ce cours la notion de conditions de référence (irradiante E = 1 kW.m -2,
distribution spectrale de référence (AM 1,5) et température de jonction T = 25 °C). Ces conditions ne
sont jamais atteintes simultanément sur le site. Et il faudra donc extrapoler les mesures

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expérimentales aux conditions de référence si l'on veut faire des comparaisons valables. Ce sont ces
procédures qui ont été normalisées.
Il est recommandé d'opérer à un irradiante supérieure à 700 W.m-2, le ciel étant dégagé pour que les
conditions n'évoluent que très lentement. La mesure de l'irradiante nécessite un pyromètre ou un
module de référence préalablement étalonné, mais il faut savoir que ces deux capteurs pourront
donner des indications différentes si l'on s'éloigne par trop des conditions spectrales de référence.
La température du champ de modules peut être prises sur la face arrière des modules mais il faut
noter également que la température enregistrée est inférieure à celle des jonctions de 1 à 2 degrés. Par
ailleurs une grande dispersion dans la valeur de cette température peut exister sur les champs
photovoltaïques de grande surface.
La caractéristique I-V est tracée à l'aide d'une charge variable électronique, le système le plus
performant étant une charge de capacité où l'on a échantillonné le courant et la tension.

3.8. Chaîne de conversion électrique 


3.8.1. Avec système de stockage 
Dans le cas d’installations autonomes, l'énergie produite par les panneaux solaires photovoltaïques est
utilisée immédiatement (pompage, ventilation, etc.…) ou stockée dans des batteries pour une
utilisation différée. Le courant continu produit alimente directement des appareils prévus à cet effet
ou est transformé en alternatif.

Figure 28. Installation photovoltaïque autonome

3.7.2. Sans système de stockage et interconnectée au réseau 

Le système peut également être connecté au réseau. L'avantage du raccordement est de se dispenser
du coûteux et problématique stockage de l’électricité. Dans ses versions les plus économiques
l’onduleur ne peut fonctionner qu’en présence du réseau, une éventuelle panne de ce dernier rend
inopérationnel le système de production d’origine renouvelable. Si la consommation locale est
supérieure à la production de la centrale, l'appoint est fourni par le réseau. Dans le cas contraire,
l'énergie est fournie au réseau public et sert à alimenter les consommateurs voisins.

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Figure 29. Installation photovoltaïque couplée au réseau

4. Etat de l’art, principes et éléments constitutifs de l’éolien


4.1 Historique de l’éolien

Parmi toutes les énergies renouvelables, à part l’énergie du bois, c’est l’énergie du vent qui a été
exploitée en premier par l’homme. Depuis l’antiquité, elle fut utilisée pour la propulsion des navires
et ensuite les moulins à blé et les constructions permettant le pompage d’eau. Les premières
utilisations connues de l'énergie éolienne remontent à 2 000 ans avant J.C environ.

Hammourabi, fondateur de la puissance de Babylone, avait conçu tout un projet d'irrigation de la


Mésopotamie utilisant la puissance du vent. La première description écrite de l’utilisation des
moulins à vent en Inde date d’environ 400 ans avant J.-C. En Europe, les premiers moulins à vent ont
fait leur apparition au début du Moyen Age. Utilisés tout d'abord pour moudre le grain, d'où leur nom
de " moulins ", ils furent aussi utilisés aux Pays-Bas pour assécher des lacs ou des terrains inondés.
Dès le XIV siècle, les moulins à vent sont visibles partout en Europe et deviennent la principale
source d’énergie. Seulement en Hollande et Danemark, vers le milieu du XIXème siècle, le nombre
des moulins est estimé respectivement à plus de 30000 et dans toute l’Europe à 200000. A l’arrivée
de la machine à vapeur, les moulins à vent commencent leur disparition progressive.
L’arrivée de l’électricité donne l’idée à Poul la Cour en 1891 d’associer à une turbine éolienne une
génératrice. Ainsi, l’énergie en provenance du vent a pû être « redécouverte » et de nouveau utilisée
(dans les années 40 au Danemark 1300 éoliennes). Au début du siècle dernier, les aérogénérateurs ont
fait une apparition massive (6 millions de pièces fabriquées) aux Etats-Unis où ils étaient le seul
moyen d’obtenir de l’énergie électrique dans les campagnes isolées. Dans les années 60, fonctionnait
dans le monde environ 1 million d’aérogénérateurs. La crise pétrolière de 1973 a relancé de nouveau
la recherche et les réalisations éoliennes dans le monde.

4.2 Notions théoriques sur l’éolien


4.2.1 Loi de Betz – notions théoriques
La turbine éolienne est un dispositif qui transforme l’énergie cinétique du vent en énergie mécanique.
A partir de l’énergie cinétique des particules de la masse d’air en mouvement passant par la section
de la surface active S de la voilure, la puissance de la masse d’air qui traverse la surface équivalente à
la surface active S de l’éolienne est donnée par :

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1
Pv   SVv 3 (10)
2

Selon la loi de Betz, cette puissance ne pourra jamais être extraite dans sa totalité. La puissance
maximale pouvant être recueillie par une éolienne est égale à la limite de Betz :

16
Pmax  Pv  0.59.Pv (11)
27

Sous cette forme, la formule de Betz montre que l’énergie maximale susceptible d’être recueillie par
un aérogénérateur ne peut dépasser en aucun cas 59% de l’énergie cinétique de la masse d’air qui le
traverse par seconde. De cette façon le coefficient de puissance maximal théorique est défini :

Pmax 2.Pmax
p 
C opt   0.59 (12)
Pv  .S .Vv 3

En réalité, jusqu’à présent, seulement 60 à 70% de cette puissance maximale théorique peut être
exploitée par les engins les plus perfectionnés. Ce rendement, appelé coefficient de puissance Cp de
l’éolienne, est propre à chaque voilure. Ce coefficient lie la puissance éolienne à la vitesse du vent :

2.Péol
Cp  (13)
 .S .Vv 3

Pour décrire la vitesse de fonctionnement d’une éolienne une grandeur spécifique est utilisé : la
vitesse réduite  , qui est un rapport de la vitesse linéaire en bout de pales de la turbine et de la vitesse
de vent :
R
 (14)
Vv

4.2.2 Distributions de Weibull

Le choix géographique d’un site éolien est primordial dans un projet de production d’énergie. Les
caractéristiques du vent vont déterminer la quantité de l’énergie qui pourra être effectivement extraite
du gisement éolien. Pour connaître les propriétés d’un site, des mesures de la vitesse du vent ainsi que
de sa direction, sur une grande période du temps, sont nécessaires (un à dix ans).
En effectuant la caractérisation d’un site éolien, il est impératif de connaître la hauteur sur laquelle les
mesures sont prises et ensuite adapter les résultats à la hauteur de mat de l’éolienne. En effet, la
vitesse du vent augmente selon la hauteur. L’expression (15) donne la méthode de ce calcul et le
Tableau 1 donne les valeurs de rugosité  en fonction du caractère des obstacles dans
l’environnement proche. On précise que h est la hauteur du mat et h la hauteur des appareils de
mes

mesure.

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Ln(h /  )
Vv ( h)  Vv ( hmes )  (15)
Ln(hmes /  )

Nature du sol Paramètre de rugosité


Surface d’un plan d’eau 0.0002
Terrain vague avec surface lisse (piste de décollage, gazon 0.0024
entretenu, …)
Zone agricole sans barrière ni haie, parsemée d’habitations 0.03
séparées sur un relief de collines douces.
Zone agricole avec quelques maisons et hautes haies (d’une 0.055
hauteur de huit mètres maximum) espacées de 1250 m
Zone agricole avec quelques maisons et hautes haies (d’une 0.1
hauteur de huit mètres maximum) espacées de 500 m
Zone agricole avec de nombreux bâtiments, ou des haies de 8 0.2
mètres espacés de 250 m
Villages, petites villes, zones agricoles avec de nombreuses 0.4
haies, forets et terrains très accidentés.
Grandes villes avec bâtiments hautes. 0.8
Très grandes villes avec de grands immeubles et gratte-ciel. 1.6

Tableau 1. Paramètre de rugosité en fonction de l’environnement

Chaque site éolien est caractérisé par une direction de la vitesse de vent dominante. Cependant, elle
est variable comme la valeur de la vitesse du vent. Pour décrire ces propriétés spatiotemporelles, le
diagramme appelé rose des vents peut être élaboré.
Il se présente comme un diagramme polaire, lequel répertorie l’énergie du vent disponible dans
chaque direction en pourcent (parfois c’est la vitesse) et le temps de l’occurrence de chaque direction
du vent en pourcent. L’exemple est donné par la Figure 1-7.

Figure 30. Exemple de la rose des vents

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La rose du vent permet d’avoir une première vue sur la capacité énergétique du site éolien mais elle
est destinée plutôt à l’aide au choix de l’emplacement spatial de la turbine et principalement pour
éviter les obstacles qui peuvent gêner le flux d’air. Des informations supplémentaires peuvent être
insérés dans ce graphique comme la turbulence ou la rugosité du terrain. La caractéristique la plus
importante est la distribution statistique de Weibull (Figure 31).Elle s’est révélée la plus adéquate
pour l’emploi dans l’éolien. Elle modélise avec succès la probabilité de l’occurrence des vitesses de
vent du gisement éolien.

Figure 31. Exemple de la distribution de Weibull


Cette figure est obtenue grâce à l’expression (16) qui présente la fonction de distribution statistique
de Weibull. Les paramètres k et A sont respectivement facteur de forme (sans dimension) et le facteur
d’échelle en m/s. Habituellement, le facteur de forme qui caractérise la symétrie de la distribution est
dans l’éolien égal à k=2. Le facteur d’échelle est très proche de la vitesse moyenne de la vitesse du
vent Vv.
k 1
k V  k
P (Vv )   v   e  (Vv / c ) (16)
A A 

4.3 Différentes types d’aérogénérateurs – caractéristiques Cp

Les solutions techniques permettant de recueillir l’énergie du vent sont très variées. Deux familles de
voilures existent : les aérogénérateurs à axe vertical (VAWT) et à axe horizontal (HAWT). Le
graphique de la Figure 32 donne une vue sur les coefficients de puissance Cp habituels en fonction de
la vitesse réduite  pour différents types d’éoliennes :

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Figure 32. Courbes caractéristiques des aérogénérateurs

4.3.1 Axe horizontal (HAWT)

Les voilures à axe horizontal sont de loin les plus utilisées actuellement. Les différentes constructions
des aérogénérateurs utilisent les voilures à deux, trois pales (les plus courantes) et les multipales.
La caractéristique de puissance Cp (  ) dépend principalement du nombre de pales comme le montre
la Figure 32 et des propriétés aérodynamiques de la voilure (coefficient de poussée C , coefficient de
F

couple C …).
T

La voilure peut être placée avant la nacelle (upwind) et alors un système mécanique d’orientation de
la surface active de l’éolienne « face au vent » est nécessaire. Une autre solution qui permet d’alléger
la construction par la suppression de toute mécanique d’orientation est l’emplacement de la turbine
derrière la nacelle (downwind). Dans ce cas, la turbine se place automatiquement face au vent. Les
éoliennes de ce type sont assez rares car des vibrations importantes sont à noter qui sont dues au
passage des pales derrière le mat. La Figure 33 montre les deux procédés.

a) b)

Figure 33. Type de montage de la voilure


a) upwind b) downwind

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La Figure 34 donne la courbe de puissance d’une éolienne en fonction de la vitesse du vent. Après
une partie (A) où aucune puissance n’est délivrée pour des vitesses du vent inférieures à la vitesse du
démarrage Vv min une section de fonctionnement normal existe. Si on extrait alors la puissance
maximale de la turbine (MPPT) celle ci évolue alors selon le cube de la vitesse du vent (B). Quand la
puissance nominale Pn est atteinte, elle doit être limitée (C). Au delà d’une certaine limite de vitesse
du vent la turbine doit être arrêtée.

Figure 34. Courbe de la puissance éolienne en fonction de la vitesse du vent

Il existe quatre voies principales pour limiter la puissance éolienne dans le cas de fortes valeurs du
vent. La première est une technique active assez coûteuse et complexe appelée système à pas variable
« pitch » : elle est donc plutôt utilisé sur les systèmes à vitesse variable de moyenne à fortes
puissances (quelques centaines de kW). Elle consiste à régler mécaniquement la position angulaire
des pales sur leur axe ce qui permet de décaler dynamiquement la courbe du coefficient de puissance
de la voilure. La seconde technique est passive « stall ». Elle consiste à concevoir la forme des pales
pour obtenir un décrochage dynamique du flux d’air des pales à fort régime de vent. Il existe aussi
des combinaisons des deux technologies précédemment citées. La troisième façon de limiter la
puissance, et de dévier l’axe du rotor dans le plan vertical (un basculement de la nacelle) ou de le
dévier dans le plan horizontal (rotation autour de l’axe du mat). Ainsi, la turbine n’est plus face au
vent et la surface active de l’éolienne diminue.

a) b) c) d)

Figure 35. Limitation de puissance éolienne : a) pitch, b) déviation verticale de l’axe de rotation,
c) rotation horizontale de l’axe de rotation, d) vitesse de rotation continûment variable.

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La dernière famille qui permet la régulation de la puissance éolienne consiste à faire varier la vitesse
de rotation  par une action électrique. Par le biais de la génératrice accouplée à une chaîne de
conversion statique pilotée pour gérer le transfert d’énergie, la vitesse de rotation peut être pilotée
selon le point de fonctionnement souhaité. Le plus souvent, dans les turbines classiques à axe
horizontal, le dispositif de réglage à fréquence variable est associé à un réglage mécanique (pitch ou
stall).

4.3.2 Axe vertical (VAWT)

Une autre famille d’éoliennes est basée sur les voilures à l’axe vertical. Ce type d’éoliennes est très
peu répandue et assez mal connue. Elles peuvent avoir un intérêt dans certains secteurs d’application.
Il existe principalement trois technologies VAWT (VerticalAxis Wind turbine) : les turbines Darrieus
classique ou à pales droites (H-type) et la turbine de type Savonius, comme montré à la Figure 1-13.
Toutes ces voilures sont à deux ou plusieurs pales.

Figure 36. Technologies d’éoliennes


4.4 Chaînes de conversion électrique 
4.4.1 Systèmes couplés au réseau alternatif 
4.4.1.1 Génératrices asynchrones à cage (MAS)

Les machines électriques asynchrones sont les plus simples à fabriquer et les moins coûteuses.
Elles ont l’avantage d’être standardisées, fabriquées en grande quantité et dans une très grande
échelle des puissances. Elles sont aussi les moins exigeantes en terme d’entretien et présentent un
taux de défaillance très peu élevé. Dans les aérogénérateurs de dimensions conséquentes (grande
puissance et rayon de pales important), la vitesse de rotation est peu élevée. Or, il n’est pas
envisageable de concevoir une génératrice asynchrone lente avec un rendement correct. Il est donc
nécessaire d’insérer entre la turbine et la machine asynchrone un multiplicateur mécanique de vitesse.
Le changement de la configuration de bobinage du stator (nombres de pôles) et donc l’utilisation des
machines de type Dahlander est une solution parfois utilisée (Figure 1-18), mais là encore le
rendement est loin d’être optimal sur toute la plage de vent. Une autre possibilité consiste à utiliser un
variateur de fréquence, mais cette solution est globalement coûteuse (variation de fréquence et
multiplicateur de vitesse) et donc très rarement exploitée (Figure 39). La majorité des applications en
éolien (environ 85%) sont donc à vitesse de rotation constante et à connexion directe sur le réseau

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électrique comme le montre la Figure37. Ces machines peuvent être facilement utilisables dans le
petit éolien car la vitesse de rotation des pales est importante et l’entraînement direct est possible.
Mais, au delà d’une efficacité énergétique moindre par rapport aux systèmes à fréquence variable, la
rigidité de ces chaînes dont on a déjà dit qu’elle occasionne des variations brusques de puissance,
ainsi que les problèmes de décrochage du réseau en cas de chute de vent sont leurs principaux
inconvénients.

Figure 37. Système éolien basé sur la machine


asynchrone à cage (vitesse de rotation fixe)

Figure 38. Système éolien basée sur la machine asynchrone


de type Dahlander à deux vitesses de rotation

Figure 39. Système éolien basé sur la machine


asynchrone à cage à fréquence variable
4.4.1.2 Génératrices asynchrones à double alimentation (MADA)

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Avec les génératrices synchrones, c’est actuellement l’une des deux solutions concurrentes en éolien
à vitesse variable. Le stator de la génératrice est directement couplé au réseau (Figure 40 et Figure
41) le plus souvent par un transformateur. A la place du rotor à cage d’écureuil, ces machines
asynchrones ont un rotor bobiné dont le réglage électronique assure la variation du glissement. La
chaîne rotor permet ainsi à l’ensemble de fonctionner à vitesse variable sur une plage de vitesse qui
dépend du type et du dimensionnement de la chaîne rotor. Ces machines sont un peu plus complexes
que des machines asynchrones à cage avec lesquelles elles ont en commun de nécessiter un
multiplicateur de vitesse. Leur robustesse est légèrement diminuée par la présence de système à
bagues et balais, mais le bénéfice du fonctionnement à vitesse variable est un avantage suffisant pour
que de très nombreux fabricants (Vestas, Gamesa,…) utilisent ce type de machines. Les vitesses de
rotation nominales de ces machines sont d’habitude un peu moins élevées par rapport aux machines à
cage d’écureuil alors le rapport de multiplicateur de vitesses peut être moins important.
La Figure 40 montre la technologie (Optislip de Vestas) qui permet une variation limitée de la vitesse
à environ 10% autour de la vitesse de synchronisme par le changement de la résistance rotor. Outre la
plage de variation de vitesse limitée, l’inconvénient de cette solution est la dissipation de la puissance
rotor dans les éléments résistifs.

Figure 40. Système éolien basé sur la machine asynchrone à rotor bobiné
variation de la vitesse de rotation par réglage de la résistance du rotor

Une autre solution très intéressante et permettant d’obtenir une variation de la vitesse de rotation
d’environ 30% autour de la vitesse de synchronisme consiste à coupler le rotor de la génératrice à
double alimentation au rotor à travers deux onduleurs MLI triphasés, l’un en mode redresseur, l’autre
en onduleur réseau (Figure 41). En général, le dimensionnement de la chaîne rotor se limite à 25% de
la puissance nominale du stator de la machine électrique, ce qui suffit à assurer une variation sur 30%
de la plage de vitesse. C’est là son principal avantage tandis que son inconvénient majeur est lié aux
interactions avec le réseau, en particulier les surintensités engendrées par des creux de tension du
réseau.

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Figure 41. Système éolien basé sur la machine asynchrone double alimentation – régulation
de la vitesse de rotation par chaîne rotor alimentation

4.4.1.3 Génératrices asynchrones

Les machines asynchrones présentent le défaut d’imposer la présence d’un multiplicateur de vitesse.
Elles sont en effet bien adaptées à des vitesses de rotation relativement importantes et un couple
insuffisant pour un couplage mécanique direct sur les voilures éoliennes. Par contre, les machines
synchrones sont connues pour offrir des couples très importants à dimensions géométriques
convenables. Elles peuvent donc être utilisées en entraînement direct sur les turbines éoliennes. Les
systèmes de ce type possèdent aussi leurs défauts. Les machines synchrones à rotor bobiné
demandent un entretien régulier de système des bagues et balais. Le circuit d’excitation de l’inducteur
demande la présence du réseau et une fourniture de la puissance réactive. Les sites isolés ne sont
adaptés à ces génératrices qu’en présence d’une batterie de condensateurs ou d’une source de tension
indépendante. Par contre, la possibilité de réglage de l’inducteur de ces machines offre un moyen
supplémentaire d’ajustement du point de fonctionnement énergétique. Le couplage direct sur le
réseau est proscrit car étant beaucoup trop rigide. Une électronique de puissance s’impose pour toutes
les applications utilisant ce type de machines qui sont donc à vitesse variable. Mais, contrairement
aux génératrices MADA (Machines Asynchrones à Double Alimentation) la chaîne de conversion
placée sur le stator doit être dimensionnée pour la totalité de la puissance du système de production.
Le développement des matériaux magnétiques a permis la construction de machines synchrones à
aimants permanents à des coûts qui deviennent compétitifs. Les machines de ce type sont à grand
nombre de pôles et permettent de développer des couples mécaniques considérables. Il existe
plusieurs concepts de machines synchrones à aimants permanents dédiées aux applications éoliennes,
des machines de construction standard (aimantation radiale) aux génératrices discoïdes (champs
axial), ou encore à rotor extérieur.
Le couplage de ces machines avec l’électronique de puissance devient de plus en plus viable
économiquement, ce qui en fait un concurrent sérieux des génératrices asynchrones à double
alimentation. Les systèmes de ce type ont un taux de défaillance jugé faible grâce à la suppression de
certaines sources de défauts : suppression du multiplicateur de vitesse et du système de bagues et
balais pour les génératrices à aimants (Figure 42). Les frais d’entretien sont alors minimisés ce qui est
très intéressant dans les applications éoliennes, en particulier dans les sites difficilement accessibles
(offshore par exemple). La présence obligatoire de l’électronique de puissance permet enfin une
régulation simple de la vitesse de rotation et donc une optimisation énergétique efficace.

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Figure 42. Système éolien basé sur la machine


synchrone à aimants permanents

Une autre solution (Figure 43) est le redressement à diodes placé directement derrière la génératrice.
L’optimisation de la gestion énergétique n’est alors possible que si l’excitation est réglable. Une
version dérivée de cette structure sera étudiée plus amplement dans la suite de ce document.

Figure 43. Système basée sur la machine


synchrone et redresseur à diodes
Les systèmes de très petite puissance peuvent être simplifiés radicalement. En choisissant
judicieusement les paramètres (paramètres machine et tension continue) du système représenté sur la
Figure 44, un système à vitesse « non constante », à coût minimum et énergétiquement assez
performant peut être obtenu.

Figure 44. Système éolien à coût minimum

4.4.2 Modes de couplage au réseau et réseaux autonomes

On peut distinguer deux familles de systèmes de génération d’énergie :

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 D’une part il y a les sites isolés où l’énergie est produite et consommée sur place ou à
proximité du générateur un réseau local (« faible »), à faible puissance de court circuit, doit
être créé et stabilisé.

 D’autre part les systèmes sont (en majorité) connectés au réseau national.

Dans le premier cas, il peut y avoir une seule source d’énergie ou le couplage de plusieurs sources de
même type ou bien de types différents. Le problème d’interconnexion se pose alors. Il existe
plusieurs configurations selon les propriétés des sources énergétiques et les besoins de distribution.
La Figure 45 donne un exemple de solutions couplant une éolienne à un panneau photovoltaïque. Le
« noeud électrique » permet de connecter et de distribuer l’énergie entre les différents composants du
système.

Figure 45. Exemple d’une configuration dédiée à un site isolé


couplage éolien -photovoltaïque
La représentation de la turbine éolienne (ou du générateur photovoltaïque) sur ce schéma peut
signifier plusieurs éléments. Des solutions spécifiques peuvent alors être nécessaires selon la
configuration (propriétés des sources, des convertisseurs statiques, longueurs des lignes, du profil de
la ressource, etc.…). Le choix résulte du bilan d’une optimisation énergétique et d’une projection des
coûts engendrés.
La Figure 46 donne l’exemple de quelques structures utilisées actuellement en éolien de grande
puissance raccordé au réseau. Ces structures peuvent être bien adaptées à des systèmes de puissance
modérée et certaines de ces figures peuvent regrouper non seulement les turbines éoliennes mais
plusieurs types de sources. Les configurations de la Figure 1-27 sont toutes dédiées à des turbines à
vitesse variable.

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Figure 46. Structures de couplage des sources éoliennes

La connexion des sources renouvelables aux réseaux électriques «forts» (réseaux nationaux et
trans-nationaux) demande de respecter certaines normes qui ne sont pas forcements spécifiques au
domaine éolien. Les normes existantes s’appliquent à des générateurs ou des convertisseurs statiques
dans le cadre des normalisations françaises et européennes (machines électriques, onduleurs,
pollution électrique, sécurité,…). Majoritairement, les installations sont en dessous de la puissance de
10 MW. Alors elles sont soumises à la réglementation pour le raccordement des systèmes de
microgénération. Plusieurs groupes du travail au sein de la CEI travaillent sur la question de la
normalisation des systèmes utilisant les énergies renouvelables. Une norme ISO 27.180 porte sur
l’énergie éolienne. Aux Etats Unis la série des normes IEEE 1547 encadre tous les aspects liés à
l’interconnexion entre les sources et le réseau.

Travaux Dirigés

Exercice N°1 
Dimensionner le système solaire CC isolé du réseau pour une installation en tunisie.
Les consommateurs sont :
 3 lampes fluorescentes de 18 W/12V.
 2 lampes fluorescentes 8W/12V.
 1 radio 15W/12V.
Les lampes sont allumées 4 heures par jour et la radio 5 heures.

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Le module solaire utilisé possède les caractéristiques suivantes :

Puissance crête 40 W+/- 5%


Courant de charge 2.34 A
Courant de court circuit 3.25 A
Tension de charge 16.9 V
Tension de circuit ouvert 21.5 V

Les batteries utilisées sont de 12 V 100Ah


L’autonomie de l’installation est de 3 jours
La décharge maximale journalière de la batterie est de 35%
L’ensoleillement au mois de décembre est de 2200 Wh/m². Jour sur une surface horizontale.
L’inclinaison des modules est de 30°
La latitude de l’installation est de 35°, hémisphère Nord.
Déclinaison =-23°

1. Calculer la consommation journalière en Wh et en Ah (avec une batterie de 12 V) en fonction des


pertes dues à la batterie.

consommateurs Puissance Heures d’utilisation Nombre de Wh/jour


jour

Total

Consommation journalière en Ah :……………………


Consommation en Ah en fonction des pertes :……………………
2. Où devons nous orienter les modules ?
3. Calculer l’ensoleillement au mois de décembre sur les modules (inclinés 30°).
4. Calculer la production d’un module 40 Wc (en Ah) au mois de décembre incliné 30°, latitude 36°.
5. calculer le nombre de modules nécessaires.
6. Calculer la capacité de la batterie.
7. Un régulateur de charge 5A est il convenable.
8. Dessiner et représentez le réseau de câblage du système solaire.

Correction 

Calcul de la consommation journalière en Wh et en Ah avec une batterie de 12 V.


consommateurs Puissance Heures d’utilisation Nombre de Wh/jour
jour
3 lampes 18 W 4 216
2 lampes 8W 4 64
1 radio 15 W 5 75
Total 355
Consommation (Wh/jour)=N heure/jour*puissance.

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1. Consommation en Ah=consommation totale (Wh/jour)/ (Tension batterie).


355/12=29.58 Ah
Consommation journalière en fonction des pertes dues a la botteries :
29.58+10%=32.53 Ah

2. Orientation des modules :


L’installation est dans l’hémisphère Nord, les modules doivent être orienté Sud.

3. Calcul de l’ensoleillement au mois de décembre orienté sur les modules inclinés à 30°.
Ensoleillement d’une surface horizontale au mois de décembre est : 2200 Wh/m².
Latitude : 36°
Angle d’inclinaison :30°
Déclinaison du soleil au mois de décembre ; -23°
cos(     )
E '  E.K1.
cos(    )
0.8746
E '  2200 * 0.9 *  3362
0.5150
L’ensoleillement est de 3365 Wh/m²

4. Calcule de la production en Ah d’un module 45 Wc au mois de décembre incliné 30°, latitude 36°
IjM  IMPP * E '
IjM  3.362 * 2.34  8 Ah / jour
5. Calcul du nombre de modules nécessaires :
ch arg enecessairejournaliere
N mod ules 
IjM
32.5
N   3.2
8
Nous prenons 4 modules de 40 Wc.

6. Calcul de la capacité de batteries (CAh).


Cjp * NjA
CAh 
DmB
32.53 * 3
CAh   278 Ah
0.35
Nous prenons une batterie de 12 V/280 Ah (2 batteries de 1140 Ah parallèle).
Un régulateur de charge 5 A est il convenable ?
Non !
Pour charger la batterie de 12 V, les 4 modules 40Wc doivent être connectés en parallèle avec un
courant de 9.36 A.
Le régulateur de charge doit pouvoir admettre un courant de minimum 10 A. pour ce système nous
pondrons un régulateur de charge de 12A.

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Exercice N°2 

Dimensionner le système solaire CA isolé du réseau pour une installation en tunisie.


Les consommateurs sont :
5 lampes fluocarbures de 20W/230V
5 lampes fluorescents 10W/230V
1 TV 100W/230V
1TV 60W/230V
1 ventilateur 60W/230V
1 réfrigérateur 50W/230V
Les lampes, la TV et le ventilateur sont allumés 5 heures par jour, le réfrigérateur fonctionne 18
heures par jour.

Le module solaire utilisé est de 54 Wc :


Puissance crête 54 W+/- 5%

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Courant de charge 3.2 A


Courant de court circuit 3.35 A
Tension de charge 16.9 V
Tension de circuit ouvert 21.5 V

- La batterie utilisée est de 24 V (12 cellules de 2V connectées en série).


- L’autonomie de l’installation est de 4 jours.
- La décharge maximale de la batterie est de 80%.
- L’ensoleillement au mois de décembre est de 2500 Wh/m².jour sur une surface horizontale.
- L’inclinaison des modules est de 45°.
- La latitude de l’installation est de 40°, hémisphère Nord.
- Déclinaison du soleil au mois de décembre = -23°

1. Calculer la consommation journalière en Wh et en Ah (avec une batterie de 48) en fonction des


pertes dues à la batterie.

Consommateurs Puissance Heures d’utilisation jour Nombre de Wh/jour

Total

Consommation journalière en Ah
Consommation en Ah en fonction des pertes.

2. Calculez l’ensoleillement au mois de décembre sur les modules (inclinés à 45°).


3. Calculez la production d’un module 54Wc (en Ah) au mois de décembre incliné 45°, latitude 40°.
4. Calculez le nombre de modules nécessaires.
5. Calculez la capacité de la batterie.
6. Quel régulateur de charge choisisseriez-vous ?
7. Le champ photovoltaïque est situé à environ 20 m du régulateur de charge, quelle section du câble
(entre le champ et le régulateur)
Choissiseriez-vous ?
On admet une chute de tension de 0.8V.
8. Dessinez et représentez le réseau de câblage du système solaire.

Correction 

1. Calculez la consommation journalière en Wh et en Ah avec une batterie de 48

Consommateurs Puissance Heures d’utilisation jour Nombre de Wh/jour


5 lampes 230 V 20 W 5 500
5 lampes 230 VC 10 W 5 250
1 TV 230 V 100 W 5 500
1 réfrigérateur 230V 50 W 18 900

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1 ventilateur 230 V 60 W 5 300


Total 2450

Consommation journalière en Ah : 102.08 Ah (2450/24)


Consommation en Ah en fonction des pertes : 102.08+20%=122.49Ah

2. Calcul l’ensoleillement au mois de décembre orienté sur les modules (inclinés à 45°).

L’ensoleillement d’une surface horizontale au mois de décembre : 2500Wh/m².jour

Latitude : 40°

Ange d’inclinaison du soleil au mois de décembre : 45°

Déclinaison du soleil au mois de décembre : -23°

cos      
Formule : Q ' Q * K1 *
cos     
0.9510
Q '  2500 * 0.9 *  4714
0.4539

L’ensoleillement est de :4714 Wh/m².jour

3. Calculez la production en Ah d’un module 54Wc au mois de décembre incliné 45°, latitude 40°.
Formule :
E = Ensoleillement global en kWh/m².jour
IMPP = Courant de charge du module (en A).
IjM = IMPP * E = 4.714 * 3.2 = 15.08 Ah/jour

Un module va produire 15.08 Ah/jour (IjM)

4. Calculez le nombre de modules nécessaires.

Formule
Charge nécessaire journalière/ IjM = 122.49 / 15.08 = 8.12
Nous prendrons 16 modules ( 8 rangés de 2 modules en série) 54 Wc

5. Calculez la capacité de la batterie (CAh).

Cjp * NjA 122.49 * 4


Cah    1400
DmB 0.35
Nous prendrons une batterie de 24 V 1400 Ah (12 cellules 2V 1400 Ah connectées en série).

6. Choix de régulateur de charge.


Le courant de charge max du système solaire est de 25.6 A (3.2A par rangé).
Nous prendrons un régulateur de charge 24 V 30 A.

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7. Choix de la section du câble d’amenée entre le champ photovoltaïque et le régulateur de charge.

2 * long ( m) * I ( A)
Section( mm ²) 
56 * 0.3 V

2 * 20 * 25.6
Section (mm²)   22.8
56 * 0.8

On admet une chute de tension de 0.8V.

8. Dessinez et représentez le réseau de câblage du système solaire.

Bibliographie

[1] A.LABOURET.P.CUMUNOL.J-P.BRAUM, B. FARAGGI, « Cellules solaires : les bases de


l’énergie photovoltaïque », 3ème édition, éditions techniques et scientifiques françaises. Octobre 2003.

[2] ANNE LABOURET, MICHEL VILLOZ « énergie solaire photovoltaïque» 2ème édition, édition le
Moniteur Avril 2005.

[3] ANNE LABOURET, MICHEL VILLOZ « énergie solaire photovoltaïque», le Manuel du


professionnel. DUNOD, Paris Août 2003.

[4] A. LAUGIER et J. A. ROGER, « Les photopiles solaires », Technique et documentation, 11 rue


Lavoisier - Paris – 1981.

Cours de Mastère de Mansouri Mohamed Nejib 52 Energie renouvelable et système d’exploitation


Ecole Nationale d’Ingénieurs de Monastir Département de Génie Electrique

[5] R. BERNARD, M. MENGUY; M. SCHWARTZ, « Le rayonnement solaire, Conversion et


applications », Technique et documentation, 11 rue Lavoisier - Paris –1980.

[6] Y. MARFAING,  «Etude Physique des effets photovoltaïques dans les semi-conducteurs», Revue
de Physique Appliquée 12- 1223 – 1977.

[7] Agence française pour la Maîtrise de l'Energie,  «  Des Watts pour la vie », Colloque Valbonne
Sophia Antipolis – 1986

[8] L. PROTIN and S. ASTIER. « Convertisseurs photovoltaïques ». Techniques de l'ingénieur, D 3


360, 1996.

[9] Yann PANKOW, «  Etude de l'intégration de la production décentralisée dans un réseau Basse
Tension : Application au générateur photovoltaïque », Thèse de doctorat, Ecole Nationale Supérieure
d'Arts et Métiers, Décembre 2004.

[10] M.N. Mansouri, M.F. Mimouni, M. Annabi, « The solar roofs connected to the electric network
Control of powers active and reactive», World Renewable Energy congress, 19-25 August 2006,
Florence-Italy.

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