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CHAPITRE 2 : LES NOMBRES RÉELS 7

1.5. Radicaux.
p
Définition 1.4. Pour x ∈ R+ , on appelle racine carrée de x et on note x l’unique élément y de R+ tel que
y 2 = x. Plus généralement, si n est un entier naturel pair (n ≥ 2) et si x ∈ R+ , on appelle racine n-ième de
p 1
x et on note n x = x n l’unique élément y de R+ tel que y n = x;

si n est impair, la racine n-ième de x est définie pour tout x ∈ R : c’est l’unique réel y tel que y n = x.
Ainsi, par définition,
p
si n est pair ∀x ∈ R+ y = n x ⇔ y n = x et y ≥ 0
p
si n est impair ∀x ∈ R y = n x ⇔ y n = x
p3
p
3
Example 1.2. −8 = −2 et 8=2
p p p p
On appelle quantité conjuguée de a + ² b (² = ±1) l’expression a − ² b; les égalités suivantes :
p p a −b
a +² b = p p
a −² b
p
3
p3 a −b
a− b= p 3 p3
p
3
a 2 + ab + b 2
sont très utiles pour étudier les expressions irrationnelles.

1.6. La valeur absolue.

Définition 1.5. On appelle valeur absolue du réel x le réel positif noté |x| définie par
½
x si x ≥ 0
|x| = .
−x si x < 0
Les prncipales propriétés de la valeur absolue sont données dans la proposition suivante.

Proposition 1.3. On a
(1) ∀x ∈ R, |x| = max {x, −x} et |−x| = |x|
(2) ∀x¡ ∈ R,¢ |x| = 0¯ ⇔¯x = 0 ¯ ¯
(3) ∀ x, y ∈ R2 , ¯x y ¯ = |x| ¯ y ¯
(4) ∀x ∈ R, − ³p|x| ≤ x ≤´|x|¡
∀x ∈ R, x 2 = |x| ∧ |x|2 = x 2
¢
(5)
(6) ∀x ∈ R, ∀a ∈ R+ , |x| ≤ a ⇔ −a ≤ x ≤ a
(7) ∀x ∈ R, ∀a ∈ R+ , |x| ≥ a ⇔ ((x ≥ a) ∨ (x ≤ −a))
(8) ∀x¡ ∈ R,¢ |x n | =¯ |x|n .¯ ¯ ¯ re
(9) ∀ ¡x, y ¢ ∈ R2 , ¯¯x + y¯¯ ≤¯¯ ¯ y ¯(1 e inégalité triangulaire)
|x| + ¯ ¯
(10) ∀ x, y ∈ R , |x| − y ≤ x − y ¯ (2 inégalité triangulaire)
2 ¯ ¯ ¯ ¯ ¯

Démonstration. • L’assertion 3. se démontre par disjonction des cas selon le signe de x et de y


x ≥¯ 0 ¯ x ¯≤ 0 ¯
xy ≥ ¡¯ ¯ x¢y = x y¯ ¯
0 ⇒ ¯ ¯ x y ≤¡¯0 ⇒
¯ x ¢y = −x¯y ¯
¯ ¯
y ≥0 (|x| = x) ∧ y¯ = ¯y ⇒ |x|
¯ ¯
¯ ¯y = x y
¯ ¯ (|x| = −x) ∧ y¯ = ¯y ⇒ |x|
¯ ¯
¯ ¯ y = −x y
¯ ¯
d’où ¯x y¯¯ =¯|x| ¯ y ¯ d’où ¯x y ¯¯ = |x|
¯ y
¯ ¯
x y¡¯≤ 0¯ ⇒ ¯x ¢y ¯ = −x¯y ¯ xy ≥¡¯ 0¯⇒ x y¢ = x y ¯ ¯
¯ ¯
y ≤0 (|x| = x) ∧ ¯ y ¯ =¯ −y ¯ ⇒ |x|¯ ¯ y = −x y
¯ ¯ (|x| = −x) ∧ y¯ = ¯−y ⇒¯ |x|
¯ ¯
¯ y = xy
¯ ¯
d’où ¯x y ¯ = |x| ¯ y ¯ d’où ¯x y ¯ = |x| ¯ y ¯

, ,
8 CHAPITRE 2 : LES NOMBRES RÉELS

On a démontré que dans les 4 cas envisageables selon les signes de x et de y, la relation était vraie.
Elle est donc toujours vraie.
• L’assertion 4. peut s’écrire sous la forme
− |x| ≤ x ≤ |x| ⇔ (− |x| ≤ x) ∧ (x ≤ |x|)
par disjonction des cas selon le signe de x, on obtient
x ≥0 x ≤0
|x| = x |x| = −x
l’assertion (−x ≤ x) ∧ (x ≤ x) est vraie l’assertion (x ≤ x) ∧ (x ≤ −x) est vraie
r é f el exi ve

Dans les deux cas la relation était vraie. Elle est donc toujours vraie.
• L’assertion 8. se démontre aisément par récurrence sur n en utilisant l’assertion 3.
• En utlisant l’assertion 6. la 1r e inégalité triangulaire peut s’écrire sous la forme
¡ ¯ ¯¢ ¡ ¯ ¯¢
− |x| + ¯ y ¯ ≤ x + y ≤ |x| + ¯ y ¯ .
Maintenant, l’assertion 4. donne
½
−¯|x|¯ ≤ x ≤ |x| ¡ ¡ ¯ ¯¢ ¯ ¯¢ ¯ ¯ ¯ ¯
¯ ¯ ⇒ − |x| + ¯ y ¯ ≤ x + y ≤ |x| + ¯ y ¯ ⇔ ¯x + y ¯ ≤ |x| + ¯ y ¯ .
− y ≤y≤ y
¯ ¯ ¯ ¯

• De même, la 2e inégalité triangulaire peut s’écrire sous la forme


¯ ¯ ¯¯ ¯ ¯ ¯ ¯ ¯ ¯ ¯ ¯
¯|x| − ¯ y ¯¯ ≤ ¯x − y ¯ ⇔ − ¯x − y ¯ ≤ |x| − ¯ y ¯ ≤ ¯x − y ¯ .

D’une part e t à l’aide de la 1r e inégalité triangulaire on obtient


¯¡ ¢ ¯ ¯ ¯ ¯ ¯ ¯ ¯ ¯ ¯
|x| = ¯ x − y + y ¯ ≤ ¯x − y ¯ + ¯ y ¯ ⇒ |x| − ¯ y ¯ ≤ ¯x − y ¯ .
D’autre part ¯ ¯ ¯¡ ¯ ¯ ¯ ¯ ¯ ¯ ¯
¢
¯ y ¯ = ¯ y − x + x ¯ ≤ ¯ y − x ¯ + |x| ⇒ − ¯x − y ¯ ≤ |x| − ¯ y ¯
¯ ¯ ¯ ¡ ¢¯ ¯ ¯
puisque ¯ y − x ¯ = ¯− x − y ¯ = ¯x − y ¯ . 

L’une des utilisations de la valeur absolue consiste à mesurer la distance entre deux points sur la
droite réelle.

Définition 1.6. On appelle distance usuelle sur R l’application


d : ¡R × R¢ → ¯ R+ ¯
x, y 7→ ¯x − y ¯
¡ ¢
Etant donnés deux réels x et y, le réel d x, y est appelé distance de x à y.

La proposition suivante est fondamentale. Elle indique que pour montrer qu’un réel est nul, il suffit
de montrer qu’on peut le rendre, en valeur absolue, plus petit que n’import quel réel strictement positif.

Proposition 1.4. Soit x un réel.


∀ε ∈ R∗+ , |x| ≤ ε ⇒ x = 0.
¡ ¢

Démonstration. Raisonnons par l’absurde. supposons l’assertion est fausse, c’est-à-dire supposons que
∀ε ∈ R∗+ , |x| ≤ ε ∧ (x 6= 0)
¡ ¢

|x| |x|
Puisque x est non nul, le réel est strictement positif et vérifie |x| > . Cela contredit l’hypothèse
2 2
∀ε ∈ R+ , |x| ≤ ε. On en déduit que l’assertion énoncé dans la proposition est vraie.


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1.7. Intervalles.
Définition 1.7. Un intervalle de R est un sous-ensemble I de R vérifiant la propriété :
∀a, b ∈ I ∀x ∈ R (a ≤ x ≤ b =⇒ x ∈ I )
Autrement dit, un intervalle est défini comme un ensemble où tout réel compris entre deux réels de
l’ensemble appartient à l’ensemble.
Remarque 1.3. • Par définition I = ∅ est un intervalle.
• I = R est aussi un intervalle.
Soit (a, b) ∈ R2 , a < b. On définit les intervalles d’extrémités a et b suivants,
[a, b] = {x ∈ R | a ≤ x et x ≤ b}, appelé intervalle fermé [a, b],
]a, b[ = {x ∈ R | a < x et x < b}, appelé intervalle ouvert ]a, b[,
et
[a, b[ = {x ∈ R | a ≤ x et x < b}
]a, b] = {x ∈ R | a < x et x ≤ b}
1
On appelle centre de chacun de ces intervalles le réel x = (a + b) .
2
On définit aussi les intervalles non bornés suivants,
[a, +∞[ = {x ∈ R | a ≤ x}, ]a, +∞[= {x ∈ R | a < x },
] − ∞, b[ = {x ∈ R | x < b}, ] − ∞, b] = {x ∈ R | x ≤ b}
1.8. Majorants, minorants.
Définition 1.8. Soit A une partie non vide de R. Un réel M est un majorant de A si ∀x ∈ A x ≤ M .
Un réel m est un minorant de A si ∀x ∈ A x ≥ m.
Example 1.3. (1) 5 est un majorant de ]0, 1[ ;
(2) −7, −π, 0 sont des minorants de ]0, +∞[ mais il n’y a pas de majorant.
Définition 1.9.
(1) On dit que A est majorée si et seulement si : ∃M ∈ R, ∀x ∈ A x ≤ M (autrement dit, s’il existe un
majorant de A).
(2) On dit que A est minorée si et seulement si : ∃m ∈ R, ∀x ∈ A x ≥ m.
(3) On dit que A est bornée si et seulement si A est majorée et minorée.
Example 1.4. Soit A = [0, 1[.
(1) les majorants de A sont exactement les éléments de [1, +∞[,
(2) les minorants de A sont exactement les éléments de ] − ∞, 0].
Définition 1.10. Soit A une partie non vide de R. Un réel α est un plus grand élément de A si :
S’il existe, le plus grand élément est unique, on le note alors α = max A.
Le plus petit élément de A, noté min A, s’il existe est le réel β tel que β ∈ A et ∀x ∈ A x ≥ β.
Le plus grand élément s’appelle aussi le maximum et le plus petit élément, le minimum.
Remarque 1.4. Le plus grand élément ou le plus petit élément n’existent pas toujours.
Example 1.5. • max[a, b] = b , min[a, b] = a.
• L’intervalle ]a, b[ n’a pas de plus grand élément, ni de plus petit élément.
• L’intervalle [0, 1[ a pour plus petit élément 0 et n’a pas de plus grand élément.

, ,
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1.9. Borne supérieure, borne inférieure.


Définition 1.11. Soit A une partie non vide de R.
(1) Si A est majorée et si l’ensemble des majorants de A contient un plus petit élément M , on dit que
M est la borne supérieure de A. On note M = sup A.
(2) Si A est minorée et si l’ensemble des minorants de A contient un plus grand élément m, on dit que
m est la borne inférieure de A. On note m = inf A.
Example 1.6. Soit A =]0, 1].
(1) sup A = 1 : en effet les majorants de A sont les éléments de [1, +∞[. Donc le plus petit des majo-
rants est 1.
(2) inf A = 0 : les minorants sont les éléments de ] − ∞, 0] donc le plus grand des minorants est 0.

Example 1.7. • sup]a, b[= b, • inf ]0, +∞[= 0.


• sup[a, b] = b, • ]0, +∞[ n’admet pas de
• inf[a, b] = a, borne supérieure,