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Christine Parrot

Cadre de santé
IFSI-IFPS CHU Dijon
Année 2017/2018
TUMEUR : latin : tumor; tumerer : « enfler »
« Gonflement » pathologique résultant de la multiplication excessive des cellules
déséquilibre entre la mort des cellules et leur renouvellement
échappe aux systèmes de régulationcontrôlant la division des cellules
peut être maligne ou bénigne

CANCER : latin et grec = « crabe »


Tumeur maligne formée par la multiplication désordonnée des cellules d’un tissu ou d’un
organe.
ou
Perte de contrôle accidentelle de la régulation normale des cellules
Prolifération anarchique par échappement aux mécanismes normaux de
différenciation et de régulation de leur multiplication
Capacité de ces cellules d’envahir les tissus normaux avoisinant, en le détruisant
Capacité de migration à distance pour former des métastases

RÈGLES DE CLASSIFICATION VALABLES POUR L’ENSEMBLE DES CANCERS


T - Tumeur primitive
N - Adénopathies régionales
M - Métastase à distance
PROFESSIONNELS
Amiante, benzène, chlorure de vinyle, goudron…
Exposition aux radiations ionisantes
Utilisation d’antimitotiques (chimiothérapie)

SOCIAUX
Tabac , alcool, alimentation déséquilibrée
Exposition solaire
Précarité

FACTEUR INFECTIEUX (VIRUS)


Hépatite (foie)
Papilloma-virus (col utérin)
HIV (sarcome, lymphomes)

FACTEUR DE RISQUE GÉNÉTIQUE


Maladies génétiques, Cancers familiaux
LA CHIMIOTHÉRAPIE PEUT ÊTRE ADMINISTRÉE DE DIFFÉRENTES FAÇONS
Traitement curatif dont l’utilisation est primordiale pour obtenir la guérison.
Traitement adjuvant : en complément direct d’une ou de plusieurs autres
méthodes thérapeutiques, en un temps limité le plus souvent.
Traitement néo-adjuvant appliqué en premier pour une tumeur évoluée mais
encore localisée afin de la faire réduire avant une intervention locale.

LA CHIMIOTHÉRAPIE VISE 2 BUTS


Traitement curatif : thérapeutique majeure contre la forme de cancer et son
utilisation est primordiale pour obtenir la guérison (en association parfois
avec chirurgie et radiothérapie).
Traitement palliatif mais qui peut permettre une rémission ou une
stabilisation pour des tumeurs récidivantes ou métastatiques, sans espoir de
guérison.

LA CHIMIOTHÉRAPIE PEUT ÊTRE EFFECTUÉE DANS DIFFÉRENTES CONDITIONS


Hospitalisation complète
Hospitalisation de semaine
Hospitalisation de jour
Hospitalisation à domicile
LA THÉRAPEUTIQUE EN CANCÉROLOGIE IMPLIQUE LA PRISE EN CHARGE DE :

La tumeur
La prévention des récidives et métastases
La prévention des effets induits par la tumeur (douleur, compressions…)
La prévention des effets iatrogènes (médicamenteux, post chirurgicaux…)

LES PRINCIPES D’ACTION DE LA CHIMIOTHÉRAPIE ANTI-CANCÉREUSE :

Médicaments qui interfèrent dans le métabolisme et la vie cellulaire


Inhibition de la croissance tumorale
Efficaces uniquement sur les cellules qui se divisent
Les tumeurs peu actives sont peu touchées
Action non spécifique et non ciblée sur les cellules cancéreuses
Toxicité importante sur les tissus sains, très reproductifs (division cellulaire
importante) devront se régénérer avant l’administration de la cure suivante
RESPECT ET VÉRIFICATION DE LA PRESCRIPTION

La prescription doit obligatoirement comporter le nom et le prénom du patient, date


de naissance, le ou les jours d’administration des produits, les noms et les doses des
médicaments, le mode et la durée d’administration, le nom et la signature du
prescripteur

CARNET DE CIP

Vérification date de pose et si première injection vérifier si radio de contrôle faite


et si première injection réalisée par le médecin

FEU VERT

Condition nécessaire et obligatoire pour débuter une cure de chimiothérapie.


Donné et écrit par le médecin
Repose sur les résultats du bilan biologiques, des paramètres vitaux et de la clinique
Absence de signes infectieux, absence de saignements extériorisés, température,
pulsations, TA , si anomalie avertir le médecin car la cure peut être reportée.
ADMINISTRATION DU TRAITEMENT

Vérifier adéquation de la prescription médicale à ce qui est écrit sur la


poche de chimiothérapie !!!!

Molécule, dose, voie d’administration, durée perfusion


Solvant et volume de perfusion
+ péremption écrite sur la poche

AVANT LA POSE

Information du patient et vérification de ses connaissances sur le traitement et


les effets secondaires possibles.
Surveillance du site d’injection : état cutané, trajet veineux à vérifier (risque
d’extravasation), réaliser le retour veineux ; si pas de retour veineux
prévenir le médecin.
Respecter l’ordre de passage des produits
La voie IV reste la plus utilisée encore
Mais il existe nombreuses voies : intraartérielle, intrathécale, SC, IM
Aplasie : Thrombopénie – Anémie - Infections
Nausées et vomissements
Mucite
Diarrhée ou constipation
Douleur
Fatigue
Alopécie
Complications rénales et urinaires
Complications hépatiques
Complications neurologiques
Complications cardiaques
Manifestations respiratoires
Manifestations cutanées et musculaires
Autres…
MYELOTOXICITE

Anticancéreux (hémato)toxiques +++ par action directe sur cellules sanguines

Destruction des cellules souches hématopoïétiques, peut concerner les globules blancs,
les globules rouges et les plaquettes. L’association de plusieurs substances
anticancéreuses majore cette toxicité.

Dès le 4ème jour, les 3 lignées sanguines commencent à baisser.

Le NADIR (minimum) est atteint entre 8 et 12 jours.

En règle générale le retour à la normale s’effectue en 3 semaines, ce qui explique que la


plupart des cures sont espacées de 3 semaines.
DÉFINITION

Appauvrissement plus ou moins considérable des 3 lignées myéloïdes :


érythroblastes, granulocytes et mégacaryocytes (GR, GB et plaquettes)

L’aplasie est responsable :

ANEMIE
THROMBOPENIE
NEUTROPENIE
L'hémoglobine est une molécule de protéine présente dans les globules rouges qui a pour
rôle de transporter l'oxygène des poumons vers les tissus du corps et le gaz carbonique
des tissus vers les poumons.

DÉFINITION
L'anémie est la diminution de l'hémoglobine au-dessous des valeurs de référence à
l'hémogramme.
L'hémoglobine normale varie en fonction du sexe (chez l'adulte) et de l'âge.
Nouveau-né : 14 g/dL
Homme adulte : 13 g/dL
Femme adulte : 12 g/dL
Femme enceinte (à partir du second trimestre de grossesse) 10,5 g/dl
Cette définition simplifiée n'est en fait valable qu'en présence d'un volume plasmatique
total normal.
Le nombre d'hématies à l'hémogramme et l'hématocrite n'entrent pas dans la définition
d'une anémie

SIGNES CLINIQUES
pâleur cutanéomuqueuse, dyspnée d'effort, hypotension, tachycardie, fatigue , maux
de tête , vertiges, bourdonnements d’oreilles.
DEFINITION

Baisse du nombre de plaquettes sanguines au-dessous du taux standard qui se situe


entre 150 000 et 400 000 par mm3 de sang.
Appeler médecin selon recommandations soit < 50000/µl, < 30000/µl
Il n’existe aucun traitement de la thrombopénie (EI potentiellement mortel)
Seule la transfusion de plaquettes peut réduire la thrombopénie

SURVEILLANCE SIGNES HÉMORRAGIQUES

ALERTE DEVANT LES PREMIERS SIGNES MEME MINEURS


Pétéchies
Ecchymoses,
Hémorragies des muqueuses, épistaxis, gingivorragies,
Hématuries,
Métrorragies
Mélénas
DEFINITION
Le diagnostic de neutropénie est porté devant un chiffre de polynucléaires neutrophiles
(PN) inférieur à 1700/mm3
RISQUE INFECTEUX +++ Neutropénie sévères <500 PNN/mm3.

Ce paramètre conditionne le risque infectieux quelque soit la cause sous-jacente et


donc le degré de réactivité.
Si la neutropénie est associée à un syndrome infectieux cela conditionne l'urgence,
parfois vitale, surtout si le contexte laisse prévoir une durabilité de la neutropénie (ex
chimiothérapie récente) ou
L'association à une thrombopénie entraîne un risque hémorragique majoré, est
aggravée par l'infection.

LA SURVEILLANCE CLINIQUE DU PATIENT


Température
Sueurs
Frissons
Toux, maux de gorge…
Surveiller signes évocateurs d’un choc septique

LES SOINS
Redoubler de vigilance et appliquer scrupuleusement les protocoles d’hygiène et
d’asepsie. Attention aux cathéters et à toutes les portes d’entrée.
DEFINITION
Stomato-toxicité de la muqueuse buccale induite par la chimiothérapie ou la radiothérapie
Les agents cytotoxiques agissent directement au niveau de l’épithélium basal, en
diminuant son taux de renouvellement.

LES MANIFESTATIONS CLINIQUES SONT : amincissement, dénudation et ulcération.


Les manifestations cliniques sont codifiées selon 5 grades de toxicité :
Grade 0 : muqueuse buccale normale
Grade 1 : érythème léger
Grade 2 : ulcération, douleur, alimentation solide possible
Grade 3 : dysphagie
Grade 4 : mastication impossible

TRAITEMENTS
Bains de bouche (bicar, fongizone, lidocaïne)
Buts: -Traiter la mucite afin de retrouve l’intégrité des muqueuses.
- Permet de lutter contre la surinfection en maintenant la cavité buccale propre.
- Permet de lutter contre la douleur
- Permet de maintenir une prise alimentaire.
Traitement IV si mucite avérée et grave
NAUSEES VOMISSEMENTS

Prescription d’antiémétique
Administration 30 minutes avant repas
Prévoir « haricots », mouchoirs et prévenir la patiente

ELIMINATION FECALE

La diarrhée est fréquente avec certains traitements


La constipation est plus rare, mais peut aller jusqu’à un syndrome occlusif dans
certains cas et doit être surveillée également
Observer les selles, fréquence, qualifiées, quantifiées
Adapter régime selon le cas
Prévenir médecin si problème, ne pas attendre
NEPHROTOXICITE
Hydratation +++
Alcalinisation des urines, PH urinaire
Diurèse, entrées/sorties
Surveillance de la fonction rénale

CARDIOTOXICITE
Certains produits cytotoxiques sont très cardio toxiques d’où la nécessité d’évaluer la
fonction cardiaque avant tout traitement de chimiothérapie.
L’évaluation cardiaque :
- Evaluation de la résistance cardiaque à la cardio toxicité de certains produits
- Mesure de la fraction d’éjection ventriculaire gauche (FEVG) par échographie
cardiaque
- Mesure des troubles du rythme ECG avant l’administration de la chimiothérapie

La surveillance est importante et doit être rigoureuse :


- Parfois, scope en cours de traitement pour détecter les troubles du rythme
- ECG
- Pouls, PA

NEUROTOXICITÉ
Troubles sensitifs comme des picotements des extrémités.
Troubles moteurs comme une diminution de la force ou une gêne à la marche.
Paresthésies, polynévrites.
Prescription B1 B6 dans perfusion de base ou per os en inter cure.
HÉPATOTOXICITÉ

Augmentation des enzymes, d’où l’intérêt du suivi régulier du bilan hépatique.

COMPLICATIONS RESPIRATOIRES

Le patient peut présenter une dyspnée, une toux.


Tous signes doivent être signalés au médecin.
RX poumons régulières et surveillance des paramètres.
Surveillance FR, Sat

MANIFESTATIONS CUTANÉES ET MUSCULAIRES

Réactions purpuriques
syndrome mains-pieds avec inflammation et desquamation des paumes et des plantes
Phénomènes de photosensibilisation avec certains produits
Les ongles deviennent cassants, striés, peuvent foncer et changer de couleur
Des crampes musculaires peuvent apparaître
FATIGUE

Définition : selon Barbara Pepper en 1997 : « la fatigue chronique est perçue comme
anormale et excessive. Les symptômes portent en général sur le corps dans son ensemble.
Les patients cancéreux, traités par chimiothérapie, parlent généralement d’une fatigue
générale, inhabituelle ou extrême, ou d’un niveau d’énergie très faible. La fatigue
chronique a généralement un décours très lent avec une augmentation cumulative. Elle
dure plus d’un mois et est présente en permanence ou récidivante. Sa fonction n’est pas
protectrice ».

ALOPECIE
Elle est plus ou moins complète
Elle apparaît lors des traitements, environ 20 jours après leur début.
Le port d’un casque réfrigérant selon un protocole précis lors des traitements, est
proposé et est efficace si la patiente le supporte
Procurer au patient de la documentation concernant les différentes perruques ou
autres moyens tels bandeaux…
Renseigner sur les possibilités de remboursement.
Diagnostic infirmier: perturbation de l’image corporelle, elle est un obstacle
psychologique important.
Repose sur la participation du patient qui aura reçu une bonne information sur
les risques encourus et la conduite à tenir entre 2 cycles de chimiothérapie, tous
les 21 jours

Surveillance quotidienne de la température pour détecter toute complication


d’ordre infectieuse. Le patient doit savoir à partir de quelle température il va
consulter son médecin. Par ailleurs il faut l’informer qu’il doit éviter le contact
avec toute personne contagieuse.

Contrôle de l’hémogramme tous les 7 à 15 jours qui va permettre de surveiller


l’aplasie. Le patient doit savoir qu’en fonction du résultat le patient peut être
rappelé pour une transfusion.

Un traitement est souvent maintenu pendant l’inter cure avec des antibiotiques,
des antiémétiques, des vitamines, des facteurs de croissance…

Une bonne hygiène buccale doit être recommandée en prévention de la mucite et


le patient doit effectuer au domicile des soins de bouche après chaque repas.

Cette gestion de l’intercure ne peut se faire que grâce à une bonne collaboration
entre les professionnels extérieurs et intérieurs aux établissements de soins,
importance de la pluri professionnalité (traçabilité, transmissions..)
THROMBOPÉNIE

Expliquer au patient l’existence d’un risque hémorragique accru


S’alerter devant tout signe même mineur
Appeler sans attendre le service ou le médecin
Attention aux blessures, rasage, bricolage…
Donner quelques exemples de signes à surveiller
Apparition d'ecchymoses ou d'un purpura ou pétéchie sur la peau
Saignement excessif à l’occasion d'une petite coupure
Saignement ininterrompu après compression
Saignements des gencives (gingivorragie)
Saignements de nez (épistaxis) ininterrompus
Urines rouges ou avec saignements (hématurie)
Sang dans les selles : rectorragies, selles noires, méléna
Saignements gynécologiques (métrorragies)
NEUTROPÉNIE

Eduquer le patient pour surveiller tout signe infectieux, risque important


Surveillance quotidienne de la température
Rappeler aux patients les signes d’infection = fièvre, frissons, toux, maux
de gorge, nez qui coule, éruptions cutanées,
Contacter immédiatement le service ou médecin traitant dès apparition de
signes
Se laver les mains avant et après chaque passage aux toilettes, avant et
après chaque repas, à adopter une hygiène corporelle rigoureuse, à porter
des vêtements propres…
Bien laver les aliments, aliments cuits
Eviter de fréquenter des lieux où il y a foule et où il pourrait être contaminé
Eviter le contact avec des petits enfants souvent porteur de germes.
Rôle infirmier est essentiel, tant par le rôle propre que le rôle sur prescription.

La personne souffrant de cancer est une personne fragilisée, vulnérable qui nécessite
une approche relationnelle de qualité.

« Que la force me soit donnée de supporter ce qui ne peut être changé


et le courage de changer ce qui peut l'être
mais aussi la sagesse de distinguer l'un de l'autre. »

« En te levant le matin, rappelle-toi combien précieux est le privilège de vivre,


de respirer, d'être heureux. »

Marc AurèleEmpereur, Homme d'état, Philosophe (121 - 180)