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Protocoles et

Concepts du
routage
2016/2017 Pr. Maha TEBAA maha.tebaa@gmail.com
Chapitre 1

Présentation du routage et du transfert de paquets

l  Introduction
l  Intérieur du routeur
l  Elaboration de la table de routage
l  Détermination du chemin et fonctions de commutation
l  Travaux pratiques de configuration d’un routeur
INTRODUCTION
l  Qu’est-ce qu’un routeur ? Au centre du réseau se trouve le routeur.
§  Globalement, le but d’un routeur est de
relier un réseau à un autre.
§  Le routeur est donc responsable de la
transmission de paquets à travers
différents réseaux.
§  La destination du paquet IP peut être un
serveur Web se trouvant dans un autre
pays ou un serveur de messagerie situé
sur le réseau local.
§  Les routeurs doivent transmettre ces
paquets rapidement.
§  L’efficacité des communications inter
réseaux dépend, en grande partie, de la
capacité des routeurs à transférer des
paquets de la manière la plus efficace
possible.
Intérieur du routeur
Les routeurs possèdent de
nombreux composants
matériels et logiciels communs
avec d’autres ordinateurs :

l  Processeur
l  RAM
l  ROM
l  Système d’exploitation
Le routeur

l  Un routeur relie plusieurs réseaux. Pour ce faire, il


dispose de plusieurs interfaces, chacune appartenant à
un réseau IP différent. Lorsqu’un routeur reçoit un
paquet IP sur une interface, il détermine quelle interface
utiliser pour transférer le paquet vers sa destination.
L’interface utilisée par le routeur pour transférer le
paquet peut être le réseau de la destination finale du
paquet (celui qui porte l’adresse IP de destination de ce
paquet) ou il peut s’agir d’un réseau relié à un autre
routeur utilisé pour accéder au réseau de destination.
Le routeur
Dans la figure, les routeurs R1 et R2 assurent la réception du paquet sur un
réseau et son transfert d’un autre réseau vers le réseau de destination.

Chaque réseau auquel un routeur se connecte nécessite généralement une interface


séparée. Ces interfaces sont utilisées pour se connecter à une combinaison de
réseaux locaux et réseaux étendus. Les réseaux locaux sont généralement des
réseaux Ethernet comportant des périphériques tels que des PC, imprimantes et
serveurs. Les réseaux étendus sont utilisés pour relier des réseaux dans une zone
géographique vaste. Par exemple, une connexion WAN est généralement utilisée
pour relier un réseau local au réseau du fournisseur de services Internet.
Composants du routeur et
leurs fonctions
Comme un PC, un routeur comprend également les éléments suivants :
l  Unité centrale (UC)

l  Mémoire vive (RAM)

l  Mémoire morte (ROM)

UC
L’UC exécute les instructions du système d’exploitation, telles que
l’initialisation
du système, des fonctions de routage et de commutation.

Mémoire vive
La mémoire vive stocke les instructions et données requises pour exécution
par l’UC. La mémoire vive est utilisée pour enregistrer ces composants :
Composants du routeur et
leurs fonctions
§  Système d’exploitation : le système IOS (Internetwork Operating System) de Cisco
est copié dans la mémoire vive pendant l’amorçage.
§  Fichier de configuration en cours : il s’agit du fichier de configuration qui
enregistre les commandes de configuration actuellement utilisées par l’IOS du
routeur. À de rares exceptions près, toutes les commandes configurées sur le
routeur sont enregistrées dans le fichier de configuration en cours, appelé running-
config.
§  Table de routage IP : ce fichier stocke des informations sur les réseaux directement
connectés et les réseaux distants. Il permet de déterminer le meilleur chemin pour le
transfert du paquet.
§  Cache ARP : ce cache contient les mappages d’adresses IPv4 et MAC, de manière
similaire au cache ARP d’un PC. Le cache ARP est utilisé sur les routeurs dotés
d’interfaces de réseau local, telles que les interfaces Ethernet.
§  Mémoire tampon de paquets : les paquets sont stockés temporairement dans une
mémoire tampon lors de leur réception sur une interface ou avant de quitter une
interface.
Composants du routeur et
leurs fonctions
§  La mémoire vive est une mémoire volatile : elle perd donc son contenu lorsque le
routeur est mis hors tension ou redémarré. Cependant, le routeur contient également
des zones de stockage permanent, comme la mémoire morte, flash et NVRAM.

Mémoire morte
La mémoire morte est une forme de stockage permanent. Les périphériques Cisco
utilisent la mémoire morte pour enregistrer les éléments suivants :
•  Instructions d’amorçage
•  Logiciel de diagnostic de base
•  Version réduite d’IOS

La mémoire morte utilise un progiciel, qui est un logiciel incorporé dans le circuit intégré.
Le progiciel inclut les logiciels qui n’ont habituellement pas besoin d’être modifiés
ou mis à niveau, les instructions d’amorçage par exemple. Plusieurs de ces
fonctions, notamment le moniteur ROM, sont étudiées dans un prochain cours. La
mémoire morte ne perd pas son contenu lorsque le routeur est mis hors tension ou
redémarré.
Composants du routeur et
leurs fonctions
Mémoire flash

La mémoire flash est une mémoire non volatile pouvant être stockée et effacée
électriquement. Elle sert de stockage permanent pour le système d’exploitation,
Cisco IOS. Sur la plupart des modèles de routeurs Cisco, l’IOS est stocké de
manière permanente dans la mémoire flash et copié dans la mémoire vive lors du
processus d’amorçage, où il est ensuite exécuté par le processeur.

Certains modèles plus anciens de routeurs Cisco exécutent l’IOS directement à partir
de la mémoire flash. La mémoire flash se compose de barrettes SIMM ou de cartes
PCMCIA, qui peuvent être mises à niveau pour en augmenter la capacité.

§  La mémoire flash ne perd pas son contenu lorsque le routeur est mis hors tension ou
redémarré.
Composants du routeur et
leurs fonctions
Mémoire vive non volatile

La mémoire vive non volatile ne perd pas les informations qu’elle contient lorsque le
système est mis hors tension. Elle s’oppose aux formes les plus courantes de
mémoire vive, telles que la mémoire vive dynamique (DRAM), qui nécessite une
alimentation continue pour conserver les informations. La mémoire vive non volatile
est utilisée par Cisco IOS comme stockage permanent pour le fichier de
configuration initiale (startup-config).

Toutes les modifications de configuration sont enregistrées dans le fichier de


configuration en cours (running-config) dans la mémoire vive, et sont, à de rares
exceptions près, immédiatement implémentées par l’IOS. Pour enregistrer ces
modifications, au cas où le routeur serait redémarré ou mis hors tension, la
configuration en cours doit être copiée dans la mémoire vive non volatile, où elle est
enregistrée en tant que fichier de configuration initiale. La mémoire vive non volatile
conserve son contenu, même si le routeur se recharge ou s’il est mis hors tension.
Internetwork Operating
System
Le logiciel du système d’exploitation utilisé dans les routeurs Cisco est appelé Cisco
Internetwork Operating System (IOS). Comme tout système d’exploitation
d’ordinateur, Cisco IOS gère les ressources matérielles et logicielles du routeur,
notamment l’allocation de mémoire, les processus, la sécurité et les systèmes de
fichiers. Cisco IOS est un système d’exploitation multitâche intégré aux fonctions de
routage, de commutation, d’interconnexion et de télécommunications.

Comme les autres systèmes d’exploitation, Cisco IOS possède sa propre interface
utilisateur. Bien que certains routeurs fournissent une interface graphique utilisateur,
l’interface de ligne de commande (ILC) est une méthode beaucoup plus courante de
configuration des routeurs Cisco. L’ILC est évoquée tout au long de ce cursus.
Internetwork Operating
System

Lors de l’amorçage, le fichier de configuration initiale enregistré dans la mémoire vive


non volatile est copié dans la mémoire vive et enregistré en tant que fichier de
configuration en cours. L’IOS exécute les commandes de configuration dans le
fichier running-config. Toute modification apportée par l’administrateur réseau est
enregistrée dans la configuration en cours et immédiatement implémentée par l’IOS.
Interfaces du routeur

Les interfaces de routeur peuvent être classées en deux groupes principaux :


Interfaces LAN - telles qu’Ethernet et FastEthernet
Interfaces WAN - telles que les interfaces série, RNIS et Frame Relay
Routeurs et couche réseau

Le rôle principal d’un routeur est de relier plusieurs réseaux et de transférer des
paquets destinés à ses propres réseaux ou à d’autres réseaux. Le routeur est
considéré comme relevant de la couche 3 car sa décision principale de transfert est
basée sur les informations du paquet IP de la couche 3, en particulier l’adresse IP
de destination. Ce processus est appelé routage.

Lorsqu’un routeur reçoit un paquet, il examine l’adresse IP de destination de celui-ci. Si


celle-ci n’appartient à aucun des réseaux directement connectés au routeur, ce
dernier doit transférer le paquet à un autre routeur.
Les routeurs agissent au
niveau des couches 1, 2 et 3

q  Comment faire transiter des paquets entre 2 machines séparées par plusieurs
routeurs?
Simplement chaque routeur doit connaître l'adresse du routeur suivant que doit
emprunter le paquet pour arriver à destination. Ainsi le paquet arrive en sautant de
routeur en routeur jusqu'à destination.

q  Mais concrètement comment ça se passe ?


Voici comment un hôte expéditeur se comporte pour adresser un paquet à un
destinataire :
Les routeurs agissent au
niveau des couches 1, 2 et 3
1- Il extrait l'adresse de réseau, voire de sous réseau de l'adresse du destinataire et la compare à sa
propre adresse de réseau ou de sous réseau. S'il s'agit du même réseau, le paquet est expédié
directement au destinataire en mettant en oeuvre ARP.

2- S'il ne s'agit pas du même réseau, l'expéditeur cherche dans sa table de routage une correspondance
destinataire final / destinataire intermédiaire (routeur). Il cherche, en quelque sorte, sur son réseau, un
hôte capable de servir de facteur vers un autre réseau.

3- L'expéditeur cherche d'abord à trouver dans sa table de routage locale l'adresse IP complète du
destinataire,

4- s'il ne la trouve pas il cherche l'adresse du sous réseau du destinataire,

5- s'il ne la trouve pas, il cherche enfin l'adresse du réseau,

6- s'il ne trouve aucune correspondance, l'expéditeur cherche dans sa table l'adresse d'une passerelle à
utiliser par défaut, (route 0.0.0.0)

7- s'il échoue là encore, le paquet, décidément bien encombrant, est supprimé.


Les routeurs agissent au
niveau des couches 1, 2 et 3
l  Si l'une de ces recherches aboutit, la machine émettrice construit le paquet avec
l'adresse IP du destinataire hors réseau. Elle l'encapsule dans une trame ayant
comme adresse MAC de destination l'adresse MAC du routeur.

l  La couche 2 du routeur lit la trame qui lui est adressée et la transmet à la couche 3
IP. Celle-ci récupère le paquet et s'aperçoit que le paquet ne lui est pas adressé, elle
consulte sa table de routage, décide sur quelle nouvelle interface réseau le paquet
doit être transmis, encapsule le paquet dans une nouvelle trame, et ainsi de suite de
passerelle en passerelle jusqu'à destination.

l  La trame de couche 2 est encodée dans les signaux physiques de couche 1 utilisés
pour représenter les bits sur la liaison physique.
Les routeurs agissent au
niveau des couches 1, 2 et 3
Présentation de la table de
routage
l  Une table de routage est un fichier de données dans la mémoire vive servant à
stocker les informations sur la route à emprunter sur les réseaux directement
connectés et les réseaux distants.

l  La table de routage d'un routeur comporte les adresses des réseaux de destination,
le masque, les adresses des passerelles (routeurs intermédiaires) permettant de les
atteindre, l'adresse de la carte réseau (interface) par laquelle le paquet doit sortir du
routeur.

l  Les informations de routage sont mémorisées dans la table de routage des


équipements, cette table doit être périodiquement mise à jour
• Manuellement : routage STATIQUE
• Automatiquement : routage DYNAMIQUE

l  La commande Route permet d'afficher et de manipuler le contenu de la table de


routage.
Présentation de la table de
routage

La table de routage du routeur


Présentation de la table de
routage

Cette ligne va être ajoutée à la table de routage


Présentation de la table de
routage
Routage statique

Avantages du routage statique :


l  Traitement processeur minimal.

l  Plus facile à comprendre par l’administrateur.

l  Facile à configurer

Inconvénients du routage statique :


l  La configuration et la maintenance prennent du temps.

l  La configuration présente des risques d’erreurs, tout particulièrement dans les


grands réseaux.
l  L’intervention de l’administrateur est requise pour assurer la maintenance des
informations changeantes relatives aux routes.
l  N’évolue pas bien pour les réseaux en expansion ; la maintenance devient
fastidieuse.
l  Exige une connaissance complète de l’ensemble du réseau pour une
implémentation correcte.
Routage dynamique

Avantages du routage dynamique :


l  Réduction pour l’administrateur des tâches de maintenance de la configuration
lors de l’ajout et de la suppression de réseaux.
l  Les protocoles réagissent automatiquement aux modifications topologiques.

l  La configuration est moins sujette aux erreurs.


l  Plus évolutif, l’expansion du réseau ne présente généralement pas de
problème.

Inconvénients du routage dynamique:

l  Utilisation des ressources du routeur (cycle de processeur, mémoire et bande


passante de liaison).
l  Les administrateurs doivent avoir des connaissances plus approfondies pour la
configuration, la vérification et le dépannage.
Statique vs dynamique
Classification des protocoles de
routage dynamique

Les protocoles de routage peuvent être classés dans différents groupes, selon
leurs caractéristiques.
Les protocoles de routage les plus utilisés sont les suivants :

l  RIP - protocole de routage intérieur à vecteur de distance


l  IGRP - Protocole de routage intérieur à vecteur de distance développé par
Cisco (abandonné depuis l’IOS 12.2)
l  OSPF - Protocole de routage intérieur d’état des liaisons
l  IS-IS - Protocole de routage intérieur d’état des liaisons
l  EIGRP - Protocole de routage intérieur à vecteur de distance avancé
développé par Cisco
l  BGP - Protocole de routage extérieur à vecteur de chemin
Protocoles IGP et EGP

Un système autonome (SA), également appelé domaine de routage, est un


ensemble de routeurs dont l’administration est commune. Le réseau interne
d’une société et le réseau d’un fournisseur de services Internet en sont des
exemples.
Dans la mesure où Internet repose sur le concept de système autonome, deux
types de protocoles de routage sont nécessaires :
des protocoles de routage intérieurs et extérieurs
Ø  Les protocoles IGP (Interior Gateway Protocols) sont utilisés pour le
routage interne du système autonome.

Ø  Les protocoles EGP (Exterior Gateway Protocol) sont utilisés pour le


routage entre systèmes autonomes.
Protocoles IGP et EGP
Pourquoi le routage dynamique ?

l  L'idée générale du routage dynamique est la suivante : plutôt que de


centraliser la configuration du routage dans les mains d'un individu dont le
temps de réaction est fatalement long et les risques d'erreurs importants,
nous allons délocaliser cette tâche au niveau des routeurs.

l  En effet, chaque appareil n'est-il pas le mieux placé pour connaître les
adresses des réseaux auxquels il est directement relié puisque chacune de
ses interfaces possède une adresse IP ? De plus, étant directement au
contact des supports de communication, il peut établir un diagnostic sur
l'état des liaisons.

l  Fort de ces informations, il n'a plus qu'à les partager avec ses voisins. De
proche en proche, les nouvelles se répandront à chaque routeur du réseau.
L'intervention humaine se situera en amont dans la définition de directives et
de règles à appliquer par les routeurs pour la diffusion des routes.
Le protocole RIP
(Routing Information Protocol)

§  Le principe général est très simple. Un routeur RIP transmet à ses voisins
les adresses réseau qu'il connaît (soit les adresses de ses interfaces, soit
les adresses découvertes via les autres routeurs) ainsi que la distance pour
les atteindre.
§  Ces couples adresse/distance sont appelés vecteurs de distance.
Le protocole RIP
(Routing Information Protocol)

La notion de distance

l  Nous touchons ici au concept de métrique, fondamental dans le domaine


du routage. En effet, il arrive fréquemment (c'est même une situation
recherchée pour des raisons de tolérance aux pannes) que le réseau ait une
topologie maillée. Dans ce cas, plusieurs routes mènent à la même
destination. Le routeur doit alors choisir la route qu'il considère la meilleure
vers une destination donnée.

l  La seule métrique utilisée par RIP est la distance correspondant au nombre


de routeurs à traverser (hop ou nombre de sauts) avant d'atteindre un
réseau. Pour chaque route, RIP calcule la distance. Ensuite, si des routes
redondantes apparaissent, RIP retient celle qui traverse le moins de routeur
(donc avec la distance la plus faible).
Le protocole RIP
(Routing Information Protocol)
l  Topologie du réseau (Application RIP)
Le protocole RIP
(Routing Information Protocol)

Afin de bien comprendre le routage dynamique, supposons la situation initiale


suivante : sur chaque routeur, toutes les interfaces réseau sont actives, aucune
route statique n'est définie et le routage RIP est inactif.
Sur R1, lorsque l'on active le processus de routage RIP, une première table est
constituée à partir des adresses IP des interfaces du routeur. Pour ces réseaux
directement connectés au routeur, la distance est égale à un puisqu'il faut au
moins traverser ce routeur pour les atteindre. On obtient :
Le protocole RIP
(Routing Information Protocol)

R1 transmet à ses voisins immédiats (ici, il n'y a que R2) un seul vecteur de
distance {192.168.1.0/24, 1} qui signifie : "je suis le routeur d'adresse IP
100.0.0.1 et je connais un moyen d'atteindre le réseau 192.168.1.0/24 en un
saut.
Ensuite, lorsque l'on active RIP sur R2, il constitue la table ci-après à partir de
ses propres informations et de celles reçues de R1 :
Le protocole RIP
(Routing Information Protocol)

Sur R2, RIP a calculé que la distance pour atteindre 192.168.1.0/24 est égale à
deux puisqu'il faut traverser R2 puis R1. R2 a déduit le "moyen de l'atteindre" à
partir de l'adresse IP de l'émetteur contenue dans le paquet RIP.
Lorsque RIP sera démarré sur R3, la route vers 192.168.3.0/24 avec une
distance de deux sera ajoutée dans la table .
Le protocole RIP
(Routing Information Protocol)

Algorithme général de RIP


Lors de l'initialisation du routeur, celui-ci détermine l'adresse réseau de ses
interfaces puis envoie sur chacune une demande d'informations (table RIP
complète) aux routeurs voisins. Lors de la réception d'une demande, un routeur
envoie sa table complète ou partielle suivant la nature de cette demande. Lors
de la réception d'une réponse, il met à jour sa table si besoin. Deux cas
peuvent se présenter :

Ø  pour une nouvelle route, il incrémente la distance, vérifie que celle-ci est
strictement inférieure à 15 et diffuse immédiatement le vecteur de distance
correspondant ;
Ø  pour une route existante mais avec une distance plus faible, la table est mise
à jour. La nouvelle distance et, éventuellement, l'adresse du routeur si elle
diffère sont intégrées à la table.
Le protocole RIP
(Routing Information Protocol)

Algorithme général de RIP


si l'appareil reçoit une route dont la distance est supérieure à celle déjà connue,
RIP l'ignore. Ensuite, à intervalles réguliers (les cycles durent 30 secondes
environ), la table RIP est diffusée qu'il y ait ou non des modifications.
Des routes doivent être retirées de la table gérée par RIP dans deux situations:

Ø  En premier lieu, un réseau immédiatement connecté devient inaccessible


(panne de l'interface, de la ligne, modification de la topologie par
l'administrateur, etc.). Les routeurs RIP reliés à ce réseau affectent dans leur
table une distance "infinie" =16 à cette route

Un routeur qui reçoit un vecteur avec une distance de 16 comprend : "il faut
que tu retires cette route de ta table car elle est devenue invalide !". De proche
en proche, cette information se propage.
Le protocole RIP
(Routing Information Protocol)

Algorithme général de RIP

Ø  En second lieu, un routeur du réseau tombe en panne. Cela veut peut-être


dire que les réseaux situés derrière cet appareil sont devenus inaccessibles.
Mais comment savoir si un routeur est en panne ?
RIP considère qu'un routeur qui n'a pas donné de nouvelles depuis trois
minutes est hors-service.

Pour gérer cette situation, il attribue à toutes les routes dynamiques un


temporisateur initialisé à 180 secondes (par défaut). A chaque réception d'un
vecteur de distance déjà présent dans la table, le compteur est réinitialisé. Mais
si jamais ce compteur atteint zéro, la route est considérée comme invalide.
Le protocole RIP
(Routing Information Protocol)

Distance administrative

La distance administrative est la préférence dans une table de routage des


routes apprises par un protocole de routage par rapport aux mêmes routes
apprises par un autre protocole de routage. Plus la valeur est faible et plus
le protocole est préféré. Chaque protocole dispose de sa valeur par défaut
sur les routeurs Cisco.

Elle n'a aucun rapport avec la distance (métrique) en nombre de sauts calculée
par RIP.
Le protocole RIP
(Routing Information Protocol)

Distance administrative par défaut


Le protocole OSPF
(Open Shortest Path First)

OSPF est un protocole de routage dynamique défini par l'IETF à la fin des
années 80. Ce protocole a deux caractéristiques essentielles :
- il est ouvert (le Open de OSPF), son fonctionnement peut être connu de tous -
il utilise l'algorithme SPF (Shortest Path First), plus connu sous le nom
d'algorithme de Dijkstra, afin d'élire la meilleure route vers une destination
donnée.

Topologie du réseau (Application OSPF)


Le protocole OSPF
(Open Shortest Path First)

La notion de coût

Supposons que du routeur R1 on cherche à atteindre le réseau 192.168.1.0.


Dans une telle situation, RIP aurait élu la route passant par R5 puisque c'est la
plus courte en termes de saut. Cependant, imaginez que les liens représentés
sous forme d'éclairs soient "rapides" (type Ethernet à 100 Mbps par exemple)
et que les liens "droits" soient "lents" (type Ethernet à 10 Mbps par exemple).
Le choix de RIP n'est plus du tout pertinent !

OSPF fonctionne différemment. Il attribue un coût à chaque liaison (dénommée


lien dans le jargon OSPF) afin de privilégier l'élection de certaines routes. Plus
le coût est faible, plus le lien est intéressant. Par défaut, les coûts suivants sont
utilisés en fonction de la bande passante du lien :
Le protocole OSPF
(Open Shortest Path First)

La formule de calcul est simple :


coût = référence / bande passante du lien.
Par défaut, la référence est 100 000 000
correspondant à un réseau à 100 Mbps.

OSPF privilégie les routes qui ont un coût


faible, donc celles qui sont supposées
rapides en terme de débit théorique.
Le protocole OSPF
(Open Shortest Path First)

La base de données topologique


Avec OSPF, tous les routeurs d'un même réseau (on parle de "zone" dans le
vocabulaire OSPF, travaillent sur une base de données topologique identique
qui décrit le réseau. Cette base a été constituée pendant une première phase.
Examinons la base de données suivante qui décrit la topologie de la figure :
Le protocole OSPF
(Open Shortest Path First)

L'élection des meilleures routes

L'algorithme du SPF de Dijsktra va traiter cette base de données afin de


déterminer les routes les moins coûteuses. Une fois le traitement réalisé,
chaque routeur se voit comme la racine d'un arbre contenant les meilleures
routes. Par exemple :
Le protocole OSPF
(Open Shortest Path First)

Le réseau vu de R1 Le réseau vu de R5

Dans l'exemple, entre R1 et


192.168.1.0, la meilleure route
passe par R2, R3 et R4 pour un
coût total de 1 + 1 + 10 + 10 soit 22.
Le protocole OSPF
(Open Shortest Path First)

La détermination d'une table de routage

La base de données topologique décrit le réseau mais ne sert pas directement


au routage. La table de routage est déterminée par l'application de l'algorithme
du SPF sur la base topologique. Sur R1, voici un extrait de la table de routage
calculée par SPF au sujet du réseau 192.168.1.0 :

Sur R5, on aura l'extrait suivant :


Le protocole OSPF
(Open Shortest Path First)

Le fonctionnement d'OSPF un peu plus en détail

Pour administrer un réseau OSPF correctement, il est indispensable de


comprendre le fonctionnement interne du protocole. à l'intérieur d'une même
zone, les routeurs fonctionnant sous OSPF doivent préalablement remplir les
tâches suivantes avant de pouvoir effectuer leur travail de routage :

1- établir la liste des routeurs voisins ;


2- élire le routeur désigné (et le routeur désigné de secours) ;
3- découvrir les routes ;
4- élire les routes à utiliser ;
5- maintenir la base de donnée topologique.
Le protocole OSPF
(Open Shortest Path First)

0. état initial
Le processus de routage OSPF est inactif sur tous les routeurs de la figure 1.

Etablir la liste des routeurs voisins : Hello, my name is R1 and I'm an OSPF router.
Les routeurs OSPF sont bien élevés. Dès qu'ils sont activés, ils n'ont qu'une
hâte : se présenter et faire connaissance avec leurs voisins. En effet, lorsque le
processus de routage est lancé sur R1 (commande router ospf), des paquets
de données (appelés paquets HELLO) sont envoyés sur chaque interface où le
routage dynamique a été activé. L'adresse multicast 224.0.0.5 est utilisée, tout
routeur OSPF se considère comme destinataire.
Le protocole OSPF
(Open Shortest Path First)

Ces paquets ont pour but de s'annoncer auprès de ses voisins. Deux routeurs
sont dits voisins s'ils ont au moins un lien en commun. Par exemple, sur la
figure 1, R1 et R2 sont voisins mais pas R1 et R3.

Lorsque le processus de routage OSPF est lancé sur R2, celui-ci récupère les
paquets HELLO émis par R1 toutes les 10 secondes (valeur par défaut du
temporisateur appelé hello interval). R2 intègre l'adresse IP de R1 dans une
base de données appelée "base d'adjacences" (adjacencies database).

Cette base contient les adresses des routeurs voisins. Vous pourrez visionner
son contenu grâce à la commande show ip ospf neighbor. R2 répond à R1
par un paquet IP unicast. R1 intègre l'adresse IP de R2 dans sa propre base
d'adjacences. Ensuite, généralisez ce processus à l'ensemble des routeurs de
la zone.
Le protocole OSPF
(Open Shortest Path First)

Cette phase de découverte des voisins est fondamentale puisque OSPF est un
protocole à état de liens. Il lui faut connaître ses voisins pour déterminer s'ils
sont toujours joignables et donc déterminer l'état du lien qui les relie.
Le protocole OSPF
(Open Shortest Path First)

Elire le routeur désigné : c'est moi le chef !


Dans une zone OSPF, l'un des routeurs doit être élu "routeur désigné" (DR
pour Designated Router) et un autre "routeur désigné de secours" (BDR pour
Backup Designated Router).
Le DR est un routeur particulier qui sert de référent au sujet de la base de
données topologique représentant le réseau.

Pourquoi élire un routeur désigné ?


Cela répond à trois objectifs :

1- réduire le trafic lié à l'échange d'informations sur l'état des liens (car il n'y a
pas d'échange entre tous les routeurs mais entre chaque routeur et le DR) ;
2- améliorer l'intégrité de la base de données topologique (car il y a une base
de données unique) ;
3- accélérer la convergence
Le protocole OSPF
(Open Shortest Path First)

Comment élire le DR ?

Autrement dit, qui va se taper la corvée d'expliquer à ses petits camarades la


topologie du réseau ?
le routeur élu est celui qui a la plus grande priorité.
La priorité est un nombre sur 8 bits fixé par défaut à 1 sur tous les routeurs.
Pour départager les routeurs ayant la même priorité, c'est celui avec la plus
grande adresse IP qui est élu.

Le BDR sera le routeur avec la deuxième plus grande priorité. Afin de s'assurer
que votre routeur préféré sera élu DR, il suffit de lui affecter une priorité
supérieure à 1 avec la commande ospf priority. Vous devrez faire ceci avant
d'activer le processus de routage sur les routeurs car, une fois élu, le DR n'est
jamais remis en cause même si un routeur avec une priorité plus grande
apparaît dans la zone.
Le protocole OSPF
(Open Shortest Path First)

Découvrir les routes

Il faut maintenant constituer la base de données topologique. Les routeurs


communiquent automatiquement les routes pour les réseaux qui participent au
routage dynamique (ceux déclarés avec la commande network).
Chaque routeur (non DR ou BDR) établit une relation maître/esclave avec le
DR.

Le DR initie l'échange en transmettant au routeur un résumé de sa base de


données topologique via des paquets de données appelés LSA (Link State
Advertisement). Ces paquets comprennent essentiellement l'adresse du
routeur, le coût du lien et un numéro de séquence. Ce numéro est un moyen
pour déterminer l'ancienneté des informations reçues.
Le protocole OSPF
(Open Shortest Path First)

Elire les routes à utiliser

Lorsque le routeur est en possession de la base de données topologique, il est


en mesure de créer la table de routage. L'algorithme du SPF est appliqué sur la
base topologique. Il en ressort une table de routage contenant les routes les
moins coûteuses.

Il faut noter que sur une base de données topologique importante, le calcul
consomme pas mal de ressources CPU car l'algorithme est relativement
complexe.
Le protocole OSPF
(Open Shortest Path First)

Maintenir la base topologique

Lorsqu'un routeur détecte un changement de l'état d'un lien (cette détection se


fait grâce aux paquets HELLO adressés périodiquement par le routeur à ses
voisins), celui-ci émet un paquet LSU sur l'adresse multicast 224.0.0.6 : le DR
et le BDR de la zone se considèrent comme destinataires.

Le DR (et le BDR) intègre cette information à sa base topologique et diffuse


l'information sur l'adresse 224.0.0.5 (tous les routeurs OSPF sans distinction).
C'est le protocole d'inondation.

Toute modification de la topologie déclenche une nouvelle exécution de


l'algorithme du SPF et une nouvelle table de routage est constituée.
Commandes pour changer le coût
d’une ligne

Commande bandwidth

La commande bandwidth est utilisée pour modifier la valeur de la bande


passante utilisée par l’IOS dans le calcul de la mesure de coût OSPF.
Commandes pour changer le coût
d’une ligne

Commande ip ospf cost

Il existe une méthode alternative à l’utilisation de la commande bandwidth,


utiliser la commande ip ospf cost, qui vous permet de spécifier directement le
coût d’une interface. Par exemple, sur R1, nous pourrions configurer Serial
0/0/0 avec la commande suivante :
Exemple:
R1(config)#interface serial 0/0/0
R1(config-if)#ip ospf cost 1562 de coût OSPF.
Commandes pour changer le coût
d’une ligne
Commandes de base pour configurer
l’OSPF

OSPF est activé à l’aide de la commande de configuration globale router ospf


process-id. Le process-id (id de processus) est un nombre compris entre 1 et
65535 choisi par l’administrateur réseau. Le process-id n’a qu’une
signification locale, ce qui veut dire qu’il n’a pas à correspondre à celui des
autres routeurs OSPF pour établir des contiguïtés avec des voisins
Commandes de base pour configurer
l’OSPF

La commande network utilisée avec le protocole OSPF a la même fonction que


lorsqu’elle est utilisée avec les autres protocoles de routage IGP :
§  Toute interface de routeur qui correspond à l’adresse réseau dans la
commande network est activée pour envoyer et recevoir des paquets OSPF.
§  Ce réseau (ou sous-réseau) sera inclus dans les mises à jour de routage
OSPF.
La commande network est utilisée dans le mode de configuration du routeur.

Router(config-router)#network adresse réseau masque générique area area-id


Commandes de base pour configurer
l’OSPF

Le masque de sous-réseau pour l’interface est /28 ou 255.255.255.240.


L’inversion du masque de sous-réseau donne un masque générique.

255.255.255.255
-
255.255.255.240 Soustraire le masque de sous-réseau
-----------------------
0 .0 .0 .15 Masque générique

area area-id fait référence à la zone OSPF. Une zone OSPF est un groupe de
routeurs qui partagent les informations d’état des liaisons. Tous les routeurs
OSPF de la même zone doivent avoir les mêmes informations dans leur base
de données d’état des liaisons, ce qui est possible parce que tous les routeurs
diffusent leur état des liaisons individuel à tous les autres routeurs de la zone.
ID du routeur OSPF

L’ID de routeur OSPF permet d’identifier de façon unique chaque routeur du


domaine de routage OSPF. Un ID de routeur est tout simplement une adresse
IP. Les routeurs Cisco définissent leur ID de routeur en utilisant trois critères,
suivant la priorité suivante :

1. L’adresse IP configurée à l’aide de la commande router-id du protocole


OSPF.

2. Si router-id n’est pas configuré, le routeur choisit l’adresse IP la plus élevée


parmi ses interfaces de bouclage IP.

3. Si aucune interface de bouclage n’est configurée, le routeur choisit


l’adresse IP active la plus élevée parmi ses interfaces physiques.
ID du routeur OSPF

Adresse de bouclage

Si la commande router-id OSPF n’est pas utilisée et que vous avez configuré
des interfaces de bouclage, OSPF choisit l’adresse IP d’interface de bouclage
la plus élevée. Une adresse de bouclage est une interface virtuelle et est
automatiquement à l’état actif lorsqu’elle est configurée. Vous connaissez déjà
les commandes pour configurer une interface de bouclage :

Router(config)#interface loopback number


Router(config-if)#ip address ip-address masque de sous-réseau