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Écoulement d’un métal liquide

en présence d’un champ magnétique

par René MOREAU


Professeur à l’Institut National Polytechnique de Grenoble, Laboratoire MADYLAM
Correspondant de l’Académie des Sciences

1. Rappels de magnétohydrodynamique (MHD)................................... D 2 950 - 2


1.1 Équation de l’induction ............................................................................... — 2
1.2 Nombre de Reynolds magnétique ............................................................. — 3
1.3 Équations du mouvement........................................................................... — 4
1.4 Résumé......................................................................................................... — 4
1.5 Ondes d’Alfvén dans les métaux liquides ................................................. — 5
2. Éléments de magnétohydrostatique (MHS) ...................................... — 6
2.1 Existence des équilibres MHS .................................................................... — 6
2.2 Approximation MHS des systèmes à induction........................................ — 7
2.3 Application au contrôle électromagnétique des surfaces libres ............. — 8
3. Écoulements en conduites en présence
d’un champ magnétique transversal .................................................. — 10
3.1 Écoulement de Hartmann ........................................................................... — 10
3.2 Couche de Hartmann................................................................................... — 12
3.3 Conduites de section uniforme .................................................................. — 13
3.4 Conduites rectangulaires ............................................................................ — 14
3.5 Entrée et sortie de l’aimant......................................................................... — 16
4. Écoulements non confinés .................................................................... — 17
4.1 Sillage lointain ............................................................................................. — 17
4.2 Jet libre dans un champ magnétique transversal .................................... — 18
4.3 Écoulement autour d’un objet en mouvement ......................................... — 19
5. Écoulements recirculants ...................................................................... — 20
5.1 Brassage dans les fours à induction à creuset.......................................... — 20
5.2 Brassage à l’aide d’un champ tournant ..................................................... — 21
5.2.1 Cas général.......................................................................................... — 21
5.2.2 Cas limite de basses fréquences (R ω ? 1)........................................ — 22
5.2.3 Cas limite des hautes fréquences (R ω ! 1) ...................................... — 23
5.2.4 Aperçu sur les résultats expérimentaux ........................................... — 24
6. Stabilité et turbulence............................................................................ — 24
6.1 Influence stabilisante d’un champ magnétique uniforme ....................... — 24
6.2 Instabilité des jets liquides parcourus par un courant électrique............ — 25
12 - 1992

6.3 Turbulence des écoulements en conduites ............................................... — 25


6.4 Turbulence bidimensionnelle ..................................................................... — 26
Références bibliographiques ......................................................................... — 29
D 2 950

es métaux liquides sont conducteurs de l’électricité, mais 60 fois moins que


L le cuivre à l’état solide et 10 000 fois plus que les meilleurs électrolytes. Ils
peuvent donc être parcourus par des courants électriques élevés, que l’on peut
amener par des électrodes ou induire. Mais même sans cela, dès qu’ils s’écoulent

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ÉCOULEMENT D’UN MÉTAL LIQUIDE EN PRÉSENCE D’UN CHAMP MAGNÉTIQUE ____________________________________________________________________

en présence d’un champ magnétique, tout comme le rotor d’un alternateur, ils
sont le siège d’un champ électromoteur et de courants de Foucault. L’écoulement
des métaux liquides en présence d’un champ magnétique s’écarte donc des lois
de la mécanique des fluides classique car la force de Laplace par unité de volume
qui s’écrit j ∧ B (avec j densité de courant en B induction magnétique)
s’ajoute aux autres et peut devenir prépondérante. Le champ magnétique devient
alors un paramètre essentiel de l’écoulement.
Le cadre théorique nécessaire à l’étude de ces phénomènes est la magnéto-
hydrodynamique (MHD). La classe de phénomènes décrits par cette discipline
est énorme, puisque la mécanique des fluides d’une part, l’électromagnétisme
d’autre part, n’en sont que des cas particuliers. Elle constitue en fait le cadre
dans lequel le couplage de ces deux disciplines classiques peut devenir plus
important que les phénomène propres à chacune d’elles.
La MHD est loin d’être un simple jeu intellectuel, puisque dans l’univers la plus
grande partie de la matière est fluide et conductrice de l’électricité. Mais ici nous
nous limitons au cas des métaux liquides à l’échelle du laboratoire ou de
l’industrie ; nous excluons donc les phénomènes MHD à l’échelle géophysique,
bien que la Terre soit pratiquement une boule de métal liquide. On trouve des
métaux liquides en présence de champs magnétiques dans l’industrie (fours à
induction, cuves à électrolyse, etc.) depuis près d’un siècle. Plus récemment, maî-
trisant mieux les lois de la MHD, on a introduit des techniques nouvelles basées
sur des phénomènes proprement MHD, comme les pompes, les débit-mètres
et les générateurs MHD. En métallurgie d’élaboration et en cristallo-génèse, on
étudie et développe en ce moment des procédés originaux basés sur la MHD.
L’importance industrielle de ces applications justifie bien cet article.

Pour mieux comprendre cet article, le lecteur peut se reporter aux articles :
— Mécanique des fluides [A 1 870], dans le traité Sciences fondamentales ;
— Électromagnétisme [D 1 020], dans ce traité.
Afin d’élargir ses connaissances, le lecteur peut aussi se reporter aux articles de ce traité :
— Gaz ionisés et plasmas [D 320] ;
— Plasmas thermiques. Production et applications [D 2 820] ;
— Mouvement d’un liquide en présence d’un champ électrique [D 2 850].

1. Rappels Les équations de Maxwell sont plus souvent rencontrées sous


de magnétohydrodynamique cette forme qu’avec l’opérateur nabla ∇ que nous utilisons
dans la suite de cet article pour simplifier les écritures. Les équa-
(MHD) tions (1), (2) et (3) s’écrivent alors :

1.1 Équation de l’induction ∇ ⋅B = 0

Dans les métaux liquides, comme dans tous les matériaux assez
∇ ∧ B = µj
bons conducteurs de l’électricité pour que le temps de relaxation ∂B
∇ ∧ E = – ----------
de la charge électrique soit nettement plus court que le temps de ∂t
transit des ondes électromagnétiques, les équations de Maxwell se
réduisent à leur forme dans l’approximation de l’électromagné-
Par ailleurs, ces métaux vérifient la loi d’Ohm qui implique que,
tisme. Si l’on note E le champ électrique, t le temps et µ la per-
méabilité [d’ailleurs égale à celle du vide (µ 0 = 4π · 10–7 H · m–1)], pour un observateur lié à la particule fluide (qui voit j ′ et E′ ), on
elles s’écrivent : ait :

div B = 0 (1) j ′ = σE′


avec σ conductivité.
rot B = µ j (2)
Le référentiel le mieux adapté à la description du mouvement
d’un fluide est celui du laboratoire dans lequel la particule se
∂B
rot E = – ---------- (3) déplace à la vitesse u . Compte tenu de la transformation de
∂t
Lorentz, qui conserve la densité de courant ( j ′ = j ) mais modifie

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Ce nombre représente le rapport du premier au second terme du


le champ électrique ( E ′ = E + u ∧ B ), cette loi devient dans le second membre de l’équation (8).
référentiel du laboratoire :
■ Lorsqu’il est très petit par rapport à l’unité, l’équation (8) se réduit
j = σ (E + u ∧ B) (4) à sa forme dans les milieux au repos (diffusion pure). Et il est assez
simple d’évaluer la correction b à apporter à l’induction magné-
Le champ électrique E peut lui-même s’exprimer à l’aide du
tique B 0 que l’on aurait si le métal liquide était au repos. Limitons-
potentiel électrique ϕ et du potentiel vecteur A par la relation :
nous au cas où B 0 est uniforme et permanent. L’équation (8) de la
∂A petite perturbation s’écrit [en tenant compte de la conservation de la
E = – ∇ ϕ – ---------- (5) masse, équation (17)] :
∂t
qui n’est autre qu’une forme intégrée de la relation de Faraday (3). ∂b 1
--------- = ( B 0 ⋅ ∇ ) u + --------- ∇ 2 b (12)
La relation d’Ampère (2) implique : ∂t µσ

∇ ⋅ j = 0
 
(6) ∂b
Si l’écoulement est lui aussi permanent alors --------- = 0 , b /B0 est de
ce qui exprime la conservation de la charge électrique. Et, en ∂t
prenant la divergence de la loi d’Ohm (4), on en déduit : l’ordre de Rm , l’expression précise dépendant de la configuration
étudiée.
∂A

∆ ϕ = ∇ ⋅ – ---------- + u
∂t
∧ B  (7) ■ Au contraire, lorsque le nombre Rm est beaucoup plus grand que
l’unité, c’est le dernier terme du second membre de (8) qui devient
négligeable. L’équation de l’induction se réduit, quand Rm → ∞, à :
Il est commode de considérer B comme la grandeur électro- ∂B
--------- = ∇ ∧ (u ∧ B ) (13)
∂t
magnétique fondamentale, puisque les autres grandeurs comme E
La solution possède alors une propriété fort remarquable :
et j s’en déduisent simplement par (2) et (3). L’équation de l’induc- l’induction magnétique est gelée dans la matière (à titre d’exemple,
cette propriété est la base de l’explication des taches solaires). En
tion, qui exprime l’évolution dans le temps et l’espace de B ,
pratique, cela signifie qu’il devient extrêmement difficile de faire
s’obtient en prenant le rotationnel de la loi d’Ohm (4) :
pénétrer le champ magnétique dans la matière, ou qu’il faudrait un
temps très long par rapport au temps de transit l/ des particules
∂B 1
--------- = ∇ ∧ (u ∧ B ) + --------- ∇ 2 B (8) fluides. La figure 1 met bien cet effet en évidence. On note donc
∂t µσ que l’on peut empêcher la pénétration du champ magnétique aussi
bien en déplaçant très vite un objet modérément conducteur, qu’en
Dans un milieu au repos ( u = 0 ), elle se réduit à l’équation de
déplaçant lentement un objet extrêmement conducteur, puisque
diffusion classique, dont de nombreuses solutions sont bien
c’est le produit µσ l qui caractérise cet effet.
connues. Ainsi, en régime permanent, entre les pièces polaires paral-
lèles d’un aimant parfait (µ → ∞), elle conduit tout simplement à un Lorsque Rm!1, il peut cependant exister des régions de faible
champ magnétique uniforme. Dans les systèmes alternatifs mono- épaisseur (nappes ou filaments) où les dérivées secondes par rap-
phasés de pulsation ω , on connaît bien la solution :
port aux coordonnées sont très grandes (∇ 2 ≈ 1 / δ B2 !1/ l 2 ) . Dans

   π

n n ces régions, si :
B = B 0 exp – -------- sin ω t – -------- – ----- es (9)
δB δB 4 δB ≈ lRm –1/ 2 (14)
avec B0 induction magnétique à la frontière du milieu
1
conducteur, le terme de diffusion --------- ∇ 2 B peut entrer en compétition avec le
µσ
es vecteur unitaire tangent à la frontière plane du milieu
conducteur, terme de convection ∇ ∧ ( u ∧ B ) . On retrouve là une sorte
n coordonnée normale à la frontière plane du milieu d’effet de peau, déjà visible sur la figure 1a avec la concentration
conducteur dirigée vers l’intérieur, des lignes de flux magnétique à la surface du cylindre en mouve-
δB profondeur de pénétration de l’induction magnétique : ment, bien que Rm soit encore modéré (10 2). Cet effet est essentiel
dans les conditions astrophysiques.
2 Dans les métaux liquides, à l’échelle du laboratoire, on peut adop-
δB = ------------- (10)
µσω
ter les estimations suivantes : (µσ )–1 ≈ 1 m2 · s–1 ,  ≈ 10 –1 m ⋅ s –1,
Le terme ∇ ∧ ( u ∧ B ) de l’équation (8), qui fait apparaître
l ≈ 10 m . Il en résulte que Rm ≈ 10–2 et que l’évolution du champ
–1
l’influence du champ de vitesse sur le champ magnétique, est discuté
au paragraphe 1.2. magnétique est dominée par la diffusion. À l’échelle des réacteurs
nucléaires surgénérateurs refroidis au sodium liquide, comme
Superphénix en France, il apparaît que Rm peut devenir supérieur
à l’unité et que, par suite, la convection du champ magnétique peut
1.2 Nombre de Reynolds magnétique devenir non négligeable. À l’échelle géophysique, en considérant la
Terre comme une boule de métal liquide où la vitesse est très lente
(≈ 10–3 m · s–1), mais dont les dimensions sont énormes (≈ 107 m),
Soit  et l deux valeurs caractéristiques de la vitesse du métal
liquide et des dimensions de l’écoulement. On appelle nombre de Rm atteint des valeurs de l’ordre de 10 4 . La convection devient alors
Reynolds magnétique la quantité sans dimension : prépondérante par rapport à la diffusion et conduit à des consé-
quences remarquables comme l’autoentretien du champ magnéti-
Rm = µσ l (11) que terrestre par effet dynamo, comme dans une machine
homopolaire où µσ est très grand.

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avec β coefficient de dilatation volumique,


ρ0 masse volumique à T0 .
Mais le coefficient de dilatation volumique est assez faible
(≈ 2 · 10–4 K–1) pour que l’équation de continuité, qui exprime le
principe de conservation de la masse, s’écrive :
∇ ⋅u = 0 (17)
La loi fondamentale de la dynamique conduit à l’équation de
Navier-Stokes :
∂u 1 1
--------- + ( u ⋅ ∇ ) u = – ----- ∇ p + ν ∇ 2 u + g + ----- j ∧B (18)
∂t ρ ρ
avec g accélération due à la pesanteur,
p pression,
ν viscosité cinématique,
où, parmi les forces extérieures, nous retenons la force de Laplace
1
par unité de masse ----- j ∧ B .
ρ
Nota : dans toute la suite de cet article, on suppose que ρ = Cte et donc la définition de
la pression est modifiée pour tenir compte de la gravité (p désigne la quantité p + ρgz , avec
z coordonnée suivant la verticale ascendante).
Cette équation introduit la viscosité cinématique ν du fluide, tel-
lement petite dans les métaux liquides (≈ 10–7 m2 · s–1) que le
nombre de Reynolds Re = l /ν est en général très grand par rapport
à l’unité (≈ 107). Cela a pour conséquence qu’à grande échelle le frot-
tement visqueux est négligeable. Toutefois, il existe des régions très
minces, que l’on appelle couches limites, où le terme ν ∇ 2 u devient
capable d’entrer en compétition avec les autres. Ces couches limites
ont une épaisseur δ ≈ lRe –1/ 2 [noter l’analogie avec l’équation (14)].
Lorsque la température T est une variable importante du pro-
blème, comme c’est bien souvent le cas dans les métaux fondus,
on doit encore exprimer le premier principe de la thermodynamique
pour fermer le système d’équations. Cette équations de l’énergie
s’écrit :
∂T j2 Φν
-------- + ( u ⋅ ∇ )T = α ∆T + ------------ + --------
- (19)
∂t σρ c ρ c
Figure 1 – Lignes de flux  d’une induction magnétique
uniforme à l’infini distordues par la rotation d’un cylindre de rayon R avec c capacité thermique massique,
à la vitesse angulaire  Φν dissipation volumique par viscosité,
α diffusivité thermique (α = κ /ρc),
Il est quelquefois utile de comparer le champ électromoteur κ conductivité thermique.
u ∧B , qui apparaît dans la loi d’Ohm (4), à j / σ . On obtient : La dissipation Φν est en général négligeable dans les métaux
liquides. Dans de nombreux problèmes, c’est aussi le cas pour la
dissipation par effet Joule j 2/σρc . On a en effet, en notant Θ une
σ u ∧B B
------------------------------ ≈ Rm -------v- (15) différence de température caractéristique :
Bj
j
j2 σ B l 2 2 2  ν σB l2 2 2
-----------------
σκ ∆T
≈ ---------------------------
- = --------- ------ ------------------- (20)
où B v désigne l’induction magnétique vraie et Bj l’induction propre κΘ cΘ α ρν
au courant qui circule dans le métal. Lorsque B v et Bj coïncident,
ν
comme dans les pompes à induction, cette relation (15) montre Le nombre de Prandtl ------ est petit (≈ 10–3 ), et le nombre d’Eckert
α
que, si Rm?1 , on peut négliger le champ électromoteur. Par
contre, lorsque l’on applique avec un aimant une induction magné- / c Θ est lui aussi habituellement petit (≈ 10–2 ). Il faudrait des
tique B v , souvent très supérieure à Bj , comme dans certaines valeurs spécialement élevées de l’induction magnétique pour que
pompes à conduction, ce champ électromoteur est essentiel. On σ
le nombre de -------- B l soit assez grand pour
Hartmann Ha =
verra par la suite (§ 3.5 et 6) qu’il peut jouer un rôle crucial dans ρν
l’organisation de l’écoulement. rendre l’effet Joule non négligeable par rapport à la conduction
thermique (ce nombre de Hartmann est interprété § 3.1).

1.3 Équations du mouvement


1.4 Résumé
L’équation d’état des métaux liquides peut souvent se ramener
à ρ = Cte (avec ρ masse volumique). Lorsque les variations de La plupart des situations où un métal liquide s’écoule en pré-
température T sont suffisantes pour provoquer des variations de sence d’un champ magnétique peuvent être traitées en considérant
densité, on peut adopter la loi Boussinesq, de la forme :
l’induction magnétique B (ainsi que le potentiel vecteur A ) et la
ρ = ρ 0 [1 – β (T – T0 )] (16)

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masse volumique ρ comme connues et indépendantes du mouve- ■ Les équations sont aussi vérifiées si u = – a et P ’ = 0, et elles
ment. En excluant de l’analyse les problèmes thermiques (convec- se ramènent alors à la forme :
tion naturelle ou forcée), le problème se ramène à la détermination
des composantes de la vitesse u et des deux scalaires ϕ et p , qui ∂u ∂u
--------- = –  0 --------- (29)
vérifient le système fondamental d’équations : ∂t ∂x
dont les solutions sont des ondes se propageant avec la célérité
+  0 dans la direction Ox :
∇ ⋅u = ∇ ⋅ j = 0
u = – a = f ( x – 0 t , y , z ) (30)
∂u 1 1
--------- + ( u ⋅ ∇ ) u = – ----- ∇ p + ν ∇ 2 u + ----- j ∧B
∂t ρ ρ Si maintenant on se limite à des ondes de petite amplitude

 ∂A
j = σ – ∇ ϕ – ---------- + u
∂t
∧B  ( a, u? 0 ) , les quatre termes non linéaires ( u ⋅ ∇ ) u , ( a ⋅ ∇ ) a ,

( u ⋅ ∇ ) a et ( a ⋅ ∇ ) u peuvent être négligés. Et il est possible de


tenir compte des termes dissipatifs négligés au début de ce para-
graphe (frottement visqueux ν ∇ 2 u et diffusion magnétique η ∇ 2 a ,
1.5 Ondes d’Alfvén 1
avec η = --------- diffusivité magnétique). La linéarité du système
dans les métaux liquides µσ
d’équations permet alors de supposer que toute grandeur G est une
somme de modes périodiques que l’on peut écrire :
Considérons un fluide non visqueux, infiniment conducteur de ^
l’électricité, initialement au repos, en présence d’un champ magné- G = Re { G exp j( k ⋅ x – ω t ) } (31)

tique uniforme d’induction B 0 (soit Ox l’axe de la coordonnée caractérisés chacun par un vecteur d’onde k , une pulsation ω
^
a priori complexe et leur amplitude G .
dans la direction de B 0 . Cet état initial peut être résumé par les
relations : Les équations du mouvement et de l’induction deviennent :
1
 B2
 (– j ω + ν k 2 )u = j(  0 ⋅ k ) a 
^ ^
u = 0, B = B0 , ----- p + --------- = P 0 (21)
ρ 2µ ^ 
(32)
(– j ω + η k 2 ) a = j(  0 ⋅ k ) u 
^

avec P0 constante. ^ ^
avec a et u amplitudes de a et u .
Introduisons la notation :
Toute solution non identiquement nulle doit vérifier l’équation de
dispersion :
B
 = --------------- (22) ω 2 + j ω k 2 ( ν + η ) + νηk 4 – (  0 ⋅ k ) 2 = 0 (33)
µρ
En séparant la partie réelle et la partie imaginaire de ω = α + jβ et
qui permet d’exprimer l’induction magnétique comme une grandeur
ayant la dimension d’une vitesse, et superposons à l’état initial une en notant θ l’angle (  0 ⋅ k ) , les racines s’écrivent :
perturbation a telle que :
k4 
  α = ±  20 k 2 cos θ – -------- ( η – ν ) 2 
2
1 B2
u ≠ 0,  = 0 + a , ----- p + --------- = P 0 + P ′ (23) 4 
ρ 2µ  (34)
k2 
Cette perturbation vérifie les équations suivantes : β = – -------- ( ν + η ) 
2 
∇ ⋅u = ∇ ⋅a = 0 (24)
On observe que le taux d’amplification β est systématiquement
négatif et que les deux diffusivités s’ajoutent pour amortir ces
∂u ∂a
--------- + ( u ⋅ ∇ ) u = – ∇ P ′ +  0 --------- + ( a ⋅ ∇ ) a (25) ondes de petite amplitude. On observe aussi que, puisque la pul-
∂t ∂x sation α doit être réelle, le nombre d’onde k ne peut pas être
quelconque :
∂a ∂u cos θ
--------- + ( u ⋅ ∇ ) a =  0 --------- + ( a ⋅ ∇ ) u (26) k  2 0 ------------------- (35)
∂t ∂x η–ν
On remarque deux solutions évidentes sans qu’il soit nécessaire Cette condition, illustrée sur la figure 2, signifie que le vecteur k
de supposer petite l’amplitude de la perturbation. doit être situé à l’intérieur des sphères de diamètre 2 0 / η – ν . En
pratique, pour que la propagation soit observable, on doit adopter
■ Les équations sont vérifiées si u = a et P ’ = 0, et elles se une condition plus sévère, par exemple exiger que la durée
ramènent à la forme simple : d’amortissement 1/β soit nettement plus grande que la période
∂u ∂u 2π/α . On peut admettre le critère :
--------- =  0 --------- (27)
∂t ∂x 2
2 20 cos θ
k 2 < ------------------------------
- (36)
dont les solutions sont des ondes se propageant avec la célérité ν 2 + η2
–  0 dans la direction Ox :
Cette condition illustrée également sur la figure 2 restreint
u = a = f (x +  0 t, y, z ) (28) encore davantage le domaine de l’espace des vecteurs d’ondes
puisqu’elle impose à k de se trouver à l’intérieur des deux petites
2
sphères de diamètre  0 -------------------
- .
η2 + ν2

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Figure 3 – Illustration du mécanisme de propagation


Figure 2 – Domaines où peuvent exister (I) ou se propager (II)
des ondes d’Alfvén en présence d’une induction
les ondes d’Alfvén de petite amplitude dans les fluides réels
magnétique uniforme B 0

Dans le cas des métaux liquides ( η ! ν ) , cette condition d’obser-


vabilité des ondes d’Alfvén s’écrit : 2. Éléments
0 l
Lu = ------------ > 1 (37)
de magnétohydrostatique
η
(MHS)
avec Lu nombre de Lundquist. Avec les valeurs usuelles
(ρ = 104 kg · m–3 , µ = 4 π · 10–7 H · m–1 , σ = 106 Ω–1 · m–1 ) et avec un
2.1 Existence des équilibres MHS
champ magnétique de 1 T, la vitesse d’Alfvén  0 est de l’ordre de
10 m · s–1 et il faut que l soit supérieur à 10 cm pour que les ondes Dans un fluide au repos ( u = 0 ) en régime permanent, l’équa-
d’Alfvén soient observables. Il va de soi qu’elles peuvent interagir tion de l’induction (8) se réduit à l’équation de Laplace :
avec d’autres familles d’ondes comme les ondes de surface (ondes
de gravité plutôt que rides capillaires trop courtes). ∇2 B = 0 (38)
Le mécanisme physique qui permet cette propagation est illus-
tré sur la figure 3. Supposons que, dans un fluide initialement au et l’équation du mouvement (18) impose que :
repos, on déplace brusquement l’échantillon ABCD perpendicu-
lairement au plan de la figure avec une vitesse u ( 0, u, 0 ) dans un ∇p = j ∧B 1
 
B2
= ----- ( B ⋅ ∇ ) B – ∇ ---------
µ 2µ
(39)
champ d’induction magnétique B 0 (B 0 , 0, 0) . Le champ électro-
En prenant le rotationnel de cette équation de la MHS, on obtient
moteur u ∧ B 0 (0, 0, – uB 0 ) pousse les ions positifs dans la
la condition que doit vérifier le champ magnétique pour que cet
équilibre ( u = 0 ) existe :
direction – z et un champ électrique E doit apparaître pour per-
mettre aux lignes de courant électrique de densité j ( 0, 0, j ) de se ∇ ∧ ( B ⋅ ∇ )B  = 0 (40)

refermer dans le plan (Ox , Oz ) : dan la section ABCD, u ∧ B0 En général, les solutions de (38) et (40) ne coïncident pas. Cela
signifie qu’un éventuel état initial MHS est soumis à une évolution
l’emporte sur E , par contre, à l’extérieur, c’est E qui l’emporte. Les du champ magnétique, conforme à l’équation :
forces de Laplace j ∧ B 0 (0, jB 0 , 0) freinent le fluide dans la région
∂B 1
centrale ABCD et l’accélèrent de part et d’autre. Un peu plus tard, --------- = --------- ∇ 2 B (41)
deux sections fluides AA’D’D et BB’C’C sont ainsi à leur tour en ∂t µσ
mouvement alors que la zone centrale ABCD revient au repos (sauf qui détruit l’équilibre. La durée nécessaire à cette destruction est le
si son mouvement est maintenu par une source extérieure). La répé- temps de diffusion τ d ≈ µσ l 2 . Dans les métaux liquides à l’échelle
tition de proche en proche de cet effet conduit bien à une propagation du laboratoire, τd est très court, de l’ordre de 10–2 s, et par
le long de O x , dans les deux directions, de l’énergie fournie conséquent le système ne peut pas être observé à l’état MHS, sauf
initialement à l’échantillon ABCD. Il est aussi intéressant de comparer dans un petit nombre de situations particulières où les deux équa-
les lignes de flux magnétique à des cordes vibrantes soumises à la tions (38) et (40) sont vérifiées simultanément. Ces configurations
tension de Maxwell B 2 /2 µ. Toute perturbation se propage le long ont été étudiées à propos des gaz ionisés (plasmas) en vue de leur
des lignes de flux comme le long de cordes vibrantes. confinement électromagnétique dans les réacteurs de fusion ther-
monucléaire (tokamaks), mais les résultats s’appliquent aux métaux
liquides.

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L’exemple le plus simple est celui des équilibres cylindriques. présence d’une frontière de révolution à courbure non nulle
comme la courbe méridienne de la figure 6, elle devient :
Un courant longitudinal de densité j 0, 0, j (r ) induit une induc-

   
tion magnétique orthoradiale B = 0, B (r ), 0 et la relation n n 
A = A 0 (s) exp – -------- cos ω t – -------- 
d’Ampère (2) implique : δB δB 

    π
1 d A0 ( s ) n n
µ j = ----- -------- ( rB ) (42) B s = ----------------- exp – -------- sin ω t – -------- – ----- 
r dr δB δB δB 4 

B = – ------------- exp – -------- cos  ω t – -------- 

 δ
Si la densité de courant est uniforme dans une colonne de dA 0 n n
rayon R et nulle à l’extérieur, le champ magnétique est donné par n ds δ 
B B 
la relation : 
j = σω A ( s ) exp  – --------  sin  ω t – -------- 
n n 
r  0 δ δ 
B = µ j ----- , si r  R
2  B B
(46)
2  (43)
R
B = µ j --------- , si r  R  Dans la base ( e n , e s , e θ ) , s désigne la coordonnée curviligne
2r 
le long de la courbe méridienne et n la coordonnée normale diri-
et la pression, que l’on suppose uniforme et égale à pe à l’extérieur gée vers l’intérieur. L’indice 0 caractérise les amplitudes à la fron-
du cylindre, varie à l’intérieur suivant la relation :
tière (n = 0) du métal liquide. Le potentiel vecteur j e θ et la densité
µ j 2R 2
 
r2 de courant A e θ sont alors orthoradiaux (suivant e θ ).
p = p e + ------------------ 1 – -------2- (44)
4 R
La force de Laplace par unité de volume s’écrit :
∂A ∂A
Dans une expérience sur une colonne de liquides superposés, F = – σ --------- e θ ∧ ( ∇A ∧ e θ ) = – σ --------- ∇ A (47)
∂t ∂t
illustrée sur la figure 4, on peut vérifier l’existence de l’équilibre
MHS, à condition que la colonne soit assez longue. Près des
extrémités (électrodes et surface libre), on observe la présence
d’un mouvement dû au fait que la force de Laplace j ∧ B n’est
pas rigoureusement irrotationnelle. Mais, dans la région centrale
(éloignée des extrémités), on vérifie exactement la relation (44).
Les cuves à électrodes pour la production d’aluminium
(figure 5) représentent une situation tout à fait voisine. La sur-
face libre, réelle entre les anodes élémentaires, virtuelle à l’inté-
rieur de celles-ci, a la forme d’un dôme parabolique d’équation :

µj 2 R 2
 r2

z = -------------------- 1 – -------2- + Cte
4 ρg R
(45)

On remarque que l’interface entre les deux liquides superpo-


sés (figures 4 et 5) demeure plane et horizontale. En effet, la dis-
tribution de pression parabolique (44), établie dans le fluide
supérieur, doit rester inchangée au-dessous de l’interface
puisque la force de Laplace est elle-même inchangée. Aucune
dénivellation de l’interface, qui entraînerait une modification de
cette distribution de pression, n’est donc possible. Bien entendu,

dans les cuves réelles, les distributions de j et B sont plus


complexes, notamment à cause du champ magnétique des
Figure 4 – Colonne de liquides conducteurs superposés
conducteurs extérieurs, et la force j ∧ B n’est pas exactement dans laquelle circule un courant électrique uniforme
irrotationnelle. Les deux couches fluides sont donc en mou- (sauf au voisinage de l’anode)
vement et l’interface n’est pas rigoureusement plane.

2.2 Approximation MHS


des systèmes à induction

Considérons un domaine fluide conducteur de l’électricité, au


repos, situé au voisinage d’un circuit inducteur où circule un cou-
rant alternatif de fréquence assez élevée pour que l’effet de peau
soit très marqué. Plus précisément, supposons que la profondeur
de pénétration du champ magnétique δB soit beaucoup plus petite
que toute longueur caractéristique du domaine fluide (rayons de
courbure, etc.) ; la solution élémentaire (9) est alors justifiée et, en
Figure 5 – Allure schématique d’une cuve de production d’aluminium

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δB 1/2

Laplace sont de l’ordre de B 0 -------------
µρ l 
, où B 0 désigne la valeur
moyenne de Bs à la frontière (n = 0), et tendent vers zéro lorsque
2
δB → 0. Introduisons le nombre sans dimension R ω = µσω l quel-
quefois appelé paramètre d’écran. Aux fréquences assez élevées
pour que :
R ω !1 (53)
il apparaît donc justifié d’ignorer le mouvement et de calculer les
pressions et les surfaces libres comme si le fluide était au repos.
La distribution de pression p qui satisfait à la condition de l’équi-
libre MHS (39) s’écrit alors :

σω A 20
4  2n
p + ------------------ exp – ---------
δB =p c (54)

avec pc pression uniforme qui règne au centre du domaine fluide.


La quantité :
2
σω A 2 B0
p m = -----------------0- = --------
- (55)
4 2µ
Figure 6 – Effet de peau et coordonnées locales (s , n ) au point P est souvent appelée pression magnétique.

Avec les notations :


2.3 Application au contrôle
électromagnétique des surfaces libres
n

A* = A 0 (s ) exp – -------- ,
δB  τ = ω t – n / δB (48)

on obtient encore : La forme de la surface libre S d’une masse de métal liquide, telle
que celle de la figure 6 , dépend donc de cette pression
σω magnétique (55), ainsi que de la pesanteur et de la tension super-
F = ---------- A* ∇ A* sin 2 τ – A* 2 ∇ τ (1 – cos 2 τ )  (49)
2 ficielle γ du métal liquide. Si patm désigne la pression atmosphérique
et K la courbure locale de la surface libre à l’altitude z au-dessus
Dans les métaux liquides, les forces d’inertie sont en général telles du point considéré, la pression vraie en ce point est la somme
(sauf à des fréquences faibles, inférieures à quelques dizaines de 2
herzt) qu’ils ne peuvent pas suivre les fluctuations de cette force. B0
p atm + ρ gz + γ K + --------
- . L’équation de la surface libre s’en déduit
On peut alors remplacer celle-ci par sa valeur moyenne : 2µ


2π/ ω immédiatement :
ω
〈 F 〉 = ---------
2π 0
σω
2 δB
2n
δB 
F dt = ----------- A 20 (s ) exp – --------- e n  (50) B0
ρ gz + γ K + --------
2
- = Cte sur S (56)

Celle-ci est dirigée suivant la normale e n mais son module varie
le long de la surface frontière. Elle n’est pas irrotationnelle La résolution de cette équation n’est cependant pas simple
(c’est-à-dire réductible à une pression) puisque : puisque B0 (S ) dépend de la forme de la surface libre. Un théorème
variationnel facilite le calcul. On montre que la somme Eg + Eγ – Em ,
où :
∇ ∧ 〈 F 〉 = – σω A * ∇ A * ∧ ∇τ (51)
sauf lorsque ∇A* et ∇τ sont colinéaires, c’est-à-dire loin des Eg = 
D
ρ gz dV , Eγ = γ S , Em = 
^
D
B2
--------- dV

(57)
extrémités, dans une région cylindrique. On peut remarquer que :
est minimale lorsque l’équation (56) est vérifiée. Les trois quantités
dA 0 1
∇∧ 〈F 〉 ≈ 〈 F 〉 ------------- -------- (52) ci-dessus désignent respectivement l’énergie potentielle du métal
ds A 0 liquide dans le champ de pesanteur, l’énergie de la surface libre d’aire
^
En toute rigueur, l’équilibre MHS n’existe donc que dans les sys- S et l’énergie magnétique du domaine D qui est le complément
tèmes cylindriques. Nous verrons par la suite [relation (133)] que de D , domaine occupé par le métal liquide. Ce théorème ouvre des
les vitesses engendrées par cette partie rotationnelle de la force de perspectives de résolution numérique tout à fait rapides et précises.

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Exemples
■ La figure 7 montre deux exemples de surfaces libres d’acier liquide
chauffé par induction dans un creuset d’acier (§ 5.1), calculées à
l’aide de cette approximation MHS et comparées à celles réellement
observées. L’accord, excellent dans le cas où δB = 0,133R i (figure 7b ),
est déjà acceptable dans le cas où δB = 0,385R i (figure 7a ) (R i désigne
le rayon intérieur du creuset).
■ L’une des applications les plus connues est sans doute le calcul de
la forme d’une masse de métal fondu en lévitation, illustrée par la
figure 8. L’inducteur exerce une pression magnétique supérieure dans
la partie basse en raison de sa forme conique, mais celle-ci s’annule de
toute façon au point le plus bas S où B0 = 0 par symétrie. Au voisinage
de ce point, les particules fluides sont donc toutes portées contre la
pesanteur uniquement par la tension superficielle. En écrivant l’égalité
entre le poids de la colonne liquide de hauteur h = NS située le long de
l’axe et cette tension capillaire, on obtient :
γK
h = ----------
ρg (58)

1
qui permet d’estimer, puisque K est de l’ordre de ----- , la masse suscep-
h
tible d’être ainsi lévitée (h est au plus de l’ordre de quelques centi-
mètres pour l’aluminium, quelques millimètres pour le plomb).
■ Les applications pratiques les plus prometteuses de cette possibilité
d’exercer une pression magnétique sur un métal liquide semblent en
réalité situées hors des cas où il faut vaincre la pesanteur. Le contrôle
électromagnétique des jets métalliques en est un exemple particu-
Figure 7 – Surfaces libres d’acier fondu
lièrement intéressant. Le fluide s’écoule verticalement à une vitesse u
par induction dans un creuset
mais, dans le plans horizontal, la distribution de pression obéit à la loi
de la MHS. On a ainsi pu contrôler la forme de la section droite d’un jet
métallique en l’aplatissant (figure 9). La figure 10 illustre le cas où l’on
n’utilise la pression magnétique que pour vaincre en partie la pesanteur,
de façon à réaliser la striction d’un jet métallique liquide. Le coefficient
de contraction, rapport du diamètre contracté d 2 au diamètre initial d 1 ,
peut être évalué à l’aide de la relation :

d2 2 1/4

 1 – ------------------ 
B0
--------- = (59)
d1 µρ u 2

lorsque la fréquence est très élevée. Lorsque la profondeur de pénétra-


tion δB du champ magnétique est une fraction non négligeable du dia-
2
mètre d , la pression magnétique est seulement Cω B 0 /2µ , où le
coefficient Cω est défini par la relation :

1 – exp (– R ω )
C ω = 1 – --------------------------------------------------------- (60)

Figure 8 – Section droite d’une masse métallique


initialement sphérique (de rayon R ) fondue
et lévitée dans un inducteur à 4 spires

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3.1 Écoulement de Hartmann


Limitons d’abord notre attention au cas des conduites très longues
en régime établi (∂ / ∂t = ∂ / ∂x = 0) situées dans l’entrefer d’un aimant
(figure 11a ). Le fluide s’écoule avec la vitesse u ( u, 0, 0 ) dans un
champ magnétique uniforme d’induction B 0 (0, B 0 , 0). Le champ

électromoteur u ∧ B = (0, 0, uB y ) pousse les ions positifs dans


la direction Oz et, pour que les lignes de courant électrique se
referment, un champ électrique E = – ∇ ϕ apparaît. Le potentiel ϕ
est maximal en M et minimal en M’ , et la différence ϕ (M) – ϕ (M’)
est proportionnelle au débit. Ce champ électrique permet le retour
des lignes de courant électrique soit dans la paroi, soit dans la couche
limite, au prorata des conductances de ces deux régions. Ce circuit
électrique forme deux spires de sens opposés qui induisent une
induction B x = b , mais ne modifient pas l’induction transversale
By = B0 .
En identifiant les expressions de jy et jz déduites de la relation
d’Ampère (2) et de la loi d’Ohm (4) :

1 ∂b ∂ϕ 
j y = ----- --------- = – σ -------- 
µ ∂z ∂y 
 (61)
1 ∂b ∂ϕ

j z = – ----- --------- = σ – -------- + uB 0
µ ∂y ∂z  


et en tenant compte de la relation (6), on obtient les relations qui
lient b et ϕ à u :
∂u
Figure 9 – Aplatissement d’un jet (débit 25 cm3 /s) ∆b + µσ B 0 --------- = 0 (62)
initialement circulaire (diamètre d = 5 mm) ∂y
par une induction magnétique à haute fréquence (380 kHz)
∂u
∆ ϕ – B 0 --------- = 0 (63)
∂z
La troisième équation, qui ferme le système, est l’équation du
mouvement, qui s’écrit :
B 0 ∂b Gp
∆u + ------------ --------- = – ------- (64)
ρνµ ∂y ν

∂p
en notant --------- = – ρ Gp la gradient de pression moteur appliqué de
∂x
l’extérieur.
Les conditions aux limites, qui doivent être associées à ces équa-
tions (62) à (64) pour déterminer complètement la solution,
expriment :
— que la vitesse u s’annule sur le contour intérieur Ci de la
paroi ;
— que la composante b du champ magnétique s’annule sur le
contour extérieur Ce de la paroi ;
— que la composante du champ électrique normale à la paroi
( e n ⋅ ∇ ϕ ) est nulle sur Ce et continue sur Ci , et que ϕ est aussi
continu sur Ci .
Figure 10 – Contraction d’un jet de mercure
à l’aide d’une induction magnétique alternative La solution de ce problème est élémentaire lorsque la conduite
est un rectangle de demi-longueur   dans la direction Oz
(figure 11b ). Loin des bords Z = ± Γ , les distributions de u , b et ϕ
sont indépendantes de z , les équations (62), (63) et (64) se rédui-
3. Écoulements en conduites sent à des équations différentielles ordinaires et leur solution
s’écrit :
en présence d’un champ

magnétique transversal u ch ( HaY )
------- = 1 – ---------------------------- 
V ch Ha 

Dans ce paragraphe, nous utilisons les coordonnées
adimensionnelles :
b 1 sh (HaY )
 E

------------------ = --------- ----------------------------- – 1 + ------------- Y
B 0 Rm Ha ch Ha B0 V



(65)

1 
X, Y, Z = ----- (x, y, z) jz E ch ( HaY ) 
 - = ------------- + 1 – ----------------------------
----------------
σ B0 V B0 V ch Ha 
avec  demi-largeur de la conduite. 

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avec : La figure 12 met en évidence le rôle crucial de ce nombre de


Hartmann. Lorsqu’il est modéré (Ha  1 ) , le profil de vitesse est
σ ρ Gp E
Rm = µσ V , Ha = -------- B 0  et V = ------------
- – -------- (66) encore proche de la parabole de Poiseuille. Mais, lorsqu’il devient
ρν σ B 0 B0
2
très grand (Ha!1) , ce profil est tout à fait plat, sauf dans une mince
On retrouve le rôle attendu du nombre de Reynolds magnétique couche limite située le long des parois perpendiculaires à B 0 , dont
et un nombre nouveau apparaît, le nombre de Hartmann Ha , dont l’épaisseur est indépendante de la largeur de la conduite :
2 2
le carré σ B 0  / ρν est une mesure du rapport des forces électro-
1 ρν
magnétiques aux forces de viscosité. δ⊥ = -------- -------- (67)
B0 σ
où est concentrée toute la variation de vitesse. Les paramètres
globaux de cet écoulement sont aussi fortement dépendants du
nombre de Hartmann, notamment :
— la vitesse moyenne :



1
u = -----
 0
th Ha

u dy = V 1 – ----------------
Ha 
— la densité de courant moyenne :



1
j = ----- j z dy = σ E + σ B 0 u
 0

— le coefficient de frottement :

u
2 ν ∂u
2  
- ---------
C f = -----------
∂y 
2Ha 2
Re Ha
1
= ---------------- ----------------------------
---------------- – 1
th Ha
— le coefficient de perte de charge :

2G p  B0 j 
λ = ----------------- = C f + 2 ---------------
-
u
2
ρu 2

Tous ces paramètres, ainsi que E et V , liés par une des


relations (66), dépendent également de la conductance du circuit
extérieur, que celui-ci se limite aux parois ou bien qu’il existe effec-
tivement un circuit électrique extérieur lié au domaine fluide par des
électrodes placées aux bouts Z = ± Γ . Deux cas particuliers simples
se dégagent.

Figure 11 – Écoulement en conduite


en présence d’une induction magnétique transversale uniforme Figure 12 – Profils de vitesse de l’écoulement de Hartmann

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Dans une conduite à parois isolantes, sans circuit extérieur, on a : la vitesse loin de la paroi a priori inconnue. L’équation du mouvement
(64) s’écrit :
ρ Gp ρ G p Ha
j = 0,
σ B0  Ha
E = ------------- 1 – ---------------- ,
th Ha  V = ------------2- ----------------
σ B 0 th Ha d2 u σ B 0
2
σB 0
2
-----------2- – ------------- u = – ------------- u 0 (72)
dy ρν ρν
Dans une conduite à parois parfaitement conductrices, on a :
La solution qui s’annule à la paroi et qui tend asymptotiquement
ρ Gp vers u 0 est :
E = 0,
B0  th Ha
j = ------------- 1 – ---------------- ,
Ha  ρ Gp
V = ------------
σB 0
2
-
u = u 0 [1 – exp (– HaY )] (73)
Elle montre bien que, quelle que soit la valeur de u 0 , la variation
et quand Ha ! 1 , j = ρ Gp /B0 . de vitesse est localisée dans la couche d’épaisseur δ ⊥ donnée par
l’équation (67).
Dans le cas le plus général, on doit introduire le rapport C des
La densité de courant s’en déduit à partir de la loi d’Ohm (4) :
conductances respectives des parois (épaisseur e , conductivité σ p)
et du fluide (largeur 2 , conductivité σ ) : jz = σ (E + B 0 u) = σE + σB 0 u 0 [1 – exp(– HaY )] (74)
σp e Les deux profils u/u 0 et jz / σB 0 u0
sont donc identiques à une
C = ------------ (68)
σ translation près E/B 0 u 0 .
Si la couche de Hartmann n’était pas pré-
sente, le densité de courant serait uniforme jusqu’à la paroi et
ainsi que le courant électrique par unité de longueur I forcé de égale à :
l’extérieur. La condition de fermeture du circuit s’écrit : ρ Gp
j 0 = σ E + σ B 0 u 0 = ------------
- (75)
I B0
σ E(1 + C ) + σ B 0 u  = ----- (69)
2
En réalité, la présence de la couche de Hartmann impose de
Quand I = 0, l’expression globale de l’équilibre des forces appli- superposer à ce courant uniforme un courant complémentaire
quées à une tranche fluide se ramène à : confiné dans cette couche :



Ha 2

Re Ha – th Ha 1 + C
th Ha C
λ = 2 ------------- ------------------------------ + ---------------  (70)
0
(j 0 – j z ) dy = σ B 0 u 0 δ ⊥ = u 0 σρν (76)

On note les deux formes asymptotiques de cette loi lorsque Cette propriété très caractéristique distingue nettement cette
Ha → ∞ : si C = 0, λ → 2Ha/Re , alors que, si C → ∞ , λ → 2Ha 2 /Re . couche de Hartmann de la plupart des couches limites en mécanique
Autrement dit, à Gp et B 0 donnés, la vitesse est Ha fois plus faible des fluides, qui s’adaptent à l’écoulement voisin sans réagir sur lui,
en présence de parois très conductrices qu’en présence de parois puisque la vitesse au loin est directement proportionnelle au courant
isolantes ; on parle de blocage électromagnétique du fluide qui transite dans la couche.
lorsque ces parois sont très conductrices et de freinage électroma- Il est remarquable que les propriétés de cette couche, justifiées
gnétique lorsqu’elles sont isolantes. ci-avant dans le cas particulier des écoulements parallèles, se géné-
Quand I ≠ 0, le fonctionnement du système peut être interprété ralisent à des écoulements lointains tout à fait complexes. Deux
en termes de conversion d’énergie. Le système est un générateur conditions sont cependant nécessaires : il faut que les échelles carac-
de courant électrique continu si 0 < I < 2 ρ G p /B 0 ; une part de la téristiques de vitesse u 0 et de longueur l de l’écoulement lointain
vérifient :
puissance mécanique fournie au fluide est en effet convertie en puis-
sance électrique dissipée elle-même dans le circuit. Si I < 0, le sys- 2
tème fonctionne comme une pompe et le débit est supérieur à ce u 0l σB 0l
Re = ------------ !1 , N = ----------------!1 (77)
qu’il serait à courant nul ; la puissance électrique provient alors d’un ν ρ u0
générateur placé sur le circuit extérieur. Enfin, si I > 2 ρ G p /B 0 , les
Alors, les forces de viscosité et les forces d’inertie sont négli-
forces électromagnétiques s’opposent au gradient de pression geables dans cet écoulement lointain dominé par l’équilibre entre
moteur et le système est un frein électromagnétique. Si forces de pression et forces électromagnétiques. On note en effet
I > 2 ρ G p ( 1 + C )/B 0 , la direction de l’écoulement peut être inversée. que le paramètre d’interaction N n’est autre qu’une mesure du rap-
port entre les forces électromagnétiques et les forces d’inertie.
Ces propriétés générales des couches de Hartmann peuvent être
résumées comme suit [1].
3.2 Couche de Hartmann
■ Le potentiel électrique au loin ϕ 0 et la vitesse au loin u 0 vérifient
la relation :
Le fait que, si Ha!1, les variations de vitesse et de densité de
∂2 ϕ0 ∂2 u 0
courant soient concentrées dans une couche mince située le long ------------- - = 0
- = ---------------- (78)
de la paroi est un résultat très général et les propriétés de cette ∂y 2 ∂y 2
couche de Hartmann méritent d’être soulignées. Supposons d’abord Ce résultat peut être interprété comme une conséquence des
que la paroi soit plane et perpendiculaire à l’induction magnétique ondes d’Alfvén qui, en régime permanent établi, ont tout le temps
B 0 appliquée. Plaçons l’origine des y à la paroi et notons : nécessaire pour établir une forte corrélation entre les plans perpen-
diculaire à B 0 . Si les conditions aux parois imposent des solutions
ρ Gp E paires, ces équations (78) conduisent simplement à des structures
u 0 = ------------
2
- – -------- (71) colonnaires comme celle observée par Lehnert (figure 13) [2].
σ B 0 B0
■ Le potentiel électrique ne peut pas varier de façon appréciable à
travers la couche de Hartmann : ϕ = ϕ 0 .

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■ Enfin, dans le cas des écoulements tourbillonnaires, si la paroi est


isolante, dans l’écoulement lointain les projections de la densité de
courant et du vecteur tourbillon ( ∇ ∧ u 0 ) dans la direction y du
champ magnétique sont proportionnelles :

0
j y = σδ ⊥ B 0 ⋅ ( ∇ ∧ u0 ) (81)

3.3 Conduites de section uniforme

Considérons la conduite de la figure 11a dont la section droite


est définie par le contour Ci d’équations :
Y = Y1 ( Z ) si Y<0 et Y = Y2 ( Z ) si Y>0 (82)
et utilisons des grandeurs adimensionnelles :

uν b σρ
U = ----------------
-,  = -------------------- --------- (83)
Gp  2 µ Gp  2 ν

définies à partir de la demi-largeur  de la conduite, du gradient de


pression Gp et des propriétés physiques µ , σ , ρ , ν . Les équations
de l’induction (62) et du mouvement (64) s’écrivent :
∂U 
∆ + Ha ---------- = 0
∂Y 
∂  (84)
∆U + Ha ---------- = – 1 
∂Y 

Les conditions aux limites sur la vitesse se réduisent à U = 0 sur


Ci . Pour exprimer les conditions aux limites électriques, limitons-
nous au cas d’une paroi assez mince (épaisseur e? , conductivité
σp) pour que l’on puisse admettre que la densité de courant y est
tangente au contour, et située dans un milieu extérieur isolant
(  = 0 sur le contour extérieur Ce ). On a alors, en tout point de Ci :

∂ σp e
 = C ---------- , C = ------------ (85)
∂n σ
avec n défini par l’équation (89).
Limitons-nous aussi au cas très fréquent avec les métaux
liquides où Ha!1 . Il est commode d’introduire les variables :
Figure 13 – Expérience de Lehnert
V+ = U +  , V– = U –  (86)
■ Les projections des vecteurs vitesse et densité de courant sur un qui vérifient les équations :
plan Y = Cte (perpendiculaire à B 0 ) varient exponentiellement à
∂ Vn
travers la couche de Hartmann suivant les lois : ∆V n n Ha -------------- = – 1 (87)
∂Y
0  Nota : cette forme d’équation, utilisée également par la suite, permet de rendre l’écri-
u ⊥ = u ⊥ 1 – exp (– HaY )   ture plus concise et signifie :
 (79)
  ∂V +
j ⊥ = j 0⊥ – σ ( u 0⊥ ∧ B 0 ) exp (– HaY )  

∆V + + Ha -----------
∂Y
= –1

 ∂V
■ De façon analogue à (76), la valeur locale du courant électrique  ∆ V – – Ha ----------–- = – 1
 ∂Y
qui transite dans la couche de Hartmann est proportionnelle à la
0 Si Ha!1 , mis à part une couche de Hartmann près des parois
vitesse au loin u H :
∂V n ∂U ∂

∞ (où -------------- , ---------- et ---------- sont tous de l’ordre de Ha), l’équation se
0 0
( j H – j H ) dy = σδ ⊥ ( u H ∧ B0 ) (80) ∂Y ∂Y ∂Y
0 réduit à :
∂V n 1
- =  ---------
------------- (88)
∂Y Ha

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Et, dans la couche de Hartmann, le laplacien se réduit à la 8


et conduit, après une intégration élémentaire, à U = ----------------- . Cette
∂2 3π Ha
dérivée ----------- où n représente la coordonnée normale à la conduite valeur peut être améliorée en cherchant le terme d’ordre supérieur
∂n 2
(figure 11 a ), définie en fonction de Y , de Y1 (ou Y2) et de θ : qui provient, d’une part, de la réduction de vitesse dans la couche
de Hartmann et, d’autre part, de la correction de la distribution
n = (Y2 – Y ) cos θ ou n = (Y – Y1) cos θ (89) U 0 (Z ) (95) due à la viscosité dans un développement d’ordre supé-
Si H = Ha cos θ ! 1 , l’équation (87) peut être approchée par : 1
rieur suivant les puissances de ---------. On montre que [3] :
Ha
∂ 2 Vn ∂ Vn ∂2 Vn ∂ Vn
---------------- N H -------------- = – 1 ou ---------------- n H -------------- = – 1 (90) 8 1
∂n 2 ∂n ∂n 2 ∂n U = ----------------- -------------------------
3π Ha 3π
(96)
1 + -------------
suivant le côté considéré (Y2 ou Y1). La solution prend l’une des 2Ha
deux formes suivantes :
n
Vn (n ) = n ------ + M n 1 – exp ( n Hn )  + Vn (0) 
H  3.4 Conduites rectangulaires
 (91)
n
Vn (n ) = N ------ + N n  1 – exp ( N Hn )  + Vn (0) 
H  Ce problème (figure 11b ) se distingue de celui traité au para-
où M + , M – , N + , N – , V + (0) et V – (0) sont les constantes d’intégration. graphe précédent par la présence d’une région assez étendue le long
des parois parallèles au champ magnétique d’équations Z = ± Γ où
Pour que ces fonctions puissent tendre asymptotiquement vers ni les expressions (92), ni les expressions (93) ne sont justifiées. Dans
des valeurs finies dans la région centrale, il faut que M + = N – = 0, ce paragraphe, nous devons donc examiner ces couches limites
c’est-à-dire que, dans la distribution de V + , il n’y ait pas de couche parallèles au champ magnétique. Le laplacien de l’équation (87) peut
de Hartmann du côté Y2 (Z ) et de même pour V – (Z ) du côté Y1 (Z ). être réduit à la dérivée ∂ 2 /∂Z 2 , qui devient beaucoup plus grande
Finalement, il faut donc que, au loin : que ∂ 2 / ∂ Y 2 (a priori , de l’ordre de l’unité). Alors l’équation (87)
devient :

0 Y2 ( Z ) – Y
 ∂ 2 Vn ∂V n
V + = V + (0) + ---------------------------
- - n Ha -------------
---------------- - = –1 (97)
Ha  ∂Z 2 ∂Y
 (92)
0 Y – Y1 ( Z ) 
V – = V – (0) + ---------------------------
Ha
-  Elle impose que ∂/∂Z soit de l’ordre de Ha 1/2 , c’est-à-dire qu’il

existe le long des parois parallèles au champ magnétique B 0 une
■ Supposons d’abord la paroi isolante [C = 0 et par suite,
couche limite d’épaisseur adimensionnelle δ // de l’ordre de Ha –1/2
V + (0) = V – (0) = 0]. On en déduit les distributions élémentaires :
beaucoup plus épaisse que la couche de Hartmann.
Y2 ( Z ) – Y1 ( Z )  Lorsque les parois sont toutes isolantes, l’équation (97) admet
U 0 = ----------------------------------------
-  une solution autosimilaire, de la forme :
2Ha 
 (93)
 
Y1 ( Z ) + Y2 ( Z ) 1–Y
1
 0 = --------- ----------------------------------------- –Y  V + = --------------- + V 0 (Y ) F ( ζ ) (98)
Ha 2  Ha

avec ζ = Z/ δ (Y ), F et δ fonctions, V0 (Y ) coefficient, et origine des Z
On obtient ainsi un résultat remarquable : la distribution de prise à la paroi, dont l’interprétation est tout à fait intéressante. On
vitesse dans la région centrale est invariante dans la direction Y du passe de V+ à V– en changeant Y en – Y, à U en prenant la partie
champ magnétique appliqué, ce qui est conforme à la propriété paire en Y et à  en prenant la partie impaire. La quantité δ (Y )
générale (78), et elle varie dans la direction Z comme la largeur de peut avoir l’une des deux expressions :
la conduite Y 2 (Z ) – Y 1 (Z ) .
2
■ Lorsque C a une valeur finie, on ne peut achever la détermination δ n (Y ) = --------- (1 n Y ) (99)
Ha
de la vitesse qu’en écrivant une condition de fermeture du circuit
électrique, de façon analogue à l’équation (69), de chaque côté de la Elle mesure alors l’épaisseur adimensionnelle δ // d’une couche
conduite, pour déterminer V + (0) et V – (0).
limite le long des parois parallèles à B 0 où les ondes d’Alfvén pro-
■ Mais le cas particulier C → ∞ échappe à cette analyse. Il se résout pagent U et  de l’un des coins Y = ± 1 vers l’autre, avec une dif-
toutefois de façon élémentaire puisque le potentiel électrique,

 --------
µσ 
1/2
constant sur la paroi, ne peut pas non plus varier à travers la couche ν
fusion transversale proportionnelle à - . La couche limite le
de Hartmann. Le potentiel électrique doit donc être uniforme dans la
région centrale. En identifiant les deux expressions de j z (61), on
obtient : long de chacune des parois parallèles à B 0 est ainsi une superpo-
1 sition de deux solutions autosimilaires (98). Le profil de vitesse,
U 0 = -----------
- (94) illustré par la figure 14, se déduit de l’expression :
Ha 2
ζ
et l’on retrouve ce blocage électromagnétique déjà mis en évidence
dans la géométrie élémentaire de l’écoulement de Hartmann (§ 4.1).  2

F ( ζ ) = (1 + ζ 2 ) 1 – erf ----------- – ζ ----- exp (– ζ 2 / 2)
2 π
(100)

De la distribution de vitesse trouvée on peut aisément déduire le


x
débit ou la vitesse adimensionnelle moyenne U . Ainsi, dans le cas 2
d’une conduite circulaire isolante, la relation (93) implique : Nota : rappelons que erf (x ) = ----------- exp (– t 2 ) d t .
π 0

1 Le cas des conduites à parois parallèles très conductrices et à


U 0 = --------- (1 – Z 2 ) 1/2 (95)
Ha parois perpendiculaires isolantes, à coup sûr l’un des plus intéres-
sants du point de vue pratique puisque c’est la configuration des

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Figure 14 – Profils de vitesse dans une section (Y = 0) des couches


situées le long d’une paroi parallèle à l’induction magnétique B 0 ,
lorsque les parois perpendiculaires à B 0 sont isolantes [4]

pompes à conduction et des générateurs d’électricité, est plus


difficile à analyser. En effet, pour que la paroi parallèle à B 0 soit à
potentiel électrique uniforme, chaque élément de longueur dY de
celle-ci se comporte lui aussi comme un émetteur d’ondes d’Alfvén.
La solution [4] a donc la forme d’une somme d’une infinité de solu-
tions élémentaires qui s’ajoutent aux ondes émises par les deux
coins. Malgré la complexité mathématique de la solution, le profil
de vitesse demeure tout à fait régulier, comme le montre la figure 14.
Les figures 15 et 16 illustrent deux situations plus curieuses où Figure 15 – Profils de vitesse en jet rasant dans une section Y = Cte
les parois perpendiculaires à B 0 sont supposées parfaitement de la couche parallèle à l’induction magnétique située le long
conductrices, alors que les parois parallèles peuvent être isolantes d’une paroi isolante lorsque les parois perpendiculaires
(figure 15) ou bien aussi parfaitement conductrices (figure 16). Dans sont parfaitement conductrices [5]
la région centrale, le fluide est en état de blocage électromagnétique
puisque les parois perpendiculaires court-circuitent les couches de
Hartmann. Mais, si les parois parallèles sont isolantes, la
composante jz s’effondre devant la composante jy dans leur voisi-
nage. Alors la force de résistance à l’avancement du fluide (– jz B0)
s’effondre elle aussi et, localement, on peut retrouver une vitesse
de l’ordre de Ha –1 . Cette vitesse élevée (Ha fois plus grande que
dans la région centrale) représente un vrai jet rasant la paroi. Ce
phénomène a été observé (figure 17) expérimentalement, mais à un
niveau plus faible que celui prédit par la théorie de Hunt [5] en raison
du niveau de turbulence assez élevé (survitesse de 10 %) entretenu
dans ces couches très cisaillées. Le cas où la paroi parallèle est elle
aussi parfaitement conductrice (figure 16) est un peu plus banal. La
survitesse prédite est de l’ordre de 20 % et le phénomène majeur
demeure le blocage électromagnétique du fluide.
Ces couches limites parallèles au champ magnétique appliqué,
que nous venons d’étudier, peuvent aussi être rencontrées ailleurs
qu’au voisinage d’une paroi, comme dans l’expérience de Lehnert
(figure 13) entre l’anneau fluide bloqué en rotation et les autres
régions bloquées au repos. Dans l’expérience de Rosant [1]
(figure 17), on observe aussi une telle couche parallèle au milieu Figure 16 – Profils de vitesse dans une section Y = Cte
de la conduite rectangulaire, faisant la transition entre le noyau de la couche parallèle à l’induction magnétique
bloqué au repos entre les parois conductrices et le noyau en mou- lorsque toutes les parois sont parfaitement conductrices
vement entre les parois isolantes. Dans tous les cas, ces couches
parallèles peuvent être interprétées comme des ondes d’Alfvén, exci-
tées par une singularité (coin ou disconstinuité de vitesse ou de

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conductivité), se propageant à la vitesse n B 0 / µρ et atténuées par


la double diffusion magnétique et visqueuse. On peut aussi noter
qu’à la différence des couches de Hartmann (qui exercent une
influence sur l’écoulement dans la région centrale) les couches paral-
lèles sont totalement passives et s’adaptent aux propriétés de l’écou-
lement lointain.

3.5 Entrée et sortie de l’aimant


Limitons-nous à une approche simplifiée de cet effet d’entrée (ou
de sortie), qui permet de comprendre le mécanisme et d’en évaluer
l’importance sans entrer dans la complexité du phénomène. Sup-
posons donc la conduite rectangulaire à parois isolantes, et très élan-
cée ( Γ !1) , de telle sorte que les lignes de courant électrique soient
contenues dans les plans Y = Cte (j y ?j x , j z ) , et limitons notre ana-
lyse aux situations où Ha!1 (viscosité négligeable).

À l’intérieur de l’entrefer, le champ électromoteur u ∧B


engendre un champ électrique E de sens opposé. Le potentiel
électrique est donc maximal sur la paroi Z = + Γ et minimal sur la
paroi Z = – Γ . La densité de courant, proportionnelle à la petite dif-
férence entre ces deux vecteurs, demeure toutefois dans la direc-
tion de u ∧B et est de l’ordre de σuB0 /Ha . Mais à l’extérieur de

l’entrefer de l’aimant, où B s’annule, j devient colinéaire à E et


les lignes de courant électrique peuvent se refermer dans les plans
Y = Cte , comme indiqué sur la figure 18. La longueur typique  e
de cette région extérieure où se renferment ces lignes peut être
estimée, dans cette configuration simple, à environ 10 fois la demi-
largeur de la conduite  .
Dans ces régions d’entrée et de sortie, l’accélération du fluide
résulte de la différence entre la force de Laplace et le gradient de
pression :
ρ(u ⋅ ∇)u = – ∇ p+ j ∧B (101)
En prenant le rotationnel de cette équation et en s’attachant
essentiellement à :
∂u
ω y ≈ --------- (102)
∂z

la composante la plus significative du vecteur ω = ∇ ∧ u , on


obtient :
∂ ωy ∂ By
ρu ------------ ≈ – j x ------------ (103)
∂x ∂x
En raison du signe de jx , quantité qui apparaît à l’origine de ce
mécanisme de création de tourbillon, fonction impaire de z , ∂ωy / ∂x
doit être positif dans la moitié z > 0 et négatif dans l’autre moitié.
Les profils de vitesse doivent donc se développer comme indiqué
sur la figure 18, en faisant apparaître une forme en M. On note qu’à
∂B y
la sortie, puisque les signes de jx et ------------ changent tous les deux,
∂x
le phénomène est renforcé.
L’ordre de grandeur de la survitesse δu peut être estimé à partir
de la relation :
δu
- ≈ – jx B0
ρu -------- (104)
δz
qui représente une intégration approximative de la relation (103).
Avec δz ≈ Γ et – j x ≈ σ B 0 u  e /  Ha , on obtient :
2
δu  σB 
Γ e Ha
--------- ≈ -------- 0
- ≈ 10 Γ ---------
- ------- ---------------- (105)
Figure 17 – Expérience de Rosant [1] u Ha  ρu Re

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Figure 18 – Lignes de courant électrique


(en tireté), profils de vitesse u en forme de M
et distribution longitudinale de pression p
à l’entrée et à la sortie de l’aimant

4. Écoulements non confinés


Les écoulements qui disposent pour se développer de domaines
assez vastes par rapport aux échelles caractéristiques de l’écoule-
ment proprement dit, comme les sillages et les jets, se distinguent
des écoulements en conduites par trois caractères principaux :
— leur largeur est en général variable avec l’abscisse (ou avec le
temps) à cause de la diffusion par viscosité ;
— ils ne sont pas assujettis à la conservation du débit mais, au
contraire, peuvent entraîner le fluide ambiant (cas des jets) ou être
entraînés par lui ;
— ils sont cependant soumis à une autre contrainte, liée à l’exis-
tence du fluide ambiant, en général la conservation d’un débit de
quantité de mouvement.
Nous réexaminons ici leurs propriétés dans le cas de métaux
liquides en présence d’un champ magnétique uniforme (à moins
que l’on ne précise le contraire). Nous verrons (§ 6.1 et § 6.3) que
les ondes d’Alfvén jouent un rôle majeur, même lorsque Rm?1.

Figure 19 – Demi-profils de vitesse en forme de M


dans une conduite rectangulaire (  = 7,6) à parois isolantes [6] 4.1 Sillage lointain

Considérons le sillage plan d’un obstacle cylindrique (figure 20),


Les expériences de Tananaev (figure 19) confirment bien ces esti-
et limitons-nous aux régions assez éloignées de celui-ci pour que
mations. L’élancement de la conduite utilisée est Γ = 7,6 ; avec les
le sillage ne dépende plus des détails de forme de l’obstacle, mais
valeurs de Ha et Re indiquées sur la figure (Ha = 700, Re = 2 · 105 ),
uniquement de sa traînée. En mécanique des fluides ordinaire, sup-
la relation (105) conduit à δu /u = 0,27, valeur tout à fait en accord
posant le régime laminaire, on trouve une solution bien connue : la
avec les mesures.
distribution de vitesse est autosimilaire, de la forme :
On remarque que tout moyen permettant de diminuer jx dans le
fluide (par exemple, l’introduction d’un court-circuit électrique νx
u (x, y) = u 0 (x ) exp (– ξ 2 /4 ) , ξ = y / δ s (x ) , δ s ( x ) = Cte -------- (106)
dans les parois) réduit nécessairement la formation de ces profils uf
en forme de M. Par ailleurs, on note que cette analyse approchée
peut être adaptée au cas d’un rapide changement de section droite avec uf vitesse uniforme du fluide ambiant par rapport à
de la conduite dans un champ magnétique uniforme en changeant l’obstacle,
∂ By ∂ jx u (x, y ) vitesse déficitaire locale du fluide dans le sillage,
– j x ------------ en – B 0 --------- .
∂x ∂x u0 (x ) vitesse déficitaire du fluide sur l’axe.

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La vitesse u0 varie comme x –1/2 de façon à vérifier le théorème


des quantités de mouvement qui lie le débit déficitaire par unité de
longueur :


+∞
u (x, y) dy = π u0 δs (107)
–∞

à la traînée par unité de longueur T par la relation :


+∞
T = ρu f u dy (108)
–∞

■ Lorsqu’un champ magnétique uniforme B 0 est appliqué dans la


même direction que l’écoulement ambiant, les formes linéaires des
équations du mouvement et de l’induction sont, si on suppose
u?u f et a? 0 (avec  0 = B 0 / µρ vitesse des ondes d’Alfvén et
a = b / µρ sa perturbation dans le sillage) :

∂u ∂a ∂ 2u 
u f --------- =  0 -------- + ν -----------
- 
∂x ∂x ∂y 2 
 (109)
∂a ∂u ∂ 2a 
u f -------- =  0 --------- + η -----------
- 
∂x ∂x ∂y 2 
Figure 20 – Double sillage dans un fluide en mouvement
autour d’un obstacle cylindrique
B2
et la pression totale p + --------- doit demeurer invariante. Les conditions

aux limites s’écrivent :
Dans le cas précis des métaux liquides (Pm ≈ 10 –7), les deux
u (x, y & n ∞) = a (x, y & n ∞) = 0 
racines deviennent :
 2
∂u ∂a  (110) α + = 1, α – = Pm ( 1 – β 0 ) (115)
--------- ( x , y = 0 ) = -------- (x, y = 0 ) = 0
∂y ∂y 
 La première conduit au sillage visqueux classique, toujours situé
Ce problème assez fondamental, où la similitude entre les à l’aval. La seconde conduit à un sillage magnétique, plus large
équations (109) et celles des ondes d’Alfvén (25) et (26) est remar- que le sillage visqueux, situé à l’amont ou à l’aval suivant le signe
2
quable, a été résolu par Hasimoto [7]. Mais la solution brièvement de 1 – β 0 .
décrite ci-après n’a fait l’objet de comparaison avec des résultats
expérimentaux que très récemment [8]. Cette solution est autosimi- La présence du sillage amont est bien observée par Lajhomri [8],
laire, de la forme : mais avec une loi d’évolution axiale modifiée par le confinement iné-
vitable de son expérience dans un tube de diamètre fini [u0 (x ) décroît
u u a y en exp(– x ) et non pas en x –1/2]. Quant au sillage aval, sa signature
----------------- = f ( ξ ) , --------f- ----------------- = g ( ξ ), ξ = ------------------ (111) magnétique a pu être mesurée ; l’existence d’une rue de tourbillons
u 0 (x )  0 u 0 (x ) δ s (x )
alternés est mise en évidence lorsque Ha / Re < 3,5 · 10 –3 , avec le
avec des fonctions f (ξ ) et g (ξ ) qui vérifient les équations : déphasage attendu des tourbillons magnétiques par rapport aux
tourbillons mécaniques.
df 
--------- + εξ f = εβ 2 ξ g
dξ  ■ Le cas d’un champ magnétique B 0 incliné d’un angle  ≠ 0 par
dg  (112)
--------- + ε Pm ξ g = ε Pm ξ f  rapport à la vitesse u f a lui aussi fait l’objet d’une analyse
dξ 
détaillée [9]. Là encore, deux sillages coexistent, d’épaisseurs
avec : conformes à celle donnée par l’équation (114), et se développent

 dans les directions des vecteurs unités s n donnés par les relations :
2 2νx
δ s (x) = ε ------------ , ε = signe (x) , β 0 = --------0- , Pm = µσν (113)
uf uf 2 N1/2
s n = (1n2 β 0 cos α + β 0 ) ( i n β0 k ) (116)
Le sillage MHD apparaît donc comme la superposition de deux
sillages élémentaires qui peuvent avoir les dispositions indiquées
avec i et k vecteurs orientés respectivement dans les directions
sur la figure 20. Lorsque β 0 < 1 (régime superalfvénique), les deux
sillages se trouvent à l’aval de l’obstacle comme en l’absence du de u f et B 0 .
champ magnétique. Mais lorsque β 0 > 1 (régime subalfvénique), l’un
d’eux est situé à l’amont. Le caractère un peu surprenant de cette
configuration s’explique par l’influence des ondes d’Alfvén. Ce sont
elles qui, lorsque leur célérité  0 est supérieure à la vitesse uf du 4.2 Jet libre dans un champ magnétique
liquide ambiant, peuvent propager un sillage à l’amont aussi bien transversal
qu’à l’aval. On note les demi-largeurs respectives des deux sillages
élémentaires, qui combinent les deux diffusivités à travers le nombre
de Prandtl magnétique Pm : Ce problème représente un autre prototype d’écoulement tout à
8 νx 1 fait important, car il met bien en lumière le rôle organisateur du
2 2
δ sn = ---------- -------- , αn = ----- Pm + 1n (Pm – 1 ) 2 + 4 β 0 Pm  (114) champ magnétique. Le jet est supposé issu d’une fente très mince,
αn uf 2
alignée suivant Oz (figure 21), et dirigé dans le sens des x dans un

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demi-espace occupé par le même métal liquide. Le champ magné-


tique B0 (x ), dirigé suivant Oy , dans le plan de l’écoulement, est a
priori variable avec x . L’aspect le plus remarquable de ce problème
est le fait que la résistance opposée à la pénétration du jet à travers
les lignes de flux magnétique soit maximale car, en raison de la
présence de grands domaines fluides conducteurs de part et
d’autre du jet, le champ électrique est nul.
La solution exacte des équations de ce jet plan est autosimilaire
[10] de la forme :
u 1 y
-,
----------------- = --------------- ξ = ---------------- (117)
u 0 (x) ch 2 ξ δ j (x)

La vitesse u0 (x ) (u0 est la vitesse sur l’axe du jet) et la largeur


δ j (x ) doivent vérifier les équations :
2
u0 δ j = 6 ν x 
2 
du u0 σB 0  (118)
-----------0- + --------
- = – ------------- 
dx 3x ρ 

On retrouve donc la même relation entre u 0 et δ j (x ) qu’en l’absence


de champ magnétique : Figure 21 – Lignes de courant hydrodynamiques
et profils de vitesse d’un jet libre plan (y = 0),
2 νx
δ j ( x ) = 6 -------- (119) dans un demi-espace rempli du même métal,
u0
arrêté par une induction magnétique B 0 transversale uniforme
mais la vitesse est modifiée suivant la loi :

 
x 2
σB
u 0 = x –1/3 k –
0
------------0- χ 1/3 d χ
ρ  (120)
sont capables de franchir la barrière magnétique que constitue
l’épaisseur de peau. Après quoi, ils poursuivent leur expansion
comme un fluide non conducteur. Les jets moins puissants sont
où la constante k est liée au débit de quantité de mouvement injecté.
arrêtés et détournés dans les directions n B 0 .
■ Lorsque B0 est constant, cette expression devient :
2
3 σB 0

u 0 = x –1/3 k – ----- ------------- x 4/3
4 ρ  (121) 4.3 Écoulement autour d’un objet
en mouvement
Elle conduit à un jet arrêté par le champ magnétique et détourné
dans les directions n B 0 à une distance de l’origine égale à
La troisième famille de problèmes à aborder dans le cadre des
4 ρk
3/4

 
fluides illimités concerne les écoulements au voisinage d’obstacles
----- ------------2- .
3 σB en mouvement ; ceux-ci sont en général très complexes en méca-
0
nique des fluides ordinaires. Mais, en MHD, lorsque le champ magné-
■ Le cas d’un champ magnétique à variation exponentielle, du type tique est assez grand pour que le nombre de Hartmann soit très
supérieur à l’unité, l’écoulement retrouve une certaine simplicité,
 
x
B 0 = B 1 exp – -------- , où δB représente la profondeur de pénétration toujours en raison du rôle organisateur du champ magnétique qui
δB
impose aux vecteurs u et j une structure bien particulière
[équation (10)], est lui aussi tout à fait intéressant du point de vue de
l’application aux systèmes à induction. La relation (120) conduit à : (figure 22) caractérisée par :
— des colonnes de fluide C quasi bidimensionnelles alignées sur
2 le champ magnétique, imposées par la propagation des ondes
σ B 1 4/3
 ----3- , -------
δ 
4 x
u0 = x –1/3 k – ------------- δ B Γ - (122) d’Alfvén ;
ρ B — une couche de Hartmann d’épaisseur δ⊥ le long de la portion
des parois nettement non parallèle au champ magnétique ;
x

où Γ m, --------
δB  est la fonction gamma incomplète : — des couches parallèles à B 0 dont l’épaisseur δ// est de l’ordre
de Ha –1/2 et varie avec la distance du corps, qui assurent les tran-
sitions nécessaires.

=
x/ δ B

 x
Γ m, --------
δB 0
χ m – 1 exp (– χ ) d χ (123) Le cas le plus simple, auquel nous nous limitons, est celui d’un
cylindre circulaire de rayon R infiniment long, mobile avec une
vitesse u 1 dans la direction de son axe, en présence d’un champ
Cette fonction monotone croît avec x jusqu’à la valeur limite
magnétique uniforme B 0 perpendiculaire à u 1 . L’organisation de
4
 
Γ ----- , ∞ = 0,893 . Cela signifie que seuls les jets assez puissants,
3
l’écoulement est illustrée sur la figure 22. On remarque la faible dif-
férence entre le cas d’un corps isolant (figure 22a) et celui d’un corps
pour lesquels : parfaitement conducteur (figure 22b) sur le plan de cette organisa-
2 tion. L’aspect original de ce problème tient au fait que les couches
σ B 1 4/3
 ----3- , ∞ 
4
k > ------------- δ B Γ (124) parallèles, d’épaisseur δ// de l’ordre de Y/Ha , doivent se rejoindre
ρ

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électromagnétique par unité de volume F soit négligeable. La partie


moyenne de cette force [équation (50)] peut encore s’écrire sous la
forme :

σω 2 σω
 
d A0
 
2n 2n
〈 F 〉 = – ∇ ---------- A 0 exp – -------- + ---------- A 0 ----------- exp – -------- e s (128)
4 δB 2 ds δB

qui met bien en évidence, d’une part, la pression magnétique


σω 2
  responsable de la forme de la surface libre
2n
---------- A 0 exp – ---------
4 δB
(§ 3.3), d’autre part, la force rotationnelle par unité de volume :

σω
 
dA 0 2n
F R = ---------- A 0 ------------- exp – --------- e s
2 ds δB
Figure 22 – Organisation de l’écoulement autour d’un obstacle qui est l’origine du mouvement du fluide. Celle-ci est tangentielle
en mouvement uniforme dans un fluide au repos lorsque Ha ! 1 et concentrée dans la peau électromagnétique. Compte tenu du
dA 0
signe de ------------- , positif de S à E et négatif de E à N, on s’attend à
ds
quand δ// ≈ 1, c’est-à-dire à une distance du corps Y ≈ Ha . Au-delà, ce qu’elle engendre deux vortex (figure 23).
la colonne C, où j = 0 et où le fluide avance avec une vitesse L’écoulement est turbulent et vérifie l’équation :
uniforme contrôlée par le courant électrique qui transite dans la =
couche de Hartmann, évolue vers une sorte de sillage lointain que ρ ( u ⋅ ∇ ) u = – ∇ p* + F R + ∇ ⋅ τ
l’on peut décrire en adoptant la solution étudiée au paragraphe 4.1. (129)
2
σω A 0
 
Le champ de vitesse au voisinage de l’obstacle est décrit par 2n
où p* = p + ρ gz + ------------------ exp – --------- (130)
l’équation : 4 δB
∂ 2u =
∆ 2 u – Ha 2 ------------ = 0 (125) représente la pression totale et où τ représente le tenseur de
∂Y 2
Reynolds, de composantes – ρ u i′ u j′ (avec ui la composante de la
dont la résolution ne présente pas de réelle difficulté [1]. Il est donc vitesse moyenne temporelle locale dans la direction Oxi , u i′ sa
assez facile de calculer la contrainte tangentielle à la paroi du cylindre fluctuation dans le temps et dans l’espace et u i′ u j′ la valeur
et, par suite, la force de frottement par unité de longueur F f . Suivant moyenne du produit des fluctuations u i′ et u ′j ).
que le cylindre est isolant ou parfaitement conducteur, on trouve
deux valeurs du même ordre de grandeur : Ces écoulements recirculants vérifient tous une propriété
commune : l’intégrale de l’équation (129) le long de toute ligne de
2 Ha 2 π Ha courant de fluide fermée C s’écrit :
F f = ρ u 1 Rπ --------- ou F f = ρ u 1 R ----- --------- (126)
Re 2 Re
Mais, dans le cas du cylindre conducteur, une force de volume  C
FR ⋅ d s +  C
=
( ∇ ⋅ τ ) ⋅ ds = 0 (131)
supplémentaire, due au courant électrique qui circule dans l’objet,
s’exerce sur celui-ci. Sa valeur dépend de la structure interne du
avec s = s e s . Cette relation impose que, dans l’écoulement voisin
cylindre solide. Dans le cas où celui-ci est homogène, cette force
par unité de longueur s’écrit : =
de la paroi engendré par F R , ∇ ⋅ τ atteigne une valeur de l’ordre
2 2
2 Ha 2
F V = ρ u 1 R π ------------ (127) de σω A 0 h, soit encore B 0 / µh ou ρ  2 /h en notant  la vitesse des
Re ondes d’Alfvén. Dans l’épaisseur de peau, que nous supposons très
On note qu’elle est Ha fois plus grande en ordre de grandeur que F f qui peut donc être
petite par rapport au rayon R et à la hauteur h du creuset, la force
totalement masqué par FV .
tangentielle F R est équilibrée par la dérivée suivant la normale de
la composante τ ns du tenseur de Reynolds. En introduisant la vitesse
de frottement u , telle que τ ns = ρ u 2 , on a :
5. Écoulements recirculants * *
δ
u2 ≈  2 -------
B
- (132)
5.1 Brassage dans les fours * h
à induction à creuset Rien ne s’y opposant, on doit admettre que les échanges d’éner-
gie entre la turbulence et l’écoulement moyen sont analogues à
Les fours à induction à creuset, illustrés sur la figure 23, sont très ceux des écoulements cisaillés classiques et que, par suite, u est
utilisés dans les aciéries pour fondre de grandes masses de métal *
1
(plusieurs dizaines de tonnes dans des creusets de rayon supérieur de l’ordre de -------- de la vitesse moyenne temporelle locale u :
10
à 1 m) à l’aide de la puissance libérée par effet Joule. L’inducteur
est une spire coaxiale au creuset, parcourue par un courant électrique δB
 -------h- 
1/2
alternatif monophasé I de fréquence f assez élevée (50 à 103 Hz) pour u ≈ 10 (133)
que l’effet de peau soit significatif et que la partie pulsante de la force

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Figure 23 – Schéma d’un four à induction à creuset

Mais, au centre du creuset, tout particulièrement lorsque δ B ?R ,


la vitesse uc peut être nettement inférieure à la vitesse up (≈ u )

d’une sorte de jet pariétal poussé par la force F R . La condition de


continuité du débit :
π R 2 u c ≈ 2 π R δ p up (134)
et une bonne estimation de l’épaisseur δ p de ce jet pariétal :

1 h
δ p = -------- -----
20 2  
δB
 -------h- 
1/2
h h
conduisent à uc ≈  -------
- ≈  -------
- R ω –1/4 (135)
2r 2r

Exemple : dans les métaux fondus avec une fréquence de 103 Hz,
l’épaisseur δB est de l’ordre de 2 · 10–2 m. Avec un champ magnétique
de 6 · 10 –2 T, la vitesse des ondes d’Alfvén  est de l’ordre
de 0,6 m · s–1 . Dans un creuset tel que h = 2R = 2 m, les estimations
précédentes conduisent aux vitesses :

u p = 0,6 m ⋅ s –1 , uc = u ,
*
≈ 0,06 m ⋅ s –1 Figure 24 – Champ de vitesse mesuré
dans un modèle à mercure de four à induction [11]
Ces estimations et la loi en Rω –1/4
sont bien confirmées par les
expériences [11] [12]. La figure 24 montre le champ de vitesse
mesuré dans un modèle à mercure pour les fréquences 50 et 400 Hz. 5.2 Brassage à l’aide d’un champ tournant
On peut y noter la présence de ce jet le long de la paroi proche de
l’inducteur ; les formes des deux vortex sont assez peu sensibles à
ce changement de fréquence.
5.2.1 Cas général
La figure 25 met en évidence l’influence de la fréquence sur les Avec un inducteur monophasé, qui induit un champ magnétique
valeurs de u et de la valeur efficace des fluctuations dans le temps pulsant, le brassage demeure modéré. On peut par contre atteindre
de vitesse u ’. On peut remarquer que la valeur 1/10 demeure une des vitesses élevées avec un inducteur polyphasé, qui induit un
bonne estimation du rapport u ’/u quel que soit R ω . On vérifie bien champ magnétique mobile à une vitesse dite vitesse de synchro-
la loi asymptotique en R ω –1/4 et on remarque l’autre limite en nisme. L’analyse de ce phénomène demeure difficile dans les situa-
R ω 5/2 dans le cas des basses fréquences, lorsque la turbulence est tions industrielles et les prédictions théoriques ou numériques sont
excitée et alimentée par la pulsation de la force électromagnétique. souvent assez éloignées des valeurs mesurées. Nous nous limitons
Cette figure montre que le brassage le plus intense est obtenu ici à dégager les idées directrices qui permettent de comprendre
lorsque R ω ≈ 30. ces phénomènes et cela dans le cadre limité des systèmes circu-
laires infiniment longs soumis à un champ magnétique tournant.
La plupart des résultats se transposent assez simplement au cas
d’un champ magnétique glissant (inducteur linéaire).

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avec, à l’intérieur du cylindre de rayon R :


2B 0 rJ 2 ( m )
f (r *) = --------------------------------------------------------------
- (142)
2J 2 ( m 0 ) + J ′ 2 ( m 0 )

r 
m = (1 + j ) ---- 
δ

R 
m 0 = (1 + j ) ------
δ  (143)

2 
δ = -------------- 
µσΩ 

avec J 2
( m ) la fonction de Bessel et J ′ 2 ( m ) sa dérivée.

Le caractère essentiel de cette distribution est sa pénétration plus


ou moins grande, suivant la valeur de R ω . Faire varier la pulsation
Figure 25 – Influence de la fréquence ω ou le nombre de paires de pôles permet donc de modifier l’épais-
sur la vitesse moyenne temporelle locale u seur de la région où s’exerce la force de Laplace et, par suite, l’effi-
et sur la valeur efficace de ses fluctuations u ’ cacité du moteur. Cette force tend à empêcher le glissement du fluide
par rapport au champ magnétique, alors que le mouvement de la
paroi à la vitesse – Ω (dans le repère entraîné) impose un certain
L’inducteur, situé à l’extérieur du cylindre de rayon R d’axe Oz glissement.
occupé par le métal liquide, est modélisé comme une nappe de
courant plaquée contre ce cylindre, dont l’intensité par unité de
longueur est : 5.2.2 Cas limite des basses fréquences ( R ? 1 )
I = – I0 cos(p θ – ω t) (136)
et qui induit un champ d’induction magnétique dont les La pénétration du champ magnétique est alors parfaite et les
composantes ont les expressions dans le système de coordonnées composantes de l’induction ont exactement les expressions (137),
cylindriques (r, θ , z) : comme si le fluide était isolant. Les forces par unité de volume,
auxquelles est soumis le mouvement plan du fluide de vitesse

 
p–1
r  u = (ur , uθ , 0), s’écrivent :
B r = B 0 ----- sin (p θ – ω t ) 
R 
 2
F r = σ (– u r B θ + u θ B r B θ ) 
 -----Rr 
p–1
Bθ = B0 cos (p θ – ω t )  (137)
 (144)
 Fθ = σ ( ur Br Bθ – uθ B θ )
2


Bz = 0 
 2
Suivant que le temps caractéristique de ces forces ρ / σ B 0 est
avec B 0 = µI 0 , si le fluide est isolant. Le nombre p est un entier qui beaucoup plus grand ou beaucoup plus petit que la durée d’une
désigne le nombre de paires de pôles du champ magnétique.
révolution Ω –1 , on peut encore distinguer deux sous-régimes.
Dans un fluide conducteur de l’électricité animé de vitesses
assez faibles pour que Rm?1 , la réaction magnétique provient 2
B 0
uniquement de la pulsation du courant. La symétrie cylindrique ■ Tout d’abord, si -------------- ?1 , les forces électromagnétiques sont
permet assez simplement de calculer le champ magnétique réel. 
Celui-ci dérive d’une fonction de flux x ( r, θ ) , telle que : incapables d’entretenir un mouvement radial. Le champ de vitesse
est alors purement axisymétrique et orthoradial. La vitesse adimen-
1 ∂x ∂x sionnelle Uθ = uθ / ΩR doit vérifier l’équation :
B r = ----- --------- , B θ = – --------- (138)
r ∂θ ∂r

 
1 dU Uθ Ha 2
et il est commode de choisir un repère tournant à la vitesse de syn- -------- r * ------------θ- – ---------- – ------------ r *2(p – 1 ) = 0 (145)
r* dr* r* 2 2
ω r ω
chronisme Ω = ------ et des coordonnées r * = ----- et θ * = θ – ------ t,
p R p et les conditions aux limites :
telles que :
Uθ (r * = 0) = 0, Uθ (r * = 1) = – 1 (146)
x = x (r *, θ *) (139)
La solution est montrée sur les courbes de la figure 26. Dès que
Alors l’équation de l’induction se ramène à :
le nombre de Hartmann est assez grand, on reconnaît une couche
∂x de Hartmann près de la paroi et un cœur central où la vitesse de
∆x + R ω ------------ = 0 (140) synchronisme est atteinte. La figure montre aussi l’influence du
∂θ*
nombre de paires de pôles. Plus ce nombre grandit, plus le trou
dont la solution est x = lm{f (r*) exp(iθ *)} (141) central dans le champ de force (où les forces s’effondrent) est
grand et donc le couple moteur réduit.
2
B 0
■ À l’autre extrême, lorsque -------------- !1 , les forces d’inertie ne peuvent

pas lisser les variations périodiques des forces électromagnétiques.
Alors, l’équilibre dominant étant entre celles-ci et le forces de visco-
sité, le problème demeure linéaire. Si l’on se limite au cas des grands

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Figure 27 – Écoulement secondaire engendré


par une induction magnétique tournante
2
B 0
à basse fréquence lorsque -------------- !1 [13]


5.2.3 Cas limite des hautes fréquences (R  ! 1)

La pénétration du champ magnétique est dans ce cas très faible.


Figure 26 – Profils de vitesse En remplaçant les fonctions de Bessel J 2 (m) et J ′ 2 (m) (142)
en présence d’une induction magnétique tournante par leurs expressions asymptotiques lorsque δB → 0, la fonction de
flux devient :

ur
nombres de Hartmann [13], les composantes U r U r = ----------
ΩR
- et Uθ de   x =
R–r
δB  
R–r π
2 B 0 δB exp – -------------- sin θ + -------------- + -----
δB 4
(150)

la vitesse adimensionnelle vérifient dans la couche de Hartmann les


équations : On en déduit B [équation (137)] et la densité de courant dirigée
suivant l’axe z . Il est tout à fait remarquable [14] que, alors que
∂ 2 Uθ  B et j dépendent tous les deux de l’angle θ , le rotationnel de la
- – Ha 2 U θ sin 2 p θ = 0
--------------- 
∂r* 2  force de Laplace en soit indépendant :
 (147)
∂U ∂U  2
-----------r- + -----------θ- = 0  4B 0
∂r* ∂θ 
∇ ∧ (j ∧ B ) = – ------------- exp  – 2 ( R – r )/ δB  e z (151)
µδ r
Dans son voisinage, la paroi impose donc au fluide une vitesse : Par suite, le mouvement est axisymétrique. En supposant l’écou-
Uθ = – exp [Ha |sin p θ | (1 – r *)] = – exp [– (1 – r *) R / δ⊥ ] (148) lement laminaire, on en déduit simplement la distribution de
vitesse uθ (r ) [14] :
L’épaisseur δ⊥ de la couche de Hartmann varie d’un point à
2 2
B 0δB
 exp  – 2 ( R – r )/ δ  – -----Rr 
l’autre avec des minimums en N et S (figure 27). Par continuité, on
u θ = – --------------------- (152)
en déduit la valeur de la vitesse adimensionnelle de l’écoulement 2 µρν R B
de cœur Uc au voisinage de la couche de Hartmann (r * = 1). Dans
le cœur, le seul équilibre possible sans inertie ni viscosité impose Dans la région centrale où l’exponentielle s’annule, ce mouvement
se réduit à une rotation en bloc de vitesse angulaire :
à j ∧ B de s’opposer exactement au gradient de pression. Un cal-
2 2 2
cul sans difficulté [13] conduit à la solution : B 0δB B0 Ha 2
Ω f = ----------------------- - = ------------2- Ω
- = --------------------------------- (153)
2 µρν R 2 σµ ρνΩ R2 2 Rω
p t ( t 2 + n2 )(p – 1) / 2p
U n = 0, U t = – --------- -------------------------------------------------
- (149)
Ha (1 – t 2 ) 3/2 inversement proportionnelle à la vitesse de synchronisme Ω . Ce
résultat tient au fait que, plus faible est l’épaisseur de peau, plus
avec (t , n ) coordonnées curvilignes normale et tangentielle au grand est le frottement visqueux.
champ magnétique. Finalement, cet écoulement de cœur où la
vitesse est colinéaire au champ magnétique est constitué de p paires
de vortex tournant tous dans le même sens imposé par la vitesse
relative de la paroi.

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5.2.4 Aperçu sur les résultats expérimentaux sipation d’énergie par effet Joule. L’exemple le plus connu pour illus-
trer cet effet est la configuration de Rayleigh-Bénard. Considérons
La comparaison avec une expérience est difficile, car toute réali- (figure 28a) une couche fluide horizontale d’épaisseur d, illimitée
sation pratique s’écarte nettement des situations élémentaires décri- dans les directions x et y, et chauffée par-dessous. Supposons que
tes ci-avant. L’inducteur n’est pas une nappe de courant les plans inférieur (z = – d /2) et supérieur (z = d /2) soient respec-
[équation (136)] mais il est en général court avec des extrémités dont tivement portés aux températures T1 et T2 (T1 > T2 ). Notons
l’influence est non négligeable, la fréquence n’est ni très faible ni G = (T1 – T2 )/d le gradient de température uniforme en régime de
très grande et, enfin, l’écoulement est turbulent. Il existe toutefois conduction pure. En l’absence de champ magnétique, cet état peut
une expérience [15] qui a fait l’objet de mesures assez complètes, être instable et un régime convectif se développe dès que G dépasse
qu’il est intéressant de situer par rapport aux théories précédentes. une certaine valeur critique G c . Plus précisément, pour que l’insta-
L’inducteur a une longueur égale au diamètre du cylindre fluide et bilité se développe, il faut que le nombre de Rayleigh :
R ω = 4. Il en résulte que la force de Laplace par unité de volume ortho-
radiale Fθ est réduite d’un facteur voisin de 2 par rapport à la valeur gG β d 4
Ra = ---------------------- (159)
2 να
théorique σB 0Ωr [équation (144)]. Le nombre de Hartmann peut
atteindre 90 et, en conséquence, Ha 2 / Rω 2 atteint des valeurs de (avec α diffusivité thermique et β coefficient de dilatation volumique)
l’ordre de 5 · 10 2 , mais les mesures montrent que Ω f / Ω est toujours atteigne une valeur critique Rac de l’ordre de 10 3 (1 708 si les deux
frontières sont solides, 1 100 si l’une est solide et si l’autre est une
inférieur à 0,2.
surface libre et 658 si les deux sont des surfaces libres).
Les théories élémentaires des écoulements turbulents permettent
cependant d’estimer correctement Ω f , dès lors que l’on a admis que ■ En présence d’un champ magnétique vertical (figure 28b), le
Fθ peut s’écrire : nombre de Rayleigh critique s’accroît fortement, comme le montre
la figure 29. La théorie linéaire de la stabilité [17] rend bien compte
C 2 de cette influence stabilisante. Sans en reprendre les détails, rap-
F θ = ----- σ B 0 Ω r (154)
2 pelons que l’on peut justifier l’approximation suivante. Toute pertur-
1 bation périodique de nombre d’onde k, c’est-à-dire proportionnelle
avec C ≈ ----- à sin kx , devient instable (c’est-à-dire s’amplifie spontanément) dès
2
En notant : que :
2 π2 + K 2
C σB Ra > --------------------- (π 2 + K 2 ) 2 + π 2 Ha 2  (160)
V = ----- ------------0- Ω R (155) K2
8 ρΩ
où K = kd désigne le nombre d’onde adimensionnel de la

r
perturbation.
l’équilibre entre le couple moteur Fθ 2πr 2 dr et le couple de
0
frottement 2πr 2 τ (avec τ contrainte tangentielle) impose :

 
2
r
τ = – ρ V 2 ------- (156)
R
Si l’on accepte qu’au voisinage de la paroi (hors de la sous-
couche visqueuse) on puisse écrire :

 
2
2 d uθ
τ = – ρ K 2 Y + ------------ (157)
d Y+

où Y+ = V (R – r )/ ν et où K = 0,4 est la constante de Karman, on


retrouve la loi logarithmique :

- = 2,5 ln Y + + 5,5
-------- (158)
V
En se plaçant à une distance de la paroi telle que Y+ ≈ 10, on trouve
immédiatement Ω f ≈ 10 V / R , ce qui est très proche des résultats
expérimentaux [15]. Il est remarquable que des modèles numériques
complexes [16] ne conduisent pas à une précision meilleure.

6. Stabilité et turbulence
6.1 Influence stabilisante
d’un champ magnétique uniforme
Figure 28 – Action d’une induction magnétique verticale
Toute perturbation d’un écoulement de vitesse u caractérisée par uniforme sur une perturbation cellulaire
dans la configuration de Rayleigh-Bénard
son propre champ de vitesse ( u ′ ) induit des courants de Foucault
supplémentaires dans le métal liquide ( j ′ ) . Elle subit donc une dis-

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■ Si maintenant on applique un champ magnétique uniforme hori-


zontal dans la direction Oy , que se passe-t-il ? Le champ électro-
moteur a deux composantes :

– Bw
u ∧B 0 (162)
Bu

et se réduit au gradient du scalaire B Ψ où Ψ désigne la fonction de

courant du champ de vitesse


 u = + ∂--------
Ψ
∂z
-,
∂Ψ
w = – ---------
∂x  .

Un champ électrique prend donc naissance, qui annule exacte-


ment en tout point la densité de courant et la force de Laplace.
Dans cette situation, les rouleaux d’axe Oy, parfaitement alignés
sur la direction du champ appliqué, ne ressentent aucun freinage
électromagnétique. Par contre, toutes les irrégularités tridimen-
sionnelles de ces rouleaux induisent un courant et des forces qui
les freinent.
On peut donc noter que, si le champ magnétique est en général
stabilisant, c’est de façon sélective, certaines configurations pou-
vant parfois échapper au freinage électromagnétique.
Figure 29 – Variation du nombre de Rayleigh critique
en fonction du nombre de Hartmann
dans la configuration de Rayleigh-Bénard
6.2 Instabilité des jets liquides
parcourus par un courant électrique
Il est bien clair que cette expression possède un minimum pour
une certaine valeur K c ; cela veut dire que, lorsque l’on fait croître Une expérience facile consiste à transvaser du mercure, d’un
G (ou Ra ), dès que l’on atteint la valeur critique Rac , correspondant réservoir circulaire comportant un orifice situé dans son fond, dans
au minimum de l’expression (160), la perturbation de nombre d’onde un second réservoir situé au-dessous du premier, et à faire passer
K c n’est plus stable. Si l’on dépasse cette valeur Ra c , la perturbation un courant électrique continu dans le jet de mercure liquide [2]. On
de nombre d’onde K c est amplifiée. La présence du nombre de constate que cette colonne liquide se pince et forme des instabi-
Hartmann dans cette expression exprime l’influence du champ lités en saucisses (figure 30 a ). Le mécanisme est simple. Dès
magnétique appliqué. Conformément à la courbe de la figure 29, qu’une contraction locale apparaît, la densité du courant s’accroît
qui représente la solution exacte et non pas l’approximation (160), dans le col, la force de Laplace qui serre radialement le jet s’accroît
Ra c croît systématiquement lorsque Ha croît. Lorsque Ha!1, on peut aussi et renforce le pincement initial.
noter que : Maintenant, dès qu’un champ magnétique axial est présent, même
Ra c ≈ π 2 Ha 2 
faible, la structure de la déformation observée est modifiée et le jet
forme une spirale (figure 30 b ). Le sens de cette spirale n’est pas
 (161)
K c ≈ π 2/3 Ha 1/3 / 2  quelconque : il est tel que le champ magnétique axial du courant
spiral s’ajoute au champ magnétique appliqué B z . Le mécanisme
Pour comprendre le mécanisme par lequel s’exerce l’action du est le suivant. Dès qu’une courbure du jet s’amorce, il apparaît une
champ magnétique, il est nécessaire de rappeler comment et pour- composante radiale jr de la densité de courant qui donne lieu à une
quoi cette situation est instable. La perturbation marginale force de Laplace horizontale jr Bz , perpendiculaire à jr , qui fait donc
(figure 28 a ) a la forme de rouleaux, qui draînent le fluide chauffé tourner progressivement la direction de jr , formant ainsi la spirale
près du plan inférieur dans la colonne montante (plus légère que observée.
le reste) et le fluide refroidi près du plan supérieur dans la colonne On retient donc de ces deux paragraphes (§ 6.1 et § 6.2), d’une
descendante (plus lourde que le reste). Chaque rouleau est donc sou- part, que l’application d’un champ magnétique uniforme est en géné-
mis à un couple moteur. Mais il est aussi soumis à un couple résis- ral stabilisante pour un écoulement et que cette action est sélective
tant, d’une part en raison du frottement visqueux, d’autre part à et, d’autre part, que le passage d’un courant électrique dans un métal
cause de la réduction de la différence de température entre colonne liquide peut être à l’origine d’instabilités.
chaude et colonne froide due à la conduction thermique horizontale.
On comprend ainsi pourquoi c’est le nombre de Rayleigh, propor-
tionnel au rapport du couple moteur au couple résistant, qui marque
le critère de stabilité. 6.3 Turbulence des écoulements
La présence d’un champ magnétique vertical suivant O z en conduites
(figure 28 b ) ajoute un couple résistant supplémentaire. La
composante de vitesse horizontale suivant x , fonction impaire de z ,
Les particularités de la turbulence des écoulements de métaux
dans chaque rouleau, engendre un champ électromoteur u ∧ B
liquides en présence d’un champ magnétique transversal sont
également impair. La densité de courant électrique est donc dirigée
maintenant relativement bien comprises [1].
suivant Oy et est elle aussi impaire. Le courant électrique global est
nul, et le champ électrique est lui aussi nul. C’est cette circonstance Les premières observations, limitées à des mesures de perte de
qui rend aussi efficace le freinage électromagnétique dans cette charge, mettaient en évidence une sorte de laminarisation de l’écou-
configuration. Par comparaison, en raison de la présence d’un champ lement. En fait, on observait que, lorsque Ha / Re était supérieur à
électrique non nul, l’écoulement de Hartmann est beaucoup moins une valeur critique (Ha / Re ) c (de l’ordre de 250), la perte de charge
bien freiné. suivait la loi de l’écoulement laminaire (69). Mais les premiers expé-
rimentateurs capables d’introduire dans l’écoulement des sondes à

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où u⊥ est une estimation de la vitesse locale perpendiculaire à B 0 .


En conséquence, ce mécanisme de diffusion dans la direction de
B 0 est capable de bien corréler tous les plans assez proches pour
que τ c  τ r . On en déduit une bonne estimation de la longueur  //

parallèle à B 0 acquise par les structures turbulentes dans la direc-


tion du champ magnétique :
2
σ B 0 ⊥
 // ≈  ⊥ N 1/2 , N = -------------------
- (165)
ρ u⊥

Le nombre N est le paramètre d’interaction qui mesure le rapport


2
entre τ r et le temps caractéristique de l’effet Joule ρ / σ B 0 . Bien
entendu, si la largeur de la conduite a un ordre de grandeur inférieur
à  // , on doit observer une turbulence quasi bidimensionnelle.
De telles colonnes tourbillonnaires ne seraient soumises à aucun
freinage électromagnétique si elles étaient exactement bidimension-
nelles ; elles devraient donc persister sur de grandes distances, voire
même se nourrir des divers apports d’énergie à partir des instabilités
de l’écoulement moyen. En fait, elles ne sont pas exactement bidi-
mensionnelles, notamment à cause des couches de Hartmann néces-
sairement présentes à leurs extrémités. Si les parois de la conduite
sont isolantes, le courant électrique global induit par ces structures
doit se refermer dans les couches de Hartmann. En généralisant la
condition de fermeture [équation (69)] [19], on met bien en évidence
le freinage électromagnétique associé à ce défaut de bidimension-
nalité, et l’on peut justifier, pour ces mouvements quasi bidimen-
sionnels à grande échelle pratiquement insensibles à la viscosité,
une équation de la forme :
Figure 30 – Illustration de l’instabilité des jets de métaux liquides
parcourus par un courant électrique d u⊥ 1 1
-------------- ≈– ----- ∇⊥ p – -------- u ⊥ (166)
dt ρ τH
faible inertie et à bonne résolution (films chauds) s’aperçurent que,
même lorsque Ha / Re > (Ha / Re ) c , un niveau de turbulence relati-
vement important existait (environ 50 % du niveau à champ nul). La où ∇⊥ p designe la projection de ∇ p sur un plan perpendiculaire
persistance de cette turbulence a très vite été expliquée par la for- à B 0 et τH le temps caractéristique de ce freinage associé aux
mation de structures bidimensionnelles insensibles au champ
couches de Hartmann présentes le long des parois et distantes
magnétique, comme les rouleaux de Rayleigh-Bénard lorsque le
champ magnétique est horizontal (§ 6.1). de 2 :
ρ 
Des expériences remarquables [18] ont mis en évidence de façon
τH ≈ --------- -------- (167)
directe la présence prépondérante de telles structures colonnaires σν B 0
alignées dans la direction du champ appliqué entre les deux parois
perpendiculaires au champ magnétique. Néanmoins, il a été assez
difficile de comprendre comment se formaient ces structures à partir
d’une turbulence initialement tout à fait tridimensionnelle, et quelles 6.4 Turbulence bidimensionnelle
étaient l’importance et les conséquences du défaut inévitable de
bidimensionnalité (aux extrémités des colonnes quasi bidimen-
sionnelles). Le mécanisme de formation des structures bidi- Au paragraphe précédent (§ 6.3), nous avons vu que la turbulence
mensionnelles n’est autre que les ondes d’Alfvén. Sous leur forme des écoulements en conduite pouvait, sous champ magnétique assez
dégénérée dans les métaux liquides (lorsque Rm?1, elles se fort (τe < τr ), devenir quasi bidimensionnelle. Mais cette turbulence
ramènent à une diffusion dans la seule direction du champ magné- demeure soumise à un freinage électromagnétique (166) et, par
tique [19], elles sont capables d’établir une bonne corrélation entre ailleurs, le temps de transit dans l’aimant est en général trop court
pour en permettre une observation sur de longues périodes. Or le
deux plans perpendiculaires à B 0 et distants de d en un temps : besoin d’expériences de laboratoire bien contrôlées sur la turbulence
homogène bidimensionnelle était considérable depuis les premières
ρ d 2
τc ≈ --------------
2
- --------
2
- (163) conjectures théoriques sur les propriétés singulières de celle-ci. On
σB 0  ⊥ prédisait une cascade inverse d’énergie, les tourbillons s’associant
pour en former de plus gros jusqu’aux limites du domaine. Par
à partir d’une structure initialement tridimensionnelle de dimen- ailleurs, ces propriétés sont à la base de la dynamique de l’atmo-
sphère, couche fluide relativement mince (≈ 12 km) par rapport à son
sion ⊥ dans un plan perpendiculaire à B 0 . Or le temps pendant étendue autour du globe terrestre. Ne pouvait-on pas mettre à profit
lequel il est légitime d’attribuer une certaine durée de vie à une la MHD pour réaliser une expérience avec un métal liquide (mercure)
structure turbulente est son temps de retournement : et un champ magnétique, permettant d’observer la dynamique de
la turbulence bidimensionnelle non modifiée par des effets


τr ≈ -------
u
- (164) électromagnétiques ?

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Figure 31 – Dispositif expérimental de Somméria ayant permis de réaliser une turbulence bidimensionnelle
dans du mercure en présence d’une induction magnétique [20]

La réponse est positive et a été apportée par Somméria [20]. Il [équation (18)] ordinaire, sans aucun effet MHD. Avec du mercure,
est bien sûr nécessaire de vérifier largement la condition τ c < τ r et, cela conduit à une couche d’épaisseur voisine de 2 cm et à un champ
par conséquent, d’utiliser une couche fluide assez mince. Mais il faut magnétique pas trop élevé, voisin de 0,2 T. Restait alors à engendrer
aussi que τ Ha ! τ r pour que le freinage de Hartmann soit négligeable la turbulence et à disposer d’un paramètre de contrôle permettant
et que l’équation (166) se réduise à l’équation de Navier-Stokes d’en faire varier l’intensité. Dans l’ expérience de Somméria

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(figure 31) la turbulence est le résultat de l’instabilité d’un réseau Hartmann, on réalise donc un réseau périodique de vortex maintenus
régulier de vortex parallèles crées par un réseau périodique d’élec- bien parallèles par le champ magnétique. Les figures 31 a , b et c
trodes de signes alternés, situées au fond du réservoir. Le courant montrent la réalisation de cette expérience et la figure 31 d met en
électrique issu d’une électrode est confiné dans la couche de évidence ce réseau régulier de vortex visualisés à la surface libre
Hartmann présente au fond du réservoir dont l’épaisseur est très à l’aide de traceurs.
faible (environ 100 µm) et rejoint les électrodes voisines de signe Le paramètre de cette expérience est alors le courant ± I envoyé
opposé. L’induction magnétique uniforme verticale B 0 est de l’extérieur vers chaque électrode. Dès qu’il dépasse un certain
engendrée par un solénoïde. Le mécanisme moteur de ces vortex seuil, le réseau devient instable et alimente en énergie un
ensemble de phénomènes chaotiques ou ordonnés dont l’analyse
est la force j ∧ B 0 présente dans la couche de Hartmann, où j sort du sujet de cet article. Mais le fait que l’on ait pu réaliser un
état turbulent bidimensionnel dans un métal liquide, grâce à
est radial et B 0 axial. Il crée une rotation dans un sens lié au signe l’application d’un champ magnétique, et mettre à profit cette expé-
de l’électrode. Les ondes d’Alfvén propagent cette rotation sur toute rience pour étudier les propriétés de la turbulence bidimension-
l’épaisseur de la couche de mercure. Mis à part la couche de nelle demeure tout à fait dans l’objet de cet article.

Notations et Symboles Notations et Symboles

Symbole Unité Définition Symbole Unité Définition

A V · s ·m–1 potentiel vecteur d m diamètre


 m · s–1 vitesse des ondes d’Alfvén ( = B/ µρ ) e m épaisseur
B T induction magnétique en 
E V · m–1 champ électrique 

F N · m–3 force de Laplace par unité de volume
es  base de vecteurs

Gp m·s –2
force par unité de masse, ρGp est le eθ 
gradient de pression 
g m · s–2 accélération due à la pesanteur
Ha nombre de Hartmann =  σ
-------- B l
ρν  h m
(= 9,81 m · s–2)
hauteur
I A · m–1 courant électrique par unité de
longueur j A · m–2 densité de courant
L m longueur de la conduite  m demi-largeur d’une conduite
l m valeur caractéristique des dimensions n m coordonnée normale
de l’écoulement
p Pa pression
R m rayon
Re nombre de Reynolds ( = l / ν ) pm Pa pression magnétique
Rm nombre de Reynolds magnétique r m coordonnée radiale
( = µσ l ) s m coordonnée curviligne
Rω paramètre d’écran ( = µσω l 2)
t s temps
S m2 surface libre
u m · s–1 vitesse du métal liquide
T K température
uν x m coordonnée
U

Gp  2 
vitesse adimensionnelle = ---------------
y m coordonnée
 m · s–1 valeur caractéristique de la vitesse du
métal liquide z m coordonnée
Γ élancement d’une conduite
X
  1
coordonnée adimensionnelle = ----- x

α m2 · s–1
rectangulaire
diffusivité thermique
Y
 1 
coordonnée adimensionnelle = ----- y β K–1 coefficient de dilatation volumique
γ N · m–1 tension superficielle
Z
 1 
coordonnée adimensionnelle = ----- z
δB m profondeur de pénétration de
a m · s–1 perturbation de vitesse d’Alfvén l’induction magnétique
b T correction d’induction magnétique δp m épaisseur du jet pariétal
c J · kg–1 · K–1 capacité thermique massique δs m demi-largeur de sillage

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Notations et Symboles Liste des Indices

Symbole Unité Définition H couche de Hartmann


c centre
δ⊥ m épaisseur d’une couche limite le long
des parois perpendiculaires à B0 e extérieur
(couche de Hartmann) f fluide
δ// épaisseur adimensionnelle d’une i intérieur
couche limite le long des parois
parallèles à B0 n coordonnée suivant en
0 métal liquide au repos en général valeur de référence
ϕ V potentiel électrique (§ 1.1 et § 2)
κ W· m–1 · K–1 conductivité thermique p paroi
r coordonnée radiale
λ coefficient de perte de charge
s coordonnée curviligne
µ H· m–1 perméabilité x coordonnée suivant Ox
ν m2 · s–1 viscosité cinématique y coordonnée suivant Oy
ρ kg · m–3 masse volumique z coordonnée suivant Oz
θ coordonnée suivant e θ
σ Ω–1 · m–1 conductivité du métal liquide

η m2 · s–1
1
diffusivité magnétique = ---------
µσ  Liste des Exposants
ω s–1 pulsation du courant alternatif du
circuit inducteur ou d’une perturbation 0 loin de la paroi

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