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Pr Nafii IBENRISSOUL Diagnostic financier

Chapitre 1. L’analyse de l’activité & de la rentabilité :


l’Etat des Soldes de Gestion.

L’analyse financière repose en 1er lieu sur l’étude des documents comptables.
De ce fait, l’étude du CPC est une tâche indispensable, il contient les informations sur les
différentes charges engagées et les produits réalisés au cours de l’exercice et permet de
déterminer les différents niveaux de rentabilité (exploitation, financier, courant et non
courant) traduisant ainsi les conséquences des opérations d’exploitation, sa politique de
financement et ses opérations non courantes sur la performance globale de l’entreprise.
Si le CPC présente, et met en évidence les divers niveaux de résultat, il y a lieu d’analyser la
formation de ce résultat en le décomposant en des soldes successifs, d’où le rôle d’un autre
document comptable : l’Etat des Soldes de Gestion.

I- L’ESG, définition & présentation.


1. Définition.
L’ESG est un état de synthèse prévu par le CGNC et qui est obligatoire pour les entreprises
soumises au régime comptable normal (réalisant un chiffre d’affaire dépassant 7.500.000 dhs)
Il complète le CPC dans la mesure où il permet d’expliquer par étapes successives la
formation de résultat.

2. Présentation
La présentation de l’ESG est normalisée par le plan comptable marocain ; il s’agit d’un état
qui reprend les données de CPC et les reclasse pour mettre en évidence sept soldes
intermédiaires significatifs.
Cet état comporte deux tableaux :

Etat des soldes de gestion

Tableau de formation des résultats Tableau de calcul de


(TFR) l'autofinancement (A.F)
Fournit une analyse en cascade des Calcule & détermine la CAF
différentes étapes de la formation du résultat

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II- Le tableau de formation des résultats (TFR) :

Le tableau de formation des résultats dégage sept soldes qui aboutissent à la détermination du
résultat net; il est présenté de la manière suivante :

Signes Mode de calcul Comptes utilisés


1 + Vente de marchandises en l'état 711
2 - Achat revendus de marchandises 611
I = MARGE BRUTE SUR VENTES EN L'ETAT (1-2) 811
3 + Ventes de biens et services produits 712
4 + ou - Variation de stocks de produits 713
5 + Immobilisation produites par l'entreprises pour elle-même 714
II = PRODUCTION DE L'EXERCICE (3 + 4 + 5)
6 + Achats consommés de matières et fournitures 612
7 + Autres charges externes 613 et 614
III = CONSOMMATION DE L'EXERCICE (6 + 7)
I + Marge brute sur ventes en l'état 811
II + Production de l'exercice
III - Consommation de l'exercice
IV = VALEUR AJOUTEE (I + II – III) 814
IV + Valeur ajoutée 814
8 + Subvention d'exploitation 716
9 - Impôt et taxes 616
10 - Charges de personnel 617
V = EXCEDENT BRUT D'EXPLOITATION (E.B.E) ou 8171
= INSUFFISANCE BRUTE D'EXPLOITATION (I.B.E) 8179
V + Excèdent brut d'exploitation (E.B.E) ou insuffisance brute 8171
ou – d'exploitation (I.B.E) 8179
11 + Autres produits d'exploitation 718
12 - Autres charges d'exploitation 618
13 + Reprises d'exploitation, transferts de charges 719
14 - Dotations d'exploitation 619
VI = RESULTATS D'EXPLOITATION (V+11-12+13-14) 810
15 + Produits financiers 73
16 - Charges financières 63
VII = RESULTAT FINANCIER (15 – 16) 830
17 ± Résultat d'exploitation 810
18 ± Résultat financier 830
VIII = RESULTAT COURANT (17 – 18) 840
19 + Produits non courants 75
20 - Charges non courantes 65
IX = RESULTAT NON COURANT (19 – 20) 850
21 ± Résultat courant 840
22 ± Résultat non courant 850
23 - Impôt sur les résultats 670
X = RESULTAS NET DE L'EXERCICE (21 ± 22 ± 23) 880
(Résultat après impôt)

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Chacun des soldes dégagés par le TFR a une signification très utile à l’appréciation de la
rentabilité et l’activité de l’entreprise

SOLDES SIGNIFICATION DES SOLDES

Ce solde reflète l’importance de l’activité de négoce de


l’entreprise, son appréciation est très importante surtout pour les
entreprises commerciales.
Il est utile pour apprécier l’évolution de la marge commerciale de
Marge brute sur ventes en l'état calculer le taux de marge & le taux de marque :
 Taux de marge = marge commerciale / coût d’achat des
marchandises vendues
 Le taux de marque = marge commerciale / CAHT

Solde concernant les entreprises industrielles et prestataires de


Production de l'exercice services
Il ne s’agit pas d’une marge mais résulte de la somme de la
production vendue, stockée & conservée pour la propre utilisation
de l’entreprise. C’est un indicateur significatif de l’évolution de
l’activité de l’entreprise.
L’une des limites de ce solde est que ses différents éléments ne
sont pas calculés de manière homogène ; la production vendue est
évaluée au prix de vente alors que la production stockée ou
immobilisée est évaluée au coût de production.

Mesure la richesse produite par l'entreprise et l’apport de cette


Valeur ajoutée dernière à l’économie nationale. C’est un indicateur pertinent de la
taille de l’entreprise, son poids économique et du degré
d’intégration de son activité.
C’est à travers la valeur ajoutée que seront rémunérés les différents
facteurs de production ayant participé à sa création; personnel
(salaires), Etat (impôts & taxes), bailleurs de fonds (charges
financières), actionnaires (dividendes), entreprise elle-même
(autofinancement), reliquat (éléments non courants).

Indicateur de la performance économique (industrielle et


commerciale) de l’entreprise dans la mesure où il représente le
résultat provenant du cycle d’exploitation, et permet de mesurer le
Excédent brut d'exploitation potentiel de trésorerie généré par l’exploitation.
Il se prête particulièrement aux comparaisons interentreprises parce
qu'il est calculé indépendamment de la politique d'investissement
(ne tient pas compte des dotations aux amortissements), de
financement (pas de produits & charges financiers), de fiscalité
(pas d’IS) et d'opérations exceptionnelles (non courantes).
Si le solde dégagé est négatif, on parle d’une insuffisance brute
d’exploitation (IBE)

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Indicateur de la rentabilité de l’activité normale de l’entreprise,


Résultat d'exploitation Il mesure la performance industrielle et commerciale de l'entreprise
indépendamment de la politique de financement et des opérations
non courantes

Résultat courant Résultat des opérations normales et courantes (habituelles) de


l'entreprise, exclusion faite des opérations non courantes et de
l’incidence fiscale (IS).
La croissance du résultat courant peut aussi bien être due à une
amélioration du résultat d'exploitation qu'à celle du résultat
financier ; Il est donc préférable d'analyser, en cas de besoin,
séparément ces deux composantes.

Résultats non courant Résultat ayant un caractère non répétitif et donc exceptionnel.

Résultat net de l'exercice C’est le dernier résultat que l’on trouve au CPC et au passif du
(après impôt) bilan, c’est le dernier solde permettant d’apprécier le degré
d’appauvrissement (cas de perte) ou d’enrichissement (cas de
bénéfice) de l’entreprise.

II- Le tableau de calcul de la Capacité d’Autofinancement : CAF.


Pour garantir sa pérennité et sa croissance, l’entreprise doit procéder à des investissements de
renouvellement & d’expansion, couvrir la dépréciation probable des stocks, ainsi que les
risques & charges encourus, augmenter son FDR dans la mesure où l’augmentation du chiffre
d’affaires entraîne une augmentation du BFR.
Pour financer tout cela, l’entreprise dispose des ressources d’origine externe (dettes de
financement, comptes courants d’associés, augmentation de capital, subventions
d’investissement…), et des ressources d’origine interne, générées par l’activité de l’entreprise,
c’est justement ces dernières ressources qui constituent ce qu’on appelle : la capacité
d’autofinancement.

1- Signification & calcul de la CAF.


La CAF représente le surplus potentiel de trésorerie dégagé par la propre activité de
l’entreprise, avant répartition de résultat, et ce pour faire face à ses engagements en
s’autofinançant.
Il s’agit donc de l’argent disponible pour :
 Réaliser des investissements de renouvellement (dotations aux amortissements) ou
d’expansion (bénéfice non distribué), et financer l’augmentation du BFR.

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 Couvrir la dépréciation de l’actif immobilisé de l’entreprise (dotations aux provisions)


ou faire face à des risques et charges probables (provisions durables pour risques &
charges)
 Rémunérer les actionnaires (dividendes).

Elle est égale à la différence entre les produits encaissables et les charges décaissables liés à
l’activité de l’entreprise, sont ainsi exclus de la CAF les charges & les produits « calculés »
qui ne se traduiront pas par un encaissement ou un décaissement (dotations et reprises aux
amortissements et aux provisions), sont également exclus les charges & les produits liés au
cycle d’investissement (plus ou moins value sur cession d’immobilisation)
Le montant de la CAF peut être déterminé par l’application de deux méthodes de calcul :

a- Méthode additive (à partir du résultat net).


C’est la méthode préconisée par le plan comptable marocain, et qui calcule la CAF à partir du
résultat net selon la formule :
Signe Mode de calcul
+ Résultat net de l'exercice
+ Dotations d'exploitation (1)
+
+ Dotations financières (1)
- Dotations non courantes(1)
- Reprises d'exploitation(2)
- Reprises financières(2)
- Reprises non courantes(2) (3)
+ Produits des cessions d'immobilisations

Valeurs nettes d'amortissement des immobilisations cédées


Capacité d'autofinancement (C.A.F)
- Distribution de bénéfices (Bénéfices mis en distribution)
Autofinancement (A.F)

1) A l’exclusion des dotations relatives aux actifs et passifs circulations et à la trésorerie : Il


s’agit donc des dotations aux amortissements et des dotations aux provisions sur actif
immobilisé, des dotations aux provisions durables et aux provisions réglementées.

2) A l’exclusion des reprises relatives aux actifs et passifs circulants et à la trésorerie.

3) Y compris reprises sur subventions d’investissement.

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b- Méthode soustractive (à partir de l’EBE)


L’EBE est constitué entièrement des produits encaissables et des charges décaissables ; il
contribue dans sa totalité dans la formation de la CAF ; auquel il faut ajouter les autres
produits encaissables, et en déduire les autres charges décaissables :
La formule devient alors :
Signe Mode de calcul
+ ou –  Excédent brut d'exploitation ou insuffisance brute d'exploitation
_  Charges décaissables c-à-d. (autres charges d'exploitation, charges
financières, charges non courantes et impôts sur les résultats, à l'exclusion
des dotations relatives à l’actif immobilisé et au financement permanent et
de la valeur nette d'amortissement des immobilisations cédées)
+  Produits encaissables c-à-d (Autres produits d'exploitation, transferts de
charges, produits financiers et produits non courants à l'exclusion des
reprises sur amortissements, sur subventions d'investissement, sur provisions
durables et provisions réglementées et à l'exclusion des produits de cession
des immobilisations.)
=
Capacité d'autofinancement
- Distribution de dividendes
= Autofinancement

2- Signification & calcul de l’autofinancement.

L’autofinancement constitue le surplus monétaire généré par la propre activité de l’entreprise


et conservé durablement pour faire face à ses besoins de financement. On le calcule par la
formule :
Autofinancement (N) = CAF (N) – dividendes (N-1) distribués (en N)

a- Les avantages de l’autofinancement.


 Il permet une plus grande liberté dans le choix des projets d’investissement et confère
à l’entreprise une indépendance financière vis-à-vis des bailleurs de fonds
 Il constitue une ressource financière très sécurisée qui peut bien être utilisée pour
couvrir les besoins de financement générés par l’augmentation de l’activité
d’exploitation.
 Il permet d’éviter les charges de l’endettement, et donc de réduire le coût de revient des
produits et donc améliorer par là même la compétitivité de l’entreprise sur le marché.

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b- Les inconvénients de l’autofinancement :

L’autofinancement n’a pas que des avantages, il présente certains inconvénients dont surtout :
 Chercher à augmenter l’autofinancement peut se faire au détriment des associés qui
verrons le montant des dividendes diminuer.
 Il peut conduire à mener des investissements peu utiles ou peu rentables.
 Il peut conduire à négliger le recours à l’endettement qui peut dans certains cas être plus
avantageux (effet de levier favorable).

III- L’ESG retraité.

Dans le but d’une analyse financière pertinente, facilitant les comparaisons interentreprises, il
est recommandé de procéder à des retraitements de certains postes du CPC; ces retraitements
concernent surtout :

1- Les redevances crédit-bail.


Pour faciliter les comparaisons interentreprises, les analystes financiers considèrent le crédit
bail comme une opération d’investissement financé par endettement. De ce fait, la redevance
crédit bail doit être retranchée des autres charges externes et divisée en deux parties :
La 1ere partie correspond à la dotation à l’amortissement que l’entreprise aurait pratiqué si
elle avait acheté le bien : ce montant est à affecter aux dotations aux amortissements.
La 2ème partie correspond aux charges financières liées à la dette qui aurait contracté
l’entreprise pour financer l’acquisition du bien.

6193 Dotations aux amortissements


des immobilisations
corporelles
6132 Redevances de crédit bail

6311 Intérêts des emprunts et dettes

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2- Rémunération du personnel extérieur à l’entreprise.

Dans la mesure où le personnel extérieur à l’entreprise a effectivement participé, par son


travail, dans la constitution de la valeur ajoutée, il parait alors logique de déduire sa
rémunération des autres charges externes et de la reclasser en charges du personnel.

6135 Rémunérations du personnel


Extérieur de l'entreprise 6171 Rémunérations du personnel

3- Autres reclassements possibles.


Toujours pour faciliter la comparaison interentreprises, les analystes financiers procèdent à
d’autres retraitements de manière plus ou moins fréquente :
 Les subventions d'exploitation : considérées comme des compléments du prix de ventes,
elle doivent être réintégrées dans la VA., elles peuvent donc etre rattachées à la
production vendue.
 Les charges de sous traitance : on les retranche des autres charges externes et on les
reclasse soit en achats pour la part « matière », soit en charges de personnel pour la part
« main d’œuvre ».

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