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Cours de mathématiques de MPSI2

Olivier Sellès, transcrit par Denis Merigoux


n grand merci à Alexandre Carton pour son aide ponctuelle lorsque le cours du matin avait été
U particulièrement chargé, à Anthony Dong pour ses conseils techniques sur LATEX et son aide
informatique, et enfin à la MPSI2 2011/2012 pour m’avoir aidé à relire ce pavé !
Je salue également M Sellès, professeur de mathématique de la MPSI 2 de Saint-Louis, qui tout au
long de l’année nous a dispensé le cours ci-présent sans notes ni préparation apparente. Puissent les
futurs sups profiter encore longtemps de son humour parfois controversé !
Table des matières

I Rappels, nombres entiers et dénombrement 5

1 Nombres complexes 7

2 Trigonométrie 31

3 Fonctions usuelles 35

4 Fonctions à valeurs dans C 47

5 Équations différentielles 59

6 Bric-à-brac I 75

7 Bric-à-brac II 87

II Analyse 125

8 Nombres réels 127

9 Suites 141

10 Topologie 167

11 Fonctions continues 175

12 Limites 185

13 Équivalents 199

14 Dérivation 205

15 Convexité 231

16 Développements limités 241

17 Intégration 261

III Algèbre 285

18 Structures algébriques 287

19 Polynômes 317

3
20 Fractions rationnelles 355

21 Espaces vectoriels 373

22 Théorie de la dimension 403

23 Matrices 417

24 Déterminant 445

IV Géométrie et compléments 469

25 Espaces euclidiens I 471

26 Espaces euclidiens II 501

27 Géométrie affine 521

28 Espaces affines euclidiens 541

29 Arcs paramétrés 573

30 Espaces vectoriels normés 599

31 Différentielles 621

32 Intégrales doubles 655

33 Intégrales curvilignes et formule de Green-Riemann 673


Première partie

Rappels, nombres entiers et


dénombrement

5
Chapitre 1

Nombres complexes

Sommaire
1.1 Construction de C . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.1.1 Définition des lois de composition internes de R2 . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.1.1.1 Propriétés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.1.1.2 Vers la notation algébrique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
1.1.2 Règles de calcul . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
1.1.2.1 Formule du binôme de Newton . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
1.1.2.2 Somme des n premiers termes d’une suite géométrique de raison z . . 12
1.1.2.3 Factorisations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
1.2 Conjugué, module, argument . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1.2.1 Conjugué . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1.2.1.1 Propriétés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1.2.2 Module . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1.2.2.1 Propriétés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1.2.2.2 Identité du parallélogramme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1.2.2.3 Inégalité des modules . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
1.2.2.4 Inégalité de Cauchy-Schwarz dans R2 . . . . . . . . . . . . . . . . 14
1.2.2.5 Inégalité triangulaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
1.2.3 Notation exponentielle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
1.2.3.1 Conjugué et module . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
1.2.3.2 Formule de Moivre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
1.2.3.3 Forme des nombres complexe de U . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
1.2.4 Arguments . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
1.2.4.1 Argument et écriture trigonométrique des nombres complexes . . . . . 18
1.2.4.2 Formules de mise sous forme trigonométrique . . . . . . . . . . . . . . 18
1.2.4.3 Formules d’Euler . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
1.2.5 Exemples d’utilisation de l’écriture trigonométrique . . . . . . . . . . . . . . . 18
1.2.5.1 Noyau de Dirichlet . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
1.2.5.2 Polynômes de Chebychev de la première espèce . . . . . . . . . . . 19
1.3 Racines carrées et racines n-ièmes dans C . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
1.3.1 Recherche pratique de racines carrées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
1.3.1.1 Avec une forme trigonométrique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
1.3.1.2 Sans forme trigonométrique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
1.3.2 Équations du second degré . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
1.3.3 Racines n-ièmes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
1.3.3.1 Définition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
1.3.3.2 Petite histoire (ou grand casse-tête) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22

7
1.3.3.3 Autour de Un . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
1.4 Exponentielles complexes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
1.4.1 Propriétés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
1.4.1.1 Propriété caractéristique de l’exponentielle . . . . . . . . . . . . . . . 24
1.4.1.2 Autres propriétés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
1.5 Complément : astuces . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
1.5.1 Expression de Rn pzq en fonction de Un . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
1.5.2 Rassemblement trigonométrique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
1.5.3 Liste de Un usuels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
1.6 Complément : exercices classiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
1.6.1 Parties de C à trois éléments... . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
1.6.1.1 Parties à deux éléments . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
1.6.1.2 Parties à 3 éléments . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
1.6.2 Racines n-ièmes primitives de 1 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
1.6.3 Noyau de Féjer . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
1.6.3.1 Définition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
1.6.3.2 Simplification de l’expression de Fn pθq . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
1.6.4 Polynômes de Chebychev de deuxième espèce . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29

8
Chapitre 1 : Nombres complexes 9

1.1 Construction de C
1.1.1 Définition des lois de composition internes de R2
On considère l’ensemble R2 des couples pa, bq {a, b P R. On définit deux lois de composition interne sur
R2 .
– Une addition ` par @ pa, bq , pc, dq P R2 ,

pa, bq ` pc, dq “ pa ` c, b ` dq

– Une multiplication ˆ par @ pa, bq , pc, dq P R2 ,

pa, bq ˆ pc, dq “ pac ´ bd, ad ` bcq

1.1.1.1 Propriétés
– L’addition ` possède les propriétés suivantes :
˝ Associativité : @ pa, bq , pa1 , b1 q , pa2 , b2 q P R2 ,
`` ˘ ` ˘˘ ` ` ˘˘ ` ˘
pa, bq ` a1 , b1 ` a2 , b2 “ pa, bq ` a1 , b1 ` a2 , b2

˝ Possède un élément neutre, p0, 0q.


˝ Tout élément de R2 possède un inverse par ` appelé opposé. L’opposé du couple pa, bq est
p´a, ´bq.
˝ Commutativité : @ pa, bq , pc, dq P R2 ,

pa, bq ` pc, dq “ pc, dq ` pa, bq


` ˘
On dit que le couple R2 , ` muni des propriétés précédentes est un groupe commutatif.
– La multiplication ˆ possède les propriétés suivantes :
˝ Associativité : @ pa, bq , pa1 , b1 q , pa2 , b2 q P R2 ,
`` ˘ ` ˘˘ ` ` ˘˘ ` ˘
pa, bq ˆ a1 , b1 ˆ a2 , b2 “ pa, bq ˆ a1 , b1 ˆ a2 , b2

Cette propriété non-triviale se démontre par un retour à la définition de ˆ.


˝ Possède un élément neutre : p1, 0q.
˝ Commutativité : @ pa, bq , pc, dq P R2 ,

pa, bq ˆ pc, dq “ pc, dq ˆ pa, bq

˝ On remarque que p0, 0q n’admet pas d’inverse par ˆ. En revanche, si pa, bq P R2 z tp0, 0qu,
l’inverse de pa, bq par ˆ est
ˆ ˙
a b

a2 ` b2 a2 ` b2
˝ Distributivité par rapport à ` : @z, z 1 , z 2 P R2 ,
` ˘
z ˆ z1 ` z2 “ z ˆ z1 ` z ˆ z2
` ˘
Le triplet R2 , `, ˆ est alors appelé anneau commutatif. On définit ainsi le corps des nombres com-
plexes pC, `, ˆq. On conviendra des notations suivantes :
– Le neutre de ` est noté 0C . Pour z P C, ´z désigne l’opposé de z par `.
– Le neutre de ˆ est noté 1C . Pour z P C˚ , 1z désigne l’opposé de z par ˆ.

2011-2012 Cours de mathématiques


10 Rappels, nombre entiers et dénombrement

1.1.1.2 Vers la notation algébrique

On a une application naturelle de R dans C :

ϕ : R ÝÑ C
x ÞÝÑ px, 0q

Examinons les propriétés de ϕ pour x, y P R :


– ϕ est injective : x ‰ y ñ ϕ pxq ‰ ϕ pyq
– ϕ px ` yq “ ϕ pxq ` ϕ pyq
– ϕ pxyq “ ϕ pxq ˆ ϕ pyq
– ϕ p1q “ p1, 0q “ 1C
ϕ est ainsi un morphisme d’anneau injectif de pR, `, ˆq dans pC, `, ˆq. L’ensemble Λ “ tϕ pxq {x P Ru
est en bijection avec R. Cet ensemble est un sous-anneau de C :
$
1
&z ` z P Λ

@z, z 1 P Λ, z ˆ z 1 P Λ

%
1C P Λ

Ainsi, ϕ permet d’identifier R et Λ (en quelque sorte, Λ est une copie de R dans C). Pour x P R, on
écrira désormais x à la place de px, 0q.
Notons i le complexe p0, 1q. Alors i2 “ p´1, 0q “ ´1. D’autre part, @y P R, i ˆ y “ p0, yq. Soit y
dans C tel que z “ px, yq. Alors

z “ px, 0q ` p0, yq
“ x ` iy

On écrira alors pour z, z 1 P C, zz 1 au lieu de z ˆ z 1 . La notation algébrique de tout complexe z est


unique. Pour z “ x ` iy P C avec x, y P R,
– x est la partie réelle de z et se note ℜe pzq ;
– y est la partie imaginaire de z et se note ℑm pzq.
On en déduit donc :
– z P R ô ℑm pzq “ 0
– z P iR ô ℜe pzq “ 0 où iR est l’ensemble des imaginaires purs, du type iy avec y P R.

1.1.2 Règles de calcul


1.1.2.1 Formule du binôme de Newton

Pour z, z 1 P C et n P N,
` ˘ ÿn ˆ ˙
1 n n k 1n´k
z`z “ z z
k“0
k
où pour tout n P N et 0 ď k ď n, ˆ ˙
n n!

k k! pn ´ kq!
et pour tout p P N, #
1 si p “ 0
p! “ śp
k“1 k “ 1 ˆ 2 ˆ ¨¨¨ ˆ p si p ‰ 0

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Chapitre 1 : Nombres complexes 11

n ` ˘
ř
Démonstration Soit Hn : « @z, z 1 P C, pz ` z 1 qn “ n
k z k z 1n´k »
k“0
– H0 est vraie : soient z, z 1 P C. On a :
` ˘0
z ` z1 “ 1

et
ÿ0 ˆ ˙
0 k 0´k
z z “1
k“0
k
– Soit n P N. Supposons que Hn est vrai et prouvons Hn`1 .
Soient z, z 1 P C :
` ˘n`1 ` ˘n ` ˘
z ` z1 “ z ` z1 ˆ z ` z1
« ff
ÿn ˆ ˙ ` ˘
n k 1n´k
“ z z ˆ z ` z1
k“0
k
ÿ n ˆˆ ˙ ˙ ÿ n ˆˆ ˙ ˙
n k`1 1n´k n k 1n`1´k
“ z z ` z z
k“0
k k“0
k

Or n ´ k “ n ` 1 ´ pk ` 1q donc

ÿn ˆ ˙ ÿˆ n ˙
n`1
n k`1 1n`1´pk`1q
z z “ z p z 1n`1´p
k“0
k p“1
p ´ 1

En effet, k P v0, nw ÝÑ p “ k ` 1 P v1, n ` 1w est une bijection. D’où

` ˘n`1 ÿ ˆˆ
n`1
n
˙ ˙ ÿ n ˆˆ ˙
n k 1n`1´k
˙
z ` z1 “ k 1n`1´k
z z ` z z
k“1
k ´ 1 k“0
k
ˆ ˙ n „ˆˆ ˙ ˆ ˙˙  ˆ ˙
n n`1 10 ÿ n n k 1n`1´k n 0 1n`1
“ z z ` ` z z ` z z
n k“1
k´1 k 0
ˆ ˙ ˆ ˙ ˆ ˙ ˆ ˙
n n`1 n n`1
Or “1“ , “1“ et, pour tout 1 ď k ď n ( si toutefois n ě 1),
n n`1 0 0
ˆ ˙ ˆ ˙ ˆ ˙
n n n`1
` “ rFormule du triangle de Pascals
k´1 k k
D’où
ˆ ˙ n ˆˆ ˙ ˙ ˆ ˙
` ˘n`1 n ` 1 n`1 1n`1´n`1 ÿ n ` 1 k 1n`1´k n ` 1 0 1n`1´0
z ` z1 “ z z ` z z ` z z
n`1 k“1
k 0
ÿ ˆn ` 1˙
n`1
“ z k z 1n`1´k
k“0
k

D’où le résultat si n ě 1. Si n “ 0,
` ˘n`1
z ` z1 “ z ` z1

et
ÿ1 ˆ ˙
1 k 11´k
z z “ z1 ` z
k“0
k
– Hn est héréditaire et valable pour n “ 0 donc Hn est vraie pour tout n P N.

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12 Rappels, nombre entiers et dénombrement

1.1.2.2 Somme des n premiers termes d’une suite géométrique de raison z


Pour z P C et n P N on pose
ÿ
n
Sn pzq “ zk “ 1 ` z ` z2 ` ¨ ¨ ¨ ` zn
k“0
Or
ÿ
n
z ˆ Sn pzq “ z ˆ zk
k“0
ÿ
n
“ z k`1
k“0
ÿ
n`1
“ zk
k“1
“ Sn pzq ´ 1 ` z n`1
D’où
pz ´ 1q Sn pzq “ z n`1 ´ 1

Donc, si z ‰ 1,
z n`1 ´ 1
Sn pzq “
z´1
Si z “ 1, Sn p1q “ n ` 1.

1.1.2.3 Factorisations
Soit n P N, a, b P C. Prenons b P C˚ , alors
´a ¯ ´ a ¯ ´ a ¯n`1
´ 1 Sn “ ´1
b b b „´ ¯ 
´ ¯ ´a¯
n`1 a n`1 a n`1
ñ b ´ 1 Sn “b ´1
b b b
´a¯
ñ pa ´ bq bn Sn “ an`1 ´ bn`1
b
ÿ
n
ñ an`1 ´ bn`1 “ pa ´ bq ak bn´k
k“0
Ainsi pour a, b P C avec b ‰ 0 et n P N˚ :
ÿ
n´1
an ´ bn “ pa ´ bq ak bn´1´k
k“0
Or cette formule est vraie pour b “ 0 car, pour tout n P N˚ , an ´ 0n “ an et
#
ÿ
n´1
1 si k “ n ´ 1
pa ´ 0q ak 0n´1´k “ a ˆ an´1 car 0n´1´k “
k“0
0 si k ‰ n ´ 1
“ an

La formule est aussi valable pour n “ 0 donc @a, b P C et @ P N,

ÿ
n´1
an ´ bn “ pa ´ bq ak bn´1´k
k“0

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Chapitre 1 : Nombres complexes 13

Factorisations usuelles Pour n “ 2,

a2 ´ b2 “ pa ´ bq pa ` bq

Pour n “ 3,
` ˘
a3 ´ b3 “ pa ´ bq a2 ` ab ` b2

Avec b “ 1,
` ˘
a3 ´ 1 “ pa ´ 1q a2 ` a ` 1

De plus,
` ˘
a3 ` b3 “ pa ` bq a2 ´ ab ` b2

1.2 Conjugué, module, argument


1.2.1 Conjugué

Pour z P C, z “ ℜe pzq ´ iℑm pzq où z est le conjugué de z.

1.2.1.1 Propriétés
Pour tout z, z 1 P C et n P Z,
z`z
– ℜe pzq “ ;
2
z´z
– ℑm pzq “ ;
2i
– zz “ ℜe pzq ` ℑm pzq2 .
2

1.2.2 Module

? ?
Pour z P C, on pose |z| “ zz “ a2 ` b2 si z “ a ` ib avec a, b P R.

1.2.2.1 Propriétés
– |z| “ 0 ô z “ 0
– |zz 1 | “ |z| |z 1 |
n
– |z n
ˇ ˇ| “ |z|
ˇ1ˇ 1
– ˇˇ ˇˇ “
z |z|

1.2.2.2 Identité du parallélogramme


Soient z, z 1 P C. Alors
ˇ ˇ ` ˘
ˇz ` z 1 ˇ2 “ z ` z 1 pz ` z 1 q
` ˘` ˘
“ z ` z1 z ` z1
“ zz ` zz 1 ` z 1 z ` z 1 z 1
ˇ ˇ2
“ |z|2 ` ˇz 1 ˇ ` z 1 z ` z 1 z
ˇ ˇ2 ` ˘
“ |z|2 ` ˇz 1 ˇ ` 2ℜe zz 1

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14 Rappels, nombre entiers et dénombrement

De même,
ˇ ˇ ˇ ˇ ` ˘
ˇz ´ z 1 ˇ2 “ |z|2 ` ˇ´z 1 ˇ2 ` 2ℜe ´zz 1
ˇ ˇ2 ` ˘
“ |z|2 ` ˇz 1 ˇ ´ 2ℜe zz 1

D’où : ˇ ˇ ˇ ˇ ´ ˇ ˇ ¯
ˇz ` z 1 ˇ2 ` ˇz ´ z 1 ˇ2 “ 2 |z|2 ` ˇz 1 ˇ2

Géométriquement, la somme des carrés des longueurs des côtés d’un parallélogramme est égale à la
somme des carrés des longueurs des diagonales.

1.2.2.3 Inégalité des modules


Soit z P C. Alors |z|2 “ ℜe pzq2 ` ℑm pzq2 , ce qui implique

ℜe pzq2 ď |z|2

où l’égalité signifierait que ℑm pzq “ 0 ô z P R. En prenant la racine carrée de ces nombres réels
positifs, on obtient
|ℜe pzq| ď |z|
De même,
|ℑm pzq| ď |z|

1.2.2.4 Inégalité de Cauchy-Schwarz dans R2

Soient a, b, c, d P R. Alors a a
|ac ` bd| ď a2 ` b2 c2 ` d2

Démonstration Posons z “ a ` ib et z 1 “ c ´ id. Alors ℜe pzz 1 q “ ac ` bd donc


ˇ ` ˘ˇ ˇ ˇ a a
|ac ` bd| “ ˇℜe zz 1 ˇ ď ˇzz 1 ˇ ô |ac ` bd| ď a2 ` b2 c2 ` d2

1.2.2.5 Inégalité triangulaire

@z, z 1 P C on a :
(1) ˇ ˇ ˇ ˇ
ˇz ` z 1 ˇ ď |z| ` ˇz 1 ˇ

(2) ˇ ˇ ˇ ˇ ˇˇ
ˇz ` z 1 ˇ ě ˇ|z| ´ ˇz 1 ˇˇ

Démonstration Prouvons la première inégalité : soient z, z 1 P C et


` ˇ ˇ˘2 ˇ ˇ2
∆ “ |z| ` ˇz 1 ˇ ´ ˇz ` z 1 ˇ

Il s’agit de montrer que ∆ ě 0. Or


ˇ ˇ ˇ ˇ2 ˇ ˇ2
∆ “ |z|2 ` 2 |z| ˇz 1 ˇ ` ˇz 1 ˇ ´ ˇz ` z 1 ˇ
ˇ ˇ ˇ ˇ2 ˇ ˇ2 ` ˘
“ |z|2 ` 2 |z| ˇz 1 ˇ ` ˇz 1 ˇ ´ |z|2 ´ ˇz 1 ˇ ´ 2ℜe zz 1
` ˇ ˇ ` ˘˘
“ 2 |z| ˇz 1 ˇ ´ ℜe zz 1

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Chapitre 1 : Nombres complexes 15

Or
` ˘ ˇ ` ˘ˇ ˇ ˇ ` ˘ ˇ ˇ
ℜe zz 1 ď ˇℜe zz 1 ˇ ď ˇzz 1 ˇ ñ ℜe zz 1 ď |z| ˇz 1 ˇ
` ˘ ˇ ˇ
ñ ℜe zz 1 ď |z| ˇz 1 ˇ car |z| “ |z|
On a donc bien ∆ ě 0. Examinons maintenant les cas d’égalité :
– Si z “ 0, alors |z 1 | “ |z 1 |
˝ Si z ‰ 0, alors ˇ ˇ ˇ ˇ
ˇz ` z 1 ˇ “ |z| ` ˇz 1 ˇ ñ ∆ “ 0
donc ℜe pzz 1 q “ |ℜe pzz 1 q| “ |zz 1 | donc ℜe pzz 1 q P R` et zz 1 P R. Ainsi zz 1 “ ℜe pzz 1 q donc
zz 1 P R` . De plus,
zz 1
z1 “
z
zz 1
“ z
zz
zz 1
“ ˆz
|z|2
Donc z 1 “ λz avec λ ě 0 donc les vecteurs d’affixes z et z 1 sont colinéaires.
Réciproquement, si z 1 “ λz avec λ P R` , on a
ˇ ˇ
|z| ` ˇz 1 ˇ “ |z| ` |λz|
“ |z| ` |λ| |z|
“ |z| ` λ |z|
“ pλ ` 1q |z|
De plus,
ˇ ˇ
ˇz ` z 1 ˇ “ |z ` λz|
“ |pλ ` 1q z|
“ pλ ` 1q |z|
On déduit des précédents résultats l’équivalence suivante :
ˇ ˇ ˇ ˇ ` ˘
ˇz ` z 1 ˇ “ |z| ` ˇz 1 ˇ ô pz “ 0q ou Dλ P R{z 1 “ λz

On peut reformuler ceci de manière plus symétrique :


#
ˇ ˇ ˇ ˇ
ˇz ` z 1 ˇ “ |z| ` ˇz 1 ˇ ô Du P C˚ , Dλ, µ P R` { z “ λu
z 1 “ µu
En effet démontrons-le.
– Sens direct : supposons que |z ` z 1 | “ |z| ` |z 1 |
˝ Si z “ 0 et z 1 ‰ 0, on prend alors u “ z 1 , λ “ 0 et µ “ 1. Si z 1 “ 0, alors des valeurs qui
marchent sont u “ 1 et λ “ µ “ 0.
˝ Si z ‰ 0, on a vu que z 1 “ tz avec t P R` . On prend alors u “ z, λ “ 1 et µ “ t.
– Sens réciproque :
ˇ ˇ
ˇz ` z 1 ˇ “ |λu ` µu|
“ pµ ` λq |u|
ˇ 1ˇ
ˇ ˇ
|z| ` z “ λ |u| ` µ |u|
“ pλ ` µq |u|
Donc |z ` z 1 | “ |z| ` |z 1 |.

2011-2012 Cours de mathématiques


16 Rappels, nombre entiers et dénombrement

Prouvons maintenant la deuxième inégalité : |z ` z 1 | ě ||z| ´ |z 1 ||. D’après l’inégalité triangulaire


démontrée ci-dessus,
ˇ ˇ ˇ ˇ ˇ ˇ ˇ ˇ ˇ ˇ
|z| “ ˇz ` z 1 ´ z 1 ˇ ď ˇz ` z 1 ˇ ` ˇ´z 1 ˇ ñ |z| ´ ˇz 1 ˇ ď ˇz ` z 1 ˇ
De même, ˇ 1ˇ ˇ ˇ
ˇz ˇ ´ |z| ď ˇz 1 ` z ˇ
Des deux inégalités précédentes on déduit, un nombre et son opposé étant inférieurs à la valeur absolue
du même nombre, ˇ ˇ ˇˇ ˇ ˇ
ˇ|z| ´ ˇz 1 ˇˇ ď ˇz ` z 1 ˇ

1.2.3 Notation exponentielle

On définit pour θ P R,
eiθ “ cos θ ` i sin θ

On note que eipθ`ϕq “ eiθ eiϕ , propriété caractéristique de l’exponentielle.

1.2.3.1 Conjugué et module


Soit θ P R. On a
eiθ “ cos θ ´ i sin θ
“ cos p´θq ` i sin p´θq
“ e´iθ
D’autre part,
1
e´iθ “
eiθ
En combinant les deux précédents résultats,
1
eiθ “ ô eiθ eiθ “ 1
eiθ
ˇ ˇ2
ˇ ˇ
ô ˇeiθ ˇ “ 1
ô @θ P R, eiθ P U
Remarques :
– On définit l’ensemble U comme l’ensemble des nombres complexes de module 1.
– Pour z P U on a zz “ |z|2 “ 1 donc
1
z“
z
– pour z P C˚ ,
z
zz “ |z|2 ô z “1
|z|2
1 z
ô “ 2
z |z|

1.2.3.2 Formule de Moivre

On a @n P Z et @θ P R : ´ ¯n
eiθ “ einθ

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Chapitre 1 : Nombres complexes 17

` ˘n
Démonstration Soit Hn : « @θ P R, eiθ “ einθ »
` ˘0
– H0 est vraie : si θ P R, eiθ “ 1 et ei0θ “ 1.
– Supposons que Hn est vraie pour un certain entier naturel n. Alors, si θ P R,

eipn`1qθ “ eipnθ`θq
“ e´inθ e¯iθ
n
“ eiθ eiθ
´ ¯n`1
“ eiθ

Donc Hn est héréditaire.


– D’après le principe de récurrence, Hn est vraie @n P N.
Prouvons maintenant ce résultat pour n P Z.
– Pour n “ ´1, on a bien pour θ P R :

1 ´ ¯´1
e´iθ “ “ eiθ
eiθ
– Pour n P N˚ et @θ P R,
´ ¯´n ˆ ˙n
iθ 1
e “
eiθ
´ ¯n
“ e´iθ
“ e´inθ
“ eip´nqθ

– Hn est donc vraie @n P Z.

1.2.3.3 Forme des nombres complexe de U

@z P U, Dθ P R{z “ eiθ

Démonstration Soit z “ a ` ib P U avec a, b P R. On a donc |z|2 “ a2 ` b2 “ 1 donc

|a| “ |ℜe pzq| ď |z| “ 1 et |b| “ |ℑm pzq| ď 1


” πı
– Si a ě 0, alors la fonction f : 0, ÝÑ R est continue et strictement décroissante donc
2
t ÞÑ cos t
´” π ı¯
f 0, “ r0, 1s
2
“ ‰
Or 0 ď a ď 1 donc a P r0, 1s donc Dt P 0, π2 {a “ cos t. De plus

b2 “ 1 ´ a2
“ 1 ´ cos2 t
“ sin2 t

˝ Si b ě 0 alors b “ sin t donc z “ eit .


˝ Si b ď 0 alors b “ ´ sin t donc z “ e´it .

2011-2012 Cours de mathématiques


18 Rappels, nombre entiers et dénombrement

“ ‰
– Si a ď 0 , d’après le cas précédent Dt P 0, π2 { ´ z “ eit car ´z “ ´a ´ ib avec ´a ě 0. De plus
|´z| “ |z| “ 1 donc ´z P U. Ainsi
z “ ´eit
“ eiπ eit
“ eipπ`tq
On a donc ! )
U “ eiθ {θ P R

1.2.4 Arguments

Soit z P C˚ . On définit l’argument de z comme l’ensemble des nombres θ réels vérifiant z “ |z| eiθ . En
réalité pour z P C˚ et θ0 P arg pzq,

arg pzq “ θ0 ` 2πZ “ tθ0 ` 2kπ|k P Zu

1.2.4.1 Argument et écriture trigonométrique des nombres complexes


Définition Soit z P C˚ . Une écriture trigonométrique de z est un couple pr, θq dans R2 tel que
z “ reiθ .

Remarques
– @θ P R, p0, θq est une écriture trigonométrique de 0.
– Si z P C˚ et θ P arg pzq, alors p|z| , θq est une écriture trigonométrique de z.
– Si pr, θq est une écriture trigonométrique de z alors les écritures trigonométriques de z sont
pr, θ ` 2kπq avec k P Z.

1.2.4.2 Formules de mise sous forme trigonométrique


On a @θ P R : ˆ ˙
θ iθ
– 1 ` eiθ “ 2 cos e2
2
ˆ ˙
θ iθ
– eiθ ´ 1 “ 2i sin e2
2

1.2.4.3 Formules d’Euler


Soit θ P R. Alors` ˘
eiθ `eiθ
(1) cos θ “ ℜe eiθ “ 2 donc
eiθ ` e´iθ
cos θ “
2
(2) De même,
eiθ ´ e´iθ
sin θ “
2i

1.2.5 Exemples d’utilisation de l’écriture trigonométrique


1.2.5.1 Noyau de Dirichlet
Pour x P R et n P N,
ÿ
n
Dn pxq “ eikx
k“´n

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Chapitre 1 : Nombres complexes 19

Donc

Dn pxq “ e´inx ` ¨ ¨ ¨ ` e´ix ` 1 ` eix ` ¨ ¨ ¨ ` einx


“ 1 ` 2 cos x ` 2 cos 2x ` ¨ ¨ ¨ ` 2 cos nx
ÿn
“ 1`2 cos kx
k“1

Simplifions cette expression pour exprimer la somme en fonction de n. Revenons à la définition de la


fonction : pour x P R et n P N,
ÿ
n
Dn pxq “ eikx
k“´n
´inx
` ˘
“ e 1 ` eix ` ¨ ¨ ¨ ` ei2nx en factorisant par le premier terme.
2n `
ÿ ˘k
“ e´inx eix
k“0

– Si x P 2πZ, eix “ 1 donc


ÿ
n
Dn pxq “ 1 “ 2n ` 1
k“´n

– Si x R 2πZ, alors eix ‰ 1 donc d’après la formule de la somme des premiers termes d’une suite
géométrique,
˜ ` ˘2n`1 ¸
eix ´ 1
Dn pxq “ e´inx
eix ´ 1
ep2n`1qix ´ 1
“ e´inx
eix ´ 1
ip2n`1q x2
` ˘ ´x¯
´inx e 2i sin p2n ` 1q x2 ix ix
“ e x car @x P R, e ´ 1 “ e 2i sin
2
ei 2 2i sin x2 2
“` ˘ ‰
sin n ` 21 x
“ e´inx einx
sin x2
“` ˘ ‰
sin n ` 12 x
“ et ceci @x P Rz2πZ et @n P N
sin x2

1.2.5.2 Polynômes de Chebychev de la première espèce


Soit n P N. Alors il existe un polynôme Tn tel que @θ P R,

cos pnθq “ Tn pcos θq


` ˘ `` ˘n ˘
Démonstration Soit n P N. Pour θ P R, cos pnθq “ ℜe einθ “ ℜe eiθ . De plus
´ ¯n
eiθ “ pi sin θ ` cos θqn
ÿn ˆ ˙
n k k
“ i sin θ cosn´k θ
k“0
k
ÿn ˆ ˙ ÿn ˆ ˙
n k k n´k n k k
“ i sin θ cos θ` i sin θ cosn´k θ
k“0
k k“0
k
k pair k impair

2011-2012 Cours de mathématiques


20 Rappels, nombre entiers et dénombrement

Ce résultat est obtenu grâce à l’application de la formule du binôme de Newton. On remarque que
dans la première somme les ik donnent un résultat réel, et un résultat` ˘n imaginaire dans la deuxième
somme. Cette décomposition est donc une forme algébrique de eiθ , dont nous cherchons la partie
réelle. Ainsi : ˆ ˙
ÿ n
n k k
cos nθ “ i sin θ cosn´k θ
k
k“0
k pair
“ ‰
De plus, tout entier pair de rr0, nss s’écrit k “ 2p avec p P N X 0, n2 . On obtient donc
ÿ ˆ ˙
n 2p 2p
cos nθ “ i sin θ cosn´2p θ
2p
2s
pPNXr0, n
ÿ ˆ ˙
n ` ˘p
“ p´1qp 1 ´ cos2 θ cosn´2p θ
2p
pPNXr0, n
2s
ÿ
“ Hp pcos θq
pPNXr0, 2 s
n

“ n‰
Avec @p P N X 0, 2 et @x P R,
ˆ ˙
n ` ˘p
Hp pxq “ p´1qp 1 ´ x2 xn´2p
2p
Le polynôme de Chebychev cherché est donc, @x P R,
ÿ
Tn pxq “ Hp pxq
pPNXr0, 2 s
n

“ ‰
Caractéristiques Soit p P N X 0, n2 . On a alors
ˆ ˙
n ` ˘p
Hp pxq “ p´1qp 1 ´ x2 xn´2p
2p
`n˘
Hp pxq est un polynôme de degré n. De plus le coefficient de xn dans Hp est 2p . En sommant les
polynômes Hp de degré n pour obtenir Tn , on obtient un polynôme de degré inférieur ou égal à n. Le
coefficient de xn dans Tn pxq est alors ˆ ˙
ÿ n
2p
2s
pPNXr0, n

Cette somme est strictement positive donc non nulle donc le degré de Tn est n. Cherchons maintenant
le coefficient dominant (coefficient du terme de plus haut degré).
– Pour n “ 0, le coefficient de xn est 1 car T0 “ 1.
– Pour n ą 0, cherchons l’expression en fonction de n de la somme
ÿ ˆ ˙
n
2p
2s
pPNXr0, n

On remarque que :
ÿn ˆ ˙
n n n
2 “ p1 ` 1q “
k“0
k
et que
ÿn ˆ ˙
n n
0 “ p1 ´ 1q “ p´1qk
k“0
k

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Chapitre 1 : Nombres complexes 21

En sommant les deux égalités précédentes on obtient :


ÿn ˆ ˙ n ˆ ˙
ÿ
n n
n
2 `0 “ ` p´1qk
k“0
k k“0
k
ÿn ˆ ˙´ ¯
n
“ 1 ` p´1qk
k“0
k
ˆ ˙ #
ÿn
n ´ ¯ 2 si k est paire
“ 2 car 1 ` p´1qk “
k 0 si k est impaire
k“0
k pair
ÿ ˆ ˙
n
“ 2
2p
2s
pPNXr0, n

Donc, ˆ ˙
ÿ n 2n
“ “ 2n´1
2p 2
2s
pPNXr0, n

2n´1 est donc le coefficient dominant de Tn .

1.3 Racines carrées et racines n-ièmes dans C

Un nombre ω P C est une racine carrée de z P C lorsque

ω2 “ z

1.3.1 Recherche pratique de racines carrées


Dans la suite, on aura z P C˚ .

1.3.1.1 Avec une forme trigonométrique


Si on dispose d’une écriture trigonométrique de z de la forme
z “ reiθ
? θ
avec r ą 0 et θ P R, alors les racines carrées de z sont ˘ rei 2 .

1.3.1.2 Sans forme trigonométrique


Si on ne dispose pas d’une écriture trigonométrique de z avec des valeurs classiques, cherchons les
racines carrées de z “ a ` ib avec a, b P R sous la forme δ “ c ` id P C avec c, d P R. on a
#
δ2 “ z
δ2 “ z ô ˇ 2ˇ
ˇδ ˇ “ |z|
#
c2 ´ d2 ` 2icd “ a ` ib
ô ?
c2 ` d2 “ a2 ` b2
$
’ 2 2
&c ´ d “ a ?
p1q
ô c2 ` d2 “ a2 ` b2 p2q en identifiant ℜe et ℑm

%
2cd “ b p3q
Ensuite,

2011-2012 Cours de mathématiques


22 Rappels, nombre entiers et dénombrement

– p1q ` p2q donne c2 ;


– p1q ´ p2q donne d2 ;
– p3q donne le signe de cd, donc détermine les deux couples pc, dq solutions.

1.3.2 Équations du second degré

Soient a, b, c P C avec a ‰ 0, l’équation

az 2 ` bz ` c “ 0

admet 2 solutions éventuellement confondues dans C qui sont


´b ˘ δ
z“
2a
où δ est une racine carrée de ∆ “ b2 ´ 4ac.

1.3.3 Racines n-ièmes


1.3.3.1 Définition

Soient z, ω P C et n P N˚ . On dit que ω est une racine n-ième de z lorsque

ωn “ z

Pour z P C, Rn pzq est l’ensemble des racines n-ièmes de z.

1.3.3.2 Petite histoire (ou grand casse-tête)


Recherche d’une expression de Rn en fonction de n Soit z P C et n P N˚ .
– Si z “ 0, alors pour ω P C, ω n “ 0 ô ω “ 0 donc Rn p0q “ 0.
– Si z P C˚ , on écrit z “ reiθ avec r ą 0 et θ P R (r “ |z| et θ P arg pzq).
˝ On note que 0n “ 0 donc 0 R Rn .
˝ Si ω P C˚ que l’on écrit ω “ ρeiϕ avec ρ ą 0 et ϕ réel, alors

ω n “ z ô ρn einϕ “ reiθ
#
ρn “ r
ô car ρn ą 0 et r ą 0
nϕ P θ ` 2πZ
# 1
ρ “ rn
ô
Dk P Z{ϕ “ nθ ` 2kπ
n

Donc ! 1 θ 2kπ )
Rn pzq “ r n eip n ` n q {k P Z

Caractéristiques de Rn Soit k P Z. On effectue la division euclidienne de k par n. Alors il existe


q P Z, n P N et 0 ď r ď n ´ 1 tels que
k r
k “ nq ` r ô “q`
n n
2πk 2πr
ô “ 2πq `
n n
i 2πk i2πq i 2πr
ñ e n “e e n

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Chapitre 1 : Nombres complexes 23

2πk 2πr
Or @ P Z, ei2πq “ 1 donc ei n “ ei ndonc
! 1 θ 2pπ )
ip n ` n q
Rn pzq Ă r en |p P v0, n ´ 1w

L’inclusion inverse étant évidente,


! 1 θ 2pπ )
Rn pzq “ r n eip n ` n q |p P v0, n ´ 1w

Soient k, l P v0, n ´ 1w avec 0 ď k ă l ď n ´ 1. Alors


2πl 2πk
r n eip n ` q “ r n1 eip nθ ` 2πl
n q
1 θ 2πk
n ô P ` 2πZ
n n
2πl 2πk
ô Dm P Z{ “ ` 2πm
n n
l´k
ô Dm P Z{ “m
n
´ ¯
ip n q ip n
θ
` 2pn´1qπ
n q
θ θ
l´k 1 1 ` 2π 1 i n
Or on ne peut avoir n P Z car 1 ď l´k ď n´1. Ainsi les complexes r e n ,r e
n ,...,r e
n n

sont tous distincts donc l’ensemble Rn pzq défini par


! 1 θ 2pπ )
Rn pzq “ r n eip n ` n q |p P v0, n ´ 1w

est fini et de cardinal n.

1.3.3.3 Autour de Un
On définit Un “ Rn p1q. Or 1 “ ei0 donc
! 2kπ )
Un “ ei n |k P rr0, n ´ 1ss

Remarques
– De façon générale, Un Ă U.
– 1 P Un .
– Si z, z 1 P Un , alors zz 1 P Un et 1z P Un donc Un est un sous-groupe de pC˚ , ˆq.
( 2iπ
– Un “ ω k {0 ď k ď n ´ 1 où ω “ e n et n ě 2.

ωn “ 1 ô ωn ´ 1 “ 0
` ˘
ô pω ´ 1q 1 ` ω ` ω 2 ` ¨ ¨ ¨ ` ω n´1 “ 0
ô 1 ` ω ` ω 2 ` ¨ ¨ ¨ ` ω n´1 “ 0 car ω ´ 1 ‰ 0
ÿ
ô z“0
zPUn

On a même, pour z P Un z t1u :


ÿ
n´1
zk “ 0
k“0

1.4 Exponentielles complexes

Pour z P C, on pose
exp pzq “ eℜepzq eiℑmpzq
où eℜepzq est l’exponentielle réelle du nombre réel ℜe pzq et eiℑmpzq “ cos ℑm pzq ` i sin ℑm pzq.

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24 Rappels, nombre entiers et dénombrement

On remarque que :
– Si z P R, alors exp pzq “ eℜepzq “ ez .
– Si θ P R, alors exp piθq “ ei0 eiθ “ eiθ .

1.4.1 Propriétés
1.4.1.1 Propriété caractéristique de l’exponentielle
Pour z, z P C, ` ˘ ` ˘
exp z ` z 1 “ exp pzq exp z 1

Démonstration
` ˘ 1
exp z ` z 1 “ eℜepz`z q eiℑmpz`z”q
1 1
“ eℜepzq`ℜepz q eipℑmpzq`ℑmpz qq
1 1
“ eℜepzq eiℑmpzq eℜepz q eiℑmpz q
` ˘
“ exp pzq exp z 1

1.4.1.2 Autres propriétés


– exp p0q “ 1 ;
1
– pour z P C, exp p´zq “ ;
exp pzq
– @z P C et @n P Z, pexp pzqqn “ exp pnzq ;
– |exp pzq| “ 1 ô z P iR ;

exp pzq “ 1 ô ei0 “ eℜepzq eiℑmpzq
#
eℜepzq “ 1
ô
ℑm pzq P 2πZ
#
ℜe pzq “ 0
ô
ℑm pzq P 2πZ
donc z P t2iπm{m P Zu ;
– pour z, z P C,
` ˘ exp pz 1 q
exp pzq “ exp z 1 ô “1
exp pzq
` 1 ˘
ô exp z ´ z “ 1
ô z 1 ´ z P 2iπZ
– Étudions la surjectivité de la fonction exp ; c’est-à-dire si un complexe admet un ou plusieurs
antécédents par exp. Soit ω P C˚ , alors ω “ reiθ avec r ą 0 et θ P R. Pour z P C, on a :
exp pzq “ ω ô eℜepzq eℑmpzq “ reiθ
#
r “ epzq
ô
ℑm pzq P θ ` 2πZ
#
ℜe pzq “ ln prq
ô
ℑm pzq P arg pωq
L’ensemble des nombres complexes z vérifiant exp pzq “ ω est
tln p|ω|q ` iα|α P arg pωqu

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Chapitre 1 : Nombres complexes 25

1.5 Complément : astuces


1.5.1 Expression de Rn pzq en fonction de Un
Soit z P C. Si on connaît une racine n-ième de z notée a, alors

Rn pzq “ tau|u P Un u

1.5.2 Rassemblement trigonométrique

, alor a, b P R. Alors Dϕ P R tel que @x P R,


a
a cos pxq ` b sin pxq “ a2 ` b2 cos px ´ ϕq

1.5.3 Liste de Un usuels


2iπ
On pose j “ e 3 :
– U2 “ t´1, 1u (;
– U3 “ j, j 2 , 1 ;
– U4 “ !
ti, ´i, ´1, 1u ; )
2iπ 4iπ 2iπ 4iπ
– U5 “ 1, e 5 , e 5 , e´ 5 , e´ 5 ;
(
– U6 “ 1, ´1, j, ´j, j 2 , ´j 2 .

1.6 Complément : exercices classiques


1.6.1 Parties de C à trois éléments...
1.6.1.1 Parties à deux éléments
Cherchons les parties A de C à deux éléments telles que z P A ñ z 2 P A.

Partie directe Soit A “ ta, bu une telle partie. Alors a2 P A et b2 P A donc a2 “ a ou a2 “ b


– Si a2 “ a, alors a “ 0 ou a “ 1
˝ Si a “ 0, alors b2 P ta, bu et b ‰ 0 donc b2 ‰ 0 donc b2 “ b donc b “ 1. Ainsi A “ t0, 1u
˝ Si a “ 1, alors b2 P ta, bu et b ‰ 1.
Ñ Si b2 “ b, alors A “ t0, 1u
Ñ Si b2 “ 1 avec b ‰ 1, alors b “ ´1 donc A “ t1, ´1u
– Si a2 “ b ô a2 ‰ a, on suppose
# b2 ‰ b (si b2 “ b on serait ramené au cas précédent en inversant
b2 “ a (
les lettres). On a donc 2
ñ a4 “ a ñ a3 “ 1 car a ‰ 0. Ainsi a P U3 “ 1, j, j 2 où
a “b
2iπ ( (
j “ e 3 . Or a ‰ 1 donc a P j, j 2 donc A “ j, j 2 .
Les parties recherchées sont donc
((
A P t0, 1u , t´1, 1u , j, j 2

Partie réciproque Réciproquement, il est clair que les parties trouvées conviennent.

1.6.1.2 Parties à 3 éléments


Cherchons les parties A de C à trois éléments telles que z P A ñ z 2 P A.

2011-2012 Cours de mathématiques


26 Rappels, nombre entiers et dénombrement

Partie directe Soit A “ ta, b, cu une telle partie (avec a, b, c distincts). ((


– Si ta, bu vérifie z P ta, bu ñ z 2 P ta, bu , alors ta, bu P t0, 1u , t´1, 1u , j, j 2 .
˝ Si ta, bu “ t0, 1u, on ne peut avoir c2 “ c car c R t0, 1u. Mais c2 P t0, 1, cu donc c2 “ 0 ou
c2 “ 1 donc c “ ´1 car c ‰ 0. Ainsi, A “ t0, 1, ´1u.
˝ Si ta, bu “ t´1, 1u, alors c2 P t´1, 1, cu et c R t´1, 1u.
Ñ Si c2 “ c, alors A “ t0, ´1, 1u.
Ñ Si c2 “ 1, A n’existe pas car c R t´1, 1u.
Ñ Si c2 “ ´1, alors( c P t´i, iu donc
( A “ t´1, 1, iu ( ou A “ t´1, 1, ´iu.
˝ Si ta, bu “ j, j 2 , alors c R j, j 2 et c2 P j, j(2 , c . (
Ñ Si c2 “ c alors c P t0, 1u(donc A “ j, j 2 , 1 et A “ j, j(2 , 0 .
Ñ Si c2 “ j alors c P ˘j 2 or c ‰ j 2 donc A “ j, j 2 , ´j (
2 .

Ñ Si c2 “ j 2 alors c P t˘ju or c ‰ j donc A “ j, j 2 , ´j . (


On vient de traiter le cas où A contient une des sous-parties(t0, 1u, t´1, 1u ou j, j 2 .
– Supposons que les sous-parties t0, 1u, t´1, 1u et j, j 2 ne soient pas inclues dans A.
˝ Si 0 P A, alors 1 R( A donc A “ t0, b, cu. b2 ‰ 0 car b ‰ 0 et b2 ‰ b car b ‰ 1. Ainsi ( b2 “ c
2 2 2 2
donc A “ a, b, b . De même c ‰ 0 et c ‰ c donc c “ b donc tb, cu “ j, j , ce qui est 2

impossible.
˝ Si 1 P A, alors 0 R A 2 2 2
2
( donc A “ t1, b, cu. On ne peut avoir b ‰ b donc b “ c.Not même c “ b
donc tb, cu “ j, j , ce qui est impossible.
` ˘2
˝ Si 0 R A et 1 R A, alors @z P A, z 2 ‰ z. Donc a2 P A et a2 ‰ a. De même a2 P A et
` 2 ˘2
a ‰ a2 . (
Ñ Si a4 “ a, a ‰ 0 donc a3 “ 1 donc a P j, j 2 car a ‰ 1.
❀ Si a “ j, alors a2 “ j 2 , ce qui est impossible.
❀ Si a “ j 2 , alors 2
` 4 ˘a2 “ j, ce2 (qui est impossible. (
4
Ñ Si a ‰ a, alors a P a, a donc A “ a, a2 , a4 . Or a8 P A et a8 ‰ a4 donc a8 “ a ou
a8 “ a2 . (
❀ Si a8 “ a2 avec a R t0, 1u, alors a6 “ 1 donc a P U6 “ ˘1, ˘i, ˘j 2 . De plus
a “ t´1, 1, ju est exclu.
Si a “ ´j, alors a2 “ j 2 et a4 “ j, ce qui est impossible.
Si a “ j 2 , alors a2 “ j, ce qui est impossible.
Si a “ ´j 2 , alors a2 “ j et a4 “ j 2 , ce qui est impossible.
( 2iπ
❀ Si a8 “ a, alors a7 “ 1 donc a P U7 z t1u donc a P ω, ω 2 , ω 3 , ω 4 , ω 5 , ω 6 où ω “ e 7 .
(
Si a “ ω, A “ ω, ω 2 , ω 4
(
Si a “ ω 2 , A “ ω, ω 2 , ω 4
(
Si a “ ω 3 , A “ ω 3 , ω 5 , ω 6
(
Si a “ ω 4 , A “ ω, ω 2 , ω 4
(
Si a “ ω 5 , A “ ω 3 , ω 5 , ω 6
(
Si a “ ω 6 , A “ ω 3 , ω 5 , ω 6

Bilan Si A est une partie vérifiant la propriété, alors les différentes valeurs de A sont :
– t0, 1, ´1u
– t1, ´1, iu
– t1, ´1, ´iu (
– j, j 2 , ´j (
– j, j 2 , ´j
(
2
2
– j, j , 0(
– j, j 2 , 1 (
– ω, ω 2 , ω 4

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Chapitre 1 : Nombres complexes 27

(
– ω3 , ω5, ω6
2iπ
Avec ω “ e 7 .

Partie réciproque Il est clair que toutes les parties trouvées conviennent (à vous le loisir des
calculs !).

1.6.2 Racines n-ièmes primitives de 1


On rappelle que pour tout n ě 2,
! ) 2iπ
Un “ ω k |k P v0, n ´ 1w où ω “ e n

(
Quels sont les u P Un tels que Un “ uk |k P Z ?

Partie directe Soit u P Un et supposons que Un “ tup |p P Zu. Alors Dk P rr0, n ´ 1ss {u “ ω k . De
plus ω PUn “ tup |p P Zu donc Dp P Z{ω “ up “ ω kp donc
2iπpkp´1q
ω kp´1 “ 1 ô e n “1

Ainsi,
2π pkp ´ 1q
Dm P Z{ “ 2πm ô kp ´ 1 “ mn ô kp ´ mn “ 1
n
On reconnaît là une relation de Bézout, donc k ^ n “ 1. De ce fait, si ω k est une racine primitive
n-ième de 1, alors k est premier avec n.

Partie réciproque Réciproquement, supposons que k ^ n “ 1. D’après le théorème de Bézout,


Dp, q P Z{kp ` nq “ 1. D’où

ω “ ω1
kp`nq
“ ω
´ ¯p
“ ω k pω n qq
´ ¯p
“ ωk car ω n “ 1

` ˘pl ` ˘a (
Ainsi pour tout l P N, ω l “ ω k P ω k {a P Z donc Un Ă tua {a P Zu. L’inclusion inverse étant
évidente, u “ ω k est bien une racine primitive n-ième de 1.

Bilan Pour k P v0, n ´ 1w ,ω k est une racine primitive n-ième de 1 si et seulement si k ^ n “ 1.

1.6.3 Noyau de Féjer


On rappelle l’expression du noyau de Dirichlet : @n P N et @x R 2πZ,
“` ˘ ‰
sin n ` 21 x
Dn pxq “ ` ˘
sin x2

Si x P 2πZ,
Dn pxq “ 2n ` 1

2011-2012 Cours de mathématiques


28 Rappels, nombre entiers et dénombrement

1.6.3.1 Définition
Pour tout n P N, θ P R, le noyau de Féjer est définit par :

1 ÿ
n
Fn pθq “ Dk pθq
n ` 1 k“0

1.6.3.2 Simplification de l’expression de Fn pθq


– Si θ P 2πZ, alors

1 ÿ
n
Fn pθq “ 2k ` 1
n ` 1 k“0
˜ ¸
1 ÿn
“ n`1`2 k
n`1 k“0
1
“ pn ` 1 ` n pn ` 1qq
n`1
“ n`1

– Si θ R 2πZ, alors

1 ÿ
n
Fn pθq “ Dk pθq
n ` 1 k“0
“` ˘ ‰
1 ÿ sin k ` 21 θ
n
“ ` ˘
n ` 1 k“0 sin 2θ
ÿn „ˆ ˙ 
1 1
“ `θ˘ sin k ` θ
pn ` 1q sin 2 k“0 2
1 ÿn ´ ¯
ℑm eipk` 2 qθ
1
“ `θ˘
pn ` 1q sin 2 k“0
˜ ¸
1 ÿn
ipk` 21 qθ
“ ` ˘ ℑm e
pn ` 1q sin θ2 k“0

Or,

ÿ
n n ´
ÿ ¯k
eipk` 2 qθ “ ei 2
1 θ
eiθ
k“0 k“0
˜ ¸
θ eiθpn`1q ´ 1
“ ei 2
eiθ ´ 1
¨ ´ ¯ n`1 ˛
θ
sin pn`1qθ
2 eiθ 2
“ ei 2 ˝ ` ˘ θ ‚ d’après 1.2.4.2
sin θ2 ei 2
´ ¯
pn`1qθ
sin 2 n`1
“ `θ˘ eiθ 2
sin 2

Ainsi, ´ ¯
˜ ¸ pn`1qθ
ÿ
n sin2 2
eipk` 2 qθ
1
ℑm “ `θ˘
k“0
sin 2

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Chapitre 1 : Nombres complexes 29

Donc, ´ ¯
pn`1qθ
sin2 2
Fn pθq “ `θ˘
pn ` 1q sin 2

1.6.4 Polynômes de Chebychev de deuxième espèce


Soit n P N. Il s’agit de trouver un polynôme Un tel que @θ P RzπZ,

sin rpn ` 1q θs
“ Un pcos θq
sin θ
Soit θ P RzπZ, alors
´ ¯
sin rpn ` 1q θs “ ℑm eiθpn`1q
“ ℑm pi sin rpn ` 1q θs ` cos rpn ` 1q θsq
´ ¯
“ ℑm pi sin θ ` cos θqn`1
« ff
ÿn ˆ ˙
n`1 k k
“ ℑm i sin θ cosn`1´k θ
k“0
k
ÿ ˆ ˙
1 n`1 k k
“ i sin θ cosn`1´k θ
i k
k“0
k impair
ÿ ˆ ˙
1 n`1 ` ˘p
“ p´1qp i 1 ´ cos2 θ sin θ cosn´2p θ
i 2p ` 1
2s
pPNĂr0, n

Ainsi,
ÿ ˆ ˙
sin rpn ` 1q θs n`1 ` ˘p
“ p´1qp 1 ´ cos2 θ cosn´2p θ
sin θ 2p ` 1
pPNĂr0, n
2s

“ Un pcos θq

Avec ˆ ˙
ÿ n`1 ` ˘p
Un pxq “ p´1qp 1 ´ x2 xn´2p
2p ` 1
2s
pPNĂr0, n

2011-2012 Cours de mathématiques


Chapitre 2

Trigonométrie

Sommaire
2.1 Propriétés de sin, cos et tan . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32
2.1.1 Sinus et Cosinus . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32
2.1.2 Tangente et Cotangente . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32
2.2 Valeurs remarquables . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32
2.2.1 Tableau de valeurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32
2.2.2 Relations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32
2.3 Formules . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32
2.3.1 Formules d’addition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32
2.3.2 Formules de duplication . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
2.3.3 Formules de linéarisation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
2.3.4 Formules de transformation d’une somme en produit . . . . . . . . . . . . . . . 33
2.3.5 Formules pour tangente . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
a
2.3.6 Changement de variable u “ tan . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
2

31
32 Rappels, nombre entiers et dénombrement

2.1 Propriétés de sin, cos et tan


2.1.1 Sinus et Cosinus

sin et cos sont 2π-périodiques, indéfiniment dé- – cosr2k`1s “ p´1qk`1 sin


8
rivables sur R (c’est-à-dire de classe C ). Pour k P Z,
– sin1 “ cos – cos pkπq
` “ p´1q˘k
– cos1 “ ´ sin – cos p2k ` 1q π2 “ 0
` ˘
– sin p2k ` 1q π2 “ p´1qk
Plus généralement, concernant les dérivées,
La fonction cos est paire, tandis que sin est im-
– sinr2ks “ p´1qk sin paire. De plus @x P R,
– sinr2k`1s “ p´1qk cos
– cosr2ks “ p´1qk cos cos2 x ` sin2 x “ 1

2.1.2 Tangente et Cotangente


´π ¯
On définit pour x P Rz ` πZ , On définit pour x P RzπZ la fonction
2
sin x cos x
tan x “ cotan pxq “
cos x sin x
La fonction tan est impaire, de classe C 8 sur tout cotan est impaire et définie sur tout intervalle
intervalle I inclus dans le domaine de définition. I Ă RzπZ et
De plus
` ˘
tan1 “ 1 ` tan2 cotan1 z “ ´ 1 ` cotan2
1 1
“ “ ´ 2
cos 2 sin

2.2 Valeurs remarquables


2.2.1 Tableau de valeurs
π π π π
x 0 ?6 ?4 3 2
3 2 1
cos x 1 2 ?2 ?2
0
1 2 3
sin x 0 2 2 2
1

2.2.2 Relations

On a `les relations
˘ suivantes : – cos pπ ´ xq “ ´ cos x
– sin `π2 ´ x ˘ “ cos x – sin pπ ` xq “ ´ sin x
– cos `π2 ´ x ˘ “ sin x – cos pπ ` xq “ ´ cos x
– tan π2 ´ x “ tan1 x – tan pπ ` xq “ tan x
– sin pπ ´ xq “ sin x – cotan pπ ` xq “ cotan x

2.3 Formules
Les formules sont valables sur tout réel appartenant au(x) domaine(s) de définitions de(s) la fonc-
tion concernée(s).

2.3.1 Formules d’addition – cos pa ´ bq “ cos a cos b ` sin a sin b


– sin pa ` bq “ cos a sin b ` cos b sin a
– cos pa ` bq “ cos a cos b ´ sin a sin b

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Chapitre 2 : Trigonométrie 33

ˆ ˙ ˆ ˙
– sin pa ´ bq “ cos b sin a ´ cos a sin b p`q p´q
– cos p ´ cos q “ ´2 sin sin
ˆ 2˙ ˆ 2˙
2.3.2 Formules de duplication p`q p´q
– sin p ` sin q “ 2 sin cos
ˆ 2 ˙ ˆ 2 ˙
– p´q p`q
– sin p ´ sin q “ 2 sin cos
cos p2aq “ cos2 a ´ sin2 a 2 2
“ 2 cos2 a ´ 1
“ 1 ´ 2 sin2 a
1 ` cos p2aq 2.3.5 Formules pour tangente
– cos2 a “
2 tan a ` tan b
2 1 ´ cos p2aq – tan pa ` bq “
– sin a “ 1 ´ tan a tan b
2
– sin p2aq “ 2 sin a cos a tan a ´ tan b
– tan pa ´ bq “
1 ` tan a tan b
2 tan a
2.3.3 Formules de linéarisation – tan p2aq “
1 ´ tan2 a
1
– cos a cos b “ pcos pa ` bq ` cos pa ´ bqq
2
1
– sin a sin b “ ´ pcos pa ` bq ´ cos pa ´ bqq a
2 2.3.6 Changement de variable u “ tan
1 2
– sin a cos b “ psin pa ` bq ` sin pa ´ bqq
2
2u
– tan a “
2.3.4 Formules de transformation 1 ´ u2
d’une somme en produit 2u
– sin a “
ˆ ˙ ˆ ˙ 1 ` u2
p`q p´q 1 ´ u2
– cos p ` cos q “ 2 cos cos – cos a “
2 2 1 ` u2

2011-2012 Cours de mathématiques


Chapitre 3

Fonctions usuelles

Sommaire
3.1 Fonctions trigonométriques réciproques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
3.1.1 Théorème fondamental (admis) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
3.1.2 La fonction Arcsinus . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
3.1.2.1 Définition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
3.1.2.2 Propriétés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
3.1.3 La fonction Arccosinus . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
3.1.3.1 Définition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
3.1.3.2 Propriétés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
3.1.4 La fonction Arctangente . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39
3.1.4.1 Définition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39
3.1.4.2 Propriétés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40
3.2 Fonctions hyperboliques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41
3.2.1 Théorème : fonctions impaires et paires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41
3.2.2 Définition des fonctions hyperboliques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41
3.2.3 Formulaire de trigonométrie hyperbolique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 42
3.2.4 Étude des fonctions hyperboliques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43
3.2.4.1 Sinus hyperbolique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43
3.2.4.2 Cosinus hyperbolique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43
3.2.4.3 Tangente hyperbolique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44
3.2.5 Fonctions hyperboliques inverses . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44
3.2.5.1 Sinus hyperbolique inverse . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44
3.2.5.2 Cosinus hyperbolique inverse . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 45

35
36 Rappels, nombre entiers et dénombrement

3.1 Fonctions trigonométriques réciproques


3.1.1 Théorème fondamental (admis)
Soit I un intervalle de R non nul et f : I ÝÑ R une application continue et strictement monotone.
On a alors les résultats suivants :
(1) J “ f pIq est un intervalle de R dont on sait préciser la forme en fonction de I. En effet, en
supposant f strictement croissante (avec des résultats analogues dans le cas où f est strictement
décroissante) :
– Si I “ ra, bs avec a, b P R , alors J “ rf paq , f pbqs. ı ı
– Si I “ sa, bs avec a P R Y t´8u et b P R, alors J “ limf, f pbq .
„ a „
– Si I “ ra, br avec a P R et b P R Y t`8u, alors J “ f paq , limf
b
 „
– Si I “ sa, br avec a P R Y t´8u et b P R Y t`8u, alors J “ limf, limf
a b

(2) fr : I ÝÑ J “ f pIq est bijective et d’application réciproque f ´1 . De plus f ´1 est continue et


x ÞÝÑ f pxq
de la même stricte monotonie que f . On dit que f induit une bijection de I sur J.
(3) On suppose que f est dérivable sur I. Soit x0 P I et y0 “ f px0 q P J. Si f 1 px0 q ‰ 0, alors g “ f ´1
est dérivable en y0 et
1
g1 py0 q “ 1
f px0 q

3.1.2 La fonction Arcsinus


3.1.2.1 Définition

“ π π‰ `“ ‰˘
Soit f : ´ 2 , 2 ÝÑ R continue et strictement croissante. On a donc f ´ π2 , π2 “ r´1, 1s, ainsi on
t ÞÝÑ sin t
“ ‰
définit l’application ϕ : ´ π2 , π2 ÝÑ r´1, 1s bijective. Par définition,
t ÝÑ sin t

arcsin “ ϕ´1

3.1.2.2 Propriétés

Imparité Soit x P r´1, 1s, alors

sin p´ arcsin pxqq “ ´ sin parcsin pxqq car sin est impaire
“ ´x
“ ‰
De plus ´ arcsin pxq P ´ π2 , π2 et ´x P r´1, 1s, donc

sin p´ arcsin pxqq “ ´x ô ´ arcsin pxq “ arcsin p´xq

Composition avec sinus


– Pour x P r´1, 1s, sin parcsin pxqq “ x.

Lycée Saint-Louis MPSI 2


Chapitre 3 : Fonctions usuelles 37

“ ‰
– Pour x P ´ π2 , π2 , arcsin psin pxqq “ x a .
“ ‰ “ π π‰ 1 ‰ π π“
Dérivée ϕ est dérivable sur ´ π2 , π2 donc`‰ @x P
“˘ ´ 2 , 2 , ϕ pxq “ cos x. De plus @x P ´2, 2 ,
ϕ1 pxq ‰ 0 donc arcsin est dérivable sur ϕ ´ π2 , π2 “ s´1, 1r. Pour tout x P s´1, 1r, et y “ sin x,
1
arcsin1 pyq “
ϕ1 pxq
1

cos parcsin pxqq

Or, pour tout y P r´1, 1s,

sin2 parcsin pyqq ` cos2 parcsin pyqq “ 1 ô cos2 parcsin pyqq “ 1 ´ y 2


a ” π πı
ô cos parcsin pyqq “ 1 ´ y 2 car arcsin pyq P ´ ,
2 2
✓ ✏
Ainsi, pour tout y P s´1, 1r,
1
arcsin1 pyq “ a
✒ ✑
1 ´ y2

Tableau de valeurs
? ?
1 2 3
x 0 2 2 2 1
π π π π
arcsin x 0 6 4 3 2

Graphe Voir figure 3.1 page suivante.

3.1.3 La fonction Arccosinus


3.1.3.1 Définition

Soit f : r0, πs ÝÑ R continue et strictement décroissante. On a donc f pr0, πsq “ r´1, 1s, ainsi on
t ÞÝÑ cos t
définit l’application ϕ : r0, πs ÝÑ r´1, 1s bijective. Par définition,
t ÝÑ cos t

arccos “ ϕ´1

3.1.3.2 Propriétés
Dérivée ϕ est dérivable sur r0, πs donc @x P r0, πs, ϕ1 pxq “ ´ sin x. De plus @x P s0, πr, ϕ1 pxq ‰ 0
donc arccos est dérivable sur ϕ ps0, πrq “ s´1, 1r. Pour tout x P s´1, 1r, et y “ cos x,
1
arccos1 pyq “
ϕ1 pxq
1
“ ´
sin parccos pyqq
a. Pour x P R, arcsin psin pxqq n’est pas toujours égal à x ! En effet,

arcsin psin πq “ arcsin 0


“ 0

2011-2012 Cours de mathématiques


38 Rappels, nombre entiers et dénombrement


b
2


2
1

~
j


2
O
b b

-1 ~i 1

-1


b
2

Figure 3.1 – Graphe des fonctions arcsin et sin

Or, pour tout y P r´1, 1s,

sin2 parccos pyqq ` cos2 parccos pyqq “ 1 ô sin2 parccos pyqq “ 1 ´ y 2


a
ô sin parccos pyqq “ 1 ´ y 2 car arccos pyq P r0, πs

✓ ✏
Ainsi, pour tout y P s´1, 1r,
1
arccos1 pyq “ ´ a
✒ ✑
1 ´ y2

Constance de la somme de arcsin et arccos Soit l’application g : r´1, 1s ÝÑ R


t ÞÝÑ arccos t ` arcsin t
continue sur r´1, 1s et dérivable sur s´1, 1r. Or
1 1
g1 ptq “ a ´a “0
1´ y2 1 ´ y2

donc g est constante sur s´1, 1r donc sur r´1, 1s par continuité. De plus

g p0q “ arcsin p0q ` arccos p0q


π

2
Ainsi, @t P r´1, 1s,
π
arccos ptq ` arcsin ptq “
2

Lycée Saint-Louis MPSI 2


Chapitre 3 : Fonctions usuelles 39

Relation particulière Pour x P r´1, 1s, soit θ “ arcsin pxq P r0, πs. Donc π ´ θ P r0, πs et
cos pπ ´ θq “ ´ cos θ “ ´x. Ainsi,

arccos p´xq “ π ´ arccos pxq

Tableau de valeurs
? ? ? ?
3 2
x ´1 ´ 2 ´ 2 ´ 12 0 1
2 2
2
2
3
1
5π 3π 2π π π π π
arccos x π 6 4 3 2 3 4 6 0

Graphe Voir figure 3.2

b

3

2

b
2

~
j


2 
O
b b

-1 ~
i 1 2 3

-1

Figure 3.2 – Graphe des fonction cos et arccos

3.1.4 La fonction Arctangente


3.1.4.1 Définition

‰ π π“
Soit f :´ 2 , 2 ÝÑ R continue et strictement croissante. Or lim tan x “ ´8 et lim tan x “
` ´
xÑ´ π xÑ π
t ÞÝÑ tan t 2 2
`‰ “˘ “ ‰
`8 donc f ´ π2 , π2 “ R, ainsi on définit l’application ϕ : ´ π2 , π2 ÝÑ R bijective. Par définition,
t ÝÑ tan t

arctan “ ϕ´1

2011-2012 Cours de mathématiques


40 Rappels, nombre entiers et dénombrement

3.1.4.2 Propriétés
‰ π π“
Limites
 arctan est continue
„ et strictement croissante donc arctan ps´8, `8rq “ ´ 2 ; 2 . Or s´8, `8r “
lim arctan, lim arctan donc :
´8 `8
π
– lim arctan x “ 2
xÑ`8
– lim arctan x “ ´ π2
xÑ´8

Imparité Pour tout x P R, on a :

tan p´ arctan pxqq “ ´ tan parctan pxqq car tan est impaire
“ ´x
“ ‰
De plus ´ arctan pxq P ´ π2 , π2 et ´x P R, donc

tan p´ arctan pxqq “ ´x ô ´ arctan pxq “ arctan p´xq


‰ “ ‰ “
Dérivée f est dérivable sur ´ π2 , π2 donc @x P ´ π2 , π2 , f 1 pxq “ 1 ` tan2 x donc arctan est dérivable
sur R et pour tout y P R tel que y “ tan x,
1
arctan1 pyq “
f 1 parctan pyqq
1

1 ` tan2 pxq
✗ ı π π” ✔
Ainsi, @y P ´ , :
2 2
1
arctan1 pyq “
✖ ✕
1 ` y2

Somme d’arctangentes @x ą 0,
1 π
arctan x ` arctan “
x 2
1
En effet ,soit ϕ pxq “ arctan x ` arctan dérivable sur R˚` donc
x
1 1 1
ϕ1 pxq “ ´ 2¨ 1
` 1 x x2 ` 1
x2
1 1
“ ´
x2 ` 1 x2 ` 1
“ 0

Donc @x P R˚` , ϕ1 pxq “ 0 donc ϕ est une fonction constante. Or

ϕ p1q “ 2 arctan 1
π

2
π
Donc @x P R˚` , ϕ pxq “ .
2

Graphe Voir figure 3.3 page ci-contre.

Lycée Saint-Louis MPSI 2


Chapitre 3 : Fonctions usuelles 41

2

b
2


2
1

~
j


2
O
b b

-2 -1 ~i 1 2

-1


b
2

-2

Figure 3.3 – Graphe des fonctions tan et arctan

3.2 Fonctions hyperboliques


3.2.1 Théorème : fonctions impaires et paires

Soit f : R ÝÑ R, alors f s’écrit de manière unique f “ g ` h avec g, h des applications de R dans R


telles que g est paire et h est impaire. On a aussi :
– g est la partie paire de f ;
– h est la partie impaire de f .

Démonstration
Unicité Supposons que f “ g ` h avec g paire et h impaire, donc @x P R, f pxq “ g pxq ` h pxq. Alors
f p´xq “ g pxq ´ h pxq, d’où

f pxq ` f p´xq f pxq ´ f p´xq


g pxq “ et h pxq “
2 2
Donc g et h sont uniques.
Existence Prouvons que g et h existent. Posons donc @x P R,

f pxq ` f p´xq f pxq ´ f p´xq


g pxq “ et h pxq “
2 2

Alors, @x P R, g p´xq “ g pxq et h p´xq “ ´h pxq donc g est paire et h est impaire. Or g pxq `
h pxq “ f pxq donc g et h existent bien avec les propriétés susmentionnées.

3.2.2 Définition des fonctions hyperboliques


– cosh est la partie paire de exp.
– sinh est la partie impaire de exp.

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42 Rappels, nombre entiers et dénombrement

Ainsi, @t P R on a :
et ` e´t et ´ e´t
cosh ptq “ et sinh pxq “
2 2

De plus,
– exp ptq “ cosh ptq ` sinh ptq
– exp p´tq “ cosh ptq ´ sinh ptq
Pour x P R, on pose
sinh pxq
tanh pxq “
cosh pxq

3.2.3 Formulaire de trigonométrie hyperbolique


On a @t P R,

1 “ et e´t ô cosh2 ptq ´ sinh2 ptq “ 1
ô cosh2 ptq “ 1 ` sinh2 ptq ě 1
– Pour a, b P R,
1 ´ a`b ¯
cosh pa ` bq “ e ` e´a´b
2
1´ a b ¯
“ e e ` e´a e´b
2
1
“ rpcosh a ` sinh aq pcosh b ` sinh bq ` pcosh a ´ sinh aq pcosh b ´ sinh bqs
2
“ cosh a cosh a ` sinh b sinh b

cosh pa ´ bq “ cosh a cosh b ´ sinh a sinh b

1 ´ a`b ¯
sinh pa ` bq “ e ´ e´a´b
2
1´ a b ¯
“ e e ´ e´a e´b
2
1
“ rpcosh a ` sinh aq pcosh b ` sinh bq ´ pcosh a ´ sinh aq pcosh b ´ sinh bqs
2
“ cosh a sinh b ` cosh b sinh a

sinh pa ´ bq “ cosh a sinh b ´ cosh b sinh a

cosh p2aq “ cosh2 a ` sinh2 a
“ 1 ` 2 sinh2 a
“ 2 cosh2 a ´ 1

sinh p2aq “ 2 cosh a sinh a
– a

¨¨¨
a. Vous pourrez faire le reste si ça vous chante.

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Chapitre 3 : Fonctions usuelles 43

3.2.4 Étude des fonctions hyperboliques


3.2.4.1 Sinus hyperbolique
Dérivée

☛ ✟
sinh est de classe C 8 et de plus
✡ sinh1 “ cosh ✠

Donc @t P R, sinh1 ptq ě 1.

Limites On a par retour à la définition de la fonction,

lim sinh “ `8 et lim sinh “ ´8


`8 ´8

Tableau de variation

t 1 0 +1
0
sinh (t) + +

+ 1
sinh(t) 0
1

On remarque que :
– @t ă 0, sinh ptq ă 0
– @t ą 0, sinh ptq ą 0

3.2.4.2 Cosinus hyperbolique


Dérivée

☛ ✟
cosh est de classe C 8 et de plus
✡ cosh1 “ sinh ✠

Limites On a par retour à la définition de la fonction,

lim cosh “ lim cosh “ `8


`8 ´8

Tableau de variations

t 1 0 + 1
0
osh (t) 0 +

+1 + 1
osh(t)
1

On remarque que cosh pxq “ 1 ô x “ 0.

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44 Rappels, nombre entiers et dénombrement

3.2.4.3 Tangente hyperbolique


Dérivée

✗ ✔
tanh est infiniment dérivable sur R, et

cosh2 ´ sinh2 1
tanh1 “
✖ ✕
2 “
cosh cosh2

Limites Pour x P R,

ex ´ e´x
tanh pxq “
ex ` e´x
1 ´ e´2x
“ p1q
1 ` e´2x
e2x ´ 1
“ p2q
e2x ` 1

– p1q ñ lim tanh “ 1


`8
– p2q ñ lim tanh “ ´1
´8

Tableau de variations

x 1 0 + 1
tanh (x)
0
+ +

1
tanh(x) 0
1

3.2.5 Fonctions hyperboliques inverses


3.2.5.1 Sinus hyperbolique inverse

On a vu que sinh est bijective de R dans R. Ainsi, on note

argsinh “ sinh´1

De plus on montre en résolvant l’équation x “ sinh pyq que


´ a ¯
argsinh pxq “ ln x ` 1 ` x2

Dérivée sinh est dérivable sur R et @x P R, sinh1 pxq ‰ 0 donc, après le théorème fondamental,
argsinh est dérivable sur R et pour y P R,

1
argsinh1 pyq “
sinh1 pargsinh pyqq
1

cosh pargsinh pyqq

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Chapitre 3 : Fonctions usuelles 45

~
j

-4 -3 -2 -1 O ~
i 1 2 3 4

-1

-2

-3

-4

Figure 3.4 – Graphe des fonctions sinh, cosh et tanh

Or @y P R,

cosh2 pargsinh pyqq “ 1 ` sinh2 pargsinh pyqq


“ 1 ` y2

De plus @t P R, cosh ptq ą 0 donc


1
argsinh1 pyq “ a
1 ` y2

3.2.5.2 Cosinus hyperbolique inverse

Soit f : R` ÝÑ R , alors f est dérivable et f 1 ptq “ sinh t ě 0. De même @t ą 0, f 1 ptq ą 0 donc f est
t ÝÑ cosh t „ „
strictement croissante sur R˚` donc elle établit une bijection f˜ de R` dans f pR` q “ f p0q , limf “
`8
r1, `8r. Par définition,
argcosh “ f˜´1

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46 Rappels, nombre entiers et dénombrement

Dérivée Ainsi, argcosh : r1, `8r ÝÑ R` est aussi continue et ` strictement


˘ croissante. f˜ est dérivable
˚ ˜ ˜ ˚
sur R` et @t P R` , f ptq ą 0 donc argcosh est dérivable sur f R` “ s1, `8r et @y ą 1,
1
argcosh1 pyq “
˜1
f pargcosh pyqq
1

sinh pargcosh pyqq
Or pour y ě 1,

sinh2 pargcosh pyqq “ cosh2 pargcosh pyqq ´ 1


“ y2 ´ 1 ě 0
a
Pour y ě 1, argcosh pyq ě 0 donc sinh pargcosh pyqq ě 0 donc sinh pargcosh pyqq “ y 2 ´ 1 donc
@y ą 1,
1
argcosh1 pyq “ a
y ´1
2

Expression de la fonction Soit y ě 1, pour x ě 0,


ex ` e´x
cosh x “ y ô “y
2
ô e2x ´ 2yex ` 1 “ 0
ô ex est racine du polynôme P pXq “ X 2 ´ 2yX ` 1
` ˘
Or ∆ pP q “ 4 y 2 ´ 1 ě 0 :
– Pour y “ 1, ∆ pP q “ 0 donc l’unique racine de P est 1 donc

cosh x “ y ô ex “ 1
ô x“0

– Pour y ą 1, ∆ pP q ą 0 donc P admet pour racine


a a
y ` y 2 ´ 1 et y ´ y 2 ´ 1

Or pour tout x P R` , ex ě 1 et on a
a a
y ´ y2 ´ 1 ă 1 ô y ´ 1 ă y2 ´ 1
ô py ´ 1q2 ă y 2 ´ 1
ô y ą 1 ce qui est vrai

Donc
a
ex est racine de P ô ex “ y ` y 2 ´ 1
´ a ¯
ô x “ ln y ` y 2 ´ 1
´ a ¯
Pour y ě 1, l’équation f pxq “ y admet donc comme unique solution x “ ln y ` y 2 ´ 1 .

✗ ✔
Or cette unique solution est par définition f˜´1 pyq donc pour y ą 1,
´ a ¯
argcosh pyq “ ln y ` y 2 ´ 1
✖ ✕
Cette expression est a posteriori valable pour y “ 1.

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Chapitre 4

Fonctions à valeurs dans C

Sommaire
4.1 Opérations et vocabulaire de base . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 48
4.1.1 Opérations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 48
4.1.1.1 Opérations usuelles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 48
4.1.1.2 Opérations spécifiques aux fonctions à valeurs dans R . . . . . . . . . 48
4.1.1.3 Opérations spécifiques aux fonctions à valeurs dans C . . . . . . . . . 49
4.1.2 Fonctions majorées, minorées, bornées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49
4.1.2.1 Définitions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49
4.1.2.2 Caractérisation des fonctions bornées . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49
4.1.2.3 Fonctions à valeur dans C . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49
4.1.3 Vocabulaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 50
4.1.3.1 Parité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 50
4.1.3.2 Périodicité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 50
4.2 Continuité et dérivabilité des fonctions à valeurs dans C . . . . . . . . . . 50
4.2.1 Théorème fondamental . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 50
4.2.1.1 Continuité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 50
4.2.1.2 Dérivabilité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 51
4.2.2 Théorèmes généraux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 51
4.2.2.1 Opérations, continuité et dérivabilité . . . . . . . . . . . . . . . . . . 51
4.2.2.2 Composition, continuité et dérivabilité . . . . . . . . . . . . . . . . . . 51
4.3 Intégrale de fonctions à valeur dans C . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 53
4.3.1 Propriétés de l’intégrale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 53
4.3.1.1 C-linéarité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 53
4.3.1.2 Relation de Chasles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 53
4.3.1.3 Intégration d’une inégalité dans R . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 54
4.3.1.4 Intégration par parties dans C . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 54
4.3.1.5 Changement de variable . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 54
4.3.2 Inégalité des modules . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 55
4.3.2.1 Théorème . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 55
4.3.2.2 Petite histoire (ou démonstration) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 55

47
48 Rappels, nombre entiers et dénombrement

4.1 Opérations et vocabulaire de base


4.1.1 Opérations
4.1.1.1 Opérations usuelles
Dans la suite, on note K “ R ou C.

Soit X un ensemble. On note F pX, Kq l’ensemble des applications de X dans K. Soient f, g P F pX, Kq
et α P K. On définit :
– f ` g P F pX, Kq par : @x P X,
pf ` gq pxq “ f pxq ` g pxq
– f ¨ g P F pX, Kq par : @x P X,
pf ¨ gq pxq “ f pxq ¨ g pxq
– αf P F pX, Kq par : @x P X,
pαf q pxq “ αf pxq
1
– Lorsque @x P X, f pxq ‰ 0, on note la fonction de X dans K définie par : @x P X,
f
ˆ ˙
1 1
pxq “
f f pxq

4.1.1.2 Opérations spécifiques aux fonctions à valeurs dans R


– On définit min pf, gq par : @x P X,

min pf, gq pxq “ min pf pxq , g pxqq

– De la même manière, max pf, gq par : @x P X,

max pf, gq pxq “ max pf pxq , g pxqq

– On définit |f | par : @x P X,
p|f |q pxq “ |f pxq|

Minimum et maximum en fonction de f et g


1
(1) max pf, gq “ pf ` g ` |f ´ g|q
2
1
(2) min pf, gq “ pf ` g ´ |f ´ g|q
2

Démonstration
(1) Soit x P R. Si g pxq ą f pxq alors max pf, gq pxq “ g pxq. Or,
1 1
pf pxq ` g pxq ` |f pxq ´ g pxq|q “ pf pxq ` g pxq ´ f pxq ` g pxqq
2 2
“ g pxq

(2) Soit x P R. Si g pxq ă f pxq alors min pf, gq pxq “ g pxq. Or,
1 1
pf pxq ` g pxq ´ |f pxq ´ g pxq|q “ pf pxq ` g pxq ´ f pxq ` g pxqq
2 2
“ g pxq

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Chapitre 4 : Fonctions à valeurs dans C 49

4.1.1.3 Opérations spécifiques aux fonctions à valeurs dans C


– On définit ℜe pf q par : @x P X,
pℜe pf qq pxq “ ℜe pf pxqq
– On définit ℑm pf q par : @x P X,

pℑm pf qq pxq “ ℑm pf pxqq

– On définit f par : @x P X, ` ˘
f pxq “ f pxq
– On définit |f | par : @x P X,
p|f |q pxq “ |f pxq|

– On a donc :

|f |2 “ f f
“ ℜe2 pf q ` ℑm2 pf q

– De plus , si ℜe pf q , ℑm pf q P F pX, Kq, alors

f “ ℜe pf q ` iℑm pf q

4.1.2 Fonctions majorées, minorées, bornées


4.1.2.1 Définitions
Soit f : X ÝÑ R.
– f est majorée si DM P R, @x P X,
f pxq ď M
– f est minorée si Dm P R, @x P X,
f pxq ě m
– f est bornée si f est à la fois minorée et majorée.

4.1.2.2 Caractérisation des fonctions bornées

f est bornée si et seulement si


DM P R, @x P X, |f pxq| ď M

Démonstration
ð Soit M P R tel que @x P X, |f pxq| ď M ô ´M ď f pxq ď M donc f est bornée.
ñ Soit M, m P R tel que @x P X, m ď f pxq ď M . Soit M1 “ max p|m| , |M |q. Alors M ď |M | ď M1
et m ě ´ |m| ě ´M1 , donc @x P R,

´M1 ď f pxq ď M1 ô |f pxq| ď M1

4.1.2.3 Fonctions à valeur dans C


Pour f : X ÝÑ C, on dit que f est bornée si DM P R, @x P R, |f pxq| ď M , c’est-à-dire que f pxq
appartient au disque de centre O et de rayon M .
– f est bornée si et seulement si |f | est majorée.
– Soit f P F pX, Cq. Alors f est bornée si et seulement si ℜe pf q , ℑm pf q P F pX, Cq sont bornées.

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50 Rappels, nombre entiers et dénombrement

Démonstration
ñ Soit M ě 0{@x P R, |f pxq| ď M . Alors, @x P R,

|ℜe pf q pxq| “ |ℜe pf pxqq|


ď |f pxq|
ď M

De même, |ℑm pf pxqq| ď M .


ð Soient M1 , M2 P R` {@x P R, |ℜe pf pxqq| ď M1 et |ℑm pf pxqq| ď M2 . Alors @x P R,

|f pxq| “ |ℜe pf pxqq ` iℑm pf pxqq|


ď |ℜe pf pxqq| ` |i| |ℑm pf pxqq|
ď M1 ` M2

4.1.3 Vocabulaire
Soit X P P pRq et f P F pX, Kq.

4.1.3.1 Parité
On suppose que X est symétrique, c’est-à-dire que @t P X, ´t P X. Alors :
– f est paire si @t P X,
f p´tq “ f ptq
– f est impaire si @t P X,
f p´tq “ ´f ptq

4.1.3.2 Périodicité
Soit T ą 0. f est T -périodique si :
– @t P X, t ` T P X
– @t P X, f pt ` T q “ f ptq.

On note que f est périodique que si et seulement si DT ą 0 tel que f est T -périodique. T s’appelle
alors une période de f .

Remarque Soit f : X ÝÑ K une application périodique, T P R˚` une période de f . Pour x P X,


x ` T P X donc x ` 2T P X, etc. Donc x ` nT P X avec n P N.
De plus, @n P N et @x P X,
f px ` nT q “ f pxq
Si, de plus, @x P X, x ´ T P X alors @n P N, x ´ nT P X et @x P X,

f pxq “ f ppx ` T q ´ T q
“ f px ´ T q

4.2 Continuité et dérivabilité des fonctions à valeurs dans C


4.2.1 Théorème fondamental
4.2.1.1 Continuité
Soit I un intervalle de R, f : I ÝÑ C. Alors f est continue sur I si et seulement si ℜe pf q et ℑm pf q
sont continues sur I .

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Chapitre 4 : Fonctions à valeurs dans C 51

4.2.1.2 Dérivabilité
On dit que f est dérivable sur I si ℜe pf q et ℑm pf q sont dérivables sur I et par définition, @x P I,

f 1 pxq “ ℜe1 pxq ` iℑm1 pxq

On a de plus ℜe1 pf q “ ℜe pf 1 q et ℑm1 pf q “ ℑm pf 1 q .

4.2.2 Théorèmes généraux


4.2.2.1 Opérations, continuité et dérivabilité
– Toute fonction polynômiale de R dans C est dérivable.
– Soient f, g : I ÝÑ C et α P C. On suppose f et g continues (respectivement dérivables). Alors :
˝ αf ` g est continue (respectivement dérivable).
˝ f ¨ g est continue (respectivement dérivable).
1
˝ (avec f pxq ‰ 0 @x P I) est continue (respectivement dérivable).
f
˝ |f | est continue.
˝ f est continue (respectivement dérivable).
– Dans le cas où f et g sont dérivables, on a :
˝ pαf ` gq1 “ αf 1 ` g1
˝ ˆ
pf ¨ ˙gq1 “ f 1 g ` f g1
1 1 f1
˝ “´ 2
f f

Démonstration pf gq1 “ f 1 g ` f g1 avec f et g dérivables.


Posons u “ ℜe pf q, v “ ℑm pf q, a “ ℜe pgq et b “ ℑm pgq. Alors u, v, a et b sont des fonctions
réelles dérivables par hypothèse donc

f g “ pu ` ivq pa ` ibq
“ ua ´ vb ` i pub ` vaq

Donc ℜe pf gq “ ua´vb et ℑm pf gq “ ub`va. De plus, d’après les théorèmes généraux sur les fonctions
réelles, ua ´ vb et ub ` va sont dérivables et

pua ´ vbq1 “ u1 a ` ua1 ´ v 1 b ´ vb1 et pub ` vaq1 “ u1 b ` ub1 ` v 1 a ` va1

Donc f g est dérivable et


` ˘
pf gq1 “ ua1 ` u1 a ´ vb1 ´ v 1 b ` i u1 b ` ub1 ` v 1 a ` va1
` ˘ ` ˘
“ u1 ` iv 1 pa ` ibq ` pu ` ivq a1 ` ib1
“ f 1g ` f g1

4.2.2.2 Composition, continuité et dérivabilité


Composition de deux fonctions

Soit ϕ : I ÝÑ J et f : J ÝÑ C avec I, J deux intervalles de R.


(1) Si f est continue et ϕ est continue, alors f ˝ ϕ est continue.
(2) Si f et ϕ sont dérivables, alors f ˝ ϕ est dérivable et

pf ˝ ϕq1 “ ϕ1 ¨ f 1 pϕq

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52 Rappels, nombre entiers et dénombrement

Démonstrations
(1) Posons u “ ℜe pf q et v “ ℑm pf q. Alors pour x P I, pf ˝ ϕq pxq “ u pϕ pxqq ` iv pϕ pxqq donc

ℜe pf ˝ ϕ pxqq “ u ˝ ϕ pxq et ℑm pf ˝ ϕ pxqq “ v ˝ ϕ pxq

D’après les théorèmes généraux, u et v sont continues donc u ˝ ϕ et v ˝ ϕ sont continues donc
f ˝ ϕ est continue.
(2) Posons u “ ℜe pf q et v “ ℑm pf q. Alors pour x P I, pf ˝ ϕq pxq “ u pϕ pxqq ` iv pϕ pxqq donc

ℜe pf ˝ ϕ pxqq “ u ˝ ϕ pxq et ℑm pf ˝ ϕ pxqq “ v ˝ ϕ pxq

D’après les théorèmes généraux, u et v sont dérivables donc u ˝ ϕ et v ˝ ϕ sont dérivables et

pu ˝ ϕq1 “ ϕ1 ¨ u1 pϕq et pv ˝ ϕq1 “ ϕ1 ¨ v 1 pϕq

Par conséquent, f ˝ ϕ est dérivable et

pf ˝ ϕq1 “ ϕ1 ¨ u1 pϕq ` iϕ1 ¨ v 1 pϕq


` ˘
“ ϕ1 ¨ f 1 ˝ ϕ

Composition à gauche par exp Soit f : I ÝÑ C. Si f est continue, alors exp ˝f aussi et si f est
dérivable, alors exp ˝f aussi et
pexp ˝f q1 “ f 1 ¨ exp ˝f

Démonstration de la dérivabilité On note u “ ℜe pf q et v “ ℑm pf q. u et v sont dérivables


de I dans R par définition alors pour t P I,

exp ˝f ptq “ exp pf ptqq


“ exp pu ptq ` iv ptqq
“ euptq pcos v ptq ` sin v ptqq

Donc
ℜe pexp ˝f ptqq “ euptq cos v ptq et ℑm pexp ˝f ptqq “ euptq sin v ptq

Les théorèmes généraux sur les fonctions réelles assurent que g : t ÝÑ euptq cos v ptq est dérivable et
pour tout t P I,
g1 ptq “ u1 ptq euptq cos v ptq ´ euptq v 1 ptq sin v ptq

De même, h : t ÝÑ euptq sin v ptq est dérivable et pour tout t P I,

h1 ptq “ u1 ptq euptq sin v ptq ` euptq v 1 ptq cos v ptq

Donc exp ˝f est bien dérivable et pour tout t P I,

pexp ˝f q1 ptq “ g1 ptq ` ih1 ptq


” ı
“ u1 ptq euptq cos v ptq ´ euptq v 1 ptq sin v ptq ` i u1 ptq euptq sin v ptq ` euptq v 1 ptq cos v ptq
“` ˘ ‰
“ euptq u1 ptq ` iv 1 ptq pcos v ptq ` i sin v ptqq
“ f 1 ptq euptq eivptq
“ f 1 ptq exp pf ptqq

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Chapitre 4 : Fonctions à valeurs dans C 53

4.3 Intégrale de fonctions à valeur dans C

Soit f : ra, bs ÝÑ C avec a, b P R et F une primitive de f sur ra, bs. Alors


żb
f ptq dt “ F pbq ´ F paq
a

Démonstration Soit u “ ℜe pf q, v “ ℑm pf q, U “ ℜe pF q et V “ ℑm pF q. Alors

f “ u ` iv
“ F1
“ U 1 ` iV 1

En identifiant parties réelles et imaginaires, U 1 “ u et V 1 “ v c’est-à-dire que U est une primitive de


u et V un primitive de v. On a alors :
żb żb żb
f ptq dt “ u ptq dt ` i v ptq dt
a a a
“ U pbq ´ U paq ` i pV pbq ´ V paqq
“ F pbq ´ F paq

4.3.1 Propriétés de l’intégrale


4.3.1.1 C-linéarité

Soient f, g : ra, bs ÝÑ C continues et α P C. Alors


żb żb żb
pαf ` gq “ α f` g
a a a

Démonstration Soit F une primitive de f et G une primitive de g. Alors αF ` G est une primitive
de αf ` g. Ainsi,
żb
pαf ` gq “ pαF ` Gq pbq ´ pαF ` Gq paq
a
“ α pF pbq ´ F paqq ` G pbq ´ G paq
żb żb
“ α f` g
a a

4.3.1.2 Relation de Chasles

Soit f : I ÝÑ C continue. Alors @x, y, z P I,


żz ży żz
f“ f` f
x x y

Démonstration Soit F une primitive de f sur I. Alors

F pzq ´ F pxq “ pF pzq ´ F pyqq ` pF pyq ´ F pxqq

2011-2012 Cours de mathématiques


54 Rappels, nombre entiers et dénombrement

4.3.1.3 Intégration d’une inégalité dans R

Soient f, g : ra, bs ÝÑ R, continues avec a ă b. Si @t P ra, bs, f ptq ď g ptq, alors


żb żb
fď g
a a

Démonstration Soit ϕ : ra, bs ÝÑ R une fonction positive et continue, et Ψ une primitive de de ϕ.


Ψ1 “ ϕ ą 0 donc Ψ est croissante donc
żb
ϕ “ Ψ pbq ´ Ψ pbq ą 0
a

Dans notre cas, prenons ϕ “ g ´ f qui est bien continue et positive. Ainsi,
żb żb żg
pg ´ f q ě 0 ô g´ f ě0
a a a
żb żb
ô gě f
a a

şb şb
Remarque Prenons f : ra, bs ÝÑ R continue. On a alors f ď |f | donc af ď a |f |, mais aussi a
şb şb
´f ď |f | donc a p´f q ď a |f |. On déduit des deux résultats précédents que
ˇż b ˇ ż b
ˇ ˇ
ˇ fˇ ď |f |
ˇ ˇ
a a

Ce résultat ayant un sens pour des fonctions à valeur dans C, démontrons-le.

4.3.1.4 Intégration par parties dans C

Soient f, g : ra, bs ÝÑ C de classe C 1 . Alors :


żb żb
1
f g “ rf ptq g ptqsba ´ f g1
a a

Démonstration On sait que f g est dérivable et que pf gq1 “ f 1 g ` f g1 . Alors f 1 g ` f g1 est continue
sur ra, bs et f g en est une primitive donc :
żb żb żb
` 1 ˘
f g ` f 1 g “ pf gq pbq ´ pf gq paq ô fg `1
f g1 “ rf ptq g ptqsba
a a a

4.3.1.5 Changement de variable

Soit ϕ : rα, βs ÝÑ I une fonction de classe C 1 et f : I ÝÑ C une fonction. Alors :


żb ż ϕpbq
1
ϕ ptq f pϕ ptqq dt “ f puq du
a ϕpaq

a. Afin de ne pas choquer les amoureux du français, je ne transcrirai pas ici le mot de liaison couramment utilisé par
notre cher M. Selles.

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Chapitre 4 : Fonctions à valeurs dans C 55

4.3.2 Inégalité des modules


4.3.2.1 Théorème

Soit f : ra, bs ÝÑ C continue avec a ă b. Alors


ˇż b ˇ ż b
ˇ ˇ
ˇ fˇ ď |f |
ˇ ˇ
a a

4.3.2.2 Petite histoire (ou démonstration)


Soit u “ ℜe pf q et v “ ℑm pf q. Donc
ˇż b ˇ ˇż b żb ˇ
ˇ ˇ ˇ ˇ
ˇ f ˇ “ ˇ u ` i vˇ
ˇ ˇ ˇ ˇ
a
da a
ˆż b ˙2 ˆż b ˙2
“ u ` v
a a

şb şb ? ˇş ˇ ş ş
De plus , |f | “ u2 ` v 2 . Il s’agit alors de comparer ces deux résultats. Or ˇˇ b uˇˇ ď b |u| ď b |f |,
a a a a a
ˇş ˇ ş
ˇ b ˇ b
et de même ˇ a v ˇ ď a |f |. On en déduit que
d
ˇż b ˇ ˆż b ˙2 ˆż b ˙2
ˇ ˇ ? żb
ˇ fˇ ď |f | ` |f | “ 2 |f |
ˇ ˇ
a a a a

Première voie : linéarisation

Lemme Soit z P C, z “ a ` ib. Alors Dα, β P R tels que αa ` βb “ |z| et α2 ` β 2 “ 1.


Démonstration
– Si z “ 0, alors a “ 0 et b “ 0 donc il suffit de prendre α “ 1 et β “ 0.
a b
– Si z ‰ 0, alors prenons α “ et β “ . En effet
|z| |z|

a2 ` b2
αa ` βb “
|z|
“ |z|

et

a2 ` b2
α2 ` β 2 “
|z|2
“ 1
şb şb şb
Ici, af “ au `i a v. D’après le lemme Dα, β P R avec α2 ` β 2 “ 1 tels que
ˇż b ˇ żb żb
ˇ ˇ
ˇ fˇ “ α u ` β v
ˇ ˇ
a a a
żb
“ pαu ptq ` βv ptqq dt
a

2011-2012 Cours de mathématiques


56 Rappels, nombre entiers et dénombrement

Or a , @t P ra, bs,
αu ptq ` βv ptq ď |αu ptq ` βv ptq|
a a
a2 ` b2 u2 ptq ` v 2 ptq d’après l’inégalité de Cauchy-Scwarz
ď loooomoooon
1

Ainsi, par positivité de l’intégrale d’une fonction réelle,


ˇż b ˇ ż b żba żb
ˇ ˇ
ˇ fˇ “ pαu ptq ` βv ptqq dt ď u ptq ` v ptq dt “
2 2 |f |
ˇ ˇ
a a a a

Deuxième voie : le lemme fantastique

Lemme fantastique Soit z P C et A P R` . Alors


|z| ă A ô @ω P C, ℜe pωzq ď A |ω|
Démonstration
ñ Soit ω un complexe. Alors
ℜe pzωq ď |ℜe pzωq|
ď |zω|
ď A |ω|

ð – Si z “ 0, on a bien 0 “ |0| ď A.
– Si z ‰ 0 avec ω “ z, on a
ℜe pzzq ď A |z| “ A |z| ô |z|2 ď A |z|
ô |z| ď A car z ‰ 0
şb şb
Ici, on veut montrer que Z “ a f est tel que |Z| ď A “ a |f |.
Soit ω P C, vérifions que ℜe pωzq ď A |ω|. On a
żb
ωZ “ ω f
a
żb
“ ωf ptq dt
a

Donc :
ˆż b ˙
ℜe pωZq “ ℜe ωf ptq dt
a
żb
“ ℜe pωf ptqq dt
a

Posons g ptq “ ℜe pωf ptqq, alors g est réelle. donc


ˇż b ˇ
ˇ ˇ
ˇ
|ℜe pωZq| “ ˇ g ptqˇˇ
a
żb
ď |g ptq|
a

a. On rappelle ici l’inégalité de Cauchy-Schwarz dans R : 2

Soient a, b, c, d P R. Alors a a
|ac ` bd| ď a2 ` b2 c2 ` d2

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Chapitre 4 : Fonctions à valeurs dans C 57

Or, @t P ra, bs,

|g ptq| “ |ℜe pωf ptqq|


ď |ωf ptq| “ |ω| |f ptq|

D’où le résultat suivant : żb żb


|g| ď |ω| |f ptq| dt
a a
Or
żb żb
|ω| |f ptq| dt “ |ω| |f ptq| dt
a a
“ Aω

On en déduit aisément a le résultat cherché.


şb
Troisième voie Soit Z “ a f
şb
– Si Z “ 0, on a bien |Z| “ 0 ď a |f |
– Supposons que z ‰ 0. Alors Z “ reiθ avec r ą 0 et θ P arg pZq. Ainsi :

|Z| “ r
“ Ze´iθ
żb
“ e´iθ f
a
żb
“ e´iθ f ptq dt
a

Posons g ptq “ e´iθ f ptq, h “ ℜe pgq et k “ ℑm pgq. Alors,


żb
|Z| “ g
a
żb żb
“ h`i k
a a

Par identification des parties réelles et imaginaire (on rappelle que |Z| est un réel), on obtient
şb şb
|Z| “ a h et a k “ 0. Or h est continue et réelle, et, pour tout t P ra, bs,
ˇ ˇ
ˇ ˇ
h ptq “ ℜe pg ptqq ď |g ptq| “ ˇe´iθ f ptqˇ “ |f ptq|

En intégrant l’inégalité précédente, on obtient


żb żb
h ptq dt ď |f ptq| dt
a a

On en déduit aisément b le résultat cherché.

a. Pas vous ?
b. Pas vous ?

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Chapitre 5

Équations différentielles

Sommaire
5.1 Généralités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 60
5.1.1 Notion d’équation différentielle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 60
5.1.1.1 Équation différentielle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 60
5.1.1.2 Solutions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 60
5.1.2 Équations différentielles linéaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 60
5.1.2.1 Détermination de S en fonction de S0 et d’une solution particulière . 60
5.1.2.2 Principe de superposition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 61
5.1.2.3 Méthode de variation de la constante . . . . . . . . . . . . . . . . . . 61
5.2 Équation linéaires d’ordre 1 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 62
5.2.1 Équation normalisées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 62
5.2.1.1 Résolution de pEq y 1 ` a pxq y “ b pxq . . . . . . . . . . . . . . . . . 62
5.2.1.2 Exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 63
5.2.2 Équations non normalisées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 64
5.2.2.1 Cas général . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 64
5.2.2.2 Exemple de problème de raccord . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 64
5.2.2.3 Théorème de Cauchy-Lipchitz . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 66
5.3 Équations différentielles linéaires d’ordre 2 à coefficients constants . . . 66
5.3.1 Résolution de l’équation homogène . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 66
5.3.1.1 Petite histoire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 66
5.3.1.2 Premier cas : P admet au moins une racine r dans K . . . . . . . . . 67
5.3.1.3 Deuxième cas : P n’a pas de racines dans K . . . . . . . . . . . . . . 68
5.3.1.4 Cas particuliers . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 69
5.3.2 Cas d’un second membre du type exponentielle-polynôme . . . . . . . . . . . . 69
5.3.2.1 Forme des solutions particulières . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 69
5.3.2.2 Équation différentielle vérifiée par S ptq . . . . . . . . . . . . . . . . . 69
5.3.2.3 Exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 70
5.3.3 Cas d’un second membre en exponentielle-cosinus ou sinus . . . . . . . . . . . . 71
5.3.3.1 Méthode . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 71
5.3.3.2 Exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 71

59
60 Rappels, nombre entiers et dénombrement

5.1 Généralités
Dans la suite, K “ R ou C et I est un intervalle de R.

5.1.1 Notion d’équation différentielle


5.1.1.1 Équation différentielle

On appelle équation différentielle toute écriture du type :


´ ¯
pEq F t, y, y 1 , y 2 , . . . , y rns “ 0
` ˘
où n P N˚ , F une application de I ˆ Ω dans K avec Ω P P Kn`1 .

5.1.1.2 Solutions

Une solution de pEq est un couple pJ, ϕq avec J un sous-intervalle de I et ϕ : I ÝÑ K une application
n fois dérivable telle que :
– @t P J, ϕ ptq 1 rns PΩ ˘
` , ϕ ptq , .1 . . , ϕ ptqrns
– @t P J, F t, ϕ ptq , ϕ ptq , . . . , ϕ ptq “ 0

Une solution pJ, ϕq de pEq est dite maximale si l’on ne peut trouver d’intervalle J1 tel que J Ă
J1 Ă I et ψ1 : J1 ÝÑ K une solution de pEq telle que ϕ “ ψ1|J (c’est-à-dire, @t P I, ϕ ptq “ ψ1 ptq).
On remarque que :
– Il n’existe pas toujours de solutions.
– Même si on pose des contraintes (conditions initiales, etc), la solution n’est pas toujours unique.

5.1.2 Équations différentielles linéaires

Elles sont de la forme :

pEq an pxq y rns ` ¨ ¨ ¨ ` a1 pxq y 1 ` a0 pxq y “ b pxq

où ao , a1 , . . . , an sont des applications de I dans K a .


a. En pratique, ces applications sont au moins continues.

On note que F : I ˆ Kn`1 ÝÑ K. On appelle b le second membre de pEq, à pEq est associée une
équation pE0 q dite sans second membre (ou homogène) :

pE0 q an pxq y rns ` ¨ ¨ ¨ ` a1 pxq y 1 ` a0 pxq y “ 0

pE0 q admet au moins une solution : la fonction nulle définie sur I à valeur dans K. On notera S0
l’ensemble des solutions de pE0 q définies sur I.

5.1.2.1 Détermination de S en fonction de S0 et d’une solution particulière

Notons S l’ensemble des solutions de pEq sur I, et supposons connaître un élément particulier de S
noté ϕ. Alors,
S “ tϕ ` ϕ0 |ϕ0 P S0 u

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Chapitre 5 : Équations différentielles 61

Autrement dit, si on connaît une solution ϕ de pEq et toutes les solutions de pE0 q, alors on connaît
toutes les solutions de pEq.

Démonstration
rks
ñ Soit ϕ0 P S0 . Alors ϕ ` ϕ0 est n fois dérivable de I dans K et @k P rr0, nss, pϕ ` ϕ0 qrks “ ϕrks ` ϕ0
d’où
ÿn ÿn ÿ
n
rks
ak pϕ ` ϕ0 qrks “ ak ϕrks ` ak ϕ0
k“0 k“0 k“0
ř
n ř
n
rks
Or, ak ϕrks “ b et ak ϕ0 “ 0 donc ϕ ` ϕ0 avec ien solution de pEq.
k“0 k“0
ð Soit ψ P S. Alors g “ ψ ´ ϕ est n fois dérivable sur I et
ÿ
n ÿ
n ÿn
ak grks “ ak ψ rks ´ ak ϕrks “ 0
k“0 loooomoooon k“0
k“0 loooomoooon
b b

Donc g P S0 et ψ “ ϕ ` g P ϕ ` S0 .

Bilan Ainsi, pour résoudre pEq dans I, il suffit de :


– Résoudre pE0 q.
– Trouver une solution de pEq.

5.1.2.2 Principe de superposition

On suppose que b “ b1 ` b2 ` ¨ ¨ ¨ ` bm avec bi : I ÝÑ K continue et m P N˚ . Soit pEi q l’équation


différentielle suivante :

pEi q an pxq y rns ` ¨ ¨ ¨ ` a1 pxq y 1 ` a0 pxq y “ bi pxq

Soit ϕi une solution de pEi q avec 1 ď i ď n. Alors ϕ “ ϕ1 ` ¨ ¨ ¨ ` ϕn est une solution de pEq.

5.1.2.3 Méthode de variation de la constante

Supposons que l’on connaît une solution de pE0 q notée u qui ne s’annule pas sur I. Alors toute
application n fois dérivable de I dans K s’écrit sous la forme x ÞÝÑ λ pxq u pxq où λ est n fois dérivable a
de I dans K.
1
Si u est n fois dérivable de I dans K et ne s’annule pas, alors aussi. Si f est n fois dérivable de I
u
f
dans K , on peut écrire f “ ¨ u donc f s’écrit bien sous la forme λu avec λ n fois dérivable de I
u
dans K.
a. Si f, g sont n fois dérivables de I dans , alors f g aussi et
˜ ¸
rns
ÿ
n
n rks rn´ks
pf gq “ f g
k“0
k

Démonstration en exercice.

On peut donc rechercher toutes les solutions de pEq sous la forme x ÞÝÑ λ pxq u pxq avec λ n fois
dérivable de I dans K a .
a. Cette méthode ramène la résolution de pEq à la résolution d’une équation différentielle en λ1 d’ordre strictement
plus petit que n.

2011-2012 Cours de mathématiques


62 Rappels, nombre entiers et dénombrement

Exemple pour n “ 2
pEq a2 pxq y 2 ` a1 pxq y 1 ` a0 pxq y “ b pxq
Soit u une solution de pE0 q sur I qui ne s’annule jamais. Recherchons les solutions de pEq sous la
forme λu avec λ deux fois dérivable de I dans K.
Soit λ : I ÝÑ K deux fois dérivable et f “ λu. Alors

f 1 “ λ1 u ` λu1 et f 2 “ λ2 u ` 2λ1 u1 ` λu2

Ainsi,

f est solution de pEq ô a2 f 2 ` a1 f 1 ` a0 f “ b


` ˘ ` ˘
ô a2 λ2 u ` 2λ1 u1 ` λu2 ` a1 λ1 u ` λu1 ` a0 λu “ b
` ˘ ` ˘
a2 u2 ` a1 u1 ` a0 u ` λ1 2a2 u1 ` a1 u ` λ2 a2 u “ b
ô λlooooooooooomooooooooooon
0
` ˘
ô λ1 est solution de a2 uy 1 ` 2a2 u1 ` a1 u y “ b p˚q

Si on sait résoudre p˚q, on connaît la forme générale de λ1 puis celle de λ par intégration.

5.2 Équation linéaires d’ordre 1


5.2.1 Équation normalisées

On s’intéresse ici à des équations différentielles du type

pEq y 1 ` a pxq y “ b pxq

où a et b sont des fonctions de I dans K, continues a .


a. Soient α, β et γ des applications de I dans K telles que α ne s’annule pas sur I et
β pxq γ pxq
pEq α pxq y 1 ` β pxq y “ γ pxq ô y1 ` “
α pxq α pxq

Cette deuxième forme de pEq est l’équation résolue en y 1 .

5.2.1.1 Résolution de pEq y 1 ` a pxq y “ b pxq


Résolution de l’équation homogène pE0 q y 1 ` a pxq y “ 0 Soit b f : I ÝÑ K dérivable. On
ψ
rappelle que si ϕ est dérivable de I dans K, alors t ÝÑ exp pϕ ptqq est aussi dérivable et ψ 1 ptq “
ϕ1 ptq exp pϕ ptqq.
On remarque que si g est dérivable de I dans K alors ψ est dérivable et

ψ 1 ptq “ g1 ptq exp pϕ ptqq ` g ptq ϕ1 ptq exp pϕ ptqq


` ˘
“ g1 ptq ` ϕ1 ptq exp pϕ ptqq
b. Au brouillon uniquement, on peut écrire pour se souvenir :
y1
y 1 ` ay “ 0 ô “ ´a
y
żx
ô ln pyq “ ´ a`λ
ˆ żx ˙
ô y “ λ exp ´ a

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Chapitre 5 : Équations différentielles 63

Revenons à f . f est solution de pE0 q si et seulement si f 1 ` af “ 0. Considérons A une primitive


de a sur I car a est continue. f est solution de pE0 q si et seulement si
` ˘
f 1 ` A1 f “ 0 ô f 1 ` A1 f exp pAq “ 0 car exp pAq ne s’annule pas sur I
ô pf exp pAqq1 “ 0
ô Dλ P K{@t P I, f ptq exp pA ptqq “ λ
ô Dλ P K{f “ λ exp p´Aq

Bilan

✓ ✏
Soit A une primitive de a sur I. Alors,

✒ ✑
S0 “ tλ exp p´Aq |λ P Ku

Recherche d’une solution particulière de pEq y 1 ` a pxq y “ b pxq Notons A une primitive de
a sur I. Alors u “ exp p´Aq est une solution de pE0 q qui ne s’annule jamais. Recherchons une solution
ψ
de de pEq sous la forme t ÞÝÑ λ ptq u ptq avec λ dérivable de I dans K. Alors

ϕ est solution de S ô ϕ1 ` aϕ “ b
ô λ1 u ` λu1 ` aλu “ b
ô λ1 u “ b
b
ô λ1 “ “ b exp pAq
u
✓ ✏
Soit B une primitive de b exp pAq. Alors ϕ “ B exp p´Aq est solution de E donc :

✒ ✑
S “ ϕ ` S0 “ tt ÝÑ pB ptq ` λq exp p´A ptqq |t P Iu

5.2.1.2 Exemples
1 1
(1) I “ R˚` . Résoudre pEq x2 y 1 ` y “ 1 ô y 1 `
2
y “ 2 car x2 ‰ 0 @x P I.
x x
1 1 1
Solution de pE0 q y 1 ` 2 y “ 0 Une primitive sur R˚` de x ÞÝÑ 2 est x ÝÞ Ñ ´ donc l’en-
x x x
semble des solutions de pE0 q est
" ˆ ˙ *
˚ 1
S0 “ x P R` ÞÝÑ λ exp |λ P R
x

Solution particulière t ÞÝÑ 1 est directement solution de pEq sur R. Par conséquent,
" ˆ ˙ *
˚ 1
S “ x P R` ÞÝÑ 1 ` λ exp |λ P R
x

(2) Résoudre pEq px ´ 1q y 1 ` y “ ln x sur s1, `8r. On remarque que


1 ln x
pEq ô y 1 ` y“
x´1 x´1
1
Solution de pE0 q Une primitive sur s1, `8r de x ÞÝÑ est ln px ´ 1q donc
x´1
" *
λ
S0 “ x ÞÝÑ |λ P R
x´1

2011-2012 Cours de mathématiques


64 Rappels, nombre entiers et dénombrement

1
Solution particulière u “ est une solution de pE0 q qui ne s’annule pas sur s1, `8r.
x´1
Recherchons une solution de pEq de la forme ϕ “ λu, λ dérivable de I dans K. Alors,

ϕ est solution de pEq ô ϕ1 ` aϕ “ b


ô λ1 u ` λu1 ` aλu “ b
ô λ1 u “ b
b
ô λ1 “ “ ln x
u
x ln x ´ x
Une primitive de x ÞÝÑ ln x est x ÞÝÑ x ln x ´ x donc ϕ “ donc
x´1
" *
x pln x ´ 1q ` λ
S “ x P s1, `8r ÞÝÑ |λ P R
x´1

5.2.2 Équations non normalisées


5.2.2.1 Cas général

pEq α pxq y 1 ` β pxq y “ γ pxq


Avec α qui peut s’annuler en certains point de I. On ne peut rien affirmer de général quand à l’existence
de solutions définies sur I tout entier a .
✛ ✘
Pour résoudre pEq sur I :
(1) On commence par résoudre pEq sur chaque sous-intervalle de I où α ne s’annule pas.
(2) On essaie ensuite de « raccorder » les diverses solutions pour trouver les solutions maximales de
✚ ✙
pEq.

5.2.2.2 Exemple de problème de raccord


Soit
pEq px ´ 1q y 1 ` y “ ln x
avec I “ R˚` . On ne peut rendre l’équation pEq résolue en y 1 sur R˚` . Nous procéderons donc par
analyse et synthèse b .

Partie directe Supposons qu’il existe f : R˚` ÝÑ R dérivable et solution de pEq.


– On doit avoir
p1 ´ 1q f 1 p1q ` f p1q “ ln 1 ñ f p1q “ 0
– De plus, f|s1,`8r est solution de pEq sur s1, `8r donc Dλ P R{@x ą 1,

λ ` x ln x ´ x
f pxq “
x´1
De même, f|s0,1r est solution de pEq sur s0, 1r or pour ϕ : s0, 1r ÝÑ R dérivable,

y ln x
ϕ est solution de pEq ô ϕ est solution de y 1 ` “ pΛq
x´1 x´1
Résolvons pΛq sur s0, 1r.
a. En pratique, α s’annule en un nombre de fois fini sur R, ce qui partage I en sous intervalles où α ne s’annule pas.
b. Procède, procède...

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Chapitre 5 : Équations différentielles 65

˝
y
pΛ0 q y1 ` “0
x´1
1
Une primitive de x ÞÝÑ est x ÞÝÑ ln p1 ´ xq donc
x´1
" * " *
λ λ
S0 “ x P s0, 1r ÞÝÑ |λ P R “ x P s0, 1r ÞÝÑ |λ P R
1´x x´1
µ
˝ Soit µ : s0, 1r ÝÑ R, alors x ÞÝÑ est solution si et seulement si @x P s0, 1r,
x´1
µ1 pxq ln x
“ ô µ1 pxq “ ln pxq
x´1 x´1
x ln x ´ x
Ainsi x ÞÝÑ est solution donc
x´1
" *
µ ` x ln x ´ x
SΛ “ x P s0, 1r ÞÝÑ |µ P R
x´1
Ainsi, Dµ P R{@x P s0, 1r ,
µ ` x ln x ´ x
f pxq “
x´1
f est continue en 1 donc on doit avoir
f pxq ÝÑ f p1q “ 0 et f pxq ÝÑ f p1q “ 0
xÑ1 xÑ1
xą1 xă1

λ´x ln x ln x
Pour x ą 1, f pxq “ `x or lim “ ln1 1 “ 1. Si λ ‰ 1, alors λ ´ x tend vers λ ´ 1 ‰ 0
x´1 x´1 xÑ1 x ´ 1
lorsque x tend vers 1 donc
f pxq ÝÑ ˘8
xÑ1
xą1

On doit donc avoir λ “ 1, alors pour x ą 1,


x ln x
lim f pxq “ lim ´ 1 “ ´1 ` 1 ¨ 1 “ 0
xÑ1 xÑ1 x ´ 1

De même, on montre que µ “ 1 pour f définie sur s0, 1r.

Partie réciproque Soit ϕ une application de R˚` dans R définie par


#
0 si x “ 1
ϕ pxq “ 1`x ln x´x
x´1 si x ‰ 1
Alors ϕ est continue sur R˚` , dérivable sur s0, 1r et s1, `8r et est solution de pEq sur ces deux intervalles.
Cherchons si ϕ est dérivable en x “ 1. On a a :
ϕ pxq ´ ϕ p1q 1 ´ x ` ln x
lim “ lim
xÑ1 x´1 xÑ1 px ´ 1q2
1

2
1
Donc ϕ est dérivable en 1 et ϕ1 p1q “ .
2
Ainsi, ϕ est dérivable sur R˚` et, @x ą 0, px ´ 1q ϕ1 pxq ` ϕ pxq “ ln x, y compris pour x “ 1 donc
ϕ est l’unique solution de pEq sur R˚` .
a. Résultat obtenu grâce à la calculette : il faudra attendre le cours sur les développements limités pour pouvoir
justifier cela.

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66 Rappels, nombre entiers et dénombrement

5.2.2.3 Théorème de Cauchy-Lipchitz

Soient a, b : I ÝÑ K continues et
pEq y 1 ` a pxq y “ b pxq
Soit x0 P I et y0 P K, alors il existe une unique solution f de pEq telle que f px0 q “ y0 .

Démonstration Soit A une primitive de a et B une primitive de b exp pAq. Alors,

SE “ tx P I ÞÝÑ pλ ` B pxqq exp p´A pxqq |λ P Ku

Soit λ P K et f pxq “ pλ ` B pxqq exp p´A pxqq. Alors

f px0 q “ y0 ô pλ ` B px0 qq exp p´A px0 qq “ y0


ô λ “ y0 exp p´A px0 qq ´ B px0 q

f est unique d’où le résultat.

5.3 Équations différentielles linéaires d’ordre 2 à coefficients constants


5.3.1 Résolution de l’équation homogène
Soient a, b, c P K avec a ‰ 0 et
pEq ay 2 ` by ` cy “ 0

5.3.1.1 Petite histoire

Que se passe-t-il pour les équations linéaires d’ordre 1 à coefficients constants ? Soit

ay 1 ` by “ 0 a P K˚ , b P K

Alors il existe r P K tel que


S “ tt P R ÞÝÑ λ exp prtq |λ P Ru

Les fonctions de la forme t ÞÝÑ exp prtq sont-elles solutions de l’équation pEq ?
Soit r P K et ϕ : t P R ÞÝÑ exp prtq. Alors ϕ est deux fois dérivable sur R, et @t P R,

ϕ1 ptq “ r exp prtq et ϕ2 ptq “ r 2 exp prtq

Ainsi,

ϕ est solution de pEq ô @t P R, aϕ2 ptq ` bϕ1 ptq ` cϕ ptq “ 0


ô @t P R, ar 2 ϕ ptq ` brϕ ptq ` cϕ ptq “ 0
ô @t P R, ar 2 ` br ` c “ 0 car @t P R, ϕ ptq ‰ 0
2
ô r est racine de P pXq “ aX ` bX ` c

On appelle P le polynôme caractéristique de pEq.

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Chapitre 5 : Équations différentielles 67

5.3.1.2 Premier cas : P admet au moins une racine r dans K

On remarque que c’est toujours vrai si K “ C. Alors ϕ : t P R ÞÝÑ exp prtq est solution de pEq et
ne s’annule jamais. On peut donc chercher les solutions de pEq sous la forme f “ λϕ avec λ : R ÝÑ K
deux fois dérivable.
Soit λ P D 2 pR, Kq a et f “ λϕ. Alors :

f 1 “ λ1 ϕ ` λϕ1 et f 2 “ λ2 ϕ ` 2λ1 ϕ1 ` λϕ2

Si bien que :
` ˘ ` ˘
f est solution de pEq ô a λ2 ϕ ` 2λ1 ϕ1 ` λϕ2 ` b λ1 ϕ ` λϕ1 ` cλϕ “ 0
` 2 ˘ ` ˘
aϕ ` bϕ1 ` cϕ ` aϕλ2 ` λ1 2aϕ1 ` bϕ “ 0
ô λlooooooooomooooooooon
0
“ ‰
ô @t P R, ϕ ptq aλ2 ptq ` p2ar ` bq λ1 ptq “ 0 car ϕ1 ptq “ rϕ ptq
ô @t P R, aλ2 ptq ` p2ar ` bq λ1 ptq “ 0 car ϕ ptq ‰ 0
` 1˘
ô λ1 est solution de ay 1 ` p2ar ` bq y “ 0 E
ˆ ˙
2ar ` b
ô Dα P K{@t P R, λ1 ptq “ α exp ´ t
a

b
Premier sous-cas : r est racine double de P Alors b2 ´ 4ac “ 0 et r “ ´ . On voit que
2a

f est solution de pEq ô Dα P K{@t P R, λ1 ptq “ α


ô λ est affine : λ : t ÝÑ αt ` β

✓ ✏
Ainsi l’ensemble des solutions de pEq est :
(
✒ ✑
SE “ t P R ÞÝÑ pαt ` βq ert |α, β P K

b
Deuxième sous-cas : r est racine simple de P Alors b2 ´ 4ac ą 0 et r ‰ ´ . Notons s l’autre
2a
racine de P . Alors
b c
r`s“´ et rs “
a a
On a alors :
ˆ ˙
α 2ar ` b
f est solution de pEq ô Dα, β P K{@t P R, λ ptq “ 2ar`b exp ´ t `β
´ a a
ˆ ˙
2ar ` b
ô Dα, β P K{@t P R, λ ptq “ α exp ´ t `β
a

Donc
" ˆˆ ˙ ˙ *
b
S “ t P R ÞÝÑ α exp ´2r ´ t exp prtq ` β exp prtq |α, β P K
a
b
“ tt P R ÞÝÑ α exp pstq ` β exp prtq |α, β P Ku car s “ ´ ´ r
a
a. Ce qui signifie que λ est deux fois dérivable de R dans K.

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68 Rappels, nombre entiers et dénombrement

Bilan

✓ ✏
Ainsi, si P admet deux racines distinctes s et r,

✒ ✑
SE “ tt P R ÞÝÑ α exp pstq ` β exp prtq |α, β P Ku

5.3.1.3 Deuxième cas : P n’a pas de racines dans K


Alors K “ R et b2 ´ 4ac ă 0. On cherche l’ensemble des solutions :
(
SE “ f P D 2 pR, Kq |af 2 ` bf 1 ` cf “ 0

P admet 2 racines complexes conjuguées non réelles α ˘ iβ avec β ‰ 0. Notons


(
SC “ f P D 2 pR, Cq |af 2 ` bf 1 ` cf “ 0

D’après le cas précédent,

SC “ tt P R ÞÝÑ λ exp rpα ` iβq ts ` µ exp rpα ´ iβq ts |λ, µ P Cu

Il est évident que


f P SE ô f est réelle et f P SC
Soit λ, µ P C et f : t ÞÝÑ λ exp rpα ` iβq ts ` µ exp rpα ´ iβq ts. Posons λ “ a ` ib et µ “ c ` id donc
pour t P R,
` ˘ ` ˘
f ptq “ pa ` ibq eαt pcos βt ` i sin βtq ` pc ` idq eαt pcos βt ´ i sin βtq

Donc
ℑm pf ptqq “ eαt pa sin βt ` b cos βt ´ c sin βt ` d cos βtq
Ainsi,

f est réelle ô ℑm pf q “ 0
ô a sin βt ` b cos βt ´ c sin βt ` d cos βt “ 0

Il est là nécessaire de prouver le lemme suivant :

Petit lemme Pour δ, ε P R, on a

@t P R, δ sin βt ` ε sin βt “ 0 ô δ “ ε “ 0

En effet, la partie réciproque est évidente. De plus,


– pour t “ 0, on a δ sin 0 ` ε cos 0 ñ ε “ 0
π π π
– Pour r “ , car β ‰ 0, δ sin ` ε cos ñ δ “ 0
2β 2 2
Revenons à la résolution de l’équation homogène. Ainsi,

f est réelle ô c “ a et b “ ´d

donc

S “ tt P R ÞÝÑ pa ` ibq exp rpα ` iβq ts ` pa ´ ibq exp rpα ´ iβq ts |a, b P Ru
(
“ t P R ÞÝÑ eαt p2a cos βt ´ 2b sin βtq |a, b P R
(
“ t P R ÞÝÑ eαt pλ cos βt ` µ sin βtq |λ, µ P R

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Chapitre 5 : Équations différentielles 69

Bilan

✓ ✏
Si K “ R, a, b, c P R et si P n’a pas de racines réelles, P admet deux racines complexes conjuguées
α ˘ iβ avec β ‰ 0 et (
✒ ✑
SE “ t P R ÞÝÑ eαt pλ cos βt ` µ sin βtq |λ, µ P R

5.3.1.4 Cas particuliers


– Soit ω P R et pEq y 2 ` ω 2 y “ 0, alors αcalSE “ttPRÞÝÑλ cos ωt`µ sin ωt|λ,βPRu
– Soit pE1 q y 2 ´ ω 2 y “ 0. Alors,
(
SE “ t P R ÞÝÑ λeωt ` µe´ωt |λ, µ P R
“ tt P R ÞÝÑ λ cosh ωt ` µ sinh ωt|λ, µ P Ru

5.3.2 Cas d’un second membre du type exponentielle-polynôme


On s’intéresse ici à une équation différentielle du type

pEq ay 2 ` by 1 ` cy “ Q ptq exp pωtq

Avec a, b, c P K, a ‰ 0, Q une fonction polynômiale et ω P K. De plus,

Q ptq “ λ0 ` λ1 t ` ¨ ¨ ¨ ` λd td

5.3.2.1 Forme des solutions particulières


P pXq “ aX 2 ` bX ` c est le polynôme caractéristique de pE0 q : ay 2 ` by 1 ` c “ 0. On sait résoudre
pE0 q. Reste à trouver une solution de pEq.
✬ ✩
On dispose d’une recette, pour laquelle on distingue trois cas :
ϕ
(1) Si ω n’est pas racine de P , on cherche une solution particulière sous la forme t ÞÝÑ S ptq exp pωtq
avec S une fonction polynômiale de même degré que Q à déterminer.
(2) Si ω est racine simple de P , on cherche une solution particulière de pEq sous la forme

t ÞÝÑ S ptq exp pωtq

avec S une fonction polynômiale du type

t ÞÝÑ µ1 t ` µ2 t2 ` ¨ ¨ ¨ ` µd`1 td`1

(3) Si ω est racine double de P , on cherche une solution particulière de pEq sous la forme

t ÞÝÑ S ptq exp pωtq

avec S une fonction polynômiale du type

✫ ✪
t ÞÝÑ µ2 t2 ` µ3 t3 ` ¨ ¨ ¨ ` ud`2 td`2

5.3.2.2 Équation différentielle vérifiée par S ptq


Soit S polynômiale quelconque et ϕ : t ÞÝÑ S ptq exp pωtq. Alors, pour t P R,
` ˘ ` ˘
ϕ1 ptq “ S 1 ptq ` ωS ptq exp pωtq et ϕ2 ptq “ S 2 ptq ` 2ωS 1 ptq ` ω 2 S ptq exp pωtq

2011-2012 Cours de mathématiques


70 Rappels, nombre entiers et dénombrement

Donc on a :

ϕ est solution de pEq ô @t P R, aϕ2 ptq ` bϕ1 ptq ` cϕ ptq “ Q ptq exp pωtq
“` ˘ ‰ “` ˘ ‰
ô @t P R, a S 2 ptq ` 2ωS 1 ptq ` ω 2 S ptq exp pωtq ` b S 1 ptq ` ωS ptq exp pωtq
`c rS ptq exps “ Q ptq exp pωtq
ô aS 2 ` P 1 pωq S 1 ` P pωq S “ Q

5.3.2.3 Exemples

(1) Résoudre sur R :


pEq 2y 2 ` 2y 1 ` y “ xe´x

On reconnaît là une équation différentielle d’ordre 2 à coefficients constants et de second membre


de type exponentielle-polynôme. Résolvons pE0 q : 2y 2 ` 2y 1 ` y “ 0. Alors

P pXq “ 2X 2 ` 2X ` 1

Donc ∆ “ ´4 “ p2iq2 donc P n’a pas de racines réelles mais possède deux racines complexes
1 i
conjuguées ´ ˘ , alors
2 2
" ˆ ˙ *
´ 2t t t
S0 “ t P R ÞÝÑ e α cos ` β sin |α, β P R
2 2

Recherchons maintenant une solution particulière de pEq. ω “ ´1 n’est pas racine de P donc on
ϕ
cherche un solution particulière sous la forme x P R ÞÝÑ pax ` bq e´x . Ainsi,

ϕ est solution de pEq ô P 1 p´1q S 1 pxq ` P p´1q S pxq “ x


ô @x P R, ´2a ` ax ` b “ x
#
b ´ 2a “ 0
ô
a“1
#
a“1
ô
b“2

donc x ÞÝÑ px ` 2q e´x est une solution de pEq. L’ensemble des solutions de pEq est donc
! x
´ x x¯ )
SE “ x P R ÞÝÑ px ` 2q e´x ` e´ 2 α cos ` β sin |α, β P R
2 2

(2) Résoudre sur R :


` ˘
pEq y 2 ´ 3y 1 ` 2y “ x2 ` 1 ex

On reconnaît là une équation différentielle d’ordre 2 à coefficients constants et de second membre


de type exponentielle-polynôme. Résolvons pE0 q : y 2 ´ 3y 1 ` 2y “ 0. Alors

P pXq “ X 2 ´ 3X ` 2 “ pX ´ 1q pX ´ 2q

P admet deux racines réelles 1 et 2 donc


(
S0 “ x P R ÞÝÑ αex ` βe2x |α, β P R

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Chapitre 5 : Équations différentielles 71

De plus, ω “ 1 est racine simple de P donc on cherche une solution particulière de pEq sous la
ϕ ` ˘
forme x P R ÞÝÑ ax3 ` bx2 ` cx ex . Alors

ϕ est solution de pEq ô S 2 pxq ` P 1 p1q S 1 pxq “ x2 ` 1


ô 6ax ` 2b ´ 3ax2 ´ 2bx ´ c “ x2 ` 1
ô ´x2 3a ` x p6a ´ 2bq ` 2b ´ c “ x2 ` 1
$
&3a “ 1

ô 6a ´ 2b “ 0

%
2b ´ c “ 1
$
1

&a “ ´ 3
ô b “ ´1

%
c “ ´3
ˆ ˙
1 3 2
Donc x ÞÝÑ ´ x ´ x ´ 3x ex est solution de pEq donc l’ensemble des solutions de pEq est
3
donc " ˆ ˙ *
1 3 2 x x 2x
SE “ x P R ÞÝÑ ´ x ´ x ´ 3x e ` αe ` βe |α, β P R
3

5.3.3 Cas d’un second membre en exponentielle-cosinus ou sinus


5.3.3.1 Méthode
On considère

pE1 q : ay 2 ` by 1 ` cy “ Q pxq eωx cos αx et pE2 q : ay 2 ` by 1 ` cy “ Q pxq eωx sin αx

Avec a, b, c, ω, α P R et Q une fonction polynômiale à coefficients réels. On cherche des solutions


particulières de pE1 q et pE2 q sur R. Soit

pEC q ay 2 ` by 1 ` cy “ Q pxq exp rpω ` iαq ts

✬ ✩
On sait trouver ϕ : R ÝÑ C une solution particulière de pEC q a . Si on écrit ϕ “ ϕ1 ` iϕ2 avec ϕ1 et
ϕ2 réelles, on a @x P R :
` ˘ ` ˘
a ϕ21 ` iϕ22 pxq ` b ϕ11 ` iϕ12 pxq ` c pϕ1 ` iϕ2 q pxq “ Q pxq eωx pcos αx ` i sin αxq

Par identification des parties réelles et imaginaires, @x P R :

aϕ21 pxq ` bϕ11 pxq ` cϕ1 pxq “ Q pxq eωx cos αx

Donc ϕ1 est une solution de pEq. De plus, @x P R,

aϕ22 pxq ` bϕ12 pxq ` cϕ2 pxq “ Q pxq eωx sin αx

Donc ϕ2 est solution de pE2 q.

✫ ✪
a. En effet le second membre de pEC q est du type exponentielle-polynôme : voir page 69 pour la forme des solutions.

5.3.3.2 Exemples
(1) Résoudre dans R :
pEq y 2 ` 2y 1 ` 5y “ 2xe´x cos 2x

2011-2012 Cours de mathématiques


72 Rappels, nombre entiers et dénombrement

Résolvons l’équation homogène pE0 q : y 2 `2y 1 `5y “ 0. On reconnaît là une équation différentielle
d’ordre 2 à coefficients constants dont le polynôme caractéristique est

P pXq “ X 2 ` 2X ` 5

∆ “ ´16 “ p4iq2 , donc P admet deux racines complexes conjuguées ´1 ˘ 2i donc


(
S0 “ t P R ÞÝÑ e´t pλ cos 2t ` µ sin 2tq |λ, µ P R

Cherchons une solution particulière de pEq. Soit

pEC q y 2 ` 2y 1 ` 5y “ 2x exp rp´1 ` 2iq xs

Si ϕ est une solution particulière de pEC q , alors ℜe pϕq est une solution particulière de pEq. Or
´1 ` 2i est une racine simple de P donc on cherche une solution particulière de pEC q sous la
ϕ ` ˘
forme x ÞÝÑ ax ` bx2 exp rp´1 ` 2iq ts. Alors,

ϕ est solution de pEC q ô S 2 ptq ` P 1 p´1 ` 2iq S 1 pxq “ 2x


ô @x P R 2b ` 4i pa ` 2bxq “ 2x
#
2b ` 4ia “ 0
ô
8ib “ 2
$
&a “ 1

ô 8
’ i
%b “ ´
4
ˆ ˙
ϕ x x2
Ainsi, x ÞÝÑ ´i e´x e2ix est solution particulière de pEC q. Donc
8 4
ˆ ˙
´x x x2
ℜe pϕq : x P R ÞÝÑ e cos 2x ` sin 2x
8 4
est solution de pEq. On a donc :
" ˆ ˙ *
´x x x2
S “ x P R ÞÝÑ e λ cos 2x ` µ sin 2x ` cos 2x ` sin 2x |λ, µ P R
8 4

(2) Résoudre dans R :


1 1
pEq y 2 ` 2y 1 ` y “ sin2 x ô y 2 ` 2y 1 ` y “ ´ cos 2x
2 2
Résolvons pE0 q : y 2 ` 2y 1 ` y “ 0, dont le polynôme caractéristique est P pXq “ X 2 ` 2X ` 1,
∆ “ 0 donc P admet une racine double : ´1. Ainsi,
(
S0 “ x P R ÞÝÑ pαx ` βq e´x |α, β P R

Recherchons une solution particulière de pEq, pour cela utilisons la méthode de superposition a .
Soit
1 1
pE1 q : y 2 ` 2y 1 ` y “ et pE2 q : y 2 ` 2y 1 ` y “ ´ cos 2x
2 2
1
Une solution particulière de pE1 q est x ÞÝÑ . Cherchons maintenant une solution particulière
2
de pE2 q. Soit
´ ¯ 1
E2C y 2 ` 2y 1 ` y “ ´ e2ix
2
a. Voir 5.1.2.2 page 61.

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Chapitre 5 : Équations différentielles 73

` ˘
Si ψ est solution de E2C , alors ℜe pψq est solution de pE2 q. On cherche ψ : x ÞÝÑ λe2ix :
´ ¯ 1
ψ est solution de E2C ô λ p´4 ` 4i ` 1q “ ´
2
3 2
ô λ“ ` i
10 5
ˆ ˙
3 2 ` ˘ 3 2
Ainsi, ψ : x ÞÝÑ ` i e2ix est solution de E2C donc ℜe pψq “ cos 2x ´ sin 2x est
10 5 10 5
solution de pE2 q donc
3 2 1
x ÞÝÑ cos 2x ´ sin 2x `
10 5 2
est solution de pEq par superposition. Ainsi,
" *
3 2 1 ´x
SE “ x P R ÞÝÑ cos 2x ´ sin 2x ` ` pλ ` iµq e |λ, µ P R
10 5 2

2011-2012 Cours de mathématiques


Chapitre 6

Bric-à-brac I

Sommaire
6.1 Notions de logique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 76
6.1.1 Propositions, connecteurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 76
6.1.1.1 Propositions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 76
6.1.1.2 Connecteurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 76
6.1.2 Raisonnements et formules logiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 76
6.1.2.1 L’implication et le modus-ponens . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 76
6.1.2.2 L’équivalence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 77
6.1.2.3 Équivalence logique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 77
6.1.2.4 Principe de contraposition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 78
6.1.2.5 Raisonnement par l’absurde . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 78
6.1.3 Quantificateurs et prédicats . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 79
6.1.3.1 Prédicat . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 79
6.1.3.2 Quantificateurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 79
6.2 Ensembles, relations, applications . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 80
6.2.1 Ensembles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 80
6.2.1.1 Ensembles et éléments . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 80
6.2.1.2 Réunion, intersection . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 80
6.2.1.3 Définition d’un ensemble . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 81
6.2.1.4 Produit cartésien . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 81
6.2.2 Relations et applications . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 81
6.2.2.1 Relation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 81
6.2.2.2 Application . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 81
6.2.2.3 Image directe et réciproque d’une partie . . . . . . . . . . . . . . . . . 82
6.2.2.4 Injection, bijection, surjection . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 82
6.2.2.5 Résultats concernant ces trois concepts . . . . . . . . . . . . . . . . . 82
6.2.2.6 Composition d’applications . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 83
6.2.2.7 Application réciproque d’une application bijective . . . . . . . . . . . 83
6.2.2.8 Conflit de notation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 84
6.2.3 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 84
6.2.3.1 Parties d’un ensemble et application . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 84
6.2.3.2 Résultats sur la composition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 85

75
76 Rappels, nombre entiers et dénombrement

6.1 Notions de logique


6.1.1 Propositions, connecteurs
6.1.1.1 Propositions

Les propositions sont des énoncés ayant un sens mathématique. Une proposition est soit vraie (V),
soit fausse (F), les deux possibilités s’excluant mutuellement.
A la base de toute théorie mathématique figurent les axiomes, énoncés qu’on considère comme vrais
a priori.
Les théorèmes sont les énoncés vrais de la théorie, qu’on obtient au moyen d’une preuve ( ou démons-
tration ) mathématique, conséquences d’un raisonnement logique.

On distingue une hiérarchie parmi les théorèmes :


Lemme : mini-théorème utile pour la démonstration d’un théorème plus important.
Proposition : théorème d’importance moyenne.
Théorème.
Corollaire : conséquence aisée d’un théorème plus important.
On peut fabriquer une nouvelle proposition à partir d’une ou deux propositions grâce aux connecteurs
logiques.

6.1.1.2 Connecteurs
Ces connecteurs sont à la base au nombre de trois :
– _ : « ou » logique.
– ^ : « et » logique.
– : « non » logique.

Ces trois connecteurs correspondent aux tables de vérité suivantes :

P Q P _Q P ^Q
P P V V V V
V F V F V F
F V F V V F
F F F F

6.1.2 Raisonnements et formules logiques


6.1.2.1 L’implication et le modus-ponens
Si P et Q sont deux assertions, on note P ñ Q la proposition p P q _ Q dont voici la table de vérité :
P Q P P ñQ
V V F V
V F F F
F V V V
F F V V

On remarque que :
– la proposition P ñ Q n’apprend rien sur les valeurs de P et de Q ;
– si P est fausse, P ñ Q est vrai ;

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Chapitre 6 : Bric-à-brac I 77

– si P est vrai et que P ñ Q est vrai, alors Q est vrai.


Cette dernière affirmation est la base de la démonstration mathématique, c’est le modus-ponens. En
effet beaucoup de théorèmes du cours sont des implications du type hypothèses ñ conclusion. Il s’agit
donc de démontrer des implications du type P ñ Q : pour cela on suppose que P est vrai et on tente
de montrer que Q est vrai.

6.1.2.2 L’équivalence

Soit P et Q deux propositions. Alors P ô Q est l’assertion pP ñ Qq ^ pQ ñ P q dont voici la table


de vérité :
P Q P ôQ
V V V
V F F
F V F
F F V

Pour démontrer l’équivalence, on prouve en général P ñ Q puis Q ñ P . P ô Q est vrai si et


seulement si P et Q ont la même valeur de vérité.

6.1.2.3 Équivalence logique

Soient F et G deux formules logiques. On dira que F et G sont logiquement équivalentes si elles
ont les même valeurs de vérité quelles que soient les valeurs de vérité des variables propositionnelles.
On note ceci F ” G.

Exemple
ppP ñ Qq ^ pQ ñ Rqq ñ pP ñ Rq

En effet,

P Q R P ñQ QñR pP ñ Qq ^ pQ ñ Rq P ñR ppP ñ Qq ^ pQ ñ Rqq ñ pP ñ Rq


V V V V V V V V
V V F V F F F V
V F V F V F V V
V F F F V F F V
F V V V V V V V
F V F V F F V V
F F V V V V V V
F F F V V V V V

De même, on a les propriétés suivantes :


– P ” p Pq
– pP _ Qq ” p P q ^ p Qq
– pP ^ Qq ” p P q _ p Qq
– pP ñ Qq ” P ^ p Qq
– P ^ pQ _ Rq ” pP ^ Qq _ pP ^ Rq
– P _ pQ ^ Rq ” pP _ Qq ^ pP _ Rq
– etc.

2011-2012 Cours de mathématiques


78 Rappels, nombre entiers et dénombrement

6.1.2.4 Principe de contraposition

Pour prouver Q en supposant P vrai, on montre de manière équivalente que P ne peut être obtenu si
Q est faux :
P ñ Q ” p Qq ñ p P q

6.1.2.5 Raisonnement par l’absurde

Soit à démontrer une assertion P . Pour démontrer P , on suppose que P est faux (c’est-à-dire qu’on
ajoute P aux axiomes) et on cherche alors un énoncé Q à la fois vrai et faux, ce qui est contradic-
toire. Puisqu’on admet que la théorie n’est pas contradictoire, l’existence d’un tel énoncé Q invalide
l’hypothèse de départ, qui était que P est vrai. Donc P est vrai.

Exemple Démontrons que e est irrationnel. Soit pour tout n P N,


ÿn
1
Un “
k“0
k!

Alors pUn q est strictement croissante. De plus,


ż1
“ ‰1
et dt “ et 0 “ e ´ 1
0

On a donc :
ż1
` ˘
e “ 1` 1 ˆ et dt
0
ż1
“ ‰
t 1
“ 1 ` ´ p1 ´ tq e 0 ` p1 ´ tq et dt en intégrant par parties
0
ż1
“ 1`1` p1 ´ tq et dt
0
« ff1 ż
p1 ´ tq2 t 1
p1 ´ tq2 t
“ 1`1` ´ e ` e dt en intégrant par parties
2 0 2
0
ż1
1 p1 ´ tq2 t
“ 1`1` ` e dt
2 0 2
“ ¨¨¨

On montre que @n P N, ż1
p1 ´ tqn t
e “ Un ` e dt
0 n!
De plus, pour tout n P N,
ˇż 1 ˇ ż ż
ˇ p1 ´ tqn t ˇ 1 1 1 1 t
ˇ ˇ
e dtˇ “ n t
p1 ´ tq e dt ď e dt car 1 ´ t ď 1
ˇ n! n! 0 n! 0
0
ż
1 1 t
Or lim e dt “ 0 donc pUn q converge vers e et @n P N, Un ă e.
nÑ`8 n! 0
Soit la suite pVn q définie pour tout n P N par
1
Vn “ ` Un
n ˆ n!

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Chapitre 6 : Bric-à-brac I 79

1
On a : lim “ 0 donc Vn converge aussi vers e. Or pVn q est strictement décroissante car :
nÑ`8 nˆn!

1 1
Vn`1 ´ Vn “ ` Un`1 ´ ´ Un
pn ` 1q pn ` 1q! nn!
1 1
“ ´ ` Un`1 ´ Un
pn ` 1q pn ` 1q! nn!
1 1 1
“ ´ ` d’après la définition de pUn q
pn ` 1q pn ` 1q! nn! pn ` 1q!
„ 
1 1 n`1
“ 1` ´
pn ` 1q! n`1 n
„ 
1 1 1
“ ´ ă0
pn ` 1q! n ` 1 n

On obtient alors un encadrement de e : @n ě 1,

Un ă e ă Vn
p
Supposons maintenant que e P Q, alors e “ avec p, q P N˚ . donc
q
p
Uq ă e ă Vq ô Uq ă ă Vq
q
ô q!Uq ă p pq ´ 1q! ă q!Vq
1
ô q!Uq ă p pq ´ 1q! ă q!Uq ` d’après la définition de pVn q
q

Or q!Uq P N car
ÿq
q!
q!Uq “
k“0
k!

Ainsi on a :
1
N ă p pq ´ 1q ă N ` ďN `1
q
C’est à dire qu’il existe un entier entre deux entiers consécutifs, ce qui est contradictoire a . Ainsi, e est
un irrationnel.

6.1.3 Quantificateurs et prédicats


6.1.3.1 Prédicat

Un prédicat est un énoncé dans lequel figure(nt) une ou plusieurs variables décrivant certains ensembles
tel que, dès que l’on donne une valeur à ces variables, l’énoncé devient une assertion (vraie ou fausse).

6.1.3.2 Quantificateurs
Quelque soit : @

Soit P un prédicat sur l’ensemble E. L’écriture @x, P pxq signifie que pour tout élément x de E, P pxq
est vrai. Ceci est néanmoins une assertion qui peut être vraie ou fausse.

a. On peut sans crainte remplacer cette conclusion par « Aaaaargh ! » dans un DS.

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80 Rappels, nombre entiers et dénombrement

Il existe D

Soit P un prédicat sur l’ensemble E. L’écriture Dx, P pxq signifie qu’il existe au moins un élément x
de E tel que P pxq est vrai. Ceci est néanmoins une assertion qui peut être vraie ou fausse.

Méfiance !
Dx, pP pxq ^ Q pxqq ı pDx, P pxqq ^ pDx, Q pxqq

Par contre a ,
Dx, pP pxq _ Q pxqq ” pDx, P pxqq _ pDx, Q pxqq

De même b ,
@x, pP pxq _ Q pxqq ı p@x, P pxqq _ p@x, Q pxqq

Par contre,
@x, pP pxq ^ Q pxqq ” @x, P pxq ^ p@x, Q pxqq

6.2 Ensembles, relations, applications


6.2.1 Ensembles
6.2.1.1 Ensembles et éléments
La notion d’ensemble est une notion première, intuitive. Un ensemble est caractérisé par ses éléments.
– x P E signifie que l’objet x est un élément de l’ensemble E.
– Si E et F sont deux ensembles, E Ă F signifie que tout élément de E est élément de F .
– E “ F signifie que E et F ont les mêmes éléments. De plus E “ F ô pE Ă F q ^ pF Ă Eq.
Il existe un unique ensemble ne possédant aucun élément appelé ensemble vide et noté ∅. Pour tout
ensemble E, ∅ Ă E.

6.2.1.2 Réunion, intersection

Si E et F sont deux ensembles :


– E Y F est la réunion de E et de F , c’est-à-dire

x P E Y F ô px P Eq _ px P F q

– E X F est l’intersection de E et de F , c’est-à-dire

x P E X F ô px P Eq ^ px P F q

Propriétés E, F et G étant des ensembles, on a toujours :


– pE Y F q X G “ pE X Gq Y pF X Gq
– pE X F q Y G “ pE Y Gq X pF Y Gq

a. Prenons un exemple de l’assertion précédente : soit une classe d’élèves x et P pxq une fille, Q pxq un garçon. Il existe
bien au moins un fille et un garçon dans cette classe (dans un cas général) mais il n’existe pas d’élève étant à la fois une
fille et un garçon (là encore dans le cas général).
b. Sur le même exemple, tout élève est soit un garçon soit une fille mais toute la classe n’est pas composée uniquement
de garçons ou uniquement de filles.

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Chapitre 6 : Bric-à-brac I 81

6.2.1.3 Définition d’un ensemble


– On peut définir un ensemble en citant tous ses éléments. C’est la définition par extension.
– On peut faire apparaître un ensemble grâce à une propriété caractérisant ses éléments.
– Si X est un ensemble, alors P pXq désigne l’ensemble des parties de X, c’est-à-dire que si
x P P pXq, alors x est un sous-ensemble inclus dans X a .

6.2.1.4 Produit cartésien

Si E et F sont deux ensembles, le produit cartésien de E et de F noté E ˆ F désigne l’ensemble des


couples ta, bu avec a P E et b P F avec la règle d’égalité suivante :

ta, bu “ tc, du ô pa “ cq ^ pc “ dq

6.2.2 Relations et applications


6.2.2.1 Relation

Soient E et F deux ensembles. Une relation de source E et de but F est un triplet R “ pE, F, Γq où
Γ est une partie de E ˆ F .

Une relation de source E et de but E est une relation binaire de E.

6.2.2.2 Application
Définition Soient E et F deux ensembles. Une application de E dans F est une relation f “ pE, F, Γq
telle que pour tout élément x de E, il existe un unique élément y de F tel que px, yq P Γ. C’est à dire :
@x P E, D!y P F { px, yq P Γ
Ainsi, pour définir une application de E dans F , il suffit d’associer à chaque élément de E un
unique élément dans F .

Vocabulaire
– Si f est une application de E dans F , E est l’ensemble de départ de f et F est l’ensemble
d’arrivée de f .
– Pour tout x P E on note f pxq l’unique y P F tel que px, yq P Γ. f pxq est alors l’image de x par
f.
– Pour tout y P F , tout élément x de E dont y est l’image s’appelle un antécédent de y par f .
– On note l’application de la façon suivante :
f : E ÝÑ F
x ÞÝÑ f pxq
ou plus simplement f : E ÝÑ F .
– Γ “ tpx, f pxqq |x P Eu est le graphe de f .
a. Prenons X “ ∅. Alors

P pXq “ t∅u
P pP pXqq “ t∅, t∅uu
P pP pP pXqqq “ t∅, t∅, t∅uu , tt∅uuu
¨¨¨ “ ¨¨¨

Vous voulez continuer ?

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82 Rappels, nombre entiers et dénombrement

Autour de ∅ Si E “ ∅, alors pour tout ensemble F , ∅ ˆ F “ ∅. Or l’unique partie de ∅ est ∅


donc il existe une seule relation de source ∅ et de but F , qui est le triplet p∅, F, ∅q. Il s’agit bien
d’une application car @x, x P ∅ ñ f pxq P F a .
Si E ‰ ∅ et si F “ ∅, alors E ˆ ∅ “ ∅ donc pE, ∅, ∅q est l’unique relation de but F . Ce n’est
néanmoins pas une application puisque on ne peut pas associer des éléments de ∅ à des éléments b de
E.

6.2.2.3 Image directe et réciproque d’une partie


Soient E et f deux ensembles distincts de ∅, f une application de E dans F et une partie A Ă E.
– On appelle l’image directe de A par f notée f pAq l’ensemble des images par f des éléments de A,
c’est-à-dire
f pAq “ tf pxq {x P Au Ă F
Pour y P F , y P f pAq s’il existe un élément α de A tel que y “ f pαq. En particulier pour A “ E,
f pEq se note Im pf q et se lit image de f .
– Soit B Ă F , alors on appelle image réciproque de B par f notée f ´1 pBq l’ensemble des antécédents
des éléments de B par f , c’est-à-dire

@x P E, x P f ´1 pBq ô f pxq P B

6.2.2.4 Injection, bijection, surjection


Soit f : E ÝÑ F une application.

Injection

On dit que f est injective lorsque @x, x1 P E, si x ‰ x1 alors f pxq ‰ f px1 q. Ceci est équivalent à
` ˘
f pxq “ f x1 ñ x “ x1

Surjection

On dira que f est surjective lorsque tout élément de F admet au moins un antécédent par f , c’est-à-dire

@y P F, Dx P E{y “ f pxq

Bijection

On dit que f est bijective lorsqu’elle est à la fois injective et surjective.

6.2.2.5 Résultats concernant ces trois concepts


Injectivité et monotonie Si I est un intervalle de R, alors n’importe quelle application f : I ÝÑ R
strictement monotone est injective.
a. En effet l’assertion x P ∅ étant fausse (∅ n’a aucun élément), elle peut impliquer n’importe quoi dont ce qui nous
intéresse.
b. Qui existent bien, eux !

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Chapitre 6 : Bric-à-brac I 83

Négation Soit f : E ÝÑ F une application.


– f n’est pas injective est équivalent à Dx, x1 P E{f pxq “ f px1 q et x ‰ x1 .
– f n’est pas surjective est équivalent à Dy P F {@x P E, f pxq ‰ y.

Application identité Soit E un ensemble. L’application notée IdE : E ÝÑ E est bijective.


x ÞÝÑ x

Injection, surjection, bijection et équations du type f pxq “ y Soit f : E ÝÑ F .


– f est injective si et seulement si @y P F , l’équation f pxq “ y admet au plus une solution dans
E.
– f est surjective si et seulement si @y P F , l’équation f pxq “ y admet au moins une solution
dans E.
– f est bijective si et seulement si @y P F , l’équation f pxq “ y admet exactement une solution
dans E. Ou alors tout y P F admet un unique antécédent x P E par f .

6.2.2.6 Composition d’applications

Soient E, F et G des ensembles, et f : E ÝÑ F , g : F ÝÑ G des applications. g ˝f est l’application


de E dans G définie par @x P E, g ˝ f pxq “ g pf pxqq.
Cette opération n’est pas commutative :

g˝f ‰f ˝g

f g h
Par contre elle est associative : si on a E ÝÑ F ÝÑ G ÝÑ H, alors

h ˝ pg ˝ f q “ ph ˝ gq ˝ f

f g
De plus, soit E ÝÑ F ÝÑ G, alors :
(1) Si f et g sont injectives, alors g ˝ f est injective.
(2) Si f et g sont surjectives, alors g ˝ f est surjective.

Démonstrations
(1) On suppose f et g injectives. Montrons que g˝f est injective : soient x, x1 P E{g˝f pxq “ g˝f px1 q.
Il s’agit de montrer que x “ x1 . On a g pf pxqq “ g pf px1 qq or g est injective donc f pxq “ f px1 q
or f est injective donc x “ x1 .
(2) On suppose f et g surjectives. Montrons que g ˝ f est surjective : soit z P G, on cherche x P E tel
que z “ g ˝f pxq. g est surjective donc Dy P F {z “ g pyq or f est surjective donc Dx P E{y “ f pxq.
Ainsi z “ g ˝ f pxq donc g ˝ f est surjective.

6.2.2.7 Application réciproque d’une application bijective

Soit f : E ÝÑ F une bijection. Pour y P F , y admet un unique antécédent noté g pyq par f , ce qui
définit g : F ÝÑ E correctement. g est alors l’application réciproque de f et se note f ´1 .

Propriétés de la composition d’une application avec sa réciproque

2011-2012 Cours de mathématiques


84 Rappels, nombre entiers et dénombrement

Partie directe Soit f : E ÝÑ F une application bijective et d’application réciproque f ´1 :


F ÝÑ E. Ainsi on définit f ´1 ˝ f : E ÞÝÑ E mais aussi f ˝ f ´1 : F ÝÑ F .
– Pour x P E, x est un antécédent de f pxq et même l’unique car f est bijective. Par conséquent,
f ´1 pf pxqq “ x “ f ´1 ˝ f pxq “ IdE
– Pour y P F , f ´1 pyq est un antécédent de y par f donc
` ˘
f f ´1 pyq “ y “ f ˝ f ´1 pyq “ IdF

Partie réciproque Réciproquement, soit f une application de E dans F . Supposons qu’il existe
une application g de F dans E telle que g ˝ f “ IdE et f ˝ g “ IdF .
Montrons d’abord que f est bijective.
– f est surjective : soit y P F , alors
y “ IdF pyq “ f ˝ g pyq
donc g pyq est un antécédent de y par f .
– f est injective : prenons x, x1 P E tels que f pxq “ f px1 q. Montrons que x “ x1 . En effet, on a
` ` ˘˘ ` ˘
g pf pxqq “ g f x1 ô g ˝ f pxq “ g ˝ f x1
` ˘
ô IdE pxq “ IdE x1
ô x “ x1
f est donc une bijection donc f ´1 est définie comme application réciproque de f . Montrons que
g “ f ´1 .
g “ g ˝ IdF
` ˘
“ g ˝ f ˝ f ´1
“ pg ˝ f q ˝ f ´1
“ IdE ˝ f ´1
“ f ´1

Bilan
– Si f est bijective de E dans F , il y a une unique application g de F dans E telle que g ˝ f “ IdE
et f ˝ g “ IdF qui est l’application réciproque de f notée f ´1 .
– S’il existe une application g de F dans E telle que g ˝ f “ IdE et f ˝ g “ IdF , alors f est bijective
et g “ f ´1 .

6.2.2.8 Conflit de notation


Soit f : E ÝÑ F une application et B Ă F . On a donc les deux notations :
– f ´1 pBq, image réciproque de B par f .
– f ´1 pBq, image directe de B par f ´1 .
On montre que ces deux notations sont équivalentes dans le cas où f admet une application réciproque.

6.2.3 Exercices
6.2.3.1 Parties d’un ensemble et application
Soit E un ensemble et A, B Ă E. On définit f : P pEq ÝÑ P pAq ˆ P pBq . Quelles sont les
X ÞÝÑ pX X A, X X Bq
conditions nécessaires et suffisantes pour que f soit :
(1) Injective ?
(2) Surjective ?
(3) Bijective ? Quel est alors l’application réciproque de f ?

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Chapitre 6 : Bric-à-brac I 85

Résolution

Question 1
– Si A Y B Ł E, alors Dx P E tel que x Ć A Y B. Prenons X “ txu, alors

f ptxuq “ p∅, ∅q
“ f p∅q

Or x R ∅ donc f n’est pas injective. Nous avons prouvé que si A Y B ‰ E, alors f n’est pas
injective. Donc, par contraposition, si f est injective alors A Y B “ E.
– Supposons que A Y B “ E. Soient X, Y P P pEq deux parties de E telles que f pXq “ f pY q.
Montrons que X “ Y : f pXq “ f pY q donc X X A “ Y X A et X X B “ Y X B. D’où

X “ X XE
“ X X pA Y Bq
“ pX X Aq Y pX X Bq
“ pY X Aq Y pY X Bq
“ Y X pA Y Bq
“ Y XE
“ Y

Ainsi, f est injective si et seulement si A Y B “ E.

Question 2
– Supposons A X B ‰ ∅ et p∅, Bq P P pAq ˆ P pBq. Supposons maintenant qu’il existe X P E tel
que f pXq “ p∅, Bq, alors X X A “ ∅ et X X B “ B, c’est-à-dire que B Ă X. Or A X B ‰ ∅
et pA X Bq Ă pA X Xq donc A X X ‰ ∅, ce qui n’est pas possible a . Ainsi le couple p∅, Bq n’a
pas d’antécédent par f donc f n’est pas surjective. On a donc montré que si A X B ‰ ∅, alors
f n’était pas surjective donc, par contraposée, si f est surjective, alors A X B “ ∅.
– Supposons que A X B “ ∅. Montrons que f est surjective. Soit pC, Dq P P pAq ˆ P pBq, on
cherche X P P pEq tel que pX X A, X X Bq “ pC, Dq. Prenons X “ C Y D, alors

X X A “ pC Y Dq X A
“ pC X Aq Y pD X Aq
“ C Y∅
“ C

De même, X X B “ D. Ainsi, f est surjective si et seulement si A X B “ ∅.

Question 3 f est bijective si et seulement si elle est à la fois injective et surjective, c’est-à-dire
si et et seulement si A Y B “ E et A X B “ ∅ (A et B forment une partition de E).

6.2.3.2 Des résultats impliquant une application composée sur ses applications compo-
santes
f g
Soit E ÝÑ F ÝÑ G.
(1) On suppose g ˝ f injective. Qu’en est-il de f et g ?
(2) On suppose g ˝ f surjective. Qu’en est-il de f et g ?
a. Aaaaaaargh !

2011-2012 Cours de mathématiques


86 Rappels, nombre entiers et dénombrement

Résolution

Question 1
– Supposons que g ˝ f est injective. Montrons que f est injective. Soient x, y P E tels que f pxq “
f pyq. Montrons que x “ y :

f pxq “ f pyq ô g pf pxqq “ g pf pyqq


ô g ˝ f pxq “ g ˝ f pyq
ô x“y car f est injective

– g n’est pas forcément injective. On peut donner un exemple d’ensembles E, F , G et d’applications


f , g telles que g n’est pas injective mais g ˝ f est injective. En effet, soit

f : t1, 2, 3u ÝÑ t4, 5, 6, 7u et g : t4, 5, 6, 7u ÝÑ t8, 9, 10u


1 ÞÝÑ 4 4 ÞÝÑ 8
2 ÞÝÑ 6 5 ÞÝÑ 9
3 ÝÑ 7 6 ÞÝÑ 9
7 ÞÝÑ 10

On a alors g ˝ f : t1, 2, 3u ÝÑ t8, 9, 10u , qui est injective au contraire de g.


1 ÞÝÑ 8
2 ÞÝÑ 9
3 ÞÝÑ 10

Question 2
– Supposons que f circ f est surjective. Montrons que g est surjective. Supposons que g n’est pas
surjective, alors il existez P G tel que pour tout y de F , g pyq ‰ z. Donc @x P F , g pf pxqq ‰ z
car f pxq P F , donc g ˝ f est un projecteur lorsqe qui est impossible a . Ainsi g est forcément
surjective.
– Montrons que f n’est pas forcément surjective. On a par exemple :

g : R˚ ÝÑ R˚` et f : R ÝÑ R˚`
t ÞÝÑ t2 t ÞÝÑ et

On a bien f surjective mais g ˝ f : R ÝÑ R˚` n’est pas surjective.


t ÞÝÑ e2t

a. Aaaaaaargh !

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Chapitre 7

Bric-à-brac II

Sommaire
7.1 Relations d’ordre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 89
7.1.1 Relation d’ordre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 89
7.1.1.1 Définition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 89
7.1.1.2 Exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 89
7.1.1.3 Vocabulaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 89
7.1.2 Majorant, minorant, maximum, minimum . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 90
7.1.2.1 Définitions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 90
7.1.2.2 Maximum et minimum . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 90
7.1.3 Borne supérieure, borne inférieure . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 90
7.1.3.1 Définitions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 90
7.1.3.2 Théorème fondamental de R (admis) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 91
7.1.4 Description des sous-groupes de pR, `q . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 92
7.1.4.1 Définitions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 92
7.1.4.2 Propriété particulière . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 92
7.1.4.3 Corollaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 93
7.2 Relations d’équivalence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 94
7.2.1 Généralités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 94
7.2.1.1 Définition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 94
7.2.1.2 Exemple principal . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 94
7.2.2 Propriétés des relations d’équivalence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 95
7.2.2.1 Propriétés générales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 95
7.2.2.2 Retour à l’exemple . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 95
7.2.3 Lois sur Z{nZ . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 96
7.2.3.1 Opérations dans Z{nZ . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 96
7.2.3.2 Lois de compositions internes de Z{nZ . . . . . . . . . . . . . . . . . . 96
7.3 Entiers naturels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 98
7.3.1 Construction de N grâce aux axiomes de Péano . . . . . . . . . . . . . . . . . 98
7.3.1.1 Axiomes de Péano . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 98
7.3.1.2 Successeur, prédécesseur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 98
7.3.1.3 Principe de récurrence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 98
7.3.1.4 Opérations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 99
7.3.1.5 Reformulation du principe de récurrence . . . . . . . . . . . . . . . . 99
7.3.2 Division euclidienne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 100
7.3.2.1 Généralités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 100
7.3.2.2 Applications . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 101
7.3.3 Plus Grand Commun Diviseur et éléments d’arithmétique . . . . . . . . . . . . 104
7.3.3.1 PGCD . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 104

87
7.3.3.2 Éléments d’arithmétique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 105
7.4 Ensembles finis . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 107
7.4.1 Définitions, faits de base . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 107
7.4.1.1 Définitions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 107
7.4.1.2 Théorème et définition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 108
7.4.1.3 Principe des tiroirs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 109
7.4.2 Cardinaux classiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 110
7.4.2.1 Réunion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 110
7.4.2.2 Produit cartésien . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 112
7.4.2.3 Ensemble de parties d’un ensemble fini . . . . . . . . . . . . . . . . . 112
7.4.2.4 Petite histoire sur la définition ensembliste des coefficients du binôme 113
7.4.2.5 Ensemble des applications entre deux ensembles finis . . . . . . . . . 115
7.4.2.6 Injections entre deux ensembles finis . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 115
7.4.3 Applications et ensembles finis . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 117
7.4.3.1 Petite histoire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 117
7.4.3.2 Théorème . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 117
7.4.3.3 Permutations d’un ensemble fini . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 118
7.4.3.4 Cycles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 119

88
Chapitre 7 : Bric-à-brac II 89

7.1 Relations d’ordre


7.1.1 Relation d’ordre
7.1.1.1 Définition

Soit E un ensemble et R une relation binaire sur E a . Pour x, y P E, on note xRy (lire :« x est en
relation avec y ») au lieu de px, yq P R. On dit que R est une relation d’ordre si :
(1) R est réflexive : @x P E, xRx
(2) R est antisymétrique : @x, y P E, pxRyq ^ pyRxq ñ x “ y
(3) R est transitive : @x, y, z P E, pxRyq ^ pyRzq ñ xRz
a. R est donc une partie de E ˆ E

Très souvent, si R est une relation d’ordre sur E, on notera x ď y au lieu de xRy.

7.1.1.2 Exemples

– ď sur N, Z, Q, R est l’ordre naturel.


– Sur E “ N˚ , on définit R par @m P N˚ , mRn ô m | n . R est une relation d’ordre car :
˝ m | m;
˝ pm | nq ^ pn | mq ñ m “ n ;
˝ pm | nq ^ pn | pq ñ m | p.
– Soit X un ensemble non vide et E P P pXq. Alors R défini par ARB ô A Ă B sur E est une
relation d’ordre sur E.
– Soit X un ensemble non vide et E “ F pX, Rq a . Pour f, g P E on pose f ď g ô @x P X, f pxq ď
g pxq. Alors ď est une relation d’ordre dans F pX, Rq.

7.1.1.3 Vocabulaire

Un ensemble ordonné ou ordre est un couple pE, ďq avec E un ensemble et ď une relation d’ordre .
L’ordre pE, ďq est dit total (on dit aussi que ď est une relation d’ordre totale) si :

@x, y P E, px ď yq _ py ď xq

On dit que x et y sont toujours comparables.

Soit pE, ďq un ordre. Pour x, y P E, on note :


– x ă y pour x ď y et x ‰ y ;
– x ě y pour y ď x ;
– x ą y pour y ă x.

Piège ! Il y a des ordres qui ne sont pas totaux :


– pN˚ , |q car 2 et 3 ne sont pas comparables.
– Si X est non vide, pP pXq , Ăq n’est pas total dès que X possède au moins deux éléments distincts
a et b b .

a. E est l’ensemble des fonctions de X dans R.


b. En effet, tau et tbu ne sont pas comparables par l’inclusion.

2011-2012 Cours de mathématiques


90 Rappels, nombre entiers et dénombrement

– Soit X un ensemble non vide. Alors pF pX, Rq , ďq n’est pas total dès que X possède deux
éléments distincts a et b. En effet,

f : a ÝÑ 1 et g : a ÝÑ 0
b ÝÑ 0 b ÝÑ 1
x R ta, bu Ñ 0 x R ta, bu Ñ 0

7.1.2 Majorant, minorant, maximum, minimum


7.1.2.1 Définitions

Soit pE, ďq un ordre, A Ă E tel que A ‰ ∅ et x P E.


(1) On dit que :
– x majore A si @a P A, x ě a : x est un majorant de A.
– x minore A si @a P A, x ď a : x est un minorant de A.
(2) On note les propriétés suivantes :
– A est majorée si elle admet au moins un majorant.
– A est minorée si elle admet au moins un minorant.
(3) Soit a P A. On dira que :
– a est un plus grand élément de A si @a1 P A, a1 ď a.
– a est un plus petit élément de A si @a1 P A, a1 ě a.

Remarque Il ne peut exister qu’un seul plus grand élément d’un ensemble qui en admet. En effet,
si a2 et a1 sont deux plus grands éléments, alors a1 ď a2 et a1 ě a2 donc a1 “ a2 .

7.1.2.2 Maximum et minimum

On appelle a le maximum de A si a est le plus grand élément de A. On note alors a “ max A.


De même, un éventuel plus petit élément de A est unique et est le minimum de A. On le note min A.

Remarques
– Si A possède un maximum, elle est majorée. La réciproque est cependant fausse : si E “ R et
A “ r0, 1r est majorée mais ne possède pas de maximum.
– Si pE, ďq est total, toute partie finie non vide de E possède un maximum et un minimum.

7.1.3 Borne supérieure, borne inférieure


7.1.3.1 Définitions

– Soit pE, ďq un ordre et A Ă E majorée. L’ensemble B des majorants de A est non vide. Si B a un
minimum, alors celui-ci s’appelle la borne supérieure de A et se note sup A.
– Soit pE, ďq un ordre et A Ă E minorée. L’ensemble B car si orants de A est non vide. Si B a un
maximum, alors celui-ci s’appelle la borne inférieure de A et se note inf A.
– Soit x P E et A P P pEq. A est majorée et admet une borne supérieure si et seulement si :
˝ @a P A, a ď x (x majore A)
˝ @y P E, y majore A ñ x ď y.

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Chapitre 7 : Bric-à-brac II 91

Piège ! Il peut exister des parties non vides, majorées mais sans (borne supérieure. Prenons un
exemple : soit E “ Q muni de l’ordre naturel ď.SA “ r P Q` |r 2 ď 2 , A est une partie non vide de
Q. On a 1 P A et A est majorée par 2 : si x P Q avec x ą 2, x2 ą 4 donc x R A.
Supposons que A admet une borne supérieure dans Q, et soit x “ sup A. Prouvons que x2 “ 2.
– Si x2 ă 2, soit ε P Q˚` et d “ 2 ´ x2 ą 0. Alors,

2 ´ px ` εq2 “ 2 ´ x2 ´ 2εx ´ ε2
“ d ´ 2εx ´ ε2
“ d ´ ε p2x ` εq

Prenons ε ď 1. Alors 2x ` ε ď 2x ` 1 donc

2 ´ px ` εq2 ě d ´ ε p2x ` 1q
 „ ˆ ˙
d d
On choisit de plus ε P 0, , par exemple ε “ min 1, . A ce moment là, on
2x ` 1 2 p2x ` 1q
note que

2 ´ px ` εq2 ą 0 ñ x ` ε P A
ñ x ` ε ď sup A
ñ εď0

Ce qui est impossible a .


– Si x2 ą 2. Soit ε P Q˚` tel que ε ă x et d “ x2 ´ 2 ą 0. Alors

px ´ εq2 “ x2 ´ 2xε ` ε2 ą d ´ 2εx


 „ ˆ ˙
d x d
Prenons de plus ε P 0, , par exemple ε “ min , . Alors px ´ εq2 ą 2 donc y P A ñ
2x 2 4x
y ă x ´ ε donc x ´ ε majore A. Ainsi,

sup A ď x ´ ε ñ x ď x ´ ε
ô εď0

Ce qui est impossible b .


– On déduit des deux cas précédents que x2 “ 2, ce qui est impossible vu que x P Q. A n’admet
donc pas de borne supérieure.

7.1.3.2 Théorème fondamental de R (admis)

Toute partie non vide majorée de R admet une borne supérieure.

Corollaire Toute partie non vide minorée de R admet une borne inférieure.

Démonstration Soit A une partie non vide minorée de R et B l’ensemble des minorants de A.
Alors B ‰ ∅ et @ pa, bq P A ˆ B, b ď a donc B est non vide et majorée. Soit β “ sup B. Montrons que
β minore A.
Soit a P A, alors a majore B. β est le plus petit majorant de B donc β ď a donc β est un minorant
de A.
Si x est un minorant de A, x P B donc x ď sup B donc β est bien le plus grand minorant de A.
a. Aaaaaaargh !
b. Aaaaaaargh !

2011-2012 Cours de mathématiques


92 Rappels, nombre entiers et dénombrement

7.1.4 Description des sous-groupes de pR, `q


7.1.4.1 Définitions
– Soit H P P pRq. Alors H est un sous-groupe de pR, `q si :
˝ 0PH
˝ @ px, yq P H, ´x P H et y ` x P H
– Soit A Ă R, on dit que A est dense dans R si @x P R, @ε ą 0, Da P A{ |a ´ x| ă ε ô a P
rx ´ ε, x ` εs. On peut approcher x à ε près par un élément de A.

7.1.4.2 Propriété particulière

H est un sous-groupe de R si l’une ou l’autre des conditions suivantes est vérifiée :


– Da P R{H “ aZ ;
– H est dense dans R.
Les deux conditions s’excluant mutuellement.

Démonstration Soit H un sous-groupe de pR, `q.


– Si H “ t0u, alors H “ 0Z.
– Supposons que H ‰ t0u. Il existe donc h P H{h ‰ 0 donc ´h P H. On a donc H` ˚ “ H XR˚ ‰ ∅,
`
˚ , donc a ě 0 a .
qui est minoré (par 0 par exemple). Soit maintenant a “ inf H`
1er cas : a ą 0
˝ Montrons que a P H. Supposons pour cela que a R H. 2a ą a donc 2a ne peut pas minorer
H`˚ . Toujours car a est le plus grand minorant de H ˚ on sait que Dy P H ˚ {y ă 2a et
` `
a ď y, et même a ă y car on suppose que a R H. a ă y donc y ne minore pas non plus
H`˚ donc Dx P H ˚ {x ă y. On a donc
`

a ă x ă y ă 2a

Ainsi, y ´ x P s0, ar. Or y ´ x P H car H est un sous-groupe donc y ´ x P H` ˚ et


˚
y ´ x ă a “ inf H` , ce qui est impossible .
b

˝ Ainsi, a P H et H est
ˆ un ˙ sous-groupe de R donc aZ Ă H. Démontrons l’inclusion inverse.
h
Soit h P H, n “ E donc
a
na ď h ă pn ` 1q a

donc h ´ na P r0, ar. Or h ´ na P H :


Ñ Si h ´ na ‰ 0 alors h ´ na P H` ˚ et h ´ na ă a “ inf H ˚ , ce qui est impossible c .
`
Ñ Ainsi h ´ na “ 0 donc h “ na P aZ.
2ème cas : a “ 0 Montrons que H est dense dans R.
Soit x P R et ε ą 0. ε ą´inf¯H`˚ donc ε n’est pas un minorant de H ˚ , donc Dh P H ˚ {h ă ε.
` `
x
Soit maintenant n “ E , donc
h

nh ď x ă pn ` 1q h ô 0 ď x ´ nh ă h

donc |x ´ nh| ă h ă ε et nh P Zh Ă H puisque h P H. Ainsi, H est dense dans R.

a. Piège !
Si A est non vide et minorée, on a pas forcément inf A P A. Par exemple A “ s0, 1s, inf A “ 0 R A.
b. Aaaaaaargh !
c. Aaaaaaargh !

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Chapitre 7 : Bric-à-brac II 93

7.1.4.3 Corollaires

Corollaire no 1 Montrons que Q est dense dans R.


Q est un sous-groupe de pR, `q donc soit il est de la forme aZ avec a P R˚` , soit il est dense dans
R.
1
Supposons qu’il existe a ą 0{Q “ aZ. Alors 1 P Q “ aZ donc Dm P N tels que 1 “ ma ô a “ .
m
1 1 1 1
Or P Q mais ­R Z car R Z donc Q n’est pas de la forme aZ donc Q est dense dans R.
2m 2m m 2

Corollaire no 2 RzQ est aussi dense dans R.


 Soient„ a, b P R avec a ă b. Montrons que sa, br X pRzQq ‰ ∅. Or Q est dense dans R donc
a b
? , ? X Q ‰ ∅. Montrons que cet ensemble est infini.
2 2  „
a b
Pour cela supposons que ? , ? X Q est fini donc on peut le noter tr1 , r2 , . . . , rn u avec
2 2

a b
? ă r1 ă ¨ ¨ ¨ ă rn ă ?
2 2
 „  „
a a
Or on sait que ? , r1 X Q ‰ ∅ car Q est dense dans R donc on peut trouver r0 P ? , r1 X Q Ă
 „ 2 2
a b
? , ? X Q, ce qui est impossible a . Ainsi, on peut trouver un r P Q˚ tel que
2 2

a b ?
? ă r ă ? ô a ă 2r ă b
2 2
?
De plus, r 2 P RzQ b donc RzQ est dense dans R.

Corollaire no 3 On admet que π R Q. Alors Z ` 2πZ “ tp ` 2πq|p, q P Zu est dense dans R.


Montrons que Z ` 2πZ est un sous-groupe de pR, `q. En effet :
– 0 “ 0 ` 2π0 P Z ` 2πZ
– @m, n P Z, ´m ´ 2πn “ p´mq ` 2π p´nq P Z ` 2πZ
– @m, n, p, q P Z, m ` 2πn ` p ` 2πq “ pm ` nq ` 2π pp ` qq P Z ` 2πZ
Ainsi, Z ` 2πZ est un sous-groupe de pR, `q. Montrons qu’il n’est pas de la forme aZ, a P R.
Supposons qu’il existe a ą 0{Z ` 2πZ “ aZ. On a 1 “ 1 ` 2π0 P Z ` 2πZ “ aZ donc Dm P Z{1 “
1 n n
ma ô a “ . Or 2π “ 0 ` 2π1 P Z ` 2πZ “ aZ donc Dn P Z{2π “ na ô 2π “ ôπ“ P Q, ce
m m 2m
qui est impossible .c

Donc Z ` 2πZ est dense dans R.

Corollaire no 4 cos N est dense dans r´1, 1s, c’est-à-dire @x P r´1, 1s , @ε ą 0, Dn P N{x ´ cos n ă ε.
Soit x P r´1, 1s et ε ą 0, on pose θ “ arccos x P r0, πs. Z ` 2πZ est dense dans R donc

Dp, q P Z{ |θ ´ pp ` 2πqq| ă ε

a. Aaaaaaargh ! ?
? ? r 2
b. En effet, si r 2 P Q, alors 2 “ P Q : Aaaaaaargh !
r
c. Aaaaaaargh !

2011-2012 Cours de mathématiques


94 Rappels, nombre entiers et dénombrement

On note que cos |p| “ cos p “ cos pp ` 2πqq. De plus a pour u, v P R,

|cos u ´ cos v| ď |u ´ v| et |sin u ´ sin v| ď |u ´ v|

Ainsi,

|cos θ ´ cos |p|| “ |cos θ ´ cos pp ` 2πqq|


ď |θ ´ p ´ 2πq|
ă ε

Donc cos N est dense dans r´1, 1s.

7.2 Relations d’équivalence


7.2.1 Généralités
7.2.1.1 Définition
Soit E un ensemble, R une relation binaire sur E. On dit que R est une relation d’équivalence si :
(1) R est réflexive : @x P E, xRx
(2) R est symétrique : @x, y P E, xRy ñ yRx
(3) R est transitive : @x, y, z P E, ppxRyq ^ pyRzqq ñ xRz

7.2.1.2 Exemple principal


E “ Z, soit n P N˚ . On note Rn la relation binaire définie sur Z par @a, b P Z,

aRn b ô n | b ´ a

Remarques @x, y, a, b P Z :
– 1 | x, x | 0 et x | x.
– x | y (dans Z) revient à dire |x| | |y| (dans N).
– Si px, yq ‰ p0, 0q, x | y ñ |x| ă |y|.
– Si x | y et y | z alors x | z
– Si x | a et x | b alors x | au ` bv
Montrons que Rn est une relation d’équivalence sur Z :
(1) Si a P Z, n | 0 “ a ´ a donc aRn a
(2) Soient a, b P Z tels que aRn b. Alors n | b ´ a donc Dm P Z tel que b ´ a “ mn donc a ´ b “ ´mn
donc n | a ´ b, d’où le résultat.
(3) Soient a, b, c P Z tels que aRn b et bRn c. Alors

n|b´a et n|c´bñn|b´a`c´b“c´a

donc aRn c.
a. En effet, soient u, v P R avec u ď v par exemple. Alors
ˇ ˇ ˇż v ˇ
ˇ iv iu ˇ
ˇ ˇ
ˇe ´ e ˇ “ ˇ ieit dtˇ
ˇ ˇ
ż vu ˇ ˇ
ˇ it ˇ
ă ˇie ˇ dt
u
ă |v ´ u|

En prenant les parties réelles et imaginaires on obtient le résultat escompté.

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Chapitre 7 : Bric-à-brac II 95

7.2.2 Propriétés des relations d’équivalence


7.2.2.1 Propriétés générales
Soit R une relation d’équivalence sur E (non-vide).
– Pour x P E, on note clR pxq l’ensemble des éléments y en relation avec x, c’est-à-dire clR pxq “
ty P E|xRyu.
– Soit C P P pEq, C est une classe d’équivalence s’il existe x P E tel que C “ clR pxq.
– Si x P E, clR pxq ‰ ∅ car x P clR pxq. Aucune classe d’équivalence n’est vide.
– Soient C, D deux classes d’équivalence et supposons que C X D ‰ ∅. Soient x, y P E tels que
C “ clR pxq et D “ clR pyq et a P C XD. On a xRa et yRa donc aRy donc xRy donc y P clR pxq.
Si z P D, yRz et on sait que xRy donc xRz donc z P C. Ainsi D Ă C et par symétrie C Ă D
donc D “ C.

On déduit de la remarque précédente que

CXD ‰0ñC “D

Par contraposée,
C ‰D ñCXD “∅

– x P clR pxq si x P E donc x appartient toujours à une classe d’équivalence. On note E{R l’ensemble
des classes d’équivalence. Alors E{R est une partie de P pEq.

Soit Ω une partie de P pEq. Ω est une partition de E si :


(1) @A P Ω, A ‰ ∅
(2) @A, B P Ω, A ‰ B ñ A X B “ ∅
Ť
(3) A“E
APΩ

7.2.2.2 Retour à l’exemple


E “ Z, n P N˚ . L’ensemble E{Rn des classes d’équivalences pour Rn se note Z{nZ. Pour x P Z, on
note x “ clRn pxq.
Pour y P Z,

y P x ô y ” x rns
ô n|y´x
ô Dk P Z{y “ x ` nk
ô y P x ` nZ

Ainsi, x “ x ` nZ “ tx ` kn|k P Zu.

(
Montrons que Z{nZ “ 0, 1, . . . , n ´ 1
(
ñ Il est clair que 0, 1, . . . , n ´ 1 Ă Z{nZ.
ð Soit C P Z{nZ, alors Dx P Z{C “ x. On écrit ensuite a x “ nq ` r avec q P Z et r P rr0, n ´ 1ss.
Ainsi x ´ r “ nq donc ( n | x ´ r donc r P x. Or r P r donc r P x X r ‰ ∅ donc x “ r donc
x P 0, 1, . . . , n ´ 1 .

a. En effectuant la division euclidienne de x par n dans Z.

2011-2012 Cours de mathématiques


96 Rappels, nombre entiers et dénombrement

De plus, les classes 0, 1, ..., n ´ 1 sont deux à deux distinctes. En effet, soit 0 ď k ă l ď n ´ 1 avec
k “ l. Alors l P l “ k donc k ” l rns et n | l ´ k, ce qui est impossible a car 1 ď l ´ k ď n ´ 1.
Z{nZ est donc un ensemble fini et de cardinal n. Pour n “ 2, les classes 0 et 1 désignent les nombres
pairs et impairs et forment bien une partition de Z.

7.2.3 Lois sur Z{nZ


7.2.3.1 Opérations dans Z{nZ
La congruence modulo n est compatible avec les opérations sur Z :

a ” a1 rns et b ” b1 rns ñ a ` b ” a1 ` b1 rns et ab ” a1 b1 rns

Démonstration
– Montrons que n | pa1 ` b1 q ´ pa ` bq. On sait que n | a1 ´ a et n | b1 ´ b donc n | a1 ` b1 ´ a ´ b.
– Montrons que n | a1 b1 ´ ab. On a :

a1 b1 ´ ab “ a1 b1 ` a1 b ´ a1 b ´ ab
` ˘ ` ˘
“ a1 ´ a b ` a1 b1 ´ b

Or n | a1 ´ a et n | b1 ´ b d’où le résultat.

Remarque a ” a1 rns ñ @k P N, ak ” a1k rns

7.2.3.2 Lois de compositions internes de Z{nZ


Définitions longu A, B P Z{nZ. Si a, a1 P A et b, b1 P B, alors a ” a1 rns et b ” b1 rns. Donc
a ` b ” a1 ` b1 rns et ab ” a1 b1 rns.
Ainsi, a ` b “ a1 ` b1 et ab “ a1 b1 . Il est donc cohérent de poser @a P A et @b P B :
– A`B “ a`b
– A 9̂ B “ ab

On définit ainsi deux lois de composition interne sur Z{nZ. Ainsi, par définition, @x, y P Z :
– x`y “ x`y
– x 9̂ y “ xy

(
Propriétés Prenons un exemple pour n “ 4, alors Z{nZ “ 0, 1, 2, 3 . On a donc

` 0 1 2 3 9̂ 0 1 2 3
0 0 1 2 3 0 0 0 0 0
1 1 2 3 0 1 0 1 2 3
2 2 3 0 1 2 0 2 0 2
3 3 0 1 2 3 0 3 2 1

On voit que :
– ` est commutative, associative, admet un neutre (0).
– `9̂ est commutative,
˘ associative, admet un neutre (1) et est distributive par rapport à `.
Ainsi, Z{nZ, `, 9̂ est un anneau commutatif b .

a. Aaaaaaargh !
b. Il est clair que pour x P v0, n ´ 1w, n ´ x est l’opposé de x par rapport à `.

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Chapitre 7 : Bric-à-brac II 97

Quels sont les éléments inversibles par 9̂ ? Soit k P v0, n ´ 1w. Alors :
k est inversible par 9̂ ô DC P Z{nZ{k 9̂ C “ 1
ô Dl P Z{k 9̂ l “ 1
ô Dl P Z{kl ´ 1 “ 0
ô Dl P Z{n | kl ´ 1
ô Dl, m P Z{kl ´ 1 “ mn
ô Dl, m P Z{kl ´ mn “ 1
ô k^n“1
La dernière équivalence est obtenue grâce à la relation(de Bézout a . Notons U l’ensemble des inversibles
de Z{nZ par 9̂ . Alors U “ k|k P v0, n ´ 1w , k ^ n “ 1 .
On remarque que 1 P U. Si a, b P U, alors a´1 P U (car a est bien inversible) et a 9̂ b P U (pour la
même raison appliquée à a 9̂ b).

Démonstration du théorème de Fermat On remarque que si x, y P Z, alors x ” y rns ô y P


x ô y “ x.
Soit n P N˚ ,a P Z tel que a ^ n “ 1 et g “ a P G “ U pZ{nZq b . Soit
σ : G ÝÑ G
z ÞÝÑ g 9̂ z
Alors σ est bien définie car G est stable par 9̂ . Notons g´1 l’inverse de g par 9̂ et soit
τ : G ÝÑ G
z ÞÝÑ g´1 9̂ z
Pour z P G,
` ˘
σ˝τ “ g 9̂ g´1 9̂ z
“ 1 9̂ z
“ z
De plus,
` ˘
τ ˝ σ “ g´1 9̂ g 9̂ z
“ z
Donc σ et τ sont deux bijections réciproques l’une de l’autre. Notons ( G “ tz1 , z2 , . . . , zN u et N “ ϕ pnq.
On a aussi puisque σ est bijective, G “ g 9̂ z1 , g 9̂ z2 , . . . , g 9̂ zN .
ś
N
Soit P “ zk P G. 9̂ est commutative donc
k“1

ź
N
P “ g 9̂ z
k“1
źN ź
N
“ g 9̂ zk
k“1 k“1
źN
“ g 9̂ P
k“1
N 9̂
“ g P
a. Définissons la fonction indicatrice d’Euler.
Pour n P N˚ , ϕ pnq “ Card tk P v0, n ´ 1w |k ^ n “ 1u. On a alors ϕ p1q “ 1, ϕ p2q “ 1, ϕ p3q “ 2,...
Si p est un nombre premier alors ϕ ppq “ p ´ 1.
b. Ensemble des éléments de Z{nZ inversibles par 9̂ .

2011-2012 Cours de mathématiques


98 Rappels, nombre entiers et dénombrement

D’où :

1 “ P ´1 9̂ P
“ gN 9̂ P 9̂ P ´1
“ gN
“ aN
“ aN

Donc aN ” 1 rns. Si a ^ n “ 1, alors aϕpnq ” 1 rns. En particulier, si p est un nombre premier alors,
pour tout a P Z tel que p ne divise pas a a , ap´1 ” 1 rps. D’où ap ” 0 rps, relation valable même si
p | a.

7.3 Entiers naturels


7.3.1 Construction de N grâce aux axiomes de Péano
7.3.1.1 Axiomes de Péano
Il existe un ensemble non vide noté N, muni d’une relation d’ordre totale ď vérifiant :
(1) Toute partie non vide de N admet un plus petit élément (ou minimum).
(2) Toute partie non vide majorée de N admet un maximum.
(3) N n’est pas majoré.

On notera 0 le plus petit élément de N et N˚ “ Nz t0u. N˚ n’est pas vide car sinon N serait majorée
par 0.

7.3.1.2 Successeur, prédécesseur


– Soit m P N. N n’étant pas majorée, alors A “ tx P N|x ą mu ‰ ∅. On note s “ min A le successeur
de m. On a donc m ă s pmq et @n P N, n ą m ñ n ě s pmq.
– Soit m P N˚ . Alors B “ tx P N|x ă mu ‰ ∅ et admet un maximum. On note p “ max A le
prédécesseur de m. On a donc m ą p pmq et @n P N, n ă m ñ n ď p pmq.

On note 1 “ s p0q, 2 “ s p1q,..., 9 “ s p8q.

Remarque
– Pour m P N, s pmq P N˚ et p ps pmqq “ m.
En effet, m ă s pmq donc m ď p ps pmqq. Si m ă p ps pmqq, alors p ps pmqq ě s pmq, ce qui n’est
pas possible b .
– De même, pour n P N˚ , p pmq P N et s pp pmqq “ m.
Ainsi s : N ÝÑ N˚ et p : N˚ ÝÑ N donc p ˝ s “ IdN et s ˝ p “ IdN˚ . p et s sont des bijections
réciproques l’une de l’autre.

7.3.1.3 Principe de récurrence


Soit P un prédicat sur N. On suppose que :
– P p0q est vrai.
– @n P N, P pnq vrai ñ P ps pnqq vrai.
Alors, @n P N, P pnq est vraie.

a. C’est à dire a ı 0 rps


b. Aaaaaaargh !

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Chapitre 7 : Bric-à-brac II 99

Démonstration Supposons que A “ tn P N|P pnq est fauxu ‰ ∅. Alors on peut considérer a “
min A. Or 0 R A donc 0 ă a et p paq ă a donc p paq R A donc P pp paqq est vrai donc P ps pp paqqq “ P paq
est vrai, ce qui est impossible a .

7.3.1.4 Opérations
Addition
On définit une addition ` par récurrence en posant :
(1) @n P N, n ` 0 “ n
(2) @n, m P N, n ` s pmq “ s pm ` nq

Ainsi,

2 ` 1 “ 2 ` s p0q
“ s p0 ` 2q
“ s p2q
“ 3

On vérifie que ` est :


– commutative, associative, admet 0 comme neutre.
– @n P N, s pnq “ n ` 1.
– ` est compatible avec l’ordre : @a, b P N, a ď b ñ a ` c ď b ` c.
Pour tous entiers naturels a et b, si a ď b alors il existe un unique entier naturel c tel que a ` c “ b. c
se note b ´ a. On vérifie alors que @n P N, p pnq “ n ´ 1.

Multiplication

On définit une multiplication ˆ par récurrence en posant :


(1) @n P N, n ˆ 0 “ 0.
(2) @n, m P N, n ˆ s pmq “ n ˆ m ` n.

On a @ P N, n ˆ 1 “ n ˆ s p0q “ n ˆ 0 ` n “ n. On vérifie que :


– ˆ est commutative, associative, admet 1 comme neutre.
– ˆ est compatible avec l’ordre : @a, b, c P N, a ď b ñ a ˆ c ď b ˆ c.

7.3.1.5 Reformulation du principe de récurrence


Récurrence simple Soit P un prédicat sur N. On suppose que :
(1) P p0q est vrai.
(2) @n P N, pP pnq ñ P pn ` 1qq.
Alors, @n P N, P pnq est vrai.

Récurrence simple à partir de l’entier n0 Soit b P un prédicat sur N, n0 P N. On suppose que :


(1) P pn0 q est vrai.
(2) @n P N, pP pnq ñ P pn ` 1qq.
Alors, @n ě n0 , P pnq est vrai.
La démonstration se fait en appliquant une récurrence simple à Q pnq “ P pn ` n0 q.
a. Aaaaaaargh !
b. Résultat aussi appelée théorème de Nigel, ou théorème d’Aménofis.

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100 Rappels, nombre entiers et dénombrement

Récurrence double Soit P un prédicat sur N. On suppose que :


(1) P p0q et P p1q est vrai.
(2) @n P N, pP pnq et P pn ` 1q ñ P pn ` 2qq.
Alors, @n P N, P pnq est vrai.
La démonstration se fait en appliquant une récurrence simple à Q pnq “ P pnq et P pn ` 1q.

Récurrence forte Soit P un prédicat sur N. On suppose que :


(1) P p0q est vrai.
(2) @n P N, p@k P v0, nw , P pkq ñ P pn ` 1qq.
Alors, @n P N, P pnq est vrai.
La démonstration se fait en appliquant une récurrence simple à Q pnq “ @k P v0, nw , P pkq.

Exemple Tout entier relatif n ě 2 s’écrit comme un produit de nombres premiers a .


Soit Hn : « n est le produit de nombres premiers ».
– H2 est vrai car 2 est premier.
– Soit n P N, n ě 2. Supposons que @k P v2, nw, Hk est vrai et prouvons que Hn`1 est vrai.
˝ Si n ` 1 est premier, alors Hn`1 est vrai.
˝ Si n ` 1 n’est pas premier, n ` 1 possède un diviseur non-trivial u P v2, nw donc n ` 1 “ uv
avec v P v2, nw. Or Hu et Hv sont vrais donc u et v s’écrivent comme un produit de nombres
premiers donc n ` 1 aussi donc Hn`1 est vrai.

7.3.2 Division euclidienne


7.3.2.1 Généralités

Soit a P N, b P N˚ . Alors il existe un unique couple pq, rq P N2 appelé division euclidienne de a par b
tel que :
(1) a “ bq ` r
(2) r ă b

Démonstration Soit A “ tk P N|kb ď au.


– Supposons que pq, rq existe et vérifie 1. et 2. Alors a “ bq ` r ě bq donc q P A. Si l ą q, alors
bl ě b pq ` 1q “ bq ` b ě bq ` r “ a donc l R A. Ainsi, pour l P N, l P A ñ l ă q donc
nécessairement q “ max A donc r “ a ´ bq.
– A est non vide car 0 P A. A est majorée par a b donc on peut considérer q “ max A donc bq ď a.
Soit r “ a ´ bq donc a “ bq ` r et r ă b c .

Vocabulaire
– Si pq, rq est la division euclidienne de a par b dans N :
˝ q est le quotient de la division euclidienne de a par b.
˝ r est le reste de la division euclidienne de a par b.
– b | a ô r “ 0. En effet :
a. On rappelle que :
– p P N est premier si p ě 2 et si les deux seuls diviseurs de p dans N sont 1 et p.
– b | a dans N signifie qu’il existe un entier naturel c tel que a “ bc.
– @a P N, a | a, 1 | a et a | 0.
– @a, b P N, b | a ñ b P v1, aw

b. En effet si k ě a ` 1 alors kb ě ab ` b ě a or b ě 1 donc k R A donc k P A ñ k ă a ` 1 donc a majore A.


c. En effet si r ě b, r “ b ` l avec l P N d’où a “ b pq ` 1q ` l donc b pq ` 1q ď a donc q ` 1 P A, ce qui n’est pas
possible car q est le maximum de A. Aaaaaargh !

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Chapitre 7 : Bric-à-brac II 101

ð Évident a !
ñ Si b | a, a “ bc “ bc ` 0 et 0 ă b donc pc, 0q est la division euclidienne de a par b et r “ 0.

7.3.2.2 Applications

Division euclidienne dans Z

Soient a P Z et b P Z˚ . Alors il existe un unique couple d’entiers naturels pq, rq tel que :
(1) a “ bq ` r
(2) 0 ď r ă |b|

Démonstration
Unicité Soient pq1 , r1 q et pq2 , r2 q dans Z2 deux couples vérifiant les deux conditions énoncées ci-dessus.
Alors,

bq1 ` r1 “ bq2 ` r2 ô r1 ´ r2 “ b pq2 ´ q1 q


ô |r1 ´ r2 | “ |b| |q2 ´ q1 |

Donc |r2 ´ r1 | P v0, |b| ´ 1w. Si q1 ‰ q2 , alors |b| |q1 ´ q2 | ą |b|, ce qui est impossible b . Donc
q1 “ q2 puis r1 “ r2 .
Existence Soit pq 1 , r 1 q la division euclidienne de |a| par |b| dans N. Alors |a| “ q 1 |b| ` r 1 avec r 1 P
v0, |b| ´ 1w. On écrit |a| “ αa où α P t˘1u et |b| “ βb où β P t˘1u, donc

αa “ q 1 βb ` r 1 ô a “ αβbq 1 ` αr 1 car α2 “ 1

– Si α “ 1, q “ βq 1 et r “ r 1 .
– Si α “ ´1, a “ ´βq 1 b ´ r 1 :
˝ Si r 1 “ 0, on prend q “ ´βq 1 et r “ 0.
˝ Si r 1 P v1, |b| ´ 1w, a “ p´β 1 q ´ 1q b` b´ r 1 car b´ r P v0, |b| ´ 1w donc on prend q “ ´βq 1 ´ 1
et r “ b ´ r 1 .

Petite histoire : écriture en base b Pour la suite, b P N et b ě 2, on appellera b la base d’écriture.


Soit a P N. On définit deux suites d’entiers pqk q et prk q avec k ě 0 par récurrence en posant :
(1) pq0 , r0 q est la division euclidienne de a par b.
(2) Pour k P N, pqk`1 , rk`1 q est la division euclidienne de qk par b.
On a :

a “ bq0 ` r0
“ b2 q1 ` br1 ` r0
“ b3 q2 ` b2 r2 ` br1 ` r0
“ b4 q3 ` b3 r 3 ` b2 r2 ` br1 ` r0

ÿ
n
On pose Pn : « a “ bn`1 qn ` rl bl »
l“0
– P est vrai pour n “ t0, 1, 2u.

a. Obvious !
b. Aaaaaaargh !

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102 Rappels, nombre entiers et dénombrement

– Supposons que Pn est vrai pour k P N. On a alors :


ÿ
n
a “ bn`1 qn ` r l bl
l“0
ÿ
n
n`1
“ b pbqn`1 ` rn`1 q ` rl bl
l“0
ÿ
n`1
“ bn`2 qn`1 ` rl bl
l“0

Lemme Il n’existe pas de suite d’entiers naturels strictement décroissante.


En effet, si ppn qnPN est une telle suite, A “ tpn |n P Nu est une partie non vide de N qui n’admet
pas de minimum, ce qui est impossible a .

Revenons au problème principal et supposons que @n P N, qn ‰ 0. Alors pour n P N, qn “


bqn`1 ` rn`1 avec 0 ď rn`1 ă b donc

qn ě bqn`1 ě 2qn`1 ą qn`1 car qn`1 ‰ 0

Donc pqn q est une suite d’entiers naturels strictement décroissante, ce qui est impossible b .
Ainsi, Dl P N tel que qj “ 0. Soit alors m “ min tj P N|qj “ 0u donc qm “ 0. La division euclidienne
de 0 par b est p0, 0q donc qm`1 “ 0 “ rm`1 puis, par récurrence, @l ą m, ql “ rl “ 0.

Remarque Si a ‰ 0, rm ‰ 0.
En effet :
– Si m “ 0, q0 “ 0 et r0 “ a ‰ 0.
– Si m ě 1, qm´1 “ bqm ` rm “ rm et qm´1 ‰ 0 par hypothèse.
On a donc :
ÿ
m ÿ
m
m`1 l
a “ blooomooon
qm ` b rl “ bl r l
0 l“0 l“0

Bilan (provisoire) Si a P N˚ , Dm P N et une liste pr0 , . . . , rm q d’entiers compris entre 0 et b ´ 1


alors :
(1) rm ě 1
ř
m
(2) a “ rl bl
l“0

Supposons qu’il existe n P N et ps0 , . . . , sn q une liste d’entiers naturels appartenant à v0, b ´ 1w tels
řn
que sn ě 1 et a “ s k bk .
k“0
– Supposons que n ą m. Alors
#
ÿ
n ÿ
n
rl1 “ rl si l ď m ÿ
m
a“ s l bl “ rl1 bl avec “ r l bl
l“0 l“0 rl1 “ 0 si l ą m l“0

Ainsi,
ÿ`
n´1 ˘
s n bn “ rl1 ´ sl bl
l“0

a. En effet, @n P N, pn`1 ă pn or toute partie non vide de N admet un plus petit élément donc aaaaaaargh !
b. Aaaaaaargh !

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Chapitre 7 : Bric-à-brac II 103

On a sn bn ě bn et
ˇ ˇ
ˇn´1 ˘ l ˇˇ
ˇÿ ` 1 ÿˇ
n´1 ˇ
ˇ rl ´ sl b ˇ ď ˇr 1 ´ sl ˇbl
ˇ ˇ looomooon
l
l“0 l“0
ďb´1
ÿ
n´1
ď pb ´ 1q bl
l“0
1
bn ´
ď pb ´ 1q car b ‰ 1
b´1
ď bn

Ce qui est impossible a car ceci reviendrait à dire que sn bn ď bn .


– De même, on ne peut pas avoir m ă n donc m “ n.
Montrons maintenant que @k P v0, nw, rk “ sk .
Supposons qu’il existe au moins un k P v0, nw tel que rk ‰ sk , alors on peut considérer

j “ min tp P v0, nw |rp ‰ sp u

Alors
ÿ
m
prl ´ sl q bl “ 0
l“0
j´1
ÿ
“ prj ´ sj q bj ` prl ´ sl q bl
looooooomooooooon
l“0
0

D’où : ˇ ˇ
ˇj´1 ˇ
j ˇÿ lˇ
|r ´ s |
looooomooooon
j j b “ ˇ pr l ´ s l q b ˇ
ˇ ˇ
ěbj loooooooomoooooooon
l“0

ăbj

Ce qui est impossible b .

Conclusion Si a P N˚ et b P N, n ě 2, alors il existe un unique entier naturel n et une unique


liste pr0 , . . . , rn q d’entiers compris entre 0 et b ´ 1 tels que rn ě 1 et
ÿ
n
a“ r k bk
k“0

On note alors a “ rm ¨ ¨ ¨ r0 b , et pr0 , . . . , rn q est la liste de chiffres de a en base b.


Pour écrire a sans ambiguïté il faut disposer d’un symbole par chiffre disponible, soit b symboles.
Si b ď 10 on prendra les symboles usuels (0, 1, etc). Si b ą 10 il faut ajouter d’autres symboles pour
représenter les autres entiers de rr10, b ´ 1ss.
En base hexadécimale, A “ 10, B “ 11, C “ 12, . . ., F “ 14.
Je note ici un programme Maple qui donne l’écriture en base b d’un nombre a :
base := proc (a::posint, b::posint)
local q, r, i, q0, k, S;
if 1 < b then
q := iquo(a, b);
a. Aaaaaaargh !
b. Aaaaaaargh !

2011-2012 Cours de mathématiques


104 Rappels, nombre entiers et dénombrement

array(0 .. 1000, []);


r[0] := irem(a, b);
i := 1;
while q <> 0 do
q0 := q;
q := iquo(q, b);
r[i] := irem(q0, b);
i := i+1;
end do;
if b <= 10 then
S := sum(10^k*r[k], k = 0 .. i-1);
print(S[b]);
else for k from 0 to i-1 do
print(r[k]);
end do;
print("Le chiffre du bas du résultat correspond au chiffre le plus à gauche dans
une écriture plus conventionnelle, les chiffres supérieurs ou égaux à 10 sont
remplacés par des symboles ordinairement : pour une base hexadécimale,
A=10,etc");
end if;
else
print("La base doit être supérieure ou égale à 2 !");
end if;
end proc;

7.3.3 Plus Grand Commun Diviseur et éléments d’arithmétique


7.3.3.1 PGCD
Définitions
– Pour n P N, on note D pnq l’ensemble des diviseurs de n dans N. Si n ‰ 0, alors D pnq Ă v1, nw.
– Soient a, b P N tels que pa, bq ‰ p0, 0q. Alors l’ensemble D paqXD pbq est une partie de N non vide (1 | a
et 1 | b) et majorée (par max pa, bq). On appelle PGCD pa, bq ou a ^ b l’entier max pD paq X D pbqq.
– On dit que a et b sont premiers entre eux si a ^ b “ 1. Ceci signifie que D paq X D pbq “ t1u,
c’est-à-dire que 1 est le seul diviseur commun à a et à b.

Propriétés
– Soit a, b P N˚ . Alors a | b ô PGCD pa, bq “ a. En effet :
ñ On a D paq Ă D pbq donc D paq X D pbq “ D paq et max pD paqq “ a.
ð On sait que a ^ b P D pbq donc a ^ b | b.
– Soit p un nombre premier et a P N˚ . Alors

p|a ou p^a “ 1

Ces deux possibilités s’excluent mutuellement.


– On p et q sont deux nombres premiers distincts, alors p ^ q “ 1.

Algorithme d’Euclide

Soit b P N˚ et q, r P N tels que a “ bq ` r. Alors a ^ b “ b ^ r.

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Chapitre 7 : Bric-à-brac II 105

En effet, D paq X D pbq “ D pbq X D prq :


– Si k | a et k | b, alors k | b et k | a ´ bq “ r.
– Si k | b et k | r, alors k | b et k | bq ` r “ a.

Application On dispose de l’algorithme d’Euclide pour déterminer le PGCD de deux entiers


non nuls.
Soient a, b P N˚ . On considère le processus suivant :

a “ bq0 ` r0 0 ă r0 ă b
b “ q1 r0 ` r1 0 ă r1 ă r0
r0 “ q2 r1 ` r2 0 ă r2 ă r1
..
.
rk´1 “ qk`1 rk ` rk`1 0 ă rk`1 ă rk
..
.
rN ´1 “ qN `1 rN ` 0 0 ă rN ă rN ´1

On finit par parvenir à 0. Sinon la suite d’entiers des restes prk qkPN serait strictement décroissante et
infinie, ce qui est impossible a . Le processus se termine donc nécessairement.
On a alors :
a ^ b “ b ^ r0 “ r0 ^ r1 “ ¨ ¨ ¨ “ rN ´1 ^ rN “ rN ^ 0 “ rN
a ^ b est ainsi le dernier reste non nul dans la suite des opérations de l’algorithme d’Euclide.

7.3.3.2 Éléments d’arithmétique


Théorème de Bézout Considérons la suite des opérations de l’algorithme d’Euclide appliquée à
a et à b :
a “ bq0 ` r0 0 ă r0 ă b
b “ q1 r0 ` r1 0 ă r1 ă r0
r0 “ q2 r1 ` r2 0 ă r2 ă r1
..
.
rk´1 “ qk`1 rk ` rk`1 0 ă rk`1 ă rk
..
.
rN ´1 “ qN `1 rN ` 0 0 ă rN ă rN ´1
Démontrons par récurrence que @k P v´1, N ´ 1w,

rk “ auk ` bvk

– Notons r´1 “ b, u´1 “ 0 et v´1 “ 1. Ainsi

r´1 “ u´1 a ` v´1 b

De même, posons u0 “ 1 et v0 “ ´q0 alors

r0 “ u0 a ` v0 b

– Soit k P v0, N ´ 1w. Supposons avoir trouvé les relatifs uk´1 , vk´1 , uk et vk tels que que rk´1 “
auk´1 ` bvk´1 et rk “ uk a ` vk b. On a d’après l’algorithme d’Euclide :

rk´1 “ qk`1 rk ` rk`1 ô uk´1 a ` vk´1 b “ qk`1 puk a ` vk bq ` rk`0


ô rk`1 “ apu k´1 ´ qk`1 uk q ` bpv
looooooooomooooooooon k´1 ´ qk`1 vk q
loooooooomoooooooon
PZ PZ

a. Aaaaaaargh !

2011-2012 Cours de mathématiques


106 Rappels, nombre entiers et dénombrement

– Ainsi, @k P v´1, N w, Duk , vk P Z tels que

rk “ auk ` bvk

En particulier pour k “ N , rN “ a ^ b.

On en déduit un énoncé du théorème de Bézout : soient a, b P N˚ , alors il existe un couple de relatifs


pu, vq tel que
a ^ b “ au ` bv

Corollaire L’ensd un diviseur commun à a et à b. Alors d ď a ^ b et même d | a ^ b.


En effet, soient u, v P Z tels que a ^ b “ au ` bv. d | b et d | a dans N donc dans Z donc
d | au ` bv “ a ^ b dans Z. Or d, a ^ b P N˚ donc d | a ^ b dans N.

Théorème de Bézout : le retour

Soient a, b P N tels que pa, bq ‰ p0, 0q. Alors

a ^ b “ 1 ô Du, v P Z{au ` bv “ 1

Démonstration
ñ Déjà fait a (application directe du précédent énoncé de ce même théorème).
ð Soit d est un diviseur de a et b dans N. Alors d | au ` bv donc d P t˘1u or d P N donc d “ 1 donc

max pD paq X D pbqq “ 1

Théorème de Carl Friedrich Gauss

Soient a, b P N. On suppose a ^ b “ 1 et a | bc. Alors a | c.

Démonstration a ^ b “ 1 donc Du, v P Z{au ` bv “ 1. Donc c “ acu ` bcv or a | acu et a | bc


donc a | bcv donc a | c.

Application Soit p un nombre premier, a, b P N˚ . Alors

p | ab ô p | a ou p|b

En effet :
ñ Évident b !
ð Si p ∤ a, alors p ^ a “ 1 car p est premier d’où p | b d’après le théorème de c Gauss.
Plus globalement, si p | a1 a2 ¨ ¨ ¨ an , alors p divise au moins l’un des ai .

Variante du théorème de Gauss Soient a, b P N˚ . Alors

pa ^ b “ 1 et a ^ c “ 1q ô a ^ pbcq “ 1
a. Ou, pour rester fidèle à ce cher M. Sellès, « djafé ! »
b. « Obvious ! »
c. Carl Friedrich !

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Chapitre 7 : Bric-à-brac II 107

Démonstration
ð Évident a ! Si d | a et d | b alors d | a et d | bc donc d | a ^ pbcq “ 1 donc a ^ b “ 1. De même,
a ^ c “ 1.
ñ Il existe u, v, s, t P Z tels que au ` bv “ 1 et as ` ct “ 1. Or :
1 “ 1¨1
“ pau ` bvq pas ` ctq
“ apuas ` utc ` bvsq ` blooctv
loooooooooomoooooooooon moon
PZ PZ

Donc a ^ pbcq “ 1.
ˆ ˙
ś
n
Généralisation Si a ^ b1 “ a ^ b2 “ ¨ ¨ ¨ “ a ^ bn , alors a ^ bk “ 1.
k“1

Corollaire Supposons que a ^ b “ 1. Alors @β P N, a ^ bβ “ 1. De plus, @β, α P N, aα ^ bβ “ 1.

Petite histoire sur l’unicité de l’écriture en produit de facteurs premiers d’un entier
naturel Soient r, s P N˚ Formp1 , p2 , . . . , pr et q1 , q2 , . . . , qs des nombres premiers. Supposons que :
źr ź s
pk “ qi
k“1 i“1
ś
s
Alors p1 | qi donc p1 divise au moins l’un des qi .
i“1
Supposons, (quitte à renuméroter les qi ) que p1 | q1 . Or q1 est premier donc p1 P t1, q1 u or p1 est
premier donc p1 “ q1 . Il reste alors
źr źs
pk “ qi
k“2 i“2
En réitérant ceci (récurrence), on prouve que r “ s et, aux permutations près, qi “ pi , c’est-à-dire
qu’il existe une application σ : v1, rw ÝÑ v1, sw bijective telle que @1 ď i ď r, pi “ qσpiq .

Théorème Tout entier naturel n ě 2 s’écrit


ź
r
n“ pk
k“1
avec r P N˚ et p1 , p2 , . . . , pr des nombres premiers.
Cette écriture est unique à l’ordre près des termes du produit.

7.4 Ensembles finis


7.4.1 Définitions, faits de base
7.4.1.1 Définitions

Soit E un ensemble. E est fini s’il existe un n P N et une bijection de E dans v1, nw “ tk P N|1 ď k ď nu.
Avec cette définition, si E “ ∅, E est en bijection avec lui même : ∅ “ v1, 0w.
Si n P N˚ , ∅ n’est pas en bijection avec v1, nw ‰ ∅ a donc n “ 0 est l’unique entier naturel tel que ∅
est en bijection avec v1, nw.
a. C’est à dire qu’il n’existe aucune application bijective de rr1, nss dans ∅.

a. « Obvious ! »

2011-2012 Cours de mathématiques


108 Rappels, nombre entiers et dénombrement

Lemme Soit n, p P N˚ . Alors :


(1) Il existe une injection de v1, nw dans v1, pw si et seulement si n ď p.
(2) Il existe une surjection de v1, nw dans v1, pw si et seulement si n ě p.
(3) Il existe une bijection de v1, nw dans v1, pw si et seulement si n “ p.

Démonstration
(1) ð Évident a ! v1, nw ÝÑ v1, pw fait l’affaire b So
x ÞÝÑ x
ñ Soit Hn : « Pour p P N˚ , s’il existe une injection de v1, nw dans v1, pw, alors n ď p ».
– H1 est trivial.
– Soit n P N˚ . Supposons, que Hn , st vrai et prouvons Hn`1 . Soit p P N˚ , supposons qu’il
existe f : v1, n ` 1w ÝÑ v1, pw injective et montrons que n ` 1 ď p.
˝ Supposons que f pn ` 1q “ p. On a @k P v1, nw, f pkq ‰ f pn ` 1q “ p donc f pkq P
v1, p ´ 1w, ce qui implique que p ´ 1 ě 1. Posons g : v1, nw ÝÑ v1, p ´ 1w . g est
k ÞÝÑ f pkq
injective car f est injective donc n ď p ´ 1 ô n ` 1 ď p.
˝ Supposons que l “ f pn ` 1q ‰ p. Soit

τ : v1, pw ÝÑ v1, pw
l ÞÝÑ p
p ÞÝÑ l
x R tl, pu ÞÝÑ x

Alors τ est bijective donc τ ˝ τ “ Idrr1,pss c . Alors f˜ “ τ ˝ f est injective de v1, nw


dans v1, pw par composition d’applications injectives et f˜ pn ` 1q “ τ plq “ p. On est là
ramené au premier cas.

7.4.1.2 Théorème et définition

Soit E un ensemble fini. Alors il existe n P N tel que E est en bijection avec v1, nw. n s’appelle le
cardinal de E et se note CardE ou |E| ou #E.

Démonstration Si E “ ∅ , on a vu que 0 est l’unique n P N tel que E est en bijection avec v1, nw
donc Card∅ “ 0 d .
Supposons que E ‰ ∅, alors E n’est pas en bijection avec ∅ “ v1, 0w. Soit n, p P N˚ tels que E est
en bijection avec v1, nw et v1, pw et soit f : v1, nw ÝÑ E bijective et g : v1, pw ÝÑ E bijective. Alors
g´1 ˝ f est bijective et va bien de v1, nw dans v1, pw donc n “ p.

Application Soient p, q P N tels que p ď q. Alors v1, q ´ p ` 1w ÝÑ vp, qw est une bijection donc
x ÞÝÑ p ´ x ` 1
vp, qw est fini donc Card vp, qw “ q ´ p ` 1.
e

a. « Obvious ! »
b. « does the job ! »
c. « Une petite dédicace à nos amis les canadiens... Évidemment si on sait pas que Toronto c’est au Canada... »
d. « Ouf ! »
e. Je n’oserai pas reporter ici le jeu de mot douteux de M. Sellès portant sur ces derniers mots.

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Chapitre 7 : Bric-à-brac II 109

Proposition

Soit E un ensemble fini et X un ensemble. Si X est en bijection avec E, alors X est fini et CardX “
CardE.

Démonstration Soit f : E ÝÑ X bijective et ϕ : v1, nw ÝÑ E une bijection avec n “ CardE.


Alors f ˝ ϕ est une bijection de v1, nw dans X.

Exemple Soit n P N˚ . v0, n ´ 1w ÝÑ Z{nZ est bijective donc Z{nZ est fini et CardZ{nZ “ Card v0, n ´ 1w “
n.

Propriétés Soient E, F deux ensembles finis non vides :


(1) S’il existe une injection de E dans F , alors CardE ď CardF .
(2) S’il existe une surjection de E dans F , alors CardE ě CardF .

Démonstration
(1) Soit n “ CardE, p “ CardF , ϕ : v1, nw ÝÑ E bijective et ψ : v1, pw bijective. Si f : E ÝÑ F est
injective, alors ψ ´1 ˝ f ˝ ϕ est injective dans v1, nw dans v1, pw donc n ď p.

7.4.1.3 Principe des tiroirs

Si CardE ě CardF , il n’existe pas d’applications injective de E dans F . Ainsi si f : E ÝÑ F , f ne


peut être injective donc Da ‰ b{f paq “ f pbq.

Ceci est connu sous le nom de principe des tiroirs a .

Applications
– Soit N P N˚ . Montrons qu’il existe un multiple de N dont l’écriture décimale ne comporte que
des 0 et des 1. Considérons les entiers 0, 1, 11, 111, . . . , 111 ¨ ¨ ¨ 111 distincts. L’application
looooomooooon
N

t0, 1, 11, 111, . . . , 111 ¨ ¨ ¨ 111u ÝÑ Z{N Z


x ÞÝÑ x

ne peut pas être injective car Card t0, 1, 11, 111, . . . , 111 ¨ ¨ ¨ 111u “ N ` 1 ą N “ CardZ{N Z donc

D0 ď k ă l ď N {xk “ xl ô N | xk ´ xl
1o¨mo
ô N | lo ¨ ¨o1n ´ lo
1o¨mo
¨ ¨o1n
l k
1o¨mo
ô N | lo 0o¨mo
¨ ¨o1nlo ¨ ¨o0n
l k

– Soit n P N˚ et 1 ď a1 ă a2 ă ¨ ¨ ¨ ă an ď 2n avec ai P N. Alors Di ă j tel que ai | aj .


En effet, pour 1 ď k ď n ` 1, ak “ 2αk mk avec mk impair et mk P v1, 2nw. Or

p2N ` 1q X v1, 2nw “ t1, 3, 5, . . . , 2n ´ 1u

donc Card p2N ` 1q X v1, 2nw “ n. D’après le principe des tiroirs, Dk ă l{mk “ ml “ m donc
ak “ 2αk m et al “ 2αl m or αk ă αl car ak ă al donc ak | al .
a. « Si on range n paires de chaussettes dans p tiroirs avec n ą p, deux paires vont se retrouver dans le même tiroir.
Quand même j’ai réussi à caser le mot chaussette dans mon cours.... »

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110 Rappels, nombre entiers et dénombrement

Théorème

Soit E un ensemble fini non vide et F Ă E. Alors F est fini et CardF ď CardE. De plus, F “ E ô
CardF “ CardE a .
a. Ce théorème évite de montrer une inclusion inverse, par exemple.

Démonstration Soit Hn : « Si E est fini et de cardinal n et si F Ă E, alors F est fini et


CardF ď CardE. De plus, CardF “ CardE ô E “ F ».
– H0 est trivial : ∅ est l’unique ensemble fini de cardinal 0.
– Soit n P N, E un ensemble fini de cardinal n ` 1 et F Ă E.
˝ Si F “ E, alors F est bien de cardinal n ` 1.
˝ Si F ‰ E, alors Da P E{a R F donc F Ă Ez tau. Si l’on admet que Ez tau est fini et de cardinal
n, d’après l’hypothèse de récurrence, F est fini et de cardinal CardF ď n ă CardE.

Lemme Soit E un ensemble fini non vide et a P E. Alors Ez tau est fini et CardEz tau “ CardE ´ 1.

Démonstration Soit n “ CardE et ϕ : v1, nw ÝÑ E bijective.


– Si ϕ pnq “ a , @k P v1, n ´ 1w, ϕ pkq P Ez tau. Alors ϕ̃ : v1, n ´ 1w ÝÑ E est bijective donc
k ÞÝÑ ϕ pkq
Ez tau est fini et de cardinal n ´ 1.
– Si ϕ pnq ‰ a, soit k “ ϕ´1 paq P v1, n ´ 1w et

τ : v1, nw ÝÑ v1, nw
k ÞÝÑ n
n ÞÝÑ k
l R tk, nu ÞÝÑ l

est bijective car τ ˝ τ “ Idv1,nw . Alors ϕ ˝ τ : v1, nw ÝÑ E est bijective et ϕ ˝ τ pnq “ ϕ pkq “ a.
On est donc ramené au cas précédent.

Propositions Soit E un ensemble fini et X un ensemble.


(1) S’il existe une injection de X dans E, X est fini de cardinal plus petit que CardE.
(2) S’il existe une surjection de E dans X, X est fini de cardinal plus petit que CardE.

Démonstration
(1) Soit f : X ÝÑ E injective et F “ f pXq. Alors f˜ : X ÝÑ f pXq est bijective. Or F est fini
t ÞÝÑ f ptq
donc X est fini et CardX “ Cardf pXq ď CardE.

7.4.2 Cardinaux classiques


7.4.2.1 Réunion

Soit E et F deux ensembles finis tels que E X F “ ∅. Alors

Card pE Y F q “ CardE ` CardF

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Chapitre 7 : Bric-à-brac II 111

Démonstration Si E “ ∅ ou F “ ∅, c’est trivial. Supposons que pE, F q ‰ p∅, ∅q, soit n “


CardE, p “ CardF , ϕ : v1, nw ÝÑ E bijective et ψ : v1, pw ÝÑ F bijective. Alors :
f : v1, n `#pw ÝÑ E Y F
ϕ pkq si 1 ď k ď n
k ÞÝÑ
ψ pk ´ nq si n ` 1 ď k ď n ` p
– f est bien définie.
– f est surjective : soit x P E Y F .
˝ Si x P E, Dk P v1, nw {x “ ϕ pkq “ f pkq.
˝ Si x P F , Dl P v1, pw {x “ ψ plq “ f pn ` lq.
– f est injective : soient k, l P v1, n ` pw avec k ă l. Montrons que f pkq ‰ f plq.
˝ Si 1 ď k ă l ď n, on a f pkq “ ϕ pkq ‰ ϕ plq “ f plq car ϕ est injective.
˝ Si n ` 1 ď k ă l ď n, f pkq “ ψ pk ´ nq ‰ ψ pl ` nq “ f plq car ψ est injective.
˝ Si k ă n ă l, on ne peut pas avoir ϕ pkq “ ψ plq car ϕ pkq P E et ψ plq P F et E X F “ ∅.

Corollaires
Ť
n
(1) Soit n P N˚ et E1 , E2 , . . . , En des ensembles finis tels que Ei X Ej “ ∅ pour i ‰ j. Alors Ei
i“1
est fini et
ď
n ÿ
n
Card Ei “ CardEi
i“1 i“i
(2) Soit E un ensemble fini et A Ă E. Alors on a
Card pEzAq “ CardE ´ CardA
En effet, A et EzA sont des parties de E donc sont finies et on a E “ E YpEzAq et AXpEzAq “ ∅
d’où CardE “ CardA ` CardEzA.
(3) Soit E un ensemble fini. Si Ω est une partition de E, alors
ÿ
CardE “ CardA
APΩ
En effet, A et EzA sont des parties de E donc on Plus généralement, si A1 , A2 , . . . , An sont des
Ťn
parties de E telles que Ai X Aj “ ∅ pour i ‰ j et E “ Ai , alors
i“1
ÿ
n
CardE “ CardAk
k“1

Généralisation

Soient E et F deux ensembles finis. Alors E Y F est fini et

CardE Y F “ CardE ` CardF ´ CardE X F

Démonstration E X F est nécessairement fini : c’est une partie de l’ensemble fini E. Soit
G “ Ez pE Y F q, on a F X G “ ∅ a et E Y F “ G Y F .
– Il est clair que pG Y F q Ă pE Y F q puisque G Ă E.
– Si x P E Y F , si x P F , alors x P G Y F sinon on a nécessairement x P E et x R F donc x P G.
G est fini (c’est aussi une partie de E), F et G sont finis disjoints donc F Y G est fini et
CardF Y G “ CardF ` CardG
“ CardF ` CardE ´ Card pE X F q
a. Si jamais x P F Y G, x P F et x P G Ă E donc x P E donc x P pE Y F q, ce qui n’est pas possible : Aaaaaaargh !

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112 Rappels, nombre entiers et dénombrement

Ť
n
Corollaire Si n P N˚ , E1 , E2 , . . . , En sont des ensembles finis, alors Ei est fini et
i“1
ď
n ÿ
n
Card Ei ď Ei
i“1 i“1

7.4.2.2 Produit cartésien

Soient E et F des ensembles finis, alors E ˆ F est fini et CardE ˆ F “ CardE ¨ CardF .

Démonstration
– Si E ou F est vide, la preuve est triviale.
– Supposons E et F non vides. Pour x P E, Ax “ tpx, yq |y P F u. Ax est non vide et Ax Ă pE ˆ F q.
Ω “ tAx |x P Eu forme une partition de E ˆ F . Si x P E est fixé donc Ax est en bijection avec
F via y P F ÝÑ px, yq P Ax . Donc Ax est fini et CardAx “ CardF donc E ˆ F est une réunion
finie d’ensembles deux à deux disjoints donc E ˆ F est fini et
ď
CardE ˆ F “ Card Ax
xPE
ÿ
“ CardAx
xPE
ÿ
“ CardF
xPE
ÿ
“ CardF ¨ 1
xPE
“ CardE ¨ CardF

Corollaire Soient E1 , E2 , . . . , En des ensembles finis, alors E1 ˆ E2 ˆ ¨ ¨ ¨ ˆ En et


źn
CardE1 ˆ E2 ˆ ¨ ¨ ¨ ˆ En “ CardEi
i“1

7.4.2.3 Ensemble de parties d’un ensemble fini

Soit E un ensemble fini. Alors P pEq est fini et

CardP pEq “ 2CardE

Démonstration Hn : « Si E est un ensemble fini de cardinal n, alors P pEq est fini de cardinal
2n ».
– H0 est vrai : ∅ est le seul ensemble de cardinal 0 et on a P p∅q “ t∅u. Donc P p∅q est fini de
cardinal 1 “ 20 .
– Soit n P N, supposons que Hn est vrai et soit E un ensemble fini de cardinal n ` 1. Soit a P E,
Λ “ tA P P pEq |a R Au et Γ “ tA P P pEq |a P Au. Il est clair que ΛXΓ “ ∅, on a Λ “ P pEz tauq
or Ez tau est fini de cardinal n donc, d’après Hn , Λ est fini de cardinal 2n .
De plus, Λ et Γ sont en bijection : X P Λ ÝÑ X Y tau P Γ est bijective de réciproque Y P Γ ÝÑ
Y z tau P Λ. Donc Γ est aussi fini de cardinal 2n . Or P pEq “ Λ Y Γ et Λ X Γ “ ∅ donc P pEq est
fini et
CardP pEq “ CardΛ ` CardΓ
“ 2n ` 2n
“ 2n`1

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Chapitre 7 : Bric-à-brac II 113

7.4.2.4 Petite histoire sur la définition ensembliste des coefficients du binôme


Soit n P N˚ et E un ensemble fini de cardinal n : on a vu que si A Ă E, alors A est fini et
CardA P rr0, nss donc pour p P v0, nw, on note Pp pEq l’ensemble des parties de E à p éléments.
Pp pEq Ă P pEq donc Pp pEq est un ensemble fini. Notons γnp le cardinal de Pp pEq a . Il est clair que
Ť
n
les ensembles Pp pEq tels que 0 ď p ď n sont deux à deux disjoints b et Pp pEq “ P pEq donc :
p“0

2n “ CardP pEq
ÿn
“ γnp
p“0

– P0 pEq “ t∅u donc γn0 “ 1. De même, Pn pEq “ tEu donc γnn “ 1.


– Soit p P v0, nw z t0, nu. Si A P Pp pEq, alors EzA P Pn´p pEq donc

ϕ : Pp pEq ÝÑ Pn´p pEq et ψ : Pn´p pEq ÝÑ Pp pEq


A ÞÝÑ EzA A ÞÝÑ EzA

sont deux bijections réciproques l’une de l’autre car ψ ˝ ϕ “ IdPn´p pEq et ϕ ˝ ψ “ IdPp pEq . Ainsi
Pn´p pEq et Pp pEq sont en bijection donc ils ont le même cardinal donc

γnp “ γnn´p

Proposition Pour n, p P N tel que 0 ď p ď n,


p`1
γn`1 “ γnp ` γnp`1

Pour p ą n, Pp pEq “ ∅ donc γnp “ 0.


Prouvons cette assertion. Soit n P N et p P N tel que 0 ď p ď n. Soit E un ensemble fini de
cardinal n ` 1 et a P E. Posons Γ “ tA P Pp`1 pEq |a P Au et Λ “ tA P Pp`1 pEq |a R Au. Il est clair
que Pp`1 pEq “ Γ Y Λ et que Γ X Λ “ ∅. Or Λ “ Pp`1 pEz tauq donc CardΛ “ γnp`1 et Γ est en
bijection avec Pp pEz tauq c donc CardΓ “ γnp . Par conséquent,

CardPp`1 pEq “ CardΓ ` CardΛ


“ γnp`1 ` γnp
p`1
“ γn`1

Théorème

Pour n P N et 0 ď p ď n,
n!
γnp “
p! pn ´ pq!

` ˘
Démonstration Soit Hn : « @p P v0, nw , γnp “ np ».

– H0 est vrai car γ00 “ 1 “ 00 .
– Soit n P N. Supposons que
` H˘n est vrai. Soit p P v0, n ` 1w.
˝ Si p “ 0, γ0n`1 “ 1 “ n`1
0 `. ˘
n`1 n`1
˝ Si p “ n ` 1, γn`1 “ 1 “ n`1 .

a. Il est clair que si F est fini et de cardinal n, Pp pF q est en bijection avec Pp pEq
b. Une partie ne peut être de cardinal p et q avec p ‰ q.
c. Via l’application X P Pp pEz tauq ÝÑ X Y tau P Γ de réciproque Y P Γ ÝÑ Y z tau P Pp pEz tauq.

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114 Rappels, nombre entiers et dénombrement

˝ Si p P v0, n ` 1w z t0, n ` 1u, alors

p pp´1q`1
γn`1 “ γn`1
p´1
“ γn`1 ` γnp
ˆ ˙ ˆ ˙
n n
“ `
p´1 p
ˆ ˙
n`1

p

Exercice Calculer
ÿ ÿ
S“ k
APP kPA

avec P “ P pv1, nwq.

ψ
1ère méthode Pour A P P pv1, nwq, on note A “ P pv1, nwq zA. L’application A ÝÑ A est une
bijection de P pv1, nwq car ψ ˝ ψ “ IdPpv1,nwq . Ainsi,
¨ ˛
ÿ ÿ
S “ ˝ k‚
APP kPA
ÿ ÿ ÿ ÿ
2S “ k` k
APP kPA APP kPA
¨ ˛
ÿ ÿ ÿ
“ ˝ k` k‚
APP kPA kPA
ÿ ÿ
“ k car A X A “ ∅
APP AYA
ÿ ÿ
“ k
APP kPrr1,nss
ÿ n pn ` 1q

APP
2
n pn ` 1q ÿ
“ 1
2 APP
n pn ` 1q
“ 2n
2

Ainsi, S “ 2n´2 n pn ` 1q.

2ème méthode Soit k P rr1, nss. k apparaît dans S autant de fois qu’il existe de parties A de
rr1, nss qui contient k. Donc k apparaît dans S 2n´1 fois car tA P P |k P Au est en bijection avec
P prr1, nssq z tku donc

ÿ
n
S “ 2n´1 k
k“1
n pn ` 1q
“ 2n´1
2

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Chapitre 7 : Bric-à-brac II 115

7.4.2.5 Ensemble des applications entre deux ensembles finis

Soient E et F deux ensembles finis. Alors F pE, F q est fini et CardF pE, F q “ pCardF qCardE . Ainsi
on note F pE, F q “ F E .

Démonstration Soit Hn : « Si E est fini de cardinal n, et si F est fini, alors F pE, F q est fini et
CardF pE, F q “ pCardF qn ».
– H0 est vrai : si E “ ∅, il y a une seule application de E dans F qui est p∅, F, ∅q donc F p∅, F q
est fini et
CardF p∅, F q “ 1 “ pCardF q0
– Soit n P N, supposons que Hn est vrai et montrons Hn`1 . Soit E un ensemble de cardinal n ` 1,
donc E ‰ ∅ et soit F est ensemble fini.
˝ Si F “ ∅, il n’y a pas d’applications de E dans ∅ donc F pE, ∅q “ ∅ est fini et de cardinal
0 “ 0n`1 .
˝ Si F ‰ ∅, soit a P E. Pour b P F , Ω “ tf P F pE, F q |f paq “ bu. Il est clair que F pE, F q est
réunion de divers Ωb lorsque b décrit F et que ces ensembles sont deux à deux disjoints :

b ‰ c ô Ωb ‰ Ωc

Pour b P F , Ωb est en bijection avec F pEz tau , F q a donc Ez tau est fini de cardinal n donc,
d’après l’hypothèse de récurrence, F pEz tau , F q est fini et CardF pEz tau , F q “ pCardF qn
donc
CardΩb “ CardF pEz tau , F q “ pCardF qn
Par conséquent et par réunion d’ensembles finis, F pE, F q est fini et
ÿ
CardF pE, F q “ CardΩb
bPF
ÿ
“ pCardF qn
bPF
ÿ
“ pCardF qn 1
bPF
“ pCardF qn ¨ CardF
“ pCardF qn`1

Autre méthode Prenons E “ v1, nw et F “ v1, pw avec n, p P N˚ . Se donner une applica-


tion f de v1, nw dans v1, pw revient à se donner le n-uple b pf p1q , f p2q , . . . , f pnqq qui est élément de
v1, pwn . F pv1, nw , v1, pwq est en bijection avec v1, pwn c donc F pv1, nw , v1, pwq est fini et de cardinal
pCard v1, pwqn “ pn .

7.4.2.6 Injections entre deux ensembles finis


Définition ensembliste des arrangements probabilistes Si E et F sont deux ensembles finis,
notons I pE, F q l’ensemble des application injectives de E dans F . I pE, F q Ă F pE, F q donc I pE, F q
est fini et de cardinal plus petit que pn (où p “ CardF et n “ CardE). Ainsi on notera Anp “
CardI pE, F q. Ce cardinal ne dépend que de n et de p, et non de la nature des éléments de E ou de F .
¨ ˛
E ÝÑ F
a. Via g P F ÝÑ ˝ a ÞÝÑ b ‚ P Ωb .
x ‰ a ÞÝÑ g pxq
b. Pour comprendre ce terme barbare, souvenons nous qu’on 2-uple est un couple et qu’un 3-uple est un triplet, par
exemple.
c. Via f P F prr1, nss , rr1, pssq ÝÑ pf p1q , f p2q , . . . , f pnqq P rr1, pssn .

2011-2012 Cours de mathématiques


116 Rappels, nombre entiers et dénombrement

– Si n ą p, il n’y a pas d’injections de E dans F donc Anp “ 0.


– Supposons que E et F sont deux ensembles non vides, c’est-à-dire que n ě 1 et p ě 1 et
n ď p. Soit a P E, alors @b P F , on appelle Ωb “ tf P I pE, F q |f paq “ bu. I pE, F q est réunion
disjointe des divers Ωb lorsque b décrit F . De plus à b fixé, Ωb est en bijection avec l’ensemble
des applications de Ez tau dans F z tbu. Ainsi, CardΩb “ Ap´1n´1 . Or
ÿ
Anp “ CardΩb
bPF
ÿ
n´1
“ Ap´1
bPF
ÿ
n´1
“ Ap´1 1
bPF
n´1
“ pAp´1
Or pour p P N˚ , A1p “ p donc
n´pn´1q p!
Anp “ pAp´1
n´1 n´2
“ p pp ´ 1q Ap´2 “ ¨ ¨ ¨ “ p pp ´ 1q pp ´ 2q ¨ ¨ ¨ pp ´ pn ´ 2qq Ap´pn´1q “
pp ´ nq!
p!
Montrons ce résultat de manière rigoureuse. Soit Hp : « @n P v0, pw, Anp “ ».
pn ´ pq!
– H0 est vrai : il y a une seule application de ∅ dans ∅, injective de surcroît. Ainsi
0!
A00 “ 1 “
p0 ´ 0q!
– Soit p P N. Supposons que Hp est vrai et montrons Hp`1 . Soit n P v0, p ` 1w.
pp`1q!
˝ Si n “ 0, A0p`1 “ 1 et pp`1´0q! “ 1.
˝ Si n ě 1,
Anp`1 “ pp ` 1q Apn´1
p!
“ pp ` 1q
pp ´ pn ´ 1qq!
pp ` 1q!

pp ` 1 ´ nq!

Autre démonstration (à ressortir en colle) Soit 1 ď n ď p. Pour fabriquer une injection de


v1, nw dans v1, pw, il y a :
– p façons de choisir f p1q ;
– p ´ 1 façons de choisir f p2q ;
– ...;
– p ´ n ` 1 façons de choisir f pnq.
Soit au total p pp ´ 1q pp ´ 2q ¨ ¨ ¨ pp ´ n ` 1q façons de définir f .

On a donc :
p!
Anp “
pp ´ nq!

Cas particulier Si E est fini de cardinal n, il y a Ann “ n! injections de E dans E.

Remarque La lettre A vient du mot arrangement : si X est un ensemble fini de cardinal p et si


n P v1, pw, on appelle n-arrangement d’éléments de X toute liste px1 , x2 , . . . , xn q d’éléments de X tous
distincts. Se donner une telle liste, c’est se donner une injection de v1, nw dans X, il y a donc Anp tels
arrangements.

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Chapitre 7 : Bric-à-brac II 117

7.4.3 Applications et ensembles finis


7.4.3.1 Petite histoire

Soit E un ensemble fini non vide.

Soit F un ensemble quelconque et soit f : E ÝÑ F et f˜ : E ÝÑ f pEq . Cette dernière


x ÝÑ f pxq
application est surjective donc f pEq est fini et Cardf pEq ď CardE.
– Si f est injective, f˜ est bijective donc Cardf pEq “ CardE.
– Si f n’est pas injective, Da, b P E tels que f paq “ f pbq et a ‰ b. Soit g : Ez tau ÝÑ f pEq , g
x ÞÝÑ f pxq
reste surjective donc Cardf pEq ď Card pEz tauq ă CardE.
Ainsi, on a les résultats suivants :
– f pEq est fini et Cardf pEq ď CardE.
– Cardf pEq “ CardE si et seulement si f est injective.

Supposons que F est fini et soit f : E ÝÑ F , f pEq Ă F donc Cardf pEq ď CardF donc
Cardf pEq ď min pCardE, CardF q en toute généralité.
De plus,

f est surjective ô f pEq “ F


ô Cardf pEq “ CardF

Si CardE ă CardF , f ne peut pas être injective car Cardf pEq ď CardE ă CardF . De même, si
CardF ă CardE, f ne peut pas être injective car Cardf pEq ď CardF ă CardE.

Supposons de plus que CardE “ CardF ce qui est vrai en particulier lorsque E “ F .
– Soit f : E ÝÑ F injective. Alors f est bijective car Cardf pEq “ CardE “ CardF donc f est
surjective.
– Soit f : E ÝÑ F surjective. Alors Cardf pEq “ CardF “ CardE donc f est injective donc
bijective.

7.4.3.2 Théorème

Soient E, F deux ensembles finis de même cardinal et f : E ÝÑ E. Les assertions suivantes sont
équivalentes a :
(1) f est injective.
(2) f est surjective.
(3) f est bijective.
a. Ou LASSE pour les intimes.

En particulier d , si E est un ensemble fini et f : E ÝÑ E, alors

f est injective ô f est surjective ô f est bijective

d. Ce théorème est aussi appelé « principe de fainéantise. Bah oui si vous démontrez l’une vous les avez tous ! »

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118 Rappels, nombre entiers et dénombrement

7.4.3.3 Permutations d’un ensemble fini

Vocabulaire

– Une bijection de E dans E s’appelle une permutation. On note S pEq ou S pEq l’ensemble des
permutation de E.
– Si E est un ensemble fini de cardinal n P N˚ . On a S pEq “ I pE, Eq donc CardS pEq “ n!. Il y a
n! permutation si E est fini de cardinal n.
– Pour n P N˚ , on note Sn “ S pv1, nwq.

Exemples
(
– S2 “ Idv1,2w , τ12 où τ12 : 1 ÞÝÑ 2 .
2 (ÞÝÑ 1
– S3 “ Idv1,3w , τ12 , τ13 , τ23 , γ, σ avec :

τ12 : 1 ÞÝÑ 2 τ13 : 1 ÞÝÑ 3 τ23 : 1 ÞÝÑ 1 γ : 1 ÞÝÑ 2 σ “ γ ˝ γ : 1 ÞÝÑ 3


2 ÞÝÑ 1 2 ÞÝÑ 2 2 ÞÝÑ 3 2 ÞÝÑ 3 2 ÞÝÑ 1
3 ÞÝÑ 3 3 ÞÝÑ 1 3 ÞÝÑ 2 3 ÞÝÑ 1 3 ÞÝÑ 2

Propriétés de la composition ˝ est une loi de composition interne dans Sn , associative, admettant
un neutre Idv1,nw et tout élément de Sn admet un inverse (application réciproque). Ainsi, pSn , ˝q est
un groupe.
Voici la table de composition pour n “ 3 :

˝ Id τ12 τ13 τ23 γ σ


Id Id τ12 τ13 τ23 γ σ
τ12 τ12 Id σ γ τ23 τ13
τ13 τ13 γ Id σ τ12 τ23
τ23 τ23 σ γ Id τ13 τ12
γ γ τ13 τ23 τ13 σ Id
σ σ τ23 τ12 τ13 Id γ

Transpositions Soit E un ensemble et a, b P E, a ‰ b. On note τab la transposition qui échange a


en b et laisse les autres points invariants.

τab : E ÝÑ E
a ÞÝÑ b
b ÞÝÑ a
x R ta, bu ÞÝÑ x

On remarque que τab P S pEq car τab ˝ τab “ IdE .


Soit f : E ÝÑ E . Un point fixe de f est par définition un x P E tel que f pxq “ x.

Théorème : écriture en composition

Soit E un ensemble fini de cardinal supérieur ou égal à 2 et f P S pEq. Alors f peut s’écrire comme
une composée de transpositions.

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Chapitre 7 : Bric-à-brac II 119

Démonstration Soit X l’ensemble des points fixes de f .


– Si X “ E, f “ IdE . On note que X est stable par f : x P X ÝÑ f pxq P X. En effet, si x P X,
f pxq “ x P X. EzX est aussi stable par f : f pEzXq Ă EzX. Soit x P EzX, si f pxq P X, alors
f pf pxqq “ f pxq. Or f est injective donc f pxq “ x donc x P X, ce qui est impossible.
– Supposons que X ‰ E. Soit x P EzX, x ‰ f pxq et g “ τxf pxq ˝ f . g pxq “ x et g est bijective par
composition. Si y est un point fixe de f , alors y ‰ x et y ‰ f pxq puisque x et f pxq appartiennent
à EzX. Ainsi, g pyq “ τxf pxq ˝ f pyq “ y donc les points fixes de f sont inclus dans les points
fixes de g donc g a au moins un point fixe de plus que f .
En réitérant ce procédé, on parvient à obtenir un ensemble de points fixes égal à E : on fabrique
l’identité en composant f avec des transpositions. On peut donc écrire f sous la forme :

τ1 ˝ τ2 ˝ ¨ ¨ ¨ ˝ τR ˝ f “ IdE ô f “ τR ˝ τR´1 ˝ ¨ ¨ ¨ ˝ τ1

où τ1 , τ2 , . . . , τR sont des transpositions. En effet τ1´1 “ τ1 , τ2´1 “ τ2 ,... du fait de la nature des
transpositions.

Exemple Soit f P S7 définie par


ˆ ˙
1 2 3 4 5 6 7
f“
5 3 7 1 2 6 4

Alors :
ˆ ˙ ˆ ˙
1 2 3 4 5 6 7 1 2 3 4 5 6 7
τ15 ˝ f “ ñ τ23 ˝ τ15 ˝ f “
1 3 7 5 2 6 4 1 2 7 5 3 6 4
ˆ ˙
1 2 3 4 5 6 7
ñ τ37 ˝ τ23 ˝ τ15 ˝ f “
1 2 3 5 7 6 4
ˆ ˙
1 2 3 4 5 6 7
ñ τ45 ˝ τ37 ˝ τ23 ˝ τ15 ˝ f “
1 2 3 4 7 6 5
ˆ ˙
1 2 3 4 5 6 7
ñ τ57 ˝ τ45 ˝ τ37 ˝ τ23 ˝ τ15 ˝ f “ “ IdS7
1 2 3 4 5 6 7

Donc f “ τ15 ˝ τ23 ˝ τ37 ˝ τ45 ˝ τ57 .

7.4.3.4 Cycles

Soit E un ensemble fini et f P S pEq, X “ tx P E|x “ f pxqu et A “ EzX.


f est une permutation circulaire si A ‰ ∅ et si les seules parties de A stables par f sont ∅ et A.

Exemples de cycles
– Toute transposition est un cycle. Soient a ‰ b, a, b P E et f “ τab . Alors X “ Ez ta, bu et
A “ ta, bu. Alors f ptauq “ tbu ‰ tau et f ptbuq “ tau ‰ tbu.
– Plus généralement, soit p ě 2 et a1 , a2 , . . . , an des éléments distincts de E. On définit f par :

a1 Ý
Þ Ñ a2
a2 ÝÞ Ñ a3
..
.
ap´1 ÞÝÑ ap
ap ÞÝÑ a1

et pour x R ta1 , a2 , . . . , an u, f pxq “ x. Ici X “ Ez ta1 , a2 , . . . , an u et A “ ta1 , a2 , . . . , an u. Alors


f est un cycle de support ta1 , a2 , . . . , an u.

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120 Rappels, nombre entiers et dénombrement

Propriétés
– Si B est une partie non vide de A stable par f , alors A “ B.
` ˘k
– Pour k P N˚ , f k “ flooooooomooooooon
˝ f ˝ ¨ ¨ ¨ ˝ f , f 0 “ IdE et f ´k “ f ´1 .
k fois

Une meilleure expression de la partie A d’un cycle On a supposé que A ‰ ∅, alors CardA ě 2.
Si a P A, f paq P A et a ‰ f paq. (
Soit a P A et soit B “ f k paq |k P N˚ . Alors B Ă A :
– Si f 0 paq “ a , a P A.
– Supposons que f k paq P A pour un k. Alors f pk ` 1q “ f` ˝ f k paq
˘ P A par A est stable par f .
Ainsi B ‰ ∅ car a P B et B est stable par f car @k P N, f f k paq “ f k`1 paq P B. Ainsi, A “ B
d’après la propriété énoncée un peu plus haut.
L’application k P N ÝÑ f k paq P A ne peut pas être injective car N est infini et A est fini. Ainsi, il
existe k, l P N tels que k ă l et
´ ¯ ´ ¯
f k paq “ f l paq ô f ´k f k paq “ f ´k f l paq
ô f k´l paq “ a

On peut donc poser d paq “ min tm P N˚ |f m ( paq “ au.


– Il est clair que a, f paq , . . . , f dpaq paq Ă B.
– Réciproquement, si k P N, k “ qd paq ` r avec q P N et 0 ď r ď d paq. Alors

f k paq “ f qdpaq`r paq


“ f r ˝ f qdpaq paq
“ f r paq

En effet, on montre par récurrence que @l P N, f ldpaq paq “ a. On en déduit que


! )
f k paq “ f r paq P a, f paq , . . . , f dpaq´1 paq
(
Finalement, A “ B “ a, f paq , . . . , f dpaq´1 paq . Enfin, si pour 0 ď l ď k ď d paq ´ 1 :

f l paq “ f k paq ô f l´k paq “ a

Mais 1 ď l ´ k ď d paq, (ce qui est absurde au regard de la définition de d paq. Les éléments de
a, f paq , . . . , f dpaq´1 paq sont donc tous distincts et
! )
Card a, f paq , . . . , f dpaq´1 paq “ d paq “ CardA

Finalement, d paq “ CardA ne dépend pas de l’élément a choisi.

Expression de f sous la forme d’une permutation ( circulaire Soit p “ CardA. Alors


@a P A, f paq “ a et A “ a, f paq , . . . , f
p dpaq´1 paq . Fixons alors a P A et notons xk “ f k´1 paq avec
1 ď k ď p. Soit le cycle :
γ : xk ÞÝÑ xk`1 p1 ď k ď p ´ 1q
xp ÞÝÑ x1
y R A ÞÝÑ y
Vérifions que f “ γ. Soit y P E :
– Si y R A, alors y est point fixe de f donc f pyq “ y “ γ pyq.
– Si y P A, il existe k P N tel que 1 ď k ď p et y “ xk . f pxp q “ x1 “ γ pxp q et pour tout k ă p,
f pxk q “ xk`1 “ γ pxk q.

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Chapitre 7 : Bric-à-brac II 121

Vocabulaire
Soit f un cycle, A “ EzX où X est l’ensemble des points fixes par f . Alors :
– A est le support du cycle.
– CardA est la longueur du cycle.

Dénombrement
(1) Combien y a-t-il de cycles de support ˚
` A Ă E ? Notons˘A “ ta, x1 , x2 , . . . , xR u, R P N . Un cycle
de support A s’écrit toujours γ “ a y1 .(. . yR où ty1,y2 , . . . yR u “ tx1 , x2 , . . . , xR u. On
peut aussi écrire γ “ a, xσp1q , xσp2q , . . . , xσpRq où σ est une permutation de v1, Rw. L’ensemble
des cycles de support A est en bijection avec SR : il y en a donc

n! “ pCardA ´ 1q!
` ˘
(2) Combien y a-t-il de cycles de longueur p, avec p P v2, CardEw ? Il y a CardE
p façons de choisir le
support du cycle, autant qu’il existe de parties de E à p éléments. Le support A du cycle étant
choisi, il y a pp ´ 1q! cycles de support A donc il y a au total
ˆ ˙
CardE
pp ´ 1q!
p

cycles de longueur p. En particulier, il y a pn ´ 1q! cycles de longueur n (ou n-cycles).

Expression d’une permutation comme une composition de cycles

Petite histoire Soient α, β deux cycles de supports A et B avec A X B “ ∅. Alors

α˝β “β˝α

En effet, soit x P E :
– Si x R A Y B, alors α pxq “ x et β pxq “ x donc α ˝ β pxq “ x et β ˝ α pxq “ x.
– Si x P A, alors x R B donc β pxq “ x donc α ˝ β pxq “ α pxq. De plus A est stable par α donc
α pxq P A donc α pxq R B donc β ˝ α pxq “ α pxq.
– Même argument pour x P B.

Et on termine en beauté !

Montrons que @f P S pEq, f s’écrit comme un produit (au sens de la composition) de cycles dont les
supports sont 2 à 2 disjoints. Un tel produit est commutatif donc unique à l’ordre des termes près.

Démonstration Soit f P S pEq. Si f “ IdE , on convient que f est un produit vide de cycles.
Supposons que f ‰ IdE . On définit la relation Rf sur E en posant @x, y P E,

xRf y ô Dk P Z{y “ f k pxq

Rf est une relation d’équivalence sur E :


(1) Soit x P E. x “ f 0 pxq.
(2) Soient x, y P E tels que xRf y. Alors Dk P Z tel que

y “ f k pxq ô x “ f ´k pyq
ô yRf x

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122 Rappels, nombre entiers et dénombrement

(3) Soient x, y, z P E tels que xRf y et yRf z. Alors Dk, l P Z tels que

y “ f k pxq et y “ f l pzq ñ z “ f k`l pxq

Donc xRf z.
(
Pour x P E, on note Of pxq la classe d’équivalence de x pour Rf . Alors Of pxq “ y P E|Dk P Z, y “ f k pxq .
– Si x est un point fixe par f , alors f pxq “ x donc @n P N, f n pxq “ x. De plus f ´1 pxq “ x donc
@k P N, f ´k pxq “ x donc Of pxq “ txu.
– Réciproquement, si pour x P E, Of pxq “ x, alors f pxq P Of pxq “ txu donc f pxq “ x donc x
est un point fixe par f .
Soit Ω “ E{Rf l’ensemble des classes d’équivalences de Rf .Soit s Ω est fini car CardΩ ď CardE (une
classe d’équivalence correspond toujours à un élément). Comme f ‰ IdE , au moins un point de E
n’est pas fixe par f , donc au moins l’une des classes d’équivalence n’est pas réduite à un singleton.
Notons C1 , C2 , . . . , CR avec R P N˚ les diverse classes d’équivalence non réduits à un singleton.
Ainsi Ci “ Of pxi q où xi P E et f pxi q ‰ xi . Soit a P E tel que f paq ‰ a. Of paq Ă E donc Of paq est
fini et CardOf paq ď CardE donc

k P v1, n ` 1w ÝÑ f k paq P Of paq

n’est pas injective, d’après le principe des tiroirs a . Ainsi, il existe k, l P N tels que 1 ď k ď l ď n ` 1
et
f k paq “ f l paq ô f l´k paq “ a
donc Dm P v1, nw tel que ˚ m
( f paq “ a, et en notant d “ min tm P N |f paq “ au, on a qued´1 l’ensemble
m
(
a, f paq , . . . , f d´1 paq est constitué d’éléments tous distincts et Of paq “ a, f paq , . . . , f paq .
Ici, pour 1 ď i ď R, il existe di P N˚ tel que
! )
Ci “ xi , f pxi q , . . . , f di ´1 pxi q
` ˘
et les éléments de Ci sont tous distincts. Posons le cycle γi “ xi f pxi q ¨ ¨ ¨ f di ´1 pxi q , montrons
que f “ γ1 ˝ γ2 ˝ ¨ ¨ ¨ ˝ γR .
Le support de γi est Ci pour 1 ď i ď R et Ci X Cj “ ∅ pour i ‰ j donc les γi commutent entre
eux deux à deux. Soit x P E.
– Si x R C1 Y C2 Y ¨ ¨ ¨ Y CR , alors Of pxq est un singleton donc x est point fixe de f donc f pxq “ x
et γi pxq “ x car x R Ci pour tout 1 ď i ď R. Alors

γ1 ˝ γ2 ˝ ¨ ¨ ¨ ˝ γR pxq “ x

– Si x P C1 Y C2 Y ¨ ¨ ¨ Y CR , soit i P v1, Rw tel que x P Ci . Pour i ‰ j, x R Cj donc

γ1 ˝ γ2 ˝ ¨ ¨ ¨ ˝ γi´1 ˝ γi`1 ˝ ¨ ¨ ¨ ˝ γR pxq “ x

Donc
γ1 ˝ γ2 ˝ ¨ ¨ ¨ ˝ γi´1 ˝ γi ˝ γi`1 ˝ ¨ ¨ ¨ ˝ γR pxq “ γi pxq
Soit k P v0, di ´ 1w tel que x “ f k pxi q. Alors
#
f k`1 pxi q si k ă di ´ 1
γi pxq “
f pxi q si k “ di

et f pxq “ f k`1 pxi q donc on a bien, pour k “ di ´ 1, f di pxi q “ xi donc

γi pxq “ f pxq
a. En effet n ` 1 ě CardE “ n.

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Chapitre 7 : Bric-à-brac II 123

Exemples ˆ ˙
1 2 3 4 5 6 7 8 9
– Prenons E “ rr1, 9ss et f “ . Alors Of p1q “ t1, 3, 7u donc et
3 9 7 5 2 6 1 4 8
Of p2q “ t2, 9, 8, 4, 5u donc
` ˘ ` ˘
f“ 1 3 7 ˝ 2 9 8 4 5
ˆ ˙
1 2 3 4 5 6 7 8 9
– Pour g “ , Of p1q “ t1, 8, 9u, Of p2q “ t2, 5u et Of p3q “
8 5 6 7 2 4 3 9 1
t3, 6, 4, 7u donc ` ˘ ` ˘ ` ˘
g“ 1 8 9 ˝ 2 5 ˝ 3 6 4 7

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Deuxième partie

Analyse

125
Chapitre 8

Nombres réels

Sommaire
8.1 Corps ordonnés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 128
8.1.1 Définitions et faits de base . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 128
8.1.1.1 Corps ordonné . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 128
8.1.1.2 Propriétés algébriques des anneaux et corps . . . . . . . . . . . . . . . 128
8.1.2 Propriétés des corps ordonnés relatives à l’ordre . . . . . . . . . . . . . . . . . 129
8.1.2.1 Inclusion de Z et Q dans K . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 129
8.1.2.2 Ordre et addition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 130
8.1.2.3 Ordre et produit . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 131
8.1.2.4 Valeur absolue dans K . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 132
8.2 Nombres réels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 134
8.2.1 Propriété fondamentale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 134
8.2.1.1 Énoncé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 134
8.2.1.2 Exemple d’utilisation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 134
8.2.2 Intervalles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 135
8.2.2.1 Définitions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 135
8.2.2.2 Propriétés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 135
8.2.2.3 Caractérisation des intervalles de R . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 135
8.2.3 Parties entières supérieures et inférieures d’un réel . . . . . . . . . . . . . . . . 137
8.2.3.1 Théorème et définition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 137
8.2.3.2 Partie fractionnaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 137
8.2.3.3 Propriétés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 137
8.2.4 Densité des divers ensembles dans R . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 138
8.2.4.1 Définition et propriété . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 138
8.2.4.2 D est dense dans R . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 139
8.2.4.3 N ` 2πZ est dense dans R . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 139

127
128 Analyse

8.1 Corps ordonnés


8.1.1 Définitions et faits de base
8.1.1.1 Corps ordonné
Un corps ordonné est un quadruplet pK, `, ˆ, ďq avec :
(1) Le triplet pK, `, ˆq est un corps :
– ˆ et ` sont deux lois de composition internes associatives et commutatives possédant des
neutres (0 est le neutre de `, et 1 celui de ˆ). On suppose 0 ‰ 1.
– Tout élément x de K possède un inverse par ` noté ´x et appelé opposé.
1
– Tout élément y de Kz t0u possède un inverse pour ˆ noté a .
y
– ˆ est distributive par rapport à `.
(2) ď est une relation d’ordre totale sur K, compatible avec ` et ˆ :
– @a, b, c P K, a ď b ñ a ` c ď b ` c
– @a, b P K, 0 ď a et 0 ď b ñ 0 ď ab
a. Un anneau pK, `, ˆq possède les mêmes propriétés que le corps pK, `, ˆq, à l’exception de l’inversibilité des éléments
de K par ˆ.

8.1.1.2 Propriétés algébriques des anneaux et corps


Éléments neutres et absorbants
– Pour x P K, 0 ˆ x “ x ˆ 0 “ 0.
En effet,

0 ˆ x “ p0 ` 0q ˆ x
“ 0ˆx`0ˆx

D’où :

0 “ 0ˆx´0ˆx
“ 0ˆx`0ˆx´0ˆx
“ 0ˆx

– Pour x P K, ´x “ ´1 ˆ x.
En effet,

x ` p´1q ˆ x “ 1 ˆ x ` p´1q ˆ x
“ p1 ` p´1qq ˆ x
“ 0ˆx
“ 0

D’où ´x “ p´1q ˆ x.

Lien entre multiplication et itération de l’addition


– Pour x P K et n P N, nx est défini récursivement par :
(1) 0N x “ 0K
(2) @k P N, pk ` 1q x “ kx ` x, c’est-à-dire si n P N˚ , nx “ x ` x ` ¨¨¨ ` x
loooooooomoooooooon
n fois
– On vérifie que @n, m P Z, @x P K, pn ` mq x “ nx ` mx et pnmq x “ n pmxq.

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Chapitre 8 : Nombres réels 129

– @n P Z, @x P K, nx “ pn1K q ˆ x (preuve par récurrence).


– Pour x, y P K :
˝ ´ px ˆ yq “ p´xq y “ x p´yq
En effet,

xy ` p´xq y “ px ` p´xqq y
“ 0y
“ 0

Donc p´xq y “ p´xyq. De même, xy ` x p´yq “ x py ` p´yqq “ 0x


˝

p´xq p´yq “ ´ px p´yqq


“ ´ ´ pxyq
“ xy

8.1.2 Propriétés des corps ordonnés relatives à l’ordre


8.1.2.1 Inclusion de Z et Q dans K

Ordre et opérations
– @x P K, x2 ě 0K
En effet :
˝ si x ě 0, alors x ˆ x ě 0 ;
˝ si x ď 0, alors x ` p´xq “ 0 ď 0 ` p´xq donc ´x ě 0. Ainsi, p´xq ˆ p´xq ě 0.
– @x, y P K,
x ď y ô y ´ x ě 0 ô x ´ y ď 0 ô ´x ě ´y

La démonstration découle de la compatibilité de l’ordre avec `.


– F 0 : en effet 1 ‰ 0 et 1 “ 12 ě 0.

Identification de Z dans K L’application n P Z ÞÑ n1K P K est strictement croissante donc


n ď m dans Z ñ n1K ď m1K dans K.
En effet , @n P N˚ , n1k ą 0K :
– C’est vrai pour n “ 1.
– Si c’est vrai pour un n P N˚ , alors

pn ` 1q 1K “ n1K ` 1K ě n1K ` 0K ą 0K

Pour n, m P Z avec n ă m, m ´ n P N˚ donc

pm ´ nq 1K ą 0K ô m1K ´ n1K ą 0K

donc m1K ą n1K .


L’ensemble des tn1K |n P Zu est en bijection avec Z en respectant les lois et l’ordre de Z :
– @n, m P Z, n1K ` m1K “ pn ` mq 1K
– @n, m P Z, n1k ˆ m1K “ nm1K
– @n, m P Z, n ă m ñ n1K ă m1K
Cet ensemble s’identifie donc à Z et désormais, on notera pour n P Z, n au lieu de n1K . En ce sens, K
contient Z.

2011-2012 Cours de mathématiques


130 Analyse

Identification
" de Q dans K* On sait que @n P N˚ , n “ n1K est inversible par ˆ. On vérifie que
p1K
l’ensemble |p P Z, q P N˚ est une partie de K en bijection avec Q. Pour pp, qq , pp1 , q 1 q P Z ˆ N˚ ,
q1K
p p1
soit r “ et r 1 “ 1 , alors :
q q
ˆ ˙ ˆ ˙
p1K p1 1K p p1 p1K p1 1K p p1
` 1 “ ` 1 1K et ˆ 1 “ ˆ 1 1K
q1K q 1K q q q1K q 1K q q

p p1 p1K p1 1K
De plus, dans Q : ď 1 ô ď 1 dans K.
q q q1K q 1K
p p1K
On identifiera désormais le rationnel P Q et P K. En ce sens, K contient Q.
q q1K

Autres propriétés Pour x, y P K˚` “ tz P K|z ą 0K u :


1
– xy P K˚` . En effet, xy ě 0K et on ne peut avoir xy “ 0 car si xy “ 0, alors xy “ 0 ô y “ 0, ce
x
qui est impossible.
1 1
– Pour x P K˚ “ tz P K|z ‰ 0K u, x et ont le même signe car x ˆ “ 1 ą 0.
x x

8.1.2.2 Ordre et addition


Addition d’inégalités

Soient a, b, c, d P K. Si a ď b et c ď d, alors a ` c ď b ` d. Si de plus a ă b, alors a ` c ă b ` d.

En effet, a ď b donc a ` c ď b ` c. De plus c ď d donc c ` b ď d ` b d’où le résultat par transitivité.


Si a ă b, on ne peut avoir a ` c “ b ` d donc a ` c ă b ` d. D’autre part b ` c ď b ` d d’où le résultat.

Généralisation du résultat précédent Soit n P N˚ , x1 , x2 , . . . , xn P K et y1 , y2 , . . . , yn P K tels


que @i P v1, nw, xi ď yi . Alors :
(1)
ÿ
n ÿ
n
xi ď yi
i“1 i“1

(2) Si de plus Dj P v1, nw {xj ă yj , alors


ÿ
n ÿ
n
xi ă yi
i“1 i“1

(3) Toujours avec les mêmes hypothèses,

ÿ
n ÿ
n
xi “ yi ô @i P v1, nw , xi “ yi
i“1 i“1

ÿ
n
Corollaire Si n P N˚ et x1 , x2 , . . . , xn P K` , alors xi ě 0 et
i“1

ÿ
n
xi “ 0 ô @i P v1, nw , xi “ 0
i“1

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Chapitre 8 : Nombres réels 131

8.1.2.3 Ordre et produit


Multiplication d’une inégalité par un nombre positif

Soit a, b, c P K. Alors :
(1) Si a ď b et c ě 0, alors ac ď bc.
(2) Si de plus c ą 0, alors a ď b ô ac ď bc.
(3) Si a ă b et c ą 0, alors ac ă bc.

Démonstrations
(1) b ´ a P K` donc pb ´ aq c P K` donc pb ´ aq c ě 0 ô bc ě ac.
1 1
(2) Le sens direct étant déjà prouvé, reste à montrer le sens réciproque : ac ˆ ď bc ˆ ñ a ď b.
c c
(3) Si b ´ a ą 0 et c ą 0, alors pb ´ aq c ą 0 d’où le résultat.

Multiplication d’inégalités positives entre elles Soient a, b, c, d P K tels que 0 ď a ď b et


0 ď c ď d. Alors :
(1) ac ď bc ;
(2) si de plus 0 ă a ă b et 0 ď c ă d , alors ac ă bd.

Démonstrations
(1) a ď b et c ě 0 donc ac ď bd. De même, c ď d et b ě 0 donc cb ď db, d’où le résultat par
transitivité.
(2) « Au courageux lecteur de le faire ! »

Généralisation du résultat précédent Soit n P N˚ , x1 , x2 , . . . , xn P K et y1 , y2 , . . . , yn P K tels


que @i P v1, nw, 0 ď xi ď yi . Alors
ź
n ź
n
xi ď yi
i“1 i“1

Si de plus, Dj P v1, nw {xj ă yj , alors


ź
n ź
n
xi ă yi
i“1 i“1

Résultats sur les puissances


(1) Pour x P K` et n P N˚ , xn P K` .
(2) Pour n P N˚ , x P K` ÞÑ xn est strictement croissante, c’est-à-dire :

0 ď x ă y ñ 0 ď xn ă y n

Démonstrations
(1) Récurrence, le principal argument étant que le produit de deux nombres positifs est positif.
(2) 1ère façon : soient x, y P K` avec x ă y et n P N˚ D
– Si x “ 0, alors 0n “ 0 et y n P K˚` donc y n ą 0 “ xn .
– Si x ‰ 0, alors on pose @i P v1, nw, xi “ x et yi “ y donc

ź
n ź
n
xi ă y i ô xn ă y n
i“1 i“1

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132 Analyse

2e façon : soit x, y P K` avec x ă y et n P N˚ , on a

ÿ
n´1
y n ´ xn “ py ´ xq xk y n´k
k“0

ÿ
n´1
Or @k P v0, n ´ 1w, xk y n´k ě 0 et xk y n´k ă 0 car x0 y n´1 ą 0 a et y ´ x ą 0 donc
k“0
y n ´ xn ą 0.

Inégalité de Bernoulli

Pour k P K` et n P N,
p1 ` kqn ě 1 ` nk

Démonstration Pour n “ 0, l’inégalité est vérifiée car 1 ď 1. Soit n P N˚ et k P K. On a :


ÿn ˆ ˙
n n l
p1 ` kq “ k
l“0
l
ˆ ˙ ÿn ˆ ˙
n n l
“ 1` k` k
1 l“2
l
“ 1 ` nk ` α avec α ą 0

D’où le résultat.

1
Inverse et inégalités L’application x P K˚` ÝÑ est strictement décroissante.
x
En effet, si 0 ă x ă y, alors
1 1 x´y
´ “
y x xy
y´x
“ ´
xy
1 1 1 1
Or y ´ x ą 0 et xy ą 0 donc ´ ă0ô0ă ă .
y x y x

8.1.2.4 Valeur absolue dans K


Définition

Pour x P K, on pose |x| “ max px, ´xq. |x| existe toujours car l’ordre pK, ďq est total.

On note que :
– Si x P K` , alors ´x P K´ donc ´x ď x donc |x| “ x.
– Si x P K´ , alors ´x P K` donc x ď ´x donc |x| “ ´x.
On peut donc aussi définir la valeur absolue par :
#
x si x ě 0
|x| “
´x si x ď 0

a. En effet, 00 “ 1 par convention et parce que la fonction x P R˚


` ÞÝÑ x tend vers 1 lorsque x tend vers 0.
x

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Chapitre 8 : Nombres réels 133

Propriétés
– @x P K, |´x| “ max p´x, xq “ |x|
– |0| “ 0
– |x| “ 0 ô x “ 0
ñ Déjà vu a .
ð On a toujours x ď |x| et ´x ď |x| donc si x ď 0 et ´x ď 0, alors x ě 0 donc x “ 0.
– @x P K, ´ |x| ď x ď |x|
– Pour x P K et a P K` ,
|x| ď a ô ´a ď x ď a

Produit de valeurs absolues

@x, y P K,
|xy| “ |x| |y|

Démonstration
– Si x ě 0 et y ě 0, alors xy ě 0 donc |xy| “ xy “ |x| |y|.
– Si x ď 0 et y ě 0, alors xy ď 0 donc |xy| “ ´xy “ |x| |y|.
– Si x ď 0 et y ď 0, alors xy ě 0 donc |xy| “ xy “ p´xq ˆ p´yq “ |x| |y|.

Corollaire
(1) Pour x P K, n P N,
|x|n “ |xn |

(2) Pour x P Kz t0u, ˇ ˇ


ˇ1ˇ
ˇ ˇ“ 1
ˇ x ˇ |x|

Inégalité triangulaire

Soient x, y P K. Alors :
p2q p1q
||x| ´ |y|| ď |x ` y| ď |x| ` |y|

Démonstration Soient x, y P K. Alors x ď |x| et y ď |y| donc x ` y ď |x| ` |y|. De même,


´x ď |x| et ´y ď |y| donc ´ px ` yq ď |x| ` |y| donc

|x ` y| ď |x| ` |y|

On a alors, pour x, y P K,

|x| “ |x ´ y ` y|
ď |x ` y| ` |´y|
ď |x ` y| ` |y|

Donc |x| ´ |y| ď |x ` y|. De même, ´ p|x| ´ |y|q ď |x ` y| donc

||x| ´ |y|| ď |x ` y|
a. « Djafé ! »

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134 Analyse

Remarque p1q est une égalité si et seulement si x et y sont de même signe.


En effet :
ð « Easy but left to the reader ! »
ñ Supposons que |x ` y| “ |x| ` |y|.

1er cas : Supposons que x ` y ě 0. Alors |x ` y| “ x ` y “ |x| ` |y| d’où


#
|x| “ x
p|x| ´ xq ` p|y|
looomooon ´ yq “ 0 ñ
looomooon ñ x, y P K`
|y| “ y
ě0 ě0

2ème cas : Supposons que x ` y ă 0. Alors |x ` y| “ ´x ´ y “ |x| ` |y| d’où


#
|x| “ ´x
p|x| ` xq ` p|y|
looomooon ` yq “ 0 ñ
looomooon ñ x, y P K´
|y| “ ´y
ě0 ě0

Généralisation de l’inégalité triangulaire Pour n P N˚ et x1 , x2 , . . . , xn P K,


ˇ ˇ
ˇÿn ˇ ÿ n
ˇ ˇ
ˇ xi ˇ ď |x |
ˇi“1 ˇ i“1 i
ˇ ˇ
ř
n ˇřn ˇ
De plus, ˇ
|xi | “ ˇ xi ˇˇ si et seulement si tous les xi sont de même signe.
i“1 i“1

8.2 Nombres réels


8.2.1 Propriété fondamentale
8.2.1.1 Énoncé

On admet l’existence d’un corps ordonné pR, `, ˆ, ďq appelé corps des réels qui vérifie de plus la
propriété suivante :
Toute partie non vide majorée de R admet une borne supérieure

Corollaire Toute partie non vide minorée de R admet une borne inférieure (voir la section 7.1.3.2 page 91
pour la démonstration).

8.2.1.2 Exemple d’utilisation


On a vu que @x P R˚ , x2 P R˚` . Montrons que tout réel positif est un carré.
L’application R` ÝÑ R` est une bijection. En effet, elle est strictement croissante donc injective,
x ÞÝÑ x2
montrons qu’elle est surjective.
– Pour x “ 0, 0 “ 02 . (
– Pour x ą 0 , introduisons Ax “ y P R` |y 2 ď x . On montre a que Ax est non vide et majoré
et que a “ sup A vérifie a2 “ x.
?
Pour y P R` , on notera alors y l’unique réel positif x tel que x2 “ y et on a pour z P R,
?
z 2 “ y ô z P t˘ yu
a. « left to the reader ! »

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Chapitre 8 : Nombres réels 135

8.2.2 Intervalles
On rajoute à R deux objets externes `8 et ´8 tels que @x P R , ´8 ă x ă `8.

8.2.2.1 Définitions
On appelle intervalle de R tout ensemble d’un des types suivants avec a, b P R :

(1) ra, bs “ tx P R|a ď x ď bu (6) sa, `8r “ tx P R|a ă xu


(2) ra, br “ tx P R|a ď x ă bu (7) s´8, as “ tx P R|a ě xu
(3) sa, bs “ tx P R|a ă x ď bu
(4) sa, br “ tx P R|a ă x ă bu (8) s´8, ar “ tx P R|a ą xu
(5) ra, `8r “ tx P R|a ď xu (9) R “ s´8, `8r

p1q , p2q , p3q , p4q sont des intervalles bornés et p5q , p6q , p7q , p8q , p9q des intervalles non bornés.

8.2.2.2 Propriétés
– Si a ą b, alors p1q , p2q , p3q , p4q sont vides.
– Si a “ b, ra, bs “ tau et les autres intervalles sont vides. Ce sont des intervalles triviaux.
– Si a ă b, sa, br Ă ra, br pou sa, bsq Ă ra, bs.
a`b
– sa, br ‰ ∅ car P sa, br.
2
– sa, br est infini. En effet, si sa, br était fini, alors on le note tx1 , x2 , . . . xn u avec a ă x1 ă ¨ ¨ ¨ ă
xn ă b. Or sa, x1 r ‰ ∅ donc Dx11 {a ă x11 ă x1 donc x11 P sa, br...
– Si a ă b, tout intervalle borné d’extrémités a et b est infini.
– Tout intervalle non borné est infini (et bien sûr non borné).
– Pour a P R, ε ą 0, on a pour x P R :

|x ´ a| ď ε ô x P ra ´ ε, a ` εs

et de plus
|x ´ a| ă ε ô x P sa ´ ε, a ` εr
a`b b´a
Si a ă b, alors sa, br “ sc ´ ε, c ` εr avec c “ et ε “ . De plus, ra, bs “ rc ´ ε, c ` εs
2 2

8.2.2.3 Caractérisation des intervalles de R


Théorème et définition Les intervalles de R non vides sont les parties convexes de R.
Soit A Ă R, A ‰ ∅. Alors que A est convexe si @x, y P A avec x ď y, on a rx, ys Ă A.

Démonstration Il est clair que tout intervalle non vide de R est une partie convexe de R.
Réciproquement, soit A une partie convexe de R. Plusieurs cas se présentent alors :
– Si A est minorée, on note a “ inf A :
˝ Supposons que A est majorée, alors on note b “ max A :
Ñ Supposons que a, b P A. Montrons que A “ ra, bs.
❀ a, b P A et a ď b donc ra, bs P A.
❀ @x P A, a ď x ď b donc A Ă ra, bs.
Ñ Supposons que a P A et b R A.
❀ Donc @x P A, a ď x ď b, et même x ă b donc A Ă ra, br.
❀ Si y P ra, br, alors y ă b “ sup A donc y ne majore pas A : Dx P A{y ă x. Ainsi si a P A
et x P A tel que a ď y ď x, alors (du fait que A est convexe) ra, xs Ă A d’où y P A
donc ra, br Ă A.

2011-2012 Cours de mathématiques


136 Analyse

Ñ Si x R A et b P A alors A “ sa, bs.


Ñ Si a R A et b R B, alors A “ sa, br.
˝ Supposons que A n’est pas majorée :
Ñ Si a P A :
❀ Alors @x P A, x ě a donc A Ă ra, `8r.
❀ Si y P ra, `8r, alors y ne majore pas A donc Dx P A{y ă x donc a ď x. Or A est convexe
donc ra, xs P A et y P ra, xs donc ra, `8r Ă ra, xs Ă A. Finalement, A “ ra, `8r.
Ñ Si a R A, alors A “ sa, 8r.
– Supposons que A n’est pas minorée a ...

Caractérisation des bornes inférieures et supérieures

Soit A Ă R tel que A ‰ ∅ et ω P R. Alors :


(1) A est majorée et #
@a P A, a ď ω
sup A “ ω ô
@ε ą 0, Da P A{ω ă a ´ ε

(2) A est minorée et #


@a P A, a ě ω
inf A “ ω ô
@ε ą 0, Da P A{ω ą a ´ ε

Démonstration du p1q
ñ – sup A majore A donc @a P A, a ď ω.
– Soit ε ą 0, alors ω ´ ε ă ω donc Da P A{a ą ω ´ ε.
ð – ω est un majorant de A alors A est majorée.
– Soit α un majorant de A. Alors on ne peut avoir α ă ω car si α ă ω, alors en posant ε “ ω ´α,
ε ą 0 on a Da P A{ω ´ ε ă a donc α ne serait pas un majorant de A. Ainsi, α ě ω.

Caractère archimédien de R

Pour tout x P R, @ε ą 0, il existe un entier naturel n tel que nε ą x.

Démonstration
– N n’est pas majorée dans R. En effet, si N est majorée alors appelons ω “ sup N donc Dn P
N{ω ´ 1 ă n d’où ω ă n ` 1, ce qui est impossible car n ` 1 P N.
x
– Soit ε ą 0 et x P R, alors ne majore pas N : Dn P N tel que :
ε
x
ă n ô x ă nε
ε

Puissances d’un réel Soit a ą 1 et M P R. Alors il existe un entier naturel n tel que an ą M .
En effet, posons a “ 1 ` ε avec ε ą 0. Soit n P N{nε ą M , alors, d’après l’inégalité de Bernoulli,

an “ p1 ` εqn ě 1 ` nε ą M

1
De même, @α ą 0, il existe un entier naturel n tel que ă α.
an
a. « Left to the reader ! »

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Chapitre 8 : Nombres réels 137

8.2.3 Parties entières supérieures et inférieures d’un réel


8.2.3.1 Théorème et définition
Soit x P R.
(1) Il existe un unique entier relatif n tel que n ď x ă n ` 1. n est alors la partie entière inférieure
de x et se note E pxq ou txu.
(2) Il existe un unique entier relatif m tel que m ´ 1 ă x ď m. m est alors la partie entière supérieure
de x et se note rxs.

Démonstration
(1) Si n, m P Z avec n ă m, alors n ` 1 ď m donc rn, n ` 1r X rm, m ` 1r “ ∅. D’où l’unicité d’un
n P Z tel que n ď x ă n ` 1. Prouvons l’existence d’un tel entier relatif.
– Si x P Z, alors x ď x ă x ` 1.
– Si x R Z :
˝ Si x ą 0, alors on peut trouver n0 P N tel que n0 ą x donc A “ tk P N|k ď xu ‰ ∅ or
0 ă x et cet ensemble est inclus dans v0, n ´ 1w donc A admet un maximum p. On a p ď x
et p ` 1 ą p “ max A donc p ` 1 R A et p ` 1 ą x.
˝ Si x ă 0, on peut trouver p P N tel que p ď ´x ă p ` 1 et de ce fait p ă ´x ă p ` 1 car
x R Z donc ´ pp ` 1q ă x ă ´p “ ´ pp ` 1q ` 1 donc l’entier ´ pp ` 1q fait l’affaire.

~
j

-1 O ~
i 1 2 3

-1

Figure 8.1 – Graphes de txu (en rouge) et de rxs (en bleu)

8.2.3.2 Partie fractionnaire

On définit la partie fractionnaire d’un réel par

Frac pxq “ x ´ E pxq

Ainsi, Frac pxq P r0, 1r.

8.2.3.3 Propriétés
– Pour θ P r0, 1r et m P Z, E pθ ` mq “ m et Frac pxq “ θ.

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138 Analyse

– Pour x P R et m P Z,
E px ` mq “ E pxq ` m
En effet,
E pxq ď x ă E pxq ` 1 ñ m ` E pxq ď m ` x ă pm ` E pxqq ` 1
loooomoooon
PZ
– x P R ÝÑ Frac pxq est 1-périodique. En effet,

Frac px ` 1q “ x ` 1 ´ E px ` 1q
“ x ` 1 ´ pE pxq ` 1q
“ x ´ E pxq
“ Frac pxq

1
~
j

O ~
i 1 2 3 4

Figure 8.2 – Graphe de la partie fractionnaire

– Pour x P R et m P Z, m ď x ô m ď E pxq.
ð « Obvious ! »
ñ Si m ą E pxq, alors m ě E pxq ` 1 ą x...
– Soit x P R et m P Z. Alors :
˝ m ą x ô m ě E pxq ` 1
˝ m ě x ô m ě rxs
˝ m ď x ô m ď rxs ´ 1

Exemple Soient a, b P R. Quid de Card pZ X ra, bsq ?


Pour n P Z, #
n ě ras
aďnďbñ ñ n P vras , E pbqw
n ď E pbq
Ainsi, Card pZ X ra, bsq “ E pbq ´ ras ` 1.

8.2.4 Densité des divers ensembles dans R


8.2.4.1 Définition et propriété
On rappelle que A Ă R est dense si :
(1) @ε ą 0, @x P R, Da P A tel que |x ´ a| ď ε.
(2) @α, β P R avec α ă β, alors A X sα, βr ‰ ∅.

Ces deux conditions sont équivalentes : il suffit d’en avoir une pour prouver la densité.

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Chapitre 8 : Nombres réels 139

Propriété Si A est dense dans R et a ă b, alors A X sa, br ‰ ∅ et est infini.


En effet, si A X sa, br est fini alors on peut noter ses éléments tx1 , x2 , . . . , xn u avec a ă x1 ă ¨ ¨ ¨ ă
xn ă b or A X sa, x1 r ‰ ∅ donc....

8.2.4.2 D est dense dans R


„ 
1 k
On note Z l’ensemble des nombres décimaux de la forme n avec k P Z et n P N.
10 10
Pour x P R, on pose pour n P N :

1
ωn pxq “ E p10n xq
10n
„ 
1
ωn pxq est la partie décimale de x approchée à 10n par défaut, et ωn pxq P Z . On définit de plus
10

1
ηn pxq “ ωn pxq `
10n
„ 
1
ηn pxq est la partie décimale de x approchée à 10n par excès, et ηn pxq P Z . Soit n P N, on sait
10
que

E p10n xq E p10n xq 1
E p10n xq ď 10n x ă E p10n xq ` 1 ô ď x ă ` n
10n 10n 10
ô ωn pxq ď x ă ηn pxq

Ainsi,
1
0 ď x ´ ωn pxq ă ηn pxq ´ ωn pxq “
10n
1
Soit ε ą 0. On sait que 10 ą 1 donc on peut trouver n P N tel que n ă ε, on a alors
10
1
|x ´ ωn pxq| “ x ´ ωn pxq ă ăε
10n
✓  „ ✏
“1‰ 1
Ainsi, D “ Z 10 est dense dans R. A fortiori, puisque Z Ă Q, Q est dense dans R. On montre
10
✒ ✑
aussi que RzQ est dense dans R.

8.2.4.3 N ` 2πZ est dense dans R


Lemme Soit ε ą 0, alors @M ą 0, il existe p, q P Z tels que |p| ą M et |p ` 2πq| ď ε. Ce lemme est
toujours vrai pour pp, qq P N ˆ Z.

Démonstration Supposons que Dε ą 0, DM ą 0 tels que @ pp, qq P Z2 ,

|p ` 2πq| ď ε ñ |p| ď M

Soient pp, qq P Z2 tels que |p ` 2πq| ď ε. Alors |p| ď M , or

|2πq| “ |2πq ` p ´ p|
ď |2πq ` p| ` |p|
ď ε`M

2011-2012 Cours de mathématiques


140 Analyse

ˆ „ ˙
ε`M 2
( ε`M ε`M
donc |q| ă . Alors, pp, qq P Z | |p ` 2πq| ď ε Ă r´M, M s ˆ ´ ; X Z2 qui
2π 2π 2π
est lui même fini. Par conséquent, r0, εs X Z ` 2πZ est nécessairement fini, ce qui est impossible car
Z ` 2πZ est dense dans R.
On en déduit que @ε ą 0, @M ą 0, D pp, qq P N ˆ Z tels que |p| ą M et |p ` 2πq| ď ε. En effet, soit
ε ą 0, M ą 0, alors D pp1 , q1 q P Z2 tells que |p1 | ą M et |p1 ` 2πq1 | ď ε.
– Si p1 P N, on prend p “ p1 et q “ q1 .
– Si p1 ă 0, on a aussi |´ pp1 ` 2πq1 q| ď ε et |´p1 | ą M donc on prend p “ ´p1 , q “ ´q1 .

Densité de N ` 2πZ Soit x P R et ε ą 0. Or Z ` 2πZ est dense dans R donc il existe k, l P Z tels
que
ε
|x ´ pl ` 2πkq| ď
2
ε
On peut trouver de plus pp, qq P N ˆ Z avec p ě |l| et |p ` 2πq| ď . Alors :
2

|x ´ ppp ` lq ` 2π pq ` kqq| “ |x ´ pl ` 2πkq ´ pp ` 2πqq|


ď |x ´ pl ` 2πkq| ` |p ` 2πq|
ε ε
ď ` “ε
2 2

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Chapitre 9

Suites réelles et complexes

Sommaire
9.1 Généralités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 143
9.1.1 Vocabulaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 143
9.1.1.1 Suites . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 143
9.1.1.2 Termes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 143
9.1.1.3 Sous-suites . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 143
9.1.2 Faits de base . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 143
9.1.2.1 Opérations sur les suites . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 143
9.1.2.2 Propriétés des suites réelles et complexes . . . . . . . . . . . . . . . . 144
9.1.3 Notions spécifiques aux suites réelles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 144
9.1.3.1 Ordre sur RN . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 144
9.1.3.2 Suites majorées ou minorées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 144
9.1.3.3 Suites monotones . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 145
9.2 Suites convergentes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 146
9.2.1 Généralités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 146
9.2.1.1 Définitions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 146
9.2.1.2 Remarques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 146
9.2.1.3 Exemples de suites convergentes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 146
9.2.2 Propriétés des suites convergentes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 146
9.2.2.1 Limite d’une suite convergente . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 146
9.2.2.2 Remarques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 147
9.2.2.3 Propriétés qualitatives . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 147
9.2.3 Opérations sur les suites convergentes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 148
9.2.3.1 Résultats sur les opérations usuelles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 148
9.2.3.2 Comportement des suites de référence . . . . . . . . . . . . . . . . . . 150
9.3 Notions spécifiques aux suites réelles et théorèmes afférents . . . . . . . 151
9.3.1 Suites tendant vers l’infini . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 151
9.3.1.1 Définitions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 151
9.3.1.2 Remarques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 151
9.3.1.3 Théorèmes généraux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 152
9.3.2 Ordre et limites . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 152
9.3.2.1 Conservation des inégalités larges par passage à la limite . . . . . . . 152
9.3.2.2 Théorème des gendarmes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 152
9.3.3 Suites monotones . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 153
9.3.3.1 Théorèmes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 153
9.3.3.2 Exercices et résultats classiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 153
9.3.3.3 Raisonnement à retenir . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 155

141
9.3.3.4 Théorème des segments emboîtés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 156
9.3.4 Suites adjacentes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 156
9.3.4.1 Définition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 156
9.3.4.2 Théorème . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 156
9.3.5 Théorème de Bolzano-Weierstrass . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 157
9.3.5.1 Cas réel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 157
9.3.5.2 Cas complexe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 158
9.3.5.3 Suites de Cauchy . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 159
9.4 Complément : suites récurrentes du type un`1 “ f pun q . . . . . . . . . . . 160
9.4.1 Problème et angle d’attaque . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 160
9.4.2 Comportement à l’infini . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 160
9.4.2.1 Limites éventuelles en cas de convergence . . . . . . . . . . . . . . . . 160
9.4.2.2 Représentation graphique des termes de la suite . . . . . . . . . . . . 161
9.4.2.3 Monotonie éventuelle de u . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 161
9.4.2.4 Cas où f est contractante et où D est un segment . . . . . . . . . . . 163
9.4.3 Exemple développé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 164

142
Chapitre 9 : Suites 143

9.1 Généralités
9.1.1 Vocabulaire
9.1.1.1 Suites

Soit E un ensemble non vide.


On appelle suite d’éléments de E toute application u de N dans E. Plus généralement, si A est une
partie infinie de N, u : A ÝÑ E est toujours une suite.

9.1.1.2 Termes

Si u : A ÝÑ E est une suite d’éléments de E, alors on note, pour n P A, un au lieu de u pnq l’image
de n par u. La suite elle-même se note u ou pun qnPA .
Pour n P A, un est le terme d’indice n de la suite u.

9.1.1.3 Sous-suites

On suppose désormais que A “ N, soit u une suite d’éléments de E.


On appelle suite extraite ou sous-suite de pun qnPN toute suite v d’éléments de E définie par @n P N,
vn “ uϕpnq avec ϕ une application strictement croissante de N dans N.

On rappelle que si ϕ : N ÝÑ N est strictement croissante, alors ϕ pnq ě n pour tout n P N.


On note E N l’ensemble des suites d’éléments de E.

9.1.2 Faits de base


9.1.2.1 Opérations sur les suites
On note K “ R ou C. On a vu que si X est un ensemble non vide, on peut définir des opérations
(` et ˆ) sur F pX, Kq. En particulier, pour X “ N, les opérations sont définies sur F pN, Kq “ KN .
– Pour u, v P KN , u ` v est la suite w définie par @n P N,

wn “ un ` vn

– Pour u, v P KN , uv est la suite w définie par @n P N,

wn “ un vn
1
– Pour u P KN ne s’annulant pas sur N, est la suite w définie par @n P N,
u
1
wn “
un
– Pour u P KN et α P K, αu est la suite w définie par @n P N,

wn “ αun

– Pour u P KN , |u| est la suite w définie par @n P N,

wn “ |un |

Cette notation désigne soit la valeur absolue si K “ R, soit le module si K “ C.

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144 Analyse

9.1.2.2 Propriétés des suites réelles et complexes


Pour K “ R
– On note inf pu, vq la suite w définie par @n P N,

wn “ min pun , vn q

– On note sup pu, vq la suite w définie par @n P N,

wn “ max pun , vn q

– On note u` “ sup pu, 0q et u´ “ ´ inf pu, 0q. 0 désigne ici la suite θ telle que @n P N, θn “ 0.
– @n P N, u` ´
n P R` et un P R` et on a les relations suivantes :

|u| “ u` ` u´ et u “ u` ´ u´

Pour K “ C
– Pour u P CN , on note ℜe puq la suite w définie par @n P N,

wn “ ℜe pun q

– Pour u P CN , on note ℑm puq la suite w définie par @n P N,

wn “ ℑm pun q

– Pour u P CN , on note u la suite w définie par @n P N,

wn “ un

– On a les relations suivantes :


˝ u “ ℜe puq ` iℑm puq
u`u
˝ ℜe puq “
2
u´u
˝ ℑm puq “
2i
˝ u “ ℜe puq ´ iℑm puq
– u est réelle si et seulement si u “ u ou ℑm puq “ 0.

9.1.3 Notions spécifiques aux suites réelles


9.1.3.1 Ordre sur RN
Si u, v P RN , on écrit u ď v pour signifier que @n P N, un ď vn . On définit ainsi une relation d’ordre
partielle sur RN . On écrira u ě 0 pour signifier que tous les un sont positifs.
On a toujours, @u, v P RN :

inf pu, vq ď u ď sup pu, vq et inf pu, vq ď v ď sup pu, vq

9.1.3.2 Suites majorées ou minorées

Soit u P RN :
– u est majorée lorsqu’il existe un réel M tel que, @n P N, un ď M a . Dans ce cas, sup puq désigne la
borne supérieure de u pNq.
– u est minorée lorsqu’il existe un réel m tel que, @n P N, un ě m. Dans ce cas, inf puq désigne la
borne inférieure de u pNq.
a. Il revient au même d’exiger que u pNq “ tun |n P Nu est une partie majorée de R.

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Chapitre 9 : Suites 145

Caractérisation de inf puq et sup puq

Soient u P RN et α P R.
(1) u est majorée et α “ sup puq si et seulement si :
(a) @n P N, un ď α
(b) @ε ą 0 a , Dm P N{α ´ ε ă um
(2) u est minorée et α “ inf puq si et seulement si :
(a) @n P N, un ě α
(b) @ε ą 0, Dm P N{α ` ε ą um
a. « Les epsilons sont de retour ! »

Voir la section 8.2.2.3 page 135 pour une démonstration de propriétés analogues.

Suites bornées

Soit u P RN . u est bornée a si u est à la fois majorée et minorée. Alors, u est bornée si et seulement si
|u| est majorée.
a. Ou « mijorée », pour reprendre le terme de M. Sellès.

Extension aux suites complexes Cette dernière définition peut s’appliquer si K “ C.


Soit u P CN ,
on dit que u est bornée si la suite (réelle) |u| est majorée : c’est-à-dire si il existe un
réel positif M tel que @n P N, |un | ď M .

9.1.3.3 Suites monotones

Soit u P RN , on dit que :


– u est croissante si @n P N, un`1 ě un .
– u est strictement croissante si @n P N, un`1 ą un .
– u est décroissante si @n P N, un`1 ď un .
– u est strictement décroissante si @n P N, un`1 ă un .
– u est monotone si u est croissante ou décroissante.
– u est strictement monotone si est strictement croissante ou strictement décroissante.

Piège ! Il y a des suites non monotones. Par exemple, la suite u définie sur N par un “ p´1qn n’est
ni croissante ni décroissante car a u0 ą u1 et u1 ă u2 .

a. « Quand on est pas des croissants on est des pains... ». Ce jeu de mots déplorable n’a pas été fini par M. Sellès,
qui a préféré garder le silence pour préserver sa dignité.

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146 Analyse

9.2 Suites convergentes


9.2.1 Généralités
9.2.1.1 Définitions
Soit u une suite d’éléments de K.
(1) Soit l P K, u converge vers l si @ε ą 0, Dn0 P N tel que @n ě n0 , |un ´ l| ď ε. On écrit alors ceci :

un ÝÑ l
nÑ`8

(2) On dit que pun qnPN converge s’il existe l P K tel que u converge vers l. Dans le cas contraire, on
dit que u est divergente.

9.2.1.2 Remarques
– Si u P RN et l P R, u converge vers l si et seulement si @ε ą 0, Dn0 P N{@n ě n0 , un P rl ´ ε, l ` εs.
Ceci signifie que pour n assez grand, les termes de u approchent l à ε près.
– Si u P CN et l P C, u converge vers l si et seulement si @ε ą 0, Dn0 P N{@n ě n0 , un P D pl, εq a .
– Si u P KN et l P K, alors u converge vers l si et seulement si la suite positive p|un ´ l|qnPN
converge vers 0.
– Soit v une suite réelle positive qui converge vers 0 et u P KN , l P K. Si Dn1 P N{@n ě n1 ,
|un ´ l| ă vn , alors u converge vers l.

Démonstration de la dernière observation Soit ε ą 0, on cherche n0 P N{@n ě n0 , |un ´ l| ď


ε. Or v converge vers 0 donc Dn2 P N{@n ě n2 ,|vn | “ vn ď ε. Pour n ě max pn1 , n2 q, |un ´ l| ď vn ď ε.

9.2.1.3 Exemples de suites convergentes


– Toute suite constante est convergente.
Soit u P KN constante : Dλ P K{@n P N, un “ λ. Alors u converge vers λ : @ε ą 0, @n P N,
ˆ 0˙
|un ´ λ| “ ď ε.
1
– La suite converge vers 0.
n nPN
1
Soit ε ą 0, on peut trouver du fait de l’archimédisme de R n0 P N{n0 ě (N n’est pas majorée
ˇ ˇ ε
1 1 ˇ1 ˇ
dans R). Ainsi, pour n ě n0 , n ě donc “ ˇˇ ´ 0ˇˇ ď ε.
ˆ ˙ ε n n
1
– Soit a P R, a ą 1. Alors converge vers 0.
an nPN ˇ ˇ
1 1 ˇ1 ˇ
Soit ε ą 0, Dn0 P N{@n ě n0 , a ě ą 0 donc n “ ˇˇ n ´ 0ˇˇ ď ε.
n
ε a a
– La suite pωn pxqqnPN b converge vers x.

9.2.2 Propriétés des suites convergentes


9.2.2.1 Limite d’une suite convergente

Soit u P KN une suite convergente. Alors il existe un unique l P K tel que u converge vers l.
l est alors la limite de u et se note lim un .
nÑ`8

a. Cette notation désigne le disque fermé de centre l et de rayon ε : D pl, εq “ tz P C| |z ´ l| ď εu


b. Voir la section 8.2.4.2 page 139.

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Chapitre 9 : Suites 147

Démonstration Soient l1 , l2 P K.
Supposons que u converge vers l1 et l2 , et montrons que l1 “ l2 . Soit ε ą 0 :
– Dn1 P N{@n ě n1 , |un ´ l1 | ď ε ;
– Dn2 P N{@n ě n2 , |un ´ l2 | ď ε.
Pour n ě max pn1 , n2 q,

|l1 ´ l2 | “ |l1 ´ un ` un ´ l2 |
“ |l1 ´ un ` pun ´ l2 q|
ď |l1 ´ un | ` |un ´ l2 |
ď ε`ε
ď 2ε

Ainsi, @ε ą 0, |l1 ´ l2 | ď 2ε donc @ε ą 0, |l1 ´ l2 | ď ε.

Petit lemme Soit x P R, @ε ą 0, x ă ε ô x ď 0. En effet :

ð « Obvious ! »
x
ñ Si x ą 0, alors 0 ă ă x, ce qui contredit l’assertion.
2

Ici, |l1 ´ l2 | ď 0 ñ l1 ´ l2 “ 0 ñ l1 “ l2 .

9.2.2.2 Remarques

– Soit u P RN , convergente et de limite l P R et α, β P R tels que α ă l ă β. Alors, Dn0 P N{@n ě n0 ,


un P rα, βs.
En effet, on choisit ε tel que l ´ ε ą α et l ` ε ă β. Alors, ε “ min pβ ´ l, l ´ αq donc Dn0 P
N{@n ě n0 , un P rl ´ ε, l ` εs Ă rα, βs.
l
˝ Si l ą 0, en choisissant α “ ą 0, on a un ě α ą 0 pour n assez grand.
2
l
˝ Si l ă 0, en choisissant β “ ą l, on voit que un ď β ă 0 pour n assez grand.
2
– Soit u P KN , l P K, M ą 0 et supposons que @ε ą 0, Dn0 P N{@n ě n0 , |un ´ l| ă M ε. Alors u
converge vers l.
ε1
En effet, soit ε1 ą 0 tel que ε “ donc Dn0 P N{@n ě n0 , |un ´ l| ď M ε “ ε1 donc @ε1 ą 0,
M
Dn0 P N{@n ě n0 , |un ´ l| ď ε1 .

9.2.2.3 Propriétés qualitatives

Théorème

Toute suite convergente est bornée.

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148 Analyse

Démonstration Soit u P KN convergente de limite l P K. Prenons ε “ 42 a . Alors Dn0 P N{@n ě


n0 , |un ´ l| ď 42. D’où pour n ě n0 ,
|un | “ |un ´ l ` l|
ď |un ´ l| ` |l|
ď 42 ` |l|
Soit par ailleurs M “ max p|u0 | , |u1 | , . . . , |un0 ´1 |q. Alors @n P N, |un | ď max pM, 42 ` |l|q.

Théorème

Soit u P KN convergente et de limite l P K, alors toute sous-suite de u converge vers l.

Démonstration Soit ϕ : N ÝÑ N strictement croissante et v telle que @n P N, vn “ uϕpnq .


Montrons que v converge vers l.
Soit ε ą 0, on cherche n0 P N{@n ě n0 , |vn ´ l| ď ε. u converge
ˇ vers ˇ l donc Dn1 P N{@n ě n1 ,
|un ´ l| ď ε. Prenons n0 “ n1 , pour n ě n0 , ϕ pnq ě n ě n0 donc ˇuϕpnq ´ lˇ ď ε ô |vn ´ l| ď ε.

Utilisation Ce théorème sert souvent à montrer qu’une suite est divergente : soit en exhibant
une sous-suite de u divergente, soit en exhibant deux sous-suites de u convergent vers des limites
différentes.

9.2.3 Opérations sur les suites convergentes


9.2.3.1 Résultats sur les opérations usuelles
Théorèmes généraux Soient u, v P KN des suites convergentes respectivement vers λ, µ P K, et
α P K. Alors :
(1) αu ` v converge vers αλ ` µ.
(2) uv converge vers λµ.
(3) |u| converge vers |λ|.
1 1 v µ
(4) Si @n P N, un ‰ 0 et λ ‰ 0, alors converge vers et converge vers .
u λ u λ

Démonstrations
(1) Soit ε ą 0, observons que pour n P N ,
|αun ` vn ´ pαλ ` µq| “ |α pun ´ λq ` pvn ´ µq|
ď |α| |un ´ λ| ` |vn ´ µ|
ď p|α| ` 1q ε
On sait que Dn1 P N{@n ě n1 , |un ´ λ ď ε| et Dn2 P N{@n ě n2 , |vn ´ µ| ď ε donc pour
n ě max pn1 , n2 q,
|αun ` vn ´ pαλ ` µq| ď |α| |un ´ λ| ` |vn ´ µ|
ď p|α| ` 1q ε
Donc @ε1 “ αε ` ε ą 0, Dn0 P N{@n ě n0 , |αun ` vn ´ pαλ ` µq| ď ε1 .
a. On peut ici prendre n’importe quel nombre positif. Pour ceux qui ne saisissent pas cette référence hautement
culturelle, 42 est dans The HitchHicker’s Guide to the Galaxy (ou H2G2 pour les intimes) la réponse à la question de la
Vie, de l’Univers et du Reste. La Terre est en effet un super ordinateur biologique conçu par les souris, en fait espèce la
plus évoluée de l’Univers, pour trouver l’énoncé de la susdite question correspondant à la réponse 42. On peut émettre
la supposition que cette question est « Quel est le produit de 6 et de 7 ? », mais elle ne satisfait guère l’attente que l’on
peut avoir vis-à-vis de la Vie, de l’Univers et du Reste.

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Chapitre 9 : Suites 149

(2) Pour n P N, on effectue le calcul préliminaire a suivant :

|un vn ´ λµ| “ |un vn ´ λvn ` λvn ´ λµ|


ď |un ´ λ| |vn | ` |λ| |vn ´ µ|

v est convergente donc bornée : DM P R` /@n P N, |vn | ď M . Soit ε ą 0, on peut trouver


n1 , n2 P N tels que @n P N,

n ě n1 ñ |un ´ λ| ď ε et n ě n2 ñ |vn ´ µ| ď ε

Donc @n ě max pn1 , n2 q, |un vn ´ λµ| ď pM ` |λ|q ε.


(3) @n P N, ||un | ´ |λ|| ď |un ´ λ|. Cette dernière expression tend en effet vers 0 lorsque n tend vers
`8.
(4) @n P N,
ˇ ˇ
ˇ 1 1 ˇˇ |un ´ λ|
ˇ
ˇ un ´ λ ˇ “ |λ| |un |

D’après p3q, |u| converge vers une limite strictement positive donc Dn1 P N{@n ě n1 , |vn | ě
|λ| |λ|
ą 0 car ă |λ|. Par ailleurs, soit ε ą 0, Dn2 P N{@n ě n2 , |un ´ λ| ď ε donc pour
2 2
n ě max pn1 , n2 q,
ˇ ˇ
ˇ 1 1 ˇ ε 2 2ε
ˇ ˇ
ˇ un ´ λ ˇ ď |λ| ¨ |λ| “ |λ|2

Théorème spécifique aux suites réelles Soient u, v P RN deux suites convergeant respectivement
vers les réels λ et µ. Alors :
(1) inf pu, vq converge vers min pλ, µq.
(2) sup pu, vq converge vers max pλ, µq.
En particulier, u` converge vers max pλ, 0q et u´ converge vers ´ min pλ, 0q.

Démonstration
1 1
inf pu, vq “ pu ` v ´ |u ´ v|q ÝÑ pλ ` µ ´ |λ ´ µ|q “ min pλ, µq
2 2

Et de façon analogue,

1 1
sup pu, vq “ pu ` v ` |u ´ v|q ÝÑ pλ ` µ ` |λ ´ µ|q “ max pλ, µq
2 2

Théorème spécifique aux suites complexes Soit z P CN et α, β P R tels que l “ α ` iβ. Posons
u “ ℜe pzq et v “ ℑm pzq. Alors :
#
u converge vers α
z converge vers l ô
v converge vers β

On remarque que si z P CN converge vers l P C, alors z converge vers l.

a. Les jeux de mots de M. Sellès deviennent ici sulfureux : ce samedi matin a été particulièrement prolifique.

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150 Analyse

Démonstration
ð Supposons que u et v convergent respectivement vers α et β. Or z “ u ` iv donc z converge vers
α ` iβ “ l.
ñ Si z converge vers α ` iβ, @n P N,

|un ´ α| “ |ℜe pzn ´ lq|


ď |zn ´ l| ÝÑ 0
nÑ`8

De même, v converge vers β.

Limite d’un produit de suites Soient u, v P KN . On suppose que u converge vers 0 et que v est
bornée. Alors, uv converge vers 0.

Démonstration Soit M ą 0{@n P N, |vn | ă M . Soit ε ą 0, u converge vers 0 donc Dn0 P N{@n ě
ε ε
n0 , |un | ď . D’où, pour n ě n0 , |un vn | ď ¨ M “ ε.
M M

9.2.3.2 Comportement des suites de référence


Suite géométrique de raison q Soit q P R et @n P N, un “ q n .
– Si |q| ą 1, alors @n P N, |un | “ |q|n . Soit a ą 1, alors @M P R, Dn P N{an ě M donc ici
@M ą 0, Dn P N{ |un | ě M donc u n’est ni bornée ni convergente.
– Si |q| ă 1, alors u converge vers 0. En effet :
˝ Si q “ 0, alors @n ě 1, un “ 0.
1 1
˝ Si q ‰ 0, alors a “ est bien défini et a ą 1 donc @ε ą 0, Dn0 P N{@n ě n0 , an ě . Pour
|q| ε
n ě n0 ,

an “ an´n0 an0
ě an0
1
ě ą0
ε
Ainsi, pour n ě n0 ,

|un ´ 0| “ |q|n
1

|a|n
ď ε

Théorème : convergence d’une suite u par l’étude ˆ du


˙ quotient de deux termes consécutifs
un`1
Soit u une suite de réels strictement positifs. Si converge vers une limite l ă 1, alors u
un nPN
converge vers 0.
ˆ ˙
un`1
Démonstration Soit ε ą 0 tel que 0 ă l ` ε ă 1a . converge vers l donc Dn0 P
un nPN
un`1 un`1
N{@n ě n0 , P rl ´ ε, l ` εs. Donc pour n ě n0 , ď l ` ε donc on a les inégalités suivantes :
un un
un0 `1 un `2 un
0ă ă l ` ε, 0 ă 0 ă l ` ε, . . . , 0 ă ă l ` ε,
un 0 un0 `1 un´1
1´l
a. On peut prendre par exemple ε “ .
2

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Chapitre 9 : Suites 151

En multipliant toutes ces inégalités entre elles, les termes se simplifient deux à deux et on obtient :
un
0ă ă pl ` εqn´n0
un0
Ainsi, pour tout n ě n0 ,
un0
un ď pl ` εqn
pl ` εqn0
un0
Soit α ą 0, on a pl ` εqn ÝÑ 0 donc pl ` εqn ÝÑ 0 donc Dn1 P N{@n ě n1 ,
nÑ`8 pl ` εqn0 nÑ`8

un0
pl ` εqn ď α
pl ` εqn0
Donc @n ě max pn0 , n1 q , 0 ă un ď α.

zn
Suite puissance sur factorielle Soit z P C, on pose pour tout n P N, un “ . Alors u converge
n!
vers 0.

Démonstration
– Si z “ 0, u converge vers 0 car un “ 0 @n P N˚ .
– Si z P C˚ , alors on pose v “ |u| donc @n P N,
|z|n
vn “ ą0
n!
vn`1 |z|
Or, “ ÝÑ 0 ă 1 donc, d’après le théorème énoncé ci-dessus, u converge vers 0.
vn n ` 1 nÑ`8

9.3 Notions spécifiques aux suites réelles et théorèmes afférents


9.3.1 Suites tendant vers l’infini
9.3.1.1 Définitions

(1) Soit a u P RN , u tend vers `8 si :

@M P R, Dn0 P N{@n ě n0 , un ě M

(2) u tend vers ´8 si :


@M P R, Dn0 P N{@n ě n0 , un ď M
a. On ne peut ici qu’admirer la richesse du vocabulaire employé par M. Sellès, qui éblouit du phare triomphant de sa
connaissance les pauvres ignorants que nous sommes. « Eh m’sieur ça veut dire quoi afférent ? T’as qu’à regarder dans
le dico ! Oh je suis en forme aujourd’hui... ».

On remarque aisément que u tend vers `8 si et seulement si ´u tend vers ´8.

9.3.1.2 Remarques
Soit u P RN .
(1) Si u tend vers ˘8, alors u n’est pas convergente et u n’est pas majorée ou minorée selon le cas.
(2) La suite pnqnPN tend vers l’infini. Si a ą 1, pan qnPN tend aussi vers `8.
(3) Soient u, v P RN . On suppose que Dn0 P N{@n ě n0 , un ď vn . Alors :
– Si u tend vers `8, alors v aussi.
– Si v tend vers ´8, alors u aussi.

2011-2012 Cours de mathématiques


152 Analyse

9.3.1.3 Théorèmes généraux


Soit u P RN , telle que u tend vers `8 et v une autre suite de réels.
(1) Si v est minorée, alors u ` v tend vers `8.
(2) On suppose que Dk ą 0, Dn0 P N{@n ě n0 , vn ě k a . Alors uv tend vers `8.
1
(3) Si @n P N, un ‰ 0 alors tend converge 0.
u
1
(4) Si @n P N, vn ą 0 et si v converge vers 0, alors tend vers `8.
v

Démonstrations
(1) Soit m P R{@n P N, vn ě m et M P R. Alors, Dn0 P N{@n ě n0 , un ě M ´ m. Pour n ě n0 ,

un ` vn ě M ´ m ` m “ M
M
(2) Soit M P R` , alors Dn1 P N{@n ě n1 , un ě d’où, pour n ě max pn0 , n1 q,
k
M
un vn ě ¨k “M
k
Donc @M P R` , DN P N{@n ě N, un vn ě M .

Remarques
– Si v converge, v est minorée.
– On ne peut rien affirmer de général sur u ` v lorsque v n’est pas minorée.
– Si v converge vers 0, on ne peut rien affirmer de général sur uv.
– Des théorèmes analogues existent lorsque u tend vers ´8.

9.3.2 Ordre et limites


9.3.2.1 Conservation des inégalités larges par passage à la limite

Soient u, v deux suites réelles convergentes. On suppose que Dn0 P N{@n ě n0 , un ď vn . Alors,

lim un ď lim vn
nÞÑ`8 nÞÑ`8

Démonstration Soit λ “ lim un et µ “ lim vn , supposons que µ ă λ.


Soit γ P sµ, λr, γ ą µ et v converge vers µ donc Dn1 P N{@n ě n1 , vn ď γ. De même, γ ă λ et u
converge vers λ donc Dn2 P N{@n ě n2 , un ě γ. Mais alors b , pour n ě max pn0 , n1 , n2 q , un ď vn et
vn ă γ ă un , ce qui est impossible.

Piège ! Les inégalités strictes ne se conservent en général pas par passage à la limite.

9.3.2.2 Théorème des gendarmes

Soient u, v, w P RN . On suppose que :


(1) Dn0 P N{@n ě n0 ,un ď vn ď wn
(2) Dl P R{ lim un “ lim wn “ l
Alors v converge vers l.

a. Cette condition se produit notamment si v converge vers une limite strictement positive ou si v tend vers `8.
b. « Mézalors ! »

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Chapitre 9 : Suites 153

Démonstration Soit ε ą 0.
u converge vers l donc Dn1 P N{@n ě n1 , un P rl ´ ε, l ` εs.
w converge vers l donc Dn2 P N{@n ě n2 , wn P rl ´ ε, l ` εs.
Pour n ě max pn0 , n1 , n2 q,
l ´ ε ď un ď vn ď wn ď l ` ε
Donc vn P rl ´ ε, l ` εs.

9.3.3 Suites monotones


9.3.3.1 Théorèmes

Soit u P RN .
(1) Si u est croissante et majorée, alors u converge vers l “ sup tun |n P Nu. Si u n’est pas majorée,
alors u tend vers `8.
(2) Si u est décroissante et minorée, alors u converge vers l “ inf tun |n P Nu. Si u n’est pas minorée,
alors u tend vers ´8.

Démonstration
(1) Supposons que u est majorée et croissante et soit l “ sup tun |n P Nu. Soit ε ą 0, l ´ ε ă l donc
l ´ ε ne majore pas tun |n P Nu donc Dn0 P N{l ´ ε ă un0 . Pour n ě n0 , l ´ ε ď un0 ď un ď l car
u est croissante et l majore tous les termes. Ainsi, @n ě n0 ,
un P rl ´ ε, l ` εs
Si u n’est pas majorée, soit M P R, alors Dn0 P N{un0 ě M . Pour n ě n0 , un ě un0 ě M .
(2) Démonstration analogue a .

Remarques Si u est strictement croissante et majorée, alors @n P N, un ă lim un car @n P N,


un ă un`1 ď lim un “ sup tun |n P Nu.

9.3.3.2 Exercices et résultats classiques


Étude de la série harmonique étendue Soit α ą 0. Pour n P N˚ , on pose
ÿn
1
un “
k“1

Montrons que si α ą 1, u converge et que si α ď 1, u tend vers `8.


1
Il est clair que u est croissante. De plus, x P R˚` ÞÑ α est continue, positive et décroissante. On
x
cherche maintenant à encadrer chaque terme de la suite par des intégrales : c’est la méthode de la
série intégrale.
On voit que pour t P rk, k ` 1s et k P N˚ ,
ż k`1 ż k`1 ż k`1
1 1 1 dt dt dt
ď α ď α ô α ď ď
pk ` 1qα t k k pk ` 1q k t α
k kα
ż k`1
1 dt 1
ô ď ď α
pk ` 1qα k t α k
En sommant toutes les inégalités obtenues pour k variant de 1 à n, on obtient :
ÿn ÿn ż k`1 ÿn ż n`1
1 dt 1 dt
α ď ď ô un`1 ´ 1 ď ď un
k“1
pk ` 1q k“1 k
t α
k“1
k α
1 tα

a. « But left to the reader ! »

2011-2012 Cours de mathématiques


154 Analyse

ż n`1 ż n`1 żn
dt dt dt
Donc, @n ě 1, un ě α
et un`1 ď 1 ` α
, ce qui équivaut à @n ě 2, un ď 1 ` α
. Cette
1 t 1 t 1 t
égalité est a posteriori valable pour n “ 1 : en effet, u1 ď 1. On obtient donc finalement, @n ě 1 :
ż n`1 żn
dt dt
α
ď un ď 1 ` α
1 t 1 t

– Supposons que α ą 1. On a, pour n ě 1,


żn „ 
´α 1 ´α`1 n
un ď 1 ` t d t ô un ď 1 ` t
1 1´α 1
ˆ ˙
1 1
ô un ď 1 ` 1´ α
α ´ 1 loooooooomoooooooon
n ´1
ď1
1
ñ un ď 1 `
α´1
un est majorée et croissante, elle converge.
– Supposons que α “ 1. Alors
ÿn
1
un “
k“1
k
Donc, pour n ě 1, ż n`1
dt
ď un ô ln pn ` 1q ď un
1 t
Or lim ln pn ` 1q “ `8 donc un tend vers `8.
nÑ`8
1 1
– Pour 0 ă α ă 1, on a, pour n ě 1 et k P v1, nw, ď α car α ă 1. D’où
k k
ÿn
1
un ě ÝÑ `8
k“1
k nÑ`8

Donc un tend vers `8.

Suites et moyennes Soient 0 ă a ă b. On définit deux suites u et v par u0 “ a, v0 “ b et @k P N,


? uk ` vk
uk`1 “ uk vk et vk`1 “
2
Montrons que les suites u et v sont bien définies. Soit Hk : « uk et vk existent et appartiennent à
R` ».
– H0 est vrai.
– Supposons que Hk est vrai pour un k P N. Alors de par leur expression, uk et vk sont bien définis
et appartiennent à R` .

Petit lemme @α, β P R` , on a a :


a α`β
αβ ď
2
a. Les expressions de uk et vk sont ceux des moyennes arithmétiques et géométrique de 2 réels. Soient a1 , a2 , . . . , an P
R` , On rappelle que :
– La moyenne arithmétique de ces réels est définie par :
a1 ` a2 ` ¨ ¨ ¨ ` an
ma “
n

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Chapitre 9 : Suites 155

α`β ? 1 `? ? ˘2
, effet, ´ αβ “ α ´ β ě 0.
2 2
Ici, @k ě 1, uk ď vk . Cette relation est a posteriori vraie pour k “ 0. Ainsi,

? 1
uk`1 “ uk vk ě uk et vk`1 “ puk ` vk q ď vk
2

Donc u et croissante et v est décroissante. On a même, @n P N,

u0 ď un ď un`1 ď vn`1 ď vn ď v0

u est croissante e tmajorée par v0 donc elle converge vers λ P R. De même, v est décroissante et
minorée par u0 donc elle converge vers µ P R.
Il est clair que pvk`1 qkPN converge vers µ a . Or, pour k P N,

1 1
vk`1 “ puk ` vk q ÝÑ pλ ` µq
2 nÑ`8 2

1
Par unicité de la limite d’une suite convergente, µ “ pλ ` µq ô λ “ µ. u et v convergent donc vers
2
la même limite.
Je note ici le programme Maple donné par le génial M. Sellès pour calculer le n-ième terme des
suitesu et v :

suite:=proc(a,b,n)
local u,v,k,temp:
u:=a:
v:=b:
for k from 1 to n do
temp:=u:
u:=sqrt(u*v):
v:=(temp+v)/2:
end do:
u,v;
end proc;

9.3.3.3 Raisonnement à retenir

– La moyenne géométrique de ces réels est définie par :


?
mg “ n
a1 a2 ¨ ¨ ¨ an

– Et pour ceux que ça intéresse, voici la moyenne harmonique, qui est en fait l’inverse de la moyenne arithmétique
des inverses :
n
mh “ n
ř 1
ak
k“1

a. On gardera ici en mémoire une magnifique citation :

« C’est quand c’est plus facile que c’est plus dur »

Adrien O., aussi connu sous le nom d’Aménofis


Lycée Saint-Louis, le 4/11/2011 à environ 11h15 en salle M069

2011-2012 Cours de mathématiques


156 Analyse

✬ ✩
Soient u, v P RN tels que @n P N,

u0 ď un ď un`1 ď vn`1 ď vn ď v0

Alors u est croissante et majorée par v0 donc elle converge vers une limite λ P R.
De même, v est décroissante et minorée par u0 donc elle converge vers µ P R.
✫ ✪
De plus, @n P N, un ď vn donc λ ď µ par passage à la limite de l’inégalité large.

9.3.3.4 Théorème des segments emboîtés

Soit pIn qnPN une suite de segments a telle que @n P N, In`1 Ă In . Alors :
Par conséquent,
Ş
(1) In est un segment non vide.
nPN
(2) Si
Şde plus on suppose que la longueur du segment In tend vers 0 lorsque n tend vers `8, alors
b

In est un singleton.
nPN

a. Un segment est un intervalle du type ra, bs avec a ď b.


b. La longueur du segment ra, bs est bien sûr b ´ a.

Démonstration Notons In “ ran , bn s avec an ď bn . Alors @n P N, an ď bn donc In`1 Ă In Ă I0


donc
a0 ď an ď an`1 ď bn`1 ď bn ď b0
Alors a est croissante et majorée par b0 donc elle converge vers une limite λ P R. De même, b est
décroissante et minorée par a0 donc elle converge vers µ P R.
De plus, @n P N, an ď bn donc λ ď µ par passage à la limite de l’inégalité large. Montrons que
č
In “ rλ, µs
nPN

ð Si ν P rλ, µs, on @n P N, an ď λ et bn ě µ donc

an ď λ ď ν ď µ ď bn
Ş
Donc ν P ran , bn s “ In donc ν P In .
nPN
Ş
ñ Si x P In , alors @m P N, x P Im donc am ď x ď bm donc λ ď x ď µ donc x P rλ, µs.
nPN
On suppose maintenant que bn ´ an ÝÑ 0. Or, d’après les théorèmes généraux, bn ´ an ÝÑ λ ´ µ.
nÑ`8 nÑ`8
Par unicité de la limite, λ ´ µ “ 0 ô λ “ µ. Ainsi, rλ “ µs “ tλu.

9.3.4 Suites adjacentes


9.3.4.1 Définition
On dit que u, v P RN sont adjacentes si :
(1) u est croissante et v est décroissante.
(2) u ´ v converge vers 0.

9.3.4.2 Théorème

Deux suites adjacentes sont toujours convergentes de même limite.

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Chapitre 9 : Suites 157

Démonstration Soient u, v P RN adjacentes et on suppose u croissante et v décroissante.

Lemme @p, q P N, up ď vq .
En effet , supposons le contraire : Dp, q P N tels que vq ă up . Pour n ě max pp, qq,

vn ď vq ă up ď un ñ un ´ vn ě up ´ vq ą 0

Si n tend vers `8, 0 ě up ´ vq ą 0, ce qui est impossible a .

Ici, on a donc @n P N :
u0 ď un ď un`1 ď vn`1 ď vn ď v0
Alors u est croissante et majorée par v0 donc elle converge vers une limite λ P R. De même, v est
décroissante et minorée par u0 donc elle converge vers µ P R.
De plus, @n P N, un ď vn donc λ ď µ par passage à la limite de l’inégalité large. Or u ´ v converge
vers 0 mais aussi b vers λ ´ µ d’après les théorèmes généraux. Par unicité de la limite d’une suite
convergente, λ ´ µ “ 0 ô λ “ µ.

9.3.5 Théorème de Bolzano-Weierstrass


9.3.5.1 Cas réel

Soit u P RN une suite bornée. Alors il existe une ` sous˘ suite de u qui converge. Ceci signifie que
Dl P R, Dϕ : N Ñ N strictement croissante tels que uϕpnq nPN converge vers l.

Démonstration Soient m, M P R tels que @n P N, m ď un ď M . On construit par récurrence deux


suites a et b avec :
– @n P N, an ď an`1 ď bn`1 ď bn
1
– @n P N, bn`1 ´ an`1 “ pbn ´ an q
2
– @n P N, tp P N|up P ran , bn su est une partie infinie de N.
a0 ` b0
Initialisation : On prend tout d’abord a0 “ m et b0 “ M . Soit c0 “ . Il est clair que
2
tp P N|up P ra0 , csu Y tp
looooooooooomooooooooooon P N|up P rc, b0 su “ N
loooooooooomoooooooooon
A B

N est infini donc A ou B sont infinis. Si A est infini, on prend a1 “ a0 et b1 “ c0 . Si B est infini,
on prend a1 “ c0 et b0 “ b1 .
Dans tous les cas :
– a0 ď a1 ď b1 ď b0
b0 ´ a0
– b1 ´ a1 “
2
– tp P N|up P ra1 , b1 su est infini.
Hérédité : Soit n P N˚ , supposons qu’on a construit

a0 ď a1 ď ¨ ¨ ¨ ď an ď bn ď ¨ ¨ ¨ ď b1 ď b0
a. Pour citer l’illustre M. Sellès, « aïe aïe aïe ! ».
b. « mézossi ! »

2011-2012 Cours de mathématiques


158 Analyse

1
tels que @k P v1, nw, bk`1 ´ ak`1 “ pbk ´ ak q et que @k P v0, nw, tp P N|up P rak , bk su est infini.
2
1
Construisons an`1 et bn`1 . Soit cn “ pan ` bn q. Alors
2

tp P N|up P ran , cn su Y looooooooooomooooooooooon


loooooooooooomoooooooooooon tp P N|up P rcn , bn su
An Bn

est infini donc An ou Bn est infini. Si An est infini, on prend an`1 “ an et bn`1 “ cn . Si Bn est
infini, on prend an`1 “ cn et bn`1 “ bn . On a bien dans tous les cas :
– an ď an`1 ď bn`1 ď bn
1
– bn`1 ´ an`1 “ pbn ´ an q
2
– tp P N|up P ran`1 , bn`1 su est infini.

Les deux suites sont maintenant construites. On construit alors par récurrence l’application ϕ : N ÝÑ
N strictement croissante telle que @n P N, uϕpnq P ran , bn s :
Initialisation : On prend ϕ p0q “ 0. En effet, u0 P rm, M s “ ra0 , b0 s.
Hérédité : Supposons avoir construit ϕ p0q ă ϕ p1q ă ¨ ¨ ¨ ă ϕ pnq pour n P N avec uϕpkq P rak , bk s
pour tout k P v1, nw. Alors tp P N|up P ran`1 , bn`1 su est infini donc il contient des éléments
strictement plus grand que ϕ pnq. On prend par exemple pour ϕ pn ` 1q le plus petit de ces
éléments.
a et croissante, b est décroissante et @n P N,

1
bn ´ an “ pb0 ´ a0 q ÝÑ 0
2n nÑ`8

Les suites a et b sont adjacentes donc elles convergent vers une limite commune λ P R. Or, @n P N,

an ď uϕpnq ď bn

Donc, d’après le théorème des gendarmes, uϕpnq converge vers λ.

9.3.5.2 Cas complexe

Soit u P CN une suite bornée, alors il existe une sous-suite de u qui converge.

Lemme N
` ˘Soient x,`yPR˘ des suites bornées. Alors il existe ϕ : N ÝÑ N strictement croissante telle
que xϕpnq nPN et yϕpnq nPN sont convergentes.
En effet, x est bornée donc d’après le cas réel
` du théorème
˘ de Bolzano-Weierstrass, il existe
ψ : N ÝÑ N strictement croissante telle que xψpnq nPN converge. La suite définie y 1 définie par
´ ¯
1 1
@n P N, yn “ yψpnq est bornée, donc il existe θ : N ÝÑ N strictement croissante telle que yθpnq
nPN
est convergente.
1
` ˘
Or, @n P N, yθpnq “ yψ˝θpnq et ϕ “ ψ ˝ θ est strictement croissante donc yϕpnq nPN converge. De
même, @n P N,
xϕpnq “ xψ˝θpnq “ x1θpnq
` ˘
Où @k P N, x1k “ xψpkq . Ainsi xϕpnq nPN est une sous-suite de px1n qnPN elle-même convergente, donc
` ˘
xϕpnq nPN converge.

Lycée Saint-Louis MPSI 2


Chapitre 9 : Suites 159

Démonstration du théorème Soient x, y P RN et u P CN telles que x “ ℜe puq et y “ ℑm puq. u


est bornée donc DM ě 0{@n P N, |un | ď M . Ainsi, pour n P N :
|xn | “ |ℜe puq| ď |un | ď M et |yn | “ |ℑm puq| ď |un | ď M
Donc x et
` y sont
˘ bornées. D’après le `lemme,˘ il existe ϕ : N ÝÑ N strictement croissante et α, β P R
tels que xϕpnq nPN converge vers α et yϕpnq nPN converge vers β. Alors, @n P N, uϕpnq “ xϕpnq ` iyϕpnq
donc u converge vers α ` iβ.

9.3.5.3 Suites de Cauchy


Définition

Soit u P KN . On dit que u est une suite de Cauchy ou que u vérifie le critère de Cauchy si

@ε ą 0, Dn0 P N{@n ě n0 , @m ě n0 , |un ´ um | ă ε

Théorème

Une suite converge si et seulement si elle vérifie le critère de Cauchy.

Démonstration
ñ Soit u P KN une suite convergente de limite l P K. Soit ε ą 0, u converge vers l donc Dn0 P N{@p ě
ε
n0 , |up ´ l| ď . Pour m ě n0 et n ě n0 ,
2
|un ´ um | “ |un ´ l ´ pum ´ lq|
ď |un ´ l| ` |um ´ l|
ε ε
ď ` “ε
2 2
ð Soit u une suite de Cauchy.
Étape 1 : Soit ε “ 42 a . Alors Dn0 P N{@n ě n0 , @m ě n0 , |un ´ um | ă 42. Pour n ě n0 , on a
donc :
|un | “ |un ´ un0 ` un0 |
ď |un ´ un0 | ` |un0 |
ď 42 ` |un0 | “ M1 ą 0
Donc u est bornée car @n P N, |un | ď max pM1 , |u0 | , |u1 | , . . . , |un0 ´1 |q.
Étape 2 : D’après le théorème de Bolzano-Weierstrass, on peut considérer qu’il existe une
sous-suite` de u ˘qui converge, donc que Dϕ : N ÝÑ N strictement croissante et l P K
tels que uϕpnq nPN converge vers l. Montrons que u converge vers l. Soit ε ą 0,
ε ˇ ˇ ε
Dn1 P N{@n ě n1 , ě n1 , |un ´ um | ď . De plus, Dn2 P N{@n ě n2 , ˇuϕpnq ´ lˇ ď .
2 2
Soit n0 “ max pn1 , n2 q. Pour n ě n0 ,
ˇ ` ˘ˇ
|un ´ l| “ ˇun ´ uϕpnq ` uϕpnq ´ l ˇ
ˇ ˇ ˇ ˇ
ď ˇun ´ uϕpnq ˇ ` ˇuϕpnq ´ lˇ
ε ε
ď ` “ ε car n ě n2 et ϕ pnq ě n ě n2
2 2
a. On peut bien entendu prendre ici n’importe quel nombre positif. Mais 42 étant la réponse à la question de la Vie,
de l’Univers et du Reste et les suites de Cauchy faisant partie du Reste, il était nécessaire que 42 apparaisse quelque
part. Voir la note a page 148 pour plus d’explications.

2011-2012 Cours de mathématiques


160 Analyse

9.4 Complément : suites récurrentes du type un`1 “ f pun q


9.4.1 Problème et angle d’attaque
On se donne D Ă R et f : D ÝÑ R une application au moins continue. On s’intéresse aux suites
définies par u P RN et u0 “ a P D (condition initiale) et @n P N, un`1 “ f pun q.
On a alors u1 “ f paq, u2 “ f ˝ f paq et @n P N, un “ f ˝n paq a .

Piège ! Il n’est pas toujours possible de définir une suite ainsi. On peut sortir du domaine ? de défini-
tion de f au bout
? d’un certain nombre de termes.?Par exemple, si D “ r2, 8r et f ptq “ t ´ 2, pour
a “ 18 : u1 “ 16 “ 4 est bien défini, mais u2 “ 2 R D donc on ne peut # définir u3 .
u0 “ a
Si f pDq Ă D, il n’y a pas de problème de définition : @a P D, la suite est bien
un`1 “ f pun q
définie. En particulier, si f : R ÝÑ R, il n’y a pas de problème de définition.
On supposera maintenant que f pDq Ă D. En pratique, D est une réunion finie d’intervalles.

Problème Quelle est la nature de la suite u suivant les valeurs de a ?

Recherche des points fixes de f On dit que x P D est un point fixe de f lorsque
# f pxq “ x.
u0 “ x
Si f admet un point fixe x, alors f pxq “ x puis f ˝f pxq “ x, la suite u définie par
un`1 “ f pun q
est constante et converge bien sûr vers x. #
u0 “ y
De même, si y P D vérifie f ˝k pyq “ x avec k P N˚ b , alors la suite est constante
un`1 “ f pun q
à partir du rang k.

Parties stables par f Soit X Ă D, tel que


# f pXq Ă X, X est donc stable par f .
u0 “ a
– Si a P X, alors tous les termes de la suite sont dans X. Ceci permet de réduire
un`1 “ f pun q
le domaine d’étude. #
u0 “ a
– Si a P DzX, posons u la suite . Supposons que Dn0 P N{un0 P X. Alors
un`1 “ f pun q
@n ě n0 , un P X. Le comportement de u à l’infini sera le même que celui de la suite pun qněn0 .

9.4.2 Comportement à l’infini


9.4.2.1 Limites éventuelles en cas de convergence
#
u0 “ a
Soit a P D et u la suite définie par . Supposons que u converge vers l P D c .
un`1 “ f pun q
Alors f plq “ l, c’est-à-dire que l est un point fixe par f .

Démonstration La suite pun`1 q converge aussi vers l et @n P N, un`1 “ f pun q. u converge vers
l et f est continue donc f pun q ÝÑ f plq, donc , par unicité de la limite d’une suite convergente,
nÑ`8
l “ f plq.

a. Cette notation signifie : flooooooomooooooon


˝ f ˝ ¨ ¨ ¨ ˝ f paq
n fois
b. y est un antécédent plus ou moins lointain de x par f .
c. Si u P DN converge vers l avec D fermé, alors l P D.

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Chapitre 9 : Suites 161

Bilan Si u converge vers l R D, alors l P Adh pDq donc les limites éventuelles d’une telle suite sont
à rechercher parmi :
– Les points fixes de D.
– Les points adhérents à D qui ne lui appartiennent pas.

9.4.2.2 Représentation graphique des termes de la suite

u1
u3
u5

u4
u2

u0 u2 u4 u5u3 u1

Figure 9.1 – Représentation d’une convergence dite en « escargot »

On commence par dessiner Γf et la première bissectrice d’équation y “ x. Soit x P D, on commence


par tracer la verticale passant par px, 0q. L’ordonnée du point d’intersection de Γf avec cette verticale
donne u1 , que l’on reporte sur la première bissectrice en traçant l’horizontale passant par le point
d’ordonnée u1 . Puis on trace la verticale passant par le point de coordonnées pu1 , u1 q,... Les points de
la suite sont les abscisses successives des points de cette construction.
Voir figures 9.1 et 9.2 page suivante pour des exemples.

9.4.2.3 Monotonie éventuelle de u


#
u0 “ a
Soit u : donc @k P N, uk`1 ´ uk “ f puk q ´ uk .
un`1 “ f pun q
Propriétés
– Si @x P D, f pxq ´ x ď 0, alors u est décroissante.
– Si @x P D, f pxq ´ x ě 0, alors u est croissante.
– Si X Ă D est f -stable, f pxq ´ x est de signe constant sur X et a P X, alors u est monotone. Si
de plus, X est borné, alors u est monotone bornée donc converge.
– En pratique, la recherche de points fixes de f conduit à l’étude de g : x P D ÞÝÑ f pxq ´ x.
Généralement, il y a un nombre fini de points fixes par f dans D. g est continue et s’annule

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162 Analyse

u5
u4

u3

u2
~
j

u1

0 u0 u1 ~
i
u2 u3 u4u5

Figure 9.2 – Représentation d’une convergence dite « en escalier ».

un nombre finie de fois, donc g est de signe constant sur certains sous-intervalles de D. Il faut
regarder si ces sous intervalles sont stables par f .
#
u0 “ a P R
Exemple Étudier . On a D “ R et f : t P R ÞÝÑ te´t . Alors @t P R, f ptq ´ t “
un`1 “ un e´un
` ´t ˘
t e ´ 1 , donc

f ptq ´ t “ 0 ô t “ 0 ou e´t ´ 1 “ 0
ô t“0

0 est donc l’unique point fixe par f de R.


– Pour t ă 0, f ptq ´ t ă 0.
– Pour t ą 0, f ptq ´ t ă 0.
R` et R´ sont donc stables par f . Supposons que u converge. Alors un ÝÑ 0.
nÑ`8
– Si a “ 0, alors @n P N, un “ 0.
– Si a ą 0, alors R` est stable par f donc un ě 0 pour tout n P N. De plus @t ą 0, f ptq ´ t ă 0
donc u est décroissante minorée, elle converge vers 0.
– Si a ă 0, R´ est stable par f donc @n P N, un ď 0. De plus @t ď 0, f ptq ´ t ď 0 donc u est
décroissante donc @n P N, un ď u0 ă 0 donc pun q ne peut pas converger vers 0 donc elle diverge.
Comme u est décroissante, elle tend vers ´8.

Retour au cas général Supposons que f est monotone sur X oùX Ă D est f -stable, et a P X.

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Chapitre 9 : Suites 163

– Si f est croissante, alors :


˝ Si a ď f paq ñ u0 ď u1 donc u1 ď u2 car f est croissante donc @n P N, un`1 ě un donc u est
croissante.
˝ Si a ě f paq, alors u est décroissante.
– Si f est décroissante, soit pour tout n P N, vn “ u2n et wn “ u2n`1 . v0 “ a et w0 “ f paq, et
@n P N :
vn`1 “ f ˝ f pvn q et wn`1 “ f ˝ f pwn q
Si on pose g “ f ˝ f , alors g est croissante donc v et w sont monotones. De plus

vn ď vn`1 ô u2n ď u2n`2


ô f pu2n q ě f pu2n`2 q
ô u2n`1 ě u2n`3
ô wn ě wn`1

v et w sont donc de monotonies opposées.

9.4.2.4 Cas où f est contractante et où D est un segment


On a donc D “ ra, bs, a, b P R et f : D ÝÑ D contractante a . Alors :
(1) f admet un unique point fixe l P ra, bs.
#
u0 “ x
(2) dox P D, alors u : converge vers l.
un`1 “ f pun q

Démonstration
(1) f est contractante donc lipschitzienne donc continue. L’application

g : ra, bs ÝÑ R
t ÞÝÑ f ptq ´ t

est continue et g paq “ f paq ´ a ě 0 et g pbq “ f pbq ´ b ď 0. Ainsi, d’après le théorème des
valeurs intermédiaires, g s’annule au moins une fois donc Dl P ra, bs {f plq “ l. Supposons que
l1 P ra, bs est un autre point fixe par f . Or f est contractante donc Dk P r0, 1r tel que @s, t P ra, bs,
|f psq ´ f ptq| ď k |s ´ t| donc
ˇ ˇ ˇ ` ˘ˇ
ˇl ´ l1 ˇ “ ˇf plq ´ f l1 ˇ
ˇ ˇ
ď k ˇl ´ l1 ˇ

Donc p1 ´ kq |l ´ l1 | ď 0 et 1 ´ k ą 0 donc l ´ l1 “ 0 ô l “ l1 .
(2) @n P N,

|un`1 ´ l| “ |f pun q ´ l|
ď |f pun q ´ f plq|
ď k |un ´ l|

On montre donc par récurrence que, @n P N, |un ´ l| ď kn |u0 ´ l|. Or kn ÝÑ 0 donc u


nÑ`8
converge vers l.
a. Ces notions seront définies dans le chapitre traitant des fonctions continues. Voir la section 11.1.1 page 176 pour
la définition de ces différents termes.

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164 Analyse

#
u0 “ a
Exemple Soit a P r0, 1s. Étudier la suite définie par
un`1 “ cos un
– cos est continue, décroissante sur r0, 1s et cos pr0, 1sq “ rcos 1, cos 0s Ă r0, 1s. Ainsi, @n P N,
un P r0, 1s.
– cos est dérivable sur r0, 1s et @t P r0, 1s,
ˇ 1 ˇ
ˇcos tˇ “ |sin t| ď sin 1 ď 1

Ainsi, pour 0 ď x ď y ď 1 :
ˇż y ˇ
ˇ ˇ
|cos x ´ cos y| “ ˇˇ sin tdtˇˇ
ż yx
ď sin 1dt
x
ď sin 1 py ´ xq
ď sin 1 |y ´ x|
Donc @x, y P r0, 1s, |cos x ´ cos y| ď sin 1 |x ´ y| et sin 1 P r0, 1s donc cos est contractante donc
cos admet un unique point fixe l par f et u converge vers l.

9.4.3 Exemple développé


Soit a P R, on étudie la suite u définie par
#
u0 “ a
4´u2n
un`1 “ 3

Étude préliminaire Soit


f : R ÝÑ R
2
t ÞÑ 4´t
3
définie sur R, continue et dérivable, donc u est bien définie. Étudions f . Il est clair que f tend vers ´8
2
lorsque t tend vers ˘8, et pour tout t P R, f 1 ptq “ ´ t donc f est décroissante sur R` et croissante
3
sur R´ .
Soit
g ptq “ f ptq ´ t
1 4
“ ´ t2 ´ t `
3 3
1` ˘
“ ´ t2 ` 3t ´ 4
3
1
“ ´ pt ´ 1q pt ` 4q
3
Les points fixes de g sont donc 1 et ´4. f est paire donc f p´1q “ 1 et f p4q “ ´4. Si u converge vers
l P R, alors l P t1, ´4u.

t 1 4 2 1 0 1 2 4 + 1
f (t) t 0 + + + + 0

f 0 (t) + + + + 0

f (t) 1 4 0 1
4
3
1 0 4 1

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Chapitre 9 : Suites 165

Différenciation selon les valeurs de a „ 


4
– On note que r0, 2s est stable par f : f pr0, 2sq “ 0, Ă r0, 2s et f est décroissante sur r0, 2s. Si
3
a P r0, 2s alors pu2n`1 q et pu2n q sont monotones de monotonies opposées et @n P N, un P r0, 2s.
Les deux suites sont de plus bornées donc elles convergent toutes les deux. Posons @n P N,
vn “ u2n et wn “ u2n`1 . On a alors pour tout n P N, vn`1 “ f ˝ f pvn q et wn`1 “ f ˝ f pwn q. v
et w convergent vers un point fixe de f ˝ f appartenant à r0, 2s. Quels sont les points fixes de
f ˝ f ? Soit P ptq “ f ˝ f ptq ´ t. Tout point fixe de f est aussi un point fixe de f ˝ f donc, @t P R :
˜ ˆ ˙2 ¸
1 4 ´ t2
P ptq “ 4´ ´t
3 3
ˆ ˙
1 1` 2 4
˘
“ 4´ 16 ´ 8t ` t ´t
3 9
1 ` ` ˘ ˘
“ 36 ´ 16 ´ 8t2 ` t4 ´ 27t
27
1 ` 4 ˘
“ ´t ` 8t2 ´ 27t ` 20
27
1 ` ˘
“ pt ´ 1q pt ` 4q ´t2 ` 3t ´ 5
27
Or ´t2 ` 3t ´ 5 n’admet pas de racines réelles donc les points fixes de f ˝ f sont 1 et ´4. Or
´4 R r0, 2s et 1 P r0, 2s donc v et w convergent vers 1, donc u converge vers 1.
– Si a P r´2, 0s, alors f paq P r0, 2s donc on est ramené au cas précédent. u converge vers 1.
– Supposons que a P s´8, ´4r. s´8, ´4s est stable par f et @t P s´8, ´4s, f ptq ´ t ď 0 donc
@n P N, un P s´8, ´4s et u décroît donc un ď a ă ´4 donc u ne peut converger vers ´4 ou 1.
Donc u diverge et u est décroissante donc elle tend vers ´8.
– Si a P s4, `8r, alors f paq P s´8, ´4r donc :
˝ Si f paq “ ´4, alors u converge vers ´4.
˝ Si f paq ‰ ´4, alors u tend vers ´8.
– Si a P t˘1u, u converge vers 1.
– Si a P t˘4u, alors u converge vers ´4. „ 
4
– Si a P s´4, ´2r Ă r´4, 2s, alors f pr´4, 2sq “ ´4, Ă r´4, 2s donc @n P N, un P r´4, 2s
3
. Montrons que DN P N, un P r´2, 2s. Si cela est vrai, alors puN `k qkPN converge vers 1 donc
u converge vers 1. Supposons au contraire que @k P N, uk R r´2, 2s. On a donc @k P N,
uk P r´4, ´2s. Or @t P r´4, ´2s, f ptq ´ t ě 0 donc u est croissante majorée par ´2 donc elle
converge vers 1 ou ´4. Ces deux cas étant impossibles, l’hypothèse est fausse donc u converge
vers 1.
– Si a P s2, 4r, u1 “ f paq P s´4, 0r donc, d’après le cas précédent, u converge vers 1.

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Chapitre 10

Initiation à la topologie dans R et C

Sommaire
10.1 Voisinages . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 168
10.1.1 Définitions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 168
10.1.1.1 Notations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 168
10.1.1.2 Définition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 168
10.1.1.3 Exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 168
10.1.2 Propriétés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 168
10.1.2.1 Réunions, intersection . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 168
10.1.2.2 Formulation topologique de la convergence des suites . . . . . . . . . 169
10.2 Parties ouvertes et fermées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 169
10.2.1 Définitions, exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 169
10.2.1.1 Définitions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 169
10.2.1.2 Exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 169
10.2.2 Propriétés, exemple . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 170
10.2.2.1 Propriétés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 170
10.2.2.2 Exemple . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 170
10.3 Adhérence, intérieur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 170
10.3.1 Définitions, remarques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 170
10.3.1.1 Définitions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 170
10.3.1.2 Remarques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 171
10.3.1.3 Exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 171
10.3.2 Théorèmes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 171
10.3.2.1 Caractérisation séquentielle de l’adhérence . . . . . . . . . . . . . . . 171
10.3.2.2 Caractérisation de l’intérieur et l’adhérence . . . . . . . . . . . . . . . 171
10.3.2.3 Fermeture et convergence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 172
10.3.3 Parties compactes de K . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 173
10.3.3.1 Définition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 173
10.3.3.2 Théorème . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 173

167
168 Analyse

10.1 Voisinages
cns la suite, K désigne R ou C.

10.1.1 Définitions
10.1.1.1 Notations

Si x P K et ε P R˚` , alors on note

VK px, εq “ ty P K| |y ´ x| ď εu

– Si K “ R, x P R et ε ą 0, alors VK px, εq “ rx ´ ε, x ` εs.


– Si K “ C, z P C et ǫ ą 0, alors VK pz, εq “ D pz, εq a .

10.1.1.2 Définition

Soit x P K, A Ă K. On dit que A est un voisinage de x dans K s’il existe ε ą 0 tel que

VK px, εq Ă A

10.1.1.3 Exemples
„ 
1 1 1 1 1
– r0, 1r est un voisinage de dans R car ´ , ` Ă r0, 1r. Par contre, r0, 1r n’est pas un
2 2 4 2 4
voisinage de 0 dans R car @ε ą 0, r´ε, εs contient des réels strictement négatifs donc n’est pas
inclus dans r0, 1r.
– r´1, 1s n’est pas un voisinage de 0 dans C car @ε ą 0, iε P D p0, εq mais iε R r´1, 1s.
– Un intervalle ouvert est un voisinage de chacun de ses points.
En
” effet, soient a, b P R tels que a ă b et c P sa, br. Posons α “ min pc ´ a, b ´ cq, alors
α αı
c ´ ,c ` est inclus dans sa, br.
2 2

10.1.2 Propriétés
10.1.2.1 Réunions, intersection

On notera VK pxq l’ensemble des voisinages de x dans K.


– Si A P VK pxq et A Ă B, alors B P VK pxq.
– Une réunion quelconque de voisinages de x est également voisinage de x.
– Une intersection finie de voisinages de x reste un voisinage de x.
En effet, soit n P N˚ , A1 , A2 , . . . , An P VK . Alors pour tout i P v1, nw, il existe un εi ą 0 tel que
VK px, εi q Ă Ai . Soit ε “ min tεi |i P v1, nwu. Alors @i P v1, nw, ε ď εi donc Vk px, εq Ă VK px, εi q Ă
Ai donc
čn
VK px, εq Ă Ai
i“1

a. C’est le disque fermé (bord compris) de centre z et de rayon ε, en assimilant les nombres complexes à des affixes
de points dans le plan complexe.

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Chapitre 10 : Topologie 169

Piège ! Une„ intersection


 infinie de voisinages peut ne pas être un voisinage.
č 1 1
En effet, ´ , “ t0u R VK p0q.
ně1
n n

10.1.2.2 Formulation topologique de la convergence des suites

Soit u P KN , l P K. u converge vers l si et seulement si :

@V P VK plq , Dn0 P N{@n ě n0 , un P V

Démonstration
ñ Soit V P VK plq, alors Dε ą 0, VK pl, εq Ă V . De plus u converge vers l donc Dn0 P N{@n ě n0 ,
|un ´ l| ď ε donc un P VK pl, εq Ă V .
ð Soit ε ą 0 et V “ VK pl, εq. V est un voisinage de l dans K donc Dn0 P N{@n ě n0 , un P V ô
|un ´ l| ď ε

10.2 Parties ouvertes et fermées


10.2.1 Définitions, exemples
10.2.1.1 Définitions
Soit A Ă K.
(1) A est un ouvert de K si A est voisinage de chacun de ses points.
(2) A est fermé si KzA est ouvert.

10.2.1.2 Exemples
– ∅ est toujours ouvert et fermé dans K.
– K est toujours ouvert et fermé dans K.
– K “ R, r0, 1r n’est ni ouvert ni fermé car r0, 1r n’est pas voisinage de 0 et Rz r0, 1r “ s´8, 0r Y
r1, `8r n’est pas voisinage de 1 donc pas ouvert.
– Tout intervalle ouvert de R est un ouvert.
– @x P C, @ε ą 0, VC px, εq a est un ouvert de C.
En effet, soit y P D px, εq, alors |x ´ y| ă ε. Posons r “ ε ´ |x ´ y| ą 0. Soit z P D py, rq, alors
|y ´ z| ă r d’où :

|x ´ z| “ |x ´ y ` y ´ z|
ď |x ´ y| ` |y ´ z|
ď |x ´ y| ` r “ ε
´ r¯
Ainsi D py, rq Ă D px, εq d’où D y, Ă D px, εq donc D px, εq est un voisinage de y. D px, εq
2
est un voisinage de chacun de ses points donc c’est un ouvert.
– Soit x P K et A Ă K. Alors A est voisinage de x dans K si et seulement si

Dε ą 0{VK px, εq Ă A

En effet :
´ ε¯
ð VK x, Ă VK px, εq Ă A.
2
a. VC px, εq est le disque ouvert D px, εq “ tz P C| |z ´ x| ă εu.

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170 Analyse

ñ Dε ą 0 tel que VK px, εq Ă A d’où VK px, εq Ă A.


– D px, εq est un fermé dans C.
En effet, soit ε ą 0, x P C, y P CzD px, εq et r “ |y ´ x| ą 0. Soit z P D py, rq. Montrons que
z P CzD px, εq ô |x ´ y| ě ε.

|x ´ z| “ |x ´ y ` y ´ z|
ě ||x ´ y| ´ |y ´ z||
ě |y ´ x| ´ |y ´ z|
ą |x ´ y| ´ r “ ε

Donc D py, rq Ă CzD px, rq.


– Q n’est ni ouvert ni fermé dans R, de même que RzQ.
En effet, Q n’est voisinage d’aucun de ses points dans R car Q ne peut contenir aucun intervalle
non-trivial de R. De même, RzQ n’est voisinage d’aucun de ses points.

10.2.2 Propriétés, exemple


10.2.2.1 Propriétés
(1) Une réunion quelconque d’ensembles ouverts est un ouvert.
(2) Une intersection quelconque de fermés est un fermé.
(3) Une intersection finie d’ouverts est un ouvert.
(4) Une réunion finie de fermés est un fermé.

Démonstrations
ď
(1) Soit pOi qiPI une famille d’ouverts de K et O “ Oj . Soit x P O, alors Di P I tel que x P Oi . Oi
jPI
est ouvert donc est voisinage de x. De plus Oi Ă O donc O est voisinage de x. O est voisinage
de chacun de ses points donc O est ouvert.
˜ ¸
č ď
(2) S pFi qiPI est une famille de fermés dans K. Alors Oi “ KzFi est ouvert pour i P I, et Kz Fi “ Oi
iPI iPI
est ouvert.

10.2.2.2 Exemple
Tout ensemble fini de K est un fermé.
En
ďeffet, soit A un sous-ensemble fini de K. Si x P K, alors txu est fermé car Kz txu est ouvert.
A“ txu est une réunion finie de fermés donc A est fermé.
xPA

10.3 Adhérence, intérieur


10.3.1 Définitions, remarques
10.3.1.1 Définitions
(1) Soit A Ă K et x P K. x est intérieur à A si A est voisinage de x.
˝
(2) L’ensemble des points intérieurs à A s’appelle l’intérieur de A et se note Int pAq ou A.
(3) x est un point adhérent à A si @V P VK pxq, V X A ‰ ∅.
(4) L’ensemble des points adhérents à A est l’adhérence de A et se note Adh pAq ou A.

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Chapitre 10 : Topologie 171

10.3.1.2 Remarques
– Int pAq Ă A Ă Adh pAq
– On a :
x est adhérent à A ô @ε ą 0, VK px, εq X A ‰ ∅
ô @ε ą 0, Da P A{ |x ´ a| ď ε
En effet, démontrons la première équivalence :
ñ Soit ε ą 0. VK px, εq est un voisinage de x donc VK px, εq X A ‰ ∅ si x P Adh pxq.
ð Soit V P VK pxq, Dε ą 0 tel que VK px, εq Ă V et A X V Ą V K px, εq X A
loooooomoooooon
‰∅

10.3.1.3 Exemples
– K “ R, A “ r0, 1r. Alors Int pAq “ s0, 1r car A n’est pas voisinage de 0, mais est voisinage de
chacun de ses autres points. Adh pAq “ r0, 1s.
– K “ R, A Ă R.
˝ Si A est majorée, alors sup A P Adh pAq.
˝ Si A est minorée, alors inf A P Adh pAq.

10.3.2 Théorèmes
10.3.2.1 Caractérisation séquentielle de l’adhérence

Soit A Ă K, x P K. Alors :

x P Adh pAq ô D pan qnPN P AN qui converge vers x

Démonstration
ñ Supposons que x P Adh pAq. @ε ą 0, Daε P A tel que |x ´ aε | ď ε. En particulier, @n P N, Dan P A
tel que |x ´ an | ď 2´n . Ainsi a est une suite de points de A qui converge vers x.
ð Soit pan qnPN P AN qui converge vers x et V P VK pxq. Alors Dn0 P N{@n ě n0 , an P V . Pour
n ě n0 Dean P V X A ‰ ∅.

10.3.2.2 Caractérisation de l’intérieur et l’adhérence


Soit A Ă K.
(1) Int pAq est ouvert dans K, c’est même le plus grand ouvert contenu dans A.

A est ouvert ô A “ Int pAq

(2) Adh pAq est fermé dans K. C’est le plus petit fermé de K qui contient A.

A est fermé ô A “ Adh pAq

Démonstration
(1) – Si Int pAq “ ∅, il est ouvert.
– Supposons que Int pAq ‰ ∅. Soit x P Int pAq, montrons que Int pAq est voisinage de x. A est
voisinage de x donc Dε ą 0 tel que looomooon
VK px, εq Ă A. Si y P VK px, εq, VK px, εq est un voisinage de
ouvert
y donc A aussi a . Ainsi, y P Int pAq donc VK px, εq Ă A et Int pAq est au voisinage de x.
a. « Comme Félicie ». Ce trait d’esprit de la part de M. Sellès se passe de commentaire.

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172 Analyse

– Soit O a un ouvert de K tel que O Ă A. Si x P O, O est un voisinage de x donc A aussi et


x P Int pAq donc O Ă Int pAq.
– ñ Si A est ouvert, A est un ouvert contenu dans A donc il est contenu dans son intérieur. De
plus, Int pAq est toujours inclus dans A.
ð Int pAq est ouvert...
(2) – Si Adh pAq “ K, Adh pAq est fermé.
– Supposons que Adh pAq Ĺ K et montrons que KzAdh pAq est ouvert. Soit x R Adh pAq, alors
il existe V P VK pxq tel que V X A “ ∅. Soit ε ą 0, looomooon
VK px, εq Ă V . Si y P VK px, εq, VK px, εq est
ouvert
un voisinage de y tel que pVK px, εq X Aq Ă pV X Aq “ ∅ donc y n’est pas adhérent à A donc

VK px, εq Ă KzAdh pAq

Donc KzAdh pAq est voisinage de x, donc KzAdh pAq est ouvert.
– Soit F un fermé qui contient A. O “ KzF est un ouvert de K. Si x P O, O est voisinage de
x donc O X F “ ∅ donc O X A “ ∅ : x n’est pas adhérent à A donc O Ă KzAdh pAq donc
Adh pAq Ă F .
– ñ Si A est fermé, A est un fermé de K qui contient A donc il contient son adhérence. L’in-
clusion inverse est toujours vraie.
ð Si A “ Adh pAq, A est toujours fermé car Adh pAq est fermé.

Remarques
– Adh pAdh pAqq “ Adh pAq et Int pInt pAqq “ Int pAq.
– Int pQq “ ∅, Adh pQq “ R.
– Pour a, b P R tels que a ă b alors
$ $

’ Int psa, brq ’
’ Adh psa, brq

’ ’

&Int pra, brq &Adh pra, brq
sa, br “ et ra, bs “
’Int psa, bsq
’ ’
’ Adh psa, bsq

’ ’

%Int pra, bsq %Adh pra, bsq

` ˘
– Adh pVK px, εqq “ VK px, εq et Int VK px, εq “ VK px, εq
– Si A Ă B, alors Adh pAq Ă Adh pBq et Int pAq Ă Int pBq.

10.3.2.3 Fermeture et convergence

Soit A Ă K , A est fermé si et seulement si pour toute suite pan q P AN qui converge vers l P K, on a
lim an P A.
nÑ`8

Démonstration
ñ Soit a P AN une suite convergente, et posons x “ lim an . Alors x est limite d’une suite de points
de A donc x adhère à A donc x P A car Adh pAq “ A (A est fermé).
ð Soit x P Adh pAq, x est limite d’une suite de points de A donc x P A donc Adh pAq Ă A. L’inclusion
inverse étant toujours vraie, Adh pAq “ A donc A est fermé.

a. « O comme Olivier. Merveilleux prénom, n’est-ce pas ? ». Il est inutile de préciser que M. Sellès allie l’humilité à
l’humour.

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Chapitre 10 : Topologie 173

10.3.3 Parties compactes de K


10.3.3.1 Définition

Soit Λ Ă K. Λ est compacte si pour toute suite pxn q P ΛN , il existe une sous-suite de pxn q qui converge
vers un élément de Λ.

10.3.3.2 Théorème

Soit Λ Ă K. Λ est compacte si et seulement si Λ est fermée et bornée.

Démonstration
ñ – Montrons que Λ est bornée. Supposons qu’elle ne l’est pas. Alors @n P N, D pxn q P ΛN telle que
|xn | ą n. pxn q est une
ˇ suite
ˇ d’éléments de `Λ. Si ϕ˘ : N ÝÑ N est une application strictement
croissante, @n P N, ˇxϕpnq ˇ ě |xn | ą neronc xϕpnq n’est pas bornée donc par convergente. Ce
qui voudrait dire qu’aucune sous-suite de x n’est convergente, ce qui est impossible.
– Montrons que Λ est fermé. Soit a une suite convergente d’éléments de Λ. Montrons que lim an P
Λ. Soit x “ lim an P K, Λ est compacte donc il existe une sous-suite de a qui converge vers
vers un élément y P Λ. Mais comme a converge, cette sous-suite converge aussi vers x donc
x “ y P Λ par unicité de la limite d’une suite convergente.
ð Soit x P ΛN , Λ est bornée donc DM P R{@y P Λ, |y| ď M . Ainsi, @n P N, xn P Λ donc |xn | ď M .
D’après le` théorème
˘ de Bolzano-Weierstrass, il existe ϕ : N ÝÑ N strictement croissante
telle que xϕpnq nPN converge vers l P K. l est limite d’une suite d’éléments de Λ donc l P
Adh pΛqor Λ est fermé donc l P Λ.

Exemples
– Pour a, b P R, a ă b, ra, bs est une partie compacte de R et de C.
– Pour z P C, r ą 0, D pz, rq est une partie compacte de C.
– Une réunion finie de parties compactes est une partie compacte.

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Chapitre 11

Fonctions continues

Sommaire
11.1 Définitions, généralités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 176
11.1.1 Continuité : définitions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 176
11.1.1.1 Théorème et définition de la continuité . . . . . . . . . . . . . . . . . 176
11.1.1.2 Fonctions lipschitziennes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 176
11.1.1.3 Fonctions uniformément continues . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 177
11.1.2 Continuité : théorèmes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 178
11.1.2.1 Théorème de Heine . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 178
11.1.2.2 Théorèmes généraux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 178
11.1.2.3 Image d’une partie compacte . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 179
11.2 Théorème des valeurs intermédiaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 180
11.2.1 Énoncés et démonstrations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 180
11.2.1.1 Énoncés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 180
11.2.1.2 Démonstrations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 180
11.2.2 Corollaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 181
11.2.2.1 Image d’un segment par une application continue . . . . . . . . . . . 181
11.2.2.2 Petit problème . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 182
11.2.2.3 Autre version du théorème des valeurs intermédiaires . . . . . . . . . 182
11.3 Complément : résultats sur la continuités des fonctions à variable complexe182
11.3.1 Généralités sur la continuité dans C . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 182
11.3.1.1 Définition de la continuité dans C . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 182
11.3.1.2 Théorèmes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 182
11.3.2 Théorème de D’Alembert-Gauss . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 182

175
176 Analyse

11.1 Définitions, généralités


Dans la suite, K “ R ou C.

11.1.1 Continuité : définitions


11.1.1.1 Théorème et définition de la continuité
Soit D P R, f : D ÝÑ K.
(1) Soit x0 P D. f est continue au point x0 si f vérifie au moins une des assertions équivalentes
suivantes :
(a) @ε ą 0, Dα ą 0, @x P D, |x ´ x0 | ď α ñ |f pxq ´ f px0 q| ď ε
(b) @V P VK pf px0 qq, DU P VR px0 q, f pU X Dq Ă V .
(c) @u P D N convergente vers x0 , f pun q converge vers x0 .
(2) f est continue sur D si @x P D, f est continue en x. On note C pD, Kq l’ensemble des fonctions
continue de D dans K.

Démonstration On montrera que paq ñ pbq, puis que pbq ñ pcq et enfin que pcq ñ paq.
paq ñ pbq Soit V P VK pf px0 qq, Dε ą 0, VK pf px0 q , εq Ă V . On peut trouver d’après paq un α ą 0
tel que @x P D, |x ´ x0 | ď α ñ |f pxq ´ f px0 q| ď ε. Soit U “ rx0 ´ α, x0 ` αs, alors
U P VR px0 q et, pour tout x P U X D, on a x P D et |x ´ x0 | ď α donc |f pxq ´ f px0 q| ď ε.
Ceci est équivalent à f pxq P VK pf px0 q , εq Ă V donc f pU X Dq Ă V .
pbq ñ pcq Soit u P D N convergente vers x0 . Montrons que f pun q ÝÑ f px0 q. Soit V P VK pf px0 qq, on
nÞÑ`8
cherche n0 P N{@n ě n0 , f pun q P V . D’après pbq, il existe U P VR px0 q tel que f pU X Dq Ă
V . u converge vers x0 donc Dn0 P N{@n ě n0 , un P U . Donc, pour n ě n0 , un P U X D
donc f pun q P V .
pcq ñ paq Montrons que paq ñ pcq. Supposons donc que
Dε ą 0, @α ą 0, Dx P D{ |x ´ x0 | ď α et |f px0 q ´ f pxq| ą ε
En particulier, @n P N, D pun q P D N tel que |un ´ x0 | ď 2´n et |f pun q ´ f px0 q| ą ε donc u
est une suite de points de D qui converge vers x0 telle que f pun q ne converge pas vers x0 ,
ce qui est impossible.

11.1.1.2 Fonctions lipschitziennes

Soit f : D Ă R ÝÑ K. f est lipschitzienne a s’il existe k P R` tel que @x, y P D,

|f pxq ´ f pyq| ď k |x ´ y|

On dit alors que f est k-lipschitzienne.


a. Quel nom à coucher dehors !

Remarque
– Toute fonction affine du type f : R ÝÑ K avec α, β P R est |α|-lipschitzienne : en effet,
t ÞÑ αt ` β
@s, t P R,
|f psq ´ f ptq| “ |α| |s ´ t|
– On dit que f est contractante si elle est lipschitzienne de rapport strictement plus petit que 1.

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Chapitre 11 : Fonctions continues 177

Théorème Toute application lipschitzienne est continue.


En effet, soit f : D Ă R ÝÑ K lipschitzienne de rapport k P R` , et x0 P D. Montrons que f est
continue en x0 . Soit ε ą 0, pour x P D,
|f pxq ´ f px0 q| ď k |x ´ x0 |
ε
Soit α ą 0. Si |x ´ x0 | ď α, alors |f pxq ´ f px0 q| ď kα. Prenons donc α “ si k “ 0, et α “ 42 a si
k
k “ 0. On a toujours kα ď ε donc si x P D X rx0 ´ α, x0 ` αs, |f pxq ´ f px0 q| ď ε.

11.1.1.3 Fonctions uniformément continues

f : D Ă R ÝÑ K est uniformément continue si

@ε ą 0, Dα ą 0{@s, t P D, |s ´ t| ď α ñ |f psq ´ f ptq| ď ε

Remarques
– Toute fonction lipschitzienne est uniformément continue.
En effet, soit f : D ÝÑ K une application k-lipschitzienne et ε ą 0. Soit α ą 0 tel que kα ď ε
(ou α “ 42 si k “ 0). Pour s, t P D, vérifiant |s ´ t| ď α, alors
|f psq ´ f ptq| ď k |s ´ t|
ď kα
ď ε
– Montrons qu’il existe des fonctions uniformément continues mais pas lipschitziennes. Soit
f : R` ÝÑ
? R
t ÞÑ t
On a vu que @u, v P R` , ˇ? ? ˇ a
ˇ u ´ v ˇ ď |u ´ v|
Soit ε ą 0, α “ ε2 . Pour u, v P R` ,
ˇ? ? ˇ a
|u ´ v| ď α “ ε2 ñ ˇ u ´ v ˇ ď |u ´ v| ď ε
f est donc uniformément continue. Par contre, f n’est pas lipschitzienne. Supposons qu’elle l’est.
Alors Dλ P R` {@s, t P R, ˇ?
ˇ ? ˇˇ
ˇ s ´ tˇ ď λ |s ´ t|
?
En particulier pour t “ 0, | s| ď λ |s|. Ainsi, @s ą 0,
c
1 λ 1 λ
ď 2 ñ ď 2
s2 s s s
ñ sďλ
Or s peut décrire tout R˚` donc la précédente inégalité est impossible.

Théorème Toute fonction uniformément continue est continue.


Soit f : D Ă R ÝÑ K uniformément continue et x0 P D. Montrons que f est continue en x0 . Soit
ε ą 0, f est uniformément continue donc Dβ ą 0{@s, t P D,
|s ´ t| ď β ñ |f psq ´ f ptq| ď ε
Pour x P D vérifiant |x ´ x0 | ď β, on a bien |f pxq ´ f px0 q| ď ε.
a. Ou n’importe quoi pourvu que ce soit strictement positif.

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178 Analyse

Remarque Montrons qu’il existe des fonctions continues qui ne le sont pas uniformément. Soit
f : R ÝÑ R
t ÞÑ t2
` ˘
Montrons que f est continue. Soit x0 P R et u P DN qui converge vers x0 . On sait que u2n tend
vers x20 donc pf pun qq tend vers f px0 q donc f est continue
ˇ en xˇ 0 . Supposons que f est uniformément
continue, alors @ε ą 0, Dα ą 0{@s, t P R, |s ´ t| ď α ñ ˇs2 ´ t2 ˇ ď ε. Posons maintenant pour n P N˚ ,
1 1
xn “ n et yn “ n ` . Soit n0 P N tel que ď α, alors pour n ě n0 ,
n n0
1
|xn ´ yn | ď
n
1
ď
n0
ď α
On doit donc aussi avoir ˇ ˇ
ˇ 2 ˇ ˇ ˇ
ˇxn ´ yn2 ˇ ď ε ñ ˇ2 ` 1 ˇ ď ε
ˇ n2 ˇ
Si ε “ 1, la relation précédente est absurde donc c’est impossible.

11.1.2 Continuité : théorèmes


11.1.2.1 Théorème de Heine

Soit ∆ une partie compacte de R et f : ∆ ÝÑ K continue. Alors f est uniformément continue.

Démonstration Supposons que f n’est pas uniformément continue. Alors :


#
|s ´ t| ď α
Dε ą 0{@α ą 0, Ds, t P ∆{
|f psq ´ f ptq| ą ε
1
En particulier, @n P N˚ , Dxn , yn P ∆ avec |xn ´ yn | ď et |f pxn q ´ f pyn q| ą ε. ∆ est compact donc
` ˘ n
il existe une sous suite xϕpnq de x avec ϕ : N ÝÑ N strictement croissante qui converge vers un
élément a de ∆. Alors, pour n P N :
ˇ ˇ ˇ ˇ
ˇyϕpnq ´ aˇ “ ˇyϕpnq ´ xϕpnq ` xϕpnq ´ aˇ
ˇ ˇ ˇ ˇ
ď ˇyϕpnq ´ xϕpnq ˇ ` ˇxϕpnq ´ aˇ
ˇ ˇ 1 1 ˇ ˇ ` ˘
Or ˇyϕpnq ´ xϕpnq ˇ ď ď donc cette quantité tend vers 0, ainsi que ˇxϕpnq ´ aˇ. Donc yϕpnq
ϕ pnq n ` ˘ ` ˘
converge aussi vers a. f et continue en a car a P ∆ donc f xϕpnq ÝÑ f paq et f yϕpnq ÝÑ f paq donc
ˇ ` ˘ ` ˘ˇ
ˇf xϕpnq ´ f yϕpnq ˇ ÝÑ 0
nÞÑ`8
ˇ ` ˘ ` ˘ˇ
Ce qui est impossible car @n P N˚ , ˇf xϕpnq ´ f yϕpnq ˇ ą ε.

Remarque Soit f : D Ă R ÝÑ K continue en x0 P D. Supposons que f px0 q ą 0, et soit λ P


s0, f px0 qr. Alors V “ rλ, `8r est un voisinage de x0 dans R donc DU P VR px0 q tel que x P U X D ñ
f pxq P V . Ainsi, f pxq ě λ ą 0 donc f est strictement positive sur D X U . Ceci revient à dire que l’on
peut trouver un voisinage de x0 autour duquel f pxq est toujours positive.

11.1.2.2 Théorèmes généraux

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Chapitre 11 : Fonctions continues 179

Somme, produit, quotient, valeur absolue f pun q ÝÑ f px0 q et g pun q ÝÑ g px0 q. D’après les
théorèmes généraux sur les suites convergentes :
Version locale Soient f, g : D Ă R ÝÑ K et – αf pun q ` g pun q ÝÑ αf px0 q ` g px0 q
x0 P D, on suppose f et g continues en x0 . Soit – f pun q g pun q ÝÑ f px0 q g px0 q
α P K, alors : 1 1
– Si @t P D, f ptq ‰ 0, ÝÑ
– αf ` g est continue en x0 . f pu n q f px 0q
– f g est continue en x0 . – |f pun q| ÝÑ |f px0 q|
1
– Si @t P D, f ptq ‰ 0, est continue en x0 .
f
– |f | est continue en x0 . Opérations spécifiques aux fonctions réelles
Soient f, g P C pD, Rq. Alors :
Version globale Soient f, g P C pD, Kq et α P – inf pf, gq est continue sur D.
K, alors : – sup pf, gq est continue sur D.
– αf ` g est continue sur D. – f ` est continue sur D.
– f g est continue sur D. – f ´ est continue sur D.
1
– Si @t P D, f ptq ‰ 0, est continue sur D.
f
– |f | est continue sur D. Opérations spécifiques aux fonctions à va-
leur dans C Soient f P C pD, Cq. Alors :
N
Démonstration Soit u P D convergente – ℑm pf q est continue sur D.
vers x0 . f et g sont continues en x0 donc – ℜe pf q est continue sur D.

Les démonstrations suivantes sont « laissées aux courageux lecteur ! ».

Remarques
(1) Soit f : D ÝÑ C. Alors f est continue si et seulement si ℜe pf q et ℑm pf q sont continues.
(2) Soit D Ă R, alors :
– t P D ÞÝÑ t est continue donc par produit, pour n P N˚ , t ÞÑ tn est continue.
– @α P K, @n P N˚ , t ÞÑ αtn est continue donc par somme, toutes les fonctions polynômiales
sont continues.
– Par quotient, toute fonction rationnelle bien définie est continue.

Théorème sur la composition Soient D, ∆ deux parties de R, f : D ÝÑ R telle que f pDq Ă ∆


et g : ∆ ÝÑ K toutes deux continues. Alors g ˝ f est continue sur D.

Démonstration Soit x0 PD . Montrons que g ˝ f est continue en x0 .


Soit W un voisinage de g pf px0 qq dans K. Or f px0 q P ∆ et g est continue sur ∆ donc on peut
trouver un voisinage V de f px0 q dans R tel que g p∆ X V q Ă W . De même, V P VR pf px0 qq et f est
continue en x0 donc DU P VR px0 q tel que f pU X Dq Ă V .
Si x P U X D, alors f pxq P V et f pxq P ∆ donc f pxq P V X ∆ donc g pf pxqq P W donc
g ˝ f pU X Dq P W a .

11.1.2.3 Image d’une partie compacte

Soit ∆ un compact de R, f : ∆ ÝÑ K continue. Alors Λ “ f p∆q est un compact de K.

a. Les autres preuves de ce résultat utilisant respectivement les définitions séquentielles et epsilonnesques de la
continuité sont elles aussi « laissées au courageux lecteur ! » .

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180 Analyse

Démonstration Soit y P f p∆qN . Montrons qu’il existe une sous-suite de y qui converge dans f p∆q.
Pour n P N, yn P f p∆q donc Dxn P ∆` tel que ˘ yn “ f pxn q. ∆ est un compact donc Dϕ`: N ÝÑ ˘ N
strictement croissante et a P ∆ tels que xϕpnq converge vers a. f est continue en ∆ donc f xϕpnq ÝÑ
f paq donc yϕpnq ÝÑ f paq et f paq P f p∆q.

Corollaire Soit f : ∆ Ă R ÝÑ R continue sur ∆ compact. Alors f est bornée et atteint ses bornes.
La partie Ω “ tf pxq |x P Du est une partie bornée de R donc m “ inf Ω et M “ sup Ω sont des valeurs
prises par f .
En d’autres termes, Dx, t P ∆{@t P ∆, f pxq ď f ptq ď f pyq.

Démonstration Ω “ f p∆q est un compact de R donc il est bornée, d’où l’existence de m “ inf Ω
et M “ sup Ω. Il est aussi fermé, d’où m, M P Ω.

Cas particulier En particulier, pour a, b P R avec a ă b , si f : ra, bs ÝÑ R est continue, alors


f est bornée et atteint ses bornes.

11.2 Théorème des valeurs intermédiaires


11.2.1 Énoncés et démonstrations
11.2.1.1 Énoncés
Version n°1

Soient a, b P R avec a ă b et f : ra, bs ÝÑ R continue. Si f paq f pbq ď 0, alors il existe un point c du


segment ra, bs tel que f pcq “ 0.

Version n°2

Soit I un intervalle de R, f : I ÝÑ R continue. Si f prend sur I des valeurs positives et négatives,


alors f doit s’annuler au moins une fois.

Version n°3

Soit I intervalle de R, f : I ÝÑ R continue. Alors J “ f pIq est un intervalle de R.

11.2.1.2 Démonstrations
Version n°1 Supposons par exemple f paq ď 0 et f pbq ě 0.
On construit par récurrence deux suites pan q et pbn q telles que @n P N :
(1) a ď an ď an`1 ď bn`1 ď bn ď b
1
(2) bn`1 ´ an`1 “ n pb ´ aq
2
(3) f pan q ď 0 et f pbn q ď 0
a0 ` b0
On prend a0 “ a, b0 “ b, on a bien f pa0 q ď 0 et f pb0 q ě 0. Soit c0 “ .
2
– Si f pcq ď 0, on prend a1 “ c0 et b1 “ b0 .
– Sinon on prend a1 “ a0 et b1 “ c0 .
On a bien dans tous les cas :

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Chapitre 11 : Fonctions continues 181

(1) a ď a0 ď a1 ď b1 ď b0 ď b
1
(2) b1 ´ a1 “ pb0 ´ a0 q
2
(3) f pa1 q ď 0 et f pb1 q ě 0
Supposons avoir construit

a ď a0 ď a1 ď ¨ ¨ ¨ ď an ď bn ď ¨ ¨ ¨ ď b1 ď b0 ď b

an ` bn
Pour n P N˚ avec @k P rr0, nss, f pak q ď 0 et f pbk q ě 0. Soit cn “ :
2
– Si f pcn q ď 0, alors on prend an`1 “ c, bn`1 “ bn .
– Si f pcn q ě 0, alors on prend an`1 “ an , bn`1 “ cn .
Dans tous les cas on a bien :
(1) a ď an ď an`1 ď bn`1 ď bn ď b
1 1
(2) bn`1 ´ an`1 “ pbn ´ an q “ n`1 pa ´ bq
2 2
(3) f pan`1 q ď 0 et f pbn`1 q ě 0
Il est clair que les suites a et b sont adjacentes donc elles convergent vers une limite commune x P ra, bs.
f est continue en x donc les suites pan q e pbn q convergent toutes les deux vers x donc pf pan qq et pf pbn qq
convergent vers f pxq. Or, @n P N, f pan q ď 0 donc f pxq ď 0. De même, @n P N, f pbn q ě 0 donc
f pxq ě 0. Ainsi, f pxq “ 0.

Version n°2 Par hypothèse, Da, b P I avec f paq ď 0 et f pbq ě 0.


– Si a “ b, alorsf paq “ 0.
– Si a ‰ b, alors f est continue sur ra, bs “ rmin pa, bq , max pa, bqs et f paq f pbq ď 0. D’après la
ô
version n°1 du théorème, f s’annule au moins une fois sur ra, bs Ă I.
ô

Version n°3 Soit J “ f pIq, montrons que J est une partie convexe de R et donc un intervalle.
Soit c, d P J tels que c ď d. Montrons que rc, ds Ă J. Soit γ P rc, ds, c, d P f pIq donc Da, b P
I{f paq “ c et f pbq “ d. Soit
g : ra, bs ÝÑ R
ô
t ÞÑ f ptq ´ γ

g est continue car f est continue et

g paq g pbq “ pc ´ γq pd ´ γq ď 0 car c ď γ ď d

D’après la version n°1 du théorème, DAdrien P ra, bs a tel que g pAdrienq “ 0 ô γ “ f pAdrienq donc
γ P J car Adrien P I. Donc J est une partie convexe de R.

11.2.2 Corollaires
11.2.2.1 Image d’un segment par une application continue

Soient a, b P R avec a ă b et f : ra, bs ÝÑ R continue. Alors f pra, bsq est un segment rM, ns avec
m ď M.

a. Une petite dédicace de la part de M. Sellès à celui qu’on ne présente plus, aussi connu sous le nom d’Aménofis.

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182 Analyse

Démonstration ra, bs est un intervalle et un compact et f et continue sur ra, bs donc f est bornée
et atteint ses bornes. Soit m “ inf f et M “ supf , alors Dx, y P ra, bs tels que m “ f pxq et M “ f pyq.
ra,bs ra,bs
Alors, @t P ra, bs, m ď f ptq ď M donc f pra, bsq Ă rm, M s.
Or m, M P f pra, bsq donc f pra, bsq est un intervalle de R d’après le théorème des valeurs intermé-
diaires donc rm, M s Ă ra, bs donc
f pra, bsq “ rmin f, max f s

11.2.2.2 Petit problème


Un marcheur parcourt 20 km en 4 h pour une vitesse moyenne de 5 km{h a . Montrons qu’il y a un
intervalle de temps de 1 h pendant lequel il a parcouru exactement 5 km.
On admet que la fonction qui à t associe d ptq la distance parcourue est continue. Alors f : t P
r0, 3 hs ÝÑ d pt ` 1 hq ´ d ptq est continue. De plus :

f p0q ` f p1q ` f p2q ` f p3q “ 20

Alors Dk P rr0, 3ss tel que f pkq ď 5 et Dl P rr0, 3ss tel que f plq ď 5. Donc t ÝÑ f ptq ´ 5 est continue
et prend des valeurs positives et négatives donc doit s’annuler donc Dt P r0, 3s tel que f ptq “ 5 ô
d pt ` 1q ´ d ptq “ 5.

11.2.2.3 Autre version du théorème des valeurs intermédiaires


Soit f : I ÝÑ R continue, si c et d avec c ď d sont deux valeurs prises par f , alors f prend toutes
les valeurs comprises entre c et d.

11.3 Complément : résultats sur la continuités des fonctions à va-


riable complexe
11.3.1 Généralités sur la continuité dans C
11.3.1.1 Définition de la continuité dans C
Soit ∆ Ă C, on dit que f : ∆ ÝÑ C est continue en z0 si (les définitions suivantes sont équivalentes) :
(1) @δn P ∆N convergente vers z0 , alors pf pδn qq converge vers f pz0 q.
(2) @V P VC pf pz0 qq, DU P VC pz0 q tel que f pU X ∆q Ă V .
(3) @ε ą 0, Dα ą 0{@δ P ∆, |δ ´ z0 | ď α ñ |f pδq ´ f pz0 q| ď ε.

11.3.1.2 Théorèmes
On montre de la même façon que pour les théorèmes analogues concernant les fonctions à variable
réelle les résultats suivants :
– Théorèmes généraux.
– Image d’un compact par une fonction continue.
En particulier, toute fonction polynômiale sur C est continue.

11.3.2 Théorème de D’Alembert-Gauss

Soit P : C ÝÑ C polynômiale de degré nPartérieur ou égal à 1. Alors P possède une racine dans C.

Démonstration
a. Ou km.h´1 pour parler comme les physiciens !

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Chapitre 11 : Fonctions continues 183

Montrons que |P pzq| est minorée. On écrit alors :


ÿ
n
P pzq “ ak z k avec an ‰ 0
k“0

P
On peut supposer an “ 1 car P s’annule si et seulement si s’annule. Alors, pour z P C :
an
ˇ ˇ
ˇ ˇ
ˇ n ÿ
n´1

|P pzq| “ ˇz ` ak z ˇ
ˇ ˇ
k“0
ˇ ˇ ˇˇ
ˇ ˇn´1 ˇˇ
ˇ n ˇÿ ˇˇ
ě ˇ|z| ´ ˇ ak z k ˇˇ
ˇ ˇ ˇˇ
ˇ k“0 ˇ
ˇn´1 ˇ
ˇÿ ˇ
ě |z|n ´ ˇ ak z k ˇ
ˇ ˇ
k“0
ÿ
n´1 ˇ ˇ
ˇ ˇ
ě |z|n ´ |ak | ˇz k ˇ
k“0
« ff
n
ÿ
n´1
|ak |
ě |z| 1´
k“0
|z n´k |

Prenons z tel que |z| ě 1, soit M “ max p|a0 | , |a1 | , . . . , |an´1 |q. Si j P N˚ , alors |z|j ě |z| ě 1 donc
1 1
j ď |z|
|z|
|ak | M
Donc pour k P v0, n ´ 1w, n´k
ď , donc
|z| |z|
ÿ
n´1
|ak | nM
n´k
ď
k“0 |z| |z|

Pour z-espace v|z| ě max p1, 2nM q, on a :


ÿ
n´1
|ak | nM
n´k
ď
k“0 |z| |z|
nM
ď
2nM
1
ď
2
C’es
« ff
|ak | ÿ
n´1
|P pzq| ě |z|n 1 ´
k“0
|z n´k |
ˆ ˙
1
ě |z|n 1 ´
2
n
|z|
ě
2
|z|
Pour R “ max p1, 2nM, |P p0q|q, si |z| ą R, alors |P pzq| ě ě |P p0q|. Soit ∆ “ D p0, Rq un compact
2
de C, donc ∆ est fini et borné. Soit l’application
ϕ : ∆ ÝÑ R
z ÞÑ |P pzq|

2011-2012 Cours de mathématiques


184 Analyse

continue, ϕ p∆q est un compact de R donc ϕ est bornée et atteint ses bornes. En particulier, ϕ atteint
un minimum : Dz0 P ∆{@z P ∆, |P pzq| ě |P pz0 q|. De plus 0 P ∆ donc |P p0q| ě |P pz0 q|. Ainsi :
– Si |z| ď R, alors |P pzq| ě |P pz0 q|.
– Si |z| ą R, alors |P pzq| ě |P p0q| ě |P pz0 q|.
Dans tous les cas, |P pzq| ě |P pz0 q|.
1
Soit Q “ P . Alors Q pz0 q “ 1 et, @z P C, |Q pzq| ě 1. On note que Q est polynômiale de
P pz0 q
degré n comme P .
Soit pour tout z P C, T pzq “ Q pz ` z0 q, alors T est aussi polynômiale de degré n ; T p0q “ 1 et,
@z P C, |T pzq| ě 1.

Montrons que cette dernière assertion est impossible T s’écrit T pzq “ λ0 `zλ1 `¨ ¨ ¨`λn z n
avec n ě 1 et λn ‰ 0. Or T p0q “ λ0 donc λ0 “ 1. Soit j “ min tk P v1, nw |λk ‰ 0u. Alors
ÿ
n
T pzq “ 1 ` λj z j ` λk z k
k“j`1

On sait que λj ‰ 0 donc on peut écrire λj “ reiθ avec r ą 0 et θ P R. De plus, pour tout réel t ą 0,
ˆ ´ ¯˙
ÿ
n ´ ¯
i ´ θj ` πj iθ j ip´θ`πq
θ π
k i ´j ` j
T te 1 ` re ¨ t e
“ looooooooooomooooooooooon ` λk t e
´rtj k“j`1
looooooooooomooooooooooon
Zt

ÿ
n
Or |Zt | ď |λk | tk , de plus pour t ď 1 on @k P vj ` 1, nw , tk ď tj`1 donc
k“j`1

ÿ
n
|Zt | ď |λk | tj`1
k“j`1
ÿ
n
ď M 1 tj`1 avec M 1 “ |λk |
k“j`1

Ainsi,
ˇ ˆ ´ ¯ ˙ˇ
ˇ θ π ˇ ˇ ˇ
ˇT tei ´ j ` j ˇ “ ˇ1 ´ rtj ` Zt ˇ
ˇ ˇ
ˇ ˇ
ď ˇ1 ´ rtj ˇ ` |Zt |
 ˆ ˙
1 1
Supposons de plus que tď ô t P 0, min 1, . Alors
r r
1
tj ď t ď ñ 1 ´ rtj ě 0
r
ˇ ˆ ´ ¯ ˙ˇ  ˆ ˙„
ˇ i ´ θ
` π ˇ 1 r
Donc ˇˇT te j j ˇ ď 1 ´ rt ` M t
ˇ
j 1 j`1 et rt ´ M t
j j`1 ą 0 pour t P 0, min 1, , 1 . On a
r M
donc ˇ ˆ ´ ¯ ˙ˇ
ˇ θ π ˇ ` ˘
ˇT tei ´ j ` j ˇ ď 1 ´ rtj ´ M tj`1 ă 1
ˇ ˇ
Ce qui entre en contradiction avec l’hypothèse de départ.

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Chapitre 12

Limites

Sommaire
12.1 Topologie dans R . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 186
12.1.1 Préambule . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 186
12.1.2 Voisinages d’un point de R . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 186
12.1.2.1 Définitions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 186
12.1.2.2 Propriétés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 186
12.1.3 Points adhérents dans R . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 186
12.2 Notion de limite . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 187
12.2.1 Définitions topologiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 187
12.2.1.1 Énoncés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 187
12.2.1.2 Remarques, faits . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 187
12.2.1.3 Limites à droite et à gauche en un point . . . . . . . . . . . . . . . . . 188
12.2.2 Définitions epsilonnesques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 188
12.2.3 Définition séquentielle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 190
12.3 Théorèmes généraux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 191
12.3.1 Opérations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 191
12.3.1.1 Cas de limites finies . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 191
12.3.1.2 Cas de limites infinies . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 191
12.3.1.3 Composition des limites . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 192
12.3.1.4 Prolongement par continuité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 193
12.3.2 Limites usuelles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 193
12.3.2.1 Fonctions polynômiales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 193
12.3.2.2 Liste de limites usuelles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 194
12.4 Théorèmes spécifiques aux fonctions réelles . . . . . . . . . . . . . . . . . . 194
12.4.1 Théorèmes utilisant l’ordre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 194
12.4.1.1 Conservations des inégalités larges par passage à la limite . . . . . . . 194
12.4.1.2 Théorème de comparaison . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 194
12.4.1.3 Théorème des gendarmes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 195
12.4.2 Fonctions monotones . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 195
12.4.2.1 Théorème 1 : majoration et limite . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 195
12.4.2.2 Théorème 2 : inégalités des limites . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 196
12.4.2.3 Théorème 3 : continuité et intervalles . . . . . . . . . . . . . . . . . . 196
12.4.2.4 Théorème 4 : forme des ensembles d’arrivée . . . . . . . . . . . . . . . 197
12.4.2.5 Théorème 5 dit de la bijection . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 198

185
186 Analyse

12.1 Topologie dans R


12.1.1 Préambule

On note R “ R Y t`8, ´8u, les symboles `8 et ´8 ne désignant pas des réels.


On étend à R l’ordre de R en posant @x P R,

´8 ă x ă `8

` ˘
R, ď est alors un ordre total.

12.1.2 Voisinages d’un point de R


12.1.2.1 Définitions
Soit A Ă R et x P R.
– Si x P R, alors A est voisinage de x dans R s’il existe ε ą 0{ rx ´ ε, x ` εs Ă A a . Ainsi, A est
voisinage de x P R dans R si et seulement si Az t˘8u est voisinage de x dans R.
– Si x “ `8, A est un voisinage de `8 dans R si DM P R{ rM, `8s Ă A.
– Si x “ ´8, A est un voisinage de ´8 dans R si DM P R{ r´8, M s Ă A.
a. Tout voisinage de x dans R est a fortiori un voisinage de x dans R.

Pour x P R, on note VR pxq l’ensemble des voisinages de x dans R.

12.1.2.2 Propriétés
(1) Si A P VR pxq et A Ă B, alors B P VR pxq.
(2) Une réunion quelconque de voisinages de x ainsi qu’une intersection finie de voisinages de x est
toujours un voisinage de x.
(3) Si x, y P R avec x ‰ y, alors DU P VR pxq, DV P VR pxq avec U X V “ ∅.

Démonstration Soient x, y P R avec x ‰ y.


|y ´ x|
– Si x, y P R, supposons x ă y et posons α “ . Alors r´8, x ` αs P VR pxq et ry ´ α, `8s P
4
VR pyq. De plus, x ` α ă y ´ α donc r´α, x ` αs Y ry ´ α, `8s “ ∅.
– Si x P R et y “ `8, on prend U “ r´8, x ` 1s et V “ rx ` 2, `8s. Cas analogue pour x “ ´8
et y P R.
– Si x “ ´8 et y “ `8, alors U “ r´8, 0s et V “ s0, `8s.

12.1.3 Points adhérents dans R

Soit D Ă R, x P R est adhérent à D dans R si @V P VR pxq, V XD ‰ ∅. On notera AdhR pDq l’ensemble


des points de R adhérents à D dans R. Ainsi, pour x P R,

x P AdhR pDq ô x P AdhR pDq

Remarques
– `8 P AdhR pDq si et seulement si D n’est pas majoré dans R.
– ´8P AdhR pDq si et seulement si D n’est pas minoré dans R.

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Chapitre 12 : Limites 187

12.2 Notion de limite


Dans la suite, D est une partie non vide de R a , et a P R est adhérent à D dans R.

12.2.1 Définitions topologiques


12.2.1.1 Énoncés

(1) Soit f : D ÝÑ R et l P R. On dit que f pxq tend vers l lorsque x tend vers a et on écrit f pxq ÝÑ l
xÑa
si :
@V P VR plq , DU P VR paq {f pU X Dq Ă V

(2) Soit f : D ÝÑ C et l P C, on dit que f pxq tend vers l lorsque x tend vers a si et seulement si :

@V P VC plq , DU P VR paq {f pU X Dq Ă V

12.2.1.2 Remarques, faits


Conséquences de la définition des limites sur les fonctions
(1) Supposons f pxq ÝÑ l avec f : D ÝÑ R et l ą 0, alors f est strictement positive au voisinage de
xÑa
a : DU P VR paq {@t P U X D, f ptq ą 0.
En effet, si m P s0, lr alors rm, `8s Ă VR plq donc DU P VR paq tel que @t P U XD, f ptq P rm, `8s.
(2) Supposons que f pxq ÝÑ l avec f : D ÝÑ R. Soient α, β P R tels que α ă l ă β. Alors, au
xÑa
voisinage de a, α ď f ptq ď β.
En effet, rα, βs P VR plq.

Notion de limite Soit f : D ÝÑ R, supposons f pxq ÝÑ l et f pxq ÝÑ l1 avec l, l1 P R. Montrons


xÑa xÑa
que l “ l1 .
Supposons que l ‰ l1 , soit V P VR plq et V 1 P VR pl1 q avec V X V 1 “ ∅. Alors DU P VR paq tel
que f pU X Dq Ă V . De même, DU 1 P VR paq tel que f pU 1 X Dq Ă V 1 . Or U X U 1 P VR paq donc
U X U 1 X D ‰ ∅ et pour t P U X U 1 X D, on a t P U X D donc f ptq P V et t P U 1 X D donc f ptq P V 1 ,
ce qui est impossible.
On définit donc la limite d’une fonction en un point de la façon suivante :
(1) Soit f : D ÝÑ R, s’il existe l P R tel que f pxq ÝÑ l, alors l est unique et s’appelle limite de f
xÑa
en a, et se note lim f pxq ou lim f .
xÑa a
(2) Soit f : D ÝÑ C, s’il existe l P C tel que f pxq ÝÑ l, alors l est unique et s’appelle limite de f
xÑa
en a avec les mêmes notations que précédemment.

Limite et convergence des suites On retrouve la notion de limite déjà définie pour les suites.
Soit u P RN , prenons D “ N et a “ `8 : alors

un ÝÑ l P R ô @ε ą 0, Dn0 P N{@n ě n0 , |un ´ l| ď ε


nÑ`8

ñ Soit ε ą 0, V “ rl ´ ε, l ` εs P VR plq donc DU P VR p`8q tel que u pU X Nq Ă V . Soit M ą 0 tel


que rM, `8s Ă U . On prend n0 “ E pM q ` 1. Pour n ě n0 , n P N X U donc un P rl ´ ε, l ` εs.
ð Soit V P VR plq, Dε ą 0 tel que rl ´ ε, l ` εs Ă V donc Dn0 P N{@n ě n0 , |un ´ l| ď ε donc
un P rl ´ ε, l ` εs Ă V . En prenant U “ rn0 , `8s, alors U P VR p`8q et @n P N X U , un P V .

a. En pratique, D est une réunion finie d’intervalles.

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188 Analyse

Lien avec la continuité Supposons f : D ÝÑ K et a P D a , alors f admet une limite en a si et


seulement si f est continue en a. De plus, lim f pxq “ f paq.
xÑa
– Montrons que si f admet une limite l en a, alors l “ f paq. Supposons l ‰ f paq, alors DV P V plq
tel que f paq R V . Mais on peut aussi trouver U P VR paq {f pU X Dq Ă V , or a P U X D donc
f paq Ă V , ce qui est impossible.
Ainsi,

f pxq ÝÑ f paq ô @V P V pf paqq , DU P VR paq {f pU X Dq Ă V


xÑa
ô f est continue en a

12.2.1.3 Limites à droite et à gauche en un point

On suppose a P R et a adhérent à D` “ D X sa, `8r et à D´ “ D X s´8, ar .

Définition

Soit f : D ÝÑ K, l P K a . On dit que f admet l pour limite à gauche en a et on écrit f pxq ÝÑ l ou


xÑa´
f pxq ÝÑ l si f|D´ : D´ ÝÑ K admet l pour limite en a. Définition analogue pour la limite à droite.
xÑa
xăa t ÞÑ f ptq
En cas d’existence, ces limites se notent lim´ f pxq ou lim f pxq ou f pa´ q b . Même notation pour les
xÑa xÑa
xăa
limites à droite.
a. Éventuellement l P t˘8u si K “ R.
b. Néanmoins, cette dernière notation se verra qualifier de « Bôhf » par M. Sellès.

Propriétés
– Supposons que f admet une limite l en a et montrons que f pxq ÝÑ l et f pxq ÝÑ l.
xÑa´ xÑa`
Soit ϕ “ f|D` et V P V plq, alors DU P VR paq tel que f pU X Dq Ă V d’où, puisque U X D` Ă
U X D, @t P U X D` , ϕ ptq “ f ptq P V donc ϕ ptq ÝÑ l. De même, ψ ptq “ f|D´ ptq ÝÑ l. Si
tÑa tÑa
lim f pxq ‰ lim f pxq , alors f n’admet pas de limite en a.
xÑa` xÑa´
– Supposons à présent que f pxq ÝÑ` l et f pxq ÝÑ´ l.
xÑa xÑa
˝ Si a R D, montrons que f pxq ÝÑ l. Soit ϕ “ f|D` et ψ “ f|D´ . Soit V Ă V plq, alors DU1 P
xÑa
VR paq {ϕ pU1 X Dq Ă V et DU2 P VR paq {ψ pU2 X Dq Ă V . Or U “ U1 X U2 alors U P VR paq et
pour tout t P U X D, t ‰ a car a R D. De plus, si t ą a t P U X D` ñ f ptq “ ϕ ptq P V et si
t ă a, t P U X D´ ñ f ptq “ ψ ptq Ă V . Ainsi, f pU X Dq Ă V .
˝ Si a P D :
Ñ Si l ‰ f paq, il ne peut pas y avoir de limite en a.
Ñ Si l “ f paq, alors lim f pxq “ f paq donc f est continue en a.
xÑa

12.2.2 Définitions epsilonnesques


On supposera à partir de la définition (4) que f : D ÝÑ R pour pouvoir envisager les cas où
l P t˘8u.

a. Donc a P AdhR pDq.

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Chapitre 12 : Limites 189

(1) l P K, a P R.

f pxq ÝÑ l ô @ε ą 0, Dα ą 0{@t P D, |t ´ a| ď α ñ |f ptq ´ l| ď ε


xÑa

(2) l P K, a “ `8.

f pxq ÝÑ l ô @ε ą 0, DM ą 0{@t P D, t ě M ñ |f ptq ´ l| ď ε


xÑ`8

(3) l P K, a “ ´8.

f pxq ÝÑ l ô @ε ą 0, DM ă 0{@t P D, t ď M ñ |f ptq ´ l| ď ε


xÑ`´8

(4) a P R, l “ `8.

f pxq ÝÑ `8 ô @M ą 0, Dα ą 0{@t P D, |t ´ a| ď α ñ f ptq ě M


xÑa

(5) a P R, l “ ´8.

f pxq ÝÑ ´8 ô @M ă 0, Dα ą 0{@t P D, |t ´ a| ď α ñ f ptq ď M


xÑa

(6) a “ `8, l “ `8.

f pxq ÝÑ `8 ô @M ą 0, DA ą 0{@t P D, t ě A ñ f ptq ě M


xÑa

(7) a “ ´8, l “ `8.

f pxq ÝÑ `8 ô @M ą 0, DA ă 0{@t P D, t ď A ñ f ptq ě M


xÑa

(8) a “ ´8, l “ ´8.

f pxq ÝÑ ´8 ô @M ă 0, DA ă 0{@t P D, t ď A ñ f ptq ď M


xÑa

a “ `8, l “ ´8.

f pxq ÝÑ ´8 ô @M ă 0, DA ă 0{@t P D, t ď A ñ f ptq ď M


xÑa

Démonstrations
(1) ñ Soit ε ą 0, V K pl, εq P VK plq donc DU P VR paq {f pU X Dq Ă V K pl, εq. a P R donc Dα ą
0{ ra ´ α, a ` αs Ă U donc si t P ra ´ α, a ` αs, |t ´ a| ď α alors f ptq Ă f pU X Dq Ă
V K pl, εq ô |f ptq ´ l| ď ε.
ð Soit V P VK plq, Dε ą 0{V K pl, εq Ă V donc Dα ą 0{@t P D, |t ´ a| ď α ñ |f ptq ´ t| ď ε
donc f ptq P V K pl, εq. Posons U “ ra ´ α, a ` αs, U P VR paq et @t P U X D, f ptq P V d’où
f pU X Dq Ă V .
(2) ñ Soit ε ą 0, V K pl, εq Ă VK plq donc DU P VR p`8q {f pU X Dq Ă V K pl, εq. Ainsi, DM ą
0{ rM, `8s Ă U donc si t P rM, `8s, t ě M donc f ptq P f pU X Dq Ă V K pl, εq ô
|f ptq ´ l| ď ε.
ð Soit V P VK plq, alors Dε ą 0{V K pl, εq Ă V donc DM ą 0{@t P D, t ě M ñ |f ptq ´ l| ď ε.
Posons U “ rM, `8s, alors U P VR p`8q et @t P U X D, f ptq P V d’où f pU X Dq Ă V .
(3) ñ Soit ε ą 0, V K pl, εq Ă VK plq donc DU P VR p´8q {f pU X Dq Ă V K pl, εq. Ainsi, DM ą
0{ r´8, M s Ă U donc si t P r´8, M s, t ď M donc f ptq P f pU X Dq Ă V K pl, εq ô

2011-2012 Cours de mathématiques


190 Analyse

|f ptq ´ l| ď ε.
ð Soit V P VK plq, alors Dε ą 0{V K pl, εq Ă V donc DM ă 0{@t P D, t ď M ñ |f ptq ´ l| ď ε.
Posons U “ r´8, M s, alors U P VR p´8q et @t P U X D, f ptq P V d’où f pU X Dq Ă V .
(4) ñ Soit M ą 0, rM, `8s Ă VR p`8q donc DU P VR paq {f pU X Dq Ă rM, `8s. Ainsi, Dα ą
0{ ra ´ α, a ` αs Ă U donc si t P ra ´ α, a ` αs, f ptq P f pU X Dq Ă rM, `8s ô t ě M .
ð Soit V P VR p`8q, alors DM ą 0{ rM, `8s Ă V donc Dα ą 0{@t P D, |t ´ a| ď α ñ t ě M .
Posons U “ ra ´ α, a ` αs, alors U P VR paq et @t P U X D, f ptq P V d’où f pU X Dq Ă V .
(5) ñ Soit M ă 0, r´8, M s Ă VR p´8q donc DU P VR paq {f pU X Dq Ă r´8, M s. Ainsi, Dα ą
0{ ra ´ α, a ` αs Ă U donc si t P ra ´ α, a ` αs, f ptq P f pU X Dq Ă r´8, M s ô t ď M .
ð Soit V P VR p´8q, alors DM ă 0{ r´8, M s Ă V donc Dα ą 0{@t P D, |t ´ a| ď α ñ t ď M .
Posons U “ ra ´ α, a ` αs, alors U P VR paq et @t P U X D, f ptq P V d’où f pU X Dq Ă V .
(6) ñ Soit M ą 0, rM, `8s Ă VR p`8q donc DU P VR p`8q {f pU X Dq Ă rM, `8s. Ainsi, DA ą
0{ rA, `8s Ă U donc si t P rA, `8s, f ptq P f pU X Dq Ă rM, `8s ô t ě M .
ð Soit V P VR p`8q, alors DM ą 0{ rM, `8s Ă V donc DA ą 0{@t P D, t ě A ñ t ě M .
Posons U “ rA, `8s, alors U P VR p`8q et @t P U X D, f ptq P V d’où f pU X Dq Ă V .
(7) ñ Soit M ą 0, rM, `8s Ă VR p`8q donc DU P VR p´8q {f pU X Dq Ă rM, `8s. Ainsi, DA ă
0{ r´8, As Ă U donc si t P r´8, As, f ptq P f pU X Dq Ă rM, `8s ô t ě M .
ð Soit V P VR p`8q, alors DM ą 0{ rM, `8s Ă V donc DA ă 0{@t P D, t ď A ñ t ě M .
Posons U “ r´8, As, alors U P VR p´8q et @t P U X D, f ptq P V d’où f pU X Dq Ă V .
(8) ñ Soit M ă 0, r´8, M s Ă VR p´8q donc DU P VR p´8q {f pU X Dq Ă r´8, `M s. Ainsi,
DA ă 0{ r´8, As Ă U donc si t P r´8, As, f ptq P f pU X Dq Ă r´8, M s ô t ď M .
ð Soit V P VR p´8q, alors DM ă 0{ r´8, M s Ă V donc DA ă 0{@t P D, t ď A ñ t ď M .
Posons U “ r´8, As, alors U P VR p´8q et @t P U X D, f ptq P V d’où f pU X Dq Ă V .
(9) ñ Soit M ă 0, r´8, M s Ă VR p´8q donc DU P VR p`8q {f pU X Dq Ă r´8, `M s. Ainsi,
DA ą 0{ rA, `8s Ă U donc si t P rA, `8s, f ptq P f pU X Dq Ă r´8, M s ô t ď M .
ð Soit V P VR p´8q, alors DM ă 0{ r´8, M s Ă V donc DA ą 0{@t P D, t ě A ñ t ď M .
Posons U “ rA, `8s, alors U P VR p`8q et @t P U X D, f ptq P V d’où f pU X Dq Ă V a .

12.2.3 Définition séquentielle

Soit f : D Ă R ÝÑ K, a P AdhR pDq et l P K Y t˘8u. Alors :

f pxq ÝÑ l ô @u P D N {un ÝÑ a, f pun q ÝÑ l


xÑa nÑ`8 nÑ`8

Démonstration
ñ Soit u P DN qui converge vers a, et V P V plq. Alors DU P VR paq {f pU X Dq Ă V . un ÝÑ l donc
nÑ`8
Dn0 P N{@n ě n0 , un P V . Pour n ě n0 , f pun q P V car un P U X D.
ð Par contraposée, supposons que f ne tend pas vers l en a. Alors

DV P V plq {@U P VR paq , f pU X Dq Ć V ô Dt P U X D{f ptq R V

Pour n P N, soit $
´n ´n
&ra ´ 2 , a ` 2 s si a P R

Un “ rn, `8s si a “ `8

%
r´8, ´ns si a “ ´8

a. Qu’est ce que ça a une sale gueule dès qu’arrivent les ε !

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Chapitre 12 : Limites 191

On a donc @n P N, Un P VR paq donc on peut trouver tn P Un {f ptn q R V . Alors tn ÝÑ a mais


nÑ`8
pf ptn qqnPN ne tend pas vers l car f ptn q R V pour tout n P N.

12.3 Théorèmes généraux


12.3.1 Opérations
12.3.1.1 Cas de limites finies
Soient f, g : D ÝÑ K admettant des limites λ, µ P K en a P AdhR pDq.
(1) @α P K,
αf pxq ` g pxq ÝÑ αλ ` µ
xÑa

(2)
f pxq g pxq ÝÑ λµ
xÑa

(3)
|f pxq| ÝÑ |λ|
xÑa

(4) Si, @x P D, f pxq ‰ 0 et λ ‰ 0, alors


1 1
ÝÑ
f pxq xÑa λ
(5) On suppose K “ R. Alors
inf pf pxq , g pxqq ÝÑ min pλ, µq et sup pf pxq , g pxqq ÝÑ max pλ, µq
xÑa xÑa

(6) On suppose K “ C. Alors


$
&ℜe pf pxqq ÝÑ ℜe pλq
xÑa et f pxq ÝÑ λ
%ℑm pf pxqq ÝÑ ℑm pλq xÑa
xÑa

Démonstrations On utilise la définition séquentielle. Montrons la proposition p2q a :


Soit u P D N qui tend vers a. On a alors f pun q ÝÑ λ et g pun q ÝÑ µ. On sait alors que
nÑ`8 nÑ`8

f g pun q ÝÑ λµ ñ f g pxq ÝÑ λµ
nÑ`8 xÑa

12.3.1.2 Cas de limites infinies


Soient f, g : D ÝÑ R et a P AdhR pDq.

Hypothèses Conclusion
#
lim f pxq “ `8
xÑa f pxq ` g ptq ÝÑ `8
g minorée au voisinage de a xÑa
#
lim f pxq “ `8
xÑa f pxq g pxq ÝÑ `8
g minorée par une constante strictement positive au voisinage de a xÑa
1
lim f pxq “ `8 ÝÑ 0
#
xÑa f pxq xÑa
lim f pxq “ 0 1
xÑa ÝÑ `8
f à valeur dans R˚` au voisinage de a f pxq xÑa

a. Si j’ai dans un élan inconsidéré de bonne volonté fait les 9 démonstrations des définitions epsilonnesques de la
limite, vous conviendrez que j’ai droit au repos du guerrier. C’est donc avec sincérité que je vous dit bonne chance pour
démontrer le reste !

2011-2012 Cours de mathématiques


192 Analyse

– g minorée au voisinage de a signifie Dm P R et DU P VR paq tels que @t P U X D, g ptq ě m. Ceci


se produit notamment si g est bornée sur D ou si g admet en a une limite l ą ´8 a .
– g minorée par une constante strictement positive au voisinage de a signifie Dm ą 0 et U P VR paq
tels que @t P U X D, g ptq ě m. Ceci se produit notamment si g admet une limite strictement
positive en a.
– Des énoncés analogues existent pour f tendant vers ´8.

Démonstration de la proposition p2q.


Soit m ą 0 et U1 P VR paq, tel que @t P U X D, g ptq ą m. „ Soit V P VR p`8q, DM ą 0 tel que
M
rM, `8r Ă V b . Donc DU2 P VR paq tel que @t P U2 XD, f ptq P , `8 . Soit U “ U1 XU2 , U P VR paq
m
M
et @t P U X D, f ptq g ptq ě m “ M.
m

Remarque Il y a des situations où on ne peut rien affirmer : les formes indéterminées.


– Si f pxq ÝÑ `8 et g pxq ÝÑ ´8, on ne peut rien affirmer sur f pxq ` g pxq.
xÑa xÑa
– Si f pxq ÝÑ `8 et g pxq ÝÑ 0 ; on ne peut rien dire de général sur f pxq g pxq.
xÑa xÑa ? ?
– Dans ces situations, il faut lever l’indétermination. Par exemple, quid de lim x ` 1 ´ x ?
xÑ`8
On a , @x P R :
`? ? ˘ `? ? ˘
? ? x`1´ x x`1` x
x`1´ x “ ? ?
x`1` x
x`1´x
“ ? ?
x`1´ x
1
“ ? ? ÝÑ 0
x ` 1 ` x xÑ`8

12.3.1.3 Composition des limites


Soit f : D ÝÑ R, a P AdhR pDq tel que f pDq Ă ∆ et g : ∆ Ă R ÝÑ R. On suppose que :
(1) f admet une limite b P R (donc b P AdhR p∆q).
(2) g admet en b une limite l P R.
Alors
lim g ˝ f pxq “ l
xÑa

Démonstration
– Soit V P VR pbq et montrons que V X∆ ‰ ∅. f pxq ÝÑ b donc DU P VR paq tel que f pU X Dq Ă V .
xÑa
Mais f pU X Dq Ă f pDq Ă ∆ donc f pU X Dq Ă V X ∆ et U X D ‰ ∅ donc f pU X Dq ‰ ∅.
– Supposons que g pyq ÝÑ l, soit W P VR plq donc DV P VR pbq, g pV X ∆q Ă W . V est voisinage
yÑb
de b et f pxq ÝÑ b donc DU P VR paq tel que f pU X Dq Ă V . Pour t P U X D, f ptq P V X ∆ donc
xÑa
g ˝ f ptq P W .
ˆ ˙
x`1
Exemple Quid de lim x ln ? Pour x ą 0,
xÑ`8 x
ˆ ˙ ` ˘
x`1 ln 1 ` x1
x ln “ 1
x x

a. Soit λ ă l, alors rλ, `8s P VR plq donc DU P VR paq tel que g pU X Dq Ă V .


b. C’est à ce moment précis que M. Sellès, profitant d’un léger retard de la prise de notes de ses élèves, lança une
magnifique affirmation dont la destin serait d’entrer dans la légende : « Je suis aussi lymphatique que le nénuphar ! ».

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Chapitre 12 : Limites 193

1 ln p1 ` uq
On a ÝÑ 0 et ÝÑ 1 donc, par composition,
x xÑ`8 u uÑ0
` ˘
ln 1 ` x1
1 ÝÑ 1
xÑ`8
x

12.3.1.4 Prolongement par continuité


Soit f : D ÝÑ K et a P RzD tel que a P AdhR pDq.
On suppose que f admet en a une limite finie l P K. Si on pose, pour x P D Y tau,
#
f pxq si x P D
f˜ pxq “
l si x “ a

On a f˜ est continue en a et f “ fr|D . f˜ est un prolongement de f en a.

12.3.2 Limites usuelles


12.3.2.1 Fonctions polynômiales
Soient P,Q des fonctions polynômiales non constantes. On a alors avec m, n P N˚ , α, β P R˚ :

ÿ
n´1 ÿ
m´1
P ptq “ αtn ` λk tk et Q ptq “ βtm ` µk tk
k“0 k“0
˜ ¸
ÿ
n´1
λk
De plus, pour t P R, P ptq “ tn α` n´k
. Or t ÝÑ `8, donc par produit et récurrence,
k“0
t tÑ`8
1
@l P N˚ , tl ÝÑ `8 puis l ÝÑ 0. Par somme,
tÑ`8 t tÑ`8

ÿ
n´1
λk
α` ÝÑ α
n´k tÑ`8
k“0
t

Donc par produit, P ptq ÝÑ sgn pαq 8. De même, Q ptq ÝÑ sgn pβq 8.
tÑ`8 tÑ`8
P
En particulier, Q est non nulle pour t assez grand donc est bien définie. On a, pour tout t assez
Q
grand,
¨ ˛
ÿ
n´1
λ
˚α` k
tn´k ‹
P ptq ˚ ‹
“ tn´m ˚
˚
k“0 ‹

Q ptq ˝ ÿ
m´1
µk ‚
β` tm´k
looooooooomooooooooon
k“0

ÝÑ α
β

✬ ✩
P ptq α
– Si m “ n , ÝÑ .
Q ptq tÑ`8 β ˆ ˙
P ptq α
– Si n ą m, ÝÑ sgn 8.
Q ptq tÑ`8 β
P ptq
– Si n ă m, ÝÑ 0.
✫ ✪
Q ptq tÑ`8

2011-2012 Cours de mathématiques


194 Analyse

✬ ✩
12.3.2.2 Liste de limites usuelles
sin t 1 ´ cos t 1 tan t
ÝÑ 1 ÝÑ ÝÑ 1
t tÑ0 t tÑ0 2 t tÑ0

sinh t cosh t ´ 1 1 tanh t


ÝÑ 1 ÝÑ ÝÑ 1
t tÑ0 t tÑ0 2 t tÑ0

ln p1 ` tq ln u et ´ 1
ÝÑ 1 ÝÑ 1 ÝÑ 1
t tÑ0 u ´ 1 uÑ1 t tÑ0


tet ÝÑ 0 t ln t ÝÑ 0 @α ą 0, ÝÑ 0
tÑ´8 tÑ0` et tÑ`8

|ln t|
@α ą 0, ÝÑ 0
✫ tα tÑ`8 ✪
Si f, g : D ÝÑ K telles que f ptq ÝÑ 0 et g bornée au voisinage de a, alors f ptq g ptq ÝÑ 0.
tÑa tÑa

Démonstration On utilise la définition séquentielle.


Soit u P DN qui tend vers a. Alors f pun q ÝÑ 0 et g pun q est bornée donc DM P R, Dn0 P N{@n ě
nÑ`8
n0 , un ď |M |. D’après les théorèmes généraux sur la convergence des suites, f pun q g pun q ÝÑ 0.
nÑ`8

12.4 Théorèmes spécifiques aux fonctions réelles


12.4.1 Théorèmes utilisant l’ordre
12.4.1.1 Conservations des inégalités larges par passage à la limite

Soient f, g : D ÝÑ R et a P AdhR pDq. On suppose :


(1) f et g admettent en a des limites λ, µ P R.
(2) f est plus petite que g au voisinage de a : DU P VR paq {@t P U X D, f ptq ď g ptq.
Alors λ ď µ.

Démonstration Supposons au contraire que λ ą µ. Soit ν P sµ, λr, alors s´8, νr P VR pµq donc
DU1 P VR paq {g pU1 X Dq Ă s´8, νr. De même, sν, `8r P VR pλq donc DU2 P VR paq {f pU2 X Dq Ă
sν, `8r.
Or si t P U X U1 X U2 X D p‰ ∅q, f ptq ď g ptq et f ptq ą ν ą g ptq, ce qui est impossible.

12.4.1.2 Théorème de comparaison

Soient f, g : D ÝÑ R et a P AdhR pDq, on suppose que DU P VR paq {@t P U X D, f ptq ď g ptq.


– Si g ptq ÝÑ ´8, alors f ptq ÝÑ ´8.
tÑa tÑa
– Si f ptq ÝÑ `8, alors g ptq ÝÑ `8.
tÑa tÑa

Lycée Saint-Louis MPSI 2


Chapitre 12 : Limites 195

Démonstration Voir note a page 191.

12.4.1.3 Théorème des gendarmes

Soient f, g, h : D ÝÑ R et a P AdhR pDq. On suppose :


(1) DU P VR paq {@t P U X D, f ptq ď g ptq ď h ptq.
(2) f ptq ÝÑ l et h ptq ÝÑ l.
tÑa tÑa
Alors g ptq ÝÑ l.
tÑa

Démonstration Soit V P VR plq, Dε ą 0 tel que rl ´ ε, l ` εs Ă V . f ptq ÝÑ l donc DU1 P VR paq {f pU X Dq Ă


tÑa
rl ´ ε, l ` εs. De même, h ptq ÝÑ l donc DU2 P VR paq {f pU2 X Dq Ă rl ´ ε, l ` εs.
tÑa
Soit O “ U X U1 X U2 P VR paq et @t P O X D,

l ´ ε ď f ptq ď g ptq ď h ptq ď l ` ε

Ainsi, g ptq P rl ´ ε, l ` εs Ă V donc g pO X Dq Ă V .

Corollaire Soient f : D ÝÑ K et g : D ÝÑ R, l P K et a P AdhR paq. On suppose que au voisinage


de a, |f ptq ´ l| ď g ptq, et g ptq ÝÑ 0. Alors f ptq tend vers l en a.
tÑa

12.4.2 Fonctions monotones


12.4.2.1 Théorème 1 : majoration et limite

Soit f : ra, br ÝÑ R croissante avec a P R, b P R et a ă b.


(1) Si f est majorée, alors f admet une limite finie l P R en b avec l “ sup f psa, bsq.
(2) Si f n’est pas majorée, alors f ptq ÝÑ `8.
tÑb

Démonstration
(1) Supposons f majorée, soit l “ sup f pra, brq et montrons que f ptq ÝÑ l . Soit V P VR plq, Dε ą
tÑb
0{ rl ´ ε, l ` εs Ă V donc l ´ ε ne majore pas f donc Dc P ra, br {f pcq ą l ´ ε. Soit U “ rc, `8r,
U P VR pbq et @t P U X ra, br “ rc, br, on a l ě f ptq car l “ sup f et f ptq ě f pcq car t ą c donc

l ě f ptq ě f pcq ą l ´ ε

Ainsi, f ptq P sl ´ ε, ls Ă rl ´ ε, l ` εs Ă V .
(2) Supposons que f n’est pas majorée. Montrons que f ptq ÝÑ `8, soit V P VR p`8q, alors DM P
tÑa
R{ rM, `8r Ă V . f n’est pas majorée donc Dc P sa, bs {f pcq ą M . Soit U “ rc, `8sP VR pbq et
pour t P U X sa, bs “ rc, br, f ptq ě f pcq ą M ñ f ptq P V .

Corollaire 1 Soit f : ra, br ÝÑ R décroissante.


(1) Si f est minorée, alors f admet une limite finie en b et lim f pxq “ inf f .
xÑb ra,br

(2) Si f n’est pas minorée, alors f pxq ÝÑ ´8.


xÑb
La démonstration se fait en appliquant le théorème 1 à ´f .

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196 Analyse

Corollaire 2 Soit a P R, b P R, a ă b et f : sa, bs ÝÑ R croissante.


(1) Si f est minorée, f admet une limite finie en a et lim f pxq “ inf f .
xÑa sa,bs
(2) Si f n’est pas minorée, f pxq ÝÑ ´8.
xÑa
La démonstration se fait en appliquant le corollaire 1 à g : r´b, ´ar ÝÑ R .
x ÞÑ f p´xq

Corollaire 3 Soit a P R, b P R avec a ă b, et f : sa, bs ÝÑ R décroissante.


(1) Si f est majorée, alors f admet en a une limite finie.
(2) Si f n’est pas majorée, alors f pxq ÝÑ `8.
xÑa
La démonstration se fait en appliquant le corollaire 2 à ´f , ou bien appliquer le théorème à g :
s´b, ´as ÝÑ R .
x ÞÑ f p´xq

12.4.2.2 Théorème 2 : inégalités des limites

Soit I un intervalle non trivial de R et `f : I˘ ÝÑ `R croissante.


˘ Soit x0 P Int pIq, alors f admet en x0
des limites à gauche et à droite finies f x´0 et f x `
0 . On a de plus
` ˘ ` `˘
f x´0 ď f px0 q ď f x0
` ˘ ` `˘
f est continue en x0 si et seulement si f x´ 0 “ f x0 .

Un énoncé analogue existe pour les fonctions décroissantes.

Démonstration
– Soit a P I avec a ă x0 , g : ra, x0 r ÝÑ R . g est croissante et majorée car @t ă x0 , f ptq ď f px0 q
t ÞÑ f ptq
donc g admet une limite finie l´ en x0 . De plus, comme ´
` ´ ˘ f px0 q majore g, l “ sup g ď f px0 q.
Ainsi, f admet en x0 une limite à gauche finie et f x0 ď f px0`q. ˘
– De même, f admet en x0 une limite à droite finie et f px0 q ď f x`` 0 .˘ ` ˘
– ñ Si f est continue en x0 , on sait que lim f pxq “ f px0 q donc f x` 0 “ f x´ 0 .
xÑx0
` `˘ ` ´˘
ð Si f x0 “ f x0 , alors
` ˘ ` `˘ ` ´˘ ` ´˘ ` `˘
f x´ 0 ď f px0 q ď f x0 “ f x0 ñ f px0 q “ f x0 “ f x0

Ainsi, f pxq ÝÑ f px0 q donc f est continue.


xÑx0

Remarques
– Soit f : I ÝÑ R croissante. Si a est l’extrémité gauche réelle de I, qui est du type ra, bq avec
b P R et b ą a, alors f admet en a une limite finie à droite et f paq ď f pa` q. f est continue en
a si et seulement si f pa` q “ f paq.
– Si a P R est l’extrémité réelle droite de I, I est donc du type pb, as avec b P R et b ă a, alors f
admet en a une limite finie à gauche. f est continue en a si et seulement si f pa´ q “ f paq.

12.4.2.3 Théorème 3 : continuité et intervalles

Soit I un intervalle non trivial de R et f : I ÝÑ R monotone. Alors f est continue si et seulement si


J “ f pIq est un intervalle.

Lycée Saint-Louis MPSI 2


Chapitre 12 : Limites 197

Démonstration
ñ Ce résultat est une application directe du théorème des valeurs intermédiaires.
ð On suppose par exemple f croissante, et on procède par contraposée : supposons que f n’est pas
continue, et montrons que J ne peut pas être un intervalle. f n’est pas continue sur I donc il
existe x0 P I tel que f n’est pas continue en x0 .
– Si x0 P Int I, on sait que d’après le théorème 2, f admet en x0 des limites finies à droite et à
gauche et, de plus : ` ˘ `
f x´ 0 ď f px0 q ď f px0 q
` ˘ ` `˘
f n’est `pas˘continue en x0 donc f x´ 0 ă f px0 q ou f px0 q ă f x0 . ` ˘
˝ 5)(f x´ 0 ă f px0 q, soit x P I, si x ă x0 , alors f pxq ď lim f pxq “ f x´ 0 . Si x ě x0 ,
` ´˘ ‰ ` ´˘ xÑx 0“
f pxq ě f px0 q. Ainsi f x0 , f px0 q P J mais f x0 , f px0 q Ć I donc I n’est pas une
partie convexe`de ˘R, ce n’est pas un intervalle. ` ˘
˝ Si f px0 q ă f x` 0 , soit x P I, si x ą x0 , alors f pxq ě xÑxlim f pxq “ f x` 0 . Si x ď x0 ,
` `˘ ‰ ` ` ˘“0
f pxq ď f px0 q. Ainsi f x0 , f px0 q P J mais f px0 q , f x0 Ć I donc I n’est pas une
partie convexe de R, ce n’est pas un intervalle.
– Si x0 est une extrémité réelle de I, alors on applique la remarque concernant le théorème 2 et
on déduit par un raisonnement analogue que J ne peut être un intervalle.

12.4.2.4 Théorème 4 : forme des ensembles d’arrivée


Soit I un intervalle non trivial de R et f : I ÝÑ R continue et strictement croissante.
(1) Si I est de la forme ra, bs avec a, b P R et a ă b, alors f pIq “ rf paq , f pbqs.
„ „
(2) Si I est de la forme ra, br avec a P R, b P R et a ă b, alors f pIq “ f paq , lim f pxq .
xÑb
ı ı
(3) Si I est de la forme sa, bs avec a P R, b P R et a ă b, alors f pIq “ lim f pxq , f pbq .
xÑa
 „
(4) Si I est de la forme sa, br avec a, b P R et a ă b, alors f pIq “ lim f pxq , lim f pxq .
xÑa xÑb

Des énoncés analogues existent dans le cas où f est strictement décroissante.

Démonstration
(1) – Soit t P ra, bs, f est croissante donc f paq ď f ptq ď f pbq donc f pra, bsq Ă rf paq , f pbqs.
– On sait que f pra, bsq est un intervalle donc, d’après le théorème des valeurs intermédiaires,
rf paq , f pbqs Ă f pra, bsq.
(2) – Supposons que f est majorée. On sait alors que f admet en b une limite finie l “ supf .
ra,br
Montrons que @t P ra, br, on a f ptq ă l.
˝ Soit t P ra, br et s P st, br, f ptq ă f psq ď l. De plus @t P ra, br, f ptq ě f paq et f paq ď
f ptq ă l. Ainsi, f pra, brq Ă rf paq , lr.
˝ Soit y P rf paq , lr, y ă l donc y ne majore pas f donc Dt P ra, br {f ptq ą y. f pbq , f ptq P
f pra, brq et on sait que f pra, brq est un intervalle donc, d’après le théorème des valeurs
intermédiaires, rf ptq , f pbqs Ă f pra, brq d’où y P f pra, brq.
– Supposons que f n’est pas majorée, on sait que f pxq ÝÑ `8. Montrons que f pra, brq “
xÑb
rf paq , `8r.
˝ @t P ra, br, f paq ď f ptq car f est croissante, donc f pra, brq Ă rf paq , `8r.
˝ Soit y P rf paq , `8r. f n’est pas majorée donc Dt P ra, br tel que f ptq ą y. Ainsi, f ptq P
rf paq , ys Ă f pra, brqd’après le théorème des valeurs intermédiaires car f paq , f ptq P f pra, brq
et f pra, brq est un intervalle.

2011-2012 Cours de mathématiques


198 Analyse

(3) – Supposons que f est minorée. On sait alors que f admet en a une limite finie l “ inf f .
sa,bs
@t P sa, bs, on a f ptq ą l.
˝ Soit t P sa, bs et s P sa, tr, l ď f psq ă f ptq. De plus @t P sa, bs, f ptq ď f pbq et l ă f ptq ď
f pbq. Ainsi, f psa, bsq Ă sl, f pbqs.
˝ Soit y P sl, f pbqs, y ą l donc y ne minore pas f donc Dt P sa, bs {f ptq ą y. f pbq , f ptq P
f psa, bsq et on sait que f psa, bsq est un intervalle donc, d’après le théorème des valeurs
intermédiaires, rf ptq , f pbqs Ă f psa, bsq d’où y P f psa, bsq.
– Supposons que f n’est pas minorée, on que f pxq ÝÑ ´8. Montrons que f psa, bsq “ s´8, f pbqs.
xÑa
˝ @t P sa, bs, f ptq ď f pbq car f est croissante, donc f psa, bsq Ă s´8, f pbqs.
˝ Soit y P s´8, f pbqs. f n’est pas minorée donc Dt P sa, bs tel que f ptq ă y. Ainsi, y P
rf ptq , f pbqs Ă f psa, bsqd’après le théorème des valeurs intermédiaires. car f ptq , f pbq P
f psa, bsq et f psa, bsq est un intervalle.
(4) La démonstration de ce résultat se fait en envisageant les 4 cas où a et b sont tour à tour finis
ou infinis. Comme absolument rien ne change dans le raisonnement, je vous laisse le soin de
concevoir cette démonstration !

12.4.2.5 Théorème 5 dit de la bijection

Soit I un intervalle non trivial de R, f : I ÝÑ R continue et strictement monotone. Alors f induit une
bijection de I sur J “ f pIq, et
f˜ : I ÝÑ f pIq est bijective
t ÞÑ f ptq
De plus, J est un intervalle non trivial de R et f˜´1 est continue sur J, strictement monotone de même
monotonie que f .

Démonstration f est strictement monotone donc injective donc f˜ : I ÝÑ f pIq est surjective
t ÞÑ f ptq
donc bijective de I dans J.
– f est continue strictement monotone sur un intervalle non trivial donc, d’après le théorème 4,
J est un intervalle non trivial de R .
– Supposons f strictement croissante, soient u, v P J avec u ă v, f˜´1 est`injective˘ donc`f˜´1 puq˘‰
f˜´1 pvq. Si jamais f˜´1 puq ą f˜´1 pvq, f étant strictement croissante,f f ´1 puq ą f f ´1 pvq ,
soit u ą v ce qui est impossible. Donc f˜´1 est strictement croissante comme f .
– f˜´1 est monotone sur l’intervalle J et f˜´1 pJq “ I est un intervalle. D’après le théorème 3, f˜´1
est automatiquement continue.

Application : existence de la racine n-ième Soit n P N˚ , f : R` ÝÑ R est continue et


„ „ t ÞÑ tn
strictement croissante. Or f pR` q “ f p0q , lim f pxq “ R` . f induit donc une bijection de R`
xÑ`8
?
dans R` . Ainsi, @x P R` , D!t P R` {tn “ x. Ce réel t se note n x. Le théorème de la bijection nous dit
?
que x P R` ÝÑ„ n x P R` est continue, bijective et strictement croissante et R` “ r0, `8r “ g pR` q “

? ? ?
n
0, lim n x donc lim n x “ `8.
xÑ`8 xÑ`8

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Chapitre 13

Équivalents

Sommaire
13.1 Négligeabilité, domination . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 200
13.1.1 Définitions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 200
13.1.2 Étude de différents cas de domination ou négligeabilité . . . . . . . . . . . . . . 200
13.1.2.1 Cas des suites . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 200
13.1.2.2 Cas sympathiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 200
13.1.2.3 Propriétés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 201
13.2 Fonctions équivalentes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 202
13.2.1 Faits de base . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 202
13.2.1.1 Définition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 202
13.2.1.2 Remarques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 202
13.2.1.3 Caractérisation de l’équivalence avec la négligeabilité . . . . . . . . . 202
13.2.2 Cas sympathiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 202
13.2.3 Équivalents usuels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 203
13.2.4 Propriétés des équivalents . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 203
13.2.4.1 Propriété fondamentale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 203
13.2.4.2 Opérations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 204
13.2.4.3 Composition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 204

199
200 Analyse

13.1 Négligeabilité, domination


13.1.1 Définitions
Soit D une partie de R, a P AdhR pDq et f, g : D ÝÑ K.

Domination

On dit que f est dominée par g au voisinage de a et on écrit f “ O pgq ou f pxq “ O g pxq s’il existe
a xÑa
un voisinage U P VR paq et ω : U X D ÝÑ K bornée telle que @x P U X D, f pxq “ ω pxq g pxq.

Négligeabilité

On dit que f est négligeable devant g au voisinage de a et on écrit f “ o pgq ou f pxq “ o g pxq s’il
a xÑa
existe U P VR paq et une fonction ε : U XD ÝÑ K tels que ε pxq ÝÑ 0 et @x P U XD, f pxq “ ε pxq g pxq a .
xÑa

a. Il n’est pas ici nécessaire de rappeler la pagaïe qui ponctua cette partie du cours en raison de blagues sulfureuses,
et à laquelle M. Sellès mit fin d’un ton sans appel : « Quelle bande de tartiflettes ! »

Remarques
– Les notations f “ o pgq ou f “ O pgq peuvent induire en erreur a car ce ne sont pas de vraies
a a
égalité entre fonctions.
– f “ O p0q signifie que f pxq “ 0 au voisinage de a. Ceci ne se produit jamais sauf cas trivial.
a
– De même, à moins que f soit nulle au voisinage de a, on n’a pas f “ o p0q.
a
– f “ O p1q signifie que f est bornée au voisinage de a. C’est notamment le cas si f admet une
a
limite finie en a.
– f “ o p1q signifie que f pxq ÝÑ 0.
a xÑa

13.1.2 Étude de différents cas de domination ou négligeabilité


13.1.2.1 Cas des suites
Soient a, b P KN , On a an “ O pbn q signifie que l’on peut écrire pour n assez grand an “ ωn bn
`8
avec ω bornée. De même, an “ o pbn q signifie qu’on a pour a assez grand an “ εn bn avec εn ÝÑ 0.
`8 nÑ`8

13.1.2.2 Cas sympathiques

Soient f, g : D ÝÑ K et a P AdhR pDq.


1er cas : Si a R D, on suppose g ‰ 0 au voisinage de a : DU1 P VR paq tel que @t P U1 X D, g ptq ‰ 0.
2ème cas : Si a P D, on suppose :
(1) f et g continues en a.
(2) DU1 P VR paq tel que @t P U1 X Dz tau, g ptq ‰ 0 et f paq “ 0.
Alors
f pxq
f pxq “ o g pxq ô ÝÑ 0
xÑa g pxq xÑa

a. Et non pas nous « enduire d’erreur » comme des petits plaisantins pourraient le faire remarquer.

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Chapitre 13 : Équivalents 201

f
Les hypothèses sur g font que est bien défini au voisinage de a (privé de a).
g

Démonstration

ñ Si f pxq “ o g pxq, on a, au voisinage de a, f pxq “ ε pxq g pxq avec ε pxq ÝÑ 0. D’où, pour
xÑa xÑa
x P Dz tau voisin de a,
f pxq
ÝÑ 0
g pxq xÑa

f ptq
ð – Cas 1 : Soit U1 P VR paq tel que @t P U1 X D, g ptq ‰ 0. On pose ε ptq “ pour t P U1 X D.
g ptq
On a bien @t P U1 X D, f ptq “ ε ptq g ptq et ε ptq ÝÑ 0.
tÑa

– Cas 2 : Soit U1 P VR paq tel que @t P U1 X D, g ptq ‰ 0. On pose


#
0 si t “ a
ε ptq “ f ptq
gptq si t P U1 X Dz tau

On a bien ε ptq ÝÑ 0 et @t P U1 X D, f ptq “ ε ptq g ptq y compris pour t “ a.


tÑa

Application
` ˘
– Pour α, β P R, α ă β xα “ o xβ et xβ “ o pxα q.
`8 0 ˆ ˙ ˆ ˙
1 1
– @α ą 0, xα “ o pex q et ln pxq “ o pxα q, ln pxq “ o et e “ o
x .
`8 `8 0 x ´8 x

13.1.2.3 Propriétés
$
– f “ o pgq ñ f “ O pgq. &f “ O pgq
$a a
– a ñ f “ O phq
&f “ o pgq %g “ O phq a
– a ñ f “ o phq $ a
%g “ O phq a &f “ o pgq
$ a
– a ñ f ϕ “ o pgψq
&f “ O pgq %ϕ “ O pψq a
– a ñ f “ o phq $ a
%g “ o phq a &f “ o pgq
$ a
– a ñ f ϕ “ o pgψq
&f “ o pgq %ϕ “ o pψq a
a
– a ñ f “ o phq
%g “ o phq a
a

– Soient f, g : D ÝÑ K telle que f pxq “ o g pxq et prenons ϕ : ∆ ÝÑ K . Si b P AdhR p∆q avec


xÑa
ϕ ptq ÝÑ a, alors
tÑb
f ˝ ϕ ptq “ o g ˝ ϕ ptq
tÑb
$
&f “ o phq
– a ñ αf ` g “ o phq
%g “ o phq a
a

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202 Analyse

13.2 Fonctions équivalentes


13.2.1 Faits de base
13.2.1.1 Définition

Soient f, g : D Ă R ÝÑ K et a P AdhR pDq. On dit que f est équivalente à g au voisinage de a s’il


existe U P VR paq et ϕ : U X D ÝÑ K telle que ϕ pxq ÝÑ 1 et, @x P U X D, f pxq “ ϕ pxq g pxq.
xÑa
On écrit alors f „ g ou f pxq „ g pxq.
a xÑa

13.2.1.2 Remarques
– f pxq „ 0 signifie que f est nulle au voisinage de a a .
xÑa

f „gñg„f
a a

En effet, si f „ g, soit U P VR paq et ϕ : U X D ÝÑ R telle que ϕ pxq ÝÑ 1 et f pxq “ ϕ pxq g pxq


a xÑa
sur U X D. ϕ pxq ÝÑ 1 donc DU1 P VR paq {@x P U1 X D, |ϕ pxq ´ 1| ď 21 d’où |ϕ pxq| ě 21 . Avec
xÑa
1 1
U “ U1 X U , @x P U 1 X D, ϕ pxq ‰ 0 et
1 ÝÑ 1 et g pxq “ f pxq.
$ ϕ pxq xÑa ϕ pxq
&f „ g
– Il est clair que f „ f et a ñ f „ h ; „ est une relation d’équivalence sur F pD, Kq.
a %g „ h a
a
On dira alors indifféremment que f est équivalente à g au voisinage de a ou que f et g sont
équivalentes au voisinage de a.
– Si f „ g, on peut au voisinage de a écrire f pxq “ ϕ pxq g pxq avec ϕ pxq ‰ 0. f et g s’annulent
a
simultanément au voisinage de a. Mieux, elles sont de même signe au voisinage de a car ϕ pxq ą 0.

13.2.1.3 Caractérisation de l’équivalence avec la négligeabilité

f „ g ô f g “ o pgq
a a

ñ Au voisinage de a,f pxq “ ϕ pxq g pxq avec ϕ pxq ÝÑ 1. D’où f pxq g pxq “ pϕ pxq ´ 1q g pxq avec
xÑa
ϕ pxq ´ 1 ÝÑ 0.
xÑa
ð Au voisinage de a, f pxq g pxq “ ε pxq g pxq avec ε pxq ÝÑ 0 d’où f pxq “ p1 ` ε pxqq g pxq avec
xÑa
1 ` ε pxq ÝÑ 1
xÑa

13.2.2 Cas sympathiques


(1) a R D et au voisinage de a, g pxq ‰ 0. Alors

f pxq
f „gô ÝÑ 1
a g pxq xÑa

(2) a P D, g ne s’annule par au voisinage de a (ou uniquement en a), f et g sont continues en a et


f paq “ g paq. Alors
f pxq
f „gô ÝÑ 1
a g pxq xPDztau
xÑa

a. En pratique cela n’arrive jamais : « Si jamais vous trouvez ça, une alarme doit retentir dans votre tête : attention,
connerie en cours ! ».

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Chapitre 13 : Équivalents 203

Démonstration
ñ Au voisinage de a, on a f pxq “ ϕ pxq g pxq avec ϕ pxq ÝÑ 1 et g pxq ‰ 0 si x ‰ a. Donc pour
xÑa
x P Dz tau au voisinage de a,
f pxq
f „gô ÝÑ 1
a g pxq xÑa
ð Soit U P VR paq tel que g pxq ‰ 0 pour tout x P U X pDz tauq. On pose ϕ paq “ 1 et, @x P U X D,
pxq
x ‰ a, ϕ pxq “ fgpxq . On a alors ϕ pxq ÝÑ 1 et @x P U X D, f pxq “ ϕ pxq g pxq, même pour
xÑa
x“a . a

Exemples d’utilisation
– Supposons que f pxq ÝÑ l P K˚ (l ‰ 0). Alors f pxq „ l.
xÑa xÑa
– Soit I est un intervalle de R, x0 P I, f : I ÝÑ K dérivable en x0 avec f 1 px0 q ‰ 0. Alors, au
voisinage de x0 :
f pxq ´ f px0 q „ f 1 px0 q px ´ x0 q
xÑa
– Soit une fonction polynômiale
ÿ
m´1
P pxq “ αxj ` xk ak ` βxm pβ, αq P R˚
k“j`1

Alors P „ βxm et P „ αj j .
8 0

13.2.3 Équivalents usuels


✬ ✩
sin x „ x cos x „ 1 tan x „ x ln p1 ` xq „ x
0 0 0 0

x2
ex ´ 1 „ x p1 ` xqα ´ 1 „ αx 1 ´ cos x „ arcsin x „ x
0 0 0 2 0

π π
arccos x „ arccos x ´ 2 „ ´x arctan x „ x sinh x „ x
0 2 0 0 0

x2
cosh x „ 1 cosh x ´ 1 „
0 0 2

✫ ✪

13.2.4 Propriétés des équivalents


13.2.4.1 Propriété fondamentale

On suppose f „ g et g pxq ÝÑ l P K. Alors f pxq ÝÑ l.


a xÑa xÑa

a. C’est alors que M. Sellès se lança dans une diatribe virulente à destination des choux de bruxelles, salades fri-
sées, potirons, potimarrons, endives, pois cassés, chevaux, dauphins, produits Yves Rocher, chanteurs de variété dont le
nom est Christophe, et bien d’autres ennemis héréditaires de l’homme moderne et libéré. Ses prises de postions coura-
geuses resteront à jamais présentes dans la mémoire collective de la communauté des MPSI 2 passés, présents et futurs.
« J’assume mes choix, le potiron c’est pas bon. Et si le syndicat du potiron vient me voir, je l’attend de pied ferme ! ».

2011-2012 Cours de mathématiques


204 Analyse

Démonstration Au voisinage de a, f pxq “ ϕ pxq g pxq avec ϕ pxq ÝÑ 1, d’où le résultat d’après les
xÑa
théorèmes généraux.

13.2.4.2 Opérations
Produit Si f „ g et h „ k, alors f h „ gk. Si de plus h et k ne sont pas nulles au voisinage de a,
a a a
f g
alors „ .
h a k

Piège ! Si f „ g et h „ k, on a pas forcément f ` h „ g ` k. Par contre, si f „ g et h “ o pf q, alors


a a a a a
f ` h „ g.
a

13.2.4.3 Composition
Composition à droite

Soient f, g : D ÝÑ K telles que f „ g et ω : ∆ Ă R ÝÑ D, b P AdhR p∆q. On suppose que ω pxq ÝÑ a,


a xÑb
alors f ˝ ω pxq „ g ˝ ω pxq.
a

Piège ! Il n’existe pas de théorème général sur la composition à gauche !

Cas particuliers de composition à droite


(1) Soient f, g : D ÝÑ R˚` , on suppose f „ g et g pxq ÝÑ l P t0, `8u a . Alors ln f pxq „ ln g pxq.
a xÑa a
En effet, au voisinage de x, f pxq “ ϕ pxq g pxq avec ϕ pxq ÝÑ 1. On a donc :
xÑa

ln f pxq “ ln ϕ pxq ` ln g pxq


ˆ ˙
ln ϕ pxq
“ 1` ln g pxq
ln g pxq

ln ϕ pxq
Or ln ϕ pxq ÝÑ 0 et ln g pxq ÝÑ ˘8 donc 1 ` ÝÑ 1 donc ln f pxq „ ln g pxq.
xÑa xÑa ln g pxq xÑa a

(2) Soient f et g deux fonctions à valeurs dans R˚` telles que f „ g. Alors @α P R, f α „ gα .
a a
En effet, au voisinage de a, f pxq “ ϕ pxq g pxq avec ϕ pxq ÝÑ 1 d’où f pxqα “ ϕ pxqα g pxqα ˆ et
xÑa
ϕ pxqα ÝÑ 1.
xÑa

a. À la rigueur n’importe quel réel marche mais surtout pas 1.

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Chapitre 14

Fonctions dérivables

Sommaire
14.1 Définitions, faits généraux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 206
14.1.1 Dérivée et fonction dérivée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 206
14.1.1.1 Définitions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 206
14.1.1.2 Exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 206
14.1.2 Développements limités à l’ordre 1 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 207
14.1.3 Opérations sur les dérivées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 208
14.1.3.1 Opérations générales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 208
14.1.3.2 Opérations pour les fonctions à valeurs dans C . . . . . . . . . . . . . 209
14.1.3.3 Composition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 209
14.1.3.4 Dérivées à droite et à gauche . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 209
14.2 Théorèmes spécifiques aux fonctions réelles . . . . . . . . . . . . . . . . . . 209
14.2.1 Théorème de Rolle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 209
14.2.1.1 Extremum . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 209
14.2.1.2 Lemme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 210
14.2.1.3 Énoncé du théorème . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 210
14.2.2 Théorème des accroissements finis et conséquences . . . . . . . . . . . . . . . . 210
14.2.2.1 Théorème des accroissements finis . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 210
14.2.2.2 Inégalités des accroissements finis . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 211
14.2.2.3 Conséquences des inégalités des accroissements finis . . . . . . . . . . 212
14.2.2.4 Variations des fonctions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 214
14.2.3 Dérivée d’une réciproque . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 216
14.3 Dérivées d’ordre supérieur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 217
14.3.1 Définitions, faits de bases . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 217
14.3.1.1 Définitions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 217
14.3.1.2 Remarques, exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 217
14.3.1.3 Théorèmes généraux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 217
14.3.1.4 Vocabulaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 220
14.3.2 Formules de Taylor . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 220
14.3.2.1 Étude préliminaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 220
14.3.2.2 Définition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 221
14.3.2.3 Polynômes de Taylor des fonctions classiques . . . . . . . . . . . . . 222
14.3.2.4 Inégalité de Taylor-Lagrange . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 223
14.3.2.5 Formule de Taylor-Young . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 226
14.3.2.6 Exercice . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 228

205
206 Analyse

Introduction
Soit I un intervalle non trivial de R et f : I ÝÑ R continue et x0 P I. On cherche la « meilleure »
fonction affine approchant f au voisinage de x0 . Soit ϕ pxq “ α px ´ x0 q ` β une telle fonction, on
prend ϕ px0 q “ f px0 q ô β “ f px0 q. Pour x voisin de x0 , on pose

∆ pxq “ f pxq ´ ϕ pxq


“ f pxq ´ f px0 q ´ α px ´ x0 q
ˆ ˙
f pxq ´ f px0 q
“ px ´ x0 q ´α
x ´ x0

L’erreur ∆ pxq sera minimale si on prend

f pxq ´ f px0 q
α “ lim
xÑx0 x ´ x0

Si cette limite existe, la droite y “ α px ´ x0 q ` f px0 q est la tangente à la courbe de f en x0 .

14.1 Définitions, faits généraux


Dans la suite, K “ R ou C, I est un intervalle non trivial de R.

14.1.1 Dérivée et fonction dérivée


14.1.1.1 Définitions
Soit f : I ÝÑ K.
(1) Soit x0 P I, on dit que f est dérivable en x0 si l’application

Tf,x0 : Iz tx0 u ÝÑ K
f pxq ´ f px0 q
x ÞÑ
x ´ x0

admet une limite finie l P K en x0 . On note alors l “ f 1 px0 q et on dit que l est la dérivée de f
au point x0 .
(2) f est dérivable sur I si @x0 P I, f est dérivable en x0 . Si c’est le cas, l’application x P I ÞÝÑ f 1 pxq
s’appelle la dérivée de f et se note f 1 .
(3) On note D pI, Kq l’ensemble des fonctions dérivables de I dans K.

14.1.1.2 Exemples
(1) Soit n P N et f : R ÝÑ R , x0 P R. Pour x P Rz tx0 u,
x ÞÑ xn

xn ´ xn0
Tf,x0 “
x ´ x0
x ´ x0 ÿ k n´1´k
n´1
“ x x0
x ´ x0 k“0
ÿ
n´1
ÝÑ xk0 x0n´1´k “ nx0n´1
xÑx0
k“0

f est donc dérivable sur R et @x P R, f 1 pxq “ nxn´1 .

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Chapitre 14 : Dérivation 207

?
(2) Soit f : x P R` ÝÑ x et x0 P R` . Pour x P R` z tx0 u,
? ?
f pxq ´ f px0 q x ´ x0

x ´ x0 x ´ x0
1
“ ? ?
x ` x0

Si x0 ą 0, on sait que f est continue et


? ? ?
x` x0 ÝÑ 2 x0
xÑx0

? ? 1
Si x0 “ 0, @x ą x0 , x ` 0 ą 0 et lim x “ 0 donc ? ÝÑ `8. f n’est pas dérivable en
xÑ0 x ` 0 xÑx0
1
0. Cependant, f est dérivable en x et f 1 pxq “ ? .
2 x

14.1.2 Développements limités à l’ordre 1

Soit f : I ÝÑ R, x0 P I. Alors :

f est dérivable en x0 ô f admet un développement limité à l’ordre 1 en x0

C’est à dire Dα, β P R et ε : I ÝÑ K telle que ε pxq ÝÑ 0 et @x P I,


xÑx0

f pxq “ α px ´ x0 q ` β ` px ´ x0 q ε pxq

Démonstration
ñ Soit l “ f 1 px0 q donc pour x ‰ x0 ,

f pxq ´ f px0 q
l “ lim “ lim Tf,x0 pxq
xÑx0 x ´ x0 xÑx0

Or pour x ‰ x0 :

f pxq “ f px0 q ` px ´ x0 q Tf,x0 pxq


“ f px0 q ` l px ´ x0 q ` px ´ x0 q pTf,x0 pxq ´ lq
#
0 si x “ x0
Posons ε pxq “ . On a bien ε pxq ÝÑ 0 et, pour x P I,
Tf,x0 pxq ´ l si x ‰ x0 xÑx0

f pxq “ f px0 q ` l px ´ x0 q ` px ´ x0 q ε pxq

et ceci même si x “ x0 .
ð Supposons que, pour x P I, f pxq “ α px ´ x0 q`β`px ´ x0 q ε pxq avec ε pxq ÝÑ 0. Or f pxq ÝÑ f px0 q
xÑx0 xÑx0
car f est continue en x0 et f pxq ÝÑ β donc β “ f px0 q. Pour x P Iz tx0 u,
xÑx0

f pxq ´ f px0 q
“ α ` ε pxq ÝÑ α
x ´ x0 xÑx0

donc f est dérivable en x0 et α “ f 1 px0 q.

2011-2012 Cours de mathématiques


208 Analyse

Bilan Si f est dérivable en x0 , on a donc, pour x P I,


f pxq “ f 1 px0 q px ´ x0 q ` f px0 q ` px ´ x0 q ε pxq
avec ε pxq ÝÑ 0. On voit alors que lim f pxq “ f px0 q donc f est continue en x0 . Ainsi,
xÑx0 xÑx0
f dérivable en x0 ñ f continue en x0
?
La réciproque est fausse comme le montre l’exemple de x ÞÝÑ x continue mais pas dérivable en 0.

14.1.3 Opérations sur les dérivées


14.1.3.1 Opérations générales
Version locale Soient f, g : I ÝÑ K, x0 P I. On suppose que f et g sont dérivables en x0 . Alors :
(1) @α P K, αf ` g est dérivable en x0 et pαf ` gq1 px0 q “ αf 1 px0 q ` g1 px0 q.
(2) f g est dérivable en x0 et pf gq1 px0 q “ f 1 px0 q g px0 q ` f px0 q g1 px0 q.
ˆ ˙1
1 1 f 1 px0 q g
(3) Si de plus, @x P I, f pxq ‰ 0, alors est dérivable et px0 q “ ´ 2 . Par conséquent
f f f px0 q f
est dérivable et x0 et ˆ ˙1
g g1 px0 q f px0 q ´ f 1 px0 q g px0 q
px0 q “
f f 2 px0 q

Version globale Soient f, g P D pI, Kq. Alors :


(1) @α P K, αf ` g P D pI, Kq et pαf ` rq1 “ af 1 ` g1 .
(2) f g P D pI, Kq et pf gq1 “ f 1 g ` f g1 .
ˆ ˙1
1 1 f1 g
(3) Si de plus, @x P I, f pxq ‰ 0, P D pI, Kq et “ ´ 2 . Par conséquent, P D pI, Kq et
f f f f
ˆ ˙1
g g1 f ´ f g1

f f2

Démonstration Soit x P Iz tx0 u.


(1)
Tαf `g,x0 pxq “ αTx0 ,f ` Tg,x0
D’où le résultat.
(2)
f pxq g pxq ´ f px0 q g px0 q
Tf g,x0 “
x ´ x0
f pxq g pxq ´ f pxq g px0 q ` f pxq g px0 q ´ f px0 q g px0 q

x ´ x0
“ f pxq Tg,x0 ` g px0 q Tf,x0
Or f et g sont continues en x0 donc f pxq ÝÑ f px0 q et g pxq ÝÑ g px0 q. De plus, Tf,x0 ÝÑ f 1 px0 q
xÑx0 xÑx0 xÑx0
et Tg,x0 ÝÑ g1 px0 q, d’où le résultat.
xÑx0
(3)
1 1
f pxq ´ f px0 q
T 1 ,x0 “
f x ´ x0
ˆ ˙
f pxq ´ f px0 q 1
“ ¨ ´
x ´ x0 f pxq f px0 q
1
ÝÑ ´f 1 px0 q ¨ 2
xÑx0 f px0 q

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Chapitre 14 : Dérivation 209

14.1.3.2 Opérations pour les fonctions à valeurs dans C


Soit f : I ÝÑ C, x0 P I et posons u “ ℜe pf q et v “ ℑm pf q.
(1) f est dérivable en x0 si et seulement si u et v sont dérivables en x0 . On a alors de plus

f 1 px0 q “ u1 px0 q ` iv 1 px0 q

(2) f est dérivable sur I si et seulement si u et v sont dérivables sur I. On a alors de plus

f 1 “ u1 ` iv 1
` ˘1
(3) Si f P D pI, Cq, alors f P D pI, Cq et f “ f 1 .

Démonstration
(1) Pour x P Iz tx0 u, Tf,x0 pxq “ Tu,x0 ` iTv,x0 donc ℜe pTf,x0 q “ Tu,x0 et ℑm pTf,x0 q “ Tv,x0 , d’où le
résultat d’après les théorèmes généraux sur les limites.

14.1.3.3 Composition

Soit f : I ÝÑ J où J est un intervalle non-trivial de R et g : J ÝÑ K.


(1) Soit x0 P I et y0 “ f px0 q P J. Si f est dérivable en x0 et si g est dérivable en y0 , alors g ˝ f est
dérivable en x0 et
pg ˝ f q1 px0 q “ f 1 px0 q g1 ˝ f px0 q

(2) Si f P D pI, Jq et G P D pJ, Kq, alors g ˝ f P D pI, Kq et pg ˝ f q1 “ f 1 ¨ g1 ˝ f

$
& g pyq ´ g py0 q si y ‰ y0
Démonstration Pour y P J, ψ pyq “ y ´ y0 . Il est clair que ψ est continue en
% 1
g py0 q si y “ y0
y0 . On a pour x P Iz tx0 u,
g ˝ f pxq ´ g ˝ f px0 q f pxq ´ f px0 q
“ ψ pf pxqq ¨
x ´ x0 x ´ x0
f pxq ´ f px0 q
Or f est continue en x0 donc f pxq ÝÑ f px0 q donc ψ ˝ f pxq ÝÑ g1 ˝ f px0 q, et ÝÑ f 1 px0 q,
xÑx0 xÑx0 x ´ x0 xÑx0
d’où le résultat.

14.1.3.4 Dérivées à droite et à gauche


Soit f : I ÝÑ K, x0 P Int pIq.
On dit que f est dérivable à gauche (respectivement à droite) en x0 si Tf,x0 admet une limite finie
à gauche (respectivement à droite) en x0 , notée alors fg1 px0 q (respectivement fd1 px0 q).
On a immédiatement :

f dérivable en x0 ô f dérivable à droite et à gauche en x0 et fg1 px0 q “ fd1 px0 q

14.2 Théorèmes spécifiques aux fonctions réelles


14.2.1 Théorème de Rolle
14.2.1.1 Extremum
Soit I un intervalle de R, f : I ÝÑ R et x0 P I. On dit que f présente un minimum local
(respectivement maximum local) en x0 si Dr ą 0 tel que :

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210 Analyse

(1) rx0 ´ r, x0 ` rs Ă I
(2) @x P rx0 ´ r, x0 ` rs, f pxq ě f px0 q (respectivement f pxq ď f px0 q).
On note que x0 doit appartenir à l’intérieur de I pour pouvoir être un extremum.

14.2.1.2 Lemme

Soit f : I ÝÑ R, x0 P I. Si f présente en x0 un extremum local et si f est dérivable en x0 , alors


f 1 px0 q “ 0.

Démonstration Supposons que f présente en x0 un minimum local, par exemple. Alors Dr ą


0{ rx0 ´ r, x0 ` rs Ă I et @x P rx0 ´ r, x0 ` rs, f pxq ě f px0 q.
f pxq ´ f px0 q
– Pour x P rx0 ´ r, x0 r , ď 0 donc, par passage à la limite en x0 , f 1 px0 q ď 0.
x ´ x0
f pxq ´ f px0 q
– Pour x P sx0 , x0 ` rs , ě 0 donc, par passage à la limite en x0 , f 1 px0 q ě 0.
x ´ x0
Ainsi, f 1 px0 q “ 0.

Piège ! La réciproque de ce lemme est fausse !


Par exemple, f : x ÝÑ x3 est dérivable sur R et f 1 p0q “ 0, mais f ne présente en 0 ni minimum
ni maximum local.

14.2.1.3 Énoncé du théorème

Soient a, b P R, a ă b, f : ra, bs ÝÑ R continue sur ra, bs et dérivable sur sa, br telle que f paq “ f pbq.
Alors Dc P sa, br {f 1 pcq “ 0.
Le théorème s’applique toujours lorsque f est dérivable sur ra, bs.

Démonstration
– Si f est constante, alors @x P sa, br, f 1 pxq “ 0.
– Supposons f non constante. f est continue sur le compact ra, bs donc f est bornée et atteint
ses bornes. Posons alors m “ min f et M “ max f . f n’est pas constante donc m ă M et M
ou/et m est/sont différent(s) de f paq “ f pbq. Supposons par exemple m ‰ f paq, m est atteint
en un point c P sa, br. Il est clair que f admet en c un minimum local donc f 1 pcq “ 0 car f est
dérivable en c.

14.2.2 Théorème des accroissements finis et conséquences


14.2.2.1 Théorème des accroissements finis

Soient a, b P R, a ă b et f : ra, bs ÝÑ R continue sur ra, bs et dérivable sur sa, br.


Alors Dc P sa, br tel que
f pbq ´ f paq
f 1 pcq “
b´a

Cela signifie qu’il existe un point de la courbe de f entre a et b dont la tangente est parallèle à la
droite passant par pa, f paqq et pb, f pbqq.

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Chapitre 14 : Dérivation 211

Démonstration Soit
g : ra, bs ÝÑ R ” ı
f pbq´f paq
t ÞÑ f ptq ´ b´a pt ´ aq ` f paq

f pbq ´ f paq
t ÞÝÑ pt ´ aq ` f paq est affine donc dérivable sur ra, bs. g est continue sur ra, bs et dérivable
b´a
sur sa, br. Or g paq “ 0 “ g pbq, donc, d’après le théorème de Rolle, Dc P sa, br tel que :

f pbq ´ f paq
g1 pcq “ 0 ñ f 1 pcq ´ “0
b´a

Conséquence 1 Soit I un intervalle de R, f : I ÝÑ K dérivable sur I. Alors

f est constante ô f 1 “ 0

Il suffit en fait d’avoir f continue sur I et dérivable sur Int pIq.

Preuve
ð Ce sens est le seul restant à démontrer, il est clair qu’une fonction constante possède une dérivée
nulle.
– Si f est réelle, soient a, b P R, a ă b. Montrons que f paq “ f pbq. f est dérivable sur ra, bs Ă I
donc, d’après le théorème des accroissements finis, il existe c P sa, br tel que f pbq ´ f paq “
f 1 pcq pb ´ aq “ 0, d’où f pbq “ f paq.
– Si f est à valeur dans C, posons u “ ℜe pf q et v “ ℑm pf q. u et v sont dérivables sur I, réelles,
on a donc f 1 “ 0 “ u1 ` iv 1 ô u1 “ 0 et v 1 “ 0. D’après le cas précédent, u et v sont constantes
donc f “ u ` iv aussi.

14.2.2.2 Inégalités des accroissements finis

Soit I un intervalle non trivial de R, f : I ÝÑ R dérivable telle que f 1 soit bornée. On pose m “ inf f 1
et M “ sup f 1 . Alors, @x, y P I :
(1)
m py ´ xq ď f pyq ´ f pxq ď M py ´ xq

(2) Si λ “ sup |f 1 |,
|f pyq ´ f pxq| ď λ |y ´ x|

Démonstration
(1) Soient x, y P I tels que x ă y. f est dérivable sur rx, ys Ă I donc, d’après le théorème des
accroissements finis, Dc P sx, yr tel que f pyq ´ f pxq “ f 1 pcq py ´ xq. Or m ď f 1 pcq ď M donc,
puisque y ´ x ą 0,

m py ´ xq ď f 1 pcq py ´ xq “ f pyq ´ f pxq ď M py ´ xq

(2) On a |f pyq ´ f pxq| “ f 1 pcq py ´ xq ď λ py ´ xq “ λ |y ´ x|. Si y ď x, alors |f pxq ´ f pyq| ď


λ |x ´ y| “ λ |y ´ x|.

Corollaire Soient a, b P R, a ă b et f : ra, bs ÝÑ R de classe C 1 a . Alors f est lipschitzienne sur


ra, bs.
En effet, f 1 est continue sur le compact ra, bs donc elle est bornée. D’après le p2q du résultat
précédent, Dλ P R` tel que @x, y P I, |f pyq ´ f pxq| ď λ |y ´ x|.
a. C’est à dire que f est dérivable et f 1 est continue.

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212 Analyse

14.2.2.3 Conséquences des inégalités des accroissements finis


Résultat pour les fonctions à valeur dans C Soient a, b P R, a ă b. f : ra, bs ÝÑ K dérivable
telle que f 1 est bornée. Soit M P R` telle que @t P ra, bs, |f 1 ptq| ď M .
Alors
|f pbq ´ f paq| ď M pb ´ aq
En particulier, si f P D pI, Kq avec f 1 bornée et M ě sup f 1 , on a @x, y P I, |f pyq ´ f pxq| ď M |y ´ x|.

Démonstration C’est vrai pour les fonctions à valeurs réelles a .


Si f est à valeur dans C, on veut montrer que |f pbq ´ f paq| ď M pb ´ aq.
On rappelle le lemme fantastique suivant b : pour z P C et A P R` ,
|z| ď A ô @u P C, |ℜe puzq| ď A |u|
Soit u P C, u pf pb ´ aqq “ uf pbq ´ uf paq. Soit g “ u ¨ f , montrons que |ℜe pg pbqq ´ ℜe pg paqq| ď
M |u| pb ´ aq. Soit ψ “ ℜe pgq, g est dérivable donc ψ aussi. De plus, @t P ra, bs,
` ˘
ψ 1 ptq “ ℜe g1 ptq
ˇ ˇ ˇ ˇ
ď ˇg1 ptqˇ “ |u| ˇf 1 ptqˇ
ď |u| |M |
ψ est donc une fonction réelle à dérivée bornée, donc d’après le même résultat déjà démontré pour des
fonctions réelles,
|ψ pbq ´ ψ paq| ď |u| M pb ´ aq

Reformulation des inégalités des accroissements finis

Soient a, b P R avec a ă b, f : ra, bs ÝÑ C et g : ra, bs ÝÑ R continues sur ra, bs et dérivables sur sa, br
au moins.
Si @t P ra, bs, |f 1 ptq| ď g1 ptq, alors

|f pbq ´ f paq| ď g pbq ´ g paq


On remarque que la première version du théorème n’est qu’un cas particulier de ce résultat : on
l’applique à f : ra, bs ÝÑ K dérivable sur ra, bs avec |f 1 | ď g1 où g : ra, bs ÝÑ R associe M t à t. On a
bien g pbq ´ g paq “ M pb ´ aq.

Démonstration
– On suppose f : ra, bs ÝÑ R. Posons pour t P ra, bs, ψ ptq “ g ptq ´ f ptq. ψ est continue sur ra, bs,
dérivable sur sa, br et @t P ra, bs,
ψ 1 ptq “ g1 ptq ´ f 1 ptq
ˇ ˇ
ě ˇf 1 ptqˇ ´ f 1 ptq
ě 0
Ainsi, ψ est croissante sue ra, bs donc
ψ pbq ě ψ paq ô g pbq ´ f pbq ě g paq ´ f paq ô g pbq ´ g paq ě f pbq ´ f paq
En considérant t ÞÝÑ g ptq ` f ptq, on obtient
g pbq ´ g paq ě f paq ´ f pbq
d’où |f pbq ´ f paq| ď g pbq ´ g paq.
a. « Djàvu ! »
b. « The magic lemma ! » : voir section 4.3.2.2 page 56

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Chapitre 14 : Dérivation 213

– Supposons f : ra, bs ÝÑ C. Montrons que @u P C,

|ℜe pu pf pbq ´ f paqqq ď |u| pg pbq ´ g paqq|

Posons ϕ “ ℜe puf q, on sait que f est continue sur ra, bs, dérivable sur sa, br donc ϕ aussi et
@t P ra, bs,

ϕ1 ptq “ pℜe puf qq1 ptq


` ˘
“ ℜe uf 1 ptq
ˇ ˇ
ď ˇuf 1 ptqˇ
ď |u| g ptq

Posons alors h ptq “ |u| g ptq. ϕ et h sont réelles, continues sur ra, bs et dérivables sur sa, br et
@t P ra, bs, |ϕ1 ptq| ď h1 ptq donc, d’après le cas réel,

|ϕ pbq ´ ϕ paq| ď h pbq ´ h paq

Application : approximation de ln p1 ` xq par série entière Pour x P s´1, 1s, montrons que

ÿ
n
p´1qk´1
ln p1 ` xq “ lim xk
nÑ`8
k“1
k

ÿ
n
tk
Soit x P s´1, 1s et n P N˚ . On pose pour t P s´1, 1s hn ptq “ k p´1qk´1 . hn est dérivable sur R
k“1
et t ÞÝÑ ln p1 ` tq est dérivable sur s´1, `8r, par conséquent posons fn ptq “ ln p1 ` tq ´ hn ptq et
montrons que fn tend vers 0 lorsque n tend vers `8. Pour t ą ´1,

1 ÿ
n
fn1 ptq “ ´ tk´1 p´1qk´1
1 ` t k“1

1 ÿ
n´1
“ ´ p´tqk
1 ` t k“0
1 1 ´ p´tqn
“ ´
1`t 1`t
p´tqn

1`t
– Supposons que x P s0, 1s, pour t P r0, xs,

ˇ 1 ˇ n
ˇfn ptqˇ “ |t| ď tn “ g1 ptq
1`t

où g : r0, xs ÝÑ R . D’après le théorème des accroissements finis appliqué à r0, xs, |fn pxq ´ fn p0q| ď
n`1
t ÞÑ tn`1
g pxq ´ g p0q, c’est-à-dire

xn`1 1
|ln p1 ` xq ´ hn pxq| ď ď ÝÑ 0
n`1 n ` 1 nÑ`8
– Si x P s´1, 0r, pour t P rx, 0s :

ˇ 1 ˇ p´tqn p´tqn
ˇfn ptqˇ ď ď “ g1 ptq
1`t 1`x

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214 Analyse

avec g : rx, 0s ÝÑ R . D’après le théorème des accroissements finis reformulé,


p´tqn`1
t ÞÑ ´ pn`1qp1`xq

p´xqn`1 1
|fn p0q ´ fn pxq| ď g p0q´g pxq ô |ln p1 ` xq ´ hn pxq| ď ď ÝÑ 0
p1 ` nq p1 ` xq pn ` 1q p1 ` xq nÑ`8
ÿ
n
p´1qk
En particulier, ÝÑ ´ ln 2.
k“1
k nÑ`8

14.2.2.4 Variations des fonctions


Soient a, b P R, a ă b et f : ra, bs ÝÑ R continue sur ra, bs et dérivable sur sa, br.
– Si f 1 ě 0 sur ra, bs, alors f est croissante.
– Si f 1 ą 0 sur ra, bs, alors f est strictement croissante.

Démonstration Soient x, y P ra, bs avec x ă y. f est continue sur rx, ys et dérivable sur sx, yr donc,
d’après le théorème des accroissements finis Dc P sx, yr tel que
f pyq ´ f pxq “ f 1 pcq loomoon
py ´ xq
ą0

– Si f 1 pcq
ě 0, alors f pyq ě f pxq.
1
– Si f pcq ą 0, alors f pyq ą f pxq.

Variante Soit I un intervalle non trivial de R, f : I ÝÑ R dérivable. Alors :


(1) f est croissante si et seulement si f 1 ě 0.
(2) Si @t P I, f 1 ptq ą 0, alors f est strictement croissante.
(3) Posons A “ tt P I|f 1 ptq “ 0u. f est strictement croissante sur I si et seulement si f 1 ě 0 et
Int A “ ∅ a .
Un énoncé analogue existe pour les fonctions décroissantes.

Démonstrations
(1) ñ Soit x P I, montrons que f 1 pxq ě 0. Soit x P Iz txu. Si y ą x, f pyq ě f pxq donc
f pyq ´ f pxq f pyq ´ f pxq
ě 0. Si x ą y, alors f pxq ě f pyq donc ě 0. Finalement,
y´x y´x
1
@y P Iz txu, Tf,x pyq ě 0 donc par passage à la limite lorsque y Ñ x, f pxq ě 0.
ð Soient x, y P I avec x ă y. f est dérivable sur rx, ys et f 1 ě 0 donc, d’après le résultat sur la
variation des fonctions, f est croissante sur rx, ys donc f pxq ď f pyq.
(2) Si de plus, f 1 ą 0 sur I on a, toujours d’après le résultat sur la variation des fonctions, f
strictement croissante sur rx, ys donc f pxq ą f pyq.
(3)
ñ D’après p1q, f 1 ě 0 car f est croissante sur I. Supposons Int A ‰ ∅, et soit ω P Int A. A P VR pωq
donc Dε ą 0 tel que rω ´ ε, ω ` εs Ă A Ă I. Alors @t P rω ´ ε, ω ` εs, f est dérivable en
t et f 1 ptq “ 0 donc f est constante sur rω ´ ε, ω ` εs. Or f est strictement croissante donc
ω ´ ε ă ω ` ε, ce qui est impossible.
ð f 1 ě 0 donc f est croissante d’après p1q. Si f n’est pas strictement croissante, alors Dx, y P I
avec x ą y et f pxq ě f pyq. Pour t P rx, ys, f pxq ě f ptq ě f pyq ě f pxq car f est croissante.
Ainsi, f est constante sur rx, ys et @t P rx, ys, f 1 ptq “ 0. Ainsi rx, ys Ă A donc Int A ‰ ∅,
ce qui est impossible.
a. Cette condition ce produit lorsque A est fini ou même dénombrable. A ne doit en fait pas contenir d’intervalle non
trivial.

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Chapitre 14 : Dérivation 215

Théorème de la limite de la dérivée

Soit I un intervalle non trivial de R, x0 P I et f : I ÝÑ R continue sur I et dérivable sur Iz tx0 u au


moins. On suppose que f 1 : Iz tx0 u ÝÑ R admet une limite l P R en x0 . Alors :

f pxq ´ f px0 q
ÝÑ l
x ´ x0 xÑx0

En particulier, si l P R, f est dérivable en x0 et f 1 px0 q “ l a . Si l P t˘8u, f n’est pas dérivable en x0 .


a. f est alors définie sur I et continue en x0 .

f pxq ´ f px0 q
Démonstration On suppose l P R b . Montrons que ÝÑ l.
x ´ x0 ˇ xÑx0 ˇ
ˇ f pxq ´ f px0 q ˇ
Soit ε ą 0, on cherche α ą 0 tel que @x P Iz tx0 u, |x ´ x0 | ď α ñ ˇˇ ´ lˇˇ ď ε. On sait
x ´ x0
que pour x ‰ x0 f 1 pxq ÝÑ l : Dβ ą 0 tel que |x ´ x0 | ď β ñ |f 1 pxq ´ l| ď ε.
xÑx0
Prenons α “ β, et soit x P Iz tx0 u tel que |x ´ x0 | ď α. f est continue sur rx0 , xs, dérivable sur
Ø
f pxq ´ f px0 q
sx0 , xr donc, d’après le théorème des accroissements finis, Dcx P sx0 , xr tel que “ f 1 pcx q.
Ø Ø x ´ x0
Ainsi,
ˇ ˇ
ˇ f pxq ´ f px0 q ˇ ˇ ˇ
ˇ ´ lˇˇ “ ˇf 1 pcx q ´ lˇ
ˇ x ´ x0

or c P sx0 , xr donc |cx ´ x0 | ď |x ´ x0 | ď β “ α donc |f 1 pcx q ´ l| ď ε.


Ø

Piège ! Si f est continue sur I, dérivable sur Iz tx0 u et si f 1 n’admet pas de limite en x0 , on ne
peut pas en conclure que f n’est pas dérivable.
Par exemple, soit
f : R ÝÑ#R
0 si x “ 0
x ÞÑ
x2 sin x1 si x ‰ 0

Il est clair que f est dérivable sur R˚ .


– Pour x0 “ 0 et x ‰ 0,
ˇ ˇ ˇ ˇ
ˇ f pxq ´ f px0 q ˇ ˇ ˇ
ˇ ˇ “ ˇx sin 1 ˇ ď |x| ÝÑ 0
ˇ x ´ x0 ˇ ˇ xˇ xÑ0

f pxq ´ f p0q
Donc pour x ‰ 0, ÝÑ 0 donc f est dérivable en 0 et f 1 p0q “ 0.
x´0 xÑ0 ˆ ˙
1 1 1 ` ˘
1
– Pourtant, pour x ‰ 0, f pxq “ 2x sin x ´ cos x . 2x sin ÝÑ 0 mais cos x1 n’admet pas de
x xÑ0
1
limite en 0, f pxq n’admet donc pas de limite en 0 mais f est dérivable en 0 c .

b. Les cas où l P t˘8u sont laissés au courageux lecteur !


c. En fait, f n’est pas de classe C 1 : sa dérivée n’est pas continue.

2011-2012 Cours de mathématiques


216 Analyse

14.2.3 Dérivée d’une réciproque


Soit I un intervalle non trivial de R, f : I ÝÑ R continue t strictement monotone, alors :
(1) f induit une bijection de I dans J “ f pIq notée encore f . g “ f ´1 est continue strictement
monotone de J dans I de même monotonie que f .
(2) Soit x0 P I, y0 “ f px0 q. On suppose que f est dérivable en x0 avec f 1 px0 q ‰ 0. Alors g “ f ´1
est dérivable en y0 et
1
g1 py0 q “ 1
f px0 q

Démonstration
(1) Ce résultat est connu, voir le théorème de la bijection section 12.4.2.5 page 198.
(2) Pour y P Jz ty0 u,

g pyq ´ g py0 q
Tg,y0 pyq “
y ´ y0
g pyq ´ g py0 q

f pg pyqq ´ f pg py0 qq

g est injective donc g pyq ‰ g py0 q pour y P Jz tx0 u. Ainsi :


1
Tg,y0 pyq “ f pgpyqq´f pgpy0 qq
gpyq´gpy0 q

g est continue donc g pyq ÝÑ g py0 q et on sait que Tf,x0 pxq ÝÑ f 1 px0 q donc, par composition
yÑy0 xÑx0
y‰y0 x‰x0

des limites, pour y P Jz tx0 u :


1 1
Tf,x0 pg pyqq ÝÑ f 1 px0 q ñ ÝÑ 1
yÑy0 Tf,x0 pg pyqq yÑy 0 f px0 q

Si f 1 px0 q “ 0, supposons par exemple f strictement croissante. Alors @x ‰ x0 , Tf,x0 pxq ą 0 car c’est le
quotient de deux nombres négatifs ou positifs simultanément. Ainsi, pour x ‰ x0 , Tf,x0 pg pyqq ÝÑ 0`
yÑy0
donc g admet une tangente verticale en 0.

Reformulation Soit f : I ÝÑ K continue, strictement monotone et dérivable sur I telle que @x P I,


f 1 pxq ‰ 0. Alors f induit une bijection de I sur J “ f pIq, g “ f ´1 est dérivable sur J et @y P J,
1
g1 pyq “
f 1 ˝ g pyq

Application : étude de la racine n-ième Soit n P N˚ , f : R` ÝÑ R . f est strictement croissante


x ÞÑ xn
´1 ?
et f pR` q “ R` donc f est bijective et @x` P R˘` , f pxq “ g pxq “ n x. f est dérivable sur R` et
@x P R˚` , f 1 pxq “ nxn´1 ą 0. Ainsi, @y P f R˚` “ R˚` , g est dérivable en y et

1
g1 pyq “
f 1 pg pyqq
1
“ ` ? ˘n´1
n n y
` ? ˘n´1 1 1
Or n y “ y 1´ n donc g1 pyq “ n1 y n ´1 .

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Chapitre 14 : Dérivation 217

14.3 Dérivées d’ordre supérieur


14.3.1 Définitions, faits de bases
14.3.1.1 Définitions
Soit I un intervalle non trivial de R, f : I ÝÑ R. On définit (si possible) l’application f pkq pour k P N
par :
(1) f p0q “ f .
(2) @k P N, si f pkq est bien définie et dérivable, alors f pk`1q “ f 1pkq est bien définie. Sinon, f pk`1q
n’est pas bien définie.

– Pour n P N, on dit que f est n fois dérivable sur I si f pnq est bien définie. On note D n pI, Kq
l’ensemble des fonctions dérivable n fois de I dans K.
– f est de classe C n sur I si f est n fois dérivable sur I et si f pnq est continue sur I. On note
C n pI, Kq l’ensemble des telles fonctions.
– f est de classe C 8 lorsque @n P N, f est de classe C n .
– Lorsque f est dérivable n fois sur I, f pnq s’appelle la dérivée n-ième de f sur I.

14.3.1.2 Remarques, exemples


Remarques
– D 0 pI, Kq “ F pI, Kq
– D 1 pI, Kq “ D pI, Kq et si f P D pI, Kq, f p1q “ f 1 .
– C 0 pI, Kq “ C pI, Kq est l’ensemble des fonctions continues de I dans K.
– Il est clair que
č@n P N, D č
n`1 pI, Kq Ă C n pI, Kq Ă D n pI, Kq.

– C 8 pI, Kq “ C n pI, Kq “ D n pI, Kq


nPN nPN
– f P C 8 pI, Kq ô @n P N, f P D n pI, Kq
– Si f P D 2 pI, Kq, on note f p2q “ f 2 et si f p3q existe, on la note f 3 .
– Supposons que f P D n pI, Kq, alors @k P rr0, nss, f pkq est bien définie et f pkq est dérivable n ´ k
` ˘pjq
fois. De plus, pour j P rr0, n ´ kss, f pkq “ f pj`kq.
– Soit n ě 1, f P D pI, Kq. Alors
f P D n pI, Kq ô f 1 P D n´1 pI, Kq

Exemples
– Soit f : I ÝÑ R constante. On sait que f est dérivable et f 1 “ 0. On montre par récurrence que
@n P 1, f pnq existe et f pnq “ 0 donc f P C 8 pI, Kq.
– L’application f : I ÝÑ K est dérivable et f 1 “ 1 donc f P C 8 pI, Kq d’après le cas précédent.
x ÞÑ x
8
– ˝ exp est C sur R.
˝ ln est C 8 sur R˚` .
˝ Pour α P R, x ÞÝÑ xα est C 8 sur R˚` .
˝ sin, cos sont C 8 sur R. (
˝ tan est C 8 sur tout intervalle I Ă Rz π2 ` πZ .

14.3.1.3 Théorèmes généraux


Théorème 1 Soit I un intervalle non trivial de R, f, g P D n pI, Kq (respectivement C n pI, Kq et
C 8 pI, Kq). Alors :
(1) @α P K, αf ` g P D n pI, Kq (respectivement C n pI, Kq et C 8 pI, Kq) et
pαf ` gqpnq “ αf pnq ` gpnq

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218 Analyse

(2) f g P D n pI, Kq (respectivement C n pI, Kq et C 8 pI, Kq) et, d’après la formule de Leibnitz,
n ˆ ˙
ÿ
pnq n pkq pn´kq
pf gq “ f g
k“0
k
1
(3) On suppose de plus @x P I, f pxq ‰ 0. Alors P D n pI, Kq (respectivement C n pI, Kq et C 8 pI, Kq) a .
f
g
De plus, P D n pI, Kq (respectivement C n pI, Kq et C 8 pI, Kq).
f
(4) Si K “ C, f P D n pI, Kq (respectivement C n pI, Kq et C 8 pI, Kq) et
` ˘pnq
f “ f pnq

Démonstrations
(1) Soit Hn : « @f, g P D n pI, Kq, αf ` g P D n pI, Kq et pαf ` gqpnq “ αf pnq ` gpnq ».
– H0 est trivialement vraie.
– Supposons Hn vraie pour n P N, soient f, g P D n`1 pI, Kq. n ` 1 ě 1 donc f et g sont au moins
dérivables, on sait alors que αf ` g est dérivable et pαf ` gq1 “ αf 1 ` g1 . Or f 1 , g1 P D n pI, Kq
donc αf 1 ` g1 P D I pI ă, Kq, c’est-à-dire que αf ` g P D n`1 pI, Kq. De plus
` ˘pnq
pαf ` gqpn`1q “ αf 1 ` g1
“ αf 1pnq ` g1pnq
“ αf pn`1q ` gpn`1q
ÿ
n ` ˘
(2) Soit Hn : « @f, g P C n pI, Kq, f g P C n pI, Kq et pf gqpnq “ n pkq pn´kq
k f g ».
k“0
– H0 est vraie : si f, g P C 0 pI, Kq, on sait que f g est continue de I dans K. De plus
pf gqp0q “ f g
ÿ0 ˆ ˙
0 pkq p0´kq
“ f g
k“0
k
– Soit n P N, supposons que Hn est vraie et montrons Hn`1 . Soient f, g P C n`1 pI, Kq, on sait que
f et g sont au moins dérivables et f 1 , g1 P C n pI, Kq. f g est alors dérivable et pf gq1 “ f 1 g ` f g1 .
Or f 1 est de classe C n et g P C n pI, Kq donc, d’après l’hypothèse de récurrence, f 1 g P C n pI, Kq.
De même, f g1 P C n pI, Kq. Ainsi, f 1 g ` f g1 P C n pI, Kq donc f g P C n`1 pI, Kq. De plus :
` ˘pnq
pf gqpn`1q “ pf gq1
` ˘pnq
“ f 1 g ` f g1
` ˘pnq ` 1 ˘pnq
“ f 1g ` fg
ÿ n
n ˆ ˙ ÿn ˆ ˙
pk`1q pn´kq n pkq pn`1´kq
“ f g ` f g
k“0
k k“0
k
ÿˆ n ˙
n`1 ÿ n ˆ ˙
n pkq pn`1´kq
pkq pn`1´kq
“ f g ` f g
k“1
k´1 k“0
k
ˆ ˙ ÿn „ˆ ˙ ˆ ˙ ˆ ˙
n pn`1q p0q n n pkq pn`1´kq n
“ f g ` ` f g ` f p0q gpn`1q
n
loomoon k ´ 1 k
k“1looooooooooomooooooooooon
0
loomoon
pn`1
n`1q pn`1
k q pn`1
0 q

ÿ ˆn ` 1˙
n`1
“ f pkq gpn`1´kq
k“0
k

a. Il n’existe pas de formule simple pour la dérivée n-ième d’un quotient.

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Chapitre 14 : Dérivation 219

1
(3) Soit Hn : « @f P C n pI, Kz t0uq, est de classe C n ».
f
– H0 est vraie, c’est trivial.
– Soit n P N, supposons que Hn est vraie. Soit f P C n`1 pI, K ˚ q, f est déjà au moins dérivable, on
1 ´ ¯1 1
sait alors que est aussi dérivable et f1 “ ´ ff2 . Or f 1 P C n pI, Kq donc ´f 1 P C n pI, Kq et f 2
f
1
aussi d’après p2q. D’après Hn , f12 est de classe C n donc ´ ff2 P C n pI, Kq donc f1 P C n`1 pI, Kq.
` ˘pnq
(4) Soit Hn : « @f P C n pI, KCq, f P C n pI, Cq et f “ f pnq ».
– H0 est vraie : si f est continue, on sait que f est continue et f “ f !
– Soit n P N tel que Hn est vraie et f P C n`1 pI, Cq. f est au moins dérivable donc f est aussi
1 1
dérivable et f “ f 1 . D’après l’hypothèse de récurrence, f P C n pI, Cq car f 1 P C n pI, Cq d’où
f P C n`1 pI, Cq et
` ˘pn`1q ´ ¯pnq
1
f “ f
1 pnq
“ f
“ f pn`1q

Théorème 2 Soit f : I ÝÑ C n P N et on pose u “ ℜe pf q et v “ ℑm pf q. Alors

f P D n pI, Cq (respectivement C n pI, Cq et C 8 pI, Cq ) ô u, v P D n pI, Rq (respectivement C n pI, Rq et C 8 pI, Rq

Démonstration
ð On sait que f “ ℜe pf q ` iℑm pf q. Si ℜe pf q P C n pI, Rq et ℑm pf q P C n pI, Rq, le résultat est vrai
d’après le théorème 1 et
f pnq “ pℜe pf qqpnq ` i pℑm pf qqpnq

f `f f ´f
ñ Si f P C n pI, Cq, alors f P C n pI, Cq donc ℜe pf q “ P C n pI, Rq et ℑm pf q “ P C n pI, Rq.
2 2

Exemples
– t ÞÝÑ eit est C 8 de R dans C car cos et sin sont C 8 .
– t ÞÝÑ t est C 8 donc @α P C, t ÞÝÑ αtn P C n pR, Cq . Par somme, toute fonction polynômiale
et C 8 . Par quotient, toute fonction rationnelle est de classe C 8 sur toute intervalle où elle est
définie.

Théorème 3 Soit n P N, I, J deux intervalles non triviaux de R, f P D n pI, Jq (respectivement


C n pI, Jq et C 8 pI, Jq) et g P D n pJ, Kq (respectivement C n pJ, Kq et C 8 pJ, Kq).
Alors g ˝ f P D n pI, Kq (respectivement C n pI, Kq et C 8 pI, Kq) a .

Démonstration Soit Hn : « @f P C n pI, Jq, @g P C n pJ, Kq, g ˝ f P C n pI, Kq ».


– H0 est vraie : si f et g sont continues, alors g ˝ f est continue.
– Soit n P N tel que Hn est vraie, f P C n`1 pI, Jq et g P C n`1 pJ, Kq. On sait que f et g sont au
moins dérivables sur I et J, donc g ˝f est dérivable sur I et pg ˝ f q1 “ f 1 ¨g1 ˝f . Or f 1 P C n pI, Rq,
f P C n pI, Jq et g1 P C n pJ, Kq donc g1 ˝ f P C n pI, Kq d’après Hn . Par produit, pg ˝ f q1 P C n pI, Kq
d’où g ˝ f P C n`1 pI, Kq.
a. Commentant les résultats d’un DS particulièrement vicieux sur les suites, M. Sellès s’adressa en ces termes à notre
ami Willy de Picardie qui avait eu le malheur de vouloir démontrer par récurrence qu’une suite était bornéeSt
« – Mais pourquoi t’as pas barré si tu savais que ça marcherait pas ?
– Bah je sais pas, j’ai oublié.
– Quand il y a des bouses dans la rue, les mecs ils les ramassent. Toi, tu fais pareil. »

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220 Analyse

Théorème 4 Soit I un intervalle non trivial de R, f : I ÝÑ R dérivable. On suppose @x P I,


f 1 pxq ą 0 ou @x P I Sf 1 pxq ă 0. Alors :
(1) f induit une bijection notée encore f sur J “ f pIq.
(2) f ´1 est dérivable sur J et
` ´1 ˘1 1
f “
f 1 ˝ f ´1

(3) Si f P D n pI, Rq (respectivement C n pI, Rq et C 8 pI, Rq), alors f ´1 aussi.

Démonstration
(1) « Djàvu ! »
(2) « Djàvu ! » a
(3) Soit Hn : « Si f est de classe C n , alors f ´1 aussi ».
` ˘1
– H1 est vraie car f ´1 “ f 1 ˝f1 ´1 P C 1 pI, Kq est continue par composition et quotient.
– Supposons Hn vraie pour n P N et soit` f P˘C n`1 pI, Kq. f P C n pI, Kq donc f ´1 P C n pI, Kq.
1
f 1 P C n pI, Kq donc f ˝ f ´1 aussi donc f ´1 aussi, d’où f ´1 P C n`1 pI, Kq.

14.3.1.4 Vocabulaire

Soient I, J deux intervalles non triviaux de R, n P N˚ et f : I ÝÑ J. On dit que f est un C n -


difféomorphisme a (respectivement C 8 -difféomorphisme) si f est bijective, f P C n pI, Jq et f ´1 P
C n pJ, Iq (respectivement C 8 pI, Jq).
a. Désolé pour ce langage grossier.

Dans les hypothèses du théorème 4, f induit un C n -difféomorphisme de I sur f pIq.

14.3.2 Formules de Taylor


14.3.2.1 Étude préliminaire

Dérivée n-ième de pt ´ aqn Soient a P K, n P N, on sait que fn : t ÝÑ pt ´ aqn P C 8 pI, Rq. Quid
pkq
de fn pour k P N ?
pkq n! pkq
Soit Hn : « Pour t P R,@k P v0, nw, fn ptq “ pt ´ aqn´k . Pour k ě n, fn ptq “ 0 ».
pn ´ kq!
p0q 0!
– H0 est vraie ; @t P R, f ptq “ 0 donc pour k P v0, 0w, k “ 0 et f0 ptq “ pt ´ 0q0 . Pour
p0 ´ 0q!
pkq
k ě 1, f0 ptq “ 0.
– Soit n P N tel que Hn est vraie, montrons que Hn`1 est vraie. Soit k P v0, n ` 1w :
p0q pn ` 1q!
˝ Pour k “ 0 et t P R, fn`1 ptq “ pt ´ aqn`1 “ pt ´ aqn`1´0 donc c’est bon.
pn ` 1 ´ 0q!
˝ @t P R ,

1
fn`1 ptq “ pn ` 1q pt ´ aqn
“ pn ` 1q fn ptq

a. Il est ici à noter une déclaration solennelle de M. Sellès : « Le petit 1 et le petit 2 font partie du patrimoine
immatériel de l’humanité ».

Lycée Saint-Louis MPSI 2


Chapitre 14 : Dérivation 221

Pour k P v1, n ` 1w,

pkq `
1
˘pk`1q
fn`1 ptq “ fn`1 ptq
” ı
“ fnpk´1q ptq pn ` 1q
n!
“ pn ` 1q pt ´ aqn´pk´1q
pn ´ k ` 1q!
pn ` 1q!
“ pt ´ aqn`1´k
pn ` 1 ´ kq!

pn`1q pkq
En particulier fn`1 est constante donc @k ą n ` 1, fn`1 “ 0.

Écriture des polynômes en fonction de leur dérivées Soit P polynômiale, on a @t P R, avec


m P N˚ et am ‰ 0 :
P ptq “ a0 ` a1 t ` ¨ ¨ ¨ ` am tm

Pour t P R et k P v0, mw, soit fk ptq “ tk . On a alors :

ÿ
m
pkq
pkq
P ptq “ aj fj ptq
j“0
ÿm
j!
“ aj tj´k
j“k
pj ´ kq!
ÿ
m
j!
“ k!ak ` aj tj´k
j“k`1
pj ´ kq!

P pkq p0q ÿm
P pkq p0q k
Ainsi, P pkq p0q “ k!ak d’où ak “ donc @t P R, P ptq “ t . De même, pour b P R et
k! k“0
k!
tPR:
ÿ
m
P ptq “ ak pt ` b ´ bqk
k“0
ÿm
“ λk pt ´ bqk avec λk P R
k“0

ppkq pbq
On aura par un calcul similaire au précédent, @k P v0, mw, λk “ d’où pour t P R et b P R
k!
ÿ
m
P pkq pbq
P ptq “ pt ´ bq
k“0
k!

14.3.2.2 Définition

Soit f P D n pI, Kq avec n P N, et a P I. Le polynôme de Taylor pour f à l’ordre n au point a est


définit pour t P R par :
ÿn
f pkq paq
Tn,f,a ptq “ pt ´ aqk
k“0
k!

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222 Analyse

14.3.2.3 Polynômes de Taylor des fonctions classiques


– exp est C 8 sur R, et @k P N dexppkq p0q “ 1 donc @n P N, pour t P R :

✓ ✏
ÿ
n k
t
Tn,exp,a ptq “
✒ ✑
k“0
k!

– Pour x P s´1, `8r, ln p1 ` xq est C8 et @k P N, pour t P s´1, `8r, on montre par récurrence
que
p´1qk´1
pln p1 ` tqqpkq “ pk ´ 1q!
p1 ` tqk
Ainsi pour k ě 1, pln p1 ` tqqpkq p0q “ p´1qk´1 pk ´ 1q!. De plus, ln p1 ` 0q “ 0 donc, @n P N˚ et
pour t P R :

✬ ✩

ÿ
n
p´1qk´1 pk ´ 1q!
Tn,tÞÝÑlnp1`tq,0 “ f p0q ` tk
k“1
k!
ÿ
n
p´1qk´1
“ tk
✫ ✪
k“1
k
α
– Soit @t ą ´1, f ptq “ p1 ` tq avec α P pRzNq. Pour k P N, f P C 8 ps´1, `8r , Rq donc pour
t P R, f pkq ptq “ α pα ´ 1q ¨ ¨ ¨ pα ´ k ` 1q p1 ` tqα´k . D’où f pkq p0q “ α pα ´ 1q ¨ ¨ ¨ pα ´ k ` 1q
donc pour t P R :
ÿn
α pα ´ 1q ¨ ¨ ¨ pα ´ k ` 1q k
Tn,f,0 ptq “ t
k“0
k!
` ˘
Par analogie avec les entiers, on note pour α P C et k P N, αk “ αpα´1q¨¨¨pα´k`1q
k! . On a donc
`α˘ `α˘ `α˘ αpα´1q
0 “ 1, 1 “ α et 2 “ 2 . Ainsi pour t P R :

✓ ✏
n ˆ ˙
ÿ α
Tn,f,0 ptq “ tk
✒ ✑
k“0
k

– De même, on a

✬ ✩

ÿn
x2k`1
T2n`1,sin,0 “ p´1qk
k“0
p2k ` 1q!
x3 x5 x2n`1
“ x´ ` ` ¨ ¨ ¨ ` p´1qn
6 120 p2k ` 1q!

ÿ2n
x2k
T2n,cos,0 “ p´1qk
k“0
p2kq!
x2 x4 x2n
“ 1´ ` ` ¨¨¨ ` p´1qn
✫ ✪
2 24 p2nq!

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Chapitre 14 : Dérivation 223

– Les polynômes de sinh et cosh aux ordres 2n ` 1 et 2n sont les mêmes que ceux de cos et sin,
en enlevant le p´1qk .

14.3.2.4 Inégalité de Taylor-Lagrange

ˇ ˇ
Soient a, b P R, n P N et f : ra, bs ÝÑ K de classe C n`1 . Soit M un majorant de ˇf pn`1q ˇ a sur ra, bs,
Ø Ø
alors :
|b ´ a|n`1
|f pbq ´ Tn,f,a pbq| ď M
pn ` 1q!
a. Avec les hypothèses du théorème, f pn`1q est continue sur le compact ra, bs donc bornée...
Ø

Démonstration

1er cas On suppose a ă b, procédons par récurrence sur N. ˇ ˇ


Soit Hn : « Pour tout a ă b, @f P C n`1 pra, bs , Kq, pour tout majorant M de ˇf pn`1q ˇ sur ra, bs,
|b ´ a|n`1
|f pbq ´ Tf,n,a pbq| ď M »
pn ` 1q!
– H0 est vraie : soit f P C 1 pra, bs , Kq et M un majorant de f 1 sur ra, bs, alors T0,f,a pbq “ f paq.
D’après les inégalités des accroissements finis,
pb ´ aq1
|f pbq ´ f paq| ď M pb ´ aq “ M
1!
ˇ ˇ
– Supposons que Hn est vraie pour n P N, soit f P C n`2 pra, bs , Kq et M un majorant de ˇf pn`2q ˇ
sur ra, bs. Pour tout x P ra, bs, on pose
ϕ pxq “ f pxq ´ Tn`1,f,a pxq
ÿ f pkq paq
n`1
“ f pxq ´ px ´ aqk
k“0
k!

Il est clair que ϕ est de classe C n`2 donc ϕ est au moins dérivable et @x P ra, bs,
ÿ f pkq paq
n`1
1
ϕ pxq “ f pxq ´ 1
¨ k px ´ aqk´1
k“1
k!
ÿ
n`1
f pkq paq
“ f 1 pxq ´ px ´ aqk´1
k“1
pk ´ 1q!
ÿ
n 1
f pkq paq
1
“ f pxq ´ px ´ aqk
k“0
k!
1
“ f pxq ´ Tn,f 1 ,a pxq
ˇ ˇ ˇ ˇ
Or f 1 P C n`1 pra, xs , Kq et @t P ra, xs, ˇf 1pn`1q ptqˇ “ ˇf pn`2q ptqˇ ď M . D’après l’hypothèse de
récurrence, on obtient pour tout x ą a :
ˇ 1 ˇ n`1
ˇf pxq ´ Tn,f 1 ,a pxqˇ ď M px ´ aq
pn ` 1q!
|x ´ a|n`1
C’est vrai a posteriori pour x “ a. Or M “ g1 pxq où pour x P ra, bs, g pxq “
pn ` 1q!
px ´ aqn`2
M . ϕ est dérivable sur ra, bs et @x P ra, bs, |ϕ1 pxq| ď g1 pxq donc, d’après les inégalités
pn ` 2q!

2011-2012 Cours de mathématiques


224 Analyse

des accroissements finis :


pb ´ aqn`2
|ϕ pbq ´ ϕ paq| ď g pbq ´ g paq “ M
pn ` 2q!
– Or ϕ paq “ 0 d’où :
|b ´ a|n`2
|f pbq ´ Tn`1,f,a pbq| ď M
pn ` 2q!

2ème est Supposons a ą b.


Soit ψ : r0, 1s ÝÑ rb, as , ψ est de classe C 8 , bijective. Soit f : rb, as ÝÑ K de classe C n`1 , M
t ÞÑ a ` t pb ´ aq
ˇ ˇ
un majorant de ˇf pn`1q ˇ sur rb, as. Pour t P r0, 1s, posons g ptq “ f pψ ptqq. g est également de classe
C n`1 car ψ P C 8 pr0, 1s , rb, asq. De plus, @t P r0, 1s et @k P v0, n ` 1w, on montre par une récurrence
immédiate que gpkq “ pb ´ aqk f pkq pψ ptqq. Par conséquent, pour tout t P r0, 1s,
ˇ ˇ
ˇ pn`1q ˇ
ˇg ptqˇ “ |b ´ a|k`1 f pn`1q pψ ptqq
ď M |b ´ a|n`1 “ M 1

D’après le premier cas appliqué à g sur r0, 1s :

p1 ´ 0qn`1
|g p1q ´ Tn,g,0 p1q| ď M 1
pn ` 1q!
pb ´ aqn`1
ď M
pn ` 1q!
De plus,
ˇ ˇ
ˇ ÿn pkq
g p0q ˇ
ˇ ˇ
|g p1q ´ Tn,g,0 p1q| “ ˇf pψ p1qq ´ 1k ˇ
ˇ k! ˇ
k“0
ˇ ˇ
ˇ ÿn
pb ´ aq k
f pψ p0qq ˇ
ˇ ˇ
“ ˇf pbq ´ ˇ
ˇ k! ˇ
k“0
ˇ ˇ
ˇ ÿn
f pkq paq ˇˇ
ˇ
“ ˇf pbq ´ pb ´ aqk ˇ
ˇ k! ˇ
k“0
“ |f pbq ´ Tn,f,a pbq|
D’où le résultat.

Applications

Développement en série entière de l’exponentielle complexe Montrons que z P C,


ÿ
n
zk
exp pzq “ lim
nÑ`8
k“0
k!

Soit z P C et posons pour t P r0, 1s, f ptq “ exp ptzq. f P C 8 pr0, 1s , Cq comme composition et
produit de fonctions de classe C 8 et, en posant z “ a ` ib avec a, b P R, pour t P r0, 1s :

f 1 ptq “ aeta eitb ` eta p´b sin ptbq ` ib cos ptbqq


“ aeta eitb ` eta ibeitb
“ pa ` ibq etpa`ibq
“ z exp ptzq

Lycée Saint-Louis MPSI 2


Chapitre 14 : Dérivation 225

De même, on montez par une récurrence immédiate que @k P N et pour tout t P r0, 1s, f pkq ptq “
z k exp ptzq. Ainsi pour n P N, @t P r0, 1s :
ÿ
n
f pkq p0q
Tn,f,0 ptq “ tk
k“0
k!
ÿn k
z
“ tk
k“0
k!

ÿ
n
zk
En particulier, Tn,f,0 p1q “ k! . Soit n P N, f P C 8 pr0, 1s , Cq et @t P r0, 1s,
k“0
ˇ ˇ
ˇ pn`1q ˇ n`1
ˇf ptqˇ “ |z| |exp ptzq|
ˇ n`1 ˇ |a|
ď ˇz ˇe

D’après l’inégalité de Taylor-Lagrange,


ˇ ˇ
e|a| |z|n`1 ˇ ÿn kˇ
z |z|n`1
ˇ ˇ
|f p1q ´ Tn,f,0 p1q| ď p1 ´ 0qn`1 ô ˇexp pzq ´ ˇ ď e|a|
pn ` 1q! ˇ
k“0
k! ˇ pn ` 1q!
looomooon
ÝÑ 0
nÑ`8

D’où le résultat.

Développement en série entière de sin et cos Montrons que @x P R :


ÿ
n
x2k k
ÿ
n
x2k`1
cos x “ lim p´1q et sin x “ lim p´1qk
nÑ`8
k“0
p2kq! nÑ`8
k“0
p2k ` 1q!

Soit x P R, n P N, cos est de classe C 8 sur R et en particulier cos est de classe C 2n`1 sur r0, xs. De
ˇ ˇ Ø
plus @t P r0, xs, ˇcosp2n`1q pxqˇ “ |sin pxq| ď 1 donc, d’après l’inégalité de Taylor-Lagrange a ,
Ø

|x ´ 0|2n`1
|cos x ´ T2n,cos,0 pxq| ď 1 ¨
p2n ` 1q!
looooomooooon
ÝÑ 0
nÑ`8

Développement en série entière de ln p1 ` xq Montrons que @x P s´1, 1s :


ÿ
n
xk
ln p1 ` xq “ lim p´1qk
nÑ`8
k“0
k

Posons pour t P s´1, `8s, f ptq “ ln p1 ` tq. f P C 8 ps´1, `8s , Rq et @k P N˚ , une récurrence
immédiate donne que pour tout t P s´1, `8s :

pk ´ 1q!
f pkq ptq “ p´1qk´1
p1 ` tqk
a. En effet on aura auparavant remarqué que pour n P N et x P R :
ÿ
n
x2k ÿ
n
x2k`1
p´1qk “ T2n,cos,0 pxq et p´1qk “ T2n`1,sin,0 pxq
k“0
p2kq! k“0
p2k ` 1q!

2011-2012 Cours de mathématiques


226 Analyse

En particulier, f pkq p0q “ p´1qk pk ´ 1q!. Pour n ě 1 et t P R,


ÿ
n
f pkq p0q
Tn,f,0 ptq “ tk
k“0
k!
ÿn k
t

k“0
k

Soit x P s´1, 1s :
ˇ ˇ n!
– Si x P r0, 1s, soit n P N, f P C n`1 pr0, xs , Rq et @t P r0, xs, ˇf pn`1q ptqˇ “ ď n! car
p1 ` tqn`1
1 ` t ě 1. D’après l’inégalité de Taylor-Lagrange,
xn`1
|f pxq ´ Tn,f,0 pxq| ď n!
pn ` 1q!
xn`1
ď
n`1
1
ď car x ď 1
` o1n
nomo
lo
ÝÑ 0
nÑ`8

– Si x P s´1, 0s, @t P rx, 0s et @n P N :


n!
f pn`1q ptq “
p1 ` tqn`1
1
ď n! ¨ sup n`1
xďtď0 p1 ` tq
n!
ď
p1 ` xqn`1
Or f P C n`1 prx, 0s , Rq donc, d’après l’inégalité de Taylor-Lagrange,
ˆ ˙n`1
1 |x|n`1 1 |x|
|f pxq ´ Tn,f,0 pxq| ď “
n ` 1 p1 ` xqn`1 n ` 1 1 ´ |x|
ˆ ˙n`1
|x| 1
‰ 1
‰ 1 |x|
˝ Si ą 1 ô |x| ą 1´|x| ô |x| ą 2 donc si x P ´1, ´ 2 , alors ÝÑ `8
1 ´ |x| n ` 1 1 ´ |x| nÑ`8
donc on ne peut pas conclure de cette manière.
“ ‰ |x|
˝ Par contre, si x P ´ 12 , 0 , ď 1 d’où le résultat.
“ 1 ‰1 ´ |x|
Ainsi, on a montré que @x P ´ 2 , 1 ,
ÿ
n
xk
ln p1 ` xq “ lim p´1qk
nÑ`8
k“0
k

14.3.2.5 Formule de Taylor-Young

Soit I un intervalle non trivial de R, f : I ÝÑ K, n P N et a P I. On suppose de plus que f est de


classe C n sur I . Alors :
f pxq ´ Tn,f,a pxq “ o ppx ´ aqn q
xÑa

Soit encore :
f pxq ´ Tn,f,a pxq
ÝÑ 0
px ´ aqn xÑa
x‰a

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Chapitre 14 : Dérivation 227

Démonstration
f pxq ´ f paq
– Pour n “ 0 et @t P I, T0,f,a ptq “ f paq. On a bien ÝÑ 0, car f est continue en a.
1 xÑa
1
– Pour n “ 1 et x P I, f pxq ´ T1,f,a pxq “ f pxq ´ pf paq ` f paq px ´ aqq. Donc pour x P Iz tau :
f pxq ´ T1,f,a pxq f pxq ´ f paq
“ ´ f 1 paq ÝÑ 0
x´a x´a xÑa
x‰a

car f est dérivable sur I.


g pxq ´ Tn,g,a pxq
– Soit Hn : « @g P C n pI, Kq , lim “ 0 ».
px ´ aqn
xÑa
˝ On a vu que H0 et H1 sont vraies.
˝ Supposons Hn vrai pour un entier n. Soit f P C n`1 pI, Kq. On veut montrer que :
f pxq ´ Tn`1,f,a pxq
δ pxq “ ÝÑ 0
px ´ aqn`1 xÑa
x‰a

Soit ε ą 0 , on cherche α ą 0 tel que @x P Iz tau , |x ´ a| ď α ñ |f pxq ´ Tn`1,f,a pxq| ď


f 1 pxq ´ Tn,f 1 ,a pxq
ε |x ´ a|n`1 . On sait que f 1 est de classe C n sur I. D’après Hn , ÝÑ 0 donc
px ´ aqn xÑa
ˇ 1 ˇ x‰a
ˇ ˇ n
il existe β tel que @x ‰ a, f pxq ´ Tn,f 1 ,a pxq ď |x ´ a| . Prenons α “ β : soit alors x P Iz tau,
tel que |x ´ a| ď β.
Ñ Supposons x ą a. Pour t P ra, xs on pose ϕ ptq “ f ptq ´ Tn`1,f,a ptq. L’application ϕ est
de classe C n`1 donc est au moins dérivable : @t P ra, xs , ϕ1 ptq “ f 1 ptq ´ Tn,f 1 ,a ptq a . Donc
ε
|ϕ1 ptq| ď ε |t ´ a|n “ loooomoooon
ε pt ´ aqn . On a ψ : t P sa, xr ÝÑ pt ´ aqn`1 D’après le
pn ` 1q
ψ1 ptq
théorème des accroissements finis (II) :

|ϕ pxq ´ ϕ paq| ď ψ pxq ´ ψ paq

et comme ϕ paq “ Tn`1,f,a paq ´ f paq “ 0,


ε
|f pxq ´ Tn`1,f,a pxq| ď px ´ aqn`1
n`1
ď ε px ´ aqn`1

Ñ Supposons x ă a : « Left to the reader ! ».

Remarque Taylor-Young affirme que si f est de classe C n sur I et si a P I, on peut écrire au


voisinage de a : f pxq “ Tn,f,a pxq ` px ´ aqn ε pxq où ε pxq ÝÑ 0, ce qui s’écrit aussi :
xÑa

f pxq “ Tn,f,a pxq ` o ppx ´ aqn q

Applications
– On sait que sin x „ x, trouvons un équivalent de sin x ´ x en 0. sin est de classe C 3 sur R donc
0
au voisinage de 0,
` ˘
sin x “ T3,sin,0 pxq ` o x3
x3 ` ˘
“ x´ ` o x3
6
x3 ` ˘ x3
Ainsi, sin x ´ x “ ´ ` o x3 donc sin x ´ x „ ´ .
6 0 6
a. Ce calcul a été effectué précédemment, voir page 223.

2011-2012 Cours de mathématiques


228 Analyse

– Soient n P N, f P C n pI, Kq et a P I. Au voisinage de a,

f pxq “ Tn,f,a pxq ` o ppx ´ aqn q


ÿn
f pkq paq k
“ x ` o ppx ´ aqn q
k“0
k!
loooomoooon
λk

Si Dk P v0, nw tel que λk ‰ 0, alors on peut poser m “ min tk P v0, nw |λk ‰ 0u. Par conséquent,
au voisinage de a,
ÿ
n
f pxq “ λm px ´ aqm ` o ppx ´ aqn q
λk px ´ aqk ` looooomooooon
k“m`1
loooooooooomoooooooooon “oppx´aqm q
a
“oppx´aqm q
a

Ainsi f paq „ λm px ´ aqm .


a

14.3.2.6 Exercice
1 1
Pour x P s0, 1s, on pose ϕ pxq “ ´ . Montrons que ϕ se prolonge en une fonction de classe
sin x x
C 1 sur r0, 1s.
– Il est clair que ϕ pxq P C 8 ps0, 1s , Rq.
– Pour x ‰ 0,
1 1 x ´ sin x
´ “
sin x x x sin x
x3

0 6x2
x
„ ÝÑ 0
0 6 xÑ0
#
0 si x “ 0
Ainsi, ϕ pxq ÝÑ 0. On pose alors ϕ̃ “ . Il est clair que ϕ̃ est continue sur
xÑ0 ϕ pxq si x P s0, 1s
r0, 1s, dérivable sur s0, 1s et @x P s0, 1s :
1 cos x
ϕ1 pxq “ ´
x2 sin2 x
sin2 x ´ x2 cos x

x2 sin2 x
sin2 x ´ x2 cos x

0 x4
cos P C 2 pR, Rq donc, au voisinage de 0, d’après la formule de Taylor-Young :
` ˘
cos x “ T2,cos,0 pxq ` o x2
x2 ` ˘
“ 1´ ` o x2
2
x2 ` ˘
Ainsi, au voisinage de 0, cos x “ 1 ´ ` o x2 .
2
` ˘
sin2 x “ T4,sin2 ,0 pxq ` o x4
x4 ` ˘
“ x2 ´ ` o x4
3

Lycée Saint-Louis MPSI 2


Chapitre 14 : Dérivation 229

x4 ` ˘
Ainsi, au voisinage de 0, sin2 x “ x2 ´` o x4 . Par conséquent :
3
ˆ ˙ ˆ ˙
2 2 2 x4 ` 4˘ 2 x4 ` 4˘
sin x ´ x cos x “ x ´ `o x ´ x ´ `o x
3 6
x4 ` ˘ ` ˘
“ o x4 ´ o x4
` loooooooomoooooooon
6
opx4 q

x4 1 1
Donc sin2 x´x2 cos x „ donc ϕ1 pxq „ ÝÑ . D’après le théorème « Limite de la dérivée a »,
0 6 0 6 xÑ0 6
ϕ̃ est dérivable en 0, ϕ̃ p0q “ 16 et ϕ̃ est continue en 0.

a. Voir page 215.

2011-2012 Cours de mathématiques


Chapitre 15

Fonctions convexes

Sommaire
15.1 Généralités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 232
15.1.1 Définition géométrique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 232
15.1.2 Définition analytique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 232
15.2 Théorèmes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 233
15.2.1 Inégalités de pentes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 233
15.2.2 Lien entre convexité et dérivée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 234
15.2.3 Fonctions concaves . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 235
15.2.4 Exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 235
15.3 Conséquence de la concavité : inégalités usuelles . . . . . . . . . . . . . . 235
15.3.1 Corollaire de la convexité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 235
15.3.2 Inégalité arithmético-géométrique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 237
15.3.3 Inégalité de Hölder . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 238
15.3.3.1 Couple d’exposants conjugués . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 238
15.3.3.2 Théorème . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 238
15.3.4 Inégalité de Minkowski . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 239

231
232 Analyse

15.1 Généralités
15.1.1 Définition géométrique

Soit I un intervalle non trivial de R et f : I ÝÑ R. Pour a, b P I avec a ă b, on appelle uab l’unique


application affine qui coïncide avec f en a et b. Pour t P R, on a donc

f pbq ´ f paq
uab ptq “ pt ´ aq ` f paq
b´a
On dit que f est convexe sur I si @a, b P I avec a ă b, @t P ra, bs, f ptq ď uab .

Géométriquement, la portion du graphe de f comprise entre les droites d’équations x “ a et x “ b


est en dessous de la corde joignant les points pa, f paqq et pb, f pbqq.

15.1.2 Définition analytique

Avec les notations précédentes, f est convexe si et seulement si @x, y P I, @t P r0, 1s,

f ptx ` p1 ´ tq yq ď tf pxq ` p1 ´ tq f pyq

Démonstration
ñ Soient x, y P I et t P r0, 1s.
– Si x “ y, @t P r0, 1s, tx ` p1 ´ tq x “ x et tf pxq ` p1 ´ tq f pxq “ f pxq donc f pxq ď f pxq.
– Supposons x ‰ y, par exemple x ă y. Pour t P r0, 1s, tx ` p1 ´ tq y P rx, ys donc

f ptx ` p1 ´ tq yq ď uxy ptx ` p1 ´ tq yq

Posons, pour Ω P R, uxy pΩq “ αΩ ` β avec α, β P R. On a alors :

uxy ptx ` p1 ´ tq yq “ α ptx ` p1 ´ tq yq ` β


“ α ptx ` p1 ´ tq yq ` pt ` p1 ´ tqq β
“ t pαx ` βq ` p1 ´ tq pαy ` βq
“ tuxy pxq ` p1 ´ tq uxy pyq
“ tf pxq ` p1 ´ tq f pyq

ð Soient a, b P I avec a ă b et x P ra, bs. Montrons alors que f pxq ď uab pxq. On peut écrire

b´x
x “ ta ` p1 ´ tq b t“ P r0, 1s
b´a

On a donc

f pta ` p1 ´ tq bq ď tf paq ` p1 ´ tq f pbq


ď tuab paq ` p1 ´ tq uab pbq “ uab pta ` p1´q bq

En effet, uab est affine.

Lycée Saint-Louis MPSI 2


Chapitre 15 : Convexité 233

15.2 Théorèmes
15.2.1 Inégalités de pentes

Soit I un intervalle non trivial de R et f : I ÝÑ R. Alors f est convexe si et seulement si @x, y, z P I


avec x ď y ď z,
f pyq ´ f pxq f pzq ´ f pxq f pzq ´ f pyq
ď ď
y´x z´x z´y

Démonstration
ñ Soient x, y, z P I avec x ă y ă z. On écrit :

z´y
y “ tx ` p1 ´ tq z t“ P r0, 1s
z´x

– D’où f pyq “ f ptx ` p1 ´ tq zq ď tf pxq ` p1 ´ tq f pzq car f est convexe. Ainsi :

f pyq ´ f pzq ď tf pxq ` p1 ´ tq f pzq ´ f pzq


ď t pf pxq ´ f pzqq
z´y
ď pf pxq ´ f pzqq
z´x

z ´ y ą 0 d’où

f pyq ´ f pzq f pxq ´ f pzq f pzq ´ f pxq f pzq ´ f pyq


ď ô ď
z´y z´x z´x z´y

– De même,

f pyq ´ f pxq ď tf pxq ` p1 ´ tq f pzq ´ f pxq


ď p1 ´ tq pf pzq ´ f pxqq
y´x
ď pf pzq ´ f pxqq
z´x

y ´ x ą 0 d’où
f pyq ´ f pxq f pzq ´ f pxq
ď
y´x z´x

ð Supposons que @x, y, z P I avec x, y, z, on ait

f pyq ´ f pxq f pzq ´ f pxq f pzq ´ f pyq


ď ď
y´x z´x z´y

En particulier, soient a, b P I avec a ă b, et c P ra, bs. Montrons que f pcq ď uab pcq.
– Si c “ a ou c “ b, c’est évident.
– Si c P sa, br,

f pcq ´ f paq f pbq ´ f paq f pbq ´ f paq


ď ñ f pcq ď f paq ` pc ´ aq “ uab pcq
c´a b´a b´a

2011-2012 Cours de mathématiques


234 Analyse

15.2.2 Lien entre convexité et dérivée


Soit f : I ÝÑ R dérivable a . Les assertions suivantes sont équivalentes b :
(1) f est convexe.
(2) f 1 est croissante.
(3) @x, x0 P I,
f pxq ě f px0 q ` f 1 px0 q px ´ x0 q
a. Il est ici crucial de relater une autre éclatante victoire du sage M. Sellès contre le confus Aménofis :
– Eh m’sieur c’est pas une vraie fonction ça !
– Comment ça c’est pas une vraie fonction ? Toi t’es pas un vrai élève !
b. « Lasse a encore frappé ! »

Cette dernière proposition s’interprète géométriquement comme le fait que le graphe de f est
toujours au dessus de n’importe quelle de ses tangentes.
De plus, si f est deux fois dérivable sur I, f est convexe si et seulement si f 2 ě 0.

Démonstration
p1q ñ p2q Soient a, b P I avec a ă b, montrons que f 1 paq ď f 1 pbq. On sait que pour a ă t ă b,
f ptq ´ f paq f pbq ´ f paq f pbq ´ f ptq
ď ď
t´a b´a b´t
f ptq ´ f paq f pbq ´ f paq
On a donc pour t P sa, br, ď . Par passage à la limite lorsque t Ñ a,
t´a b´a
f pbq ´ f paq f pbq ´ f paq
f 1 paq ď . De même, on obtient avec l’autre inégalité ď f 1 pbq lorsque
b´a b´a
t Ñ b. Ainsi, f 1 paq ď f 1 pbq.
p2q ñ p3q Soit x0 P I, posons ϕ : x P I ÝÑ f pxq ´ rf px0 q ` f 1 px0 q px ´ x0 qs. ϕ est dérivable sur
I et ϕ1 pxq “ f 1 pxq ´ f 1 px0 q. f 1 est croissante donc si x ě x0 , f 1 pxq ě f 1 px0 q et si x ď x0 ,
f 1 pxq ď f 1 px0 q. On obtient donc le tableau de variations de la figure 15.1. Il est donc clair que

x x0
' (x)
0
0 +

'(x)

Figure 15.1 – Tableau de variations de ϕ pxq “ f pxq ´ rf px0 q ` f 1 px0 q px ´ x0 qs

ϕ admet un minimum en x0 et ϕ px0 q “ 0 donc ϕ pxq ě 0 pour x P I, d’où le résultat.


p3q ñ p1q Soient x, y P I et t P r0, 1s. Notons x0 “ tx ` p1 ´ tq y P rx, ys. On a par hypothèse,
#
f pxq ě f px0 q ` f 1 px0 q px ´ x0 q paq
f pyq ě f px0 q ` f 1 px0 q py ´ x0 q pbq
Ainsi, comme t et 1 ´ t sont positifs,
t paq ` p1 ´ tq pbq ô tf pxq ` p1 ´ tq f pyq ě f px0 q ` f 1 px0 q rt px ´ x0 q ` p1 ´ tq py ´ x0 qs
y ´ x0 x0 ´ x
Or t “ et 1 ´ t “ donc
y´x y´x
py ´ x0 q px ´ x0 q px0 ´ xq py ´ x0 q
t px ´ x0 q ` p1 ´ tq py ´ x0 q “ `
y´x y´x
“ 0

Lycée Saint-Louis MPSI 2


Chapitre 15 : Convexité 235

D’où le résultat escompté :

f px0 q “ f ptx ` p1 ´ tq yq ď tf pxq ` p1 ´ tq f pyq

15.2.3 Fonctions concaves


f : I ÝÑ R est concave si et seulement si ´f est convexe.
On a tout de suite (avec les notations précédentes) les assertions suivantes équivalentes :
(1) f est concave.
(2) @a, b P I, @x P ra, bs, f pxq ě uab pxq.
(3) @x, y P I, @t P r0, 1s, f ptx ` p1 ´ tq yq ě tf pxq ` p1 ´ tq f pyq.

Lorsque f est dérivable sur I, les assertions suivantes sont équivalentes :


(1) f est concave.
(2) f 1 est décroissante.
(3) @x, x0 P I, f pxq ď f px0 q ` f 1 px0 q px ´ x0 q.
Si f est deux fois dérivable sur I :
f est concave ô f 2 ď 0

15.2.4 Exemples
– ln est concave sur R˚` , C 8 sur R˚` et @x ą 0, ln2 pxq “ ´ x12 ă 0. Ainsi, @x ą 0,

ln pxq ď ln 1 ` ln1 p1q px ´ 1q ô ln pxq ď x ´ 1

– exp est convexe sur R donc @t P R,

et ě e0 ` exp p0q pt ´ 0q ô et ě 1 ` t


‰ “
0, π2 ÝÑ R
ϕ:
t ÞÑ sin t
“ π‰ “ π‰ 2
ϕ est deux fois dérivable
“ ‰ sur 0, 2 et @t P 0, 2 , ϕ ptq “ ´ sin t ă 0. Par conséquent, ϕ est
concave donc @t P 0, π2 :
2
sin t ě u0, π2 ô sin t ě t
π

15.3 Conséquence de la concavité : inégalités usuelles


15.3.1 Corollaire de la convexité

★ ✥
ÿ
n
Soit f : I ÝÑ R convexe. Alors @n P N˚ , @x0 , x1 , . . . , xn P I et @λ0 , λ1 , . . . , λn P R` vérifiant λk “ 1,
k“1
on a : ˜ ¸
ÿ
n ÿ
n
f λi xi ď λi f pxi q
✧ i“1 i“1

2011-2012 Cours de mathématiques


236 Analyse

Démonstration Raisonnons par récurrence :


– Pour n “ 1, c’est trivial. Pour n “ 2, l’énoncé dit que @x, y P I, @λ, µ P R` avec λ ` µ “ 1,

f pλx ` µxq ď λf pxq ` µf pxq

Ce qui est vrai car λ, µ P r0, 1s et λ “ 1 ´ µ. Cette inégalité a en fait déjà été démontrée.
– Montrons une propriété qui nous sera utile par la suite : soient n P N˚ , x0 , x1 , . . . , xn P I et
ÿ
n
λ0 , λ1 , . . . , λn P R` avec λi “ 1. On pose alors x “ min xi et y “ max xi . On a donc pour
1ďiďn 1ďiďn
i“1
i P v1, nw, λi x ď λi xi ď λi y car λi ą 0 pour tout i P v1, nw. Ainsi,
ÿ
n ÿn ÿn
λi x ď λi x i ď λi y
loomoon
i“1 i“1 loomoon
i“1
x y

ÿ
n
Donc λi xi P rx, ys Ă I.
i“1
– Supposons que la propriété est vraie pour n ě 2. Soient x0 , x1 , . . . , xn`1 P I, λ0 , λ1 , . . . , λn`1 P
ÿ
n
R` avec λi “ 1. Montrons que
i“1
˜ ¸
ÿ
n`1 ÿ
n`1
f λi xi ď λi f pxi q
i“1 i“1

˝ Si λ1 “ ¨ ¨ ¨ “ λn “ 0, c’est trivial.
ÿ
n
˝ Sinon, Dk P v1, nw tel que λi ą 0. Ainsi, S “ λj ą 0 donc
j“1
˜ ¸
ÿ
n`1 ÿ
n
λi
λi xi “ λn`1 xn`1 ` S xi
i“1 i“1
S

ÿ
n
λi
ÿ
n ÿ
n
λi i“1
Posons alors pour i P v1, nw, µi “ S. Par conséquent µi “ S “ 1 donc y “ µi xi P I.
i“i i“1
Or λn`1 ě 0, S ě 0 et λn`1 ` S “ 1 donc, puisque f est convexe :

f pλn`1 xn`1 ` Syq ď λn`1 f pxn`1 q ` Sf pyq


D’après l’hypothèse de récurrence,
˜ ¸
ÿ
n ÿ
n
f pyq “ f µ i xi ď µi f pxi q
i“1 i“1

Donc
˜ ¸
ÿ
n
f λi xi “ f pλn`1 xn`1 ` Syq
i“1
ď λn`1 f pxn`1 q ` Sf pyq
ÿn
λi
ď λn`1 f pxn`1 q ` S f pxi q
i“1
S
ÿ
n`1
ď λi f pxi q
i“1

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Chapitre 15 : Convexité 237

15.3.2 Inégalité arithmético-géométrique

★ ✥
Soient n P N˚ et a0 , a1 , . . . , an P R` . Alors
ÿ
n
˜ ¸1 ai
ź
n n
i“1
ai ď ô mg pa0 , a1 , . . . , an q ď ma pa0 , a1 , . . . , an q
✧ ✦
i“1
n

Démonstration
– Si Dw P v1, nw tel que aw “ 0, c’est trivial.
– Supposons a0 , a1 , . . . , an P R˚` . Alors @i P v1, nw, ai “ ebi avec bi “ ln ai donc

a1 ` ¨ ¨ ¨ ` an 1 1 1
“ eb1 ` eb2 ` ¨ ¨ ¨ ` ebn
n n n n

ÿ
n
1
Si on pose pour 1 ď i ď n, λi “ n, alors λi ě 0 et λi “ 1. exp est convexe donc on a
i“1

˜ ¸
a1 ` ¨ ¨ ¨ ` an ÿ
n ÿ
n
“ λi ebi ě exp λi bi
n i“1 i“1
ÿ
n
1
n
¨ bi
“ e i“1
´ ¯1
n
“ eb1 `b2 `¨¨¨`bn
´ ¯1
n
“ eb1 eb2 ¨ ¨ ¨ ebn
“ mg pa0 , a1 , . . . , an q

Corollaire Pour n P N˚ et a0 , a1 , . . . , an P R˚` , on définit


ˆ ˙
1 1 1 1
“ ma , ,...,
mh pa0 , a1 , . . . , an q a1 a2 an

Alors
mh pa0 , a1 , . . . , an q ď mg pa0 , a1 , . . . , an q

En effet,
ˆ ˙
1 1 1 1
“ ma , ,...
mh pa0 , a1 , . . . , an q a1 a2 an
ˆ ˙
1 1 1
ě mg , ,...
a1 a2 an
ˆ ˙1
1 n
ě
a1 a2 ¨ ¨ ¨ an
1
ě
mg pa0 , a1 , . . . , an q

2011-2012 Cours de mathématiques


238 Analyse

15.3.3 Inégalité de Hölder


15.3.3.1 Couple d’exposants conjugués

` ˘2 1 1
On dit que pp, qq P R˚` est un couple d’exposants conjugués si p ` q “ 1. Ceci impose p ą 1 et
q ą 1.

` ˘
Par exemple,p2, 2q et 2, 23 sont de tels couples.

15.3.3.2 Théorème

✤ ✜
Soit n P N˚ , x0 , x1 , . . . , xn P R` , y0 , y1 , . . . , yn P R` et pp, qq un couple d’exposants conjugués. Alors :
˜ ¸1 ˜ ¸1
ÿ
n ÿ
n p ÿ
n q

xi y i ď xpi yiq
✣ i“1 i“1 i“1

Pour pp, qq “ p2, 2q, on retrouve Cauchy-Schwarz dans Rn a .

Petit lemme Soient a, b P R. Alors


ap bq
ab ď `
p q
En effet :
– Si a “ 0 ou b “ 0, c’est trivial.
– Supposons a ‰ 0 et b ‰ 0. Alors
ap bq 1 1
` “ ep ln a ` eq ln b
p q p q
1 1
Posons p ln a “ x et q ln b “ y, p ` q “ 1 et exp est convexe donc

1 x 1 y x y
e ` e ě ep`q
p q
ě eln a`ln b
ě ab

Démonstration
ÿ
n ÿ
n
xpi yiq
– Supposons que xpi “ 1 “ yiq . On a alors xi yi ď p ` q , d’où :
i“1 i“1

ÿ
n ÿ
n p
x ÿ
n q
y
i i
xi y i ď `
i“1 i“1
p i“1
q
ÿn
1 1ÿ q
n
ď xpi ` y
p i“1 q i“1 i
1 1
ď `
p q
˜ ¸1 ˜ ¸1
ÿ
n p ÿ
n q

ď 1“ xpi yiq
i“1 i“1

a. Voir section 1.2.2.4 page 14.

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Chapitre 15 : Convexité 239

– Revenons au cas général et essayons de nous ramener à la situation précédente.


˝ Si @i P v1, nw, xi “ 0 ou @i P v1, nw, yi “ 0, l’inégalité est vraie.
˜ ¸1 ˜ ¸1
ÿn
p
ÿn
q
ÿn
p
p ÿ
n
q
q

˝ Dans le cas contraire, xi ą 0 et yi ą 0. Posons α “ xi ˆ et β “ yi , et


i“1 i“1 i“1 i“1
xi yi
pour i P rri, nss, x1i “ α et yi1 “ β. Alors

ÿ
n ÿ
n
xp
x1p
i “ i

i“1 i“1
αp
1 ÿ p
n
“ x
αp i“1 i
αp

αp
“ 1
ÿ
n
De même, yi1 “ 1. D’après le cas précédent,
i“1

ÿ
n
1 ÿ
n
x1i yi1 ď 1 ô xi yi ď 1
i“1
αβ i“1
ÿ
n
ô xi yi ď αβ
i“1

Corollaire Soit n P N˚ , z0 , z1 , . . . , zn P C, ω0 , ω1 , . . . , ωn P C et pp, qq un couple d’exposants conju-


gués. Alors
ˇ ˇ ˜ ¸1 ˜ ¸1
ˇÿn ˇ ÿn p ÿn q
ˇ ˇ
ˇ zi ωi ˇ ď |zi |p |ωi |q
ˇi“1 ˇ i“1 i“1
ˇ ˇ
ˇÿ n ˇ ÿ n
ˇ ˇ
En effet, d’après l’inégalité triangulaire,ˇ zi ωi ˇ ď |z | |ω |. On peut appliquer le théorème précédent
ˇi“1 ˇ i“1 i i
aux réels positifs |zi | et |ωi |.

15.3.4 Inégalité de Minkowski


Soit p ě 1, n P N˚ , x0 , x1 , . . . , xn P R` et y0 , y1 , . . . , yn P R` . Alors
˜ ¸1 ˜ ¸1 ˜ ¸1
ÿ
n p ÿ
n p ÿ
n p

pxi yi qp ď xpi ` yip


i“1 i“1 i“1

1 1 p
Hint ! Pour p ą 1, considérer q tel que p ` q “1ôq“ p´1 . Écrire alors pour i P v1, nw

pxi yi qp “ xi pxi ` yi qp´1 ` yi pxi ` yi qp´1

Appliquer ensuite Hölder intelligemment !

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Chapitre 16

Développements limités

Sommaire
16.1 Définitions et développements limités classiques . . . . . . . . . . . . . . . 242
16.1.1 Définition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 242
16.1.2 Propriétés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 242
16.1.2.1 Unicité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 242
16.1.2.2 Reformulation de Taylor-Young . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 243
16.1.3 Développements limités classiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 243
16.1.3.1 Fonctions usuelles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 243
16.1.3.2 Autres résultats . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 244
16.2 Opérations sur les développements limités . . . . . . . . . . . . . . . . . . 245
16.2.1 Opérations élémentaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 245
16.2.1.1 Troncature . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 245
16.2.1.2 Multiplication élémentaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 245
16.2.1.3 Composition élémentaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 245
16.2.1.4 Intégration de développements limités . . . . . . . . . . . . . . . . . . 246
16.2.1.5 Dérivation des développements limités . . . . . . . . . . . . . . . . . . 247
16.2.1.6 Parité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 248
16.2.1.7 Combinaisons linéaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 248
16.2.2 Autres opérations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 248
16.2.2.1 Produit . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 248
16.2.2.2 Quotient . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 249
16.2.2.3 Composition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 250
16.2.2.4 Applications de la composition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 251
16.3 Utilisation des développements limités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 254
16.3.1 Obtention d’équivalents . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 254
16.3.1.1 Principe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 254
16.3.1.2 Un problème de raccord... . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 255
16.3.2 Développements asymptotiques à l’infini . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 256
16.3.2.1 Exemple introductif . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 256
16.3.2.2 Méthode . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 256
16.4 Division suivant les puissances croissantes . . . . . . . . . . . . . . . . . . 258
16.4.1 Définition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 258
16.4.2 Exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 258

241
242 Analyse

16.1 Définitions et développements limités classiques


16.1.1 Définition

Soit I un intervalle de R, a P I, n P N, et f : I ÝÑ K. On dit que f admet un développement limité


à l’ordre n au voisinage de a (en abrégé dans la suite : f admet un DLn paq) s’il existe P polynomiale
de degré inférieur ou égal à n telle que :

f pxq ´ P px ´ aq “ o ppx ´ aqn q


xÑa

C’est-à-dire si on peut écrire, pour x voisin de a, f pxq “ P px ´ aq`px ´ aqn ε pxq, avec ε pxq ÝÑ 0.
xÑa

Remarques
– On a vu que a f admet un DL1 paq ô f est dérivable en a. On a alors au voisinage de a,

f pxq “ f paq ` px ´ aq f 1 paq ` o px ´ aq

– f admet un DL0 paq ô f est continue en a. En effet :


ð On sait que f pxq ´ f paq ÝÑ 0. Donc au voisinage de a, f pxq “ f paq`px ´ aq0 loooooomoooooon
f pxq ´ f paq.
xÑa
Ñ0
xÑa
Soit
f pxq “ f paq ` o p1q
et on a bien f paq un polynôme de degré 0.
ñ Si f admet un DL0 paq, on a au voisinage de a f pxq “ λ`o p1q avec λ P K et donc f pxq ÝÑ λ.
xÑa
f admet une limite en a donc est continue et λ “ f paq.

Piège ! Attention en général on a pas b f admet un DLn paq ñ f admet une dérivée n-ième au
voisinage de a. ` ˘
exemple, considérons f définie par f p0q “ 0 et pour x ‰ 0, f pxq “ x3 sin x1 . Posons
Par #
0 si x “ 0
ε pxq “ `1˘ , alors ε pxq ÝÑ 0 et f pxq “ 0 ` x2 ε pxq donc f admet un DL2 p0q. f est
x sin x si x ‰ 0 xÑ0

dérivable en 0 et f p0q “ 0. De plus f est C 8 sur R˚` et R˚´ et @x ‰ 0,


1

ˆ ˙ ˆ ˙
1 2 1 1
f pxq “ 3x sin ´ x cos
x x

Donc f 1 n’admet pas de limite en 0 donc f 1 n’est pas dérivable en 0 donc f n’est pas deux fois dérivable
en 0.

16.1.2 Propriétés
16.1.2.1 Unicité

Si f admet un DLn paq, il existe un unique polynôme P de degré inférieur ou égal à n tel que f pxq ´
P px ´ aq “ o ppx ´ aqn q. P s’appelle la partie régulière du développement limité à l’ordre n en a de
f.

a. Voir section 14.1.2 page 207.


b. Dès que n ě 2 en fait.

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Chapitre 16 : Développements limités 243

Démonstration Soient P , Q deux polynômes de degré inférieur ou égal à n avec f pxq “ P px ´ aq`
o ppx ´ aqn q et f pxq “ Q pxq`o ppx ´ aqn q au voisinage de a. Ainsi, Q px ´ aq´P px ´ aq “ o ppx ´ aqn q.
Or on peut écrire pour t P R :

P ptq “ λ0 ` λ1 t ` ¨ ¨ ¨ ` λn tn et Q ptq “ µ0 ` µ1 t ` ¨ ¨ ¨ ` µn tn

ÿ
n
k
Donc P px ´ aq ´ Q px ´ aq “ pλ i ´ µi q px ´ aq . Supposons que Dj P v0, nw tel que νj ‰ 0 et posons
looomooon
k“0 νi
m “ min tj P v0, nw |νj ‰ 0u. Alors :

ÿ
n
P px ´ aq ´ Q px ´ aq “ νm px ´ aqm ` νi px ´ aqj
j“m`1
looooooooomooooooooon
oppx´aqm q
„ νm px ´ aqm
xÑa

Ainsi, P px ´ aq ´ Q px ´ aq n’est pas négligeable devant px ´ aqn , ce qui est impossible. Donc @j P
rr0, nss, λj “ µj donc a P “ Q.

16.1.2.2 Reformulation de Taylor-Young

Si f : I ÝÑ K est de classe C n , et a P I, alors f admet en a un développement limité à l’ordre n


dont la partie régulière est, @t P R :

ÿ
n
f pkq paq
P ptq “ tk
k“0
k!

En b particulier, si f P C 8 pI, Kq, alors f admet en tout point de I un développement limité à tout
ordre.

16.1.3 Développements limités classiques

16.1.3.1 Fonctions usuelles

Tous les résultats suivants seront donnés au voisinage de 0 :

a. M. Sellès nous demande en effet d’admettre pour l’instant le résultat suivant : deux polynômes sont égaux si tous
leurs coefficients sont égaux.
b. On note que P px ´ aq “ Tn,f,a pxq pour x P R.

2011-2012 Cours de mathématiques


244 Analyse

✬ ✩
ÿ
n
x2k`1 ` ˘ x3 x5 x2n`1 ` ˘
sin x “ p´1qk ` o x2n`1 “ x ´ ` ` ¨ ¨ ¨ ` p´1qn ` o x2n`1
k“0
p2k ` 1q! 6 120 p2n ` 1q!
ÿ
n
x2k ` ˘ x2 x4 x2n ` ˘
cos x “ p´1qk ` o x2n “ 1 ´ ` ` ¨ ¨ ¨ ` p´1qn ` o x2n
k“0
p2kq! 2 24 p2nq!
ÿn
x2k`1 ` ˘ x3 x5 x2n`1 ` ˘
sinh x “ ` o x2n`1 “ x ` ` ` ¨¨¨ ` ` o x2n`1
k“0
p2k ` 1q! 6 120 p2n ` 1q!
ÿn
x2k ` ˘ x2 x4 x2n ` ˘
cosh x “ ` o x2n “ 1 ` ` ` ¨¨¨ ` ` o x2n
k“0
p2kq! 2 24 p2nq!
ÿ
n
xk x2 xn
x
e “ ` o pxn q “ 1 ` x ` ` ¨¨¨ ` ` o pxn q
k“0
k! 2 n!
ÿ
n
xk x2 x3 xn
ln p1 ` xq “ p´1qk´1 ` o pxn q “ x ´ ` ` ¨ ¨ ¨ ` p´1qn´1 ` o pxn q
k“1
k 2 3 n
Pour α R N :
n ˆ ˙
ÿ
α α α pα ´ 1q 2 α pα ´ 1q ¨ ¨ ¨ pα ´ n ` 1q n
p1 ` xq “ xk ` o pxn q “ 1 ` αx ` x ` ¨¨¨ ` x ` o pxn q
✫ ✪
k“0
k 2 n!

16.1.3.2 Autres résultats


1 ´ tn`1
Inverse Soit f : s´8, `1r ÝÑ R . On sait que, pour t ă 1 et n P N, 1 ` t ` ¨ ¨ ¨ ` tn “
1 1´t
t ÞÑ 1´t
Donc
t
f ptq “ 1 ` t ` ¨ ¨ ¨ ` tn ` tn
1omo
lo ´ otn
ÝÑ 0
tÑ0

Ainsi, au voisinage de 0 :

✎ ☞
1
“ 1 ` t ` ¨ ¨ ¨ ` tn ` o ptn q
✍ 1´t ✌

De l’importance de développements limités en 0 Soit f : I ÝÑ K, a P I et J “ I ´ a “


tx ´ a|x P Iu. Il est clair que J est un intervalle de R qui contient 0. Pour t P J, posons g ptq “ f pa ` tq.
Ainsi, pour x P I, f pxq “ g px ´ aq. Pour P polynômiale de degré inférieur ou égal à n P N, f admet
un DLn paq de partie régulière P si et seulement si g admet un DLn p0q de partie régulière P .

Démonstration
ð On a, pour t voisin de 0 :
g ptq “ P ptq ` tn ε ptq ε ptq ÝÑ 0
tÑ0

Pour x voisin de a, x ´ a est voisin de 0 donc f pxq “ g px ´ aq “ P px ´ aq ` px ´ aqn ε px ´ aq


avec ε px ´ aq ÝÑ 0 d’où le résultat.
xÑa
ñ Idem.

Lycée Saint-Louis MPSI 2


Chapitre 16 : Développements limités 245

Ainsi, par changement de variable, on peut toujours se ramener au voisinage de 0. Par conséquent,
tous les développements limités envisagés dans la suite le seront au voisinage de 0.

16.2 Opérations sur les développements limités


Dans toute la suite, I est un intervalle non-trivial de R contenant 0.

16.2.1 Opérations élémentaires


16.2.1.1 Troncature

Soit f : I ÝÑ K et n P N. On suppose que f admet un DLn p0q dont la partie régulière est, pour t P R,
P ptq “ λ0 ` λ1 t ` ¨ ¨ ¨ ` λn tn .
Alors, pour 0 ď p ď n, f admet un DLp p0q dont la partie régulière est, pour t P R, Qp ptq “
λ0 ` λ1 ` ¨ ¨ ¨ ` λp tp . On dit que Qp est P tronquée au degré p.

Démonstration Au voisinage de 0 :

f ptq “ P ptq ` o ptn q


ÿn
“ Qp ptq ` λk tk ` o ptn q
k“p`1
loooooooooomoooooooooon
optp q

D’où le résultat.

` ˘ t3 ` ˘
Exemple Au voisinage de 0, sin t “ t ` o t2 car au voisinage de 0, sin t “ t ´ ` o t3 .
6

16.2.1.2 Multiplication élémentaire

Soit f : I ÝÑ K, n P N, on suppose que f admet un DLn p0q de partie régulière P .


Alors, pour p P N et α P K, t ÞÝÑ αtp f ptq admet un DLn`p p0q de partie régulière Q ptq “ αtp P ptq.

Démonstration Au voisinage de 0, f ptq “ P ptq ` tn ε ptq avec ε ptq ÝÑ 0 d’où αtp f ptq “ αtp `
tÑ0
αtn`p ε ppq, d’où le résultat.

t2 ` ˘ t4 ` ˘
Exemple Au voisinage de 0, cos t “ 1 ´ ` o t2 d’où t2 cos t “ t2 ´ ` o t4 .
2 2

16.2.1.3 Composition élémentaire

Soit f : I ÝÑ K, n P N, on suppose que f admet un DLn p0q de partie régulière P . Soit α P K˚ et


m P N˚ , on suppose que pour t voisin de a, αtm P I a .
Alors f pαtm q admet un DLnm p0q de partie régulière t ÞÝÑ P pαtm q.
a. C’est toujours le cas si 0 P Int I.

2011-2012 Cours de mathématiques


246 Analyse

Démonstration Au voisinage de 0, f pxq “ P pxq ` xn ε pxq avec ε pxq ÝÑ 0 donc pour t voisin
xÑ0
de 0, αtm est voisin de 0 donc
f pαtm q “ P pαtm q ` αtmn ε pαtm q ε pαtm q ÝÑ 0
tÑ0

Exemple
t2 ` ˘ ` ˘ t4 ` ˘ ` ˘
– Au voisinage de 0, on a cos t “ 1 ´ ` o t2 donc cos t2 “ 1 ´ ` o t4 ou cos t3 “
2 2
t6 ` 6˘
1´ `o t .
2
1 ÿn
– On a vu que, au voisinage de 0, “ xk ` o pxn q d’où, par composition :
1 ´ x k“0

1 ÿ
n
“ p´1qk xk ` o pxn q
1`x k“0
1 ÿn ` ˘
“ x2k ` o x2n
1 ´ x2 k“0
1 ÿn ` ˘
“ p´1qk x2k ` o x2n
1 ` x2 k“0

16.2.1.4 Intégration de développements limités

Soit f : I ÝÑ K, n P N, on suppose que f admet un DLn p0q de partie régulière Q avec pour t P R,
Q ptq “ λ0 ` λ1 t ` ¨ ¨ ¨ ` λn tn .
t2 tn`1 a
Alors f admet un DLn`1 p0q de partie régulière P ptq “ f p0q ` λ0 t ` λ1 ` ¨ ¨ ¨ ` λn .
2 n`1
a. Il suffit d’intégrer Q en prenant f p0q pour constante.

f ptq ´ P ptq
Démonstration On veut montrer que ÝÑ 0. Soit ε ą 0, on cherche α ą 0 tel
tn`1 tÑ0
|f ptq ´ P ptq| f 1 ptq ´ Q ptq
que pour t ‰ 0 et |t| ď α, ď ε. On sait que ÝÑ 0 donc Dβ ą 0 tel que
|tn`1 | tn tÑ0
|f 1 ptq ´ Q ptq|
@t P Iz tx0 u, |t| ď β ñ ď ε.
|tn |
Prenons α “ β, soit x P Iz tx0 u tel que |x| ď α. Pour t P r0, xs, posons ϕ ptq “ f ptq ´ P ptq. ϕ est
Ø
dérivable et @t P Iz tx0 u,
ˇ 1 ˇ ˇ ˇ
ˇϕ ptqˇ “ ˇf 1 ptq ´ P 1 ptqˇ
ˇ ˇ
“ ˇf 1 ptq ´ Q ptqˇ
ď ε |tn |
ε p´tqn`1
– Si x ă 0, ϕ est dérivable sur rx, 0s et @t P rx, 0r, |ϕ1 ptq| ď ε p´tqn “ g1 ptq où g ptq “ ´ .
n`1
D’après les inégalités des accroissements finis,
ε p´xqn`1
|ϕ p0q ´ ϕ pxq| ď g p0q ´ g pxq ñ |ϕ p0q ´ ϕ pxq| ď ď ε |x|n`1
n`1
ñ |f p0q ´ P p0q ´ pf pxq ´ P pxqq| ď ε |x|n`1
ñ |f pxq ´ P pxq| ď ε |x|n`1
– Le cas x ą 0 est laissé au courageux lecteur !

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Chapitre 16 : Développements limités 247

Exemple
– Au voisinage de 0
1 ÿ
n
“ p´1qk xk ` o pxn q
1 ` x k“0
Par intégration,
ÿ
n
xk`1 ` ˘
ln p1 ` xq “ loomo
0 on ` p´1qk ` o xn`1
k“0
k`1
lnp1`0q
ÿ
n`1
xk ` ˘
“ p´1qk´1 ` o xn`1
k“1
k

ÿ
n`1
xk ` ˘
Puis, par composition, ln p1 ´ xq “ ´ p´1qk´1 ` o xn`1 .
k“1
k
– Au voisinage de 0,
1
arctan1 x “
1 ` x2
ÿn ` ˘
“ p´1qk x2k ` o x2n
k“0

Par intégration, au voisinage de 0 :


ÿ
n
t2k`1 ` ˘ t3 t5 x2n`1 ` ˘
arctan x “ looomooon
arctan 0 ` p´1qk ` o t2n`1 “ t ´ ` ` ¨ ¨ ¨ ` p´1qn ` o t2n`1
k“0
2k ` 1 3 5 2n ` 1
0

Exercice Donnons un DL7 p0q de arcsin.


arcsin est C 8 sur s´1, 1r donc un tel développement limité existe. De plus, pour x P s´1, 1r,
1 ` ` ˘˘´ 1
arcsin1 x “ ? “ 1 ` ´x2 2
. Or au voisinage de 0,
1´x 2

` 1˘ ` 1 ˘ ` 1˘ ` 1 ˘` ˘
´ 21 1 ´2 ´2 ´ 1 2 ´ 2 ´ 2 ´ 1 ´ 12 ´ 2 3 ` ˘
p1 ` uq “ 1´ u` u ` u ` o u3
2 2 6
u 3 2 5 3 ` 3˘
“ 1´ ` u ´ u `o u
2 8 16
` ` ˘˘´ 1 x2 3 4 5 ` ˘
Ainsi, 1 ` ´x2 2
“ 1` ` x ` x6 ` o x6 . Par intégration, au voisinage de 0, on a donc :
2 8 16
x3 3 5 7 ` ˘
arcsin x “ 0 ` x ` ` x5 ` x ` o x7
6 40 112

16.2.1.5 Dérivation des développements limités

Soit f P C n`1 pI, Kq, on suppose que f admet un DLn`1 p0q de partie régulière P et que f 1 admet un
DLn p0q de partie régulière Q.
Alors P 1 “ Q.

Démonstration Géométrie ad’après Taylor-Young, P “ Tn`1,f,0 et Q “ Tn,f 1 ,0 et on a déjà


vu par le calcul que P 1 “ Q a .
a. Voir section 14.3.2.4 page 223.

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248 Analyse

1 ÿ
n`1 ` ˘ 1
Exemple Au voisinage de 0, “ xk ` o xn`1 . Or t ÞÝÑ est C 8 au voisinage de 0
1 ´ x k“0 1´t
donc, par dérivation,
1 ÿ
n`1
“ kxk´1 ` o pxn q
p1 ´ xq2 k“1
ÿn
“ pk ` 1q xk ` o pxn q
k“0

Remarque D’après la section 16.2.1.4 page 246, si f : I ÝÑ K est dérivable et admet un


DLn`1 p0q de partie régulière P , et si f 1 admet un DLn p0q de partie régulière Q, alors P 1 “ Q.

16.2.1.6 Parité

Soit a P R et f : r´a, as ÝÑ K, on suppose que f admet un DLn p0q de partie régulière P .


Alors f est de même parité que P , si toutefois f admet une parité.

Démonstration Pour t P r´a, as, f ptq “ P ptq ` o ptn q donc f p´tq “ P p´tq ` o ptn q. Si f est
paire, f p´tq “ f ptq donc, par unicité de la partie régulière, P p´tq “ P ptq.
De plus, si l’on écrit P ptq “ λ0 ` λ1 t ` ¨ ¨ ¨ ` λn tn , alors
ÿ
n ÿ
n
P ptq “ P p´tq ñ λk tk ´ λk p´tqk “ 0
k“0 k“0
ÿn ´ ¯
ñ λk 1 ´ p´1qk tk “ 0
k“0
´ ¯
Donc, @k P rr0, nss, λk 1 ´ p´1qk “ 0 donc tous les coefficients des termes de degré impair sont nuls.
De même, si f est impaire, tous les coefficients des termes de degré pair sont nuls.

16.2.1.7 Combinaisons linéaires

Soient f, g : I ÝÑ K, on suppose que f et g admettent des DLn p0q de parties régulières respectives P
et Q.
Alors @α P K, αf ` g admet un DLn p0q de partie régulière αP ` Q.

Démonstration Au voisinage de 0, f ptq “ P ptq`tn ε ptq avec ε ptq ÝÑ 0 et g ptq “ Q ptq`tn ω ptq
tÑ0
avec ω ptq ÝÑ 0. D’où
tÑ0

αf ptq ` g ptq “ αP ptq ` Q ptq ` tn loooooooomoooooooon


pαε ptq ` ω ptqq
ÝÑ 0
tÑ0

16.2.2 Autres opérations


16.2.2.1 Produit

Soient f, g : I ÝÑ K, on suppose que f et g admettent des DLn p0q de parties régulières respectives P
et Q.
Alors f g admet un DLn p0q dont la partie régulière est P Q tronquée au degré n.

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Chapitre 16 : Développements limités 249

Démonstration Au voisinage de 0, f ptq “ P ptq`tn ε ptq avec ε ptq ÝÑ 0 et g ptq “ Q ptq`tn ω ptq
tÑ0
avec ω ptq ÝÑ 0. D’où
tÑ0

f ptq g ptq “ P ptq Q ptq ` tn pε ptq Q ptq ` ω ptq P ptq ` tn ε ptq ω ptqq
loooooooooooooooooooooooomoooooooooooooooooooooooon
ÝÑ 0
tÑ0

De plus, on peut écrire P ptq Q ptq “ λ0 ` λ1 t ` ¨ ¨ ¨ ` λ2n t2n “ λ0 ` λ1 t ` ¨ ¨ ¨ ` λn tn ` o ptn q, d’où le


résultat.
?
Exemple Trouvons un DL2 p0q de t ÞÝÑ et 1 ` t.
t2 ` ˘ ? t t2 ` ˘
Au voisinage de 0, et “ 1 ` t ` ` o t2 et 1 ` t “ 1 ` ´ ` o t2 . D’où
2 2 8
ˆ ˙ ˆ ˙
? 1 2 1 1 1 ` ˘
t
e 1`t “ 1`t 1` `t ` ´ ` o t2
2 2 2 8
3 7 ` ˘
“ 1 ` t ` t2 ` o t2
2 8

16.2.2.2 Quotient

Soient f, g : I ÝÑ K, on suppose que f et g admettent des DLn p0q de parties régulières respectives A
et B telles que g p0q ‰ 0 a .
f
Alors admet un DLn p0qFormula $F$rtie régulière est le quotient de la division suivant les puissances
g
croissantes b à l’ordre n de A par B.
a. g est continue en 0 car elle admet au moins un DL0 p0q donc, par continuité, g ne s’annule pas au voisinage de 0
1
donc est bien définie au voisinage de 0.
g
b. Voir l’annexe 16.4 page 258.

Démonstration On écrit A ptq “ B ptq Qn ptq ` tn`1 Rn ptq avec Qn de degré inférieur ou égal à
n et Rn polynômiale. Au voisinage de 0, f ptq “ A ptq ` tn ε ptq avec ε ptq ÝÑ 0 et g ptq “ B ptq ` tn ω ptq
tÑ0
avec ω ptq ÝÑ 0. Par conséquent, pour t voisin de 0 :
tÑ0

f ptq B ptq Qn ptq ` tn Rn ptq ` tn ε ptq


´ Qn ptq “ ´ Qn ptq
g ptq B ptq ` tn ω ptq
tn`1 Rn ptq ` tn ε ptq ´ tn ω ptq Qn ptq

B ptq ` ε ptq
tR n ptq ` ε ptq ´ ω ptq Qn ptq
“ tn
B ptq ´ tn ω ptq
looooooooooooooooomooooooooooooooooon
ÝÑ 0 car Bp0q‰0
tÑ0

f ptq
Donc ´ Qn ptq “ o ptn q.
g ptq 0

Exemples
sin
– Trouvons un DL5 p0q de tan “ . Au voisinage de 0,
cos
x3 x5 ` ˘ x2 x4 ` ˘
sin x “ x ´ ` ` o x5 et cos x “ 1 ´ ` ` o x4
6 120 2 24
Effectuons la division suivant les puissances croissantes à l’ordre 5 de ces deux polynômes :

2011-2012 Cours de mathématiques


250 Analyse

1 1 5 1 1
x ´ x3 ` x 1 ´ x2 ` x4
6 120 2 24
1 3 1 1 3 2
x ´ x5 x ` x ` x5
3 30 3 15
2 5
x ` ¨¨¨
15
0 ` ¨¨¨
1 2 ` ˘
Ainsi, au voisinage de 0, tan x “ x ` x3 ` x5 ` o x5 .
3 15
ln p1 ` tq
– Trouvons un DL2 p0q de ? . Au voisinage de 0,
1` 1`t
t2 ` ˘ ? t t2 ` ˘
ln p1 ` tq “ t ´ ` o t2 et 1 ` 1 ` t “ 2 ` ´ ` o t2
2 2 8
La division suivant les puissances croissantes à l’ordre 2 des deux polynômes donne :
1 1 t2
t ´ t2 2` t´
2 2 8
3 1 3
´ t2 ` ¨ ¨ ¨ t ´ t2
4 2 8
0 ` ¨¨¨
ln p1 ` tq 1 3 ` ˘
Ainsi, au voisinage de 0, ? “ t ´ t2 ` o t2 .
1` 1`t 2 8

16.2.2.3 Composition

Soient f : I ÝÑ J, telles que 0 P I et 0 P J. On suppose que f et g admettent des DLn p0q de partie
régulières respectives P et Q et f p0q “ 0.
Alors g ˝ f admet un DLn p0q de partie régulière Q ˝ P tronquée au degré n.

Démonstration P s’écrit P ptq “ tS ptq avec S polynômiale car f p0q “ 0. De plus, au voisinage de
0 dans J, g pxq “ Q pxq ` xn ε pxq avec ε pxq ÝÑ 0 et pour x voisin de 0 dans I, f pxq “ P pxq ` xn α ptq
xÑ0
avec α ptq ÝÑ 0. On a donc, au voisinage de 0 :
tÑ0

g pf ptqq “ Q pf ptqq ` pf ptqqn ε pf ptqq


Or Q pxq “ a0 ` a1 x ` ¨ ¨ ¨ ` an xn donc Q pf ptqq “ a0 ` a1 f ptq ` ¨ ¨ ¨ ` an pf ptqqn .
Soit k P v1, nw, montrons que pf ptqqk “ pP ptqqk ` o ptn q. En effet,
pf ptqqk “ pP ptq ` tn pα ptqqn q
ÿk ˆ ˙
k k np p
“ pP ptqq ` t α ptq pP ptqqk´p
p“1
p
ÿk ˆ ˙
k k npp´1q p
“ pP ptqq ` t n
t α ptq pP ptqqk´p
p“1
p
looooooooooooooooooomooooooooooooooooooon
ÝÑ 0
tÑ0
n
D’où le résultat. Montrons maintenant que pf ptqq ε ppf qq “ o ptn q. On montre par un raisonnement
analogue au cas précédent que pf ptqqn “ pP ptqqn ` tn ω ptq avec ω ptq ÝÑ 0, d’où :
tÑ0
n n n
pf ptqq ε pf ptqq “ ppP ptqq ` t ω ptqq
“ tn ppS ptqqn ` ω ptqq
looooooooomooooooooon
ÝÑ 0
tÑ0

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Chapitre 16 : Développements limités 251

P ˝ Q est polynômiale de degré inférieur ou égal à n2 donc on peut écrire


2
Q ˝ P ptq “ λ0 ` λ1 t ` ¨ ¨ ¨ ` λn tn ` λ n`1 t
n`1
` ¨ ¨ ¨ ` λn 2 t n
loooooooooooooomoooooooooooooon
optn q

Ainsi, au voisinage de 0, g pptqq “ T ptq ` o ptn q où T est la troncature de P ˝ Q au degré n.

Calcul pratique On sait que Q ˝ P ptq “ b0 ` b1 P ptq ` ¨ ¨ ¨ ` bn pP ptqqn .


Pour tout polynôme S, on note troncn pSq la troncature de S au degré n. Ainsi, S ptq “ troncn pSq`
t n`1 R ptq avec R polynômiale.
ÿn ` ˘ ´ ¯
Ici, troncn pQ ˝ P q “ bk troncn P k or pour k P v0, n ´ 1w, pP ptqqk “ troncn pP ptqqk `
k“0
tn`1 R ptq donc ´ ¯
pP ptqqk`1 “ P ptq ¨ troncn pP ptqqk ` tn`1 P ptq R ptq
Le dernier terme ne contenant que des termes de degré plus grand que n ` 1, on a donc
´ ¯ ´ ´ ¯¯
troncn P k`1 “ troncn P ¨ troncn P k
` ˘
D’où un calcul de proche en proche des différents troncn P k .

Exemples
– Soient Q ptq “ 1 ` t ` t2 ` t3 et P ptq “ 1 ` 2t ´ t2 ` t3 , calculons tronc3 pP ˝ Qq. Q pP ptqq “
1 ` P ptq ` P 2 ptq ` P 3 ptq donc a :
` ˘ ` ˘
tronc3 pP ˝ Q ptqq “ 1 ` 1 ` 2t ´ t2 ` t3 ` 1 ` 4t ` 2t2 ´ 2t3 ` P 3 ptq
“ ¨¨¨
“ 8t3 ` 5t2 ` 3t ` 3
a t2 ` ˘ ?
– Donnons un DL2 p0q de 1 ` ln p1 ` tq. Au voisinage de 0, ln p1 ` tq “ t´ ` o t2 et 1 ` u “
2
u u2 ` 2˘
1` ´ ` o u . D’où, par composition :
2 8
a 1` ˘ 1 ´` ˘2 ¯ ` ˘
1 ` ln p1 ` tq “ 1 ` t ´ t2 ´ tronc2 t ´ t2 ` o t2
2 8
t 3 2 ` 2˘
“ 1` ´ t `o t
2 8

16.2.2.4 Applications de la composition


Parfois on doit effectuer des DLn p0q d’expressions du type g pf ptqq, avec f p0q ‰ 0. On ne peut
alors pas appliquer directement le théorème de composition : il faut d’abord modifier l’expression.

Exemples
?
1`t .
? t t2 t3 ` ˘
– Calculons un DL3 p0q de f : t ÝÑ e Au voisinage de 0, 1`t“1` ´ ` ` o t3 .
2 8 16
Donc
ˆ ˙
?
1`t t t2 t3 ` 3˘
e “ exp 1 ` ´ ` `o t
2 8 16
¨ ˛
˚t t2 t3 ` 3 ˘‹
“ e. exp ˚ ´ ` ` o t ‹
˝loooooooooooomoooooooooooon‚
2 8 16
ϕptq

a. Le calcul suivant étant extrêmement long et pénible, vous m’excuserez de ne pas m’avancer trop avant sur le détail
des calculs : quant au résultat final, il m’a été donné par ma calculette. Libre à vous de le vérifier !

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252 Analyse

On a cette fois ϕ ptq ÝÑ 0 et on peut appliquer le théorème de composition. Au voisinage de 0,


tÑ0
u2 u 3 ` ˘
eu “ 1 ` u ´ ` ` o u3 . D’où :
2 6
ˆ ˙ ˆ ˙ ˆ ˙
t t2 t3 1 t2 t3 1 t3 ` ˘
eϕptq
“ 1` ´ ` ` ´ ` ` o t3
2 8 16 2 4 8 6 8
t t 3 ` ˘
“ 1` ` ` o t3
2 48
Et
? t1`tt3 ` ˘
“ e ` e ` e ` o t3
e
2 48
ˆ ˙
1
– Donnons un DL2 p0q de t ÞÝÑ ln 1 ` ? .
1`t

1 1 t 3t2 ` ˘
? “ p1 ` tq´ 2 “ 1 ´ ` ` o t2
1`t 2 8

Donc
ˆ ˙ ˆ ˆ ˙˙
t 3t2 ` ˘ t 3t2 ` 2˘
ln 1 ` 1 ´ ` ` o t2 “ ln 2 1 ´ ` `o t
2 8 4 16
¨ ˛
˚ t 3t2 ` 2 ˘‹
“ ln 2 ` ln ˚ 1 ´ ` ` o t ‹
˝loooooooooooomoooooooooooon‚
4 16
ϕptq

u2 ` ˘
et ϕ ptq ÝÑ 0. Au voisinage de 0, ln p1 ` tq “ u ´ ` o u2 . D’où
tÑ0 2
ˆ ˙
´t 3t2 1 t2 ` ˘
ln p1 ` ϕ ptqq “ ` ´ ` o t2
4 16 2 16

Et par conséquent ˆ ˙
1 t 5t2 ` ˘
ln 1 ` ? “ ln 2 ´ ` ` o t2
1`t 4 32

Développement limité d’un inverse Soit f : I ÝÑ K admettant un DLn p0q et f p0q ‰ 0. Par
1
continuité, f est non nulle au voisinage de 0 et donc y est bien définie. On a au voisinage de 0 :
f
¨ ˛
˚ ˆ ˙‹
n n ˚ α1 αn n n ‹
f ptq “ α0 ` α1 t ` ... ` αn t ` o pt q ô f ptq “ α0 ˚1 ` t ` ... ` t ` o pt q ‹
˝ α0 α0
looooooooooooooooomooooooooooooooooon‚
ϕptq

1 1 1
On a bien α0 “ f p0q ‰ 0, et “ . ϕ admet bien sûr un DLn p0q et ϕ p0 “ 0q. On
f ptq α0 p1 ` ϕ ptqq
1
peut donc obtenir un DLn p0q de par composition. a
1 ` ϕ ptq
a. Ceci constitue la méthode du programme pour calculer les développements limités de quotients : on calcule le
développement d’un inverse ainsi puis on multiplie par le numérateur. Néanmoins, on notera que M Sellès juge que cette
méthode plus longue et source de bien plus d’erreurs que la division suivant les puissances croissantes...

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Chapitre 16 : Développements limités 253

Exemples Reprenons les deux exemples de quotients déjà traités avec cette nouvelle méthode :
ln p1 ` tq
– DL2 p0q de t ÞÝÑ ? . Au voisinage de 0,
1` 1`t
? t t2 ` ˘
1` 1 ` t “ 2 ` ´ ` o t2
ˆ 2 8 ˙
t t2 ` 2˘
“ 2 1` ´ `o t
4 16
Ainsi
1 1 1
? “
1` 1`t 2 t t2 ` ˘
1` ´ ` o t2
4 16
loooooooomoooooooon
ϕptq

avec ϕ ptq ÝÑ 0. Or au voisinage de 0,


tÑ0

1 ` ˘
“ 1 ´ u ` u2 ` o t 2
1`u
Donc ˆ ˙
1 t t2 t2 ` ˘ 1 t t2 ` ˘
“1´ ´ ` ` o t2 ô “ 1 ´ ` ` o t2
1 ` ϕ ptq 4 16 16 1 ` ϕ ptq 4 8
2 ` ˘
D’autre part, ln p1 ` tq “ t ´ t2 ` o t2 . Donc
ˆ ˙ˆ ˙
ln p1 ` tq 1 t t2 ` 2˘ t2 ` 2˘
? “ 1´ ` `o t t´ `o t
1` 1`t 2 4 8 2
ˆ ˙
1 t 2 t 2 ` ˘
“ t ´ ´ ` o t2
2 4 2
t 3t 2 ` ˘
“ ´ ` o t2
2 8
– DL5 p0q de tan. Au voisinage de 0 :
x2 x4 ` ˘ x3 x5 ` ˘ 1 ` ˘
cos x “ 1´ ` `o t5 et sin x “ x´ ` `o x5 et “ 1´u`u2 ´u3 `u4 ´u5 `o u5
2 24 6 120 1`u
Ainsi,
1 1

cos x 1´ x2
2
4
` x24
` o px4 q
ˆ ˙ ˆ 4˙
x2
x4 x ` ˘
“ 1´ ´ ` ` ` o x5
2 24 4
x 2 x5 ` ˘
“ 1` ` ` o x5
2 24
Formula $X$ :
sin x
tan x “
cos x
ˆ ˙ˆ ˙
x2 5 4 x3 x5 ` ˘
“ 1` ` x x´ ` ` o x5
2 24 6 120
x 3 x 5 x5 5 ` ˘
“ x´ ` ´ ` x5 ` o x5
6 120 12 24
1 3 2 ` ˘
“ x ` x ` x5 ` o x5
3 15

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254 Analyse

Remarque Même si f p0q “ 0, avec f non nulle au voisinage de 0 sauf peut-être en 0, cette méthode
1
permet d’obtenir un développement asymptotique de au voisinage de 0.
f ˆ ˙
t3 ` 3˘ t2 ` 2˘
Par exemple, pour f ptq “ sin t. Au voisinage de 0, sin t “ t ´ `o t “t 1´ `o t .
6 2
Pour t voisin de 0 mais différent de 0,
1 1 1

sin t t2
t 1 ´ 6 ` o pt2 q
ˆ ˙
1 t2 ` ˘
“ 1 ` ` o t2
t 6
1 t
“ ´ ` o ptq
t 6
1 1 t 1 1 t
D’où ´ “ ´ ` o ptq ñ ´ „ ´ . Posons ϕ telle que ϕ p0q “ 0 et pour t P r´1, 1s z t0u,
sin t t 6 sin t t 0 6
1 1 t
ϕ ptq “ ´ . On a en fait, pour t voisin de 0, ϕ ptq “ ` o ptq, y compris pour t “ 0 donc ϕ
sin t t 6
t
admet un DL1 p0q donc ϕ est dérivable en 0 et ϕ1 p0q “ par unicité de la partie régulière.
6

16.3 Utilisation des développements limités


16.3.1 Obtention d’équivalents
16.3.1.1 Principe
ÿ
n
Supposons que f admet un DLn p0q de partie régulière P ‰ 0. Alors on peut écrire P ptq “ ak tk
k“0
ÿ
n
et poser m “ min tk P v0, nw |ak ‰ 0u donc P ptq “ am tm ` ak tk “ am tm ` o ptm q. Ainsi, au
k“m`1
voisinage de 0,

f ptq “ P ptq ` o ptn q


“ am tm ` o ptm q ` o ptn q
“ am tm ` o ptm q
„ am tm
0

Exemples
t3 ` ˘
(1) Trouvons un équivalent de t ÞÝÑ sin t ´ t en 0. Au voisinage de 0, sin t “ t ´ ` o t3 donc
6
t3 ` 3˘ t3
sin t ´ t “ ´ ` o t „ ´ .
6 0 6
(2) Montrons qu’il existe λ ‰ 0 tel que sin pln p1 ` tqq ´ ln p1 ` sin tq „ λx4 . Au voisinage de 0 :
0

x3 ` ˘ x2 x3 x4 ` ˘
sin x “ x ´ ` o x4 et ln p1 ` xq “ x ´ ` ´ ` o x4
6 2 3 4
Ainsi,
ˆ ˙ ˆ ˙ ˆ ˙
x3 x4 ` ˘ 11 1 x4 ` ˘
sin pln p1 ` xqq “ x ´ x2 `
´ ` o x4 ` o x2 ´ x3 ` x4 ´ x3 ´ x4 ´ ` o x4
3 4 12 6 2
x2 x3 ` ˘
“ x´ ` ` o x4
2 6

Lycée Saint-Louis MPSI 2


Chapitre 16 : Développements limités 255

De même,
ˆ˙ ˆ ˙
x3 1 2 x4 1 ` 3˘ 1 ` 4˘ ` ˘
ln p1 ` sin xq “ x´ ´ x ´ ` x ´ x ` o x4
6 2 3 3 4
x 2 x 3 1 ` ˘
“ x´ ` ´ x4 ` o x4
2 6 12
D’où, au voisinage de 0 :
x4 ` ˘
sin pln p1 ` xqq ´ ln p1 ` sin xq “ ` o x4
12
x4

0 12

16.3.1.2 Un problème de raccord...


Soit l’équation différentielle :
pEq 2x p1 ` xq y 1 ` p1 ` xq y “ 1
Cette équation admet des solutions définies sur s´8, ´1r, s´1, 0r et s0, `8r. Cherchons une éventuelle
solutions définie sur s´1, `8r. On rappelle que a :
$ ˆ ? ˙ ,
" ? * ’
’ 1
µ ` 2 ln
1` |x|
? /
/
λ ` arctan x & 1´ |x|
.
SR˚ “ x ą 0 ÞÝÑ ? |λ P R et Ss´1,0r “ x P s´1, 0r ÞÝÑ a |µ P R
` x ’
’ |x| /
/
% -

Soit f une éventuelle solution de pEq définie sur s´1, `8r. Alors f|s´1,0r est solution de pEq sur
s´1, 0r et f|s0,`8r est solution de pEq sur s0, `8r donc nécessairement, Dλ, µ P R telles que :
$ λ`arctan ?x

& ?
xˆ ? ˙
si x ą 0
f pxq “ µ` 12 ln 1`?|x|

% ? 1´ |x| si ´ 1 ă x ă 0
|x|
?
De plus, on doit avoir 2¨0¨p1 ` 0q f 1 p0q`p1 ` 0q f p0q “ 1 ô f p0q “ 1. Pour x ą 0, λ ` arctan x ÝÑ λ
xÑ0
λ
donc si λ ‰ 0, f pxq „ ? ÝÑ ˘8, ce qui est impossible puisque f est dérivable donc continue en 0
0 x xÑ0
donc λ “ 0. De la même façon, on a nécessairement µ “ 0. Ainsi, on a f définie par :
$ ?

’ ?1 arctan x si x ą 0

& x

f pxq “ 1 ˆ ? ˙ si x “ 0

’ 1` |x|

% ?1 ln ? si ´ 1 ă x ă 0
2 |x| 1´ |x|

Réciproquement, soit f définie sur s´1, `8r par la formule suivante. f est-elle dérivable en 0 ?
– Pour x ą 0,
?
arctan x
f pxq ´ f p0q ?
x
´1

x x? ?
arctan x ´ x
“ 3
x2
u3 ` ˘ u3 ` ˘ u3
Au voisinage de 0, arctan u “ u ´ ` o u3 donc arctan u ´ u “ ´ ` o u3 „ ´ . Or
33 3 0 3
? ? ? x2 1
x ÝÑ 0 donc arctan x ´ x „ ´ d’où fd1 p0q “ ´ .
xÑ0 0 3 3
a. Pour la résolution de cette équation différentielle d’ordre 1, se reporter au chapitre 5.1 page 60.

2011-2012 Cours de mathématiques


256 Analyse

– Pour ´1 ă x ă 0,
˜ ˜ a ¸ ¸
f pxq ´ f p0q 1 1 ` |x| a
“ a ln a ´ 2 |x|
x 2x |x| 1 ´ |x|

u2 u3 ` ˘ u2 u3 ` ˘
Au voisinage de 0, ln p1 ` uq “ u ´ ` ` o u3 et ln p1 ´ uq “ ´u ´ ´ ` o u3 d’où
2 3 a 2 3
2 3 ` 3˘
ln p1 ` uq ´ ln p1 ´ uq ´ 2u “ u ` o u . Or |x| ÝÑ 0 donc
3 xÑ0

˜ a ¸ 3
1 ` |x| ? 2 |x| 2 f pxq ´ f p0q 1 |x|
ln a ´2 x„ ñ „´ car “ ´1
1 ´ |x| 0 3 x 0 3 x

Ainsi, fd1 p0q “ fg1 p0q donc f est dérivable en 0.

16.3.2 Développements asymptotiques à l’infini


16.3.2.1 Exemple introductif
a
Soit la fonction f définie sur r´2, `8r
ˆ ˙par f pxq “ 3
x2 p2 ´ xq.
1
Pour h ą 0, on pose ϕ phq “ f , étudions ϕ au voisinage de 0. Pour h ą 0, ϕ phq “
h
ˆ ˆ ˙˙ 1
1 1 3 1 1

2
´ 2 “ p1 ´ 2hq 3 . Or, au voisinage de 0,
h h h

1 2h 4 2 40 3 ` ˘ 1 2 4 40 ` ˘
p1 ´ 2hq 3 “ 1 ´ ´ h ´ h ` o h3 ñ ϕ phq “ ´ ´ h ´ h2 ` o h2
3 9 81 h 3 9 81
ˆ ˙ ˆ ˙
1 2 4 40 1
D’où, au voisinage de `8, f pxq “ ϕ “x´ ´ ´ `o . Ainsi,
x 3 9x 81x 2 x2
ˆ ˙ ˆ ˙
2 4 40 1
f pxq ´ x ´ “ ´ ´ `o
3 9x loooooooomoooooooon
81x 2 x2
op x1 q
4
„ ´ ÝÑ 0
`8 9x xÑ`8

2 4
La droite D d’équation y “ x ´ est asymptote oblique à Γf en `8. Au voisinage de +`8, ´ ă0
3 9x
donc Γf est en dessous de son asymptote.

16.3.2.2 Méthode

Rappel Soit f : r0, `8r ÝÑ R, la droite D d’équation y “ αx ` β est asymptote à Γf en


f pxq ´ pαx ` βq f pxq β
`8 si f pxq ´ pαx ` βq ÝÑ 0. Ceci impose ÝÑ 0 ñ ´α´ ÝÑ 0 ñ
xÑ`8 x xÑ`8 x x xÑ`8
f pxq
ÝÑ 0.
x xÑ`8
f pxq
Une façon de procéder pour détecter une éventuelle asymptote est d’étudier lim . Si cette
xÑ`8 x
limite existe et est finie égale à λ P R, alors on étudie lim f pxq ´ λ. Si cette limite est à son tour
xÑ`8
finie et égale à µ P R, alors la droite D d’équation y “ λx ` µ est asymptote à Γf en `8.

Lycée Saint-Louis MPSI 2


Chapitre 16 : Développements limités