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Série 1 : Le modèle comptabilité financière - Chapitre 1 : Les objectifs de la comptabilité

UV 104 Comptabilité
Série 1 : Le modèle comptabilité financière
Chapitre 1 : Les objectifs de la comptabilité

Auteur : Didier CHADOURNE

Piloter une entreprise, consiste à faire des choix, à prendre des décisions dans le but de réaliser des
objectifs. L'objectif principal poursuivi par les entreprises est la réalisation d'un profit financier.

La plupart des décisions sont des décisions courantes qui engagent l'entreprise sur le court terme.
(Exemple : décider du programme de fabrication de la journée).

D'autres décisions engagent l'entreprise sur le moyen terme et le long terme. On parle alors de
décisions stratégiques (Exemple : choix de produits, prix, distribution, communication,
organisation humaine et matérielle).

L'ensemble de ces décisions constitue la gestion. Une gestion efficiente tient compte des
contraintes économiques et juridiques propres à l'environnement de l'entreprise et s'appuie sur des
outils d'aide à la décision. La comptabilité financière est un de ces outils.

I Définition de la comptabilité financière


La comptabilité est un système d’organisation de l’information financière permettant de saisir,
classer, enregistrer des données de base chiffrées et présenter des états reflétant, à leur date
d’arrêté, une image fidèle du patrimoine, de la situation financière et du résultat d’une entité
(entreprise, administration, association…).

Cette définition, appelle plusieurs questions :

• de quelles données de base chiffrées s’agit-il ?


• en quoi consiste le traitement (saisie, classement, enregistrement) de ces données ?
• de quels états s’agit-il ?
• dans quel but(s), pour quel(s) objectif(s) ?

1°) Les données de base chiffrées traitées en comptabilité


Les données de bases traitées en comptabilité ont pour origine un flux économique. Les flux
économiques naissent des échanges entre l’entreprise et son environnement.

On distingue les flux réels (entrées et sorties de biens et services) et les flux monétaires (entrées et
sorties d'argent).

Le schéma ci-après montre que ces flux sont relativement nombreux :

© Didier CHADOURNE / CNAM – INTEC -1-


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Les flux économiques à l’origine des opérations comptables

Salaires
Salariés

Travail

Livraisons de biens et services

Fournisseurs

Règlements

Vente de biens
Prêts et services

Banques Clients
ENTREPRISE
Remboursements
Règlements

Impôts et taxes
État et
collectivités
territoriales Services publics (1)

Apport de capitaux
Propriétaires

Prélèvements et dividendes

(1) Mise à disposition d'infrastructures publiques, octroi de subventions

Les factures, les chèques, les feuilles de paie, les pièces de caisse et bien d’autres documents
constituent les pièces justificatives de ces flux.

2°) Les traitements comptables


Les pièces justificatives sont classées par catégories d’opérations (achats, ventes, règlements….),
puis saisies et enregistrées, grâce à des moyens informatiques, dans des registres comptables. Ce
travail est effectué, au jour le jour, le plus souvent.

Ces traitements permettent de :


• conserver la mémoire des opérations qui rythment la vie de l'entreprise (1) ;
• connaître à tout moment la position de trésorerie (2) ;
• produire de façon intermittente (au moins une fois par an) des états appelés documents de
synthèse : compte de résultat, bilan, et annexe.

(1) L'année civile sert le plus souvent de référence à l'activité de l'entreprise. On parle également « d’exercice
comptable ». Certaines opérations (achats à crédit, investissements…) ont des conséquences sur plusieurs
exercices comptables ; il est donc nécessaire de garder en mémoire la trace de ces opérations.

(2) La trésorerie de l'entreprise est constituée par l'ensemble des avoirs en banque, chèques postaux et caisse.
La connaissance du solde des opérations d'entrée (encaissements) et de sortie (décaissements) d'argent
est un impératif. Solde de trésorerie = Somme des encaissements — Somme des décaissements.

© Didier CHADOURNE / CNAM – INTEC -2-


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3°) Les documents de synthèse

Les documents de synthèse sont également appelés comptes annuels :

Documents de synthèse
(Comptes annuels)

Bilan Compte de résultat Annexe

a) Le bilan

Le bilan est une situation de l'entreprise à une date donnée. On le qualifie souvent de
« photographie » du patrimoine à un moment donné. Le bilan doit être obligatoirement établi à la
création de l’entreprise 1 et à la fin de chaque exercice comptable 2 . Pour des nécessités de gestion
l’entreprise peut à tout moment établir des bilans intermédiaires.

Le bilan se présente sous la forme d’un tableau en deux parties : actif et passif :

BILAN AU 31/12/N
ACTIF PASSIF

ACTIF IMMOBILISÉ CAPITAUX PROPRES

• Immobilisations incorporelles (8) • Capital (1)


• Immobilisations corporelles (9) • Réserves (2)
• Immobilisations financières (10) • Résultat de l'exercice (Bénéfice ou perte) (3)

ACTIF CIRCULANT DETTES

• Stocks (11) • Emprunts et autres dettes financières (4)


• Créances (12) • Dettes envers les fournisseurs
• Valeurs mobilières de placement (13) d’immobilisations (5)

• Disponibilités (14) • Dettes envers les fournisseurs de biens et


services (6)
• Dettes fiscales et sociales (7)

TOTAL ACTIF = TOTAL PASSIF

Les éléments d’actif sont classés par ordre de liquidité croissante, ceux du passif par exigibilité
croissante. L’actif est constitué des éléments de patrimoine ayant une valeur économique
positive pour l’entreprise. Les éléments d'actif destinés à servir de façon durable à l'activité de

1
On parle alors de bilan d’ouverture.
2
On parle alors de bilan de clôture.
© Didier CHADOURNE / CNAM – INTEC -3-
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l'entreprise constituent l'actif immobilisé. Ceux qui, en raison de leur destination ou de leur nature,
n'ont pas cette vocation constituent l'actif circulant. Le passif est constitué des éléments de
patrimoine ayant une valeur économique négative pour l’entreprise. Autrement dit, au passif,
figurent les obligations de l’entreprise à l’égard des tiers (associés, organismes financiers,
fournisseurs, personnel, organismes sociaux…….).

Les CAPITAUX PROPRES traduisent une obligation de l’entreprise vis à vis des associés qui à tout
moment peuvent en demander la restitution. Laissés à sa disposition, ils constituent une ressource
de financement propre à l'entreprise :
(1) Évaluation des apports des associés propriétaires ;
(2) Sommes représentant le cumul de bénéfices antérieurs non distribués aux associés afin de servir de
ressource d’autofinancement ;
(3) Résultat de l'exercice (bénéfice ou perte).

Les DETTES représentent les ressources de financement externes à l'entreprise :


(4) Emprunts et découverts bancaires à rembourser ;
(5) Sommes dues aux fournisseurs d’immobilisations en raison de délais de paiement obtenus
(6) Sommes dues aux fournisseurs de biens et services en raison de délais de paiement obtenus
(7) Sommes dues au personnel, organismes sociaux à l’État et aux autres collectivités publiques en raison de
délais de paiement légaux ou obtenus.

L'ACTIF IMMOBILISÉ représente les investissements de l'entreprise : ensemble de moyens destinés


à rester durablement dans l'entreprise, pendant plusieurs cycles de production (d'où l'expression
« immobilisations ») :
(8) Investissements immatériels (fonds commercial, logiciel informatique…….) ;
(9) Investissements matériels (terrains, constructions, machines, véhicules, matériel de bureau et
informatique……) ;
(10) Investissements financiers (Titres destinés à être conservés a priori durablement, prêts accordés,
dépôts et cautionnements versés…...).

L'ACTIF CIRCULANT représente des moyens non durables, renouvelés à chaque cycle de production.
(11) Stocks de matières premières, fournitures, marchandises, produits finis ;
(12) Créances sur les clients et autres débiteurs à qui l’entreprise a accordé des délais de paiement.
(13) Titres détenus dans but spéculatif
(14) Trésorerie disponible en banque, chèques postaux et caisse.

Dans une optique économique, on peut dire que le PASSIF représente les ressources de
financement de l'entreprise et que l'ACTIF représente les emplois qui en sont fait :

BILAN AU 31/12/N

EMPLOIS RESSOURCES

TOTAL DES EMPLOIS = TOTAL DES RESSOURCES

Dans une optique juridique, le bilan est appréhendé en terme de patrimoine : le PASSIF
représente ce que doit l'entreprise (Dettes au sens large) ; l'ACTIF représente ce que possède
l'entreprise (Biens et Droits) :
BILAN AU 31/12/N

BIENS DETTES (au sens large) (1)


&
DROITS

TOTAL DES BIENS & DROITS = TOTAL DES DETTES (au sens large)

© Didier CHADOURNE / CNAM – INTEC -4-


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(1) Ensemble des obligations de l’entreprise envers les tiers. C'est ainsi que les capitaux propres représentent
une dette permanente de l'entreprise vis à vis des propriétaires associés. L'entreprise est débitrice de
l'obligation de restituer ces capitaux aux associés qui en font la demande ou en cas de liquidation.

b) Le compte de résultat

Le compte de résultat regroupe toutes les opérations à relatives à l'activité de l'entreprise pour la
durée d’un exercice comptable et sans qu'il soit tenu compte de leur date de paiement ou
d'encaissement. Ces opérations sont appelées charges et produits.

Compte de résultat au 31/12/N


CHARGES PRODUITS

Charges d'exploitation Produits d'exploitation

• Achats de marchandises • Ventes de marchandises

• Achats de matières premières et autres • Production vendue (4)


approvisionnements • ……………………..
• Autres achats et charges externes
• Impôts et taxes
• Charges de personnel
• Dotations aux amortissements des
immobilisations (1)
• ……………………..

Charges financières Produits financiers


• Charges d’intérêts • Revenus des prêts
• …………………….. • Revenus des titres
• …………………………….

Charges exceptionnelles Produits exceptionnels


• Pénalités et amendes fiscales • Produits des cessions d’immobilisations
• …………………….. • ……………………..

Participation des salariés aux résultats (2)

Impôts sur les bénéfices (3)

Résultat de l'exercice
(Somme des Produits - Somme des charges)

(1) Mesure de l’utilisation des moyens de production au cours de l’exercice.


Exemple : considérons le cas d’une machine achetée au cours de l’exercice N pour 8 000 € et devant être
utilisée pendant 3 exercices au rythme suivant : 2 500 heures en N, 3 500 heures en N+1 et 4 000 heures
en N+2.
La dotation aux amortissements constatée au 31/12/N sera alors de 8 000 × 2 500 /10 000 = 2 000
(2) Obligatoire dans les entreprises d’au moins 50 salariés.
(3) Concerne uniquement les entreprises soumises à l’impôt sur les sociétés.
(4) Ventes de produits finis, travaux, prestations de services.

© Didier CHADOURNE / CNAM – INTEC -5-


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Si la somme des produits est supérieure à la somme des charges, alors le résultat est un bénéfice :

Compte de résultat au 31/12/N

Charges
Produits

Bénéfice

Si la somme des produits est inférieure à la somme des charges alors le résultat est une perte :

Compte de résultat au 31/12/N

Produits
Charges

Perte

c) L’annexe

L'annexe regroupe un ensemble d'informations qui complètent et précisent les renseignements


donnés par le bilan et le compte de résultat.

L’annexe a vocation a mettre en évidence tout fait pertinent, c'est-à-dire susceptible d'avoir une
influence sur le jugement que les destinataires des documents de synthèse peuvent porter sur le
patrimoine, la situation financière et le résultat de l'entreprise ainsi que sur les décisions qu'ils
peuvent être amenés à prendre.

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4°) Illustration
Au 31/12/N, les charges et les produits de l’exercice de la SARL MERCIER sont les suivants :

Achats de marchandises 220 000 €


Achats de matières premières 198 000 €
Achats de fournitures administratives 12 000 €
Entretien et réparations 7 200 €
Honoraires 6 400 €
Autres impôts et taxes 9 200 €
Rémunération du personnel 140 000 €
Charges de sécurité sociale et de prévoyance 70 000 €
Dotations aux amortissements des immobilisations 22 000 €
Charges d’intérêts 5 000 €
Participation des salariés aux résultats 2 000 €
Impôt sur les sociétés 22 500 €
Ventes de produits finis 480 000 €
Ventes de marchandises 278 930 €
Revenus des titres de participation 250 €
Revenus des valeurs mobilières de placement 120 €

Son compte de résultat se présentera ainsi :

SARL MERCIER Compte de résultat au 31/12/N


CHARGES MONTANT PRODUITS MONTANT

Charges d'exploitation Produits d’exploitation


• Achats de marchandises 220 000 • Ventes de marchandises 278 930
• Achats de matières premières et autres 198 000 • Production vendue 480 000
approvisionnements
• Autres achats et charges externes (1) 25 600 • ……………………
• Impôts et taxes 9 200
• Charges de personnel 210 000
• Dotations aux amortissements des 22 000
immobilisations
• ……………………
TOTAL I 684 800 TOTAL I 758 930

Charges financières Produits financiers


• Charges d’intérêts 5 000 • Revenus des titres de participations 250
• Revenus des valeurs mobilières de 120
placement

TOTAL II 5 000 TOTAL II 370


Charges exceptionnelles Produits exceptionnels
• Pénalités et amendes fiscales 0 • Produits des cessions 0
d’immobilisations
• …………………… • ……………………

TOTAL III 0 TOTAL III 0


Participation des salariés (IV) 2 000
Impôts sur les bénéfices (V) 22 500
Total des charges (I + II + III + IV + V) 714 300 Total des produits (I + II + III) 759 300
Solde créditeur = bénéfice 45 000 Solde débiteur = perte
TOTAL GÉNÉRAL 759 300 TOTAL GÉNÉRAL 759 300
(1) 12 000 + 7 200 + 6 400 = 25 600
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Au 31/12/N, les éléments du patrimoine de la SARL MERCIER sont les suivants :

Capital 138 900 €


Réserves 12 000 €
Résultat (Bénéfice) 45 000 €
Emprunts 160 000 €
Dettes envers les fournisseurs de biens et services 9 840 €
Dettes envers les fournisseurs d’immobilisations 14 700 €
Dettes envers le personnel 5 400 €
Dettes envers les organismes sociaux 1 240 €
Dettes envers l’Etat 1 470 €
Logiciels 2 500 €
Terrains 80 000 €
Constructions 140 000 €
Matériel industriel 25 000 €
Matériel de bureau et informatique 2 500 €
Matériel de transport 22 160 €
Mobilier de bureau 3 240 €
Titre de participation 12 000 €
Dépôts et cautionnements versés 2 570 €
Stocks de matières premières 32 000 €
Stocks de produits finis 19 000 €
Stocks de marchandises 10 000 €
Créances sur les clients 30 000 €
Valeurs mobilières de placement 1 000 €
Disponibilités à la Banque A 6 200 €
Disponibilités à la Banque B - 520 €
Disponibilités en caisse 900 €

Le bilan au 31/12/N se présentera donc ainsi :

SARL MERCIER Bilan au 31/12/N


ACTIF MONTANT PASSIF MONTANT

ACTIF IMMOBILISÉ CAPITAUX PROPRES


Immobilisations incorporelles 2 500 Capital 138 900
Immobilisations corporelles (3) 272 900 Réserves 12 000
Immobilisations financières (4) 14 570 Résultat (Bénéfice) 45 000
TOTAL I 289 970 TOTAL I 195 900

ACTIF CIRCULANT DETTES


Stocks (5) 61 000 Emprunts et autres dettes financières (1) 160 520
Créances 30 000 Fournisseurs de biens et services 9 840
Valeurs mobilières de placement 1 000 Fournisseurs d’immobilisations 14 700
Disponibilités (6) 7 100 Dettes fiscales et sociales (2) 8 110
TOTAL II 99 100 TOTAL II 193 170
TOTAL GÉNÉRAL 389 070 TOTAL GÉNÉRAL 389 070
(1) 160 000 + 520 = 160 520
(2) 5 400 + 1 240 + 1 470 = 8 110
(3) 80 000 + 140 000 + 25 000 + 2 500 + 22 160 + 3 240 = 272 900
(4) 12 000 + 2 570 = 14 570
(5) 32 000 + 19 000 + 10 000 = 61 000
(6) 6 200 + 900 = 7 100

© Didier CHADOURNE / CNAM – INTEC -8-


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II Les objectifs de la comptabilité financière


La comptabilité répond aujourd’hui à six finalités principales On peut les résumer à travers le
schéma ci-après :

Fournir un
instrument de
régulation
sociale

Mesurer la Fournir un
richesse créée moyen de
par l’entreprise preuve dans la
et contrôler son vie des affaires
partage

Finalités de la
comptabilité
financière

Fournir une
Fournir un outil base pour le
d’aide à la diagnostic
décision économique et
financier

Fournir une
base pour la
synthèse et la
prévision
macro-
économique

1°) Mesurer la richesse créée par l’entreprise et contrôler son partage


La comptabilité sert d’instrument de mesure de la richesse créée par l’entreprise et du contrôle de
son partage mais aussi d’instrument de calcul et de contrôle de différents droits pécuniaires :
• droit des associés ou actionnaires à percevoir des dividendes ;
• droit de l’état et autres collectivités à percevoir des impôts (1) ;
• droit des salariés à percevoir un salaire :
• droit des organismes sociaux à percevoir des cotisations,
• droit des salariés à percevoir une participation au bénéfice (2)

© Didier CHADOURNE / CNAM – INTEC -9-


Série 1 : Le modèle comptabilité financière - Chapitre 1 : Les objectifs de la comptabilité

(1) Les bases de calcul (assiettes) des impôts et taxes dont relève l’entreprise, sont tirées de sa comptabilité. Il s’agit le plus
souvent de la masse salariale, du montant des investissements, et des bénéfices L’entreprise qui ne communique pas ces
bases à l’administration fiscale est alors taxée d’office dans des proportions plus élevées.
(2) La participation est obligatoire pour les entreprises occupant plus de 50 salariés.

2°) Fournir un moyen de preuve dans la vie des affaires


En tant que mémoire écrite des transactions réalisées par l’entreprise, il est naturel que la
comptabilité puisse être utilisée comme moyen de preuve dans la vie des affaires.

L’obligation de tenir des livres de comptes, selon des règles formelles dont le respect conférait à la
comptabilité une valeur probante, est née d’une ordonnance de Colbert au 17ème siècle. Le premier
code du commerce (1808) a repris ce texte ; sa version moderne existe aujourd’hui à travers
l’article L123-12 du nouveau code de commerce qui précise que :

« Toute personne physique ou morale ayant la qualité de commerçant doit procéder à l'enregistrement
comptable des mouvements affectant le patrimoine de son entreprise. Ces mouvements sont enregistrés
chronologiquement.
Elle doit contrôler par inventaire, au moins une fois tous les douze mois, l'existence et la valeur des éléments
actifs et passifs du patrimoine de l'entreprise.
Elle doit établir des comptes annuels à la clôture de l'exercice au vu des enregistrements comptables et de
l'inventaire. Ces comptes annuels comprennent le bilan, le compte de résultat et une annexe, qui forment un
tout indissociable. »

Remarque : ces obligations sont cependant allégées pour les entreprises ayant le statut fiscal de
« micro-entreprise » :
• obligation de tenir un livre-journal détaillant les recettes ;
• obligation de tenir un registre récapitulatif par année, détaillant les achats ;
• obligation de conserver l’ensemble des factures et des pièces justificatives relatives aux achats, ventes et
prestations de services réalisés.

3°) Fournir un outil d’aide à la décision


Les renseignements fournis par la comptabilité permettent de réduire l’incertitude des décideurs,
dirigeants de l’entreprise ou partenaires.

Les données de la comptabilité de gestion aident les dirigeants à prendre des décisions relatives au
pilotage et à la gestion des activités.

Les données de la comptabilité financière aident les dirigeants à prendre des décisions de gestion
courante (décisions quotidiennes relatives à la gestion des clients et des fournisseurs par exemple)
mais aussi des décisions qui engagent l’entreprise à moyen et long terme (décisions
d’investissement et de financement).

4°) Fournir une base pour le diagnostic économique et financier


La comptabilité permet de faciliter la prise de décision mais aussi de mesurer et d’analyser à
posteriori le résultat de ces décisions. Les états financiers permettent d’estimer la performance mais
aussi le risque économique.

Les associés sont bien évidemment les premiers intéressés par les comptes annuels qui doivent être
soumis chaque année à leur approbation en assemblée générale.

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Série 1 : Le modèle comptabilité financière - Chapitre 1 : Les objectifs de la comptabilité

La plupart des sociétés doivent déposer leurs comptes annuels aux greffes du tribunal de commerce
afin de permettre leur libre consultation par les tiers (personnel, concurrence, investisseurs, INSEE
……) qui peuvent alors évaluer la santé financière, la solvabilité et la performance économique de
l’entreprise.

Les demandes d’emprunts doivent être accompagnées de la transmission des comptes annuels pour
que les prêteurs étudient le niveau de risque associé à la demande.

Les comptes annuels doivent être également communiqués aux délégués du personnel, au comité
d’entreprise et au commissaire aux comptes qui peuvent demander des explications aux dirigeants
lorsqu’ils détectent des faits qu’ils estiment être de nature à compromettre la continuité de
l’exploitation.

Remarque : dans les grandes entreprises, la direction est le plus souvent confiée à des managers
professionnels et le contrôle aux actionnaires-propriétaires. Les uns vont utiliser la comptabilité pour
légitimer leur gestion, les autres pour étudier le résultat de la gestion sur la performance et la valeur
de l’entreprise.
Les actionnaires de l’entreprise et les investisseurs boursiers utilisent l’information comptable pour
porter un jugement sur les performances passées, présentes et potentielles de l’entreprise ainsi que
sur sa capacité à distribuer des dividendes. Ce jugement conduit les uns à retirer, augmenter, ou
réduire leur mise de fonds et les autres à rentrer ou ne pas rentrer dans le capital de l’entreprise.
Les informations comptables ont donc contribuent donc à l’efficience des marchés et à une meilleure
allocation des ressources.

5°) Fournir une base pour la synthèse et la prévision macro-


économique
Les états financiers contenus dans les déclarations fiscales des entreprises sont utilisés par l’Insee
(Institut national de la statistique et des études économiques) et les pouvoirs publics pour réaliser
des synthèses et des prévisions macro-économiques.

6°) Fournir un instrument de régulation sociale


La comptabilité remplit implicitement une fonction de régulation sociale car les acteurs économiques
croient fortement en la capacité des chiffres à représenter le réel. Dans les sociétés modernes, la
comptabilité apporte la confiance nécessaire à toute relation d’échange économique ; c’est donc
pour cette raison qu’elle est normalisée, réglementée et contrôlée.

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