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Série 3 : Les opérations d’inventaire - Chapitre 15 : L’amortissement et la dépréciation des immobilisations

UV 104 Comptabilité
Série 3 : Les opérations d’inventaire
Chapitre 15 : L’amortissement et la dépréciation des immobilisations

Auteur : Didier CHADOURNE

Important : une nouvelle réglementation comptable relative à l’amortissement et à la dépréciation


des immobilisations est applicable à titre obligatoire aux exercices ouverts à compter du 1er janvier
2005. Elle résulte de la mise en œuvre du règlement CRC 02-10 relatif à l’amortissement et à la
dépréciation des actifs modifié par le règlement CRC 03-07 et du règlement CRC 04-06 relatif à la
définition, la comptabilisation et l’évaluation des actifs.

À l’inventaire il faut, pour chaque immobilisation, se poser la question de sa valeur, car dans de
nombreux cas celle-ci diminue du fait de son utilisation.

Sur le registre de la durée d’utilisation, le PCG distingue deux catégories d’immobilisations :


• celles dont la durée d’utilisation est limitée dans le temps et a fortiori dont la consommation du
potentiel va s’échelonner sur plusieurs exercices ; elles sont qualifiées d’actifs amortissables.
Il s’agit de la plupart des immobilisations incorporelles ou corporelles ;

• celles dont la durée d’utilisation est a priori non limitée dans le temps et dont le potentiel
économique, par voie de conséquence, ne se consomme pas par leur utilisation ; ce sont les
actifs non amortissables.

Par ailleurs, à l’inventaire, l’entreprise peut avoir connaissance d’indices montrant qu’une
immobilisation incorporelle ou corporelle a perdu notablement de sa valeur ; elle doit alors constater
une dépréciation.

La comptabilisation des amortissements et des dépréciations est effectuée en fin d’exercice, de


manière à ce que les comptes annuels puissent donner une image fidèle du patrimoine et du résultat
de l’entreprise. C’est également pour cette raison que cette comptabilisation est obligatoire et ce
même, en cas d'absence ou d'insuffisance de bénéfice.

I L’amortissement des immobilisations


1°) Définition de l’amortissement
D’après le PCG, l’amortissement est la répartition systématique du montant d’un actif amortissable
selon le rythme de consommation des avantages économiques attendus sur sa durée d’utilisation
telle qu’elle a été définie par la direction de l’entreprise.

Remarque : le concept d’avantages économiques attendus doit être compris comme étant le
potentiel d’un actif à contribuer, directement ou indirectement, à des flux nets de trésorerie au profit
de l’entreprise.

C’est aux caractéristiques propres de l’entreprise qu’il convient de se référer pour déterminer les
modalités d’amortissement et non à des durées d’usage généralement admises sauf si ces durées
correspondent à la durée d’utilisation de l’immobilisation. Le PCG a donc une vision strictement
économique de l’amortissement.

© Didier CHADOURNE / CNAM – INTEC -1-


Série 3 : Les opérations d’inventaire - Chapitre 15 : L’amortissement et la dépréciation des immobilisations

Important : un avis de juin 2005 du comité d’urgence du Conseil National de la Comptabilité


annonce que, dans un souci de simplification, un aménagement des textes actuels (décret
comptable et règlements CRC) est attendu pour les petites entreprises 1 ; il devrait leur permettre de
pratiquer l’amortissement des immobilisations non décomposables à l’origine sur leur durée d’usage
généralement admise sans rechercher ni appliquer les durées d’utilisation.

2°) Les actifs amortissables


D’après le PCG, un actif amortissable est un actif dont l’utilisation par l’entreprise est déterminable.
L’utilisation d’un actif est déterminable lorsque l’usage qui en est attendu est limité dans le temps du
fait, notamment :
• de critères physiques : usure liée à l’utilisation, passage du temps ;
• de critères techniques : obsolescence liée à l’évolution technologique ;
• de critères juridiques : protection juridique limitée dans le temps (c’est le cas par exemple
des brevets, licences et concessions).

Toutes les immobilisations incorporelles répondent à la définition d’un actif amortissable sauf
le droit au bail, les fonds commerciaux, et les marques commerciales entretenues par des
actions publicitaires régulières.

Toutes les immobilisations corporelles répondent à la définition d’un actif amortissable sauf
les terrains. Il faut cependant amortir les terrains de gisement car leur utilisation est forcément
limitée dans le temps (en effet, leur exploitation conduit à l’épuisement à terme du gisement).

Les immobilisations financières ne sont pas amortissables.

3°) La base de calcul de l’amortissement


D’après le PCG, le montant amortissable d’un actif est sa valeur brute sous déduction de sa valeur
résiduelle.

La valeur brute d’un actif est sa valeur d’entrée dans le patrimoine. Rappelons que pour une
immobilisation incorporelle ou corporelle, il peut s’agir soit de son coût d’acquisition, soit de son
coût de production 2 ou encore de sa valeur vénale 3.

La valeur résiduelle est le montant, net des coûts de sortie 4 attendus, que l’entreprise obtiendrait
de la cession de l’actif sur le marché à la fin de son utilisation.

La valeur résiduelle d’un actif n’est prise en compte pour la détermination du montant amortissable
que lorsqu'elle est à la fois significative et mesurable.

1
Il pourrait s’agir des entreprises dont la taille ne dépasse pas deux des trois seuils suivants : total net du bilan inférieur ou
égal à 3 650 000 €, montant net du chiffre d’affaires hors taxes inférieur ou égal à 7 300 000 €, nombre moyen de salariés
permanents inférieur ou égal à 50.
2
Immobilisations incorporelles ou corporelles produites par l’entreprise pour elle-même.
3
Immobilisations incorporelles ou corporelles reçues à titre gratuit.
4
le PCG ne précise pas le contenu du coût de sortie. On peut supposer que celui-ci englobe le coût administratif du processus
de désinvestissement ainsi que les frais de livraison éventuelle du bien chez l’acquéreur.
© Didier CHADOURNE / CNAM – INTEC -2-
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La valeur résiduelle est significative lorsqu’elle contribue à modifier sensiblement le montant des
amortissements (c’est systématiquement le cas par exemple des biens d’investissement pour
lesquels l’entreprise envisage une durée d’utilisation plus courte que leur durée de vie généralement
admise afin de minimiser les coûts de maintenance). Elle est mesurable lorsqu’il est possible de
déterminer de manière fiable dès l’origine, la valeur de revente du bien en fin de période d’utilisation
(c’est systématiquement le cas par exemple des biens d’investissements pour lesquels il existe un
marché d’occasion avec une cote).

Rappel : le coût d’acquisition d’une immobilisation non financière est constitué :


• de son prix d’achat, y compris les droits de douane et taxes non récupérables, après déduction
des remises, rabais commerciaux et escomptes de règlement ;
• de tous les coûts directement attribuables engagés pour mettre l’actif en place et en état de
fonctionner selon l’utilisation prévue par la direction.
Dans les comptes individuels, les droits de mutation, honoraires ou commissions et frais d’actes, liés
à l’acquisition, peuvent sur option, être rattachés au coût d’acquisition de l’immobilisation ou
comptabilisés en charges.
Le coût d’acquisition peut, sur option permanente et sous certaines conditions précisées par le PCG,
inclure le coût des emprunts directement destinés à financer l’acquisition.

Remarque : la déduction de la valeur résiduelle de la valeur brute est logique car si l’on définit
l’amortissement comme la répartition d’un coût, il est normal de ne pas tenir compte dans la base
amortissable de la part « récupérable » de ce coût.

4°) Les modalités de calcul de l’amortissement prévues par le PCG


Le rythme de consommation doit être déterminé sur des bases les plus pertinentes possibles. Ces
bases peuvent être des unités de temps ou toutes autres unités d’œuvre significatives.

En conséquence, le mode d’amortissement retenu pour un actif amortissable pourra, être linéaire,
décroissant, croissant ou calculé en fonction du nombre de kilomètres parcourus, de pièces
produites, d’heures de fonctionnement………. Si plusieurs critères s’appliquent, il convient de retenir
l’utilisation la plus courte résultant de l’application de ces critères. Toutefois, à défaut de mode
mieux adapté, le mode linéaire est appliqué.

Le mode d’amortissement retenu doit être appliqué de manière constante pour tous les actifs de
même nature ayant des conditions d’utilisation identiques.

L’amortissement d’un actif commence à la date de début de consommation des avantages


économiques qui lui sont attachés. Cette date correspond généralement à la date de mise en
service.

Chaque immobilisation amortissable doit faire l’objet d’un plan d’amortissement. Concrètement, il
s’agit d’un tableau prévisionnel des modalités d’amortissement de l’immobilisation concernée.

Le plan d’amortissement a vocation a être modifié en cas de changement significatif de l’utilisation


prévue de l’immobilisation concernée.

© Didier CHADOURNE / CNAM – INTEC -3-


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a) L’amortissement linéaire

Cette méthode consiste à répartir le montant amortissable d’une immobilisation par fractions égales
sur le nombre d’années d’utilisation prévu. Il faut pour cela calculer un taux d’amortissement
linéaire :

100 %
Taux d'amortissement linéaire (Taux L) = ⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯
Nombre d’années d’utilisation prévue

et appliquer les règles suivantes :

• le point de départ de l'amortissement linéaire est la date de mise en service ;


• le plan d'amortissement d'un bien acheté en cours d'exercice et dont la durée de vie est de « n »
années, s’écoulera sur « n+1 » années, « prorata temporis » sur la première et la dernière
année ;
• dans un souci de simplification, l'année comptable est de 360 jours et chaque mois est compté
pour 30 jours quel que soit le nombre de jours qu'il comprend en réalité ;
• dans un souci de simplification toujours, il est possible de considérer qu’un bien mis en service le
2 du mois peut être amorti à partir du 1er ; un bien mis en service le 14 ou le 16 peut être amorti
à partir du 15.

Exemple : le 03/11/N, l’entreprise PHILIPON a fait l’acquisition d'une machine-outil aux conditions
suivantes :

RM Industries le 03/11/N

DOIT :
PHILIPON

Facture n° 154

Machine-outil BMG 44 000,00 Rappel : les frais de formation


Frais forfaitaires de livraison + 700,00 du personnel sont exclus du coût
Frais de mise en service + 300,00 d’acquisition d’une immobilisation
Formation du personnel + 1 000,00 incorporelle ou corporelle.
Brut hors taxes 46 000,00
Remise 10 % - 4 600,00
Net commercial 41 400,00
Escompte 2 % - 828,00
Net financier 40 572,00
TVA 19,60 % + 7 952,11
Net à payer TTC 48 524,11

Réglé par chèque n° 000626 le 05/11/N

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Cette acquisition a donc été comptabilisée ainsi :

03/11/N
2154 Matériel industriel [(44 000 + 700 + 300) × 0,90 × 0,98] 39 690,00
44562 TVA sur immobilisations (39 690 × 0,196) 7 779,24
618 Divers (1 000 × 0,90 × 0,98) 882,00
44566 TVA sur autres biens et services (882 × 0,196) 172,87
404 Fournisseurs d’immobilisations 48 524,11
Facture n° 154

05/11/N

404 Fournisseurs d’immobilisations 48 524,11


512 Banque 48 524,11
Chèque n° 000626

La mise en service de cette machine a eu lieu le 08/11/N. Elle fait l’objet d’un plan d’amortissement
linéaire sur 5 ans. Sa valeur résiduelle à l’issue de ce plan est estimée à 2 000 € auxquels il convient
de déduire 5 % de coût de sortie.

Le taux d’amortissement appliqué sera donc de : 100 % / 5 = 20 %

Le plan d’amortissement sera matérialisé dans un tableau prévisionnel porté dans le livre
d’inventaire. Sa présentation n’est pas normalisée :

Plan d’amortissement

Immobilisation : Machine-outil BMG Mode d’amortissement : Linéaire


Compte : 2154 Matériel industriel Base amortissable : 37 790 € (2)
Coût d’acquisition : 39 690 € Taux linéaire : 20 %
Valeur résiduelle : 1 900 € (1)
Date d'acquisition : 03/11/N
Date de mise en service : 08/11/N

Valeur nette
Valeur Annuité Ammortisse- comptable en fin
Base
Années d’origine d'amortisse- ments cumulés d'exercice
amortissable
(A) ment (B) (VNC)
(A- B)

N 39 690 37 790 (3) 1 091,71 1 091,71 38 598,29


N+1 39 690 37 790 (4) 7 558,00 8 649,71 31 040,29
N+2 39 690 37 790 (4) 7 558,00 16 207,71 23 482,29
N+3 39 690 37 790 (4) 7 558,00 23 765,71 15 924,29
N+4 39 690 37 790 (4) 7 558,00 31 323,71 8 366,29
N+5 39 690 37 790 (5) 6 466,29 37 790,00 1 900,00
37 790,00
(1) 2 000 × 0,95 = 1 900 €
(2) 39 690 – 1 900 = 37 790 €

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(3) La première annuité a été calculée ainsi :


Nombre de jours à décompter :
Novembre : (30 - 8) = 22 jours
Décembre : = 30 jours
⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯
Total = 52 jours

Montant de la première annuité : 37 790 × 20 % × 52/360 = 1 091,71

(4) 37 790 x 20 % = 7 558,00


(5) La dernière annuité est le complément de la première par rapport à une annuité complète :
7 558 – 1 091,71 = 6 466,29

Remarque : on notera que la durée d’utilisation du bien est de 5 ans mais que le plan
d'amortissement s'échelonne sur 6 exercices.

Autre remarque : dans cet exemple, la VNC à l’issue du plan d’amortissement n’est pas nulle mais
correspond à la valeur résiduelle estimée.

Le traitement comptable de l’amortissement se fera ainsi :

• 31/12/N :

31/12/N
6811 Dotations aux amortissements des immobilisations 1 091,71
Incorporelles et corporelles
28154 Amortissements du matériel 1 091,71
industriel
Selon inventaire

Le compte d'amortissement est un compte d'actif soustractif que l'on forme


en prenant le numéro du compte de l’immobilisation concernée et en
mettant un « 8 » en deuxième position.

• À chaque clôture d’exercice et jusqu’au 31/12/N+7, on passera une écriture identique


mais pour le montant prévu au plan d’amortissement.

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b) L’amortissement décroissant

C’est un mode d’amortissement dans lequel le taux utilisé évolue de manière décroissante.

Exemple : un matériel industriel acquis pour 20 000 € hors taxes le 20/12/N-1 a été mis en service
le 01/01/N. Sa valeur résiduelle en fin d’utilisation est considérée comme nulle. La consommation
des avantages économiques attendus de cet investissement s’échelonnera sur 5 exercices de
manière décroissante en fonction des taux suivants :

Années Taux
N 40%
N+1 25%
N+2 20%
N+3 10%
N+4 5%

Le plan d’amortissement pourra se présenter ainsi :

Valeur nette
Valeur Annuité Ammortisse- comptable en
Base Taux
Années d’origine d'amortisse- ments cumulés fin d'exercice
amortissable
(A) ment (B) (VNC)
(A-B)

N 20 000 20 000 40% 8 000 8 000 12 000


N+1 20 000 20 000 25% 5 000 13 000 7 000
N+2 20 000 20 000 20% 4 000 17 000 3 000
N+3 20 000 20 000 10% 2 000 19 000 1 000
N+4 20 000 20 000 5% 1 000 20 000 0
100% 20 000

Remarque : dans cet exemple, la VNC à l’issue du plan d’amortissement est nulle car la valeur
résiduelle de l’immobilisation concernée est nulle.

Cette méthode pourra être retenue pour les immobilisations dont l’obsolescence rapide incite
l’entreprise à en faire une utilisation plus intensive dans les premières années qui suit leur mise en
service.

Le traitement comptable est identique au mode précédant mais avec les montants prévus dans le
plan d’amortissement décroissant.

c) L’amortissement croissant

Cette méthode repose sur la même logique que la précédente mis avec un rythme d’amortissement
inversé au regard de la méthode précédente. Elle pourra être retenue pour les immobilisations dont
l’utilisation est progressive.

Le traitement comptable est identique au mode précédent avec les montants prévus dans le plan
d’amortissement croissant.

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d) L’amortissement par référence à une unité d’œuvre.

Exemple : un matériel industriel acquis et mis en service le 01/08/N pour un montant de 34 000 €.
Les avantages économiques attendus sur les cinq exercices de N à N+4 sont mesurés par le nombre
d’unités fabriquées, soit respectivement : 800, 3 200, 5 000 ; 4 000 et 2 000 unités. Fin N+4, il est
prévu que le bien sera revendu au prix du marché, soit 1 000 € hors taxes. Cette valeur est
considérée comme significative.

Le plan d’amortissement pourra se présenter ainsi :

Valeur nette
Valeur Nombre de Ammortisse- comptable en
Base Annuité
d’origine pièces ments fin d'exercice
Années amortissable d'amortisse-
(A) fabriquées cumulés (VNC)
ment
(B) (A-B)

N 34 000 33 000 800 (1) 1 760 1 760 32 240


N+1 34 000 33 000 3 200 (2) 7 040 8 800 25 200
N+2 34 000 33 000 5 000 (3) 11 000 19 800 14 200
N+3 34 000 33 000 4 000 (4) 8 800 28 600 5 400
N+4 34 000 33 000 2 000 (5) 4 400 33 000 1 000
15 000 33 000

(1) 33 000 × 800 / 15 000 = 1 760


(2) 33 000 × 3 200 / 15 000 = 7 040
(3) 33 000 × 5 000 / 15 000 = 11 000
(4) 33 000 × 4 000 / 15 000 = 8 800
(5) 33 000 × 2 000 / 15 000 = 4 400

Le traitement comptable est identique au mode précédant mais avec les montants prévus dans le
plan d’amortissement par unités d’œuvre.

5°) Les modalités d’amortissement définies par la législation fiscale


Les dotations aux amortissements sont des charges déductibles du résultat imposable ; c’est pour
cette raison que l’amortissement est très encadré par la législation fiscale ; ainsi, le Code Général
des Impôts (CGI) prévoit trois modalités d’amortissement :
• l’amortissement linéaire fiscal ;
• l’amortissement dégressif fiscal ;
• l’amortissement exceptionnel fiscal.

Il faut cependant noter que la réduction de la base amortissable d’une immobilisation par
soustraction de sa valeur résiduelle est une pratique non admise en fiscalité.

Par ailleurs, le CGI indique qu’à la clôture de chaque exercice, la somme des amortissements
effectivement pratiqués depuis l'acquisition ou la création d'un élément donné ne peut être
inférieure au montant cumulé des amortissements calculés suivant le mode linéaire et répartis sur la
durée normale d'utilisation. Dans le cas contraire, l'entreprise perd définitivement le droit de déduire
la fraction d'amortissement irrégulièrement différée.

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a) L’amortissement linéaire fiscal

C’est le régime de droit commun prévu par le code général des impôts. Toutes les immobilisations
amortissables achetées neuves ou d'occasion peuvent être amorties selon ce système.

Le taux à retenir dépend de la durée normale d'utilisation. Celle-ci doit s'apprécier compte tenu, le
cas échéant, des circonstances particulières pouvant influer sur cette durée, c'est-à-dire, notamment
de son utilisation à simple, à double ou à triple équipe de travail. Le taux choisi doit également se
situer dans les limites de ceux généralement admis d'après les usages de chaque nature d'industrie,
de commerce et d'exploitation.

Afin de limiter les litiges et les contestations, l’administration fiscale, propose à titre indicatif, une
liste des taux les plus couramment admis :

Durée de vie
indicative
Immobilisation communiquée par
l’administration
fiscale
Frais d’établissement 5 ans au maximum (1)
Frais de recherche et de développement 5 ans au maximum (1)
Bâtiments commerciaux 20 à 50 ans
Bâtiments industriels 20 ans
Matériel 5 à 10 ans
Outillage 5 a 10 ans
Matériel de transport 4 à 5 ans
Matériel de bureau 5 à 10 ans
Micro-ordinateur 3 ans
Mobilier 10 ans
Agencements et installations 10 à 20 ans

(1) L’application du prorata temporis est facultative pour ces actifs

(2) En raison de l’obsolescence rapide dont ils sont frappés, les logiciels (dissociés du matériel
informatique) s’amortissent à compter de la date d’acquisition s’ils sont achetés ou d’achèvement
s’ils sont réalisés par l’entreprise pour elle-même.

Important : la base amortissable en linéaire fiscal est la valeur brute (valeur d’origine). La
déduction de la valeur résiduelle n’est pas admise par l’administration fiscale. Les autres règles de
calcul et d’enregistrement comptable sont identiques à celles de l’amortissement linéaire
économique proposé par le PCG.

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b) L’amortissement dégressif fiscal

Ce système est une forme d’amortissement décroissant et en ce sens rien ne s’oppose à ce que
l’entreprise le considère comme économiquement justifié. L'amortissement dégressif est un système
qui ne peut s'appliquer qu'aux biens amortissables remplissant trois conditions :
• le bien doit être acheté neuf ;
• sa durée d’utilisation doit être supérieure ou égale à 3 ans ;
• le bien doit appartenir à l’une catégories suivantes définies par le Code Général des Impôts :
- matériels et outillages utilisés pour des opérations industrielles de fabrication, de
transformation ou de transport ;
- matériels de manutention ;
- installations destinées à l'épuration des eaux et à l'assainissement de l'atmosphère ;
- installations productrices de vapeur, chaleur ou énergie ;
- installations de sécurité ;
- installations à caractère médico-social ;
- machines de bureau ;
- matériels et outillages utilisés à des opérations de recherche scientifique ou technique ;
- installations de magasinage et de stockage, sans que puissent y être compris les locaux
servant à l'exercice de la profession ;
- immeubles et matériels des entreprises hôtelières ;
- bâtiments industriels dont la durée normale d'utilisation n'excède pas quinze années.
Sont exclus de cette liste : les véhicules de tourisme, les camionnettes de charge utile
inférieure à 2 tonnes, les bâtiments industriels d’une durée d’utilisation supérieure à 15 ans,
les meubles meublants.

Le taux d'amortissement dégressif se calcule en appliquant un coefficient au taux d’amortissement


linéaire.

Taux dégressif (Taux D) = Taux Linéaire × Coefficient

Les coefficients sont fixés par la loi de finances :

Durée probable Biens acquis ou fabriqués Biens acquis ou fabriqués


de vie avant le 1er janvier 2001 après le 1er janvier 2001

3 ou 4 ans 1,5 1,25


5 ou 6 ans 2 1,75
+ de 6 ans 2,5 2,25
Majoration d'un point pour les
biens acquis entre le 1er février
1996 et le 31 janvier 1997

L'amortissement d'une immobilisation selon ce système doit respecter les règles suivantes :

• le montant à amortir est la valeur brute (valeur d’origine) ;


• le point de départ de l'amortissement dégressif est le premier jour du mois d'acquisition ; la
première annuité doit être calculée « prorata temporis » en mois.
• la base de calcul de la première annuité est la valeur brute ; à partir de la deuxième annuité, la
base de calcul est la valeur nette comptable à la fin de l’exercice précédent ;
• le plan d'amortissement d'un bien acheté en cours d'exercice et dont la duré de vie est de « n »
années sera amorti sur « n » années. (Il s’agit d’une différence fondamentale avec
l’amortissement linéaire).
© Didier CHADOURNE / CNAM – INTEC - 10 -
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Exemple : l'entreprise DUBOIS a acquis le 25 mars N un matériel industriel pour 12 000 € hors
taxes. La mise en service a eu lieu le 10 avril N. L’entreprise a décidé d’amortir ce bien en dégressif
sur 5 ans.
100 %
Taux Dégressif = Taux Linéaire × Coefficient = ⎯⎯⎯⎯ x 1,75 = 35 %
5
Le plan d'amortissement se présentera ainsi :

Valeur nette
Amortisse- comptable en fin
Base de calcul Annuité ments d'exercice
Années Taux
(A) d'amortissement cumulés (VNC)
(B) (A-B)

N 12 000,00 35 % (1) 3 500,00 3 500,00 8 500,00


N+1 8 500,00 35 % (2) 2 975,00 6 475,00 5 525,00
N+2 5 525,00 35 % (3) 1 933,75 8 408,75 3 591,25
N+3 3 591,25 50 % (4) 1 795,63 10 204,38 1 795,62
N+4 1 795,62 100 % (5) 1 795,62 12 000,00 0,00

On notera : que le plan d'amortissement s'échelonne sur 5 ans même si le bien a été acquis en
cours d’exercice.

À chaque ligne du tableau d'amortissement dégressif, il faut se poser la question suivante : le


taux d'amortissement linéaire calculé sur le nombre d'années restant à courir est-il supérieur au
taux dégressif calculé au départ ?
• si oui, il faut utiliser ce taux linéaire ;
• si non, il faut utiliser le taux dégressif.

Ainsi la première année, le taux linéaire calculé sur le nombre d'années restant à courir est de 100 % / 5 = 20
% ; le taux dégressif (35 %) est supérieur, il faut donc utiliser ce taux de 35 %.

La seconde année, le taux linéaire est de 100 % / 4 = 25 % ; il faut donc continuer avec 35 %……… ainsi de
suite !

La 4ème année , le taux linéaire est de 100 % / 2 = 50 %, ce qui est supérieur à 35 % ; il faut donc utiliser ce
taux de 50 % …… ainsi de suite !

(1) Montant de la première annuité = 12 000 × 35 % × 10/12 = 3 500


(2) 8 500 x 35 % = 2 975
(3) 5 525 x 35 % = 1 933,75
(4) 3 591,25 x 50 % = 1 795,63
(5) 1 795,62 x 100 % = 1 795,62

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Série 3 : Les opérations d’inventaire - Chapitre 15 : L’amortissement et la dépréciation des immobilisations

c) L’amortissement exceptionnel fiscal

Certaines dispositions fiscales, dans un objectif d'incitation à l’investissement, donnent la


possibilité, pour certains biens, de pratiquer un amortissement exceptionnel sur 12 mois. Il s’agit
en fait d’un supplément d’amortissement par rapport à l’annuité calculée à partir du taux
d’amortissement économiquement justifié.

Les biens éligibles et les modalités de calcul sont précisées dans le tableau ci-dessous :

Bien concernés Amortissement fiscalement déductible

Dépenses d’acquisition de logiciels. 100 % sur 12 mois à compter du premier jour du


mois d’acquisition.

Matériels destinés à économiser l’énergie, acquis 100 % sur 12 mois à compter de la date de mise
ou fabriqués avant le 1er janvier 2003. en service.

Investissements en faveur de l’environnement 100 % sur 12 mois à compter de la date de mise


acquis ou fabriqués avant le 1er janvier 2003 en service.
(immeubles antipollution, véhicules non
polluants, matériels destinés lutter contre le
bruit).

Exemple : l’entreprise JOFFROY a acquis le 01/04/N pour 4 000 € hors taxes, un logiciel de
gestion de la relation client. Sa mise en service a eu lieu le 10/04/N. Le chef d’entreprise estime que
l’amortissement économiquement justifié est un amortissement linéaire sur 4 ans, il souhaite
cependant utiliser la possibilité fiscale d’amortissement exceptionnel sur 12 mois qui lui est offerte.

Le plan d’amortissement pourra alors prendre la forme suivante :

(1) 4 000 × 0,25 × 260/360 = 722,22

Les amortissements économiquement justifiés sont ceux qui traduisent le plus fidèlement la
consommation des avantages économiques attendus (ici l’amortissement linéaire sur 4 ans).
Les amortissements fiscalement déductibles sont les amortissements autorisés par les textes
fiscaux (ici une disposition fiscale autorisant un amortissement exceptionnel sur 12 mois).

Les amortissements dérogatoires représentent la différence entre les amortissements


fiscalement déductibles (A) et les amortissements économiquement justifiés (B) :
• Si A > B, la différence constitue une dotation
• Si A < B, la différence constitue une reprise

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Série 3 : Les opérations d’inventaire - Chapitre 15 : L’amortissement et la dépréciation des immobilisations

Le traitement comptable se fera ainsi :

Année N :
31/12/N
6811 Dotations aux amortissements sur immobilisations 722,22
incorporelles et corporelles
2805 Amortissements des concessions… 722,22
Selon inventaire


68725 Dotations aux amortissements dérogatoires 2 277,78
145 Amortissements dérogatoires 2 277,78
Selon inventaire

Année N + 1 :
31/12/N+1
6811 Dotations aux amortissements sur immobilisations 1 000,00
incorporelles et corporelles
2805 Amortissements des concessions 1 000,00
Selon inventaire

Année N + 2 :
31/12/N+2
6811 Dotations aux amortissements sur immobilisations 1 000,00
incorporelles et corporelles
2805 Amortissements des logiciels 1 000,00
Selon inventaire


145 Amortissements dérogatoires 1 000,00
78725 Reprises sur amortissements
dérogatoires 1 000,00
Selon inventaire

Année N + 3 :
31/12/N+3
6811 Dotations aux amortissements sur immobilisations 1 000,00
incorporelles et corporelles
2805 Amortissements des logiciels 1 000,00
Selon inventaire


145 Amortissements dérogatoires 1 000,00
78725 Reprises sur amortissements 1 000,00
dérogatoires
Selon inventaire

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Série 3 : Les opérations d’inventaire - Chapitre 15 : L’amortissement et la dépréciation des immobilisations

Année N + 4 :
31/12/N+4
145 Amortissements dérogatoires 277,78
78725 Reprises sur amortissements 277,78
dérogatoires
Selon inventaire

La position de l’administration fiscale par rapport à la nouvelle réglementation comptable applicable


à partir du 1er janvier 2005, n’est pas encore arrêtée. Il semble que les nouvelles règles comptables
soient acceptées tout en laissant aux entreprises le bénéfice des modalités fiscales de faveur. Ainsi
ce dispositif peut être utilisé lorsque l’entreprise souhaite bénéficier des avantages du linéaire fiscal
ou du dégressif fiscal tout en considérant que l’amortissement économiquement justifié relève d’une
modalité prévue par le PCG.

D’une manière générale, les divergences entre amortissement économiques et amortissement fiscal
doivent conduire l’entreprise à utiliser fréquemment le dispositif de l’amortissement dérogatoire.

Exemple : L’entreprise CASTAING a fait l’acquisition d’un matériel industriel de 20 000 € hors taxes
le 20/05/N. La mise en service a eu lieu le 20/06/N. Le chef d’entreprise estime que l’amortissement
économiquement justifié est l’amortissement linéaire sur 5 ans. La valeur résiduelle n’est pas jugée
significative. Étant donné que ce bien est éligible à l’amortissement dégressif le chef d’entreprise a
décidé de mettre en œuvre le dispositif des amortissements dérogatoires.

Le plan d’amortissement pourra alors prendre la forme suivante :

(1) 20 000,00 × 0,35 × 7/12 = 4 083,33


(2) 20 000,00 × 0,20 × 190/360 = 2 111,11

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Série 3 : Les opérations d’inventaire - Chapitre 15 : L’amortissement et la dépréciation des immobilisations

Autre exemple : le 10/10/N, l’entreprise MAUPAS a fait l’acquisition d’un matériel industriel pour
un coût d’acquisition de 40 000 € hors taxes. L’entreprise souhaite profiter des avantages fiscaux de
l’amortissement dégressif mais considère que l’amortissement économiquement justifié est
l’amortissement par unité d’œuvre, en l’occurrence le nombre de pièces qu’elle envisage de
fabriquer avec ce matériel pendant une durée d’utilisation de 5 ans, à savoir :

Années N N+1 N+2 N+3 N+4 N+5


Pièces fabriquées 1 200 5 000 6 400 4 400 4 000 3 000

La valeur résiduelle de ce bien est estimée à 2 000 € hors taxes.

Le plan d’amortissement de ce matériel sera donc le suivant :

Base amortissable en dégressif fiscal : 40 000 €


Base amortissable par référence à une unité d’œuvre : 40 000 – 2 000 = 38 000 €

(1) Nombre d’unités d’œuvre


(2) 40 000 × 0,35 × 4/12 = 4 666,67
(3) 38 000 × (Nombre d’unités d’œuvre / 24 000)

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Série 3 : Les opérations d’inventaire - Chapitre 15 : L’amortissement et la dépréciation des immobilisations

6°) La méthode de l’amortissement par composants


a) Principes

Une immobilisation corporelle est souvent composée de plusieurs éléments ayant une valeur
significative. La valeur d’origine des immobilisations corporelles qui le nécessitent doit donc être
« éclatée » en composants.

Les composants sont les éléments principaux de l’immobilisation qui doivent faire l’objet de
remplacements à intervalles réguliers et/ou qui ont des durées d’utilisation différentes de celle de
l’immobilisation dans son ensemble. Chaque composant a une durée d’amortissement propre,
différente de celle de la « structure » de l’immobilisation.

À ce propos, le PCG précise que lorsque des éléments constitutifs d’une immobilisation amortissable
sont exploités de façon indissociable, un plan d’amortissement unique est retenu pour l’ensemble de
ces éléments. Cependant, si dès l’origine, un ou plusieurs de ces éléments ont chacun des
utilisations différentes, chaque élément est comptabilisé séparément et un plan d’amortissement
propre à chacun de ces éléments doit être obligatoirement établi.

Exemple : on peut par exemple « décomposer » une construction en trois composants en


distinguant la structure (durée d’utilisation estimée : 50 ans), les portes et fenêtres (durée
d’utilisation estimée : 20 ans) et l’ascenseur (durée d’utilisation estimée : 5 ans). Cette construction
fera donc l’objet de trois plans d’amortissement.

Le PCG précise également que les dépenses d’entretien faisant l’objet de programmes pluriannuels
de grosses réparations ou de grandes révisions en application de lois, règlements ou de pratiques
constantes de l’entreprise, doivent être comptabilisées dès l’origine comme un composant distinct de
l’immobilisation, si aucune provision pour grosses réparations ou grandes révisions n’a été
constatée.

Remarque : cette vision est conforme à la définition de l’amortissement, en tant que répartition du
coût d’une immobilisation éligible sur sa durée d’utilisation. Si une immobilisation est composée
d’éléments dont la durée de vie est distincte, il est alors logique de procéder ainsi. L’autre intérêt
réside dans le fait que l’amortissement est, une source d’autofinancement pour l’entreprise. Amortir
chaque composant sur sa durée réelle d’utilisation contribue à générer la quantité de liquidités
nécessaire pour les renouveler.

b) Application

Exemple : le 15 septembre N, l’entreprise GERMAIN a acquis et mis en service un matériel


industriel spécifique pour un coût d’acquisition de 60 000 € hors taxes, TVA 19,60 %
Certains accessoires de ce matériel devront être changés tous les deux ans afin de pouvoir maintenir
la qualité des produits. Leur valeur incluse dans le coût d’acquisition du matériel est estimée à 6 000
€. Par ailleurs les règles de sécurité propres à ce genre de matériel obligent à réviser sa structure
tous les 4 ans. La première révision programmée pour N+4 est estimée à 4 000 € hors taxes (valeur
incluse dans le coût d’acquisition du matériel). La durée d’utilisation de la structure est estimée à 8
ans.

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Série 3 : Les opérations d’inventaire - Chapitre 15 : L’amortissement et la dépréciation des immobilisations

L’entreprise GERMAIN a donc décomposé » cet immobilisation en trois composants : Structure,


Accessoires, Révision et a passé l’écriture ci-après :

15/09/N
21541 Matériel industriel - Structure 50 000,00
21542 Matériel industriel - Accessoires 6 000,00
21543 Matériel industriel – Révision 4 000,00
44562 TVA sur immobilisations 15 680,00
404 Fournisseurs d’immobilisations 60 000,00
Facture n°……

Au 31/12/N, il a été décidé d’amortir ces composants en linéaire sur leur durée d’utilisation en
considérant leur valeur résiduelle comme nulle.

Le traitement comptable des amortissements relatifs à cette immobilisation décomposée


se fera ainsi pour l’exercice N :

31/12/N
6811 Dotations aux amortissements des immobilisations 2 989,59
incorporelles
281541 Amortissements du Matériel (1) 1 822,92
industriel - Structure
281542 Amortissements du matériel (2) 875,00
industriel - Accessoires
281543 Amortissements Matériel industriel (3) 291,67
– Révision
Selon inventaire :
(1) 50 000 × 12,5 % × 3,5/12 = 1 822,92
(2) 6 000 × 50 % × 3,5/12 = 875,00
(3) 4 000 × 25 % × 3,5/12 = 291,67

7°) Les modifications du plan d’amortissement


Le plan d’amortissement déterminé à l’origine, lors de l’entrée de l’immobilisation dans le patrimoine
de l’entreprise peut être révisé s’il n’est plus approprié. La révision du plan d’amortissement est liée
soit à la modification significative des conditions d’utilisation prévue, soit à la modification de la base
amortissable.

a) Modification significative de l’utilisation prévue

Toute modification significative de l’utilisation prévue d’une immobilisation amortissable entraîne une
révision prospective de son plan d’amortissement. Les amortissements déjà constatés ne sont pas
modifiés, seules les annuités futures sont concernées.

Exemple : un matériel industriel est acquis et mis en service le 01/01/N pour 20 000 € hors taxes.
Son plan d’amortissement initial prévoyait une utilisation sur 5 ans selon le mode linéaire. Sa valeur
résiduelle est considérée comme nulle.
La demande adressée à l’entreprise s’étant fortement développée, il a été décidé au bout de 2 ans,
que l’exploitation de ce matériel ne durerait que 2 années supplémentaires (au lieu de 3). La valeur
résiduelle à l’issue du plan d’amortissement révisé est considérée comme nulle.

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Série 3 : Les opérations d’inventaire - Chapitre 15 : L’amortissement et la dépréciation des immobilisations

Le suivi comptable des modifications du plan d’amortissement peut être effectué avec le
tableau ci-après :

(1) 20 000 × 20 % = 4 000


(2) La VNC au 31/12/N+1 est devenue la base amortissable, car c’est ce montant qu’il reste à amortir en linéaire sur 2 ans
(3) 12 000 × 50 % = 6 000

c) Modification de la base amortissable

La base amortissable peut être augmentée soit diminuée ;


Une diminution de la base amortissable provient de la constatation d’une dépréciation (voir à ce
propos § II)

Une augmentation de la base amortissable peut provenir :


• de dépenses ultérieures qui améliorent l’état ou la performance de l’immobilisation ;
• du renouvellement d’un composant dont le coût est supérieur à ce qu’il était au moment de
l’acquisition de l’immobilisation ;
• de la remise en cause d’une dépréciation antérieurement constatée (voir à ce propos § II).

8°) Rôle économique et financier de l’amortissement


L’amortissement permet de répartir le coût d’acquisition ou de production d’une immobilisation sur
sa durée d’utilisation. En effet, l’entrée d’un bien d’investissement dans le patrimoine de l’entreprise
est sans incidence directe sur le résultat de l’exercice : à l’exception des biens de faible valeur
unitaire, le coût d’entrée d’un bien durable est enregistré au débit d’un compte d’immobilisations, et
pas d’un compte de charges. L’investissement n’est pas une consommation définitive. La technique
de l’amortissement permet de « consommer progressivement » l’immobilisation.

En l’absence d’une telle technique comptable, une dépense d’investissement engagée en N,


contribuant à l’exploitation de l’entreprise pendant plusieurs années, aboutirait à pénaliser fortement
le résultat de l’exercice d’acquisition et aucunement les exercices suivants alors que ceux-ci ont
également bénéficié de cet actif et ont contribué à le « consommer ».

Les dotations aux amortissements sont des charges calculées. Cela signifie qu’elles donnent lieu à
aucun décaissement, mais qu’en tant que charges, elles contribuent à minimiser le résultat de
l’entreprise qui sert lui-même de base de calcul à l’impôt sur les bénéfices.

En minimisant le résultat, les dotations aux amortissements réduisent la base de calcul de l’impôt
sur les sociétés et les possibilités de distribution des bénéfices aux associés. Les économies d'impôt
et de distributions de bénéfices ainsi réalisées pourront servir de ressources d’autofinancement
destinées à participer au financement du renouvellement des immobilisations.

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Série 3 : Les opérations d’inventaire - Chapitre 15 : L’amortissement et la dépréciation des immobilisations

L’amortissement est par ailleurs un « correcteur d’évaluation » dans la mesure où il permet de


contribuer à l’objectif d’image fidèle que doivent donner les comptes.

On peut résumer le rôle de l’amortissement dans le schéma ci-après :

Rôle de l’amortissement

Disposition légale visant à


stimuler l’investissement

Technique permettant Technique permettant de Technique permettant de


d’étaler le coût d’une constituer des ressources respecter le principe
immobilisation sur sa durée d’autofinancement pour comptable fondamental de
d’utilisation faciliter le renouvellement prudence et l’objectif
des immobilisations d’image fidèle que doivent
donner les comptes.

L’amortissement contribue donc à un « lissage » des résultats de l’entreprise, plus propice à une
juste interprétation financière de ses performances économiques.

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Série 3 : Les opérations d’inventaire - Chapitre 15 : L’amortissement et la dépréciation des immobilisations

II La dépréciation des immobilisations incorporelles ou


corporelles
1°) Notion de dépréciation
La dépréciation d’une immobilisation incorporelle ou corporelles est la constatation que sa valeur
actuelle est devenue inférieure à sa valeur nette comptable.

L’entreprise doit apprécier à la clôture de chaque exercice, et pour chaque immobilisation


incorporelle ou corporelle, amortissable ou non amortissable s’il existe un indice quelconque
montrant que l’élément concerné a perdu notablement de sa valeur.

Les indices de perte de valeur peuvent être externes ou internes :


• indices externes : baisse significative de la valeur de marché de l’immobilisation concernée,
changements importants dans l’environnement technologique, économique ou juridique de
l’entreprise.
• indices internes : obsolescence de l’immobilisation concernée, dégradation physique,
performances inférieures aux prévisions, abandon ou restructuration d’activités……

La valeur actuelle est, de la valeur vénale ou de la valeur d’usage celle qui est la plus élevée :
• la valeur vénale est le montant qui pourrait être obtenu, à la date de clôture, de la vente de
l’immobilisation lors d'une transaction conclue à des conditions normales de marché, net des
coûts de sortie.
• la valeur d'usage est la valeur des avantages futurs attendus de son utilisation et de sa
sortie. Elle est calculée à partir des estimations des avantages économiques futurs attendus.
Autrement dit, par référence aux flux nets de trésorerie attendus.
Dans la pratique la valeur d’usage peut s’avérer délicate à évaluer. On peut donc supposer que
l’entreprise retiendra le plus souvent la valeur vénale comme valeur actuelle.

2°) La détermination de la dépréciation


À l’inventaire, lorsqu’un indice de perte de valeur est détecté l’entreprise doit procéder à un test de
dépréciation. Concrètement, cela consiste à comparer la valeur actuelle de l’immobilisation à sa
valeur nette comptable. Le test peut cependant révéler ou ne pas révéler de dépréciation ainsi que
le montre le schéma ci-après :

© Didier CHADOURNE / CNAM – INTEC - 20 -


Série 3 : Les opérations d’inventaire - Chapitre 15 : L’amortissement et la dépréciation des immobilisations

Oui Indice de Non


perte de
valeur ?

Valeur Non
actuelle <
VNC ?

Oui

L’immobilisation subit une dépréciation Il n’y a pas de dépréciation à


calculée ainsi : constater pour l’exercice
Dépréciation = Valeur actuelle - VNC concerné

Rappel : La valeur actuelle est, de la valeur vénale ou de la valeur d’usage celle qui est la plus
élevée.

Exemple : Un matériel industriel d’un montant de 50 000 € hors taxes a été mis en service le
01/01/N. Il fait l’objet d’un amortissement linéaire sur 5 ans. Fin N+1, l’entreprise constate que les
performances de ce matériel sont moins importantes que prévu. Un expert consulté sur le problème
a estimé la valeur vénale de cette machine à 26 000 € au 31/12/N+1. Pour déterminer sa valeur
d’usage au 31/12/N+1, l’entreprise a fait les prévisions suivantes actualisées au taux de 7 % :

Années N+1 N+3 N+4


Flux nets de trésorerie attendus de l’exploitation de la machine 9 000 € 10 000 € 10 000 €
-1 -2
Coefficient d’actualisation 1,07 1,07 1,07 - 3
Flux nets de trésorerie actualisés 8 411,21 8 734,39 8 162,98
Valeur d’usage = Somme des flux nets de trésorerie actualisés 25 308,58

On constate que la valeur vénale de ce matériel est supérieure à sa valeur d’usage. La valeur
actuelle de ce bien est donc sa valeur vénale.

Sachant qu’au 31/12/N+1, ce bien a fait l’objet de 2 annuités d’annuités d’amortissement, sa VNC
au 31/12/N+1 est de 50 000 × 3/5 = 27 000 €.

Au 31/12/N+1, ce bien doit faire l’objet d’une dépréciation de 27 000 € - 26 000 € = 1 000 €

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Série 3 : Les opérations d’inventaire - Chapitre 15 : L’amortissement et la dépréciation des immobilisations

3°) La dépréciation des immobilisations incorporelles ou corporelles non


amortissables
Exemple : à l’inventaire du 31/12/N-1 l'entreprise MEDERIC a eu connaissance d’un indice externe
de perte notable de valeur pour un terrain lui appartenant et qu’elle a acquis pur 60 000 € courant
N-4. Concrètement, un projet d'autoroute passant à proximité de ce terrain, a conduit l’entreprise à
estimer la valeur actuelle de celui-ci au 31/12/N-1 à 42 000 €.

• Au 31/12/N-1, ce constat s’est traduit par l’enregistrement comptable suivant :

31/12/N-1
6816 Dotations pour dépréciation des immobilisations 18 000,00
incorporelles et corporelles 18 000,00
2911 Dépréciations des terrains
Selon inventaire (60 000 – 42 000)

Le compte de dépréciation est un compte d'actif soustractif


que l'on forme en prenant le numéro du compte concerné par
la dépréciation et en mettant un « 9 » en deuxième position.

Courant N on suppose que les autorités ont abandonné le projet d'autoroute.

Au 31/12/N, l’abandon du projet, et les conditions actuelles du marché ont conduit l’entreprise à
estimer la valeur actuelle de son terrain à 62 000 €. La valeur actuelle de ce bien (62 000 €) est
donc supérieure à sa valeur nette comptable 5 (60 000 €). La dépréciation constatée en N-1 est
devient sans objet ; il faut alors l’annuler, autrement dit la rapporter au résultat.

• Au 31/12/N, ce constat doit se traduire par l’enregistrement comptable suivant :

31/12/N
2911 Dépréciations des terrains 18 000,00
7816 Reprises sur dépréciations 18 000,00
des immobilisations
incorporelles et corporelles
Selon inventaire (dépréciation sans objet)

Autre exemple : à l’inventaire du 31/12/N-1, l'entreprise MAUREL a estimé qu'un projet


d'implantation d’une grande surface a proximité de son magasin porte la valeur actuelle de son
fonds commercial à 200 000 €. Cet actif incorporel avait été acquis pour 240 000 € en N-5.

Au 31/12/N-1, ce constat s’est traduit par l’enregistrement comptable suivant :

31/12/N-1
6816 Dotations pour dépréciations des immobilisations 40 000,00
incorporelles et corporelles
2907 Dépréciation du fonds commercial 40 000,00
Selon inventaire (240 000 – 200 000)

5
La valeur nette comptable d’une immobilisation non amortissable est égale à sa valeur d’origine.

© Didier CHADOURNE / CNAM – INTEC - 22 -


Série 3 : Les opérations d’inventaire - Chapitre 15 : L’amortissement et la dépréciation des immobilisations

Lors de l’inventaire de l’exercice N, il est constaté que le projet est de moins grande envergure que
prévu ; l'entreprise MAUREL estime alors la valeur actuelle de son fonds commercial à 222 000 €.

Au 31/12/N, ce constat doit se traduire par l’enregistrement comptable suivant :

31/12/N
2907 Dépréciation du fonds commercial 18 000,00
7816 Reprises sur dépréciations 18 000,00
des immobilisations incorporelles
et corporelles
Selon inventaire [(240 000 - 222 000) – 40 000]

4°) La dépréciation des immobilisations incorporelles ou corporelles


amortissables
Exemple : l’entreprise ASTIER a acheté et mis en service un matériel industriel le 01/09/N. Au
31/12/N, il a été décidé d’amortir ce bien Il fait l’objet d’un amortissement linéaire sur 5 ans. Sa
valeur résiduelle est considérée comme nulle.

On suppose que ce bien fera l’objet à l’inventaire, de tests de dépréciation qui révéleront les valeurs
actuelles suivantes :

Années Valeur
(Fin) actuelle

N 11 200 €
N+1 8 600 €
N+2 6 500 €
N+3 4 000 €
N+4 1 600 €
N+5 0€

Le plan d’amortissement prévu à l’origine est le suivant :

Amortissements
VNC fin
Années Base de calcul
Dotations Cumuls d’exercice

N 12 000 (1) 800 800 11 200


N+1 12 000 2 400 3 200 8 800
N+2 12 000 2 400 5 600 6 400
N+3 12 000 2 400 8 000 4 000
N+4 12 000 2 400 10 400 1 600
N+5 12 000 (2) 1 600 12 000 0
(1) 12 000 × 20 % × 4/12 = 800 (2) 2 400 – 800 = 1 600

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Série 3 : Les opérations d’inventaire - Chapitre 15 : L’amortissement et la dépréciation des immobilisations

Le suivi des modifications du plan d’amortissement et de la dépréciation de


l’immobilisation peut être réalisé à l’aide du tableau ci-dessous :

Valeur d’origine – Amortissements


cumulés - Dépréciation cumulée

VNC
Rappel Amortissements Dépréciation
Calcul des Valeur retenue au
Années VNC plan
amortissements actuelle pour le
(Fin) d’origine Dotations (+)
Dotations Cumuls estimée Cumul Bilan au
(1) Reprises (-) 31/12

N 11 200 12 000 × 20 % × 4/12 800 800 11 200 0 0 11 200


N+1 8 800 12 000 × 20 % 2 400 3 200 8 600 + 200 200 8 600
N+2 6 400 8 600 × 12 / 44 2 345 5 545 6 500 - 145 55 6 400
N+3 4 000 6 400 × 12 / 32 2 400 7 945 4 000 0 55 4 000
N+4 1 600 4 000 × 12 / 20 2 400 10 345 1 600 0 55 1 600
N+5 0 1 600 × 8/8 1 600 11 945 0 0 55 0

Remarque : la VNC prévue par le plan d’origine constitue une VNC plafond.

Année Suivi de l’immobilisation

La base amortissable est la valeur d’origine.


La valeur actuelle estimée (11 200 €) est égale à la VNC prévue par le plan
d’amortissement d’origine (11 200 €) ; en conséquence :
N • Seule la dotation aux amortissements prévue par le plan d’origine est à constater
• La VNC de fin d’exercice retenue est calculée ainsi :
VNC fin retenue = Valeur d’origine – Amortissements cumulés - Dépréciation cumulée

La base amortissable est inchangée (Valeur d’origine)


La valeur actuelle estimée (8 600 €) est inférieure à la VNC prévue par le plan d’origine
(8 400 €) ; en conséquence :
• Il faut constater une dépréciation égale à la différence entre ces deux valeurs soit :
N+1 8 800 – 8 600 = 200
• La VNC de fin d’exercice retenue est calculée ainsi :
VNC fin retenue = Valeur d’origine – Amortissements cumulés - Dépréciation cumulée

• La VNC fin d’exercice retenue devient la base amortissable de l’exercice suivant

La base amortissable est la VNC de fin d’exercice précédent ; en conséquence :


• Il faut constater une dotation aux amortissements proportionnelle à la durée restant à
couvrir (44 mois dans notre exemple, décomptés du 1er janvier N+2 au 1er septembre
N+2).
La valeur actuelle estimée (6 500 €) est supérieure à la VNC prévue par le plan d’origine
(6 400 €); en conséquence :
N+2 • La VNC du plan d’origine constituant une VNC plafond, c’est elle qui doit être retenue ;
• On doit donc contrôler que :
Valeur d’origine – Amortissements cumulés - Dépréciation cumulée = VNC fin retenue
12 000 – 5 545 – Dépréciation cumulée = 6 400
D’où : Dépréciation cumulée = 55
Il est donc nécessaire d’ajuster la dépréciation par une reprise de 200 – 55 = 145 pour ajuster la
dépréciation à 55

• La VNC fin retenue devient la base amortissable de l’exercice suivant.

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Série 3 : Les opérations d’inventaire - Chapitre 15 : L’amortissement et la dépréciation des immobilisations

La base amortissable est la VNC de fin d’exercice précédent ; en conséquence :


• Il faut constater une dotation aux amortissements proportionnelle à la durée restant à
couvrir (32 mois dans notre exemple, décomptés du 1er janvier N+3 au 1er septembre
N+3).
La valeur actuelle estimée (4 000 €) est égale la VNC prévue par le plan d’amortissement
N+3 d’origine (4 000 €) ; en conséquence :
• La VNC du plan d’origine constituant une VNC plafond, c’est elle qui doit être retenue ;
• On doit donc contrôler que :
Valeur d’origine – Amortissements cumulés - Dépréciation cumulée = VNC fin retenue
12 000 – 7 945 – Dépréciation cumulée = 4 000
D’où : Dépréciation cumulée = 55
Il est donc pas nécessaire d’ajuster la dépréciation

La base amortissable est la VNC de fin d’exercice précédent ; en conséquence :


• Il faut constater une dotation aux amortissements proportionnelle à la durée restant à
couvrir (20 mois dans notre exemple, décomptés du 1er janvier N+4 au 1er septembre
N+4).
La valeur actuelle estimée (1 600 €) est égale la VNC prévue par le plan d’amortissement
N+4 d’origine (1 600 €) ; en conséquence :
• La VNC du plan d’origine constituant une VNC plafond, c’est elle qui doit être retenue ;
• On doit donc contrôler que :
Valeur d’origine – Amortissements cumulés - Dépréciation cumulée = VNC fin retenue
12 000 – 10 345 – Dépréciation cumulée = 1 600
D’où : Dépréciation cumulée = 55
Il est donc pas nécessaire d’ajuster la dépréciation

La base amortissable est la VNC de fin d’exercice précédent ; en conséquence :


• Il faut constater une dotation aux amortissements proportionnelle à la durée restant à
couvrir (8 mois dans notre exemple, décomptés du 1er janvier N+5 au 1er septembre
N+5).
La valeur actuelle estimée (0) est égale la VNC prévue par le plan d’amortissement
N+5 d’origine (0) ; en conséquence :
• La VNC du plan d’origine constituant une VNC plafond, c’est elle qui doit être retenue ;
• On doit donc contrôler que :
Valeur d’origine – Amortissements cumulés - Dépréciation cumulée = VNC fin retenue
12 000 – 11 945 – Dépréciation cumulée = 0
D’où : Dépréciation cumulée = 55
Il est donc pas nécessaire d’ajuster la dépréciation

Les enregistrements comptables successifs seront les suivants :

Au 31/12/N :
31/12/N

6811 Dotations aux amortissements des immobilisations 800,00


incorporelles et corporelles
28154 Amortissements du matériel 800,00
industriel
Selon inventaire

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Série 3 : Les opérations d’inventaire - Chapitre 15 : L’amortissement et la dépréciation des immobilisations

Au 31/12/N + 1 :
31/12/N+1

6811 Dotations aux amortissements des immobilisations 2 400,00


incorporelles et corporelles
28154 Amortissements du matériel 2 400,00
industriel
Selon inventaire

6816 Dotations pour dépréciation des immobilisations 200,00


incorporelles et corporelles
29154 Dépréciations du matériel 200,00
industriel
Selon inventaire

Au 31/12/N + 2 :
31/12/N+2

6811 Dotations aux amortissements des immobilisations 2 345,00


incorporelles et corporelles
28154 Amortissements du matériel 2 345,00
industriel
Selon inventaire

29154 Dépréciations du matériel industriel 145,00


7816 Reprises sur dépréciations des 145,00
immobilisations incorporelles et
corporelles
Selon inventaire

Au 31/12/N + 3 :
31/12/N+3

6811 Dotations aux amortissements des immobilisations 7 945,00


incorporelles et corporelles
28154 Amortissements du matériel 7 945,00
industriel
Selon inventaire

Au 31/12/N + 4 :
31/12/N+4

6811 Dotations aux amortissements des immobilisations 10 345,00


incorporelles et corporelles
28154 Amortissements du matériel 10 345,00
industriel
Selon inventaire

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Série 3 : Les opérations d’inventaire - Chapitre 15 : L’amortissement et la dépréciation des immobilisations

Au 31/12/N + 5 :

31/12/N+5

6811 Dotations aux amortissements des immobilisations 11 945,00


incorporelles et corporelles
28154 Amortissements du matériel 11 945,00
industriel
Selon inventaire

5°) Rôle économique et financier des dépréciations


La constatation d’une dépréciation ou son ajustement permet aussi de « corriger » la valeur d’une
immobilisation afin de respecter l’objectif d’image fidèle que doivent donner les comptes. En tant
que charge calculée, une dotation pour dépréciation joue dans le même sens qu’une dotation aux
amortissements sur le niveau des ressources d’autofinancement de l’entreprise.

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Série 3 : Les opérations d’inventaire - Chapitre 15 : L’amortissement et la dépréciation des immobilisations

III Les amortissements et les dépréciations dans les


documents de synthèse
1°) Au niveau du compte de résultat
Le compte de résultat recense les dotations et les reprises de l’exercice. Il s’agit de charges et de
produits calculés qui auront un impact direct sur le niveau du résultat.

DÉBIT Compte de résultat au 31/12/N CRÉDIT


Charges Exercice Exercice Produits Exercice Exercice
N N-1 N N-1

Charges d'exploitation Produits d’exploitation


(Comptes 60 à 65 + 681) (Comptes 70 à 75 + 781 + 791)
…………………………………………… ……………………………………………
…………………………………………… ……………………………………………
…………………………………………… ……………………………………………
Dotations aux amortissement des × × Reprises sur amortissements
immobilisations…… (Compte 6811) et dépréciations (Comptes 7811 et × ×
Dotations pour dépréciations des 7816).
× ×
immobilisations……(Compte 6816)

Charges financières Produits financiers


(Comptes 66 + 686) (Comptes 76 + 786 + 796)

Charges exceptionnelles Produits exceptionnels


(Comptes 67 + 687) (Comptes77 + 787 + 797)
…………………………………………… ……………………………………………
…………………………………………… ……………………………………………
Dotations au amortissements Reprises sur amortissements × ×
dérogatoires (Compte 68725)
× × dérogatoires (Compte 78725)

Participation des salariés aux


résultats
(Compte 691)

Impôt sur les bénéfices


(Comptes 695 + 697)

Total des charges Total des produits


Solde créditeur = bénéfice Solde débiteur = perte
Total général Total général

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Série 3 : Les opérations d’inventaire - Chapitre 15 : L’amortissement et la dépréciation des immobilisations

2°) Au niveau du bilan

a) À l’actif

Les amortissements cumulés et les dépréciations cumulées sont des actifs soustractifs car ils sont
« correcteurs de valeur » :

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Série 3 : Les opérations d’inventaire - Chapitre 15 : L’amortissement et la dépréciation des immobilisations

b) Au passif

Les amortissements dérogatoires sont assimilés à des capitaux propres car ils permettent de
renforcer les ressources de financement interne :

ACTIF BILAN (Extrait) au 31/12/N PASSIF


Net Net
PASSIF Exercice Exercice
N N-1

CAPITAUX PROPRES

Capital
Réserves
Résultat de l’exercice
Report à nouveau
Subventions d’investissement
Amortissements dérogatoires (1) × ×

Solde du compte 145 au 31/12/N après


inventaire

Solde du compte 145 au 31/12/N-1


après inventaire

(1) Les amortissements dérogatoires sont en fait regroupés avec les provisions réglementées (voir chapitre suivant) dans une
rubrique appelée « Provisions réglementées »

3°) Au niveau de l’annexe


Au niveau de l’annexe, le tableau des amortissements et le tableau des dépréciations retracent les
mouvements d’amortissements et les mouvements de dépréciations de l’exercice.

Tableau des amortissements au 31/12/N


SITUATIONS
A B C D
ET MOUVEMENTS
AMORTISSEMENTS AUGMENTATIONS : DIMINUTIONS AMORTISSEMENTS
RUBRIQUES CUMULES AU DOTATIONS D'AMORTISSEMENTS CUMULES A LA FIN
DEBUT DE L'EXERCICE DE L'EXERCICE DE L'EXERCICE
DE L'EXERCICE

Immobilisations incorporelles ...............


Immobilisations corporelles .................
Immobilisations financières..................

TOTAL ....................................

Les amortissements cumulés à la fin de l’exercice sont égaux à la somme algébrique des colonnes précédentes (A + B - C =
D).

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Série 3 : Les opérations d’inventaire - Chapitre 15 : L’amortissement et la dépréciation des immobilisations

Tableau des dépréciations au 31/12/N


SITUATIONS
A B C D
ET MOUVEMENTS
DEPRECIATIONS AUGMENTATIONS : DIMINUTIONS DEPRECIATION
RUBRIQUES AU DEBUT DOTATIONS REPRISES A LA FIN
DE L'EXERCICE DE L'EXERCICE DE L'EXERCICE DE L'EXERCICE

Immobilisations corporelles .................


Immobilisations incorporelles ...............

TOTAL ....................................

Le montant des dépréciations à la fin de l’exercice est égal à la somme algébrique des colonnes précédentes (A + B - C = D).

L’annexe doit par ailleurs comporter les informations suivantes, dès lors qu’elles sont significatives :

a) Concernant les amortissements

Pour chaque catégorie d’immobilisations, une information est fournie sur :


• l’utilisation ou les taux d’amortissement utilisés ;
• les modes d’amortissement utilisés ;
• le(s) poste(s) du compte de résultat dans le(s)quel(s) est incluse la dotation aux
amortissements ;
• la nature et l’incidence d’un changement d’estimation comptable ayant un impact significatif
sur l’exercice ou dont on peut s’attendre à ce qu’il ait un impact significatif sur les exercices
ultérieurs ;
• En cas de comptabilisation séparée des différents éléments d’un actif du fait d’utilisations
différentes, indication de la valeur brute, de l’utilisation ou du taux d’amortissement et du
mode d’amortissement utilisé pour chacun des éléments.

b) Concernant les dépréciations

Pour les dépréciations comptabilisées ou reprises au cours de l’exercice pour des montants
individuellement significatifs, une information est fournie sur :
• le montant de la dépréciation comptabilisée ou reprise ;
• la valeur actuelle retenue : valeur vénale ou valeur d’usage ; si la valeur vénale est retenue, la
base utilisée pour déterminer ce prix (par référence à un marché actif ou de toute autre façon) ;
si la valeur d’usage est retenue, les modalités de détermination de celle-ci,
• le(s) poste(s) du compte de résultat dans le(s)quel(s) est incluse la dotation ;
• les événements et circonstances qui ont conduit à comptabiliser ou à reprendre la dépréciation.

c) Concernant le rapprochement entre les valeurs comptables à l’ouverture et à la clôture


de l’exercice.

Un rapprochement entre les valeurs comptables à l’ouverture et à la clôture de l’exercice, doit faire
apparaître :
• les amortissements comptabilisés au cours de l’exercice ;
• les dépréciations comptabilisées au cours de l’exercice ;
• les dépréciations reprises au cours de l’exercice ;
En outre, pour chaque catégorie d’actifs, corporels et incorporels, une information est fournie sur la
valeur brute comptable et le cumul des amortissements (regroupé avec le cumul des dépréciations)
à l’ouverture et à la clôture de l’exercice.

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