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Rachid benzine : politologue- islamologue - écrivain :

La réflexion sur l’après COVID19 est une très bonne initiative qui ne fera que renforcer la pro
activité et la programmation d’une approche différente dans les secteurs où les acteurs
publics et privés ont failli.
Voici mes propositions sur deux secteurs qui me paraissent prioritaires avec la santé.

-Deux secteurs a développer : la fiction TV et l’enseignement supérieur et recherches


scientifique au Maroc.

TV : La production audiovisuelle, et en particulier celle de séries télévisées, est un des


vecteurs possibles, pour le Royaume, d’exporter sa culture et augmenter en visibilité sur la
scène internationale.

Cette stratégie a en effet été testée avec succès par la Turquie , et la Corée du Sud , mais
aussi plus récemment par les monarchies du Golfe . La pro activité de ces dernières crée
par ailleurs, en relation avec l’arrivée des acteurs de la SVOD au sein du Moyen-Orient, un
contexte particulièrement porteur.

Il paraît donc indispensable pour la Maroc de saisir cette opportunité en investissant


massivement pour favoriser l’émergence d’une industrie audiovisuelle puissante et capable
de faire rayonner les spécificités de la culture marocaine, au sein du Maghreb, du Moyen-
Orient, et du monde entier. Pour cela, il pourra s’appuyer sur certains modèles
expérimentés avec succès par ses prédécesseurs (CCL).

Enseignement supérieur et la recherche scientifique :

Dans un pays comme le Maroc, alors que le nombre d’étudiants explose en suite de la forte
croissance démographique, l'enseignement supérieur occupe certes une place importante
l'on peut apprécier à partir de quelques données globales, mais les efforts structurels pour
armer le Royaume face aux défis de l’efficacité de sons système universitaire et
d’enseignement supérieur pour une meilleure employabilité de ses étudiants dans un
contexte de globalisation sont énormes.

En ajoutant les étudiants en formation professionnelle, formation des cadres, au total 1,7
million d'étudiants sachant qu'en 2018-2019, ils étaient 1,5 million d'étudiants.
- + de 1,7 millions étudiants, 14 400 enseignants de toutes catégories, 2864
personnels administratifs selon les sources disponibles par le même Ministère
(source : L’enseignement supérieur en chiffres 2018-2019)

- Pour le budget de l'État c'est une dépense annuelle c’est une enveloppe
équivalente à 5% du PIB.

o Une somme qui va à 80% dans la masse salariale et dans les différentes dépenses
salariales du département. Dans le cadre de la réforme 2019-2030 voulue pour le secteur,
le ministère de tutelle estime le besoin à 10 milliards de dollars annuellement.

o En 2018, le chef du gouvernement a accordé 5 milliards de dollars supplémentaires


au Ministère de l'Education Nationale, de la Formation professionnelle, de l'Enseignement
Supérieur et de la Recherche Scientifique.

Dans son rapport publié en 2018, l’OCDE avait remarqué que le budget
alloué au secteur ne donnait pas la satisfaction attendue. Le retour sur
investissement reste globalement en deçà des attentes. Le Maroc fait moins
bien que la moyenne des pays arabes, même avec l’un des budgets les plus
importants. Le FMI avait même signalé qu’avec le même budget par élève, il
était possible d’améliorer le score du Maroc en la matière de 50 points. Il
suffirait seulement d’une meilleure gouvernance.

Il va sans dire que les autres chantiers, que je laisse aux spécialistes, comme la santé, ont
besoin d’une réflexion profonde. Je suis certain que cette plateforme saura, lors de la
synthèse, enrichir le débat public pour que demain, soit le demain de tous les marocains et
où chacun aura montré, non seulement son souci de trouver des solutions, mais surtout son
attachement et son amour à ce pays qui ne pourra avancer que grâce à ses citoyens.

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