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Introduction

Les sociétés commerciales sont des groupements d’intérêt économique


nées d’un contrat entre personnes décidant de s’associer de partager les
bénéfices résultant de leur activité. Selon l’acte OHADA relatifs aux droits des
sociétés commerciales, l’on peut constater que toute société commerciale est
régie par des règles bien précises dont la violation représente directement une
infraction.
Cependant, deux types de sociétés viennent à se démarquer compte tenu
de leur nature et des infractions auxquelles elles sont soumises ; ce sont les
sociétés de fait et créées de fait.
Il s’agira pour nous ici d’étudier dans un premier temps les sociétés créées
de fait par leur mode de création, leur régime fiscal et juridique, puis enfin
d’apprécier les différences de celles-ci avec les sociétés de fait.

Source : acte OHADA relatif aux droits des sociétés commerciales et au groupement d’intérêt
économique, articles 864_ 865_ 866_ 867_ 868 ;
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Articles 1832_ 115 du code civil français ;
Chapitre 1 : Les sociétéscréée de fait

I / Définition

L’intérêt de la constitution d’une société repose souvent sur la volonté de


s’associer. Cependant, des cas existent où une société est créée sans que cela
soit légalement, juridiquement ou même volontairement souhaité.
C’est le cas d’une société créée de faitqui naît d’une situation et non d’un
acte ; cas où des personnes se comportent et agissent à l’égard des tiers comme
de véritables associés.

Il y a société créée de fait, lorsque deux ou plusieurs personnes physiques


ou morales se comportent comme des associés sans avoir constitué entre elles
l’une des sociétés reconnues par l’Acte uniforme révisé relatif au droit des
sociétés commerciales et au groupement d’intérêt économique. 
Une société créée de fait apparaît le plus souvent lorsqu’un conflit
d’intérêt naît entre ces personnes ou qu’un créancier les poursuit en paiement ou
que l’administration constate à l’évidence qu’il y a une société créée de fait.

II / Dispositions Générales

1- Les associés
La plupart du temps, une société créée de fait résulte de la volonté de
prouver son existence (puisqu’aucun acte juridique ne l’établit). Ainsi, celui qui
souhaite démontrer qu’elle existe doit en rapporter la preuve.
Cette preuve repose sur 3 critères, qui sont les éléments constitutifs du
contrat de société: des apports en société, l’intention de s’associer, et la
volonté de partager les bénéfices et les pertes.

2-Les apports
Source : acte OHADA relatif aux droits des sociétés commerciales et au groupement d’intérêt
économique, articles 864_ 865_ 866_ 867_ 868 ;
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Articles 1832_ 115 du code civil français ;
Le juge n’impose aucune date de dépôt d’apport comme d’autres types de
société. L’apport peut être effectué à n’importe quel moment de l’existence de la
société créée de fait et peut revêtir la forme d’un apport en nature, en numéraire
ou en industrie.
Cependant, l’apport en industrie ne consiste pas en l’exécution de simples
tâches matérielles mais dans une participation aux activités productives de la
société et à sa direction effective. De plus, un prêt n’est pas un apport s’il n’y a
pas de participation aux pertes et aux bénéfices par le prêteur.

3- La volonté de partager les bénéfices et les pertes


Le juge estime qu’une société créée de fait ne saurait être constituée si le
groupement de personnes n’est pas constitué en vue de réaliser des bénéfices.
La seule réalisation d’un profit suffit à prouver ce critère.

4- L’affectio societatis
L’affectio societatis se définit comme la volonté de s’associer dans un
intérêt commun. Il est très important de réussir à prouver ce critère, sans lequel
aucune société ne pourrait exister.L’apparence du groupement et son
comportement peuvent suffire pour un tiers, de bonne foi, à prouver l’affectio
societatis.

Cas particulier : Société créée de fait entre concubins

Source : acte OHADA relatif aux droits des sociétés commerciales et au groupement d’intérêt
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Ce qui entraîne la création d’une société créée de fait chez deux
concubins, ça n’est pas seulement leur commun intérêt mais aussi leur intention
de mettre en communs tous les produits de l’activité conjointe et d’en
partager les bénéfices et les pertes.
Cas qui excluent la société créée de fait entre deux concubins :

 La participation financière à la réalisation d’un projet ;


 La participation financière à l’édification ou la rénovation de l’immeuble
dans lequel vivaient les concubins ;
 La mise en commun de revenus en rapport avec la vie de couple ;
 La communauté de vie accompagnée d’une participation aux travaux
d’une exploitation agricole.

Pour que la société soit créée de fait, les concubins doivent avoir conclu et
exécuté, de façon tacite, une convention qui comporte les apports, un partage
des bénéfices et l’affectio societatis. De plus, il doit être établi clairement que
les concubins aient la volonté de collaborer sur un pied d’égalité à un projet
commun.
Cependant, les apports en industrie ne peuvent se résumer à une simple aide
occasionnelle ou des tâches d’exécution matérielle. Ils doivent correspondre à
une participation à la direction effective de la société.
 

III /  Régime fiscal d’une société créée de fait

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Articles 1832_ 115 du code civil français ;
Les bénéfices réalisés par les sociétés créées de fait sont imposés selon
les règles applicables aux sociétés en participation. Ces sociétés relèvent donc
du régime des sociétés de personne.
Lorsqu’une société est soumise au régime des sociétés de personnes, les
bénéfices qu’elle réalise sont directement imposés pour le compte des
associés. S’il s’agit d’une personne physique, sa quote-part de bénéfice ou de
déficit sera réintégrée sans le revenu global de son foyer fiscal. Et si l’associé est
une personne morale (une société), sa quote-part de bénéfice ou de déficit sera
réintégrée dans son résultat et imposée pour son compte.
Les sociétés créées de fait peuvent opter pour l’impôt sur les sociétés.
Dans cette situation, les bénéfices sont soumis à cet impôt au niveau de la
société.
 
IV / La responsabilité des dirigeants

Ce qui caractérise la société créée de fait c’est aussi : l’obligation


personnelle et solidaire de tous les associés à l’égard des tiers lors d’une
décision.
Ça signifie que si un associé prend une décision (pour le compte de
l’activité commune) avant la reconnaissance de la société, tous les autres
associés seront également tenus des conséquences de cette décision, et seront
donc responsables personnellement et solidairement vis-à-vis des tiers.

Chapitre 2 : Les sociétés de fait

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Articles 1832_ 115 du code civil français ;
I / Définition

Il y a société de fait, lorsque deux ou plusieurs personnes physiques ou


morales ont constitué entre elles l’une des sociétés reconnues par le présent Acte
uniforme mais qui comporte un vice de formation non régularisé ou ont
constitué entre elles une société non reconnue par le même Acte.

Cette définition est à combiner avec la disposition de l’article 115, qui


prévoit également l’hypothèse où les associés ont souhaité créer une société,
mais n’ont pas établi par écrit le contrat de société (ou, le cas échéant l’acte
unilatéral de volonté).

II / Fonctionnement d’une société de fait

Différentes possibilités ont valu un tel statut à une société. Généralement,


il est lié à l’insuffisance de conformité à la loi en vigueur se rapportant à la
création de société. Le code du commerce est souvent pris comme référence
dans de telles situations. Une déclaration de nullité est donc ordonnée par le
tribunal compétent bien qu’elle ait déjà fonctionné.

Mais ce statut n’est pas toujours lié au manquement à un des dispositifs de


la loi de création d’une entreprise. Il se peut aussi qu’une société est dite de fait
à cause d’une décision prise par ses fondateurs.

Une société de fait fonctionne sous la direction des associés. Il est à


souligner que ces derniers doivent être au nombre minimum de 2. Ces
personnes doivent jouir pleinement de leur capacité dans le domaine du
commerce. Ce qui sous-entend qu’ils doivent tout d’abord être majeurs et
disposer de tous leurs droits, notamment celui de gérer une entreprise.Il est à
noter qu’un engagement illimité sur le patrimoine personnel de chacun des
associés est exigé en cas de créanciers.

III /La fiscalité et la juridiction pour une société de fait

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Articles 1832_ 115 du code civil français ;
Comme toutes les autres sociétés, il est important de répondre aux
exigences indiquées dans l’article 1832 du code civil. En revanche, une société
de fait présente des caractéristiques juridiques particulières. En effet, elle ne
possède pas d’immatriculation au registre du commerce et des sociétés étant
donné qu’elle est frappée d’annulation et qu’elle n’a aucune personnalité
morale.

En cas de quête de reconnaissance fiscale, deux personnes qui sont


chacune immatriculées peuvent effectuer une déclaration auprès du CFE
(Centre de Formalités des Entreprises). Il n’y a, dans cette action, nul besoin
d’une forme de reconnaissance relevant du domaine juridique concernant la
société de fait.

En tout cas, les différents membres doivent être soumis à l’impôt sur le


revenu.

Conclusion

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Articles 1832_ 115 du code civil français ;
En définitive, l’on remarque que la société de fait nait d’une véritable
volonté de créer une société mais dont la création a été entachée d’un vice de
constitution en entraînant l’annulation. Tandis que la société créée de fait est
plus souvent issu d’un comportement entre deux personnes agissant comme des
associés dans un contexte défini, c’est le cas d’une activité entre concubins. La
société créée de fait, pour être qualifiée comme telle, doit d’abord réunir
plusieurs critères avant de produire ses effets, que ce soit en matière fiscale ou à
l’égard des tiers.
L’on peut remarquer aussi que compte tenu de nature, ces sociétés ne sont
pas soumises aux différentes infractions définies par l’acte OHADA, cependant
la société de fait est directement amputé d’infraction à la constitution mais aussi
à la liquidation des sociétés.

Source : acte OHADA relatif aux droits des sociétés commerciales et au groupement d’intérêt
économique, articles 864_ 865_ 866_ 867_ 868 ;
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