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Séquence 1 : Vie en société, vie en solitaire : Un questionnement sur l’Homme depuis le XVIème siècle

Baudelaire, Petits poèmes en prose, « solitude »


1869

Titre du livre : Petits poèmes en prose


Titre de l’extrait : Solitude
Année de publication : 1869
Mouvement : Romantisme
Auteur : Charles Baudelaire (1821-1867)
Biographie :
Baudelaire est un auteur du 19ème siècle qui a pour idéal le romantisme.
Pendant sa jeunesse, il a lu beaucoup d’œuvres romantiques, notamment
celles de Victor Hugo ou de Dumarsais dont il s’inspire beaucoup.
Cependant il est d’une autre génération et ne peut plus tenir le même
discours aux vues de sa société moderne. De ce fait, il se sent marginalisé
et en décalage avec sa société. Entre 1855 et 1864 il entame l’écriture
d’un recueil qu’il intitule Petits Poèmes En Prose dont est extrait le poème
Solitude. Il a fait scandale en 1957 à cause de la publication de son recueil
les Fleurs du mal. Ce même ouvrage lui vaudra une condamnation en
justice pour outrage aux bonnes mœurs en plus d’un emprisonnement.
Genres : poème en prose
Œuvres principales :   - Salons (1846-1859),
- Journaux intimes (1851-1862),
- les Paradis artificiels (1860),
- Curiosités esthétiques.
- Les fleurs du mal (1857, 101 poèmes-1861, 127
poèmes)

Commentaire :

Ce recueil, petit poème en prose est consacré en parti à la vie à Paris.


C’est aussi un recueil ou l’on retrouve un autoportrait moral du poète qui
vie en marge de la société industrialisée de 19ème. La solitude est un
poème publié en 1869 ou Baudelaire défend son opinion sur les bienfaits
de la solitude tout en contrant les dires d’un gazetier philanthrope.

Problématiques possibles :

 Comment l’auteur défend-il son amour pour la solitude ?


 Comment en s’attaquant au discours d’un gazetier le poète affirme-t-il
son besoin de solitude qui se dresse contre la société de son temps ?

I. Une condamnation de l’argumentation adverse

1. Un texte qui réfute l’adversaire  :


Séquence 1 : Vie en société, vie en solitaire : Un questionnement sur l’Homme depuis le XVIème siècle

 Thèse adverse explicite l.1 « La solitude est mauvaise pour l’homme »
en s’appuyant sur les paroles « des pères de l’église » alors que lui cite
de grands philosophes « Pascal » et « La Bruyère »
 Paradoxe : « un incrédule » ne devrait pas citer les « pères de
l’Église »
 Dernier paragraphe : Le gazetier exprime implicitement sa thèse à
travers des propos sur la sociabilité qu’il qualifie de « prostitution » le
terme étant employé de manière péjorative. Ainsi on s’appartient plus à
soi-même, on dispose plus de soi-même.
 Thèse adverse représenter par « Un gazetier philanthrope » :
opposition entre un mot du langage courant et un autre plus soutenus.
Article indéfini « un » montre dévalorise l’adversaire

2. Attaque contre le gazetier  : un ton polémique  :

Baudelaire adopte une stratégie argumentative stricte et claire. Il utilise


un registre polémique.
 Raisonnement concessif à deux reprises « je sais que… / Mais il
serait possible », « Il est certain que… / Mais je demande que »
 Attaque de Baudelaire : À partir de la l.15
 L .17,18 il fait parler le Gazetier au discours direct comme s’il
répondait à ses propres propos « Vous n’éprouvez dont jamais le
besoin de partager vos jouissance ». En les introduisant ces propos
par « dit-t-il d’un temps apostolique », il montre que l’argument est
vide, il se base de nouveau sur la religion.
 Le début de l’argumentation est calme, il concède, mais elle prend
de plus en plus une tournure polémique.
 L.19,20 interpellations de plus en plus violente qui marque une
gradation culminante notamment avec phrases exclamative « Voyez-
vous le subtil envieux ! », « Le hideux trouble-fête ! »

3. Présence de l’ironie

 Paradoxe : « un incrédule » ne devrait pas citer les « pères de


l’Église », aspect ironique
 « La belle langue de [son] siècle » antiphrase donc de l’ironie
 Qui touche « Fraternitaire » est un mot qui n‘existe pas Ironie,
cela lui inspire de la répugnance
 Ainsi en faisant référence à la devise de la France du 19ème siècle il
s’attaque à son époque (les hommes sont frères est égaux et doivent
vivre ensemble) et se moque de la démocratie
 Reproche la dégradation de la langue utilisée
 C’est un mot que peut utiliser un journaliste puisque ce n’est pas un
vrai écrivain
Séquence 1 : Vie en société, vie en solitaire : Un questionnement sur l’Homme depuis le XVIème siècle

II. Sentiment profond pour la solitude

1. Un amour de la solitude

Registre lyrique omniprésent


 Champ lexical de l’amour « amoureux de la solitude et du
mystère », « désir »
 Champ lexical du plaisir « m’amuser à ma guise »,
« jouissance », « voluptés » : plaisir qui vient du « silence et du
recueillement »
 Implication massive du « je » n’est autre qu’un indice de persuasion

2. Mépris des foules

 Il s’attaque à : « tous ceux qui courent s’oublier dans la foule,


craignant sans doute de ne pouvoir se supporter eux-mêmes »
 Il s’en prend à ceux qui ne sont pas capable de s’épanouir seuls
 Le plaisir du gazetier : « suprême plaisir de parler d’une haut d’une
chaire » => antiphrase hyperbolique
 Races jacassières : qui aime parler : terme péjoratif
 « Leur effusion oratoire » métaphore ironique : les mots sortent
tous seuls, sans réflexion préalable
 §4 sont prêts à mourir pour pouvoir parler => Hyperbole
 Besoin d’agitation permanant « ces affolés qui cherchent le
bonheur dans le mouvement et dans une prostitution que je
pourrais appeler fraternitaire » = cesser d’être eux même
(référence à pascal)

3. Sentiment de supériorité

 Baudelaire est au-dessus de la foule, il la méprise


 Affirmation du poète et de sa supériorité à travers des termes
mélioratifs comme « Courageuses vertus », « un sage »
 Opposition entre les siennes et les miennes « Dédaigne les
siennes », « s’insinue dans les miennes » : il méprise le plaisir des
autres et eux l’envient
 Ils ont autant de plaisir que lui, mais ce plaisir est de nature
inférieure => méprisable