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S_11 (du 13 au 18 Avril 2020)

Cours n°4 : PATHOLOGIES DES FONDATIONS SUPERFICIELLES

Introduction :

Les ouvrages de fondation constituent l’interface entre les superstructures et le sol d’assise. Les
fondations superficielles sont employées lorsque le « bon sol », sol compact et homogène, se
trouve à une faible profondeur par rapport au plancher le plus bas.
On distingue trois types de fondations superficielles :

a- Semelle isolée (ou semelle ponctuelle) : cette


dénomination vient du fait que ces fondations ne
sont pas continues sous la structure mais
sont localisées à des endroits bien précis
(généralement sous des poteaux). De plus, on
considère que les charges qui lui sont appliquées
sont ponctuelles (centrées ou non par rapport à l’axe
de ce poteau). Le dimensionnement se fait en général
par rapport à une base carré ou rectangulaire.

b- Semelle filante : On entend par semelle filante une


semelle qui est continue. On cite deux utilisations
pour ce type de semelle : supporter plusieurs
colonnes ou bien un mur porteur. Un des principaux
avantages de ce type de semelle est qu’elle est
mieux adaptée à des sols moins homogènes, car la
surface de contact est plus importante ce qui limite le
risque de tassement différentiel.

c- Radier général : La fondation est ici répartie sur toute


la surface du bâti ce qui implique une
certaine homogénéité du sol. Comme la charge est
répartie sur une plus grande surface, cela permet
de diminuer la contrainte que l’on applique sur le
sol. C’est donc une technique relativement appréciée
quand le sol n’est pas de très bonne qualité.

I- LES CAUSES DES PATHOLOGIES DES FONDATIONS SUPERFICIELLES :

1- Nature du sol et reconnaissance insuffisante ou mal adaptée :


Quand les fondations sont réalisées sur des sites alluvionnaires (alternance de sol compact et
de sol mou), des cas d’instabilité peuvent se présenter provoquant des désordres au niveau des
fondations, tels que :
- Le désordre dans les fondations dus à une instabilité
superficielle du sol
- Le désordre dans les fondations provoqué par une instabilité en
profondeur du sol dans le cas où la construction est réalisée aux
alentours de carrières minières ou sur des terrains gypseux.

L’implantation d’un bâtiment sur un sol hétérogène ou directement sur


la terre végétale de surface, ainsi que la présence de l’argile gonflante
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dans le soubassement géologique provoquent également des désordres au niveau des fondations
superficielles.

2- Défauts liés à la conception de l’ouvrage :


Les erreurs de conception peuvent survenir au niveau des documents graphiques, lors des
calculs des charges (sous dimensionnement), …
Les erreurs affectant les fondations superficielles sont liées aux mauvais choix du type de
fondation ou à une profondeur insuffisante de l’assise. Cela est dû principalement à une
méconnaissance du sol ou à une mauvaise interprétation de l’étude du sol.

3- Défauts liés à la mise en œuvre :


Les erreurs liées à l’exécution des travaux sont dues à la malfaçon ou à un manque de
compétence et de contrôle. Une mauvaise mise en œuvre du béton (absence ou manque de
vibration, mauvais dosage de l’eau de gâchage ou un coffrage non étanche, un mauvais
positionnement des armatures…) mène forcément à l’apparition de plusieurs désordres au
niveau des fondations superficielles ainsi qu’au niveau de différentes parties du bâtiment.

4- Présence de l’eau :
Si un ouvrage a été construit en méconnaissance du niveau des
plus hautes eaux, celles-ci peuvent envahir les sous-sols, en
démolissant les dallages trop imperméables comme elles
imprègnent le sol de fondation, détériorant parfois sa force
portante et provoquent ainsi des tassements anarchiques.
Parmi les autres méfaits des eaux de ruissellement, on cite les
glissements de terrain et le déversement des murs de
soutènement. Les fuites d’eau des réseaux d’alimentation en eau
potable et d’assainissement peuvent être des causes
d’affouillement et d’imprégnation du sol provoquant la perte de
la force portante et tassements.

5- Présence d’agents agressifs en sous-sol :


Les fondations sont en contact avec des milieux pouvant être agressif à leur égard. Le plus
répandu des agents responsables d’agression est le sulfate de calcium (Ca SO4). Il provient
généralement de la dissolution de gypse naturel et véhiculé vers la fondation par les eaux de
ruissellement. Le sulfate de calcium se combine avec la célite (C3A) présente dans le ciment
pour former le sel de Candlot. La formation de ce composé s’accompagne d’un fort taux de
gonflement qui fait éclater le béton.

6- Implantation en crête de talus ou sur pente


instable :
Les ouvrages situés en crête de talus peuvent être soumis aux
phénomènes d’érosion naturelle ce qui présente un danger
sérieux pour la stabilité de ces ouvrages.

7- Problèmes sismiques :
Les séismes sont à l’origine, pour tous les types de
fondations, de pathologies extrêmement graves. Le
comportement des fondations sous sollicitation sismique est
abordé sous l'aspect de déformations de différentes natures.

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II- LES PATHOLOGIES DES FONDATIONS SUPERFICIELLES :

Lorsqu’un bâtiment est concerné par des mouvements affectant le sol d’assise de son système
de fondations, il est généralement affecté de désordres de différentes natures. Ils sont fonction
de l’ampleur des déformations mais également de sa structure, plus ou moins sensible à ces
dernières.

1- Fissuration des murs :


Soumise à des contraintes, la structure d’un ouvrage au comportement «fragile», est affectée de
fissures qui peuvent être de deux types :

a- Les fissures de cisaillement résultent le plus souvent de la déformation de la structure


suite à un tassement différentiel. Elles se présentent généralement selon un schéma
typique, en diagonale, en suivant éventuellement les joints de maçonnerie (briques,
blocs de pierre…). Elles peuvent se poursuivre par des fissures horizontales ou
verticales au droit des changements de matériaux.

b- Les fissures de traction apparaissent lorsque la structure, ou l’un de ses éléments, se


rompt ; sa résistance étant insuffisante pour s’opposer à des forces tendant à l’étirer.
C’est le cas en partie haute des murs, en l’absence de chaînage horizontal, lorsque
l’ensemble de l’ouvrage est soumis à une déformation.

Ces fissures affectent généralement l’intégralité de l’épaisseur des maçonneries et sont de


nature traversante ou évolutive. Elles peuvent être la cause d’infiltrations et rendre un ouvrage
impropre à sa destination.

2- Ouverture de joints de rupture :

La réalisation d’un joint de rupture est indispensable.


Le joint est prévu à la jonction entre deux parties d’un
bâtiment qui présentent une différence de niveau de
fondation ou une grande hétérogénéité de charge (par
exemple dans le cas d’un nombre d’étages différents).
Il convient de signaler que lorsqu’un joint n’a pas été
initialement projeté, il peut se créer à son emplacement
une fissuration importante.

3- Basculement de l’ouvrage :

Si le bâtiment est suffisamment rigide et le mouvement de sol


est de grande ampleur, l’ouvrage peut être l’objet d’un
basculement général perceptible par les occupants.

4- Mouvements affectant les dallages :

Ces mouvements sont généralement liés à des phénomènes de tassement du sol d’assise
(compressible, sensible à des venues d’eaux parasites…) ou à une mauvaise réalisation de la
forme (matériaux impropres, insuffisance de compactage).

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