REPRESSION EN DROIT
CONGOLAIS
appartenant
à l'étudiant ISSA MATABARO Jean-Luc
2
CATALOGUE
DES
INFRACTIONS
-
Catalogue des infractions 3
Introduction générale
I. De l’évolution générale
Le premier souci des Etats de droit est de déterminer et définir les in-
fractions1 , constituant un acte de respect du contrat social fondateur et assu-
rant la garantie de la sauvegarde concomitante de l’ordre public et des droits
individuels. Le législateur dresse une liste des infractions en définissant leurs
éléments constitutifs et le régime propre à chaque infraction. Ce catalogue
d’infractions constitue le droit pénal spécial. Il occupe la majeure partie de la
législation pénale. Son volume est très important du fait du grand nombre de
comportements incriminés par une inflation législative.
1
Les infractions sont autant nombreuses et variées que les lois qui les créent. Un livre de
cette nature ne peut aucunement prétendre les contenir toutes. Ce livre ne traite pas d’
infractions en matières fiscale et douanière auxquelles nous avons réservé notre précédente
publication. Il ne traite pas non plus d’infractions en matière des sociétés commerciales.
Catalogue des infractions 5
2
La confrontation rigoureuse des faits (contenus dans la plainte, dans l’assignation à préve-
nu, dans la citation directe ou dans la traduction directe et la décision de renvoi) avec le
prototype de l’infraction définie à l’avance par le texte légal constitue la qualification. Il
s’agira chaque fois de rattacher le fait à une définition légale de l’infraction ; ce qui peut
conduire à plusieurs qualifications avant d’aboutir à celle qui correspond réellement à
l’espèce sous étude. La qualification a une double utilité : savoir si le fait est punissable
mais aussi connaître le régime juridique applicable à ce fait.
6
2. L’intérêt de la qualification
La démarche de qualification est la mission essentielle du juge pénal.
Concrètement , le juge décompose les différents éléments constitutifs d’une
infraction et vérifie leur existence dans le comportement qui est soumis à son
analyse. La vérification de l’élément légal conduit à s’assurer de l’existence d’un
texte et de sa validité. Les éléments matériels et moral reposent sur la prise en
compte du comportement et de l’état de l’esprit de l’auteur des agissements.
Ces éléments sont cumulatifs. Lorsque l’un d’entre eux fait défaut, la qualifica-
tion pénale n’est pas possible et la répression s’en trouve paralysée.
3
Le principe de la légalité des infractions et des peines est intégré dans le droit positif con-
golais. D’abord,il figure à l’article 11 de la déclaration Universelle des droits de l’homme, à
laquelle notre pays a adhéré. Ensuite, il est repris par l’article 17 de la constitution de 18
er
février 2006. Enfin, l’article 1 du code pénal ordinaire dispose que nulle infraction ne peut
être punie des peines qui n’étaient pas portées par la loi avant que l’infraction fût commise.
4
Cass. Crim. 10 mai 1984 : J.C.P, 84, IV, 227
8
7. La doctrine
Les opinions émises ou les conceptions élaborées au sujet de la règle de
droit jouent un rôle important. Le juge peut s’appuyer sur certains auteurs9 qui
« font autorité » et dont les opinions peuvent se révéler utiles. Les publications
des professeurs Likulia Bolongo, Nyabirungu Mwene Songa, Akele Adau, Ka-
lombo Mbanga, des auteurs Jean Lesueur, Georges Mineur, des magistrats
congolais Katuala Kaba Kashala, Nzangi Batutu, Esika Makombo, Muzama
Matansi, Shakira Mwene Mujinya, Kayumba N’kundi Sultan, du Père De Qui-
rini ainsi que des doctrinaires belges et français ont été indispensable. Les
oeuvres de ces auteurs ont suffisamment retenu ma particulière attention. J’y ai
récouru constamment. Je n’ai surtout pas perdu de vue qu’une doctrine bien
faite tient toujours compte des usages et manières d’être, bref de la coutume.
9
La pensée et les théories des auteurs de doctrine ont contribué ou contribuent à la vigueur
du droit pénal spécial.
10
C.S.J., R.P, 97, 28 janvier 1976, Bull. 1977, p.20.
Catalogue des infractions 11
V. Du contenu de l’ouvrage
Plus que la nomenclature des infractions, leurs définitions et éléments
constitutifs, ce livre fait un exposé sur régime répressif, les modalités de ré-
pression, les instances qui sanctionnent ainsi que le délai légal de prescription.
L’ouvrage, pour parer au retard législatif, fait place à l’étude de certains phé-
nomènes sociaux (suicide, parricide, homosexualité, etc..). Ceux-ci ne sont pas
érigés jusque là en infraction. L’opinion est pourtant curieuse d’en connaître la
nature juridique et l’organe répressif ne doit pas rester indifférent et désarmé.
Il y a une amorce, de lege ferenda, d’une ébauche d’amélioration et
d’actualisation de notre législation répressive dans la branche du droit dont
11
Bulletin officiel de l’Etat Indépendant du Congo 1888, page 189.
12
12
NYABIRUNGU MWENE SONGA. , Droit pénal Général zaïrois, Editions DES, Kinshasa,
1989 p. 9.
Catalogue des infractions 13
Principales abréviations
AL : Alinéa
AM : Arrêté Ministériel
ART : Article
AT : Amende transactionnelle
B.A. : Bulletin des arrêts
B.O : Bulletin officiel
Bull. : Bulletin
CNS : Conférence Nationale Souveraine
CP : Code Pénal
CPL I : Code Pénal Livre premier
CPLII : Code Pénal Livre second
CPM : Code Pénal Militaire
D.L : Décret - loi
EX : Exemples
FARDC : Forces Armées de la République Démocratique du Congo
IPJ : Inspecteur de Police Judiciaire
JEL : Recueil des journées d’études de Lubumbashi.
JORDC : Journal Officiel de la République Démocratique du Congo
JOZ : Journal Officiel du Zaïre
JT : Journal des Tribunaux
JTO : Journal des Tribunaux d’Outremer
JUR COL : Jurisprudence Coloniale
LGDJ : Librairie Générale de Droit et de Jurisprudence
MC : Moniteur Congolais
MP : Ministère Public
MPR : Mouvement Populaire de la Révolution
NB : Notez bien
NCR : Nouveau Code de la Route
OMP : Officier du Ministère Public
Op.Cit : Œuvre citée
OPJ : Officier de Police Judiciaire
ORD : Ordonnance
ORD L : Ordonnance loi
R.D.C. : République Démocratique du Congo
PCGC : Plan comptable Général congolais
RJCB : Revue juridique du Congo Belge
SP : Servitude Pénale
SPP : Servitude Pénale Principale
TPIR : Tribunal pénal international pour le Rwanda
TPIY : Tribunal pénal international pour la yougoslavie
14
13
Crim 4 juillet1962, Bull.crim ; n°23.
14
Claudia Ghica-Lemarchand, Frederic-Jerôme Pansier . , Droit pénal spécial, Librairie
vuilbert-Août 2007, Paris P. 210.
Catalogue des infractions 15
II. Poursuites
1. L’infraction d’abandon de famille touche à la famille. Dans les buts
d’assurer l’unité et la cohésion de la famille, l’enclenchement des pour-
suites de l’infraction d’abandon de famille doit être précédé d’une
phase d’enquêtes et de conciliation. En plus, on doit attendre
l’expiration du délai de deux mois.
2. Ne peut saisir le tribunal que l’enfant, mais aussi le conjoint ou le pa-
rent qui ne perçoit plus la pension alimentaire lui allouée par un tribu-
nal.
a) Compétences
Les tribunaux de paix sont compétents15 pour juger les infractions pu-
nissables de cinq ans de servitude pénale principale au maximum et d’amende.
15
Lorsqu’une infraction a été commise, il faut déterminer quelle est, parmi tous les tribunaux
répressifs, celui qui sera spécialement appelé à en juger l’auteur ? C’est le problème de la
compétence des tribunaux répressifs qui se pose. La compétence est définie comme
« l’aptitude d’une juridiction déterminée à connaître d’un procès donné ». Lorsqu’il possède
cette aptitude à juger telle ou telle affaire, on dit alors que le tribunal est compétent. Si cette
aptitude lui fait défaut, on dit qu’il est incompétent.
A la différence des règles de compétence en matière civile ( les règles de compétence terri-
toriale établies dans l’intérêt des plaideurs peuvent être écartées) qui n’ont pas toutes un
caractère d’ordre public, en matière répressive, toutes les règles de compétence sont
d’ordre public, car elles ont toutes été instituées dans un intérêt public, celui de la bonne
administration de la justice pénale.
Il en résulte que les parties au procès pénal ne peuvent jamais, par quelque accord, déroger
aux règles de compétence. La prorogation conventionnelle de compétence est interdite.
Puisque l’ordre public est en jeu, l’incompétence peut être opposée par les parties en tout
état de cause, en appel, si elle ne l’a pas été en première instance, et même pour la pre-
mière fois devant la Cour de cassation, si elle ne l’a pas été en appel, à la condition que le
moyen soulevé ne soit pas mélangé de fait et de droit.
Catalogue des infractions 17
er
16
Cette compétence relève des articles 86, 88, 90 alinéa 1 du Code de l’Organisation et
de la Compétence Judiciaires. Cependant, avec l’institution des tribunaux pour enfants, ces
dispositions semblent dépassées.
17
L’amende est une peine pécuniaire qui consiste dans l’obligation de payer une certaine
somme d’argent au trésor public. L’amende a pour siège légal les articles 5, 10, 11, 18, 20
et 27 du code pénal livre premier. Autrefois, les amendes étaient fixées en « franc ». En
1970 le franc a été remplacé par les « makuta » à la suite de l’avènement de la monnaie
« Zaïre » en 1967. Suivront respectivement le « Nouveau-Zaire » et le « franc Congolais »,
de nos jours. Une difficulté réelle se pose du fait que, dans beaucoup de textes de lois, les
amendes demeurent jusqu’à ce jour fixées en monnaie qui n’a plus cours légal et dont
l’équivalence dans la nouvelle monnaie, le Franc Congolais, n’est pas évidente. Il est sou-
haitable que les amendes pénales soient réadaptées et majorées par de nouveaux textes
légaux, car elles relèvent du domaine de la loi. En effet, la peine d’amende doit garder sa
vertu répressive et dissuasive. La peine d’amende du Code Pénal Ordinaire est devenue
dérisoire du fait d’une forte et constante dépréciation monétaire; elle ne remplit plus son rôle
de prévenir les infractions et d’intimider les délinquants potentiels. Devant cette situation
économique et financière du pays qui a rendu modiques les taux des amendes transaction-
nelles et judiciaires,de même que les taxes administratives et financières, l’urgence et la
nécessité ont amené, en attendant la loi, le Premier Président de la Cour Suprême de Jus-
tice et le Procureur Général de la République à signer conjointement la note circulaire N°
789/D.010/GB/CSJ-PGR du 23 avril 1997 . Cette circulaire a fixé le minimum des amendes
transactionnelles et judiciaires à l’équivalent en monnaie ayant cours légal de dix dollars
18
américains, et le maximum à mille dollars pour les personnes Physiques. En dépit de cet
accommodement pratique, le problème demeure : la peine ne peut être fixée que par une loi
18
C.S.J., RP 470, 4 février 1986, B.A. Années 1985 à 1989, édition 2002, p. 124.
19
Cette question est réglementée par les articles 27 à 34 du code pénal. Les délais de
prescription des peines sont fixés par les articles 27 à 29 du même code.
Catalogue des infractions 19
I. Eléments constitutifs
Des conditions sont exigées pour que l’infraction d’abandon de foyer
soit imputée à un homme ou à une femme.
a) L’existence d’un mariage
L’infraction d’abandon de foyer , pour exister en droit, requiert
l’existence d’un mariage. Celui-ci répond aux règles de droit civil. Il est soit un
mariage célébré en famille (coutumier) mais enregistré soit un mariage célébré
devant l’officier de l’état civil.
b) L’habitation,
Il y a abandon de foyer lorsque le couple dispose d’une habitation.
L’habitation c’est le domicile, la résidence, le lieu où l’on est logé. Il n’est pas
nécessaire que le couple soit propriétaire de cette habitation. Il peut être ou
locataire ou même sous-logé. Peu importe.
c) Le refus
Pour que l’infraction d’abandon de foyer soit établie, le refus est de
deux ordres , selon qu’il s’agit de l’épouse ou de l’époux. Pour la femme, elle
refuse d’aller résider avec son mari. L’homme, pour sa part, n’accueille pas son
épouse dans la résidence conjugale.
d) Le refus de cohabitation sans motifs valables.
Pour que le refus de cohabiter avec le conjoint soit infractionnel, il ne
doit pas être justifié. L’époux n’est coupable que s’il ne peut invoquer de
« justes motifs ». Ainsi, le fait pour une femme de quitter le toit conjugal pour
ne pas consommer le mariage est constitutif de la prévention d’abandon de
foyer. Par contre, pour une épouse, le fait d’abandonner le domicile conjugal
pour se soustraire aux mauvais traitements du mari n’est pas constitutif de cette
infraction.
I. Eléments constitutifs
21
Puisqu’elle a pour fondement l’intérêt social, plus spécialement la bonne administration de
la justice pénale, la prescription de l’action publique a un caractère général et un caractère
d’ordre public. C’est-à-dire que la prescription s’applique à toutes les infractions, même les
plus graves ; que le délinquant ne peut renoncer à l’invoquer et s’il ne l’invoque pas, elle
doit être constatée d’office par le juge.
22
Le code de justice militaire(C.J.M) institué par l’ordonnance-loi n° 72/060 du 25 septembre
1972 a été abrogé par la loi n° 024/2002 du 18 novembre 2002, portant code pénal militaire.
Catalogue des infractions 21
23
L’article 107 du code judiciaire militaire considère comme militaires tous ceux qui font
partie de la Force Armée. Sont donc militaires les officiers, sous-officiers et hommes de
rang ; ceux qui sont incorporés en vertu d’obligations légales ou d’engagements volontaires
et qui sont actifs. Les réformés, les disponibles et les réservistes, mais aussi les militaires
en congé illimité quand ils sont réputés en service actif, sont également militaires.
24
Article 121 du code pénal militaire.
25
Article 117 du code pénal militaire.
22
I. Conditions préalables
Deux conditions préalables doivent être réalisées pour l’existence de
l’infraction d’abandon d’un navire ou aéronef militaire. Il s’agit de l’existence
d’un navire ou aéronef militaire et l’exigence d’un péril ou d’un risque de perte
du navire ou de l’aéronef.
(art.118). L’abandon n’est punissable que lorsque le pilote est chargé de con-
duire l’engin, de naviguer avec le navire ou de voler avec l’aéronef mili-
taire(art.119).
L’abandon est perpétré par un commandant ou un pilote qui quitte l’engin
avant le dernier individu embarqué(art.120).
c)L’élément moral
L’élément intentionnel consiste à perpétrer son acte de manière libre et
consciente. L’agent est éxonéré pénalement lorsqu’il pose son acte conformé-
ment à un ordre ou à une consigne de sa hiérarchie.
I. Eléments constitutifs
Pour sa réalisation, l’infraction d’absence irrégulière exige la réunion
des éléments constitutifs. Ceux-ci sont la qualité requise pour l’agent, les élé-
ments matériels et l’élément moral.
24
c)L’élément moral
Il est entendu que pour être punissable, l’absence du corps non autorisée
reprochée à un militaire doit être volontaire. C’est le dol général qui est requis26
. L’acte libre et conscient d’un militaire ou d’un assimilé qui se dérobe à ses
obligations militaires ou autres pendant au moins quatre jours.
26
HCM RP 001/2004 du 5 octobre 2004, M.P.C/Col Alamba et consorts, inédit.
27
C.G app., 19 janvier 1901, Jur. Etat I p. 113.
Catalogue des infractions 25
tion ou de son emploi, qui lui a été régulièrement demandé (art.150 g CPL II).
Est également concerné le retard manifestement exagéré dans
l’accomplissement de l’acte de sa fonction ou de son emploi, lorsqu’un délai
n’est pas expressément fixé.
I. Eléments constitutifs
28
Cour d’Appel de Kinshasa /Matete RP 074, Arrêt du 08 janvier 2004, Ministère public et
partie civile Elumba Nkongolo Jean Bosco contre Mr Mukwene Wawa, Kabukanyi Zila Ya-
maya et la foire internationale de kinshasa, inédit.
26
II. Poursuites
La victime de l’infraction d’abstention coupable du fonctionnaire,
l’employeur du fonctionnaire peuvent saisir un officier de police judiciaire29 ou
un officier du Ministère public. Le ministère public a qualité pour poursuivre.
Le tribunal de paix jugera l’auteur de l’abstention coupable d’un fonctionnaire.
La poursuite peut être faite sur citation directe de la victime, de l’employeur du
fonctionnaire ou sur requête du Ministère public.
29
Il découle des articles 2 et 3 du code de procédure pénale que les officiers de police judi-
ciaire ont le pouvoir de constater des infractions par procès-verbaux (art.3 du CPP). En
effet, la police judiciaire constate les infractions (art.2 CPP) ainsi que toutes les circons-
tances qui les ont entourées. Elle prélève toutes les traces qu’elles ont laissées. Si
l’infraction est flagrante , la police judiciaire est dotée des pouvoirs étendus, non seulement,
pour constater l’infraction, mais également pour rechercher immédiatement tous les rensei-
gnements utiles,et cela à l’aide des moyens coercitifs. Lorsque la police judiciaire vient à
constater une infraction flagrante ou à être avisée d’une telle infraction, elle doit se transpor-
ter sur les lieux. Elle se dépêche sans délais sur les lieux (art.5 du CPP) pour procéder à
toutes constatations utiles. Dès son arrivée sur les lieux, l’Officier de police judiciaire prend
toutes les mesures nécessaires pour veiller à la conservation des moyens de preuve qui
permettront de parvenir à la manifestation de la vérité (art.2).
L’Officier de police judiciaire procède à la saisie des objets se rapportant à l’infraction. Par-
mi ces objets, les moyens de transport ayant servi à commettre l’infraction, ou les choses
paraissant avoir été le produit (art.3).
Pour faire surgir les preuves non apparentes, la police entreprend des investigations. Elle
cherche les papiers, les documents et autres objets susceptibles d’avoir un rapport avec
l’infraction ou d’appeler une certaine lumière sur les circonstances de celle-ci. Elle procéde-
ra au besoin par voie de perquisition, sans que les personnes chez qui ces investigations
ont lieu puissent s’y opposer. Si elles s’y opposent, elles commettent l’infraction de rébellion.
Les perquisitions policières doivent avoir lieu dans des conditions qui ne permettent pas de
mettre en doute la régularité des découvertes auxquelles elles pourraient donner lieu. En
conséquence, les perquisitions dovenit avoir lieu en présence de la personne soupçonnée
d’avoir participé à l’infraction ou de détenir des pièces à conviction ou à défaut en présence
des témoins (art .3 alinéa 2 du CPP). A l’occasion des investigations et perquisitions :
- l’Officier de police judiciaire doit procéder à la saisie de tout ce qui peut servir à la
manifestation de la vérité ;
- l’Officier de police judiciaire peut recourir avec utilité et efficacité à des experts, à
des techniciens, des interprètes,des traducteurs, des médecins pour faire toutes
constatations utiles ou en vertu d’une réquisition de l’officier du Ministère public ;
- l’Officier de police judiciaire peut auditionner (art.64 de l’ord relative à la police judi-
ciaire) des témoins et des suspects ;
- l’Officier de police judiciaire, au cours de l’enquête, peut recourir à la garde à vue
du suspect pendant 48 heures, s’il existe contre la personne en question des in-
dices graves et concordants de nature à motiver l’inculpation (art. 72 de l’ord de
1978) ; c’est le cas quand il y a danger de fuite,identité inconnue ou douteuse ;
- dès que les indices graves et concordants sont réunis, l’Officier de police judiciaire
doit conduire le suspect devant le Procureur de la République (art. 73 de
l’’ordonnance-loi 78-239 du 3 juillet 1968 relative à l’exercice des attributions des
OPJ et APJ près les juridictions de droit commun).
Catalogue des infractions 27
Après écoulement d’une année à compter de la fin du délai légal pour faire
l’acte de sa fonction, l’auteur de l’infraction d’abstention coupable d’un fonc-
tionnaire ne sera plus poursuivi. La décision du juge qui a omis de constater
que l’action publique était éteinte au moment où il en a été saisi doit être annu-
lée32 . Si la peine n’a pas été exécutée normalement, ou si le condamné n’est pas
décédé ou gracié, deux ans après, la peine ne sera plus appliquée.
30
Article 150 f tel que modifié et complété par l’article 6 de la loi n° 05/006 du 29 mars 2005
modifiant et complétant le Décret du 30 janvier 1940 portant code pénal congolais (JORDC,
ème
47 année, Numéro spécial, 05 octobre 2006).
31
Idem.
32
C.S.J., RPA 38, 23 décembre 1976, B.A. 1977, pp 198-199.
28
a) Conditions préalables
b) Eléments constitutifs
L’élément matériel s’entend par l’inaction ou l’abstention de porter se-
cours. L’agent qui a eu personnellement conscience du danger et de
l’impérieuse nécessité d’intervenir immédiatement, mais qui s’abstient pourtant
et volontairement, assume l’élément intellectuel.
S’abstenir de secourir un vieillard sur le point de mourir, ne pas donner de l’eau
à boire à une personne qui meurt de soif, ou encore s’empêcher de jeter à un
chasseur tombé dans un trou profond une machette située non loin de lui et
susceptible de lui permettre de faire des tranchées pour se tirer d’affaires, ce
sont là autant d’ exemples concrets d’infraction d’abstention d’apporter secours
à une personne en danger.
II. Poursuites
Qui peut se porter accusateur33 ?. Indépendamment de la plainte de la
victime, le parquet peut poursuivre le présumé auteur de l’abstention
d’apporter secours à une personne en danger. La plainte peut aussi être dépo-
sée auprès de tout officier de police judiciaire. Par citation directe, le tribunal
de paix peut être saisi par la victime ou par toute autre personne intéressée qui
a subi préjudice.
II. Poursuites
34
L’action publique, que l’on appelle aussi « l’action pour l’application des peines », a pour
but, en effet ,de réprimer le trouble social par l’application d’une peine ou d’une mesure de
sûreté à l’auteur de l’infraction. C’est une action d’intérêt général ou d’ordre public, par op-
position à l’action civile qui est d’intérêt privé. L’action publique appartient à la société, et à
elle seule. Celle-ci a seule le droit de l’exercer ou d’y renoncer. A vrai dire, la société la fait
exercer par des représentants qualifiés, les Magistrats du Ministère public.
35
Les membres du Ministère public auxquels la loi a confié l’exercice de l’action publique
sont les magistrats du parquet. Pour les opposer aux juges, magistrats du siège, on les
30
peut d’elle-même porter plainte. La police est saisie par sa plainte ou sur dé-
nonciation de toute autre personne qui a vu se commettre les faits. La plainte
peut être écrite ou verbale.
Le tribunal de paix peut être saisi par citation directe ou par assignation
à prévenu après requête aux fins de fixation d’audience.
appelle les « magistrats debout », parce qu’ils se lèvent à l’audience pour présenter leurs
réquisitions.
1° Le Ministère public recherche, en matière répressive ,les infractions aux actes législatifs
et réglementaires qui sont commises sur le territoire national. Il reçoit les plaintes et les
dénonciations. Il pose des actes d’instruction et saisit les cours et tribunaux.
2° Il assiste à toutes les audiences (art.9 alinéa 1er) et donne ses avis dans les cas prévus
par la loi.
3° Il remplit les devoirs de son office auprès des juridictions établies dans son ressort territo-
rial (art.11).
4° Il a la surveillance de tous les Officiers de police judiciaire (art.6 alinéa3). Il peut les char-
ger d’effectuer des devoirs d’enquêtes, des visites de lieux, des perquisitions et des saisies
qu’ils déterminent (art. 12).
5° Il n’est pas juge mais partie. Il agit au nom de la société à laquelle l’infraction a porté
atteinte (il est l’avocat de la société). Il a pouvoir de poursuivre et d’exercer l’action publique.
Il est partie au procès pénal.
6° Le Ministère public est un demandeur. Qu’il ait lui-même mis l’action publique en mou-
vement ou qu’il se soit joint à l’action déclenchée par la partie civile, c’est toujours lui qui
exerce cette action et qui est demandeur à l’action publique.
36
Le point de départ des délais de la prescription est défini par l’article 25 du code pénal le
jour où l’infraction a été commise (dies a quo) et compris dans le délai (art 26, al 2).
Catalogue des infractions 31
l’ennemi ou engagé dans un combat, ne l’a pas fait. Le commandant n’est justi-
fié qu’à la condition d’avoir été empêché par des instructions générales ou des
motifs graves.
I. Conditions préalables
a) Conditions préalables
1. La remise : un accord de volonté en vertu duquel la chose a été remise de
façon précaire. Peut donc générer l’abus de confiance : le louage, le mandat, le
nantissement, le prêt à usage, le gage, le dépôt, etc. La validité du contrat est
indifférente à l’égard des poursuites pénales.
La remise est nécessairement préalable et volontaire, mais elle doit être
affectée à un but précis. Le propriétaire n’entend pas se dessaisir de la chose,
mais simplement la remet à un tiers dans un but déterminé. Finalement, l’abus
de confiance est constitué « par la décision de s’arroger sur la chose détenue à
titre précaire des pouvoirs plus énergiques que ceux dont on devrait normale-
ment disposer »37 .
37
LARGUIER J., Droit pénal des affaires, éd.Armand colin, Paris, p.152.
Catalogue des infractions 33
ment mobilier. Il a été jugé que les rations et loyers sont des deniers suscep-
tibles de faire l’objet de la remise38.
b) Eléments constitutifs
38
Tribunal de paix de kananga, RP 501/CD, 13 août 2004, ministère public et partie civile
Mputu tshibilondi contre le prevenu Badibanga Kankolongo, inédit.
39
Crim. , 5 novembre 1975, Bull., n°237.
40
Crim. , 28 décembre 1934, Bull. n°217.
34
c) L’élément moral
41
Crim. , 17 novembre 2004, Dr.Pén.2005, comm, n°78, obs. Veron.
42
Crim. , 20 février 1980, Bull., n°66.
43
Crim. , 26 février 2002, Bull., n°44.
Catalogue des infractions 35
a)La répression
L’abus de confiance est une infraction punie de trois mois à cinq ans
de servitude pénale principale et d’une amende ou d’une de ces peines seule-
ment (article 95 du code pénal livre II ). Il y a en la peine d’amende une dissua-
sion sur le plan financier.
b) Particularités de la poursuite
La victime d’un abus de confiance peut porter les faits à la connais-
sance de la police. Elle peut porter plainte au parquet ou traduire le prévenu
devant le tribunal de paix. Le Ministère public peut lui aussi mettre l’action
publique en mouvement. Même quand la partie civile met en mouvement
l’action publique, le Ministère public appelé à cette cause devient seul partie
poursuivante, car la loi lui reconnaît, à lui seul, l’exercice de l’action publique47 .
c) La prescription de l’action publique48
L’abus de confiance est une infraction instantanée consommée au jour
de l’accomplissement du détournement. Selon les délais de droit commun, la
prescription infractionnelle de l’action publique est de trois ans. A compter du
44
Il y a abus de confiance lorsqu’il y a violation d’un contrat translatif de la détention ou de
la possession intervenue avec intention frauduleuse C.S.J., 1er décembre 1976, RP 124,
aff. Nseai c/M.P et Yanga, BA 1977, p.194, tiré de KATUALA KABA KASHALA et alii ; Arrêts
de principe et autres principales décisions de la Cour Suprême de Justice, Editions Batena
Ntambua , Kinshasa 2009.
45
GARRAUD. , Droit pénal français, T. VI, n° 2618.
46 er
C.S.J., RP 124, 1 décembre 1976, B.A. 1977, p. 194.
36
47
A. RUBBENS . , Instruction criminelle, tome III , p. 121
48
En droit civil, l’action qui n’est pas exercée dans un certain délai(en règle générale, trente
ans, conformément au code civil congolais livre III) ne peut plus l’être à l’expiration de ce
délai. On dit qu’elle est éteinte par la prescription, ou encore qu’elle est prescrite. Il en est
de même en droit pénal. L’action publique, si elle n’est pas intentée pendant un certain
délai, s’éteint, elle aussi, par l’effet de la prescription extinctive ; le délinquant ne peut plus
être poursuivi et, de ce fait, l’infraction dont il s’est rendu coupable va rester impunie.
49
La tentative pose les problèmes de l’infraction tentée, de l’infraction manquée et de
l’infraction impossible. L’infraction tentée. Une infraction est souvent le résultat d’une série
de réflexions, de résolutions et de préparations. Sans doute ne faut-il pas attendre que
l’infraction soit consommée pour déclencher la répression ; mais on doit se demander à
partir de quel moment les pouvoirs publics sont autorisés à poursuivre l’auteur d’une infrac-
tion non consommée, et quelle peine ils peuvent lui infliger. Il faut des conditions réquises
pour qu’il y ait tentative punissable. Pour qu’il y ait infraction tentée, il faut la résolution de
commettre une infraction déterminée ; des actes extérieurs constituant un commencement
d’exécution de l’infraction projetée et l’absence de désistement volontaire. Constituent un
commencement d’exécution les actes qui font partie des éléments constitutifs de l’infraction
tels qu’ils sont définis par la loi ou des circonstances qui peuvent en renforcer la répression.
Il a été jugé que constituent le commencement d’exécution les actes devant avoir pour con-
séquence immédiate et directe de consommer le crime (Cass, crim. 29 déc. 1970,
J.C.P.1971. II.16770, pour la mise en place par les malfaiteurs d’un puissant dispositif
d’attaque -- arme, gants, lunettes etc. -- qui demontrait que la phase d’exécution de
l’agression était commencée). De même, il a été estimé qu’il y avait tentative punissable en
matière de trafic de stupéfiants dès lors qu’il est établi que celui qui se propose d’acheter a
engagé avec celui qui lui fait offre de vente des pourparlers sérieux » (Cass. Crim. 18 août
1973, Gaz. Pal., 1973, 2,861). La tentative punissable requiert une absence de désistement
volontaire. L’agent même, s’il a franchi le seuil du commencement d’exécution, échappera à
toute sanction s’il s’est volontairement désisté. C’est une dernière chance que la loi lui offre
de rentrer impunément dans le chemin de la légalité. Pour être pris en considération le dé-
sistement doit être volontaire. Il ne faut donc pas qu’il soit dû à un élément étranger à la
volonté de l’agent. Le désistement doit intervenir avant que l’infraction soit consommée. Le
troisième élément, pour que la tentative soit punissable, est l’intention de commettre
l’infraction tentée. C’est ce qui explique qu’il n’y ait pas de tentative des infractions non in-
tentionnelles. L’article 4 du code pénal dispose que la tentative est punissable. Toute tenta-
tive réunissant les conditions rappelées ci-dessus est considérée comme l’infraction elle-
même. Il en est de même de la tentative de l’infraction lorsque la loi la réprime expressé-
ment. L’auteur d’une tentative est donc passible de la même peine que celle qu’il eût encou-
rue si l’infraction avait été consommée. L’infraction manquée : il y a infraction manquée
lorsque l’agent a fait tout ce qui était nécessaire pour réaliser l’infraction, mais a manqué
son but par maladresse ou pour toute autre raison, alors que le but recherché par l’agent
était possible à atteindre, si celui-ci avait été plus adroit , avait agi avec plus de rapidité, etc.
Catalogue des infractions 37
La dot est une des conditions pour que se réalise le mariage. Le verse-
ment et l’acceptation de la dot sont la preuve nécessaire et suffisante du con-
sentement des parents et des membres des familles des fiancés. Cependant, le
législateur a voulu que la dot reste symbolique, dans le but de mettre fin à cer-
taines pratiques tendant à considérer la dot comme l’occasion propice pour
s’enrichir. C’est pourquoi la valeur maximale de la dot sera fixée, pour chaque
province, par le Président de la République (article 363 du code de la famille).
L’infraction d’abus de dot consiste alors en la violation de l’obligation de ne
pas dépasser la valeur maximale fixée.
Seront donc punies les personnes qui solliciteront une dot supérieure
au montant maximum qui aura été fixé et celles qui céderont à ces sollicitations
(versement ou acceptation d’une dot dont la valeur dépasse le maximum légal).
II. Poursuites
Il y a plus que simple tentative, puisque l’agent a accompli tous les actes qui dépendait de
lui de commettre et n’a pas été arrêté en cours d’exécution, de sorte qu’il n’y a plus aucun
doute à avoir sur son intention d’aller jusqu’au bout. Mais il y a moins que l’infraction con-
sommée, puisque le résultat dommageable ne s’est pas produit. L’infraction manquée est
punie des mêmes peines que l’infraction tentée, car il s’agit d’un comportement qui n’a
« manqué son effet » que par suite de circonstances indépendantes de la volonté de
l’auteur.
L’infraction impossible : c’est l’infraction qui était irréalisable, soit par manque d’objet
(« meurtre » de quelqu’un qui est déjà mort, avortement d’une femme non enceinte), soit à
raison de l’insuffisance des moyens employés (empoisonnement par administration des
substances non toxiques, « meurtre » par un fusil non chargé). Le résultat était objective-
ment impossible à atteindre alors que dans l’infraction manquée, plus d’habilité chez l’agent
aurait permis de l’obtenir à l’aide des moyens mis en œuvre.
38
L’infraction d’abus de dot est prévue et définie par les articles 363 et
427 du code de la famille. Elle est réprimée (article 427 précité) d’une servitude
pénale de sept jours à un mois et d’une amende double des promesses agréées
ou des choses reçues ou demandées au-delà du maximum légalement admis, ou
l’une de ces peines seulement. La sanction est d’application que le mariage ait
lieu ou non.
Si l’auteur est la personne qui doit consentir au mariage du conjoint mineur, les
peines seront portées au double.
En droit congolais, l’abus des biens sociaux n’est pas une infraction spécifique.
Il est plutôt un élément du détournement ou de l’abus de confiance. Au regard
de l’évolution des entreprises et en vue d’une évolution législative nous esti-
mons indispensable d’appréhender cette réalité qui, sous d’autres cieux, connaît
une évolution et des réalités importantes.
50
Prévue et réglementée par le code de procédure pénale (art 24 du code pénal et suivant),
la prescription de l’action publique doit être soigneusement distinguée de celle de la peine.
Elle s’en différencie non seulement par ses effets (la prescription de la peine qui suppose
qu’un individu poursuivi et condamné a réussi à se soustraire à l’exécution de la peine,
éteint la peine prononcée), mais encore par son but et par son fondement.
Catalogue des infractions 39
chef d’entreprise, lorsque celle-ci est exploitée sous la fiction d’une société,
peut être accusé d’abus de biens sociaux ; même si le chef d’entreprise possède
la quasi-totalité des actions ou des parts sociales. Juridiquement, la société dé-
tient un patrimoine propre que son dirigeant ne saurait confondre avec le sien,
sous peine d’être poursuivi. Par contre, le chef d’entreprise, lorsque celle-ci est
sa propriété, ne saurait être accusé puisque l’entreprise constitue un bien qui lui
est personnel.
c) Elément intentionnel
Pour que l’infraction soit établie, la notion de mauvaise foi est exigée. Il
doit être établi que le chef d’entreprise savait préalablement que l’usage qu’il
faisait de ses pouvoirs était contraire aux intérêts de la société.
d) Elément matériel
1. Usage des biens sociaux non conforme ou contraire à l’objet social
Il y a une présomption selon laquelle les débours et prélèvements non
justifiés dont les dirigeants sociaux font état (déplacements, réceptions des
clients, expositions, participations à des foires, cadeaux d’entreprises) se trou-
vent automatiquement considérés comme non conformes à l’intérêt social. Si
les justificatifs des dépenses ne sont pas produits ou si les dirigeants sociaux
s’attribuent de leur propre chef des rémunérations excessives, ou encore s’ils
perçoivent un salaire alors qu’ils n’exercent aucune activité dans la société51 ,
l’élément matériel sera déclaré établi.
2. Usage illicite
Tout en employant des biens sociaux dans l’intérêt de la société, le diri-
geant peut faire un usage illicite sans en tirer un avantage personnel. Il en est
51
Par application de la jurisprudence de la cassation française.
40
52
Le sujet de l’infraction fait partie des éléments constitutifs de toute infraction. Si l’on peut
généralement penser à un seul agent, auteur du fait délictueux, la réalité par contre est que
très souvent l’infraction est l’œuvre de plusieurs personnes. Lorsque plusieurs personnes
ont contribué à la réalisation d’une infraction en y prenant une part plus ou moins active et
directe, il y a participation criminelle prévue par les articles 21 à 23 de notre code pénal. La
complicité est une modalité de la participation punissable. Les complices d’une infraction
sont ceux qui apportent à sa réalisation une aide utile, mais non indispensable. La loi a
prévu, de manière limitative, les modes de complicité en l’article 22 du code pénal. Ce sont
les instructions données pour commettre infraction, l’aide accessoire apportée à la commis-
sion de l’infraction et enfin le fait de loger habituellement certaines catégories de malfai-
teurs.
Catalogue des infractions 41
Il s’agit ici de l’article 78 du code pénal qui ne prévoit pas d’infraction par-
ticulière. L’article 78 dispose que « quiconque abusant des croyances supersti-
tieuses de la population aura sans fondement réel, imputé à une personne un
acte ou un événement vrai ou imaginaire, sachant que cette imputation incite-
rait autrui à commettre une infraction, sera considéré comme complice de
l’infraction ainsi provoquée ». Ce texte se limite à énoncer un cas de complicité,
la provocation par abus des croyances superstitieuses. Pareille complicité est
valable pour toutes les infractions que les personnes provoquées peuvent alors
commettre.
Par exemple,Mukidi répand dans le village que Mpongi a jeté un mauvais
sort à l’enfant de Mabilala. Si ,à la suite de ces propos, Mabilala tue Mpongi,
Mukidi sera complice du meurtre. Si Mabilala incendie la maison de Mpongi,
Mukidi sera complice d’incendie volontaire, etc.
Pour d’autres développements relatifs à l’infraction d’abus des croyances
superstitieuses, le lecteur consultera utilement l’auteur Jean Lesueur53 et
l’infraction d’imputation calomnieuse de nature à inciter autrui à commettre
une infraction.
I. Eléments constitutifs
Pour être consommée, l’infraction d’abus du droit de réquisition doit
comprendre l’élément matériel et l’élément moral essentiels.
a)L’élément matériel
53
Jean LESUEUR. , Précis de droit pénal spécial, Imprimé par la section de police de
l’Agence pour le Développement International (A.I.D. Ambassade des Etats-Unis
d’Amérique, Kinshasa, 1967, p.42
42
I. Eléments constitutifs
Pour sa consommation, l’infraction d’accès illicite aux zones protégées
exige les éléments matériels et l’élément moral.
a)Les éléments matériels
Aux titres d’éléments matériels, le législateur distingue le fait visé par la loi et
les biens protégés.
1. Le fait visé par la loi
54
Les tribunaux militaires de police, de garnison, la cour militaire opérationnelle, la cour
militaire et la haute cour militaire ont plénitude de juridiction pour juger les individus traduits
ou renvoyés devant eux pour les infractions prévues et punies par la loi (art.73 du code
pénal militaire). Pour les militaires et assimilés (Police Nationale Congolaise et Service Na-
tional), la compétence personnelle est de rigueur. Il a également été jugé que les membres
du corps des « Forces d’Autodéfense Populaire » sont assimilés aux miliciens des Forces
armées et conséquemment justiciables des juridictions militaires (Tribunal de grande ins-
tance de Kinshasa/Kalamu, R.P 8622, 1er mars 2005 inédit.). Il en sera de même d’autres
milices établies sur le territoire national, peu importe leur dénomination.
Catalogue des infractions 43
II. Répression
L’accès illicite aux zones protégées est une action libre et consciente vi-
sant à attenter aux intérêts fondamentaux de la Nation. Aux termes de l’article
147 du code pénal militaire, cette infraction expose son auteur à une peine de
servitude pénale principale dont le taux maximum est de deux ans .
I. Eléments constitutifs
a)L’élément légal
L’article 50 du code pénal livre II incrimine l’administration de substances
nuisibles ayant porté atteinte à l’intégrité physique ou psychique d’autrui.
b)L’élément matériel
L’élément matériel consiste en l’administration, par quelque procédé que ce
soit, des substances mortelles ou nuisibles. L’élément matériel peut être consti-
tué d’une remise directe ou indirecte ; seul un comportement positif aboutit à
la qualification juridique.
c)L’élément moral
Dans l’élément moral ou intentionnel le juge doit s’assurer de la volonté de
nuire par des substances nocives. Le prévenu connaît l’effet nuisible de ces
substances sur la santé physique d’une personne humaine. Il agit avec
l’intention de nuire à la santé de la victime.
55 ème
Général LIKULIA BOLONGO. ,Droit pénal spécial Zaïrois,tome I, 2 édition, Paris,
LGDJ,1985, p.84.
Catalogue des infractions 45
Par contre, administrer des substances pouvant provoquer la mort dans le but
de guérir ne constitue pas l’infraction. Ainsi, le fait d’avoir administrer des
médicaments indigènes qui finissent par la suite à devenir nuisibles ne constitue
pas cette infraction.
III. Poursuites
L’auteur de l’administration des substances nuisibles pourra être dé-
noncé à la police par tout témoin des faits. Il sera porté plainte au parquet par
la victime contre la personne présumée avoir administré des substances nui-
sibles. L’auteur de l’infraction est aussi poursuivable par le Ministère public ou
par la personne lésée devant le juge.
56
Article 91 du code de l’organisation et de la compétence judiciaires
57
Articles 107 et 108 du Code de l’Organisation et de la Compétence Judiciaires.
58
La prescription de l’action publique repose sur l’idée qu’au bout d’un certain temps, dans
un intérêt de paix et de tranquillité sociale, mieux vaut oublier l’infraction qu’en raviver le
souvenir. On la justifie également par la considération psychologique que le coupable aussi
longtemps qu’il a réussi à échapper à la poursuite ou au châtiment, a dû vivre dans
l’inquiétude et dans l’angoisse, peut-être même torturé par le remords. On la justifie égale-
46
31. Adultère
L’adultère est le fait pour une personne mariée d’avoir des relations
sexuelles avec quelqu’un d’autre que son conjoint. L’adultère porte atteinte au
mariage, base de la société. En matière civile, depuis l’avènement du code de la
famille, l’adultère de l’homme ou de la femme n’est plus une cause de divorce.
En matière pénale, si l’adultère de la femme est toujours réprimé, celui du
mari n’est punissable que dans la mesure où il est entouré des circonstances de
nature à imprimer à l’égard de la conjointe un caractère d’injure grave. Il en est
ainsi des scènes de conjonction sexuelle avec un partenaire autre que le con-
joint dans la maison conjugale.
I. Eléments constitutifs
ment en faisant appel à l’idée de négligence. La société perdrait son droit de punir parce
qu’elle ne l’aurait pas exercé en temps utile. Le dépérissement des preuves est une raison
particulière en faveur de la prescription de l’action publique. Au fur et à mesure que le temps
s’écoule depuis que l’infraction a été commise, les preuves disparaissent ou, du moins,
perdent beaucoup de leur valeur. Plusieurs années après l’infraction, il sera difficile d’en
découvrir les traces et les indices, de retrouver les témoins ; ceux que l’on aurait la chance
de rattraper auront probablement oublié ou n’auront que des souvenirs vagues et imprécis.
Une action exercée trop longtemps après la commission de l’infraction risquerait de provo-
quer une erreur judiciaire. Pour l’éviter, dans l’intérêt même de la justice répressive, le
mieux est d’empêcher l’exercice de l’action publique.
59
Léo.,07 avril 1953.
Catalogue des infractions 47
que tant qu’un mariage n’a pas été enregistré, le tribunal suspendra la procé-
dure tendant à lui faire sortir des effets, jusqu’à ce que cet enregistrement soit
opéré60.
b)La conjonction sexuelle
C’est la consommation des rapports sexuels de l’un des époux avec une
personne autre que son conjoint, qui est l’acte par lequel se caractérise
l’adultère. Il y a nécessairement un complice. Il doit s’agir d’une union de sexes,
même incomplète,d’un homme et d’une femme. Une union consommée des
sexes. Ce qui exclut de la sphère de l’infraction d’adultère les rapports contre
nature entre deux femmes ou deux hommes, la vie commune d’une femme
avec un tiers sans relations sexuelles. Les privautés, même obscènes, ne suffi-
sent pas à constituer l’infraction. Toutefois, il importe peu que la conjonction
sexuelle soit parfaite ou incomplète.
Un seul acte de conjonction sexuelle suffit pour établir l’infraction d’adultère. Il
n’est donc pas nécessaire qu’une femme ou un homme trompe à plusieurs re-
prises son mari ou son épouse.
c)L’intention coupable
L’adultère est une infraction intentionnelle. Il faut que les relations illicites
aient eu lieu sciemment et volontairement. Il doit s’agir d’une consommation
voulue des rapports sexuels en toute connaissance, du caractère délictueux de
l’acte. Une femme qui a été contrainte physiquement ou moralement, ou si elle
est atteinte d’aliénation mentale, ne sera pas poursuivie pour adultère. N’est
pas punissable pour adultère une femme qui a a été violée. N’est pas punissable
non plus la femme qui a été trompée par supercherie et s’est livrée dans
l’obscurité croyant qu’il s’agissait de son époux.
d)L’élément propre à l’adultère du mari
La relation sexuelle d’un mari avec une autre femme que sa conjointe ne
suffit pas à elle seule pour constituer l’infraction d’adultère. Il faut, en plus, des
circonstances pouvant paraître injurieuses pour la femme,par exemple le fait
que l’acte soit accompli dans le domicile conjugal ou que de l’union naisse un
enfant. L’adultère masculin n’est incriminé que s’il « a été entouré de circons-
tances de nature à lui imprimer le caractère d’une injure grave » 61. Ces circons-
tances sont laissées à l’appréciation souveraine du juge.
Il est jugé qu’en s’appuyant sur les témoignages et en appréciant souve-
rainement les faits de la cause, pour considérer que le fait pour le prévenu de
s’enfermer avec une femme mariée dans une maison non éclairée et à des
heures tardives constitue une faute lourde. Qu’ainsi le juge a bien motivé
l’existence de l’infraction d’adultère62 . Celui qui a des relations sexuelles avec sa
60
Tribunal de grande instance de Bukavu, RP 9953, 06 février 2001, ministère public et
partie civile dame Apendeki Kapitula, contre les prévenus Mazimbaka Marume et Nsimire m’
Kanondo, inédit.
61
Article 467, 2 du code de la famille.
62 er
C.S.J., R.P. 234,1 décembre 1981, inédit.
48
belle-sœur alors qu’il est en séparation de corps avec son épouse, commet
l’adultère. Une femme mariée surprise en pleine conjonction sexuelle avec un
partenaire qui interrompt brusquement l’acte sans qu’il y ait eu éjaculation,
commet l’adultère.
1. La complicité d’adultère
En matière d’adultère, la complicité est punie. C’est l’article 22 du code
pénal ordinaire. Le complice d’adultère est en fait le partenaire du mari ou le
complice de la femme. Celui qui participe à l’infraction d’adultère (le complice)
est puni conformément à l’article 22 du code pénal. Cette complicité63 exige :
1° que l’adultère soit établi à charge de la personne légalement et actuellement
mariée ;
2° l’intention coupable du complice. Le complice64 ne sera pas sanctionné s’il
prouve qu’il ignorait que son partenaire était marié.
Les exemples de complicité d’adultère existent. Céder une chambre aux
deux partenaires, mettre les deux partenaires en contact en vue de consommer
des relations sexuelles (faire le « Mukala » dit-on en langue lingala).
2. La tentative d’adultère
La tentative d’adultère est difficile à établir. Le fait pour un mari de
chercher à avoir des relations infractionnelles avec sa belle-sœur, et le fait
d’une femme de donner rendez-vous à un individu et de l’avoir reçu secrète-
ment chez elle,ou se rendre auprès de lui ne constituent point l’infraction
d’adultère. Le fait d’être surpris avant la consommation des rapports sexuels ne
constitue pas non plus l’adultère. Certes, ces tentatives non punissables peu-
vent présumer l’existence de l’infraction d’adultère, de même que les actes li-
cencieux, les familiarités ou les attitudes impudiques ou immorales, mais la
jurisprudence devrait encore faire du chemin.
3. La preuve en matière d’adultèr
La preuve de l’infraction d’adultère peut être rapportée par un en-
semble de présomptions telles que : une lettre d’amour, des explications fausses
sur l’emploi du temps etc. Il a été jugé qu’a défaut d’un constat de flagrant délit
d’adultère, de correspondances saisies, de procès-verbaux d’audition de té-
moins oculaires et compte tenu de ce que , de par sa nature même, l’adultère
63
Pour la réparation du préjudice causé à un époux par l’adultère de la femme, le tiers adul-
tère est condamné aux dommages-intérêts fixés en monnaie nationale, tandis que la préve-
nue est condamnée à la réparation par les objets à désigner par la coutume des deux con-
joints (CSJ., 2 novembre 1995, RPA 196, R.A.J.Z, 1996,p.25°).
64
La répression de la participation criminelle est prévue à l’article 23 du code pénal. Les
sanctions varient selon qu’il s’agit des co-auteurs ou des complices. Les co-auteurs sont
des auteurs. Ils encourent les mêmes peines. Les complices sont passibles d’une peine qui
ne dépassera pas la moitié de la peine qu’ils auraient encourue s’ils avaient été eux-mêmes
auteurs. (Article 23 alinéa 3 du code pénal). Lorsque la loi prévoit la peine de mort ou la
servitude à perpétuité pour les auteurs, les complices encourent la servitude pénale de dix à
quinze ans (article 23 alinéa 4 du code pénale).
Catalogue des infractions 49
II. Poursuites
a)Quel texte légal réprime la violation de la foi conjugale par les per-
sonnes mariées ?
Le Décret du 25 juin 1948 a été abrogé. La loi désormais en vigueur est la loi
n°87/010 du 1er août 1987 portant code de la famille, spécialement ses articles
467, 468, 470 et 472.
65
CSJ., RPA 196, 21 novembre 1995, tiré de Ruffin LUKOO MUSUBAO . , La Jurisprudence
Congolaise en Droit Pénal, volume I, Editions ON S’EN SORTIRA, Kin 2006, p. 15.
66 er
Tribunal de grande instance de Bukavu, RP 7861, 1 juin 1993, ministère public et partie
civile Djuma Muderhwa contre les prévenus Kafarhire Nicolas et Madame M’Bisharhula,
inédit.
50
Toute personne qui soustrait une femme mariée aux devoirs conjugaux
sera punie des peines prévues pour l’adultère (art 472). Le complice est puni
des mêmes peines que l’auteur principal.
c) Tribunal compétent
Le tribunal de paix, eu égard à la compétence matérielle lui dévolue, est
l’instance habilitée à connaître de l’infraction d’adultère.
d) La prescription
L’adultère de la femme, étant une infraction instantanée, s’il y a eu plu-
sieurs faits, chacun d’eux constitue une infraction distincte, et pour chacun la
prescription court dès le jour où il a été commis. Par contre, l’adultère de
l’homme est une infraction d’habitude et la prescription court dès la cessation
de l’entretien. Si l’auteur des rapports sexuels n’a pas été poursuivi par l’époux
offensé depuis la commission de l’infraction dans un délai d’une année, il béné-
ficiera de l’extinction de l’action publique. Si le même auteur a été condamné et
que deux années se sont écoulées sans exécuter la peine, cette dernière ne lui
sera plus appliquée.
32. Anthropophagie
I. Définition
L’anthropophagie est le fait de manger, de consommer, de se restaurer,
de se nourrir de la chair humaine ou d’absorber du sang ou de la cervelle hu-
maine. L’anthropophagie suppose des actes matériels définis par le législateur
et un élément moral. L’anthropophagie est aussi appelée cannibalisme.
III. Poursuites
67
Boma., 14 Avril 1908, jur. Etat II p. 229.
68
Boma., 03 mars 1903, Jur. Etat I p. 256.
69
Distr. Kivu., 17 janvier 1938, R.J.C.B., p.155.
70
Comme nous l’avons indiqué, rechercher les infractions, les constater, en rassembler les
preuves, en identifier les auteurs et appréhender ceux-ci, constitue l’un des rôles essentiels
de la police.
52
71
Il y a concours idéal d’infractions justifiant la condamnation du prévenu à une seule peine,
lorsque les infractions retenues à la charge du prévenu sont les produits d’une même entre-
prise criminelle ou sont liées par l’unité d’intention criminelle (C.S.J. , R.P.A 112, 20 no-
vembre 1985, inédit). Par contre, sont en concours matériel les infractions non reliées par
une seule intention persistante pour constituer une infraction collective (C.S.J. , R.P.A. 26 ,
4/5/1974, Bull. 1975, p. 74, texte, p.96, in fine) ,ou celles qui ne sont reliées par aucune
unité d’intention (C.S.J. , R.P.A. 23/C.R. , 26 janvier 1981, inédit).
72
Actes interruptifs de la prescription. Les actes d’instruction et de poursuite interrompent la
prescription, le point de départ du délai étant le dernier acte d’instruction ou de poursuite
(art. 26 du code pénal). Cependant, les actes interruptifs ne peuvent jouer indéfiniment. La
loi a prévu des limites.
Les actes réguliers d’instruction préparatoires accomplis par le magistrat instructeur,
l’officier de police judiciaire tendant à rechercher les éléments de l’infraction, sont des actes
interruptifs. Il en est de même d’un jugement avant dire droit, d’un jugement sur le fond
même non coulé en force de chose jugée, d’un dépôt du rapport d’expertise, et d’une cita-
tion devant le tribunal par le Ministère public.
D’après le dernier état de la jurisprudence , les simples procès-verbaux et rapports de l’OPJ
dressés dans une enquête, les jugements ordonnant les mesures d’instructions, même les
simples remises de causes mentionnées dans les notes d’audience, sont également inter-
ruptifs de la prescription.
Mais ne sont pas des actes interruptifs : la simple invitation à comparaître devant le tribunal,
l’appel du prévenu, l’acte d’opposition du prévenu, la plainte de la partie civile, sauf lors-
qu’elle est un préalable à toute poursuite.
Catalogue des infractions 53
I.Eléments constitutifs
Pour déteminer les éléments constitutifs de l’infraction d’arrangement
avec le pouvoir ennemi, il faut caractériser dans le chef de l’auteur une qualité,
l’acte incriminé et l’élement moral.
a)La qualité de l’auteur de l’infraction
L’auteur de l’arrangement coupable avec le pouvoir ennemi ne peut être
qu’un citoyen volontairement engagé sous le drapeau à défendre la nation,
même au prix de son sang. C’est le militaire ou l’assimilé.
b)L’acte incriminé
L’acte incriminé est le pacte clandestin de paix signé avec le pouvoir ennemi
aux dépens de la patrie par un combattant des forces régulières.
c)L’élément moral
L’élément moral s’entend comme la perpétration libre de l’acte et la con-
naissance de son caractère attentatoire aux intérêts fondamentaux de la nation.
Il y a, dans l’infraction d’arrangement avec l’ennemi, une trahison délibérée du
serment de défendre sa patrie jusqu’au prix de son sang.
I. Eléments constitutifs
a) L’élément légal
73
C.S.J., R.P.A. 112, 20 novembre 1985, inédit.
54
74
Il a été jugé par le tribunal de paix de Kananga que le fait d’appréhender quelqu’un au
corps, de l’empêcher de se mouvoir et de l’enfermer dans une maison, est constitutif de
détention illégale(RP 683/CD, 22 décembre 2004, ministère public et partie civile Kabongo
Mushiya contre les prévenus Ngalamulume Mayeli et Mbuyi, inédit.
75
C.S.J., R.P.A 18, 28 mars 1973, B.A. 1974, p.81.
76
NZANGI BATUTU (M). , « L’action policière et les droits de l’homme en R.D Congo »,
Collection Droit, Politique, sociologie, CDPS ASBL, Kinshasa 2003.
Catalogue des infractions 55
de la loi et sans commandement de l’autorité légitime. Ces actes sont posés par
l’auteur de sa propre volonté, pour son bon plaisir et par son propre caprice.
Le tribunal a acquitté un prévenu du fait que la victime, en soutenant la priva-
tion de son droit d’aller et venir à plusieurs reprises n’en a pas démontré
l’illégalité77. Cependant commet l’infraction d’arrestation arbitraire un vice gou-
verneur qui, dans le cadre d’une enquête administrative, confie un agent à la
garde de la gendarmerie, étant donné qu’en sa qualité de haut fonctionnaire, il
devrait savoir que, dans ce cas, la loi ne lui permet pas de procéder ni à
l’arrestation ni à la détention de l’agent incriminé, même pour une durée limi-
tée78 . Il a été décidé qu’est arbitraire et faite en violation de l’article 67 du code
pénal livre II, l’arrestation d’un prévenu opérée par l’officier du Ministère pu-
blic en instruction d’un litige à caractère civil79 . Par contre, ne tombent pas
sous le coup de l’article 67, une arrestation et une détention qui sont ordonnées
ou seulement permises par la loi, telles celles qui, pour des raisons de nécessités
d’instructions judiciaires, sont opérées par un magistrat du parquet ou un opj80 .
d. Circonstances aggravantes
L’arrestation arbitraire est aggravée quand la mort s’ensuit, causée par
les tortures que la victime a subies. Toutefois, les tortures constituent en elles-
mêmes des circonstances aggravantes, même si elles n’ont pas entraîné la mort.
e. Cas jurisprudentiels et exemples
Il est de jurisprudence que le simple dépôt de la plainte par le prévenu,
même si par la suite il a fourni aux agents de l’ordre un moyen de déplacement,
ne saurait suffire pour établir l’élément moral dans son chef. Aussi , le simple
dépôt d’une plainte ne constitue pas un acte de complicité ou de corréité dans
l’arrestation ultérieure par les agents de l’ordre, en vertu de leurs pouvoirs
propres81 . Sont exemples d’arrestations arbitraires et détentions illégales, le cas
d’un magistrat qui maintient en détention une personne acquittée par un tribu-
nal, le fait d’enlever un enfant et d’enfermer, sans motifs valables, une per-
sonne donnée dans une chambre.
II. Poursuites
36. Assassinat
L’assassinat est le meurtre commis avec préméditation82. La préméditation
peut être définie comme étant « le dessein formé avant l’action ». La prémédita-
tion doit être définie dans son sens étymologique83 . La préméditation suppose
une « méditation préalable », une décision mûrie, prise après une réflexion va-
lable. L’intention homicide doit précéder l’action. La préméditation se mani-
82
Claudia Ghica-Lemarchand, Frederic-Jerôme Pansier. , Droit pénal spécial, Vuibert, Août
2007, p.41.
83
GARCON E., Code pénal annoté, 2eme édition, articles 296 à 298.
Catalogue des infractions 57
feste, entre autres manières, quand l’assassin monte un scénario pour amener la
victime dans ses filets. Il tend un guet-apens à sa victime. Il prépare son crime,
organise et prend un temps pour réfléchir sur la façon dont il va l’exécuter.
Il a été jugé que l’infraction d’assassinat est un meurtre prémédité dont la
commission requiert la réalisation de tous les éléments constitutifs de
l’infraction de meurtre auxquels s’ajoute l’élément préméditation et/ ou le guet-
apens84 .
I. Eléments constitutifs
a)L’élément matériel
L’élément matériel est constitué d’un acte (à l’opposé de l’abstention, de
l’omission ou de l’inaction) ou d’un coup porté avec la main, l’arme, les pieds
ou autre instrument qui entraîne la mort d’une personne humaine ou suscep-
tible de la provoquer. Bien entendu, il faut relever que l’assassinat suppose que
la victime soit une personne humaine, née et vivante ainsi que l’acte positif et
matériel porté produise comme résultat la mort de cette personne85. Il ne suffit
pas de poser un acte matériel et positif pour que l’assassinat soit établi, il faut
en outre que l’acte soit librement voulu et prémédité.
b)L’élément moral
L’élément moral suppose une conscience délibérée (mûrement réfléchie,
non subite et momentanée) avec comme résultat escompté de donner la mort à
la personne d’autrui (animus necandi). Le coupable a conçu le dessein de tuer
sa victime un certain temps avant l’action. Toutefois, il a été jugé que la résolu-
tion de tuer qui, tout en étant conditionnelle, est néanmoins le résultat d’une
volonté non subite, momentanée mais antérieure et sûrement réfléchie, consti-
tue un des éléments de qualification d’assassinat86. A contrario, les juges ont
décidé qu’il n’y a pas d’assassinat lorsque, entre le moment du dessein homicide
conçu dans l’empire d’un vif ressentiment et celui de sa réalisation, le prévenu
n’a pas retrouvé son calme87.
84
Tribunal de grande instance de Kinshasa/Gombe , R.P 19.063, Ministère public et Fwelo
Mahasa Joseph contre les cités Magloire Kabemba Okandja et consorts, 18 mars 2010,
inédit.
85
Haute cour militaire, RP 001/2004, MP c/ Col Alamba et consorts, 5 octobre 2004, inédit.
86 ère
1 instance Kin, 19 février 1965, RJC. 1969,n°1 p.89 avec note.
87
Kin, 19 janvier 1967, RJC 1967, n° 2,P. 130.
88
Cour d’appel de Lubumbashi, 14 novembre 1968, B.P. c/V.J., in R.J.C. 1968, p.268.
58
a) Texte légal
L’assassinat est défini et réprimé à l’article 45 du code pénal, tel que
modifié et renforcé par l’ordonnance-loi n°68/193 du 03/05/1968.
L’assassinat est réprimé de la peine de mort93. L’assassinat comme le meurtre
sont par priorité poursuivis et jugés dans un délai d’un mois maximum (art.6 de
l’ordonnance-loi).
L’assassinat est une infraction relevant de la compétence du tribunal de
grande instance.
89 er
Kinshasa, 1 juin 1967, RJC, 44eme année, janvier-mars 1968, n°1, p. 69.
90 er
Tribunal de grande instance du Nord-Kivu à Goma, RP18.693 RMP 3016/BLK, 1 avril
2008, inédit.
91
C.S.J., R.P 2,10 janvier 1972. B.A 1973, p.88, R.J.Z 1972, p.135.
92
HCM RP 001/2004 du 5 octobre 2004, MP c/ Col ALamba et consorts, inédit.
93
A l'état actuel de la législation en vigueur en République Démocratique du Congo, le légi-
slateur congolais n'a pas encore abolie la peine de mort en dépit des pressions immenses
exercées sur le Gouvernement. Sans nullement être abolitionniste, j’estime que le maintien
de la peine capitale dans l'arsenal répressif congolais n'est pas sans poser quelques pro-
blèmes. La République Démocratique du Congo a signé un moratoire sur les exécutions de
la peine capitale, ce qui entraîne comme conséquence qu'à l'heure actuelle, les condamna-
tions à cette peine continuent d'être prononcées par les juridictions congolaises sans
qu'elles ne soient effectivement exécutées. Les condamnés à mort sont ainsi indéfiniment
maintenus dans une situation d'insécurité juridique, doublée d'un stress intolérable, car ils
ignorent leur sort définitif.
Catalogue des infractions 59
b) Circonstances atténuantes
Le fait qu’un meurtre a été prémédité n’empêche pas d’accorder au
condamné le bénéfice des circonstances atténuantes94. Peut constituer une
circonstance atténuante en faveur du prévenu, l’attitude de la victime qui, fau-
tive au regard de la coutume, peut avoir effectivement été ressentie par le pré-
venu,vieillard de mentalité primitive, vivant sous l’influence complète de la
coutume95.Le désir de venger le meurtre de son frère a également, déjà été re-
tenu comme circonstance atténuante d’un meurtre ou d’un assassinat96.
c) Disqualification des faits
La constitution, en son article 19, dispose que nul ne peut être ni sous-
trait ni distrait contre son gré du juge que la loi lui assigne, mais le juge peut
disqualifier les faits97 et statuer sur une infraction qui n’est pas matériellement
de sa compétence98.
I. Eléments constitutifs
94
1ère instance App. Cost, 27 novembre 1938, Revue Juridique, 1940, p.112. Tribunal de
grande instance du Nord-Kivu à Goma, R.P 18.759, 7 avril 2009, inédit.
95 ère
Trib. 1 inst. Léo., 28 juillet 1961, in R.jud.C.1962, p.83.
96 ère
Trib.1 inst. Stanleyville., 12 novembre 1962 cité par Ruffin LUKOO MUSUBAO. , la
jurisprudence congolaise en droit pénal, Volume I, Editions ON S’EN SORTIRA, Kin
/RDC2006, p.34.
97 ère
Trib. 1 inst. Léo., 28 juillet 1961, in R.jud.C.1962, p.83.
98
En vertu de l’article 103 du Code de l’Organisation et de la Compétence Judiciaires, qui
dispose « si un tribunal saisi d’une infraction de sa compétence constate que les faits consti-
tuent une infraction dont la compétence est attribuée à un tribunal inférieur, il statue sur
l’action publique et éventuellement sur l’action civile et sur les dommages-intérêts à allouer
d’office », un prévenu peut être soustrait de son juge naturel.
99 e
NYABIRUNGU MWENE SONGA. , op. cit . , 2 éd., DES, Kinshasa, 1995, p.321.
100 e
Dictionnaire de droit, 2 Ed., tome I, Librairie Dalloz, Paris, p. 146.
60
101
Article 156 du code pénal livre II ; Cour d’appel de Kinshasa/Matete, RPA 11634, 31 mai
2010, inédit.
102
Elis. , 23 décembre 1913, Jur. Col. 1924, p. 187 ; Elis 6 janvier 1914. Jur. Col. p. 256.
103
C.S.J., R.P 319, 01 juillet 1980, Inédit.
104
C. S. J., RP 29/30/31 CR du 16 mai 1990, M.Pc/ Koyagialo, in RDJA 08/98, p. 460.
Catalogue des infractions 61
Les exemples des buts poursuivis sont nombreux : être faux monnayeurs,
faussaires, escrocs etc. Il est à remarquer que cette infraction existe par le seul
fait de l’organisation de bande (art 156 du code pénal ordinaire).
c) L’élément moral
On a vu que l’infraction existe même en l’absence de dessein de la
commission d’une infraction déterminée. Cependant, il faut que l’auteur ait agi
en connaissance de cause, qu’il ait su qu’il entrait dans une bande de malfai-
teurs ou qu’il fournissait(ne serait-ce qu’une seule fois) des instruments destinés
à la commission d’une infraction par une association de malfaiteurs.
d) Etat de la jurisprudence
- Une association doit, en plus, avoir une certaine permanence dangereuse, en
raison de la menace durable qu’elle fait peser sur la société. L’association
n’est pas faite le matin pour disparaitre le soir, il faut une permanence. C’est
la raison pour laquelle le législateur l’a prévue parmi les infractions contre la
sécurité publique105 ;
- Une réunion éphémère d’individus participant à une action isolée ne tombe
pas sous le coup de l’article 156 du code pénal congolais. Pour tomber sous
le coup de la loi, l’association doit être organisée, c'est-à-dire que la loi exige
entre les membres de la bande une entente préalable106 ;
- La loi n’a pas donné la définition du malfaiteur, mais il n’est pas exigé qu’il
soit un repris de justice, c'est-à-dire une personne qui a déjà subi une con-
damnation pénale ; à vrai dire, sont malfaiteurs tous ceux qui forment une
association dans le but d’attenter, de commettre des infractions contre des
personnes ou des propriétés107 ;
- L’adhésion à une bande est punissable même si l’individu ne participe pas,
ensuite, à l’activité criminelle. Le mobile évoqué est sans influence pour
l’application de la loi pénale108 ;
- Pour que soit reconnue l’association de malfaiteurs, il est nécessaire que
l’entente soit réalisée en vue de la commission de plusieurs infractions, et
105
CA Bruxelles 09 septembre 1947, in Revue de Droit pénal et criminologie 1947, p 109 ;
Trib Milit Garn kin/Gombe RP210/2006 du 16 juin 2006, MP C/Kuthino F et consort, inédit.
106
Cass. B., 11 décembre 1893 pas v1894 1ère partie ; CA Bruxelles 09 septembre 1947, in
Revue de Droit et criminologie 1947, p.109, Trib Milit Garn Kin/gombe RP 210/2006 du 16
juin 2006 MP C/K, inédit.
107
Trib Milit Garn. Kin /Gombe RP 210/2006 du 16 juin 2006 MP C/K, inédit.
108
Idem.
62
109
Cass Fr chambre Crim . , 13 janvier Dalloz 1955 p 291 ; Trib Milit Kin /Gombe RP.
210/2006 du 16 juin 2006 MP c/K, inédit.
110
Cass Fr Crim. , 30 avril 1996 Bull n°176 et Rev sc crim 1997.113 obs Delmas Saint Hi-
laire.
111
Cass. Fr Crim. , 30 avril 1996, idem.
112
Cass.Fr. crim., 8 février. 1979, Bull. n° 58 ; Rev.sc. crim. 1980. 151, obs. J. Robert
113
Cass Fr crim . , 22 janvier 1986 Bull n°29 ; 3 juillet 1991 Bull n°288.
Catalogue des infractions 63
I. Eléments constitutifs
114
Boma., 29 septembre 1914, Jur. Col. 1925, p. 189.
115
Aux termes des articles 27 à 29 du code pénal, les peines se prescrivent en dix ans
révolus pour les peines d’amende de moins de cinq mille Zaïres,quatre ans pour les peines
d’amende de cinq mille Zaïres et plus ; délai double de la peine prononcée pour les peines
de servitude pénale de dix ans ou moins, sans que ce délai ne puisse être inférieur à deux
ans ; vingt ans pour les peines de servitude pénale de plus de dix ans.
Catalogue des infractions 65
116
J. LESUEUR. , op.cit. , p.141.
66
L’article 179 du code pénal Livre II n’est d’application que lorsque les
faits incriminés ne constituent pas une infraction en eux-mêmes ou lorsqu’ils
constituent une infraction punie de peines inférieures à deux ans de servitude
pénale.
a) Texte légal
L’article 179 du code pénal Livre II est le texte légal. Il punit les faits
constitutifs de l’infraction d’atteinte à la liberté des cultes et de conscience de la
peine de servitude pénale principale de huit jours à deux ans, et d’une amende
ou de l’une de ces peines seulement.
b) Le tribunal de paix
Le tribunal de paix est la juridiction compétente pour juger des atteintes
à la liberté des cultes et de conscience. L’action publique de l’infraction
d’atteinte à la liberté des cultes et de conscience se prescrit dans le délai de trois
ans.
117
Une série d’actes infractionnels peut donner lieu à un concours d’infractions. Le concours
d’infractions est réalisé lorsque, dans une situation donnée, l’inculpé doit répondre à la fois
de plusieurs infractions dont aucune n’a encore fait l’objet d’un jugement définitif.
Catalogue des infractions 67
I. Poursuites
Etant donné que la cour de sûreté de l’Etat a été dissoute119, les infrac-
tions qui relevaient de sa compétence tombent dans les règles de droit com-
mun de compétence. En effet, ces incriminations120 ont existé avant la création
118
J.0. ,1964, p .2 et suivants.
119
Aux termes de l’article 225 de la constitution du 18 février 2006, il est stipulé que la cour
de sûreté de l’Etat est dissoute dès l’entrée en vigueur de la présente constitution.
120
Lorsque le même fait constitue plusieurs infractions, la peine la plus forte sera seule
prononcée. Il en est ainsi de celui qui tire un coup de feu dans la foule, tue et blesse plu-
sieurs personnes. Il se rend coupable de plusieurs infractions de meurtre et de blessures
volontaires. C’est le concours idéal d’infractions, il est réglementé par l’article 20 alinéa 1er
68
I. Eléments constitutifs
du code pénal congolais. On considère qu’en cas de concours idéal, l’infraction est unique
et la peine prononcée est aussi unique car on applique la plus forte.
121
Code pénal congolais. Décret du 30 janvier 1940 tel que modifié jusqu ‘au 31 décembnre
2009 et ses dispositions complémentaires, 2010, p. 50.
Catalogue des infractions 69
1. L’acte incriminé est un acte portant atteinte aux libertés et aux droits garan-
tis aux particuliers ;
2. L’acte doit être commis par un fonctionnaire, le concept « fonction-
naire »étant être pris dans son sens large ;
3. L’acte est commis dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice des fonctions.
L’ élément matériel est constitué de tout acte violant les libertés et droits ga-
rantis par les lois, les décrets, les ordonnances et les arrêtés. L’auteur de l’acte
doit être préposé de l’Etat. C’est-à-dire une autorité administrative ou territo-
riale, provinciale ou centrale. Peu importe le grade de l’autorité. Il suffit que
l’acte soit posé dans l’exercice des fonctions et, en outre, que l’autorité abuse
tout simplement de ses fonctions. Bref, il s’agit de tout dépositaire d’une petite
parcelle d’autorité publique qui en userait de manière abusive.
b. L’élément moral
L’agent agit avec conscience qu’il n’a pas droit. Il sait qu’il viole une loi, ou
encore qu’il ne se fonde sur aucune. Il en est ainsi de l’atteinte à l’inviolabilité
du secret des lettres, du déguerpissement d’un locataire sans jugement par un
officier de police judiciaire.
II. Poursuites
122
Toutes les peines prévues pour cette infraction sont retenues parce qu’étant les plus
fortes. Par contre lorsqu’un même sujet accomplit plusieurs infractions distinctes, non réu-
nies par une même intention délictueuse et dont aucune n’a encore fait l’objet d’un jugement
définitif, il y a concours matériel d’infractions. Le concours matériel d’infractions est prévu
par l’article 20, alinéa 2 du code pénal. Il en est ainsi d’un individu qui vole une vache à
Ngakwa le 30 décembre. Le 20 janvier, il tue une personne à Kanyalanga. Les agents de la
police se présentent pour l’arrêter à Bugobe, il frappe l’un avant d’être maîtrisé. Ce cas
constitue un exemple de concours matériel d’infractions de vol, de meurtre et de coups et
blessures. La solution est que le juge qualifiera chaque fait et lui appliquera une peine et
ensuite il additionnera les peines prononcées. C’est ce qu’on appelle le principe du « cumul
des peines ».
70
I. Eléments constitutifs
Deux éléments sont communs à tous les attentats : le fait matériel et
l’intention coupable.
a) Les éléments matériels124
123
Elis. , 14 mai 1949, RJCB., p.139, Léo, 1.10.1935, RJCB, 1936, p.19.
124
Les actes constitutifs de cette prévention peuvent être en concours matériel d’infractions
et exiger le cumul des peines. Le cumul des peines de servitude pénale ne peut dépasser le
double du maximum de la peine la plus forte prévue par la loi, ni être supérieure à vingt
ans. Le cumul des peines d’amendes ne peut dépasser le double du maxima de la peine la
plus forte prévue par la loi. En cas de cumul, la servitude pénale subsidiaire ne pourra dé-
Catalogue des infractions 71
L’existence d’un acte attentatoire aux bonnes mœurs. C’est un acte im-
pudique, immoral par rapport aux us et coutumes d’un lieu donné, exercé sur
une personne avec ou sans violences, ruses ou menaces. Les mœurs sont donc
« un ensemble des principes, des règles régissant une société à une époque
donnée ». L’attentat suppose nécessairement un acte susceptible de causer pré-
judice à une personne humaine dans ce qu’elle peut ressentir comme pudeur.
C’est aussi un acte susceptible de constituer une offense à la moralité publique
au regard de bonnes mœurs d’une région, d’une communauté ou d’un Etat.
Il a ainsi été jugé que le fait d’exhiber sa nudité et de frotter son pénis
contre les parties intimes de la victime constitue la prévention d’attentat à la
pudeur125. Un fait trop peu grave peut constituer une infraction d’attentat à la
pudeur. Il peut présenter un dégré d’impudicité suffisant pour outrager la pu-
deur publique126. C’est l’action physique et immédiate contraire aux mœurs
exercée sur une personne qui constitue l’élément de l’infraction.
b)L’élément moral
L’attentat à la pudeur est une infraction intentionnelle. Il s’agit d’un
acte contraire aux mœurs exercé délibérement, une volonté délibérée de porter
atteinte à la moralité publique. L’agent pose son acte obscène avec la volonté
d’enfreindre les habitudes de la région, d’enfreindre la loi. A ce sujet, il a été
jugé que l’intention coupable de l’attentat à la pudeur se manifeste par la con-
naissance du caractère criminel ou immoral de l’acte127.
II. Poursuites
passer six mois. La peine de mort et la servitude pénale à perpétuité absorbent toute peine
privative de liberté.
125
Tribunal de grande instance de Kinshasa-Kalamu ; jugements R.P 7691, 8 juin 2000 et
R.P. 8325, 6 février 2003, inédit.
126
Elis.,13 avril 1943, RJCB, p. 132, in Piron, P et Devos, J., op.cit. ,p. 385.
127
Tribunal militaire de garnison de Bukavu, R.P 178/07, 27 mars 2008, affaire MP contre
Amzo Limaadu, inédit.
128
Voir aussi Elis, 22 février 1916, Jur Col 1926, p.320 et note ; Cass., 11 février 1942, Pas.
1942, I, 40.
72
Il y a d’autre part, l’autre base légale est l’article 172 de la loi n° 09/001
du 10 janvier 2009 portant protection de l’enfant.
c)Tribunal compétent
Tout attentat à la pudeur consommé, ou tenté, sans violence sur la personne d’un enfant
129
quinze ans de servitude pénale principale, et à une amende de quatre cent mille
francs congolais si l’attentat à la pudeur a été commis par des personnes ou
dans des circonstances prévues à l’alinéa 2 de l’article 170. L’alinéa 2 de
l’article170 de la même loi stipule que le minimum de la peine sera doublé si
l’attentat est le fait :
1° des ascendants ou descendants de l’enfant ;
2° des personnes qui ont autorité sur l’enfant ;
3° de ses enseignants ou de ses serviteurs à gage,ou les serviteurs des per-
sonnes indiquées ci-dessus ;
4° des agents publics, des ministres de culte ayant abusé de leur position ;
5° du personnel médical, para médical ou des assistants sociaux, des tradipra-
ticiens envers les enfants confiés à leurs soins ;
6° des gardiens sur les enfants placés sous leur surveillance.
L’attentat aux mœurs se définit comme tout acte qui excite, facilite ou favo-
rise la débauche de la jeunesse. Il est une excitation des mineurs à la débauche.
L’infraction d’attentat aux mœurs sous-entend :
a) l’acte matériel : celui-ci consiste à favoriser la débauche ;
b) l’âge réquis : moins de dix-huit ans est l’âge requis pour la victime; :
c)le but escompté :le but est de satisfaire la passion d’autrui.
Catalogue des infractions 75
a)Texte légal
Les articles 172 ( modifié par l’art 5 du décret du 27 juin 1960) et
l’article 173 et l’article 173 du code pénal livre II constituent le siège de
l’infraction d’attentat aux mœurs. La sanction est de trois mois à cinq ans de
servitude pénale principale et l’amende. Dans ce cas, le tribunal de paix est
compétent. La prescription de l’action publique est de trois ans.
b) Circonstances aggravantes
Lorsque l’infraction d’attentat aux mœurs est commise sur un enfant de
moins de dix ans, l’auteur encourt cinq à dix ans de servitude pénale. Si l’auteur
est père ou mère de l’enfant, il peut en outre être privé de ses droits sur
l’enfant. Le tribunal de grande instance est l’instance compétente. La prescrip-
tion de l’action publique en matière d’attentat aux mœurs est de dix ans.
a) Les attentats
Les attentats se divisent en cinq types :
1. Détruire ou changer le régime constitutionnel par des voies illégales ;
2. Exciter les citoyens ou habitants à s’armer contre l’autorité de l’Etat. ;
3. Exciter les citoyens ou habitants à s’armer les uns contre les autres ;
4. Porter atteinte à l’intégrité du territoire national ;
5. Porter le massacre ou la dévastation en un même lieu ou en divers lieux
(dans une ou plusieurs zones).
b) Les complots
Les éléments constitutifs du complot sont au nombre de quatre.
1. La résolution d’agir : une volonté précise et bien arrêtée ;
2. Cette résolution doit être concertée entre deux ou plusieurs personnes ;
76
3. Elle (résolution) doit également être arrêtée entre les conjurés, d’où la né-
cessité d’un accord entre eux sur le but et les moyens d’exécution du com-
plot. ;
4. Le complot doit avoir un but particulier : celui de commettre un attentat..
En période de guerre civile ou de troubles graves, ce sont des attentats qui ont
pour but de provoquer :
- le massacre, c’est-à-dire un ensemble de meurtres accomplis par des bandes
d’émeutiers ;
- la dévastation, c’est-à-dire une série de destructions, dégradations, incendies,
etc. exécutés avec violences ;
- le pillage, c’est-à-dire des vols collectifs se produisant au moment des
émeutes.
50. Avortement
L’avortement volontaire est interdit. « Malheur à qui profane la beauté in-
nocente de la vie humaine ; malheur à qui en méconnait le droit essentiel, celui
d’exister, ou l’annéantit dès son origine130 ». La loi punit celui qui a fait avorter
une femme. La loi punit aussi la femme qui, volontairement, s’est fait avorter.
Avorter, c’est user des pratiques mécaniques ou chimiques pour interrompre
artificiellement une grossesse, en provoquant l’expulsion du fœtus avant terme,
non dans le but de sauver la vie de la mère porteuse ou d’épargner à l’enfant à
naître tout inconfort moral ou physique.
Le législateur distingue l’avortement par autrui (art 165) de l’avortement
sur soi-même (art 166). Le premier (avortement par autrui) est le fait de qui-
conque, par divers moyens, fait avorter une femme, que celle-ci y consente ou
130
Pape paul VI, in Journal le Monde, 24 décembre 1974, p.10, cité par LIKULIA., op. cit., p.
307.
Catalogue des infractions 77
non. Le second (avortement sur soi-même) est celui que la femme se procure
elle Ŕmême. Le médecin, l’infirmier ou toute autre personne peut provoquer
l’avortement d’une femme enceinte. Ils le peuvent par ruse, violence, curetage,
administration des produits pharmaceutiques abortifs ou indigènes, ou en usant
de tout autre procédé. Ils sont, dès lors, qualifiés de coauteurs de l’avortement.
Dans ce cas, ils seront punis sur base des articles 21 du code pénal livre I, et
165 du code pénal livre II.
I. Eléments constitutifs
Pour être consacrée, l’infraction d’avortement requiert la réunion d’un
ensemble d’éléments matériel et l’élément moral.
a)Les éléments matériels
1.L’expulsion prématurée.
Il s’agit de l’expulsion avant terme du fœtus, quel que soit le stade du déve-
loppement du fœtus, et indépendamment de sa viabilité.
2.L’expulsion provoquée d’une manière artificielle.
L’article 165 du code pénal congolais énumère les aliments, les breuvages,
les médicaments, les violences ou tout autre moyen comme manières artificielle
d’expulser le foetus. Généralement, les moyens de provoquer l’avortement
peuvent être chimiques ou mécaniques. Par les moyens chimiques,on reconnait
l’usage de la quinine, de l’eau de vie allemande, de l’antimoine, etc.
Par les moyens mécaniques, on distingue la sonde, l’injection d’eau savon-
neuse de permanganate, le crayon introduit dans l’uterus pour provoquer la
contraction et l’expulsion, les exercices physiques divers suivis d’hémorragie et
de curetage etc.
Bref, l’expulsion du fœtus est faite à l’aide des aliments, des breuvages,des
médicaments, des violences ou par tout autre moyen131 .
b) L’élément moral
L’auteur doit avoir eu l’intention de provoquer l’avortement. Une femme
grosse qui absorbe des substances abortives, (…) lorsqu’elle a délibérément
recherché l’expulsion du fœtus qu’elle portait, administre par ce fait la preuve
de l’élément moral. Le consentement de la femme est inopérant, car il s’agit
moins de disposer de son propre corps, mais de disposer de la vie d’un être
humain qui, bien que n’étant pas encore fonctionnellement autonome par rap-
port à elle, est déjà « ontologiquement » différent d’elle.
En effet, l’avortement résultant des coups volontaires portés, non dans
le but de faire avorter, mais dans l’intention d’attenter à la personne d’autrui
relève des articles 46 à 48 du code pénal. Aussi, l’avortement pratiqué par un
Au sens de l’article 165 du code pénal congolais livre II, l’avortement doit être considéré
131
132
C.S.J., R.P 290, 20 décembre 1978, B.A, 1979, p.150.
133 er
Tribunal de grande instance de Kinshasa-Kalamu, jugement R.P. 8622, 1 mars 2005,
inédit.
134
LESUEUR., op.cit., p. 122.
Catalogue des infractions 79
53. Banqueroute
Le terme « banqueroute » vient de l’italien « banca rotta », qui signifie
« banc brisé ». En effet, celui dont le commerce coulait et qui ne payait plus ses
dettes, voyait son banc à l’assembnlée des marchands brisé : il ne pouvait plus y
sièger.
La banqueroute est l’état d’un commerçant déclaré en faillite qui, dans la ges-
tion de ses affaires, s’est rendu coupable d’actes frauduleux ou de négligences
et d’imprudences. L’infraction de banqueroute concerne uniquement les com-
merçants. Elle n’est envisageable qu’aux conditions préalables de la qualité d’un
agent commerçant déclaré en faillite. La jurisprudence l’a confirmé137 . Les
conditions pour déclarer en faillite un commerçant se rapportent notamment à
la cessation de paiement et à l’ébranlement du crédit.
Les dispositions légales des articles 86 et 87 du code pénal congolais livre
II sont les textes légaux. A l’analyse de ces dispositions légales, l’on distingue la
banqueroute commise frauduleusement et la banqueroute réalisée sans inten-
tion frauduleuse.
I. Champs d’application de la banqueroute.
Peuvent tomber sous le coup des articles 86 et 87 du code pénal livre II qui
organisent les infractions de banqueroute les commerçants d’abord. Ensuite,
les dirigeants sociaux et les liquidateurs, ainsi que les personnes physiques des
personnes morales, lorsque c’est une personne morale qui est nommée admi-
nistrateur ou membre du conseil de surveillance d’une société. Enfin, la ban-
queroute est applicable aux dirigeants de fait comme aux dirigeants de droit.
137
Léo. , 27 février 1941, R.J.C.B. 1946, p.26.
138
L’état de cessation des paiements est le fait pour le débiteur de ne plus pouvoir faire face
à ses dettes(le passif exigible) avec l’actif disponible.
Catalogue des infractions 81
139
Elis. , 15 février 1949, R.J.C.B p.99 et 16 mars 1957 R.J.C.B. p. 230 ; Elis 19 janvier
1954 p. 91.
140
Léo. , 2o septembre 1956, R.J.C.B. 1957 p. 86.
82
141
Cette infraction pose la question de l’abrogation par désuetude de la loi.L’abrogation de
cette loi pourrait résulter du seul fait qu’elle se trouve, en pratique, frappée d’ineffectivité.
Catalogue des infractions 83
57. Bigamie
La bigamie est l’état d’une personne engagée dans le lien d’un mariage enre-
gistré ou célébré devant l’officier de l’Etat civil qui aura fait enregistrer ou célé-
brer un autre mariage sans que le précédent soit dissout ou annulé.
1. Monsieur Lukafu a quitté Kisangani après un mariage célébré le 18 juil-
let 1998 à la commune de la Makiso, avec son épouse, madame Ziyana.
Sans le dévoiler, Monsieur Lukafu voyage pour Matadi où il prépare une
autre union. Mademoiselle Musimwa, son ancienne amie, l’attend à bras ou-
verts. Mr Lukafu s’unit avec Musimwa le 25 janvier 1999 devant l’officier de
l’état civil de la commune de Nzanza.
2. Entretenir « un deuxième bureau142 » ne constitue pas l’infraction de bi-
gamie.
I. Eléments constitutifs
a) Condition préalable.
Il faut en premier lieu que l’époux coupable soit déjà engagé dans les
liens d’un mariage (contracté en République Démocratique du Congo ou à
l’étranger) valable. Il faut qu’il y ait deux mariages valables. Il n’y a pas infrac-
tion si le second mariage est nul pour une cause qui lui est propre 143 . Cas du
mari dont la première femme meurt entre son deuxième et troisième mariage ;
s’il se trouve que la bigamie résultant du deuxième est prescrite, il n’y a pas
d’infraction punissable, puisque le décès a dissout le premier mariage avant la
conclusion du troisième, et que le troisième n’a coïncidé qu’avec un deuxième
qui était nul.
La nullité du mariage s’apprécie selon le droit civil. Elle constitue une
exception préjudicielle au jugement, pour la nullité entachant le premier ma-
riage. Le tribunal répressif statue, au contraire, pour les nullités du second.
b) L’élément matériel
Un premier mariage valable et non dissous. L’élément maté-
riel consiste à contracter un second mariage. L’auteur est déjà lié par un pre-
mier mariage valable et non dissous. Un second mariage valable. Et puis, il
célébre ou enregistre un second mariage avant la dissolution du premier. Ce-
pendant, il n’est pas nécessaire que le second mariage soit contracté comme le
premier. Il peut s’agir d’un simple mariage coutumier.
c) L’élément moral.
Une intention coupable. Il faut que l’auteur agisse en connaissance de
cause ; c’est-à-dire la connaissance de l’existence d’une première union non
dissoute au moment de la célébration du second mariage144. La connaissance,
142
A Kinshasa, «deuxième bureau » signifie concubine ou maîtresse d’un homme marié.
143
Toulouse, 2002 ; Mémentos, Droit Pénal Spécial, 14 ème édition, 2008, Dalloz p.298.
144
Paris, 31 mai 1949, JCP 1949. II. 5163, note Delaume.
84
II. Poursuites
Les poursuites peuvent être engagées par l’épouse. Elle peut porter
plainte à la police, au parquet ou attraire l’auteur devant le juge de paix. La per-
sonne reconnue coupable de l’infraction de bigamie sera sanctionnée sur base
des articles 408, 409 du code de la famille.
a) Sanctions dévolues
L’époux qui aura fait enregistrer ou célébrer une seconde union sans
que la première ne soit dissoute ou annulée, commet l’infraction de bigamie. Il
encourt un mois à trois ans de servitude pénale principale et une amende ou
une de ces peines seulement.
c) Complicité.
La loi ne prévoit aucune disposition concernant le complice qui épouse
la personne déjà mariée. S’il savait qu’il épousait une personne déjà mariée, on
lui appliquera les dispositions générales sur la complicité. Sera aussi complice,
l’officier public qui a prêté son ministère au mariage constituant la bigamie. Est
également complice l’officier public qui connaissait l’existence du premier ma-
riage. Il sera puni, tout comme l’auteur principal. Tous ceux qui se sont asso-
ciés à l’infraction peuvent également être poursuivis comme complices (té-
moins, second conjoint, agissant en connaissance de cause).
d) Tentative.
La tentative n’est pas punissable. La bigamie est en déclin, car elle
est difficile à commettre en raison des mentions devant être apposées sur les
actes de l’état civil. Elle est ,en outre ,facile à ne pas commettre, en usant du
divorce dans un même dessein(ou en vivant en concubinage).
145
Paris, 27 novembre 1981, D.1983, 14, note Ph. Paire.
146
Paris, 6 juillet 1988, Juris-Data n° 044484.
Catalogue des infractions 85
149
Crim., 25 juin 2003, Dr.pénal 2003,comm.143,obs.Véron, RSC 2004,p. 350, obs. Otten-
hof.
eme
150
Bruxelles ,11 e ch. ,30 juin 2003 et cass. , 2 ch., 14 janvier 2004 – p 584 tiré de la
e
Revue de Jurisprudence de Liége, Mons et Bruxelles, 31 décembre 2004, 110 année, heb-
domadaire, page 1932.
Catalogue des infractions 87
c)Autres sanctions
Aux termes de l’article 36 du même texte légal, il revient que les per-
sonnes morales (sociétés) pourront être condamnées :
1. à l’interdiction, à titre définitif ou pour une durée de cinq ans au plus,
d’exercer directement ou indirectement certaines activités professionnelles ;
2. à la fermeture définitive ou pour une durée de cinq ans au maximum de
leurs établissements ayant servi à commettre cette infraction ;
3. à la dissolution lorsqu’elles ont été créées pour commettre les faits incrimi-
nés ;
4 . au paiement des frais de publication de la décision par la presse écrite ou par
tout autre moyen de communication audio-visuelle.
I. Eléments constitutifs
L’existence de l’infraction de bris de scellés appelle à la réunion de plu-
sieurs éléments : de l’élément matériel et de l’élément moral.
a)L’existence des scellés
L’existence des scellés apposés sur ordre de l’autorité publique (Gouverne-
ment, Justice ou un fonctionnaire qualifié) dans les formes légales, doivent être
matériellement détruits. La destruction des scellés vise la pénétration dans le
local ou l’ouverture du meuble.
b)La destruction ou l’enlèvement des scellés
Pour qu’il y ait destruction ou enlevement des scellés il faut que la bande ou
l’empreinte ait dû être détruite ou enlevée. Ainsi, le fait de soustraire un objet
placé sous scellés, sans endommager les scellés, constituerait le vol.
c)L’élement moral
La destruction des scellés doit avoir été faite avec connaissance et volonté.
Le législateur utilise le concept « à dessein ». L’infraction de bris de scellés est
donc une infraction intentionnelle.
88
L’infraction est commise par celui qui sait que les scellés qu’il a brisés avaient
été apposés par l’autorité judiciaire. Cette connaissance ne résulte pas exclusi-
vement de la signification à l’auteur du bris de scellés de la décision de justice
ayant décidé de leur apposition, car il peut être un tiers au procès ayant abouti à
cette mesure151.
II. Poursuites
Les poursuites pour bris de scellés rentrent dans le droit commun des
poursuites. Le Ministère public met en mouvement l’action publique, même
sur simple dénonciation. Les personnes intéressées peuvent se constituer par-
ties civiles ou saisir le juge compétent.
a) Quel est le texte légal ?
Les bris de scellés relèvent du code pénal livre II. Les articles 139 et
140 du code pénal LII en sont le siège légal. La répression des actes des bris de
scellés y est définie.
b) Quelles sont les sanctions prévues ?
Ceux qui auront brisé les scellés seront punis de six mois à deux ans de servi-
tude pénale principale, et d’une amende ou d’une des peines seulement. Le
gardien par la négligence duquel le scellé, aura été brisé, ou qui aura lui même
brisé le scellé, peut encourir huit jours de servitude pénale principale, et une
amende ou l’une des peines seulement152. Le gardien qui brise le scellé, ou le
fonctionnaire qui opère le scellé et qui le brise, sera puni de trois ans de servi-
tude pénale principale maximum et d’une amende153.
c) Quel est le tribunal compétent ?
L’infraction de bris de scellés est portée devant le juge compétent. La
compétence matérielle de cette infraction est dévolue au juge de paix.
d) Qu’en est-il de l’action publique ?
L’action publique relative à l’infraction de bris de scellés se prescrit après
trois ans et une année selon qu’il s’agit des cas prévus aux points 1, 3 et au
point 2 ci-dessus. Les peines, elles, seront prescrites au délai double de la peine
prononcée, ou à deux ans si ce délai est inférieur à deux ans.
151
Montpellier, 24 avril 2001,Dr.pénal 2001, comm,137.
152
Article 139 du code pénal livre II.
153
Article 140 du code pénal livre II.
Catalogue des infractions 89
61. Cannibalisme
Voir anthropophagie, n° 32.
63. Capitulation
L’infraction de capitulation est aussi appelée défaitisme. La capitulation
est une infraction contre le devoir. Elle consiste à capituler devant l’ennemi, ou
à ordonner de cesser le combat, ou encore à amener le pavillon sans avoir
épuisé tous les moyens de défense dont on dispose, et sans avoir fait tout ce
que prescrit le devoir. Les personnes susceptibles de commettre l’infraction de
Catalogue des infractions 91
I. Eléments constitutifs
a) Les trois conditions préalables
Trois conditions sont requises pour la réalisation de l’infraction de capitula-
tion : l’existence d’une situation exceptionnelle, le statut de commandant opé-
rationnel pour l’agent et l’avis obligatoire du conseil de discipline sur la culpabi-
lité dudit commandant.
b) Les éléments constitutifs propremendits
Les élements constitutifs sont faits d’une part de l’élément matériel, et
d’autre part de l’élément intellectuel.
1. L’élément matériel
L’élément matériel est caractérisé, soit par la capitulation devant
l’ennemi, soit par l’ordre de cessation de combat, soit encore par le fait
d’amener le pavillon sans avoir épuisé tous les moyens de défense à la disposi-
tion ou sans avoir accompli tout ce qui est prescrit par le devoir et l’honneur.
2. L’élément intellectuel
L’élément intellectuel de l’infraction est fait de l’intention criminelle.
Celle-ci consiste dans la décision, pour un agent libre et conscient, de capituler,
et dans la connaissance de la disponibilité des moyens de défense pouvant lui
permettre de faire valablement face à l’ennemi.
I. Eléments constitutifs
a) L’élément légal
L’élément légal de l’infraction de cel frauduleux est défini par l’article 102
du code pénal livre II (issu du décret du 24 décembre 1929).
b)L’élément matériel
L’élément matériel est constitué d’une chose trouvée par hasard ou dont
on a obtenu la possession par hasard. Le cel frauduleux ne porte que sur les
objets mobiliers.
Cette chose doit appartenir à autrui. La chose ne doit pas avoir été abandonnée
sciemment par son propriétaire. Un vieux vêtement jeté ne pourra pas faire
l’objet de cette infraction, car il n’a plus de valeur. Il doit s’agir d’une appro-
priation de la chose en la conservant pour soi ou en la cédant à autrui sous
forme de don, de prêt, de vente, de mise en gage, etc.
c)L’élément moral
L’élément moral est fait, dans le chef d’une personne donnée , de
l’intention frauduleuse de s’approprier une chose qu’elle sait ne pas lui apparte-
nir. Le cel frauduleux, infraction instantanée, est établi dès qu’on est en pré-
sence d’un paiement indu ou d’un enrichissement sans cause, l’intention délic-
tuelle étant manifestée par l’utilisation immédiate des fonds indûment perçus et
causant ainsi préjudice154 . Le tribunal a décidé qu’en conservant ou en retenant
les tuyaux trouvés avec dessein de les rendre dès qu’il en découvre le proprié-
taire, ou dès qu’il a connaissance de leur réclamation, autrement dit en
s’appropriant lesdits tuyaux, le prévenu s’est comporté ainsi en maître de ces
tuyaux et tombe donc sous le coup de l’article 102 du code pénal réprimant le
cel frauduleux155.
154
RJZ. , 8 octobre 1973, septembre- décembre. , n°3, p.274.
155
Tribunal de paix de Kisangani/Makiso., RP 1718, 16 juillet 2004, ministère public et partie
civile contre le prévenu Adel Achour.
Catalogue des infractions 93
II. Poursuites
65. Change
La matière de change156 est réglementée en République Démocratique
du Congo. Elle est régie par la l’ordonnance-loi n° 67/272 du 23 juin 1967
relative aux pouvoirs réglementaires de la Banque Nationale du Congo en ma-
tière de réglementation du change157 . Constituent une infraction à la réglemen-
tation du change :
1. tout acte non conforme aux dispositions législatives ou réglementaires rela-
tives au contrôle des changes ;
2. l’obtention d’autorisations par des procédés illégaux ou irréguliers telles la
falsification ou l’altération de documents, la fausse déclaration ainsi que
l’utilisation de tels procédés en vue de les obtenir (art.10).
a)Personnes concernées par la réglementation du change
Non seulement les personnes physiques, mais aussi les personnes mo-
rales intervenant, les premières comme les secondes, directement ou indirec-
156
M.C 1967 p. 864 in Codes Larcier R.D.C, tome III, Vol 2, Larcier-afrique Editions 2003,
p.706.
157
Journal Officiel de la République Démocratique du Congo, 49 ème Année, Numéro Spé-
cial, 20 janvier 2008.
94
158
C.S.J., R.P. 79, 25 juillet 1973, B.A. 1974, p.144.
159
C.S.J., R.P. 174, 04 juillet 1977, B.A. 1978, p.66.
Catalogue des infractions 95
66. Chantage
160
Articles 312-10 du deuxième livre code pénal intitulé « Des crimes et délits contre les
personnes ».
96
Il est reconnu que la loi punit, sans distinction, la détention du chanvre à fu-
mer. Celui qui fume du chanvre doit nécessairement en détenir, et il tombe
donc sous l’application de la loi161 .
161
Boma, 30 juillet 1907, Jur. Etat II p.190.
162
B.O., 1903, p.36 et B.O., 1917, p.68 .
163
O- L. du 10 mars 1917
Catalogue des infractions 97
164
Ière Inst. Buta, 19 décembre 1929, Rev . Jur. 1931, p. 271.
165
Elis. , 2 décembre 1911, Jur. Congo 1912 p. 300.
166
Boma, 18 Novembre 1913, Jur. Congo1924, p. 87.
98
a) Poursuites consécutives
L’auteur présumé de l’infraction « cinéma enfants non admis » peut être
poursuivi sur dénonciation. Il le peut aussi sur plainte de toute personne lésée.
Le Ministère public peut en outre se saisir d’office. L’ordonnance n°23/216 du
04 mai 1959 portant protection de l’enfance en matière de projections cinéma-
tographiques publiques167 est le texte légal. A l’endroit du coupable, une sanc-
tion d’un mois maximum de servitude pénale principale et une amende sont
prévues ou une de ces peines (article 20 de l’ordonnance citée). Le tribunal
pourra ordonner , pendant trois mois , la fermeture de l’établissement.
70. Clientélisme
Le clientélisme consiste dans toute pratique ou tout procédé d’attribution
sélective d’avantages indus, se fondant notamment sur des critères d’origine,
d’appartenance ou de non appartenance à une éthnie, une tribu, une région ou
une province, une religion, une association de fait ou de droit, ou encore sur
tout autre critère discriminatoire. Le clientélisme consiste également dans la
création ou l’entretien, sur cette base d’attaches personnelles ayant des inci-
dences manifestes et perverses sur la gestion d’un service ou d’une unité, sur
leur organisation ou sur leur fonctionnement (article 197 du code pénal mili-
taire).
167
B. O. , 1959, p. 1157.
Catalogue des infractions 99
a) L’élément matériel
L’élément matériel est constitué de deux actes. D’une part, un acte de
pratique ou de procédé d’attribution sélective d’avantages indus, d’ autre part,
un acte de création ou d’entretien d’attaches personnelles sur base des critères
d’origine, d’appartenance ou de non appartenance à une religion, à une associa-
tion de fait ou de droit, ou sur tout autre critère discriminatoire.
b) L’élément moral
L’élément moral consiste, d’abord , dans la connaissance du caractère
indu des avantages qu’on attribue sélectivement, et dans la résolution libre et
consciente de les attribuer. Il consiste, ensuite, dans la ferme décision de créer
ou d’entretenir une coterie basée sur ces critères négatifs au mépris des effets
néfastes futurs ou réels168 .
168
Laurent MUTATA LUABA . , Droit pénal militaire congolais. Des peines et incriminations
de la compétence des juridictions militaires en R.D. Congo ; Editions du Service de Docu-
mentation et d’Etudes du Ministère de la Justice et Garde des Sceaux, Kinshasa 2005,
p.640.
100
169
F. Linditch., « Une définition élargie des marchés publics destinée à couvrir de larges
pans de l’activité économique », Cahiers de droit de l’entreprise, n° 5 septembre 2007, dos-
sier29.
170
Après harmonisation par la commission paritaire mixte de l’assemblée nationale et du
sénat, le texte a été l’adopté en assemblée plénière et promulgué le 27 avril 2010 par le
Président de la République. Ainsi donc vient d’être abrogée l’ordonnance loi n° 69/054 du 5
décembre 1969 (article 84).
171
Journal Officiel de la République Démocratique du Congo, Cabinet du Président de la
ème
République, 51 Année, Numéro Spécial, 30 avril 2010, 33 pages.
172
Idem, pp 11-12.
Catalogue des infractions 101
3. Les marchés de service ont pour objet la réalisation des prestations qui ne
peuvent être qualifiés, ni de travaux, ni de fournitures.
4. Les marchés de prestations intellectuelles ont pour objet des prestations à
caractère principalement intellectuel. Ils incluent notamment les contrats de
maîtrise d’ouvrage déléguée, les contrats de conduite d’opération, les con-
trats de maîtrise d’œuvre et les services d’assistance technique, les marchés
de prestation, d’études et de la maîtrise d’œuvre, tout comportant des obli-
gations spécifiques liées à la notion de propriété intellectuelle.
173
Idem, pp 29-30.
102
d) Sanctions administratives174
Sans préjudice des peines définies pour les infractions à la loi pénale,
l’entrepreneur, le fournisseur ou le prestataire de services qui aura commis un
acte d’improbité175 dans la passation ou dans l’exécution des marchés publics
sera passible, de façon séparée ou cumulative, par l’institution chargée de la
régulation des marchés publics de :
- l’exclusion temporaire de la commande publique (l’exclusion ne peut dépas-
ser la durée de cinq ans) ;
- retrait de l’agrément et/ou du certificat de qualification.
En cas de récidive, la déchéance définitive peut être prononcée par la juridic-
tion compétente, à la demande de l’établissement public chargé de la régulation
des marchés.
174
Les sanctions administratives sont prévues par la même loi relative aux marchés publics
à l’article 80.
175
Le législateur s’est efforcé de définir l’acte d’improbité à l’article 80 de la loi relative aux
marchés publics . Il y a réservé des larges développements.
176 ème
Journal Officiel de la République Démocratique du Congo, 43 année, Kinshasa, 31
août 2002.
Catalogue des infractions 103
a) Procédure
1. Rôle des inspecteurs forestiers
Les inspecteurs forestiers, les fonctionnaires assermentés et les officiers
de police judiciaire sont les personnes habilitées en matière forestière. Ils peu-
vent procéder à la saisie et à la mise sous séquestre des instruments, véhicules
et objets ayant servi à commettre une infraction forestière ou qui en sont le
produit. Ils ne peuvent procéder à des visites et perquisitions dans les maisons
d’habitation, dans les bâtiments, dans les cours adjacents et dans les enclos que
sur autorisation d’un officier du Ministère public. Ils peuvent appréhender et
conduire devant l’officier du Ministère public toute personne surprise en fla-
106
grant délit d’infraction forestière. Ils peuvent réquerir la force publique pour la
répression des infractions forestières et pour la saisie des produits forestiers
illégalement détenus, transportés , vendus ou achétés. Ils consignent dans leurs
procés-verbaux , la nature, le lieu et les circonstances des infractions consta-
tées, les éléments de preuve relevés et les dépositions des personnes ayant
fourni les renseignements. Les procès-verbaux font foi jusqu’à la preuve con-
traire. Ils sont transmis, dans les meilleurs délais, à l’officier du Ministère pu-
blic. Un rapport est dressé par l’officier de police judiciaire à l’administration
chargée des forêts.
2.Rôle de l’Etat
L’Etat a le droit d’exposer l’affaire devant le tribunal. Il dépose ses con-
clusions, au premier dégré comme devant la juridiction d’appel. Au cas où
l’Etat n’est pas représenté à l’audience, le tribunal prononce d’office les dom-
mages-intérêts (article 135 alinéa 2). Les jugements en matière forestière sont
signifiés au Ministre de la Justice qui en porte connaissance à l’administration
forestière(art. 136).
I. Infractions et pénalités
180
Cour de Sûreté de l’Etat, RP 2479, 18 mars 2004, inédit.
Catalogue des infractions 109
disculper que les pierres noires trouvées sur lui ne sont pas du diamant alors
que l’expertise du centre d’Evaluation, d’Expertise et de Certification des Subs-
tances Minérales, précieuses et semi-précieuses, CEEC en sigle, atteste qu’il
s’agit bel et bien des substances minérales et plus précisément du diamant in-
dustriel181 . La détention illicite des substances minérales est punie de deux mois
de servitude pénale principale au maximum et d’amende. L’amende à faire
payer est de l’équivalent en francs congolais de 2.000 $US à 20.000 $US. Le
juge peut infliger soit la servitude pénale principale soit l’amende.
181
Tribunal de Grande Instance de Kinshasa/ Gombe, R.P 263, Ministère public et partie
civile contre le prévenu Ajudiya Pravin Kumar , 18 décembre 2009, inédit.
110
Les infractions à la législation minière sont créées par la loi n°007 /2002
du 11 juillet 2002. Cette loi, bien que postérieure à la loi n° 002/2001 du 03
juillet créant les tribunaux de commerce, n’a pas déterminé le tribunal pénal
compétent. Nous estimons que, le nouveau code minier faisant partie de la
législation économique et commerciale de notre pays en vertu de l’article 17 de
la loi n° 002/2001, les infractions en matière des mines et carrières relèvent de
la compétence pénale des tribunaux de commerce.
b) Tribunal compétent
L’infraction de complot contre la vie ou la personne du chef de l’Etat est
considérée tantôt de par sa nature comme une infraction continue, tantôt elle
est considérée, selon une autre opinion plus nuancée, comme une infraction
instantanée. L’infraction de complot contre le chef de l’Etat est de la compé-
tence du tribunal de grande instance.
I.Eléments constitutifs
Le code pénal militaire, en son article 62(art 432-434 C.J.M), châtie les
comportements constitutifs du complot militaire de cinq à dix ans de servitude
pénale. Le maximum de la peine est appliqué aux militaires les plus élevés en
grade et aux instigateurs de l’infraction. En temps de guerre, en périodes ex-
ceptionnelles ou en toutes circonstances pouvant mettre en péril la sécurité de
la formation, de l’aéronef ou du navire ou si le complot a pour but de peser sur
la décision du chef militaire responsable, l’auteur coupable de l’infraction sera
puni de mort.
79. Comptabilité
Toute entreprise exerçant une activité lucrative ou non sur le territoire na-
tional, y compris les associations sans but lucratif, a.s.b.l en sigle, qu’elle qu’en
soit la forme juridique doit tenir une comptabilité régulière. Celle-ci est tenue
suivant les formes du Plan Comptable Général Congolais, en sigle PCGC. Ex-
ception est faite des banques et autres institutions financières, des petites et
moyennes entreprises soumises au régime d’imposition forfaitaire ainsi que
celles relevant du régime de la patente ; les infractions en matière de tenue de la
comptabilité sont issues du décret du 31 juillet 1912 tel que modifié par le dé-
cret du 20 avril 1935, de la loi n°76-020 du 16 juillet 1976 et des ordonnances
n°76-150 du 16 juillet 1976 et n°77/332 du 30 novembre 1977.
I. Infractions et sanctions
183
J.O.Z., n° 16, 15 août 1976 p. 855.
184
Article 15 point 1° de la loi 76-020 du 16 juillet 1976 portant normalisation de la comptabi-
lité au Zaïre.
Catalogue des infractions 115
I. Définition
Par concours de pronostic, il faut entendre tout contrat par lequel deux
personnes assurent un gain déterminé à celle qui se trouvera avoir raison sur
l’existence ou la non existence d’un évènement affirmé par l’une et nié par
l’autre185 .
L’infraction de concours de pronostics s’entend du fait d’organiser ou
d’exploiter , pour son compte ou pour le compte d’autrui, des concours de
pronostic ou autres.
a)Domaine d’application de l’interdiction de concours de pronostics
L’interdiction s’applique à toutes sortes de concours de pronostics. En
effet, à la lecture de la loi , sont réprimés, non seulement les concours de pro-
nostics sportifs, mais aussi, tous les autres concours de pronostics. Le lieu où
ce concours de pronostics a lieu importe peu. Pourvu qu’il vise à porter atteinte
au droit de propriété d’autrui. Un seul fait suffit à caractériser l’infraction ,
celle-ci n’étant pas une infraction d’habitude.
b)L’élément intentionnel
L’élément intentionnel est réquis. L’intention s’analyse dans la cons-
cience de violer le droit de propriété d’autrui. Toute personne qui , à titre gra-
tuit ou moyennant rémunération, aura servi d’intermédiaire entre une entre-
prise de concours de pronostics et des particuliers, soit en transférant des
fonds, soit en diffusant des bulletins ou réclames de cette entreprise, sera puni
des mêmes peines que l’auteur principal186.
II. Poursuites
Les poursuites peuvent être faites sur dénonciation. Elles peuvent être
menées par le parquet après plainte ou même d’office. L’officier de police ju-
diciaire, « l’œil et l’oreille du Ministère public » , reçoit les plaintes. Il peut être
saisi sur réquisition, sur dénonciation ou aussi sur plainte187.
a)Quel est le texte légal en vigueur ?
L’ordonnance législative n°II /141 du 16 mai 1951 portant interdiction
des concours de pronostics sportifs ou autres188 définit et réprime la prévention
de concours de pronostics.
b) Quelles pénalités le législateur prévoit-il ?
L’auteur principal de l’infraction de concours de pronostics pourra su-
bir deux mois de servitude pénale principale et une amende ou une de ces
185
LIKULIA BOLONGO. , Droit pénal spécial zaïrois, LGDJ, Paris 1976, p.515.
186
Article 1 de l’ordonnance législative n°/II/141 du 16 mai 1951.
187
En régle générale, en droit congolais la plainte peut être écrite ou orale.
188
B.O., p. 1154.
116
189
Code Larcier République Démocratique du Congo, Larcier-Afrique Editions 2003, Tome
III, Volume 2, p.504.
190
NGUYEN Chanh Tam, Philippe DARTOIS, Charles SIMON. , Lexique de Droit des af-
faires Zaïrois, Faculté de Droit, Kinshasa, 1972, p79.
Catalogue des infractions 117
quelconque de nature à faire croire que les produits ont une origine ou une
provenance autre que leur véritable origine ou provenance ;
5. faire croire à une origine ou à une provenance inexacte desdits produits, soit
par addition, retranchement ou altération quelconque d’une marque, d’une
dénomination ou d’une étiquette, soit par des annonces, écrits ou affiches
soit par la production de factures, de certificats d’origine ou de provenance
inexacts, soit par tout autre moyen ;
6. faire un usage non autorisé de modèles, dessins, échantillons, combinaisons
techniques, formules d’un concurrent, et, en général de toutes indications
ou de tous documents confiés en vue d’un travail, d’une étude ou d’un de-
vis ;
7. faire un emploi non autorisé du matériel d’un concurrent, de l’emballage,
des récipients de ses produits, même sans l’intention de s’en attribuer la
propriété, ni de créer une confusion entre les personnes, les établissements
ou les produits ;
8. utiliser des dénominations, marques, emblèmes créant une confusion avec
des services publics, des organismes publics, ou tendant à faire croire à un
mandat de l’autorité.
III. Poursuites
En matière de concurrence déloyale, le parquet ne peut pas se saisir
d’office. Les infractions constitutives ne sont poursuivies qu’à la requête des
intéressés ou de l’un d’eux (art 4). Sans aucun équivoque, l’infraction de con-
currence déloyale relève de la compétence des tribunaux de commerce.
118
I. Eléments constitutifs
L’infraction de concussion n’est établie qu’à condition de réunir dans la
personne d’un auteur déterminé, le fait de poser un acte défini dans une inten-
tion coupable.
a) L’auteur.
L’auteur est un fonctionnaire, une personne chargée d’un service pu-
blic, une personne représentant les intérêts de l’Etat, une personne dépositaire
de l’autorité publique ou chargée d’une mission de service public.. A titre
d’exemple, nous citerons un fonctionnaire de n’importe quel ministère, un
magistrat, un percepteur des douanes ou des impôts, un commis ou un préposé
d’un service public etc.
b) L’acte.
Ce fonctionnaire pose un acte consistant à recevoir, exiger une somme
non due ou excédant celle qui était légalement due. Pour les droits, contribu-
191
L’article 14 a et suivants du code pénal (issu du décret du 08 août 1959) distingue le
récidiviste et le délinquant d’habitude. Les deux phénomènes posent le même problème et
relèvent du phénomène de la réitération de l’infraction, de la rechute dans l’infraction. La
récidive est prévue et réglementée par l’article 14 b du code pénal.
Catalogue des infractions 119
192
App., R.U, 15 janvier 1945, RPA 62, inédit.
120
Pour que soit établie l’infraction de constitution illégale d’une juridiction ré-
pressive, il faut que certaines conditions soient remplies.
a)La qualité réquise pour l’auteur
193
Le tribunal de paix connaît des infractions punissables de cinq ans de servitude pénale
principale au maximum et d’une peine d’amende, quel que soit son taux ou de l’une de ces
peines seulement (art.86 du COCJ). Il connait des individus tombant sous la législation sur
le vagabondage et la mendicité (art 88 du COCJ) ainsi que la prise de mesure de garde,
d’éducation et de préservation en matière d’enfance délinquante (art 90 al. 1. du COCJ).
194
Bruxelles, 12 décembre 1878, B. J. , 1879, p.51.
195
Mementos, droit pénal spécial, 14 ème édition 2008, Dalloz P. 320.
Catalogue des infractions 121
L’article 112 du code pénal militaire (art. 479 C.J.M ) dispose que tout militaire
qui, hors les cas prévus par la loi pénale militaire, établit et maintient une juri-
diction répressive, sera puni. La sanction est de dix à vingt ans de servitude
pénale, sans préjudice de peines plus fortes pouvant être encourues du fait de
l’exécution des sentences prononcées.
er
196
Il est stipulé à l’article 1 de la loi n°23/2002 du 18 novembre 2002 portant Code Judi-
ciaire Militaire : « La justice militaire est rendue en République Démocratique du Congo par
les juridictions militaires ci-après : les tribunaux militaires de police, les tribunaux militaires
de garnison, les cours militaires et les cours militaires opérationnelles et la haute cour mili-
taire ».
122
l’exercice de leur fonction, des injonctions aux usagers de la route. Ils règlent
ainsi la circulation. A cet effet, les agents qualifiés constatent des infractions197
relatives à la conduite des véhicules et des animaux, à l’usage des voies ouvertes
à la circulation publique, aux véhicules et à leurs équipements. Ils constatent,
aussi , les infractions ayant trait aux conditions administratives de circulation
des véhicules et de leurs conducteurs, au permis de conduire et aux disposi-
tions générales.
a) Base légale
La loi n°78-022 du 30 août 1978 portant nouveau code de la route est
le siège des contraventions routières, spécialement le livre III qui reprend par
catégories les contraventions de police , en matière de circulation routière et le
livre IV qui traite des sanctions diverses. Bon nombre de contraventions rou-
tières se clôturent par des amendes transactionnelles en lieu et place des peines
privatives de liberté. Nous allons procéder par citer les principales et le texte du
nouveau code de la route y relatif198.
b) Principales contraventions routières
197
Nous allons nous limiter à nommer les principales, à indiquer la contravention routière, et
à en donner la référence légale. Nos divers commentaires sur la dépréciation des amendes
en général et des amendes transactionnelles en particulier demeurent, ici, d’application.
198
La nomenclature des contraventions routières proposée pourrait paraître peu heureuse.
Les dispositions légales évoquées peuvent également ne concerner parfois que
l’interdiction, sans évoquer la disposition porteuse de la peine. Nous sommes conscients de
cette non exhaustivité dont nous assumons l’entière responsabilité. En effet, l’incidence du
respect du code de la route sur la préservation de la vie humaine, la pratique des agents
qualifiés sur les routes congolaises et le souci d’oser systématiser nous ont largement in-
fluencé. Pareilles insuffisances pourraient dans les prochaines éditions trouver solution.
Catalogue des infractions 123
c)Sanctions
1. Amende199
199
La peine d’amende consiste en une somme d’argent que le condamné a l’obligation de
verser au Trésor public à titre de sanction. L’article 10 du code pénal dispose que l’amende
est de un Zaïre au moins. Elle est perçue au profit de l’Etat. Pour qu’elle atteigne le maxi-
Catalogue des infractions 127
mum de son efficacité, l’on devrait résoudre le problème de son adaptation à la fortune du
condamné et son recouvrement effectif.
200
Les personnes qui d’après les règles du droit civil, sont civilement responsables des
personnes poursuivies, peuvent être appelées devant la juridiction répressive et condam-
nées à répondre civilement des indemnités allouées à la victime(à la suite de l’action civile
portée par celle-ci devant le juge répressif), et du paiement des frais du procès pénal. Dans
certains cas exceptionnels (droit pénal économique…), elles peuvent même être déclarées
civilement responsables du paiement des peines pécuniaires. Elle peut alors pour éviter sa
propre condamnation, soit soutenir que l’infraction n’a pas été commise, soit que les condi-
tions du lien de responsabilité civile font défaut.
201
En application du principe « non bis in idem », il ne peut plus lui être demandé compte
pour les faits qui ont donné lieu à la peine déjà exécutée. L’exécution de la peine est le
mode normal de son exécution. Lorsqu’elle est réalisée, le délinquant est quitte vis-à-vis de
la société ; il a payé sa dette.
128
87. Contrefaçon
Les inventions, les dessins et modèles industriels, les signes distinctifs, les
dénominations commerciales et géographiques déposés au Ministère de
l’Economie et Industrie sont protégés.
I. Eléments constitutifs
202
Il ya des conditions nécessaires pour se porter partie civile. Pour pouvoir se porter partie
civile, il faut avoir été lésé par l’infraction. Mais cette lésion ne suffit pas ; il faut que le préju-
dice subi (qui peut être matériel ou moral) soit actuel, personnel et direct.
Catalogue des infractions 129
II. Poursuites
203
La peine de servitude pénale est réglementée par les articles 7 à 9 de notre code pénal.
La servitude pénale est soit à perpétuité soit à temps. La servitude pénale à temps peut
varier entre un jour et vingt ans. La servitude pénale remplace la peine d’amende à défaut
de paiement dans les délais légaux. Dans ce dernier cas, elle prend le nom de servitude
pénale subsidiaire.
130
204
Article 2 de la loi n°82-001 du 7 janvier 1982.
205
Par l’intervention des sanctions répressives se superposant à l’action en dommages et
interêts , le législateur entend protèger le fruit de travail et de l’esprit de recherche de l’être
humain, tout comme , en matière de vol, il garantit la propriété des choses mobilières.
Catalogue des infractions 131
1.L’objet protégé
L’objet protégé est un dessin ou un modèle protégé, régulièrement dé-
posé. Il s’agit d’objets matériels en lesquels s’incarne l’idée inventive de l’auteur.
2.Les agissements illicites.
Quand le dépôt est effectué, l’auteur du dessin ou du modèle peut exi-
ger de toute personne le respect de sa propriété. Il peut exercer contre celui qui
méconnaîtrait ses prérogatives une action en contrefaçon. Ce qui est interdit,
c’est toute reproduction, même partielle, même grossière de nature à provo-
quer une confusion dans le public avec le dessin ou le modèle imité. A la re-
production punissable, on assimile la vente des objets contrefaisants ou leur
exposition en vue de la vente, le recel, la livraison, l’usage, la détention de ces
objets ou leur achat effectué de mauvaise foi, c’est-à-dire à l’une de ces fins,
dans un but industriel ou commercial (art.19), ainsi que leur introduction sur le
territoire congolais (art.125).
3. L’intention coupable.
La contrefaçon des dessins et modèles est une infraction intentionnelle. A
partir du dépôt reçu et suivi de l’obtention du certificat d’enregistrement, il
existe une présomption de connaissance de ce dépôt. Il appartient à l’imitateur
poursuivi d’établir sa bonne foi.
I. Eléments constitutifs
Il y a trois éléments constitutifs au regard des dispositions des articles
88, 104 et 105 de la loi précitée, à savoir :
- l’objet doit être une invention ou une découverte ;
- les faits manifestant l’activité du contrefacteur ;
- l’intention coupable.
a) L’objet protégé
1. Une invention , c’est-à-dire une invention nouvelle résultant d’une activité
inventive susceptible d’être exploitée comme objet d’industrie ou de com-
merce (art.6) ;
Catalogue des infractions 133
L’action publique ne peut être exercée par le Ministère public que sur
demande de la partie lésée (art.94 al 1). L’action civile fondée sur la contrefa-
çon n’est recevable que si le délit de contrefaçon est établi pénalement (art.94 al
2).
Le tribunal ordonnera la cessation par le contrefacteur de toute activité por-
tant atteinte aux droits de la partie lésée ainsi que la confiscation206 des objets
reconnus contrefaits et des instruments ou ustensiles destinés spécialement à
leur fabrication (art.95 al 2).
206
La confiscation spéciale est prévue par l’article 14 du code pénal. Elle porte sur les
choses ayant un rapport avec l’infraction. Jusqu’à une période récente, il existait la confisca-
tion générale (en condamnant l’auteur du détournement aux travaux forcés, le juge devait
prononcer en outre la confiscation de tous les biens du coupable) qui a été supprimée. La
confiscation spéciale, qui est une mesure de sûreté (art14 du code pénal) peut être exécu-
tée même après la mort du condamné, à condition qu’elle ait été prononcée par un juge-
ment coulé en force de chose jugée du vivant du condamné.
134
I. Objets protégés
constituer des marques, à condition qu’ils soient propres à distinguer les pro-
duits ou les services d’une entreprise de ceux d’autres entreprises207 .
I. Eléments constitutifs
207
Bruxelles ,9eme ch .,27 juin 2003 p.872 in Revue de Jurisprudence de liège, Mons et
Bruxelles ,31 décembre2004,110eme année ,Hebdomadaire p.2023.
208
LUKOMBE NGHENDA. , Le Règlement du contentieux commercial. Tome I, Les tribu-
naux de commerce. Publications des Facultés de Droit des Universités du Congo, Février
2005, p.623.
209
Nous tenons à porter la précision que cette liste bien qu’énumérative n’est pas limitative.
136
210
LUKOMBE NGHENDA. , op. cit .p.623.
Catalogue des infractions 137
211
Laurent MUTATA LUABA ; op. cit. ,p.211.
212
Com Kin 04 avril 1999,inédit, cité par Laurent MUTATA LUABA, p.211.
213
Laurent MUTATA LUABA. , op. cit., p.212.
Catalogue des infractions 139
Aux termes de l’article 192 du code pénal livre II, sera puni d’une servitude
pénale de un à cinq ans celui qui, en temps de guerre :
1. entretiendra, sans autorisation du Gouvernement, une correspondance ou
des relations avec les sujets ou les agents d’une puissance ennemie ;
2. fera directement ou par intermédiaire, des actes de commerce avec les sujets
ou les agents d’une puissance ennemie, au mépris des prohibitions édictées.
140
97. Corruption
I. Définition
Le mot corruption vient du latin « corruptio » signifiant « avilissement, vénali-
té, tare, vice ». Elle est inégalement répandue dans le monde et différentes as-
sociations proposent des classements entre nations.
La corruption dans le système du code pénal congolais suppose que chacun des
deux agents qui concourent à l’infraction, l’un en corrompant, l’autre en se
laissant corrompre, joue un rôle égal et séparément qualifié. Il s’en suit ,de là,
que la corruption passive constitue une infraction distincte de la corruption
active. Il résulte de ce qui précède que la corruption active ne saurait constituer
un acte de complicité de la corruption passive. Le législateur a considéré la
corruption passive et la corruption active comme des infractions différentes.
a)L’élément légal
La corruption fut prévue et réprimée par les articles 147 à 150 du code pénal
livre II. Ces dispositions furent modifiées par l‘article 2 de la loi n°73/017 du
05 janvier 1973. L’article 2 cité a inséré l’article 149 bis. La loi du 05 janvier
1973 sera, par la suite, complétée par l’ordonnance-loi n°73/010 du 14 février
1973. Cette ordonnance-loi a injecté l’article 149 ter.
Le texte, de nos jours , en vigueur est la loi n°05- 006 du 29 mars 2005
modifiant et complétant le décret du 30 janvier 1940 portant code pénal con-
golais. Cette loi a modifié les articles 147, 148, 149, 149 bis, 149 ter du code
pénal. Elle a aussi inséré les articles 147 bis, 149 quater et 149 quinquies au
Code pénal .
b)L’élément matériel : L’acte de corruption
La définition de l’élément matériel de la corruption, soit active, soit
passive (agrément de propositions) porte sur, à tout moment, directement ou
Catalogue des infractions 141
indirectement, des offres214 , des promesses, des dons, des présents ou des
avantages quelconques. Il en est ainsi du fait de demander et de recevoir d’un
suspect la remise d’une somme d’argent pour ne pas procéder à son arrestation
ni ouvrir une instruction à sa charge215
1. Caractère illégitime
L’acte incriminé ne doit pas être commandé, permis ou autorisé par des
dispositions législatives ou réglementaires.
4.Epoque de la corruption
214
Lorsqu’il n’existe aucun élément pour démontrer un commencement d’exécution ayant
consisté pour le prévenu à offrir une certaine somme d’argent destinée à corrompre un agent ;
il subsistera un doute quant à la culpabilité du prévenu (Tribunal de grande instance de
Kinshasa/ Gombe, R.P 263, Ministère public et partie civile République Démocratique du Con-
go contre le prévenu Ajudiya Pravin Kumar, 18 décembre 2009, inédit. ).
215
C.S.J., RPA 12, 03 mars 1972, B.A. 1973.
216
Ibidem
217
Cass. crim. , 10 juin 1948, Bull. crim. n°154.15 note carteret.
218
C.S.J., RP 135, 17 mars 1973, B.A 1974, p. 51.
219
Crim. , 2 avril 1998, Bull.crim. n° 127. ; D.1999. Somm . 158, obs.Segonds.
142
2.L’objet de la corruption
L’objet de la corruption peut être l’accomplissement ou l’abstention de
l’accomplissement d’un « acte entrant dans le cadre » de la fonction, de la mis-
sion ou du mandat du dépositaire public. C’est aussi lorsque le but, ainsi pour-
220
Ces exemples non limitatifs sont extraits de la jurisprudence française.
221
Il a été jugé que pour tomber sous les coups des articles 147 et 150 du code pénal congo-
lais livre II, il faut qu’il y ait notamment entre l’agent actif et l’agent passif une coopération,
er
c’est-à-dire une entente préalable ou qu’il y ait des promesses agrées (C.S.J ; 1 avril 1980,
RPA 61, Aff. M.P. c/Kahuongo et consorts.
Catalogue des infractions 143
suivi, s’il n’entre pas dans le cadre strict de la fonction, est atteint grâce aux
« facilités » que lui donne sa fonction, ou sa mission, ou son mandat.
6. le fait d’utiliser la fraude pour échapper ou faire échapper autrui aux obliga-
tions fiscales, douanières et administratives ;
7. l’enrichissement illicite.
a)Sanctions principales
L’auteur d’un acte prévu à l’article 147 bis sera puni de six mois à deux
ans de servitude pénale principale et une amende de cinquante mille à deux
cents mille francs congolais (art 148 modifié par l’article 3 de la loi n° 05-006
du 29 mars 2005). La peine sera doublée en cas d’acte injuste ou abstention de
faire un acte qui rentre dans ses attributions. Si le coupable a reçu les dons pour
commettre dans l’exercice de ses fonctions, de son emploi ou de sa mission une
infraction (art. 149), il subira quinze ans de servitude pénale principale et une
amende de cinq cent mille à un million de francs congolais constants.
L’art 149 ter tel que modifié par l’article 3 de la loi du 29 mars 2005
punit de six mois à deux ans de servitude et d’une amende de vingt mille à cent
mille francs congolais constants ou une de ces peines, un agent public ou toute
autre personne qui aura directement ou par personne interposée sollicité don
ou offre pour faire un acte de sa fonction, de son emploi ou de sa mission
même juste, mais non sujet à salaire.
Les actes de représailles ou d’intimidation des témoins ou experts, déposant
contre les actes de corruption ou de trafic d’influence , les actes de représailles
ou d’intimidation à l’endroit des parents de ces témoins ou experts sont répri-
més. L’article 149 quinquies inséré dans le code pénal par l’article 5 de la loi
n°05-006 du 29 mars 2005 prévoit une servitude pénale de trois à cinq ans et
une amende ne dépassant pas deux cents mille francs congolais constants.
L’article 150 punit ceux qui par menaces ou violences, corrompent un agent
public. Ils seront punis de peines portées à l’article 149 quinquies selon qu’ils
visaient un acte injuste, une infraction ou une abstention.
b) Sanctions accessoires
L’article 149 bis prescrit les peines accessoires communes à la corruption
passive et active. La juridiction compétente prononcera , au profit de l’Etat, la
confiscation du produit ou moyen de la corruption de la personne condamnée
ainsi que la rétribution perçue. Elle ordonnera le gel, la saisie, la confiscation et
le rapatriement du produit de la corruption, en conformité avec la législation.
En outre, le coupable sera condamné à :
- l’interdiction pour cinq ans au moins et de dix ans au plus du droit de vote et
d’éligibilité, après exécution de la peine ;
Catalogue des infractions 145
222
Cette disposition de l’article 147 bis a été insérée au code pénal par l’article 2 de la loi
n°05- 006 du 29 mars 2005 modifiant et complétant le décret du 30 janvier 1940 portant
code pénal congolais.
146
d)Tribunal compétent.
La répression de la corruption de l’article 149 ter et celle constitutive
des actes prévus à l’article 147 bis, deux dispositions insérées223 au code pénal,
est de la compétence du tribunal de paix au regard des peines prévues à l’article
148 alinéa 1er du code pénal modifié par l’article 5 de la loi n°05-006 du 29
mars 2005. Les autres cas relèvent de la compétence du tribunal de grande ins-
tance224 .
223
Journal officiel de la République démocratique du Congo, 47eme année, Numéro spécial,
05 octobre 2006, p.41et 43.
224
Le Tribunal de Grande Instance juge au premier degré des infractions dont la peine ap-
plicable est supérieure à cinq ans ou la peine de mort ou encore la peine des travaux forcés
(art 91 du COCJ). Au second degré, il connaît des appels des jugements rendus en premier
ressort par les tribunaux des Paix et des décisions prises en matière d’enfance délinquante
(art 92 du COCJ).
La cour d’appel connaît au premier degré des infractions commises par les magistrats (Le
magistrat à titre provisoire, le substitut du Procureur de la République, le juge de paix, les
magistrats du parquet général et de la cour d’appel), les fonctionnaires des services publics
ou para-étatiques revêtus au moins du grade de directeur ou du grade équivalent (art 94 al.
2 du COCJ). Elle connaît également des jugements rendus en premier ressort par les tribu-
naux de grande instance (art 94 al. 1 du COCJ).
225
Crim. , 13 décembre 1972, Bull. crim. n°391 ; Gaz. Pal.,1973.I.Somm. 94(corruption).
226
Crim. , 27 octobre 1977,Bull.crim. n°352.
Catalogue des infractions 147
VI. Particularités
c)L’acte de la fonction
L’acte de la fonction est le but de la sollicitation, de l’agréation des
offres ou promesses, de la sollicitation, de l’agréation ou de la réception des
dons ou des présents. Ce but peut consister , soit en l’accomplissement, soit
en l’abstention d’un acte de la fonction. N’est pas corrompu un fonctionnaire
qui s’engage à faire un acte qui sort de sa compétence. Le législateur a distin-
gué les actes de la fonction.
1.L’acte juste
L’article 148 modifié par l’article 3 de la loi n°05- 006 du 29 mars 2005
modifiant et complétant le décret du 30 janvier 1940 portant code pénal con-
golais punit la corruption d’un fonctionnaire en vue d’un acte, de sa fonction,
juste mais non sujet à salaire. A commis l’infraction de corruption par
l’agréation de l’offre, pour accomplir un acte juste de ses fonctions, le fonc-
tionnaire qui, dans le cadre de ses fonctions, a recommandé expressément et
exclusivement la conclusion d’un marché à un fournisseur qui l’a gratifié à cet
effet228 .
227
C.S.J., 4.9.1981 –RPA.65, in Dibunda cité par KATUALA KABA KASHALA., Code pénal
zaïrois annoté, 1995, p.98.
228
C.S.J., R.P.A 22, 1er fèvrier 1973, B.A. 1974 p.17.
229
Novelles, Droit pénal, Tome III, Larcier, 1972, n°4362.
150
3.L’acte infractionnel
L’article 149 modifié par l’article 3 de la loi n°05- 006 du 29 mars 2005 mo-
difiant et complétant le décret du 30 janvier 1940 portant code pénal congolais
réprime sévèrement la corruption qui a pour but la commission d’une infrac-
tion. L’exemple est celui du faux commis par un fonctionnaire.
d) L’élément moral.
Dès que sont réunis les trois éléments essentiels cités ci-haut, l’élément mo-
ral est constitué par le dol simple . Il suffit que l’agent public, volontairement et
sciemment, sollicite et agrée des offres ou promesses, sollicite et reçoive des
dons ou présents pour faire un acte de sa fonction. Il a été jugé qu’il y a infrac-
tion de corruption après entente préalable l’agréation des dons et promesses, la
réception des dons ou présents pour :
- accomplir un acte de sa fonction juste, mais non sujet à salaire ;
- accomplir dans le cadre de son emploi un acte injuste ;
- s’abstenir de faire un acte qui entre dans le cadre de ses devoirs ;
- commettre une infraction dans l’exercice de sa charge230 .
Le code minier prévoit à son article 307, la corruption des agents des
Services publics de l’Etat habilités à procéder aux opérations minières (Loi n°
007/2002 du 11 juillet 2002). La sanction, en plus des peines prévues aux ar-
ticles 147 à 149, est aussi l’amende. Elle est fixée à l’équivalent de 1000$ US.
I. Définition
Le coup est un choc, un heurt produit contre le corps d’une personne.
La blessure est une lésion externe ou interne faite au corps humain quel que
soit le moyen employé. Les coups et blessures sont volontaires lorsqu’ils
sont administrés sciemment, en connaissance de cause. Ils sont des atteintes
volontaires à l’intégrité corporelle d’autrui. Les « coups » désignent les contacts
physiques violents n’ayant pas causé d’effusion de sang. Les « blessures » sont
réservées aux plaies et saignements, à la rupture de tissus, aux fractures.
230
C.S.J., R.P.A 22, 1er février 1973, B.A. 1974, p.17.
Catalogue des infractions 151
b)L’élément matériel.
L’infraction repose nécessairement sur la commission d’un acte volontaire.
Il doit s’agir d’un acte positif et matériel. Un acte positif s’oppose à une om-
mission , à une inaction. Un acte matériel peut être un coup porté avec la
main, les pieds, une arme ou tout autre objet ou instrument. Ceci exclut de
l’infraction des coups et blessures des violences ou souffrances morales infli-
gées à quelqu’un. Doivent être considérés comme des coups : le fait de donner
une gifle, un coup de poing, un coup de bâton, le fait de saisir un individu et de
le jeter contre un mur , un arbre , une table ; le fait de heurter quelqu’un pour
le faire tomber ; le fait d’administrer une peine corporelle, prévue par un rè-
glement disciplinaire, sans se conformer aux dispositions de ce règlement231.
Constitue l’infraction de l’article 46 le fait de lancer un corps dur sur une per-
sonne232.
Les coups et blessures peuvent être caractérisés par des comportements
divers, un choc par exemple . Le tribunal ne retiendra pas l’infraction lorsque il
ne réussit pas à établir la certitude des coups ; il doit alors disqualifier plutôt en
voie de fait et violences légères233. Le résultat, comme la mort, résultat plus
grave entraîne l’infraction. Cependant un lien de causalité certain est nécessaire
afin de qualifier la responsabilité pénale de l’auteur des violences, mais son
caractère direct et immédiat n’est pas exigé.
Il a été jugé que le fait matériel de l’infraction des coups et blessures con-
siste soit en des coups, soit en des blessures, qui peuvent d’ailleurs s’accomplir
en un seul acte234. L’écorchure ou l’éraflure sont indépendamment de toute
gravité une blessure235.
d) L’élément moral.
L’élément moral est nécessaire. L’infraction comprend l’intention de com-
mettre l’acte volontairement et la volonté d’obtenir un résultat préjudiciable à
231
Boma, 04 mars 1902, Jur.Etat, tome I, p.257.
232
Boma, 10 mai 1904 Jur.Etat, I, p.344.
233
Tgi Bukavu., RP 6911, 03 décembre 1991, ministère public et partie civile Mweze Bas-
himbe contre le prévenu Malengera kavughe, inédit.
234
Haute cour militaire RP 00I/2004, 05 octobre 2004, Col Alamba et consorts, inédit.
235
Cass.,28 novembre 1949, Rev. Dr. Pen.P ;455.
152
236
Tribunal de grande instance de Bukavu, R.P 8212/8231, 11 octobre 1994, Ministère
public et partie civile Muhimuzi contre le prévenu Mugula Cirhuza, inédit.
237
Crim. , 29 mars 2006, AJ Pénal 2006, p.311, obs.Roussel.
238
Crim. , 12 octobre 1992, Dr. pén.1994,comm,n°35,obs,Veron.
Catalogue des infractions 153
force publique doivent exercer leur mission dans le respect des limites des in-
fractions de droit commun.
d)L’exercice de la médecine.
Chacun a droit au respect de son corps et il ne peut y être porté atteinte
qu’en cas de nécessité thérapeutique pour la personne elle-même et lorsque le
consentement de la personne a été recueilli au préalable.
e)Le droit de correction.
Le droit de correction tient à la fonction éducative. Notre société re-
connaît un droit de correction aux parents et aux enseignants. L’évolution des
mœurs et la protection des mineurs doivent conduire à une limitation impor-
tante de ce droit. Si donner une gifle à un enfant est encore toléré, certains
actes constituent l’une des infractions des violences volontaires. Tout dépend
des circonstances de l’espèce et relève du pouvoir souverain d’appréciation des
juges. Il a été jugé que le droit de correction est légitime dans une action exer-
cée par un enseignant dans la cour de récréation « lorsqu’elle a comme but de
faire cesser, avec l’autorité physique nécessaire un chahut, une dispute, une
bagarre, une chamaillerie »239 ou lorsque le père utilise « son pouvoir de direc-
tion et de correction exercé de manière très brève et ponctuelle »240 .
En revanche, la qualification pénale est acquise lorsque le comporte-
ment violent des parents a entraîné des lésions graves traduisant une dispro-
portion évidente entre le droit éducatif de correction et les violences infligées
aux enfants.
241
Article 47 du code pénal livre II.
242
Terr. Matadi, 17 mars 1906, Jur. Etat II, p.85.
243
Tribunal de grande instance de Luebo, siègeant en chambre foraine à Tshikapa, RP25
70/RTE, 20 septembre 2004, ministère public contre le prévenu Ilunga Kalonji, inédit.
Catalogue des infractions 155
au prévenu qui, pour ce faire, a agi avec lucidité et par calcul, par abus
d’autorité, caractérisé par la transmission des instructions et ordre illégal et qui
a fourni les menottes pour l’arrestation de la victime dont le décès est attesté
par un certificat médical244 ;
- Ce décès peut intervenir peu importe le délai entre la commission de
l’infraction et le décès. Peu importe que le coup soit insignifiant, porté par
erreur245 et le fait que le décès soit dû principalement à une déficience phy-
sique de la victime ;
L’auteur d’une gifle provoquant la mort d’un cardiaque sera puni des
peines de l’article 48 ;
- Il faut un lien direct de causalité entre les violences et le décès ;
4° lorsqu’ils sont portés sur l’auteur d’un accident de circulation (article 1 du
décret du 03/12/1956). Quand les coups et blessures volontaires adminis-
trés à une personne par une foule en fureur lui ont causé la mort, le doute
peut être retenu au profit du prévenu dont la participation comme auteur
n’a pas été suffisamment prouvée246 .
I. Eléments constitutifs
a)L’élément légal.
L’article 43 définit les coups et blessures tandis que l’article 46 en
donne les éléments matériels.
b)Les Eléments matériels
- Il faut un acte positif et un acte matériel constitués des coups et blessures ;
- La victime doit être une personne humaine et vivante.
C)L’élément moral
L’intention d’attenter à la personne d’autrui. Il a été jugé que celui qui
pousse fortement ou donne un coup de poing à un autre, dans l’intention de
faire cesser une lutte à laquelle cet autre se livrait avec un tiers, sans avoir
l’intention criminelle d’attenter à sa personne, de lui faire du mal, ne se rend
pas coupable de l’infraction de coups et blessures247 .
244
C.S.J. , R.P.A. 123, 30 janvier 1987, B.A. Années 1985 à 1989, édition 2002, p. 251.
245
Tribunal de grande instance du Nord Kivu à Goma, RP 15354, Ministère Public contre le
prévenu Zaire Nziyumvira , 16 novembre 2000, inédit.
246
C.S.J., R.P.A 53, 23 février 1979, B.A 1984, p.17.
247
Boma 13 août 1912, Jur. Congo1914-1919, p. 174.
156
a)Texte légal
Les infractions des coups et blessures sont prévues et punies par les ar-
ticles 43, 46, 47 et 48 du code pénal Livre II.
b) Peines prévues
Les coups et blessures simples (art. 46 al 1) sont punis de six mois de servitude
pénale principale maximum et/ou amende ;
Les coups et blessures donnés avec préméditation (art 46 al 2) sont sanctionnés
d’un mois à deux ans de servitude pénale principale et d’amende ;
Les coups et blessures ayant entraîné une maladie, une incapacité de travail
personnel, la perte de l’usage absolu d’un organe ou une mutilation grave (art.
47) seront réprimés de deux ans à cinq ans de servitude pénale principale et
d’amende. Les deux peines seront appliquées obligatoirement ;
Les coups et blessures ayant entraîné la mort sans intention de la donner (art.
48) sont passibles de cinq ans à vingt ans de servitude pénale principale et
d’amende. Le deux peines seront cumulatives obligatoirement ;
Les coups et blessures portés sur l’auteur d’un accident de circulation sont pu-
nissables de six mois à trois ans de servitude pénale principale. La peine
d’amende n’est pas prévue.
c) La tentative
La tentative des coups et blessures n’est pas expressément incriminée
par le code pénal. Le processus de qualification rend également impossible la
tentative des coups et blessures. En effet, la qualification des coups et blessures
dépend entièrement du résultat.
d) Le tribunal compétent
Le tribunal de paix est compétent lorsque la peine maximale prévue par
le législateur est de cinq années. Le tribunal de grande instance est compétent
lorsque le maximum de la peine est au delà de cinq ans.
e) L’action civile
La victime des coups et blessures peut exercer l’action civile de droit
commun pour obtenir réparation du dommage subi. Le juge pénal est compé-
tent pour connaître de cette action lorsque les dommages découlent des faits
248
Crim. 21 février 2006, AJ Pénal 2006, p.263, obs, Girault.
Catalogue des infractions 157
de la poursuite. Il a été jugé que tous les dommages causés par les coups et
blessures sont du ressort du juge répressif249 .
f) La prescription de l’action publique
Les coups et blessures simples (art. 46) se prescrivent dans le délai
d’une année. Pour les faits de coups et blessures prévus par l’article 46 du code
pénal, prescrits après un an , l’infraction est prescrite , vu qu’aucun acte inter-
ruptif n’est intervenu pendant une période supérieure à un an250 . Lorsque les
coups ont été donnés avec préméditation (art. 46 al2) ou qu’ils ont entraîné une
maladie, incapacité… la perte de l’usage absolu d’un organe ou une mutilation
grave (art. 47), la prescription est de trois ans. Par contre, quand les coups ont
été suivis d’une mort sans intention de la donner (art. 48), la prescription de
l’action publique est de dix ans. Il est jugé qu’aucun acte interruptif n’étant
intervenu sur une période dépassant un an à l’égard des faits qualifiés de coups
et blessures, la prescription de l’action publique est acquise251 .
104. Coups et blessures ayant entraîné la mort
Voir Coups et blessures aggravés, n°103.
249
Crim. 8 novembre 1960. Bull. n°57.
250
Ibidem
251
C.S.J., RPA 41, 14 janvier 1975, Bull. 1976, p. 5 ; Bull. 1977, p. 7 et RJZ. 1978, p. 82
mentionnant que cet arrêt a été rendu le 16 janvier 1976 cité par DIBUNDA KABUINJI. , op
cit ., p. 179.
158
I. Eléments constitutifs
Les éléments constitutifs de coups et blessures, développés plus haut,
s’appliquent ici. La spécificité est que les coups doivent être portés sur ces per-
sonnes désignées, dans l’exercice de leurs fonctions, à défaut, c’est le droit
commun qui sera appliqué avec circonstances aggravantes.
- sur les personnes prévues au point c) : six mois à deux ans de servitude pé-
nale principale et une amende ou une de ces peines uniquement.
252
Article 46 du code pénal livre II.
253
Tribunal de Grande Instance de Bukavu, R.P 7528, 18 septembre 1992, Ministère public
et partie civile Nyota Chondo contre le prévenu Mulume Chiragarhula, inédit.
254
Idem, R.P 8212/8231, 11 octobre 1994, Ministère public et partie civile Masumbuko Bu-
nyasi contre le prévenu Mweze Marhegane et Alphonse Muhindo, inédit.
160
118. Crédit
L’immixtion du droit pénal dans la sphère des Coopératives d’Epargne et
de Crédit vise à protéger l’épargne et les intermédiaires financiers. Le texte légal
est la loi n° 002/ 2002 du 02 février 2002 portant dispositions applicables aux
Coopératives d’Epargne et de Crédit255 . Il prévoit des sanctions pénales à
l’endroit de toute personne qui participe directement ou indirectement à
l’administration, à la gestion ou au contrôle.
I. Infractions proprementdites
Sont incriminés et définis infractionnels, certains comportements qui sont :
- se prévaloir d’une dénomination ou raison sociale de l’une des appellations ou
d’une combinaison de « Coopérative d’Epargne et de Crédit », « Coopérati
ve Primaire d’Epargne et de Crédit » ou coopec, « Coopérative Centrale
d’Epargne et de Crédit « ou COOCEC » et Fédération des Coopératives Cen-
trales d’Epargne et de Crédit » sans avoir été préalablement agrée (art.100,1) ;
- utiliser pour ses activités l’une des appellations ou une combinaison de « coo-
pérative d’épargne et de crédit », « coopérative primaire d’Epargne et de Cré-
dit » ou coopec, « coopérative centrale d’Epargne et de Crédit « ou
COOCEC » et Fédération des coopératives centrales d’épargne et de crédit »
sans avoir été préalablement été agrée (art.100,1) ;
- créer l’apparence de « Coopérative d’Epargne et de Crédit », « Coopérative
Primaire d’Epargne et de Crédit » ou coopec, « Coopérative Centrale
d’Epargne et de Crédit « ou COOCEC » et Fédération des Coopératives Cen-
trales d’Epargne et de Crédit » sans avoir été préalablement été agrée
(art.100,1) ;
- exercer une activité autre que collecter l’épargne et consentir du crédit ;
255
Journal Officiel de la République Démocratique du Congo ; 49 ème Année, Numéro spé-
cial, 20 janvier 2008, P.21 à 44.
Catalogue des infractions 161
tant un caractère massif. L’acte dont il s’agit doit avoir été réalisé en exécution
d’un plan concerté, tendant à la destruction totale ou partielle d’un groupe
national, ethnique, racial ou religieux ou d’un groupe déterminé à partir de tout
autre critère arbitraire.
Le crime de génocide, les crimes contre l’humanité, les crimes de guerre
sont généralement qualifiés de crimes internationaux256.
256
Crimes internationaux
a)Les dispositions de droit qui régissent en République Démocratique du Congo les princi-
pales violations des droits de l’homme et du droit international humanitaire.
Ces dispositions concernent d’une part l’affirmation des principaux droits de l’homme dont la
violation est à la base des crimes internationaux, la définition et les éléments constitutifs des
crimes de guerre, des crimes contre l’humanité et des crimes de génocide et d’autre part les
normes internationales qui permettent de compléter et d’interpréter les dispositions des lois
nationales congolaises en matières des crimes évoqués. En droit congolais , c’est au régime
du droit militaire qu’a été confiée la répression des crimes internationaux. Le législateur
congolais n’a inséré aucune disposition relative aux crimes de guerre, crimes contre
l’humanité ou au crime de génocide dans le code pénal ordinaire.
Les lois congolaises définissant les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité et le
crime de génocide applicables aux violations ont été autrefois dans le code de justice mili-
taire de 1972 et sont actuellement dans le code pénal militaire et dans le code judiciaire
militaire du 18 novembre 2002.
Seules les juridictions militaires ont la compétence de juger les crimes internationaux, soit
les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité et le crime de génocide. Dépuis leur
réconnaissance en droit congolais, les crimes internationaux ont toujours relevé de la légi-
slation pénale militaire. Leur définition est prévue au code pénal militaire de 2002. Leur
répression est attribuée aux cours et tribunaux militaires par l’article 76 du Code de justice
militaire de 2002 et par les articles 161 et 162 du code pénal militairede 2002.
La compétence matérielle des cours et tribunaux militaires sur les crimes internationaux
découle actuellement de l’article 76 du code de justice militaire de 2002 qui stipule que
« Les juridictions militaires connaissent, sur le territoire de la République des infractions
d’ordre militaire ». Stricto sensu, les crimes internationaux ne constituent pas des ‘infrac-
tions d’ordre militaire », mais leur définition en droit congolais n’est prévue qu’au seul code
pénal militaire. En plus, l’article 161 du code de justice militaire affirme qu’en cas
d’indivisibilité ou de connexité d’infractions avec des crimes de génocide, des crimes de
guerre ou des crimes contre l’humanité, les juridictions militaires sont seules compétentes.
La compétence personnelle des cours et tribunaux militaires établit la nature des personnes
qui seront justiciables devant la justice militaire. La compétence est limitée aux seules per-
sonnes physiques(article 73 du code de justice militaire) âgées d’au moins di-huit ans(article
114) et peut s’exercer par défaut(article 326). Bien évidemment, les juridictions militaires
auront compétence sur les « militaires des forces armées congolaises et assimilés » inclus
les membres de la police nationale(article 106), de même que les employés civils au service
de l’armée, de la police, du ministère de la défense et du service national(article 108).
L’article 112 élargit la compétence personnelle des juridictions militaires à plusieurs groupes
de personnes qui ne sont pas liés aux forces armées ou à la police nationale, notamment :
- ceux qui , même étrangers à l’armée, commettent des infractions dirigées contre
l’armée, la police nationale, le service national, leur matériel, leurs établissements,
ou au sein de l’armée, de la police nationale ou du service national .
Le code judiciaire militaire étend cette compétence à tous les crimes internationaux dans la
mesure où ils constituent « des infractions commises, dépuis l’ouverture des hostilités par
les nationaux…soit à l’encontre d’un national ou d’un protégé congolais…soit au préjudice
des biens de toutes les personnes physiques visées ci-dessus… lorsque ces infractions…ne
sont pas justifiées par les lois et coutumes de guerre »(article 80 CJM-2002).
Le code pénal militaire punit les auteurs et co-auteursdes infractions(article 5), les complices
des infractions(article 6), et également les auteurs des tentatives de commettre une infrac-
tion(article 4). En matière de crimes de guerre et crimes contre l’humanité, le principe du
défaut de pertinence de la qualité officielle et des immunités connexes à telle qualité est
prévu àl’article 163 du code pénal militaire. La notion de la responsabilité du supérieur est
164
I. Eléments constitutifs
a)L’élément légal
Le génocide est le « crime des crimes257 ». Il peut être considéré comme
la forme la plus grave de crime contre l’humanité. Le statut de Rome de la CPI
à son article 6 a repris intégralement la définition258 du génocide établie par
l’article 2 de la convention de 1948 pour la prévention et la répression du
crime de génocide. Le crime de génocide est prévu et défini par l’article 164 de
la loi 024 du 18 novembre 2002 portant code pénal militaire.
Essentiellement, le génocide exige la preuve de deux éléments dins-
tincts : la commission d’un acte énuméré à l’encontre d’un groupe national,
ethnique, racial ou réligieux dans l’intention spécifique de détruire en tout ou
en partie le groupe prtégé .
b)Les actes énumérés
Il s’agit des comportements pouvant conduire à la qualification de gé-
nocide, des actes positifs de commission en exécution du plan concerté. Il faut
entendre par là l’un des actes ci-après commis dans l’intention de détruire, en
tout ou en partie, un groupe national, politique, racial, ethnique ou religieux
notamment :
1. meurtre des membres du groupe ;
2. atteinte grave à l’intégrité physique ou mentale des membres du groupe ;
3. soumission intentionnelle du groupe à des conditions d’existence devant
entraîner sa destruction physique totale ou partielle ;
4. mesures visant à entraver les naissances au sein du groupe ;
5. transfert forcé d’enfants d’un groupe à un autre groupe.
prévue à l’article 175. L’article 81applique cette même notion de la responsabilité à tous les
crimes internationaux qui constituent des infractions selon l’article 80 , soit celles « com-
mises par les nationauxdépuis l’ouverture des hostilités à l’encontre d’un national ou d’un
protégé congolais… ».
257
La Cour pénale internationale, Manuel de ratification et de mise en œuvre du Statut de
Rome, Vancouver, Mai 2000.
258
Le crime de génocide est défini « comme l’un quelconque des actes ci-après commis
dans l’intention de détruire, en tout ou en partie , un groupe national, ethnique, racial ou
religieux comme tel ». Cette définition est suivie d’une série d’actes qui representent de
graves violations du droit à la vie et à l’intégrité physique ou mentale des membres du
groupe.
Catalogue des infractions 165
d)L’élément moral
L’intention spécifique de détruire , en tout ou en partie, le groupe
protégé. C’est l’élément clef du crime de génocide souvent décrit comme un
crime d’intention requérant un dol criminel aggravé. L’élément moral réside en
ce que le génocide constitue la destruction physique et biologique d’un groupe.
Les victimes sont ciblées en raison de leur appartenance à un groupe ; c’est
donc le groupe qui est visé à travers la victime.
L’intention spécifique tend en la destruction d’un groupe humain .Le
niveau d’intention coupable requis est très élevé. Il faut démontrer chez la per-
sonne l’intention de détruire un groupe. Un génocide ne peut pas être commis
par négligence.Les termes « en tout ou en partie » signifient qu’un acte isolé de
violence raciste ne peut constituer un génocide. Il faut avoir l’intention
d’éliminer un nombre cnsidérable de représentants du groupe, sans qu’il ne soit
nécessaire de détruire le groupe au complet.
La preuve de l’intention de détruire un groupe comme tel , en tout ou
en partie pose le plus de difficultés. La preuve doit établir l’existence du but
spécifique qu’avait l’auteur en commettant le crime.
259
Devant les tribunaux militaires, les procédures sont parfois plus expéditives et , dans
certaines juridictions, les garanties procédurales sont moins bien protégées que devant les
tribunaux ordinaires. Toutefois, la CPI ne peut se saisir d’une affaire traitée par des juridic-
tions nationales que si les procédures menées visaient la soustraction de la personne accu-
sée à sa responsabilité pénale ou étaient incompatibles avec l’intention de traduire la per-
sonne accusée en justice.
260
L’exercice en pratique de la compétence exclusive des juridictions militaires sur les
crimes internationaux révéle de nombreux problèmes en RD Congo. En effet, à lire l’exposé
des motifs de la loi n° 23/2002 du 18 novembre 2002 portant code judiciare militaire , vite
l’on y découvre que la justice militaire est « un instrument du pouvoir judiciaire au service du
commandement », ce qui conforte l’impunité quasi-totale en matières des crimes internatio-
naux.
166
I. Définition
261
Ce sont finalement les Statuts des tribunaux internationaux qui sont venus cristaliser la
définition du crime contre l’humanité en droit international (article 3 du Tribuinal pénal inter-
national pour l’ex-Yougoslavie(TPIY) et l’article 3 du Tribunal pénal international pour le
Rwanda (TPIR)) avant qu’elle ne soit définitivement codifiée à l’article 7 du Statut de Rome
de la Cour pénale internationale en juillet 1998. Essentiellement, cet arrticle a consolidé la
notion de crime contre l’humanité, qui trouve son fondemént dans les principes généraux du
droit pénal reconnus par toutes les nations civilisées et qui fait partie du droit international
coutumier.
262
Article 7 du Statut de Rome.
168
a)L’élément légal
L’élément légal fait du crime contre l’humanité, en premier lieu, une infrac-
tion internationale. Il sanctionne la coutume internationale, les conventions
internationales, les principes généraux du droit reconnus par l’ensemble des
nations civilisées.
Le crime contre l’humanité est aussi une infraction classique de droit in-
terne. En France, la cour de cassation le qualifie de « crime de droit commun
commis dans certaines circonstances et pour certains motifs précisés dans le
texte qui le définit »263 .
Le code pénal congolais consacre l’autonomie et la gravité extrême de ces
comportements particulièrement odieux. Les articles 165 à172 de la loi 024 du
18 novembre 2002 portant code pénal militaire incriminent divers actes au titre
des crimes contre l’humanité.
Trois éléments principaux doivent coexister dans la qualification du crime
contre l’humanité en plus de l’élement de la connaissance de cette attaque qui
sert à établir la responsabilité pénale individuelle.
263
Crim., 6 février 1975, Touvier, Bull, n°42 ;D.1975,p.186,rapp ;Chapart, note coste-
Floret,RSC, 1976,p.97,obs.A. Vitu.K.
Catalogue des infractions 169
9. les actes consistant à pratiquer sur des personnes des mutilations physiques,
des expériences médicales ou scientifiques ou des prélèvements des tissus
ou d’organes pour des transplantations ;
10.le fait de soumettre la population civile ou des personnes civiles à une at-
taque ;
11.le fait de lancer une attaque sans discrimination atteignant la population
civile ou des biens de caractère civil ;
12.le fait de lancer une attaque contre des ouvrages ou installations contenant
des substances dangereuses en sachant qu’elle causera des pertes excessives
par rapport à l’avantage militaire concret et direct attendu ;
13.le fait de soumettre, à une attaque, des localités non défendues ou des zones
démilitarisées ;
14.le fait de soumettre une personne à une attaque tout en la sachant hors de
combat ;
15.le transfert ,dans un territoire occupé , d’une partie de la population civile de
la puissance occupante ;
16.le fait de retarder sans justification le rapatriement des prisonniers de guerre
ou des civils ;
17.pratiques d’apartheid ou inhumaines ou dégradantes fondées sur la discri-
mination raciale donnant lieu à des outrages à la dignité humaine ;
18.le fait de diriger des attaques contre les monuments historiques, les archives,
les œuvres d’art ou les lieux de cultes alors qu’il n’existe aucune preuve de
violation de l’interdiction d’utiliser ces biens à l’appui de l’effort militaire, et
que ces biens ne sont pas situés à proximité immédiate des objectifs mili-
taires.
264
Tribunal militaire de Mbandaka siégeant à Songo mboyo, 12 avril 2006, inédit.
170
d)L’élément moral
L’élément moral est l’intention de détruire, d’affaiblir ou de persécuter un
groupe ou une communauté. La connaissance d’une attaque généralisée ou
systématique contre une population civile. Pour les actes de persécution, un
mobile d’ordre polique, racial, national, ethnique, culturel, religieux, ou tout
autre mobile universellement reconnu doit être démontré. L’auteur vise sa ou
ses victime(s) en tant que personne(s) appartenant à une certaine race, nation,
ou possédant des convictions politiques ou religieuses. Le fait de prendre part à
l’exécution d’un plan concerté en accomplissant de façon systématique les actes
inhumains et les persécutions incriminées.
Catalogue des infractions 171
III. Sanctions265
265
Le cadre juridique permettant d’identifier le droit applicable par les juridictions internes
pour poursuivre et juger les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité et le crime de
génocide provient de la hierarchie des sources de droit prévue par la constitution du 18
février aux articles 153, 213, 214 et 215. L’alinéa 4 de l’article 153 de la constitution stipule
que « Les cours et tribunaux , civils et militaires appliquent les traités internationaux dûment
ratifiés, les lois , les actes réglementaires pour autant qu’ils soient conformes aux lois ainsi
que la coutume pour autant que celle-ci ne soit pas au contraire à l’ordre public ou aux
bonnes mœurs » L’article 215 de la constitution établit clairement la suprématie des normes
découlant des traités et accords internationaux en ces termes : « Les traités et accords
internationaux régulièrement conclus ont, dès leur publicatiuon, une autorité supérieure à
celle des lois, sous réserve pour chaque traité ou accord , de son application par l’autre
partie ». Ces dispositions constitutionnelles sont en harmonie avec le principe du monisme
qui caractérise l’ordre juridique congolais. Elles opèrent une incorporation des traités dans
l’ordre juridique interne congolais dès leur publication au Journal officiel.
172
I. Définition
Le crime de guerre est défini comme une violation des lois et coutumes de
guerre les plus fondamenetales. Traditionnellement,la notion de « crimes de
guerre » était utilisée en référence aux conflits armées internationaux, et dési-
gnait plus précisement les « infractions graves » aux quatre conventions de gé-
nève de 1949 et à leur premier Protocole Additionnel de 1977. Les comporte-
ments incriminés sont énoncés dans des nombreux instruments internationaux.
Par crime de guerre, il faut ainsi entendre toutes infractions aux lois de la Ré-
publique commises pendant la guerre et qui ne sont pas justifiées par les lois et
coutumes de la guerre266.
a) Texte légal
Les crimes de guerre découlent essentiellement des conventions de génève
du 12 août 1949 et de leurs Protocoles additionnels I et II de 1977 et des Con-
ventions de la Haye de 1899 et 1907. Leur codification la plus récente se trouve
à l’article 8 du Statut de Rome de la Cour pénale internationale de 1998. Les
articles 173 à 175 de la loi n° 024 du 18 novembre 2002 portant code pénal
militaire définissent cette incrimination.267
266
Article 173 de la loi n° 024 du 18 novembre 2002 portant code pénal militaire.
267
Il est important de rappeler que les normes internationales ont la primauté sur les normes
internes en vertu de l’article 215 de la Constitution du 18 février 2006. Ainsi, en cas de
conflit entre les dispositions du droit interne et les disposotions du droit international, no-
tamment en matière de garanties fondamentales, ce sont les normes internationales qui
devraient être appliquées par les juges.
Catalogue des infractions 173
Les actes pouvant être considérés comme crimes de guerre sont un en-
semble des crimes de guerre commis au cours d’un cnflit armé international ou non internatio-
nal269. A titre illustratif et en s’inspirant du Règlement de procédure et de la preuve270 de la
justice pénale internationale, peuvent être notamment considérés comme crimes de guerre
l’homicide intentionnel, la torture, le traitement inhumain, les expériences biologiques, le fait
de causer intentionnellement de grandes souffrances, la contrainte de servir dans les forces
d’une puissance ennemie, les prises d’otages, les attaques contre les personnes civiles, l’emploi
de poison ou d’armes empoisonnés, l’emploi de gaz, liquides, matières ou procédés prohibés, le
viol, l’esclavage sexuel, la grossesse forcée, la stérilisation forcée, le fait d’affamer des civils
comme méthode de guerre, l’utilisation des boucliers humains etc271.
268
Me Charles-M. MUSHIZI., Justice transitionnelle . Principes-Contenu-Illustrations, Edi-
tions Ethan, p.55.
269
Il y a là une innovation, opérée par le Statut quant au crime de guerre, consistant à con-
sacrer l’évolution récente de la jurisprudence internationale favorisant l’incrimination des
crimes de guerre commis au cours d’un conflit armé non international.
270
Il s’agit du règlement du 10 septembre 2002 adopté à Nex-York le 10 septembre 2002.
Notons qu’il n’a pas fait l’objet d’une publication au Journal officiel de la République Démo-
cratique du Congo.
271
La liste est exhaustive au Code Larcier République Démocratique du Congo, Tome II,
Droit pénal, Larcier-Afrique Editions 2003, pp139-153.
174
faire partie des groupes protégés tels que définis par les conventions de Gé-
nève. Généralement, la définition de ces personnes varie selon les différentes
conventions , la nature du conflit et les actes prohibés à leur encontre. Il s’agit
notamment des personnes qui ne participent pas aux hostilités , partivulière-
ment les populations civiles, ainsi que celles mises hors combat par maladie,
blessure, détention ou par toute autre cause , y compris un combattant ayant
déposé les armes.
272
Dans son premier arrêt de 1995, la Chambre d’appel du TPIY affirmait « que les princi-
pales dispositions du droit international humanitaire s’appliquaient aussi aux conflits internes
au titre du droit coutumier et qu’en outre les violations graves de ces règles constituaient
des crimes de guerre ».
Catalogue des infractions 175
273
La cour pénale internationale. Manuel de ratification et de mise en œuvre du Statut de
Rome, vancouver , mai 2000.
274
Article 175 de la loi n° 024 du 18 novembre 2002 portant code pénal militaire.
275
L’Assemblée Générale des Nations Unies a approuvé par la résolution RES/2391 (XXIII)
la convention du 26 novembre 1968 sur l’imprescriptibilité des crimes de guerre.
176
l’Etat qui commet uncrime tombant sous la juridiction de la Cour perdra son
immunité pour ce crime et pourra être jugé par la CPI. L’article 27 précité con-
firme la règle selon laquelle des individus ne peuvent se soustraire à leur res-
ponsabilité pénale en alléguant qu’un crime international a été commis par un
Etat ou au nom d’un Etat, car en se conférant ce mandat, ils outrepassent les
pouvoirs qui leur sont reconnus par le droit international276.
276
A propos de l’immunité des anciens chefs d’Etat pour les actes commis lorsqu’ils étaient
au pouvoir, la chambre des Lords du Rauyaume Uni a décidé que le sénateur Augusto Pi-
nochet ne disposait d’aucune immunité pour les actes de torture commis sous ses ordres
lorsqu’il était chef de l’Etat au Chili. La Chambre a indiqué que puisque les actes de torture
allégués ne pouvaient pas faire partie de l’exercice des fonctions d’un chef de l’Etat, ces
actes n’étaient couverts par aucune immunité.
Catalogue des infractions 177
277
Les articles 86(2) et 87 du Premier protocole additionnel aux Conventions de Génève ont codifié
ce pirncipe.
178
3.Relation de subordination
Le pouvoir hiérarchique est une condition nécessaire à la mise en cause de la
responsabilité d’un supérieur. Le facteur déterminant est la possession réelle
d’un pouvoir de contrôle et d’autorité sur les agissements des subordonnés. Ce
pouvoir peut être exercé de droit ou uniquement de fait.
123. Débauche
Voir prostitution, n° 463.
278
Article 3 de l’ordonnance 75-153 du 31 mai 1975.
180
b) Exceptions
Bien que non concernés par l’ordonnance n° 75-153 du 31 mai 1975, les
bars destinés aux voyageurs dans les aérodromes et installations portuaires à
l’usage de voyageurs sont soumis à l’interdiction de boissons alcooliques, avant
18 heures, du lundi au vendredi et avant 18 heures, le samedi et veille de jours
fériés légaux (art.4).
Le débit et la consommation des boissons alcoolisées sont autorisés chaque
jour :
- dans les restaurants et snack-bars, entre 12 heures et 15 heures et entre
18 heures et 24 heures.
- dans les bars-dancings attenant aux établissements hôteliers et aux res-
taurants de classe internationale ou semi-internationale, au-delà des
heures réglementaires.
Exceptionnellement, l’autorité (le bourgmestre dans les communes ur-
baines, le chef de collectivité dans les territoires ruraux) peut autoriser le débit
et la consommation des boissons au-delà des heures réglementaires.
c)Pénalités
Ceux qui contreviennent à la réglementation sur les débits de boissons sont
susceptibles de peines. Ils peuvent être punis d’une peine de servitude pénale
de six mois à cinq ans et d’une amende ou d’une de ces peines seulement. Il
s’agit des gérants ou des débitants. Indépendamment de la peine, l’autorité ter-
ritoriale peut procéder au retrait de la licence d’exploitation.
126. Défaitisme
Voir capitulation, n° 63.
279
Des propositions et des pressions pour mettre fin à ce monopole existent. En effet, le
monopole ne se justifie plus au regard de l’environnement international et de la mondialisa-
Catalogue des infractions 181
La victime qui a subi des dommages ainsi que ses ayants-droits peuvent
saisir l’instance compétente. Le Ministère public , même d’office, a qualité pour
exercer l’action publique.
a) Soutien légal
L’infraction de défaut d’assurance automobile est prévue et punie par
un texte de loi. Il s’agit de la loi n°73 Ŕ013 du 05 janvier 1973 portant obliga-
tion de l’assurance de responsabilité civile en matière d’utilisation des véhicules
automoteurs280 .
tion des échanges. Le monopole dont jouit la Société Nationale d’Assurance est même mis
en mal. Des courtiers d’assurance sont agrées. Cependant les textes légaux en vigueur
n’ont toujours pas subi de modification. Le monopole de la société nationale demeure léga-
lement consacré.
280 er
J.O. n°5 du 1 mars 1973, pages 301 et 302.
182
I. Définition de l’infraction
Catalogue des infractions 185
L’infraction concerne ici toute personne qui est obligée de faire la déclara-
tion de naissance ou de décès et qui ne le ferait pas dans le délai légal.
En effet, dans le code de la famille le délai, pour déclarer une naissance,
est de trente jours à dater de la naissance. La loi n° 09/001 du 10 janvier 2009
portant protection de l’enfant en son article 16 a ramené ce délai à quatre-vingt
dix jours281 . Quelle est donc la personne responsable pénalement du défaut ou
de la fausse déclaration ? Il peut s’agir :
- du père ou de la mère à défaut du père ;
- de la personne présente à l’accouchement ou au décès (médecin, sage-
femme, aide-accoucheuse, …) ;
- de la personne munie de la procuration du père ou de la mère, etc.
L’infraction concerne également toute personne tenue ou non à cette obli-
gation, qui fait des fausses déclarations devant l’officier de l’état civil sur les
énonciations que doit contenir l’acte, mais aussi toute personne qui aura donné
la mission de commettre de fausses déclarations devant l’officier de l’état civil.
Sera punie, des peines portées par cette infraction , toute personne qui,
convoquée par l’officier de l’état civil pour faire une déclaration ou pour té-
moigner, aura volontairement refusé de comparaître. L’officier de l’état civil
qui aura refusé de recevoir une déclaration pourra être poursuivi sur base des
articles 147 et 148 du code pénal livre II relatifs à l’abstention coupable du
fonctionnaire. Lorsqu’il aura acté une fausse déclaration, il pourra être poursui-
vi sur base des articles 124 à 126 du code pénal livre II relatifs aux faux et
usage de faux en écritures.
II.Poursuites
a)Dispositions légales
Les articles 153, 154 du code pénal Livre II et 114, 115 du code de la fa-
mille sont la base légale.
b) Pénalités applicables
Le défaut de déclaration, dans le délai légal , est sanctionné de sept jours
de servitude pénale principale et d’une amende ou d’une de ces peines seule-
ment (art. 114 du code de la famille). Le défaut de déclaration est puni d’une
amende.
281
Journal Officiel de la République Démocratique du Congo, Kinshasa, 12 janvier 2009
p.17-18.
186
Les fausses déclarations faites devant l’officier de l’état civil sont punis-
sables de huit jours à un an et d’une amende ou d’une de ces peines seulement.
Ces mêmes peines s’appliquent à celui qui a donné mission de commettre de
fausses déclarations si cette mission a reçu son exécution (art. 115 du code de
la famille).
Le délit de fuite est une infraction qui possède une nature hybride283. Elle
est tantôt une infraction autonome tantôt une circonstance aggravante.
L’infraction de délit de fuite est une infraction de conséquence, car elle suit
toujours une première infraction.
b)Un accident
Le délit de fuite est une infraction de conséquence. Il faut au préalable un acci-
dent causé par l’auteur. L’infraction première est donc une infraction non in-
tentionnelle : homicide involontaire ou des blessures involontaires.
- L’accident doit être corporel ou même matériel. Il suffit de l’apparence
d’accident, même si aucun dommage ne paraît exister ;
- L’accident doit être causé ou occasionné par n’importe quel type
d’accident(véhicule), par exemple : voiture, moto, bicyclette, bateau, na-
vire ; que l’accident ait été causé (dommage occasionné a une personne, à
un animal, à une chose inanimée, etc.) ; que l’accident ait été causé par un
véhicule (automobile, motocyclette, voiture attelée, etc.) ;
- L’accident doit pouvoir engager la responsabilité pénale ou civile, même si
le conducteur, dans la même poursuite ou dans une poursuite distincte, est
reconnu non responsable de l’accident ; il suffit de l’apparence de responsa-
bilité. Le texte s’applique même pour une voie privée, même si le véhicule
est en situation anormale.
283
Coralie Ambroise-castérot.,Droit pénal spécial et des affaires, Gualino éditeur, Lextenso
éditions, Paris 2008, p. 119.
284 ème
Crim., 2004 tiré in Mementos, Droit Pénal Spécial, 14 édition 2008, Dalloz, p. 347.
188
d) L’élément moral
I.Définition de l’infraction
Le souteneur est celui qui vit, en tout ou partie, aux dépens d’une per-
sonne dont il exploite la prostitution.
Il en est ainsi de :
- celui qui surveille et protège une femme en quête des clients sexuels pour
éventuellement contraindre le partenaire récalcitrant à payer le prix convenu
ou fixé ;
- du mari qui protège sa femme qui se livre à la prostitution et fixe avec elle le
prix à exiger de ses clients ;
Catalogue des infractions 189
II.Poursuites
a) Disposition légale
Le délit de souteneur était prévu autrefois par l’ord-loi n°79/007 du
06/07/79. Il est actuellement défini et puni par l’article 174 b point 3 du code
pénal livre II tel que modifié et complété par la loi n° 06/018 du 20 juillet 2006
modifiant et complétant le décret du 30 janvier 1940 portant code pénal con-
golais.
b) Pénalités
La disposition de l’article 174 b point 3 du code pénal livre II tel que
modifié et complété par la loi n° 06/018 du 20 juillet 2006 modifiant et com-
plétant le décret du 30 janvier 1940 portant code pénal congolais édicte une
sanction. Elle est de trois mois à cinq ans de servitude pénale principale et une
amende ou une de ces peines seulement à l’endroit du souteneur.
Le souteneur est justiciable du tribunal de paix. L’infraction de délit de
souteneur se prescrit (action publique) après trois ans.
285
LIKULIA BOLONGO. , op. cit. , p. 365.
190
I. Définition
Les délits de presse sont des infractions sui generis commises par voie
de presse écrite ou audiovisuelle (article 74 de la loi n°96-002 du 22 juin 1996
fixant les modalités de l’exercice de la liberté de la presse) par les profession-
nels de la presse, les entreprises de presse, les personnes physiques ou morales
concernées par des écrits ou des messages audiovisuels (article 1er). L’objectif
du législateur est de ramener les usagers de la presse à respecter la loi, l’ordre
publique, les droits d’autrui et les bonnes mœurs.
192
288
NIEMBA LUBAMBA Vincent-David. , « La répression des délits de presse en droit pénal
congolais » in Justice et ordre public, publication de l’Institut de Formation et d’Etudes Poli-
tiques sous la direction de Lukieni Lu Nyimi et Masiala Muanda, Kinshasa 1999, p.151.
Catalogue des infractions 193
290
NZANGI BATUTU (M). , « La diffamation et l’injure dans les médias », Collection Informa-
tions juridiques, Kinshasa, janvier 1997, p.24.
196
a. Matériellement
En matière de délit de presse, la compétence matérielle revient à
l’instance compétente pour l’infraction commise, ce, conformément aux pres-
crits des articles 86, 91 et 96 du code de l’organisation et de la compétence
judiciaires.
b. Territorialement
La compétence territoriale du tribunal répressif est fixée par l’article
104 du code de l’organisation et de la compétence judiciaires. Pour les articles
de presse rédigés en vue de leur diffusion à un large public291 , qui franchissent
les frontières nationales, il va de soi que la distribution et la publication réali-
sent tant sur le territoire national qu’à l’étranger l’élément de publicité exigé par
l’article 74 du code pénal.
Le problème ne reste pas moins délicat lorsqu’il s’agit de la répression
du délit de presse, car la publicité est faite en tous lieux où le journal a été pu-
blié, vendu ou exposé, et l’infraction commise en tous ces endroits. Le délin-
quant doit répondre de son fait partout où son article a sapé l’honneur et la
considération de l’individu diffamé, par exemple, et dès lors il doit être réparé
partout. N’a-t-il pas été jugé que le délit d’imputation dommageable est réalisé
partout où a été vendu et publié l’écrit litigieux292 ? Pour Georges Mineur, les
tribunaux congolais sont compétents pour connaître de l’infraction de diffama-
tion ou d’injures contenues dans un journal publié à l’étranger et diffusé au
Congo293 .
S’il est légitime et salutaire pour un journaliste d’assumer pleinement un
regard critique dans le traitement de l’information, il lui faut, toutefois, faire
preuve de vigilance dans l’exercice de celui-ci. La désinformation constitue une
véritable stratégie de conquête des esprits par le mensonge et requiert un haut
degré de préméditation294 .
291
KILENDA KAKENGI BABITA, in Le Bulletin juridique n°2, avril 1989, pp 3 et 4.
292
Tripaix pont Kasa-vubu, jugement R.P10 427, 14 avril 1988, inédit.
293
Georges Mineur. , op.cit., p.179 et suivants.
294
Corr. Dinant ,20 avril 2004 p.799 in Revue de jurisprudence de Liège ,Mons et Bruxelles
e
,31 décembre 2004, 110 me année ,Hebdomadaire p.1932.
295
C’est l ‘ordonnance – loi relative à la procédure devant la Cour Suprême de Justice.
Catalogue des infractions 197
296
Parquet Lwalaba , 22 octobre 1951, J.T.O. , n°29, p.155, a.n.
297
C.S.J., R.P.P.2, 4/ 7/1980, Inédit.
298
Tribunal de paix de Lubumbashi/ Kamalondo. , 24 janvier 1997, inédit.
198
I. Eléments constitutifs
L’infraction prévue par l’article 76 du code pénal livre II requiert à la fois un
élément matériel et un élément moral qui, s’ils sont réunis, sont susceptibles
d’entraîner la répression.
a) Eléments matériels
L’acte de dénonciation. La dénonciation peut être effectuée , selon l’article
76, par tout moyen.Peu importe la forme, donc , qu’elle soit orale ou écrite, ce
qu’elle sera le plus souvent(lettre anonyme, plainte signée, etc.). Peu importe
également que la victime de la dénonciation soit clairement nommée ou qu’elle
soit seulement identifiable299, qu’elle soit une personne physique ou une per-
sonne morale300 : dans tous les cas l’infraction est constituée.
1. Une accusation déterminée par écrit ou verbale à l’autorité judiciaire ou à un
fonctionnaire public sous forme de plainte ou de procès-verbal. Elle est
adressée à l’autorité à laquelle les faits ont verbalement été relatés ;
2. L’accusation doit être portée contre une personne déterminée. Si la per-
sonne (la victime) n’est pas expressément désignée, il suffit qu’il y ait assez
d’indications pouvant l’identifier ;
3. L’accusation doit être spontanée301, c’est-à-dire formulée sans aucune invita-
tion. Si elle est provoquée avec invitation par un interrogatoire auprès de
l’officier de police judiciaire, de l’officier du Ministère public, du juge, d’une
autorité publique ou par une audition en qualité de témoin, elle n’est plus
spontanée et donc non constitutive de l’infraction. A défaut de spontanéité,
c’est-à-dire si la dénonciation résulte , par exemple, de l’exécution d’un de-
voir de rapport à l’autorité hiérarchique ou d’une obligation professionnelle,
l’infraction n’est pas constituée ;
4. La dénonciation doit imputer un fait à une personne qui est susceptible
d’avoir de graves répercussions sur elle : le fait doit être de nature à entraî-
ner des sanctions judiciaires, administratives ou disciplinaires ;
5. La dénonciation doit être faite aux autorités judiciaires ou aux fonction-
naires qui ont le devoir de saisir l’autorité judiciaire.
Une dénonciation à l’autorité compétente. Les autorités compétentes
sont les officiers de justice, les autorités administratives ou judiciares. Par
exemple, sont autorités judiciaires les magistrats civils et militaires du parquet
et du siège, les officiers de police judiciaire. Sont autorités administratives les
fonctionnaires ayant le devoir de saisir l’autorité judiciaire. Par exemple, les
membres du gouvernement, l’éxécutif provincial, les secrétaires généraux de
299 e
M. Véron., Droit pénal spécial, Sirey, 12 édition, 2008, n° 275.
300
Crim.,22 mai 1959, Bull. crim., n° 265.
301
Crim.,16 octobre 1969, Bull. crim.,n° 254.
Catalogue des infractions 199
302
A la condition que la décision soit devenue définitive.
303
C.S.J., RP 93, 04 juillet 1975, B.A 1976, p.168.
304
Tribunal de grande instance de Bukavu, R.P 5944, 23 juin 1989, Ministère public et partie
civile Byumanine Ochidose contre le prevenu Selemani Songa, inédit.
305
Tribunal de paix de Lubumbashi/ Kamalondo . , 24 janvier 1997, inédit.
200
classement sans suite qui n’établit pas la fausseté des faits dénon-
cés n’autorisera pas la victime à saisir le juge.
b) Elément moral
La dénonciation calomnieuse est une infraction intentionnelle qui
requiert donc la mauvaise foi de l’agent. Le dénonciateur doit connaître la faus-
seté totale ou partielle de ses allégations. Volontairement, il a dénaturé ou exa-
géré les faits, peut-être pour se rendre intéressant. Tout compte fait, il connaît
la fausseté des faits qu’il allègue. Il a été jugé qu’un jugement qui retient, dans le
chef du prévenu, l’infraction de dénonciation calomnieuse sans établir
l’élément moral du délit, alors que celui-ci requiert, outre la connaissance par
l’agent des faits incriminés, l’intention de nuire n’est pas légalement motivé et
doit être cassé306 . De même, l’intention méchante requise à l’article 76 peut
résulter de l’esprit de vengeance qui animait le prévenu, qui cherchait par cette
dénonciation, à se protéger contre les poursuites judiciaires engagées contre
lui307 .
Un travailleur qui, pour se venger de son patron qui vient de mettre fin
à son contrat de travail, s’invite devant le Procureur et déclare que son patron
est pédophile ou trafiquant des drogues, déposer une plainte au tribunal sans
preuves sérieuses, une accusation sans fondement, faite par jalousie ou par
vengeance constituent des exemples de dénonciation calomnieuse.
306
C.S.J. , R.P ; 47, 4 avril 1973, B.A. 1974, p.91.
307
C.S.J., 12 août 1988, RPA 144, aff. M.P. c/ MUNYOLOLO.
308
Dans le cadre des poursuites, le Ministère public a un rôle essentiel quoique non exclu-
sif. C’est lui qui met en mouvement l’action publique et en suit le développement. Peu im-
porte qu’il y ait ou non plainte de la partie victime ou lésée. Dès qu’il réunit les éléments de
preuve à charge du prévenu, il le défère devant le juge répressif. Après examen et instruc-
tion à l’audience, le juge prononce soit la condamnation si les faits sont établis en se con-
formant à la loi, soit l’acquittement dans le cas contraire. Au sujet de la preuve, il faut souli-
gner qu’elle peut être matérielle, consister en des témoignages, en indices et même en
présomptions du fait de l’homme pourvu que ces dernières soient graves, précises et con-
cordantes. Il sied néanmoins de préciser qu’en matières répressives, il n’existe point
d’hiérarchisation de preuves comme en matières civiles, la seule preuve qui lie le juge ré-
pressif étant son intime conviction. Le Ministère public ne peut dans certains cas, exercer
les poursuites sans :
Catalogue des infractions 201
c) La dénonciation calomnieuse
L’infraction de dénonciation calomnieuse est de la compétence matérielle
du tribunal de paix. Le jugement sur la fausseté du fait dénoncé est un préa-
lable au jugement de l’action en dénonciation calomnieuse.
309
LIKULIA BOLONGO ; op.cit., p.250.
310
La circonstance d’avoir vendu des grains sans cacher qu’ils fussent avariés, n’est pas
er
une raison de justification, pour l’infraction prévue par l’article 1 , 2° du décret du 26 juillet
1910, car l’infraction ne consiste pas dans le fait d’avoir trompé l’acheteur, mais bien dans le
fait d’avoir exposé en vente et vendu des denrées alimentaires gâtées(App.Elis., 14 sep-
tembre 1915, RDJC 1915, p. 34).
202
I. Eléments constitutifs
a)L’élément matériel
L’élément matériel s’entend d’un des actes ou comportements répré-
hensibles décrits posé par le coupable.
b)L’élément moral
L’élément moral sera reconnu chaque fois qu’une intention frauduleuse
est susceptible d’être prouvée dans le chef de l’auteur du fait interdit.
II. Pénalités
311
B.O., p.657, Codes Larcier R.D.C, Tome III, Droit Commercial et Economique, vol 2-Droit
Economique, Larcier-Afrique Editions 2003, p.817.
Catalogue des infractions 203
ticles 1et 2, le tribunal pourra ordonner que le jugement soit affiché dans les
lieux désignés pendant un délai n’excédant pas un mois.
146. Déportation
Voir Travail obligatoire des civils, n°555.
b) Conditions préalables
Pour que l’infraction de désarmement ou démoralisation de la troupe
s’établisse, deux préalables s’imposent.
1. La période exceptionnelle
L’infraction de désarmement ou démoralisation de la troupe ne peut être
commise que pendant une période exceptionnelle. D’une part, l’infraction sera
caractérisée au moment des graves menaces d’agression armée ou d’invasion,
de déploiement des forces ennemies aux frontières nationales… bref, le mo-
ment immédiatement antérieur à une guerre. D’autre part, l’infraction ne se
commet que pendant la guerre, la période des hostilités, d’occupation effective
de l’espace géographique national par les forces ennemies au mépris des ins-
truments juridiques internationaux. Enfin, elle se commet au moment d’une
opération de police tendant au maintien ou au rétablissement de l’ordre public.
2. La qualité de l’agent
204
312
Laurent MUTATA LUABA., op.cit. , p.113.
313
Commentaire du code pénal congolais, 2ème éd. Bruxelles 1953, p.395.
314
COM Wenga (Basankusu), 21 décembre 1999, in Laurent MUTATA LUABA, op. cit.,
p.115.
Catalogue des infractions 205
3. L’élément intellectuel
L’élément intellectuel consistant dans la connaissance du caractère illégal de
l’acte posé et dans la matérialisation d’une manière délibérée et consciente.
148. Désertion
La désertion est une infraction purement militaire. Elle consiste en une
absence non autorisée, telle que, par sa durée ou les circonstances qui
l’entourent, elle équivaut à la rupture du lien qui rattache le militaire à la hiérar-
chie. La désertion est la plus fréquemment commise des infractions propre-
ment militaires. Le fait, pour un militaire, d’abandonner son corps sans esprit
de retour constitue le délit de désertion315 .
Les articles 44 à 52 du code pénal militaire sont la base légale de la désertion.
En temps de paix, la sanction est de deux mois à dix ans de servitude pénale.
En temps de guerre, d’état de siège, d’urgence ou d’opération, la peine de servi-
tude pénale à perpétuité ou la peine de mort est d’application.
I. Eléments constitutifs
La réalisation de la désertion exige la réunion de trois éléments, à savoir la
qualité de militaire, la rupture définitive de ses liens avec l’armée et l’intention
coupable.
a)La qualité de militaire pour l’agent
La désertion est une infraction continue. Le déserteur conserve sa qualité de
militaire. Il reste totalement soumis à la rigueur de la loi militaire pour toute
délinquance dont il pourrait être responsable.
b)La rupture définitive de ses liens avec l‘armée
La présomption légale découle des délais de grâce clairement déterminés. La
rupture des liens dans le chef du militaire est présumée sept jours au moins
après le constat de son absence.
c)L’intention délictueuse
La responsabilité morale de l’agent pour la consommation de l’infraction
réside dans le dol général : la résolution de rompre ses liens avec l’armée ou
celle d’abandonner son service sous le drapeau et de se soustraire définitive-
ment à ses obligations militaires.
Il y a désertion d’un militaire :
- après six jours d’absence, sans autorisation de son corps, du détachement,
de la base ou formation, de son établissement, de l’hôpital où il est en trai-
tement ;
315
Idem .
206
316
C.G, app 19 janvier 19O1, Jur. Etat I p.113 ; C.G app.25 avril 1901.Jur. Etat p143 ; C.G.
app.5 juillet 1914, jur.Col. 1925, p.246.C.G. app.18 novembre 1901, Jur.Etat I p.162.
Catalogue des infractions 207
154. Destruction
Les destructions, dégradations et détériorations s’inscrivent dans le cadre
des infractions contre les biens appartenant à autrui. Généralement, elles com-
portent un élément matériel et un élément moral.
a)L’élément matériel
L’élément matériel désigne tout moyen de destruction matérielle. La na-
ture du moyen est indifférente, car elle est définie par rapport au résultat pro-
duit. Il peut s’agir d’un meuble ou d’un immeuble. L’infraction de destruction
ou de dégradation méchante de biens mobilier ne peut être établie s’il n’a pas
été établie l’existence de l’élément matériel de cette infraction, à savoir, le bien
mobilier endommagé318. L’infraction s’applique à la dévastation des récoltes.
Elle peut porter sur les biens meubles de valeur moindre. La gravité du dom-
mage est indifférente, car sont incriminées aussi bien la destruction équivalant à
l’anéantissement du bien, que la dégradation et la détérioration visant à com-
promettre l’usage , à mettre en mauvais état ou à abimer le bien.
b)L’élément moral
L’élément moral se caractérise par la volonté délibérée de détruire le bien.
L’auteur doit avoir connaissance de son défaut de propriété. Il doit être cons-
cient du fait que le bien appartenait à autrui. Lorsque les agissements portent
sur un bien propre, l’auteur du comportement exerce simplement son « abu-
sus » sur sa propriété. Il a été jugé que la destruction des biens appartenant à la
communauté des époux conduit à la qualification de l’infraction319 .
I. Eléments constitutifs
Pour que l’infraction soit établie, l’agent public doit avoir posé un acte ma-
tériel de destruction, dans une intention méchante. Détruire un document, c’est
318
C.S.J.,10 avril 1976, RP 144, aff. Gema c/ M.P et Kingu, B.A., 1977, p. 92.
319
Crim . , 9 mars 1994, Bull., n°94.
Catalogue des infractions 209
l’anéantir, le réduire à néant et, par ricochet, le faire disparaître. Le lacérer, c’est
le déchirer, le mettre en pièces320.
c)L’élément moral
La destruction ou suppression doit être faite méchamment dans le but de
causer du tort ou d’en tirer un bénéfice. Sera poursuivi, pour infraction de des-
truction méchante ou frauduleuse commise par un fonctionnaire public prévue
par l’article 145 bis du code pénal livre II, tel que modifié par l’ordonnance-loi
du 12 mai 1968, le greffier d’une juridiction qui détruit et supprime frauduleu-
sement un dossier judiciaire dont il avait la garde321 .
La perte des dossiers dans l’administration, résultat d’une action méchante
ou frauduleuse (et non de la négligence), peut donner lieu aux poursuites. Elle
peut être l’objet des sanctions prévues par l’article 145 bis du code pénal livre
II.
II. Poursuites
320
Haute cour militaire., RP 001/2004 du 05 octobre, inédit.
321
Kisangani. , 20.8.1970, RJC., 1970, n°3, p.285.
210
I. Eléments constitutifs
II. Poursuites
Les faits décrits à l’article 110 du code pénal livre II sont punis au maximum
de cinq ans de servitude pénale principale et d’une amende ou de l’une de ces
peines. Les faits de l’article 111 du code pénal livre II sont réprimés d’un mois
à un an de servitude pénale principale et d’une amende ou une de peines seu-
lement.
Quant aux faits de l’article 112 du code pénal livre II, ils seront sanction-
nés comme à l’article 110. L’article 113 du code pénal livre II permet de sanc-
tionner les destructions d’arbres, récoltes ou autres propriétés. Les pénalités
sont de sept jours de servitude pénale principale au maximum et d’amende ou
d’une de ces peines uniquement.
322
C.S.J., R.P. 144, 10 avril 1976, B.A. 1977, p.94.
323
C.S.J., R.C 47, 04 avril 1973, B.A. 1974, p.90.
Catalogue des infractions 213
I. Eléments constitutifs
II. Poursuites
324
Pandectes,V° Bestiaux.
Catalogue des infractions 215
Pour que l’état de nécessité puisse être invoqué, il faut que soient réunies plusieurs condi-
tions :
1° il faut que la commission de l’infraction apparaisse comme le moyen indispensable
d’éviter le mal dont l’agent est menacé ;
2° il faut que le mal redouté soit imminent. C’est parce que ce caractère n’apparaissait pas
nettement dans les espèces jugées que la jurisprudence a refusé généralement de considé-
rer comme nécessaire l’action des squatters (Nantes, 12 novembre 1956, D. 1957. 30) ;
3° il faut que le mal écarté soit grave, et plus grave que celui qui résulte de l’infraction. Mais
ce mal peut être d’ordre moral et pas seulement matériel (Colmar, 6 déc.1957, Gaz. Pal.
1958. I. 202). L’évaluation de la gravité du mal est parfois très délicate à faire lorsque l’on
doit mettre en balance l’intérêt général et des intérêts particuliers ;
4° il faut que le mal écarté soit injuste : le soldat qui fuit le combat ne pourrait invoquer l’état
de nécessité.
L’ordre de la loi et le commandement de l’autorité légitime. « Il n’y a ni crime ni délit
lorsque l’homicide, les blessures et les coups étaient ordonnés par la loi et commandés par
l’autorité légitime » Celui qui a obéi à la loi et à l’autorité n’a, en effet, accompli que son
devoir et il serait d’une criante injustice de le poursuivre pour cela. Le médecin qui dénonce
une maladie contagieuse que la loi lui ordonne de signaler aux autorités sanitaires ne peut
pas être poursuivi pour violation du secret professionnel. L’huissier qui fait ouvrir une porte
par un serrurier pour opérer une saisie ordonnée par l’autorité judiciaire ne peut être pour-
suivi pour violation de domicile.
On assimile au commandement de la loi la simple permission expresse ou tacite de la loi.
Lorsque l’acte incriminé a été accompli en vertu d’un commandement illégal émanant d’une
autorité légitime, le fonctionnaire est délié de l’obligation d’obéir à un tel supérieur car un tel
ordre est manifestement illégal et de nature à compromettre gravement un intérêt public.
Le commandement de l’autorité légitime ne constitue pas, à lui seul, le fait justificatif. Il re-
quiert cumulativement l’ordre de la loi et le commandement de l’autorité légitime.
Catalogue des infractions 217
326
Elis. , 25 juillet 1922, Jur. Kat. I p.296.
327
Elis. ,1 Août 1913, Jur. Congo 1921, p.208.
218
I. Considérations
III. De la répression
328
Haute cour militaire., RP 001/2004, 05 octobre 2004, inédit.
329
C.S.J., RP 2, 10 juin 1972, B.A. 1973 , p. 88 ; RJZ. 1972, p. 135.
Catalogue des infractions 219
I. Eléments constitutifs
330
Le professeur LIKULIA dans son livre « Droit pénal spécial Zairois, tome I» en page 469
définit le détournement de main d’œuvre comme le fait d’utiliser frauduleusement à son
profit ou au profit d’un tiers les services d’engagés mis sous ses ordres.
220
disposition pour des travaux autres que ceux de l’employeur et aux frais de ce
dernier.
Lorsqu’un chef de chantier prélève des ouvriers parmi ceux mis à sa disposi-
tion331 pour se faire construire une maison ; lorsqu’un architecte envoie des
ouvriers travailler (gratuitement ou pour faire plaisir à un ami) dans une autre
entreprise que celle qui l’emploie, ils peuvent être poursuivis et condamnés
pour détournement de main d’œuvre.
c)L’élément moral
L’intention frauduleuse est réquise. Elle est faite de la volonté de s’enrichir
injustement ou de procurer à autrui un bénéfice illicite. On estime que le fait de
ne pas tenir le maître de l’entreprise au courant de l’emploi fait de sa main
d’œuvre constitue une présomption d’intention frauduleuse332.
II. Poursuites
331
C.S.J. , 10 mai 1978, inédit cité par LIKULIA. , op. cit. ,p. 468.
332
C.S.J.,10 mai 1978, inédit.
Catalogue des infractions 221
I. Eléments constitutifs
333
Article 145 du code pénal du Congo belge.
334
Cf. PAND. B.V° Officier public, n°1 et Servais, code pénal interprété, article 240, n°1.
222
naire public335. Le tribunal devra le juger sur base de l’infraction d’abus de con-
fiance prévue et punie par l’article 95 du même code336.
b)L’objet de l’infraction.
Pour que l’infraction de détournement des deniers publics soit consti-
tuée, il faut qu’il s’agisse de certains biens, c’est-à-dire d’une nature donnée, et
que ces biens aient été confiés à celui qui les a détournés.
1.La nature des biens détournés
Le texte parle des « deniers ». Le denier est une ancienne monnaie fran-
çaise d’or ou argent. L’extension progressive en donne le sens large d’ « espèce
monnayée ». Le législateur congolais parle des « deniers publics ou privés ». Il
importe que les deniers qui sont l’objet de l’infraction, soient la propriété de
l’Etat, d’une province, d’un ministère, d’une commune, d’un territoire, d’un
établissement public ou de simples particuliers. Le texte incrimine celui qui
aura détourné des deniers publics ou privés, « des effets en tenant lieu, des
pièces, titres, actes, effets mobiliers »338. Le détournement peut concerner des
choses non appréciables en argent et des choses appréciables en argent.
2. La détention préalable des biens détournés.
335
Kinshasa. , 06 août et 07 septembre1973, RJZ 1973, Septembre-décembre n° 3 p.269 et
272.
336
C.S.J., R.P 271, 27 juin 1979, B.A 1984.
337 er
J.O.R.Z.,n°5, du 1 mars 1973, p.322.
338
Article 145 du code pénal congolais.
Catalogue des infractions 223
c) La victime de l’infraction
La victime de l’infraction de détournement des deniers publics ou pri-
vés est généralement l’Etat et les collectivités publiques qui sont les démem-
brements de l’Etat. La victime peut aussi, dans certains cas, être une personne
morale semi-publique, ou même, à la limite, un particulier.
339
Kinshasa., 30 décembre 1973, R.J.Z., 1974, n°2, p.99.
224
particulier proprement privé, mais une personne morale dans laquelle l’Etat
possède des intérêts, soit seul (sociétés et entreprises d’Etat), soit en associa-
tion avec d’autres personnes morales de droit privé (sociétés d’économie
mixte), qui souffre dans son patrimoine du fait des agents publics. L’article 145
du code pénal livre II n’assimile pas les personnes morales semi-publiques à
l’Etat et aux collectivités publiques ni les biens des premières à ceux des se-
conds, mais il protège les biens de ces personnes contre les agissements mal-
honnêtes des fonctionnaires publics qui sont appelés à y représenter les intérêts
de l’Etat ou d’une société étatique.
3. Les particuliers
La victime du détournement peut, en effet, être une personne privée,
c’est-à-dire un tiers, un administré, un redevable, un justiciable, une société
privée qui avait confié la chose, le titre, le document ou parfois les fonds, au
fonctionnaire ou à la personne assimilée, mais sans perdre son droit de proprié-
té sur cette chose.
L’article 145 du code pénal congolais livre II vise les « deniers privés »,
c’est-à-dire les deniers appartenant en propriété à des particuliers, à des per-
sonnes privées, en même temps que les « deniers publics », c’est-à-dire ceux
appartenant à l’Etat ou aux personnes morales de droit public. Il existe de
nombreux cas où ce sont les particuliers qui souffrent des dommages occa-
sionnés par les actes malhonnêtes des fonctionnaires. Un ouvrier dont le fonc-
tionnaire chargé de la paie en espèces a détourné le salaire, ou un créancier
saisissant dont le greffier ou l’officier public a détourné les sommes provenant
de la vente aux enchères des biens saisis, ou encore un client qui remet à
l’administration des postes pour le transmettre à un destinataire déterminé, un
pli chargé dont un agent de cette administration détourne le contenu, etc. Le
même détournement peut porter atteinte à la fois à la fortune publique et à la
propriété privée, comme c’est le cas dans le dernier exemple ci Ŕ dessus : le
détournement des taxes ou amendes perçues, sans délivrance de reçu, prive
l’Etat de rentrées de fonds et oblige le redevable à opérer de nouveaux prélè-
vement sur son patrimoine.
d) L’acte incriminé
1.Notions
L’acte incriminé est le détournement. Le détournement est un élément
matériel qui caractérise l’infraction de détournement de deniers publics. Le
détournement est aussi l’élément matériel d’autres infractions telles que l’abus
de confiance. On entend par détournement l’usage ou la disposition d’objets
ou de deniers qui sont dans les mains ou au pouvoir de l’auteur, à une fin qui
Catalogue des infractions 225
ne leur était pas assignée. Il y a détournement dès que l’objet a été distrait de sa
destination et est sorti de la droite voie340.
2.Consommation de l’élément matériel de détournement
Que le détournement soit une dissipation mettant l’auteur dans
l’impossibilité de restituer ou un usage abusif suivi d’un refus de restituer, il est
toujours consommé, en tant qu’élément matériel , dès que l’objet quitte la
« droite voie », c’est-à-dire la place qu’il doit occuper à tel moment. C’est
l’objet qui est dissipé, distrait, caché, « mis à l’ombre », ou déposé chez un tiers.
Peu importe la possibilité de réparation ou de remise en état, la restitution ef-
fective ou l’impossibilité ou refus de restituer, elles sont indifférentes à la réali-
sation de l’infraction. Que l’auteur du détournement ait des ressources suffi-
santes pour rembourser les sommes détournées, qu’il ait offert de les rembour-
ser, qu’il se soit même libéré, tout cela est indifférent341. Il a été jugé que le
détournement de deniers publics est une infraction instantanée et que le rem-
boursement de la somme détournée, dès la toute première réquisition, est par
conséquent inopérant quant à l’existence de cette infraction342.
e) L’intention criminelle
1.Dol spécial et volonté d’appropriation
Il s’agit d’une appropriation injuste ou une rétention injuste. Le détour-
nement, comme la soustraction, impliquent nécessairement l’idée de fraude343.
Il faut donc la preuve de la décision unilatérale et volontaire d’appropriation ou
de rétention, ou, si l’on veut, la preuve de l’intention dolosive ou frauduleuse.
Ainsi, il a été jugé :
- que le détournement de deniers publics est caractérisé par l’utilisation pri-
vative des deniers contrairement à leur destination, dans la conscience que
cet acte de disposition causait ou pouvait causer préjudice et que le fait reste
punissable même si le prévenu n’avait pas eu l’intention de s’approprier dé-
finitivement les fonds344 ;
- que l’allégation mensongère d’un vol fantaisiste invoqué par celui qui avait
la garde des biens, est révélatrice de l’intention frauduleuse de détournement
commis par une personne chargée d’un service public345.
340
Ainsi, il n’y a pas de détournement de derniers publics, quand les sommes prétendues
détournées ont été versées au prévenu à titre de salaire se rapportant à une période de
service actif : cfr KIN, 7 juin 1974, RJZ 1974, n°3, p. 2364 ; novelles, op cit ., n°3357
341
Cf.Novelles n° 3372 ; Nyppels et Servais, op. cit ., T.II, p.94, n°8.
342
Kisangani, 2 mars 1973, R.J.Z., 1974, n°s 1 et 2, P. 48. Voir aussi, cass. Belge, 17 no-
vembre 1952, Pas., 1953, I, 168.
343
cf Novelles, op cit T. III, n°3384 bis ; R Vouin, op. cit. ,par M.L. Rassat, n° 57
344
Cf Kin., 29 décembre 1966, R.J.C. 1967,2 ,128.
345
Kin., 6 août 1973, R.J.Z, 1973-3-269.
226
346
Cf lub., 11 décembre 1969, RJC. ; 1970-1-51.
347
C. S.J. , de Kin ; 7 juin 1974, penant, 1975-4-541.
348
Kin, 11 juin 1973, RJZ. ; 1973-3-364.
349
Kin., 12 octobre 1973, R.J.Z., 1973-36277.
Catalogue des infractions 227
que le prévenu en ait la détention matérielle ni qu’il ne les ait non plus utilisés350
.
Par contre, l’infraction est établie dans le chef d’un commissaire d’Etat
(Ministre) qui a donné ordre à un officier placé sous tutelle de son département
de payer une facture adressée à ce département, si ce payement a été sans con-
trepartie et que les sommes payées ont été partagées entre l’auteur de l’ordre et
l’auteur de la facture351.
Les fonds déposés dans un compte bancaire dont le retrait ne peut être
effectué que sous la seule signature du prévenu sont entre les mains du préve-
nu et peuvent faire l’objet d’un détournement352.
350
C.S.J., R.P.A 56, 29 juin 1979, B.A. 1984, p.139.
351
C.S.J., R.P 20/ C.R. ,15 août 1979, R.J.Z 1979, p.56 ; B.A. 1984, p .194.
352
C.S.J., R.P 2O/ C.R ; 15 août 1979 B.A. 1988 p. 194.
353
Qu’adviendrait-il si le prévenu condamné venait à décéder ? Le décès du délinquant
éteint l’action publique, qu’il survienne avant le déclenchement des poursuites ou après
celui-ci, avant la décision définitive. Par contre l’action civile peut être poursuivie contre les
héritiers du de cujus. La mort du condamné est l’issue normale des peines perpétuelles. La
mort met fin à l’exécution des peines temporaires. Cela est conforme au principe de la per-
sonnalité des peines qui s’oppose à ce qu’on étende l’application de la peine aux héritiers.
Par contre, les condamnations civiles (restitutions, dommages-intérêts, frais) ne constituent
pas des sanctions pénales, et peuvent être exécutées contre les héritiers. De même, dans
le cas où la loi prévoit des civilement responsables de l’amende, ces derniers restent tenus
de la payer en cas de décès du condamné. La confiscation spéciale pourra être exécutée
même après la mort du condamné, à condition que le jugement la prononçant soit coulé en
force de chose jugée du vivant du condamné.
228
Les indispensables éléments qui suivent doivent être réunis pour que soit
établie l’incrimination de détournement des effets militaires ou des effets de
l’Etat.
a)L’acte de l’auteur
L’acte de l’agent est de s’emparer ou d’enrichir le patrimoine d’autrui des
armes et munitions de guerre, des véhicules à l’usage de l’armée ou des services
apparentés, des deniers publics, effets et autres objets à lui remis pour le ser-
vice ou à l’occasion du service, appartenant à l’Etat ou à des militaires.
b)L’intention frauduleuse
L’intention frauduleuse est à déduire du fait de se procurer, soit à soi-même,
soit à un tiers, un avantage quelconque au préjudice d’autrui, pendant que l’on
est en fonction. Il a été jugé que la bonne foi de l’agent exclut toute intention
frauduleuse356. Il en a été décidé d’un militaire qui bien qu’en possession
d’armes de guerre, les a simplement gardées chez lui deux jours durant, alors
qu’il lui était loisible, au regard de ses fonctions, d’accéder à tout moment au
magasin d’armement357.
356
CGG, 5 décembre 1978, RJF, Vol. 0002, 1985 ; éd. Audit Gén., Kinshasa 1986, p.106.
357
CGG, 3 mai 1985, idem, p.99.
230
I. Eléments constitutifs
b) Il faut qu’une saisie ait été opérée sur les objets détournés.
L’infraction n’existe pas si l’objet n’a pas été placé sous main de justice.
Il nécessite que l’objet ait été détourné. Le détournement consiste dans
l’enlèvement, le déplacement, le transport dans un autre lieu, ou même le
simple recel ou la résistance non motivée et persistante à représenter l’objet. Le
détournement doit être le fait du propriétaire de l’objet ou du gardien. Peu
importe que le créancier saisissant soit une personne physique ou morale, qu’il
soit une personne de droit publique ou privée360. L’infraction existe même si la
saisie n’est pas aux yeux du droit civil valable et régulière361 ou même si elle a
358
Crim., 6 novembre 1956, Bull. 711 ; D.1957, p.5.
359
Cour d’appel Mbuji-Mayi, RPA 1411, 12 octobre 1995, in RAJ 1996, p. 59.
360
Léo.,26 août 1954, R.J.C.B.,1954, p.320.
361
R.J.A.C.,1963, p.46, avec note ; Léo, 18 décembre 1958,R.J.C.B, 1959 ;E.Lamy., « de
l’autononmie du droit pénal » in R.J.C. , 1964, p.5.
Catalogue des infractions 231
été déclarée ultérieurement nulle en raison d’un vice de procédure ; ceci n’a
aucune incidence sur la culpabilité de l’agent362.
II. Poursuites
362
Léo.,18 décembre 1958, R.J.A.C.1959, p.149 ;V. R.J.A.C. 1961,p.66.
363
C.S.J., R.P.A, 12, 3 mars 1972, B.A. 1972 p.26.
364
C.S.J., R.P.A. 12, 3 mars 1972, B.A. 1973 p. 26, R.J.Z 1973 , p. 33.
365
C.S.J., idem.
366
Cour d’appel Mbuji-Mayi, RPA 1411, 12 octobre 1995, in RAJ 1996, p. 59.
232
a)L’auteur de l’infraction
Pour être consommée, cette incrimination doit avoir pour auteur dans
le cas de l’article 111 du code pénal militaire tout individu, militaire, assimilé ou
civil. Ce dernier doit avoir détourné des objets placés sous la main des ins-
tances militaires ou des instances judiciaires militaires ou encore, il doit s’agir
du saisi constitué gardien des objets placés sous la main des instances militaires
ou des instances judiciaires militaires. Dans le cas de l’article 132 du code pénal
militaire, l’auteur est un officier du Ministère public militaire ou tout membre
de la Commission des Biens saisis, mis sous Séquestre ou Confisqués.
b)Acte incriminé
L’acte incriminé est un acte d’appropriation indue pour soi-même ou
pour un tiers, d’un bien placé sous la main de la justice ou détenu pour besoin
d’enquête, saisi mis sous séquestre, confisqué et dont on a la garde, la surveil-
lance ou la gestion ; au sens de l’article 132 du code pénal militaire, l’acte in-
criminé consiste en l’utilisation, la jouissance illégitime d’un bien par un offi-
cier du Ministère public, par un membre de la commission des biens saisis
comme s’il en était le véritable propriétaire. Il est jugé que cette infraction sup-
pose, pour sa réalisation, un acte matériel de détournement, une chose saisie,
mise sous séquestre ou confisquée. Le détournement ne peut être puni sur base
de l’article 11 du code pénal militaire que s’il porte sur un objet frappé de la
mesure de saisie, de la mise sous séquestre ou de la confiscation367.
367
Haute cour militaire., RP 001/2004 du 05 octobre 2004, inédit.
Catalogue des infractions 233
d)L’élément moral
L’élément intentionnel se réalise lorsque l’agent a consommé son acte
délictueux tout en sachant que l’objet concerné était sous la main de la justice.
182. Diffamation
Voir imputations dommageables, n° 300.
368
Laurent MUTATA LUABA. , op. cit. ,p.362.
234
184. Discrimination
« Toute distinction » opérée entre les militaires ou assimilés, en raison de leur
origine, de leur appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une tribu, une
région ou une province, à une religion, à une association de fait ou de droit de
quelque nature que ce soit constitue une discrimination (article 196 du code
pénal militaire).
369
La discrimination est une incrimination innovante issue de la récente réforme du code
pénal militaire. Elle est un fléau avilissant généralisé et affectant quasiment tous les sec-
teurs de la vie sociale. Aucun secteur n’est épargné : privé ou public, civil ou militaire.
L’accès à l’emploi et l’exercice effectif de la profession ne sont pas à l’abri de ce mal.
370
Article 198 du code pénal militaire.
Catalogue des infractions 235
a)L’élément légal.
L’article 74 du code pénal militaire définit et réprime l’infraction de dissipa-
tion des effets militaires ou des effets de l’Etat.
b)Les éléments matériels
Les éléments matériels sont faits d’actes de dissipation et d’objets suscep-
tibles de dissipation. Dissiper c’est dilapider, gaspiller, prendre en dépenses, en
prodigalités, utiliser abusivement, sans justification, ou à l’occasion du service
des effets appartenant à des militaires, à l‘armée ou à l’Etat.
Le dol général suffit à établir l’infraction dès lors que l’objet protégé ne fait
plus partie du patrimoine de l’armée (ou services apparentés) ou de la puissance
par le fait de l’agent.
I. Eléments constitutifs
a)Elément légal
Divers textes de lois répriment la distillerie clandestine. D’un côté
l’ordonnance-loi n°395/Fine du 26 décembre 1942 modifiée par l’ordonnance-
loi n°30 de décembre 1958. De l’autre, l’ordonnance législative n°33/608 du 10
décembre 1959 et l’ordonnance -loi n°68/010 du 06 janvier 1968371 qui a rem-
placé les textes antérieurs qu’elle a abrogés. Ce sont là les textes légaux relatifs à
l’infraction de distillerie clandestine.
371
Les codes Larcier République Démocratique du Congo, Edition 2003, Larcier-Afrique
Editions, tome V, p.298.
Catalogue des infractions 237
b) Elément matériel.
La fabrication ou la préparation à des fins commerciales, les débits, la
cession et toutes opérations relatives aux alcools et aux boissons alcooliques
doivent être couverts par une licence ( art. 34). A cet effet, il est interdit le débit
et la consommation sur l’étendue de la République de toutes boissons alcoo-
liques titrant de plus de 45° (art.36°). C’est sous l’effet de cet article que la
boisson coutumière « lotoko » ne peut être consommée ni débitée d’autant plus
qu’elle contient un degré d’alcool de loin plus élevé que 45°.
I. Eléments constitutifs
372
Les codes Larcier, République Démocratique du Congo, tome II, Droit pénal, Larcier-
Afrique Editions 2003, p. 27 ; Code pénal congolais, décret du 30 janvier 1940 tel que modi-
fié jusqu’au 31 décembre 2009 et ses dispositions complémentaires, 2010, p.179.
373
B.A.C. ,1918, p. 94; Les codes Larcier, République Démocratique du Congo, tome II,
Droit pénal, Larcier-Afrique Editions 2003, p. 27.
Catalogue des infractions 239
- ceux qui jetteront des bêtes mortes sur les chemins publics ou sur les
propriétés d’autrui, dans un cours d’eau, lac ou étang ;
- ceux qui auront déterré, en totalité ou en partie et n’importe pour quel
usage, des cadavres ou des débris d’animaux.
374
Ière inst. App. Elis .28 mars 1933, Rev. Jur. 1933. p.206.
375
B.A.C., P.94.
376
Codes Larcier, République Démocratique du Congo, tome VI-I, Droit public et administra-
tif, volume 1. Droit public, Larcier-Afrique Editions 2003, p. 234.
240
I. Eléments constitutifs
Aux termes de l’article 150 du code pénal militaire seront punis ceux
qui divulguent, diffusent, publient ou reproduisent des informations secrètes,
ceux qui en fournissent les moyens. La peine prévue est de vingt ans de servi-
tude pénale.
En temps de guerre ou dans une région où l’état de siège ou d’urgence
est proclamé ou à l’occasion d’une opération de police tendant au maintien ou
au rétablissement de l’ordre public, les coupables sont punis de cinq à vingt ans
de servitude pénale. Si les auteurs sont fonctionnaires ou agents de l’autorité ils
subiront un à cinq ans de travaux forcés.
377
Ces actes sont répris in extenso par les articles 150 du code pénal militaire et 11 du
décret-loi du 26 janvier 2002 portant organisation générale de la défense et des forces ar-
mées congolaises.
Catalogue des infractions 241
193. Drogues
I. Considérations générales
379
YAMARELLOS (E) KELLENS (G). , Le crime et la criminologie, Marabout université,
197O, p. 234.
380
Sont appelés colombiens au Stade des Martyrs de Kinshasa, les fumeurs de chanvre et
autres drogués. Ils se sont adjugés dans cette installation sportive des places et aires réser-
vées. Matonge est un quartier populaire de la Commune de Kalamu à Kinshasa, capitale de
la R.D.C.
242
II. Poursuites
L’organisation des Nations Unies a mis sur pied depuis 1961 une légi-
slation internationale sur les stupéfiants. Cette législation est régulièrement
complétée et modifiée. Quant à notre pays, les lois de mise en œuvre n’ont
toujours pas été édictées. La législation et la réglementation existantes au Con-
go-Kinshasa ne sont pas à la mesure des attentes et de l’ampleur du phéno-
mène dévastateur qu’est la drogue. Les textes qui existent sont lacunaires et
inadaptés.
IV. Propositions
Catalogue des infractions 243
381 ère
1 instance Bas-congo, 18 janvier 1907, Jur. Etat, II, p.163.
382
Cour d’Appel de Versailles 16 juin 2003, RSC, 2005,p.87, obs.Veron.
383
Cour d’Appel de Paris 4 mai 2004 et 11 mai 2004, Dr. Pen.2004, comm.
n°158,obs.veron.
384 ère
Boma, 09 octobre 1900, Jur. Etat, I, p.103 ; 1 Instance Léo., 23 janvier 1909, Jur. Etat,
II, p. 299.
244
Les droits intellectuels font partie des droits patrimoniaux. Ils donnent à
son titulaire une double maîtrise : un droit de nature économique, à une part du
profit procuré par la reproduction de son œuvre, un droit moral à ce que sa
pensée ne soit pas communiquée d’une manière qui la défigure389 .
385
Boma, 18 février , Jur. Etat, II, p.218.
386
Boma.18 septembre 1914, Jur. Col.1925, p.161.
387
Boma, 26 octobre 1901, Jur. Etat, I, P.251.
388
Boma, 26 octobre 1901, idem.
389
LUKOMBE NGHENDA. , op. cit . , p. 609.
390
J.O. , 1982, n°2 p.9 et J.O. , 1986, p.31.
Catalogue des infractions 245
196. Duel
I. Eléments constitutifs
391
Bruxelles 26/10/1913, Jur Col 1924 p.189 ; Boma, 26 octobre 1913, Jur. Col. 1924,
er
p.189 ; 1 inst. Coq 7 décembre 1950, J.T.O.M. 1952, p.21.
392
Ces dispositions légales sont respectivement relatives aux infractions de coups et bles-
sures volontaires et de coups et blessures aggravées. Pour l’article 46, les peines sont
d’une part de huit jours à six mois de servitude pénale et d’une amende. D’autre part, en cas
de préméditation, la servitude pénale est d’un mois à deux ans en plus d’une amende. Les
peines de l’article 47 sont la servitude pénale de deux à cinq ans et l’amende.
246
II. Poursuites
199. Elections
Les opérations électorales comprennent des dispositions pénales créant
des infractions spécifiques. Sous d’autres cieux, ces infractions sont appelées
« délits électoraux ». Ce sont des infractions relatives à l’exercice des droits
civiques. En République Démocratique du Congo, il y a deux catégories
d’infractions électorales. Les infractions susceptibles d’une part d’être com-
mises lors de la préparation des élections, de l’identification et de l’enrôlement
des seuls congolais en âge (18 ans au moins) de prendre part aux scrutins, et
d’autre part à l’occasion de l’organisation des élections présidentielles, législa-
tives, provinciales, urbaines, municipales et locales.
Deux lois définissent et répriment les délits électoraux. Il s’agit d’un côté
de la loi n°04/028 du 24 décembre 2004 portant identification et enrôlement
des électeurs en République Démocratique du Congo393 et de l’autre de la loi
n°06/006 du 09 mars 2006 portant organisation des élections présidentielles,
législatives, provinciales, urbaines, municipales et locales. Ces textes légaux
définissent certains faits, les qualifient d’infractionnels, en fixent et en détermi-
nent les sanctions. Par contre, la régularité et la sincérité de l’élection sont ga-
ranties par un contrôle juridictionnel exercé suivant le cas, par la cour suprême
de justice, les cours d’appel, les tribunaux de grande instance, les tribunaux de
paix, suivant une procédure gratuite et simplifiée. Il revient au juge de statuer
sur les contestations concernant la recevabilité des candidatures, les incompati-
bilités, la campagne électorale, le déroulement des opérations de vote, de dé-
pouillement et sur le recours mettant en cause le résultat de l’élection ; bref le
contentieux électoral.
Les dispositions pénales, elles, comprennent les infractions en matière de
préparation (identification et enrôlement des électeurs) des élections et les in-
fractions électorales proprement dites.
393
Journal officiel de la République Démocratique du Congo, 45ème année, numéro spécial,
Kinshasa, 27 décembre 2004.
248
L’observateur concerné est celui non mandaté par une organisation nationale
ou internationale, ou non agrée par la commission électorale indépendante et
non porteur de sa carte d’accréditation. La sanction est d’une servitude pénale
de 30 jours maximum et/ou une amende n’excédant pas 50.000 Francs Congo-
lais constants.
31) Pose des actes en vue de fausser les résultats du vote (art.89
al.2)
Voir Facilitation de la fraude au cours de déroulement des opérations
électorales, n° 199, 17).
I. Eléments constitutifs
395
Idem
396
Kisangani. , 25 septembre 1969, RJC 1969, 45éme année, p.304.
Catalogue des infractions 257
d)L’élément moral
L’intention frauduleuse n’est pas requise. La simple faute ou la négligence
est suffisante. A titre illustratif, l’erreur commise par le tireur du chèque dans la
tenue de son compte. L’inexistence de la provision ; la provision existe mais ne
permet pas de désintéresser totalement le créancier ; la provision existe et elle
est suffisante mais le payement ne peut s’effectuer à cause d’une saisie arrêt qui
a été pratiquée.
Le délai légal de présentation du chèque varie selon qu’il est émis et
payable en République Démocratique du Congo ou émis à l’étranger et payable
en République Démocratique du Congo. Dans le premier cas, le délai est de
soixante jours. Dans le second cas, le délai est de cent vingt jours. En dehors
de ce délai le bénéficiaire n’exigera plus la provision et conséquemment
l’infraction est inexistante.
Le chèque contient des énonciations obligatoires : la signature, la date, le
lieu de paiement, d’émission et la mention chèque. L’établissement d’un chèque
ne contenant pas ces énonciations est constitutif d’infraction. Un chèque post-
daté, antidaté ou non daté, doit avoir de la provision. Ne constitue pas, comme
dit ci-haut, un chèque, le titre ne comportant pas de date ; en conséquence
pareil titre non provisionné n’est pas constitutif de l’infraction. Il y a émission
de chèque à partir de sa mise en circulation.
II. Poursuites
397
L’ordonnance-loi n°68- 195 du 03 mai 1968 sur les chèques sans provision est une ex-
cuse atténuante en faveur du tireur de chèque qui aura désintéressé le porteur avant que le
258
I. Régime répressif
a)L’élément matériel.
L’élément matériel est fait de l’emploi abusif de tous les biens susceptibles
de protection légale. L’emploi est abusif lorsque l’utilisation ou la gestion du
bien s’effectue dans l’inobservance des normes techniques ou administratives
connues par les lois et règlements de chacun des biens visés. Les biens ou ob-
jets d’emploi abusif peuvent être des biens meubles ou des biens immeubles :
édifice, ouvrage, navire, aéronef, véhicule, approvisionnements, ornement,
matériel ou toute installation à l’usage des Forces Armées ou concourant à la
défense.
b)Les éléments intellectuels
tribunal ait été saisi. Dans ce cas, « la peine applicable ne dépassera pas le quart du maxi-
mum de la servitude pénale et de l’amende prévues… (art.3)
Catalogue des infractions 259
398
Les codes Larcier, République Démocratique du Congo, tome III, volume I, Droit com-
mercial, Larcier- Afrique Editions 2003, p. 10.
399
B.O. , 1912, p.526 et Les codes larcier, République Démocratique du Congo, tome II,
Droit pénal, Larcier- Afrique Editions 2003, p. 25.
260
I. Conditions préalables
Pour que cette infraction soit consommée il faut, outre les éléments
constitutifs proprement dits, l’existence d’un affrontement armé et la disponi-
bilité de prisonniers de guerre ou de personnes civiles. Les prisonniers de
guerre ainsi que les personnes civiles ne doivent jamais constituer des objectifs
militaires. Le droit international humanitaire protège spécialement les prison-
niers de guerre et les personnes civiles contre les atteintes portées à leur vie, à
leur santé, à leur bien-être physique et mental. Ils sont également protégés
contre les traitements cruels tels que la torture, les mutilations ou toutes formes
de peine corporelle, contre les punitions collectives. L’emploi de prisonniers de
guerre figure parmi les actes constitutifs de crimes de guerre tels que conçus
par l’article 173 du code pénal militaire.
Pour être établie à suffisance de droit, l’incrimination d’emploi des pri-
sonniers de guerre requiert l’acte prohibé et l’élément moral ou intellectuel.
a)L’acte prohibé
L’acte prohibé consiste à faire des prisonniers de guerre ou des per-
sonnes civiles des objectifs militaires.
Catalogue des infractions 261
b)L’élément moral
L’élément moral dans le chef de son auteur procède de l’intention de
l’agent d’adopter un comportement répréhensible et d’en rechercher les consé-
quences. Il procède aussi de la connaissance de la vulnérabilité des prisonniers
de guerre, des personnes civiles concernées et de leur utilisation à des fins in-
humaines indépendamment des effets.
III. Répression
L’agent reconnu coupable de l’emploi de prisonniers de guerre ou de per-
sonnes civiles à des fins de protection contre l’ennemi peut encourir la peine de
servitude pénale principale de quinze à vingt ans. Il peut encourir également la
peine capitale.
206. Empoisonnement
I. Eléments constitutifs
a) L’élément légal
L’élément légal se trouve repris à l’article 49 du code pénal livre II.
L’empoisonnement constitue une infraction très actuelle pouvant connaître des
formes modernes très difficiles à identifier(les maladies, les traitements, les
irradiations).
b) L’élément matériel
L’élément matériel se définit par l’emploi ou l’administration des subs-
tances de nature à entraîner la mort. Par « emploi ou administration », il faut
400
Jean LESUEUR. , op.cit., p.20
262
entendre notamment le fait de faire absorber, faire manger, injecter, faire con-
sommer ou faire boire des substances mortelles401. Attentat à la vie d’autrui,
l’empoisonnement est constitué par le fait de remettre à la victime, pour qu’elle
absorbe, des médicaments dont on sait que l’association peut provoquer la
mort (Crim., 1993)402 .
Avant la création d’une infraction spécifique et sous réserve de
l’élément tenant à l’intention coupable, le fait d’avoir des relations sexuelles
alors que l’on se savait porteur du virus du sida constituait l’infraction
d’empoisonnement ; la jurisprudence française en son dernier état préfère la
qualification d’administration de substances nuisibles403 . Sous cette même ré-
serve de l’intention coupable, se pose le problème de la transfusion de sang
contaminé, ou de l’administration d’hormones de croissance.
Il y a empoisonnement chaque fois qu’il y a réunion des faits ci-dessous :
1. Administration à une autre personne d’une substance mortelle. Il faut ex-
clure l’administration d’un poison à soi-même qui est une modalité du sui-
cide, non punissable en droit congolais.
2. Une substance mortelle. Il doit s’agir d’une substance reconnue comme
poison et capable de donner la mort : substance toxique ou vénéneuse, des
bacilles ou des virus.
Il faut recourir à l’expert pour la déterminer, à moins que la substance ne
soit reconnue telle dans le lieu de l’infraction. Le juge devra acquitter le préve-
nu s’il y a impossibilité matérielle de prouver le caractère toxique de la subs-
tance prétendue administrée pour donner la mort404 .
a) Le poison employé peut tuer à petit feu, lentement, ou bien rapidement. La
quantité employée peut être insuffisante ; l’infraction existe s’il s’agit d’une
substance capable de provoquer la mort.
b) Il suffit que le poison soit mis à la disposition de la victime. Si pour une
raison indépendante de la volonté de l’auteur, la victime n’absorbe pas le
poison, l’agent sera tout de même puni au même titre que l’infraction con-
sommée (tentative punissable). En cas d’administration d’un poison