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c Christophe Bertault - MPSI

Comparaison des fonctions


Dans tout ce chapitre, I, J . . . sont des intervalles de R. Nous allons adapter au cas des fonctions les notions étudiées dans
le chapitre « Comparaison des suites ».

1 Négligeabilité

1.1 Définition

Définition (Négligeabilité)
• Soient f : I −→ R et g : I −→ R deux applications et a ∈ I. ¯ On dit que f est négligeable devant g au voisinage de a
s’il existe une fonction ε : I −→ R de limite nulle en a et un voisinage Va de a tels que f (x) = ε(x)g(x) pour tout x ∈ Va ∩ I.
Cette relation se note f = o(g) et se lit « f est un petit o de g au voisinage de a », ou bien f (x) = o g(x) et « f (x)
a x→a
est un petit o de g(x) au voisinage de a ».
• Cette définition
 se généralise au cas où f et g ne sont pas définies en a : il suffit dans ce cas de remplacer tous les « I »
par des « I r a ».
f (x)
• Dire que f = o(g) revient à dire que lim = 0 lorsque g ne s’annule pas au voisinage de a (sauf éventuellement en
a x→a g(x)
a, et lorsque dans ce cas également f (a) = 0).

   En pratique Dans les exercices, on travaillera presque toujours avec des fonctions qui ne s’annulent pas au
f (x)
voisinage de a, sauf éventuellement en a. C’est donc la définition particulière « lim = 0 » que nous utiliserons.
x→a g(x)

Exemple Vous noterez bien qu’avec les puissances, les comparaisons au voisinage de 0 et au voisinage de ∞ sont inversées.
x2 x4
• On a x2 = o(x4 ) car lim 4 = 0. Par contre x4 = o(x2 ) car lim 2 = 0.
x→∞ x→∞ x x→0 x→0 x

  1   1
1 1 x 2 1 1 1 x
• On a 2 = o car = −→ 0. Par contre = o car = x −→ 0.
x x→∞ x 1 x x→∞ x x→0 x2 1 x→0
x x2

$ $ $ Attention ! f = o(0) ⇐⇒ f est nulle au voisinage de a.


a
Or on ne travaille jamais avec la fonction nulle — quel intérêt ? C’est pourquoi vous ne rencontrerez certainement jamais
l’expression « f = o(0) » en mathématiques. Banissez-la de vos copies !
a

1.2 Opérations sur les petits o

Théorème (Opérations sur la négligeabilité) Soient f, g, h, fe, e


g des applications de I dans R, a ∈ I¯ et λ ∈ R.
(i) La multiplication par un réel non nul ne compte pas :
si f = o(g) et si λ 6= 0, alors f = o(λg) et λf = o(g).
a a a

(ii) La somme de deux fonctions négligeables devant une même fonction est négligeable :

si f = o(g) et si fe = o(g), alors f + fe = o(g).


a a a

(iii) La relation « être négligeable » est transitive : si f = o(g) et si g = o(h), alors f = o(h).
a a a
(
si f = o(g) et si fe = o(e
g ), alors f fe = o(g e
g ).
(iv) Avec le produit, tout va bien : a a a
si f = o(g), alors f h = o(gh).
a a

(v) La composition à droite est autorisée : si b ∈ R̄ et si ϕ est une fonction définie au voisinage de b à valeurs dans I
telle que lim ϕ = a, alors la relation f = o(g) implique la relation f ◦ ϕ = o(g ◦ ϕ).
b a b

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$ $ $ Attention ! Avec les petits o deux opérations sont formellement interdites.


1) Somme des deux côtés : si f = o(g) et si fe = o(e
g ), on n’a pas forcément f + fe = o(g + e
g ).
a a a
Par exemple, on a x − 1 = o(x2 ) et 1 = o(1 − x2 ), mais pourtant x = o(1).
x→∞ x→∞ x→∞

2) Composition à gauche : si f = o(g), on n’a pas forcément ϕ ◦ f = o(ϕ ◦ g).


a a  
1 1 1
Par exemple, on a x = o(x2 ), mais pourtant, si on compose à gauche par x 7−→ , = o .
x→∞ x x x→∞ x2

Démonstration
(i) Montrons que f = o(λg). Par hypothèse, il existe une fonction ε : I −→ R de limite nulle en a et un
a
ε(x) 
voisinage Va de a tels que f (x) = ε(x)g(x) pour tout x ∈ Va ∩ I. Alors f (x) = λg(x) pour tout
λ
ε
x ∈ Va ∩ I et lim = 0. D’où le résultat.
a λ

Montrons que λf = o(g). Reprenons les notations précédentes. On a λf (x) = λε(x) g(x) pour tout x ∈ Va ∩I
a
et lim λε = 0. D’où le résultat.
a

(ii) Par hypothèse, il existe une fonction ε : I −→ R de limite nulle en a et un voisinage Va de a tels que
f (x) = ε(x)g(x) pour tout x ∈ Va ∩ I, ainsi qu’une fonction εe : I −→ R de limite nulle en a et un voisinage
Vea de a tels que fe(x) = εe(x)g(x) pour tout x ∈ V
ea ∩ I.
 
e e
Posons Va = Va ∩ Va . Alors f (x) + f (x) = ε(x) + εe(x) g(x) pour tout x ∈ Va0 ∩ I et de plus lim ε + εe = 0.
0
a
D’où le résultat.

(iii) Par hypothèse, il existe une fonction ε : I −→ R de limite nulle en a et un voisinage Va de a tels que
f (x) = ε(x)g(x) pour tout x ∈ Va ∩ I, ainsi qu’une fonction εe : I −→ R de limite nulle en a et un voisinage
Vea de a tels que g(x) = εe(x)h(x) pour tout x ∈ V
e ∩ I.
 a 
e
Posons Va = Va ∩ Va . Alors f (x) = ε(x)εe(x) h(x) pour tout x ∈ Va0 ∩ I et de plus lim ε + εe = 0. D’où le
0
a
résultat.

(iv) et (v) Débrouillez-vous. 

   En pratique
• Souvent, quand a ∈ R, l’assertion (v) est utilisée pour faire des translations ϕ : x 7−→ x−a. C’est comme quand on passe de
la limite « lim f (x) = ` » à la limite « lim f (a+h) = ` ». Par exemple, les relations x2 = o(x4 ) et (x−1)2 = o (x−1)4
x→a h→0 x→0 x→1
disent en substance la même chose.
Cette technique nous permet de transformer toute relation de négligeabilité a voisinage de a ∈ R en une relation de
négligeabilité au voisinage de 0.
• On peut aussi vouloir transformer une relation de négligeabilité au voisinage de ∞ en une relation de négligeabilité au
1
voisinage de 0. Pour cela on travaillera le plus souvent avec la fonction ϕ : x 7−→ .
x

Nous avons jusqu’ici introduit la notation petit o sous sa forme la plus élémentaire (mise en relation de deux fonctions).
Cette notation existe en réalité sous des formes assez diverses en mathématiques. Par exemple, vous rencontrerez souvent des
expressions du genre « f = g + o(h) ». En l’occurrence, cette expression signifie simplement que f − g = o(h).
a a

   En pratique Comme avec les suites, vous devez vous habituer à « nettoyer » les formules que vous écrivez avec
x2
des petits o. Ainsi, au lieu d’écrire ln(1 + x) = x − + o(x), vous écrirez ln(1 + x) = x + o(x) car la précision o(x) ne fait
x→0 2 x→0
2
x
qu’une bouchée du − . Autre exemple : la relation ln(1 + x) = x + 5x2 − 8x7 + o(x) est tout aussi juste que les précédentes,
2 x→0
mais elle est inutilement compliquée.

Théorème (Limites et petits o) Soient f : I −→ R une application, a ∈ I¯ et ` ∈ R. Alors : lim f = ` ⇐⇒ f = `+o(1).


a a
En particulier : lim f = 0 ⇐⇒ f = o(1).
a a

   En pratique Il est très important d’avoir en tête le fait qu’un o(1) au voisinage de a n’est rien d’autre qu’une
fonction de limite nulle au voisinage de a.

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Démonstration
f −`
lim f = ` ⇐⇒ lim (f − `) = 0 ⇐⇒ lim =0 ⇐⇒ f − ` = o(1) ⇐⇒ f = ` + o(1). 
a a a 1 a a

1.3 Exemples fondamentaux

Théorème (Exemples fondamentaux de petits o au voisinage de ∞)

(i) Soient α, β ∈ R tels que α < β. Alors xα = o(xβ ). (ii) Soient a, b ∈ R tels que 0 < a < b. Alors ax = o(bx ).
x→∞ x→∞


(iii) Soient α, β ∈ R avec α > 0. Alors ln x = o(xα ). (iv) Soient a, α ∈ R avec a > 1. Alors xα = o(ax ).
x→∞ x→∞

   Explication Ce théorème explique, dans la langue des petits o, que les exponentielles sont plus infinies que les
puissances, qui le sont elles-mêmes plus que les puissances de logarithmes, tout ceci au voisinage de ∞.

Démonstration

(i) Puisque α < β, alors α−β < 0, donc lim xα−β = 0 (résultat sur les fonctions puissances), i.e. lim = 0,
x→∞ x→∞ xβ
i.e. enfin xα = o(xβ ).
x→∞
a a
 a x
(ii) Puisque 0 < a < b, alors b 6= 0 et ln < 1, donc lim ex ln b = 0, i.e. lim = 0, et donc ax = o(bx ).
b x→∞ x→∞ b x→∞

(iii) et (iv) Au travail ! 

Théorème (Exemples fondamentaux de petits o au voisinage de 0)


 
Soient α, β ∈ R avec α > 0. Alors xα = o ln x .
β
(i) Soient α, β ∈ R tels que α < β. Alors xβ = o(xα ). (ii)
x→0 x→0

$ $ $ Attention ! L’assertion (i) ressemble à s’y méprendre à celle qu’on vient de voir au voisinage de ∞, à ceci près
justement qu’ils sont écrits au voisinage de 0. Malheur à ceux qui les confondront ! Pour retenir les relations entre les puissances
xα et xβ , il suffit d’avoir en tête la position relative des deux fonctions asociées ; si α < β, nous savons que le graphe de x 7−→ xα
est sous le graphe de x 7−→ xβ sur ]1, ∞[, et que l’inverse est vrai sur ]0, 1[.

2 Equivalence

2.1 Définition

Définition (Equivalence)
• Soient f : I −→ R et g : I −→ R deux applications et a ∈ I. ¯ On dit que f est équivalente à g au voisinage de a s’il
existe une fonction η : I −→ R de limite 1 en a et un voisinage Va de a tels que f (x) = η(x)g(x) pour tout x ∈ Va ∩ I. Cette
relation se note f ∼ g ou f (x) ∼ g(x).
a x→a

• Cette définition
 se généralise au cas où f et g ne sont pas définies en a : il suffit dans ce cas de remplacer tous les « I »
par des « I r a ».
f (x)
• Dire que f ∼ g revient à dire que lim = 1 lorsque g ne s’annule pas au voisinage de a (sauf éventuellement en a,
a x→a g(x)
et lorsque dans ce cas également f (a) = 0).

   En pratique Dans les exercices, on travaillera presque toujours avec des fonctions qui ne s’annulent pas au
f (x)
voisinage de a. C’est donc la définition particulière « lim = 1 » que nous utiliserons.
x→a g(x)

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x2 + x + 5 1 1 1 + 2 1
Exemple 2
x + x + 5 ∼ x car lim 2
= 1. + 2 ∼ car x x =1+ −→ 1.
x→∞ x→∞ x2 x x x→∞ x 1 x x→∞
x

$ $ $ Attention ! f ∼0 ⇐⇒ f est nulle au voisinage de a.


a
Or on ne travaille jamais avec la fonction nulle — quel intérêt ? C’est pourquoi vous ne rencontrerez certainement jamais
l’expression « f ∼ 0 » en mathématiques. Banissez-la de vos copies !
a

Théorème ¯
Soient f : I −→ R et g : I −→ R deux applications et a ∈ I. f ∼g ⇐⇒ f = g + o(g).
a a

Démonstration Par définition, dire que f ∼ g, c’est dire qu’il existe une fonction η : I −→ R de limite 1 en a
a
et un voisinage Va de a tels que f (x) = η(x)g(x) pour tout x ∈ Va ∩ I. C’est donc
 dire qu’il existe une fonction
ε : I −→ R de limite nulle en a et un voisinage Va de a tels que f (x) = 1 + ε(x) g(x), i.e. f (x) − g(x) = ε(x)g(x).
C’est, enfin, exactement dire que f − g = o(g). 
a

f (x) 
$ $ $ Attention ! Les propositions « lim= 1 » et « lim f (x) − g(x) = 0 » ne sont en aucun cas équivalentes ;
g(x) x→a x→a
c’est même pire : aucune de ces deux propositions n’implique l’autre. Le théorème précédent nous explique pourquoi : dire que
lim f (x) − g(x) = 0, c’est dire que f − g = o(1), et non pas f − g = o(g).
x→a a a  
1 1 1 1
Par exemple x + 1 ∼ x, mais pourtant (x + 1) − x −→ 0 ; inversement lim − 2 = 0, mais pourtant ∼ .
x→∞ x→∞ x→∞ x x x x→∞ x2

2.2 Opérations sur les équivalents

Théorème (Opérations sur les équivalents) Soient f, g, h, fe, ge des applications de I dans R et a ∈ I.
¯

(i) La relation « être équivalentes » est réflexive : f ∼ f.


a

(ii) La relation « être équivalentes » est symétrique : si f ∼ g, alors g ∼ f .


a a

(iii) La relation « être équivalentes » est transitive : si f ∼ g et si g ∼ h, alors f ∼ h.


a a a

(iv) Dans les petits o, on peut remplacer toute fonction par une fonction équivalente :

si f = o(g) et si fe ∼ f et ge ∼ g, alors fe = o(e


g ).
a a a a

(v) Deux fonctions équivalentes ont le même signe sur un voisinage :

si f ∼ g et si f > 0 au voisinage de a, alors g > 0 au voisinage de a.


a

(vi) Avec le produit, tout va bien : si f ∼ fe et si g ∼ e


g , alors f g ∼ fege.
a a a

1 1
(vii) Avec l’inverse, tout va bien : si f ∼ g et si f ne s’annule pas au voisinage de a, alors ∼ .
a f a g
(viii) Avec les puissances, tout va bien :

si f ∼ g et si f > 0 au voisinage de a, alors f α ∼ g α pour tout α ∈ R.


a a

(ix) La composition à droite est autorisée : si b ∈ R̄ et si ϕ est une fonction définie au voisinage de b à valeurs dans I
telle que lim ϕ = a, alors la relation f ∼ g implique la relation f ◦ ϕ ∼ g ◦ ϕ.
b a b

$ $ $ Attention ! Avec les équivalents deux opérations sont formellement interdites.


1) Somme : si f ∼ g et si fe ∼ ge, on n’a pas forcément f + fe ∼ g + ge.
a a a
Par exemple, x + 1 ∼ x et 3 − x ∼ −x + 1, mais 4 ∼ 1.
x→∞ x→∞ x→∞

2) Composition à gauche : si f ∼ g, on n’a pas forcément ϕ ◦ f = ϕ ◦ g.


a a
Par exemple, x ∼ x + ln x, mais si on compose à gauche par x 7−→ ex , ex ∼ xex .
x→∞ x→∞

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Démonstration Démontrons ici seulement (ii) et (iii). Vous ferez les autres démonstrations seuls, elles ne sont
pas difficiles.
(ii) Par hypothèse, il existe une fonction η : I −→ R de limite 1 en a et un voisinage Va de a tels que
f (x) = η(a)g(x) pour tout x ∈ Va ∩ I. Quitte à rétrécir Va , nous pouvons supposer η strictement positive
1 1
sur Va ∩ I. Alors g(x) = f (x) pour tout x ∈ Va ∩ I et lim = 1. D’où le résultat.
η(x) a η

(iii) Par hypothèse, il existe une fonction η : I −→ R de limite 1 en a et un voisinage Va de a tels que
ea de a
f (x) = η(a)g(x) pour tout x ∈ Va ∩ I, ainsi qu’une fonction ηe : I −→ R de limite 1 et un voisinage V
e
tels que g(x) = ηe(x)h(x) pour tout x ∈ Va ∩ I.

Posons Va0 = Va ∩ V ea . Alors f (x) = η(x)η
e(x) h(x) pour tout x ∈ Va0 ∩ I et de plus lim η ηe = 1. D’où le
a
résultat. 

Théorème ¯
(Limites et équivalents) Soient f : I −→ R et g : I −→ R deux applications et a ∈ I.
(i) Si f ∼ g, alors soit f et g ont toutes les deux une limite en a et lim f = lim g, soit aucune de ces deux applications
a a a
ne possède de limite en a.
(ii) Si lim f = ` où ` est un réel non nul, alors f ∼ `.
a a

$ $ $ Attention ! La réciproque de l’assertion (i) est fausse : on peut avoir lim f = lim g sans avoir f ∼ g. Ne pas
a a a
comprendre ceci, c’est ne rien comprendre à ce chapitre, car justement les équivalents permettent de distinguer des fonctions qui
pourtant ont la même limite.
1 1 1 1
Par exemple, lim ex = lim x = ∞ mais ex ∼ x ; de même lim = lim 2 = 0 mais ∼ .
x→∞ x→∞ x→∞ x→∞ x x→∞ x x x→∞ x2

Démonstration
(i) Par hypothèse, il existe une fonction η : I −→ R de limite 1 et un voisinage Va de a tels que f (x) = η(x)g(x)
pour tout x ∈ Va ∩ I. Du coup, si f possède une limite en a, alors g en possède une aussi et ces limites sont
égales ; et si f ne possède pas de limite en a, alors g ne peut pas en posséder non plus.

f
(ii) Si lim f = ` ∈ R× , alors comme ` 6= 0, lim = 1, et donc on a bien f ∼ `. 
a a ` a

2.3 Exemples fondamentaux

Théorème (Exemples fondamentaux d’équivalents) Soit α ∈ R.

1) Logarithme, exponentielle, puissances :

ln(1 + x) ∼ x, i.e. ln(1 + x) = x + o(x).


x→0 x→0

ex − 1 ∼ x, i.e. ex = 1 + x + o(x).
x→0 x→0

(1 + x)α − 1 ∼ αx, i.e. (1 + x)α = 1 + αx + o(x).


x→0 x→0

2) Fonctions trigonométriques circulaires :

sin x ∼ x, i.e. sin x = x + o(x).


x→0 x→0

x2 x2
cos x ∼ 1, i.e. cos x = 1 + o(1) et cos x − 1 ∼ − , i.e. cos x = 1 − + o(x2 ).
x→0 x→0 x→0 2 x→0 2

tan x ∼ x, i.e. tan x = x + o(x).


x→0 x→0

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3) Fonctions trigonométriques circulaires inverses :

Arcsin x ∼ x, i.e. Arcsin x = x + o(x).


x→0 x→0

π π π π
Arccos x ∼ , i.e. Arccos x = + o(1) et Arccos x − ∼ −x, i.e. Arccos x = − x + o(x).
x→0 2 x→0 2 2 x→0 x→0 2

Arctan x ∼ x, i.e. Arctan x = x + o(x).


x→0 x→0

4) Fonctions trigonométriques hyperboliques :

sh x ∼ x, i.e. sh x = x + o(x).
x→0 x→0

x2 x2
ch x ∼ 1, i.e. ch x = 1 + o(1) et ch x − 1 ∼ , i.e. ch x = 1 + + o(x2 ).
x→0 x→0 x→0 2 x→0 2

th x ∼ x, i.e. th x = x + o(x).
x→0 x→0

$ $ $ Attention ! Ne mélangez jamais les petits o et les équivalents ! Par exemple, (1 + x)α ∼ 1 + αx + o(x) est
x→0
α
une erreur classique. Soucieux de l’éviter, certains d’entre vous écriront du coup (1 + x) ∼ 1 + αx. Là, c’est correct mais
x→0
idiot, car 1 + αx ∼ 1. En d’autres termes, écrire (1 + x)α ∼ 1 + αx revient à écrire (1 + x)α ∼ 1. On a donc écrit
x→0 x→0 x→0
(1 + x)α = 1 + o(1) (précision o(1)) alors qu’on voulait écrire (1 + x)α = 1 + αx + o(x) (précision o(x) bien meilleure).
x→0 x→0

Bref : apprenez bien et distinguez bien les formules du théorème précédent, autant leur version « équivalents » que leur version
« petits o ».

Démonstration
• Sauf cas particulier, la technique générale est la suivante. On part d’une fonction f définie au voisinage de
0 et dérivable en 0 — ici x 7−→ ln(1 + x), x 7−→ ex , x 7−→ (1 + x)α , sin, cos, tan, Arcsin, Arccos, Arctan, sh,
f (x) − f (0)
ch ou th. Par définition du nombre dérivé, on sait qu’on a lim = f 0 (0), ce qui s’écrit aussi
x→0 x−0
f (x) = f (0) + f 0 (0)x + o(x). Cette formule est notre résultat.
x→0

• Pour cos et ch, une formule « à l’ordre 2 » est énoncée, i.e. dont la précision n’est pas seulement en o(x),
mais carrément en o(x2 ), ce qui est plus fin.

Pour cos, il faut se souvenir que : ∀t ∈ R, cos(2t) = 1 − 2 sin2 t.


 2 
x x x2 x x2
Pour t = , cela donne : cos x = 1 − 2 sin2 = 1−2 +o = 1− + o(x2 ).
2 2 x→0 4 4 x→0 2
x x x
En effet, on a sin ∼ car lim = 0 via le point précédent relatif au sinus. Passant au carré on obtient :
2 x→0 2 x→0 2  2
x x2 x x2 x
sin2 ∼ , i.e. sin2 = +o comme annoncé.
2 x→0 4 2 x→0 4 4

On raisonne de la même façon avec ch, après avoir montré la formule : ∀t ∈ R, ch (2t) = 1 + 2sh2 t. 

1 1
   En pratique Pour α = −1 et α = dans le théorème précédent, on obtient les formules : = 1 − x + o(x)
√ 2 1 + x x→0
x
et 1 + x = 1 + + o(x). Il est utile de connaître bien ces deux cas particuliers.
x→0 2

√ ln x
Exemple x2 + ln x − x ∼ .
x→∞ 2x
r !
√ ln x
En effet On remarque que : ∀x ∈ ]1, ∞[, x2 + ln x − x = x 1+ 2 −1 .
x
r
ln x ln x ln x
Or déjà, puisque lim = 0, on peut effectuer une composition à droite : 1+ −1 ∼ .
x→∞ x2 x2 x→∞ 2x2
r !
√ ln x ln x ln x
On conclut en multipliant par x : x2 + ln x − x = x 1+ 2 −1 ∼ x× ∼ .
x x→∞ 2x2 x→∞ 2x

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Exemple etan x − cos x ∼ x.


x→0

En effet Puisqu’il est interdit d’additionner les équivalents, nous allons devoir travailler avec des petits o. Nous
allons montrer que etan x − cos x = x + o(x). La précision voulue est un o(x).
x→0

Puisque lim tan x = 0, alors etan x − 1 ∼ tan x ∼ x, et donc etan x − 1 = x + o(x).


x→0 x→0 x→0 x→0

x2
Et le cosinus alors ? Nous avons deux formules pour lui : + o(x2 ).
cos x = 1 + o(1) et cos x = 1 −
x→0 x→0 2
Laquelle utiliser ? Nous ne pouvons pas utiliser la première, car sa précision n’est qu’un o(1) très grossier, alors
que nous recherchons un o(x). Voyons donc ce que nous donne la deuxième :
 
tan x tan x
  x2 
e −cos x = e −1 − cos x−1 = x+o(x) − − + o(x2 ) = x+o(x) car le o(x) mange le o(x2 ).
x→0 2

Les concepts développés dans ce chapitre sont très utiles pour calculer des limites.
1 1
!x
ax + bx √
Exemple Soient a, b ∈ R×
+. lim = ab.
x→∞ 2
 
1 ln a ln a 1 1
En effet Tout d’abord : ax = e x = 1+ +o . Même chose pour b x .
x→∞ x x
   
1 1 ln a ln b ln(ab) 1 1
Ensuite : a + b x x = 2+ + +o
= 2+ +o .
x→∞ x x x→∞ x x x
1 1   √  
ax + bx ln(ab) 1 ln ab 1
On divise par 2 : = 1+ +o = 1+ +o ,
2 x→∞ 2x x x→∞ x x
1 1
" √  # √  
ax + bx ln ab 1 ln ab 1
puis on compose par la fonction logarithme : ln = ln 1 + +o = +o ,
2 x→∞ x x x→∞ x x
1 1 1 1
ax + bx √ ax + bx √
et enfin on multiplie par x : = ln ab+o(1). Bref :
x ln lim x ln = ln ab. Finalement,
2 x→∞ x→∞ 2
composons cette limite à gauche par la fonction exponentielle — avec les limites, on peut composer à gauche —
on obtient le résultat annoncé.

3 Domination
La notion de domination introduite ci-après est très utile en mathématiques, mais il faut bien avouer que vous l’utiliserez
moins que les notions de négligeabilité et d’équivalence en MPSI. En deuxième année, elle vous rendra de précieux services quand
vous étudierez la notion de série.

3.1 Définition

Définition (Domination)
• Soient f : I −→ R et g : I −→ R deux applications ¯
et a ∈ I. On dit que f est dominée par g au voisinage de a s’il
existe K ∈ R+ et un voisinage Va de a tels que f (x) 6 K g(x) pour tout x ∈ Va ∩ I. 
Cette relation se note f = O(g) et se lit « f est un grand O de g au voisinage de a », ou bien f (x) = O g(x) et
a x→a
« f (x) est un grand O de g(x) au voisinage de a ».
• Cette définition
 se généralise au cas où f et g ne sont pas définies en a : il suffit dans ce cas de remplacer tous les « I »
par des « I r a ».
f
• Dire que f = O(g) revient à dire que la fonction est bornée lorsque g ne s’annule pas au voisinage de a (sauf
a g
éventuellement en a, et lorsque dans ce cas également f (a) = 0).

Exemple f = O(0) ⇐⇒ f est nulle au voisinage de a.


a
Or on ne travaille jamais avec la fonction nulle — quel intérêt ? C’est pourquoi vous ne rencontrerez certainement jamais
l’expression « f = O(0) » en mathématiques. Banissez-la de vos copies !
a

7
c Christophe Bertault - MPSI

Le résultat suivant est un cas particulier de la définition de la domination, très important.

Théorème ¯ Alors :
(Fonction bornée et O(1)) Soient f : I −→ R une application et a ∈ I.
f = O(1) ⇐⇒ f est bornée au voisinage de a.
a

3.2 Opérations sur les grands O

Théorème (Opérations sur la domination) Soient f, g, h, fe, e


g des applications de I dans R, a ∈ I¯ et λ ∈ R.
(i) La négligeabilité (resp. l’équivalence) implique la domination : si f = o(g) (resp. f ∼ g), alors f = O(g).
a a a

(ii) La multiplication par un réel non nul ne compte pas : si f = O(g) et si λ 6= 0, alors f = O(λg) et λf = O(g).
a a a

(iii) La somme de deux fonctions dominées par une même fonction est dominée :

si f = O(g) et si fe = O(g), alors f + fe = O(g).


a a a

(iv) La relation « être dominée » est transitive : si f = O(g) et si g = O(h), alors f = O(h).
a a a
(
si f = O(g) et si fe = O(e
g ), alors f fe = O(g e
g ).
(v) Avec le produit, tout va bien : a a a
si f = O(g), alors f h = O(gh).
a a

(vi) La composition à droite est autorisée : si b ∈ R̄ et si ϕ est une fonction définie au voisinage de b à valeurs dans I
telle que lim ϕ = a, alors la relation f = O(g) implique la relation f ◦ ϕ = O(g ◦ ϕ).
b a b

Démonstration Débrouillez-vous. 

$ $ $ Attention ! Avec les grands O deux opérations sont formellement interdites.


1) Somme des deux côtés : si f = O(g) et si fe = O(e
g ), on n’a pas forcément f + fe = O(g + ge).
a a a
Par exemple, on a x − 1 = O(x2 ) et 1 = O(1 − x2 ), mais pourtant x = O(1).
x→∞ x→∞ x→∞

2) Composition à gauche : si f = O(g), on n’a pas forcément ϕ ◦ f = O(ϕ ◦ g).


a a  
2 1 1 1
Par exemple, on a x = O(x ), mais pourtant, si on compose à gauche par x 7−→ , = O .
x→∞ x x x→∞ x2

$ $ $ Attention ! La domination n’implique ni la négligeabilité, ni l’équivalence. C’est le contraire qui est vrai. Par
exemple, 2x2 = O(x2 ), mais 2x2 = o(x2 ) et 2x2 ∼ x2 .
x→0 x→0 x→0