Vous êtes sur la page 1sur 3

GREVISSE Cahier d’exercices 3e

BREVET Sujet 1 p. 34-35

Travail sur le texte littéraire et sur l’image

Compréhension et compétences d’interprétation


1. a. Ce texte appartient au genre autobiographique. Simone Veil raconte son arrestation et celle de
sa famille par la Gestapo. Les indices à relever sont :
– le titre de l’œuvre, ouvertement autobiographique, Une Vie
– la présence d’indices de la 1re personne : nous ; je ; j’ ; mon ; ma...
– les éléments liés au souvenir : le 29 mars ; Maman ; mon frère Jean ; ma sœur Milou
b. Le jour précis de l’arrestation de Simone Veil et de sa famille est le 30 mars 1944. S’appuyer sur
ces éléments du texte :
– le paratexte : lorsqu’elle est arrêtée en 1944
– J’ai donc passé mes épreuves le 29 mars
– Le lendemain, j’avais rendez-vous avec des amies

2. a. Le verbe « prévenir » signifie « prendre les devants pour tenter d’éviter un malheur, avertir ». Il
est composé du préfixe pré- (« indique que l’action s’est passée avant ») et du verbe venir.
b. parvenir – provenir – intervenir – revenir – advenir…

3. a. Les épreuves du bac ont été avancées du mois de juin à la fin mars parce que l’action se passe
pendant la Seconde Guerre mondiale. La ville de Nice voulait que l’année scolaire se termine le plus
tôt possible pour ne pas mettre en danger les lycéens craignant un « débarquement allié et des
troubles qui en découleraient ».
Il a même été envisagé « l’évacuation de la ville » de Nice.
Pour les questions 3. b. et 4, indiquer aux élèves de se reporter à la fiche ressource 3.
b. La narratrice subit un contrôle d’identité parce qu’elle est juive : lors de la Seconde Guerre
mondiale, les Juifs étaient arrêtés, persécutés et déportés par les Allemands nazis. On comprend que
Simone Veil a été dénoncée par un voisin (« certains n’avaient eu aucun scrupule à se mettre au
service des Allemands »). La carte d’identité qu’elle présente est fausse (« Votre carte d’identité, on
en a autant que vous voulez »). Avec cette arrestation, c’est toute la vie de l’auteure qui bascule. Sa
famille sera arrêtée en même temps qu’elle et sera déportée dans les camps de concentration.

4. a. L’auteure utilise l’image « une nasse se refermait sur nous » parce qu’elle a le sentiment qu’un
piège se refermait sur sa famille et elle. En effet, un terrible concours de circonstances fait que sa
mère et son frère reviennent en même temps dans l’immeuble où habitent également Simone et sa
sœur, Milou. Les élèves peuvent se reporter à la leçon 66 p. 109 : le sens figuré repose sur une image,
issue du sens propre, plus concret.
Arrêtée la première, Simone Veil a le sentiment d’être un appât. Toute la famille va se faire
« cueillir » sans le moindre effort. Ils ont tous convergé vers cet immeuble. Comme dans une nasse
de pêcheur, ils ont pu entrer et ne ressortiront pas libres.
Faire remarquer que « La nasse » est le titre du chapitre d’Une Vie duquel est extrait ce texte.
b. L’auteure parle d’un « tragique concours de circonstances » à propos de son arrestation et de celle
de sa famille car tous étaient « convaincus que leurs cartes d’identité les protégeaient ». Elle pensait
pouvoir faire prévenir sa mère et son frère, mais le hasard a fait qu’ils se retrouvent tous dans
l’immeuble alors que les Allemands étaient là. Maintenant, personne ne peut les aider. Simone Veil
et sa famille seront déportées.
L’expression synonyme à relever est « un tour dramatique » (l. 52).
Faire remarquer la proximité des termes « tragique » et « dramatique » empruntés tous les deux au
théâtre.
GREVISSE Cahier d’exercices 3e

5. La photographie en noir et blanc a été prise deux ans avant les faits racontés par Simone Veil. Elle
montre des prisonniers du camp de Drancy en région parisienne. Simone Veil, comme la plupart des
Juifs français (la petite fille au premier plan porte l’étoile jaune), y a été internée après son
arrestation à Nice avant d’être déportée dans le camp de concentration et d’extermination
d’Auschwitz.
La plupart des enfants représentés sont plus jeunes que Simone qui passe son baccalauréat à 16 ans.
Ils sont souriants, heureux car ils vont partager ou distribuer le pain que deux femmes portent. Ils
semblent aussi insouciants que les membres de la famille Veil « convaincus que leurs cartes
d’identité les protégeaient. » (l. 47-48).
Pourtant, la composition de l’image suggère « une nasse qui se refermait sur nous » (l. 50-51) par le
réseau de lignes verticales des bâtiments, des jambes, et horizontales des pains et bâtiments. Le
spectateur ressent l’ironie tragique du document, car, derrière les sourires, il sait que l’existence des
personnages « prenaient alors un tour dramatique » (l. 52-53).

Grammaire et compétences linguistiques


6. Le participe passé « restée » s’accorde avec le sujet car il est employé avec l’auxiliaire être.
L’accord est au féminin singulier car le pronom personnel sujet « je » renvoie à la narratrice-auteure,
Simone Veil.

7. a. Le verbe en gras est au plus-que-parfait de la forme passive.


b. Le groupe souligné « par la Gestapo » est le complément d’agent du verbe « avait été suivi ».
À la forme passive, le verbe est toujours conjugué avec l’auxiliaire être (cf. leçons 14 et 24).

8. a. Cette phrase emprunte aux caractéristiques du discours direct (paroles retranscrites comme
elles ont été prononcées – ici, on remarque la ponctuation forte et le registre familier « raflé ») et
aux caractéristiques du discours indirect (ici, absence de verbe introducteur de parole, absence de
guillemets). Il s’agit d’une phrase au discours indirect libre.
b. D’autres formes de discours rapporté peuvent être trouvées dans le texte :
– un exemple de discours direct : « Votre carte d’identité, on en a autant que vous voulez. » (l. 22-23)
– un exemple de discours narrativisé : « Nous avions été prévenus, dès les premières semaines de
l’année scolaire, que les épreuves du bac se dérouleraient non pas en juin, selon le calendrier
habituel, mais dès la fin mars, et ne comporteraient que des épreuves écrites. » (l. 1-5)

9. Elle s’est alors dit que toute la famille avait les mêmes cartes qu’elle et qu’il fallait les prévenir.

Dictée
Dans le wagon où nous nous trouvions toutes les trois, tout le monde se poussait pour gagner un peu
de place. Il fallait se relayer pour s’asseoir ou s’allonger un peu. Il n’y avait pas de soldats au-dessus
des wagons. La surveillance du convoi était seulement assurée par des SS dans chaque gare où il
s’arrêtait. Ils longeaient alors les wagons pour prévenir que, si quelqu’un tentait de s’évader, tous les
occupants du wagon seraient fusillés. Notre soumission donne la mesure de notre ignorance. Si nous
avions pu imaginer ce qui nous attendait, nous aurions supplié les jeunes de prendre tous les risques
pour sauter du train. Tout était préférable à ce que nous allions subir.
Simone Veil, Une Vie, © Éditions Stock, 2007.

Rédaction
Sujet d’imagination
Vérifier que la situation d’énonciation est bien comprise : Jean est le frère de Simone ; il a été arrêté
par la Gestapo, après Simone, et en même temps que sa mère et son autre sœur, Milou (l. 35 à 48).
Le dialogue se déroule dans une cellule de l’hôtel Excelsior.
Le sujet impose que :
GREVISSE Cahier d’exercices 3e

– chacun des personnages revienne sur les évènements qui ont abouti à son arrestation ;
– l’un et l’autre envisagent leur avenir, tant individuel que familial, et s’interrogent sur le sort qui
attend leurs coreligionnaires.
On pourra travailler le vocabulaire des sentiments, notamment de la peur et de la résistance.
La lecture d’autres extraits de l’autobiographie peut venir enrichir la préparation ou la correction du
devoir.

Sujet de réflexion
On se reportera à la fiche ressource 6, p. 125.