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Introduction :

La Côte d’Ivoire est un pays situé en Afrique de l’Ouest avec une superficie de 322 463 km².
Doté de stations balnéaires, de forêts tropicales, de savanes, la Côte d’Ivoire est composé
d’une multitude d’ethnie dont les Mandés, les Gours, les Akans et les Krous qui seront le
thème de notre étude. Le terme Krou désigne un peuple qui naît dès la fin du XVIe siècle sur
la Côte Libérienne. Ce peuple se retrouve aujourd’hui en Côte d’Ivoire et représente une
grande partie de sa population. Vu ce constat, nous pouvons nous poser les questions
suivantes : Comment le peuple Krou s’est –il retrouvé en Côte d’Ivoire ? Quelles sont les
caractéristiques de ce peuple ?

Pour y répondre, nous verrons dans une première partie le contexte du peuple Krou, dans
une seconde partie nous verrons les éléments culturels de ce peuple puis dans une troisième
partie nous verrons l’organisation spatiale et l’architecture du peuple krou.

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I- Contextes du peuple Krou :

1- Contexte historique du peuple Krou : (Voir image 1 page 11)


Le terme Krou tire son origine du nom d’une population qui naît dès la fin du XVIe siècle sur
la côte Libérienne, entre les rivières Cestos et Sinoe, sous l’appellation de Krao. Aujourd’hui,
le peuple se retrouve aussi en Côte d’Ivoire. Cette implantation s'est vraisemblablement
opérée par les vallées du sud de la chaîne de montagnes ivoiro-guinéennes jusqu'à l'océan
Atlantique, à partir d'une origine plus ancienne qui peut logiquement se situer sur les
franges sud du Sahara.

Ce peuple est arrivé d’une délégation menée par un chef appelé Nouan. Ce groupe culturel
occupe près de 120 000 km2 du littoral Atlantique sur la Côte d’Ivoire et le Libéria.

Le peuple originelle Krou a migré par ou depuis l'actuelle Guinée pour s'installer dans
l'immensité de l'espace forestier ouest-africain et ce groupe krou originel s’est ensuite divisé
entre différents clans, les uns sur la côte, les autres dans la forêt, les uns à l'ouest du fleuve
Cavally, les autres à l'est. Ce déplacement peut s’expliquer par une situation de guerre
causée par les petits royaumes mandingues qui pratiquaient notamment la traite
esclavagiste pour alimenter les marchés transsahariens.

Le groupe culturel krou se répartit en une vingtaine "d'ethnies" plus ou moins importantes: 6
ethnies pour les Krou du Liberia, 15 ethnies pour ceux de la Côte-d'Ivoire.

Il semble aussi que le groupe qu'on appelle aujourd'hui "Kru" au Liberia et Wés en Côte
d'Ivoire, fut le cœur même de la culture et de la langue du groupe plus vaste que les
ethnologues désignent par "Krou", groupe ethno-linguistique comprenant donc aussi les
populations installées sur les côtes du sud-ouest de la Côte d'Ivoire ou du sud-est libérien.
On peut aussi constater que comme les Yacoubas ou les Krumen, les Bétés, groupe le plus
oriental du groupe "Krou" partagent depuis le XVIIIe siècle un certain nombre de coutumes
et de costumes traditionnels avec les groupes akans dont ils sont devenus les voisins directs.
Ainsi, les populations wés de Côte d'Ivoire (et les krahns/krous du Liberia) sont possiblement
les vestiges linguistiques les plus intacts du pays Krou ancien ou en tout cas, des populations
ayant entrepris très tôt cette migration à partir du bas Moyen-Age.

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2- Contexte géographique du peuple Krou :

Les populations du groupe culturel Krou occupent sur le littoral atlantique un espace
géographique de quelques 120.000 Km². Ils se situent à cheval sur la Côte-d'Ivoire et le
Libéria, limité au sud et au sud-ouest, de Grand-Lahou à Monrovia, par environ 600 Km de
côte, au nord et au nord-est par les mandé, à l'est par les Akan. Cet espace appartient
intégralement à la zone subéquatoriale intérieure, au type climatique guinéen forestier,
chaud et humide. La moyenne annuelle des précipitations est presque partout supérieure à
1.600 mm, et croît régulièrement d'est en ouest (Sassandra:1.600; Tabou 2.300; Monrovia:
3.000).

II- Eléments culturels du peuples Krou :

Il n'existe pas moins de 15 "ethnies" Krou en Côte-d'Ivoire. Dans une région comme l'Ouest
ivoirien, c'est en fait la notion même d'ethnie qui doit être contestée.

En effet, l'Ouest forestier ivoirien apparaît comme un milieu continu où l'on passe d'une
zone à l'autre, d'une culture à l'autre, d'une ethnie à l'autre par des transitions insensibles,
ce qui nous emmène à tracer des frontières entre les différentes ethnies. Ce milieu continu
est composé de petites communautés souveraines, chacune d'entre elles est au centre d'un
réseau de relations où entrent toutes les communautés situées dans un rayon déterminé.

Les réseaux centrés sur deux communautés voisines se recouvrent partiellement mais ne se
confondent jamais. Cette continuité a pour conséquence l'existence d'un certain nombre de
traits communs à la culture Krou, que ce soit au plan de l'organisation sociale, du mode de
vie ou de la cosmogonie.

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1- Les traditions :

Les Krou forment une société de type lignager, à filiation patrilinéaire : c’est-à-dire d'un type
d'organisation sociale fondé sur l'ascendance paternelle. Mais aussi à résidence patrilocale
et à mariage virilocal : c’est-à-dire un type de résidence dans laquelle le couple habite dans la
famille du mari.

Leur organisation socio-politique traditionnelle s'articule autour d'unités territoriales et


familiales qui s'emboîtent les unes dans les autres selon un schéma pyramidal. C'est une
société où l'on constate l'absence de pouvoir central, de machinerie administrative,
d'organisation judiciaire. C’est-à-dire une société où le système segmentaire des lignages
règle les relations politiques entre segments territoriaux. Ainsi, La parenté joue donc un rôle
capital dans un tel type de société. C’est-à-dire que la seule autorité vraiment incontestée
est celle de l'aîné du lignage. Mais le mariage joue aussi un rôle important. En effet, en tant
que créateur d'alliances, mariage dont la forte polygynie (La polygynie désigne le système
d'accouplement par lequel le mâle d'une espèce animale s'accouple avec plusieurs femelles)
et l'existence de compensation matrimoniale (ou dot) au taux élevé font la clé de voûte de
l'organisation sociale.

2- Religion et rites :

• Religion :

Les Krou se répartissent en trois catégories de croyances. Le paganisme des différentes


communautés krous reste une pratique relativement répandue, à l'instar d'autres cultures
africaines. Ce paganisme reste parfois culturellement présent, par exemple dans les danses
de masques krous, célèbres dans le monde et dont l'art a fasciné les grands noms de l'art
contemporain au début du XXe siècle. Ensuite, le protestantisme y est assez répandu, à
cause des missions baptistes libériennes au 19e siècle et du développement plus récent des
innombrables sectes protestantes. Aussi, le catholicisme est surtout le fait des Krou
francophones ayant bénéficié de l'évangélisation des missionnaires français depuis la fin du

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19e siècle. Il est à noter aussi que l'activisme des méthodistes protestants au Liberia a donné
naissance au phénomène assez unique de l’Harrisme. L’harrisme est une forme originale de
protestantisme pentecôtiste propre à un personnage krou haut en couleurs, William Wadé
Harris. Celui-ci fonda l’Église harriste en 1910 au Liberia, avant de se lancer dans une grande
prédication le long des côtes du pays krou, jusqu'au pays akan. Personnage assez particulier.
Les krous sont très peu musulmans.

• Rites :

L'uniformité de la culture krou se traduit enfin par une conception de l'ordre religieux
sensiblement identique d'une population à l'autre. Les Krou reconnaissent un dieu unique,
créateur de toutes choses, Mais ce dieu est trop loin des hommes pour qu’on puisse
l'atteindre sans intermédiaires. D'où la prolifération des dieux secondaires que sont les
génies, "résidant qui dans un arbre, qui dans une mare, qui dans un rocher. Ils décident de la
fécondité de la terre et de celle des femmes, du succès de la chasse et de celui de la guerre.
I1 appartient aux clairvoyants (de les découvrir et d’interpréter leurs exigences en matière
d'interdits et de sacrifices" Satisfaits, ces génies, agents du Bien, veilleront au. Bonheur de
ceux qui les vénèrent. Mécontents, ils laisseront les sorciers, agents du Mal, s'acharner sur
ceux qu'ils veulent punir. Entrent également dans ce panthéon une série d'êtres fabuleux qui
hantent la brousse, et dont certains, à l'allure humaine, de très petite taille et de peau
rousse, ont fait croire à l'existence de négrilles dans la forêt ouest-ivoirienne. Les ancêtres
n'occupent qu'une place insignifiante dans cet ordre religieux : invoqués, à certaines
occasions, soit directement, soit par l'intermédiaire de masques, ils ne sont pas
véritablement l'objet de culte.

 Langue

Les langues krou sont un sous-groupe des langues nigéro-congolaises. Il existe autant de
variantes de dialectes krou que de petites nations krou : Wés, Bété, les Gouro, les Aïzi, les
Bakwé, les Wane, les Kuya, les Godié, les Dida, les Kodia, les Nyabwa. Les Krou frontaliers
ont parfois des noms différents selon que l'on se trouve en Côte d'Ivoire ou au Liberia, alors
qu'ils parlent exactement le même langage. C'est ainsi le cas des Wés ivoiriens, qui sont

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généralement qualifiés de krahn, voire de kru. Au Liberia, l'équivalent du créole ivoirien («
français de moussa ») se nomme kreyol ou encore kru english pigdin et l'influence de la
langue krou y est prédominante. Au Liberia, ce mélange original est le résultat de la
rencontre entre l'anglais créole des Afro-américains venus s'installer dans le pays et la
langue des autochtones krou. Ce type de créole est la forme de langage populaire la plus
répandue au Liberia actuellement. De même, cette influence de la culture krou côtière est
très importante en Côte d'Ivoire, même si elle n'est pas toujours comprise.Les langues krou
sont comptées parmi les systèmes toniques les plus complexes d'Afrique et sont souvent
comparées aux langues osmotiques de l'Éthiopie

3- Les différentes fêtes chez les krous : (Voir image 2 page 12)

• Chez les Bétés : Comme fêtes traditionnelles, nous avons la fête du masque, la fête du Riz,
la fête de la fin de l’initiation des panthères et aussi la fête de Circoncisions en Janvier.

• Chez les Gnaboua : Il y’a la fête des masques en Janvier et en Juillet, fête de la fin des
initiations en Septembre.

• Chez les Guéré : il y’a la fête de l’adoration du Nzo, l’Excision en Janvier. La lutte, jeux et
concours de masques ainsi que le sacre des centenaires en Février.

• Chez les Gnaboua : Comme fête, il y’a la fête des masques en Janvier et en Juillet et aussi
la fête Alabwa de zoukougbeu et la fête de la fin des initiations en Septembre.

• Chez les Kroumen : il y’a la fête de la récolte du riz et les funérailles traditionnelles en
Janvier.

• Chez les Oubi : Comme fête, il y’a la fête de génération en août.

• Chez les Wobé : Parmi les fêtes nous pouvons citer les luttes, jeux et concours des
masques en Février, la fête des masques en Juillet et la fête d’invitation des hommes
panthères en Septembre.

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III- Organisation spatiale et architecture du peuple
Krou :

1- Organisation sociale du peuple Krou : (Voire image 3 page 13)

Le schéma théorique de l'organisation sociale Krou est le suivant : L'ethnie se compose de


tribus, la tribu de clans (ou de lignages majeurs), le clan (ou le lignage majeur) de lignages
moyens, le lignage moyen de lignages mineurs (ou minimaux), le lignage mineur (ou
minimal) de familles polygyniques ou monogyniques. Pour saisir le sens de ces différentes
unités, il convient d'avoir constamment présent à l'esprit que dans une société de type
lignager tout s'articule autour de la notion de descendance. Le groupe de descendance le
plus vaste est appelé clan quand les individus qui le composent n'ont de leur origine
commune qu'une connaissance vague, se référant à un ancêtre mythique, impossible à
situer généalogiquement; Il est appelé lignage majeur quand tous ses membres se
rattachent par des connexions généalogiques précises à un ancêtre réel. Deux ou plusieurs
clans, ou lignages majeurs, qui à un moment donné de leur histoire décident de "marcher
ensemble", c'est-à-dire de former un groupement d'alliance, soit pour faire la guerre, soit
tout simplement pour se marier à l'intérieur d'une sphère d'échange matrimonial privilégiée,
constituent une tribu. Les clans ou les lignages majeurs ont une profonde histoire, ainsi que
des effectifs, variables. Plus l'ancêtre est éloigné, plus le groupe est démographiquement
étoffé, plus la segmentation, c'est-à-dire la constitution de branches différentes, risque
d'être importante. A l'inverse, moins l'ancêtre est éloigné et moins le groupe est étendu,
moins la fragmentation est probable. Le clan ou le lignage majeur se subdivisera ainsi
généralement en lignages moyens, le lignage moyen pouvant se définir comme une branche
géographiquement localisée du clan ou du lignage majeur, se référant à un aïeul éloigné en
moyenne de 5 à 6 générations, et ayant en principe acquis une certaine autonomie par
rapport à l'entité plus vaste dont il est issu. Le lignage moyen se décompose à son tour soit
en lignages minimaux, le lignage minimal se référant encore à un aïeul encore vivant ; Le
lignage mineur ou le lignage minimal coiffent enfin la famille polygynique ou monogynique.

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Ceci, est le schéma théorique ; Suivant les circonstances, le clan ou le lignage majeur
peuvent très bien se segmenter directement en lignages mineurs, de même que le lignage
moyen peut ne comprendre que des familles polygyniques ou monogyniques. Chaque
groupe compte en fait des entités qui lui ont été imposées par les impératifs particuliers de
son histoire; Aussi, le canevas présenté ici, ne fournit-il qu'un cadre de référence.

• les Dida
Ils n’ont pas de mot pour se désigner comme peuple; En effet, le mot "dida" n'appartient pas
originellement à la langue dida et son interprétation varie selon les régions. L'opinion
commune au Sud, est qu'il s'agirait d'un mot avikam signifiant "les tatoués". Au Nord, on le
présente comme la déformation des mots baoulé "di, la" dont le sens serait : "Mange et
dors"; Ce serait un sobriquet railleur donné par les Baoulés à leurs voisins de la forêt. Les
Dida occupent les marches orientales du pays Krou; Ils conservent de leur proximité avec le
monde Akan, dont de nombreux groupements de la zone de contact se disent originaires,
des traits de culture incontestablement empruntés à une organisation sociale de type
matrilinéaire. Le pays Dida est formé de 68 tribus, qui s'identifient par un nom propre et
comprennent en moyenne 8 villages.

• Les Godié
Le terme godié dériverait de l'expression gwè-dgi, littéralement "chimpazé-panthère",
surnom que leurs voisins du sud-ouest, les Neyo, leur auraient donné, par allusion à leur
tempérament frondeur, querelleur, belliqueux, semblable à l'humeur qu'affichent ces deux
animaux. L'organisation sociale des Godié est en gros semblable à celle des Dida.

• Les bété
L'origine de l'ethnonyme du peuple Bété demeure inconnue ; Ils constituent à la fois la
population la plus importante du monde Krou de Côte d'Ivoire et celle qui occupe son
espace.
Comme les Dida, les Bété ont une organisation sociale marquée à l'Est par l'origine Akan
d'un certain nombre de groupements, se traduisant par la présence de matriclans, et
accentuant ses caractéristiques patrilinéaires au fur et à mesure que l'on s'enfonce vers
l'Ouest; Aussi la distinction couramment établie entre Bété de Gagnoa, Bété de Daloa et
Bété de Soubré est-elle tout à fait justifiée.

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• les wé
L'organisation sociale des populations Wè, tout en ignorant l'existence de chefferies
véritables, est incontestablement la plus structurée et la plus complexe du monde Krou; du
sommet à la base de la pyramide nous rencontrons successivement (mais non
nécessairement) la confédération guerrière, bloa-dru ("tête du territoire"), dirigée par
un bio-kla ("grand guerrier") ou too-bo ("père de la guerre"), dont le rôle en temps de paix
se limite à des simples fonctions judiciaires, mais qui en temps de guerre s'impose en chef
véritable; Le groupement de guerre, bloa ("territoire", au sens de "patrie"), qui reproduit en
plus petit la structure de la confédération guerrière.

• Les bawé
Surnommés Touwè, "ceux qui sont sous les arbres" par les Krou, s'appelant eux-mêmes
Srigbe, "devins-guerriers", par allusion à leur dextérité à fabriquer des médecines "tous
azimuts", les Bakwé devaient leur nom à l'expression ba-kwè, "attraper-tirer", que
scandaient leurs ancêtres quand ils effectuaient à l'union un travail de levage et de traction.

 Les Neyos

Parmi les nombreuses versions expliquant l'origine de l'ethnonyme Neyo, la plus crédible


semble être celle qui fait de ce terme la contraction de Néné-yo, "les enfants de Néné",
ancêtres des premiers occupants de l'embouchure du Sassandra, les Gnagbia, aujourd'hui
disparus. C'est en effet autour de cette embouchure que s'est constituée, du XV ème siècle à
la fin du XIX ème siècle, l'entité neyo actuelle, à partir de groupements extrêmement
disparates, venant des pays Krou, Guéré, Bété, Bakwè et Godié, et sans doute attirés par les
possibilités commerciales qu'offrait l'endroit, depuis que les Portugais avaient jeté pour la
première fois l'ancre devant le rio Sao Andre en 1471. Intermédiaires obligatoires du
commerce précolonial entre les populations de l'arrière-pays(Bété et même Wè, par
l'intermédiaire des Kodia qui contrôlaient le fleuve) et les navires européens, les Neyo
connurent leur époque de gloire, dont ils ne conservent malheureusement que le souvenir.
Moins de 3.000 aujourd'hui, pour une vingtaine de villages, leur situation démographique
est d'autant plus alarmante que le développement de la ville de Sassandra et de son arrière-
pays immédiat a fait d'eux une entité minoritaire dans l'équation actuelle du peuplement de
l'embouchure, où les allochtones sont devenus sont quatre fois plus nombreux que les

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autochtones. L'ethnie Neyo est formée de dix "tribus", ou gbini; La tribu commandée
autrefois par un kè(de l'anglais "king"), correspond tantôt à une fédération de patriclans(ou
de patrilignages majeurs), tantôt au simple patriclan(ou patrilignage). Elle se subdivise,
comme chez les Godié, en lolokpa et lignages moyens; Le lolokpa, unité le plus souvent
encore exogamique, se définissant comme l'ensemble des individus descendant en ligne
agnatique d'un même ancêtre. Le lignage moyen se segmente en lolohuri, lignages
mineurs(ou minimaux), le lolohuri tendant actuellement à supplanter le lolokpa en tant
cadre de l'exogamie.

2- Architecture du peuple Krou :

L’architecture du peuple krou est une architecture vernaculaire. Parmi ces matériaux nous
pouvons citer le bois, la paille, la Terre crue… Ces matériaux peuvent s’expliquer par le fait
que ce peuple vie dans les zones côtières mais aussi par le fait que c’est un peuple nomade.
(voir images 4, page 14).

Les maisons chez les krous sont toutes construites sur un même type, et elles se
différencient surtout par leurs différentes dimensions. En effet le toit forme une auréole
ininterrompue autour de la cour centrale. La maison est circulaire, s’ouvre sur l’extérieur que
par deux portes qui se font face. La technique de la construction ne change pas : on fixe un
piquet au centre de l’emplacement choisi, on y attache une liane et on trace des cercles
concentriques autour de ce point central : le premier cercle marque l’emplacement des
piquets fourchus qui soutiendront la retombée intérieure du toit ; le second correspond à
l’arête faîtière, et sur le troisième on construit le mur extérieur. Ces cercles délimitent trois
auréoles concentriques : au centre, c’est la cour (FuZugbako) ; sous la retombée interne du
toit, c’est une véranda limitée vers l’intérieur par une rangée de petites fourches. L’auréole
externe est formée par les chambres (Kuku) dont les portes s’ouvrent sur cette véranda ; elle
est limitée par le mur extérieur, presque toujours aveugle. Cette maison comprend donc un
mur circulaire, à l’intérieur duquel s’inscrivent un certain nombre de petites chambres. Les
murs sont couverts d’une armature de branchages, bambous ou nervures de palmier-raphia,
dont les interstices sont bouchés et recouverts de banco, à l’intérieur comme à l’extérieur.
Ces chambres sont le plus souvent plafonnées d’un clayonnage. Leur nombre varie suivant
les dimensions de la maison. Cependant, elles ne sont jamais contiguës les unes aux autres :
entre chacune d’elles il y a presque toujours un espace qui sert de cuisine à la femme dont la
chambre est voisine : dans cet espace sombre, ouvert sur la véranda, et limité par les murs
de deux chambres, se trouve le matériel de cuisine de chaque femme, et un foyer. Le toit de
la maison (Bobé), qui forme une couronne à deux pans, est recouvert de feuilles de Gboflé.

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On peut constater que l’entrée des femmes et celle des hommes sont séparées mais aussi
que ce sont les seules ouvertures (voir l’image 5, à la page 15)

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Conclusion :

Le peuple Krou est né au XVIe siècle sur les côtes Libériennes et ont migré vers la Côte
d’Ivoire. Cette migration est due principalement par le fait que ce peuple voulait fuir
l’esclavage dont il était victime. Aujourd’hui, ce peuple représente une partie importante de
la population de la Côte d’Ivoire. Le groupe culturel krou se répartit en une vingtaine
"d'ethnies" plus ou moins importantes: 6 ethnies pour les Krou du Liberia, 15 ethnies pour
ceux de la Côte-d'Ivoire.

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Image 1 : Migration des Krou vers la Côte d’Ivoire
Source : https://www.wobebli.net/histoire/cartekrous.htm

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Image 3 : Organisation Spatiale des peuples de la Côte d’Ivoire .

Source : http://www.fatom.org/akwaba/region1/krous-actu.php

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Image 4 : Habitation des krous

Sources : http://www.marine-marchande.net/groupe%20mar-
mar/Documents/Tanneau/Souvenirs_au_long_cours-01/Souvenirs_au_long_cours.htm

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Image 5 : Plan d’une grande maison à zaroko.

Source : https://horizon.documentation.ird.fr.

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Conclusion :

Le peuple Krou est né au XVIe siècle sur les côtes Libériennes et ont migré vers la Côte
d’Ivoire. Cette migration est due principalement par le fait que ce peuple voulait fuir
l’esclavage dont il était victime. Aujourd’hui, ce peuple représente une partie importante de
la population de la Côte d’Ivoire. Le groupe culturel krou se répartit en une vingtaine
"d'ethnies" plus ou moins importantes: 6 ethnies pour les Krou du Liberia, 15 ethnies pour
ceux de la Côte-d'Ivoire.

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Bibliographie :

- http://www.fatom.org/akwaba/region1/krous-actu.php
- https://www.rezoivoire.net/ivoire/ressources/295/le-groupe-krou.html
- https://horizon.documentation.ird.fr/exl-
doc/pleins_textes/pleins_textes_7/b_fdi_57-58/010023785.pdf
- http://www.wobebli.net/histoire/krous.htm
- https://fr.wikipedia.org/wiki/Krou_(peuple)

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