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Partie XIV.

Industries des textiles et de l'habillement English

Chapitre 87 - La confection et les produits


finis textiles
LES GRANDS SECTEURS ET LES PRINCIPALES
OPÉRATIONS
Rebecca Plattus et Robin Herbert

Les opérations ordinaires

En général, les opérations intervenant dans la production de vêtements et d’autres produits


textiles finis ont peu changé depuis la naissance de cette industrie. Bien que l’organisation du
processus de production ait évolué et continue de le faire et que le matériel se soit
perfectionné grâce aux progrès techniques, les risques pour la sécurité et la santé dans cette
industrie restent pour beaucoup les mêmes que ceux que connaissaient les premiers
travailleurs de l’habillement.

Ce sont les conditions générales du milieu de travail qui suscitent les principales
préoccupations en matière de sécurité et de santé dans l’industrie du vêtement. Des postes de
travail, des outils et des machines mal conçus, associés à des régimes de rémunération aux
pièces et au système de production en continu (travail à la chaîne), comportent de graves
risques d’affections musculo-squelettiques et de stress. Les ateliers se situent souvent dans des
bâtiments mal entretenus et dont la ventilation, la climatisation, le chauffage et l’éclairage
laissent beaucoup à désirer. Le surpeuplement des locaux, conjugué aux mauvaises conditions
de stockage de matériaux inflammables, est souvent synonyme de graves risques d’incendie.
Une hygiène insuffisante et l’absence d’entretien des locaux sont des facteurs aggravants.

D’importants progrès ont permis la conception et l’installation de postes de travail bien


adaptés, ergonomiques, avec tables et chaises réglables, et offrant un agencement judicieux
des machines et des outils. Ces postes de travail, que l’on peut facilement se procurer sur le
marché, sont utilisés principalement dans les grandes usines, car seules les entreprises les plus
importantes et les plus solides financièrement ont les moyens de les acheter. Pourtant, un
réaménagement ergonomique est également possible dans les autres établissements (voir
figure 87.1). La majorité de la production de vêtements s’effectue encore chez les petits sous-
traitants mal équipés, qui font en général peu de cas de la conception des postes, des
conditions de travail et des risques pour la sécurité et la santé.

Figure 87.1 Une fabrique de paillettes


Création des articles et confection des modèles. La création des vêtements et autres produits
textiles est confiée à des modélistes qualifiés au service de fabricants, grossistes ou détaillants
qui ne se chargent souvent que de la création, de la fabrication de modèles et de la
commercialisation des produits finis. S’ils spécifient tous les détails de la production, achètent
le tissu et les fournitures, ce sont en général des ateliers sous-traitants indépendants qui
assurent la production à grande échelle.

La confection des modèles, opération pendant laquelle un nombre limité d’exemplaires est
fabriqué pour lancer le produit sur le marché et l’envoyer aux ateliers sous-traitants, s’effectue
également dans les locaux du donneur d’ordres. Les modèles sont réalisés par des patronniers
et des mécaniciennes en confection très qualifiés qui confectionnent le vêtement tout entier.

Confection des patrons et coupe. Le patron d’un vêtement doit être divisé en plusieurs parties
pour la coupe et la couture. Traditionnellement, des patrons en carton sont tracés pour chaque
pièce du vêtement et gradués en fonction des différentes tailles requises. A partir de ces
patrons, on porte sur papier, en vue de la coupe, des repères pour guider les coupeurs. Dans
les usines plus modernes, les repères sont créés et gradués selon les tailles et sont indiqués sur
un écran d’ordinateur, puis imprimés sur un traceur informatisé.

Pour la coupe, le tissu est tout d’abord étalé sur une table de coupe et empilé sur plusieurs
épaisseurs (le matelas) dont la longueur et la largeur sont déterminées par les exigences de la
production. Cette opération est le plus souvent effectuée par un chariot matelasseur
automatique ou semi-automatique qui dévide les rouleaux de tissu le long de la table. Les
tissus à carreaux ou les imprimés peuvent être étalés à la main et épinglés pour assurer le
raccord des motifs. Les tracés de patrons dûment marqués sont alors posés sur le tissu à
couper.

Les machines coupeuses de tissu sont habituellement munies de couteaux à ruban et tenues à
la main (voir figure 87.2). Les petites pièces peuvent être coupées à l’aide d’une scie à main, à
l’unité. Les techniques de pointe comprennent la découpe robotisée, qui suit les patrons
dessinés sur ordinateur.

Figure 87.2 Une fabrique de vêtements aux Philippines

La coupe comporte plusieurs risques. Bien que la lame des outils soit protégée, le dispositif
doit être installé de manière à assurer la protection de la main qui étale le tissu. Les
protections devraient être systématiquement utilisées et placées correctement. Il est
recommandé, comme mesure de sécurité supplémentaire, que les opérateurs de machine
coupeuse portent un gant protecteur, de préférence à mailles métalliques. Outre le risque de
lésions accidentelles, la coupe de tissu présente des risques ergonomiques. Porter et manier
une machine coupeuse tout en tendant le bras au travers de la table de coupe peut exposer le
coupeur à des affections de la nuque, des membres supérieurs et du dos. Enfin, de nombreux
coupeurs ont tendance à travailler en tenant leur machine au niveau de l’oreille, s’exposant
ainsi souvent à un bruit excessif et au risque consécutif de déficit auditif.

La manutention des rouleaux de tissu, qui peuvent peser jusqu’à 32 kg et que le travailleur
doit soulever au-dessus de la tête pour les déposer sur une planche de pose et les y étaler,
présente aussi un risque ergonomique. Des équipements de manutention adéquats peuvent
éliminer ou réduire ces risques.

Travail sur machine à coudre. Le plus souvent, les pièces de tissu coupé sont assemblées au
moyen de machines à coudre manuelles. Le système traditionnel de production en continu,
dans lequel les paquets de pièces coupées se déplacent automatiquement, à une cadence
constante, d’un opérateur de machine à coudre à un autre, chacun d’eux effectuant une seule
opération, prédomine aujourd’hui encore dans l’industrie du vêtement, malgré une
modification sensible de l’organisation du travail dans bien des ateliers. Ce type
d’organisation s’articule ainsi en plusieurs opérations distinctes, consistant chacune en un
cycle très court, répété des centaines de fois par l’opérateur au cours de la journée de travail.
Ce système, conjugué avec le régime de rémunération aux pièces, qui récompense avant tout
la rapidité et ne laisse aux travailleurs qu’une maîtrise très limitée du processus de production,
crée un climat de travail qui peut être très éprouvant nerveusement.

La majorité des postes de travail actuels des opérateurs de machine à coudre ont été conçus
sans souci de leur confort, de leur santé ou de leur commodité (voir figure 87.3). Comme ces
opérateurs travaillent en général en position assise à des postes mal conçus et exécutent la
même opération tout au long de la journée, ils sont très exposés aux lésions
d’hypersollicitation. Les mauvaises postures qu’entraînent les conditions décrites ci-dessus,
combinées à un travail extrêmement répétitif et sous pression, se traduisent par des taux
élevés de troubles musculo-squelettiques (TMS) d’origine professionnelle parmi les
opérateurs de machine à coudre et les autres travailleurs de l’industrie du vêtement.

Figure 87.3 Femme se servant d'une machine à coudre (sans protège-aiguille)

Les progrès réalisés dans la conception des postes de travail, notamment par la création de
chaises et tables de travail réglables, tendent à réduire certains risques liés à l’utilisation des
machines à coudre. Cependant, si ces équipements se trouvent facilement sur le marché, leur
prix ne les rend accessibles qu’aux entreprises les plus rentables. Par ailleurs, les postes de
travail les mieux conçus ne réduisent pas le risque dû au caractère répétitif des opérations.
La réorganisation du travail et la mise en place du travail en équipe, sous la forme de
fabrication modulaire ou flexible, permettent d’échapper au taylorisme traditionnel et, parfois,
de réduire certains des risques qu’il présente pour la santé. Selon ce système du travail en
équipe, les opérateurs de machine à coudre travaillent en groupe pour confectionner un
vêtement tout entier et changent souvent de machine et d’activité.

Dans l’un des systèmes de travail en équipe les plus pratiqués, les travailleurs se tiennent
debout plutôt qu’assis et passent souvent d’une machine à une autre. La formation à des
tâches diverses améliore les compétences des travailleurs et leur permet d’avoir un meilleur
contrôle de la production. Abandonner le régime de rémunération individuelle aux pièces au
profit d’un salaire horaire ou d’un système collectif de salaire au rendement et mettre
davantage l’accent sur le contrôle de la qualité tout au long du processus de production peut
contribuer à éliminer maints facteurs exposant les travailleurs aux TMS.

Certains systèmes de fabrication, bien que très avancés du point de vue technique, tendent en
fait à accroître le risque de TMS. Les systèmes de production unitaire, en particulier, ont été
conçus pour transporter mécaniquement les pièces coupées sur un convoyeur aérien d’un
travailleur à un autre, ce qui accélère leur acheminement et supprime une part importante de
la manutention qui incombait précédemment aux opérateurs sur machine à coudre ou à des
ouvriers spécialisés. S’ils augmentent souvent la productivité en accélérant la chaîne, ces
systèmes suppriment les pauses, déjà très courtes, accordées aux opérateurs entre les cycles,
ce qui accroît du même coup la fatigue et le caractère répétitif du travail.

Avant de mettre en place un nouveau système de production, on devrait en évaluer les


facteurs de risque et le concevoir dans une perspective ergonomique. Par exemple, si les
travailleurs sont formés pour exécuter plusieurs tâches, celles-ci devraient être combinées de
manière à solliciter différentes parties du corps, et non un seul muscle ou une seule
articulation. On devrait également veiller à adapter les équipements et les machines à tous les
travailleurs de l’équipe.

Avant tout achat de nouveau matériel, on devrait s’assurer que les travailleurs eux-mêmes
peuvent se charger de l’ajuster et ont reçu à cet effet la formation voulue. Cette possibilité est
particulièrement importante dans l’industrie du vêtement, où il n’est souvent pas facile de
faire appel à un mécanicien pour régler les machines et les adapter aux travailleurs.

Des études ont fait naître des inquiétudes concernant l’exposition des opérateurs sur machine
à coudre aux champs électromagnétiques intenses produits par les moteurs. Elles ont révélé la
possibilité d’une corrélation entre cette exposition et le taux relativement élevé de cas de
maladie d’Alzheimer (Sobel et coll., 1995) et d’autres maladies chroniques chez ces
opérateurs.

Finissage et repassage. Une fois cousu, le vêtement achevé est confié aux repasseurs à la
machine, puis examiné par les finisseurs, qui vérifient qu’aucun fil ne dépasse et que le
vêtement ne présente pas de taches ou d’autres défauts. Les finisseurs s’acquittent de divers
travaux à la main: ils coupent les fils qui dépassent, cousent le vêtement, le retournent et,
enfin, le repassent. Les ouvriers chargés du finissage, de l’étiquetage, de l’emballage et de la
distribution des vêtements sont exposés à des risques ergonomiques. Souvent, leurs tâches
sont extrêmement répétitives et leur imposent de mauvaises postures des mains et des bras.
Leurs sièges et leurs postes de travail sont rarement réglables ou ergonomiques. Les finisseurs
et les repasseurs travaillent fréquemment debout dans des positions statiques, alors que
plusieurs de leurs tâches pourraient s’exécuter sur des chaises, tabourets, ou sièges
ergonomiques réglables, conçus pour la station debout, et qu’ils pourraient se tenir en
alternance debout ou assis. Les plans de table pourraient être réglés à la bonne hauteur pour
l’opérateur et inclinés pour lui offrir davantage de confort. Enfin, on pourrait remédier à la
sollicitation excessive des mains, des poignets et des bras en rembourrant les coins de table et
en fournissant aux travailleurs des outils bien conçus et correctement dimensionnés.

Les articles cousus sont repassés à l’aide d’un fer à repasser manuel ou d’une presse à plateau.
Ils peuvent également être repassés au moyen d’un fer à vapeur manuel ou passer dans une
chambre ou une armoire à vaporiser. Les presses et les fers à repasser peuvent exposer à des
risques de brûlure, ainsi qu’à des risques ergonomiques. Si la plupart des presses ont des
commandes exigeant l’emploi des deux mains pour exclure tout risque que l’opérateur n’en
interpose une, il subsiste d’anciens modèles dépourvus de dispositif de sécurité. L’utilisation
d’une presse expose également le travailleur à des risques de lésions au niveau des épaules, de
la nuque et du dos, du fait de la nécessité de lever fréquemment les bras au-dessus de la tête,
de rester debout en permanence et d’actionner des pédales. Le repassage gagnerait en sécurité
si les machines étaient plus automatisées et si les opérateurs travaillaient dans des positions
plus adaptées, mais le matériel actuel ne permet guère de supprimer les contraintes.

Les étiqueteurs, qui marquent les vêtements finis à l’aide de machines à étiqueter, sont sujets
à des lésions des mains et des poignets en raison du caractère répétitif de leur activité.
L’emploi de machines à étiqueter automatiques peut contribuer à diminuer la force requise, ce
qui réduit sensiblement la sollicitation des doigts et des mains.

Distribution. Les travailleurs des centres de distribution de vêtements sont exposés à tous les
risques qui guettent les travailleurs des entrepôts. La manutention manuelle est responsable
d’une part importante des lésions. Le levage de charges et les activités exécutées avec les bras
levés comportent des risques qui leur sont propres. Concevoir les locaux de distribution de
manière à offrir des conditions de manutention adéquates, notamment en plaçant les tapis
convoyeurs et les tables de travail à des hauteurs adaptées, peut contribuer à prévenir de
nombreux accidents. Des équipements de manutention mécaniques, tels que les chariots
élévateurs et d’autres appareils de levage, peuvent concourir à éviter les lésions liées au
levage de charges encombrantes ou lourdes.

Exposition aux produits chimiques. A tous les stades de la production, les travailleurs peuvent
être exposés aux produits chimiques utilisés pour le finissage du tissu et, notamment, au
formaldéhyde. Employé pour rendre le tissu infroissable et grand teint, il se dégage dans l’air
sous forme de gaz et peut aussi attaquer la peau lorsque les travailleurs manipulent le tissu.
Les concentrations de formaldéhyde dégagées dépendent de divers facteurs, tels que la
quantité mise en œuvre lors du finissage, le procédé de finition et la chaleur et l’humidité
ambiantes. L’exposition au formaldéhyde peut être évitée en plaçant le tissu dans un lieu bien
aéré pour que le gaz s’en dégage avant la manutention et en assurant une bonne ventilation
des locaux de travail, en particulier lorsque le tissu est soumis à une chaleur et une humidité
élevées (par exemple, lors du repassage). Les travailleurs qui présentent des troubles cutanés
par suite de la manutention de tissus traités au formaldéhyde peuvent porter des gants ou
s’enduire les mains d’une crème protectrice. Enfin, les fabricants de textiles devraient être
encouragés à mettre au point des procédés plus sûrs pour traiter les tissus.

Les opérations spéciales


Plissage. Le plissage est l’opération consistant à marquer plusieurs types de plis dans le tissu
ou le vêtement. Ce processus, qui intéresse divers types de tissus, nécessite une température et
un taux d’humidité élevés. Les plisseurs sont exposés aux risques liés à ces conditions, qui
peuvent intensifier le dégagement des substances dont on se sert pour le finissage du tissu. Le
tissu à plisser peut être traité avec des apprêts qui renforcent la tenue des plis. Des armoires et
des chambres à vaporiser sont utilisées pour soumettre le tissu plissé à de la vapeur sous
pression.

Caoutchoutage et imperméabilisation. Pour l’apprêt caoutchouté ou imperméable, les tissus


peuvent être revêtus d’une substance imperméable. Ces enduits, qui consistent parfois en un
type de caoutchouc, sont souvent dilués à l’aide de solvants, dont certains entraînent de graves
risques pour les travailleurs parce qu’ils contiennent du benzène, du diméthylformamide, etc.
Les travailleurs sont exposés à ces substances chimiques lorsqu’elles sont mélangées ou
versées, souvent à la main, ou qu’elles se trouvent dans de grandes cuves, dans des locaux mal
ventilés, ou encore lorsqu’ils en enduisent le tissu. L’exposition aux substances dangereuses
devrait être réduite au minimum par le recours à des produits moins toxiques et par une bonne
ventilation du lieu d’utilisation. Les opérations de mélangeage des solvants et de revêtement
des tissus devraient par ailleurs être confinées et automatisées chaque fois que cela est
possible.

Utilisation de l’informatique. Les ordinateurs sont de plus en plus utilisés dans l’industrie du
vêtement, que ce soit pour la conception et la fabrication assistées par ordinateur (CAO et
FAO), la création, le tracé des patrons ou la coupe, ou pour le suivi des marchandises dans les
opérations d’entreposage et d’expédition. Les risques inhérents au travail sur ordinateur sont
examinés dans le chapitre no 52, «Les terminaux à écran de visualisation», de la présente
Encyclopédie.

Boutons, boucles et autres garnitures. Les boutons, boucles et autres systèmes de fermeture
des vêtements ou articles cousus sont le plus souvent fabriqués dans des entreprises
indépendantes de celles qui confectionnent les vêtements, à partir de divers matériaux qui
détermineront le processus de production. Le plus généralement, les boutons et les boucles
sont en plastique ou en métal moulé, dont le plomb. Au cours de la production, la matière
brute chauffée est versée dans des moules, puis refroidie. Les travailleurs peuvent être
exposés à des substances chimiques ou à des métaux toxiques durant le moulage, puis, après
le refroidissement, aux poussières provenant du polissage ou du meulage des articles. Ces
risques peuvent être évités par une ventilation convenable pendant la finition ou par une
limitation de ces opérations. D’autres ornements, notamment les paillettes et les perles, sont
produits à partir de matière plastique ou métallique, par estampage ou moulage, et peuvent
exposer les travailleurs aux risques inhérents à leurs composants.

Produits cousus et accessoires en matières plastiques. Divers articles, tels que les rideaux de
douche, les nappes et les vêtements de protection contre la pluie, sont en plastique cousu ou
soudé. Lorsqu’ils sont cousus à partir d’une feuille de matière plastique, les risques sont
analogues à ceux qu’entraînent les autres articles cousus. Cependant, les activités nécessitant
le stockage d’importantes quantités de matières plastiques créent un risque d’incendie sans
équivalent car celles-ci, sous l’effet de la chaleur ou de la combustion, dégagent des
substances toxiques parfois très dangereuses. La plus grande prudence s’impose donc en
matière de prévention et de protection contre les incendies lorsque d’importantes quantités de
matières plastiques sont utilisées ou entreposées.
Les matières plastiques peuvent non seulement être produites, mais aussi assemblées par un
procédé faisant appel à la chaleur ou aux rayonnements électromagnétiques. Sous l’effet de la
chaleur, elles dégagent leurs composants et peuvent exposer les travailleurs à des vapeurs
toxiques. Lorsqu’on assemble ou qu’on soude des matières plastiques à l’aide de
rayonnements électromagnétiques, il faut veiller à ne pas exposer les travailleurs à des
niveaux dangereux de rayonnements.

L’organisation du travail

Le régime de rémunération aux pièces, selon lequel le travailleur est payé en fonction des
unités produites, reste largement appliqué dans l’industrie du vêtement et des produits cousus.
Son maintien y entraîne, pour les travailleurs, des risques de stress et de lésions musculo-
squelettiques. Comme nous l’avons exposé, l’adoption d’autres systèmes de rémunération et
de production pourrait donner plus d’attrait à cette industrie et la rendre moins stressante et
moins dangereuse pour les nouveaux arrivants sur le marché du travail.

Le système du travail en équipe, qui permet aux travailleurs de mieux maîtriser le processus
de production et de travailler avec d’autres personnes, peut être moins éprouvant
nerveusement que le travail à la chaîne traditionnel. Il peut cependant aussi devenir un facteur
de stress supplémentaire si les travailleurs sont tenus pour responsables de l’application du
règlement par leurs collègues. Certains régimes de rémunération collective, qui pénalisent une
équipe entière pour la lenteur ou l’absentéisme de l’un des membres, sont susceptibles de
créer des tensions et du stress dans le groupe.

Le travail à domicile repose sur l’exécution du travail à l’extérieur de l’entreprise, chez le


travailleur. C’est une pratique très courante dans l’industrie du vêtement. Le travail peut être
confié à un travailleur à la fin de sa journée pour qu’il l’exécute à son domicile pendant la
soirée ou la fin de semaine, ou lui être envoyé directement, sans qu’il ait à passer par l’usine.

Le travail à domicile est souvent synonyme d’exploitation et ne peut pas être surveillé
facilement par les organismes chargés de faire appliquer les normes du travail et, en
particulier, les lois régissant le travail des enfants, la sécurité, la santé, le salaire minimum,
etc. Dans bien des cas, les travailleurs à domicile reçoivent des salaires inférieurs à la norme
et sont contraints de fournir, à leurs frais, le matériel et les outils nécessaires à la production.
Leurs enfants peuvent être poussés à participer au travail, quels que soient leur âge ou leur
capacité de travailler en sécurité, au détriment de leur scolarisation ou de leurs loisirs. Les
dangers qui guettent les travailleurs à domicile peuvent être nombreux: exposition à des
produits chimiques dangereux, risques d’incendie et risques électriques. Enfin, les machines
industrielles installées au domicile sont aussi source de risques pour les petits enfants.

LES ACCIDENTS DANS L’INDUSTRIE DE LA


CONFECTION
A.S. Bettenson*

* Adapté de la 3e édition de l'Encyclopaedia of Occupational Health and Safety.

Les petites entreprises installées dans des locaux impropres à l’exercice d’une activité
industrielle sont souvent menacées par de graves risques d’incendie. Indépendamment de
leurs dimensions, tous les ateliers de confection contiennent des matériaux combustibles et,
faute de surveillance, les déchets inflammables risquent de s’accumuler. Certains matériaux
utilisés sont particulièrement inflammables, par exemple les mousses de résines pour les
doublures et les rembourrages ou les fines particules de fibres de coco. Il faut donc prévoir
des issues de secours et des extincteurs en nombre suffisant et donner au personnel des
instructions claires sur la conduite à tenir en cas d’incendie. Le bon entretien et la bonne tenue
des locaux ne contribuent pas seulement à éviter les incendies et à limiter leur propagation,
mais sont aussi indispensables lorsqu’il y a transport mécanique des produits.

Dans cette industrie, les accidents sont peu nombreux et ils sont rarement graves, mais il s’y
produit un grand nombre d’incidents mineurs — le plus fréquemment aux mains — qui
exigent des premiers secours immédiats si l’on veut éviter de sérieuses séquelles. Les
couteaux à ruban des machines de coupe peuvent causer de graves blessures s’ils ne sont pas
efficacement protégés; seule la partie de la lame qui doit être nécessairement exposée pour
remplir son office devrait être laissée sans protection. Les couteaux circulaires des machines
coupeuses portatives devraient être protégés de la même manière. Lorsqu’on utilise des
presses mécaniques, il faut les équiper d’un dispositif d’écran protecteur approprié, de
préférence fixe, pour prévenir les risques de blessures aux mains. Deux éléments des
machines à coudre sont principalement dangereux: le mécanisme d’entraînement et l’aiguille.
Il arrive encore dans bien des ateliers que de longues rangées de machines soient entraînées
par des arbres de transmission disposés sous les tables; il est essentiel dans ce cas de protéger
ceux-ci par des carters, treillis métalliques, etc.; en effet, de nombreux accidents graves se
produisent lorsque les travailleurs qui se baissent pour ramasser un objet ou pour remettre en
place la courroie de transmission sont happés par le mécanisme. En ce qui concerne les
dispositifs de protection des aiguilles pour prévenir la présence des doigts dans des zones
dangereuses, il en existe divers types.

Les presses utilisées dans l’industrie du vêtement exposent les travailleurs à des risques
sérieux d’écrasement et de brûlure. Les commandes exigeant l’emploi des deux mains sont
courantes, mais elles ne donnent pas entière satisfaction, car elles n’excluent pas toute
manœuvre incorrecte (à l’aide du genou, par exemple). Il est donc essentiel qu’elles soient
aménagées de façon à rendre impossible toute utilisation d’une seule main. Des dispositifs
protecteurs empêchant l’application du presseur sur le plateau en cas d’interposition d’un
obstacle quelconque (au premier chef, la main d’un travailleur) doivent être employés. Toutes
les presses, ainsi que les dispositifs connexes d’alimentation en vapeur et en air comprimé,
doivent être fréquemment vérifiés.

Les systèmes de mise à la terre de tous les outils électriques à main doivent être
soigneusement entretenus.

Les nouvelles techniques appliquées pour le soudage des matériaux plastiques (en
remplacement des coutures, etc.) et pour la fabrication des «foam backs» (tissus collés sur une
feuille de mousse synthétique) supposent habituellement l’emploi d’une presse électrique
actionnée par une pédale ou à air comprimé. Il peut arriver que la main d’un travailleur reste
prise entre les électrodes et qu’elle subisse des brûlures électriques causées par le courant
haute fréquence. La seule mesure de sécurité véritablement efficace consiste à enfermer les
parties dangereuses. Les commandes à deux mains n’ayant pas donné satisfaction, il serait
urgent de modifier la conception de ces machines de façon à leur conférer une sécurité
intrinsèque.
LES EFFETS SUR LA SANTÉ ET LES PROBLÈMES
D’ENVIRONNEMENT
Robin Herbert et Rebecca Plattus

Les problèmes de santé et les types de maladies

Les travailleurs de l’industrie du vêtement sont susceptibles d’être atteints des maladies
professionnelles suivantes: troubles musculo-squelettiques; asthme; dermites d’irritation et de
contact; symptômes d’irritation des yeux, du nez et de la gorge; cancer du poumon, du
rhinopharynx et de la vessie; déficit auditif dû au bruit. De plus, comme certains des procédés
utilisés entraînent une exposition à des vapeurs de matières plastiques traitées à la chaleur, à
des poussières et à des vapeurs de métal (en particulier de plomb), à des poussières de cuir et
de laine et à des solvants dangereux tels que le diméthylformamide, on observe aussi, chez les
travailleurs de la confection, les maladies causées par ces substances. L’exposition aux
champs électromagnétiques produits par les moteurs des machines à coudre présente des
risques qui suscitent une préoccupation croissante. On a constaté des liens entre l’emploi des
femmes enceintes dans l’industrie du vêtement et des effets sur le système reproducteur.

Le tableau 87.1 donne quelques exemples de maladies professionnelles observées dans


l’industrie du vêtement.

Tableau 87.1 Exemples de maladies professionnelles observées chez les travailleurs


de l'industrie du vêtement

Affection Facteur déclenchant


Troubles musculo-squelettiques
Syndrome du canal carpien, tendinite de l’avant- Force
bras, ténosynovite sténosante (maladie de Répétition
Quervain), épicondylite, ténosynovite bicipitale, Levage de charges
déchirure et tendinite du sus-épineux, syndrome Postures contraignantes
du trapèze, radiculopathie cervicale, syndrome Posture assise prolongée
lombaire, sciatalgie, hernie discale, ostéo-arthrite
des genoux
Asthme Formaldéhyde
Autres traitements des tissus
Matières plastiques soumises à
l’action de la chaleur
Poussières
Cancers
Cancer de la vessie Colorants
Cancer du poumon ou du rhinopharynx Formaldéhyde
Déficit auditif Bruit
Dermatoses
Dermite d’irritation et de contact Formaldéhyde, colorants textiles
Saturnisme Plomb
Troubles musculo-squelettiques. La fabrication de vêtements exige d’exécuter des tâches
monotones et extrêmement répétitives à une cadence ultrarapide, souvent dans des postures
contraignantes et éprouvantes pour les articulations. Les travailleurs sont dès lors exposés aux
affections musculo-squelettiques touchant la nuque, les membres supérieurs, le dos et les
membres inférieurs (Andersen et Gaardboe, 1993; Schibye et coll., 1995). Il n’est pas rare
qu’ils développent des troubles musculo-squelettiques (TMS) multiples et souffrent
d’affections des tissus mous (tendinites) et de syndromes canalaires concomitants, comme
celui du canal carpien (Punnett et coll., 1985; Schibye et coll., 1995).

Les opérateurs sur machine à coudre et les couseurs à la main (confectionneurs de modèles et
finisseurs) effectuent un travail qui appelle des mouvements répétitifs des mains et des
poignets, le plus généralement dans des positions forcées pour les doigts, les poignets, les
coudes, les épaules et la nuque. Ils sont donc sujets au syndrome du canal carpien, aux kystes
ganglionnaires, aux tendinites de l’avant-bras, à l’épicondylite, aux affections des épaules, y
compris les ténosynovites bicipitales et les tendinites du sus-épineux, aux déchirures du sus-
épineux et aux lésions cervicales. De plus, l’utilisation des machines à coudre exige
habituellement de rester longtemps assis (souvent sur des sièges sans dossier et à des postes
de travail qui obligent à pencher le buste), de soulever des objets par intermittence et
d’actionner des pédales de manière répétitive. De ce fait, les opérateurs sur machine à coudre
risquent de développer des TMS de la région lombaire et des membres inférieurs.

Les coupeurs, qui doivent soulever et porter des rouleaux de tissu et actionner des machines
de coupe à la main ou commandées par ordinateur, risquent également de présenter des
troubles musculo-squelettiques au niveau de la nuque, des épaules, des coudes, de l’avant-bras
ou du poignet et de la région lombaire. Les presseurs sont exposés aux tendinites, aux
affections apparentées de l’épaule, du coude et de l’avant-bras et sont susceptibles de souffrir
de syndromes canalaires connexes.

Outre les facteurs ergonomiques et biomécaniques, les systèmes de production aux pièces et
les facteurs liés à l’organisation du travail décrits plus en détail dans l’article précédent
peuvent également favoriser l’apparition de troubles musculo-squelettiques chez les
travailleurs du vêtement. Une étude pertinente a établi que la fréquence des cas d’incapacité
grave augmentait en fonction de la durée de l’emploi rémunéré aux pièces (Brisson et coll.,
1989). Par conséquent, la prévention des TMS peut exiger non seulement des aménagements
ergonomiques du poste de travail, mais aussi un examen des questions liées à l’organisation
du travail, en particulier du mode de rémunération.

Risques chimiques. Les tissus traités à la résine dont on se sert pour les vêtements
infroissables peuvent dégager du formaldéhyde. L’exposition à ce produit est particulièrement
forte pendant la coupe, car c’est lorsque les rouleaux de tissu sont déroulés pour la première
fois qu’ils dégagent le plus de gaz; lors du repassage, car la chaleur favorise les émissions du
gaz contenu dans les résidus de résine; dans les zones de production où l’on manipule de
grandes quantités de tissu; dans les entrepôts et les locaux des détaillants. De nombreux
ateliers sont mal ventilés et ne permettent pas de régler la température ambiante. Or, le
dégagement de gaz augmente avec l’élévation de la température et une ventilation insuffisante
peut favoriser l’accumulation de concentrations plus importantes de formaldéhyde. Le
formaldéhyde est largement reconnu pour être un irritant des yeux, des voies nasales, de la
gorge et des voies respiratoires supérieures et inférieures. Il peut être une cause d’asthme
professionnel par ses effets irritants ou par sensibilisation allergique (Friedman-Jimenez et
coll., 1994; Ng et coll., 1994). L’exposition au formaldéhyde a été associée dans un certain
nombre d’études au développement de cancers du poumon ou du rhinopharynx (Alderson,
1986). Elle peut par ailleurs entraîner des dermites allergiques de contact et des dermites
d’irritation. Les travailleurs du vêtement développent parfois une dermite chronique des
mains et des bras ressemblant à un eczéma, probablement liée à une sensibilisation au
formaldéhyde. L’action irritante de celui-ci et ses autres effets non allergiques sur la santé
peuvent être réduits au minimum par la mise en place de systèmes de ventilation appropriés et
par l’emploi d’autres substances lorsque cela est possible. Une sensibilisation allergique peut
cependant se manifester à de très faibles taux d’exposition et, lorsqu’un travailleur en est
affecté, il peut être inopportun de continuer à l’exposer à ce risque.

Les travailleurs occupés dans l’industrie des produits textiles finis peuvent être exposés à des
solvants organiques comme le perchloroéthylène, le trichloroéthylène et le 1,1,1-
trichloroéthane qui sont fréquemment utilisés dans les ateliers de finissage pour supprimer les
taches. Ces solvants peuvent entraîner, entre autres, une dépression du système nerveux
central, des neuropathies périphériques, des dermatoses et, plus rarement, des intoxications
hépatiques. Le diméthylformamide (DMF) est un solvant particulièrement dangereux qui a été
employé pour imperméabiliser certains tissus. Son utilisation à cet effet a provoqué de très
nombreux cas d’hépatite professionnelle chez les travailleurs exposés (Redlich et coll., 1988).
Il faudrait donc éviter d’utiliser le DMF en raison de sa toxicité pour le foie et de son
association avec le cancer des testicules établie dans deux milieux professionnels distincts. De
même, l’emploi du benzène, encore utilisé dans certaines branches de l’industrie du vêtement,
devrait être interdit.

Risques physiques; champs électromagnétiques. Selon des rapports de dates plus récentes,
l’utilisation d’une machine à coudre peut exposer à des champs électromagnétiques dont les
effets sur la santé ne sont pas encore bien compris et font l’objet de débats. Cependant, une
étude de cas fondée sur trois ensembles distincts de données recueillies dans deux pays (Etats-
Unis et Finlande) a mis en évidence un lien marqué entre l’exposition professionnelle à des
champs électromagnétiques et la maladie d’Alzheimer parmi les opérateurs sur machine à
coudre et d’autres personnes reconnues comme ayant été exposées à un niveau moyen ou
élevé (Sobel et coll., 1995). Une autre étude de cas menée en Espagne sur le travail effectué
par des femmes enceintes et la leucémie lymphoblastique aiguë (LLA) a établi l’existence
d’un risque accru de LLA chez les enfants de femmes ayant travaillé à domicile pendant leur
grossesse et s’étant servi, pour la plupart, de machines à coudre. Les auteurs de cette étude ont
incriminé dans un premier temps l’exposition des femmes enceintes aux poussières
organiques et aux fibres synthétiques, mais ont expliqué par la suite que l’exposition aux
champs magnétiques pouvait constituer un agent étiologique (Infante-Rivard et coll., 1991)
(voir chapitre no 49, «Les rayonnements non ionisants», pour un examen plus détaillé de la
question).

Autres maladies et risques professionnels. Un certain nombre d’études ont établi que les
travailleurs de l’industrie du vêtement étaient particulièrement sujets à l’asthme (Friedman-
Jimenez et coll., 1994; Ng et coll., 1994). Outre le risque potentiellement accru de cancer du
poumon et du rhinopharynx dû à l’exposition au formaldéhyde, il a été constaté que les
travailleurs étaient aussi davantage sujets au cancer de la vessie (Alderson, 1986). Des cas de
saturnisme ont été observés parmi les préposés à la production de boutons métalliques. Le
personnel des entrepôts ou de la distribution peut être exposé aux maladies liées à l’exposition
aux gaz d’échappement des moteurs diesel.
Dans le monde entier, l’industrie du vêtement, de par la proportion élevée de femmes et
d’enfants qu’elle occupe et la prédominance de la sous-traitance et du travail à domicile, est
un domaine largement ouvert à l’exploitation de la main-d’œuvre. Le harcèlement sexuel, les
relations sexuelles non consensuelles et leurs dangers pour la santé sont un grave problème à
l’échelle mondiale. Les enfants et les adolescents qui travaillent sont particulièrement
vulnérables aux effets sur la santé des produits toxiques et des carences ergonomiques de
leurs postes et sont souvent victimes d’accidents du travail. Enfin, deux études ont établi des
liens entre le travail des femmes enceintes dans cette industrie et les effets sur le système
reproducteur, qui méritent d’être approfondies (Eskenazi et coll., 1993; Decoufle et coll.,
1993).

Les problèmes d’environnement et de santé publique

En général, l’industrie du vêtement et des autres produits textiles finis n’entraîne qu’une
contamination relativement faible de l’environnement par des émissions dans l’air, le sol ou
l’eau. Des dégagements gazeux de formaldéhyde peuvent cependant persister jusqu’au stade
de la vente au détail et entraîner l’apparition de symptômes allergiques, d’irritations et de
problèmes respiratoires chez les vendeurs comme chez les clients. De plus, certains procédés
spéciaux utilisés dans cette industrie, tels que le caoutchoutage et la fabrication de garnitures à
base de plomb, peuvent constituer des menaces sérieuses pour l’environnement.

Ces dernières années, on a vu se développer une «éco-industrie» en réaction à l’inquiétude


croissante que suscitait la possibilité d’effets nocifs de l’exposition au formaldéhyde et à
d’autres substances utilisées pour traiter les tissus. Celle-ci préconise que les vêtements et
autres produits textiles finis soient confectionnés en tissus d’origine naturelle plutôt qu’en
fibres synthétiques. En règle générale, les textiles naturels ne sont pas traités avec des produits
conférant l’infroissabilité ou d’autres agents de finissage.

Les locaux surpeuplés et les conditions de travail souvent sordides prévalant dans l’industrie
du vêtement créent un contexte idéal pour la transmission des maladies infectieuses. En
particulier, la tuberculose y est un problème de santé publique fréquent parmi les travailleurs.

RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
Alderson, M., 1986: Occupational Cancer (Londres, Butterworths).

Andersen, J.H. et Gaardboe, O., 1993: «Musculo-skeletal disorders of the neck and upper
limb among sewing machine operators: A clinical investigation», American Journal of
Industrial Medicine , vol. 24, no 6, pp. 689-700.

Brisson, C., Vinet, A., Vezina, M. et Gingras, S., 1989: «Effect of duration of employment in
piecework on severe disability among female garment workers», Scandinavian Journal of
Work, Environment and Health , vol. 15, no 5, pp. 329-334.

Decoufle, P., Murphy, C.C., Drews, C.D. et Yeargin-Allsopp, M., 1993: «Mental retardation
in ten-year-old children in relation to their mothers’ occupations during pregnancy»,
American Journal of Industrial Medicine , vol. 24, no 5, pp. 567-586.
Eskenazi, B., Guendelman, S., Elkin, E.P. et Jasis, M., 1993: «A preliminary study of
reproductive outcomes of female maquiladora workers in Tijuana, Mexico», ibid., no 6, pp.
667-676.

Friedman-Jimenez, G., de la Hoz, R.E., Reibman, J., Kammerman, S. et Rom, W.N., 1994:
«Adult onset asthma in women garment workers from the Bellevue Asthma Clinic»,
American Journal of Respiratory and Critical Care Medicine , vol. 149, no 4, p. A855.

Infante-Rivard, C., Mur, P., Armstrong, B., Alvarez-Dardet, C. et Bolumar, F., 1991: «Acute
lymphoblastic leukemia among Spanish children and mothers’ occupation: A case-control
study», Journal of Epidemiology and Community Health , vol. 45, no 1, pp. 11-15.

Ng, T.P., Hong, C.Y., Goh, L.G., Wong, M.L., Koh, K.T. et Ling, S.L., 1994: «Risks of
asthma associated with occupations in a community-based case-control study», American
Journal of Industrial Medicine , vol. 25, no 5, pp. 709-718.

Punnett, L., Robins, J.M., Wegman, D.H. et Keyserling, W.M., 1985: «Soft tissue disorders in
the upper limbs of female garment workers», Scandinavian Journal of Work, Environment
and Health , vol. 11, no 6, pp. 417-425.

Redlich, C.A., Beckett, W.S., Sparer, J, Barwick, K.W., Reily, C.A., Miller, H., Sigal, S.L.,
Shalat, S.L. et Cullen, M.R., 1988: «Liver disease associated with occupational exposure to
the solvent dimethylformamide», Annals of Internal Medicine , vol. 108, no 5, pp. 680-686.

Schibye, B., Skov, T., Ekner, D., Christiansen, J.U. et Sjogaard, G., 1995: «Musculoskeletal
symptoms among sewing machine operators», Scandinavian Journal of Work, Environment
and Health , vol. 21, no 6, pp. 427-434.

Sobel, E., Davanipour, Z., Sulkava, R., Erkinjuntti, T., Wikström, J., Henderson, V.W.,
Buckwalter, G., Bowman, J.D. et Lee, P.J., 1995: «Occupations with exposure to
electromagnetic fields: A possible risk factor for Alzheimer’s disease», American Journal of
Epidemiology , vol. 142, no 5, pp. 515-524.

RÉFÉRENCES COMPLÉMENTAIRES
Centre d’études techniques des industries de l’habillement (CETIH), 1995: Industrie de
l’habillement. Sécurité des personnes: mise en conformité des équipements de travail. Outils
et démarche d’accompagnement (Cholet).

Courcel, M., 1979: «La prévention des accidents dus aux machines à coudre», Prévention et
sécurité du travail (Lille), vol. 122, pp. 25-29.

Gandon, M., 1995: «La modernisation dans l’industrie de l’habillement», Les cahiers de
l’ANACT , juillet, no 5, pp. 3-63.

Solinger, J., 1961: Apparel Manufacturing Analysis (New York, Textile Book Publishers).

Partie XIV. Industries des textiles et de l'habillement English


Responsable de Production Textile


Métiers

Source : Textile - Métiers du textile

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Famille de métiers
Production

Missions
Planifier, organiser et optimiser l'activité et les moyens de production d'une entreprise en
manageant une ou plusieurs équipes de production sur un ou plusieurs sites.

Environnement et conditions de travail


Peut s'exercer par roulement, les fins de semaine, jours fériés ou de nuit.
Le port d'Equipements de Protection Individuelle -EPI- ou d'une tenue professionnelle (gants,
blouse, …) peut être requis. 

Tendances d'évolution
Ouverture du métier à l'international

Activités
Techniques

 Veille et recherche sur les nouvelles technologies et méthodes de son secteur


 Recherche de solutions pour améliorer la productivité, la réactivité et la qualité de la
production
 Elaboration du programme de fabrication
 Définition du planning de la production
 Planification et ordonnancement des essais sur de nouveaux produits ou procédés
 Traitement des problèmes de process de production
 Contrôle et suivi du déroulement de la fabrication

Capacités
Techniques

 Evaluer le retour prévisionnel d'un investissement


 Rechercher et proposer des solutions pour améliorer les performances
 Rédiger le cahier des charges d'un investissement
 Etablir un planning de production
 Organiser et gérer les activités quotidiennes de son secteur
 Adapter l'organisation et le fonctionnement des services en fonction du volume et de
la nature de la production
 Coordonner l'activité de l'unité de production avec les autres services internes
 Coordonner la gestion des anomalies liées à son secteur d'activité
 Veiller au respect des procédures et des paramètres qualité
 Veiller à l'application des règles d'hygiène, de sécurité, des conditions de travail et
d'environnement

Managériales

 Coordonner et animer une équipe


 Organiser la délégation des responsabilités et des moyens dans son champ de
responsabilité
 Suivre les indicateurs d'activité et agir de manière corrective si nécessaire
 Fixer des objectifs quantitatifs et qualitatifs et en vérifier la réalisation
 Gérer et optimiser les moyens et les ressources
 Elaborer un planning prévisionnel d'activité dans son domaine
 Définir et exploiter des indicateurs pertinents et des tableaux de bord

Sociales et organisationnelles

 Rédiger des documents, courriers, notes ou rapports techniques pour des destinataires
internes ou externes à l'entreprise
 Recueillir, synthétiser, exploiter des données et indicateurs

Connaissances
 Produits/matériaux textiles fabriqués (tissus, tricots, non tissés… /caractéristiques,
process…)
 Gestion du personnel
 Techniques de management
 Processus et procédures de production
 Logiciels de gestion de production assistée par ordinateur (GPAO)
 Principes et techniques de maintenance préventive et curative
 Economie d'entreprise
 Méthodes de résolution de problèmes
 Anglais
 Processus de fabrication (selon spécificités des produits confectionnés)
 Gestion de production
 Matières premières textiles (origines des fibres, caractéristiques, comportement…)
 Analyse de travail et organisation

Formation/Diplômes et expériences
Expériences

 Accessible avec un Master (Master professionnel, diplôme d'ingénieur, …) dans les


secteurs techniques (mécanique, électronique, chimie, ….), complété par une
expérience professionnelle en production.
 Il est également accessible à partir d'un diplôme de niveau Bac+2 (BTS, DUT)
complété par une expérience professionnelle dans le secteur.

Formation/Diplômes

 Titre Professionnel Technicien(ne) Supérieur(e) en Gestion de Production


 Titre Professionnel Technicien(ne) de Production Industrielle
 Licence Pro Gestion de la production industrielle Textile Habillement
 Licence Pro Modes et Hautes Technologies
 Licence Pro Techniques Industrielles et Qualité Appliquées aux Textiles
 Master Spécialisé Matériaux et Revêtement Textile
 BTS Productique Textile option A : Filature
 BTS Productique Textile option C : Tissage
 BTS Productique Textile option B : Bonneterie
 BTS Productique Textile Option D : Ennoblissement
 Licence Pro Management de la Production Textile
 Licence Pro Production Industrielle Textiles Techniques et Fonctionnels
 Master Recherche Mécanique et sciences des Fibres
 CQPI Animateur(rice) d'Equipe Domaine Industriel
 Licence Pro Production Industrielle Textiles à Usages Techniques
 Diplôme Ingénieur Textiles et Fibres
 Diplôme Ingénieur Technologies, management international textiles
 Master Spécialisé Ingénierie Textile
 Diplôme Ingénieur Textiles Techniques et Fonctionnels
 Diplome Universitaire Génie Mécanique et Productique Orientation Textiles à Usage
Technique
 Diplome Universitaire Chimie Spécialisation Chimie de la Couleur et du Textile
Autres appellations
Chef de département fabrication , Chef de département production, Chef de fabrication , Chef
de ligne de production, Chef de production, Chef de produit en production industrielle, Chef
de secteur de production, Chef de service fabrication, Chef de service production, Chef d'unité
de fabrication, Chef d'unité de production, Directeur(rice) de fabrication, Directeur(rice) de
production industrielle, Directeur(rice) d'unité de production ; Directeur(rice) technique en
fabrication industrielle, Directeur(rice) technique en production, Directeur(rice) industriel(le),
Responsable de chaîne de production, Responsable de fabrication, Responsable de ligne de
fabrication, Responsable de ligne de production industrielle, Responsable de production,
Responsable d'exploitation, Responsable d'unité de production industrielle 

En savoir plus
Observatoire des métiers Mode-Textiles-Cuirs : Les fiches métiers de la branche "Textile"

Les formations qui mènent à ce métier


 TEXTILE
 GESTION PRODUCTION

Gestion de la production : Rôle et organisation


 
  

  
A- Rôle et importance de la gestion de la production
 
La gestion de la production est la mise en application de méthodes et
techniques dans le but d’accomplir la transformation des matières en produits
fini. Elle se résume en la combinaison de ressources, parmi lesquelles les
moyens matériels (les machines), les moyens humains (le personnel par
qualification) et les matières (matières premières, matières consommables)
dans un planning avec pour but d’assurer la fabrication du produit en qualité et
en quantité définies.
 
Dans un environnement économique devenu aussi concurrentiel que le notre,
les enjeux financiers sont cruciaux. Le prix de vente des produits dépend de
plus en plus de la demande du marché et reste très influencé par la
concurrence. Afin de rester compétitive et surtout garantir une marge
bénéficiaire convenable sur la vente de leurs produits, les entreprises
industrielles ont pour principal recours la réduction du coût de production. Le
champ d’action de la gestion de la production dans l’entreprise est vaste,
couvre de nombreuses activités et interpelle les professionnels de différents
domaines de formation.
 
 
Les contraintes rencontrées sont de divers ordres :
 

 Financières (produire à un coût optimal), coût des matières et


consommables, coût de stockage des encours et des produits semi
ouvrés, coût de gestion des magasins, coût des heures de travail
supplémentaires, coût des arrêts …faisant partie intégrante du coût de
revient, maîtriser ces derniers est aussi une garantie pour la
commercialisation des produits finis ; 

 Temporelles (produire dans les délais, assurer une livraison juste à


temps), éviter les ruptures de stocks, éviter le gonflage des stocks de
produits finis. Car cela a une incidence directe sur la satisfaction de la
clientèle (pertes de commandes) ou sur le coût de revient du produit
finis dû au coûts supplémentaires du stockage.  

 Mécaniques (maintenance préventives et gestion des temps d’arrêt),


anticiper sur les pannes et prévoir des solutions alternatives en cas
d’arrêt d’une machine,  

 Qualité (produire avec le moins de défauts possible, le moins de


déchets), un produit de bonne qualité participe à la fidélisation de la
clientèle, véhicule l’image de marque de l’entreprise. 

 Planification : assurer une circulation continue des flux, détecter et


supprimer les goulets d’étranglement dans le circuit de production. Il
s’agit aussi à ce niveau de définir un plan de production, de définir les
gammes opératoires, d’ordonnancer les opérations, et enfin de gérer la
répartition des taches durant tout le processus de fabrication.

  
D’un point de vue de la logistique en
particulier, l’organisation de la gestion de
la production porte sur la mise en place
de solutions visant à satisfaire ces
différentes contraintes. Notamment :
 

o Le choix de la politique
d’approvisionnement des
matières : choix des sources
d’approvisionnement, planification
des commandes, livraisons juste
à temps ;
o Le choix de la politique de
stockage : type et taille des
magasins, externalisation du
stockage ;
o La politique de fabrication :
production continue, production
discontinue, ordonnancement de
la production, le volume de
production par rapport aux
objectifs de vente ;
o La politique commerciale :
gestion du réseau de distribution
physique, intégration des
méthodes de gestion

 
 
B- Organisation du système de gestion de la production.
 
Dans une entreprise industrielle de nombreux services composent le système
de production :
 

 Le bureau des études : il est en charge de la conception des produits


finis qui seront fabriqués. Pour chaque produit, il dresse la liste des
composants dans une structure de décomposition appelée
nomenclature. Deux principales familles de logiciels sont alors utilisées
pour accomplir cette tache : les logiciels de CAO (Conception Assistée
par Ordinateur) et les logiciels de CFAO (Conception de la Fabrication
Assistée par Ordinateur) 

 Le bureau des méthodes : il définit de la manière la plus détaillée


possible les différentes opérations à réaliser lors de la fabrication du
produit, en précisant les moyens matériels requis, mais aussi l’ordre et
les délais dans lesquels elles sont exécutées. Il s’agit de la définition
des gammes opératoires. Le bureau des méthodes choisit les opérations
qui seront automatisées afin de diminuer les délais de fabrication,
assurer la production de produits de bonne qualité (avec le moins de
défauts possibles), diminuer le nombre de taches répétitives et
dangereuses pour le personnel.  

 Le bureau de planification : en fonction de la demande des produits, des


prévisions de consommation, ce service coordonne et régule les
activités de production. Il est en charge du choix des sources
d’approvisionnement, de la planification des livraisons de matières et
consommables et de la gestion des stocks. Il définit et gère le plan
industriel et commercial de l’entreprise. 

 Le bureau d’ordonnancement : il définit et gère le plan directeur de


production ; organise les activités et décrit l’ordre dans lequel elles sont
exécutées au sein des différentes unités de fabrication. Il programme la
succession des tâches à réaliser en un délai optimal. Pour l’atteinte de
ses objectifs, les outils/Méthodes suivant sont  utilisés : LA MÉTHODE
DE GANTT - La méthode PERT – La méthode des potentiels Métra - La
méthode OPT - La méthode FMS - La méthode de Johnson - La
programmation linéaire … 

 Les ateliers de production : il s’agit des cellules productrices. Les


ateliers exécutent les tâches et assurent la transformation des matières
premières en produits finis, suivant le plan défini par le bureau
d’ordonnancement.