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ENVIRONNEMENT FISCAL DES

ENTREPRISES-MASTER I

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Avertissement : Ce document est exclusivement réservé à la formation en fiscalité dispensée par Dr. GNINGUE
Année académique : 2017

« La fiscalité ne parviendrait à se construire que dans le registre de l’exception »

SYLLABUS DU COURS D’ENVIRONNEMENT FISCAL


DES ENTREPRISES MASTER II DROIT FISCAL

Cours dispensé par


Dr. Abdoulaye GNINGUE,
Docteur en Sciences de Gestion
Inspecteur des Impôts et des Domaines
Enseignant-Chercheur associé des Universités

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Avertissement : Ce document est exclusivement réservé à la formation en fiscalité dispensée par Dr. GNINGUE
« Toi qui veut te marier et qui te marieras, as-tu jamais médité sur le code civil1 » ?
Cette mise en garde adressée solennellement par Henri de MARSAY à Paul de
MARNEVILLE, jeune aristocrate fantoche, rappelle que l’un des thèmes centraux de
la Comédie humaine est la famille et le code civil. Si Balzac avait vécu suffisamment
longtemps pour assister à la promulgation du Code Général des Impôts (CGI), il est
fort probable que celui-ci aurait également une place essentielle dans l’univers
balzacien. En effet, plus aucune famille de la plus modeste à la plus fortunée,
n’échappe à l’emprise du droit fiscal2 d’où l’intérêt de ce cours.

I- Objectif du cours
Ce cours d’environnement fiscal des entreprises s’adresse à des étudiants faisant
une formation en gestion. Il leur permettra d’acquérir les connaissances nécessaires
susceptibles de leur mettre dans les conditions de conduire avec efficacité leurs
futures responsabilités.
C’est un cours qui se veut très pratique tout en s’appuyant sur un fond théorique
rigoureux.

II- Méthodes d’enseignement


L’approche active d’enseignement, qui requiert participation et implication du
stagiaire, sera privilégiée.

A l’issue de chaque chapitre, des cas pratiques seront proposés à des groupes de
deux (2) à trois (3) stagiaires.

III- Evaluation
L’évaluation se fera sur la base d’une moyenne pondérée des notes obtenues à
l’occasion des travaux de groupe, des devoirs surveillés (40%) et au test de fin de
session (60%).

1
H. DE BALZAC, La Comédie humaine, étude de mœurs, scène de la vie privée, Le contrat de mariage, tome III,
Paris, Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », 1990, P. 536.
2 ème
F. DOUET, Précis de droit fiscal de la famille, 4 édition, Litec, P. 01.

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INTRODUCTION GENERALE
Le droit fiscal est la branche du droit permettant la participation des sujets de droit
(aussi bien personnes physiques que personnes morales) à l’organisation financière
de l’Etat et à l’expression de sa politique économique et sociale3. Les règles fiscales
sont établies par l’Etat, dans son intérêt, pour régir ses rapports avec les particuliers.
Néanmoins, lorsqu’elles sont appliquées aux entreprises, la lourdeur de la charge
financière qui en découle incite ces dernières à intégrer la variable fiscale dans toute
décision de gestion et dans toute relation avec les tiers4. Par ce biais, la fiscalité fait
partie intégrante de la gestion des entreprises.
La liberté de gestion
Le principe reste la liberté de gestion. L’administration n’a pas à s’immiscer dans la
gestion de l’entreprise. La connaissance de la fiscalité est d’abord nécessaire pour
satisfaire aux nombreuses obligations qu’elle met à la charge de l’entreprise ; la
connaissance des charges fiscales est également importante pour la politique des
prix de revient ; tout comme la fiscalité peut avoir une incidence sur les diverses
décisions de gestion. D’où l’existence d’une véritable gestion fiscale de l’entreprise,
c’est-à-dire l’action pour celle-ci de réduire sa charge fiscale en réalisant une
économie supérieure aux risques qu’elle peut être amenée à prendre.
Limites à la liberté de gestion
La théorie de l’acte anormal de gestion, développée par la jurisprudence, entend
prévenir l’érosion de la matière imposable. Elle repose à limiter la liberté de gestion
dont jouissent les entreprises, auxquelles l’administration pourra refuser la déduction
de certaines charges considérées comme anormales, ou alors imposer la
réintégration de gains qui auraient dû être normalement perçus. Un acte de gestion
ne sera considéré comme normal que s’il participe à l’intérêt de l’entreprise.
Autrement dit, une charge engagée par l’entreprise, alors qu’elle n’y avait aucun
intérêt, et qui bénéficie exclusivement à un tiers, sera considérée comme anormale,
et donc réintégrée au résultat imposable.
L’imposition à l’IR ou à l’IS : une question de droit et une question de
choix
Le Code général des impôts n’est pas indifférent à la nature juridique des personnes
qu’il assujettit à l’impôt. Ainsi, certains prélèvements visent spécifiquement les
personnes physiques (c’est notamment le cas de l’impôt sur le revenu) alors que
d’autres concernent uniquement les personnes morales (l’impôt sur les sociétés par
exemple). Mais, le droit fiscal est surtout attentif à la réalité de la vie économique.
Or, de ce point de vue, la notion d’entreprise (entendue comme un ensemble de
moyens matériels et humains poursuivant une activité économique) est beaucoup
plus significative que celle de personne morale ou de personne physique. Cela
explique, pour l’essentiel que le CGI s’efforce de soumettre toutes les entreprises (les
professionnels) à des règles d’imposition analogues, indépendamment de leur forme
juridique5.

3
P. SERLOOTEN, Droit fiscal des affaires, Dalloz 2005, p. 1.
4
Idem.
5
M. COLLET, Droit fiscal, PUF Thémis, 2007, p. 327.

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Pour la plupart des activités économiques, les créateurs d’entreprises ont le choix
entre plusieurs formules juridiques. Ils peuvent opter pour la fondation d’une société,
ou préférer exercer leur activité de manière individuelle, en embauchant
éventuellement des salariés, mais sans créer de structure juridique particulière. Les
considérations fiscales interviennent parfois dans ce choix6.
Entreprises soumises à l’IR
L’impôt sur le revenu frappe en premier lieu les entreprises qui n’ont pas la
personnalité morale (pour l’essentiel les entreprises individuelles). C’est alors
l’entrepreneur lui-même qui est personnellement redevable de l’impôt sur les
bénéfices générés par l’exploitation. De même, de nombreuses personnes morales
dites fiscalement « transparentes » voient leurs bénéfices soumis à l’impôt sur le
revenu, par le biais de leurs associés. La plupart des sociétés soumises à l’IR sont
des « sociétés de personnes » c’est-à-dire celles dont la création et le
fonctionnement reposent sur la personnalité des associés, par opposition aux
« sociétés de capitaux », où compte seulement l’apport financier des associés.
Entreprises soumises à l’IS7
Alors que, s’agissant de l’IR, le rattachement aux BIC est principalement lié à la
nature de l’activité en question, la soumission à l’IS dépend surtout de la forme
juridique de l’entreprise. Sont principalement concernées les entreprises
commerciales, exceptionnellement, certaines personnes morales n’ayant pas la forme
de société, comme les GIE et les associations.
Caractères du droit fiscal
Le droit fiscal présente deux caractères essentiels qui sont de plus en plus discutés :
autonomie et réalisme.
L’autonomie du droit fiscal
Le droit fiscal est une discipline juridique qui a, cependant développé une certaine
spécificité, voire une autonomie par rapport aux autres disciplines. La loi fiscale et la
jurisprudence ont forgé des concepts qui restent propres au droit fiscal, même si la
terminologie est emprunté à d’autres disciplines telles le droit commercial ou le droit
comptable (domicile, revenu, bénéfice, transparence, etc.).
La thèse de l’autonomie du droit fiscal est contestée par certains auteurs comme
Maurice Cozian, qui pensent que chaque discipline a ses règles propres, sa
spécificité, sans pour autant que l’on parle d’autonomie.
Le réalisme du droit fiscal
Le droit fiscal se contente de constater l’existence de la matière imposable, sans
s’intéresser au caractère licite ou illicite de son origine. Par ailleurs, l’administration
fiscale peut restituer à une opération juridique son caractère véritable, pour
déterminer les bases de l’impôt et réclamer en conséquence le montant de l’impôt
dû. La loi fiscale « est destinée à frapper la matière imposable, sans se préoccuper

6
Idem, p. 333.
7
Ce n’est qu’en 1948 que la loi a créé un impôt sur les bénéfices spécifique aux personnes morales : l’impôt
sur les sociétés.

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de savoir ce qu’elle vaut en droit… elle frappe des états de faits et non des situations
de droit »8.
Certains auteurs estiment que le droit fiscal n’a rien d’original ou d’audacieux, car le
réalisme dont il se réclame se retrouve également dans les autres disciplines
juridiques ou économiques.

Choix de la forme sociale


Lors de la création d’une entreprise, on peut choisir entre la forme individuelle et la
forme sociétaire et, si cette dernière est retenue, entre une société de personnes et
une société de capitaux.
Choix entre forme individuelle et forme sociétaire
Forme individuelle
La plupart des petites entreprises ont une forme individuelle. La création d’une
entreprise individuelle a les conséquences fiscales suivantes :
- les résultats sont imposables à l’IR dans la catégorie correspondant à l’activité
de l’entreprise ;
- l’adhésion à un centre de gestion agréé permet de bénéficier de l’abattement
du taux réduit et d’un abattement complémentaire de 270 000 pour le calcul
du droit proportionnel.
Forme sociétaire
C’est la plus avantageuse sur les points suivants :
- il y a une séparation du patrimoine personnel et du patrimoine professionnel ;
- cette forme facilite la couverture des besoins de financement grâce à
l’émission de parts ou d’actions ;
- l’arrêt d’activité du dirigeant n’entraîne pas nécessairement la dissolution de
la société ; il peut y avoir cession des parts si la situation le permet.

Choix entre société de personnes et société de capitaux


Dans les sociétés de personnes (notamment les SNC), les associés sont imposables
sur leur part de résultat, avant toute distribution (ce qui est un avantage en cas de
déficit de la société, leur part de déficit étant déductible de leurs autres revenus).
Dans les sociétés de capitaux, les associés sont responsables dans la limite de leurs
apports et la cession des parts est facilitée. Les sociétés de capitaux sont soumises à
l’IS.

D’une manière générale, le revenu est imposé différemment selon qu’il est perçu par
des particuliers ou par des sociétés. On envisagera successivement les régimes
d’imposition intéressant les personnes physiques, puis les régimes spécifiques aux
personnes morales.

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Commissaire du gouvernement Corneille, conclusions sous Syndicat des agents généraux des compagnies
d’assurances du territoire de Belfort, CE 21 janvier 1921.

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GENERALITE SUR LA FISCALITE INDIRECTE
Les impôts indirects frappent les revenus au moment où ils font l’objet d’un emploi.
Ils tendent à appréhender au profit de l’Etat, une partie de la quote-part des revenus
affectés par les différentes unités de consommation à l’acquisition de biens et
services nécessaires à la satisfaction de leurs besoins. Ils frappent essentiellement
les échanges. La monnaie servant en principe à la fois d’étalon de valeur et de
moyen de paiement et de règlement, ces impôts peuvent s’analyser en fait en un
prélèvement opéré au profit du trésor public sur la circulation monétaire.
Il y a deux techniques qui sont généralement mises en œuvre pour appréhender les
dépenses :
Première technique
Grever certains biens soit d’un impôt forfaitaire exigible par unité (kg, litre, etc.) soit
d’un impôt en pourcentage sur la valeur de ces biens au moment où ils sont mis à la
consommation. Dans ce cas, il s’agit d’impôts spéciaux à caractère spécifique grevant
certains biens de consommation privilégiés et le cas échéant, certains services à
caractère somptuaire.
Exemple : la taxe spécifique sur l’alcool.
Le principe est simple. A chaque stade bien choisi du circuit économique d’un produit
déterminé, une taxe unique est perçue en une seule fois selon un tarif spécifique ou
ad valorem. Cette technique présente des avantages évidents. Elle est souple et
simple tant entendu que la règlementation peut être adaptée aux nécessités
technologiques de chaque produit. .
Deuxième technique
Prélever un pourcentage de la valeur des produits ou des services au moment où ils
font l’objet de transaction. Dans ce cas, il s’agit de taxe ad valorem susceptible dans
une économie de marché (caractérisée par le recul du secteur "autoconsommation"
et l’intervention de l’Etat dans la vie économique et sociale) de soumettre à l’impôt
sur la dépense l’ensemble des transactions portant sur les biens et services.
Exemple : la taxe sur la valeur ajoutée
Il convient de noter que quels que soient la technique d’assiette et le mode de
perception retenu, le montant de l’impôt indirect constitue un des éléments directs
du coût de revient des produits vendus et se trouve de facto répercuté sur le prix des
biens et services utilisés par le consommateur contribuable réel de l’impôt d’où le
reproche de facteur de la vie chère fait aux impôts indirects. Pourtant le reproche ne
doit pas être l’apanage de ces derniers, mais demeure valable pour tous les impôts
qu’ils soient directs ou indirects, car la théorie de la rentabilité et la détermination
des coûts exige en pratique la répercussion de toute charge de l’entreprise dans le
prix.

I. Spécificités des impôts indirects


Les impôts indirects se répartissent en trois groupes :
- la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) ;
- la taxe sur les activités financières ;

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- les droits d’accises ou encore appelés taxes spécifiques qui frappent certains
produits.
Deux éléments à notre avis constituent la spécificité des impôts indirects.
1. Différenciation entre deux catégories d’assujetties
En matière d’impôt indirect celui qui paie n’est pas celui qui supporte définitivement
l’impôt. C’est ainsi que l’on distingue le redevable légal du contribuable réel. Le
redevable légal sert d’intermédiaire entre le consommateur auprès de qui il collecte
la taxe qu’il va reverser par la suite au trésor public.
2. Caractère anesthésiant, indolore de l’impôt
La taxe est incluse, voire occultée dans le prix des biens et services. Celui qui la
supporte n’a pas conscience de payer l’impôt.

II. Caractères généraux et importance des impôts indirects


Les impôts indirects se classent parmi les impôts sur la dépense. D’une manière
générale, ils sont incorporés dans le prix par les vendeurs ou les prestataires de
services puis reversés périodiquement par ceux-ci dans les caisses du Trésor. Ce sont
les consommateurs qui en définitive en supportent la charge. Ils occupent parmi les
différents impôts une place de tout premier rang en raison tant de l’importance des
ressources qu’ils procurent que des possibilités d’action sur l’économie qu’ils offrent à
la puissance publique.
Ils répondent en effet d’une manière toute particulièrement aux impératifs
budgétaires à l’époque moderne.
S’appliquant à un très grand nombre d’opérations, ils constituent un "impôt de
masse" à rendement élevé. Ces impôts "ad valorem", ils suivent fidèlement la
conjoncture, procurant automatiquement au trésor public, des rentrées
supplémentaires en période d’expansion économique ou d’inflation monétaire. La
perception et le contrôle des impôts indirects ne nécessitent qu’un personnel
relativement important. Enfin discrètement incorporés dans le prix par les agents
économiques, ils réalisent le mieux "l’anesthésie fiscale".
Les impôts indirects offrent par ailleurs à l’Etat des moyens d’action appréciables
pour la réalisation de ses objectifs économiques ou sociaux.
Ainsi, en cas de tendance inflationniste des augmentation de taux permettent
d’éponger une partie du pouvoir d’achat excédentaire et freinent la consommation.
En période de récession, des diminutions de taux peuvent encourager la reprise des
affaires.
Les impôts indirects peuvent également être utilisés d’une manière sélective. La
détaxation des opérations faîtes à l’étranger favorise le commerce extérieur et la
rentrée de devises. L’application des taux réduits à certains produits et services peut
contribuer au développement de certains secteurs comme le tourisme.
L’exonération de certaines opérations permet à des activités peu rentables mais
socialement intéressantes de survivre.

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III. Clarification conceptuelle du champ lexical de la fiscalité indirecte
Champ d’application
Domaine d’un impôt défini par la loi.
Exemption
C’est une opération qui se situe hors du champ d’application de l’impôt.
Exonération
C’est une opération qui se situe dans le champ d’application de l’impôt, mais qui en
est dispensée par une disposition de la loi.
Territorialité
C’est l’application de l’impôt dans l’espace, aux opérations réalisées sur le territoire, y
compris l’espace aérien et les eaux territoriales. L’existence d’un champ d’application
territorial de l’impôt dérive de la souveraineté fiscale des Etats qui n’est elle-même
qu’un élément de la souveraineté politique. La notion de frontière fiscale revêt d’une
importance considérable en matière d’impôt parce que celui-ci frappe des actes, des
faits sans considération de la personne qui les effectue, de sa nationalité ou de sa
résidence.
Fait générateur
C’est le fait matériel ou juridique qui donne naissance à la dette envers le Trésor
public. C’est à la date du fait générateur qu’il faut se placer pour déterminer le
régime fiscal d’une opération donnée.
Exigibilité
C’est la date limite à laquelle l’impôt doit être payé (le quinze (15) du mois suivant
celui de réalisation de l’opération).
C’est à la date de l’exigibilité qu’il faut se placer pour déterminer la date de
prescription.
La base imposable
C’est la valeur exprimée en monnaie des affaires imposables, valeur à laquelle sera
appliqué le taux de la taxe fixée par la loi.
Le Taux
C’est le pourcentage fixé par loi, appliqué à la base imposable pour obtenir la TVA
brute. Le taux actuellement appliqué au Sénégal est de 18%.
Liquidation de l’impôt
C’est l’opération qui consiste à déterminer le montant de l’impôt exigible en
appliquant à la base d’imposition le taux ou le tarif de l’impôt à payer.
Le Contribuable
C’est la personne qui supporte le coût final de l’impôt.

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Le Redevable
C’est la personne ou l’entreprise qui collecte les impôts et les verse au Trésor sans
les supporter.
L’Assujetti
C’est celui qui effectue d’une manière indépendante à titre habituel ou occasionnel
une activité passible d’impôt.
Assujetti partiel
C’est un redevable qui n’est soumis à la TVA que sur une partie de son activité.
Assujetti optionnel ou volontaire
C’est un redevable qui n’est pas soumis à la TVA parce qu'il est exonéré mais qui
opte sous certaines conditions pour le paiement de cette taxe.
TVA Collectée
C’est la TVA que collecte le redevable sur ses clients au moment des ventes ou de
l’accomplissement des services. Elle est aussi appelée TVA brute ou TVA exigible.
TVA Supportée
C’est la TVA qui a grevé les achats de biens et services effectués par le redevable. La
TVA supportée non déductible devient une charge d’exploitation.
TVA à payer
C’est la différence positive résultant de la soustraction entre la TVA collectée et la
TVA supportée ou déduction.
TVA à payer = TVA collectée – TVA supportée
Crédit d’impôt
C’est l’excédent provisoire ou permanent des taxes déductibles sur la TVA brute. Il
est à reporter au prochain mois. Il peut selon quelques modalités, faire l’objet d’un
remboursement.
Restitution
C’est le remboursement dans certains cas et sous certaines conditions des déductions
non imputées totalement ou des versements effectués par erreur.
Droit à déduction
C’est le droit reconnu à tout assujetti de récupérer par imputation (soustraction) sur
la TVA brute, la TVA qui a grevé certains éléments du prix de revient d’après les
conditions déterminées par la loi.
Le Prorata (pourcentage)
Il précise que les déductions financières ne sont pas accordées à l’intégralité, mais
selon un pourcentage.
Contribution Globale Unique (CGU)
C’est un impôt synthétique qui se traduit par une simplification des méthodes de
calcul.

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LA TAXE SUR LA VALEUR AJOUTEE
D’après Alan TAIT, sous sa forme habituelle, la TVA est un impôt indirect prélevé sur
chaque opération de vente depuis le début du cycle jusqu'à la vente au
consommateur final. Tout au long du processus, chaque vendeur perçoit la TVA que
lui verse l'acheteur au moment de la vente, en déduit toute la TVA qu'il aura lui-
même acquittée sur ses achats et verse le solde à l'Etat.
La TVA ainsi définie est très théorique. La réalité juridique issue de la loi est plus
complexe. Des considérations politiques, budgétaires ou sociales la rendent plus
compliquée.
C'est cette réalité que nous tenterons de découvrir en abordant d’abord le champ
d'application, avant d'élucider la mise en application de la taxe.

Section I : Champ d’application de la TVA


Le champ d’application d’un impôt, c’est le domaine de définition de cet impôt par la
loi.
Le champ d’application de la TVA est relativement complexe. Pour le circonscrire
nous allons utiliser une méthode descriptible par deux voies parallèle. Il faut en effet
définir en premier lieu le champ opérationnel et ensuite le champ territorial.
L’étude du champ opérationnel conduit à définir les opérations imposables ainsi que
les personnes assujetties. Ce champ opérationnel est limité dans un espace définie
par les règles de territorialité.
Le champ d’application est traité aux articles 352 à 361 du Code général des Impôts
(CGI). Le nouveau CGI a procédé à un réaménagement des règles de base
concernant les notions d’assujetti, d’opérations imposables, de base d’imposition, de
fait générateur et d’exigibilité en conformité avec la Directive n° 02/98/CM/UEMOA
du 22 décembre 1998 de l’UEMOA.

Paragraphe I : Les opérations imposables


Les opérations imposables à la TVA s’entendent des opérations situées dans le
champ d’application de cette taxe. Ces opérations sont soit effectivement imposées à
la TVA, soit exonérées de cette taxe.
Les opérations imposables à la TVA peuvent être classées en deux catégories :
- les opérations obligatoirement imposables à la TVA ;
- les opérations imposables par option.
A. Les opérations obligatoirement imposables à la TVA
Les opérations obligatoirement imposables sont définies à l’article 352 du CGI. Au
sens de cet article sont imposables à la TVA, les livraisons de biens et les prestations
de services, effectuées à titre onéreux par un assujetti agissant en tant que tel, à
l’exclusion des activités agricoles et des activités salariées au sens du Code du
Travail.
Les livraisons de bien à soi-même, les prestations de services à soi-même ainsi que
les importations sont également obligatoirement imposables.

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1. Définition de la notion de livraison de biens
Les livraisons de biens s’entendent du transfert du pouvoir de disposer d’un bien en
qualité de propriétaire.
Le contrat translatif de propriété le plus courant est le contrat de vente. Les
livraisons de biens meubles corporels s’identifient donc en premier lieu aux ventes
portant sur de tels biens.
L’électricité, le gaz, la chaleur, le froid et les biens similaires sont assimilés à des
biens meubles corporels. Ils sont par conséquent dans le champ de la livraison de
biens. Les travaux immobiliers sont également assimilés à des livraisons de biens.
En revanche, les opérations comportant le transfert de propriété de biens meubles
incorporels sont considérées comme des prestations de services.
2. Assimilation de la livraison à soi-même à une livraison de biens
L’article 352 du CGI assimile les livraisons à soi-même de biens (LSM) à des
livraisons de biens à titre onéreux.
Désormais, la loi n’opère plus de distinction entre d’un côté les livraisons à soi-même
pour les producteurs ou les entrepreneurs de travaux immobiliers et de l’autre, les
prélèvements pour les revendeurs en l’état.
La LSM peut, en effet, être le fait d’un producteur ou d’un entrepreneur de travaux
immobiliers tout comme elle peut être réalisée par un revendeur en l’état.
Constitue une livraison à soi-même de biens le prélèvement ou la production par un
assujetti d’un bien tiré de son stock qu’il affecte à des besoins autres que ceux de
son exploitation ou pour être cédé à un tiers à titre gratuit.
N’est pas considéré comme une livraison à soi-même, le prélèvement effectué pour
faire des cadeaux de faible valeur ou échantillons pour les besoins de l’entreprise. Est
considéré comme un cadeau de faible valeur un cadeau d’une valeur unitaire
inférieure ou égale à 20.000 FCFA hors taxes.
3. Définition de la notion de prestations de services
Est considérée comme une prestation de services l’opération autre qu’une livraison
de biens telle que définie ci-dessus. Tel est le cas notamment :
− des cessions et concessions de biens meubles incorporels ;
− des locations de biens meubles ou immeubles ;
− des transports et prestations accessoires ;
− des ventes à consommer sur place ;
− des opérations de commissions ;
− des opérations de courtage ;
− des travaux d’études, de recherche et d’expertise ;
− des abandons de créances ou des subventions consentis pour des motifs
commerciaux, c’est- à- dire lorsque la créance abandonnée ou les sommes
versées constituent en fait la contrepartie d’une opération quelconque réalisée au
profit de la partie versante ou lorsqu’elles complètent le prix d’une opération
taxable ;

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− des prestations des télé-services ;
− d’une manière générale, de toutes les opérations relevant du louage d’industrie
ou du contrat d’entreprise par lequel une personne s’oblige à exécuter,
moyennant une rémunération déterminée ou en échange d’un autre service, un
travail quelconque ou à exercer des activités qui donnent lieu à la perception de
profits divers.
4. Assimilation de la prestation à soi-même à une prestation de service
L’article 352 du CGI assimile les prestations à soi-même de services (PSM) à des
prestations de services effectuées à titre onéreux.
Constitue une prestation à soi-même de services l’utilisation d’un bien de l’entreprise
pour des besoins autres que ceux de l’exploitation ou la prestation de services
effectuée par l’assujetti à des fins étrangères à l’exploitation ou au profit de tiers à
titre gratuit.
Sont notamment considérés comme recouvrant des besoins autres que ceux de
l’entreprise :
− les services qui bénéficient en fait, personnellement aux chefs
d’entreprise, aux dirigeants, aux membres du personnel et aux tiers ;
− les services relatifs à des biens meubles ou immeubles non affectés à
l’exploitation ;
− les services constituant des libéralités ou des dépenses dont le rapport
avec l’objet de l’entreprise n’est pas établi.
Toutefois, les services fournis au personnel en tant qu’avantages en nature
imposables à l’impôt sur le revenu au titre des salaires sont considérés rendus pour
les besoins de l’exploitation.
5. Les opérations effectuées à titre onéreux
La notion de livraisons de biens ou de prestations de services effectuées à titre
onéreux suppose :
− l’existence d’une contrepartie quelconque. Celle-ci peut être en espèce ou
en nature ;
− l’existence d’un lien direct entre le bien livré ou le service rendu et la
contrepartie.
Certaines opérations ne répondent pas exactement aux critères de définition des
livraisons de biens ou prestations de services mais n’en demeurent pas moins des
opérations taxables. Il en est ainsi :
− des attributions forfaitaires de frais ou les débours forfaitaires;
− des suppléments de prix, quelle que soit leur nature ;
− des compléments de prix directs ou indirects quelle que soit leur origine ;
− des indemnités représentatives de services ;
− des indemnités de péréquation faisant partie intégrante du prix d’un bien
ou d’un service.
Toutefois, ne sont pas considérées comme des opérations taxables :

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− les indemnités d’assurances reçues en cas de sinistre et constituant la
juste réparation d’un préjudice ;
− les indemnités conventionnelles ou judiciaires perçues en réparation d’un
préjudice ;
− les aides reçues présentant un caractère financier ;
− les remboursements de débours réels reçus d’un tiers pour le compte
duquel des dépenses ont été engagées ;
− les subventions d’équipement.
6. Les importations
L’importation de biens au Sénégal donne lieu à la perception de la TVA. Le passage
de la frontière est considéré comme un acte imposable par lui-même, qu’il y ait ou
non transfert de propriété et que l’opération d’importation soit effectuée à titre
onéreux ou gratuit.
L’importation est constituée par le franchissement du cordon douanier en vue de la
mise à la consommation sur le territoire du Sénégal. Pour les marchandises placées
sous régime suspensif de droits et taxes, la TVA est suspendue jusqu’à la mise à la
consommation au sens douanier du terme.

B. Les opérations imposables par option


Aux termes de l’article 353 du CGI, l’option pour l’imposition à la TVA est réservée
aux opérations de vente des produits de la pêche, de l’agriculture par les
agriculteurs, les opérations de transport public de voyageurs faites par les
transporteurs inscrits au rôle des patentes en cette qualité titulaires des autorisations
réglementaires et pratiquant des tarifs homologués par l’autorité publique. Cette
option peut être faite à tout moment par lettre adressée aux services fiscaux. Elle
n’est applicable qu’aux livraisons effectuées à compter de sa date de notification. Elle
est irrévocable et porte obligatoirement sur toutes les opérations faites par le
redevable optionnel.
Par agriculteur, il faut entendre toute personne qui réalise à titre habituel une activité
permettant d’obtenir des produits au cours ou à la fin d’un cycle de production
végétal ou animal. Sont notamment considérés comme agriculteur : les cultivateurs
d’arachides, de mil, de maïs et de sorgho, les céréaliers, les horticulteurs, les
maraîchers, les forestiers, les éleveurs, les aviculteurs, les apiculteurs, les
pisciculteurs, les ostréiculteurs, les mytiliculteurs, les conchyliculteurs et d’une
manière générale tous les agriculteurs qui exploitent le milieu naturel à titre constant
en vue de produire des végétaux et des animaux.
L’option présente des avantages parce que la non-imposition d’une opération au
cours d’un circuit de fabrication ou de commercialisation peut aboutir à une
pénalisation puisque l’entreprise exonérée ou exemptée ne peut pas récupérer la
TVA qui lui a été facturée. Il y a rupture dans la chaîne des déductions, ce qui se
traduit par une surcharge fiscale (ce phénomène est appelé la rémanence).
D’autres raisons peuvent pousser l’entreprise pour son assujettissement à la TVA :
− possibilité de facturer la TVA aux clients assujettis qui pourront ainsi la
récupérer ;
− possibilité d’augmenter le prorata de déduction.

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Cette option se fait suivant certains paramètres :
− l’importance des stocks, des immobilisations et des frais généraux
donnant la mesure des TVA récupérables ;
− le profil de sa clientèle (assujettie ou non).

Paragraphe II : Les personnes imposables ou assujetties


Le législateur retient comme critère de définition de l’assujetti l’exercice de manière
indépendante d’une activité économique.
Ainsi, aux termes de l’article 354 du CGI, « est assujettie à la TVA toute personne qui
exerce de manière indépendante et quel qu’en soit le lieu, une activité économique,
quels que soient les buts poursuivis ou les résultats obtenus ».
Deux conditions cumulatives sont donc exigées par la loi :
1ère condition : le caractère indépendant de l’activité
L’exercice de manière indépendante d’une activité renvoie à l’activité qui est exercée
en dehors de tout contrat de travail. En revanche, le salarié n’est pas considéré
comme un assujetti puisqu’il est soumis au Code du travail, lequel le place dans un
état de subordination vis-à-vis de son employeur. De ce point de vue, le salarié est
celui qui n’agit pas d’une manière indépendante.
Sont notamment assimilées à des salariés les personnes qui :
− sont soumises à des obligations précises quant au lieu et aux horaires de
travail ;
− ne disposent que d’une liberté réduite quant à l’organisation et à
l’exécution de leur travail ;
− ont l’interdiction de travailler pour le compte d’un autre employeur ou
pour leur propre compte.

2ème condition : le caractère économique de l’activité


Par activité économique, il convient d’entendre, notamment, toute activité de
production, de travaux immobiliers, de commerce ou de prestation de services, ainsi
que toutes les opérations annexes qui y sont liées y compris les activités extractives,
artisanales, civiles et celles des professions libérales ou assimilées.
Au regard de ces deux conditions, une personne est considérée comme assujettie à
la TVA dès lors qu’elle réalise, en dehors de tout contrat de travail, l’une des
opérations ci-dessus.
Et peu importe :
- que l’activité soit exercée pour un but lucratif ou non ;
- que le résultat obtenu soit un gain, une perte ou soit nul ;
- que le prix pratiqué soit réel ou forfaitaire ;
- la situation du redevable au regard d’autres impôts ou taxes.
Pour être imposable, il ne suffit pas d’être uniquement un assujetti encore faudrait-il
qu’il agit en tant en que tel.

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L’assujetti agissant en tant que tel s’entend de toute personne qui effectue de
manière indépendante des opérations situées dans le champ d’application de la TVA,
que ces opérations donnent effectivement lieu au paiement de la TVA ou soient
exonérées.
Par ailleurs, une activité économique est en principe exercée de manière habituelle.
Le caractère habituel résulte de la réalisation répétée de livraisons de biens ou de
prestations de services.
Est également considéré comme assujetti agissant en tant que tel, le contribuable
qui, sans exercer véritablement une activité professionnelle, tire profit de
l’exploitation d’un bien immeuble ou meuble corporel ou incorporel dont il est
propriétaire.
D’une manière pratique, sont notamment considérés comme des assujettis à la TVA :
− les producteurs directs ou indirects

Est considéré comme producteur direct


- celui qui à titre principal ou accessoire fabrique des biens ou leur fait subir des
façons comportant ou non l’emploi d’autres matières soit pour la fabrication des
biens, soit pour la présentation commerciale ;
- celui qui se substitue en fait au fabricant pour effectuer ces mêmes opérations.
- Les entrepreneurs de travaux immobiliers et toute personne physique ou
morale effectuant des travaux immobiliers pour leur compte ou pour le compte de
tiers.
Font des travaux immobiliers au sens de la loi fiscale, les personnes physiques ou
morales effectuant professionnellement ou occasionnellement des travaux
concernant des biens immeubles qu’il s’agisse de travaux neufs, d’entretien, de
réparation, de réfection, de transformation, d’amélioration, de démolition ou autres
de biens immeubles, soit pour eux-mêmes, soit en qualité d’entrepreneur principal
pour un maître d’œuvre ou en tant que sous-traitant d’un entrepreneur principal.
Est considérée comme producteur indirect ou par tiers, la personne qui fait
façonner, assurer la présentation commerciale ou effectuer un autre acte de
production pour son compte par un tiers :
- soit en lui fournissant toute ou partie des matières premières nécessaires à
l’élaboration du produit ;
- soit en lui imposant des techniques résultant de brevets, procédés ou
formules dont il possède la jouissance ;
- soit en se réservant l’exclusivité de la vente. Dans ce cas, l’exclusivité doit
s’accompagner d’autres circonstances notamment des directives
particulières imposées au fabricant ou de lieu de dépendance entre
fabricant et vendeur ;
- soit en faisant apposer sa propre marque sur les biens vendus si lesdits
biens sont vendus à un prix supérieur à celui des objets similaires non
revêtus de sa marque.

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− les commerçants revendeurs en l’état : est considéré comme revendeur
en l’état, quels que soient par ailleurs les produits vendus et le chiffre
d’affaire réalisé, la personne physique ou morale qui importe ou qui achète
localement en vue de procéder à la revente en l’état desdits produits.
− les importateurs : est réputé importateur, toute personne physique ou
morale qui importe des biens ou marchandises en vue de la mise en
consommation au Sénégal.
− les prestataires de service sont d’une manière générale les professionnels
qui réalisent des affaires de nature industrielle, commerciale ou non
commerciale autres que des ventes de biens corporels. Il est difficile d’en
donner une liste limitative. Signalons à titre d’exemple :
- les intermédiaires du commerce ;
- les agents d’affaires ;
- les locations mobilières et immobilières ;
- les hôteliers, restaurateurs, aubergistes, etc.
- les blanchisseurs, coiffeurs, réparateurs, photographes … ;
- les avocats, notaires, huissiers, etc.
- les consultants, experts, comptables, commissaires au compte ;
- les architectes, géomètres, dessinateurs.
− les assujettis volontaires : il s’agit des personnes physiques ou morales qui
sont autorisées à opter pour le paiement de la TVA. Les redevables optionnels
sont soumis aux mêmes obligations que les assujettis obligatoires.
− les représentants fiscaux des assujettis étrangers : un assujetti qui
n’est pas établi au Sénégal doit désigner un représentant fiscal accrédité
auprès du service des impôts territorialement compétent. Le représentant
fiscal doit être un assujetti identifié à la TVA au Sénégal. Ce représentant est
tenu d’accomplir les formalités incombant à l’assujetti qui l’a désigné et
demeure solidairement responsable avec ce dernier du paiement de la TVA.
− à défaut de désignation d’un représentant fiscal, les personnes physiques
ou morales qui ont permis à un tiers non installés au Sénégal d’y
réaliser une opération imposable.
− les personnes ayant été autorisées à recevoir des biens ou services
en franchise de taxe ou d’une fiscalité réduite et pour lesquels les
conditions de la franchise ou de la fiscalité réduite ne sont plus remplies.
Ainsi, les assujettis qui vendent en l’état des produits reçus en franchise des
taxes ou ayant donnés lieu à déduction du fait de leur destination initiale sont
tenus de reverser l’impôt éludé. A défaut, ils sont passibles de la taxe sur le
prix de vente de ces marchandises tous frais et taxes inclus.
Paragraphe III : La territorialité de l’impôt
Le droit fiscal est d’application territorial et ce principe est appliqué dans toute sa
rigueur en matière d’impôts indirects. Ne sont imposables au Sénégal que les
opérations qui y sont réalisées.
Signalons que d’une manière générale, les conventions internationales relatives aux
impôts indirects sont fort rares ; les cas de doubles imposition sont d’ailleurs

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exceptionnels en ce domaine. Il n’en demeure pas moins que le critère de la
territorialité pose dans la pratique nombre de difficultés. Les critères à retenir à cet
égard sont différents selon qu’il s’agit de livraison de biens ou de prestations de
services.
A. Localisation des Livraisons faites au Sénégal
Les livraisons de biens sont réputées faites au Sénégal lorsque lesdits biens y sont
livrés, c’est-à-dire lorsque le transfert de propriété est fait sur le territoire du
Sénégal. Pour les livraisons à soi-même, le lieu d’imposition à la TVA est celui de la
1ère utilisation.
En effet, l’article 356 du CGI précise que le lieu d’imposition de la livraison de biens
est situé au Sénégal lorsque le bien se trouve au Sénégal au moment de sa livraison.
En cas de livraison de gaz, d’électricité, de chaleur, de froid ou de choses similaires,
le lieu d’imposition est situé au Sénégal lorsque ces biens sont reçus au Sénégal.
En cas d’expédition ou de transport d’un bien, le lieu d’imposition du bien est situé
au Sénégal lorsque le bien se trouve au Sénégal au moment du départ de
l’expédition ou du transport du bien à destination de l’acquéreur.
Si le bien fait l’objet d’une installation ou d’un montage par le fournisseur ou pour
son compte, le lieu d’imposition est situé au Sénégal lorsque l’installation ou le
montage y est effectué.
La définition fiscale de la vente en tant que livraison est plus large que celle fournie
par le droit privé en ce sens qu’elle comprend les opérations faites sous forme
d’échanges ou sous toute autre forme de transfert de propriété.
B. Localisation des prestations de services faites au Sénégal
La localisation des prestations de services imposables au Sénégal obéit à une règle
principale qui comporte, toutefois, des exceptions. Quant aux prestations de
télécommunication, elles font l’objet d’un régime particulier quant à leur
rattachement territorial au Sénégal.
1. La règle principale de rattachement des prestations de services
L’article 357 du CGI dispose « le lieu d’imposition des prestations de services est
situé au Sénégal lorsque le service y est utilisé ou lorsque la personne pour le
compte de laquelle le service est rendu y est établie ». Il apparaît donc que la
localisation est faite au moyen de deux critères essentiels : le critère du lieu
d’utilisation ou d’exploitation (a) et le critère du lieu de situation du bénéficiaire de la
prestation ou de son ordonnateur (b).
a. Le critère du lieu d’utilisation ou d’exploitation
Une prestation de service est faite au Sénégal, lorsque le service rendu, le droit cédé
ou concédé, l’objet ou le matériel loué, sont utilisés ou exploités au Sénégal.
Exemple 1 : Un bureau d’étude installé au Sénégal étudie la compétitivité d’un
produit dont la consommation est prévue sur le marché malien. Ce service est
exécuté certes au Sénégal, mais il est utilisé au Mali, il n’est donc pas assujetti à la
TVA au Sénégal.
Exemple 2 : Une entreprise qui est au Sénégal envoie pour réparation en France une
machine, ce service de réparation étant utilisé au Sénégal, la TVA est due au

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Sénégal. Dans ce cas, le prestataire français est redevable réel de la TVA et l’impôt
sera déclaré soit par son représentant, soit par l’entreprise qui bénéficie de la
réparation.
En définitive, c’est le lieu d’utilisation ou d’exploitation et non le lieu d’exécution du
service qui constitue le lieu d’imposition. Un service exécuté au Sénégal mais utilisé à
l’étranger échappe à la TVA au Sénégal ; inversement un service utilisé au Sénégal
mais exécuté à l’étranger est taxable au Sénégal.
b. Le critère du lieu de situation du bénéficiaire ou de l’ordonnateur
L’article 357 du CGI répute utilisées au Sénégal, toutes prestations de services ou
opérations assimilées rendues par un prestataire établi au Sénégal ou à l’étranger sur
ordre ou pour le compte d’une personne physique ou morale, d’une agence ou
succursale implantée au Sénégal. Est, par conséquent, établie au Sénégal toute
personne qui a au Sénégal le siège de son activité économique, son domicile ou sa
résidence habituelle, ou un établissement auquel les services sont fournis.
Exemple : Dans le cas du bureau d’étude portant sur les biens dont la consommation
est prévue au Mali, il suffit que l’ordonnateur de la mission soit domicilié au Sénégal
pour que la TVA soit due au Sénégal.
Toutefois, pour l’application de ce principe la TVA n’est pas exigible si le donneur
d’ordre n’est pas le débiteur réel des sommes, c’est-à-dire si les charges
correspondantes ne sont pas comptabilisées au Sénégal.
2. Cas des prestations de télécommunications
Pour ce qui concerne les prestations de télécommunications, la loi ne les répute pas
faites au Sénégal lorsque le preneur, c'est-à-dire la personne physique ou morale,
qui donne l’ordre d’exécuter à son profit la prestation est établie hors du Sénégal et
que ladite prestation est effectuée par un exploitant de service public dans le
domaine des télécommunications.
3. Exceptions à la règle principale de rattachement des prestations de
services
Il s’agit des opérations ci-après :
− prestations de services se rattachant à un bien immeuble dont le lieu
d’imposition est l’endroit où le bien immeuble est situé ;
− prestations de services directement liées à des activités culturelles, artistiques,
sportives, scientifiques, éducatives, de divertissement ou similaires dont le lieu
est l’endroit où ces activités ou manifestations sont matériellement exécutées ;
− prestations de location de moyens de transport pour une durée inférieure ou
égale à trente jours dont le lieu d’imposition est l’endroit où le moyen de
transport est effectivement mis à disposition du preneur.
4. Charge de la preuve du lieu d’imposition des livraisons de biens et
des prestations de services réalisées à l’étranger
La loi offre aux assujettis la possibilité de prouver qu’une livraison de biens ou une
prestation de services réalisée à l’étranger n’est pas territorialement rattachable au
Sénégal. Au cas contraire, l’article 360 du CGI considère que lorsqu’un assujetti établi
au Sénégal, le lieu d’imposition des livraisons de biens ou des prestations de services

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qu’il a effectuées est situé en dehors du Sénégal, le lieu d’imposition de ces livraisons
ou prestations est réputé être au Sénégal.
Paragraphe IV : Les opérations non imposables
A. Les exemptions
Leur domaine se définit le plus souvent par opposition aux opérations imposables au
sens de l’article 352 du CGI. Tel est le cas notamment des opérations qui ne sont pas
territorialement liées, des indemnités perçues en réparation d’un juste préjudice, les
opérations réalisées dans le cadre de l’activité salariale ou agricole.
L’activité agricole exemptée est celle effectuée par un exploitant agricole producteur
direct de produits agricoles à partir d’un cycle végétal ou animal, c’est-à-dire celui
qui, par ses moyens propres, produit des végétaux et des animaux. Il s’agit des
ventes faites directement par les personnes physiques ou morales ayant pour
activités la pêche ou l’agriculture.
L’activité salariale qui est exemptée est celle qui est régie par le Code du Travail,
c’est-à-dire celle effectuée par une personne placée dans un état de subordination
vis-à-vis de son employeur. Le salarié est celui qui n’agit pas d’une façon
indépendante. Sont assimilés à des salariés les personnes qui sont soumises à des
obligations précises quant au lieu de travail, aux horaires, à l’organisation de leur
activité professionnelle.
B. Les exonérations
Les opérations exonérées sont classées en quatre catégories : les exonérations
d’ordre économique, les exonérations d’ordre social, les exonérations d’ordre
administratif et les exonérations d’ordre technique ou fiscal.
A ces exonérations, il faut ajouter les régimes douaniers suspensifs de droit et taxes
qui procurent à certaines opérations une exonération temporaire.
A noter que ces exonérations sont définies à l’article 361 du CGI qui reprend, pour
l’essentiel, les dispositions de l’article 21 nouveau de la Directive n°
02/2009/CM/UEMOA du 27 mars 2009 portant modification de la Directive n°
02/98/CM/UEMOA du 22 décembre 1998 portant harmonisation des législations des
Etats membres en matière de TVA.
Il convient toutefois de noter un certain nombre de caractéristiques :
− certaines exonérations sont inconditionnelles, c’est-à-dire acquises sans
formalités administratives préalables, tandis que d’autres sont soumises à la
formalité du visa de l’Administration ;
− l’interprétation des dispositions en matière d’exonération est d’ordre strict, c’est-
à-dire que l’exonération ne peut être étendue par analogie. Inversement, on ne
peut restreindre la portée d’une exonération.
1 – Les exonérations d’ordre économique
Certaines opérations sont exonérées de la TVA pour des raisons d’ordre économique.
On note :

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a – Les exportations directes de marchandises
Par exportation directe, il faut entendre les ventes destinées à l’étranger avec
livraison des marchandises au-delà du cordon douanier. La preuve de l’exportation
directe doit être apportée par l’exportateur dans les conditions de droit commun et
par tout moyen (notamment des documents douaniers) certifiant le franchissement
du cordon douanier. L’exportateur doit, dans ce cas, porter sur ses livres comptables
ou sur ses registres tout renseignement permettant d’identifier les marchandises et
de certifier leur envoi.
Par tolérance administrative, les exportations indirectes ne sont pas recherchées en
paiement de la TVA.
b – Les opérations assimilées aux exportations
Il s’agit des opérations portant sur des bâtiments de mer et celles portants sur des
aéronefs et des opérations réalisées avec les missions diplomatiques.
- Concernant les bâtiments de mer, il s’agit des opérations de ventes, de livraisons
en général, de transformation, de réparation, d’entretien, d’affrètement et de
location de bateaux destinés à une activité de pêche, une activité industrielle ou
commerciale exercée en haute mer. Les opérations visées, en ce qui concerne les
bateaux, doivent porter sur des bâtiments qui quittent les eaux territoriales.
A contrario, les bateaux ne faisant que du cabotage (déplacement d’un port à un
autre sur le territoire) et les bateaux de plaisance ne sont pas concernés par
l’exonération.
L’exonération s’étend également aux biens destinés à l’avitaillement des navires ainsi
que les prestations de services effectuées pour les besoins directs des bateaux et de
leurs cargaisons. Il en est de même des livraisons, locations, réparations et entretien
des objets qui leur sont incorporés ou qui servent à leur exploitation.
- Pour ce qui est des aéronefs, il s’agit des opérations de livraison, de
transformation, de réparation, d’entretien, d’affrètement et de location d’aéronefs
lorsque lesdits aéronefs sont utilisés par des compagnies de navigation aérienne
pratiquant essentiellement un trafic international rémunéré (au moins 80% du trafic
se fait à l’international).
Cette exonération porte sur tous les appareils de la compagnie même si
certains d’entre eux sont affectés à des lignes intérieures.
Cette exonération est étendue à l’avitaillement et aux prestations de services
effectuées pour les besoins directs de ces aéronefs et de leur cargaison. Par
avitaillement, il faut comprendre l’ensemble des biens et produits utilisés à bord par
l’équipage et les passagers. Il en est de même des livraisons, locations, réparations
et entretien des objets qui leur sont incorporés ou qui servent à leur exploitation.
Les opérations d’assistance passagers, d’assistance bagages, d’assistance sur la
piste, d’assistance fret et poste, de nettoiement des appareils entrent dans le cadre
de cette exonération lorsqu’elles sont exécutées dans l’enceinte des aéroports situés
au Sénégal et en application des contrats signés avec ces compagnies de navigation
aérienne.

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Aussi bien pour les opérations sur les bâtiments de mer que pour celles relatives aux
aéronefs, les prestataires et fournisseurs ont l’obligation de tenir une comptabilité
matière suffisamment détaillée faisant ressortir distinctement les biens et services
utilisés.
- Pour les opérations effectuées avec les missions diplomatiques : les
livraisons et prestations de services faites en direction des missions diplomatiques ou
consulaires et exonérées de la TVA en vertu de la convention de Vienne sur les
privilèges et immunités diplomatiques.
Toutefois, cette exonération est soumise aux conditions suivantes :
− les biens et services livrés doivent être portés sur la mission ou sur la
résidence du chef de mission. Ils doivent notamment entrer dans le cadre du
fonctionnement normal de la mission ;
− dans des conditions similaires, une telle exonération doit profiter aux
diplomates Sénégalais en fonction dans le pays d’origine de la mission
accréditée au Sénégal : c’est la règle de la réciprocité ;
− l’exonération est obligatoirement soumise à la formalité du visa.
c – Les services directement liés à l’exportation
Les services portant directement sur des biens exportés sont exonérés de TVA si le
critère du lien direct est rempli. C’est ainsi qu’on peut considérer comme services
directement liés à l’exportation : les opérations de transit, d’embarquement, de
transbordement, de chargement, de déchargement, effectuées dans des zones
portuaires ou aéroportuaires et portant sur des marchandises à l’exportation, de
même que le transport de biens directement exportés.
L’exonération porte également sur les opérations d’amarrage, de remorquage et de
pilotage portuaire, ainsi qu’à la cession du droit d’occupation et d’utilisation du plan
portuaire, du domaine portuaire, pour l’embarquement des marchandises à
l’exportation, moyennant une taxe de séjour, une taxe d’embarquement ou toute
autre rétribution quelle qu’en soit la dénomination.
d – Le transport international de biens à destination de l’étranger
Le transport international de biens à destination de l’étranger est exonéré de TVA. Il
est aisé de comprendre cette exonération puisqu’il s’agit comme on vient de le voir
de biens qui quittent le territoire sénégalais, donc assimilable à des exportations et
dont le transport est directement lié à l’exportation.
e – Le transport international de voyageurs en provenance ou à
destination de l’étranger
Le transport international de voyageurs en provenance ou à destination de l’étranger
est lui aussi exonéré de TVA.
f – Les livraisons en régime Franc
Les opérations de ventes et prestations de services faites en direction des entreprises
bénéficiant d’un régime Franc ne sont pas soumises à la TVA. Le régime Franc est
octroyé aux entreprises bénéficiant du statut de la zone franche Industrielle de
Dakar, du statut des points Francs ou du statut de l’entreprise Franche d’exportation.

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Le statut de la zone Franche Industrielle de Dakar a été mis en œuvre par la loi n°
74-06 et avait pour but de créer une aire géographique dans laquelle les produits
sont mis en œuvre pour être exportés. Face aux difficultés de fonctionnement de ce
régime d’incitation, il a été institué le statut des points Francs en 1991 permettant à
une entreprise installée en dehors de la zone Franche de bénéficier du statut de la
zone Franche.
La loi n° 95-35 du 29 décembre 1995 a institué le régime de l’entreprise Franche
d’exportation et abroger le statut de la zone Franche et des points Francs.
Désormais, seules les livraisons et prestations faites à des entreprises bénéficiant
d’un agrément antérieur au 1er janvier 2013 et validé suivant les conditions fixées à
l’article 722 bénéficient d’une exonération. Ainsi, les achats de biens et services
effectués au profit d’une entreprise agréée après le 31 décembre 2012 doivent être
recherchées en paiement de TVA sauf exonération expresse desdits biens ou
services.

g – Les livraisons et prestations au profit des titulaires de permis de


recherche de substances minérales ou pétrolières
Sont exonérées de la TVA les livraisons et prestations réalisées au profit de titulaires
de permis de recherche de substances minérales ou pétrolières, pendant toute la
durée de validité dudit permis de recherche et de ses renouvellements, dans la
mesure où ces opérations entrent dans le cadre du programme de recherche.
Il s’agit des affaires portant sur des biens d’équipements et des services affectés à la
prospection et à la recherche d’hydrocarbures liquides ou gazeux effectuées par des
sociétés agréées. C’est une transposition des exonérations contenues dans le Code
minier et le Code pétrolier.
2 – Les exonérations d’ordre social
La loi fiscale exonère de la TVA un certain nombre de biens et services pour des
raisons sociales. Il s’agit notamment :
a – Les livraisons de produits alimentaires de 1ère nécessité non
transformés
Les livraisons de biens et produits alimentaires non transformés et de 1ère nécessité
sont exonérées de TVA. La liste desdits bien est fournie par l’arrêté n°
003517/MEF/DGID/DLEC/LEG2 du 11 mars 2013 du Ministre de l’Economie et des
Finances.
Les biens de 1ère nécessité telle que retenue par l’arrêté sont les suivants : les
céréales à l’exclusion du riz de luxe, les légumes, plantes, racines et tubercules
alimentaires, l’arachide, le soja, le sésame et les autres légumineuses, la viande et
les abats comestibles à l’état frais, réfrigérés ou congelés, les œufs en coquille, le
poisson non transformé (frais, séché, fumé, salé, réfrigéré ou congelé) et le lait non
transformé.
L’arrêté précise que « est considéré comme riz de luxe, le riz semi-blanchi, même
poli ou glacé, parfumé. A l’importation, ce riz relève des sous positions tarifaires n°
1006.30.10.00 et 1006.30.90.00 du tarif des douanes ».

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b – Les prestations et les livraisons dans le domaine de la santé
Il s’agit de l’exonération des honoraires perçus par les membres des professions
médicales et paramédicales et des livraisons de médicaments, de produits
pharmaceutiques et du matériel médical spécialisé.
b.1- Les honoraires perçus par les membres des professions médicales et
paramédicales
Sont exonérés de TVA les prestations d’hospitalisation et de soins réalisées par les
centres hospitaliers, les centres de soins ou par les organismes assimilés
(établissements publics ou privés) y compris le transport des blessés et des malades.
Les prestations visées concourent à l’établissement de diagnostics médicaux, aux
traitements des malades et d’une manière générale à tous les soins pratiqués aux
malades.
Ces prestations, pour être exonérées, doivent être faites par les membres des
professions médicales et paramédicales titulaires des diplômes requis et détenteurs
d’autorisations dûment délivrées par l’autorité publique compétente pour l’exercice
de leur activité. Sont également exonérés les opérations effectuées par les
laboratoires d’analyse.
Il convient donc de retenir, contrairement à l’ancien texte où les frais de séjour dans
les établissements privés facturés au malade en tant que supplément aux soins tels
que l’hébergement, la nourriture, les boissons, le blanchissage du linge de maison et
de toute autre prestation hôtelière étaient taxables à la TVA, désormais toutes ces
prestations sont exonérées.

b.2- Les livraisons de médicaments, produits pharmaceutiques et matériel


médical spécialisé
Le point b de l’article 361 du CGI précise « les livraisons de médicaments et produits
pharmaceutiques, ainsi que les livraisons de matériels et produits spécialisés pour les
activités médicales figurants sur la liste prévue à l’annexe du présent livre ». Cette
liste reprend exactement celle établie par la Directive n° 06/2002/CM/UEMOA du 22
septembre 2002 portant détermination de la liste commune des médicaments,
produits pharmaceutiques, matériels et produits spécialisés pour les activités
médicales exonérés de la TVA au sein de l’UEMOA.
c- Les prestations d’enseignement scolaire et universitaire
Sont exonérées de TVA les prestations de services réalisées dans le cadre de
l’enseignement scolaire ou universitaire par des établissements publics ou privés ou
par des organismes similaires d’enseignement. Les prestations visées sont celles
entrant dans des programmes homologués par le département chargé de
l’enseignement. Il convient de préciser que l’établissement doit avoir comme activité
principale l’enseignement.
Par organismes assimilés, il faut entendre les organismes qui dispensent un
enseignement technique ou professionnel.
Ne sont pas concernées par cette exonération les activités des écoles de danse, de
coiffure, de couture, d’arts martiaux et autres arts d’agrément ainsi que les auto-
écoles.

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d- Les livraisons d’eau et d’électricité
La consommation domestique d’eau et d’électricité est exonérée de TVA lorsqu’elle
ne dépasse pas la tranche sociale. En effet, les foyers dont la consommation
n’excède pas la tranche sociale sont exonérés de la TVA. Cette tranche sociale est
fixée par arrêté du Ministre chargé des Finances.
Pour rappel, l’arrêté n° 007809 du 19 septembre 2001 définissait la tranche sociale
non soumise à la TVA ainsi qu’il suit :
Tranche sociale pour la consommation d’eau : l’exonération porte sur les
livraisons d’eau dont le volume est inférieur ou égal à 40 m3 par bimestre (60 jours).
Tranche sociale pour la consommation d’électricité : l’exonération porte sur
les deux premières tranches de la consommation d’électricité en usage domestique
générale (UDG) et sur l’intégralité de la consommation en usage domestique spécial
(UDS).
L’UDG correspond à un abonnement avec usage d’appareils électroménagers. L’UDS
correspond à la consommation des ménages n’ayant aucun appareil électroménager,
ayant un éclairage sommaire au moyen de quelques foyers lumineux et dont la
consommation ne dépasse pas 20 KW par heure.

e- Les locations d’immeuble nu à usage d’habitation


Les locations d’immeubles nus à usage exclusif d’habitation sont exonérées de TVA.
A contrario, les locations autres que d’habitation ou meublées sont imposables.

f- Les opérations de transport public de voyageurs


Les prestations de transport public des personnes ne sont pas soumises à la TVA
lorsqu’elles sont effectuées par des transporteurs pratiquant des tarifs homologués
par l’autorité publique.
En effet, le point t de l’article 361 du CGI précise « sauf exercice de l’option prévue
à l’article 353 du présent code, les opérations de transport public de voyageurs faites
par les transporteurs titulaires des autorisations réglementaires et pratiquant des
tarifs homologués par l’autorité publique sont exonérées de TVA ».
Par tolérance administrative, le transport dit touristique est assimilé à un transport
public de voyageurs.

g- Les activités d’édition de livres, journaux, revues et autres publications


et celles relevant de la culture
Sont exonérées de TVA, les opérations de ventes, d’importations, d’impression, de
composition de livres, d’édition de journaux et de publications périodiques
d’information lorsqu’elles portent sur des informations présentant le caractère
d’intérêt général à l’exclusion des recettes publicitaires.
Cette exonération porte également sur les livres, brochures ayant pour objet la
culture, l’enseignement, la diffusion de la pensée ainsi que les ventes ou l’importation
de papier journal de presse et autres papiers d’impression utilisés dans la fabrication
de journaux et autres périodiques.

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Avertissement : Ce document est exclusivement réservé à la formation en fiscalité dispensée par Dr. GNINGUE
Une revue de mode ou se bornant uniquement à publier des programmes de chaînes
de radio ou de télé ne bénéficie pas de l’exonération.
Les ventes d’œuvre d’art par leur auteur sont exonérées de TVA lorsque ces dites
œuvres sont originales.

h- Les livraisons de gaz butane à usage domestique


Désormais, la livraison de gaz butane à usage domestique est exonérée de TVA (loi
n° 2012-31 du 31 décembre 2012). Il s’agit là d’une transposition de la Directive de
l’UEMOA précitée.

i- Les livraisons d’intrants agricoles


Les livraisons de semences, d’engrais, de produits phytosanitaires, d’aliments de
volaille et de bétail, de reproducteurs de race pure, d’œufs à couver, de poussins dits
d’un jour entrant directement dans un cycle de production végétale ou animale sont
exonérées de TVA.
Dans le cas où l’agriculteur réalise par ailleurs des opérations taxables, il doit faire
apparaître distinctement ces dites opérations et tenir une comptabilité matière
suffisamment détaillée permettant à l’administration de contrôler la nature et la
destination des intrants utilisés.
3 – Les exonérations d’ordre administratif
Ces exonérations portent sur des opérations de livraison ou de prestation de services
faites par des services ou organismes administratifs, notamment l’Etat, les
collectivités publics et les établissements publics ne poursuivant pas un but lucratif et
ne jouissant pas de l’autonomie financière. On peut notamment citer sur ce registre
la vente de timbres fiscaux au profit du budget de l’Etat et de timbres postes pour
affranchissement faite par la société nationale de poste.
Ne sont pas concernées par l’exonération, les opérations effectuées par les
établissements publics à caractère industriel et commercial et les opérations
présentant un caractère similaire à celles effectuées par les entreprises privées,
même si elles émanent d’un service ou d’un établissement public. Tel est le cas par
exemple de la SENELEC. Il en est de même des opérations de livraison ou de
prestation de services faites par des entreprises publiques ou des sociétés nationales
bénéficiant de l’autonomie financière.
4 – Les exonérations d’ordre technique ou fiscal
Il s’agit d’exonération mises en œuvre pour éviter des superpositions fiscales.
L’exonération en matière de TVA est également couplée à une autre catégorie
d’impôts. C’est donc pour des raisons strictement fiscales que ces exonérations sont
prévues.

a- Les mutations d’immeubles, de droits réels immobiliers et de fonds de


commerce
Les mutations d’immeubles, de droits réels immobiliers et les mutations de fonds de
commerce sont exonérées de TVA lorsqu’elles sont soumises à la formalité de
l’enregistrement ou à une imposition équivalente.

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Avertissement : Ce document est exclusivement réservé à la formation en fiscalité dispensée par Dr. GNINGUE
Toutefois, ne sont pas concernées par l’exonération les opérations de
même nature effectuées par des entreprises de crédit-bail ou de finance
islamique.
b- Les opérations portant sur les opérations financières
Les opérations financières sont soumises à la taxe sur les activités financières (TAF)
en ce qui concerne les intérêts, commissions reçues et les transferts d’argent. Ces
dites opérations sont exonérées de TVA pour ne privilégier que la taxation à la TAF.
c- Les prestations d’assurance et de réassurance
Les commissions d’assurance, de coassurance, de réassurance y compris celles
réalisées par les courtiers sont exonérées de TVA du fait qu’elles sont soumises à la
taxe sur les conventions d’assurance (TCA) assimilée à un droit d’enregistrement.
d- Les produits bruts des jeux
Les produits bruts des jeux sont soumis au prélèvement progressif (libératoire) prévu
par la loi n° 66-54 du 03 juin 1966. De ce fait, les produits des jeux ont été exonérés
de TVA. L’exonération de TVA s’étend également au produit de la vente des billets de
la loterie nationale.

e- Les importations et reventes en l’état de produits destinés à des


personnes publiques
Tous produit et marchandise exonérés de droit d’entrée parce que destinés à l’Etat,
aux collectivités publiques, aux établissements publics sont également exonérés de
TVA à l’importation et lorsqu’ils sont revendus en l’état audites personnes.

f- Les opérations de crédit-bail ou de finance islamique portant sur des


biens dont la livraison est exonérée de la taxe sur la valeur ajoutée
Les opérations de leasing ou de crédit-bail portant sur des biens dont la livraison est
exonérée ne sont pas soumises à la TVA. Autrement dit, c’est le taux auquel est
soumis le bien donné en crédit-bail qui s’applique à l’opération.
g- Les livraisons à leur valeur faciale, de timbres-poste pour
affranchissement, de timbres fiscaux et d’autres valeurs similaires
Les livraisons de timbre sont exonérées de TVA dans la mesure où les ventes sont
faites à leur valeur faciale et que le droit de timbre en soit est déjà un impôt.
L’exonération s’explique par le souci d’éviter la double imposition.

h- Les importations de biens dont la livraison est exonérée de la taxe sur la


valeur ajoutée
Sont exonérées de la TVA les importations de biens dont la livraison est exonérée de
la TVA.
5 – Les régimes douaniers suspensifs
Le Code des douanes prévoit un certain nombre de régimes économiques pour
lesquels les droits et taxes dus à l’importation sont suspendus, c'est-à-dire qu’ils ne
seront réclamés qu’à la survenance d’un événement situé dans le futur. Pour ces
opérations dont les droits et taxes sont suspendus, la TVA est provisoirement
suspendue : c’est une exonération temporaire.

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Avertissement : Ce document est exclusivement réservé à la formation en fiscalité dispensée par Dr. GNINGUE
a – L’entrepôt de stockage : il s’agit de l’entrepôt public, de l’entrepôt privé et de
l’entrepôt spécial.
L’entrepôt public : l’entrepôt public de stockage est conféré par les services des
douanes au Port Autonome de Dakar, à la Chambre de Commerce et aux Communes.
Le concessionnaire, c’est-à-dire le Port, la Chambre de commerce ou la Commune,
perçoit des redevances (taxe de magasinage) sur leurs clients dépositaires. Les
marchandises placées sous le contrôle de l’Administration des douanes peuvent
séjourner en entrepôt public pendant une durée au plus égale à 3 ans et doivent être
mises à la consommation (dédouanées) soit réexportées.
L’entrepôt privé : l’entrepôt est un régime permettant d’acquérir des biens en
suspension de droit et taxes sous le contrôle de l’Administration des douanes. Il ne
peut être accordé que dans une localité siège d’un bureau de douanes. Il est
constitué de magasins de stockage, de commerce. Il prend la forme, soit d’un
entrepôt fictif ou particulier, soit d’un entrepôt privé banal où des marchandises
appartenant à des tiers peuvent y être stockées. Les marchandises peuvent
séjourner en entrepôt privé pendant une période de 2 ans.
L’entrepôt spécial : il est destiné à recevoir des produits présentant un certain
nombre de danger ou susceptibles d’altérer la qualité d’autres produits
éventuellement associés. L’entrepôt spécial est également utilisé lorsque les produits
nécessitent des installations spéciales. Autorisé par l’Administration des douanes,
l’entrepôt spécial peut recevoir des produits pouvant séjourner pendant une période
de 2 ans.
b – L’entrepôt industriel : c’est un établissement placé sous le contrôle de
l’Administration des douanes où l’entreprise, travaillant pour l’exportation ou à la fois
pour l’exportation et le marché intérieur, est autorisée à procéder à la mise en œuvre
des produits en suspension de droit et taxes à condition que le produit compensateur
soit exporté pour au moins 60 % de sa valeur.
c – L’admission temporaire : on distingue l’admission temporaire normale de
l’admission temporaire spéciale.
L’admission temporaire normale : c’est un régime qui s’applique aux produits
devant recevoir une transformation, une ouvraison ou un complément de main
d’œuvre dans le territoire douanier avant d’être réexportés. La mise à la
consommation sur le territoire douanier doit être exceptionnelle.
L’admission temporaire spéciale : c’est un régime de suspension de droit et
taxes portant sur le matériel destiné à des travaux ou à des programmes
économiques présentant un caractère incontestable d’utilité publique, tel est le cas
des véhicules et engins utilisés dans le cadre des chantiers, des programmes. La
durée du séjour est d’un an renouvelable.

d – Le régime de l’usine exercée : l’usine exercée est un établissement placé


sous le contrôle de l’Administration des douanes avec une présence physique du
service des douanes sur le site d’exploitation. L’usine exercée est conférée aux
entreprises qui procèdent aux traitements ou au raffinage des huiles brut de pétrole
ou de minéraux bitumeux pour obtenir des produits pétroliers. L’usine exercée met

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Avertissement : Ce document est exclusivement réservé à la formation en fiscalité dispensée par Dr. GNINGUE
en œuvre, en total suspension de droits et taxes, les produits, matières premières
nécessaires à la fabrication.
e – Le transit : on distingue le transit ordinaire qui consiste à l’acheminement de
marchandises d’un Bureau de douanes à un autre autrement que par la voie
maritime. Le transit ordinaire peut être utilisé par n’importe quel usager et les
marchandises sont escortées par les services des douanes et suivies au moyen d’un
document appelé acquit à caution ;
Par contre, le transit international est réservé aux compagnies de transport
aérien qui sont tenues de mettre à la disposition de l’Administration des douanes les
locaux, installations, matériels nécessaires au dédouanement.

f – Le transbordement : il consiste au déplacement des marchandises bord à bord


d’un navire à un autre. Le transbordement se déroule obligatoirement dans l’enceinte
d’un port abritant un Bureau de douane. Il est autorisé par l’Administration des
douanes.

Section 2 : La liquidation de la TVA


La liquidation consiste à déterminer le montant de la taxe brute qui est obtenu en
multipliant le montant de la recette hors taxe par le taux de TVA relatif à l’opération
en cause.
La TVA étant un impôt, c’est-à-dire une dette du contribuable envers le Trésor public,
il est utile de connaître son fait générateur et son exigibilité.
L’étude de la liquidation de la TVA va passer par la détermination de l’assiette ou
base d’imposition (paragraphe 1), la fixation du taux (paragraphe 2) et la
connaissance du fait générateur et de l’exigibilité (paragraphe 3). Nous aborderons
aussi le régime particulier de certaines personnes ou opérations (paragraphe 4).

Paragraphe 1 : L’assiette ou la base d’imposition


La base d’imposition ou base imposable est la valeur exprimée en monnaie des
affaires imposables, valeur à laquelle sera appliqué le taux fixé par la loi.
Elle réside dans la contrepartie des livraisons de biens et des prestations de services
imposables. Selon le droit commun, la fixation de la base imposable doit être réelle
et exacte, mais on verra que, par dérogation, elle peut être définie de manière
particulière. En effet, la fixation de la base imposable doit se faire de manière réelle,
c’est-à-dire sur la base d’éléments précis, tirés de la comptabilité, ou de manière
forfaitaire, c’est-à-dire de façon approximative.
A- L’assiette de la TVA selon le régime du réel
Les opérations faites par une personne morale, quel que soit le chiffre d’affaires
réalisé, relèvent obligatoirement du régime du réel.
Quant aux opérations faites par un redevable, personne physique, ne relèvent du
réel que celles dont le chiffre d’affaires annuel est supérieur à 50 millions
(commerçant ou prestataire).
Dans ce régime, la base d’imposition est constituée :

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Avertissement : Ce document est exclusivement réservé à la formation en fiscalité dispensée par Dr. GNINGUE
− pour les livraisons de biens et les prestations de services, par toutes les
sommes, valeurs, biens ou services reçus ou à recevoir par le fournisseur ou le
prestataire de service en contrepartie de l’opération réalisée. Elle comprend
donc l’ensemble des paiements en espèces ou en nature ;
− pour les livraisons à soi-même et les prestations à soi-même : par le coût ou
la valeur des biens ou services livrés, ou encore par le coût de revient des
biens prélevés ou par comparaison avec le prix normal de vente des biens
similaires.
− en cas de paiement en nature, il faut tenir compte de la valeur des services ou
biens qui constituent la contrepartie des prestations de services ou des
livraisons de biens.
La base d’imposition est déterminée sans qu’il y ait lieu de tenir compte de
l’échelonnement dans le temps du versement des contreparties. Peu importe en
effet, que ces versements aient lieu avant, au moment ou après la conclusion du
contrat ou la réalisation de l’opération.
Toutefois, tous les éléments de la contrepartie ou du prix ne sont pas soumis à la
base d’imposition.
1- Règles générales : Taxation de tous les éléments constitutifs du prix
La TVA frappe, en règle générale, l’ensemble des éléments constitutifs du prix des
ventes de biens ou services. Il convient donc de prendre en compte non seulement le
prix de base ou catalogue ou encore prix de référence, mais également tous les frais
accessoires facturés séparément ou non, qui s’y rattachent tels que les frais de
transport, les intérêts ou frais financiers, les frais de commission ou de courtage, les
frais d’assurance, les frais d’emballage, les frais fiscaux (impôts, droits, prélèvements
et taxes), les indemnités ne revêtant pas le caractère de dommages et intérêts, les
suppléments de prix quelle que soit leur origine, les majorations diverses, les
indemnités de péréquation, etc.
2- Les éléments qui ne sont pas à inclure dans la base d’imposition
Certains éléments ne sont pas à comprendre dans la base imposable, soit parce qu’ils
entraînent une diminution de prix (Rabais, Remises, Ristournes, Escomptes), soit
parce qu’ils constituent des remboursements de frais (débours réels), soit parce qu’ils
bénéficient d’une pure tolérance administrative (pourboires). Certains impôts et taxes
ne sont également pas à comprendre dans la base d’imposition.
a- Les impôts et taxes : Ne sont pas inclus dans la base imposable les droits de
timbre et les droits d’enregistrement acquittés par le redevable pour le compte
de son client, la TVA collectée sur l’opération en cause. Lorsque le contribuable n’a
pas distingué la base hors taxe de la base toutes taxes comprises, son chiffre
d’affaires est réputé toutes taxes comprises. Il doit alors reconstituer la base hors
taxe en appliquant un coefficient de conversion égale à 100/ (100+taux).

b- Les réductions de prix : Les réductions (rabais, ristournes, remises ou


escomptes) consenties par un fournisseur ou un prestataire à ses clients ne sont pas
imposables à la TVA lorsque les trois conditions cumulatives ci-après sont réunies :
- la réduction doit bénéficier pour son montant exact à l’acheteur ;
- la réduction doit entraîner une rectification expresse de la TVA initialement facturée
lorsqu’elle est accordée après la délivrance d’une facture initiale ;

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Avertissement : Ce document est exclusivement réservé à la formation en fiscalité dispensée par Dr. GNINGUE
- la réduction ne doit pas constituer la rémunération d’un service quelconque.
L’article 365 précise « lorsqu’ils sont accordés après envoi de la facture, le
fournisseur doit émettre une facture rectificative ou une note d’avoir portant
référence à la facture initiale. Le fournisseur qui a collecté la TVA sur la facture
initiale peut récupérer le montant de la TVA sur la réduction de prix. Le client qui a
déjà opéré la déduction de la TVA sur la facture initiale doit rectifier le montant de
cette déduction à concurrence de la TVA sur la réduction de prix ».

c- Les remboursements de débours réels pour compte d’autrui : Les


intermédiaires, autre qu’une agence de voyage ou un organisateur de circuits
touristiques, n’ont pas à soumettre à la TVA les sommes qui leur sont remboursées
par leurs commettants dans la mesure où ce remboursement correspond bien à des
dépenses engagées sur ordre et pour le compte de leurs mandants et dont lesdites
sommes ont été portées par ces intermédiaires dans leurs comptabilités dans des
comptes de passage.
Ce remboursement doit donner lieu à une reddition de compte précise et justifiée
dans sa nature et dans son montant par rapport à l’opération concernée. Les débours
réels échappent à l’imposition de la TVA lorsque les trois conditions cumulatives
suivantes sont réunies :
- le mandataire doit agir en vertu d’un mandat explicite, préalable et la mention
« Pour compte » doit normalement figurer sur la facture ;
- les remboursements ne doivent pas être forfaitaires et doivent donner lieu à une
reddition exacte de compte (refacturation à l’identique) ;
- le mandataire doit justifier auprès du service des impôts du montant exact des
débours.

d- Les pourboires : Ils sont en principe taxables, mais par tolérance administrative,
ils ne sont pas recherchés en paiement lorsque les trois conditions cumulatives ci-
après sont réunies :
- le client est informé au préalable du caractère de pourboire du prélèvement
supplémentaire ;
- les sommes encaissées à ce titre sont reversées intégralement au personnel en
contact avec la clientèle, à l’exclusion des cadres ;
- le reversement effectif des sommes au personnel est justifié à l’aide d’un registre
émargé par les bénéficiaires.

3- Cas particuliers d’opérations soumises à des règles d’assiette


particulières
Certaines opérations sont soumises à des règles d’assiette particulières. Il s’agit :

a- Les importations : La base d’imposition est constituée par tous les impôts et
taxes, droits liquidés au profit du budget de l’Etat par l’Administration des douanes, à
l’exclusion de la TVA et des droits d’enregistrement. Cette valeur s’applique sur une
base comprenant la valeur CAF (Coût – Assurance - Fret) majorée des droits de
douane.

Les commissions payées à des prestataires étrangers et incluses dans la valeur CAF
des marchandises importées suivent le même traitement fiscal que lesdits biens en

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Avertissement : Ce document est exclusivement réservé à la formation en fiscalité dispensée par Dr. GNINGUE
matière de TVA et sont ainsi comprises dans la base imposable lors du
franchissement du cordon douanier.

Certains impôts et taxes ne sont pas à inclure dans le base imposable. C’est le cas de
la TVA sur l’opération en cours ; des droits d’enregistrement et de timbre ; des
prélèvements COSEC, au profit de l’UEMOA et de la CDEAO.

b- Les livraisons de biens à soi-même et les prestations de services à soi-


même : La base imposable pour les livraisons de biens à soi-même et les prestations
de services à soi-même est constituée par la valeur de la livraison ou de la prestation
déterminée par comparaison avec le prix normal de vente des biens ou services
similaires. Et, cette valeur ne peut, en aucun cas, être inférieure au prix de revient.
c- Les livraisons de biens et les prestations de services entre parties liées :
La base imposable pour les livraisons de biens et les prestations de services entre
parties liées est constituée par la valeur du bien livré ou de la prestation de service
déterminée en fonction du prix normal de vente d’une livraison ou prestation
similaire.

d- Les prestations de services entre deux entités d’une même entreprise ou


d’un même groupe et dont l’une d’elles est établie hors du Sénégal : La base
imposable pour les prestations de services entre deux entités d’une même entreprise
ou d’un même groupe et dont l’une d’elles n’est pas établie au Sénégal est constituée
par la valeur de la prestation de service déterminée en fonction du prix normal de
vente d’une prestation similaire.

e- Les échanges : En cas d’échange, chacun des coéchangistes est considéré


comme effectuant une vente. La taxe est assise sur la valeur des produits reçus en
paiement du bien livré augmentée le cas échéant du montant de la soulte encaissée.

f- Les aides : On distingue les aides versées par les pouvoirs publics des aides entre
entreprises.
- Aides versées par les pouvoirs publics : doivent en principe être comprises
dans la base d’imposition, les subventions qui constituent le complément direct du
prix d’une opération imposable, si ces subventions sont destinées à compenser
globalement l’insuffisance des prix pratiqués par une entreprise.
- Aides entre entreprises : le régime des aides consenties entre entreprises
(essentiellement entre maison mère et filiale) diffère selon que ces aides présentent
un caractère commercial ou financier.
Suivent le régime des aides à caractère financier non seulement les aides consenties
pour des motivations financières, mais aussi celles consenties par des établissements
financiers. Les entreprises bénéficiaires de ces aides n’ont pas à les soumettre à la
TVA.
Par contre, les aides à caractère commercial perçues par une entreprise établie au
Sénégal sont imposables lorsqu’elles constituent la rémunération d’une opération
quelconque.

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Avertissement : Ce document est exclusivement réservé à la formation en fiscalité dispensée par Dr. GNINGUE
g- Les emballages : Les emballages non récupérables, lorsqu’ils sont facturés,
constituent des éléments du prix de revient et subissent le même sort que les
produits emballés.
Lorsqu’ils sont facturés séparément et sont susceptibles de réemploi, ils sont
taxables. Mais, leur régime se détache de celui du produit emballé (par exemple en
cas de pluralité de taux).
Lorsqu’ils sont consignés, ils suivent leur régime propre, c’est-à-dire que le
versement de la consignation et son remboursement ultérieur ne sont pas imposable.
Par contre, les emballages consignés non rendus sont réputés vendus au prix de
consignation.

h- Les indemnités : les indemnités versées à des titres divers entrent dans la base
d’imposition lorsqu’elles ne peuvent être considérées comme correspondant
exclusivement à la réparation d’un préjudice et ne revêtent pas le caractère de
dommages et intérêts. Ex : Amadou détruit le portable de Yacine d’une valeur de
50.000 FCFA. En guise de réparation, il lui verse un montant de 150.000 FCFA. Dans
ce cas, Yacine est redevable de la TVA sur les 150.000 FCFA.

B. L’Assiette de la TVA selon le régime de la Contribution globale unique


(CGU)
La CGU et une synthèse des différentes catégories d’impôts auxquels peut être
soumise toute entreprise commerciale individuelle. Elle regroupe les impôts et taxes
ci-après : l’impôt sur le revenu assis sur les bénéfices industriels et commerciaux
(BIC), la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), la contribution forfaitaire à la charge des
employeurs (CFCE), la contribution des patentes, l’impôt du minimum fiscal (IMF) et
la contribution des licences.
Le régime de la CGU s’applique aux assujettis, personnes physiques (commerçants
ou prestataires) dont le chiffre d’affaires annuel, tous droits et taxes compris ne
dépasse pas 50 millions de francs CFA.
Sont toutefois exclues de la CGU, quelle que soit l’importance de leur chiffre
d’affaires, les personnes physiques dont l’activité relève de la catégorie des Bénéfices
Non Commerciaux, les personnes visées à l’article 51 du CGI et celles réalisant des
opérations de vente d’immeubles, de lotissement, de location d’immeubles ou de
gestion immobilière. Les contribuables remplissant les conditions requises pour
relever du régime de la CGU peuvent opter pour l’assujettissement au régime du
réel. Cette option est irrévocable et doit être notifiée au service des impôts
compétents au plus tard le 31 janvier de l’année d’imposition. La CGU est établie
chaque année en considération de la totalité du chiffre d’affaires réalisé du 1er janvier
au 31 décembre de l’année précédente, déduction faite des opérations soumises au
précompte de TVA.
Le montant de la CGU est fixé selon un tarif divisé en tranches progressives et en
fonction du chiffre d’affaires réalisé. Il est prévu un tarif spécifique aux commerçants
et producteurs et un autre réservé aux prestataires.
Les redevables soumis à la CGU ne sont pas autorisés à facturer la TVA à
leurs clients.

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Avertissement : Ce document est exclusivement réservé à la formation en fiscalité dispensée par Dr. GNINGUE
Paragraphe 2 : Le taux de la TVA
Nous avons un taux normal de 18% applicable à toutes les opérations imposables à
la TVA à l’exclusion des prestations fournies par les établissements d’hébergement
touristique agréés qui sont soumises au taux réduit de 10%.

Paragraphe 3 : Le fait générateur et l’exigibilité


La liquidation d’un impôt est le fait par lequel un taux est appliqué à une assiette. La
liquidation d’un impôt passe toutefois par la détermination du fait générateur et de
l’exigibilité. Le fait générateur et l’exigibilité sont deux notions voisines mais
différentes.

A – Le fait générateur
Il se définit comme le fait matériel ou l’acte juridique qui donne naissance à la dette
du redevable envers le Trésor Public. La connaissance du fait générateur présente un
certain nombre d’intérêts car il permet :
- de déterminer la date d’exigibilité de la taxe qui peut être concomitante avec le fait
générateur comme elle peut en être distincte. Aussi, la connaissance du fait
générateur permet au redevable de savoir la période au titre de laquelle le montant
des opérations imposables doit obligatoirement faire l’objet d’une déclaration. Au
Sénégal, cette période est mensuelle pour les assujettis soumis au régime du réel
normal ou trimestrielle pour ceux qui sont soumis au régime du réel simplifié
(c’est-à-dire les personnes morales dont le chiffre d’affaires annuel, toutes taxes
comprises, est inférieure à 100 millions de francs et les personnes physiques
effectuant des livraisons ou des prestations et dont le chiffre d’affaires annuel, toutes
taxes comprises, est compris entre 50 millions et 100 millions) ;
- de déterminer le mode d’imposition et le taux applicable en cas de changement de
législation ;
- de déterminer la date à laquelle prend naissance le droit à déduction chez le client.
En effet, l’acquéreur d’un bien ou le bénéficiaire d’un service ne pourra procéder à la
déduction de la TVA facturée que si le fait générateur est intervenu chez le
fournisseur.
Il faut noter que le fait générateur doit être distingué de l’exigibilité, c’est-à-dire la
date limite à laquelle doit être déclarée et payée une taxe. Actuellement, elle est
fixée au 15 du mois suivant le fait générateur.

1- Faits et actes juridiques constitutifs de fait générateur

a- Les livraisons : pour les ventes, les livraisons, les travaux à façon, la taxe est
due à la livraison dès la remise matérielle à l’acquéreur de la marchandise ou dès le
transfert de ladite marchandise en la puissance du maître d’œuvre ou de l’acheteur
(mise à disposition) ;
- pour les travaux immobiliers, le fait générateur est constitué par la livraison, c’est-
à-dire par la mise à la disposition de la clientèle de l’immeuble construit ou de
l’installation réalisée ;
- pour les livraisons à soi-même, le fait générateur est constitué par la première
utilisation ;

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Avertissement : Ce document est exclusivement réservé à la formation en fiscalité dispensée par Dr. GNINGUE
b- Les prestations de services : le fait générateur est constitué par
l’accomplissement du service rendu. Lorsque le service donne lieu à l’établissement
de décomptes ou à des encaissements successifs, il y a fait générateur pour chaque
encaissement ou décompte, même si l’opération n’est pas totalement réalisée ou est
réalisée partiellement. Il faut signaler aussi que tout avance, acompte rend la TVA
exigible sur lesdits avances ou acomptes.

c- Les importations : le fait générateur intervient au moment de la mise à la


consommation au sens douanier du terme, c’est-à-dire dès le franchissement du
cordon douanier. Il faut noter qu’en matière d’importation, le fait générateur se
confond avec l’exigibilité.
Toutefois, il convient de noter que la loi précise qu’en cas d’émission d’une facture
avant que les livraisons de biens ou les prestations de services ne soient effectuées,
le fait générateur est réputé intervenir au moment de l’émission de la facture. C’est
le cas également en cas d’encaissement du prix ou d’avances, avant que les
livraisons de biens ou les prestations de services ne soient effectuées ou avant
qu’une facture ne soit émise, le fait générateur est réputé intervenir au moment de
cet encaissement à concurrence du montant encaissé.
Quelques exceptions à ce principe peuvent être notées. Il s’agit : des opérations de
crédit-bail ou de finance islamique, des opérations payées sur fonds de
l’Etat, des collectivités locales ou soumises au régime du précompte et des
opérations réalisées par les adhérents des centres de gestion agréés (CGA)
soumis au régime du réel simplifié. Pour ces opérations, le fait générateur se
situe à l’encaissement.
Par encaissement, il faut entendre notamment toutes les sommes perçues du chef de
la réalisation de l’opération ou de l’exécution des travaux à quelque titre que ce soit.

B- L’exigibilité de la TVA
La date d’exigibilité de l’impôt est constituée par la naissance de l’obligation de
déclarer l’impôt qui correspond aussi à la date à partir de laquelle l’administration
fiscale est en droit de le réclamer. En matière de TVA, la date d’exigibilité peut
coïncider avec le fait générateur (importation) tout comme elle peut être postérieure.
C’est l’exigibilité qui détermine :
- la période au titre de laquelle le montant des opérations imposables doit faire
l’objet d’une déclaration ;
- la date à laquelle le droit à déduction prend naissance chez le client dès lors qu’il a
la qualité de redevable.
A cet égard, l’article 374-2 du CGI apporte une précision de taille en disposant
clairement que « le droit à déduction prend naissance au moment où la taxe
déductible devient exigible chez le fournisseur, le prestataire ou le preneur qui a
acquitté la TVA pour compte ».
Cette disposition a permis de mettre fin à la déduction de la taxe dont procédaient
certains redevables qui appliquent le précompte et qui imputaient la TVA figurant sur
leur facture d’achat avant que n’interviennent ni le fait générateur ni l’exigibilité de
ladite taxe.

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Avertissement : Ce document est exclusivement réservé à la formation en fiscalité dispensée par Dr. GNINGUE
C’est à la date d’exigibilité qu’il faut également se placer pour déterminer la
prescription en matière de TVA.
Il est rappelé que la date d’exigibilité se situe au 15 du mois suivant celui du fait
générateur pour les assujettis soumis au régime du réel normal et le 15 des mois
d’avril, juillet, octobre et janvier pour les assujettis soumis au régime du réel
simplifié.
Exemple 1 : Une vente dont la livraison a eu lieu le 10 juin : exigibilité le 15 juillet.
Exemple 2 : Une prestation fournit le 1er juin : exigibilité le 15 juillet.
Exemple 3 : Une vente dont la livraison a eu lieu le 30 juin : exigibilité le 15 juillet.

Paragraphe 4 : Les régimes particuliers


La loi n° 2012-31 du 31 décembre 2012 prévoit un certain nombre de régimes
spéciaux pour lesquels les principes de droit commun ne sont pas applicables.

A- Le régime des agences de voyages et organisateurs de circuits


touristiques
Aux termes des dispositions de l’article 370 du CGI « L’agence de voyages ou
l’organisateur de circuits touristiques, qui agit en son nom propre et qui utilise pour
la réalisation du voyage des livraisons de biens et des prestations de services fournis
par d’autres assujettis, est considéré comme rendant une prestation de services
unique au voyageur ».

1- Opérations imposables et lieu d’imposition


En ce qui concerne les opérations imposables des agences de voyages et des
organisateurs de circuits touristiques, il convient de préciser que l’imposition de cette
prestation de services unique est faite suivant le régime de la marge. Et lorsqu’une
agence de voyage ou un organisateur de circuits touristiques intervient en qualité
d’intermédiaire transparent, au nom et pour le compte du voyageur, seule sa
commission perçue à l’occasion de l’opération d’entremise est soumise à TVA.
S’agissant du lieu d’imposition, ladite prestation est taxable au Sénégal, par
dérogation aux dispositions de l’article 357 du CGI, lorsque l’agence de voyages ou
l’organisateur de circuits touristiques y a le siège de son activité ou un établissement
à partir duquel la prestation de services unique est rendue.

2- Base imposable
La base d’imposition est constituée par la différence entre le montant total, hors
TVA, à payer par le voyageur et le coût effectif supporté par l’agence de voyages ou
l’organisateur de circuits touristiques pour les livraisons de biens et les prestations de
services fournis par d’autres assujettis, dès lors que ces opérations profitent
directement au voyageur.
Il convient de noter que la TVA supportée par l’agence de voyages ou l’organisateur
de circuits touristiques au titre de ces opérations n’est pas déductible.

B- Le régime des négociants de biens d’occasion


Le négociant de biens d’occasion est celui qui, dans le cadre de son activité
économique, achète en vue de leur revente des biens d’occasion. Sont considérés

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Avertissement : Ce document est exclusivement réservé à la formation en fiscalité dispensée par Dr. GNINGUE
comme des biens d’occasion, les biens meubles corporels susceptibles de réemploi
en l’état ou après réparation, autres que les métaux précieux ou les pierres
précieuses.
Comme pour les agences de voyages et les organisateurs de circuits touristiques, le
régime de la taxation de la marge s’applique aussi lorsque le négociant a acheté, en
vue de leur revente, des biens à : une personne non assujettie, un autre assujetti
dans la mesure où la livraison du bien par cet autre assujetti a été exonérée de TVA,
un autre négociant en biens d’occasion sous le régime de la marge.
La base d’imposition est alors égale à la différence entre le prix de vente, hors TVA,
demandé par le négociant en biens d’occasion et le prix d’achat de ce même bien.
Enfin, les reventes qui ne sont pas soumises au régime de la marge sont soumises
au régime normal de la TVA. Le négociant en biens d’occasions conserve le droit de
déduire, selon les règles de droit commun, la TVA sur les biens acquis en vue de leur
revente.

C- Le régime du précompte
Le précompte est un système particulier de liquidation de la TVA qui consiste à faire
retenir par le client, le montant de la TVA facturée par son fournisseur. Ainsi,
contrairement au droit commun, dans le cadre des opérations soumises au
précompte, la TVA est retenue par le bénéficiaire de la livraison ou de la prestation, à
charge pour lui de la reverser intégralement dans les caisses du Trésor public.
Ce régime, qui obéit principalement à une préoccupation d’efficacité dans le
recouvrement de la TVA, est régi par des modalités particulières.

Champ d’application : les opérations réalisées par les trois catégories d’assujettis
suivants sont soumises au précompte. Il s’agit :
- des livraisons de biens ou prestations de services au profit de l’Etat, des autres
collectivités publiques, des établissements publics et des sociétés
nationales, des sociétés à participation publique majoritaire et des
exploitants ou concessionnaires de services publics, notamment en ce qui
concerne l’eau, l’électricité et le téléphone ;
- des fournitures de biens et prestations de services faites à des entreprises de
bâtiments et de travaux publics immatriculées au Centre des Grandes
Entreprises (entreprises dont le CA est supérieur à 1 milliard pour les commerçants
ou 600 millions pour les autres ainsi que banques et assurances) ;
- des opérations de transport effectuées au profit des producteurs ou
importateurs de ciment, de même que les distributeurs de produits
pétroliers pour ce qui concerne le transport à l’occasion de la vente ou de la
revente desdits produits.

Exclusions : le régime du précompte ne s’applique pas :


- aux livraisons de biens et prestations de services effectuées par des personnes
physiques ou morales immatriculées au service en charge des grandes entreprises ;
- aux livraisons de biens et prestations de services effectuées au profit des agences
de l’Etat ;
- lorsque, en dehors des cas où l’Etat, les collectivités publiques ou les
établissements publics sont bénéficiaires des fournitures ou prestations, le

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Avertissement : Ce document est exclusivement réservé à la formation en fiscalité dispensée par Dr. GNINGUE
fournisseur ou le prestataire de services est détenteur d’au moins 20% des actions
formant le capital de son client ou inversement ;
- aux opérations de fourniture d’énergie électrique effectuées au profit des
concessionnaires du service public d’électricité.
- à compter du 1er janvier 2015, aux livraisons de biens et prestations de services
effectuées par des personnes physiques ou morales immatriculées au service en
charge des moyennes entreprises ;
- à compter du 1er janvier 2017, aux opérations faisant l’objet de tout contrat
payé par les établissements publics, les sociétés nationales, les sociétés à
participation publique majoritaire et les exploitants ou concessionnaires de services
publics, notamment en ce qui concerne l’eau, l’électricité et le téléphone, réalisées
par des personnes immatriculées au NINEA ;

Liquidation : la TVA dans le régime du précompte est liquidée selon les règles
d’assiette et de taxation en vigueur à la date du paiement considéré comme fait
générateur. En effet, le fait générateur est constitué ici par l’encaissement par le
fournisseur ou le paiement par le client de tout ou partie du prix des biens ou des
services objet de la transaction.
Le montant de la taxe à retenir est égal à 100% de la TVA facturée par le
fournisseur ou le prestataire.

Obligations des redevables légaux et réels


Le redevable légal qui est le bénéficiaire de la fourniture du bien ou de la
prestation de services reverse intégralement la TVA précomptée, au moment de son
exigibilité, sans application d’une quelconque déduction au moyen d’une déclaration
distincte de celle relative à ses propres opérations. Il délivre au fournisseur ou
prestataire une attestation de précompte qui indique le montant hors taxe, le
montant de la TVA retenue ainsi que les références de la facture, du bon
d’engagement ou du règlement. En outre, il doit annexer à sa déclaration, un état
indiquant par entreprise, l’adresse exacte, le Numéro d’Identification National des
Entreprises et Associations (NINEA9), le numéro et la date de la facture, la base, le
taux et le montant de la TVA retenue. Cette TVA est versée au bureau de
recouvrement compétent.
Par exception, l’Etat et les collectivités publiques déclarent le montant de la TVA
retenue sur un état spécifique et le versent au crédit du compte intitulé « Taxe sur la
valeur ajoutée précomptée » ouvert dans les écritures des comptables supérieurs
avant la fin du mois suivant celui au cours duquel la retenue a été effectuée.

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Le NINEA est l’identifiant unique utilisé par les contribuables d’une part dans leurs rapports avec les
administrations fiscales et statistiques et d’autre part entre les redevables de la TVA dans leurs relations
réciproques. Il est composé de 10 caractères : un radical de 07 caractères numériques et un suffixe de 03
caractères alphanumériques indiquant successivement le régime d’imposition, le centre des services fiscaux
compétent et la forme juridique de l’entreprise. Le NINEA distingue ainsi les contribuables selon qu’ils sont
assujettis à la TVA par les codes ci-après :
0 pour le contribuable non assujetti à la TVA ;
1 pour le contribuable soumis au régime du forfait ;
2 pour le contribuable soumis au régime du réel et assujetti à la TVA.

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Avertissement : Ce document est exclusivement réservé à la formation en fiscalité dispensée par Dr. GNINGUE
Le fournisseur ou le prestataire qui est le redevable réel est tenu, si le fait générateur
(encaissement) est intervenu, de faire figurer dans la déclaration de ses affaires
imposables du mois, les opérations ayant fait l’objet de précompte. Le montant du
précompte est admis à la déduction de TVA par imputation sur la TVA due par le
redevable si et seulement si l’attestation de précompte délivrée par l’organisme
payeur est annexée à la déclaration. Cette imputation n’est cependant possible que si
l’opération ayant généré cette TVA a été elle-même déclarée.

D – Le régime de la suspension de TVA


Ce régime consiste à autoriser certains assujettis à acquérir des biens et services
sans paiement immédiat de la TVA due. Il a donc pour effet de reporter à un stade
ultérieur l’exigibilité de l’impôt. C’est le cas notamment des entreprises agrées au
Code des investissements.
L’ancienne loi exonérait de TVA les biens, services et travaux nécessaires à la
réalisation du programme agréé. Désormais, cette TVA n’est que suspendue durant
la phase de réalisation des investissements et devra être acquittée par l’entreprise au
début de ses activités.
En effet, l’article 373 du CGI précise « Les ventes, les livraisons et prestations
effectuées avec des clients bénéficiant d’un agrément au Code des investissements
sont faites en suspension de TVA au cours de la période de réalisation des
investissements ».
Toutefois, s’agissant du matériel agricole, la suspension de taxe devient exonération
définitive s’il est prouvé, lors de la phase d’exploitation, que le matériel acquis lors de
la période de réalisation des investissements a été utilisé conformément à son objet.
Les Modalités d’octroi de cette exonération seront précisées par arrêté du Ministre
chargé des Finances.
En outre, dans le cadre d’un contrat de crédit-bail ou de financement islamique, le
crédit bailleur peut être autorisé à acquérir au profit du preneur, en suspension de
TVA, les biens nécessaires à la réalisation d’un programme d’investissement de ce
dernier agréé par le Ministre chargé des Finances. Les modalités de la suspension de
TVA sont définies par arrêté du Ministre chargé des Finances.

Section 3 : Les déductions et les restitutions


Toute l’originalité de la TVA repose sur le droit à déduction. L’objectif en effet, en
matière de TVA, est de taxer une seule fois la valeur d’un bien ou d’un service. Pour
aboutir à ce résultat, la loi prévoit que la taxe qui a grevé les éléments du coût de
revient d’une opération imposable réalisée par un assujetti est déductible de la TVA
exigible sur cette opération.
Le droit à déduction se présente schématiquement comme suit : à chaque stade de
la production ou de la distribution, le redevable calcule et facture à son client une
taxe que l’on appelle taxe en aval. Mais, lors du règlement au Trésor, l’intéressé
impute sur cet impôt ou taxe, le montant de la TVA (taxe en amont) qui a grevé les
éléments de son prix de revient (matières premières, marchandises en stock,
immobilisations, prestations de services, etc.) et ne reverse que la différence entre la
taxe facturée au client et la taxe supportée déductible. Ce mécanisme peut être
résumé comme suit :

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Avertissement : Ce document est exclusivement réservé à la formation en fiscalité dispensée par Dr. GNINGUE
TVA à verser = TVA collectée ou facturée – TVA supportée (déductible)
Paragraphe 1 : le régime général du mécanisme de déduction
A- L’objet et la portée du droit de déduction : d’après un des principes
fondamentaux de la TVA formulés par l’article 374 de la loi n° 2012-31 du 31
décembre 2012 portant CGI, les taxes sur le chiffre d’affaires qui ont grevé les
éléments du prix d’une opération imposable sont déductibles de la TVA applicable à
cette opération. C’est dans cette technique retenue en droit fiscal sénégalais pour la
taxation de la valeur ajoutée que réside le fondement du régime de déduction.
En tout état de cause, le droit de déduction ne se justifie que si le coût des biens et
services acquis par un redevable se répercute effectivement dans le prix des
opérations imposables que celui-ci réalise.
1- Le régime des paiements fractionnés : les taxes sur le chiffre d’affaires sont
des taxes uniques globales sur la valeur finale des marchandises, biens ou services.
Le principe de la TVA est de prélever une fraction de la valeur de tous les produits ou
services lors de la vente au consommateur final. Pour se faire, deux conceptions
s’affrontent :
- la première consiste à prélever la totalité de la taxe au dernier stade sur toutes les
transactions antérieures s’opérant en suspension de taxe : c’est le régime de
l’ancienne taxe à la production ;
- la deuxième consiste à prélever, tout au long du circuit de production et de
commercialisation des biens et services, la taxe sur la fraction de la « valeur
ajoutée » : c’est le régime des paiements fractionnés que nous connaissons
aujourd’hui.
Ce dernier système a des avantages non négligeables. D’abord, il permet d’assurer le
paiement de la taxe avec moins de risque. En effet, chaque redevable n’est
responsable que d’une partie de l’impôt que subira le produit au lieu de faire peser la
totalité de la perception de l’impôt sur le dernier redevable.
L’autre avantage est de donner à l’Administration fiscale des moyens de contrôle par
recoupement. La taxe payée et facturée à chaque stade étant déductible au stade
suivant, l’acheteur a intérêt à exiger de son fournisseur un document régulier
(facture).
2- De la déduction base sur base à la déduction taxe sur taxe : deux
possibilités s’offrent au législateur fiscal dans un régime de paiement fractionné pour
opérer la déduction, étant entendu que le but recherché est la taxation de la valeur
ajoutée. Logiquement, il faut déterminer cette valeur avant de lui appliquer le taux
légal. Pour être plus précis, tel redevable devrait déduire de son prix de vente d’une
production le prix d’achat des éléments qui ont entré dans cette production.
En réalité, désormais la déduction se fait taxe sur taxe. En effet, l’article 374 du CGI
dispose que « l’assujetti a le droit de déduire du montant de la TVA dont il est
redevable la TVA ou la taxe sur les activités financières (TAF) supportée sur les biens
et services utilisés pour les besoins de ses opérations ouvrant droit à déduction ».
3- Objet du droit à déduction : unique et globale, la TVA ne frappe qu’une seule
fois la valeur finale du produit. Le système des paiements fractionnés conduit en fait
chaque intermédiaire du circuit de production ou de distribution à collecter un
acompte sur cette taxe et le verser au Trésor. Pour aboutir en fin de chaîne à la

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Avertissement : Ce document est exclusivement réservé à la formation en fiscalité dispensée par Dr. GNINGUE
taxation de la valeur ajoutée (prix de vente au consommateur ultime), il faut que
l’acompte versé au Trésor par chaque intermédiaire soit assis sur la valeur ajoutée
par ce dernier au produit considéré.
Pour obtenir ce résultat, chaque redevable doit sa TVA nette à reverser au Trésor par
la différence entre la taxe brute assise sur le prix de vente et la taxe
déductible déterminée à partir des éléments grevés de TVA qui sont
utilisés pour la réalisation d’opérations imposables.
Ce système découle des dispositions combinées de l’article 352 du CGI qui obligent le
redevable à collecter la TVA sur son prix de vente et de l’article 374 du CGI qui
autorisent le redevable à déduire la taxe supportée en amont.
Cependant, les redevables n’acquittent pas la taxe opération par opération, mais
procèdent à sa liquidation pour l’ensemble des opérations d’une période déterminée.
En conséquence, ils empruntent globalement la taxe qui a grevé l’ensemble des biens
et services réalisés au cours de la même période. La TVA qui a grevé les éléments du
prix d’une opération imposable est déductible de la TVA applicable à cette opération.
4- Portée du droit à déduction : seuls les redevables sont autorisés à déduire la
taxe qui grève les biens et services qu’ils ont acquis dans la mesure où ils réalisent
des opérations ouvrant droit à déduction, c’est-à-dire la taxe supportée sur les biens
livrés et les prestations fournies par un autre assujetti et la taxe supportée sur les
biens importées au Sénégal. En effet, seuls les assujettis soumis au régime du réel
peuvent facturer et transmettre le droit à déduction de la TVA à leurs clients
assujettis.
Les personnes qui n’ont pas la qualité de redevable ne peuvent pas déduire la TVA.
Ainsi, le consommateur final d’un produit taxable ne peut pratiquer aucune déduction
puisque c’est précisément sur lui que la loi entend faire porter la charge fiscale de la
taxe. De même, un assujetti non redevable ne peut pas déduire la TVA payée à ses
frais, dès lors qu’il ne réalise pas d’opérations imposables à la TVA. Aussi, la taxe
facturée par les non assujettis ou les contribuables relevant de la CGU n’est pas
déductible.

Paragraphe 2 : Les conditions d’exercice du droit à déduction


L’exercice du droit à déduction est soumis à des conditions de forme, de temps et de
fond.

A- Les conditions de forme


Dans le système des paiements fractionnés, chaque intermédiaire de la chaîne
économique possède un droit de déduction correspondant en principe à la TVA que
son fournisseur doit collecter pour le Trésor, d’où la nécessité d’un formalisme
rigoureux offrant à l’Administration des garanties pour le respect de ses règles. C’est
ainsi que le redevable qui procède à la déduction de la TVA ayant grevé le coût de
revient de ses opérations doit justifier la matérialité de la taxe déductible. Cette
justification varie suivant qu’il s’agit d’achats locaux de biens ou de services ou
d’importations.
1- La justification par un document : la taxe dont les entreprises peuvent opérer
la déduction est selon le cas :

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Avertissement : Ce document est exclusivement réservé à la formation en fiscalité dispensée par Dr. GNINGUE
a- celle qui, pour les achats locaux de biens ou services, figure sur les factures
d’achat ou documents en tenant lieu qui leur sont délivrées par leurs fournisseurs
dans la mesure où ces derniers sont autorisés légalement à la facturer. Ces factures
doivent obligatoirement mentionner distinctement (article 447-5 du CGI) :
- le nom et l’adresse exacts avec indication du NINEA du fournisseur ;
- le numéro unique basé sur une séquence chronologique et continue ;
- les taxes sur le chiffre d’affaires exigibles sur l’opération concernée avec indication
du taux ;
- la taxe spécifique exigible, le cas échéant sur l’opération concerné avec indication
du taux ;
- le prix toutes taxes comprises.
b- celle qui, pour les importations, a été acquittée par l’assujetti ou pour son
compte et qui figure sur les documents douaniers qu’il détient et qui le désignent
comme destinataires réel des biens.
Remarque : la taxe illégalement facturée est due par celui qui la facture. Ceci peut
intervenir dans les cas suivants :
- soit la taxe est facturée à tort au titre d’une opération non imposable ou à un taux
supérieur au taux légal ;
- soit la taxe est facturée au titre d’une opération fictive.
2- Les factures de remplacement et les factures rectificatives : les réductions
de prix consenties par les fournisseurs à leurs clients peuvent être déduites de leur
base d’imposition quelle que soit la dénomination et les modalités selon lesquelles
elles sont accordées.
Cependant, elles nécessitent des formalités particulières, notamment lorsqu’elles sont
consenties après délivrance des factures initiales. Ainsi, la modification du prix et de
la taxe portée sur le document initial est opérée par l’envoi d’une nouvelle facture. La
taxe correspondant à la révision peut alors être récupérée par le fournisseur.
Corrélativement, elle sera reversée au Trésor par le client si celui-ci a déjà déduit la
taxe initialement facturée.
Si le fournisseur renonce à diminuer sa base imposable, il doit informer son client
que le rabais est « net de taxe ». Une mention en ce sens doit être apposée sur la
note d’avoir ou la facture nouvelle et dans ce cas, le montant de la TVA porté sur la
facture initiale ne doit pas être modifié. Par conséquent, le client est alors dispensé
de procéder à la rectification de la déduction initialement opérée.
Par ailleurs, en cas d’affaire annulée, résiliée ou impayée, la modification de la taxe
portée sur le document nécessite de même une facture rectificative. Les opérations
concernant des ventes résiliées ou impayées sont annulées chez le fournisseur qui a
imputé le montant de ces opérations sur son chiffre d’affaires.
B- Les conditions de temps : la date de déduction
Pour une même opération, le droit à déduction ne peut prendre naissance chez le
client avant que la taxe déductible ne soit exigible chez le fournisseur, le prestataire
ou le preneur qui a acquitté la TVA pour compte (article 374-2 du CGI).
1- Principe général : désormais, l’exigibilité est un événement unique qui
détermine :
- chez le fournisseur : la période au titre de laquelle l’opération imposable doit être
déclarée ;

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Avertissement : Ce document est exclusivement réservé à la formation en fiscalité dispensée par Dr. GNINGUE
- chez le client : la date de naissance du droit à déduction.
La taxe qui a grevé les biens et services doit être mentionnée sur la déclaration à
déposer au titre du mois pendant lequel le droit à déduction a pris naissance. En
conséquence, et dans tous les cas, désormais le droit à déduction pour le redevable
assujetti prend naissance lorsque la taxe déductible pour lui devient exigible chez son
fournisseur lui-même assujetti redevable. Ainsi par exemple, une TVA supportée par
un client soumis au régime du précompte ne sera déductible à son niveau que si
cette taxe devient exigible, c’est-à-dire lors de l’encaissement et non au mois de
facturation comme c’est le cas pour la plupart des opérations. Les taxes supportées
déductibles sont donc déduites au titre du mois de réception des factures ou de leur
acquittement, en cas d’importation, de livraison à soi-même, de versement
d’acompte ou de comptabilisation d’avoir. C’est à partir de cette date de naissance
du droit à déduction que sera fixé le point de départ de tous les délais de
régularisation ultérieure de la TVA déduite antérieurement.
2- La péremption du droit à déduction : la forclusion : la date prévue pour
mentionner la taxe déductible sur les déclarations s’impose au redevable. C’est ainsi
que le droit à déduction est limité à deux (02) ans à compter de la date de réception
de la facture ou de l’acquittement de la taxe pour les importations ou les livraisons à
soi-même et les prélèvements.
Aussi, en cas d’omissions de mentionner la taxe déductible dans la déclaration sur
laquelle elle aurait dû normalement figurer, le redevable peut-il réparer son omission
dans un délai de 24 mois.
Exemple : omission de porter en déduction sur la déclaration du mois d’avril la TVA
déductible sur l’achat d’une machine effectué le 18 avril 2011.
- Jusqu’à quelle date cette omission peut-elle être rattrapée ?
- Le 15 mai 2013, soit 24 mois.
C- Les conditions de fond
La première condition de fond de la déductibilité de la TVA vient du principe qui veut,
que pour qu’une entreprise puisse déduire la TVA, il faut qu’elle soit, elle-même,
assujettie à cette même taxe. C’est ainsi que les consommateurs finaux qui ne sont,
en principe, pas des assujettis n’ont ni le droit ni la possibilité de récupérer la TVA
qui leur a été facturée.
Toutefois, le principe selon lequel la TVA qui a grevé les éléments du prix d’une
opération imposable est déductible de la TVA applicable à cette opération comporte
certaines limites, restrictions et exclusions à savoir : des limitations d’ordre général,
des exclusions relatives à certains biens et à certains services et des restrictions
propres à certaines entreprises.
1- Les limitations d’ordre général
Pour déduire, il ne suffit pas d’avoir la qualité de redevable. Encore faudrait-il que la
dépense soit engagée dans le cadre de l’exploitation. Ainsi, les biens ou services
doivent être : nécessaires à l’exploitation et être affectés à l’exploitation (au moins
pour partie).
a- Les biens et services doivent être nécessaires à l’exploitation : cette
condition est remplie lorsque les dépenses sont engagées dans l’intérêt de
l’entreprise. Elle conduit essentiellement à exclure du droit à déduction :

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Avertissement : Ce document est exclusivement réservé à la formation en fiscalité dispensée par Dr. GNINGUE
- les dépenses dont le caractère somptuaire ne prête pas à discussion compte tenu
de la nature et de l’activité de l’entreprise ;
- les dépenses effectuées dans l’intérêt personnel du dirigeant ou de sa famille, du
personnel ou des tiers. Par exemple, l’achat par une entreprise de mobiliers ou
l’entretien d’un local mis à la disposition exclusive du dirigeant.
b- Les biens et services doivent être affectés aux besoins normaux de
l’exploitation : ce critère exclue les biens et services destinés ou employés en fait à
des fins étrangères à l’entreprise ou aux besoins privés des redevables.
Correspondent, en général, aux besoins de l’exploitation les biens et services dont
l’acquisition donne lieu à une déduction pour la détermination du bénéfice imposable
à l’Impôt sur le Revenu ou à l’Impôt sur les Sociétés au titre soit des dotations aux
amortissements soit des frais généraux. L’exploitation s’entend ici comme étant
l’activité du redevable pour laquelle les biens et services sont acquis.
Il faut que les biens ou services soient au moins affectés à l’exploitation partiellement
pour ouvrir droit à déduction. Il n’est pas nécessaire que cette affectation soit
exclusive. Seuls les biens et services dont la quote d’utilisation privative est
supérieure à 80% de l’utilisation totale sont totalement exclus du droit à déduction.
Ainsi, la déduction de la taxe est autorisée même si le bien ou le service est affecté
simultanément ou successivement aux besoins de l’exploitation ou à d’autres besoins
dès lors que l’utilisation de ces biens et service atteint au moins 20%.
Exemple : lorsqu’un bien, initialement affecté à l’entreprise, fait l’objet d’une
affectation alternative ou successive d’une part aux besoins de l’entreprise et d’autre
part à des fins étrangères à celle-ci, il n’existe pas de critères fiables permettant de
déterminer la quotité déductible. En conséquence, au moment de l’acquisition du
bien, la déduction est totale.
Mais, en contrepartie, l’utilisation du bien ou du service pour des besoins étrangers à
l’exploitation donne lieu à taxation.
c- Les biens et services doivent être affectés à une opération taxable et
effectivement taxée ou exonérée au titre des exportations ou opérations
assimilées, des livraisons de biens et services en régime franc et du
transport international de biens à destination de l’étranger : en vertu de
cette règle, ne peut ainsi donner lieu à déduction, la TVA grevant les biens et
services affectés à une opération placée hors du champ d’application de la TVA ou
exonérée pour des motifs autres que ceux mentionnés ci-dessus.
Toutefois, par dérogation à celle-ci, la loi 2012-31 du 31 décembre 2012 a apporté
une innovation majeure quant à l’étendue du droit à déduction en admettant que les
prestations de services rendues par un assujetti identifié à la TVA au Sénégal et dont
le lieu d’imposition est situé à l’étranger et qui ouvriraient droit à déduction si leur
lieu d’imposition était au Sénégal ouvrent également droit à déduction dans les
mêmes conditions que si elles étaient soumises à la TVA (article 380 du CGI). Cette
disposition consacre, en effet, le droit à déduction de la TVA supportée sur les biens
et services affectés aux exportations de service qui constituent normalement des
opérations placées hors du champ d’application de la TVA.

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Avertissement : Ce document est exclusivement réservé à la formation en fiscalité dispensée par Dr. GNINGUE
2- Les exclusions visant certains biens et services
Certains biens et services, bien qu’ils aient été acquis pour les besoins normaux de
l’exploitation et soient destinés à des opérations imposables, sont cependant
expressément exclus par le législateur, du droit à déduction. Il en est ainsi :
- de certaines dépenses qui, bien que remplissant toutes les conditions exposées ci-
dessus, n’ont qu’un rapport lointain avec l’opération taxable à laquelle elles
concourent ;
- d’autres dépenses dont la déduction n’est pas admise pour diverses raisons
(budgétaires ou des difficultés de contrôle en réalité).
Ces exclusions peuvent être regroupées sous les rubriques suivantes :

a- les biens cédés et services rendus sans rémunération ou moyennant une


rémunération nettement inférieure à leur prix de vente normale, notamment
à titre de gratification, cadeaux, quelle que soit la qualité du bénéficiaire ou la forme
de la distribution n’ouvrent pas droit à déduction.
Toutefois, ouvre droit à déduction les biens dont la valeur n’excède pas 20.000
francs l’unité hors taxe.
b- les dépenses de logement, de restauration, de réceptions et de
spectacles au profit des dirigeants et des salariés de l’entreprise.
Sauf les dépenses supportées par un assujetti relatives à la fourniture à titre onéreux
de logements, de repas, d’aliments ou de boissons ouvrent droit à déduction. De
même que les dépenses relatives à la fourniture à titre gratuit de logement sur les
chantiers ou dans les locaux d’une entreprise au personnel de sécurité, de
gardiennage et de surveillance et des dépenses supportées par un assujetti du fait
de la mise en jeu de sa responsabilité contractuelle ou légale à l’égard de ses clients.
c- les véhicules ou engins de transport de personnes : les véhicules ou engins,
quelle que soit leur nature, conçus pour transporter des personnes ou pour un usage
mixte, lorsqu’ils ne sont pas destinés à être revendus à l’état neuf ou loués par un
loueur professionnel n’ouvrent pas droit à déduction. Aussi, des éléments constitutifs
de pièces détachées ou accessoires de ces véhicules et engins, leur réparation ainsi
que les produits pétroliers qui leur sont destinés n’ouvrent pas droit à déduction.
A contrario, la taxe grevant les véhicules (utilitaires) exclusivement conçus pour le
transport de marchandises, ainsi que les pièces détachées, les accessoires, les
réparations, les produits pétroliers et les services qui leur sont destinés est
récupérable.
Remarque : par véhicule utilitaire au sens fiscal il faut entendre :
- un véhicule conçu pour le transport des marchandises comportant à l’avant un
habitat ou cabine dont le nombre de places ne dépasse pas deux et à l’arrière un
plateau couvert ou découvert destiné à recevoir des personnes ;
- un véhicule 4 X 4 double cabine ne comportant pas plus de cinq places ;
- un véhicule de type camion double cabine.
Dans tous les cas de figure, pour les véhicules utilitaires, le poids à vide (PV), le
poids maximum du chargement, le poids total de charge sont obligatoirement
mentionnés sur le certificat d’immatriculation et d’aptitude technique.

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d- les frais de publicités de biens et services dont la publicité est prohibée
e. les prestations de services, quelle que soit leur dénomination, lorsque le
bénéficiaire n’est pas imposable à un impôt sur le revenu au Sénégal sur
lesdites rémunérations
f- les meubles meublants, autre que le mobilier de bureau : les meubles
meublants sont en principe destinés à l’habitation et exclus du droit à déduction. Par
contre, le mobilier de bureau est considéré comme du matériel d’exploitation et donc
ouvrant droit à déduction.
g- les services afférents aux biens exclus du droit à déduction :
3- Les limitations propres à certaines entreprises
Le droit à déduction comporte des restrictions à l’égard de certaines catégories
d’entreprises justifiées soit par l’existence de règles spéciales d’assiette de la TVA. Il
s’agit essentiellement des entreprises soumises au régime de la marge en matière de
TVA.
a- Les agences de voyage et les organisateurs de circuits touristiques : ils
ne peuvent pas déduire « la taxe afférente au prix payé aux entreprises de transport,
aux hôteliers, aux restaurateurs, aux entrepreneurs de spectacles et aux autres
assujettis qui exécutent matériellement les services utilisés par le client ».
b- Les négociants en biens d’occasion soumis au régime de la marge : ils ne
peuvent pas déduire « la taxe ayant grevé les biens acquis en vue de leur revente ».
En d’autres termes, ils n’opèrent la déduction de la TVA ayant grevé leurs biens
d’occasion que dans la mesure où ils acquittent l’impôt sur le prix total versé par
l’acquéreur et non sur la marge.
Paragraphe 3 : Les modalités d’exercice du droit à déduction
La récupération de la taxe déductible mentionnée sur les déclarations est opérée en
priorité par voie d’imputation avec report de l’excédent éventuel. Elle s’effectue
exclusivement sur la TVA dont l’entreprise est elle-même redevable soit du fait de
ses opérations taxables, soit, le cas échéant, à raison de régularisations diverses.
Si le montant de la taxe déductible au titre d’une déclaration excède le montant de la
taxe due, l’excédent constitue un crédit qui normalement doit être reporté jusqu’à
épuisement sur la ou les déclarations ultérieures.
Toutefois, dans certaines conditions, ce crédit de taxe peut faire l’objet d’un
remboursement.
L’article 375 du CGI, dispose que : « Les déductions sont opérées par les assujettis
sous leur propre responsabilité. Elles s’opèrent :
- soit par imputation sur la TVA exigible au titre des opérations soumises à ladite
taxe au cours du même mois ;
- soit par report de crédit de déduction et imputation sur la TVA exigible au titre du
ou des mois suivants, jusqu’à extinction, sans pouvoir toutefois excéder deux (02)
ans ».
En effet, les ayant droits aux déductions opèrent celles-ci sous leur propre
responsabilité et sont tenus d’indiquer, au verso de la déclaration mensuelle de TVA
ou sur un document annexe, les éléments ci-après :

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- le NINEA du fournisseur ou le numéro et la date de la déclaration de mise à la
consommation10 ;
- le nom et l’adresse exacte du fournisseur ;
- la nature du bien ou du service acquis ;
- le prix d’achat ou le Coût-Assurance-Fret (CAF) augmenté des droits de porte ;
- la TVA facturée ou acquittée en douane ;
- la TVA supportée déductible.
Les assujettis sont également, tenus de justifier l’effectivité de la transaction et
l’affectation aux besoins de leurs opérations taxées ou ouvrant droit à déduction.
Il convient de noter que la loi n° 2012-31 du 31 décembre portant CGI a supprimé
les références liées à la distinction déductions physiques / déductions financières (cf.
article 23 de l’Annexe III de la loi n° 92-40 du 09 juillet 1992 modifiée). La règle du
butoir a été également supprimée et les déductions ne s’opèrent désormais que
suivant la règle de l’affectation qui, toutefois, peut être limitée dans leur portée par
la règle dite du prorata.
A- La règle de l’affectation : fondement unique du droit à déduction
Aux termes des dispositions de l’article 384 du Livre II du CGI, cette règle
subordonne toute déduction de TVA. En vertu de cette règle, lorsqu’un bien ou un
service est utilisé par l’assujetti pour effectuer exclusivement des opérations
imposables ouvrant droit à déduction, l’intégralité de la TVA portant sur ce bien ou
service est déductible.
Par contre, lorsqu’un bien ou un service est utilisé par l’assujetti pour effectuer
exclusivement des opérations n’ouvrant pas droit à déduction, la TVA portant sur ce
bien ou service n’est pas déductible.
En effet la règle de l’affectation peut être résumée ainsi :
- si ces biens ou services concourent exclusivement à la réalisation d’opérations
soumises à la TVA, la taxe qui les a grevés est intégralement déduite ;
- s’ils concourent à la réalisation d’opérations non soumises à la TVA, la taxe qui les a
grevés n’est pas déductible du tout ;
- s’ils concourent à la réalisation d’opérations dont certaines sont imposées et
d’autres exonérées sans conservation du droit à déduction, la déduction se fait dans
la limite du pourcentage du chiffre d’affaires ouvrant droit à déduction.
Ainsi, sauf exceptions prévues par la loi, ne peuvent ainsi donner lieu à déduction les
biens et services affectés à une opération placée hors du champ d’application de la
TVA ou exonérée.
Si certaines entreprises éprouvent des difficultés à appliquer la règle de l’affectation,
l’Administration peut les autoriser à déterminer le montant global à déduire d’après le
principe du prorata.
A- La règle du prorata : limite à la portée du droit à déduction
Un assujetti peut réaliser des opérations dont certaines sont imposées et d’autres
non soumises à la TVA. Dans ce cas, les entreprises qui ne sont pas assujetties à la
TVA pour l’ensemble de leurs activités, ne sont autorisées à déduire qu’une fraction

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Il s’agit de la déclaration en douane pour les opérations d’importations.

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de la TVA ayant grevé les biens d’investissement et les frais généraux (les opérations
ouvrant droit à déduction).
Cette fraction est égale au montant des taxes supportées déductibles ayant grevé
lesdits biens et services affecté d’un pourcentage de déduction appelé prorata de
déduction qui résulte du rapport existant entre d’une part, le chiffre d’affaires hors
taxes des opérations provenant de leur utilisation taxable à la TVA et ouvrant droit
aux déductions et, d’autre part, l’ensemble du chiffre d’affaires hors taxe réalisé par
l’entreprise du fait de l’utilisation de ces biens. Ce prorata de déduction est fixé en
pourcentage et est arrondi à l’excès à la deuxième décimale.
Le prorata ou pourcentage de déduction doit être calculé au début de chaque année
sur les résultats de l’année précédente. Ainsi, le prorata applicable en 2013 dépend
des opérations réalisées au courant de l’exercice 2012.
Cependant, exceptionnellement, l’Administration peut autoriser que le prorata soit
calculé sur des recettes prévisionnelles de l’année en cours.
Le calcul du prorata s’effectue suivant la formule suivante :

Et le montant de la TVA déductible est obtenu grâce à la formule :


TVA Déductible = TVA Supportée x Prorata
Figure au numérateur : le montant du chiffre d’affaires hors TVA taxable
effectivement taxé ou exonéré au titre des exportations et opérations assimilées ainsi
que les prestations de services directement liées aux exportations, des prestations de
services rendues par un assujetti identifié à la TVA au Sénégal et dont le lieu
d’imposition est situé à l’étranger et qui ouvriraient droit à déduction si leur lieu
d’imposition était au Sénégal, et enfin des opérations de transport international de
biens à destination de l’étranger.
Figure au dénominateur : l’ensemble du chiffre d’affaires hors TVA.
Sont toutefois exclus tant au numérateur qu’au dénominateur pour la détermination
dudit rapport :
− les cessions d’éléments d’actif immobilisés ;
− les subventions d’équipement ;
− les indemnités non imposables et notamment celles reçues en réparation de
dommages consécutifs à des sinistres ;
− les revenus de valeurs mobilières ;
− les encaissements de sommes perçues pour le compte d’un tiers pour lui être
versées, ou perçues d’un tiers pour être réparties intégralement à d’autres
personnes dans le cadre d’un mandat ;
− les pourboires versés au personnel pour les entreprises des secteurs de
l’hôtellerie et de la restauration.
Le prorata déterminé à la clôture de chaque année (exercice), constitue le prorata
définitif du redevable. Ce prorata définitif ainsi arrêté sert de prorata provisoire pour
l’année à venir. Il fait l’objet, le cas échéant, d’une régularisation à la fin de l’exercice
lorsque la déduction initialement opérée est supérieure ou inférieure à celle que
l’assujetti était en droit d’opérer.

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En principe, il n’existe qu’un pourcentage de déduction uniforme pour l’ensemble des
activités d’une entreprise.
Toutefois, lorsque l’entreprise comporte, en fait, des secteurs d’activités distinctes,
l’Administration peut l’autoriser ou l’obliger à calculer autant de prorata qu’il y a de
secteurs d’activités.
Il faut noter en conclusion que dans les deux règles que nous venons de voir, le
pourcentage obtenu est dit provisoire car il entraîne une régularisation des
déductions opérées en fin d’exercice.
Paragraphe 4 : La régularisation des déductions
Les déductions régulièrement opérées ont, en principe, un caractère définitif. Elles
peuvent cependant être remises en cause lorsque certaines conditions qui étaient à
la base du droit à déduction ne sont plus remplies. Ces « révisions » sont
communément appelées régularisations et sont limitativement prévues par la loi.
A- La régularisation des déductions dans le temps motivée par l’application
de la règle du prorata et subsidiairement par celle de l’affectation
1- Le pourcentage de déduction provisoire et définitif : en application des
dispositions de l’article 385-5 du CGI, la déduction sera opérée en usant d’un
pourcentage provisoire, déterminé par les assujettis sous leur responsabilité, calculé
d’après les éléments de calcul déjà vus (sur la base des éléments de l’exercice
précédent).
A la clôture de l’exercice au cours duquel le bien a été acquis, la déduction sera
régularisée au moyen du pourcentage définitif obtenu d’après les données de
l’exercice. Cette régularisation sera portée sur la déclaration déposée au plus tard le
15 du mois suivant la date de clôture de l’exercice.
B- La régularisation résultant d’événements particuliers
1- Le principe : il est posé par l’article 386-2 du CGI. Ce dernier énumère les
évènements dont la survenance entraîne obligatoirement la régularisation de la TVA
initialement déduite. Il s’agit de :
- la cessation d’activité ;
- la cession totale ou partielle à titre onéreux ou gratuit, sous quelque forme que ce
soit, d’éléments d’actif dont l’acquisition a donné lieu à déduction ou à restitution, à
l’exclusion des fusions bénéficiant du régime fiscal de faveur prévu au Livre III du
CGI ;
- l’affectation d’un bien ouvrant droit à déduction à une destination ne donnant pas
droit ou ne donnant plus droit à déduction. Toutefois, lorsque ce changement
d’affectation est le résultat d’une livraison à soi-même de biens ou d’une prestation à
soi-même de services, cette livraison ou prestation à soi-même est imposable sans
droit à déduction et aucune régularisation n’est exigible ;
- la destruction de biens acquis ou produits en l’absence de l’administration fiscale ;
- des manquants, pertes, vols non justifiés de biens acquis ou produits ;
- l’abandon de la qualité d’assujetti à la TVA
La régularisation de la TVA peut se traduire soit par une répétition de taxe, c’est-à-
dire par un reversement de TVA soit par un complément de déduction dans le mois
qui suit celui de l’évènement remettant en cause la déduction. Pour le calcul du
montant de la TVA à répéter, la computation du délai se fait au mois le mois.

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2- Cas des biens amortissables : le sort de ces biens est fonction des
amortissements pratiqués. Lorsque le bien est totalement amorti, il n’y a pas de
régularisation.
Par contre, lorsque le bien n’est pas totalement amorti, il y a régularisation et la TVA
à répéter est calculée au prorata du temps d’amortissement restant à courir et dont
la computation se fait en mois.
La régularisation s’effectue alors de la façon suivante :

Le redevable qui effectue la régularisation délivre au nouveau détenteur du bien, une


attestation certifiant l’exactitude du montant de la taxe répétée pour lui permettre de
procéder, le cas échéant, à sa déduction.
3- Cas des biens non amortissables ou des biens complètement amortis :
pas de régularisation pour les biens non amortissables ou des biens complètement
amortis. On distingue toutefois le cas des biens prélevés, les manquants ou vols non
justifiés et les cessions.
- Cas des biens prélevés : les prélèvements sur stock ne font pas l’objet de
régularisation, mais plutôt de taxation obligatoire à la TVA.
- Cas des biens prélevés et les manquants ou vols non justifiés : les
manquants, les pertes et vols sur stock non justifiés font l’objet de régularisation
avec application du taux de la TVA sur la valeur des biens concernés.
- Cas des biens cédés : les biens cédés entraînent la régularisation en soumettant
à la TVA le prix de cession.
4- Cas des biens qui ont changé d’affectation
Les biens qui ont changé d’affectation en passant d’une destination donnant droit à
déduction à une autre n’ouvrant pas droit à déduction font l’objet de régularisation
par une remise en cause du droit de déduction avec application, le cas échéant, de la
règle du prorata.
Toutefois, lorsque ce changement d’affectation est le résultat d’une livraison à soi-
même de biens ou d’une prestation à soi-même de services, cette livraison ou
prestation à soi-même est imposable sans droit à déduction et aucune régularisation
n’est exigible.
A l’inverse, un bien qui passe d’une affectation ne donnant pas droit à déduction à
une autre donnant droit à déduction, bénéficie d’un complément de déduction sous
réserve du délai de péremption du droit à déduction.
5- Cas du transfert du crédit de déduction
En cas de fusion, le montant des crédits de taxe figurant sur la dernière déclaration
déposée par la ou les sociétés fusionnées peut être déduit par la société absorbante
ou nouvelle, à condition que le crédit de TVA fasse partie des éléments d’actifs
apportés. Dans ce cas, la société absorbante ou nouvelle doit joindre à sa déclaration
déposée au titre du mois d’intervention de la fusion, la copie de la dernière
déclaration souscrite par la société absorbée et comportant le crédit de TVA à
transférer.

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Paragraphe 5 : Les restitutions
Sauf cas exceptionnel, l’exercice du droit de restitution est une conséquence du droit
à déduction puisque, comme on l’a vu, l’exercice du droit à déduction s’effectue en
principe par l’imputation des taxes sur le chiffre d’affaires supportées déductibles sur
la TVA collectée exigible.
Mais, dans certains cas, le redevable n’arrive pas à résorber les taxes sur le chiffre
d’affaires supportées par la simple imputation. Il est dans ce cas obligé, soit de
reporter un crédit de déduction, soit de demander le remboursement de taxes qu’il
ne parvient pas à résorber.
Le dispositif général et comptable des restitutions est prévu par les articles 390 à 399
du CGI.
Il convient de noter que les cas de restitution sont limitativement prévus par la loi. Le
redevable n’a la possibilité de demander le remboursement ou la restitution de taxes
que dans les cas suivants :
- crédit de déduction de taxe ;
- erreur de perception de la part de l’Administration ou de versement de la part du
redevable ;
- marchandises ou produits détruits sous le contrôle de l’administration fiscale ;
- factures demeurées impayées ou résiliées n’ayant pu être résorbées par voie
d’imputation.
A- Restitution des crédits de déduction
L’excédent des taxes supportées déductibles sur les taxes collectées débouchant sur
un crédit est imputable sur les déclarations ultérieures. Cette imputation est,
toutefois, limitée dans le temps à une période de deux ans à compter du fait
générateur de la taxe chez le fournisseur.
Aussi, la loi prévoit que si l’excédent des taxes supportées déductibles ne peut être
résorbé par voie d’imputation, le redevable peut demander la restitution des crédits
de déductions. A cet effet, il doit justifier du crédit de taxes existant au moment de la
demande. Tout crédit dont la restitution n’aura pas été demandée dans le délai de
deux ans sera annulé de plein droit et ne pourra donner lieu ni à une restitution ni à
une imputation. La demande de restitution doit porter sur un montant au moins égal
à 500 000 Francs CFA.
Les demandes de restitution de crédit sont déposées trimestriellement. Elles peuvent
l’être à tout moment s’il s’agit d’entreprises d’exportation ou d’entreprises exécutant
des marchés, contrats ou accords assimilés passés avec l’Etat, les établissements
publics et les sociétés nationales financés sur aides ou prêts extérieurs. A l’appui de
sa demande, le redevable doit joindre un état indiquant l’origine du crédit de
déduction, la liste et la copie des factures délivrées par les fournisseurs.
S’il s’agit de biens livrés en régime franc ou exportés le redevable fournit, en sus, un
état indiquant la nature des produits et marchandises, le titre de transport, la facture
visée au départ par le douane, une copie « impôt-redevable» de la déclaration
d’exportation ou de réexportation délivrée par la douane ainsi que le document
bancaire établissant la preuve du paiement par le requérant des exportations
déclarées.

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La demande de restitution rend caduc le crédit existant. En effet, le redevable qui
introduit une demande remboursement n’a plus la possibilité d’en reporter le
montant au titre de ses déclarations ultérieures. A défaut, il s’expose à un
redressement pour déductions abusives.
La demande, reconnue non fondée après instruction par l’administration des impôts,
donne lieu à l’établissement d’une décision de rejet. La décision de rejet est notifiée
à l’assujetti par lettre recommandée ou cahier de transmission. L’assujetti qui entend
contester cette décision de rejet, dispose d’un délai d’un mois, à peine de forclusion
soit pour introduire une nouvelle demande portant sur les rejets, avec les
justifications nécessaires soit pour saisir le tribunal compétent. Le nombre de
demandes complémentaires est limité à deux (2), après l’instruction de la première.
La taxe supportée par les établissements touristiques agréés et les personnes
réalisant des locations au titre de leurs opérations imposables ne peut, en aucun cas,
donner lieu à un remboursement.
B- Restitution pour erreur de perception ou de versement de la part du
redevable
Le redevable doit joindre une copie de ce versement et le reçu y afférent, ainsi que
toutes les pièces justificatives prouvant l’erreur.
C- Restitution pour produits détruits sous le contrôle de l’administration
fiscale
Les produits visés sont ceux ayant supporté la TVA et qui dans des circonstances
particulières indépendantes de la volonté du contribuable sont détruits. A la demande
du redevable doit être joint un état indiquant le motif de la destruction, le montant
des droits dont la restitution est demandée, une copie certifiée du procès-verbal
établi par l’agent de l’administration fiscale ayant assisté aux opérations de
destruction ainsi qu’une copie de la déclaration de mise à la consommation des
produits ou marchandises importées ou de la facture d’achat des produits ou
marchandises non importés.
D- Restitution pour factures demeurées impayées
En cas de créances irrécouvrables, la demande doit comprendre une copie des
créances jugées irrécouvrables, la preuve du versement effectif des taxes sur le
chiffre d’affaires afférentes à ces créances ainsi que la justification de l’épuisement
des moyens de droit contre le débiteur récalcitrant.
E- Restitution pour ventes, services, livraisons résiliés ou annulés
Pour ces cas, le requérant doit joindre une copie de la déclaration de taxes sur le
chiffre d’affaires concernant ces opérations et la preuve du versement y afférent, une
copie des factures initiales et des factures rectificatives en cas d’annulation partielle
ainsi que la preuve du remboursement des factures annulées ou résiliées.
Toutefois, lorsqu’un assujetti dont l’opération a été résiliée retient un montant à titre
de compensation à raison de cette résiliation, ce montant est soumis à la TVA,
laquelle ne peut faire l’objet d’une restitution.
En conclusion, il convient de retenir que lorsque les opérations annulées, résiliées ou
impayées ont ouvert droit à remboursement pour l’assujetti, celui-ci doit envoyer à
son client un duplicata de la facture initiale portant les mentions précisant que
l’opération est annulée ou résiliée ou que la facture est demeurée impayée et
mentionnant le montant de la TVA qui ne peut faire l’objet de déduction pour

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l’acquéreur. L’acquéreur doit régulariser les déductions correspondantes sur sa
prochaine déclaration de TVA.

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LA TAXE SUR LES ACTIVITES FINANCIERES
Les opérations relevant de l’activité financière sont régies, depuis l’avènement de la
loi n° 2012-31 du 31 décembre 2012 portant CGI, par la taxe sur les activités
financières (TAF) qui a remplacé la taxe sur les opérations bancaires (TOB). En effet,
l’article 400 du CGI dispose « il est institué au profit du budget de l’Etat une taxe sur
les activités financières (TAF ».
Section 1 : Champ d’application
Paragraphe 1 : Personnes et opérations imposables
Comparativement à la TOB, le champ d’application de la TAF est plus large que celui
de la TOB.
En ce qui concerne les opérations imposables, la TAF s’applique à toutes les
rémunérations perçues sur les opérations financières réalisées au Sénégal,
notamment les commissions et les intérêts perçus sur les crédits, prêts, avances,
engagements par signature et les transferts d’argent à l’exclusion du mandat postal.
S’agissant des personnes assujetties à la TAF, il s’agit :
− des banques et établissements financiers agréés au Sénégal ;
− des personnes physiques ou morales réalisant de l’intermédiation financière ;
− des personnes physiques ou morales réalisant des opérations de transfert
d’argent ;
− des opérateurs de change.
Paragraphe 2 : Les exonérations
Sont exonérés de la TAF :
1- les intérêts sur prêts, avances, dépôts en compte correspondants fonctionnant
comme tels ainsi que les commissions d’engagements par signature et opérations
assimilées, conclus ou réalisés entre banques ou entre banques et établissements
financiers installés ou non au Sénégal ou entre banques et systèmes financiers
décentralisés dûment agréés par les autorités compétentes ;
2- les intérêts et commissions sur prêts d’une durée de cinq (05) ans au moins,
consentis à des entreprises de production de biens industriels, agricoles, du secteur
de la pêche ou du tourisme ;
3- les intérêts et commissions sur prêts consentis aux personnes physiques pour la
construction et l’acquisition de locaux à usage d’habitation principale, lorsque la
valeur hors taxe des constructions ne dépasse pas un seuil fixé par arrêté du Ministre
chargé des Finances ;
4- les intérêts et commissions sur les opérations de collecte de l’épargne et de
distribution du crédit effectuées par les Systèmes Financiers Décentralisés telles que
définies par la loi portant Réglementation des Systèmes Financiers Décentralisés
(SFD) ;
5- les intérêts et commissions perçus sur les opérations réalisées dans le cadre du
fonctionnement normal des missions diplomatiques et organismes internationaux
assimilés ;

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6- les marges réalisées par les banques sur les opérations de change autres que
manuelles ;
7- les opérations réalisées par la BCEAO ;
8- les intérêts et commissions sur prêts et avances consentis à l’Etat. Il s’agit
d’intérêts et commissions qui grèvent le budget de l’Etat et qui sont facturés par des
personnes physiques ou morales domiciliées au Sénégal ou à l’étranger, et ayant la
qualité de banque ou d’établissement financier. Ils sont payés sur le budget général
de l’Etat, sur les comptes spéciaux du Trésor, sur les budgets annexes, ainsi que sur
tous les comptes de trésorerie ouverts dans les écritures du Trésor, à l’exclusion de
ceux retraçant les opérations des autres organismes publics ;
9- les intérêts et commissions perçus sur les opérations réalisées avec les entreprises
établies dans la Zone Franche Industrielle de Dakar.
10- les opérations de transferts d’argent à destination du Sénégal.
Section 2 : La liquidation de la TAF
La TAF est due et liquidée par les assujettis selon un formulaire de déclaration dédié
à cette taxe.
Paragraphe 1 : La base imposable ou l’assiette de la TAF
La base imposable à la TAF est constituée par le montant brut des intérêts, agios,
commissions et autres rémunérations, à l’exclusion de la TAF elle-même.
Lorsqu’une même rémunération est partagée entre plusieurs banques, chaque
établissement est imposé sur la fraction de la rémunération qui lui est définitivement
acquise.
Paragraphe 2 : Le taux
Le taux normal de la TAF est de 17%. Ce taux est réduit à 7% pour les intérêts,
commissions et frais perçus par les banques et établissements financiers, à l’occasion
de toutes les opérations finançant des ventes à l’exportation.
Paragraphe 3 : Le fait générateur
Le fait générateur de la TAF est constitué par l’encaissement ou l’inscription de la
rémunération de la banque, au débit ou au crédit du compte du bénéficiaire du prêt,
des avances, des avals et des opérations assimilées.
Paragraphe 4 : L’exigibilité
La TAF est exigible sous les mêmes conditions que la TVA, c’est-à-dire dans le mois
qui suit celui du fait générateur et au plus tard le 15 de ce mois.
Paragraphe 5 : Le recouvrement et le contentieux
La TOB est recouvrée suivant les mêmes règles et sur les mêmes garanties que la
TVA. Le non-respect des règles ci-dessus précitées est sanctionné comme en matière
de TVA.
Remarque importante :
Il est à noter que les assujettis de la TAF ne peuvent déduire un quelconque impôt
indirect sur la TAF. Les redevables de la TAF doivent donc reverser intégralement la

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Avertissement : Ce document est exclusivement réservé à la formation en fiscalité dispensée par Dr. GNINGUE
taxe collectée sur leurs opérations. Par ailleurs, ils ne peuvent pas déduire la TVA qui
a grevé leurs acquisitions de biens et services.
Par contre la TAF supportée sur les biens et services utilisés pour les besoins de leurs
opérations ouvrant droit à déduction est déductible pour les assujettis de la TVA.

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LES TAXES SPECIFIQUES OU DROITS D’ACCISES
Certains produits sont soumis à une taxation spécifique. Il s’agit :
− des boissons (alcools, liquides alcoolisés et boissons gazeuses) ;
− des corps gras alimentaires ;
− des tabacs ;
− du café ;
− du thé ;
− des cosmétiques ;
− des véhicules de tourisme dont la puissance est supérieure ou égale à 13
chevaux ;
− des produits pétroliers.
Il convient de préciser qu’en plus de la taxe spécifique, ces produits sont également
soumis à la TVA. En outre, la taxe spécifique due au titre d’une opération
doit être comprise dans la base d’imposition de la TVA.
Enfin, les reventes en l’état de produits ayant supporté les taxes spécifiques lors
de leur acquisition sont exonérées de ladite taxe. Il est de même des exportations
de ces produits.
Section 1 : Dispositions communes aux taxes spécifiques
A l’intérieur du cordon douanier, les taxes spécifiques sont liquidées, collectées et
reversées à l’Etat par les producteurs locaux des biens soumis à la taxation
spécifique.
A l’importation, les taxes spécifiques sont liquidées par le Service des Douanes et
perçues par le trésor public en même temps que les droits et taxes d’entrée exigibles
au moment de la mise à la consommation des biens soumis à ce régime.
Paragraphe 1 : La base imposable
La base imposable est constituée pour les ventes locales, par le prix normal de vente
tous frais et taxes compris, à l’exclusion de la taxe sur la valeur ajoutée et de la taxe
spécifique elle-même et, à l’importation, par la valeur en douane augmentée de tous
les droits et taxes liquidés par la Douane à l’exclusion de la taxe sur la valeur ajoutée
et de la taxe spécifique elle-même.
Dans tous les autres cas, par le prix normal ou la valeur normale des biens prélevés,
livrés à soi-même ou cédés, tous frais et taxes compris, à l’exclusion de la taxe sur la
valeur ajoutée et de la taxe spécifique elle-même.
Les déductions pour pertes, vols ou tout autre motif postérieur au fait générateur ne
sont pas admises. Toutefois, les débours réels de transport, facturés séparément ne
sont pas inclus dans la base taxable.
Pour les tabacs, la base imposable ne peut être inférieure au prix ex usine minimal
fixé par arrêté du Ministre chargé des Finances.
Paragraphe 2 : Le fait générateur et l’exigibilité
Le fait générateur pour les taxes spécifiques intervient lors de :

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− la première cession effectuée à titre onéreux ou à titre gratuit pour les
produits fabriqués localement ;
− l’importation pour les produits en provenance de l’extérieur du territoire.
Quant à l’exigibilité, elle est la même qu’en matière de TVA.
Paragraphe 3 : La liquidation et le paiement des taxes
Les taxes spécifiques ne peuvent faire l’objet d’aucune déduction. Le redevable doit
verser le montant brut des taxes collectées dans les mêmes conditions que la TVA et
sur la base d’une déclaration spéciale fournie par l’Administration.
Section 2 : Régime particulier des différentes taxes
Paragraphe 1 : La taxe sur les boissons
La taxe sur les boissons frappe :
- d’une part, les boissons gazeuses : limonades, sodas, eaux contenant
naturellement ou artificiellement du gaz en dissolution sous pression, qu’elles aient
ou non la dénomination d’eaux minérales et autres boissons gazéifiées sans alcool ou
dont la richesse alcoolique n’excède pas un degré d’alcool pur ;
- et d’autre part, les alcools quelle que soit leur dénomination (alcool ordinaire,
méthylique, éthylique etc.) et tous liquides alcoolisés d’une richesse en alcool
supérieure à un degré.
Sont, toutefois, exonérés : les vins destinés à la célébration du culte, les produits
médicamenteux alcoolisés à l’exception de l’alcool de menthe et de l’alcool éthylique
rectifié, les cidres, poirés et vins de palme vendus à l’état nature, les alcools et
liquides alcoolisés exportés, les alcools et liquides alcoolisés destinés à la vinaigrerie
et à la fabrication de produits médicamenteux exonérés, l’alcool pur destiné aux
laboratoires d’études et de recherches des établissements scientifiques et
d’enseignement, l’alcool dénaturé à brûler, l’alcool industriel dénaturé destiné au
fonctionnement des duplicateurs et les vinaigres.
Le taux de la taxe est de 3% pour les boissons gazeuses et 40% pour les alcools et
liquides alcoolisés.
En sus du taux de 40%, certains alcools et liquides alcoolisés supportent quel que
soit le contenant, une taxe additionnelle déterminée comme suit :
- 1 500 francs par litre pour les alcools d’un titrage supérieur à 6 degré d’alcool pur
et inférieur ou égal à 15 degré ;
- 5.000 francs par litre pour les alcools d’un titrage supérieur à 15 degré.
La loi n° 2012-31 du 31 décembre 2012, en supprimant l’exonération des alcools
destinés à être utilisés au Sénégal pour la production de boissons ou liquides
alcoolisés a prévu la possibilité d’imputer celle-ci sur la taxe collectée sur la vente des
boissons ou liquides produits.
En aucun cas, cette imputation ne peut donner lieu à un remboursement.
Paragraphe 2 : La taxe sur les tabacs
Cette taxe est perçue sur les tabacs de toute nature : tabacs bruts ou non, fabriqués,
en feuilles ou en côtes, sauces contenant en poids 1% et plus de substances

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parafiniques, déchets de tabacs et autres tabacs, tabacs fabriqués à fumer, cigares
et cigarettes, tabacs fabriqués à mâcher et à priser, extraits ou sauces de tabacs
(praiss).
Les taux de la taxe sont fonction de la catégorisation des cigarettes qui sont classées
suivant arrêté ministériel soit en économiques soit en premium. Le taux de la taxe
est fixé à 45%.
Paragraphe 3 : La taxe sur les corps gras alimentaires
La taxe sur les corps gras alimentaires frappe tous les corps gras alimentaires, à
l’exclusion des huiles d’arachide, fluides ou concrètes, brutes, épurées ou raffinées,
ainsi que les huiles alimentaires contenant au moins 60% d’huile d’arachide.
Sont, toutefois, exonérées les exportations, les reventes en l’état de corps gras ayant
effectivement supporté au Sénégal la taxe spécifique sur les corps gras, les huiles
brutes destinées à être raffinées au Sénégal ainsi que depuis 2006 celles raffinées.
Les taux de la taxe sont 12% pour les beurres et crèmes de lait et les succédanés ou
mélanges contenant du beurre ou de la crème, quelles que soient les proportions du
mélange et 5% pour les autres corps gras.
Toutefois, la taxe supportée sur les autres corps gras alimentaires destinés à être
utilisé au Sénégal, pour la production de corps gras alimentaires peut faire l’objet
d’une imputation sur la taxe collectée sur la vente des corps gras alimentaires ainsi
produits. En aucun cas, cette imputation ne peut donner lieu à un remboursement.
Paragraphe 4 : La taxe sur le café
Cette taxe frappe tous les cafés (café vert, torréfié, décaféiné moulu), les coques et
pellicules de café, les succédanés de café contenant du café, quelles que soient les
proportions du mélange et les extraits de café (solubles, concentrés), les
préparations à base de ces extraits ou essences.
Toutefois, les cafés destinés à être torréfiés au Sénégal ne sont pas soumis à la taxe.
Le taux de la taxe spécifique sur le café est de 5%.
Paragraphe 5 : La taxe sur le thé
La taxe sur le thé frappe le thé noir et le thé vert, les extraits (concentrés ou
solubles) de thé, les essences de thé et les préparations à base de ces extraits ou
essences. Le taux de la taxe est de 5%.
Paragraphe 6 : La taxe sur les véhicules de tourisme dont la puissance est
supérieure ou égale à 13 chevaux
Les véhicules visés par cette taxe sont ceux conçus pour transporter des personnes,
à l’exclusion des véhicules destinés au transport public de voyageurs.
Le taux de la taxe est fixé à 10%.
Paragraphe 7 : La taxe sur les produits cosmétiques
Cette taxe s’applique aux produits relevant du chapitre 33 et 34 du tarif des douanes,
notamment :
- les produits de beauté ou de maquillage préparés et préparations pour l’entretien
ou les soins de la peau, autres que les médicaments, y compris les préparations

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antisolaires et les préparations pour bronzage, pour bains et douche et préparations
pour manucure ou pédicure ;
- les préparations capillaires : shampoing, préparations pour l’ondulation ou le
défrisage permanent, les laques pour cheveux et autres préparations destinées à être
appliquées sur les cheveux telles que les brillantines, les huiles, les pommades, les
fixateurs, les teintures et les produits décolorants pour cheveux, les rinces-crèmes ;
- les parfums.
Le taux de la taxe fixé à 10%, porté toutefois, à 15% pour les produits
dépigmentants figurant sur une liste établie par arrêté conjoint du Ministre chargé
des Finances et du Ministre chargé de la Santé.
Paragraphe 8 : La taxe spécifique sur les produits pétroliers
La taxe sur les produits pétroliers frappe les produits ci-après : le supercarburant,
l’essence ordinaire, l’essence pirogue et le gasoil.
Le tarif de la taxe est fixé comme suit et intègre, à l’exclusion de l’essence pirogue,
un montant de 10 FCFA par litre représentatif de la taxe annuelle sur les véhicules ou
engins à moteur :
− 21.665 F par hectolitre, pour le supercarburant soit, 216,65 F par litre ;
− 19.847 F par hectolitre, pour le l’essence ordinaire soit, 198,47 F par litre ;
− 3.856 F par hectolitre, pour l’essence pirogue soit, 38,56 F par litre ;
− 10.395 F par hectolitre, pour le gasoil soit, 103,95 F par litre.

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IMPÔT SUR LE REVENU DES PERSONNES PHYSIQUES
Il est établi, aux termes des dispositions de l’article 47 du Code Général des Impôts
(CGI), un impôt annuel unique sur les revenus des personnes physiques. Cet impôt
est désigné sous le nom d’impôt sur le revenu. L’impôt sur le revenu frappe les
revenus annuels de chaque contribuable personne physique. C’est un impôt annuel
et global mais aussi personnalisé et progressif.

Section I. Les personnes imposables


Sous réserve des dispositions des conventions internationales relatives aux doubles
impositions, les personnes physiques dont le domicile fiscal est situé au Sénégal sont,
quelle que soit leur nationalité, soumises à l’impôt sur le revenu au Sénégal.
L’impôt est assis sur l’ensemble des revenus de source sénégalaise comme
étrangère. Sont aussi passibles de l’impôt sur le revenu, quelle que soit leur
nationalité, les personnes physiques non domiciliées au Sénégal qui perçoivent des
revenus de source sénégalaise.
Il apparaît ainsi que l’impôt sur le revenu est réclamé sur la base d’un critère
personnel (personnes ayant leur domicile fiscal au Sénégal) ou sur la base d’un
critère réel (personnes percevant des revenus de source sénégalaise).
Paragraphe I. Personnes ayant leur domicile fiscal au Sénégal
Sont considérées comme ayant leur domicile fiscal au Sénégal:
a. les personnes qui ont au Sénégal leur foyer d'habitation permanente ou
leur lieu de séjour principal.
b. celles qui exercent au Sénégal une activité professionnelle, salariée ou
non, à moins qu'elles ne justifient que cette activité y est exercée à
titre accessoire ;
c. celles qui ont au Sénégal le centre de leurs intérêts économiques ;
Sont également considérés comme ayant leur domicile fiscal au Sénégal :
a. les personnes se trouvant en congé hors du Sénégal au 1er janvier de
l'année de l'imposition et pour lesquelles le Sénégal demeure la
résidence qu'elles avaient en raison de leurs fonctions avant leur départ
en congé ;
b. les fonctionnaires ou agents de l’Etat exerçant leurs fonctions ou
chargés de mission dans un pays étranger s'ils ne sont pas soumis dans
ce pays à un impôt personnel sur l'ensemble de leurs revenus
Les associés des sociétés en nom collectif, des sociétés en commandite simple, des
sociétés civiles professionnelles, des sociétés civiles immobilières, des sociétés de
copropriété de navires sont, lorsque ces sociétés ou groupements n'ont pas opté
pour le régime de l’impôt sur les sociétés, personnellement soumis à l'impôt sur le
revenu pour la part de bénéfices sociaux correspondant à leurs droits dans la société.
En cas de démembrement de la propriété de tout ou partie des parts sociales, seul
l’usufruitier est soumis à l’impôt sur le revenu pour la quote-part correspondant aux

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droits dans les bénéfices que lui confère sa qualité d’usufruitier. Le nu-propriétaire
n’est pas soumis à l’impôt sur le revenu à raison du résultat imposé au nom de
l’usufruitier.
Il en est de même, sous les mêmes conditions :
- des membres de sociétés civiles qui ne revêtent pas en droit ou en fait l'une
des formes des sociétés imposables à l’IS et qui ne se livrent pas à une
exploitation ou à des opérations imposables audit impôt ;
- de l’associé unique d’une société unipersonnelle à responsabilité limitée
lorsque cet associé est une personne physique ;
- des membres des sociétés en participation, y compris les syndicats financiers
qui sont indéfiniment responsables et dont les noms et adresses ont été
indiqués à l’administration ;
- des indivisaires, des membres de sociétés de fait et des membres des
groupements d'intérêt économique.

Paragraphe II. Les revenus de source sénégalaise


Sont considérés comme revenus de source sénégalaise :
a. les revenus d'immeubles sis au Sénégal ou de droits relatifs à ces
immeubles ;
b. les revenus d'exploitations industrielles, commerciales, artisanales,
agricoles, forestières ou minières sises au Sénégal ;
c. les revenus tirés d'activités professionnelles, salariées ou non, exercées
au Sénégal ou d'opérations de caractère lucratif et réalisées au
Sénégal ;
d. les revenus de valeurs mobilières sénégalaises et de tous autres
capitaux mobiliers placés au Sénégal ;
e. les profits tirés d'opérations ayant le caractère de revenus industriel et
commercial relatifs à des fonds de commerce exploités au Sénégal ainsi
qu'à des immeubles situés au Sénégal, à des droits immobiliers s'y
rapportant ou à des actions et parts de sociétés dont l'actif est
constitué principalement par de tels biens et droits.
Sont également considérés comme des revenus de source sénégalaise, lorsque le
débiteur des revenus a son domicile fiscal ou est établi au Sénégal :
a. les pensions et rentes viagères ;
b. les produits perçus par les inventeurs ou au titre de droits d'auteur,
ainsi que tous les produits tirés de la propriété industrielle ou
commerciale et de droits assimilés ;
c. les sommes payées en rémunération des prestations de toute nature
fournies ou utilisées au Sénégal.
Une prestation est fournie au Sénégal lorsqu'elle y est matériellement exécutée.

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Une prestation est utilisée au Sénégal si le lieu de l'utilisation effective de la
prestation se situe au Sénégal.
Paragraphe III. Les revenus exonérés d’impôt sur le revenu
Sont exonérés de l’impôt :
• Les personnes dont le revenu net imposable n’excède pas six cent trente
mille (630 000) pour le calcul du droit progressif.
• Les agents diplomatiques et consulaires de nationalité étrangère, mais
seulement dans la mesure où les pays qu’ils représentent concèdent des
avantages similaires au personnel diplomatique et consulaire sénégalais et
exclusivement pour les revenus de l'exercice de leurs fonctions diplomatiques
ou consulaires.
Section II. Revenus des différentes catégories
Les personnes physiques qui ont au Sénégal leur domicile fiscal sont, quelle que soit
leur nationalité, soumises à l'impôt sur le revenu, sur l'ensemble de leurs revenus, de
source sénégalaise comme de source étrangère.
Celles dont le domicile fiscal est situé hors du Sénégal sont, quelle que soit leur
nationalité, passibles de l'impôt sur le revenu en raison des revenus de source
sénégalaise dont elles disposent.
L’impôt sur le revenu est déterminé à partir du revenu net global du contribuable.
Sous déduction des charges communes visées à l’article 55 du CGI, le revenu net
global est constitué par le cumul des revenus nets catégoriels suivants, s’ils ne sont
pas soumis à une retenue à la source libératoire :
− revenus fonciers ;
− traitements et salaires ;
− bénéfices des professions non commerciales (BNC) ; bénéfices industriels et
commerciaux (BIC) ; bénéfices des exploitations agricoles (BA) ;
− revenus des capitaux mobiliers.
Ne sont pas imposables et par conséquent n’entrent pas en compte pour la
détermination du revenu net global :
− les lots de la Loterie nationale sénégalaise (LONASE) et des autres loteries
autorisées ;
− les plus-values répondant aux conditions de l’article 12 du CGI.
Chaque catégorie de revenus fait d’abord l’objet d’une évaluation distincte en
soustrayant du revenu brut imposable les charges déductibles. Ces dernières sont
constituées généralement par les dépenses effectuées en vue de l’acquisition ou de
la conservation du revenu considéré. Les revenus partiels ainsi obtenus sont ensuite
cumulés pour former le revenu global. C’est ce revenu qui sert de base au calcul du
droit progressif.
Remarque :
- Aucune compensation ne peut se faire entre les résultats positifs et les résultats
négatifs des différentes catégories de revenus. Si pour une catégorie de revenus le

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résultat est déficitaire, il est considéré comme nul pour la détermination du revenu
global, sauf en cas de cession ou de cessation.
- Pour la détermination du revenu net global imposable, il importe de déduire du
revenu brut certaines charges. Ces dernières sont des charges générales ou
communes qui ne se rattachent pas à une catégorie de revenus donnée. Elles
présentent un caractère personnel ou familial et sont limitativement fixées par la loi.

Revenus fonciers

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REVENUS FONCIERS
Section I. Revenus imposables
Paragraphe I. Les produits ayant le caractère de revenus fonciers
Sont compris dans la catégorie des revenus fonciers, lorsqu'ils ne sont pas inclus
dans les bénéfices d'une entreprise industrielle, commerciale ou artisanale ou d'une
exploitation agricole ou d'une profession non commerciale :
a. les revenus des propriétés bâties, telles que maisons et usines, ainsi que les
revenus de l'outillage des établissements industriels attachés au fond à
perpétuelle demeure ou reposant sur des fondations spéciales faisant corps
avec l'immeuble, et les revenus de toutes installations commerciales ou
industrielles assimilées à des constructions ;
b. les revenus des propriétés non bâties de toute nature, y compris ceux des
terrains occupés par les carrières, les mines, les étangs, les salines et marais
salants ;
c. les revenus accessoires provenant notamment de la location du droit d'affiche,
de la concession du droit d'exploitation de carrières, de redevances tréfoncières
ou autres redevances analogues ayant leur origine dans le droit de propriété ou
d'usufruit ;
d. la valeur de l’avantage que le propriétaire qui n'occupe pas personnellement le
logement qui le met gratuitement à la disposition d'un tiers sans y être tenu par
une obligation légale, accorde à ce tiers.

Paragraphe II. Les revenus exonérés


Les revenus en nature correspondant à la disposition d'un logement dont le
propriétaire se réserve la jouissance ne sont pas soumis à l'impôt sur le revenu. Il en
est de même lorsque le logement est occupé par le propriétaire lui-même ou un
membre de sa famille envers lequel il est tenu de fournir une assistance parentale ou
en raison d’une obligation légale.
Dans ce cas, les charges correspondant à ces avantages en nature ne sont pas
déductibles pour l’assiette de l’impôt.
Paragraphe III. Les revenus immobiliers n’ayant pas le caractère de
revenus fonciers
Il est à noter que les revenus des propriétés immobiliers exclus de la catégorie des
revenus fonciers ne constituent pas des produits imposables dans ladite catégorie. Il
en est ainsi :
− des revenus des immeubles figurant à l’actif du bilan d’une entreprise. Ces
revenus sont compris dans les bénéfices de l’entreprise et sont imposés au
titre de l’impôt sur les sociétés ou considérés comme bénéfices industriels et
commerciaux, bénéfices agricoles ou bénéfices non commerciaux selon le cas,
− des revenus des immeubles loués en meublé qui ont le caractère de bénéfices
industriels et commerciaux,

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− des revenus provenant d’une sous-location qui relèvent de la catégorie des
bénéfices non commerciaux ou de bénéfices industriels et commerciaux selon
que la sous-location porte sur un local nu ou meublé.

Section II. Détermination du revenu foncier imposable


Le revenu foncier imposable ou revenu net foncier est égal à la différence entre le
montant du revenu brut encaissé et le total des charges de la propriété acquittées au
cours de l’année précédant celle de l’imposition.

Paragraphe I. Le revenu brut foncier


Le revenu brut est le revenu effectivement encaissé au cours de l’année considérée,
même s’il se rapporte en partie ou en totalité à une autre année. Il comprend les
loyers et les recettes accessoires.
Le revenu brut des immeubles ou parties d'immeubles donnés en location est
constitué par le montant des recettes perçues par le propriétaire. Ce sont les
sommes versées par les locataires au propriétaire. Elles subissent, le cas échéant, les
deux corrections suivantes :
− elles sont augmentées des dépenses incombant normalement au propriétaire, et
mises par convention à la charge des locataires ;
− elles sont diminuées en revanche des charges locatives que le propriétaire a
supportées à la place du locataire. Ce sont toutes les dépenses réglées par le
propriétaire et qui s’appliquent aux fournitures ou services destinés à l’usage du
locataire (eau, électricité …).
Aux loyers, rectifiés le cas échéant, il faut ajouter les recettes accessoires ou
exceptionnelles. Il s’agit notamment :
− du droit d’entrée ou supplément de loyer exigé d’un locataire avant prise de
possession des locaux ;
− des recettes provenant de la location du droit d’affichage ;
− de toutes les autres recettes ayant leur origine dans la location du droit de
propriété ou d’usufruit.
Lorsque le propriétaire met gratuitement l’immeuble à la disposition d’un tiers sans y
être tenu par une obligation légale, cet avantage est alors évalué par comparaison
avec des immeubles similaires faisant l’objet d’une location normale ou, à défaut, par
appréciation directe ou par référence à la valeur cadastrale.
Paragraphe II. Les charges de la propriété déductibles
Les charges à déduire sont celles qui sont effectivement payées et supportées par le
propriétaire. Elles doivent en outre se rapporter à l’immeuble dont le revenu est
imposable. Une fois ces conditions générales réunies, certaines charges font l’objet
d’une évaluation forfaitaire, alors que d’autres sont déterminées pour leur montant
réel.
Les charges de la propriété déductibles pour la détermination du revenu net
comprennent :

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a. les frais de gérance et de rémunération des gardiens et concierges,
effectivement supportés par le propriétaire;
Il est à noter que les frais de gérance correspondent normalement aux honoraires
payés à un tiers administrateur de biens, gérant d’un immeuble.
b. les intérêts de dettes contractées pour l'acquisition, la construction, la
conservation ou la réparation des propriétés ;
c. une déduction forfaitaire fixée à 30 % des revenus bruts et
représentant les dépenses d’entretien et de réparation, les frais de
gestion, l'assurance et l’amortissement ;
d. la contribution foncière des propriétés bâties ou non bâties.
Paragraphe III. Le revenu net imposable et le déficit reportable
La détermination du revenu net ou du déficit est effectuée pour chacune des
propriétés appartenant au contribuable.
Si la somme algébrique des résultats est négative, le déficit constaté peut être
reporté sur le revenu net foncier afférent aux années suivantes jusqu’à la troisième
inclusivement.
Paragraphe IV. Etablissement de l’impôt
L’impôt est établi au nom des bénéficiaires des revenus fonciers. Les sociétés civiles
immobilières (n’ayant pas opté à l’impôt sur les sociétés) ayant pour objet la gestion
d’un patrimoine immobilier sont réputées ne pas avoir de personnalité fiscale en
matière d’imposition sur le revenu. Ce sont les associés qui sont personnellement
imposables chacun, pour la part nette des revenus fonciers correspondant à ses
droits dans la société.
Les gérants des sociétés civiles immobilières sont tenus de déclarer chaque année,
les éléments de détermination du revenu net de chacun de leurs immeubles, le
nombre possédé par chaque associé ainsi que la part du revenu net ou du déficit lui
revenant. Les associés sont eux aussi personnellement tenus de déclarer leur part de
revenu net dans les mêmes conditions que les autres contribuables.

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Les traitements, salaires, pensions et rentes viagères
Section I. Champ d’application

Sont imposables à l’impôt sur le revenu : les traitements, salaires, soldes, indemnités
et primes de toute nature ainsi que les avantages en argent ou en nature.
Il convient de retenir à ce titre que sont imposables dans la catégorie des traitements
et salaires toutes les sommes perçues par ceux qui se trouvent dans un état de
subordination juridique vis-à-vis de leur employeur. Les rémunérations allouées aux
associés-gérants des sociétés à responsabilité limitée, aux associés-gérants
commanditaires des sociétés en commandite simple sont assimilées à des
traitements et salaires.
Sont également imposables dans cette catégorie, les pensions et rentes viagères.
Toutefois, il est fait application d'un abattement égal à 40 % des pensions et rentes
viagères, sans être inférieur à 1.800.000 de FCFA.
Les traitements et salaires sont imposables :
− lorsque le bénéficiaire est domicilié au Sénégal même, si l’activité
rémunérée s’exerce hors du Sénégal et que l’employeur est domicilié à
l’étranger. A ce titre, sont considérés comme domiciliés au Sénégal, les
agents de l’Etat de nationalité sénégalaise en fonction à l’étranger (critère
personnel) ;
− lorsque le bénéficiaire est domicilié hors du Sénégal, à la condition que son
employeur soit domicilié ou établi au Sénégal, ou que l’activité rémunérée
s’y exerce (critère réel).
L'impôt sur le revenu est dû par les bénéficiaires des revenus ci-dessus visés. Il porte
chaque année sur les traitements publics et privés, soldes, indemnités et primes de
toutes natures, émoluments, salaires et avantages en argent ou en nature payés ou
accordés aux intéressés au cours de la même année. Il est acquitté, sauf pour les cas
exceptionnels limitativement énumérés, par voie de retenue à la source opérée par
l’employeur.
L'estimation des avantages en nature, considérés comme des éléments de
rémunération du point de vue fiscal, est opérée selon des modalités fixées comme
suit :
Avantages Valeur mensuel à inclure dans le
revenu brut
Logement par pièce d’habitation 33.500
principale dans Dakar
Logement par pièce d’habitation 20.000
principale dans les chefs-lieux de régions
autres que Dakar
Logement dans le reste du Sénégal 13.500
Gardien, jardinier 61.700
Cuisinier- maître d’hôtel 92.500
Autres gens de maisons 35.600

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Eau 10.500
Electricité (par pièce d’habitation 30.200
principale)
Nourriture Valeur réelle
Téléphone 67.000
Véhicule de fonction avec puissance 26.000
fiscale inférieure ou égale à 11 CV
Véhicule de fonction avec puissance 77.500
fiscale supérieure à 11 CV
Il faut préciser toutefois que l’évaluation forfaitaire ne concerne que les avantages en
nature au sens propre. Par conséquent, toute indemnité en argent représentative
d’avantages en nature doit être intégralement comprise dans la base d’imposition.
Par ailleurs, il est à noter que les retenues opérées par l’employeur en contrepartie
d’avantages en nature sont déduites de l’évaluation forfaitaire. C’est la différence qui
doit être intégrée à la base d’imposition.
Section II. Les revenus exonérés
Sont exonérés de l'impôt, en vertu des dispositions de l’article 167 du CGI :
− les appointements des agents diplomatiques et consulaires de nationalité
étrangère pour l'exercice de leurs fonctions, dans la mesure où les pays qu'ils
représentent accordent des avantages analogues aux agents diplomatiques du
Sénégal et où le titulaire desdits appointements n'est pas de nationalité
sénégalaise;
− les allocations familiales, allocations d'assistance à la famille, majorations de
soldes, indemnités ou pensions calculées conformément à la législation en
vigueur et attribuées en considération de la situation ou des charges familiales ;
− les allocations et les indemnités spéciales destinées à assurer le remboursement
de frais inhérents à la fonction ou à l'emploi effectivement utilisés conformément
à leur objet, sous réserve de justifications comptables ;
− les indemnités et primes spéciales destinées à assurer le remboursement de frais
forfaitaires, dans les limites fixées par le ministre chargé des Finances ;
− les indemnités de licenciement, les indemnités légales de départ à la retraite et
les indemnités de décès déterminées conformément à la législation du Travail ;
− les pensions servies par la République Française en vertu de la loi du 31 mars
1919, à l'exclusion de la partie des pensions mixtes visées à l'article 50,
paragraphe 2 de ladite loi, qui correspond à la durée des services ;
− les pensions servies par la République Française en vertu de la loi du 24 juin
1919 aux victimes civiles de la guerre ou à leurs ayants droit ;
− les pensions de même nature que celles visés aux 9. et 10. ci-dessous, qui sont
servies aux autres victimes de guerre et sous la même réserve que celle prévue
au 9.en ce qui concerne les pensions mixtes ;
− les rentes viagères et indemnités temporaires attribuées aux victimes d'accidents
du travail ;

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− les rentes viagères servies en représentation de dommages et intérêts en vertu
d’une condamnation prononcée judiciairement pour la réparation d’un préjudice
corporel ayant entraîné pour la victime une incapacité permanente totale
l’obligeant à avoir recours à une tierce personne pour effectuer les actes
ordinaires de la vie ;
− la retraite du combattant ;
− les indemnités versées à la suite d’un départ négocié consécutif à un plan social
ou à une restructuration de l’entreprise considérée dans des limites déterminées
conformément à la législation du Travail ;
− les abondements ou les versements complémentaires de l’entreprise, dans la
limite des montants admis en déduction de l’impôt sur le résultat, à l’occasion de
l’émission et de l’achat de parts de fonds commun de placement d’entreprise ou
toute autre forme de placement collectif agréée par le ministre chargé des
Finances, à la condition que ledit fonds soit établi au Sénégal.
− les plus-values réalisées sur les cessions de titres, dans le cadre de la gestion
d’un fonds commun de placement ou toute autre forme de placement collectif
agréée par le ministre chargé des Finances.
Section III. Retenu net salarial imposable
Le revenu net salarial imposable est obtenu après déduction :
− de l’abattement spécial de 10 % applicable uniquement aux agents de
l'Etat en poste dans les représentations diplomatiques et consulaires et
dans les services qui leur sont rattachés pour le calcul de l’impôt. Cet
abattement spécial est porté à 20 % pour les agents de l’Etat en poste
dans les représentations diplomatiques et consulaires et dans les services
qui leur sont rattachés situés dans les pays hors zone CFA. Cet abattement
est appliqué pour les agents susvisés avant la déduction prévue au b) ;
− d’un abattement forfaitaire de 30 % représentatif des cotisations versées à
titre obligatoire pour la constitution d’une retraite et des frais inhérents à la
fonction ou à l’emploi, sans que ce montant ne puisse dépasser 900 000
francs.
En ce qui concerne les pensions et rentes viagère, l’abattement de 30% susvisé n’est
pas opéré, compte tenu du fait qu’elles bénéficient déjà d’un abattement de 40%
avec un minimum de 1.800.000.
− des indemnités kilométriques allouées à des salariés qui utilisent leur
propre véhicule pour les besoins du service dans les limites suivantes :

♦ 50.000 francs par mois pour les salariés autres que les
représentants commerciaux effectuant au moins 500 km par semaine
♦ 100.000 francs pour les représentants commerciaux effectuant au
moins 500 km par semaine

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LES BENEFICES INDUSTRIELS ET COMMERCIAUX (BIC)
Sont considérés comme bénéfices industriels et commerciaux, les bénéfices réalisés
par les personnes physiques et provenant de l'exercice d'une profession industrielle,
commerciale, artisanale ou d’une profession agricole.
Ont également caractère de BIC, les bénéfices réalisés par les concessionnaires de
mines, par les amodiataires et sous amodiataires de concessions minières, par les
titulaires de permis d'exploitation de mines, par les explorateurs de mines de pétrole
et gaz combustibles et par les adjudicataires concessionnaires et fermiers de droits
commerciaux.
Le terme "personnes physiques" désigne non seulement les exploitants individuels
mais aussi les membres des sociétés de personnes et assimilées, de sociétés de fait,
de sociétés en participation et de groupements d'intérêt économiques imposables à
l’impôt sur le revenu et n'ayant pas opté pour l'impôt sur les sociétés.
L'exercice d'une profession industrielle ou commerciale s'entend de
l'accomplissement habituel d'opérations de caractère industriel ou commercial par
des personnes agissant pour leur propre compte et poursuivant un but lucratif.
Les professions artisanales sont celles des contribuables qui exercent, pour leur
propre compte, une activité manuelle et qui tirent leur profit de la rémunération de
leur propre travail.

Le Bénéfice imposable d’après le régime de la CGU


Les règles théoriques de détermination du bénéfice imposable ne peuvent s’appliquer
que si l’entreprise tient une comptabilité régulière et complète. Or les Petites et
Moyennes Entreprises (PME) ne peuvent pas toujours tenir une telle comptabilité.
Aussi, le CGI a-t-il prévu à côté du Régime du Bénéfice Réel (Evaluation précise du
bénéfice, le Régime de la Contribution globale Unique (CGU).
Détermination du bénéfice net
Le BIC net imposable est déterminé comme en matière d’Impôt sur les Sociétés.
Le résultat de l’entreprise (bénéfice ou déficit) est évalué de manière précise à partir
d’une comptabilité complète qui obéit aux mêmes règles qu’en matière d’IS c'est-à-
dire conforme au plan SYSCOHADA.
Les contribuables concernés sont ainsi tenus de joindre à leur déclaration de revenus
(qui doit être déposée avant le 30 avril de chaque année), les états financiers de
synthèse.
Règles particulières par rapport à l’IS
Produits accessoires : revenus fonciers
L’exploitant individuel propriétaire d’immeubles loués peut à son gré inscrire ses
immeubles à l’actif du bilan de son entreprise ou au contraire les conserver dans son
patrimoine privé.
Les loyers perçus sont, dans le cadre de la première option, compris dans les BIC,
tandis que le deuxième choix implique une déclaration à part des revenus fonciers.

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Frais et charges
Rémunérations de l’exploitant, de son conjoint et de ses enfants
L’exploitant étant propriétaire de l’entreprise, il est rémunéré par le bénéfice qu’il
réalise et non par un salaire. Ainsi toute somme que l’exploitant s’attribue quelle que
soit par ailleurs l’appellation qu’il lui en donne (salaire, honoraire, traitement, etc)
sera considérée comme une partie du bénéfice et ne pourra donc pas être considérée
comme une charge déductible.
Par contre les rémunérations versées au conjoint ou aux enfants de l’exploitant sont
considérées comme des charges d’exploitation déductibles à condition qu’elles
correspondent à un travail effectif, qu’elles ne soient pas exagérées et qu’elles
fassent l’objet de cotisations sociales et fiscales auxquelles les autres salaires sont
soumis.
Rémunérations des associés
Les rémunérations versées à ou aux associés d’une société de personnes, d’un GIE,
d’une société unipersonnelle ayant opté pour l’imposition à l’IR sont traitées comme
celles des exploitants individuels et doivent dans tous cas être compris dans le
bénéfice imposable.
Les impôts et taxes
Les impôts et taxes qui sont à la charge personnelle de l’exploitant et non de son
entreprise ne sont pas déductibles.
Intérêts du capital
Les intérêts servis aux apports en capital des associés d’une société de personnes,
d’un GIE ou d’une société unipersonnelle soumis à l’IR ne sont en aucun cas
déductibles du bénéfice imposable.

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LES BENEFICES DES PROFESSIONS NON COMMERCIALES (BNC)
Section I. Champ d’application
Les bénéfices des professions non commerciales et revenus assimilés peuvent être
classés en trois (3) catégories : les bénéfices des professions libérales, les produits
des charges et offices, et les profits ne relevant d’aucune autre catégorie.
Paragraphe I. Les bénéfices des professions libérales
Ce sont celles où l’activité intellectuelle joue un rôle primordial et qui consistent à la
pratique personnelle d’une science ou d’un art que l’intéressé exerce en toute
autonomie (c’est le cas des médecins, vétérinaires, avocats experts comptables,
architectes …). Les professions libérales dépendent généralement d’ordres (Ordre
des avocats, Ordre des médecins, Ordre des architectes…).
Il convient de rappeler que lorsque ces activités sont exercées à travers une société
civile professionnelle, celle-ci peut être assujettie à l’IS sur option.

Paragraphe II. Les charges et offices dont les titulaires n’ont pas la qualité
de commerçants
Les charges et offices dont les titulaires n’ont pas la qualité de commerçants entrent
dans la catégorie des bénéfices non commerciaux. Il s’agit notamment des charges
de Notaires, d’Huissiers, de Commissaires-Priseurs.
Paragraphe III. Les marges occasionnelles à titre spéculatif sur les
transactions immobilières
Les marges réalisées occasionnellement, par des personnes physiques sur des
transactions immobilières à titre spéculatif. En tout état de cause, la taxe de plus-
value supportée à l'occasion de telles transactions est déduite de l'impôt sur le
revenu sans pouvoir donner lieu à un crédit reportable ou remboursable.
Provient ainsi de l’exercice d’une profession non commerciale, les marges réalisées
occasionnellement par les personnes physiques, à titre spéculatif, ainsi que les plus-
values de cession de valeurs mobilières et de droits sociaux appartenant à des
sociétés à prépondérance immobilière.
Par spéculation, il faut entendre toute activité consistant à tirer profit par anticipation
de l’évolution du niveau des prix d’un bien en vue d’en retirer une plus-value ou un
bénéfice.
Par conséquent, les marges considérées ne doivent être assujetties à l’impôt sur le
revenu dans la catégorie des bénéfices non commerciaux que si le caractère
occasionnel et spéculatif est avéré. Ainsi, ne sera pas recherché en paiement, la
personne qui réalise une plus-value immobilière dans le cadre de la gestion de son
patrimoine privé : cession d’un immeuble personnel à la suite d’un déménagement
par exemple.

Paragraphe IV. Les revenus de la propriété intellectuelle


Ces bénéfices comprennent notamment les rémunérations de toute nature payées :

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1. pour l'usage ou la concession de l'usage d'un droit d'auteur sur une œuvre
littéraire, artistique ou scientifique, y compris les films cinématographiques et
de télévision ;
2. pour l'usage ou la concession de l'usage d'un brevet, d'une marque de
fabrique ou de commerce, d'un dessin ou d’un modèle, d'un plan, d'une
formule ou d'un procédé secret, ainsi que d'un équipement industriel,
commercial ou scientifique ne constituant pas un bien immobilier;
3. pour des informations ayant trait à une expérience acquise dans le domaine
industriel, commercial ou scientifique.
Ont également le caractère de BNC lorsqu’ils sont payés par un débiteur qui exerce
une activité au Sénégal à des personnes ou des sociétés relevant de l’impôt sur le
revenu ou de l’impôt sur les sociétés et qui n’ont pas dans ce pays une installation
permanente les sommes versées en rémunération :
− des prestations de services de toute nature fournies ou utilisées au Sénégal ;
− des revenus de la propriété intellectuelle ;
− d’une activité déployée au Sénégal dans le cadre de l’exercice de l’une des
professions considérées comme relevant des BNC ;
− des artistes de théâtre ou de music-hall, musiciens et autres artistes non
domiciliés au Sénégal et qui y organisent ou y font organiser
occasionnellement des représentations ou des concerts.
Paragraphe V. Les autres profits commerciaux
Ont le caractère de bénéfices non commerciaux, les revenus de toutes occupations,
exploitations lucratives et sources de profit ne se rattachant pas à une autre
catégorie de bénéfices ou de revenus telles que notamment, les plus-values de
cessions de valeurs mobilières et de droits sociaux, les opérations de bourse
effectuées à titre habituel ou spéculatif, à l’exclusion toutefois des lots de la loterie
nationale sénégalaise et des autres loteries autorisées.
Sont également classés dans la catégorie des BNC, les profits tirés des professions de
guérisseurs, voyants, lutteurs etc. ou la sous-location d’immeuble nu.

Section II. Détermination du bénéfice imposable


Le bénéfice imposable est constitué par l'excédent des recettes totales sur les
dépenses nécessitées par l'exercice de la profession. Il tient compte des gains ou des
pertes provenant soit de la réalisation des éléments d'actif affectés à l'exercice de la
profession, soit des cessions de charges ou d'offices.
Il tient compte également de toutes indemnités reçues en contrepartie de la
cessation de l'exercice de la profession ou du transfert d'une clientèle.
Par dérogation à ce principe, le bénéfice à retenir pour les bases de l’impôt peut, sur
demande des contribuables soumis au régime de la déclaration contrôlée, être
constitué par l’excédent des créances acquises sur les dépenses ci-après engagées
au cours de l’année d’imposition.

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L’option doit être exercée avant le 1er février de l’année au cours de laquelle l’impôt
sur le revenu est établi ; elle s’applique tant qu’elle n’a pas été dénoncée dans les
mêmes conditions.
Les modalités d’option ou de renonciation au dispositif prévu au présent article
seront précisées par voie réglementaire.
Paragraphe I. Les recettes à prendre en considération
Les recettes professionnelles qu’il faut prendre en compte s’entendent, sous réserve
de l’option, de toutes les sommes effectivement encaissées au cours de l’année
d’imposition, quel que soit le mode de règlement, même si les prestations ont été
effectuées au cours d’années antérieures, à l’exclusion des créances acquises mais
non encore recouvrées.
Paragraphe II. Les dépenses à prendre en considération
Les dépenses déductibles comprennent notamment :
a. le loyer des locaux professionnels. Lorsque le contribuable est propriétaire de
locaux affectés à titre gratuit à l’exercice de sa profession, aucune déduction
n’est apportée, de ce chef, au bénéfice imposable ;

b. les amortissements effectués suivant les règles applicables en matière de


bénéfices industriels et commerciaux ;

c. les versements effectués au profit d'œuvres ou d'organismes d'intérêt général à


caractère philanthropique, éducatif, scientifique ou familial reconnus d'utilité
publique désignés par arrêté du ministre chargé des finances, dans la limite de
5 0/00 (cinq pour mille) des recettes brutes ;

d. les impôts professionnels du contribuable mis en recouvrement au cours de


l'exercice, à l'exception de l'impôt sur le revenu, des impôts et des taxes
retenus à la source dus par l'employé. Si des dégrèvements sont ultérieurement
accordés sur les impôts déductibles, leur montant entre dans les recettes de
l'exercice au cours duquel le contribuable est avisé de ces dégrèvements ;

e. les charges de personnel.

Paragraphe III. Le report déficitaire


Si, pour une année déterminée, les dépenses déductibles dépassent les recettes,
l'excédent est reporté sur les bénéfices des années suivantes jusqu'à la 3ème
inclusivement, dans les mêmes conditions qu’en matière d’impôt sur les sociétés.

Section III. Les modalités d’imposition particulières de


certaines activités relavant des BNC
Certaines opérations relevant des BNC sont soumises à des modalités particulières de
calcul du bénéfice imposable. Il s’agit des :

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Paragraphe I. Plus-value résultant de la cession de valeurs mobilières ou
de droits sociaux
Les plus-values résultant de la cession de valeurs mobilières et de droits sociaux
réalisés par des personnes physiques, elles sont soumises uniquement à un droit
proportionnel de 25%, au titre des bénéfices non commerciaux pour la moitié ou le
tiers de leur montant.
Paragraphe II. Opérations de bourse effectuées à titre habituel ou
spéculatif
En ce qui concerne les opérations de bourse effectuées à titre habituel ou spéculatif,
l'impôt est assis sur le prix de cession des titres, diminué des frais réels d'acquisition
ou de cession directement justifiés ou évalués forfaitairement à 2 % du prix
d'acquisition.
Paragraphe III. Redevances versées à un prestataire étranger
Les montants nets payés par un débiteur qui exerce une activité au Sénégal, à des
personnes ou des sociétés relevant d’un impôt assis sur le revenu, qui n’ont pas
dans ce pays d’installation professionnelle permanente sont soumis à l’impôt sur le
revenu dans la catégorie des BNC par voie de retenue à la source.
Ce montant net est déterminé en appliquant aux encaissements bruts une déduction
de 20 % avant l’application d’un taux de 25% sur ledit montant net des sommes
imposables.
Paragraphe III. Redevances versées à un prestataire étranger
En ce qui concerne les produits des représentations ou concerts effectués par des
artistes non domiciliés au Sénégal, les encaissements bruts sont préalablement
diminués des droits et taxes frappant les entrées ; il en est de même du produit des
opérations grevées d'une taxe sur le chiffre d'affaires.

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LES BENEFICES AGRICOLES
Sont considérés comme bénéfices de l'exploitation agricole, pour l’application de
l’impôt sur le revenu, les bénéfices réalisés par les planteurs, agriculteurs, éleveurs et
pêcheurs, ainsi que ceux qui proviennent des exploitations forestières.
L’article 154 du CGI prévoit une exemption en faveur des cultivateurs pour la vente
et la manipulation des récoltes et foins provenant des terrains qui leur appartiennent
ou par eux exploités et pour le bétail qu'ils y élèvent.
Le bénéfice de l'exploitation agricole est déterminé dans les mêmes formes que
celles prévues en matière de bénéfices industriels et commerciaux.

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LES REVENUS DE CAPITAUX MOBILIERS
Pour rappel, les revenus des capitaux mobiliers comprennent deux (2) catégories de
revenus :

− les revenus de valeurs mobilières représentés par les produits des actions, des
parts de société et revenus assimilés distribués aux associés et dirigeants des
sociétés passibles de l’Impôt sur les Sociétés. Les produits des obligations et
autres emprunts négociables sont aussi logés dans cette catégorie ;

− les revenus des créances, dépôts, cautionnements et comptes Courants.


Il convient de noter, que les revenus de capitaux mobiliers font l’objet de retenue à
la source au taux suivants :
− 10 %, pour les produits des actions, parts sociales et parts d’intérêts des
sociétés passibles de l’impôt sur les sociétés ;
− 13 %, pour les revenus d’obligations ;
− Toutefois, pour les revenus des obligations, à échéance d’au moins cinq ans,
émises au Sénégal, le taux est porté à 6 %.
− 15 %, pour les lots ;
− 16 %, pour les autres revenus de capitaux mobiliers, notamment les jetons de
présence et autres rémunérations d’administrateurs ainsi que les revenus des
créances, dépôts et cautionnements.
− Ce taux est ramené à 8 % pour les intérêts, arrérages et autres produits des
comptes de dépôts et des comptes courants visés à l’article 101 ouverts dans
les comptes d'une banque, d'un établissement de banque, des systèmes
financiers décentralisés, de la Caisse des Dépôts et Consignations, d'un agent
de change, d'un courtier en valeurs mobilières, d’une société holding
satisfaisant aux conditions de l’article 23 et des comptables du trésor, quelle
que soit la date de l'ouverture des comptes.
− Pour les intérêts des bons de caisse, nominatifs ou au porteur, la retenue à la
source est fixée à 20 %, libératoire de tous impôts.
Le montant de la retenue à la source supporté sur les revenus de capitaux mobiliers
est libératoire de l'impôt sur le revenu des personnes physiques.

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Calcul de l’Impôt sur le Revenu
L’Impôt sur le Revenu ne comporte plus qu’un droit Progressif qui frappe le revenu
net global du contribuable.
Le revenu net global est obtenu en faisant la différence entre le total des revenus
nets catégoriels et les charges communes. Ces charges communes présentent
généralement un caractère personnel ou familial et sont limitativement fixées par les
dispositions du CGI. Elles doivent en outre répondre aux conditions suivantes :
− la déduction ne doit pas avoir été opérée à un stade précédent. Les
sommes déductibles au titre des charges communes ne doivent pas
concerner des sommes déjà prises en compte pour la détermination des
revenus des différentes catégories, les admettre à nouveau constituerait un
double emploi ;
− les charges doivent être réelles et justifiées quant à leur nature et à leur
montant ;
− les charges communes doivent avoir été effectivement payées ;
− leur déduction doit être autorisée par la loi. Cela signifie qu’elles doivent
faire partie des charges limitativement énumérées ci-dessus. Ces charges
sont au nombre de sept (7) :

Section I. Charges déductibles du revenu global


Pour la détermination du revenu net global, sont déductibles les charges suivantes
lorsqu'elles n'entrent pas en compte pour l'évaluation des revenus catégoriels :

1. pensions et arrérages de rentes payés par le contribuable à titre obligatoire et


gratuit, dans la limite de 5 % du revenu net visé à l’article 56 avec un maximum de
300.000 FCFA.

Ces limitations ne sont pas applicables aux pensions et arrérages versés en vertu
d'une décision de justice ou lorsque le pensionné ou le débirentier est en mesure de
prouver que les sommes payées par lui excèdent le maximum de 300.000 FCFA
prévu à l'alinéa ci-dessus.

2. en cas de cession ou de cessation d'entreprise, les déficits affectant l'exercice de


liquidation, compte tenu s'il y a lieu, des pertes des 3 années précédentes qui
n'auraient pu être imputées sur le revenu catégoriel.

3. les versements volontaires pour la constitution de retraite, dans la limite de 10 %


du montant total des traitements, salaires, indemnités, émoluments et avantages en
nature.

4. les primes d'assurances sur la vie, dans la limite de 5 % du revenu net visé à
l'article 56, le maximum de la déduction autorisée étant fixé à 200.000 FCFA
augmenté de 20.000 FCFA par enfant à charge.

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5. les versements effectués au profit d'œuvres ou d'organismes, associations,
fondations ou établissements prévus en matière d’IS, dans la limite de 0,50 % du
revenu net avant déduction des charges autres déductibles du revenu net global.

6. les versements effectifs à titre de zakat à un organisme agréé par l’Etat, selon des
limites fixées par décision du Ministre chargé des finances.

7. les intérêts des emprunts à la charge du contribuable pour l'acquisition, la


conservation ou les réparations de son habitation principale située au Sénégal, sous
réserve de la production du tableau d'amortissement du prêt, certifié par l'organisme
prêteur.

Remarque : Les plus-values immobilières réalisées par des personnes physiques


dans le cadre de la gestion de leur patrimoine privé, le cas échéant assujetties à la
taxe de plus-values, ne sont pas soumises à l'impôt sur le revenu.
Section II. Principes généraux applicables à la déclaration
d’impôt sur le revenu
Chaque contribuable est soumis à l'impôt sur le revenu en raison de ses revenus
personnels. A ce titre, il est tenu de produire une déclaration unique de ses revenus
établie à son nom.
Il est, en outre, tenu, le cas échéant, de produire une déclaration séparée des
revenus de ses enfants mineurs dont il a la garde.
Dans le cas où le contribuable ne dispose comme revenu que de traitements et
salaires, les retenues d'impôts effectuées sont libératoires.
En cas de mariage, les revenus des enfants mineurs font l’objet, pour leur compte,
d’une déclaration séparée produite par l’époux.
En cas de divorce ou de séparation de corps, les revenus des enfants mineurs font
l’objet d’une déclaration distincte produite par le parent qui exerce le droit de garde
par décision de justice.
Section III. Détermination du montant à soumettre au droit
progressif
Paragraphe I. Réduction de revenu pour les artisans et les contribuables
du régime du réel simplifié
Le revenu imposable est réduit de 15 % pour ce qui concerne :
− les ouvriers travaillant chez eux soit à la main soit à l'aide de force motrice,
que les instruments de travail soient ou non leur propriété, lorsqu'ils opèrent
exclusivement à façon pour le compte d'industriels ou de commerçants avec
des matières premières fournies par ces derniers et lorsqu'ils n'utilisent pas
d'autres concours que celui de leur conjoint, de leur père et mère, de leurs
enfants, d'un compagnon et d'un apprenti de moins de 18 ans avec lequel un
contrat régulier d'apprentissage a été passé ;

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− les artisans travaillant chez eux ou au dehors qui se livrent principalement à la
vente du produit de leur propre travail et qui n'utilisent pas d'autre concours
que celui des personnes énumérées au paragraphe précédent.
− les contribuables soumis au régime du réel simplifié qui adhérent à un Centre
de gestion agréé bénéficient également de cette réduction.
Les autres revenus dont pourraient bénéficier les personnes visées par cette
réduction de base ne sont pas concernés par celle-ci.
Paragraphe II. Réduction d’impôt pour investissement de bénéfice au
Sénégal
Lors du dépôt de leurs déclarations annuelles, les redevables, personnes physiques
éligibles font parvenir au service chargé de l'assiette des impôts, toutes justifications
du montant des paiements effectués pendant l'année considérée au titre des
investissements admis.
En outre, lorsque les investissements revêtent la forme visée à l’article 233.6 du CGI,
ils doivent indiquer la dénomination de la société qui a émis les titres possédés, leur
date, leur prix d'acquisition, leurs numéros, et attester que lesdits titres n'ont fait
l'objet d'aucune aliénation depuis leur acquisition. Ils déduisent de leur bénéfice
déclaré une somme égale au maximum :
− à la moitié des dépenses effectuées pendant l'année au titre des
investissements admis ;
− à 50 % du bénéfice réalisé au cours de l’année considérée.
Cette facilité est applicable aux résultats des huit (8) années à compter de celle au
cours de laquelle le programme d'investissement a été approuvé.
Lorsque par suite de la limitation à 50% du bénéfice fiscal réalisé, la moitié des
dépenses occasionnées par des investissements n'a pu être déduite, le reliquat est
admis en déduction des bénéfices des années ultérieures, jusqu'à la fin de la période
de huit (8) ans prévue à l'alinéa ci-dessus. Pour une même année, la déduction ne
peut en aucun cas dépasser les deux limitations prévues ci-dessus.
Paragraphe III. Réduction d'impôt sur les bénéfices industriels et
commerciaux, sur les bénéfices des professions non commerciales et sur
les bénéfices de l'exploitation agricole pour investissement dans le
domaine de l'utilisation de l'énergie solaire ou éolienne.
Lors du dépôt de leurs déclarations annuelles, les redevables intéressés font parvenir
au service chargé de l'assiette des impôts toutes justifications du montant des
paiements effectués pendant l'exercice considéré au titre des investissements admis.
Le montant de la réduction d'impôt à laquelle ils peuvent prétendre est égal à 30 %
du montant des sommes réellement payées au titre des investissements admis.
Toutefois, la réduction accordée au titre de l'imposition d'une année déterminée est
limitée à 25 % du montant fiscal de l'exercice au cours duquel ont été payées ces
sommes.
Si en raison de cette limitation il subsiste un reliquat déductible de l'imposition, ce
reliquat peut être reporté sur les années ultérieures.

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Paragraphe IV. Réduction d’impôts pour investissement de revenus au
Sénégal
Les contribuables qui ne disposent ni de bénéfices industriels et commerciaux ni de
bénéfices agricoles ni de bénéfices des professions non commerciales, qui sont
cependant soumis à l'impôt sur le revenu et qui investissent au Sénégal tout ou
partie de leur revenu global imposable, peuvent bénéficier, dans les conditions fixées
ci-après, d'une réduction sur le montant de l'impôt sur le revenu.
Sur demande des contribuables intéressés, jointe à la déclaration annuelle des
revenus et accompagnée de la justification du montant des sommes réellement
payées au titre des investissements prévus au programme admis, il leur est accordé
pendant chacune des huit années suivant celle du dépôt de ce programme, une
déduction de l’impôt égale à 15 % du montant des sommes. Cette réduction est
toutefois limitée à 10 % du revenu net global, passible de l’impôt au titre de chacune
de ces années.
Si en raison de cette limitation, il subsiste un reliquat non déductible des revenus
d’une année déterminée, ce reliquat est reporté sur les années suivantes restant à
courir jusqu’à la huitième inclusivement, sans que la déduction totale puisse excéder
10 % du revenu net imposable de chacune de ces années.

Paragraphe V. Réduction d'impôt pour investissement de revenus dans le


domaine de l'utilisation de l'énergie solaire ou éolienne

Les contribuables qui ne disposent ni de bénéfices industriels et commerciaux ni de


bénéfices de professions non commerciales, ni de bénéfices agricoles mais qui sont
cependant soumis à l'impôt sur le revenu et qui effectuent des investissements au
Sénégal dans des installations ayant pour objet de mettre en œuvre l'énergie solaire
ou éolienne, peuvent bénéficier sur leur demande dans les conditions fixées aux
articles 247 et 248 du CGI, d'une réduction sur le montant de l'impôt sur le revenu.

Lors du dépôt de leurs déclarations annuelles, les contribuables intéressés font


parvenir au service chargé de l'assiette des impôts toutes justifications du montant
des paiements effectués pendant l'année considérée, au titre des investissements
admis dans les applications de l'énergie solaire ou éolienne.

Le montant de la réduction d'impôt sur le revenu à laquelle peuvent prétendre les


redevables, est égal à 30 % du montant des sommes réellement payées au titre des
investissements admis.

Toutefois, la réduction accordée au titre de l'imposition d'une année déterminée, est


limitée à 25 % du montant de l'impôt établi sur le revenu de l'année précédente.

Si en raison de cette limitation, il subsiste un reliquat déductible de l'imposition d'une


année déterminée, ce reliquat peut être reporté sur les années ultérieures.

Paragraphe VI. Limitation de l’effet du cumul des avantages


Lorsqu'une entreprise bénéficie des réductions d’impôt visées supra, le cumul c’est-à-
dire la réduction globale d'impôt ne saurait excéder 50 % du bénéfice imposable.

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Section IV. Liquidation du montant de l’IR
Pour le calcul de l'impôt, le revenu imposable, arrondi au millier de franc inférieur,
est soumis au barème progressif suivant.

Tranches Taux
0 - 630 000 0%
630 001 - 1 500 000 20%
1 500 001 - 4 000 000 30%
4 000 001 - 8 000 000 35%
8 000 001 - 13 500 000 37%
+ de 13 500 001 40%

Section V. Réduction d’impôt pour charge de famille


Sur le montant de l’impôt liquidé, il est appliqué une réduction pour charges de
famille, en fonction du nombre de parts dont dispose le contribuable, sur la base du
tableau suivant qui détermine les taux, ainsi que les montants minimum et maximum
de la réduction :

Nombre de parts Taux Minimum Maximum

1 0% 0 0
1,5 10% 100 000 300 000
2 15% 200 000 650 000
2,5 20% 300 000 1 100 000
3 25% 400 000 1 650 000
3,5 30% 500 000 2 030 000
4 35% 600 000 2 490 000
4,5 40% 700 000 2 755 000
5 45% 800 000 3 180 000

Toutefois, le montant de l'impôt ne peut excéder 40 % du revenu imposable.

Le nombre de parts à prendre en considération pour l’application de la réduction


d’impôt pour charges de famille est fixé comme suit :
Situation de famille Nombre de parts
Célibataire, divorcé ou veuf sans enfant en charge 1
Marié sans enfant à charge 1,5
Célibataire ou divorcé ayant 1 enfant en charge 1,5
Marié ou veuf ayant 1 enfant en charge 2
Célibataire ou divorcé ayant 2 enfants en charge 2
Marié ou veuf ayant 2 enfants en charge 2,5
Célibataire ou divorcé ayant 3 enfants en charge 2,5
Marié ou veuf ayant 3 enfants en charge 3
Célibataire ou divorcé ayant 4 enfants en charge 3
et ainsi de suite, en augmentant d'une demi-part par enfant à la charge du
contribuable.

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Chaque enfant à charge donne droit, de façon égale, à une demi-part au profit de
chacun des parents disposants de revenus.
Dans la mesure où un seul conjoint dispose de revenus imposables, il lui est attribué
une demi-part supplémentaire.
Dans tous les cas, le nombre de parts à prendre en considération pour le calcul de
l'imposition ne pourra en aucun cas dépasser cinq (5).
Toutefois, le nombre de parts des contribuables célibataires, divorcés ou veufs
n'ayant pas d'enfant à leur charge est fixé à 1,5 lorsque ces contribuables :
a. ont un ou plusieurs enfants qui sont morts ;
b. sont titulaires d'une pension d'invalidité de 40 % au moins, soit de guerre soit
d'accident du travail ou d'une pension de guerre de par leur conjoint ;
c. ont adopté un enfant.
Au titre de la réduction d’impôt pour charge de famille, la situation à retenir est celle
existant au 1er janvier de l’année de l’imposition ou au 1er janvier de l’année de
réalisation des revenus lorsque cette dernière date est plus favorable pour le
contribuable.
En cas de divorce ou de séparation de corps, le parent, tenu au versement d’une
pension alimentaire sur décision de justice, ne peut, dans le cadre de sa déclaration
annuelle des revenus, cumuler la déduction de cette charge avec le bénéfice du
nombre de parts attribué en fonction des enfants à charge.
Limitation du nombre de parts
Le nombre de parts à prendre en considération pour le calcul de l'impôt ne peut en
aucun cas dépasser 1,5 part pour les personnes qui, quelle que soit leur nationalité,
ne résident pas au Sénégal mais disposent de revenus imposables dans ce pays.
Notion d’enfants en charge
Sont considérés comme étant à la charge du contribuable à la condition de n'avoir
pas de revenus distincts de ceux qui servent de base à l'imposition de ce dernier :
1. les enfants mineurs ou infirmes ou âgés de moins de 25 ans lorsque ceux-ci
poursuivent leurs études ;
2. sous les mêmes conditions qu'au 1, les enfants orphelins ou abandonnés recueillis
conformément, selon le cas, aux dispositions des articles 279 et 280 du code de la
Famille ;
3. sous les mêmes conditions qu'au 1, les enfants dont la puissance paternelle lui est
déléguée, conformément aux dispositions des articles 289 à 292 du code de la
Famille.
Section VI. Réduction d’impôt pour titulaire de pensions de
source étrangère
Les contribuables exclusivement titulaires de pensions et rentes viagères de source
étrangère, imposés d’après leur déclaration, bénéficient d’une décote de 80% de
l’impôt dû.
Lorsqu’un contribuable dispose de pensions et rentes viagères de source étrangère
et d’autres sources de revenus imposables au Sénégal, le montant définitif de l’impôt
afférent aux pensions et rentes est arrêté comme indiqué ci-dessus, tandis que le

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montant de l’impôt afférent aux autres revenus est exclusivement déterminé par
application des règles relatives à la réduction d’impôt pour charge de famille.
La cotisation globale du pensionné est alors constituée par le total de l’impôt sur les
pensions et rentes de source étrangère et le total de l’impôt exigible sur les autres
revenus du contribuable.

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GENERALITES SUR L’IMPÔT SUR LES SOCIETES
Il est établi un impôt annuel sur l’ensemble des bénéfices réalisés par les sociétés et
autres personnes morales visées à l’article 4 du CGI. Cet impôt est désigné sous le
nom d’impôt sur les sociétés (article 2 du CGI). Les principales caractéristiques de
cet impôt sont les suivantes :
l’impôt est dû par certaines personnes morales, particulièrement les SA et
les SARL ;
l’impôt frappe le bénéfice net annuel, c’est-à-dire la différence entre d’une
part les produits d’exploitation, les produits financiers et les plus-values, et
d’autre part les charges et pertes encourues pendant l’exercice considéré ;
le taux de l’impôt est proportionnel et est fixé actuellement à 30% du
bénéfice imposable (article 36 du CGI). Ce taux s’applique aux revenus de
l’exercice clos le 31 décembre 2012 (article 718 CGI). Il est à noter que ce
taux était de 25% entre 2006 et 2011 ;
le bénéfice imposable doit faire l’objet d’une déclaration sur un imprimé
spécial fourni par l’administration fiscale. Cette déclaration doit intervenir
au plus tard le 30 avril de l’année d’imposition (c’est-à-dire l’année qui suit
celle de la réalisation des revenus) (article 30 du CGI) ;
l’impôt doit être payé par avis d’appel nominatif par échéance ou
spontanément par le contribuable par voie d’acomptes provisionnels
versés au plus tard le 15 février et le 30 avril de chaque année, et le
règlement du solde se fait au plus tard le 15 juin (articles 214 et 216 du
CGI) ;
les personnes morales assujetties sont soit au régime du réel normal, soit
au régime du réel simplifié (chiffre d’affaires, toutes taxes comprises, est
inférieur ou égal à 100 millions y compris les opérations exonérées). Cette
limite est ajustée au prorata du temps d’exploitation pour les contribuables
qui commencent ou cessent leurs activités en cours d’année (article 28
CGI).

Section 1 : Le champ d’application


Paragraphe 1. Les personnes morales assujetties
La loi fiscale fait une distinction de base entre les sociétés de capitaux et les sociétés
de personnes. Les sociétés de capitaux sont des sociétés dans lesquelles les
apports effectués se substituent à la personnalité des associés. Ces derniers ne sont
responsables des dettes de la société que dans la limite de leurs apports. Dans les
sociétés de personnes par contre, la personnalité des associés est prépondérante.
L’intangibilité du capital des sociétés de personnes ne revêt pas un caractère aussi
absolu que pour les sociétés de capitaux. Les associés sont ainsi indéfiniment
responsables des dettes de la société.
Cette distinction entre société de capitaux et société de personnes reste le critère
objectif qui détermine le régime fiscal applicable. Dans le principe, les premières
relèvent de l’impôt sur les sociétés (sociétés opaques) alors que les secondes
verront leurs associés imposés, chacun sur sa part des bénéfices (sociétés semi-
transparentes).
Toutefois, la loi fiscale va au-delà de ce critère d’appréciation pour retenir dans le
champ d’application de l’impôt sur les sociétés, des personnes morales qui ne sont

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pas constituées sous forme de sociétés de capitaux. A ce titre, certaines personnes
morales sont obligatoirement assujetties à l’IS alors que d’autres le sont
volontairement.
1 – Les personnes morales obligatoirement assujetties
a- Les personnes morales assujetties en raison de leur forme juridique
Il s’agit :

des sociétés de capitaux en particulier des Sociétés Anonymes (SA) y


compris les sociétés nationales et des Sociétés à Responsabilité limitée
(SARL) ;
des sociétés unipersonnelles à responsabilité limitée où l’associé unique
est une personne morale.
de la part des bénéfices correspondant aux droits des commanditaires
dans une société en commandite simple ;
de la part des bénéfices correspondant aux droits des associés dont les
noms ne sont pas révélés à l’administration fiscale dans une société en
participation.

b- Les personnes morales assujetties en raison de leur activité


Il s’agit en particulier des sociétés ci-après :
les sociétés civiles quand elles se livrent à des opérations de nature
industrielle, commerciale, agricole, artisanale, fruitière et minière.
Toutefois, les sociétés civiles se livrant à des opérations de nature agricole
ou artisanale peuvent opter pour leur imposition selon le régime des
sociétés de personnes ;
les sociétés coopératives de consommation lorsqu’elles possèdent des
établissements, boutiques ou magasins pour la livraison de marchandises ;
les sociétés coopératives et unions de coopératives d’industriels, de
commerçants ou d’artisans ;
les sociétés coopératives de production ;
les sociétés de crédit foncier ;
les établissements publics, les organismes de l’Etat ou des collectivités
locales à la condition qu’ils jouissent de l’autonomie financière et se livrent
à une activité à caractère industriel ou commercial, ou à des opérations à
caractère lucratif ;
les sociétés d’assurance et de réassurance y compris celles à forme
mutuelle ;
toutes autres personnes morales qui se livrent à une exploitation ou à des
opérations à caractère lucratif ;
les personnes morales domiciliées à l’étranger lorsqu’elles sont
bénéficiaires de revenus fonciers au Sénégal ou de plus-values provenant
de la cession d’immeubles sis au Sénégal ou de droits y relatifs ou
réalisent des plus-values à la suite de cessions de valeurs mobilières ou
de droits sociaux détenus dans des entreprises de droit sénégalais ;
2 – Les personnes morales assujetties volontaires
La loi fiscale offre à certaines sociétés de personnes la possibilité d’opter pour leur
imposition suivant le régime de l’impôt sur les sociétés. Il s’agit :

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• des sociétés de fait ;
• des groupements d’intérêt économique ;
• des sociétés en nom collectif ;
• des sociétés en participation (la part des associés dont les noms sont connus
de l’administration fiscale) ;
• des sociétés en commandite simple (la part des commandités) ;
• des sociétés unipersonnelles à responsabilité limitée où l’associé unique est
une personne physique ;
• des sociétés civiles professionnelles ;
• des sociétés civiles immobilières.
NB :
l’option pour le régime d’imposition des sociétés est définitive et
irrévocable ;
l’option doit être notifiée à l’administration avant la fin du quatrième mois
de l’exercice au titre duquel la personne morale souhaite être soumise pour
la première fois à l’impôt sur les sociétés. Il en est de même en cas de
transformation d’une société opaque en une société semi transparente ;

Paragraphe 2. Territorialité
a- Le principe
L’article 3 du CGI précise que l’impôt sur les sociétés est dû en raison des bénéfices
réalisés au Sénégal. En application de cette disposition, il convient de retenir que
seuls sont passibles de l’impôt sur les sociétés, les bénéfices réalisés par une
société sénégalaise dans des entreprises exploitées au Sénégal, quelle que soit leur
nationalité. Il en résulte que les bénéfices réalisés par une société sénégalaise dans
des entreprises exploitées à l’étranger ne sont pas soumis à l’impôt sur les sociétés
au Sénégal.
A l’inverse, une société étrangère est imposable à l’impôt sur les sociétés au Sénégal
à raison des bénéfices tirés des entreprises qu’elle y exploite. En conséquence, les
sociétés imposables au Sénégal ne peuvent faire état des pertes réalisées par les
entreprises qu’elles exploitent à l’étranger.
b- Dérogation au principe de territorialité
Des conventions fiscales internationales viennent souvent préciser le lieu
d’imposition de certains bénéfices ou revenus. Ces conventions ont pour objet entre
autres, d’éviter la double imposition de ressortissants d’un pays. C’est ainsi que
l’imposition d’un revenu qui relève normalement du Sénégal, compte tenu des règles
de territorialité, peut être dévolue à un autre pays conformément aux dispositions de
la convention fiscale liant ce pays au Sénégal.
Mais, en fait, généralement les conventions internationales reprennent le principe de
la territorialité tel que défini par l’article 3 du CGI. C’est le cas notamment de la
convention fiscale franco-sénégalaise (article 10 de cette convention). La seule
exception concerne les entreprises d’exploitation de navires ou d’aéronefs en trafic
international (compagnies maritimes ou aérienne) : ces entreprises sont imposables
exclusivement dans l’Etat où se trouve leur domicile fiscal, c'est-à-dire, pour les
sociétés leur siège social statutaire (article 12 de la convention fiscale franco-
sénégalaise).

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Paragraphe 3. Les personnes morales non imposées à l’impôt sur les sociétés
A. Les personnes morales exemptées de l’impôt sur les sociétés
Aux termes de l’article 5 du Code général des impôts, les sociétés et organismes
suivants ne sont pas dans le champ d’application de l’impôt sur les sociétés :
les groupements d’achat de consommation qui se bornent à réunir les
commandes de leurs adhérents et à distribuer, dans leurs magasins, les
produits et marchandises qui font l’objet de ces commandes ;
les caisses de crédit agricole mutuel ;
les organismes coopératifs agricoles et leurs unions visés par la loi portant
statut général des coopératives ;
les sociétés d’assurance et de réassurance mutuelles agricoles, ainsi que
les sociétés de statut analogue ;
les sociétés de secours mutuels ;
les sociétés de développement et d’encadrement rural à condition que
leurs ressources soient constituées à 80% au moins de subventions
publiques ;
les associations et organismes sans but lucratif, ainsi que les fondations et
waqf reconnus d’utilité publique ;
les établissements publics, organismes, collectivités et autres personnes
morales de droit public sans but lucratif à l’exception :
des revenus issus de la location des immeubles bâtis et non bâtis
dont ils sont propriétaires et de ceux auxquels ils ont droit en qualité
de membres de sociétés immobilières,
des revenus de capitaux mobiliers.
les sociétés coopératives d’habitat qui procèdent, sans but lucratif, au
lotissement et à la construction de logements au profit exclusif de leurs
membres ;
Les sociétés immobilières de copropriété ou d’attribution, quelle que soit
leur forme juridique (SA ou SARL) sont non soumises à l’impôt sur les
sociétés (articles 5 et 35.3 du CGI) (société transparente).
B. Les personnes morales exonérées de l’impôt sur les sociétés
Elles sont prévues par les dispositions de l’article 6 du CGI (sociétés translucides).
Sont concernées par l’exonération d’impôt sur les sociétés, les sociétés
d’investissement à capital fixe dont au moins la moitié de la valeur nette du
portefeuille global est composée, à tout moment, d’actions de sociétés non cotées en
bourse.
L’exonération porte sur :
- la partie des bénéfices provenant des produits nets de leur portefeuille. Ces
sociétés cessent de bénéficier de l’exonération trois ans après leur création.
- les plus-values de cessions des titres détenus par ces mêmes entreprises
lorsque les titres cédés ont été conservés dans le portefeuille de la société
pendant une période minimale de trois années à compter de leur date
d’acquisition.
- les plus-values de cession de titres réinvestis dans l’achat d’autres titres, dans
un délai de douze mois à compter de l’exercice de cession, et ce, quelle que
soit la durée de leur séjour dans le portefeuille de l’entreprise.

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Section 2 : La détermination de la base imposable
Paragraphe 1. Bénéfice imposable et bénéfice comptable
Le résultat imposable à l’IS s’appuie sur le résultat comptable, c'est-à-dire la
différence entre les produits et les charges de l’exercice. Il correspond également à
la variation de l’actif net entre le début et la fin de l’exercice.
Suivant les dispositions des points 1 et 2 de l’article 8 du CGI, « le bénéfice
imposable est le bénéfice net déterminé d’après le résultat d’ensemble des
opérations de toute nature effectuées par les sociétés et personnes morales, y
compris les cessions d’éléments d’actif, soit en fin d’exploitation, soit en cours
d’exploitation.
Le bénéfice net est constitué par la différence entre les valeurs de l'actif net à la
clôture et à l'ouverture de la période dont les résultats doivent servir de base à
l'impôt, diminuée des suppléments d'apport et augmentée des prélèvements
effectués au cours de cette même période par l’exploitant ou les associés. L'actif net
s'entend de l'excédent des valeurs d'actif sur le total formé au passif par les créances
des tiers, les amortissements et les provisions justifiées ». Cet article donne deux
définitions successives du bénéfice imposable :
1. La première est dite théorie du compte de résultat : elle est fondée sur une
approche analytique en ce qu’elle vise l’ensemble des opérations de toute nature
réalisées au cours d’un même exercice ;
2. La seconde est dite théorie du bilan : elle est fondée sur une approche synthétique
et vise le résultat de la comparaison de deux bilans successifs : toute variation
positive de l’actif net, c'est-à-dire des capitaux propres, dégage un bénéfice
imposable, tandis que la variation négative dégage un déficit.
Paragraphe 2. Modalités pratiques de fixation du bénéfice imposable
L’impôt est établi chaque année sur les bénéfices réalisés pendant l’année
précédente. Les sociétés et les autres personnes morales assujetties à l’impôt sur
les sociétés sont tenues de déclarer le montant de leurs bénéfices imposables ou de
leur déficit de l’année précédente au plus tard le 30 avril de chaque année (article
30 du CGI).
Les sociétés et autres personnes morales exerçant leurs activités à la fois au
Sénégal et à l’étranger doivent déclarer, dans les mêmes délais, le montant de leur
bénéfice total réalisé au Sénégal et à l’étranger. A la demande de l’administration,
ces sociétés sont tenues de fournir les copies des déclarations souscrites dans le ou
les Etats où elles exercent des activités, ainsi que les copies des pièces annexées à
ces déclarations.
Lorsque les entreprises considérées ne tiennent pas une comptabilité permettant de
distinguer exactement le bénéfice ou le déficit réalisé au Sénégal et à l’étranger
(comptabilité analytique), elles pourront procéder, pour la détermination du bénéfice
imposable au Sénégal, à la répartition de leur résultat global au prorata des chiffres
d’affaires réalisés dans chaque Etat.

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LA DETERMINATION DU RESULTAT IMPOSABLE
Comme précisé dans le chapitre précédent, le résultat qui sert de base au calcul de
l’impôt est la différence entre les produits bruts imposables et les charges
déductibles. Cette différence se traduit par un bénéfice fiscal, si elle est positive.
Dans le cas contraire, elle constitue un déficit fiscal.

Section 1 : Les produits bruts imposables


Paragraphe 1. Les produits d’exploitation

A / Les ventes de biens ou services


Pour l’appréciation des produits, le prix de vente s’entend généralement du prix
facturé, net de taxes collectées. Les entreprises doivent à ce titre, comptabiliser leurs
ventes hors taxes.
1– Les règles de rattachement des créances
En application des dispositions de l’article 8 du CGI, l’impôt est établi sur le bénéfice
réalisé au titre de l’année soumise à imposition. En conséquence, pour la
détermination du résultat fiscal d’un exercice, seuls sont pris en compte les produits
qui correspondent aux opérations ayant donné naissance, au cours de la période
d’imposition, à des créances acquises, c’est-à-dire des créances certaines dans leur
principe et déterminées dans leur montant, sans considération de la date
d’encaissement des sommes considérées.
Les produits correspondant à des créances sur la clientèle ou des versements reçus
à l’avance en paiement du prix sont rattachés à l’exercice au cours duquel intervient :
la livraison des biens, pour les ventes ou opérations assimilées ;
l’achèvement des travaux, pour les fournitures de services.
Il convient de noter qu’en ce qui concerne les fournitures de services, des exceptions
sont prévues pour les prestations continues, les prestations discontinues à
échéances successives et les travaux d’entreprise donnant lieu à réception.
Les prestations continues : elles reçoivent une exécution qui se prolonge
dans le temps sur plusieurs exercices. Il s’agit par exemple des cas où
l’entreprise perçoit des intérêts ou des loyers. Les produits de cette nature
doivent être constatés au fur et à mesure de l’exécution des prestations,
quelle que soit la date fixée pour le paiement du prix. Il est considéré qu’il y
a exécution partielle de la prestation année par année, de sorte à rattacher
à chaque exercice les produits concernés. A ce titre les intérêts courus ou
les loyers courus à la fin de l’exercice doivent être comptabilisés en
produits.
Pour les prestations discontinues à échéances successives caractérisées
généralement par un contrat dont la prestation qui en résulte comporte des
phases d’exécution à des échéances successives qui peuvent être
échelonnées sur plusieurs exercices, la comptabilisation des produits se
fait au fur et à mesure de l’exécution de la prestation. Ce régime
s’apparente à celui des ventes. Les contrats d’entretien de matériel qui
illustrent bien ce cas peuvent couvrir par exemple une période au-delà d’un

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exercice comptable, mais avec des interventions mensuelles. Le fait
générateur se situe à chaque intervention.
S’agissant des travaux d’entreprise donnant lieu à réception complète ou
partielle, les produits sont pris en compte à la date de réception, même si
elle est seulement provisoire ou faite avec des réserves, ou à celle de la
mise à disposition du maître de l’ouvrage si elle est antérieure. La loi n°
2012-31 a ainsi consacré pour les travaux d’entreprise la méthode de
l’achèvement des travaux au détriment de la méthode de l’avancement et
du bénéfice partiel.
Attendre que les travaux soient achevés pour comptabiliser une opération qui s’étale
sur plusieurs exercices n’est pas de nature à refléter l’activité de la société ; si une
entreprise a pour seul contrat la réalisation d’un chantier de travaux publics qui ne
sera terminé que dans 5 ans, la méthode de l’achèvement conduit à ne comptabiliser
ni chiffre d’affaires, ni bénéfice pendant les quatre premiers exercices et à enregistrer
sur le cinquième exercice les travaux effectués depuis cinq ans.
Aussi, la doctrine administrative offraient-elles aux entreprises la possibilité
d’appliquer la méthode de l’avancement des travaux (réponse n°00859/DGID/LEG.1
du 06.12.1982). Même les normes IAS ont consacré la méthode de l’avancement des
travaux. Selon la norme IAS 11 « Contrats de construction », les bénéfices sur ce
type d’opérations doivent obligatoirement être dégagés au fur et à mesure de
l’avancement des travaux, de telle sorte que les états financiers reflètent plus
fidèlement les résultats de l’activité de la période qu’ils couvrent, ce qui est un de
leurs objectifs principaux.

2– Evaluation et valorisation des stocks


Les dispositions de l’article 8 du CGI précisent que les stocks doivent être évalués au
prix de revient ou au cours du jour de la clôture de l’exercice, si ce cours est inférieur
au prix de revient. Le coût de revient s’entend du prix d’achat augmenté des charges
accessoires rattachables directement à l’opération d’achat, et des charges
d’installation qui sont nécessaires pour mettre le bien en état d’utilisation. Lorsqu’à la
date de l’inventaire le cours du jour est inférieur au prix de revient, la dépréciation
résultant de l’évaluation est constatée sous la forme d’un amortissement ou d’une
provision, selon que la dépréciation est jugée définitive ou non (article 43 du
SYSCOHADA). Il est à préciser par ailleurs que pour les biens interchangeables
(fongibles), la valorisation ne pourra se faire que par le biais des méthodes
acceptées par le SYSCOA, à savoir le PEPS ou FIFO et le CUMP (article 44 du
SYSCOHADA).

B / Les produits accessoires ou exceptionnels


Les entreprises peuvent réaliser des produits accessoires de nature diverse. Tous
ces produits sont en principe imposables. Il s’agit entre autres des revenus fonciers,
des dégrèvements d’impôts, des subventions, des indemnités ...

1– Les revenus fonciers


Le loyer des immeubles figurant à l’actif du bilan d’une entreprise entre dans son
bénéfice imposable. Les charges relatives à ces immeubles sont en conséquence
déductibles suivant les principes généraux de déduction des charges d’exploitation.

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Ces principes sont à cet effet, nettement différents des règles particulières prévues
pour la détermination du revenu foncier des personnes physiques.

2– Les dégrèvements d’impôts


Un dégrèvement est une annulation totale ou partielle d’une imposition. Il est
considéré comme un produit de l’année au cours de laquelle il est accordé (sauf en
ce qui concerne le dégrèvement accordé sur un impôt qui n’est pas admis dans les
charges déductibles).
Il convient de retenir que si une entreprise bénéficie d’un remboursement d’impôt, ce
dégrèvement constitue un profit imposable, si le remboursement correspond à un
dégrèvement accordé sur un impôt antérieurement déduit. Dans le cas contraire, le
dégrèvement n’est pas imposable, et doit être déduit extra comptablement.

3 – Les subventions
Les subventions reçues, quel qu’en soit l’auteur et quel qu’en soit l’objet (subvention
d’exploitation, d’équilibre ou d’investissement) sont normalement imposables.
L’imposition se fait toutefois suivant des modalités différentes. Les subventions
d’équilibre ou d’exploitation sont imposables en totalité et immédiatement.
Par contre, les subventions d’investissement sont imposées par fraction. La
législation fiscale admet la règle comptable qui veut que l’enrichissement résultant de
ces subventions soit réparti sur plusieurs exercices comme suit :
si la subvention a servi à financer des équipements amortissables, elle est
rapportée au résultat de chacun des exercices à concurrence des
amortissements pratiqués à la clôture de l’exercice et se rapportant à la
partie financée par subvention.
si les équipements financés ne sont pas amortissables, la subvention est
rapportée par fractions égales au résultat des années pendant lesquelles
les biens ne peuvent être aliénés. Si aucune clause d’inaliénabilité n’est
prévue, la subvention est rapportée au résultat sur une période de dix (10)
ans.
Exemple : une entreprise obtient une subvention de 1.000.000 FCFA pour
l’acquisition d’un matériel au même montant, amortissable sur cinq ans.
- Dotation aux amortissements en fin d’exercice : 1.000.000/5 = 200.000
- Ce montant sera intégré dans les bénéfices de l’exercice considéré.

4 – Les indemnités
Les indemnités perçues en réparation d’un préjudice subi (vol, inondation ou autre
sinistre) sont imposées normalement. Les indemnités perçues suite à la disparition
d’une immobilisation suivent toutefois le régime des plus-values. Le montant de
l’indemnité représente le prix de cession.

Paragraphe 2. Les produits financiers et revenus assimilés

A / Le régime des revenus de valeurs mobilières


1 – Les dividendes
Le dividende est la quote-part des bénéfices réalisés par une société et attribuée à
chaque associé. La loi fiscale fait une distinction entre les dividendes provenant
d’une société non filiale et ceux provenant d’une filiale.

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a- Les dividendes provenant d’une société non filiale
Les dividendes reçus d’une société non filiale subissent une retenue à la source de
10% opérée par la société qui verse les dividendes. Ils sont imposés entre les mains
de la société bénéficiaire. Les 40% de la retenue à la source de 10% constituent un
crédit d’impôt à déduire du montant de l’impôt sur les sociétés dû par ladite société.
Lorsque les produits de participation ne sont pas éligibles au régime des sociétés
mère et filiale, la société participante n’est soumise à l’impôt sur les sociétés que sur
une quote-part représentative de 40% du produit brut des participations.

NB : Régime des participations dans les sociétés non passibles de l’impôt sur
les sociétés
Lorsqu’une entreprise est membre d’une société (ou d’un groupement d’intérêt
économique) non passible d’IS, elle doit inclure dans ses résultats imposables sa
part du bénéfice fiscal de la société dont elle est membre, étant précisé que cette
part est celle qui correspond à ses droits dans les bénéfices même si ceux-ci n’ont
pas été distribués. D’une manière analogue, si la société de personne subit des
pertes, l’entreprise membre peut retrancher de ses propres résultats imposables la
part qui lui incombe dans ces pertes.

Application
Une SA a dégagé au titre de l’exercice N, un bénéfice comptable de 95 325 000. Au
titre du même exercice, la SA a reçu d’une société non filiale des dividendes pour un
montant de 16 200 000. Calculer le montant de l’impôt sur les sociétés que la SA
reste devoir payer au titre de l’exercice considéré.

Résolution de l’application
Pour l’exercice considéré, la société a reçu un dividende net de 16 200 000. En
considérant que ces dividendes proviennent d’une société non filiale et ne sont
imposables qu’à concurrence de 40% de leur montant brut, il convient de déterminer
ce montant brut qui a par ailleurs servi à la détermination du montant de la retenue à
la source, soit 16 200 000/0,9 = 18 000 000.
Pour le calcul du bénéfice fiscal, il convient de déduire du bénéfice comptable un
montant égal à 60% du montant brut (18 000 000), soit 10 800 000, ce qui donne un
bénéfice fiscal de 84 525 000.
L’IS correspondant est de 30% de 84 525 000, soit 25 357 500. Sur ce montant, il
faudra déduire 40% de la retenue à la source qui constitue un crédit d’impôt. La
société restera devoir payer la différence, soit 23 357 500 – 720 000 = 24 637 500.

b- Les dividendes reçus d’une société filiale


Les dispositions de l’article 21 du CGI précisent que les produits bruts des
participations d’une société mère dans le capital d’une filiale sont retranchés du
bénéfice net total, déduction faite d’une quote-part représentative des frais et
charges. Cette quote-part est fixée uniformément à 5% du produit total des
participations mais ne peut excéder, pour chaque période d’imposition, le montant
total des frais et charges de toute nature exposés par la société participante au cours
de ladite période. La retenue à la source effectuée par la filiale ne constitue pas un
crédit d’impôt pour la mère.

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S’agissant de l’imposition de la quote-part représentative de frais et charges, il
convient de faire remarquer qu’un principe général de fiscalité voudrait qu’il ne soit
pas retenu, comme charge déductible, une dépense ne se rapportant pas à un
revenu imposable. Il est admis à cet égard d’exclure des frais généraux, les frais
supportés par la société mère dans le cadre de la gestion de ses participations dans
la filiale. Notons qu’en vertu des dispositions de l’article 22 du CGI, le régime "mère-
filiale" est appliqué à condition que :
la société mère et la société filiale soient, quelle que soit leur forme,
imposable à l’impôt sur les sociétés ;
la société mère ait son siège social au Sénégal ;
les actions ou parts d’intérêts possédées par la première société
représentent au moins 10% du capital de la seconde ;
les actions ou parts soient souscrites ou attribuées à l’émission et soient
inscrites au nom de la société ou que celle-ci s’engage à les conserver
pendant deux (2) années consécutives au moins sous la forme
nominative. La lettre portant cet engagement doit être annexée à la
déclaration des résultats.
Le régime "mère-filiale" est un régime de déduction revenu sur revenu qui a un
double objectif :
d’éviter la double imposition au titre de l’impôt sur les sociétés des
bénéfices de la filiale distribués à la mère ;
de permettre à la mère, lors de la redistribution des produits de la filiale, de
transmettre à ses associés le crédit d’impôt attaché à ses produits.
Application : Au titre de l’exercice clos le 31 décembre 2012, la SARL Alpha reçoit
de sa filiale un dividende net d’un montant de 90.000 F. Elle distribue à son tour
250.000 F à ses associés (dont un qui détient 10% des parts de son capital).
Dividende net reçu de sa filiale.....……….……………………….90.000
Retenue opérée par la filiale (libératoire)…………………………..10.000
Dividende brut……………………………………………………..100.000
Quote-part de frais (5% du brut)……………………………………5.000
La somme non soumise à l’IS chez la mère……………………..95.000
Les 100.000 F de brut supportent un impôt de 10.000 + (30% x 5.000) soit 11.500
Ainsi 100.000 F-11.500 soit 88.500 F est le montant net reçu de sa filiale.
La SARL Alpha impute sur les 250.000 F les 88.500 F reçus nets de sa filiale et
n’opère une retenue d’impôt que sur le reste (puisque la redistribution des produits
de filiales est exonérée de la retenue à la source), soit 161.500 x 10% = 16.150 F.
Les associés de la SARL Alpha reçoivent le dividende net de 250.000 F-16.150
F=233.850 F assorti du crédit d’impôt total (incluant la retenue initialement opérée
par la filiale), soit 10.000 F+16.150 F = 26.150 F.
L’associé personne morale (non éligible au régime mère-filiale) qui a droit par
exemple à 10% de la distribution et qui est passible de l’impôt sur les sociétés devra
inclure dans son bénéfice imposable les 40% de 25.000 F bruts qui lui reviennent et
déduira de l’impôt exigible sur son bénéfice un crédit d’impôt de 40% de 2.615 F.
Si l’associé (ayant toujours droit à 10% de la distribution) est une personne physique
redevable de l’impôt sur le revenu, les 23.385 F nets reçus échappent à cet impôt

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Avertissement : Ce document est exclusivement réservé à la formation en fiscalité dispensée par Dr. GNINGUE
(car la retenue est libératoire) et bien entendu aucune imputation du crédit d’impôt
n’est à opérer.
Précision importante :
Lorsque la filiale a son siège à l’étranger, la situation varie en fonction de la
distinction suivante :
si le pays considéré est lié au Sénégal par une convention fiscale, il faut
déduire le montant brut et réintégrer une quote-part de frais fixé forfaitairement
à 5% du montant brut des dividendes mais sans excéder, pour chaque
période d’imposition, le montant total des frais et charges de toute nature
exposés par la société participante au cours de ladite période (la retenue à la
source opérée par la filiale est certes libératoire mais la mère garde la
possibilité de pouvoir transmettre le crédit d’impôt à ses associés) ;
si le pays considéré n’est pas lié au Sénégal par une convention fiscale, il faut
déduire le montant net et réintégrer une quote-part de frais fixé forfaitairement
à 5% du montant net des dividendes mais sans excéder, pour chaque période
d’imposition, le montant total des frais et charges de toute nature exposés par
la société participante au cours de ladite période (la retenue à la source
opérée par la filiale n’ est pas constitutive de crédit d’impôt que la mère peut
transmettre à ses associés).
En principe si une société possède des parts dans une filiale ayant son siège social
hors de la zone UEMOA, le régime mère-filiale ne peut pas s’appliquer en vertu des
dispositions de l’article 9.2 alinéa 5 de la Directive 01/2008/CM/UEMOA, portant
harmonisation des modalités de détermination du résultat imposable des personnes
morales en sein de l’UEMOA.

c- Les produits de la holding


Une holding est une société ayant pour vocation de regrouper des associés qui
souhaitent acquérir une influence significative dans les diverses sociétés détenues.
Aux produits d’une holding, on appliquera le régime mère-filiale à condition :
que la holding soit de droit sénégalais et être constituée sous forme de SA ou
de SARL,
que les deux tiers au moins de l’actif immobilisé soit composés de
participations qui répondent aux conditions du régime mère-filiale,
la holding ne peut exercer que les activités suivantes :
la gestion de participations,
effectuer des prestations correspondants à des fonctions de direction,
de gestion, de coordination et de contrôle de sociétés du groupe ;
se livrer à des activités de recherche et de développement au seul profit
du groupe,
assurer la gestion de la trésorerie du groupe.

2 - Les intérêts des obligations


Les obligations sont des titres de créance négociables, représentant une part d’un
emprunt à long terme et conférant à leur possesseur le droit de percevoir un intérêt.
L’obligation est une valeur à revenu fixe par opposition à l’action qui est une valeur à
revenu variable.

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Là aussi, la loi fiscale fait une distinction entre les intérêts et produits d’obligations
dont le remboursement est à échéance d’au moins cinq (5) ans et les intérêts et
produits à échéance de moins de cinq (5) ans. Les premiers subissent une retenue
à la source de 6%. Cette retenue à la source est libératoire du paiement de tout autre
impôt sur les intérêts et produits considérés. Les seconds subissent une retenue à la
source de 13% qui constitue un crédit d’impôt imputable sur le montant de l’impôt sur
les sociétés.

B / Les intérêts de créance


Il faut faire la différence entre les intérêts exonérés, les intérêts de bons de caisse et
les autres intérêts.

1– Les intérêts exonérés


Les dispositions combinées des articles 12 et 105 du CGI font état d’intérêts de
créances non imposables à l’impôt sur les sociétés. Il s’agit pour l’essentiel d’intérêts
issus de prêts consentis à un certain nombre d’organismes expressément cités à
l’article 105 du CGI. L’Etat, les communes et les collectivités locales font partie de
ces organismes.
Toutefois, s’agissant des intérêts des valeurs d’Etat, une quote-part représentative
des charges est fixée uniformément à 2,5% du produit total de ces titres.
2– Les intérêts de bons de caisse
Les bons de caisse sont des titres à court ou moyen terme émis par un organisme
financier en représentation d’un prêt productif d’intérêt. Ils constituent un déficit de
dépôt nominatif ou libellé au porteur de l’établissement émetteur.
Les intérêts des bons de caisse subissent un prélèvement libératoire de 20%. Ce
prélèvement est opéré par l’organisme qui verse les intérêts et dispense le
bénéficiaire de les intégrer dans ses revenus (ou bénéfices) imposables.
3– Les autres intérêts de créance
Les autres intérêts de créances, dépôts, cautionnements et comptes courants sont
frappés d’une retenue à la source dont le taux est fixé à 16%. Toutefois, pour les
intérêts et autres produits de comptes de dépôts et des comptes courants ouverts
dans les écritures d’une banque, d’un agent de change, d’un courtier en valeurs
mobilières et de comptable du Trésor, quelle que soit la date de l’ouverture des
comptes, le taux de la retenue est fixé à 8%. Pour ces dépôts à terme, la retenue
opérée est non libératoire et constitue donc un crédit d’impôt.
C / Les gains de change
Le gain de change résultant de la différence existant entre la valeur d’origine des
créances et dettes libellées en monnaie étrangère, est le montant payé ou encaissé
au cours de la période comptable de règlement.
Sont également considérés comme des gains de change réalisés, les écarts de
conversion positifs constatés sur les disponibilités considérées à la fin de l’exercice.
Les gains de change réalisés doivent être évalués et intégrés au résultat comptable.
Les écarts de conversion positifs constatés sur des créances et dettes libellées en
monnaie étrangère et non échues (gains latents) sont désormais pris en compte pour
la détermination du bénéfice imposable.

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Paragraphe 3. Les abandons de créances
Un abandon de créances est soit à caractère commercial, soit financier.
Un abandon de créances à caractère commercial est celui qui trouve son origine
dans les relations commerciales qui unissent deux partenaires. Ceux-ci peuvent être
juridiquement indépendants l’un de l’autre ou appartenir à un même groupe.
Les conséquences fiscales sont les suivantes :
l’abandon de créance constitue pour le fournisseur une perte qui vient en
déduction de ses résultats imposables ;
à l’inverse, il constitue pour le bénéficiaire de l’aide un profit imposable
puisqu’il se traduit par une augmentation de l’actif net.
Par contre un abandon de créance à caractère financier ne se conçoit qu’au sein des
groupes de sociétés. Le régime fiscal de ces abandons de créance est tributaire de
la situation nette de la filiale :
tant que la situation nette de la filiale demeure négative, on applique le droit
commun : perte déductible pour la mère, profit imposable pour la filiale ;
dès lors que la situation nette de la filiale devient positive, l’abandon de
créance consentis par la société mère cesse d’être déductible ;
corrélativement, il n’est pas imposable chez la filiale ; cette exonération est
toutefois subordonnée à l’engagement pris par la filiale d’augmenter son
capital dans les deux ans pour un montant égal à l’aide qui lui a été consentie
(article 24 CGI) ; dans la mesure où l’abandon de créance rend la situation
nette de la filiale positive, il y’a augmentation correspondante de la valeur
réelle des titres détenus par la société mère ; celle-ci s’appauvrit donc pas ;
l’opération est assimilée à un apport en société.

Application :
Le bilan d’une filiale présente une situation négative de 5.000.000 F ; pour la
renflouer, sa mère, qui possède 80% de son capital, lui consent un abandon de
créance de 1.100.000 F.

Bilan de filiale avant l’abandon de la créance

Actif réel………………..3.500.000 Capital………………….….800.000


Pertes…………………...(1.300.000)
Situation nette négative…... (500.000)
Avances de la mère…….1.100.000
Total……………………3.500.000 Autres emprunt………….2.900.000

Total………………………3.500.000

Bilan de filiale après l’abandon de la créance

Actif réel………………..3.500.000 Capital…………………….800.000


Pertes………………….....(200.000)
Situation nette positive……..600.000
Autres emprunt………...2.900.000
Total……………………3.500.000 Total……………………..3.500.000

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Avertissement : Ce document est exclusivement réservé à la formation en fiscalité dispensée par Dr. GNINGUE
L’abandon de créance consenti par la société mère est déductible de ses résultats
imposable (imposable également chez la filiale) à concurrence :
d’une part, de la situation nette négative avant abandon de
créance……………….. 500.000
d’autre part, de la proportion de la situation nette positive après abandon de
créance correspondant à la participation des associés minoritaires : 600.000 x
20%..............................120.000
Soit un total de 620.000.
Le surplus (1.100.000-620.000=480.000) est traité fiscalement comme un
supplément d’apport puisque la participation de la mère dans le capital de la filiale
s’est valorisée de ce montant ; la valeur réelle des titres de la mère est en effet de
480.000 (600.000 x 80%=480.000).

Paragraphe 4. Les plus-values


En règle générale, une plus-value est imposable si elle est réalisée. Elle est alors
comprise dans les produits de l’exercice au cours duquel elle est réalisée. Il y a
réalisation lorsque l’élément auquel la plus-value s’applique change de patrimoine
par suite d’une vente, d’une donation, d’un apport en société. Pour l’application des
règles fiscales, il convient de distinguer :
Les plus-values réalisées en cours d’exploitation ;
Les plus-values réalisées à l’occasion de cessation totale ou partielle
d’activité ;
Les plus-values de fusion ;
Les plus-values de scission ou apport partiel d’actifs ;
Les plus-values de réévaluation de bilan.

A. Les plus-values en cours d’exploitation sur cessions d’éléments de


l’actif immobilisé
Les plus-values réalisées en cours d’exploitation sont comprises en totalité dans les
résultats de l’exercice de leur réalisation. Elles peuvent toutefois bénéficier d’une
exonération lorsque certaines conditions sont réunies.
1. Les Conditions de l’Exonération
Les plus-values provenant de la cession en cours d'exploitation des éléments de
l'actif immobilisé ne sont pas comprises dans le bénéfice imposable de l'exercice au
cours duquel elles ont été réalisées si les conditions suivantes sont réunies :
a. Condition relative à la nature du réinvestissement
Le contribuable doit prendre l'engagement de réinvestir en immobilisations dans les
entreprises installées au Sénégal dont il a la propriété. Cet engagement de réinvestir
doit être annexé à la déclaration des résultats de l'exercice au cours duquel les plus-
values ont été réalisées.
Sont considérées comme faisant partie de l'actif immobilisé, les valeurs constituant le
portefeuille lorsqu'elles sont entrées dans le patrimoine de l'entreprise 5 ans au
moins avant la date de la cession. Lorsque des valeurs identiques non discernables
ont été acquises à des dates différentes, on considère que les valeurs cédées sont
les plus anciennes.

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Avertissement : Ce document est exclusivement réservé à la formation en fiscalité dispensée par Dr. GNINGUE
Sont assimilées à des immobilisations, les souscriptions à des augmentations de
capital par acquisition d'actions ou de parts nouvelles de toutes sociétés à caractère
industriel installées au Sénégal.

b. Conditions relatives au délai et à l’origine des fonds réinvestis


Le réinvestissement doit :
- être effectué avant l'expiration d'un délai de 3 ans à partir de la clôture de cet
exercice ;
- correspondre à une somme au moins égale au montant de ces plus-values
ajoutées au prix de revient des éléments cédés ;
- les fonds consacrés au réinvestissement doivent provenir soit des bénéfices
antérieurs mis en réserve, soit de bénéfices réalisés au cours du délai de
réinvestissement.
c. L’Affectation de la plus-value exonérée
Si le remploi est effectué dans le délai de 3 ans, les plus-values distraites du
bénéfice imposable viennent en déduction du prix de revient des nouvelles
immobilisations, soit pour le calcul des amortissements s'il s'agit d'éléments d'actif
amortissables, soit pour le calcul des plus-values réalisées ultérieurement s'il s'agit
d'éléments non amortissables.
Remarque : Il apparaît ainsi que la plus-value exonérée se trouve ultérieurement
reprise dans le bénéfice soit par le biais d’une réduction des amortissements, soit par
un accroissement de la plus-value résultant de la cession éventuelle de la nouvelle
immobilisation (s’il s’agit d’élément non amortissable).
d. Cas de non réinvestissement dans le délai légal
Lorsque l’engagement de réinvestir n’est pas respecté, les plus-values sont
rapportées au bénéfice imposable de l'exercice au cours duquel a expiré le délai de
trois ans.
Toutefois, si le contribuable vient à cesser son activité ou à céder son entreprise au
cours du délai de trois ans, les plus-values à réinvestir seront immédiatement taxées
dans les conditions prévues pour l’imposition des entreprises en cessation.
2. Les plus-values de cessions d’immeubles rénovés ou restaurés
Sont également exonérées de l'impôt sur les sociétés, les plus-values réalisées à
l'occasion de la cession d'immeubles rénovés ou restaurés dans des localités dont la
liste est fixée par décret (Saint-Louis et Rufisque), à condition que le contribuable
réinvestisse, dans les formes et délais prévus pour l’exonération des plus-values en
cours d’exploitation, une somme égale au montant des plus-values ajouté au prix de
revient des éléments cédés.
Si le remploi n'est pas effectué dans les formes et délais prévus, les plus-values sont
rapportées au bénéfice imposable de l'exercice au cours duquel a expiré le délai de
réinvestissement.
B. Plus-value réalisée à l’occasion de la cessation partielle ou totale
d’activité (article 259 CGI)
Il s’agit de plus-value provenant de la cession d’éléments d’actif immobilisé en fin
d’exploitation (cession partielle ou totale, dissolution ...).
Le traitement fiscal des plus-values réalisées se règle ainsi qu’il suit :

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si la cession partielle ou la cessation intervient moins de cinq (5) ans
après la création ou l’achat de l’entreprise, les plus-values sont retenues
dans les bénéfices imposables pour la moitié de leur montant ;
si la cession ou la cessation intervient cinq (5) ans ou plus après la
création ou l’achat de l’entreprise, les plus-values sont imposables
seulement pour le tiers de leur montant.

C. Les plus-values de fusion de sociétés


La fusion est l’opération par laquelle deux ou plusieurs sociétés décident la réunion
de leurs patrimoines et la mise en commun de leurs activités. Une fusion suppose la
réunion de deux ou plusieurs sociétés préexistantes, soit qu’elles se confondent pour
former une société nouvelle (fusion combinaison), soit que l’une d’entre elles absorbe
les autres (fusion absorption).
La scission est la division d’une société en plusieurs. C’est une opération par
laquelle une société disparaît en apportant l’intégralité de son actif net à deux ou
plusieurs sociétés existantes ou créées à cette fin. Les plus-values, autres que celles
réalisées sur les marchandises, résultant de l'attribution d'actions ou de parts
sociales à la suite de fusion de sociétés anonymes ou à responsabilité limitée sont
exonérées de l'impôt sur les sociétés.
Toutefois, le bénéfice de l’exonération est subordonnée à l'obligation, constatée dans
l'acte de fusion ou d'apport, pour la société bénéficiaire de l'apport de calculer, en ce
qui concerne les éléments autres que les marchandises comprises dans l'apport, les
amortissements annuels à prélever sur les bénéfices ainsi que les plus-values
ultérieures résultant de la réalisation de ces éléments, d'après le prix de revient qu'ils
comportaient pour les sociétés fusionnées ou pour la société apporteuse, déduction
faite des amortissements déjà pratiqués par elles.
Cela veut dire tout simplement que pour bénéficier de ce régime d’exonération, la
société absorbante ou nouvelle ou bénéficiaire de l’apport doit prendre l’engagement
dans l’acte de fusion ou d’apport, de calculer les amortissements futurs ainsi que les
plus-values ultérieures non pas sur la valeur d’apport des biens apportés (VNC +
Plus-value), mais sur la VNC du bien au jour de l’apport.
NB : Dans l’hypothèse où l’exonération n’est pas demandée, la situation est réglée
ainsi qu’il suit :
• chez la société apporteuse : Il s’agit d’un cas de cessation de droit
commun. Les plus-values sont imposées pour le tiers ou la moitié de leur
montant selon que la société existe depuis cinq (5) ans ou plus ou depuis
moins de cinq (5) ans ;
• chez la société absorbante ou nouvelle : Les biens apportés seront amortis
sur la base de leurs valeurs d’apport, la plus-value de cession ultérieure
sera également calculée sur cette base.

D. Les plus-values sur apports partiels d’actifs


L’apport partiel d’actif est l’opération par laquelle une société apporte à une autre
société (nouvelle ou déjà créée) une branche de son exploitation. Les plus-values,
autres que celles réalisées sur les marchandises, résultant de l'attribution gratuite
d'actions ou de parts sociales, à la suite de l'apport par une société anonyme ou à

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responsabilité limitée, à une autre société constituée sous une de ces formes, d'une
partie de ces éléments d'actif est exonérée à condition que :
la société bénéficiaire de l'apport ait son siège social au Sénégal ;
l'apport se présente sous la forme d'une fusion, d'un apport partiel ou d'une
scission de société.
De la même façon qu’en matière de fusion, le bénéfice de l’exonération est
subordonnée à l'obligation, constatée dans l'acte de fusion ou d'apport, pour la
société bénéficiaire de l'apport de calculer, en ce qui concerne les éléments autres
que les marchandises comprises dans l'apport, les amortissements annuels à
déduire ainsi que les plus-values ultérieures résultant de la réalisation de ces
éléments, d'après le prix de revient qu'ils comportaient pour les sociétés fusionnées
ou pour la société apporteuse, déduction faite des amortissements déjà pratiqués par
elles. Dans toutes ces opérations, les associés de la société qui apporte tout ou
partie de son actif net reçoivent en contrepartie des actions ou des parts sociales
émises par la société bénéficiaire de l’apport.
E. Plus-value de réévaluation libre de bilan
Toutes les entreprises peuvent pratiquer une réévaluation libre de leur bilan. La plus-
value dégagée suite à cette réévaluation est imposable en totalité et immédiatement
au titre de l’exercice au cours duquel les biens ont été réévalués. Elle doit donc être
ajoutée extracomptablement au résultat fiscal.
F. Plus-value de réévaluation légale de bilan
1. Les personnes concernées
Les personnes physiques ou morales qui exercent une activité industrielle,
commerciale, artisanale, agricole ou libérale ont la faculté de réévaluer les
immobilisations inscrites à l’actif du bilan clos en 2012.
Il peut être procédé à cette réévaluation soit dans les écritures du premier exercice
clos en 2012, soit dans celles des exercices clos en 2013 ou 2014. La réévaluation
doit être effectuée durant la période coïncidant avec l'exercice social. Elle ne peut
être ni étalée ni partielle.
2. Les personnes exclues
Sont toutefois exclues de la réévaluation :
1. les sociétés de fait ;
2. les sociétés en liquidation ;
3. les personnes physiques et les personnes morales exerçant une activité civile
3. Les modalités de réévaluation
La réévaluation s’applique aux biens immobilisés amortissables. Les valeurs
réévaluées de ces immobilisations ne doivent pas dépasser les montants obtenus en
appliquant au coût d’achat ou de revient de l’élément les indices fixés par arrêté du
Ministre des finances déduction faite des amortissements déjà effectués, réévalués
pour chaque exercice en fonction des mêmes indices.
Les indices sont représentatifs :

du prix des constructions en ce qui concerne les biens de cette nature ;

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du prix des matériels et outillages en ce qui concerne les autres éléments
amortissables.
Les biens qui ne figurent pas au bilan à la date de prise d’effet de la réévaluation
sont toutefois exclus
4. Détermination et sort de la plus-value de réévaluation
La plus-value dégagée par la réévaluation est égale à la différence entre la valeur
réévaluée et la valeur nette comptable avant réévaluation.
Les plus-values de réévaluation des éléments d’actif immobilisé sont portées
directement en franchise d’impôt, à une provision spéciale au passif du bilan.
Il doit être produit un état détaillé de cette provision en annexe au bilan et aux
déclarations fiscales des intéressés. Cette provision spéciale est rapportée chaque
année aux résultats en fonction de l’amortissement des biens réévalués.
En cas de cession d’une immobilisation réévaluée, la fraction résiduelle de la
provision spéciale est rapportée aux résultats de l’exercice de la cession.
La plus-value ou la moins-value de cession est calculée à partir de la valeur
réévaluée. Une décision du Ministre chargé des finances fixe les modalités
d’application. Toutefois, la réévaluation n’a pas d’effet sur l’assiette des contributions
foncières et de la patente.

Application
Une SA installée au Sénégal a dégagé au cours de l’exercice 2012 un bénéfice
comptable de 195 525 700 pour un chiffre d’affaires de 200 000 000.

1 - Ce bénéfice comprend les résultats des opérations ci-après :


exportation 32 500 000
déficit de sa succursale du Mali 16 400 000
bénéfice de sa succursale de Thiès 26 746 000
2 - La société a réalisé au cours de l’exercice :
dividendes nets reçus d’une filiale installée à Dakar 13 770 000
dividendes bruts reçus d’une société non filiale 12 000 000
intérêts nets d’obligations de plus de cinq ans 10 340 000
intérêts bruts d’obligations de moins de cinq ans 7 850 000
3- Plus-value de cession :
Cette plus-value a été réalisée sur la cession d’une machine suivant les
conditions ci-après : date d’acquisition, le 01/07/2003 ; prix de d’achat, 24 500 000 ;
DUP, 8 ans ; date de cession, le 31/03/2005 ; prix de cession, 22 250 000. A la
cession, l’entreprise a pris des engagements pour bénéficier des exonérations. Au
01/10/2008, la société a acquis au titre de ses engagements une nouvelle machine
pour un montant de 20 220 000. Il est à préciser que le comptable a oublié de passer
les amortissements relatifs à la nouvelle immobilisation qui a une durée de 5 ans.
TAF : Opérer les redressements nécessaires du bénéfice comptable pour obtenir le
résultat fiscal de 2012 en justifiant les solutions retenues et calculer le montant de
l’impôt sur les sociétés à payer.

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Correction de l’application
Déductions Réintégrations
Bénéfice - 195 525 700
Exportation (produit imposable) - -
Déficit succursale Mali (territorialement non lié) - 16 400 000
Bénéfice succursale Thiès (imposable) - -
Dividendes nets reçus de la filiale de Dakar 14 535 000 -
Dividendes bruts reçus d’une société non filiale 7 200 000 -
Intérêts nets d’obligations de plus de 5 ans 11 000 000 -
Intérêts bruts d’obligations de moins de 5 ans - -
Plus-value de cession - 3 109 375
Amortissements 1 011 000 -
Totaux 33 746 000 215 035 075

Part du dividende net à déduire : (13 770 000 / 0,9) x 95% = 14 535 000.
Retenue à la source sur dividendes reçus de la société non filiale = 40% x
12 000 000 x 10% = 480 000 constituant un crédit d’impôt.
Retenue à la source sur intérêts d’obligations de moins de 5 ans = 7 850 000 x 13%
= 1 020 500 constituant un crédit d’impôt.
Bénéfice imposable (arrondi au millier de franc inférieur) = (215 035 075 –
33 746 000) = 181 289 000
Impôt sur les sociétés = 181 289 000 x 30% = 54 386 700.
Impôt à payer = 54 386 700 – (420 000 + 1 020 500) = 52 946 200.

Paragraphe 5. Les prix de transferts


Pour l'établissement de l'impôt sur les sociétés dû par les entreprises qui sont sous la
dépendance ou qui possèdent le contrôle d'entreprises situées hors du Sénégal, les
bénéfices indirectement transférés à ces dernières soit par majoration ou diminution
des prix d'achat ou de vente, soit par sous-capitalisation, soit par tout autre moyen,
seront incorporés aux résultats accusés par les comptabilités.
Il est procédé de même pour les entreprises qui sont sous la dépendance d'une
entreprise ou d'un groupe possédant également le contrôle d'entreprises situées hors
du Sénégal.
La condition de dépendance ou de contrôle n'est pas exigée lorsque le transfert
s'effectue avec des entreprises établies dans un état étranger ou dans un territoire
situé hors du Sénégal dont le régime fiscal est privilégié, ou dans un pays non
coopératif.
Les personnes sont considérées comme soumises à un régime fiscal privilégié dans
l'Etat ou le territoire considéré si elles n'y sont pas imposables ou si elles y sont
assujetties à des impôts sur les bénéfices ou les revenus dont le montant est
inférieur de plus de la moitié à celui de l'impôt sur les bénéfices ou sur les revenus
dont elles auraient été redevables dans les conditions de droit commun au Sénégal,
si elles y avaient été domiciliées ou établies.
Sont considérés comme non coopératifs, les Etats et territoires qui ne se conforment
pas aux standards internationaux en matière de transparence et d'échange

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Avertissement : Ce document est exclusivement réservé à la formation en fiscalité dispensée par Dr. GNINGUE
d'informations dans le domaine fiscal, de manière à favoriser l'assistance
administrative nécessaire à l'application de la législation fiscale sénégalaise. La liste
desdits Etats est fixée par décision du Ministre chargé des finances.
Des liens de dépendance sont réputés exister entre deux entreprises :
a- lorsque l'une détient directement ou par personne interposée la majorité du
capital social de l'autre ou y exerce en fait le pouvoir de décision ;
b- lorsqu'elles sont placées l'une et l'autre, dans les conditions définies au a,
sous le contrôle d'une même entreprise.
En cas de défaut de réponse à la demande écrite formulée par l’administration sur
des informations concernant les modalités de fixation du prix des transactions
intragroupe ou en cas d'absence de production ou de production partielle de la
documentation détaillée que les entreprises sous dépendance étrangère doivent
tenir, les bases d'imposition concernées par la demande sont évaluées par
l'administration à partir des éléments dont elle dispose.
A défaut d'éléments précis pour opérer les rectifications, les produits imposables sont
déterminés par comparaison avec ceux des entreprises similaires exploitées
normalement.

Section 2 : Les charges déductibles


Les charges à déduire des produits bruts imposables doivent satisfaire à un certain
nombre de conditions, à savoir :
- être exposées dans l’intérêt de l’entreprise ou se rattacher à la gestion
normale de la société. Pour la détermination du résultat fiscal, cette
condition a pour effet d’interdire la prise en charge de dépenses ayant un
caractère somptuaire et ne se rattachant pas de ce fait à l’exploitation ou
celles ne procédant pas d’un acte normal de gestion commerciale ;
- correspondre à une charge effective et être appuyées de justifications
suffisantes. Ces justifications peuvent revêtir des formes diverses :
factures, livre de paie, mémoires …
- se traduire par une diminution de l’actif net ou être destinées à parer une
diminution de l’actif net. Les charges ne doivent avoir ni pour résultat
l’entrée d’un nouvel élément dans l’actif immobilisé, ni pour effet de
prolonger la durée probable d’utilisation d’un élément d’actif. Les dépenses
supportées à ce titre doivent être portées non pas parmi les frais généraux,
mais à un compte d’immobilisation et donner lieu, le cas échéant, à un
amortissement. Si une immobilisation a été comptabilisée à tort en frais
généraux, le prix d’acquisition doit être rapporté au résultat. S’il s’agit d’une
immobilisation amortissable, il est admis que l’entreprise retrouve le droit
de pratiquer un amortissement dans les conditions de droit commun dès la
régularisation de ses écritures comptables, par l’inscription à l’actif, de
l’élément considéré ;
- être comprises dans les charges de l’exercice au cours duquel elles ont été
engagées. Les charges doivent être rattachées au résultat de l’exercice au
cours duquel elles ont été engagées, dès lors qu’elles présentent le
caractère de dettes certaines dans leur principe et dans leur montant ;

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- être engagées pour la réalisation de produits imposables. Les charges
déductibles doivent concourir à la formation d’un produit soumis à l’impôt
sur les sociétés. Dans le cas contraire, elles ne sont pas acceptées en
déduction. Dans le cas où la comptabilité ne permettrait pas de dissocier
les charges à réintégrer, l’administration peut recourir à des méthodes de
ratios ou de clé de répartition pour les déterminer forfaitairement (quote-
part de 5% des produits bruts des dividendes d’une filiale par exemple …).
- ne pas être exclue du champ de déductibilité par une disposition expresse
de la loi.

Paragraphe I. Les frais généraux


Le point 1.a de l’article 9 du CGI pose le principe de la déductibilité des frais
généraux de toute nature, des dépenses de personnel, de main d’œuvre, du loyer
des immeubles dont la société est locataire. Toutefois, Le ministre chargé des
Finances peut prendre par arrêté, toutes dispositions en vue de limiter la déduction
des charges susvisées.
Les frais généraux sont des dépenses faites pour le bon fonctionnement de
l’exploitation (transport et services extérieurs dont le montant des déductions ne
connait de limite autre que les conditions générales de déductibilité des charges).
Paragraphe II- les versements au profit du personnel de l’entreprise
Les rémunérations directes ou indirectes, y compris les indemnités, avantages en
nature et remboursements de frais, sont admises en déduction des résultats, à
condition qu’elles correspondent à un travail effectif et ne soient pas excessives, eu
égard à l’importance du service rendu. Elles sont soumises à la retenue à la source
sur les salaires et traitements.
Il faut noter également que les jetons de présence (indemnités de fonction) attribués
à tous les administrateurs en tant que membres du conseil d’administration sont
déductibles pour la détermination de l’assiette de l’impôt. Ils sont néanmoins soumis
à la retenue à la source au titre des revenus de valeurs mobilières.
A. Les rémunérations des associés-gérants majoritaires
Les salaires versés aux actionnaires et administrateurs constituent des charges
déductibles dès lors qu’ils correspondent à un travail effectif et ne sont pas exagérés.

En ce qui concerne les sociétés à responsabilité limitée, les sociétés en commandite


simple, les rémunérations allouées aux associés-gérants majoritaires, aux associés-
gérants commandités et figurant dans les frais et charges sont admises en déduction
du bénéfice de la société pour l'établissement de l'impôt, à condition que ces
rémunérations correspondent à un travail effectif et ne soient pas exagérées. Ces
rémunérations sont soumises, au nom de ces derniers, dans la catégorie des
traitements et salaires.

B. Les loyers supportés au profit du personnel


En ce qui concerne les entreprises qui logent leur personnel dans des locaux pris en
location, un arrêté du ministre chargé des Finances fixait une limite de déductibilité
des loyers à 100 000 f par mois par pièce d’habitation principale sans pouvoir
excéder quatre (4) pièces principales.

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C. Les abondements et versements complémentaires
Les abondements ou versements complémentaires à l’occasion de l’émission et
l’achat de parts de fonds commun de placement d’entreprise sont déductibles à la
condition que ledit fonds soit établi au Sénégal et dans la limite de 10% du salaire du
bénéficiaire.

D. Les œuvres sociales


Le principe de la déductibilité des libéralités octroyées sous forme d’œuvres sociales
consenties au profit du personnel est désormais admis. Toutefois, la loi renvoie à
une décision du ministre chargé des Finances pour la définition de la liste et ses
limites de déduction.

E. Les frais d’assurance au profit du personnel


Sont déductibles, les primes d’assurance versées à des compagnies d’assurance
agréées et établies au Sénégal ou à la Caisse de Retraite par Répartition avec
Epargne de l’Union Monétaire Ouest Africain (CRRAE-UMOA) en vue de couvrir :
a) des indemnités légales de fin de carrière, de décès ou de départ à la retraite
acquises au cours de l’exercice. Toutefois, les primes d’assurances dues pour
couvrir les droits acquis antérieurement sont déductibles par fraction de 20%,
à compter du 1er janvier 2013 ;
b) des cotisations relatives aux pensions de retraite complémentaire supportées
au cours de l’exercice sous forme de rente et des cotisations relatives à la
retraite complémentaire supportées au cours de l’exercice sous forme de
capital, dans la mesure où elles n’excèdent pas 10 % du salaire du
bénéficiaire. Toutefois, dans cette option, l’assureur doit prélever un impôt
libératoire de 7,5 % sur le capital à verser aux assurés bénéficiant de dix ans
de cotisations au moins. Pour être déductibles, les cotisations ou primes
relatives aux indemnités légales de fin de carrière, de décès ou de départ à la
retraite et aux pensions de retraite complémentaire doivent bénéficier à
l’ensemble ou à une ou plusieurs catégories de personnel ;
c) des cotisations relatives à l’assurance-maladie supportées au profit du
personnel et versées au cours de l’exercice ;
Le montant des primes relatives aux pensions de retraite complémentaire et à
l’assurance-maladie ou l’assurance-décès ne peut excéder en cas de cumul, pour un
même employé 10% du salaire brut imposable du bénéficiaire.
En dehors de ces cas, les primes versées ne peuvent être considérées comme des
charges d’exploitation et ne sont donc déductibles que si les deux (2) conditions
suivantes sont remplies :
• le bénéficiaire doit être salarié de l’entreprise ;
• les primes versées doivent constituer un élément normal de la
rémunération de l’intéressé.
Il faut cependant noter que si le bénéficiaire d’une assurance n’est pas salarié de
l’entreprise, on est en présence d’une libéralité : la prime n’est pas acceptée en
déduction.

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Avertissement : Ce document est exclusivement réservé à la formation en fiscalité dispensée par Dr. GNINGUE
Paragraphe III- les libéralités au profit de personnes étrangères à
l’entreprise

A. Les dons
Dans le principe, les dons ne sont pas déductibles parce qu’ils ne constituent
pas des dépenses nécessitées par l’exercice de la profession, mais représentent
plutôt des libéralités.
Toutefois, l’article 9 du CGI, en son point 3, pose le principe de la déductibilité
des versements effectués au profit d’organismes, fondations, waqf ou associations
reconnus d’utilité publique par arrêté du Ministre chargé des finances. La déduction
de ces frais est cependant limitée à 0,5 du chiffre d’affaire de l’entreprise.
Les organismes agréés sont :
− Fondation Nationale d’Action Sociale du Sénégal (FNASS)
− Association Sénégalaise d’Assistance aux Lépreux (ASAL)
− Caritas Sénégal
− la Croix Rouge sénégalaise
− l’Union Nationale des Aveugles du Sénégal (UNAS)
− l’Association Sénégalaise pour les Nations Unies (ASNU)
− Fondation Marie Louise MIMRAN
− Fondation Servir le Sénégal

B. Les versements en cas de catastrophe


En cas de situation de catastrophe déclarée par l’autorité publique, les aides
consenties sous forme de versements opérés par les entreprises dans des comptes
ouverts au nom de l’Etat sont également déductibles en totalité, sous réserve que
soient jointes à la déclaration des résultats les pièces justificatives attestant de la
date et du montant de chaque versement.

Paragraphe IV-les charges fiscales


Sont déductibles les impôts à la charge de l’entreprise mis en recouvrement
au cours de l’exercice, à l’exception de l’impôt sur les sociétés, de l’impôt sur le
minimum forfaitaire sur les sociétés, de la taxe sur les excédents de provisions, de la
taxe spéciale sur les voitures particulières des personnes morales. Aussi, parce
qu’elle n’est pas à la charge de l’entreprise, la taxe sur la valeur ajoutée récupérable
ne fait pas partie des charges déductibles.
Le principe reste que sont déductibles tous les impôts professionnels qui sont
à la charge de l’entreprise, qu’il s’agisse d’impôts directs ou indirects dans la mesure
où ils trouvent leur source dans les opérations effectuées par l’entreprise. Il faut
rappeler que les dégrèvements se rapportant en tout ou partie à des impôts déjà
comptabilisés au titre d’un exercice clos doivent faire l’objet de réintégrations
extracomptables.

Paragraphe V- les sanctions pécuniaires


Les transactions, amendes, confiscations, pénalités de toute nature
notamment celles mises à la charge des contrevenants à la réglementation régissant
les prix, le contrôle des changes ainsi que l'assiette, la liquidation et le recouvrement

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Avertissement : Ce document est exclusivement réservé à la formation en fiscalité dispensée par Dr. GNINGUE
des impôts, contributions, taxes et tous droits d'entrée, de sortie, de circulation ou de
consommation, ne sont pas admises en déduction des bénéfices soumis à l'impôt.
Ne sont pas visées les sanctions commerciales conventionnelles (qu’elles
soient appelées amende, pénalité ou intérêts de retard) qu’un créancier applique à
son débiteur pour défaut de respect de clauses contractuelles.

Paragraphe VI- les charges financières


A. Le principe
Les charges financières sont les intérêts, agios, et autres frais supportés à
l’occasion de prêts, avances ou crédits consentis à l’entreprise. D’une manière
générale, ce sont les intérêts alloués aux capitaux investis dans l’entreprise.
Les charges financières sont, sauf exception, soumises à la retenue à la
source sur les revenus de créances, dépôts et cautionnements. Les charges
financières ne sont déductibles que si les sommes reçues sont utilisées pour les
besoins de l’entreprise.
B. Cas des intérêts versés en compte courant
Les intérêts servis aux actionnaires ou associés à raison des sommes qu’ils
laissent ou mettent directement, ou par personne interposée, à la disposition de la
société en sus de leur part de capital, quelle que soit la forme de la société, ne sont
déductibles que dans les conditions suivantes :
1. Restriction générale
Elle concerne toutes les sociétés et est relative au taux d’intérêt maximum
admis et au montant des sommes apportées.
Le taux maximum des intérêts est limité à trois (3) points au-dessus du taux
des avances de la BCEAO. Notons que chaque compte courant doit être considéré
isolément. Aucune compensation n’est possible entre un excédent d’intérêt constaté
pour un compte (taux supérieur au maximum admis) et une insuffisance d’intérêt
pour un autre compte (taux inférieur au maximum admis).
Le montant des sommes apportées ne peut excéder pour l’ensemble des
associés le montant du capital social de la société, cette limite n’étant toutefois pas
applicable aux sociétés à risque illimité non imposables à l’impôt sur les sociétés
ainsi qu’aux actionnaires ou associés des sociétés holdings éligible au régime mère-
filiale. Il s’agit d’un plafond global qui vaut pour le total des avances des associés et
non d’un plafond individuel qui serait applicable à chacun séparément.

2. Restriction relative aux sociétés par actions et aux sociétés à


responsabilité limitée
Les sociétés par actions et les sociétés à responsabilité limitée ne sauraient déduire
de leur résultat imposable, les intérêts qu’elles versent aux comptes courants
d’associés tant que le capital n’est pas intégralement libéré.
Paragraphe VII- les frais de siège
Pour les entreprises qui exercent leur activité au Sénégal et dont le siège social est
situé à l'étranger, une quote-part des frais de siège incombant aux dites entreprises
calculée, sous réserve des conventions internationales, au prorata du chiffre
d'affaires global de ces mêmes entreprises sans pouvoir excéder 20% du bénéfice
comptable réalisé au Sénégal avant déduction de la quote-part des frais de siège.

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Avertissement : Ce document est exclusivement réservé à la formation en fiscalité dispensée par Dr. GNINGUE
Sont concernés, les entreprises qui exercent leur activité au Sénégal et dont le siège
social se trouve à l’Etranger. C'est-à-dire les succursales de sociétés étrangères.
Paragraphe VIII- les dépenses d’étude et de prospection à l’étranger
Les dépenses d’études et de prospection exposées en vue de l’installation à
l’étranger d’un établissement de vente, d’un bureau de renseignements supportées
pour le fonctionnement dudit établissement ou bureau pendant les trois premiers
exercices, peuvent être admises en déduction pour la détermination du bénéfice net
imposable afférent à ces exercices.
Ces sommes déduites des bénéfices devront faire l’objet d’un relevé spécial détaillé,
annexé à la déclaration annuelle de résultat. Elles seront rapportées par fractions
égales aux bénéfices imposables des trois exercices consécutifs, à partir du
quatrième suivant celui de la création de l’établissement ou du bureau.
Paragraphe IX- Limitation de déduction de sommes versées dans un
régime fiscal privilégié
Les intérêts, arrérages et autres produits des obligations, créances, dépôts et
cautionnements, les redevances de cession ou concession de licences d'exploitation,
de brevets d'invention, de marques de fabrique, procédés ou formules de fabrication
et autres droits analogues ou les rémunérations de services, payés ou dus par une
personne physique ou morale domiciliée ou établie au Sénégal à des personnes
physiques ou morales qui sont domiciliées ou établies dans un Etat étranger ou un
territoire situé hors du Sénégal et y sont soumises à un régime fiscal privilégié, ou un
pays non coopératif, ne sont admis comme charges déductibles pour l'établissement
de l'impôt que si le débiteur apporte la preuve que les dépenses correspondent à des
opérations réelles et qu'elles ne présentent pas un caractère anormal ou exagéré.
Il en est de même pour tout versement effectué sur un compte tenu dans un
organisme financier établi dans un des Etats ou territoires non coopératifs ou à
fiscalité privilégiée. Les personnes sont considérées comme soumises à un régime
fiscal privilégié dans l'Etat ou le territoire considéré si elles n'y sont pas imposables
ou si elles y sont assujetties à des impôts sur les bénéfices ou les revenus dont le
montant est inférieur de plus de la moitié à celui de l'impôt sur les bénéfices ou sur
les revenus dont elles auraient été redevables dans les conditions de droit commun
au Sénégal, si elles y avaient été domiciliées ou établies.
Sont considérés comme non coopératifs, les Etats et territoires qui ne se conforment
pas aux standards internationaux en matière de transparence et d'échange
d'informations dans le domaine fiscal, de manière à favoriser l'assistance
administrative nécessaire à l'application de la législation fiscale sénégalaise. La liste
desdits Etats est fixée par décision du Ministre chargé des finances.

Paragraphe X- Les amortissements


L’amortissement constate la dépréciation d’un bien immobilisé par l’entreprise du fait
de son utilisation. Il n’est pas possible, toutefois, d’amortir un terrain, sauf le cas d’un
terrain de carrière.

A. Le mode linéaire : le principe


L’amortissement des biens d'équipement effectué par l'entreprise est déductible dans
les limites de ceux qui sont généralement admis d'après les usages de chaque

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Avertissement : Ce document est exclusivement réservé à la formation en fiscalité dispensée par Dr. GNINGUE
nature d'industrie, de commerce ou d'exploitation, y compris ceux qui ayant été
régulièrement comptabilisés en période déficitaire, sont réputés différés.

B. L’amortissement accéléré
Pourront toutefois faire l'objet d'un amortissement accéléré, les matériels et outillages
neufs remplissant à la fois la double condition :
a) d'être utilisés exclusivement pour les opérations industrielles de fabrication, de
manutention, de transport, de tourisme, de pêche, d'élevage et d'exploitation
agricole, ou de remplir une fonction anti-polluante, sous réserve dans ce dernier cas,
que l'équipement ait été agréé par le département ministériel compétent ;
b) d'être normalement utilisables pendant au moins cinq ans.
Pour ces matériels et outillages, le montant de la première annuité d'amortissement
calculé d'après leur durée d'utilisation normale pourra être doublé, cette durée étant
réduite d'une année.

C. L’amortissement dégressif
L'amortissement des biens d'équipement autres que les immeubles d'habitation, les
chantiers et les locaux servant à l'exercice de la profession, acquis ou fabriqués
depuis le 1er janvier 1987 par les entreprises industrielles peut être calculé suivant
un système d'amortissement dégressif. Le taux applicable pour le calcul de
l'amortissement dégressif est obtenu en multipliant le taux d'amortissement linéaire
correspondant à la durée normale d'utilisation du bien par un coefficient fixé à 2
lorsque la durée normale d'utilisation est de cinq ans et à 2,5 lorsque cette durée est
supérieure à cinq ans.
A la clôture de chaque exercice, le total des amortissements dégressifs pratiqués
depuis l'acquisition ou la fabrication des biens d'équipement ne peut être inférieur au
montant cumulé des amortissements opérés suivant le mode linéaire et répartis sur
la durée normale d'utilisation. Le non-respect de cette obligation entraîne pour le
contribuable la perte du droit de déduire la fraction des amortissements qui a été
ainsi différée.

D. L’amortissement de biens pris en crédit-bail


Les biens d’équipement amortissables s’entendent de ceux acquis par l’entreprise,
ainsi que de ceux loués par celle-ci dans le cadre d’un contrat de crédit-bail et
inscrits à l’actif du bilan. Toutefois, chez le crédit bailleur, les amortissements relatifs
aux biens donnés en crédit-bail ne sont pas admis en déduction des bénéfices
soumis à l’impôt.

E. Les amortissements dans le cadre de partenariat public-privé


Sont également imputés du résultat imposable les amortissements relatifs à
l’exécution d’une convention de partenariat public-privé calculés selon les conditions
suivantes :
a) dans le cadre d’une telle convention, le concessionnaire peut, en
compensation de la remise gratuite des biens au concédant en fin de contrat,
pratiquer sur les investissements en actifs immobilisés qu’il a réalisés, un
amortissement de caducité déductible du résultat et compris, le cas échéant,
dans les amortissements réputés différés.

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Avertissement : Ce document est exclusivement réservé à la formation en fiscalité dispensée par Dr. GNINGUE
b) la constitution de l’amortissement de caducité est faite selon les méthodes
suivantes :
- linéaire sur la durée de la concession ou ;
- progressive sur la durée de la concession, en fonction de l’évolution
prévisionnelle de l’activité (mesurée par les recettes ou par les excédents
bruts d’exploitation).
Relativement à la subvention d’investissement versée par le concédant, le
concessionnaire opère une reprise en déduction de l’amortissement de caducité. Le
montant à doter en amortissement de caducité est alors égal à la valeur de
l’immobilisation, déduction faite de la subvention.
c) Les dotations aux amortissements constituées durant la phase d’exonération
au titre d’exercices dont le résultat fiscal est déficitaire sont réputées différées.

Paragraphe XI- les provisions


A. Les conditions générales de déductibilité des provisions
La provision est une déduction destinée à faire face soit à une dépréciation
d’un élément d’actif, soit à une charge. Il doit s’agir d’une dépréciation ou charge
précise quant à son objet, incertaine mais probable quant à sa réalisation.
Il ressort, en effet, des dispositions de l’article 11 du CGI que sont déductibles
« Les provisions constituées en vue de faire face à des pertes ou charges nettement
précisées et que les événements en cours rendent probables, à condition qu’elles
aient été effectivement constatées dans les écritures de l'exercice et figurent au
relevé des provisions. »
Les provisions ont pour objet de couvrir des pertes ou charges futures, mais
ayant leur origine dans l’exercice. En ce qui les concerne, une certitude existe sur un
seul point, à savoir l’élément d’actif auquel s’applique la provision.
Il y a incertitude quant à la réalisation effective et au montant exact de la
perte. Cette dernière doit cependant être probable. La déduction ainsi autorisée n’est
que provisoire et sera ultérieurement rapportée au résultat si la perte ou la charge
envisagée ne se réalise pas.
1- Les Conditions de Fond
Il faut que la provision ait un objet nettement précisé. Il faut qu’il y ait
individualisation précise de l’élément d’actif objet de la perte probable ou de la nature
de la charge à prévoir. N’est pas déductible à ce titre, la provision pour créance
douteuse calculée en appliquant un abattement ou un pourcentage forfaitaire au
montant des créances à recouvrer.
Il faut que les pertes ou charges soient probables et non purement
éventuelles. L’éventualité d’une perte ou d’une charge résulte d’un simple risque
d’ordre général, alors que sa probabilité est établie par des circonstances précises,
particulières. Aucune créance de l’entreprise ne donne de crainte en particulier, mais
un risque général existe sur l’ensemble des créances. Une ou plusieurs d’entre elles
peuvent devenir irrécouvrables. On est en présence d’une perte éventuelle : pas de
provisions possibles.
Par contre, si un débiteur montre des signes notoires de défaillance (société en
liquidation, procédures judiciaires …), la perte est probable et il est possible de
passer une provision.

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Avertissement : Ce document est exclusivement réservé à la formation en fiscalité dispensée par Dr. GNINGUE
Les pertes ou charges doivent trouver leur origine dans l’exercice en cours.
C’est le principe de la séparation des exercices comptables qui sert de fondement à
la constitution de provisions. Il faut rattacher à un exercice toutes les charges qui
trouvent leur source, notamment celles que les évènements en cours rendent
probables. La probabilité de la perte ou de la charge doit résulter des évènements en
cours à la clôture de l’exercice. Une provision motivée par un évènement ayant eu
naissance après la clôture de l’exercice sera par conséquent rejetée. C’est l’exercice
suivant qui devra supporter la charge.
Les pertes ou charges provisionnées doivent être déductibles. On ne peut
déduire par le biais d’une provision, une somme qui ne correspondrait pas à une
perte ou charge déductible si l’évènement envisagé se réalisait (provision pour impôt
sur les sociétés, provision pour amende et pénalité par exemple).
2- Les Conditions de Forme
Pour être déductible, une provision doit être constatée effectivement dans les
écritures comptables et figurer sur le relevé des provisions qui doit être joint à la
déclaration des résultats.
3 – Surveillance de l’Affectation définitive de la Provision
La provision est une déduction motivée par une perte ou charge dont la
réalisation n’est pas certaine et dont le montant n’est qu’estimé. Elle n’a donc qu’un
caractère provisoire et doit être par conséquent surveillée.

a- La Perte ou Charge se réalise pour un montant supérieur à la


Provision
La déduction devient définitive par la passation de la charge définitive et il est
ajouté un supplément de déduction égal à la différence entre le montant effectif de la
perte ou charge et celui de la provision initialement comptabilisée.
b- La provision reçoit un emploi non conforme ou devient sans objet
Les provisions qui, en tout ou en partie reçoivent un emploi non conforme à
leur destination ou deviennent sans objet au cours d'un exercice ultérieur sont
rapportées aux recettes dudit exercice, sauf disposition réglementaire contraire. On
acquiert la certitude que la perte ou charge ne se réalise pas ou ne se réalise que
partiellement (la créance douteuse est recouvrée en totalité ou en partie par
exemple).
Dans ce cas, l’entreprise doit réintégrer la provision, en totalité ou en partie,
dans les bénéfices de l’exercice au cours duquel elle est devenue sans objet. Dans
le cas contraire, l’Administration peut procéder à cette réintégration même si
l’exercice en cause est atteint par la prescription (la provision est alors rattachée au
bénéfice du plus ancien exercice non prescrit).
4 – Les Provisions Irrégulièrement Constatée
Lorsqu’elle ne répond pas aux conditions requises, la provision doit être
réintégrée par voir extra comptable dans le résultat fiscal de l’exercice au cours
duquel elle a été passée en comptabilité.
En conséquence de la réintégration des provisions non déductibles,
l’entreprise doit également déduire par voie extra comptable les provisions qui

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Avertissement : Ce document est exclusivement réservé à la formation en fiscalité dispensée par Dr. GNINGUE
viendraient à être réintégrées dans les résultats comptables. Au point de vue fiscal,
les provisions non déductibles sont considérées comme n’ayant jamais existé.
5– Cas particulier des provisions pour congés payés
Au regard des dispositions fiscales, l’indemnité de congés payés constitue une
charge normale de l’exercice au cours duquel le salarié prend le congé
correspondant.
Les dispositions de l’article 11 du CGI précisent en effet que les provisions pour
congés payés ne sont déductibles qu’au titre de l’exercice de leur paiement effectif.
Les entreprises doivent par conséquent réintégrer de manière extra comptable la
dotation au compte de provision pour congés payés.
B. Les provisions règlementées
Sont également admises en déduction :
1. La provision constituée par les banques, les systèmes financiers
décentralisés et les établissements financiers
2. Les provisions techniques constituées par les compagnies d’assurance
3. Les provisions pour grosses réparations pour les entreprises de
navigation maritime agréées
4. Les provisions constituées par le concessionnaire d’une convention de
partenariat public-privé
Section 4 : la détermination du montant de l’IS à acquitter
Paragraphe I- L’aide fiscal à l’investissement suite à une réévaluation de bilan
Les personnes physiques ou morales qui ont procédé à la réévaluation légale de leur
bilan, telle que prévue pour la détermination de leur plus-value, bénéficient d’une
aide fiscale déductible de leur résultat imposable égale à 15 % des investissements
nets réalisés dans les cinq années, à compter du 1er janvier de l’année suivant celle
de la réévaluation.
Ouvrent droit à cette déduction, les immobilisations corporelles créées ou acquises
en l'état neuf, amortissables, à l'exception des véhicules de tourisme et des
constructions à usage d'habitation.
Par conséquent, ces exclusions ne s'appliquent pas :
- aux véhicules destinés à l'exploitation des entreprises de transport et de
location de voitures ;
- aux constructions d'immeubles à usage touristique.
La déduction est égale à 15 % de l'excédent de l'investissement sans pouvoir
dépasser le montant de la provision spéciale de réévaluation. Elle s'opère sur les
résultats de l'exercice au cours duquel les investissements ont été réalisés.
L'investissement net est constitué par la différence entre la valeur des
immobilisations amortissables figurant au bilan d'ouverture et la valeur des
immobilisations de même nature figurant au bilan de clôture de chaque exercice.
Paragraphe II- Les incitations fiscales
La loi n° 2012-32 du 31 décembre 2012 modifiant diverses dispositions
législatives relatives aux régimes fiscaux particuliers a parachevé le processus

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de rassemblement de toutes les dispositions de fiscalité intérieure dans le CGI.
Celui-ci est désormais le siège unique de toutes les dispositions à caractère fiscal
ayant un impact sur les règles de liquidation des impôts dont il prévoit la perception.
La législation fiscale comprendrait ainsi directement dans ses dispositions un « droit
commun incitatif » né d’un travail de consolidation et de réaménagement du dispositif
fiscal incitatif ayant abouti à la transposition de l’ensemble des dispositions de
fiscalité intérieure relative aux régimes fiscaux particuliers dans le nouveau CGI.
C’est ainsi que des régimes d’incitation fiscale qui étaient contenus dans des lois
telles que celle portant Code des investissements, Statut de l’entreprise franche
d’exportation ou encore Code minier ont été réaménagés et systématiquement
insérés dans le CGI.
C’est ce qui a donné lieu, pour le cas d’entreprises soumises à l’IS, à l’apparition de
nouvelles dispositions relatives au crédit d’impôt pour investissement et à la
réduction d’impôt pour exportation.

A. Le crédit d’impôt pour investissement


1. Les personnes éligibles
Sont éligibles, les entreprises qui réalisent des investissements d’un montant d’au
moins cent (100) millions de francs, peuvent bénéficier d’une réduction du montant
de l’impôt dont elles sont redevables. Pour donner droit au crédit d’impôt, les
investissements doivent avoir pour objet la création ou l’extension d'établissements.
L’entreprise nouvelle est toute entité économique nouvellement créée et en phase de
réalisation d’investissements, en vue du démarrage de ses activités. L’extension
s’entend de tout programme d’investissement agréé, initié par une entreprise
existante et qui engendre :
- un accroissement d’au moins 50 % de la capacité de production ou de la
valeur d’acquisition des actifs immobilisés ;
- ou un investissement en matériels de production d’au moins 100 millions
FCFA.
Pour les petites et moyennes entreprises (PME), ce montant est ramené à quinze
(15) millions à la condition que l’entreprise investisse dans un des secteurs
spécifiques visés pour les PME. Est considérée comme PME, toute entreprise
productrice de biens et services qui, au niveau consolidé, remplit cumulativement, les
conditions suivantes :
- chiffre d’affaires inférieur à 250 millions ;
- nombre d’emplois permanents compris entre trois et cinquante ;
- tenir une comptabilité conforme au système comptable ouest africain
(SYSCOA).
Sous réserve de justifications, toute personne qui satisfait aux conditions requises
peut, dans l’année qui suit la réalisation d’un programme d’investissement, faire
valoir son droit au bénéfice du crédit d’impôt pour investissement.

2. Nature de l’activité éligible


Les investissements doivent avoir pour objet la création ou l’extension
d'établissements doit s’effectuer dans un ou plusieurs des secteurs d’activités
suivants :

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- agriculture, pêche, élevage et activités de stockage de produits d’origine
végétale, animale ou halieutique ;
- activités manufacturières de production ou de transformation, extraction ou
transformation de substances minérales, pétrolières … ;
- tourisme, aménagements et industries touristiques, hôtellerie, parcs
industriels, éducation, santé, télé-services, montage et maintenance
d’équipements industriels, transport, réalisations d’infrastructures portuaires,
aéroportuaires, ferroviaires …
Dans tous les cas, les reventes en l’état sont exclues du bénéfice de ce régime.
Pour les PME, lorsque le montant de l’éligibilité est ramené à quinze (15) millions,
l’investissement doit être réalisé dans un ou plusieurs des secteurs ci-après :
- secteur primaire et activités connexes : agriculture, pêche, élevage et activités
de stockage, de conditionnement et de transformation des produits locaux
d’origine végétale, animale ou halieutique, industrie agro-alimentaire ;
- secteurs sociaux : santé, éducation, formation ;
- services : montage, maintenance d’équipements industriels et télé services.

3. Formes de l’investissement
Les investissements doivent, en outre, revêtir une des formes suivantes :
- acquisition de terrains à usage professionnel ;
- acquisition de biens mobiliers neufs à usage professionnel ;
- acquisition de matériels neufs ;
- acquisition de biens immatériels.
4. Détermination du crédit d’impôt imputable
- Pour l’entreprise nouvelle, le montant des déductions autorisées est fixé à
40 % du montant des investissements. Il est cependant plafonné à 50 % du
bénéfice imposable.
- Concernant l’investissement relatif à l’extension, le montant des
déductions autorisées est fixé à 30 % du montant des investissements
plafonné à 50 % du bénéfice imposable.
- Le plafond de déduction est porté à 70 % du bénéfice imposable, si
l’entreprise nouvelle ou en extension est implantée dans une région
autre que Dakar.
Dans tous les cas, la déduction du crédit d’impôt peut s’étaler sur cinq (5) exercices
fiscaux successifs à compter de l’année suivant la clôture du programme
d’investissements.
Toutefois, pour les entreprises qui réalisent un investissement d’un montant
excédant 250 milliards, la durée est portée à dix (10) exercices. Le reliquat du
crédit d’impôt qui n’a pu être imputé durant la période devient caduc.
B. La réduction d’impôt pour exportation
Toute entreprise qui exporte au moins 80% de son chiffre d’affaires est autorisée à
déduire 50% de son bénéfice imposable pour le calcul de l’impôt. L’entreprise doit,
pour bénéficier de la réduction, justifier de l’exportation effective et du rapatriement
des devises.

116
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Les exportations indirectes sont exclues dans la détermination du chiffre d’affaires.
Les entreprises minières et pétrolières sont exclues du bénéfice de cette réduction.
C. L’imputation des déficits antérieurs
En cas de déficit subi pendant un exercice, ce déficit est déduit du bénéfice réalisé
pendant l'exercice suivant. Si ce bénéfice n'est pas suffisant pour que la déduction
puisse être intégralement opérée, l'excédent du déficit est reporté successivement
sur les exercices suivants, jusqu'au 3ème exercice qui suit l'exercice déficitaire.
Toutefois, cette limitation du délai de report ne s'applique pas aux amortissements
comptabilisés en période déficitaire. On dit alors que la limitation du report dans le
temps ne s’applique qu’aux déficits dits ordinaires.
Le caractère bénéficiaire ou déficitaire d'un exercice doit s'apprécier par référence au
résultat comptable qui est :
- augmenté des réintégrations extracomptables et ;
- diminué des déductions extracomptables, non compris les déficits des
exercices antérieurs.
Quant au résultat fiscal de l’exercice, il est déterminé de la manière suivante :
- réintégration des amortissements de l'exercice déjà comptabilisés lorsque
l'exercice est déficitaire;
- déduction des déficits ordinaires des exercices antérieurs, puis des
amortissements réputés différés des exercices antérieurs lorsque l'exercice
est bénéficiaire.
Paragraphe III- La liquidation du montant de l’IS dû
Le taux de l’impôt sur les sociétés est fixé à 30 % du bénéfice imposable. Toute
fraction du bénéfice imposable inférieure à mille francs est négligée. Il est applicable
sur le résultat de l’exercice clos au 31 décembre 2012.
Le bénéfice imposable des contribuables relevant du régime du réel simplifié est
déterminé dans les mêmes conditions que celles prévues pour les entreprises
soumises au régime du bénéfice réel normal.
Toutefois, les personnes morales ayant adhéré à un centre de gestion bénéficient
d’un abattement de 15 % sur le bénéfice taxable à l’impôt sur les sociétés.

117
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ANNEXE I : LES OBLIGATIONS DECLARATIVES
(ARTICLES 30-33 CGI)

Les sociétés et personnes morales passibles de l’impôt sur les sociétés sont tenues
de déclarer le montant de leur bénéfice imposable ou de leur déficit de l’année
précédente au plus tard le 30 avril de chaque année. En même temps que leur
déclaration de revenus, les contribuables ci-dessus désignés, sont tenus de fournir,
en fonction de leur cadre comptable, cinq exemplaires des états et documents
énumérés ci-dessous, sous peine des sanctions prévues à l'article 667 du Code
général des Impôts. Les entreprises et organismes relevant du cadre comptable
dénommé SYSCOA doivent joindre les documents comptables visés par les articles
8 et 12 du Règlement relatif au droit comptable dans les Etats de l’UEMOA, sous les
réserves prévues aux articles 11 et 13 dudit Règlement, à savoir :
- le bilan ;
- le compte de résultat ;
- le tableau financier des ressources et des emplois (TAFIRE) ;
- l'état annexé ;
- l'état supplémentaire.
Les sociétés d'assurance ou de réassurance, de capitalisation ou d'épargne doivent
remettre en plus des états comptables visés à l'article 422 du Traité de la Conférence
interafricaine des marchés d'assurance (CIMA), un double du compte rendu détaillé
et des tableaux annexés par elles, fournis au ministre chargé des Finances. Les
banques et les établissements financiers, quant à eux, sont tenus de produire les
documents comptables ci-après :
- le bilan ;
- le hors bilan ;
- le compte de résultat ;
- la fiche annuelle de renseignements affectation du résultat ;
- l'annexe.
Ils remettent, en outre, une copie des états annuels sur l'exploitation bancaire
déposés à l'institut d'émission.
Les contribuables ci-dessus visés doivent produire, par ailleurs, un relevé de leurs
amortissements et des provisions constituées par prélèvement sur les bénéfices
avec l'indication précise de l'objet de ces amortissements et provisions ainsi qu'un
relevé détaillé des frais généraux.
Les entreprises dont le siège social est situé hors du Sénégal remettent en plus des
documents sus visés un exemplaire de leur bilan général.
Les sociétés qui se livrent à la vente en gros ou en demi-gros de produits fabriqués
par elles-mêmes, de produits ou marchandises achetés ou importés, sont tenues de
fournir, avant le 30 avril de chaque année, la liste nominative de leurs clients, avec
indication de leur numéro d'identification national des entreprises et associations
(NINEA), leurs adresses, ainsi que le montant du chiffre d'affaires réalisé avec
chacun d'eux au cours de l'année civile précédente. Cette obligation ne s'applique
pas aux ventes au détail, aux ventes faites aux particuliers pour les besoins normaux
de leur consommation privée, et aux ventes d'un montant annuel inférieur à 1 000
000 F par client.

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ANNEXE II : L’IMPOT MINIMUM FORFAITAIRE SUR LES SOCIETES
(ARTICLES 38-40 CGI)

1. Les personnes redevables de l’IMF


L'impôt minimum forfaitaire frappe les sociétés et les personnes morales passibles
de l'impôt sur les sociétés.
Il est dû par toutes les sociétés ou personnes morales déficitaires ou dont le résultat
fiscal ne permet pas de générer un impôt sur les sociétés supérieur au montant
déterminé par le tarif ci-dessous.
2. Les personnes redevables de l’IMF
Sont exonérées de l'impôt minimum forfaitaire :
les entreprises ayant commencé leurs premières opérations dans le courant
de l'année précédant celle de l'imposition et les sociétés ayant clos leur
premier bilan au cours ou à la fin de ladite année, à la condition, dans ce cas,
que l'exercice ne soit pas d'une durée supérieure à douze mois ;
les entreprises ayant pour objet exclusif l'édition, l'impression ou la vente de
feuilles périodiques ;
les entreprises ayant cessé toute activité professionnelle antérieurement au 1er
janvier de l'année d'imposition et non assujetties à la contribution des patentes
dans les rôles de l'année en cours ;
les titulaires de permis d’exploitation ou de concession minière ou pétrolière,
pendant une période de trois (03) ans, à compter de la date de délivrance du
titre d’exploitation.
3. Tarif de l’IMF
L'impôt minimum forfaitaire est dû sur le chiffre d’affaires hors taxes réalisé l'année
précédant celle de l'imposition, à raison de 0,5 %.
En aucun cas, le montant dû ne peut ni être inférieur à 500.000 francs ni être
supérieur à 5.000.000.

119
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ANNEXE III : LES ACOMPTES PROVISIONNELS
(ARTICLES 213-219 CGI)

L’impôt sur les sociétés (IS) et l’impôt sur le revenu (IR) donnent lieu chaque année,
au versement d’acomptes, à imputer sur l’impôt dû au titre de ladite année sur les
revenus de l’année précédente.
Toutefois, les salariés et les titulaires de revenus relevant du régime de la retenue à
la source sont dispensés du versement d’acomptes provisionnels, s’ils ne disposent
que de revenus ayant subi une retenue à la source.
Dates d’exigibilité des acomptes
Les acomptes qui sont au nombre de deux sont exigibles :
- pour le 1er acompte, dans les 15 premiers jours du mois de février de
chaque année ;
- pour le 2ème acompte, au plus tard le 30 avril de chaque année.

En ce qui concerne les sociétés, le solde de l’IS calculé d’après les résultats déclarés
doit être acquitté spontanément le 15 juin au plus tard.
Mode de calcul des acomptes
Chaque acompte est égal au tiers de l’impôt dû sur les résultats du dernier exercice
imposé au titre de l’année précédente.
En cas d’exercice d’une durée inférieure ou supérieure à un an, les acomptes sont
calculés sur la base des bénéfices rapportés à une période de douze mois et versés
respectivement aux dates ci-dessus.
Le montant des acomptes est arrondi à la centaine de francs inférieure. Toute
somme inférieure à 50 francs sera rapportée au montant suivant exigible, ou
négligée s’il s’agit du dernier acompte.
Exemple :
Le résultat du dernier exercice imposé en 2008 est celui de l’année 2007. Si l’IS dû
sur ce résultat est de 3.000.000 francs, alors les acomptes provisionnels sur les
résultats de l’exercice 2008 à payer en 2009 sont les suivants :
- au 15 février 2009 : 1 000 000 (3 000 000/3) ;
- au 30 avril 2009 : 1 000 000.
Et pour les sociétés, le solde à verser au 15 juin 2009, est égal à la différence entre
l’IS effectivement dû sur les résultats de 2008 et les 2 000 000 d’acomptes versés.
Pour les sociétés et personnes morales passibles de l’IS, le premier acompte ne peut
être inférieur au montant de l’IMF. Sauf pour les sociétés exonérées de cet impôt, le
premier acompte se confond avec l’IMF.
Le 2ème acompte est, selon le cas, égal :
- au tiers de l’impôt dû au titre de l’année précédente, si le premier acompte
était lui-même égal ou supérieur au montant de l’IMF ;

Aucun acompte n’est dû lorsque le premier acompte est inférieur à l’IMF.


Modalités de versement des acomptes
Les contribuables reçoivent des avis d’appel nominatif par échéance. Toutefois, si un
contribuable ne reçoit pas cet avis d’appel, il est tenu de calculer lui-même, chaque
acompte et de le verser spontanément.
Le contribuable qui estime que le montant de l’acompte déjà versé au titre d’un
exercice est égal ou supérieur à la cotisation dont il sera finalement redevable pour
cet exercice, peut se dispenser d’effectuer le versement du deuxième acompte, en

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remettant au comptable public chargé du recouvrement, au plus tard le 30 avril, une
lettre datée et signée.
Si l’imposition mise en recouvrement par voie de rôle est inférieure au total des
acomptes versés par le contribuable au titre de la même année, l’excédent versé est
imputé sur les exercices suivants ou remboursé si le redevable cesse son activité ou
quitte le Sénégal, ou si l’exploitation est restée déficitaire pendant deux exercices
consécutifs d’au moins douze mois. Cet excédent peut également, à la demande du
contribuable, être utilisé pour le paiement de tout autre impôt direct ou taxes
assimilées dont il est par ailleurs redevable.
En ce qui concerne les redevables de l’IMF, la fraction du premier acompte
correspondant au montant de cet impôt demeure acquise au Trésor.

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ANNEXE IV : LA TAXE SUR LES EXCEDENTS DE PROVISIONS TECHNIQUES
(Articles 41 à 46 CGI)

Il est institué, au profit du budget de l’Etat, une taxe applicable aux excédents de
provisions techniques réintégrées aux résultats imposables des exercices soumis à
l’impôt sur les sociétés à compter du premier janvier 2013.

I. Personnes imposable
Sont soumises à la taxe sur les excédents de provisions techniques les entreprises
d’assurance de dommages de toute nature normalement passibles de l’impôt sur les
sociétés, lorsqu’elles rapportent au résultat imposable d’un exercice l’excédent des
provisions constituées pour faire face au règlement des sinistres advenus au cours
d’un exercice antérieur. La taxe représente l’intérêt correspondant l’avantage de
trésorerie ainsi obtenu.

II. Assiette
La taxe est assise sur le montant de l’impôt sur les sociétés qui aurait dû être
acquitté l’année de la constitution des provisions en l’absence d’excédent.
Pour le calcul de la taxe, les excédents des provisions réintégrées sont diminués :
d’une part, d’une franchise égale, pour chaque excèdent, à 5 % du montant de
celui-ci et des règlements de sinistres effectués au cours de l’exercice par
prélèvement sur la provision correspondante ;
d’autre part, des dotations complémentaires constituées à la clôture du même
exercice en vue de faire face à l’aggravation du coût estimé des sinistres
advenus au cours d’autres exercices antérieurs.
Chaque excédent de provision, après application de la franchise, et chaque dotation
complémentaire sont rattachés à l’exercice au cours duquel la provision initiale a été
constituée.
La taxe concerne les opérations d’assurances classées dans les neuf premières
catégories prévues à l’article 411 du Code des assurances de la Conférence
Interafricaine des Marchés d’Assurance (CIMA).

III. Taux
La taxe est calculée au taux de 0,33 % par mois écoulé entre la clôture de l’exercice
au titre duquel la provision initiale ou la dotation complémentaire a été constituée et
la clôture de l’exercice au titre duquel l’excèdent de provisions a été réintégré.
Toutefois, il est fait abstraction du nombre de mois correspondant à des exercices au
titre desquels il n’était pas dû d’impôt sur les sociétés. L’impôt dû s’entend de celui
calcul avant imputation des crédits d’impôt.
Dans le cas où le montant des provisions constituées pour faire face aux sinistres
d’un exercice déterminé a été augmenté à la clôture d’un exercice ultérieur, les
sommes réintégrées sont réputées provenir par priorité de la dotation la plus
récemment pratiquée.

IV. Obligations déclaratives


Les personnes imposables doivent joindre à leur déclaration de résultat et à leur
bilan un état spécial, établi sur papier libre, des provisions techniques faisant, le cas

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échéant, ressortir les excédents et la taxe due conformément aux dispositions des
articles 42 et 43.
La taxe est acquittée dans les quatre mois de la clôture de l'exercice. Elle est
liquidée, déclarée et recouvrée comme en matière de taxes sur le chiffre d'affaires et
sous les mêmes garanties et sanctions.

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EXAMEN POUR L’OBTENTION DU DIPLOME
SUPERIEUR DE COMPTABILITE (DSC) 2016
Certificat juridique
Epreuve de Fiscalité
Avertissements :
• L’épreuve comprend quatre (4) parties indépendantes ainsi présentées :
- Questions théoriques
- Fiscalité directe
- Fiscalité indirecte
- Droits d’enregistrement et assimilés
• Le candidat traite les quatre (4) parties séparément.
• Il est tenu compte de la présentation.
• Matériel autorisé : calculatrice autonome.

I- QUESTIONS THEORIQUES (2 points)


1. Quels sont les avantages fiscaux du régime des sociétés-holdings ?

2. Quelles sont les conditions de forme de déductibilité de la taxe sur les activités
financières supportées par un assujetti de la TVA ?

3. Donnez la différence entre une condition résolutoire et une condition


suspensive.

II – FISCALITE DIRECTE (6 points)


Sujet : Traiter le cas pratique ci-dessous.
Madame Astou FALL est une notaire de 55 ans au NINEA 0656552 2C1. Elle est
divorcée et mère de trois enfants qui poursuivent leurs études : Maguette SARR, Mor
SARR et Eva SARR âgés respectivement de 17 ans, 23 ans et 26 ans. Madame FALL
assure également la garde des (trois) 3 enfants mineurs de sa sœur Penda, qui vit en
Espagne depuis janvier 2015 même s’il n’y a pas encore d’acte judiciaire de
reconnaissance du droit de garde sur ces enfants.
Mme Fall dispose de ressources de plusieurs origines et éprouve des difficultés pour
déterminer les montants d’impôts sur les revenus dus sur ses différentes activités au
titre de l’exercice 2015.
Elle vous expose les éléments ci-après :
1- Elle est héritière unique d’un petit hôtel de 10 chambres situé à Mbour qu’elle
gère dans le cadre d’une entreprise individuelle. Les produits de l’entreprise
sont de 97.000.000 alors que les charges représentent un montant de
99.000.000 dont la rémunération de Mme. FALL elle-même, en sa qualité de
co-gérante de l’hôtel, d’un montant de 12.000.000 annuel. L’entreprise
n’opère pas de retenue sur les rémunérations de Mme. FALL ;

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2- Elle détient 55% des parts de la société civile professionnelle (SCP) FALL &
CISSE qui avait opté pour l’imposition à l’Impôt sur les sociétés (IS) en 2014.
L’autre associé Maitre CISSE détient 45% des parts sociales et n’est pas
salarié de la société. Il est à noter que la SCP, qui a un capital de 60.000.000,
n’a pas renouvelé son option pour l’imposition à l’IS pour l’exercice 2015 et
son résultat comptable est de 106.000.000.

Figurent dans les charges comptables de la SCP, le salaire de Mme FALL pour
un montant de 36.000.000, ainsi que les dotations aux amortissements d’un
véhicule de 26 CV d’une valeur de 52.000.000 (amortissable sur cinq ans) mis
à la disposition de la notaire.

Mme FALL a eu droit à des remboursements de frais de mission, sur la base


de justificatifs, d’un montant de 6.000.000 en sus du salaire de 36.000.000.

Elle a perçu des intérêts de 7.000.000 de la SCP pour une mise à disposition
d’un montant 70.000.000 rémunérée à un taux d’intérêt de 10% l’an. Le taux
des avances de l'Institut d'émission est de 4,25 %.

3- La SCP lui a versé également 18.000.000 au titre des parts qu’elle y détient
sur le bénéfice réalisé en 2014.

4- Mme FALL détient 80% de la société civile immobilière FALLENE (SCI


FALLENE) qui exploite ses 4 immeubles loués nus situés à Dakar. Les états
financiers de la SCI affichent des produits encaissés de 70.000.000, des frais
de gérance 3.000.000 versés à son frère DIOMAYE gérant de la SCI et des
contributions foncières acquittées de 2.600.000 ;
5- Mme FALL verse une rente viagère annuelle de 6.000.000 à sa mère qui est
malade. Les justificatifs de ces versements vous sont présentés.

Travail à faire :

1. En justifiant brièvement les solutions retenues, déterminez les impôts dus sur ces
revenus (Impôt sur les sociétés ou Impôt sur le revenu), ainsi que la nature et les
montants des retenues d’impôt supportées par Mme FALL.

2. Déterminer le montant de l’impôt restant dû par Mme FALL sur l’ensemble de ses
revenus en tenant compte s’il y a lieu des retenues qu’elle a supportées.

125
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Barème progressif Réduction d’impôt pour charge de famille
Nombre
Tranches Taux Résultat Taux Minimum Maximum
de parts
0 - 630 000 0% 1 0% 0 0
630 001 - 1 500 000 20% 174.000 1,5 10% 100 000 300 000
1 500 001 - 4 000 000 30% 750.000 2 15% 200 000 650 000
4 000 001 - 8 000 000 35% 1.400.000 2,5 20% 300 000 1 100 000
8 000 001 -13 500 000 37% 2.035.000 3 25% 400 000 1 650 000
+ de 13 500 001 40% 3,5 30% 500 000 2 030 000
4 35% 600 000 2 490 000
4,5 40% 700 000 2 755 000
5 45% 800 000 3 180 000

III – FISCALITE INDIRECTE (6 points)


Sujet : Traiter le cas pratique ci-dessous.
La SA «TOKONDAMA PRODUCT » immatriculée sous le NINEA 9361524 2Y3 est
une société industrielle, domicilié au Centre des services fiscaux de Ngor-Almadies,
disposant de deux départements : l’un s’occupant de la revente en l’état de
marchandises et de produits divers et l’autre de la production de café.
Cette société qui a enregistré les opérations ci-après au cours du mois de juin 2016
éprouve des difficultés pour établir ses déclarations mensuelles de taxes indirectes et
fait appel à votre expertise pour être en règle vis-à-vis de l’Administration fiscale :
1. Vente de blé à titre de vivre de soudure à l’Etat pour un montant de
250.000.000. Ce produit est acheté le même mois auprès des paysans de la zone
des Niayes pour un montant de 200.000.000 ;
2. Echange d’une partie du café produit estimée à 5.000.000 avec un prestataire
allemand basé à Londres (Angleterre) qui a procédé à la réparation d’une machine
de «TOKONDAMA PRODUCT ». Coût estimé des réparations : 4.500.000. Le
Sénégal n’a pas signé de convention de non double imposition avec l’Angleterre ;
3. Réception de la facture de la SONATEL une entreprise concessionnaire de service
public dans le domaine des télécommunications au titre de la consommation du siège
social. Montant de la facture : 7.000.000 ;
4. Importation d’une machine utilisée dans la production de café et dans l’ensachage
du blé: Valeur CAF : 100.000.000 ; Droits de douane : 20.000.000 F, COSEC :
400 000 ; PCS : 300 000. Pour le financement de l’acquisition de cette machine, la
SA «TOKONDAMA PRODUCT » a souscrit auprès de la société BANKECO un prêt
d’une durée de six (6) ans. Montant de l’intérêt bancaire facturé : 4.000.000 ;
5. Acquisition auprès de la société de revente de produits pétroliers PETROLYS SA du
gasoil d’un montant HT de 500. 000 destiné au véhicule de type « Citroën C5 » de
15 CV affecté à l’équipe commercial qui assure la promotion des produits de la
société. Ledit véhicule est importé le même mois pour une valeur CAF de
35.000.000 et des droits de douane de 8.000.000 ;
6. Vente d’équipements sportifs au ministère des sports et à une agence de l’Etat,
respectivement pour des montants de 130.000.000 et 245.000.000. Pour ces

126
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deux marchés, seule la moitié a fait l’objet de paiement sachant le solde devrait être
réglé durant le mois de septembre 2016 ;
7. Frais de siège facturés au prorata du chiffre d’affaires par la maison-mère de la
société sise en Egypte pour un montant HTVA de 150 000 000. Aux termes des
législations sénégalaise et égyptienne ces frais ne sont imposables à l’impôt sur le
revenu qu’uniquement au Sénégal ;
8. Assistance technique fournie à l’établissement «TOKONDAMA PRODUCT » qui est
une succursale de la société sise à Abidjan (Côte d’Ivoire). Montant HTVA :
12 000 000. Aux termes de la convention fiscale liant le Sénégal à la Côte d’Ivoire,
les sommes représentatives des frais d’assistance technique sont imposables à
l’impôt sur le revenu dans l’Etat où se situe le bénéficiaire des sommes en cause ;
9. Don à la mairie de Pikine le 1er juin 2016 d’un camion de transport exclusivement
utilisé pour les livraisons de la farine de blé. Ledit véhicule a été acquis le 1er janvier
2010 pour un montant de 35 millions HTVA. Durée d’utilisation prévue : 4 ans.

TRAVAIL A FAIRE
1) Déterminer le prorata définitif de 2015 ;
2) Déterminer la situation nette vis-à-vis du Trésor public de l’entreprise
«TOKONDAMA PRODUCT » au titre du mois de juin 2016 en analysant les
opérations suivant la démarche ci-après : n° opération, nature, taxes à
collecter, taxes supportées, taxes supportées déductibles et observations en
justifiant les solutions retenues.
N.B : il vous est précisé qu’en 2015, les comptes de la société présentaient le chiffre
d’affaires suivant :
1. Livraison de mil : 50.000.000 dont 20.000.000 à une ONG titulaire d’un titre
d’exonération ;
2. Livraison de café : 300.000.000 dont 200.000.000 à une entreprise franche
d’exportation ;
3. Cession d’un terrain nu inscrit à l’actif du bilan : 125 000 000 ;
4. Subvention d’exploitation reçue : 25.000.000, destinés à subventionner les
arachides vendues aux paysans à titre de semences ;
5. Dividendes reçus : 18.500.000 ;
6. Livraison d’engrais à des exploitants agricoles : 25.000.000 ;
7. Subvention d’équilibre reçue : 5.000.000 ;
8. Exportation de blé concassé : 120.000.000.

N.B :
1. Sauf précisions contraires, les montants sont hors TVA ;
2. Le Cosec et le PCS sont deux prélèvements dont l’un est destiné au Conseil
sénégalais des chargeurs et l’autre à la CEDEAO.

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IV– DROITS D’ENREGISTREMENT (6 points)
Sujet : Traiter les cas pratiques ci-dessous.
1) Soit un acte comportant les dispositions indépendantes suivantes :
- Droit proportionnel : 60 000
- Droit proportionnel : 15 000
- Droit proportionnel : 20 000
- Droit fixe : 100 000
- Droit fixe 25 000
- Calculer les droits d’enregistrement.
2) Par acte sous seing privé, Monsieur DIOP, demeurant à Dakar, et Monsieur
NDIAYE, demeurant à Kaolack, ont signé un contrat de location d’un
appartement situé à Louga. Déterminer le bureau compétent.
3) Alain a acheté un immeuble à 300 millions auprès de son ami François. Il est
précisé dans l’acte de vente, que l’acheteur accepte de rembourser sa propre
dette de 100 millions, engagée pour l’achat dudit immeuble, et celle que le
vendeur avait contractée, auprès d’une banque, pour un montant de 80
millions. Comme leurs deux enfants partagent le même établissement scolaire,
Alain s’est en outre, engagé à payer leurs frais d’inscription qui s’élèvent
totalement à 3 millions. Calculer les droits d’enregistrement.

4) Vente d’un fonds de commerce composé des éléments suivants :


- Clientèle 100 millions ; droit au bail 50 millions ; marchandises 200
millions ; nom commercial 100 millions ; installations et agencements 50
millions. Calculer les droits d’enregistrement

5) Bassirou a loué sa villa à Diomaye à 300 mille francs par mois, mais aucun
acte n’a été rédigé entre les parties. Donnez la qualification d’un tel acte et les
délais d’enregistrement.

6) Une société au capital de 95 millions, a été créée par trois personnes A, B, C


A : apporte du numéraire pour 35 millions,
B : apporte, à titre onéreux, un immeuble estimé à 40 millions,
C : fait un apport pur et simple portant sur un immeuble d’une valeur de 20
millions.
Après quelques années, les associés décident de procéder à une augmentation
de capital par apports nouveaux avec seulement des apports en numéraire de
105 millions.
Calculer les droits d’enregistrement.

7) Gorgui a échangé son terrain d’une valeur de 50 millions contre celui de son
cousin Diakhar dont la valeur est de 150 millions. Calculer les droits
d’enregistrement.

BONNE CHANCE

128
Avertissement : Ce document est exclusivement réservé à la formation en fiscalité dispensée par Dr. GNINGUE
Examen pour l’obtention du Diplôme Supérieur de
Comptabilité (DSC) 2015
Certificat juridique
Epreuve de Fiscalité
Avertissements
• L’épreuve comprend quatre (4) parties indépendantes ainsi présentées :
- Questions théoriques
- Fiscalité directe
- Fiscalité indirecte
- Droits d’enregistrement et assimilés
• Le candidat traite les quatre (4) parties séparément.
• Il est tenu compte de la présentation.
• Matériel autorisé : calculatrice autonome.

I- QUESTIONS THEORIQUES (2 points)

1. Citer quatre cas de réduction d’impôt en matière de fiscalité des revenus (IS et
IR).

2. En matière de TVA, quel avantage procure l’agrément au Code des


Investissements ?

3. Quelle est la différence entre un apport pur et simple et un apport à titre


onéreux ?

II – FISCALITE DIRECTE (6 points)


Sujet : Traiter le cas pratique ci-dessous.
Madame THIOUB née Maria Yacine TOURE est une femme d’affaires sénégalaise de
52 ans, au NINEA 0125632 2B1. Elle est mariée à Monsieur Diomaye THIOUB et est
mère de 4 enfants : Fatima, Eliasse, Bintou et Tabara âgés respectivement de 27
ans, 23 ans, 18 ans et 14 ans au 31 décembre 2014. Mme THIOUB a également
obtenu la délégation de puissance paternelle pour la garde de son neveu Elimane
SARR, agé de 15 ans. Tous poursuivent leurs études.
Mme THIOUB a investi dans plusieurs domaines d’activités et éprouve des difficultés
pour déterminer les montants d’impôts sur les revenus dus sur ses différentes
activités au titre de l’exercice 2014.
Vous disposez des informations suivantes :
1- Mme THIOUB détient 35% des parts de la société « BAYNOUK » qui est
organisée sous forme de société civile. La société BAYNOUK, au capital de
30.000.000, a comme activité la production et la vente d’eau filtrée en
sachets. La société anonyme BADSEN, qui est établie à Dakar, détient 65%
des parts de BAYNOUK.

La société BAYNOUK a réalisé un chiffre d’affaires de 655.000.000 en 2014 et un


bénéfice comptable de 45.000.000.

129
Avertissement : Ce document est exclusivement réservé à la formation en fiscalité dispensée par Dr. GNINGUE
Parmi les opérations enregistrées dans les comptes de l’entreprise en 2014, on
note :
a) La rémunération brute de Mme THIOUB qui est de 22.000.000 ;
b) Les intérêts de 3.000.000 et la taxe sur les activités financière de 510.000 sur
un prêt consenti par la banque BMS à BAYNOUK. Ce prêt a servi à acheter et
à mettre à la disposition de Mme THIOUB un véhicule de tourisme d’une
puissance de 22 CV, figurant à l’actif du bilan de la société BAYNOUK ;
c) Un abandon de créance de 6.000.000 reçu de BADSEN représentant les
intérêts d’un prêt de 100.000.000 qu’elle avait accordé à BAYNOUK. La société
BADSEN a réintégré dans son résultat imposable à l’Impôt sur les sociétés ce
montant de 6.000.000. BAYNOUK s’engage, de son coté, à porter son capital
à 36.000.000 au profit de BADSEN;
d) BAYNOUK a un programme d’investissement de 150 millions sur 3 ans (2014 à
2016) et a réalisé un investissement en matériel industriel pour filtrer l’eau
d’un montant 50.000.000 en 2014.

2. Mme THIOUB est, par ailleurs, associée dans la société civile immobilière « SCI
TEFESSOU » dont elle détient 55% des parts ; les 45% restants appartiennent à
son mari.
Cette société exploite un immeuble nu à usage de bureau dénommé « LE
MIRADOR » qui a rapporté 65.000.000 de loyers en 2014. Les charges suivantes,
acquittées en 2014, sont également à noter :
- Contribution foncière des propriétés bâties d’un montant de 4.000.000 relative
à l’immeuble « LE MIRADOR » ;
- Frais de gérance, de gardiennage, de réparation, d’entretien et de gestion
payés par la « SCI TEFESSOU » à l’agence immobilière « SETALMA SARL» qui
assure l’ensemble de ces prestations. Pour chacune de ces différentes
charges, il est versé un montant mensuel de 100.000 F à l’agence.

Mme THIOUB vous précise, enfin, qu’elle a perçu en 2014, 8.100.000 de dividendes
de la société BAYNOUK, sur le bénéfice de 2013 ;
Il a été constaté un déficit fiscal reportable de 7.000.000 suite à la cessation de son
activité de commerce général, tout au début de l’exercice 2014, qu’elle gérait dans le
cadre d’une entreprise individuelle.

Travail à faire :

1. Déterminer les impôts dus sur ces revenus (Impôt sur les sociétés ou Impôt sur le
revenu) en précisant le redevable ;
2. Préciser le montant et les retenues d’impôt supportées par Mme THIOUB ;
3. Déterminer le montant de l’impôt restant dû par Mme THIOUB sur l’ensemble de ses
revenus en tenant compte s’il y a lieu des retenues qu’elle a supportées.

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Barème progressif Réduction d’impôt pour charge de famille
Nombre
Tranches Taux Résultat Taux Minimum Maximum
de parts
0 - 630 000 0% 1 0% 0 0
630 001 - 1 500 000 20% 174.000 1,5 10% 100 000 300 000
1 500 001 - 4 000 000 30% 750.000 2 15% 200 000 650 000
4 000 001 - 8 000 000 35% 1.400.000 2,5 20% 300 000 1 100 000
8 000 001 -13 500 000 37% 2.035.000 3 25% 400 000 1 650 000
+ de 13 500 001 40% 3,5 30% 500 000 2 030 000
4 35% 600 000 2 490 000
4,5 40% 700 000 2 755 000
5 45% 800 000 3 180 000
III – FISCALITE INDIRECTE (6 points)
Sujet : Traiter le cas pratique ci-dessous.

La société Emergence Travaux Immobiliers (ETI) est une société de droit sénégalais
établie à Keur Massar (Dakar/Sénégal) et spécialisée dans les bâtiments et travaux
publics. Elle est immatriculée sous le numéro 0045187 2G2. Elle effectue aussi
diverses prestations de services liées aux métiers des BTP (études techniques,
location de matériel, etc.)

La société vous présente les opérations suivantes la concernant et relatives au mois


d’avril 2015 et sollicite votre éclairage sur leur traitement fiscal.

1. Suite à un appel d’offres lancé par le Ministère en charge des infrastructures, la


société ETI a été retenue comme adjudicataire d’un marché d’un montant de
350.000.000. Une avance de démarrage de 50.000.000 lui a été versée au cours du
mois. La livraison du premier tronçon d’une valeur de 200.000.000 est prévue pour le
mois de septembre 2015 ;

2. Réhabilitation de bâtiments appartenant à la Société nationale des Habitations à


Loyers modérés (SNHLM). Montant facturés : 15.000.000 ; règlement prévu dans 60
jours.

3. Importation de pièces de rechange fournies par une entreprise allemande avec


les indications suivantes : Valeur CAF : 7.000.000, Droits de Douane : 932.000,
prélèvement pour le COSEC : 150.000 ;

4. Le même fournisseur allemand qui assure la maintenance de certains engins de la


SARL ETI lui a adressé une facture de 5.000.000 au titre de prestations diverses.
Seule la moitié de la prestation a été réglée à la réception de la facture ; le
règlement du solde devant intervenir dans un délai de trois mois. Il est précisé que le
Sénégal et la République fédérale allemande n’ont pas signé de convention fiscale en
vue d’éviter les doubles impositions ;

5. Prestations de services rendues par les ingénieurs de ETI SARL à un client établi
au Burkina Faso ; Montant de la prestation 12.000.000. Aux termes du Règlement
n°08/CM/UEMOA du 26 septembre 2008 visant à éviter la double imposition au sein

131
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de l’UEMOA, ces sommes sont uniquement imposables dans l’Etat de résidence du
bénéficiaire de la rémunération ;

6. Dans le cadre de sa stratégie de responsabilité sociale, ETI SARL a participé


gratuitement à la réalisation d’un programme pré-hivernal de travaux conduit par la
commune de Keur Massar. Valeur estimée des travaux 5.000.000 ;

7. Acquisition, auprès d’un constructeur de véhicules domicilié au Centre des


moyennes Entreprises (CME), d’un véhicule Berline d’une puissance de 27 CV affecté
au Directeur général. Montant facturé : 45.000.000. Ledit véhicule a été acquis grâce
à un concours bancaire accordé par une banque de la place. La première échéance
de remboursement a eu lieu au cours du mois pour un montant de 3.214.000 dont
214.000 d’intérêt TTC.

8. ETI SARL a reçu le « Prix de l’Innovation 2014 » décernée par une organisation de
journalistes économiques. La société a pris en charge les frais liés à l’organisation de
la cérémonie pour un montant de 5.000.000 suivant la facture délivrée par l’Hôtel
Sunu Teranga ;

9. Dans le cadre de la préparation de cette cérémonie, ETI SARL a acheté, pour un


montant de 10.000.000, 1 tonne de boissons gazeuses fabriquées et embouteillées
par la société SOBOA et la même quantité de café moulu auprès du commerçant
Soulèye Diop pour un montant de 5.000.000

10. Sous-traitance de travaux d’un montant de 40.000.000 à BAT STAR une


société immatriculée au Centre des services fiscaux de Dakar-Plateau. Seul le quart
du montant a fait l’objet d’un paiement au cours du mois et l’acquittement du solde
est prévu pour le mois d’octobre 2015.

11. Cession à 10.000.000 d’un engin dont la valeur nette comptable est nulle.
L’acquisition de cet engin avait donné lieu à une déduction de 3.000.000.

TRAVAIL A FAIRE

1. Calculer le prorata de déduction provisoire pour 2015 ;


2. Analyser les différentes opérations présentées ci-dessus en précisant pour
chacune le numéro, la nature, les taxes à collecter, les taxes supportées, les
taxes supportées déductibles, en justifiant les solutions retenues ;
3. Calculer la position de TVA (TVA à reverser ou crédit de TVA) de la SARL ETI au
titre du mois d’avril 2015.
On vous présente ci-dessous, un extrait du compte de résultat de l’exercice clos le 31
décembre 2014 :
a) Travaux immobiliers d’un montant de 50.000.000 facturés à des clients
installés dans le domaine industriel de Dakar dont 28. 000.000 à des
entreprises franches d’exportation ;
b) Dividendes reçus d’un montant de 8.000.000 ;

132
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c) Subvention d’exploitation reçue d’un montant de 120.000.000 pour des
travaux immobiliers à livrer à l’Etat du Sénégal ;
d) Cession d’un hangar d’une valeur de 100.000.000 qui était inscrit dans les
comptes d’actifs immobilisés;
e) Travaux immobiliers réalisés en Mauritanie facturés à 175.000.000 ;
f) Travaux de drainage des eaux pluviales réalisés pour le compte du ministère
en charge des inondations d’un montant de 12.000.000 ;
g) Construction de l’annexe de la mission diplomatique de l’ambassade des USA
au Sénégal, montant facturé : 37.500.000
NB : Sauf précisions contraires, tous les montants sont hors taxes.
IV-DROITS D’ENREGISTREMENT (6 points)
Sujet : Traiter les cas pratiques ci-dessous.
Travail à faire : Calculer les droits d’enregistrement dans les cas suivants en
retenant comme taux applicables ceux en vigueur au début de l’année 2014.

1) Une société au capital de 2.000.000.000 F est constituée entre A, B C et D


- A apporte un immeuble de 300 millions, (apport pur et simple)
- B apporte 400 millions,
- C apporte 300 millions,
- D apporte un immeuble de 1 milliard à titre onéreux

2) Acte de vente d’un terrain à 120 millions avec une condition résolutoire.

3) Une société au capital de 90 millions créée en 2000 décide de procéder 7 ans plus tard,
à une augmentation par apports nouveaux.

Dominique apporte un immeuble : 150.000.000 F (apport pur et simple)


Martin apporte du numéraire : 10.000.000 F
Nicolas apporte un immeuble : 15.000.000 F

4) Suite à une perte subie par la société « FALL SARL », les dirigeants ont procédé à une
réduction, sans remboursement, de son capital qui passe ainsi de 400 millions à 200 millions.

5) Acte de cession d’un fonds de commerce qui se décompose comme suit :


Clientèle 100 millions ; droit au bail 100 millions ; Matériels 200 millions ; marchandises
neuves 500 millions.
NB : Les marchandises neuves sont détaillées et estimées article par article
dans un état distinct avec un prix particulier pour chaque article.

133
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7) Monsieur Seck a échangé son immeuble situé à Dakar contre les actions que détenait son
ami Moussa auprès de la société « HIGH SA ». La valeur mathématique des actions est de
500 millions.

8) Monsieur SALL et Monsieur MBAYE ont acquis conjointement et solidairement deux (2)
immeubles de valeurs respectives 300 millions et 500 millions. Les acquéreurs, propriétaires
indivis chacun pour moitié se partagent les immeubles de la façon suivante :
- Monsieur Diop reçoit l’immeuble évalué à 300 millions.
- Monsieur Fall reçoit l’immeuble valant 500 millions.

9) Demba a cédé sa créance, de 110 millions à son ami Fallou, au prix de 85 millions.

10) une personne décédée a laissé comme héritiers son épouse, sa mère, 2 filles et 4
garçons.
Son patrimoine est composé de : un immeuble à Dakar dont la valeur est de 450 millions,
une villa à Grand-Dakar évaluée à 150 millions, une voiture dont le prix est de 35 millions.
Son cousin Lamine a présenté un contrat signé devant notaire, qui indique qu’il avait prêté
une somme de 25 millions au défunt.

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EXAMEN DE FISCALITE DSC 2014
A. Question de cours (02 points)
Quel est le traitement fiscal de la subvention d’équipement au regard de la TVA et de l’impôt sur les
sociétés ?
B. Cas pratique (18 points)
Nota Bene : Le cas pratique comprend trois parties indépendantes
I. FISCALITE DIRECTE (06 points)
La société SOPOVIF (Société de commercialisation de Poissons, Viandes et Fruits) au NINEA 0125632
2G3, est une société anonyme au capital de 150.000.000 FCFA au 31 décembre 2013. Elle est
spécialisée dans la vente de poissons, viandes et fruits dits « bio ». Les produits qu’elle vend viennent
exclusivement de l’exploitation de plusieurs hectares de terrains à Sangalkam (région de Dakar) pour la
pisciculture (élevage de poissons), l’élevage de volaille et de ruminants ainsi que la récolte de fruits.
En 2012, le capital de l’entreprise était de 100.000.000 et l’actionnariat était ainsi réparti:
- Fatima DIOUF : 25% ;
- Gandhi BA : 60% ;
- BIO D’EURO S.A : 15%.
La qualité des produits vendus a permis à l’entreprise de pouvoir réaliser 92,6% de son chiffre d’affaires
(2.700.000.000) à l’exportation en 2013 et d’investir un montant de 130.000.000 dans l’achat de
tracteurs et d’unité d’abattage de volaille et ruminants.
Le 30 juin 2013, suite au mariage célébré entre Gandhi BA et Fatima DIOUF, cette dernière s’est retirée
de l’actionnariat de l’entreprise en cédant ses actions à son époux qui assure en même temps les
fonctions de Directeur général de la S.A SOPOVIF.
Au 31 décembre 2013, l’actionnariat se présente ainsi :
- Ghandi BA : 85% ;
- BIO D’EURO S.A : 15%.
Le bénéfice comptable de la SOPOVIF en 2013 est de 210.000.000. Parmi les opérations réalisées au
cours de l’exercice 2013 on note :
1. Un prêt de 160.000.000 accordé à Gandhi BA remboursable à un taux d’intérêt de 12%. Le taux
des avances de l’Institut d’émission est 4,75% en 2013. Le remboursement est intervenu le 30
novembre 2013 ;
2. Des primes d’assurance-maladie au profit d’une partie du personnel subalterne versées à la
Compagnie d’assurance ASSUSEN, établie au Sénégal, pour un montant de 22.000.000. Pour
l’autre partie du personnel, y compris les dirigeants, des primes d’assurance-vie versées à la
compagnie d’assurance française, ASSURFRA, sont supportées par l’entreprise à hauteur de
28.000.000.
Les salaires du personnel représentent 270.000.000.
3. Des amendes fiscales de 200.000 pour défaut de déclaration de la TVA au titre du mois de mai
2013 ;
4. Des frais d'études et de prospection pour l’ouverture au Maroc d'un établissement de vente
pour 3.000.000 ainsi qu’un salaire de 2.500.000 versé au gestionnaire de l’établissement dans
ce pays ;
5. Les salaires du personnel comprennent un montant de 12.000.000 dus à PAPE BA responsable
« contrôle qualité » au sein de l’entreprise et fils aîné de Gandhi BA ;
6. Une Acquisition de tracteurs : 50.000.000 HT et 9.000.000 de TVA supportée ;

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7. Un Abandon de créances au profit de la SOPOVIF pour un montant de 50.000.000 détenus
par les associés Ghandi BA (42.500.000) et la S.A BIO D’EURO (7.500.000). Cette opération a
permis à la SOPOVIF d’augmenter son capital d’autant ;
8. Des livraisons d’aliments de bétail, sans facture, à la SOPOVIF par BASSIROU CISSE,
commerçant au NINEA 3201550 1F1, pour un montant 6.000.000. Le paiement est intervenu le
17 février 2014.
9. Commissions de 2.000.000 payées à la banque sénégalaise BAOS pour garantir un prêt
effectué par Pape BA. Taxe sur les activités financières supportée : 340.000.
Par ailleurs, M. Ghandi BA, dont le salaire brut y compris les avantages en nature en sa qualité de
dirigeant au sein de la SA. SOPOVIF est de 34.000.000, dispose d’un immeuble meublé qu’il a
entièrement donné en location à la SOPOVIF moyennant une rémunération mensuelle payable
d’avance de 2.000.000, au plus tard le 5 de chaque mois. Les charges supportées par M. Ghandi BA à
titre personnel sont les suivantes :
- Contribution foncière des propriétés bâties : 1.200.000 ;
- Frais d’assurance : 350.000 ;
- Amortissements : 1.000.000 ;
- Peinture : 250.000 ;
- Intérêts des prêts pour la remise en état de sa résidence principale 500.000.
Il a également perçu des dividendes de 18.000.000 de la SOPOVIF en 2013.
N.B.
M. Ghandi BA, 59 ans, est polygame avec deux épouses et est père de deux enfants, Anta et Papis,
âgés respectivement de 17 et 23 ans. Il a également en charge les deux enfants (Bineta, 18 ans, et
Soda, 23 ans), toutes deux étudiantes, nées du premier mariage de sa seconde femme, Fatima.
Travail à faire :
En justifiant les solutions retenues :
4. Déterminer le montant de l’impôt sur les bénéfices restant dû par la SOPOVIF en tenant
compte des avantages fiscaux auxquels elle a droit ;
5. Préciser les retenues d’impôt que la SOPOVIF doit opérer sur ses charges ;
6. Déterminer le montant de l’impôt restant dû par GHANDI BA sur l’ensemble de ses revenus en
précisant le montant des retenues qu’il a supportées.
Barème progressif
Tranches Taux
0 - 630 000 0%
630 001 - 1 500 000 20% 174.000

1 500 001 - 4 000 000 30% 750.000


4 000 001 - 8 000 000 35% 1.400.000
8 000 001 - 13 500 000 37% 2.035.000
+ de 13 500 001 40%

Réduction d’impôt pour charge de famille


Nombre de parts Taux Minimum Maximum
1 0% 0 0
1,5 10% 100 000 300 000
2 15% 200 000 650 000
2,5 20% 300 000 1 100 000
3 25% 400 000 1 650 000
3,5 30% 500 000 2 030 000

136
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4 35% 600 000 2 490 000
4,5 40% 700 000 2 755 000
5 45% 800 000 3 180 000

II. FISCALITE INDIRECTE (6 points)


La société dénommée ANG, sise à Ouest-Foire, immatriculée au Centre des services fiscaux de Ngor-
Almadies, est spécialisée dans la revente en l’état de divers produits. Elle dispose également d’une
plateforme de maintenance de machines et d’une unité industrielle.
A la clôture de l'exercice au 31 décembre 2013, un extrait du compte de résultat de
l’entreprise présente les éléments suivants :
− vente de thé vert : 300.000.000 dont 100.000.000 à l’étranger ;
− vente de poisson frais : 200.000.000 dont 35.000.000 à une entreprise franche d’exportation ;
− vente d’engrais à des exploitants agricoles n’ayant pas opté à la TVA : 100.000.000 ;
− vente d’huile d’arachide : 55.000.000 dont 34.000.000 à des gambiens de passage au Sénégal ;
− maintenance d’une voiture médicalisée pour le compte d’un client installé en Italie : 50.000.000 ;
− indemnité d’assurance reçue d’une compagnie d’assurance suite à un sinistre : 50.000.000 ;
− cession d’un véhicule de tourisme en cours d’amortissement à un client installé en Guinée:
175.000.000 ;
− vente de boissons alcoolisées: 15.000.000 ;
− dividendes reçus de la SONATEL SA: 50.000.000.
Au cours du mois de juin 2014 la société ANG a enregistré les opérations suivantes :
1- Importation d’un véhicule de tourisme de 15 CV destiné à transporter le personnel chargé de la
promotion des produits vendus. Valeur CAF : 25.000.000, Droits de Douane : 4.000.000, Prélèvement
COSEC : 1.250.000. Pour le financement de cette opération, la banque BICIS lui a accordé un crédit.
Les intérêts échus au cours du mois s’élèvent à 500.000.
2- Vente de café au Ministère de la Jeunesse dans le cadre de la préparation de ses activités de
vacances. Montant : 45.000.000. Seul le tiers du montant est réglé au cours du mois. Le paiement du
solde est prévu pour août 2014. Ce café a été acheté au cours du même mois à 42.000.000 auprès de
la société SEN CAFE, une entreprise de production de café installée dans le domaine industriel de
Dakar.
3- Frais d’assistance technique d’un montant de 53.100.000 TTC facturés par la maison mère sise en
Jordanie. Le Sénégal et la Jordanie n’ont pas signé de convention fiscale destinée à éliminer les
doubles impositions en matière d’impôt sur le revenu ;
4- Vente de café à la compagnie « Air Maroc » que celle-ci sert aux clients de l’agence commerciale
sise à l’avenue Lamine GUEYE, Dakar. Montant HTVA : 500.000 ;
5- Réparation d’une grue de « ALITEC MALI » une entreprise installée au Mali pour un montant de
29.500.000 TTC. Aux termes de la convention fiscale liant les Etats membres de l’UEMOA (dont le
Sénégal et le Mali), ces sommes sont imposables à l’impôt sur le revenu dans l’Etat de résidence du
bénéficiaire.
6- Vol non justifié du camion qui transportait les poissons frais. Ce camion a été acquis à 54.000.000
le 1er janvier 2010 et sa durée d’utilisation prévue était de 7 ans ;

137
Avertissement : Ce document est exclusivement réservé à la formation en fiscalité dispensée par Dr. GNINGUE
7- Livraison de tabacs à « Export Plus » sise à la route de Rufisque et dont les ventes sont
exclusivement destinées à l’exportation. Montant : 16.000.000. Remise : 12%. En contrepartie de cette
remise, la société Export Plus s’engage à former quelques agents de « ANG » en techniques de vente ;
8- Pour la promotion de son dernier produit (sachets de blé), un lot de produits d’une valeur unitaire de
19. 000 TTC a été distribué par le service commercial de ANG à certains gros clients;
9- Don de 50 cartons de lait en poudre puisés dans les stocks aux Imams des Mamelles à l’occasion
du mois de Ramadan d’une valeur unitaire de 20.000 TTC ;
10- Réception facture loyer du mois de juin 2014 afférent au logement meublé par la société ANG
occupé par, le Directeur Général. Montant du loyer mensuel : 400 000 ;
11- En contrepartie de prestations (maintenance de machines) évaluées à 12.500.000 rendues par
ANG à SN BTP, une entreprise de bâtiments et travaux publics immatriculée au Centre des grandes
Entreprises, celle-ci a effectué des travaux de terrassement pour la société ANG. Coût des travaux
10.000.000.

N.B : Sauf prescription contraire, tous les montants sont hors taxes

Travail à faire
1. Calculer le prorata définitif de 2013 ;
2. Analyser les opérations ci-dessus en adoptant la démarche suivante : numéro, nature de
l’opération, taxes à facturer, taxes à collecter, taxes supportées, taxes supportées déductible
et taxes à imputer, en justifiant les réponses ;

III. ENREGISTREMENT (6 points)


Calculer les droits d’enregistrement dus dans les cas suivants
1) Un acte comporte les dispositions dépendantes suivantes : un droit fixe de 50 000, un droit
proportionnel de 300 000, un droit fixe de 5 000, un droit proportionnel de 100 000.
2) Un acte comporte les dispositions indépendantes suivantes : un droit fixe de 25 000, un droit fixe de
5 000, un droit proportionnel de 75 000, un droit proportionnel de 500 000.
3) Acte de vente d’un immeuble, à 45 millions, comportant une condition suspensive.
4) Acte de vente d’un immeuble, à 25 millions, comportant une condition résolutoire.
5) Acte de vente d’un immeuble à 100 millions avec engagement de l’acheteur de prendre en charge
la dette de 10 millions, due par le vendeur à la banque.
6) Vente d’un fonds de commerce détaillé comme suit :
− Clientèle : 10 millions,
− Nom commercial : 25 millions,
− marchandises neuves : 80 millions
− installations et agencements 20 millions
7) Monsieur BA et Monsieur Diallo ont acquis conjointement et solidairement deux immeubles de
valeurs respectives de 200 millions et 120 millions. Les acquéreurs, propriétaires indivis chacun pour
moitié se partagent les immeubles de la façon suivante :
− Monsieur BA reçoit l’immeuble évalué à 200 millions, mais devra verser une soulte de 40 millions à
Monsieur Diallo ;
− Monsieur Diallo reçoit l’immeuble valant 120 millions.

138
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8) Mamadou a échangé son immeuble situé aux Almadies, d’une valeur de 500 millions, contre un
immeuble de son ami Fallou situé à Ouakam, dont la valeur est de 145 millions. Cependant, il précise
dans l’acte qu’aucune soulte n’a été versée.
9) Acte de création d’une SARL au capital de 90 millions entre Mamadou, Lamine et Bineta avec un
apport en numéraire de 30 millions par chacun.
10) Acte de création d’une SA au capital d’un milliard entre A, B, C et D :
− « A » apporte un immeuble de 400 millions,
− les autres font chacun un apport en numéraire de 200 millions.
La société prend un engagement écrit de conserver, à l’actif du bilan, le bien immeuble apporté par
« A » pendant une durée minimale de 10 ans. Cet engagement est inscrit au livre foncier et joint à l’acte
soumis à la formalité de l’enregistrement.
11) Une société au capital de 75 millions créée en 2010 décide, le 07/07/ 2014, de procéder à une
augmentation par apports nouveaux :
− Demba apporte un fonds de commerce : 100.000.000 F
− Momar apporte du numéraire : 150.000.000 F
12) Une personne décédée le 01/01/2014 a laissé pour successeur, sa mère, son épouse, ses enfants
dont 4 garçons et 2 filles.
Son patrimoine est composé comme suit :
− un immeuble sis à Dakar, évalué à 750 millions,
− une voiture de luxe évaluée à 100 millions,
− un champ évalué à 200 millions,
− un fonds de commerce évalué à 85 millions,
− une somme d’argent de 700 millions trouvée dans son compte bancaire.
− une dette de 150 millions, constaté par acte notarié, due à un commerçant.
N.B : Pour la succession, les droits dus seront calculés selon le droit musulman.

139
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EXAMEN DE DROIT FISCAL DSC 2013
Matériel autorisé : calculatrice.

I. Question de cours (05 points)


1. Quelles sont les conditions de forme de déductibilité des provisions ?
2. Quelles sont les opérations imposables à la taxe sur les activités
financières (TAF) ?

II. Cas pratique (15 points)


Nota Bene : Le cas pratique comprend trois parties indépendantes.

A. FISCALITE DIRECTE
La Société de Placements et Productions (SPP), au capital de 200.000.000 de
Francs CFA entièrement libéré, est une Société anonyme de droit Sénégalais (ayant
son siège sociale à Dakar) qui existe depuis 5 ans. Elle est spécialisée dans la
production de fer et l’installation industrielle. Le capital est ainsi constitué :

- 30 % pour M. Saloum BA ;
- 10% pour M. Woury DIOP ;
- 60% pour M. Abdoulaye FALL

La part de Monsieur FALL, qui est également le directeur général de l’entreprise, a


été apportée en nature. Il s’agit d’un immeuble sis à Dakar Liberté 6 Extension, d’une
valeur de 120 millions. Au titre de l’exercice clos le 31 Décembre 2012, il ressort de
son compte de résultat, les informations suivantes :

CHARGES EXERCICE 2012 PRODUITS EXERCICE 2012


CHIFFRE D'AFFAIRES 5.000.000.000
DONT CHIFFRE
D'AFFAIRES A
L’EXPORTATION 4.800.000.000
TOTAL DES TOTAL DES
CHARGES PRODUITS
D'EXPLOITATION 5.300.000.000 D'EXPLOITATION 5.600.000.000
TOTAL DES TOTAL DES
CHARGES PRODUITS
FINANCIERES 200.000.000 FINANCIERS 150.000.000
TOTAL GENERAL TOTAL GENERAL DES
DES CHARGES 5.700.000.000 PRODUITS 5.975.000.000

RESULTAT
COMPTABLE 275.000.000

140
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Les évènements ci-après concernant SPP ont été notés :

1. Elle a perçu de la société anonyme SPS établie à Thiès, dont elle détient 15% du
capital, des dividendes de 36.000.000 en 2012 ;

2. Des intérêts de bons du Trésor public de l’Etat sénégalais à échéance de 6 ans


lui ont été servis pour un montant de 6.000.000 ;

3. 16.500.000 de revenus de créances perçus de la banque SBIS pour un dépôt à


terme (DAT).

4. La société avait pris l’engagement dans sa déclaration du bénéfice imposable de


l’exercice 2010 déclarée en 2011 de réinvestir une plus-value de 60.000.000 sur
des cessions de biens d’équipements acquis, quatre ans auparavant, à
110 .000.000. Cet engagement n’est pas respecté à la date de la déclaration.

5. les loyers supportés par la société en 2012 se présentent comme suit:

a) Loyers annuels de 12.000.000 payés à M. FALL pour l’immeuble qu’il a


apporté à la société ;

b) Loyer de la maison meublée prise pour le logement de M. FALL, en sa


qualité de directeur général : 3 millions par mois, pour une maison de 3
chambres + 2 salons+ 1 cuisine + jardin+ un espace familial ;

c) La rémunération brute de Monsieur FALL est de 16.000.000, en sa


qualité de DG, compte non tenu des autres avantages qui lui sont
accordés;

6. La société a payé 10% de charges d’intérêts l’an pour un prêt de 240 millions
accordé par l’associé FALL ;

Le taux des avances à terme fixe sur effets publics de la BCEAO est de 4,5% depuis
2006.

7. Le déficit à reporter de 26.000.000 enregistré sur la déclaration de l’exercice


précédent est composé d’amortissements réputés différés ;

M. FALL, le directeur général de SPP, est propriétaire d’un autre immeuble sis à
Dakar, quartier Point E, qui lui a rapporté 24.000.000 en 2012. Aucune retenue n’a
été opérée sur les loyers. Des locataires restent lui devoir 6 millions.

En 2012, il a dû supporter les charges ci-après :

a) La contribution foncière pour 1.600.000 ;


b) Des intérêts sur prêts payés à des banques: 1.200.000 pour la maison
qu’habitent ses parents et 3.000.000 pour l’immeuble qu’il a apporté à SPP.

M. FALL est polygame avec 6 enfants âgés de 8 à 24 ans, dont 4 enfants majeurs
parmi lesquels deux ont arrêté leurs études : l’un pour cause d’infirmité.

141
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Travail à faire

1. Déterminer le montant de l’impôt sur les bénéfices restant dû par la SPP en


tenant compte des avantages fiscaux auxquels elle a droit
2. Déterminer le montant de chaque retenue d’impôt que la SPP doit opérer sur
ses charges ;
3. Déterminer le montant de l’impôt sur le revenu restant dû par M. FALL sur
l’ensemble de ses revenus en précisant le montant des retenues qu’il a
supportées.
Barème progressif

Tranches Taux
0 - 630 000 0%
630 001 - 1 500 000 20% 174.000
1 500 001 - 4 000 000 30% 750.000
4 000 001 - 8 000 000 35% 1.400.000
8 000 001 - 13 500 000 37% 2.035.000
+ de 13 500 001 40%

Réduction d’impôt pour charge de famille

Nombre
de Taux Minimum Maximum
parts
1 0% 0 0
1,5 10% 100 000 300 000
2 15% 200 000 650 000
2,5 20% 300 000 1 100 000
3 25% 400 000 1 650 000
3,5 30% 500 000 2 030 000
4 35% 600 000 2 490 000
4,5 40% 700 000 2 755 000
3 180
5 45% 800 000
000

B. FISCALITE INDIRECTE

La «GANDIAYOISE SA » immatriculée au centre des moyennes entreprises est une


société industrielle et de maintenance technique. Par ailleurs, elle dispose de deux
départements : l’un s’occupant de la revente en l’état de diverses marchandises et
l’autre du service après-vente des produits de la société.
Cette société qui a enregistré les opérations ci-après au cours du mois de juin
2013 éprouve des difficultés pour établir ses déclarations mensuelles de taxes
indirectes et fait appel à votre expertise pour être en règle vis-à-vis de
l’Administration fiscale :

142
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1. Importation d’un véhicule Peugeot 3008 d’une puissance fiscale de 14 CV destiné
à promouvoir les produits de la société : Valeur CAF : 200.000.000 F ; Droits de
douane : 40.000.000 F, COSEC : 800.000 F ; PCS : 100.000 F.
2. Maintenance du parc automobile des véhicules de la SENELEC pour un montant
TTC de 29.500.000 F dont la moitié a été payée en juin. La SENELEC est une
entreprise concessionnaire de service public dans le domaine de l’électricité
domiciliée au centre des grandes entreprises. Il est prévu que le solde sera payé le
17 juillet 2013.
3. Réparation d’une grue de MALIFOOD une entreprise installée au Mali pour un
montant de HTVA de 125.000.000 F. Pour l’exécution du contrat, la GANDIAYOISE a
sous traité une partie du travail à la société Alpha SA basée au Mali pour un montant
TTC de 14.160.000 F.
4. Importation d’une machine destiné à mettre en sachet du blé : Valeur CAF :
70.000.000 F ; Droits de douane : 14.000.000 F, COSEC : 300.000 F ; PCS :
200.000 F. Pour le financement de l’acquisition de cette machine la GANDIAYOISE
a souscrit auprès de la société ECOBANK un prêt d’une durée de sept (7) ans.
Montant de l’intérêt bancaire: 4.000.000 F.
5. Frais de siège facturés par la maison-mère de la société sise à Paris (France)
dénommée «LA GANDIAYOISE DE FRANCE » pour un montant HTVA de
125.000.000 F. Aux termes de la convention fiscale franco-sénégalaise ces sommes
sont intégralement imposables en France.
6. Réception de la facture de téléphone de la SONATEL pour un montant HT de
4.500.000 F. La SONATEL est un concessionnaire de service public dans le domaine
des télécommunications.
7. Réparation et maintenance par les ouvriers de l’entreprise d’un véhicule utilitaire
utilisé pour transporter exclusivement de la farine de blé. Coût HTVA estimé du
service : 16.500.000 F.
8. Assistance technique fournie à l’établissement «GANDIAYOISE & CO» qui est
une succursale de la société sise à Bamako (Mali). Montant HTVA : 15.000.000 F ;
Aux termes de la convention fiscale liant le Sénégal et le Mali, les sommes
représentatives des frais d’assistance technique ne sont imposables à l’impôt sur le
revenu que dans l’Etat où se situe le bénéficiaire des sommes en cause.
9. Achat de thé auprès de la société importatrice « BON THE » pour un montant de
HTVA de 12.600.000 F. Ce thé est immédiatement échangé contre du café produit
par « CAFE PLUS », une entreprise de production de café immatriculée au centre
des grandes entreprises. La valeur HTVA du café est estimée à 12.600.000 F.
10. Don le 1er juin 2013 à Aliou NDIAYE un commerçant assujetti à la Contribution
Globale Unique du camion de transport exclusivement utilisé pour les livraisons de la
farine de blé dans les pays de la sous-région. Ledit véhicule a été acquis le 1er
janvier 2010 pour un montant de 15.000.000 HTVA. Durée d’utilisation prévue : 4
ans.
N.B : Le COSEC et le PCS sont deux prélèvements dont l’un est destiné au Conseil
sénégalais des chargeurs et l’autre à la CEDEAO.

143
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TRAVAIL A FAIRE

1. Déterminer le prorata définitif de 2012 ainsi que la situation nette vis-à-vis du


Trésor public de l’entreprise «LA GANDIAYOISE SA » au titre du mois de juin 2013
en analysant les opérations suivant la démarche ci-après : n° opération, nature,
taxes à collecter, taxes supportées, taxes supportées déductibles et observations en
justifiant les solutions retenues.
2. N.B : il vous est précisé qu’en 2012, les comptes de la société présentaient le
chiffre d’affaires HT suivant (les règles applicables sont celles prévues par la loi n°
2012-31 portant CGI):
1. Livraison de farine de blé au Sénégal : 540.000.000
2. Livraison de blé au Mali : 275.000.000
3. Cession de véhicule utilitaire destiné à transporter exclusivement du
blé : 100.000.000.
4. Maintenance 67.000.000 dont 27.000.000 pour le compte d’une
succursale de la société sise en Gambie.
5. Dividendes reçus de sa filiale 35.000.000 (bénéfice du régime mère-
filiale).
6. Réparation d’une grue de Alias Groupe une entreprise de BTP :
40.000.000.
7. Livraison de semoule de bé 40.000.000 dont 12.000.000 à l’étranger et
8.000.000 aux locaux du chef de mission diplomatique Belge qui
n’applique pas le principe de la réciprocité.
8. Réparation d’une machine pour le compte de la représentation de
l’Unicef à Dakar pour un montant de 32.000.000.

C. DROIT D’ENREGISTREMENT

I. Une personne décédée a laissé comme héritiers un fils, 4 filles, 2 femmes, sa


mère et un frère.

L’actif successoral brut s’élève à 480 millions dont :

- Des immeubles et des meubles de 60 millions figurant au bilan d’une


entreprise appartenant au défunt ; les héritiers se sont engagés à continuer
l’exploitation pendant 3 ans.

- Un terrain à usage agricole de 50 millions pour lequel, les héritiers décident de


continuer l’exploitation pendant 5 ans.

- Des actions du défunt d’un montant de 40 millions représentant 75% du


capital d’une entreprise ; les héritiers s’engagent à poursuivre l’exploitation
pendant 3 ans.

- L’actif comprend aussi l’usufruit de la maison familiale mais non la nue-


propriété estimée à 30 millions qui appartient aux héritiers présomptifs.

144
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Le passif indique :

- Des frais d’inventaire de 35 millions ;

- Des dettes de codébiteur solidaire de 55 millions ;

- Des dettes litigieuses de 65 millions ;

- Des dettes de 28 millions échues depuis plus de 3 mois ;

- Des hypothèques de 50 millions qui garantissent des dettes du défunt

Les héritiers ont précisé aussi que le défunt avait fait une donation en avancement
d’hoirie à son fils de 20 millions et une donation pour cause de mort de 30 millions à
son frère.

La succession sera réglée selon le droit musulman.

Etablir la déclaration de succession de cette personne et calculer les droits à payer


par chaque héritier.

II. Une société (SARL) au capital de 400 millions a été créée par les associés qui ont
fait des apports dont certains avec des charges ou des passifs pris en charge par la
société.

Les apports se présentent comme suit ;

- Koumakh : un immeuble de 120 millions grevé d’une hypothèque de 20


millions; cet immeuble a été acquis à 60 millions en 2000 et rénové pour 20
millions en 2001 ;

- Mbade : un fonds de commerce de 150 millions ayant un passif commercial


de 30 millions imputable sur les marchandises neuves détaillées et estimées
article par article ;

- Mbasse : des meubles et du mobilier de 85 millions nantis à hauteur de 15


millions ;

- Semou : des créances commerciales de 65 millions dont 25 millions de


créances douteuses ;

- Ndella : des véhicules d’occasion de 45 millions gagés à concurrence de 15


millions ;

- Souka : des actions et des titres de participations de 22 millions

- Thioro : du numéraire pour 18 millions.

La société a réalisé par la suite les opérations suivantes :

145
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a. Les actes de gestion courante :

- 10 logements valant 15 millions chacun et 15 logements revenant à 25


millions l’unité acquis auprès d’un promoteur immobilier agréé;

- Acquisition d’un véhicule d’occasion qui ne fait plus l’objet de cotation ;

- Acquisition d’un immeuble de 90 millions par voie de déclaration de command


de son avocat;

- Un fonds de commerce de 45 millions dont 10 millions de marchandises


neuves détaillées et estimées;

- Des obligations à 20 millions ;

- Des créances à 26 millions ;

- Achat de véhicules neufs importés d’une valeur CAF de 12 millions et des


droits de porte de 6,96 millions dont 2,16 millions de TVA ;

- Echange d’un immeuble de 35 millions contre un terrain de 30 millions ;

- Location d’un magasin pour une durée de 18 ans moyennant un loyer


trimestriel de 0,45 millions ; 6 ans après la société cède son droit au bail ;

- Un contrat d’assurance vieillesse de 8 millions et un contrat d’assurance sur la


vie de 17 millions ;

- Paiement du droit de timbre de quittance sur une facture de 89 714 francs.

b. Les actes d’administration :

- Augmentation de capital par apports nouveaux de 45 millions et par


incorporation de réserve de 55 millions ;

- Prorogation avant terme de la durée de vie de la société ; les états financiers


donnent un actif total de 980 millions, un passif réel de 180 millions
représentant le passif commercial des fonds de commerce de la société, des
actifs immobiliers de 200 millions ;

- Réduction de capital de 50 millions en numéraire ;

- Amortissement du capital de 100 millions ;

- Changement de forme de la société qui devient une SA ;

- Absorption de la société par une société (SA) qui a son siège social à
Birkilane au Sénégal.

TRAVAIL A FAIRE : Calculer les droits sur ces opérations.

Coefficients de correction de la taxe de plus-value immobilière : année 2000 =


1,0978 année 2001 = 1,0364

146
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EXAMEN DE FISCALITE DSC 2012
I. Question de cours (05 points)
1. En quoi consiste la règle du butoir en matière de déduction de TVA. Citer deux
exceptions à son application.

2. Expliquer la théorie de la mutation conditionnelle des apports et le régime du paiement


fractionné des droits de succession.

II. Cas pratique (15 points)

Nota Bene : Le cas pratique comprend trois parties indépendantes.

A. FISCALITE DIRECTE

Monsieur Fodé SARR, 57 ans, est veuf et père de quatre (4) enfants. Son fils aîné, BARA
SARR, qui poursuit ses études à Londres, a fêté ses 25 ans le 29 décembre 2011. Ces
autres enfants poursuivent leurs études au Sénégal.

M. Fodé SARR, qui a plusieurs sources de revenus, rencontre des difficultés pour établir sa
déclaration d’impôt sur le revenu relative à l’exercice 2011. En votre qualité de conseil fiscal,
il vous est exposé ce qui suit afin que vous l’aidiez à l’établir sa déclaration d’impôt en lui
précisant, le cas échéant, le montant des retenues exigibles et en y tenant compte dans le
montant de l’impôt dû.

1. Il est le directeur général de la SA ABG, une entreprise organisée sous la forme de


société anonyme. En cette qualité il perçoit une rémunération brute annuelle de
26.000.000 hors avantages.

2. Les avantages qui lui sont accordés et qui sont pris en charge par la SA ABG, tels
que prévus par les clauses du contrat de travail qui le lie à la société, sont les
suivants :

a. l’électricité d’un coût de 800.000 F;


b. l’eau pour 156.000 F;
c. un véhicule de 16 chevaux, acquis à 20.000.000 F en 2010 et qui donne lieu à
une retenue sur salaire de 333.333 par mois sur cinq ans;
d. une ligne téléphonique avec un crédit mensuel de 130.000 F ;
e. une assurance-vie de 200.000 F/mois ;
f. la scolarité de deux (2) de ses enfants, pour 110.000 F chacun.

3. Il dispose de deux (2) immeubles :

a. Un immeuble de 3 niveaux où il habite avec sa famille qui pourrait lui


rapporter, s’il était mis en location, un montant brut de 6.000.000 F par an.
b. Un autre de 4 niveaux : chaque niveau lui a rapporté en 2010 un montant brut
de 4.800.000 F. Depuis le 1er octobre 2011, le rez-de-chaussée de l’immeuble
n’est plus occupé. Des travaux de modification y ont été engagés pour un
coût, au 31 décembre 2011, de 2.000.000 F. A terme, le rez-de-chaussée
servira de siège à la SUARL SENFLOT (une entreprise de revente de
marchandises n’ayant pas opté pour l’imposition de son résultat à l’impôt sur
les sociétés) dont M. Fodé SARR est l’unique associé.

147
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4. Il a payé 1.800.000 F aux vigiles et 600.000 F pour des factures de remise en état de
certaines parties de l’immeuble loué (peinture et serrures) ;

5. Les intérêts de prêts consentis par la BHS pour la construction de ces deux
immeubles représentent 504.000 F en 2011 dont 115.000 F se rapportant à
l’immeuble qu’il occupe. La contribution foncière qu’il a payée la même année pour
l’immeuble qu’il a mis en location représente un montant de 108.000 F.

6. la société SENFLOT, qui a réalisé un chiffre d’affaires de 1.236.000.000 F, a dégagé


un résultat fiscal imposable de 86.000.000 F en 2011.

7. M. Fodé SARR a reçu en 2011 :

a. De la Banque Sénégalaise d’Investissement un montant de 3.600.000 F pour un


Dépôt à terme qu’il a effectué auprès de cette banque.

b. De la Caisse Nationale de Crédit Agricole du Sénégal un montant de 2.300.000 F


pour des intérêts sur un compte ouvert dans cet établissement.

c. Des dividendes de 1.800.000 de la SOMAPREL SA, une société anonyme établie


au Gabon dans laquelle il détient 10% des actions.

Barème du droit progressif :


- de 0 à 600 000 0%
- de 600 001 à 890 000 18% 52 200
- de 890 001 à 1 010 000 22% 26 400
- de 1 010 001 à 1 410 000 25% 100 000
- de 1 410 001 à 2 475 000 28% 298 200
- de 2 475 001 à 3 540 000 30% 319 500
- de 3 540 001 à 7 650 000 35% 1 438 500
- de 7 650 001 à 9 650 000 40% 800 000
- de 9 650 001 à 12 650 000 45% 1 350 000
- au-delà de 12 650 000 50%

B. FISCALITE INDIRECTE

L’entreprise « SEN EVENTS SARL» immatriculée sous le NINEA 007689075 2G2 et


établie au boulevard de la République, Dakar (Sénégal), est spécialisée dans
l’organisation et la promotion d’événements. Ses prestations consistent, selon les
désirs du client, en un package de services comprenant l’accueil, l’hébergement et la
restauration des participants, l’organisation matérielle et la promotion d’évènements.
Pour ce faire, elle dispose de bâches et tentes modulables, de fauteuils, chaises,
matériel de sonorisation, de panneaux numériques installés dans Dakar et dans les
autres régions, etc. Ce matériel est parfois mis en location.

La société vous présente les opérations suivantes la concernant et relatives au mois


de juillet 2012 et sollicite votre éclairage sur leur traitement fiscal au regard des taxes
indirectes.
1. Location de panneaux numériques à un groupe de presse sénégalais dans le
cadre de la promotion d’un nouveau quotidien d’informations générales.
Montant facturé au cours du mois : 15.000.000.

148
Avertissement : Ce document est exclusivement réservé à la formation en fiscalité dispensée par Dr. GNINGUE
2. Facture de 12.000.000 adressée à la représentation diplomatique d’Haïti au
Sénégal pour l’organisation matérielle d’une cérémonie de collecte de fonds en
faveur des victimes du séisme de 2010.

3. Règlement de 10.000.000 au profit de l’Ecole Nationale de formation hôtelière et


touristique (Dakar, Sénégal) qui, sur demande de SEN EVENTS, a organisé au cours
du mois une formation modulaire en accueil et orientation d’hôtes au profit d’une
partie du personnel de la société.

4. Diverses prestations effectuées au profit de l’Agence Nationale pour l’Emploi des


Jeunes (ANEJ) (Dakar, Sénégal). L’ANEJ est un service public de l’emploi sous la
tutelle du ministère en charge de la jeunesse. La facture de 30.000.000 a été
entièrement réglée le même mois.

5. Au cours de cette cérémonie, SEN EVENTS a acquis à 5.000.000 un tableau d’art


auprès du GIE des entrepreneurs de la banlieue dont le NINEA est le 0015784 2T6.
Cette œuvre à la signature du peintre K. KASSE a été offerte par ce dernier au GIE
en soutien à leurs activités.

6. Importation de café dit « café de luxe » avec les indications suivantes : Valeur
CAF : 50. 000. 000, Droits de Douanes = 7.000.000 Prélèvements communautaires :
500. 000. Ce café est utilisé par la société dans le cadre de ses activités au Sénégal.

7. Organisation de la cérémonie d’investiture du président nouvellement élu de


Goundouana City. Montant facturé 75.000.000 TTC. Une commission (TTC) égale à
5% du montant de la facture a été versée à un intermédiaire installé dans ce pays.

8. Une assistance technique d’un montant de 45.000.000 lui a été fournie le même
mois par sa maison mère « SUISSE EVENTS », installée en Suisse, Etat avec lequel
le Sénégal n’a pas signé de convention fiscale.

9. Organisation par la société d’une cérémonie en l’honneur de deux de ses


employés qui partent à la retraite à la fin du mois. Les charges occasionnées par la
cérémonie ont été évaluées à 5.000.000.

10. Cession à 20.000.000 au Port Autonome de Dakar d’un camion de transport de


matériel acquis le 1er janvier 2010 par SEN EVENTS à 25.000.000. Ce camion, dont
la durée d’utilisation est de 10 ans, était utilisé à la fois pour des prestations locales
et à l’étranger.

TRAVAIL A FAIRE

Déterminer le prorata définitif de 2011 ainsi que la situation de la TVA et les autres
taxes indirectes dues au cours du mois de juillet 2012 par SEN EVENTS en
analysant les opérations suivant la démarche ci-après : n°, opération, nature, taxes à
facturer, taxes à collecter, taxes supportées, taxes supportées déductibles, taxes à
imputer en justifiant les solutions retenues.

149
Avertissement : Ce document est exclusivement réservé à la formation en fiscalité dispensée par Dr. GNINGUE
N.B : il vous est précisé qu’en 2011, SEN EVENTS a réalisé le chiffre d’affaires HT
suivant :

1. Locations de bâche : 20.000.000 dont 6 000 000 à l’étranger ;

2. Frais de siège facturés aux succursales sises à l’étranger : 54.000.000 ;

3. Subvention d’exploitation reçue : 45.000.000. Cette subvention est


destinée à appuyer exclusivement les activités de SEN EVENTS à
l’étranger ;

4. Cession d’un véhicule utilitaire exclusivement affecté aux activités


locales pour un montant de 14.000.000 ;

5. Dividendes reçus : 20.000.000 ;

6. Location de chaises 30.000.000 dont 10.000.000 à des clients installés


en Zone Franche Industrielle et les 20.000.000 au chef de la mission
diplomatique allemande ;

7. Organisation d’un séminaire pour l’Etat : 35.000.000 ;

8. Restauration facturée 45.000.000 dont 21.000.000 à un commerçant


relevant de la CGU

9. Séminaire organisé à Dakar au profit d’une entreprise installée au


Royaume-Uni : 11.000.000.

NB
- Sauf précisions contraires, les montants sont hors taxes.
- le prorata définitif de 2010 était de 80%.

C. ENREGISTREMENT
1. Une société (SARL) d’Import – Export au capital de 500 millions a été créée le 04 janvier
2008 par les associés suivants :

BOUSSO a apporté un immeuble de 240 millions grevé d’une hypothèque de 40


millions prise en charge par la société et une somme d’argent de 80 millions ;
l’immeuble a été acquis en 2002 à 100 millions ;

AÏDA a apporté du matériel de bureau et divers meubles meublants pour un montant


de 190 millions ayant un passif (nantissement) de 30 millions pris en charge par la
société ;

MAGUETTE, deux véhicules neufs d’une valeur de 60 millions.

La société procède à une augmentation de capital de 100 millions par incorporation d’une
provision pour pertes et charges.

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Avertissement : Ce document est exclusivement réservé à la formation en fiscalité dispensée par Dr. GNINGUE
Elle a effectué les opérations suivantes :

souscription d’une police d’assurance-vie de 60 millions ;

conclusion d’un bail d’un an renouvelable moyennant un loyer annuel de 2,4 millions ;

acquisition d’un véhicule occasion côté au journal « Argus » pour une valeur de 14
millions ;

un marché de 30 millions avec la société nationale MACAS (bénéficiant de


l’autonomie financière) ;

paiement de la vignette et de la taxe spéciale sur les voitures particulières des


personnes morales de 3 véhicules de puissance fiscale de 9, 15 et 17 chevaux. Les
deux premiers sont des véhicules particuliers utilisés par les dirigeants de la société ;
tandis que le dernier de type camion est affecté au transport du personnel.

Les états financiers présentent un actif global de 1 300 millions, un passif réel de 300
millions imputable sur les actifs immobiliers qui s’élèvent à 440 millions.

La société a fusionné avec une autre société (SNC) dont l’actif global est de 1 100 millions,
un passif réel de 200 millions se rapportant aux meubles en général, des actifs immobiliers
de 360 millions et un capital de 400 millions.

La nouvelle société née de cette fusion a son siège social à Khourounar (Sénégal).

2. Une personne décédée a laissé comme héritiers une veuve, 4 enfants dont un garçon et
son père.

La déclaration de succession faite par les héritiers indique un actif net de 450 millions. Il
ressort des renseignements recueillis que les héritiers ont opéré des déductions suivantes :

- Une dette postérieure au décès de 24 millions, des frais funéraires de 600 000 francs, des
frais de dernière maladie de 800 000 francs, des impôts fonciers dont les rôles sont sortis
au nom du défunt de 500 000 francs et une donation pour cause de mort de 40 millions à
un ami.

- Le défunt avait fait une donation en avancement d’hoirie de 50 millions au profit d’un
garçon. La succession est réglée selon le droit musulman.

TRAVAIL A FAIRE

Déterminer la nature et le montant des droits à payer sur ces opérations.


Coefficient de correction de la taxe de plus-value de l’année 2002 : 1,0087
Tarif de la taxe annuelle sur les véhicules à moteur

Véhicules de tourisme Véhicules de transport


0 à 8 chevaux 18 000 0 à 8 chevaux 7 500
9 à 12 chevaux 28 000 9 à 12 chevaux 9 000
13 à 16 chevaux 80 000 13 à 16 chaux 15 000
17 à 19 chevaux 140 000 au-delà de 16 chevaux 30 000
A partir de 20 chevaux 200 000

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EXAMEN DE FISCALITE DSC 2011
A.Question de cours (05 points)
1. Pourquoi le législateur sénégalais a prévu une période de non négociabilité des droits
sociaux ?
2. Qu’est qui distingue les impôts directs des impôts indirects ? Donnez en quelques
illustrations.
B. Cas pratique (15 points)
Nota Bene : Le cas pratique comprend trois parties indépendantes.

I. FISCALITE DIRECTE
La SUARL YAM 23 au capital de 20.000.000 francs entièrement libéré, a comme actionnaire
unique le sieur THIAT qui en est en même temps son gérant. L’unique activité de la société
est la vente de périodiques d’information (opération exonérée de TVA).
Parmi les éléments qui ressortent de l’examen de ses situations comptable et fiscale on
note:
− Bénéfice comptable de l’exercice 2010 23 000 000 francs.
− Pour la détermination de ce bénéfice, Monsieur Malal, comptable de la société, a
procédé à la déduction des charges suivantes :
− Amende suite à une infraction commise par THIAT 2.300.000 francs
− salaire brut de THIAT 22.500.000 francs ;
− loyer de l’immeuble de 4 pièces mis à la disposition de THIAT par la SUARL,
6.000.0000 FCFA ;
− loyer de l’immeuble abritant les bureaux de la SUARL 10.000.000 FCFA hors TVA.
Malal a intégré la TVA ayant grevé ce loyer dans le montant total de TVA supportée
déductible déclarée le 15 juillet 2010 ;
− frais d’impression des périodiques d’information 15.000.000 FCFA ;
− Salaire de Monsieur Fadel, Directeur commercial de la SUARL 12.000.000 FCFA ;
− Contribution forfaitaire à la charge de l’employeur de l’exercice 2010, 5.000.000
francs
− dotation aux amortissements de 2.000.000 francs concernant un véhicule acquis par
la SUARL le 1er juillet 2010 à 11.800.000 francs TVA comprise. La durée d’utilisation
normale du véhicule est de 5 ans et il est amorti suivant la méthode linéaire. Il convient
de noter toutefois que ce véhicule constitue le seul investissement réalisé par la société
au cours des trois dernières années. La SUARL avait cependant réalisé en 2007 une
plus de 1.500.000 FCFA suite à la cession d’un terrain dont le prix de revient est de
9.000.000 FCFA. L’engagement de réinvestir cette plus-value avait été pris en 2007 et
un traitement fiscal correct de l’opération avait été fait par Malal ;
− Provisions pour créances douteuses 1.500.000 francs. Interrogé sur ce point Malal a
indiqué qu’il s’agit d’une créance sur l’Etat et compte des risques liés aux échéances
électorales de février 2012, il existe un risque de non paiement de cette créance
− Intérêt de 2.000.000 FCFA sur le prêt accordé par THIAT à la SUARL le 1er janvier
2010. Le montant du prêt s’élève à 20.000.000 de FCFA moyennant un taux d’intérêt de
10%. Le taux d’escompte de la BCEAO est de 6%. (Le chiffre d’affaires de la SUARL est
150.000.000 FCFA en 2010.

152
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Par ailleurs, Monsieur THIAT dispose d’un immeuble qui n’est pas dans l’actif de sa SUARL
et qui comporte quatre appartements tous loués. Il a perçu au cours de l’année 2010 un
loyer de 5.000.000 FCFA. Ce montant comprend des arriérés sur l’année 2009 de 550.000
FCFA. Un de ses locataires lui doit 4 mois de loyer évalués à 500.000 FCFA au titre de 2010
mais a supporté les frais des grosses réparations qui incombent contractuellement à THIAT.
Ces frais s’élèvent à 1.000.000 FCFA.
THIAT a procédé à des réparations sur l’immeuble loué pour un montant de 400.000 FCFA.
Il a payé des frais de gardiennage de 600.000 FCFA.
En outre, THIAT a versé à sa mère une pension de 1.000.000 FCFA au cours de l’année
2010 et une prime d’assurance vie de 300.000 FCFA.
Il a également offert à l’Association des Rappeurs du Underground 500.000 FCFA. Il a fait un
don de 150.000 FCFA à la Croix rouge sénégalaise.
TAF

1-la société a opté pour l’opacité fiscale :

-calculer l’impôt sur les sociétés dû par la SUARL YAM 23 au titre de l’exercice 2010. Le
déficit de l’exercice 2005 n’a pas encore été pris en compte pour le calcul de l’IS. Il s’élève à
4.350.000 francs. La dotation aux amortissements de l’exercice 2005 est de 6.250.000
francs.

2-dans le cas de la transparence fiscale

-Déterminer le quotient familial de Monsieur THIAT au titre de l’année 2010.

II.FISCALITE INDIRECTE

L’entreprise ABG immatriculée sous le NINEA 007689075 2G3 est une société de droit
sénégalais spécialisée dans la revente en l’état de denrées alimentaires. Elle dispose aussi
d’un département de maintenance technique, de transport et de bâtiments et travaux publics.
En vue d’établir correctement sa déclaration mensuelle de TVA, elle vous sollicite afin de
l’aider à analyser les opérations suivantes relatives au mois de juillet 2011.
1. Livraison de postes téléviseurs d’une valeur de 50.000.000 F à des commerçants
sénégalais installés à Bissau (Guinée). Transport facturé : 500.000 F.
2. Facture de réparation du bus de transport des ouvriers du département BTP, reçue de la
société « Garage de l’Atlantique SA». Montant : 3 000 000 HT. « Garage de l’Atlantique SA»
est une entreprise immatriculée au centre des grandes entreprises.
3. Don à une ONG d’un véhicule de déplacement de l’équipe technique. Ledit véhicule
(Peugeot 407) a été acquis le 1er janvier 2010 pour 16 500 000 HTVA et devait être amorti
pour cinq ans par la société.
4. Importation de café soluble auprès d’un fournisseur Allemand. Valeur CAF= 3.500.000 ;
Droits de Douane= 780.000 ; Travaux supplémentaires (TS)=500.000 ; COSEC= 560.000.
Une avance de 1.500.000 a été versée au fournisseur allemand le 15 juin 2011. Ce café
importé a été intégralement vendu le même mois à Ali DIOP, un commerçant relevant de la
Contribution Globale Unique, pour un montant de 4.280.000 HTVA.
NB : Le prélèvement Cosec alimente le budget du Conseil sénégalais des Chargeurs.
5. Maintenance du réseau électrique de BATELEC, une société concessionnaire de
service public dans le domaine de l’électricité, sise au Mali. Le coût de la prestation est de

153
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118.000.000 F. ABG a engagé pour la réalisation des travaux des prestataires maliens
domiciliés à BAMAKO dont la rémunération s’élève à 59.000.000,.
6. Assistance technique fournie aux établissements « ABG Mali » et « ABG consulting »
qui sont respectivement des succursales de la société sises à Bamako (Mali) et à Thiès
(Sénégal). Le montant HTVA de chacune de ces prestations : 10 000 000. Aux termes de la
convention fiscale liant le Sénégal au Mali, les sommes représentatives des frais
d’assistance technique sont imposables à l’impôt sur le revenu dans l’Etat où se situe le
bénéficiaire des sommes en cause.
7. Vol, non justifié auprès de l’administration fiscale, d’un véhicule utilitaire destiné à
transporté exclusivement de la farine de blé. Ledit véhicule a été acquis, le 2 janvier 2011,
pour un montant de 20.000.000 FHTVA. La durée d’utilisation prévue pour ce véhicule est de
5 ans.
8. Frais de siège facturés par la maison-mère de la société sise au Caire (Egypte)
dénommée «ABG MAGRHEB » pour un montant HTVA de 130 000 000. Aux termes des
législations sénégalaise et égyptienne ces frais ne sont déductibles qu’à hauteur de 20% de
leur montant à l’impôt sur les sociétés au Sénégal et intégralement imposables à la retenue
BNC au Sénégal.
9. Réception de deux factures d’électricité de la SENELEC, une entreprise concessionnaire
de service public dans le domaine de l’électricité. Ces factures, d’un montant de 4.500.000
FHTVA et 7.800.000 FHTVA sont relatives respectivement au siège social et l’atelier
d’ensachage du riz.
10. ABG veut acquérir une solution informatique auprès d’une entreprise norvégienne. Pour
le financement de l’opération, elle a fait recours à la banque CBAO pour l’acquisition de
ladite solution pour un montant de 37.000.000 HT ; CBEAO lui a facturé des intérêts HT de
1.000.000 F.
11. Echange d’un terrain d’ABG estimé à 50.000.000 FHTVA contre de la marchandise de
même valeur détenue par un commerçant revendeur en l’état.
12. ABG a signé un contrat de prestations de services de transport de ciment avec la
cimenterie SEN CIMENT, installée dans la région de Thiès (Sénégal). Le montant des
prestations facturées au cours du mois s’élève à 30 000 000 HT dont le tiers a fait l’objet de
règlement par virement bancaire.
TRAVAIL A FAIRE
Déterminer le prorata définitif de 2010 ainsi que la situation de la TVA et les autres taxes
indirectes dues au cours du mois de juillet 2011 nette par ABG en analysant les opérations
suivant la démarche ci-après : n°, opération, nature, taxes à facturer, taxes à collecter, taxes
supportées, taxes supportées déductibles, taxes à imputer en justifiant les solutions
retenues.
N.B : il vous est précisé qu’en 2010, ABG a réalisé le chiffre d’affaires HT suivant :
1. Livraison de riz : 20.000.000 dont 6 000 000 à l’étranger ;
2. Frais de siège facturés aux succursales sises à l’étranger : 54.000.000 ;
3. Livraison de thé : 350.000.000 dont 187 000 000 à l’étranger ;
4. Subvention d’équipement reçu : 45.000.000 ;
5. Livraison de blé concassé au Sénégal : 145.000.000 dont 25 000 000 à des clients
bénéficiant d’un régime de suspension et 34 000 000 au chef de la mission diplomatique
française dans le cadre d’une subvention non remboursable accordée au Gouvernement du
Sénégal ;
6. Cession d’un terrain pour un montant de 14 000 000 ;

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7. Vente de rames de papier à l’Etat : 20.000.000 ;
8. Construction d’une villa par les ouvriers d’ABG : 8 000 000. Cette villa est utilisée par
l’entreprise pour loger ses cadres ;
9. Maintenance de réseaux informatiques : 210 000 000 dont le tiers à des clients installés
à l’étranger ;
10. Cession d’un véhicule de tourisme à 45.000.000. Ce véhicule a été acquis le 1er janvier
2011. Durée d’utilisation prévue : 5 ans.
11. Vente de jus de fruits pour 62 000 000 dont 20 000 000 destinés à des bateaux de
pêche navigant en haute mer.
12. Exportation de poissons frais vers la Gambie : 179 000 000.

III.ENREGISTREMENT

1-/ Une société (SARL) au capital de 240 millions de francs CFA a été créée le 5 janvier
2005 par les associés suivants :

- Boury avait apporté un immeuble de 45 millions grevé d’une hypothèque de 5 millions prise
en charge par la société au moment de sa création ; la société s’est engagée en outre à
conserver par devers elle ce bien au moins pendant 11 ans ; ledit immeuble avait été acquis
en 1985 à 12 millions.

- Seynabou apporte un fonds de commerce estimé à 67 millions ayant un passif commercial


de 17 millions pris également en charge par la société ; le passif commercial s’impute sur les
marchandises en stock estimées et détaillées article par article dans un état d’inventaire ;

- Diana amène des véhicules d’occasion évalués à 86 millions gagés à concurrence de 16


millions ; la société s’engage à supporter ces charges ;
- Maurice apporte des créances commerciales qui s’élèvent à 38 millions ;
- Coulibaly du numéraire pour 25 millions ;
- Diomande des meubles meublants d’une valeur de 17 millions.

La société décide de procéder à une augmentation de son capital par de nouveaux apports
composés d’un immeuble de 20 millions et du numéraire pour 10 millions. Cette somme en
numéraire a déjà supporté l’impôt sur le revenu entre les mains de l’associé apporteur.

La société incorpore aussi au capital une somme de 30 millions tirée d’un compte du bilan
n’ayant pas supporté l’impôt sur les sociétés.

Les associés Coulibaly et Seynabou décident de quitter la société en cédant leurs parts
sociales à leur valeur d’apport à Diomande.

La société revoit à la baisse son capital en remettant aux associés la somme de 10 millions
et à Diomande seul l’immeuble apporté à la constitution de la personne morale.

Dans le même temps, la société prend comme résolution de proroger avant son expiration
sa durée de vie et changer sa forme pour devenir une SA ; ce changement de forme n’a pas
eu pour effet la création d’un être moral nouveau. Pour les besoins de ces opérations, la
société déclare un actif global de 700 millions, un passif réel de 140 millions relatif au gage
du matériel roulant d’occasion et des actifs immobiliers de 60 millions.

155
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Enfin la société décide de fusionner avec une SNC qui a un capital de 150 millions, un actif
brut de 400 millions, des actifs immobiliers de 250 millions et un passif réel de 100 millions
imputable sur les marchandises en stock estimées et détaillées du fonds de commerce. La
nouvelle société née de la fusion a son siège social au Sénégal.

2-/ Gaye, Tine et Sylla se partagent 3 immeubles leur appartenant en commun et à raison
de chacun un tiers :
- Gaye s’adjuge celui valant 90 millions et verse une soulte de 15 millions à Sylla
- Tine reçoit l’immeuble évalué à 120 millions et règle la dette commune de 45 millions
- Sylla prend celui qui vaut 60 millions.

3-/ Les héritiers d’une personne décédée ont déposé une déclaration de succession qui
mentionne un actif successoral de 400 millions et ont fourni ensuite les renseignements
suivants :
- les héritiers sont : une veuve, 4 enfants dont deux garçons et le père.
- non prise en compte dans la déclaration: d’un don en avancement d’hoirie de 40
millions au profit des garçons; d’une donation pour cause de mort d’une somme de
12 millions au profit de son oncle ; et de trois contrats d’assurance de 30 millions, 45
millions et 48 millions contre le vol et l’incendie des bijoux souscrits moins de 10 ans
avant le décès.
- déductions :
* frais de dernière maladie 700 000 francs;
* dettes litigieuses 400 000 francs;
* frais funéraires 600 000 francs;
* honoraires du caddy (juge musulman chargé de régler les successions) 1000 000 francs.
La succession doit être réglée selon les règles du droit musulman

TRAVAIL A FAIRE : calculer tous les droits et taxes à réclamer dans chacun de ces cas.

Nota bene : le coefficient de correction de l’année1985 : 1,4399

Matériel autorisé : Une calculatrice autonome.

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EXAMEN DE FISCALITE DSC 2010
I. Question de cours (05 points)

1. La théorie des actes de commerce en matière de droits d’enregistrement.

2. La TVA est considérée comme un impôt « neutre » pour les assujettis et


« indolore » pour les consommateurs. Discutez cette assertion et donnez en
quelques illustrations.

II. Cas pratique (15 points)


Nota Bene : Le cas pratique comprend trois parties indépendantes.

A. FISCALITE DIRECTE
La société unipersonnelle BAGHANA BAGHANA ayant comme actionnaire monsieur
Mensah a comme activités la vente de ballons. Monsieur Mensah dispose d’un immeuble de
rapport qui n’est pas inscrit à l’actif du bilan de la SUARL. Le comptable de la société vient
de déterminer le résultat comptable au titre de l’année 2009. Avant de déclarer ce résultat,
Monsieur Mensah fait appel à vous pour l’édifier sur l’impôt qu’il doit personnellement au titre
de cette année et sur ces obligations fiscales en matière de retenue à la source.
L’examen des documents comptable vous permet de constater qu’au titre de l’année 2009,
les activités de BAGHANA BAGHANA ont généré un bénéfice comptable de 10.000.000
francs.
Parmi les charges et produits comptabilisés pour aboutir à ce résultat, on note :
- L’avance sur bénéficie versée à Monsieur Mensah 7.200.000 francs.
- le salaire brut du comptable 12.500.000 francs. C’est un homme marié, il a 8 enfants
mineurs. Un logement est également mis à sa disposition par la société. Le logement se
situe à Dakar et comprend 4 pièces d’habitation principale. Le loyer payé par la société au
titre de l’année 2009 s’élève à 5.000.000 francs et a été entièrement admise en déduction.
Le loyer a été, en totalité et directement versé, au propriétaire de l’immeuble en l’occurrence
la société anonyme SAR. Les dépenses d’électricité et de téléphone de ce logement sont
prises en charge par BAGHANA .
- Loyer des locaux abritant les bureaux de la société 2.950.000 francs. Ce loyer est
payé directement à Mor ZOULOU propriétaire des locaux
- Somme de 250.000 hors TVA facturée par Makhoury GADIAGA qui a transporté les
ballons que la société a offerts à l’Association des amis de MADIBA. Makhoury est redevable
de l’impôt suivant le régime du réel et dispose d’un NINEA. La TVA facturée par Makhoury a
été admise en déduction de la TVA collectée au titre du mois de novembre 2009.
- Coût de revient des ballons offerts à la Fondation MADIBA 1.000.000 francs
- Redevance brute due à une société américaine au titre de prestations qu’elle a
réalisées au Sénégal pour BAGHANA BAGHANA 15.000.000.
- Reprise sur provision concernant l’impôt sur le revenu de 2008. Le montant est
7.500.000 francs. Le traitement fiscal de la provision en 2008 est conforme aux dispositions
légales

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- Dividende net d’un montant de 9.000.000 FCFA versés à Monsieur Mensha par la
SUARL VUVUZELA. Ladite société qui a comme actionnaire unique Monsieur Mensah a
opté pour l’opacité fiscale. Elle a opéré une retenue de 10% au moment du versement de la
somme.
Par ailleurs, le sieur Mensah dispose d’un immeuble loué. Il a encaissé des loyers d’une
valeur de 2.900.000 francs. Un de ses locataires qui doit payer 100.000 FCFA par mois est
resté toute l’année 2009 sans payer. Parmi les locataires, il y a une école de formation.
Conformément au contrat, l’école assure gratuitement la formation de la fille de Monsieur
Mensah durant toute l’année 2009. Les frais de scolarité d’un étudiant sont de 50.000 par
mois.
Monsieur Mensah a, au cours de l’année 2009, supporté les charges suivantes :
- paiement de la CFPB de l’année 2009 concernant son immeuble de rapport 500.000
francs
- dépenses de réparation de l’immeuble loué 2.500.000 francs
- Paiement des intérêts de 500.000 francs ayant grevé le prêt de 10.000.000 francs
qui a servi à l’achèvement de la construction de son immeuble loué.
- Paiement de la TOM de 2009 exigible sur son immeuble de rapport 400.000 francs
- Paiement des intérêts de 750.000 francs concernant un prêt qui a servi à l’achat de
l’habitation principal de Monsieur Mensah
- Versement d’une pension à son ex épouse 1000.000 francs. Ce montant est fixé par
décision de justice
- Don aux mamans éléphants 1.000.000 francs
- Don à la Croix rouge sénégalaise 400.000 francs

TAF
1- Déterminer, au titre de l’année 2009 les droits proportionnels ainsi que le quotient
familial de Monsieur Mensah, sachant que BAGHANA BAGHANA n’a pas opté pour
l’Impôt sur les sociétés
2- Calculer les impôts que la société doit retenir à la source. Pour les traitements et
salaires vous vous limiterez au calcul du droit proportionnel et du quotient familial.
NB : Mensah est divorcé. Il a 5 enfants mineurs et 2 enfants majeurs l’un a 22 ans et est
étudiant, l’autre est un danseur de 24 ans du groupe « AFRICA ZOULOU ».

B. FISCALITE INDIRECTE

La SA Société Commerciale Africaine (SCA) immatriculée sous le NINEA


52098612G3 est une société spécialisée dans la revente en l’état de marchandises et de
produits divers et qui, par ailleurs, possède un département « maintenance et service
après-ventes ». Cette société qui a enregistré les opérations ci-après au cours du mois de
juin 2010 éprouve des difficultés pour établir ses déclarations mensuelles de taxes
indirectes et fait appel à votre expertise pour être en règle vis-à-vis de l’Administration
fiscale:

1. Livraison de thé vert importé à des demi-grossistes dakarois pour un montant de


18 000 000 HT ;

2. Acquisition de café soluble auprès de la Société de production « Nestlé Sénégal »


pour un montant de 5 millions HTVA. Ces produits ont été intégralement livrés le
même mois à un commerçant installé à Banjul (Gambie) pour un montant HT 5 000
000 ;

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3. Acquisition d’une machine de pesage des produits vendus. Valeur CAF : 16 millions ;
Droits de douane 4 millions ; Prélèvement communautaire de solidarité : 200 000 F ;
Ledit prélèvement est destiné à la CEDEAO ;
4. Frais d’assistance technique facturés par la société « SCF » sise à Paris et qui
possède 98% des actions de la «SCA ». Montant HT : 20 000 000. Aux termes de la
convention fiscale franco-sénégalaise, cette redevance ne doit pas supporter la
retenue BNC au Sénégal ;
5. Réparation pour un montant de 800 000 HT d’ordinateurs appartenant à la société de
téléphonie mobile IKATEL sise au Mali et dont la société de droit sénégalais
SONATEL SA détient 99% des actions ; Le paiement est prévu pour le 1er juillet
2010 ;
6. Vente à la société EIFFAGE, une entreprise de BTP immatriculée au centre des
grandes entreprises (CGE) de matériel de construction d’une valeur de 100 000 000
HT. La société EIFFAGE a réglé le montant de la facture le même jour ;
7. Installation du réseau informatique de la Banque Centrale de la République de
Guinée pour un montant de 8 000 000 HT. Dans le cadre de cette opération, une
commission de 1 000 000 a été payée a monsieur Lamarana Diallo, un
commissionnaire d’affaires installé a Conakry ;
8. Livraison de tables-bancs scolaires pour un montant de 10 000 000 FHT à l’ONG
Plan International dans le cadre de l’équipement d’une école sise dans la région de
Saint-Louis. Cette opération a été entièrement financée par des donateurs
norvégiens qui parrainent des écoliers sénégalais;
9. La SCA » a gagné un marché de livraison de semoule de blé en Guinée-Bissau. Pour
le financement de l’opération, elle a fait recours à la banque ECOBANK pour
l’acquisition desdits produits pour un montant de 30.000.000 HT ; ECOBANK lui a
facturé des intérêts HT de 1.000.000 F ;
10. Facture du mois de juin 2010 d’un montant de 300 000 francs reçue de la compagnie
d’électricité SENELEC, une société nationale immatriculée au centre des grandes
entreprises (CGE);
11. Acquisition auprès d’un concessionnaire de véhicules dakarois d’un camion destiné à
la livraison des produits vendus selon les conditions ci-après : Montant HT
30 000 000. Un acompte de 50% du montant HT a été effectué à la livraison du
camion et le paiement du solde est prévu pour le 1er Aout 2010 ;
12. Facture de 500.000 F reçue de l’entreprise « Transport International » qui a
transporté pour le compte de la SCA du ciment destiné a un client installé a Bamako
(Mali) ;
13. Vente le 30 juin pour un montant de 6 000 000 HTVA du véhicule de promotion des
produits de la société. Ledit véhicule destiné aux déplacements professionnels de
l’équipe commerciale a été acquis le 1er janvier 2009 pour 10 000 000 HTVA et
devait être amorti pour cinq ans par la société.
14. Acquisition d’emballages destinés au thé livré à l’étranger: Montant HT 3 000 000.

TRAVAIL A FAIRE :

a. Déterminer le prorata définitif de 2009 ainsi que la situation de la TVA et


les autres taxes indirectes dues au cours du mois de juin 2010 nette par
la «SCA » en analysant les opérations suivant la démarche ci-après : n°,
opération, nature, taxes à collecter, taxes supportées, taxes supportées
déductibles, taxes à imputer en justifiant les solutions retenues.

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Avertissement : Ce document est exclusivement réservé à la formation en fiscalité dispensée par Dr. GNINGUE
b. N.B : il vous est précisé qu’en 2009, la SA « SCA » a réalisé le chiffre
d’affaires suivant :
− Livraison d’oignons : 200.000.000 dont 60 000 000 à l’étranger ;
− Livraison de thé vert : 300.000.000 dont 100 000 000 à l’étranger ;
− Livraison de matériel informatique à des entreprises sénégalaises :
100.000.000 dont 20 000 000 à des clients bénéficiant d’une exonération
résultant des dispositions de l’article 310 du Code général des Impôts et
30 000 000 à des entreprises franches d’exportation ;
− Cession du camion exclusivement destiné au transport d’oignons pour un
montant de 10 000 000 ;
− Livraison de tables-blancs à l’Université de Dakar : 20.000.000 ;
− Construction d’un hangar par les ouvriers de la société SCA.: 8 000 000 ;
− Maintenance de matériels vendus : 80 000 000 dont 40 000 000 à des clients
installés à l’étranger ;
− Livraison de café à des clients établis au Sénégal : 30 000 000 dont
10 000 000 à des compagnies de navigation aérienne faisant plus 80% de
leur chiffre d’affaires avec l’étranger.

C. ENREGISTREMENT
1. Souleymane est décédé en laissant comme héritiers son épouse, un fils, 3 filles et ses
deux parents,
La déclaration de succession faite selon le droit musulman fournit les renseignements
suivants :
- actif successoral 350 millions,
- charges déduites : frais de dernière maladie 800 000 francs, dettes
postérieures au décès 20 millions,
- autres renseignements : don en avancement hoirie de 30 millions à son fils ; une donation
pour cause de mort à son oncle de 50 millions, un don manuel de 10 millions ayant fait l’objet
d’une reconnaissance judiciaire, une police d’assurance de 40 millions contre le vol et
l’incendie des bijoux et pierreries souscrite deux ans avant le décès,

2. Une personne cohéritière avec ses trois frères d’un immeuble estimé à 200 millions,
acquiert les parts de ces derniers sur l’immeuble.

3. Un bail viager à nourriture est consenti moyennant un loyer mensuel de 100 000 francs.

4. Un marché pour la fourniture de matériels informatiques d’un montant de 150 millions lie le
ministère du commerce et l’entreprise privée DALA.

5. Sokhna âgée de 23 ans, a reçu en apport en mariage, l’usufruit d’un fonds de commerce
stipulé pour une durée de 9 ans. La valeur du fonds de commerce est de 60 millions.

6. Une assurance tous risques de 30 millions par an souscrite pour une durée de trois ans.

7. Un promesse synallagmatique portant vente d’un immeuble de 50 millions avec une


clause de réméré.

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8. Partage de 4 immeubles en indivision entre DIOP, NDIAYE, GUEYE et NIANG ayant des
droits identiques. Il existe un passif commun de 60 millions à payer à raison de chacun un
quart.
- DIOP reçoit l’immeuble de 100 millions et verse une soulte 20 millions à NDIAYE ;
- NDIAYE recueille celui qui vaut 90 millions mais paie sa part de dette commune et
celle de DIOP ;
- GUEYE se voit attribuer l’immeuble estimé à 70 millions et paie 25 millions de dette
commune ;
- NIANG reçoit le dernier immeuble d’une valeur de 120 millions, règle le reliquat de sa
dette commune, puis verse une soulte de 35 millions à GUEYE.

9. DIOP, NDIAYE, GUEYE et NIANG créent le 13 janvier 2006 une société (SARL) de vente
d’instruments de musique dont le capital initial est de 6 millions.
Le 14 février 2007 elle procède à une augmentation de capital en numéraire de 2 millions.
Le 16 juin 2008 elle procède à une autre augmentation de capital par incorporation d’une
somme de 20 millions qui n’a pas supporté l’impôt sur les sociétés (IS) et par les apports
nouveaux des associés suivants:
- DIOP a apporté un immeuble de 97 millions grevé d’une hypothèque de 15 millions à
prendre en charge par la société ; l’immeuble avait été acquis en 1992 à 35 millions ;
- NDIAYE a apporté un fonds de commerce de 54 millions ayant un passif commercial
de 14 millions à supporter par la société;
- GUEYE a comme apport du matériel et du mobilier de 65 millions nanti à
concurrence de 15 millions ; la société s’engage à prendre en charge ce
nantissement.
- NIANG apporte des créances commerciales d’une valeur de 122 millions dont 22
millions de créances douteuses que la société s’est engagée à régler,

Le 18 juillet 2008 la société procède avant terme, à la prorogation de sa durée : actif global
brut 750 millions, actifs immobiliers 200 millions et passif réel 150 millions imputable sur les
actifs immobiliers.
Fusion de la société avec une autre société (SA) qui a un capital 100 millions, un actif brut
de 360 millions, des actifs immobiliers de 90 millions et un passif réel de 75 millions
imputable sur les marchandises neuves estimées et détaillées article par article d’un fonds
de commerce figurant à l’actif de son bilan. La nouvelle société née de cette fusion a son
siège social à Dakar (Sénégal).

TRAVAIL A FAIRE : déterminer la nature et le montant des droits à payer


NOTA BENE : coefficient de la taxe de plus value année 1992 : 1,8464
taux de la taxe spéciale sur l’assurance tous risques : 10%

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EXAMEN DE FISCALITE DSC 2009

A. Question de cours (05 points)

1. Expliquer la théorie de l’abus de droit en matière fiscale ;

2. Expliquer la notion de bouclier fiscal en matière d’impôt sur le revenu.

B. Cas pratique (15 points)


Nota Bene : Le cas pratique comprend trois parties indépendantes.

I. FISCALITE DIRECTE

Le GIE KOUPER & AUGMENTELEC a comme activité principale la vente de


matériel électrique à travers ses multiples magasins disséminés dans le pays. Il
dispose d’un immeuble de rapport qui est inscrit à l’actif de son bilan.
Le sieur SAM, président du GIE avec 60% de parts, dispose d’un immeuble de
rapport sis aux Parcelles assainies et d’une ferme située à MBANN.
Au titre de l’année 2008, les activités du GIE ont généré un bénéfice comptable de
8.000.000 francs dont 2.000.000 de francs représentant les revenus tirés de la
location de son immeuble.
Parmi les charges et produits comptabilisés pour aboutir à ce résultat, on note :
- le salaire brut de Monsieur SAM Président du Groupement 10.200.000 francs.
Les retenues opérées sur son salaire au titre de l’impôt sur le revenu (IR) et
effectivement reversées par le GIE à la Perception de Dakar Source, sont de
2.987.240 francs
- le salaire brut de SEYDINA ; l’autre associé du GIE avec 40% des parts,
7.949.675 francs. Les retenues IR de 1.350.325 francs opérées sur son
salaire n’ont pas été reversées par le GIE.
- Loyer des locaux abritant les bureaux du GIE 1.250.000 francs hors TVA
- Prime d’assurance-vie de SAM 500.000 francs
- Droits de douane sur les marchandises importées 12.500.000 francs
- Dotation aux amortissements de l’immeuble de rapport 4.500.000 francs
- Provision pour impôt sur le revenu 5.200.000 francs
- Intérêt sur le compte courant de SAM 1.200.000 francs. SAM a mis à la
disposition du GIE un montant de 12.000.000 depuis le 1er janvier 2008
moyennant un intérêt au taux annuel de 10%. Le taux d’escompte de la
BCEAO est de 6%
- Salaire brut du directeur financier du GIE 12.000.000 francs
- Frais d’entretien des bureaux du GIE 350.000 francs

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- Loyers encaissés par le GIE 12.500.000 francs. Il est à noter que deux
locataires du GIE n’ont pas encore payé leur loyer du mois de décembre
2008. Le montant des impayés qui est de 600.000 francs n’est pas pris en
considération dans les produits
- Reprise sur provision concernant une créance douteuse 570.000 francs. Le
client avait des difficultés financières avérées au moment de la constitution de
la provision en 2007
Par ailleurs, le sieur SAM dispose d’un immeuble situé aux Parcelles assainies qu’il a
mis en location. Il a encaissé des loyers d’une valeur de 2.500.000 francs. Sa ferme
située à MBANN lui a rapporté un bénéfice de 3.330.000 francs. Il a également
gagné au PMU de la LONASE un lot de 3.500.000 francs.
Monsieur SAM a, au cours de l’année 2008, supporté les charges suivantes :
- paiement de la CFPB de l’année 2008 concernant son immeuble de
rapport 350.000 francs
- dépenses de réparation de l’immeuble loué 850.000 francs
- Paiement des intérêts de 500.000 francs ayant grevé le prêt de
10.000.000 francs qui a servi à la construction de son habitation principale.
- Paiement de la TOM de 2008 exigible sur son immeuble de rapport
450.000 francs
- Rémunération des gardiens de l’immeuble loué 960.000 francs
- Prime d’assurance concernant l’immeuble loué 450.000 francs
- Réparation de son véhicule personnel 450.000 francs
- Versement d’une pension à son père 540.000 francs
- Don aux imams de GUEDIAWAYE 1.000.000 francs
- Don à la Croix rouge sénégalaise 400.000 francs

Travail à faire :

Déterminer, au titre de l’année 2008 et pour l’associé SAM uniquement, les droits
proportionnels ainsi que le quotient familial, sachant que le GIE n’a pas opté pour
l’Impôt sur les sociétés.

NB : SAM est marié avec 4 enfants mineurs et 2 enfants majeurs l’un a 22 ans et est
étudiant au CEPECS, l’autre est un rappeur de 24 ans.
Le partage du bénéfice du GIE se fait proportionnellement à la part de chacun des
associés.

II. FISCALITE INDIRECTE

La SA «MOULINS ET PAPIERS » immatriculée sous le NINEA


93615242G3 est une société industrielle disposant d’une part d’une minoterie et

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d’autre part d’une grosse unité d’impression. Par ailleurs, elle dispose de deux
départements : l’un s’occupant de la revente en l’état de marchandises et de
produits divers et l’autre du service après-vente des produits de la société.
Cette société qui a enregistré les opérations ci-après au cours du mois de
juin 2009 éprouve des difficultés pour établir ses déclarations mensuelles de taxes
indirectes et fait appel à votre expertise pour être en règle vis-à-vis de
l’Administration fiscale :

1. Livraison de farine de blé destiné à la production du pain à des boulangeries


sénégalaises pour un montant HT de 80 000 000. On vous signale que depuis le
second semestre 2008, la TVA n’est pas appliquée sur le pain suite à une
décision gouvernementale.
2. Importation de blé : Valeur CAF : 200 000 000 ; Droits de douane : 40 000 000 F,
COSEC : 800 000 ; PCS : 100 000 ;
3. Impression pour la SONATEL SA de logos figurant dans les factures des abonnés
pour un montant TTC de 25 000 000 dont la moitié a été payée en juin. La
société SONATEL SA est une entreprise concessionnaire de service public dans
le domaine du téléphone domiciliée au centre des grandes entreprises. Il est
prévu que le solde sera payé le 10 juillet 2009.
4. Importation d’une machine destiné au concassage du blé : Valeur CAF :
80 000 000 ; Droits de douane : 16 000 000 F, COSEC : 300 000 ; PCS :
200 000. Pour le financement de l’acquisition de cette machine la SA «MOULINS
ET PAPIERS » a souscrit auprès de la société ECOBANK un prêt d’une durée de
sept (7) ans. Montant de l’intérêt bancaire facturé : 2 000 000 ;
5. Acquisition auprès de la société de la société de revente de produits pétroliers
PETROLUM SA du gasoil destiné au groupe électrogène de l’unité industrielle
d’impression pour un montant HT : 6 000 000
6. Importation de boissons gazeuses : Valeur CAF : 30 000 000 ; Droits de douane :
6 000 000 F, COSEC : 200 000 ; PCS : 100 000 . La totalité de ces boissons
gazeuses a été livrée au cours du mois de juin à des cantines scolaires
sénégalaises pour un montant HT de 36 000 000 ;
7. Frais de siège facturés au prorata du chiffre d’affaires par la maison-mère de la
société sise à Rabat (Maroc) dénommée «Les MOULINS du MAGRHEB » pour
un montant HTVA de 100 000 000. Aux termes des législations sénégalaise et
marocaine ces frais ne sont déductibles qu’à hauteur de 20% de leur montant à
l’impôt sur les sociétés au Sénégal et intégralement imposables à cet impôt au
Maroc ;
8. Importation d’un camion de livraison des produits de la société : Valeur CAF :
20 000 000 ; Droits de douane : 4 000 000 F, Droits d’enregistrement: 1 200 000 ;
COSEC : 200 000 ; PCS : 100 000 ;
9. Construction et aménagement par les ouvriers de l’entreprise d’un espace utilisé
comme lieu de culte par les employés. Coût de la construction HTVA 10 000 000.
Il est prévu que ce lieu de culte sera inauguré le 10 juillet 2009 ;
10. Assistance technique fournie à l’établissement «MALI FOOD & PAPERS » qui
est une succursale de la société sise à Bamako (Mali). Montant HTVA :
10 000 000 ; Aux termes de la convention fiscale liant le Sénégal au Mali, les
sommes représentatives des frais d’assistance technique sont imposables à
l’impôt sur le revenu dans l’Etat où se situe le bénéficiaire des sommes en
cause ;

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11. Impression de la revue « PROGRAMMES TELE AFRICABLE » appartenant à la
chaîne de télévision AFRICABLE sise à BAMAKO (Mali) pour un montant HT de
5 000 000
12. Cession le 1er juin 2009 pour 15 millions HTVA du camion de transport
exclusivement utilisé pour les livraisons de la farine de blé dans les pays de la
sous-région. Ledit véhicule a été acquis le 2 janvier 2008 pour un montant de 15
millions HTVA. Durée d’utilisation prévue : 4 ans.
N.B : Le Cosec et le PCS sont deux prélèvements dont l’un est destiné au Conseil
sénégalais des chargeurs et l’autre à la CEDEAO.

TRAVAIL A FAIRE :

1. Déterminer le prorata définitif de 2008 ainsi que la situation nette vis-à-vis


du Trésor public de l’entreprise «MOULINS ET PAPIERS »au titre du mois
de juin 2009 en analysant les opérations suivant la démarche ci-après : n°
opération, nature, taxes à collecter, taxes supportées, taxes supportées
déductibles et observations en justifiant les solutions retenues.
2. N.B : il vous est précisé qu’en 2008, les comptes de la société présentaient
le chiffre d’affaires HT suivant :
a) Livraison de farine au Sénégal : 400.000.000
b) Livraison de papier journal de presse au Mali : 175.000.000
c) Cession de créances commerciales à une entreprise sénégalaise de
courtage : 100.000.000
d) Livraison à soi-même d’hangars destinés au stockage de la farine de
blé pour un montant de 50 000 000
e) Livraison de rames de papier à la Direction de l’Education Elémentaire
du Ministère de l’Education Nationale pour un montant de 125 000 000
f) Maintenance d’appareils pour un montant de 200.000.000 dont
75 000 000 pour le compte de la succursale de la société sise au Mali
g) Livraison de ciment à des entreprises de BTP pour un montant de
300 000 000 dont 150 000 000 pour celles immatriculées au centre des
grandes entreprises
h) Impression de documents pour le compte de la représentation de
l’Unicef à Dakar pour un montant de 20.000.000
i) Livraison de papier journal de presse au Sénégal : 180.000.000
j) Impression de quotidiens d’informations générales : 120 000 000

III. ENREGISTREMENT
1/ Une personne mariée sous le régime de la communauté des biens divorce d’avec
sa femme. L’actif communautaire s’élève à 650 millions contre un passif
communautaire de 150 millions ; la communauté est dissoute suite au divorce.
Cette personne disposait par ailleurs de biens propres hors communauté de 200
millions.
Elle a consenti à sa mère, une donation en avancement d’hoirie de 40 millions et une
donation pour cause de mort à son frère et à sa sœur pour 50 millions.
Cette personne décède et laisse comme successibles : sa mère, 4 enfants dont deux
filles, son frère et une sœur.

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Avertissement : Ce document est exclusivement réservé à la formation en fiscalité dispensée par Dr. GNINGUE
Pour permettre à l’administration fiscale de les aider à remplir la déclaration de
succession * du de cujus, les héritiers ont fourni les renseignements suivants :
- frais de dernière maladie 600 000 francs ;
- frais d’inventaire des biens 800 000 francs ;
- dettes litigieuses 1 million de francs ;
- don manuel sans aveu du donataire ou reconnaissance judiciaire de 1,2
million ;
- trois polices d’assurances contre le vol et l’incendie des bijoux souscrites au
cours des 5 dernières années avant le décès de 10 millions, 14 millions et 18
millions.
La dévolution successorale sera réglée selon le droit musulman.
Nota bene : la déclaration n’est pas encore faite, il vous revient donc de la remplir en
tenant compte de ces différents éléments.

2/ Une société (SNC) créée le 03 janvier 2003 avec un capital de 400 millions (divisé
en parts sociales de 100 000 francs la part) par les associés ci-après :
Malick a apporté un immeuble de 160 millions grevé d’une hypothèque de 60 millions
prise en charge par la société ; l’immeuble a été acquis en 1997 à 80 millions ;
Diallo a apporté un fonds de commerce de 120 millions ayant un passif commercial
de 20 millions imputable sur les marchandises neuves estimées et détaillées article
par article à supporter par la personne morale ;
Diéme a apporté des véhicules neufs d’une valeur de 90 millions gagés à
concurrence de 30 millions que la société s’est engagée à solder ;
Jean apporte des créances commerciales de 130 millions avec des créances
douteuses de 40 millions à payer par la société ;
Yopo apporte du numéraire pour 50 millions.
La société a effectué les opérations suivantes :
- échange d’un immeuble de 160 contre un terrain de 145 millions adjugé 6 mois
avant à 150 millions ;
- vente d’un terrain sis dans le périmètre de la zone d’aménagement concerté à
la somme de 70 millions à une société d’aménagement agréée;
- usufruit de 20 ans concédé au gérant de la société portant sur le fonds de
commerce estimé à 120 millions ;
- bail pour une durée illimitée d’un local d’habitation moyennant un loyer
mensuel de 100 000 francs ;
- cession le 12 avril 2004 des parts sociales de Jean à leur valeur d’apport
majorée d’une prime de 20 000 francs par part;
- acquisition d’un véhicule neuf importé ayant une valeur CAF de 12 millions
avec des droits de porte de 6 millions (droits de douane, TVA etc...) ;
- un marché de 200 millions avec la direction nationale de l’emploi des jeunes et
un marché de 130 millions avec la mairie de Pikine ;
- jugement perdu contre un de ses employés à payer des dommages et intérêts
de 60 millions ;
- une assurance contre l’incendie de 24 millions l’année ;
- paiement du droit de timbre de quittance sur une facture d’eau de 246 750
francs ;
- paiement de la taxe annuelle sur les véhicules à moteurs (vignette) et de la
taxe spéciale sur les voitures particulières des personnes morales des
véhicules de puissance fiscale de 12 chevaux, 9 chevaux et 13 chevaux ; le
dernier est une camionnette destinée au transport du personnel de la société ;

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Avertissement : Ce document est exclusivement réservé à la formation en fiscalité dispensée par Dr. GNINGUE
- augmentation du capital de la société par apports nouveaux de 36 millions et
par incorporation d’une réserve de 64 millions ;
- prorogation de la société avant terme de la durée de l’être moral : actif global
brut 950 millions, actifs immobiliers 400 millions et passif réel 250 millions
imputable sur les actifs immobiliers ;
- réduction de 200 millions du capital : par la remise à Yopo de l’immeuble
apporté à la constitution à sa valeur d’apport et le reste est du numéraire à
répartir entre les autres associés ;
- amortissement du capital de 180 millions ;
- changement de forme juridique de la société qui devient une SARL ; cette
opération n’a pas entraîné la création d’un être moral nouveau ;
- fusion de la société avec une autre société (SA) qui a un capital de 200
millions, un actif brut de 450 millions, des actifs immobiliers de 150 millions et
un passif réel de 120 millions imputable sur les marchandises neuves estimées
et détaillées article par article d’un fonds de commerce figurant à l’actif de son
bilan. La nouvelle société née de cette fusion a son siége à Pout (Sénégal).

TRAVAIL A FAIRE : Déterminer la nature, les quotités et le montant des droits


et taxes à payer sur toutes ces opérations.
Nota bene
Coefficient de la taxe de plus value année 1,2275
Taux de la taxe d’assurance incendie 20%
Vignettes automobiles
Véhicules de tourisme Véhicules de transport
0 à 8 chevaux 18 000 0 à 8 chevaux
7 500
9 à 12 chevaux 28 000 9 à 12 chevaux
9 000
13 à 16 chevaux 80 000 13 à 16 chevaux
15 000
17 à 19 chevaux 140 000 au-delà chevaux
30 000
à partir de 20 chevaux 200 000

167
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EXAMEN DE FISCALITE DSC 2008

A. Question de cours (05 points)

1. Citer les différentes opérations pouvant bénéficier d’office ou sur


demande du paiement fractionné des droits d’enregistrement.

2. Expliquer les notions d’opacité et de transparence fiscales en matière


d’impôt sur le revenu

B. Cas pratique (15 points)


Nota Bene : Le cas pratique comprend trois parties indépendantes.

I. FISCALITE DIRECTE

La société DOOR SUARL au capital de 25.000.000 francs entièrement libéré, a


comme actionnaire unique le sieur Cambel qui en est en même temps son gérant.
L’unique activité de la société est la vente de périodiques d’information (opération
exonérée de TVA).

L’examen de ses situations comptable et fiscale fait ressortir les éléments suivants :

- Bénéfice comptable de l’exercice 2007 14 000 000 francs.

Pour la détermination de ce bénéfice, monsieur Karamoko POUYE comptable de la


société a procédé à la déduction des charges suivantes :
- Amende suite à un redressement fiscal 1.300.000 francs
- salaire brut du Gérant de la société 12.500.000 francs. Un logement est
également mis à sa disposition par la société. Le logement se situe à Dakar et
comprend 4 pièces d’habitation principale. Le loyer payé par la société au titre de
l’année 2007 s’élève à 6.000.000 francs et a été entièrement admise en déduction.
Le loyer a été, en totalité et directement versé, au propriétaire de l’immeuble à savoir
le sieur Cheikh T SY.
- Contribution foncière des propriétés bâties concernant l’immeuble appartenant
à l’épouse du Gérant 500.000 francs
- dotation aux amortissements du mobilier de bureau de la société 2.000.000
francs. Le mobilier a été acquis le 1 janvier 2007 à 11.800.000 francs TVA
comprise. La durée d’utilisation normale du mobilier est de 5 ans et il est amorti
suivant la méthode linéaire.
- Provisions pour créances douteuses 2.500.000 francs. Interrogé sur ce point
Karamoko POUYE a indiqué qu’il s’agit d’intérêts sur titre d’Etat qui sont échus et
non encore payé. Dans la mesure où la presse renseigne tous les jours que l’Etat est
en faillite du point de vue de ses finances, il a, par prudence, provisionné cette
somme.

168
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- Sommes versées à une société américaine qui a concédé l’usage d’un brevet
à la SUARL DOOR 4.500. 000 francs. Aux termes du contrat qui lie les deux
sociétés, tous les impôts exigibles au Sénégal sont à la charge de DOOR SUARL.

Par ailleurs, Monsieur Cambel dispose d’un immeuble qui n’est pas dans l’actif de sa
SUARL et qui comporte quatre appartements tous loués. Il a perçu au titre de l’année
2007 un loyer de 6.000.000 FCFA dont un montant de 2.832.000 FCFA (TVA
comprise) concernant l’appartement loué par la société LIIF SA pour y abriter ses
bureaux.
Monsieur Cambel est marié et est père d’une fille. Il a, au cours de l’année 2007,
versé une pension à sa mère de 400.000 FCFA et une prime d’assurance vie de
300.000 FCFA.

Travail à faire :

1- la société a opté pour l’opacité fiscale :

- calculer l’impôt sur les sociétés dû par DOOR SUARL au titre de l’exercice
2007. Le déficit de l’exercice 2003 n’a pas encore été pris en compte pour le
calcul de l’IS. Il s’élève à 12.350.000 francs. La dotation aux amortissements
de cet exercice est de 6.200.000 francs.

- Calculer les impôts qui doivent être retenus à la source par la SUARL DOOR

2- dans le cas de la transparence fiscale

- Déterminer le quotient familial de Monsieur Cambel au titre de l’année 2007

II. FISCALITE INDIRECTE

La SA «CBM » immatriculée sous le NINEA 02538612G3 est une société


spécialisée dans la revente en l’état de marchandises et de produits divers. Elle
dispose également d’un important département maintenance d’appareils
électroménagers. Cette société qui a enregistré les opérations ci-après au cours
du mois de juin 2008 éprouve des difficultés pour établir ses déclarations
mensuelles de taxes indirectes et fait appel à votre expertise pour être en règle
vis-à-vis de l’Administration fiscale :

1. Frais d’assistance technique adressés par la société « CBM ITALIE » installée à


Rome pour la redevance due au titre du mois de juin : 10 000 000 HT. Aux termes
de la convention fiscale Italie-Sénégal, cette redevance ne doit pas supporter la
retenue BNC au Sénégal.
2. Vente de matériel informatique à des clients guinéens de passage à Dakar et qui
ont profité d’une escale d’une demi-journée pour faire des achats. Montant HT :
5 000 000 ; Rabais 10% en raison du fait que ces clients partagent la même
nationalité que le directeur commercial.

169
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3. Acquisition de cigarettes premium auprès de la société de production de tabacs
« MTOA » selon les conditions ci-après : Montant HTVA 20.000.000 ; débours
réels de transport : 800 000 FTTC. Ces produits ont été intégralement cédés le
même mois pour un montant HT de 19 000 000 à la Cie « AIR France » pour
l’approvisionnement de ses aéronefs
4. Facture de la société de crédit-bail « Locafrique » qui a mis à la disposition de
CBM le matériel d’exploitation de son département « Maintenance ». Montant de
la redevance du mois de juin 2008 : 500 000 HT à payer selon les termes du
contrat le 05 du mois suivant celui facturé.
5. Maintenance du matériel informatique de la Présidence sénégalaise. Montant
HT : 2 000 000. Le montant total de la facture a été payé le 30 juin 2008.
6. Vente de matériel informatique à des diplomates étrangers résidant à Dakar.
Montant HT : 8 000 000
7. Acquisition de pommes de terre auprès de la Société Sénégalaise Commerciale
du Sud S.A pour un montant de 60 000 000 HT. Ces produits ont été revendus
intégralement au cours du mois de juin à 59 000 000 HT.
8. Vente de cigarettes économiques à un demi-grossiste sénégalais selon les
conditions suivantes : Montant HT des cigarettes 10 000 000 ; intérêt pour crédit
de trois mois accordé : 5% du montant HT. Un acompte de 50% du montant HT a
été effectué à la livraison et le paiement du solde est prévu pour le 1er septembre
2008.
9. Cession le 1er juin 2008 pour 6 millions HTVA au Directeur commercial de la
Renault « Laguna 2 » que celui-ci utilisait pour ses déplacements professionnels.
Ledit véhicule qui a subi quelques chocs a été acquis le 1er février 2007 à 15
millions HTVA. Durée d’utilisation prévue : 4 ans.
10. Importation d’une machine destinée à l’ensachage des pommes de terre et du riz
: Valeur CAF= 18.000.000 ; Droits de Douane= 2.000.000 ; Prélèvement
communautaire de Solidarité 500 000 F ; Ledit prélèvement est destiné à la
CEDEAO. Pour le financement de l’acquisition de l’ensacheuse, la banque
ECOBANK a facturé à la CBM des intérêts d’un montant hors taxes de 500.000 F
11. Subvention de 200 000 000 versée par le gouvernement du Sénégal en
contrepartie de l’engagement de la CBM de vendre le riz brisé au prix fixé par
l’Etat en vue d’endiguer l’inflation.
12. Construction par les ouvriers de la société CBM d’un hangar destiné au stockage
des produits vendus. Coût des travaux : 10 000 000 HT. La date de mise en
service du hangar est prévue pour le 1er juillet 2008.
13. Vente de ciment à la société EGBTP, une entreprise de BTP immatriculée au
centre des grandes entreprises (CGE) pour un montant de 20 000 000 HT. Le
paiement de la facture est prévu pour le 1er août 2008.
14. Importation de parfums de luxe en vue de leur revente : Valeur CAF 10 millions ;
Droits de douane 2 millions ;
15. En vue de consolider son leadership en Afrique dans le domaine informatique, la
CBM a signé avec le magazine « Jeune Afrique » basé à Paris un contrat de
publicité vantant les mérites du matériel informatique exporté par la société ;
Facture de juin 2008 : 800.000 F

170
Avertissement : Ce document est exclusivement réservé à la formation en fiscalité dispensée par Dr. GNINGUE
16. Cession le 30 juin 2008 pour 30 millions HTVA à des clients dakarois du matériel
d’exploitation auparavant utilisé par le département "maintenance". Lesdites
machines ont été acquises le 1er janvier 2007 à 40 millions HTVA. Durée
d’utilisation prévue : 3 ans.

TRAVAIL A FAIRE :

1. Déterminer le prorata définitif de 2007 ainsi que la TVA nette ou le crédit


de TVA de l’entreprise «CBM » du mois de juin 2008 en analysant les
opérations suivant la démarche ci-après : n° opération, nature, taxes à
collecter, taxes supportées, taxes supportées déductibles et observations
en justifiant les solutions retenues.
2. N.B : il vous est précisé qu’en 2007, la société a réalisé le chiffre d’affaires
HT suivant :
a) Vente de cigarettes au Sénégal : 300.000.000
b) Livraison de riz : 120.000.000 dont 60 000 000 à des clients en
provenance de la Gambie
c) Maintenance de machines appartenant à des clients installés à LOME
(Togo) : 100.000.000
d) Livraison de matériel informatique au Sénégal : 800.000.000 dont 150
millions à des entreprises franches d’exportation
e) Livraison à soi-même d’un bâtiment destiné au service médical de
l’entreprise pour un montant de 50 000 000
f) Livraison de matériel médical à une entreprise bénéficiant du régime de
la suspension de la TVA : 30 000 000
g) Livraison de matériel informatique en Mauritanie : 200.000.000
h) Indemnités d’assurance perçues de la Cie AXA à la suite de divers
sinistres : 100 000 000
i) Livraison de pommes de terre au Sénégal : 80 000 000
j) Maintenance de machines appartenant à des clients bénéficiant d’une
exonération résultant des dispositions de l’article 310 du Code général
des Impôts : 20 000 000

III. ENREGISTREMENT

1/ Une entreprise de droit privée spécialisée en informatique a cédé son site web à
la somme de 90 millions.

2/ Une société de confection a passé un marché de 65 millions avec le COUD


pour l’habillement du personnel chargé de la surveillance des facultés et instituts de
l’UCAD ; le COUD est un établissement public à caractère administratif qui tire ses
ressources du budget de l’Etat du Sénégal.

3/ Jean, Henry, Gaston et François sont propriétaires indivis de 4 immeubles et ont


chacun les mêmes droits sur ces immeubles ; il existe une dette commune de 120
millions à supporter par chacun pour un quart ; la répartition desdits immeubles s’est
opérée comme suit :

171
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- Jean reçoit l’immeuble de 240 millions et verse une soulte de 50 millions à
Gaston mais paie 70 millions de dette commune ;
- Henry se voit attribuer l’immeuble valant 210 millions, paie 50 millions de
dette commune et verse une soulte de 40 millions à François;
- Gaston recueille l’immeuble estimé à 70 millions;
- François reçoit celui revenant à 80 millions.

4/ Déterminer le montant du droit de timbre de quittance sur une facture d’eau de


213 000 francs.

5/ Un couple marié sous le régime de la communauté des biens a décidé de divorcer


et la communauté d’un montant de 800 millions a été liquidée. Le mari s’est remarié
mais décède en laissant comme héritiers trois veuves, 5 filles, une mère et deux
sœurs germaines : l’actif successoral comprend sa part dans la communauté d’avec
sa première femme, la maison d’habitation familiale d’une valeur de 80 millions et
un véhicule estimé à 20 millions.
La déclaration de succession donne les indications suivantes :
- frais de dernière maladie 800 000 francs ;
- dettes litigieuses 500 000 francs ;
- frais funéraires 300 000 francs ;
- le défunt avait souscrit au cours des 5 dernières années trois polices
d’assurance de 21 millions, 24 millions et 27 millions ;
- le défunt avait fait une donation de 15 millions à un de ses oncles mais cette
somme ne devait être libérée qu’au décès du donateur ;
La succession doit être réglée suivant les règles du droit musulman.

6/ Une société (SARL) créée le 2 janvier 2003 a un capital de 300 millions qui se
décompose comme suit :
- Aidara apporte un immeuble de 76 millions grevé d’une hypothèque de 16
millions prise en charge par la société ; l’immeuble avait été acquis en 1998 à
45 millions
- Bassirou apporte un fonds de commerce de 87 millions ayant un passif
commercial de 17 millions que la société s’est engagée à supporter ;
- Codou des véhicules d’occasion d’une valeur de 48 millions gagés à
concurrence de 18 millions que la société s’est engagée à régler ;
- Daouda des créances commerciales de valeur nominale de 69 millions dont
9 millions de créances douteuses que la société va prendre en charge ;
- El hadj des parts sociales d’une SNC créée six mois avant d’une valeur de
37 millions ;
- Felix apporte du numéraire pour un montant de 43 millions.

Deux ans après sa création la société cède les parts sociales apportées lors de la
constitution à leur valeur d’apport augmentée de 3000 francs par part ; la valeur
nominale de la part sociale est de 10 000 francs.

Elle procède ensuite aux opérations suivantes :


- augmentation de capital par apports nouveaux de 25 millions et par
incorporation d’une somme d’argent ayant supporté l’impôt sur les sociétés ;
- prorogation avant terme de la durée de vie de la société (le bilan présente un
actif global de 850 millions, dont 240 millions d’actifs immobiliers, un passif

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réel de 250 millions imputable sur les marchandises neuves des fonds de
commerce) ;
- réduction du capital par la remise à François de l’immeuble à la constitution à
sa valeur d’apport et la distribution d’une somme de 20 millions entre les
associés ;
- fusion de la société avec une SARL ayant un capital de 200 millions, un actif
global de 500 millions, des actifs immobiliers de 140 millions et un passif
réel de 150 millions imputable sur les hypothèques qui grèvent les
immeubles.

La nouvelle société née de la fusion des deux est une société anonyme ayant son
siège social au Sénégal.
Nota bene : le coefficient de la taxe de plus value pour l’année 1998 : 1,1530

Travail à faire : Calculer les droits et taxes exigibles sur toutes ces opérations.

173
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EXAMEN DE FISCALITE DSC 2007

A. Question de cours (05 points)

1. L’enregistrement des actes en débet.


2. La TVA sénégalaise est-elle effectivement un impôt général sur la
dépense ?

B. Cas pratique (15 points)


Nota Bene : Le cas pratique comprend trois parties indépendantes.

I. FISCALITE DIRECTE

Au titre de l’exercice 2006, le Conseil d’administration d’une société anonyme, au


Capital de 50 millions de francs, entièrement libéré, a décidé de répartir, entre ses
membres, les indemnités de fonction ainsi qu’il suit :

Président Directeur général : 6 500 000


Neuf autres membres : 4 000 000 (chacun).

La société a dégagé, au titre du même exercice, un bénéfice comptable de


32 000 000, pour un chiffre d’affaires de 750 millions de francs.

Elle a versé, pour le compte de l’ensemble du personnel, 12 500 000 francs à titre
d’abondements au fonds d’épargne de l’entreprise et 3 360 000francs à une
compagnie d’assurance, à raison de 112 000 francs par employé et par an, à titre de
prime d’assurance vie.

Des dons pour un montant de 2 500 000 de francs, versés à des organismes
désignés d’intérêt général par arrêté du Ministre chargé des Finances, n’ont pas été
enregistrés par le comptable.

Le Président Directeur général perçoit un salaire brut annuel de 3 900 000 de francs
et bénéficie, en sus, d’une indemnité forfaitaire pour frais d’emploi et de
représentation de 50 000 francs par mois. Des frais de l’espèce, lui sont aussi
remboursés sur la base de pièces justificatives.

L’épouse du Président Directeur général est pharmacienne et gère sa propre officine.


Elle a réalisé, au titre de l’exercice considéré, un bénéfice fiscal de 3 200 000 francs.

Calculer le bénéfice fiscal de la société pour l’exercice 2006 et l’impôt sur le


revenu dû par le Président Directeur général, dans le cadre d’une imposition
commune du foyer fiscal, sachant que ce dernier paie une prime annuelle de

174
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versement volontaire pour la retraite de 600 000 francs et qu’il a trois enfants à
charge11.

Barème du droit progressif :


- de 0 à 600 000 0%
- de 600 001 à 890 000 18% 52 200
- de 890 001 à 1 010 000 22% 26 400
- de 1 010 001 à 1 410 000 25% 100 000
- de 1 410 001 à 2 475 000 28% 298 200
- de 2 475 001 à 3 540 000 30% 319 500
- de 3 540 001 à 7 650 000 35% 1 438 500
- de 7 650 001 à 9 650 000 40% 800 000
- de 9 650 001 à 12 650 000 45% 1 350 000
- au-delà de 12 650 000 50%

II. FISCALITE INDIRECTE

La société «LES MAGASINS SCORE », une SA de droit sénégalais spécialisée


dans la grande distribution possède les deux plus grands supermarchés de la ville de
Dakar. Parallèlement à ses activités de distribution, la SA «LES MAGASINS
SCORE » dispose d’un important département service après-vente des appareils
livrés aux clients mais aussi de son propre service de publicité et de promotion des
produits vendus.
La société qui a enregistré les opérations suivantes au cours du mois de juin 2007
éprouve des difficultés pour établir sa déclaration mensuelle de TVA et fait appel à
votre expertise dont on dit qu’elle dépasse les frontières du pays:
1. Importation à partir du Pakistan de riz pour les diabétiques dénommé «Basmati
Rice for diabetics »: Valeur CAF 30 millions ; Droits de douane 3 millions ;
Cosec 200 000 F ;
2. Frais de siège calculés au prorata du chiffre d’affaire de toutes les filiales facturés
par le groupe « SCORE » sis à Paris et qui possède 98% des actions de la SA
«LES MAGASINS SCORE ». Montant HT : 20 000 000.
3. Vente à des diplomates étrangers résidant à Dakar de divers matériels
électroménager. Montant HT : 5 000 000 ; Rabais 20%.
4. En perspective de l’été, le Département Marketing a conçu une campagne de
promotion pour booster la vente des splits et climatiseurs. Coût de conception de
la campagne : 10 000 000 HT ;
5. Acquisition pour un montant de 30.000.000 HT. auprès de la SA de droit
sénégalais « Tabacco Incorporation Sénégal» sise à Dakar de cigarettes
importées classées, économiques ;
6. Vente aux clients de produits de charcuterie. Montant : 5 000 000 ;

11
Ne pas tenir compte des impôts retenus à la source.

175
Avertissement : Ce document est exclusivement réservé à la formation en fiscalité dispensée par Dr. GNINGUE
7. Don aux talibés de la place de l’Indépendance (Dakar) du stock de jouets
invendus au cours des fêtes de fin d’année. Coût d’acquisition desdits jouets : 1
000 000 HT ;
8. Vente aux clients de beurre et de fromage « gruyère » : 10 000 000 ;
9. Cession du fonds de commerce de la SA «LES MAGASINS SCORE » au groupe
« CASINO » sis à Paris qui a racheté la totalité des actions détenues par le
groupe « SCORE » dans le capital de la SA «LES MAGASINS SCORE ».
Montant de la cession HT : 300 000 000.
10. Installation par la société sénégalaise « ATI » d’un logiciel de gestion
automatisée des ventes pour un montant HT de 10 000 000. La facture de cette
prestation n’a pas encore été reçue par la SA «LES MAGASINS SCORE » ;
11. Cession en fin juin pour un montant de 3 000 000 HT des caisses
enregistreuses de la société. Lesdites caisses figurant à l’actif du bilan de
l’entreprise ont été acquises le 1er janvier 2006 pour un montant de 6 000 000
HT. DUP : 5 ans.
12. Renouvellement suite à une importation effectuée au cours du mois de juin 2007
du matériel de froid destiné à la conservation de la viande fraîche et du poissons
frais vendus aux clients: Valeur CAF= 40 000.000 ; Droits de Douane=
8.000.000 ; Pour le financement de cette opération, la banque BICIS a facturé à
la société des intérêts et agios d’un montant hors taxes de 3.000.000 F. Ledit
matériel acquis le 1er juin 2006 pour un montant de 10 000 000 F HT a été cédé
à un négociant en biens d’occasion au prix de 3.000 .000 F HT. DUP : 10 ans.
13. Maintenance des appareils électroménagers de clients dakarois. Montant de la
facture de maintenance établie le 05 juillet 2007 : 10 000 000 HT.
14. Livraison de riz «Basmati Rice for diabetics » à des clients résidents à Conakry
(Guinée) pour un montant HT de 5.000.000
15. Acquisition pour un montant de 10 000 000 FHT de chariots destinés aux clients
des deux supermarchés;
16. Maintenance des appareils électroménagers des clients résidents à Nouakchott
(Mauritanie). Montant de la facture : 5 000 000 HT
17. Vente pour un montant de 5 000 000 HT de thé vert aux clients dakarois dont
2000 000 HT à la compagnie Air Sénégal International pour sa desserte Dakar-
Cap Skiring. Ledit thé a été acquis auprès de la Société industrielle sénégalaise
de Thé Vert (SITV) sise à Dakar pour un montant de 5 millions HTVA.
TRAVAIL A FAIRE :

Déterminer la TVA nette ou le crédit de TVA de l’entreprise «LES MAGASINS


SCORE » du mois de juin 2007 en analysant les opérations ci-dessus suivant la
démarche : n° opération, nature, TVA à collecter, taxes supportées, Taxes
supportées déductibles et observations en justifiant les solutions retenues.

N.B : Chiffre d’affaires HT réalisé en 2006 par la SA «LES MAGASINS SCORE» :


a) Livraison de produits électroménagers au Sénégal: 200.000.000
b) Livraison de produits électroménagers à l’étranger : 100.000.000
c) Vente de produits de charcuterie au Sénégal pour 30 000 000 dont
2.000.000 à la Présidence de la république du Sénégal

176
Avertissement : Ce document est exclusivement réservé à la formation en fiscalité dispensée par Dr. GNINGUE
d) Vente de beurre et de produits crémeux : 50.000.000
e) Livraison de riz pour les diabétiques dénommé «Basmati Rice for
diabetics » aux clients sénégalais : 10 000 000
f) Livraison de riz pour les diabétiques dénommé «Basmati Rice for
diabetics » aux clients installés à l’étranger : 5 000 000
g) Maintenance de matériel électroménager appartenant à des clients
installés à Abidjan : 10.000.000
h) Livraison de jouets : 50.00.000 dont 20 millions à « SCORE Côte
d’Ivoire » installé à Abidjan
i) Cession à « SCORE Mali » sis à Bamako pour un montant de 30
000 000 de matériel d’exploitation non encore amorti
j) Encaissement de dividendes de « SCORE Côte d’Ivoire » :
10.000.000
k) Maintenance de matériel électroménager appartenant à des clients
établis au Sénégal : 30 000 000 dont 20 000 000 à des entreprises
sises à la zone industrielle de Dakar
l) Vente locales de produits cosmétiques et de droguerie : 5. 000 000

III. ENREGISTREMENT

1 -Une société SARL au capital de 500 millions a été créée le 15 janvier 2004 par les
associés suivants :
- Arthur avait apporté un immeuble de 140 millions grevé d’une hypothèque
de 30 millions à supporter par la société ; l’immeuble a été acquis en 1995 à 50
millions.
- Bruce un fonds de commerce de 210 millions ayant un passif commercial
de 40 millions pris en charge par la société ;
- Carole du numéraire pour 40 millions et des parts sociales évaluées à 90
millions d’une société de personnes créée trois mois avant ;
- Diane du matériel roulant de 75 millions (véhicules d’occasion) gagé à
concurrence de 15 millions ; ce gage est pris en charge par la société. Diane
apporte aussi des créances de 60 millions dont 30 millions de créances litigieuses à
supporter par la société.
Les assemblées générales de la société ont adopté les résolutions suivantes :
- les parts sociales apportées à la constitution par Carole ont été cédées à
leur valeur d’apport majorée de 5 millions ;
- la société procède à une augmentation de capital par apports nouveaux de
30 millions et par incorporation d’une réserve de 70 millions ;
- réduction du capital de la société de 150 millions, d’une part, par la remise
à Carole de l’immeuble apporté à la constitution de la société à sa valeur d’apport et,
d’autre part, le reliquat en numéraire ;
- amortissement du capital de 160 millions ;
- prorogation de la durée de la société avant terme ; les états financiers
mentionnent un actif global de 930 millions, un passif réel de 360 millions relatif à
une hypothèque sur les actifs immobiliers évalués à 450 millions ;

177
Avertissement : Ce document est exclusivement réservé à la formation en fiscalité dispensée par Dr. GNINGUE
- apport du tiers de cet actif global de 930 millions à une société de
personnes dont le siège social est à Dakar ;

2. Une personne a fait donation de ses biens aux membres de sa famille :


- à son épouse âgée de 40 ans l’usufruit d’un immeuble de 60 millions ;
- à son fils un véhicule de 25 millions ;
- à son père une maison d’habitation estimée à 35 millions
- à sa fille des bijoux dont les contrats d’assurances contre le vol datés de
moins de 5 ans s’élèvent à 20 millions ;
- à son cousin au 3ème degré d’une somme d’argent de 7 millions.
La succession est réglée conformément aux règles du droit commun.

3 . La personne désignée ci-dessus décède et laisse comme successibles une


veuve et ses deux enfants (un garçon et une fille) et son père.
Le montant des biens et valeurs déclarés est de 300 millions Les héritiers ayant reçu
avant le décès des dons en avancement d’hoirie doivent les rapporter chacun en
ce qui le concerne dans la masse successorale.

La déclaration de succession donne le détail des charges déduites par les héritiers:
frais funéraires 1 million, frais de dernière maladie 900 000 francs, dettes
postérieures au décès 500 000 francs, frais de partage 300 000 francs, impôts
établis au nom du défunt 400 000 francs, droits de succession 3 millions.

La dévolution successorale se fera selon les règles du droit musulman.

TRAVAIL A FAIRE : Calculer les droits et taxables exigibles sur ces


différentes opérations.
Coefficient de correction de la taxe de plus value immobilière : année 1995 =
1,3030

Taux de la taxe spéciale sur les conventions d’assurance contre l’incendie : 20%

Tarifs de la vignette automobile

Véhicules de tourisme Véhicules de transport

0 à 8 chevaux 18 000 0 à 8 chevaux 7 500


9 à 12 chevaux 28 000 9 à 12 chevaux 9 000
13 à 16 chevaux 80 000 13 à 16 chevaux 15
000
17 à 19 chevaux 140 000 à partir de 16 chevaux 30 000
à partir de 20 chevaux 200 000

Taux des droits de donation


Entre époux ………….. 3%
En ligne directe ……….5%
Entre frères et sœurs …7,5%

178
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Entre oncles ou tantes, neveux ou nièces…..15%
Entre parent au-delà du 3eme degré et entre personnes non parentes….20%.

Taux des droits de succession


En ligne directe et entre époux :……………… 3%
Pour les autres dévolutions……………………10%

179
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EXAMEN DE FISCALITE DSC 2006

A. Question de cours (05 points)

1. Quel est le fondement, en matière de TVA, de l’application d’une part,


de la règle du butoir et d’autre part, de celle du prorata ?
2. Que signifie à votre sens la théorie de la propriété apparente en
matière de droits d’enregistrement ? A quelles opérations cette règle
est applicable ?

B. Cas pratique (15 points)


Nota Bene : Le cas pratique comprend trois parties indépendantes

I. FISCALITE DIRECTE

Le Directeur général d’une SARL perçoit une rémunération mensuelle brute


de 560 000 F. Il vous demande de lui calculer le bénéfice fiscal de sa société, au titre
de l’exercice 2005, et le quotient familial relatif au calcul de son impôt sur le revenu,
dans le cadre de l’option pour l’imposition commune du foyer fiscal. Il vous livre, à cet
effet, les informations ci-après12.
Informations relatives à la SARL :

- Bénéfice comptable : 82 250 000 F


- La société détient 30% du Capital d’une société en nom collectif non assujettie
à l’impôt sur les sociétés. La SNC, basée à Dakar, a réalisé durant l’exercice
2005 un bénéfice comptable de 32 000 000 F. Le salaire versé à l’associé
gérant, pour l’année considérée, est de 5 400 000 F. Au titre de l’exercice, les
associés de la SNC ont décidé de ne procéder à aucune répartition. Aucune
écriture relative aux résultats de la SNC n’a ainsi été passée au niveau de la
SARL.
- Dans les produits financiers de l’exercice, il a été enregistré un gain de
change de 2 400 000 F réalisé lors du règlement de la créance d’un client
guinéen. La créance née en 2004 était à l’origine d’un gain latent de change
de 1 500 000 F à la clôture de l’exercice 2004.
- Des biens fongibles, pour un total de 32 unités, figurent en stock pour un
montant global de 4 200 000 F. Les informations tirées des opérations
d’inventaire montrent que le coût moyen unitaire pondéré des biens
considérés est de 135 000 F, alors que leur prix sur le marché au 31
décembre est de 121 000 F l’unité. Aucune conséquence comptable ou fiscale
n’a été tirée de cette information.

12
Nota : Sauf précision contraire, les écritures comptables relatives aux opérations considérées ont été correctement passées.

180
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Informations relatives aux revenus du DG :

- Le DG, qui n’a pas d’enfant à charge, a payé, au titre de l’année, des primes
d’assurance vie mensuelles de 170 000 F.

Informations relatives aux revenus de l’épouse du DG :

- L’épouse du DG exploite une entreprise individuelle. Cette dernière a dégagé,


au titre de l’exercice, un bénéfice comptable provisoire de 32 500 0000 F. Un
immeuble affecté à l’exploitation a généré des produits pour un montant de
6 000 000 F. L’immeuble qui ne figure pas au bilan de l’entreprise fait ressortir
des annuités constantes d’amortissements et des frais d’entretien
comptabilisés pour respectivement 3 520 000 F et 1 025 000 F.

II. FISCALITE INDIRECTE

La Société Africaine de Négoce et d’Industrie (SANI), sise à la Zone


industrielle de Dakar est spécialisée dans le conditionnement industriel
du thé vert et la distribution de produits de grande consommation. Elle
dispose également d’une unité de fabrication d’emballages et d’une plate
forme de maintenance de machines-outils de conditionnement qui
couvre toute la zone Afrique de l’Ouest.
La société n’a pas accompli ses obligations fiscales au titre du mois de
mai 2006. En vue de tirer toutes les conséquences fiscales des
opérations enregistrées par la SANI au regard des taxes indirectes, on
requiert votre assistance en vous communiquant, par ailleurs, les
renseignements suivants :

A la clôture de l'exercice au 31 décembre 2005, les comptes de


l’entreprise présentaient les éléments suivants :
− Production vendue de thé vert : 300.000.000
− Production vendue de thé vert à l’étranger : 100.000.000
− Vente de sucre : 200.000.000
− Production vendue d’emballages pour le riz : 100.000.000
− Livraison de poissons frais à l’étranger : 70.000.000
− Livraison de riz à l’étranger : 80.000.000
− Vente d’huile d’arachide : 55.000.000
− Livraison d’huile d’arachide à l’étranger : 45.000.000
− Vente de lait en poudre 50.000.000
− Maintenance machines-outils clients installés en C. d’Ivoire: 30.000.000
− Vente de légumes frais 50.000.000
− Cession d’une machine-outil non encore amortie: 25.000.000
− Vente de boissons gazeuses: 5.000.000
− Subvention d’équipement reçue de l’Etat: 20.000.000
− LSM d’emballages pour le conditionnement du thé: 50.000.000

181
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Au cours du mois de mai 2006 la SANI a enregistré les opérations suivantes :

1- Utilisation dans le cadre du conditionnement du thé vert destiné à l’exportation


de 500 emballages produits par l’entreprise au prix unitaire de 12.000 HTVA ;
2- Production vendue de thé vert pour une valeur de 30 millions HTVA au GIE
FALL& Frères ;
3- Livraison d’huile alimentaire au Ministère de la Santé pour les besoins de
l’internat de l’école de formation des sages-femmes d’Etat.. Valeur HTVA 10
millions dont la moitié a été payée immédiatement ;
4- Acquisition d’une machine d’ensachage des produits vendus. Valeur CAF 15
millions ; Droits de douane 3 millions ; Cosec 500. 000 F et Redevance
statistique 185 000 F ;
5- Vente de thé vert à M. SALL commerçant au marché de Pikine suivant une
facture établie comme suit: Montant HTVA 5 000 000 ; Rabais 10% en raison
de l’engagement du client à ne vendre que les produits de la SANI et Remise
de 5% pour acompte versé de 50% ;
6- Réception de la facture établie par la Société « M&B» sise en Angleterre qui a
installé la machine d’ensachage. Montant HTVA 5 millions. Le Sénégal et
l’Angleterre n’ont pas signé de convention fiscale destinée à éliminer les
doubles impositions en matière d’IR ;
7- Vente de thé vert à la compagnie « Air France» que celle-ci sert aux clients
de l’agence commerciale sise à l’avenue Albert SARRAULT, Dakar. Montant
HTVA 300 000 ;
8- Construction par l’entreprise " CDE " immatriculée au CGE d’un hangar pour
l’entreposage des produits importés (lait, thé et riz). Montant HTVA :
2 000 000 reglé le 31 mai. Le hangar a été mis en service le 1er juin 2006 ;
9- Réception de la facture de location de la grue chargée de l’embarquement au
niveau du Port des produits exportés. Montant HTVA 200 000 ;
10- Cession pour 25 millions HTVA d’une machine du département
« Maintenance des machines-outils de conditionnement» à un client installé
en Côte d’Ivoire. Ladite machine a été acquise le 1er février 2005 à 30 millions
HTVA. DUP : 10 ans ;
11- Livraison d’emballages industriels à l’Entreprise de Bâtiment « BATI FUTUR »
immatriculée au CGE dans le cadre d’une maîtrise d’ouvrage liée au projet de
construction d’un centre technique polyvalent financé par l’Union Européenne
grâce à une subvention non remboursable. Montant HTVA 5 000 000 ;
12- Réception facture loyer du mois de mai 2006 afférent au logement meublé par
la SANI et occupé par M. DIA, le Directeur commercial. Montant du loyer
mensuel : 300 000 ;
13- Remise au service commercial de l’entreprise, pour les besoins de
présentation, de 20 articles de lait en poudre d’une valeur unitaire HTVA de
18 000 Francs;
14- Livraison de sucre à la société " Sénégal Export" sise à la route de l’aéroport
international "L.S.SENGHOR" et dont les ventes sont exclusivement destinées
à l’exportation. Montant HTVA 15 000 000 ;
15- Avis de crédit de la BICIS pour un virement de 1 3 000 000 effectué par la
Société d’assurance AXA en réparation d’un préjudice causé au cours du mois
par l’opérateur de téléphonie publique SONATEL SA suite à un accident de
circulation ayant endommagé un camion de livraison de la société acquis le
1er décembre 2005 à 15.000.000 HTVA.

182
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III. ENREGISTREMENT

1-/ a) Un immeuble à usage d’habitation individuelle de 2600 mètres carrés, a été


vendu à 200 millions ; l’acquéreur sollicite le régime de faveur des acquisitions pour
construire. La valeur du mètre carré dans la zone est de 100000 francs.
Cet immeuble avait été acquis à 30 millions en 1988 et l’ancien propriétaire y avait
réalisé en 1993 un bâtiment d’une valeur de 70 millions.

b) Un terrain de 40 millions a été adjugé mais cette adjudication a fait l’objet d’une
procédure de folle enchère et l’immeuble a été finalement revendu à 37 millions.

c) Vente d’un immeuble de 65 millions assortie d’une clause de réméré.

d) Une personne ayant le tiers d’une succession cède ses droits actifs et passifs
dans ladite succession à un de ses cohéritiers. Le montant de la succession s’élève
à 240 millions.
Le second cohéritier disposant aussi d’un tiers est déclaré adjudicataire d’un
immeuble de 63 millions faisant partie de l’actif successoral.

2-/ A, B, C et D sont propriétaires indivis de 4 immeubles a raison d’un quart chacun.


Il existe un passif commun de 120 millions à supporter dans les mêmes proportions.
La répartition s’effectue comme suit :
- A reçoit l’immeuble qui vaut 200 millions et verse une soulte de 40 millions à
B;
- B recueille l’immeuble estimé à 180 millions mais paie sa part de dette
commune et celle de A;
- C se voit attribuer celui valant 140 millions et paie 50 millions de dette
commune ;
- D reçoit le dernier immeuble d’une valeur de 240 millions, paie le reliquat de
sa dette commune et verse une soulte de 70 millions à C.

3-/ DIOUMA, ARDO, YORO et ABOU ont créé le 13 mars 2003 une société (SARL)
au capital de 300 millions dont le siège social est à Dakar. Les apports se présentent
de la manière suivante :
- DIOUMA : un immeuble de 123 millions grevé d’une hypothèque de 23 millions
prise en charge par la société ; l’immeuble lui avait été vendu en 1994 à 30 millions
et reconstruit en 1998 pour un montant de 50 millions ;
- ARDO : un fonds de commerce de 97 millions ayant un passif commercial de 17
millions à supporter par la société ;
- YORO : des créances commerciales de 66 millions dont 11 millions de créances
litigieuses que la société s’est engagée à prendre en charge ;
- ABOU apporte du numéraire pour 65 millions.
Le 15 juin 2004 la société accomplit les actes de gestion suivants :
- payement sur une prime de 80 millions de la taxe sur les conventions
d’assurance contre les risques de navigation maritime ;
- payement de la vignette des 3 véhicules de la société : deux véhicules de
tourisme de 12 chevaux et de 18 cheveux et un véhicule à usage de transport
de marchandises de 23 cheveux ;

183
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- enregistrement d’un marché de 12 millions passé avec une entreprise privée
de nettoiement ;
- enregistrement d’un jugement portant condamnation en dommages et intérêts
de 1000 000 millions.
Le 20 juillet 2005 la société procède à une augmentation de son capital de 70
millions par apports nouveaux et de 50 millions par incorporation d’une somme
prélevée sur les réserves.
Les parts sociales de YORO ont été cédées à leur valeur d’apport majorée d’une
prime de 3000 000 francs.
Le mois suivant, elle proroge sa durée de vie avant l’arrivée de son terme et réduit le
capital de 60 millions en numéraire.
Le bilan de la société fait apparaître un actif brut de 750 millions dont 240 millions
d’actifs immobiliers et un passif réel de 150 millions imputable au fonds de
commerce.
Elle fait un apport du tiers de son actif (branche complète et entière) à une société en
commandite par actions dont le siège social est au Sénégal.

TRAVAIL A FAIRE : Calculer les droits et taxes exigibles sur ces différentes
opérations.

Nota bene
Coefficient de la taxe sur les conventions d’assurance contre les risques de
navigation maritime : 5%
Coefficients de la taxe de plus value immobilière :
1988……….. 1,8279 1993…………1,8603 1994………….1,4082
1998…………1,1530
Taxes annuelle sur les véhicules à moteur :
Véhicules de tourisme : Véhicules de transport
0 à 8 cv … 18000 0 à 8 cv 7500
9 à 12 cv….28000 9 à 12 cv….9000
13 à 16 cv…80000 13 à 16 cv….15000
17 à 19 cv…140000 au delà de 16 cv..30000
à partir de 20 cv.. 200000

184
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EXAMEN DE FISCALITEINDIRECTE DSC 2005
A. Question de cours (05 points)
1. Discuter succinctement l'assertion suivante : "Une créance libellée en
devises étrangères a une incidence directe sur la détermination du
résultat fiscal de l'entreprise".

2. Quelles sont les incidences du fait générateur en matière de TVA.


* * *
B. Cas pratique (15 points)
Nota Bene : Le cas pratique comprend trois parties indépendantes

I. FISCALITE DIRECTE

Monsieur Grégoire SAGNA est artisan. Il est propriétaire d'un petit immeuble de deux
étages. Sa fabrique est située au rez-de-chaussée. Le premier étage lui sert de
résidence principale. Il a donné en location le deuxième étage à des particuliers. Il
est précisé ce qui suit :
1. M. SAGNA a adhéré à un Centre de gestion agréé.
2. le bénéfice comptable provisoire de l'exercice s'élève à 24 000 000 F pour un
chiffre d'affaires supérieur à 50 000 000 F ;
3. il est relevé pour le calcul du résultat fiscal 2 500 000 F de réintégrations
diverses et 875 000 F de déductions ;
4. une rémunération mensuelle de 45 000 F est versée aux quatre employés de
la fabrique à savoir les deux enfants de M. SAGNA et deux autres ouvriers liés
à M. SAGNA par un contrat d'apprentissage ;
5. loyers encaissés 1 560 000 F ;
6. arriérés de loyers 260 000 F ;
7. taxe d'enlèvement des ordures ménagères 45 000 F ;
8. dépenses de réparation réglées et supportées par le propriétaire 158 000 F ;
9. intérêts d'emprunts sur l'acquisition de l'immeuble 270 000 F.

TAF : Calculer l'impôt sur le revenu dû par M. SAGNA, veuf, habitant avec ses deux
enfants âgés de moins de 18 ans.

Barème du droit progressif :


- de 0 à 600 000 0%
- de 600 001 à 890 000 18% 52 200
- de 890 001 à 1 010 000 22% 26 400
- de 1 010 001 à 1 410 000 25% 100 000
- de 1 410 001 à 2 475 000 28% 298 200

185
Avertissement : Ce document est exclusivement réservé à la formation en fiscalité dispensée par Dr. GNINGUE
- de 2 475 001 à 3 540 000 30% 319 500
- de 3 540 001 à 7 650 000 35% 1 438 500
- de 7 650 001 à 9 650 000 40% 800 000
- de 9 650 001 à 12 650 000 45% 1 350 000
- au-delà de 12 650 000 50%

II. FISCALITE INDIRECTE

La société « LA CLASSE » est une SA sise à la Corniche-Est de Dakar et spécialisée


dans la restauration, la location de piscine et l’organisation de jeux à travers son
casino. Elle gère également une bar-dancing dénommé « Ambiance Forte ». Les
produits bruts des jeux que la société organise sont soumis à l’image de ceux de la
loterie nationale à un prélèvement progressif libératoire de tout impôt.
Elle a des problèmes de fiscalité et fait appel à votre expertise.
La société n’a pas déclaré la TVA exigible sur ses activités au titre du mois de mai
2005. Elle vous demande en conséquence de déterminer le montant de la TVA nette
dont elle redevable au titre de cette période ou le crédit de taxe qu’elle doit déclarer.
Les renseignements suivants sont mis à votre disposition :

1/ Affaires du mois

- Organisation de séminaire pour le compte de l’ambassade du


Japon 15.500.000 F HTVA;
- Diverses ventes au niveau du restaurant 76.500.500 F HTVA ;
- Location piscine à des clients suédois 2.650.000 F HTVA ;
- Location de terrasse à l’amicale des agents de la BICIS pour les
besoins d’une soirée avec Viviane NDOUR 4.520.000 F HTVA ;
- Produits bruts des jeux 46.897.000 F HTVA ;
- Plats offerts aux dix meilleurs clients du restaurant ; prix de vente
unitaire des plats 30.000 F ;
- Vente le 31 mai pour 18.000.000 HTVA d’un matériel de casino
acquis le 1er janvier 2004 pour un montant de 20 000 000 HTVA. La
durée de vie normale de ce matériel avait été fixée à cinq ans par la
société ;
- Location de la terrasse au Ministère de la Santé pour les besoins
de l’organisation d’un dîner-débat. Facture établie : 1.800.000 F HTVA ;
- Facture d’un montant de 300 000 HTVA adressée à la
Compagnie Cameroun Airlines pour la restauration à bord des clients ;
- Vente le 2 mai pour un montant de 3 000 000 HTVA d’un four
pour « pizzas » acquis le 2 janvier 2005 pour 9 000 000 HTVA. La
durée de vie normale de ce matériel avait été fixée à trois ans par la
société.
- Pourboires reçus des clients 3.500.000 F. Ces pourboires sont
intégralement reversés à la fin du mois aux employés.

2/ charges composées entre autres de:

• importation de matériels destinés à la Pizzeria 12.000.000 H T

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• importation de matériels destinés au casino 10 000 000 HTVA
• achat d’un véhicule de marque Peugeot 407 destiné au DG de la
société montant 23 600 000 FTTC
• frais de construction afférent à l’extension de la salle du Casino
pour un montant de 11 800 000 F TTC
• frais de construction de l’immeuble abritant la Direction générale
30 000 000 FHTVA

• Achats de matières destinées à la pâtisserie 2.500.000HTVA


• frais de téléphone de la direction 1 500 000 HTVA
• dépenses d’électricité de la société 3 000 000 HTVA
• Frais de publicité pour la promotion du casino 500.000 HTVA
• Frais de publicité pour la promotion du bar-dancing « Ambiance
Forte » 300.000 HTVA
• deux factures de téléphone de la Direction Générale datées pour
l’une du 12/02/2003 et pour l’autre du 12/06/2004 ont été retrouvées.
Elles comportent une TVA dont les montants sont respectivement de
200.000 et 400.000 francs. Cette taxe n’a pas encore fait l’objet de
déduction.

NB : le chiffre d’affaires de la société en 2004 s’élevait à 2.000.000.000 HTVA réparti


de la manière suivante :
- ventes au niveau du restaurant 876.000.000 dont 262.800.000 à des missions
diplomatiques ;
- locations piscine : 78.000.000 ;
- locations terrasse : 122.000.000 ;
- organisation séminaires et soirées dansantes : 352.000.000 ;
- produits du casino : 572.000.000 ;

III. ENREGISTREMENT

1-/ Déterminer les droits à percevoir sur les opérations suivantes :


- un immeuble a été vendu en même temps que des meubles meublants le tout
à 42 millions ; les meubles sont estimées et détaillées à la somme de 12
millions ;
- une femme âgée de 22 ans a apporté lors de son mariage l’usufruit d’un
immeuble ; la valeur de l’immeuble s’élève à 50 millions ; cet usufruit a été
cédé ;
- un bail d’une durée de 9 ans est stipulé pour un loyer mensuel de 150 000
francs ;
- un bail d’une durée illimitée moyennant un loyer mensuel de 100 000 francs ;
- un bail viager avec un loyer mensuel de 120 000 francs ;
- un marché passé entre le ministère de l’éducation nationale et une entreprise
privée pour montant de 14 millions ;
- un contrat d’assurance automobile stipulé pour 500 000 francs et un contrat
d’assurance de risque agricole moyennant une prime de 700 000 francs ;
- un véhicule de tourisme de 12 chevaux et un véhicule de transport de 17
chevaux importé au mois de juin doivent payer doivent payer leur vignette.

187
Avertissement : Ce document est exclusivement réservé à la formation en fiscalité dispensée par Dr. GNINGUE
2-/ Messieurs ATHIE, BODIAN, CISSE et DOUCOURE ont créé en 2003 une SARL
au capital de 500 millions divisé en 5000 parts sociales de 100 000 francs la part
sociale.
Le siège social est à DAKAR.
Les apports se présentent comme suit :
- un immeuble apporté par ATHIE d’une valeur de 247 millions grevé d’une
hypothèque de 27 millions prise en charge par la société ; la société s’est
engagée à le conserver pendant 10 ans au moins ; ledit immeuble avait été
acquis en 1990 à 40 millions;
- un fonds de commerce apporté par BODIAN estimé à 186 millions ayant un
passif commercial de 16 millions ; ce passif pris en charge par la société est
imputable sur les marchandises en stock estimées et détaillées ;
- CISSE a apporté du matériel et du mobilier évalués à 75 millions mais gagés
à concurrence de 15 millions ; le gage sera réglé par la société ;
- DOUCOURE a apporté du numéraire pour 50 millions.

Le 12 avril 2004 la société procède à une augmentation de son capital de 200


millions par apports nouveaux pour moitié et l’autre moitié par incorporation d’une
somme n’ayant pas supporté l’impôt sur les sociétés.

Le 17 septembre 2004 elle fait dresser un acte pour chacune des décisions
suivantes:
- réduction du capital de 100 millions en distribuant aux associés une somme
d’argent de 70 millions et un élément de l’actif créé par la société pour le
reliquat ;
- amortissement du quart du capital avant sa réduction ;
- changement de forme de la société sans création d’un être moral nouveau ;
- prorogation de la durée : actif total 900 millions, passif réel 270 millions (le
passif est relatif à des créances commerciales) , actif immobilier 240 millions ;
- cession des parts sociales de BODIAN à leur valeur d’apport majorée d’une
prime d’émission de 10 000 francs par part à CISSE.

Le 21 novembre 2004 la société décide d’apporter une branche complète d’activités


estimée au tiers de son actif à une société en nom collectif (SNC) dont le siége social
est à DAKAR (SENEGAL). Les deux sociétés ont requis l’agrément au régime des
fusions des sociétés.

Cette opération est faite à partir du même bilan ci-dessus et on rappelle que le passif
se rapporte à des créances commerciales et la branche apportée à la SNC
comprend des actifs immobiliers déterminés dans les mêmes proportions que
l’apport partiel d’actif.

Le 31 décembre 2004 le reste de l’actif de la société et son passif, a été liquidé et le


solde réparti de la manière suivante :
- ATHIE reprend l’immeuble apporté à la constitution majorée d’une plus value
de 30 millions ;
- CISSE se voit attribué le fonds de commerce apporté à la création de la
société et une somme d’argent de 15 millions ;
- DOUCOURE reçoit 20 millions en numéraire et une partie du matériel apporté
à la constitution d’une valeur de 10 millions

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Avertissement : Ce document est exclusivement réservé à la formation en fiscalité dispensée par Dr. GNINGUE
TRAVAIL A FAIRE :Procéder à l’analyse de ces opérations et à la liquidation des
droits exigibles.

ANNEXES
1/ Coefficients de correction : 1989 =1,4352 1990 = 1,4305
2/ Tarifs de la taxe sur les assurances : 5% navigation maritime ou aérienne, 20%
contre l’incendie, 3% pour les rentes différées de moins de 3 ans, 6% pour les rentes
viagères de moins de 3 ans, 0.25% pour le crédit de à l’exportation et pour toute
autre assurance.
3/ Tarifs de la vignette automobile
véhicules de tourisme : 0 à 8cv 18 000, 9 à 12 cv 28 000, 13 à 16 cv 80 000
17 à 19 cv 140 000 et au delà de 20 cv 200 000
véhicules de transport : 0 8 cv 7500 9 à 12 cv 9000 13 à 16 cv 15 000
et au delà de 16 cv 30 000

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